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Vous ?
Vous cherchez Alfonso ?
Non, on veut voir Don Achille.
Que voulez-vous ?
On doit lui parler.
Achille !
Qui c'est ?
La fille du cordonnier et l�a�n�e de Greco.
J'arrive.
Et bien ?
Les poup�es.
Les poup�es ?
Les n�tres.
Vos poup�es ne sont pas ici, petite.
Vous les avez prises dans la cave.
Pinuccia !
Tu as la poup�e de la fille du cordonnier ?
Non. Pas moi.
Alfonso, tu l'a prise ?
Vous les avez prises.
On vous a vu.
Qui ?
Moi ?
Vous les avez prises et mis dans un sac noir.
Moi, j'ai mis vos poup�es dans un sac noir ?
Le repas est servi, Achille.
J'arrive, une moment.
Achetez-vous des poup�es.
et rappelez-vous...
c'est un cadeau de Don Achille.
Bonne soir�e et bon app�tit.
Len�, qu'allons-nous faire de tout cet argent ?
On est riche !
- On ach�te des poup�es. - Oui.
Mais il est tard.
On va le cacher et on Vera demain.
Pourquoi le cacher ?
On ne peux pas le garder � la maison.
S'ils le voient, ils nous le prennent.
O� va-t-on le cacher ?
Viens avec moi.
J'ai fait plein de choses dans ma vie, sans trop y croire.
Je me suis toujours senti d�tach�e de mes propres actes.
Par contre, Lila, qui �tait toujours en action,
et �tait petite, tendue, s'accrochait � ce qu'elle faisait.
On doit trouver un endroit o� le cacher.
Le plus impressionnant, ce que je voyais le plus,
c'�tait sa d�termination.
Lila �tait d�termin�e.
Regarde.
Parfait.
- Il faut l'enterrer. - Non, il va se mouiller.
Alors, o� le cache-t-on ?
Ici, dans ce trou.
Aide-moi � le fermer.
- Demain, on vient le chercher. - Oui.
D'apr�s le roman d'Elena Ferrante
Une s�rie de Saverio Constanzo
Chapitre 2 L'ARGENT
La temps passa et nous e�mes d'autres jeux.
Chaque fois que l'une de nous proposait
d'aller � la d�charge chercher l'argent,
l'autre trouvait une excuse pour ne pas y aller.
Comme si cette bo�te en fer nous unissait d'avantage
plus que tout ce que nous avions.
Puis, arriva le jour o� Lila vint me chercher chez moi,
et me dit que nous devions aller chercher l'argent,
et qu'elle savait comment en gagner plus.
C'est l�.
Avec �a, on va acheter un livre chez la papeti�re,
"Les Filles du Dr March"
Il est l�.
Il est toujours l�.
On dit que l'auteure a gagn� tellement d'argent,
qu'elle en a donn� � sa famille qui �tait pauvre.
Et qu'allons-nous faire ?
On va le lire,
on va apprendre � �crire un livre et on va �crire un.
Et on deviendra riches, Len� !
Allons-y.
- Tu viens le chercher ? - Oui.
C'est bien ?
Comment le saurai-je ? Tu crois que j'ai le temps de lire ?
Je te fais une remise.
- Au revoir, Yolanda. - Au revoir.
Fais attention, petite.
Cet homme est toujours avec Don Achille.
"Le jeu des P�lerins"
"Sans cadeaux, il n'est pas de No�l,"
"grommela Jo, allong�e sur le tapis devant le feu."
"Que c'est triste d'�tre pauvre,"
"soupira Meg, regardant sa vieille robe"
"C'est injuste que certaines aient plein de jolies choses,
et d'autres n'aient rien du tout, ajouta Amy."
Rentre chez toi !
Rentre chez toi, tu m'entends ?
Tu ne t'en vas pas, sale merde ?
Je vais t'envoyer au cimeti�re !
Qu'est-ce que vous regardez ? Vient, Michele !
Marcello, � toi.
Vas-y, Marcello
Envoyez-le au cimeti�re !
Ils vont le tuer. Partons.
