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Original subtitles

- T'as pas pris de maïs ?

- Non.

- Les parents d'Antoine s'y mettent.

- Quand t'auras un mari, demande-lui de faire du maïs.

Mais si tu les laisses filer les uns après les autres...

Tes copines sont plus rapides, elles.

- Je veux pas me marier.

Je veux pas.

- Tu fais quoi de tes soirées ?

T'es rentrée à pas d'heure, hier.

- Je fais des tours, je me promène.

- Tu vois quelqu'un ?

- Non.

- C'est Antoine ? -Non.

- Tu vas pas rester seule toute ta vie.

C'est terrible, la solitude.

- Je me marie en septembre.

- Avec qui ?

- Pierre Coubin.

- Tu l'aimes ?

- Je sais pas.

Je le connais pas vraiment.

Enfin...

Je le connais depuis toujours, mais pas en tant que mari.

Il a l'air sympa.

Il a de l'ambition, il veut s'installer à Limoges.

- Tu parles d'une ambition.

- T'as envie de rester ici toute ta vie ?

- Ouais.

Moi, j'aime tout ici.

- On doit faire nos vies, Delphine.

On n'est plus des gamines.

- Ça compte pas, ce qui s'est passé ?

- Mais si.

Bien sûr, que ça compte.

Mais c'était pas sérieux.

Son nette

- Salut. -Salut.

- Tu fais quoi, là ?

- Rien, je me promène.

Et toi '?

- Tu le veux ? -Non, ça va. Merci.

Tu te feras choper, un jour.

- Hé.

T'iras au bal à Aubusson ?

- Je sais pas.

- Je peux passer te chercher, qu'on y aille ensemble.

- Je sais pas, Antoine.

On verra.

- Où est la petite ?

- Je sais pas.

- Delphine !

Delphine !

Delphine !

Musique douce

un-

un-

*-Le chef de L'État à reçu ce matin 11 mères de famille,

*chacune avec plus de 10 enfants.

*M. Pompidou leur a remis la médaille d'or de la famille française.

*Et, dans une allocution improvisée, il a évoqué le rôle de la famille :

*"Élever des enfants procure de la joie, mais aussi du travail.

*"La famille est menacée par l'environnement psychologique actuel,

*"marqué par une violence qui s'étale partout.

*"Nous ne voulons pas faire de la France un pays autoritaire,

*"mais L'État doit s'opposer à ce climat de violence."

Quelqu'un crie.

- Les belles fesses !

- Voilà, monsieur!

Oh, ton gros cul.

- Hé.

Ça va, ça t'amuse ?

- C'est ton tour.

- Tu rigoles, là ? -Tu la lâches !

- Pouffiasse !

- Fermez la porte.

- Salopes.

Allez vous faire mettre.

- Dans quel état il est.

- Ça aurait été pareil si on l'avait volé.

- Pire, on lui a volé son imago viril.

- Oh, madame !

- Heureusement que t'étais là.

- T'es pas trouillarde.

C'est une masse, le type.

-Il était pas dangereux.

- Je sais pas ce qu'il te faut.

- C'était un pari ?

- Quand c'est notre cul, c'est normal, quand c'est le leur, ils aiment pas.

- À la prochaine manif, on le fait aux flics.

- Vous manifestez pour quoi ?

- POUR LE DROIT DES FEMMES.

- Le droit de pas se faire emmerder dans la rue.

- Faire ce qu'on veut,

avec qui on veut. -T'es pas d'accord ?

- Je sais pas.

- Y a pas des trucs que tu fais pas

parce que t'es une femme ?

Sonnerie

Musique douce

un-

un-

- Pardon. Je cherche une réunion.

Je sais qu'il y a des filles, et que c'est le jeudi.

- Ah, les excitées. Là-bas à droite, amphi des loges.

Un-

- Vous êtes sectaires. Notre force, c'est nous mélanger.

- Hors de question de faire des actions communes avec les mecs du BLR.

- Les mecs doivent comprendre

que leur place n'est pas ici.

Acclamations

On va nous dire qu'on est contre les mecs.

C'est pas ça.

C'est pas ça.

La moitié des femmes ici sont avec un bonhomme.

Brouhaha

...

- On est pas contre les mecs, mais pour les femmes.

Je suis désolée,

mais l'attitude d'une femme change avec un mec.

La femme la plus éduquée, face à un homme, qu'elle le connaisse ou pas,

se censure, censure sa parole et sa pensée.

Ce qu'on veut, c'est retrouver une parole libre,

sans avoir peur de ce que le mec, patron, papa va en penser.

Acclamations

...

- Le principe de la non mixité.

Mais là, un journaliste veut assister à une réunion.

C'est important !

- Non !

- À bas

la presse hétéro-flic !

- Faut faire parler du mouvement.

- On laisse parler tout le monde.

Si au sein du MLF,

on s'entend pas, on y arrivera jamais.

Brouhaha

...

Guitare

- NOUS QUI N'AVONS PAS D'HISTOIRE

DEPUIS LA NUIT DES TEMPS, LES FEMMES

NOUS SOMMES LE CONTINENT NOIR

DEBOUT FEMMES ESCLAVES

ET BRISONS NOS ENTRAVES

DEBOUT, DEBOUT, DEBOUT

ASSERVIES, HUMILIÉES, LES FEMMES

ACHETÉES, VENDUES, VIOLÉES

DANS TOUTES LES MAISONS, LES FEMMES

HORS DU MONDE, RELÉGUÉES

DEBOUT, FEMMES ESCLAVES

ET BRISONS NOS ENTRAVES

DEBOUT, DEBOUT, DEBOUT

Acclamations

...

