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BURGUILLOS, ESPAGNE
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CONVERSATION AVEC LE PAPE
CITÉ DU VATICAN
Bonjour. Comment allez-vous ?
- Bien ? - Bien.
- Bien, encore vivant. - Bien.
Bonjour, Votre Sainteté. Vous allez bien ?
Comment ça va ?
Bruno, vous ne voulez pas un café ?
- J'en ai pris un. Merci. - Ah.
Ces biscuits sont très bons. Vous devriez en goûter un.
Le café est très bon, ici.
ROME, ITALIE
Ma montre est encore Ă l'heure colombienne. 6 h du matin chez moi.
- Bonjour. - Salut.
- Comment va tout le monde ? - HĂ©.
- Salut. - Salut.
Salut.
Comment va tout le monde ?
Salut.
Discutons. Nous voilĂ .
Première fois à Rome ?
- Oui, première fois. - Oui.
- Moi aussi. Première fois.
Première fois en avion.
- Vraiment ? - Tu as ressenti quoi ?
Je n'étais pas nerveuse. J'ai tout aimé, voir les nuages…
J'ai tellement aimé ça !
Vous ĂŞtes nerveuses ? Que ressentez-vous ?
C'est la chose la plus étrange que j'aie faite.
Mais je suis prête, émue. J'ai un tas de questions à lui poser.
Oui.
Peut-être que le pape peut répondre à toutes ces questions
et nous aider à comprendre pourquoi l'Église agit ainsi.
Vous ĂŞtes croyants ?
- Oui. - Oui.
- Oui. - Moi pas.
Moi non plus.
Je suis musulman.
Je trouve ça précieux que vous ne croyiez pas en Dieu,
mais que vous puissiez parler Ă cette personne. C'est cool.
J'étais en dessous. Ils sont 60.
Vous avez oublié la photo avec… Merci.
Je vais discuter avec le pape François.
Mais c'est pas comme discuter avec n'importe qui.
Il y a tout un symbolisme autour de lui… C'est du lourd.
Il est le patron de tous les patrons. La crème de la crème.
- Oui, oui. - Le grand patron.
Le grand patron, c'est ça !
Je ressens aussi une grande responsabilité.
Mes questions peuvent aussi aider les autres.
C'est un grand poids sur mes épaules.
Il y a un tel protocole avant qu'il arrive. Je veux dire…
Je suis sur le point de… Cela pourrait être plus intime
parce que ce pape est plus…
- Libéral. - Oui. Mais les soutanes…
En fait, ce pape est plus relax.
Il n'a rien de cérémonieux. Tout ce protocole… C'est pas son truc.
Bruno, on devrait prendre ça. C'est pour les soldats, au retour.
OK, bien sûr.
Oui, mais j'aimerais qu'il y en ait un de plus ici.
- Il est devenu avare. Aidez-moi. - Oui.
Je ne suis pas seule Ă ĂŞtre nerveuse. On l'est tous.
- On prendra un selfie avec lui ? - C'est sûrement possible.
- À la fin. - Oui.
- C'est loin ? - À 20 minutes environ.
- 20 minutes ? - Oui.
C'est une ville très sale.
Mais unique. Rome est unique.
Je peux vous détendre. Je reste ici et…
Quand le pape arrivera, dis-lui que t'es un rappeur
- et fais du free-style pour lui. - Ouais, vieux.
On arrive dans deux minutes, Saint-Père.
Bien. Vous vous y ĂŞtes bien pris.
- Merci. - La meilleure note.
- Ils arrivent. - Ils sont près ? À quel point ?
Ils ont mobilisé toute la police.
Un ascenseur de luxe ! Moderne !
Oh, non !
Bonjour.
Buongiorno.
Vous ĂŞtes si calmes !
Quelqu'un est mort ?
- Bonjour. - Comment allez-vous ?
Bienvenue. On vous attendait.
Oui !