Alfredo, �a va bien ? Rien � lui dire maintenant ?
Fout le camp ! Et ne revient pas !
Cette merde d'Achille veut prendre mon travail ?
Je le tuerai ! Je le tuerai !
Len�, de vilaines choses se passent.
Tu ne trouves pas bizarre, qu'ils emploient le papa de Carmela,
apr�s qu'il ait insult� Don Achille ?
Rentrons chez nous.
Nous l�mes "Les filles du Dr March" pendant des mois.
Nous le lisions si souvent,
que le livre �tait collant et d�chir�.
Mais c'�tait notre livre et nous l'aimions tant.
"Avec un trouble m�lange de solennit� et d'�motion,
elle r�pondit � voix haute : 'Ta s�ur !'
'Toi', cria Meg, laissant tomber son ouvrage.
'Je suis si fi�re' et Beth couru embrasser sa s�ur."
�a fait pleurer.
Jo a �crit aussi une histoire
quand personne l'en croyait capable.
On doit faire pareil.
Oui, m�me si Jo est une grande et pas nous.
Tu veux vieillir et apr�s gagner de l'argent ?
Nous avons dans la t�te un seau plein de mots,
et c'est tout ce dont on a besoin.
On sort un mot puis un autre, et ainsi on �crit le livre.
Peut-�tre, d'abord on devrait apprendre le latin.
Bien s�r, attendons de savoir le latin.
Je me demande si maman a parl� � la prof.
�a m'est �gal ce que ma m�re dit.
En tout cas, je ferai les tests d'admission.
Et les nouveaux livres. Qui va te les acheter ?
Rino va s'en charger et je le rembourserai de tout.
Avec le livre, je ferais de lui l'homme le plus riche du quartier.
Voil� Gigliola.
Alors ?
La prof dit que Gigliola peut continuer.
- Et tes parents ? - Ils disent pareil.
Et vous ?
Je ne sais pas.
Nous, nous savons que nous y allons.
Gigliola, si tu y vas, oblig� que nous y allions aussi.
Carmela, il est tard, va aider ta m�re.
Je dois y aller.
La prof n'a rien dit pour Carmela, elle n'est pas assez maline.
Allons. Je veux voir si ma m�re est rentr�e.
- Au revoir. - Au revoir.
Ils m'envoient �tudier le latin.
- Tu aimes �tudier ? - La prof dit que je suis bonne.
Moi, je n'aime pas �a. Je veux travailler.
Nous sommes heureux qu'Alfonso suive des �tudes, non, maman ?
Demandez-nous ce que vous voulez, ma�tre.
Je n'ai pas la t�te pour les �tudes.
mais je suis content que quelqu'un dans la famille lise des livres.
- Je rentre. - Moi aussi.
Attend ! Je veux voir.
Papa est content qu'Alfonso s'en sorte bien, vrai maman ?
Vous voulez ?
On va payer des le�ons au petit
et je vous assure qu'il passera les admissions. Vrai ?
Merci, ma�tre.
Tu entends ? Alfonso va �tudier le latin.
- Merci, monsieur. - Au revoir.
- Je veux rentrer. - Attend. laisse moi �couter.
J'ai besoin de cet argent.
- Je t'ai dit de partir. - J'ai m�me mis des pi�ces neuves.
Tu as fait la moiti� du travail, ne mendie pas.
Je vais en acheter une neuve et tu vas voir une vrai moto.
Je dois y aller.
Fruits frais !
Len� !
Garde le livre ce soir. Je ne veux pas que papa le trouve.
- Salut. - Len�.
Te voil�.
Assois-toi
Assois-toi, Len�.
Tu sais ce que dit la ma�tresse ?
Vous parlez tout le temps et elle ne t'a pas dit ?
Non.
C'est quoi, la ma�tresse veut de l'argent ?
Elle a besoin de cours priv�s pour l'examen.
- Quel examen ? - Pour entrer au coll�ge.
- Coll�ge, Pour quoi faire ? - Elle dit qu'elle est bonne �l�ve.
Que je comprenne, elle bonne mais elle besoin de cours en plus.