- Je t'imaginais pas à un bureau toute la journée.

Je t'imaginais...

Un truc plus physique, peut-être.

- Ah bon, quel genre ?

- Maître-nageuse.

Ça t'irait bien, le côté sérieux, concentré.

Et c'est physique.

- Toi, tu fais quoi?

- Devine. -C'est trop dur.

Je te connais pas assez.

- T'as 2 essais, puis un gage.

- Euh... Vendeuse ?

- Perdu. Je suis pas vendeuse.

Dernier essai.

- Médecin. Médecin.

- Pourquoi ?

- Tu parles bien, donc t'as fait des études poussées,

et t'as l'air de prendre soin des autres.

C'est con.

- Pas du tout. Non, je suis prof.

Prof d'espagnol.

- C'est quoi, le gage ?

- Tu viens à la prochaine réunion jeudi prochain.

Ah.

- C'est trop raide, il faut faire des compromis.

On parle de gens

qui ne parlent jamais. Il y a pas de syndicats de prisonniers.

Si on n'est pas

leurs porte-drapeaux, ça n'a aucun sens.

- Tu connais la frilosité des journalistes bourgeois.

Au Monde, ça passera pas.

- Si c'est pas un coup de pied dans la fourmilière...

- Combien d'articles

sur les prisons en France ? -Zéro.

- On est les 1ers,

et ça sera refusé. C'est con.

- On va pas se censurer avant que Fauvert le fasse.

On veut publier un truc cohérent, ou être dans Le Monde ?

- Le Monde donne du poids.

- On a travaillé pendant un an,

mais pour être publié, on va dire ce qu'ils veulent entendre ?

Si on est dans une parole reportée, c'est nul, c'est démago.

- Alors ça, vraiment... Il faut l'avaler.

- Bien sûr.

La prison fabrique de nouveaux criminels. C'est ce qu'on pense.

- Tu pourras prendre ma robe bleue ?

- Mets-la de côté, que je la cherche pas.

- Ouais, je sais, je dois ranger.

Pas le temps. -Difficile de libérer ses sœurs

de la domination masculine et laver son linge.

- Ben ouais.

Que ferais-je sans toi, finalement?

- Les femmes ne peuvent pas se passer des hommes.

- Phallocrate.

- Harpie. -Gougnafier.

- Virago. -Esclavagiste.

- Suffragette.

- Électeur de Pompidou. -Ah non, non.

Pas de noms propres.

- Tu n'as rien répondu, tu as perdu.

- Tu triches. Allez, hop. Punition.

'Ah, Vas-y !

♪ ai gagné. J'ai gagné.

- Salut.

- Delphine, t'es là.

T'as raté des super trucs.

On a bien rigolé chez Ménie. Tout le monde est allé

sur le plateau. Les gens criaient.

- Delphine.

- Salut.

- Ça va ? -Ça va, et toi ?

- Je lui raconte Ménie Grégoire.

- Oh là là, c'était quelque chose. T'étais dans un état !

♪ ai cru qu'elle allait faire une syncope.

- Le magazine se mouille pas, quoi.

"Les 343 salopes : soit c'est du courage, soit de l'exhibitionnisme."

- Bien sûr. Et ton article, il est courageux ?

Il tient bien son nom.

- C'est pas grave.

- Désolée. -Pas grave.

"À nos sœurs,

"nous lançons un appel. Réclamons main dans la main

"des salaires décents à la hauteur du travail fait,

"que la femme ne soit plus un objet publicitaire. RDV Amphi B, 23 avril."

- On en est où des banderoles ?

- Ouais, 4e.

-Il en faut plus, non ?

- Une peut-être, encore.

- C'est l'orgasme final

- COUCHONS-NOUS, ET DEMAIN

LESBIENNES ET PEDALES

SERONT LE GENRE HUMAIN

'Ça va f)

- Ouais. -Tu prends la pilule, toi.

- Non.

- Pourquoi ? T'es folle.

Il faut. Je le répète à mes élèves.

Discrètement. Je veux pas être virée.

Tu trouves que c'est trop cher ?

- Non.

*-Mon devoir de médecin est de tout faire pour la vie d'une être humain.

*Quel qu'il soit. Sans distinction de race,

*de sexe, de religion. Si on ne fait pas la distinction,

*de race, sexe, religion,

*alors pourquoi en faire une en fonction de l'âge ?

*Et si nous disions que nos personnes âgées ne sont pas des êtres humains.

*Que nous pouvons simplement les tuer.

*Non, non. La médecine n'est pas du côté de la mort.

*EIle est du côté de la vie.

*Quand des femmes ont la chance

*de porter la vie, et veulent néanmoins avorter,

'j'ai envie de leur dire :

*"Soyez responsables. En voiture,

“vous appliquez le code."

*Les femmes enceintes, leur passager,

*c'est la vie.

*Un enfant à naître.

- Mon corps n'est pas une voiture ! -Tiens, un être humain !

- Qu'est-ce que c'est ?

Brouhaha

...

Ça suffit.

- Si ta mère avait avorté...

- Connard !

...

Musique rythmée

un-

- Colle, colle.

Un-

- Tu fais quoi ?

Magne-toi.

Un-

Pour l'avortement. -Y a qu'à pas baiser.

- Vous baisiez pas ? -Je faisais attention.

- Comment ? -On savait se débrouiller.

"Cher Antoine. Paris est bien incroyable. Même si je l'avais pas vu.

"Tout est différent chaque jour.