- Bienvenue. Comment allez-vous ? - Bien.
Très bien.
Vous n'avez pas 50 ans. Vous n'ĂŞtes pas morts.
Je suis lĂ pour parler avec des ados.
- Comment ça va ? - Bonjour.
Je peux vous donner un ou deux baisers ?
Bien sûr.
Pour deux, c'est plus cher.
- Je serre la main. - Bonjour.
On dit bonjour comme ça dans mon pays. Je suis du Sénégal.
- Comme ça ? - Comme ça.
- Bonjour. - Bonjour.
- Bonjour. - Enchanté.
- Bonjour. Comment ça va ? - Bonjour.
- Bonjour. - Enchantée.
- Bonjour. Vous allez bien ? - Pas mal.
- Enchantée. - Enchantée, monsieur.
Comment allez-vous ? Enchantée de vous rencontrer.
Bonjour.
Ces enfants sont trop disciplinés.
- Oui, on l'est. - On est tous nerveux.
Oui.
Je ne vous crois pas ! Je dois me préparer pour vous.
- On avait hâte de vous rencontrer. - Cette hâte a absorbé votre énergie.
- Exactement ! - Je devrais y aller.
Non ! On ne faisait que parler.
Oui.
LĂ .
Parfait.
- Comment va votre genou ? - Il m'ennuie.
Mais… j'ai pu marcher ces trois derniers jours.
Vous avez fait bon voyage ?
Oui. Je voyais combien Rome est belle.
- Oui, très belle. - Vous venez parler avec le pape.
Oui.
Ce n'est pas ennuyeux de parler avec un prĂŞtre ?
- Non. - Non.
En fait, c'est assez intéressant.
OK, donnons le coup d'envoi.
- Comment commencer ? Par qui ? - Qui est le plus effronté ?
OK, je vais le faire.
C'est une question personnelle. Vous avez une paie ?
Quelle paie ?
Un salaire. En général, on est payé pour être dans une compagnie.
- Payé pour quoi ? - Comme un salaire.
Non. Si j'ai besoin d'argent pour des souliers, je l'emprunte.
Je n'ai pas de salaire. Mais je ne m'inquiète pas, je mange gratis.
Vous avez tout gratis ?
Oui. Là où j'habite. Quand j'ai de plus grandes dépenses,
j'essaie de ne pas ennuyer le Saint-Siège, je demande de l'aide.
Mais en général, mon train de vie est humble.
C'est celui d'un travailleur Ă moyen-petit salaire.
Quand je vois qu'une organisation sociale a besoin d'aide…
J'ai entendu qu'il fallait une école en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
La personne m'a dit qu'ils hésitaient à demander de l'argent.
J'ai dit : "Vous devez le faire. Tout le monde vole de l'argent, ici.
Alors, je sais oĂą en voler et je vous l'enverrai."
Je veux dire quoi, par lĂ ?
Si on a besoin d'aide, je demande de l'argent au responsable.
Vous avez un téléphone portable ?
- Un portable, un mobile. - Non.
- Et les réseaux sociaux ? - Non.
Vous ĂŞtes sur Twitter.
Les secrétaires gèrent ça.
- Ah. - Je n'ai pas de portable.
On m'en a donné un quand on m'a ordonné évêque, il y a 30 ans.
Comme une chaussure, grand comme ça.
Je ne pensais pas l'utiliser, ils voulaient que je fasse un appel.
Alors j'ai appelé ma sœur et je l'ai rendu.
Je suis un peu démodé à ce sujet-là .
Mais je comprends que tout le monde ait un portable.
Je peux dire honnĂŞtement
que j'ai l'intention de communiquer continuellement avec tout.
Et cette réunion est une façon de rester en communication.
- Votre famille vous manque ? - Bien sûr, quelle question !
Oui.
Parfois, le dimanche, je pense qu'ils vont déjeuner ensemble,
manger des pâtes ou un barbecue. Mais que peut-on faire ?