- C'est un examen difficile ! - Alors elle n'est pas si bonne.
Juste � nous faire d�penser de l'argent.
Elle ne peut pas continuer ses �tudes.
On a besoin d'elle ici, autant toi que moi.
Tu n'iras pas au coll�ge.
Len�...
sans l'aide de la prof, tu ne peux pas y arriver ?
Je vais essayer.
Pour qui te prends-tu ?
On travaille et mademoiselle �tudie !
Et moi, je suis ta bonne ?
Silence, l�-dedans !
Va surveiller tes fr�res.
Pas besoin de cours suppl�mentaires pour �a.
Je dois te le dire en Italien ?
Tu ne parles plus notre dialecte ? Va !
De toutes mani�res, je passerai l'examen !
- Comment oses-tu ? - Attends !
Arr�te ! Suffit. J'en ai marre de t'entendre !
On a quatre enfants et pas d'argent.
J'ai besoin qu'elle m'aide.
Tu es toujours � l'humilier.
Tu as d�truit ma piste ! Passe de l'autre cot� !
Laisse-moi tranquille !
Je le m�rite, tu entends ?
Tu le m�rites ? Qu'est-ce que tu m�rites ?
L'argent. Je me l�ve � 6 heures,
et je travaille � la boutique jusqu'� 8 heures le soir.
C'est normal que je veuille �tre pay�.
Tu es log� et nourri. Pourquoi as-tu besoin d'argent ?
Si je travaille, je dois �tre pay�.
Ce que je ferais de l'argent, c'est mon affaire.
Rino, je te paye largement en t'apprenant le m�tier.
Apr�s les talons et les �illets,
bient�t tu vas faire une chaussure compl�te.
La dame d'en face a apport� l'argent ?
�a lui a pris un mois, mais elle a tout port�.
Papa, je ne veux pas insister.
Me si tu me payes, j'enverrai Lila au coll�ge.
- Quoi ? - Je payerai pour ses �tudes.
C'est quoi �a ?
Lila doit continuer ses �tudes.
Si papa me paye, je m'en occuperai.
�tudier ? Pour quoi ? J'ai �tudi� moi ?
Non.
- Tu as fait des �tudes ? - Non.
Pourquoi ta s�ur, une fille, irait au coll�ge.
Elle est la personne la plus intelligente d'ici.
Demande � la ma�tresse.
Elle est intelligente mais elle n'y ira pas. Papa a d�cid�
Tant que tu vis ici, tu n'auras pas de salaire.
- Parle � la ma�tresse. - Rino, �a suffit !
- Mais.. - Suffit !
On ne parlera pas avec la ma�tresse,
parce que Lila n'ira plus � l'�cole. C'est clair ?
C'est clair ?
Oui.
D�sol�.
Tiens.
Regarde ce que j'ai amen�.
- Qui te l'a donn� ? - La dame de ce matin.
Lila !
Viens m'aider !
J'arrive.
Len�, vient.
Assieds-toi.
On va payer Mme. Oliviero.
On va se d�brouiller.
Merci.
Remercie ton p�re. Si �a ne tenait qu'� moi...
Mais tu dois �tre la meilleur.
Te me suis ? Bonne ce n'est pas assez.
Tu dois �tre meilleure que tous.
Mme. Cerullo, il m'a fallu insister longuement pour vous voir.
Votre fille �crit des histoires magnifiques.
Avec des mots,
elle cr�e des images surprenantes pour son �ge.
Sans effort,
et surtout, sans que personne ne lui ait appris.
Je sais. Je sais.
Nous avons une responsabilit�,
vous en tant que parents, moi comme enseignante
d'apporter � la soci�t� un cerveau comme celui de votre fille.
Nous ne pouvons pas la sacrifier, Mme. Cerullo.
Qui veut la sacrifier ?
Voyez-vous Mme...
nous sommes une famille nombreuse
et nous vivons de l'atelier de mon mari,
qui nourrit aussi ses s�urs c�libataires et mes parents.
Je ne comprends pas tout ce que vous dites,
Je suis s�re que vous avez raison, mais...
Regardez ces dessins.
Regardez les ombrages.