"Je vis 3 mois en une semaine.

"J'ai rencontré une fille formidable.

"Une fille formidable.

"Une fille étonnante.

"Une fille sensas.

Elle sonne.

"Elle s'appelle Carole."

- Pardon, j'ai dû me tromper.

- C'est pour la réunion ? -Oui.

- C'est ici.

Rentre.

- Allez ! -On me vire de chez moi.

- On a plus besoin de toi.

- À la prochaine. -À la prochaine.

Ça va ? -Ouais.

On n'est pas chez Carole ? -Ben si.

Chez Carole et Manuel. Le boudoir.

Il est pas fou. Il est agrégé de lettres, brillant, drôle.

Mais il est pédé. Ses parents l'ont mis en hôpital psy pour le guérir.

Vive la famille.

- On s'occupe pas de ça, c'est tout.

- On reste sur la ligne

avortement, contraception, sinon, on va se disperser.

- Je devrais laisser mon meilleur pote là-bas,

avec des électrochocs,

ou une lobotomie, car c'est pas la ligne

et car c'est loin ? -On n'a pas dit ça.

- C'est légal de faire ça à quelqu'un ?

- Oui, et c'est le problème.

Foutre un homo à l'hôpital est légal.

- C'est quoi, ton idée ?

- C'est simple : on y va et on le sort de là.

- C'est pas à nous de nous occuper des mecs.

On va pas dans des luttes ultra minoritaires.

- Ultra minoritaires ? T'es gonflée.

Je me bats pour ta pilule, mais ma copine me foutra pas en cloque.

Je suis déçue. -N'en fais pas une affaire personnelle.

- On choisit les actions.

On peut pas se disperser.

- On a pas à le faire sous le nom du MLF.

- Heureusement. -Ben voilà.

- Adeline, c'est la 1re à vous suivre, à être toujours solidaire,

elle est venue pour Chambart, et vous pouvez pas

faire pareil pour elle ?

- Merci beaucoup. Merci beaucoup.

- C'est son meilleur ami.

Franchement.

- Carole, me dis pas que tu viens pas.

- Je sais pas.

- Ton mec doit être d'accord ?

'Ça Va pas ?

- T'y vas pas,

mais moi oui. -N'importe quoi.

Brouhaha

...

- Un groupe à Plessis, un autre pour ton pote.

- Pourquoi t'as changé d'avis ?

- J'y vais pour faire plaisir à ma pote.

- C'est une très bonne raison.

- Là, vous prenez par là. Et la deuxième à droite...

- Sur la carte, on est là.

Mais je pensais prendre ce chemin bleu.

- C'est un cours d'eau.

Peut-être en ramant, mais je ne le pense pas.

- Mon mari dit toujours que je sais pas lire une carte.

- Oui. -On va y arriver.

On est là, et le château est là. Il y a écrit "château".

- Non, madame. Regardez. -On est où ? On est là.

- Mais non.

- Donne-moi ta main.

Chanson légère

un-

- Hé !

Arrêtez-vous !

Un-

Tu vas où ?

Un-

- J'arrive plus à ouvrir les yeux.

Un-

- Salut, tata. -Bonjour, ma grande.

- Ça va ? -Oui.

Ça me fait plaisir.

- Moi aussi.

Voici ma tante : Hélène. -Bonjour, madame.

- Que se passe-t-il ? -Un petit accident.

Rien de grave.

- T'es sûre ?

- On a fait une folle embardée.

- Je vous sers à boire ? -Bonne idée.

- Ça va, Guitou ?

-Il revient parmi nous.

Ça y est.

Tiens.

- J'étais jamais venue dans le Sud.

Ça fait un drôle d'effet.

- Faut pas trop tirer.

- Non, pas ça. C'est le paysage.

Chez moi, c'est différent.

♪ ai l'impression que la terre est pleine d'eau.

Ici, quand tu marches, le sol est dur.

Ton pied rebondit, ça te donne un élan.

Chez moi, même en été,

ton pied, il s'enfonce.

Comme si la terre allait l'avaler. Comme s'il fallait lutter pour marcher.

Tu vois ce que je veux dire ?

- Ouais, ouais. Je crois.

- Bon, on a plus de duvet.

- J'ai jamais fait avec un homme, toujours avec des femmes.

- Santé.

- C'est comme une loi, à la campagne.

- Tenez, goûtez. -Oui, merci.

- Ma mère a pas de salaire, pas de sécu, pas de carnet de chèque.

Mais elle bosse toute la journée.

Pour prendre une décision pour la ferme, on lui demande rien.

- C'est dingue.

- Tu mets ton poids en arrière, tu le plaques et le mets en clé.

- Ah ouais. -Très vite.

Avec ça, il est immobilisé.

- Pourquoi t'en as jamais parlé ?

- Je pensais ça inintéressant.

- Ça aurait passionné tout le monde. On se bat contre des trucs comme ça.

- Adeline. -Attends.

Ça me gêne. -Pourquoi ?

- Merci.

Pas envie d'en parler devant tout le monde.

On frappe à sa porte.

- Je peux venir avec toi ?

Adeline ronfle comme un sonneur.

- Si tu veux.

- Merci.

- Quoi ?

- Ça peut pas durer, ta ferme. Tu dois la prendre à ton père.

Il faut que tu fasses un putsch paysan, un truc qui s'est jamais fait.

- T'as refumé ?

- À peine.

Hein.

- J'ai jamais dit que je voulais virer mon père de sa ferme.

- T'es une trouillarde.

- Non. -Comme la moitié des nanas.