Oui.
En fait, on était très proches tous les cinq…
Trois sont déjà partis, on n'est plus que deux.
Pardon. Je peux m'adresser à vous sans cérémonie ?
- Bien sûr. - Oui ? D'accord.
Je crois que l'Église vise à chercher le bien,
promouvoir l'auto-développement et tout ça…
Mais d'après ce que je vois,
je sens que les gens sont déçus par l'Église, pas par Dieu.
Je suis athée ou agnostique, mais je respecte les croyants.
En fait, ma famille est croyante. Ils croyaient.
Là où je vis, les gens ne vont plus à l'église.
Je trouve ça anachronique, vieux jeu,
alors je voulais vous demander votre point de vue.
Selon votre perspective, que pensez-vous de ce sujet ?
Oui, c'est vrai que, surtout dans les grandes villes,
il y a un certain abandon ou une distanciation.
Et ça compromet la crédibilité vis-à -vis des gens.
On est crédible quand on s'implique avec son témoignage.
Il y a quelques jours, une religieuse a été tuée à Haïti.
Elle était à Haïti depuis 20 ans.
Elle s'occupait des enfants qui vivaient dans les rues.
Tout le monde pensait qu'elle était crédible,
car elle se mettait en danger en faisant ça.
Quand il n'y a pas de témoignage, l'Église se rouille.
Car elle devient un club de gens gentils qui font
leur devoir religieux mais n'ont pas le cran d'aller en banlieue.
C'est la clé. Quand on regarde la réalité depuis le centre,
On met des murs sans mĂŞme le remarquer. Un, deux, trois.
Ils vous éloignent de la réalité et vous ne la captez plus.
Si vous voulez voir la réalité, allez en banlieue.
Pour voir ce qu'est l'injustice sociale, allez en banlieue.
Quand je dis "banlieue", ce n'est pas que
la pauvreté, aussi les banlieues culturelles ou même existentielles.
C'est dû à quoi, d'après vous ?
Pourquoi il y a des gens qui grimpent les échelons dans l'Église ?
C'est un phénomène humain. On aime…
On aime tous ĂŞtre Ă l'aise.
Alors, quand un prĂŞtre oublie qu'il est le berger d'un troupeau
et qu'il devient un homme du clergé de l'État…
J'aimerais souligner ça.
- Je partage, je ne conseille pas. - Oui, bien sûr.
On peut tous changer une structure si ce qu'on veut est juste.
Les grands révolutionnaires de l'Histoire les ont changées.
- Comment je peux vous aider ? - Avec n'importe quoi.
- Je devrais faire quoi ? - Probablement avec les briques.
- Khadim, tu fais quoi ? - Je le rends plus épais.
Bien, je veux mettre toutes ces photos sur ce fil.
Tu as des photos de ton voyage en Inde ?
J'en ai beaucoup. Je vais te les montrer.
J'ai apporté en Inde toutes mes affaires de remise des diplômes.
Mes parents m'ont fait prendre des photos avec mes grands-parents.
C'était très spécial. Mais aussi très important pour eux,
car parvenir à éduquer les femmes, c'est immense.
Mes parents sont des immigrants comme les vĂ´tres.
Je suis de Boston mais mes parents sont indiens.
Ils ont parcouru la moitié du monde
pour que j'aie les chances que j'ai eues.
Aller à l'université, pouvoir aller à l'école de médecine,
avoir des droits en tant que femme…
j'ai eu tout ça car mes parents ont émigré.
En tant qu'enfant d'immigrants, j'ai aussi subi le racisme.
J'aimerais savoir si vous l'avez subi, vous aussi.
Je n'ai pas subi le racisme. C'était le contraire.
En Argentine, les immigrants étaient les bienvenus, on en avait besoin.
La population d'Argentine est de 46 millions maintenant.
600 000 à peine sont des aborigènes.
Donc, une vaste majorité sont des immigrants. Incroyable.