C'est elle qui a fait �a ?
Oui, maintenant vous voyez ce que je veux dire ?
Votre fille est bonne dans toutes les mati�res.
Tr�s bien. Je dois m'en aller.
Parlez � votre mari, faites-le changer d'avis.
Je suis d�sol�, on n'a pas les moyens.
Alors, vous ne comprenez pas !
Mme. le professeur, je comprends
Vous croyez que si je parle � mon mari, il changera d'avis ?
Vous croyez que ma fille, qui est une fille,
passera son bac comme un gar�on,
alors que ses fr�res qui sont hommes, travaillent ?
Peut-�tre il en est ainsi chez vous, mais pas chez nous.
Je peux partir ?
Au-revoir.
Artichauts ! Patates !
J'ai m�me des sorbes.
Regardez cette belle tomate !
Lila !
Lila...
Qu'est-ce qu'ils font ?
Le papa de Stefano Caracci lui a pay� une Vespa.
Pour rendre jaloux les Solara.
Tiens.
- Qu'est-ce que j'en fais ? - Mange-les.
- Vertes ? - Laisse-les m�rir.
- Je n'en veux pas. - Alors, jette-les.
Oranges !
Qu'il est gentil, Enzo, je pense qu'il est amoureux.
- Et il me donne des sorbes ? - Qu'est-ce qu'il peut faire ?
Je ne sais pas. Me dire, "demain je t'am�ne � la mer".
Je n'ai jamais vu la mer.
Maman me dit qu'elle m'y a amen�, mais je ne la crois pas.
Je ne m'en souviens pas.
Attends. Tu veux faire quelque chose ?
Quoi ?
- Demain, on ne va pas � l'�cole. - Tu es s�rieuse ?
Oui, allons � la mer.
Je veux la voir.
Rino dit que l'eau scintille,
que c'est un spectacle incroyable.
S'ils nous attrapent, ils nous tuent.
Non, on dira que la ma�tresse nous a invit� chez elle pour une f�te.
Depuis quand la ma�tresse nous invite � des f�tes ?
C'est pour �a. C'est tellement exceptionnel,
qu'aucun parent ne le demandera au prof.
si c'est vrai ou pas. En plus, Gigliola elle a vu la mer.
Nous sommes les seules � ne pas l'avoir vu. Ce n'est pas juste.
Lila ! Vient !
Monte, on va � l'atelier.
Attends, j'arrive.
Alors ?
Mon p�re va me battre comme pl�tre ! Comment le sauront-ils ?
Alors ?
�a marche.
On se retrouve � la grille, comme d'habitude.
L�gumes ! Salades !
Oranges !
Cerises !
L�gumes ! Salades !
Venez acheter chez Enzo Scanno !
Elena, tu viens apr�s ?
Je ne peux pas. Je dois travailler.
Je n'avais jamais quitt� nos b�timents blancs
la cour, la paroisse, les parcs publics...
Je n'en avais jamais ressenti le besoin.
D�p�che-toi. Si on nous voit, c'est fichu.
On va les cacher l�.
Allons-y.
Des trains passaient sans arr�t au-del� des champs.
Voitures et camions roulaient sur la grande route.
Pourtant, je ne me souviens pas d'avoir une seule fois
de m'�tre demand�,
ou demand� � mon p�re ou � la ma�tresse,
o� vont les voitures, les camions, les trains,
vers quelle ville, vers quel monde ?
Quand je pense au plaisir d'�tre libre,
je pense au d�but de ce jour.
Je n'avais pas de responsabilit�s.
Lila connaissait le chemin de la mer, la cadence,
le temps pour y aller et revenir.
Je me suis sentie gaie et ouverte � l'inconnu
et je m'y suis abandonn�e.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Dis-moi ce que tu as.
Retournons.
Et la mer ?
C'est trop loin.
- Et nos maisons ? - Aussi.
Alors, allons � la mer.
- Non. - Pourquoi non ?
Allons-y, on a encore le temps. La mer ne dois plus �tre loin
Je ne veux pas me mouiller.
Au retour, on va se mouiller de toutes fa�ons.