Les mecs ont de beaux jours devant eux.

Qu'est-ce que tu fais ?

- Va-t'en, Carole. Va dormir ailleurs.

- C'est rien, c'est pas grave.

On a trop bu. -C'est toi qui as trop bu.

Va-t'en, Carole.

"J'avais 16 et demi.

"N'ayant pas mes règles,

dans un lycée mixte, une copine m'a dit :

"Tu es enceinte.

"Elle m'indique un toubib à Pigalle. La 1re fois,

"il m'a tutoyée. Il me dit: tu es enceinte d'un mois.

"J'étais paniquée et désorientée. Il m'a posé la question :

"Que vas-tu faire ? Je savais pas.

"Je voulais pas me marier.

"J'avais pas de mec, le type était à La Rochelle. Impossible de le joindre.

Musique douce

un-

- Salut.

- Salut.

- T'es pas venue, hier ?

- J'avais pas trop envie, non.

- Je voulais te dire, pour l'autre fois.

Je suis pas choquée, c'est pas ça.

Je...

♪ étais juste surprise.

Mais...

Enfin...

♪ ai des copines lesbiennes, mais je le suis pas. C'est tout.

- Moi non plus.

Quelqu'un sifflote.

...

Il fredonne.

Un-

- Moi, je prends les banderoles.

T'arrives comme les carabiniers. -Ça va.

- Non, prends les pancartes, plutôt.

'Ça Va ?

- Ouais, ça va.

- Faut faire un 1er aller-retour.

- On amène tout dans la voiture.

Musique douce

un-

On se met en début de cortège.

- Qui prend ça ?

Un-

- Delphine.

Un-

Viens, on va chez toi.

Un-

- C'est quoi, ce délire ? Tu fais chier.

C'est pour te prouver que t'es libre ?

- Je fais pas ça pour prouver quoi que ce soit.

Je me suis pas réveillée en me disant "je couche avec une fille."

C'est arrivé, c'est tout.

♪ ai cru que ce serait qu'une fois.

Et puis ça dure... -Tu veux qu'on se quitte ?

- Non, sinon, je t'en parlerais pas.

- C'est sexuel, ou t'es amoureuse ?

- J'en sais rien, Manuel.

Je sais pas.

- Tu la vois, aujourd'hui?

- Je sais pas.

- Tu mens.

Je te connais, ma vieille.

Quand tu dois mentir, ton teint devient jaune.

Je te jure.

- C'est pas sûr, mais c'est possible qu'on se voie.

- Très bien.

Tu te débrouilles pour dormir ailleurs.

Tu viens pas dans notre lit après avoir baisé avec elle.

Musique douce

un-

un-

- Non !

Un-

Tout doux, tout doux, tout doux.

Elle grogne.

Vilaine bête.

Chut.

Un-

- Oh, ça va !

À bas la société bourgeoise !

Un-

Te quiero.

- Te quiero. Te quiero?

- Mi amor.

- Mi amer.

- Me gustan tus pechos.

- Ça veut dire quoi? -Répète.

- Me gustan... -Tus pechos.

- Tus pechos.

- C'est bien.

- Me gustan... Ça veut dire quoi ?

- Rien...

- C'est ça, les pechos ? -Oui !

- Ah, les pechos. Oui, me gustan tus pechos.

- C'est ça, mon amour.

Il tape à la machine.

...

Salut.

...

...

...

*-Admettre une augmentation... On frappe 'a sa porte.

- Bonjour. Mlle Vinatier, c'est ça ?

- Oui. -Un télégramme pour vous.

- S'il était fatigué, il fallait qu'il s'arrête.

-Il avait pas l'air, il était comme d'habitude.

♪ ai rien vu venir.

La veille, il courait dans tous les sens.

Tu sais comment il est.

Puis, hier matin, il chargeait des bidons,

et je l'ai vu tomber d'un coup.

Les médecins lui ont dit.

Ça prévient pas, ce genre de choses.

On a de la chance qu'il soit encore là.

- Tu trouves vraiment qu'on a de la chance ?

- C'est dur pour moi, aussi.

- J'ai...

♪ ai réfléchi, et j'ai aucune autre solution.

♪ ai pas de frère, d'oncle ou de cousin. Moi seule peux le faire.

*-Tu vas pas retourner t'enterrer là-bas !

- C'est trop pour ma mère !

On peut pas prendre un ouvrier agricole.

- On commence juste quelque chose...

Tu peux pas me dire ça comme ça. Il faut qu'on se voie.

♪ arrive. T'es où ?

*-Pas tout de suite, Carole.

Musique douce

un-

'Ça Va.

Je suis sûre qu'elle va revenir.

Ça se voit, qu'elle t'aime.

Un-

♪ ai attendu, elle va pas bien.

Un-

Elle pleure.

- Tu savais que les frères Liéjard sont prêts à acheter ?

Ton père était à l'hosto depuis même pas 24 h

qu'ils parlaient déjà à ta mère.

- Quelle bande de cons.

Elle m'a pas dit. Ils peuvent toujours courir.

- T'as changé.

- Ah ouais ?

- Je sais pas. Tu fais plus femme.

Ou plus parisienne, peut-être.

- Là-bas, j'avais l'impression de faire plouc, et tu me dis l'inverse.

- Tu sais, je suis vraiment désolé pour Maurice.

Mais je suis vraiment content que tu sois là.

- Arrête de fouiller dans ses affaires. Il aime pas ça.

- J'ai rendez-vous avec la banque.

- Pour quoi faire ?

- Pour payer la quote-part.

Vous avez une mutuelle complémentaire ?