Un mélange de cultures qui a été bon pour nous. Vous voulez parler ?
Je viens du Sénégal. Je suis sénégalais.
Mon frère est allé en Espagne sur un bateau d'immigrants à 14 ans.
Un garçon de 14 ans a passé huit jours
Ă voyager en mer sur un bateau d'immigrants
sans savoir Ă quoi s'attendre.
Il espérait y parvenir et avoir une bonne vie.
Mais le vrai voyage commence quand on débarque.
C'est lĂ que les ennuis commencent.
Quand on se sent différent, qu'on est arrêté dans la rue par la police,
quand on dort dans la rue,
quand on se sent perdu car ils disent qu'on est différent.
Et je trouve ça très triste que le passeport détermine votre avenir.
Le problème des migrations devrait être abordé sérieusement.
Les migrants devraient être accueillis, accompagnés,
encouragés et intégrés.
Ces hommes et ces femmes sont exploités
et s'embarquent sur un bateau de migrants
sans garantie d'arriver à bon port. Ils sont exploités, torturés,
ils prennent tout leur argent,
et on leur dit qu'ils doivent voyager une nuit précise.
Quand ils arrivent Ă la plage, ils voient le bateau.
S'ils ne veulent pas monter, ils sont tués sur place.
Cela se passe en ce moment même à la périphérie de l'Europe.
Certaines autorités sont complices et les migrants sont renvoyés.
Il y a des pays en Europe que je ne mentionnerai pas
pour ne pas causer de problème diplomatique.
Mais il y a des petites villes ou villages qui sont presque vides.
Des villes avec 20 personnes âgées. Des champs en friche…
Ces pays qui traversent un hiver démographique.
L'âge moyen est 46 ans, pas d'accueil des migrants non plus.
Alors, ils vieillissent.
Vous ne trouvez pas ça égoïste ?
"J'accueille quand je veux, quand j'ai besoin d'eux."
C'est de l'exploitation. Cela cache l'intention d'exploiter autrui.
"Je t'utilise. Je ne t'accueille pas en frère. Je t'utilise," OK ?
C'est un état d'esprit exploiteur. On discerne l'ombre de l'esclavage.
Le migrant est vu comme un esclave.
Le colonialisme est tapi derrière une politique migratoire immature.
C'est une politique de non-intégration. Pas de tolérance.
Mais tant que les pays n'atteindront pas l'intégration,
le problème de la migration ne sera pas résolu correctement.
Je sais aussi qu'aux États-Unis et pratiquement partout ailleurs,
le problème de la migration et le racisme vont de pair.
Car beaucoup d'immigrants blancs aux États-Unis
ont beaucoup de droits. Ils vivent bien.
Mais la majorité des étudiants non-blancs
n'ont pas les mĂŞmes droits.
Je le dis très respectueusement.
C'est comme s'il y avait des immigrants de 1ère et 2ème classe.
Si vous venez d'Ukraine, de cette grande tragédie,
vous ĂŞtes mieux accueilli et avec plus de bienveillance.
Mais si vous venez d'Afrique,
vous êtes rejeté ou ils trouvent un moyen de vous renvoyer.
Le problème de la migration n'est pas résolu, et c'est grave.
Vous avez mentionné le problème de la colonisation.
L'Église a eu un rôle central dans la colonisation.
En Amérique latine, tout du moins. On a parlé de racisme,
et on parle d'une Église qui dépeint Jésus et Marie comme des Blancs,
de toute évidence, ils ne l'étaient pas. Est-ce contradictoire ?
La contradiction, c'est de ne pas assumer sa propre histoire.
L'Église a traversé les étapes que vous mentionnez.
Chacune appartient à une société, un pays, une culture qui a un passé.
Et assumer son passé, c'est dur, parfois.
Assumer son passé, c'est gênant, parfois.
La cohérence est surtout dure pour les chrétiens. Même au Vatican.