Non.
Elle me cherche ! Que faire ? Comment a-t-elle su ?
Peut-�tre qu'elle a su que tu mentais
quand tu as parl� de la f�te de la ma�tresse.
Qu'est-ce que �a change ?
J'y vais.
Toi, restes. Ils ne savent peut-�tre pas pour toi.
- D'accord - Au revoir.
Au revoir.
Je vais te tuer !
Je suis venu te chercher avec le parapluie !
Et quand ton p�re va savoir, tu pourras oublier le coll�ge.
- Tu dois la taper, qu'elle apprenne. - Tu l'as assez tap�.
Tu vas quand m�me l'envoyer �tudier ?
C'est ce que nous avons d�cid�.
Nous avons ? Elle a d�cid� ! Avec un idiot de p�re comme toi.
Tu ne sais m�me pas la punir.
Quel homme es-tu ?
O� est-elle ?
Elena !
Non !
- �a te suffit ? - Arr�te !
- �a te suffit ? - Arr�te !
Vas-tu arr�ter ?
Tu es contente ?
Elle va au coll�ge. Elle y va !
Suffit, Len�, c'est fini.
Ne pleure pas.
Je suis d�sol�e.
Je ne pensais pas qu'on se ferait attraper.
ou qu'il seraient autant en col�re.
Maintenant, s�r que le Latin, c'est rat� pour toi.
Non, ils vont me laisser passer le test.
Pourquoi tu demandes ?
Je me faisais du soucis.
Tant mieux que �a se soit arrang�.
Oui.
Bon, Peluso, �a va encore �tre long ?
D�p�che-toi
Ne reste pas plant�e l�.
Tu dois ajouter un z�ro et enlever la virgule.
Cerullo, tu te crois tr�s forte ?
Tu te crois la meilleure, non ?
Mais tu n'es personne.
Tais-toi et ne parle que quand on te questionne. C'est clair ?
- Ma�tres... - Silence !
Gardes le silence et ne r�ponds pas !
Toi, assoies-toi.
Combien co�te un kilo de p�tes ?
1580 par 12.5
Vous ajoutez un z�ro et vous enlevez la virgule.
125 ne rentre qu'une fois dans 158 et il reste 33.
Toi, continue.
Bien, descend le z�ro...
Lila disparut un temps.
Elle e�t une mauvaise grippe, elle qui n'�tait jamais malade.
J'ai su qu'on l'avait vu dans la rue p�le et amaigrie.
Rino.
Et Lila ?
Elle a une forte fi�vre.
Elle n'ira pas en classe. Ne l'attends pas.
Il me semblait comprendre cette fi�vre.
Je savais qu'elle souffrait, et je n'aimais pas �a.
Pise au bord de l'Arno accueille une ancienne universit�,
o� enseigna Galileo Galilei.
La place de la cath�drale est un bijou artistique
avec trois monuments en marbre...
Elle me manquait, mais je n'avais pas le courage d'aller la voir.
J'�tudiais, mais sans parler avec elle,
je ne savais pas ce que j'�tudiais
"Enseignant".
Les jours s'�coulaient monotones.
J'allais aux cours de la ma�tresse avec Gigliola,
et retournais chez moi.
"Source".
Je pensais que m�me si Lila avait voulu me faire du mal
quand elle avait voulu m'amener � la mer,
je lui avait pardonn� et j'avais envie de la voir.
"Lieutenant".
C'�tait comme si une partie de moi �tait toujours froide.
Il me manquait quelque chose.
- Que veux-tu ? - Len� est l� ?
Len�.
Salut.
- Comment vas-tu ? - Je vais bien.
Je veux que tu lises �a.
C'est quoi ?
Un livre.
- Que tu as �crit ? - Oui.
�a s'appelle "La F�e Bleu".
On devait l'�crire ensemble.
Mais tu es toujours en cours avec la ma�tresse.
Lis-le et dis-moi ce que tu en penses.
Ce qui me frappa le plus, que je peux exprimer maintenant,
mais n'aurais su comment � l'�poque.
Le r�cit contenait la voix de Lila.