- Non. On va pas

payer 2 mutuelles, non plus.

On n'est pas les Giscard.

7 lettres.

*-Combien ?

- Ça va casquer.

Brouhaha

...

- Les gars, en ce qui concerne l'achat du matériel.

On s'en tient à l'achat de la moissonneuse batteuse.

Vous êtes d'accord ?

- Moi je trouve

que la machine est chère. Il faut renégocier avec le marchand.

- Tu vas traîner la patte.

- Non, mais on n'est pas Crésus.

- Quand on aura décidé

du modèle, on définit les quota-parts

de chacun, et on récupère les chèques.

- Je passerai les chercher.

- Voilà, on fait comme ça.

- Pour Maurice, comment on fait?

- Je paierai notre part.

-Il faudra que je te prenne rendez-vous à la banque, non ?

- J'y vais en début de semaine.

- T'as pris rendez-vous seule ?

- Ben oui.

- C'est au président de le faire.

Tu l'aurais dit, on t'aurait accompagnée.

- Je pensais

gagner du temps.

- D'accord, mais c'est pas comme ça que ça se fait.

Enfin, si t'as pris rendez-vous...

- Ben...

-il faut désigner des chauffeurs.

- Ton père s'est réveillé.

- Quoi ?

- Ton père s'est réveillé.

Il est encore faible,

mais il est conscient. Il parle pas, mais il comprend.

- N'en prends pas autant. Tu pars pas 10 jours.

-Il aime celle au sanglier. Il a un bon coup de fourchette.

Aïe .

On dirait 2 poules sans tête.

- Tu l'embrasses fort.

- Si t'as un problème, appelle Antoine. -Ouais.

Tu l'embrasses bien fort.

Musique rythmée

"ln The Grace of Your Love" (The Rapture)

un-

- Tu disais que c'était les trois 8,

moi je trouve que ça va.

- Je me suis levée à 4h pour tout faire avant que t'arrives.

- Ah bon ? Tu dois être crevée.

- Non, ça va.

♪ ai de l'énergie.

- De l'énergie comment?

Elles rient.

Un-

un-

Allez, vite, vite, vite !

Vite, vite, vite !

Elle crie.

Allez, Laura !

- Arrête. Arrête.

- Allez, la Margot.

Elle crie.

Ah, la carafe d'eau.

Elles rient.

...

- Quand j'étais petite, on jouait au papa et à la maman.

Embrasser les garçons me faisait pas grand-chose.

Un jour, y avait pas assez de garçons, donc j'ai fait le papa.

Embrasser une fille m'a fait un effet pas possible.

- Et après ?

- J'ai couché avec une fille pour la 1re fois.

- T'avais quel âge ?

- Moi, 16, et elle, 22.

- C'était une fille d'ici ?

- Une fille de la ville, comme toi.

Elle était en vacances près de chez nous.

Mes parents y voyaient que du feu. Il étaient contents que j'aie une amie,

qui était à la fac. À Limoges.

- Et après ?

- Quoi, après ?

- Me fais pas croire

qu'il y a rien eu entre tes 16 ans et maintenant.

- J'ai eu un chagrin d'amour avec une fille d'ici.

Et après, je t'ai rencontrée.

Musique mélancolique

un-

un-

- Je m'en doutais.

Mais j'arrivais pas à le croire.

Ton comportement est lamentable.

Tu veux pas te séparer, 10 jours après, tu te casses avec elle sans prévenir.

Je rêve.

T'attends ma bénédiction ?

T'as aucune rigueur, Carole.

Aucune rigueur.

On s'engage pas que dans un amphi avec les copines.

Dans la vie aussi.

- Bonjour. -Bonjour.

- On va le sortir.

Aide-moi.

Passe-moi sa robe de chambre.

- Merci.

- C'est normal.

- T'es sûre de toi, de ce que tu fais ?

- Je viens de la quitter, elle me manque déjà.

Elle me manque vraiment, tu comprends ?

Ça m'a jamais fait ça.

Alors j'y retourne, je peux pas faire autrement.

- Ça m'intéresse pas que tu sois en manque de moi.

♪ ai aimé que t'aies pas besoin de moi, que tu sois libre, forte.

Qu'est-ce que tu me dis, là ?

Que pour toi, l'amour, c'est pas pouvoir se passer de l'autre ?

Lui courir après, la langue pendante, comme dans un mauvais feuilleton ?

C'est pas toi, Carole. -Peut-être.

Je sais plus, je me laisse porter par ce que je sens.

Je veux plus être dans un débat d'idées.

- Tu vas pas t'arrêter de penser non plus.

- Maman.

Une amie de Paris vient quelques jours, si ça t'embête pas.

- Pourquoi ça m'embêterait ? Au contraire.

C'est bien, ça te changera les idées.

Entre la ferme et ton père, t'as pas volé un peu de distraction.

- C'est une collègue à toi ?

- Ouais.

Elle vient de quitter son copain.

- Ils avaient des enfants ? -Non.

- Alors c'est moins grave.

Elle aura la chambre de mamie.

C'est ce qu'on a de plus confortable.

Elles crient.

- Oh, là, là !

- Je te préviens, on dort pas dans la même chambre.

- Pourquoi ?

- Mon père a eu une crise cardiaque,

je veux pas que ma mère fasse une attaque.

On va y aller mollo, d'accord ?

- D'accord.

- Papa.

Voici Carole, qui vient me rendre visite.

- Bonjour, monsieur.

Delphine m'a beaucoup parlé de vous, je suis heureuse de vous rencontrer.