Même au Vatican. Je vois parfois des mondanités spirituelles au Vatican.
J'ai demandé au Seigneur de purifier ça mais il y a des fuites partout.
Partout.
Une réforme de l'Église devrait se faire de l'intérieur,
elle doit toujours être réformée. Les cultures et exigences changent.
Prenez l'esclavage. L'Église n'a rien dit là -dessus
car c'est ainsi qu'étaient les cultures à cette époque.
Personne ne parle de l'esclavage aujourd'hui comme à l'époque.
L'Église n'est pas inconsciente, elle sait ça. Je parle des chrétiens.
Ils savent qu'il y a autant d'esclavage mais il est différent.
Prenez une femme qui fait la queue pour avoir un travail.
On lui dit : "Oui, madame. Celui-ci vous convient.
C'est 11 heures par jour pour 600 € par mois."
"Je peux pas vivre avec ça."
"C'est votre problème. Voyez la queue derrière vous."
C'est de l'esclavage moderne, le marché de l'esclavage.
Prenez une femme qui doit faire attention Ă ne pas tomber enceinte
car on la virerait de son travail dès qu'on le saurait.
C'est un autre type d'esclavage. On vous ôte le droit d'être mère.
De nos jours, il y a des esclavages modernes que nous, gens d'Église,
chrétiens, devraient dénoncer.
Je suis équatorienne. Je suis née là -bas.
Quand j'avais trois ans, on a déménagé à Séville, en Espagne.
J'ai dû subir tout le harcèlement et le racisme.
Excusez-moi.
- C'est un sujet sensible pour moi. - Oui. Sentez-vous libre.
Merci.
Alors… subir tout ça…
m'a fait vivre une dépression.
Cela m'a aussi donné une relation terrible avec mon corps
qui a abouti Ă un cas de boulimie.
J'avais même des pensées suicidaires.
Toute ma foi s'est effondrée.
Maintenant, je cherche le bonheur, j'aimerais effacer mon passé.
L'Église évangélique m'a beaucoup aidée,
mais je vois aussi une thérapeute.
Êtes-vous heureux ? Vous êtes-vous déjà senti seul ?
On s'est tous sentis seuls Ă un moment. Je l'ai ressenti.
Quand on se sent seul, on a les idées les plus bizarres pour que ça cesse.
La solitude, c'est comme l'hiver d'une vie.
Quand le temps est nuageux, pour ainsi dire,
on ne change pas de direction. "Je me trompe. Je me sens pas bien."
On s'arrĂŞte, on attend que l'hiver se termine,
puis on se demande si on devrait en changer.
Le dialogue aide beaucoup.
Avoir des gens bienveillants autour de nous. Parfois, tes parents.
Parfois, ton pasteur. Parfois, un ami.
Les confidents aident dans ces moments. Mais dans mon cas,
même les moments sombres se sont avérés positifs.
Et j'ai traversé des choses horribles.
Néanmoins, quand la vie vous donne l'occasion,
et Dieu vous donne la grâce de les assumer et de les accepter,
ces expériences donnent de bons fruits.
On dirait qu'un orage arrive. Regardez ça.
Que se passe-t-il ?
Parfois, la vie fait cet effet-lĂ . Tout semble calme,
puis un orage arrive et vous ignorez ce qui vous a frappé.
- Quel âge avez-vous ? - Quoi ?
- Quel âge avez-vous ? - J'ai 22 ans.
- Vous ĂŞtes jeune. - 22 ans.
- Vous étudiez quoi ? - Le maquillage professionnel.
- Vous me rendrez plus beau. - Quand vous voudrez.
Je crois que d'autres personnes veulent parler.
Ils voulaient. Ils avaient la main levée.
Je suis de Santiago del Estero, d'un quartier de classe ouvrière.
Je me considère catholique. Je participe aux activités de l'église.
Je suis aussi féministe.
Je fais partie de "Femmes catholiques pour le droit de décider".