Elle s'exprimait avec des mots recherch�s, sans fautes.
mais sans l'artifice de la parole �crite.
C'�tait sp�cial.
Lila.
Lila.
Superbe.
- �a t'a vraiment plu ? - C'est magnifique.
Crois-tu que je peux gagner de l'argent ?
Donne-le � la ma�tresse. Elle peut t'aider.
Et c'est important.
Non, je ne veux pas.
Tu devrais.
Je t'en prie.
Comme tu veux.
Je dois ramasser le linge. A demain.
Nous voudrons, vous voudrez,
ils voudront.
Elena ?
Pass� compos� de "pleurer".
J'ai pleur�, tu as pleur�...
Il a pleur�.
Suffit. Gigliola � toi.
Nous avons pleur�, vous avez pleur�,
ils...
Ils...
pleurent ?
Comment ?
Ils ont pleur�.
Bien, mais tu n'as pas compris.
Si tu commets des fautes, tu seras recal�e.
- Je peux aller aux toilettes ? - Vas-y.
- Et lave-toi les mains. - Oui, Madame.
Ma�tresse...
Lila a �crit un beau livre que vous devriez lire.
Dit � Cerullo qu'elle devrait �tudier pour le dipl�me,
et ne pas perdre son temps.
Elena, sais-tu ce qu'est la pl�be ?
Oui.
Le peuple, les tribuns du peuple...
les Gracchi.
Tr�s bien. Les Gracchi.
Mais je parle d'aujourd'hui.
La pl�be est quelque chose de laid, Elena.
Si quelqu'un veut faire partie de la populace,
alors lui, ses enfants et leurs enfants, ne m�ritent rien.
�coute-moi bien, Elena.
Oublie Cerullo et ne pense qu'� toi.
Assoies-toi Lila. Je vais te coiffer.
Je n'ai pas envie.
J'ai m�me un ruban tout neuf.
Viens Len�, je vais te coiffer.
- Moi, je veux bien. - D'accord.
Qui t'a donn� ce beau ruban ?
La dame de la mercerie.
- C'est de la soie ? - On dirait du velours. -
Je lui ai donn� ton livre.
Mais elle ne l'a pas encore lu.
D�s que j'ai du temps, j'en �crit un autre. Celui-l� n'�tait pas bon.
Ce n'est pas vrai. Il est beau.
- Il est pourri. - Non, ton livre est merveilleux.
Quel livre ?
Aucun.
On se voit demain.
- O� vas-tu ? - A la maison.
Eh, Len�...
dis � Mme. Oliviero
que je vais passer les tests.
Tu entends ? C'est d�cid� !
J'irai au coll�ge m�me sans l'examen !
L'affaire est class�e.
Je m'en fiche. Je vais y aller !
Maintenant, tu m'as mis en col�re.
Arr�te !
L�che-moi ! L�che-moi !
Suffit Fernando, tu es devenu fou ? �a suffit !
Je vais te casser la t�te !
J'irai. Je ferai ce que je veux !
Je vais te tuer ! - Fernando
Regarde ce que tu me fais faire, maudite idiote !
Tu me rends fou !
Tu n'es m�me pas morte ?
Tu es n�e pour me tourmenter !
Lila, plus un mot sur le coll�ge !
Compris ?
Tu vas m'�couter parce que je suis ton p�re !
Je n'ai pas mal.
Je n'ai pas mal.
Mon Dieu ! Qu'est-il arriv� ?
Que t'es-t-il arriv� ?
Laisse-moi voir.
Qu'est-ce qu'il s'est pass� ?
- Que s'est-t-elle fait ? - Rien, elle est tomb�e.
- Que s'est-t-elle fait ? - Rien, elle est tomb�e.
- Doucement, doucement, elle s'est cass� le bras.
Doucement, doucement.
Ma petite fille.
A la fin, quelque chose arriva, qui nous surprit tous.
J'ai pass� les deux examens,
celui de l'�cole primaire,
et celui d'entr�e au coll�ge, avec des 20 en tout.
Lila passa seulement celui de l'�cole primaire.
Elle eut 18 en tout et 16 en arithm�tique.