- À plus tard.

- Mmh.

- Vous faites quoi, chez Félix Potin ?

- Je travaille pas chez Félix Potin, moi.

- Je croyais...

- Je suis prof d'espagnol. On s'est connues à un groupe de femmes.

- T'es fan de qui?

- Non, un groupe de poterie pour femmes.

- Ce sont des ateliers

autour de la matière.

On travaille son ressenti, on sculpte, on malaxe.

On travaille la glaise.

C'est agréable. Ça calme énormément.

- Tu fais ça, toi ?

- Elle est très douée.

Elle a fait de jolis petits vases. Vous verrez.

Hein, Delphine.

C'est le dessert ? Je peux ?

- Je vais chercher une assiette.

- Non, vous dérangez pas.

*Musique jazz

9c

Elle frappe à la porte.

Elle rit.

- Chut.

Le plancher grince.

Quelqu'un arrive.

- Déjà debout? -Oui.

- Mal dormi ? -Non, je viens avec vous.

- On va travailler. -Je sais.

- Vous prenez du café ? -Oui.

- Tiens. -Merci.

Merci.

- C'est pas un travail pour un professeur.

- Je vais pas assez vite ?

- Non. Mais je serais pas obligée, je le ferais pas.

- Ah bon ?

Mais vous êtes fière, quand même ?

- Fière, non. Pourquoi?

- Vous faites tourner la ferme juste toutes les deux.

Une ferme peut donc être dirigée par des femmes.

- Les femmes sont pas moins bonnes que les hommes pour le travail,

mais ça se fait pas.

Quoi ? -Rien.

Tiens.

- Ça va mieux avec un homme.

- J'ai rien dit, moi.

- Vous avez quoi contre les hommes ?

Elles rient.

Quoi ?

Ben, quoi? -Non...

C'est épatant, ce que vous faites.

Vous devez être fière, Monique.

- C'est bon.

- Regarde.

Sens.

*Musique rythmée

“Fais-moi de L 'Électricité " (Joe Dessin)

9c

Ah, Monique !

Vous dansez ?

Tu m'allumes Le matin, tu m'éteins

- Pas fatiguée ?

- Allez !

Allez, Monique.

Allez, allez. Allez, Monique.

Allez. Venez ! Allez !

Allez, allez.

9c

Toi, tu me fais de l'électricité Tu fais monter ma tension

9c

Moi, l'électrici... Moi, l'électricité

Monique l

Vous êtes géniale.

Elle gémit.

...

- Je t'ai même pas touchée.

T'as senti ? -Non.

- Tu vois.

Musique douce

un-

Et là ? -Non.

Un-

un-

- Tu lui as dit qu'on a fini les foins ? -il comprend pas.

-Il comprend très bien.

Hein, Papa f?

On a fini les foins.

Il faut lui parler. Ça le maintient.

- Raconte-toi ce que tu veux. Je vois ce que je vois.

Excuse-moi. Tiens.

Acclamations

...

- Vas-y l

...

Allez, Delphine !

...

- Au retour de Delphine, et bienvenue à...

- Carole.

- Moi, c'est Josette. À Carole et Delphine.

- Santé.

- Paris, c'était bien ?

- J'ai fait des choses inattendues. -Quoi ?

- De la politique.

- De la politique ?

- Tu vas faire un kolkhoze ?

- Faire en sorte que les femmes soient payées

pour leur travail serait un début.

- Un salaire ?

♪ ai le salaire de mon mari.

- C'est déjà bien

qu'elle puisse piocher dedans.

- Oui.

- Ça a l'air bon.

Je te sers un verre ?

- Non, merci. Je peux pas pour l'instant.

- Moi, j'ai envie de picoler, ce soir.

C'est bien mérité, regarde.

- Le métier qui rentre.

- Tu connais Delphine depuis longtemps ?

- Depuis toujours.

- Elle était comment, petite ?

- Comme maintenant.

Tu sais, on connaît pas les gens en 3 mois.

Delphine repartira pas.

- Ah bon ?

Comment tu peux en être aussi sûr ?

- T'as vu l'état de Maurice ?

Il sera plus jamais capable de conduire la ferme.

Et Delphine préférerait crever que de vendre. J'en suis sûr.

- Ensemble on nous opprime Les femmes

Ensemble révoltons-nous

Debout - Chut.

Tu vas réveiller mes vieux.

- Ton père, ça m'étonnerait.

Bonsoir.

- Arrête, s'il te plaît.

- Pardon, on a un petit peu bu.

Musique douce

un-

un-

Delphine, j'arrive pas à savoir si elle aime cette vie-là,

ou si elle arrive pas à s'imaginer autre chose.

Je suis sûre qu'elle pourrait faire plein d'autres trucs.

Elle est intelligente, votre fille.

Vous le savez.

Elle en a sous la casquette.

Un-

Vous savez...

Je suis pas là pour les foins.

Ou pour être en vacances. La campagne, j'en ai rien à foutre.

Je suis venue pour votre fille.

Parce que je l'aime.

Voilà, c'est dit.

Je l'aime comme une dingue.

Je pensais pas que j'aimerais quelqu'un comme ça.

Je la prends.

Delphine.

Ça te manque pas, Paris ?

- Non, je crois pas.

- Quand on s'est rencontrées, t'avais l'air d'aimer.

- C'est parce que t'y étais.

Si t'avais été sur Mars, j'aurais aimé Mars.

- Tu sais parler aux femmes, toi.

Je pensais pas que ça me manquerait un jour.

L'odeur des bagnoles.

Les klaxons.