En 2019, quand j'enseignais le catéchisme,
le débat sur l'avortement battait son plein. Je dois ajouter ceci :
pourquoi l'Église veut se mettre entre une femme et ses droits ?
Je pense que Jésus la soutiendrait.
Il ne la jugerait pas comme on la juge durant la messe.
Je connais des femmes qui ont eu un avortement.
Au lieu d'enseigner les Évangiles,
ils les pointent du doigt et les traitent de meurtrières.
Mais ils vont à l'église pour trouver l'amour de Dieu. L'écouter.
J'aimerais vous donner quelque chose.
Pouvoir avoir ça
et le porter dans mon sac à dos a été…
Excusez-moi.
Cette expérience a été très dure.
Maintenant, je suis fière de le garder avec moi.
Je voulais vous le donner avec amour et respect.
Merci.
Merci.
Merci.
Tu as souligné l'importance de comprendre
la femme qui subit un avortement.
En ce qui concerne cela, je dis toujours aux prĂŞtres
quand on les contacte dans cette situation, la conscience coupable…
Car l'avortement laisse une marque profonde dans une femme…
Je leur dis de ne pas interroger et d'être miséricordieux comme Jésus.
Jésus accueille tout le monde.
Peu importe si vous êtes un pécheur ou si tout le monde vous abandonne,
le Seigneur ne vous laissera jamais seul.
Mais le problème de l'avortement doit être abordé scientifiquement
et avec un certain détachement.
Un livre d'embryologie montre qu'un mois après la conception,
l'ADN est en place et tous les organes sont "tracés".
Ce n'est donc pas un tas de cellules assemblées
mais une vie humaine systématisée.
La question à poser quand on parle de la moralité de cela…
Est-ce légitime d'éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ?
Ou si vous allez chez un docteur,
est-ce légitime de payer un tueur
pour éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ?
Bien sûr, il y a des situations affectives qui rendent ça plus dur
et qui peuvent psychologiquement rendre une grossesse
presque impossible Ă mener Ă bien. Je le comprends.
Oui, mais les réalités existent. L'avortement existe.
Les femmes ne prennent pas cette décision à la légère.
"Bien sûr, je me fais avorter.
C'est bien. Problème résolu." Non, elles le font en toute conscience.
C'est un dialogue avec Dieu. Que faire face à ces femmes ? L'Église,
comme institution. Que faire ? Les écarter, les pointer du doigt, dire :
- "Vous êtes des meurtrières" ? - Non, non.
Ou devrait-on les accompagner et les aider à décider ?
Les accompagner, les soutenir ?
Quelle que soit la décision qu'elles prennent, avortement ou pas. Non ?
Je voulais dire que je vis la même chose, mais de l'autre côté.
Le samedi, je vais aux cliniques d'avortement, je reste Ă la porte,
et je parle aux filles qui y entrent.
Je leur demande ce qu'il leur faut, pourquoi elles ont décidé ça.
Très souvent, c'est par peur
que leurs parents les jettent hors de la maison.
"Je ne pourrai plus étudier. Je n'ai pas d'argent. J'ai peur.
J'ai trop d'enfants, je ne peux pas en avoir plus."
Si on peut trouver une solution au problème qui les y amène,
elles ne se feront pas avorter. J'ai vu ça beaucoup de fois.
Pas autant que je l'aurais aimé.
Et je n'ai jamais entendu parler d'aucune femme
qui regrettait d'avoir donné une chance à cette vie.
Pour les chrétiens, la vie est un don. Pour les athées qui ne
croient pas en la vie éternelle, comment prendre sa seule vie ?
Je n'encourage pas toutes les filles Ă aller se faire avorter
juste parce que je porte ça, non ! S'il vous plaît !
Comme toi, je prends part aux activités de l'église.
Je suis avec cette femme, quel que soit son choix.
Tu es entourée de femmes qui ont subi des avortements.