Personne ne parla plus du coll�ge chez elle.
F�licitations, Lenuccia !
Vient, assoies-toi.
Il me tarde d'aller au boulot pour leur dire,
combien ma fille est intelligente.
Elle a eu ses examens et maintenant, elle va au coll�ge.
C'est une grande ! Donne-lui un peu de caf�.
- Que fais-tu ? - Juste un peu.
- Je peux en avoir aussi ? - Non tu es trop petit.
- Et quand alors ? - Au coll�ge.
- Lui aussi va faire des �tudes ? - �a va.
Sachez que Lenuccia a fait mieux que la fille Spagnuolo,
que le fils Caracci et que fille du cordonnier.
Comment a-t-elle eu 20 ?
Elle est brillante, une savante.
Elle tient �a de son p�re.
Len�, va faire les lits, je nettoie la cuisine.
- Laisse-la aujourd'hui. - Il y a beaucoup � faire, Vitto.
Laisse-la tranquille, ce matin. Aujourd'hui c'est la f�te.
- Qui �a peut-�tre si t�t ? - Je ne sais pas. Je vais voir.
Bon, vas-y.
Toi, restes l�. Mange.
Mange.
Qu'est-ce qu'il s'est pass� ?
Une trag�die, Vittorio, une chose terrible.
Quelqu'un a �t� tu�. Qui ? De qui parlez-vous ?
Il �tait encore en pyjama. Qui ?
La casserole �tait encore sur le feu.
Ils l'ont tu� avec un couteau.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je n'ai rien entendu.
Et toi ? Rien de rien.
-La casserole �tait sur le feu. - ils ont trouv� un couteau.
Il y avait du sang partout.
C'est ce qu'il se dit.
Un meurtre.
Mais comment ?
Il serait entr� par la fen�tre.
- Qu'y-a-t-il ? - Quelqu'un a �t� tu�.
- Qui a �t� tu� ? - Personne.
Qui aurait pens� qu'ils allaient tuer Don Achille.
Don Achille !
- Don Achille a �t� tu� ? - Oui.
Comment est-ce possible ?
C'est arriv�, alors c'est possible. Rentre.
- Que s'est-il pass� ? - Ils ont tu� Don Achille.
On a tu� Don Achille.
Ces deux l� arrivaient d'ailleurs. - Excusez-moi.
- Salut, Len�. - Bonjour, Don Fernando.
Lila !
Tu as entendu ?
C'est qui ?
Attends, je descends.
Les enqu�teurs le trouv�rent par terre sur le ventre,
il avait �t� tu� d�s son r�veil. Il avait ouvert la fen�tre,
pour faire entrer l'air frais de la pluie.
Il s'�tait lev� expr�s pour �a.
Il portait un pyjama bleu ciel,
tr�s us�s,
et des chaussettes jaunasses.
Quand il a ouvert la fen�tre...
la pluie lui aspergea le vissage,
et soudain, l�, sur le cot� droit du cou,
entre la m�choire et la clavicule...
on l'a poignard�.
Le cuivre de la casserole brillait tellement,
que le sang semblait de l'encre formant une raie noire.
L'assassin voulait s�rement l'atteindre au c�ur
pendant son sommeil.
Le voyant debout, il le poignarda dans le cou.
Il n'a pas forc� la porte, il avait un passe-partout.
Comment sais-tu �a ?
Je ne le sais pas.
J'ouvre la seau et je sors les mots.
Allons chez Carmela jouer aux dames.
- On y va ou pas ? - Attends.
- Qu'est-ce c'est? - Je ne sais pas.
Laissez-moi ! Je suis innocent ! A l'aide !
L�chez-le ! Laissez-le !
Giuseppina, aide-moi ! Je n'ai rien fait !
Je suis innocent. Les Solara peuvent le confirmer !
Je n'ai rien fait !
Alfredo !
Alfredo !
Maman, tu es bless�e ?
Le p�re de Carmela n'a pas tu� Don Achille.
Qui, alors ?
Je sais qui.
Qui ?
C'est une femme.
C'est une femme, Len�.
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