Le petit café du matin au comptoir avant d'aller bosser.

Entre un ouvrier et un patron, tout le monde est pareil pendant 5 min.

Même les flics, tiens.

-Il faut pas jeter tout ça. Vous gâchez, là.

- Ah bon ? -Oui. Allez.

- Bonjour, Monique.

- Bonjour, Antoine. -Vous allez bien ?

- Salut. -Bonjour.

- Quand même...

Elle l'épouserait, ça serait bien.

- Pourquoi vous dites ça ?

Quand elle est partie à Paris, j'y croyais plus.

Je pensais qu'Antoine se lasserait. Maintenant qu'elle est là,

je vois pas ce qui empêche.

-Il lui a déjà demandé ?

-Il l'attend. C'est une façon de lui demander.

- Vous êtes sûre que Delphine le sait?

- Tout le monde le sait.

Elle a des yeux pour voir.

- Carole, je te cherche partout.

- À moins d'être enlevée par des martiens,

je vois pas ce qui peut m'arriver.

- Pourquoi tu fais la gueule ?

- Ta mère pense que tu vas épouser Antoine.

Tu te rends compte de l'énormité du truc ?

- Ça lui fait du bien, elle a le droit de rêver.

- C'est ça, ouais.

Tu lui laisses la tête dans le sable

car ça t'arrange.

- Je lui dis quoi? Qu'on est ensemble ? -Ouais.

Tu vas pas lui mentir toute ta vie.

Elle arrêtera de penser que je suis une parisienne

qui veut retourner à la terre.

- Je peux pas la brusquer. Elle sait pas que ça existe.

- C'est ça.

Continue de la prendre pour une demeurée. C'est pratique.

- Carole.

Carole.

Elle essaie d'ouvrir.

S'il te plaît, ouvre.

Carole.

- Bon, ça va.

Pas de commentaires.

Quoi?

- Qu'est-ce que t'essaies de faire, au juste ?

- Ta mère m'a dit de mettre ça.

- Tu t'y prends mal.

- T'as le coup de main.

- Monique t'a adoptée. Elle te demande tout et n'importe quoi.

- Oui, elle m'aime bien.

Heureusement qu'elle sait pas les cochonneries qu'on fait.

- Carole.

- Bonjour. -Bonjour.

-Il va colporter partout :

"La fille de Maurice est lesbienne, cachez vos..."

- Arrête, c'est pas drôle.

- Delphine.

Musique douce

un-

un-

Tonnerre

Antoine crie.

- Ça coince.

...

- Je peux pas rentrer la main.

Ah, ça y est, je l'ai.

Il vient, il vient.

Oui ! -Oui. Allez.

- Allez, ma belle. -C'est bien.

- Ça y est. -Ouais !

Tiens. Tiens, ton bébé.

- Tu nous as fait peur, toi.

C'était mal engagé.

Merci, Antoine.

- Café, Antoine ?

- Je veux bien.

- Un café ? -Oui.

La porte claque.

- J'en peux plus, je veux rentrer.

- C'est ça, vas-y.

Va retrouver Manuel, alors.

- Je l'ai quitté pour toi, tu te souviens ?

- Tu t'es demandée si ça m'arrangeait ?

Tu débarques, comme ça. -Quoi ?

- Ce que j'allais dire à mes parents. Je dois assumer.

- T'es dégueulasse.

T'es dégueulasse de dire ça.

- J'en ai pas rien à foutre de ce que pensent les gens.

- Dis que je te fais honte.

Bordel, j'ai...

♪ ai fermé ma gueule, j'ai tout accepté.

C'est pas les autres

qui te regardent, mais toi qui te surveilles.

T'es ton propre flic.

Ton propre flic. -Je peux pas tout faire !

M'occuper de la ferme, être avec toi.

Tu dis que les femmes doivent être indépendantes.

Je me bats pour que la ferme existe.

C'est concret.

- Très bien, bravo ! T'es une pionnière. Chapeau !

Génial.

Tu te bats plus pour ta ferme que pour nous, merde !

T'as pas de cœur, Delphine.

Tout ce que j'ai sacrifié

Pour toi !

Tu comprends ?

Je suis là pour toi, moi.

Brouhaha

...

- Delphine.

T'as trouvé ta place ?

- Ouais.

- Ça va ? -Oui, et toi ?

- T'as vu cette machine ?

...

- T'étais où ?

On a pas eu le temps de trinquer.

Elle est bien, cette nouvelle machine.

- Ouais.

Embrasse-moi. -Hein ?

- Embrasse-moi.

- Pourquoi tu fais ça ?

Tu bouffes à tous les râteliers ?

- Quoi ?

- Je t'ai vue avec ta copine.

Je sais.

- De quoi tu parles ?

- Me prends pas pour un con, c'est pire que tout.

- Arrête.

Musique triste

un-

Antoine.

Antoine.

- Tu joues à quoi, là ? Hein ?

Qu'est-ce que tu cherches ?

Que je te serve d'alibi ?

Un-

Je dirai rien.

T'inquiète pas. T'as trop compté pour ça.

Un-

- T'en as mis du temps, pour voir ta machine.

Un-

Ça va mieux ?

Hein ? -Oui.

- Mon petit Indien.

Ça va aller, ça va aller.

Ça va aller.

Ça va.

Chut.

- Delphine.

Delphine.

7h30.

- Putain.

- Au moins, c'est clair.

- Putain, c'est pas vrai.

♪ y crois pas. Putain !

Mais te marre pas !

- Tu te levais pas, alors j'ai fait la traite.

- Merci.

♪ oublierai pas le réveil, demain.

- J'espère.

- Je suis désolée.

- Je vais partir au marché. -Oui.

- Ça vous laisse 2 heures pour partir.

À mon retour, ça doit être comme si vous étiez jamais venue.

- Delphine sera d'accord ?

- Je veux que vous fichiez le camp.

Que vous partiez.

- On peut parler

5 minutes. - Non.

Ma fille est saine. C'est une fille bien.

Vous l'avez détraquée. Vous êtes...

Vous êtes de la saloperie.

- Je suis celle avec qui vous travaillez depuis des semaines, Monique.

Vous pensiez pas que j'étais de la saloperie.

- Je savais pas. Car vous êtes une menteuse.

En plus d'être pervertie. -On vous a menti.

Elle avait peur de vous faire mal. J'ai accepté carje l'aime.

- Taisez-vous.

Vous allez quoi ? Me raconter le détail de vos saloperies ?

Me raconter vos horreurs ? Je veux pas le savoir.

- C'est pas des cochonneries ! Je vous parle de votre fille !

- Sortez. Vous êtes le diable

dans ma maison. -Stop. Arrêtez.

- Le diable dans ma maison. -Arrêtez, Monique.

Delphine !

Delphine ! Je m'en vais.

Je prends le train. J'en peux plus.

♪ en peux plus...

Elle m'a foutue dehors.

Musique triste

un-

- Carole.

Un-

Si tu pars, je pars.

Je viens avec toi, Carole. Je viens avec toi.

Un-

"Maman, je pars avec Carole.

"J'ai jamais osé te parler de moi, mais j'espère que tu comprendras.

"Pardonne-moi le chagrin que je te fais.

"Papa et toi serez toujours dans mon cœur.

"Je reste ta fille. Delphine."

Musique douce

un-

- Adeline va pas en revenir.

Je récupère mes affaires,

et on aura un endroit à nous.

Un-

Y a 45 minutes avant la correspondance.

Il y a même pas un café.

♪ ai la dalle.

Quand on arrive, je t'invite à un super resto.

T'as pas faim, toi ?

- Pas trop.

Musique douce

un-

Carole, je peux pas.

- Quoi ?

- Je veux pas te faire de peine, mais je peux pas.

- Tu peux pas changer d'avis comme ça...

En une heure, pour quelque chose d'aussi important.

- J'arrive pas. J'arrive pas.

- Viens, je t'en supplie.

Delphine.

Quelle était la probabilité

pour qu'on se rencontre. 1 sur un million ?

Sur 2 millions ? On était au même endroit au même moment.

T'aurais pu prendre le bus et ne jamais me rencontrer.

C'est un signe, tu crois pas ?

Moi, j'y crois, aux signes.

On le prend, ce train.

- Carole.

-Il faut y aller. Le train arrive.

Prends ta valise.

Sifflet du train

Allez.

Delphine !

Musique douce

un-

un-

un-

un-

- T'as raté ton train ?

- Non, je suis revenue.

Je suis là.

- T'es revenue ?

Et l'autre ?

- Carole est rentrée, elle reviendra pas.

- Tes parents le savent ?

T'as pas peur ?

- Non.

Ça va me faire mal?

- Ah non, t'inquiète pas.

Le médecin va pratiquer une aspiration.

C'est l'avortement le plus simple,

le moins risqué, et c'est indolore.

T'en es à 3 semaines, t'es venue nous voir au bon moment.

C'est clair pour toi ?

- Oui, je crois. Merci.

- Est-ce que tu as déjà pensé à prendre la pilule ?

- Je sais pas. Prendre un médicament tous les jours...

On sait pas vraiment comment ça marche.

Ce que ça fait.

- Je peux t'expliquer, ça t'évitera de t'imaginer des choses.

- Vous la prenez, vous, la pilule ?

- Je la prends pas.

- Pourquoi, si c'est si bien que ça ?

- Je la prends pas

carj'ai pas besoin de contraception.

Je suis avec une femme.

- Tu sais, Coralie, qu'on a vue il y a 3 semaines.

Elle dort

à la maison. -Roh...

- Pas "Roh".

Elle était si paumée que je voulais pas l'envoyer au centre d'hébergement.

- Sigrid.

T'es tellement gentille.

- C'est pas qu'un défaut.

- À force, tu vas te faire bouffer.

- C'est que la 3e fois.

Mais ça m'arrange en ce moment, je me sens un peu seule.

Ça Va pas ?

- Si, si, ça va.

Excuse-moi.

Musique triste

un-

-"Chère Carole,

un-

"j'espère que cette lettre arrivera bien jusqu'à toi.

"J'ai réussi à quitter la ferme de mes parents.

"Ce que j'ai pas pu faire quand t'étais là, je l'ai fait des années après.

"J'ai beaucoup pensé à toi.

"Je suivais l'actualité du mouvement.

"J'en reviens pas de tout ce que vous avez obtenu.

"Je me demande quelle lutte tu fais, avec qui tu vis, ce que t'es devenue.

"Je suis dans le Sud. J'ai ma propre ferme.

”Elle est petite, mais a' moi.

"J'aimerais pouvoir remonter le temps.

"Revenir à ce jour dans le train, et avoir le courage qui m'a manqué,

"mais ça...

"Ça, c'est pas possible.

"J'ai beaucoup pleuré après ton départ.

"Mais j'ai au moins compris ça : on peut pas revenir en arrière.

"Seulement aller en avant.

"C'est ce que j'essaie de faire.

un-

"Je t'embrasse.

"Delphine."

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