Tu ne vois pas la souffrance causée par l'avortement ?
Je suis chrĂ©tienne Ă©vangĂ©lique mais j'aime beaucoup ce qu'a dit MarĂa.
Le fait qu'elle aille parler lĂ -bas mais qu'il n'y a pas d'obligation.
C'est comme le pasteur… Pardon, pas le pasteur…
Le pape François a dit qu'on devait accueillir les gens.
Et quelles que soient les horribles choses que tu as faites,
le Seigneur t'accueillera toujours Ă bras ouverts.
Cela ne veut pas dire qu'on ne se sent pas coupable.
On est libre de choisir ce qu'on veut faire. Aucun problème.
Mais comment être libre si on te juge sur tes décisions ?
Je n'ai jamais jugé personne.
Je vais donner mon opinion. Je suis maman et Ă vrai dire,
ce que MarĂa dit me choque. Ă€ un moment, j'y ai pensĂ©,
mais il n'y a pas de situations… Quand on choisit un avortement,
c'est votre dernier recours, votre dernier choix.
Ce n'est pas juste nourrir un enfant, mettre un toit au-dessus de sa tĂŞte.
Il y a des gens qui ne sont pas prêts à élever une autre personne.
Leur environnement, leur vie…
Cela finit toujours par des enfants non désirés.
J'ai beaucoup souffert durant ma grossesse
car le père de ma fille m'a quittée.
À l'époque, mon père m'a aussi tourné le dos.
Il ne s'agit pas juste d'avoir un autre ĂŞtre en soi, on se sent mal.
La société et les gens te désertent. Ton univers s'effondre.
Et tu as une responsabilité, maintenant.
Ce que tu dis ne cessera pas mais un tas de femmes meurent en essayant.
Et pour ce qui est du courant féministe…
il devrait trouver des ressources pour que les mères puissent assurer.
C'est sûr.
- Surtout celles qui le veulent. - Oui.
Au lieu de rendre les avortements sûrs, légaux et gratuits,
on devrait aider celles qui veulent être mères.
L'avortement est aussi un problème de santé publique.
Il est lourd de conséquences sur la vie des mères, alors…
Je ne me considère pas comme une partisane de l'avortement.
Mais je ne veux pas punir une chose qui se passe,
depuis longtemps, et continuera de se passer.
Et même si c'est pénalisé,
les femmes qui y accéderont seront les privilégiées.
Les femmes de la haute société, fortunées.
Et qui subit les pires conséquences ?
Les femmes des banlieues.
Celles qui utiliseront un cintre ou une aiguille Ă tricoter,
l'introduiront dans leur vagin pour avorter. Et mourront sûrement.
Par ailleurs,
c'est étrange qu'il y ait ce débat sur la culpabilité de la femme.
Si une personne prend la décision d'avorter sa grossesse,
elle doit être accompagnée. Il y a eu une comparaison avec des tueurs.
Ces femmes ont été comparées à des gens qui engagent des tueurs.
- Je trouve ça simpliste. - Oui.
C'est intéressant à quel point vous êtes sensibles. Je vous en remercie.
Vous réalisez que c'est un problème humain, pas des maths.
Vos arguments les plus forts sont basés sur cette sensibilité.
Je ne suis pas condescendant. Je ne veux pas dire sentimentalement.
Je parle du ressenti d'un problème humain. C'est de ça que je parle.
Une femme qui a un avortement ne peut ĂŞtre seule, on doit l'accompagner.
Elle a pris cette décision. Elle a subi un avortement.
On ne peut pas l'envoyer au diable ou l'isoler, non.
On doit l'accompagner. Mais on doit ĂŞtre clairs.
L'accompagner est une chose, justifier son acte en est une autre.
J'aimerais considérer ça
du point de vue de l'Église en tant qu'institution.
Sans généraliser, bien sûr, il y a beaucoup d'hypocrisie
en ce qui concerne les problèmes tels que celui-là .
On dit que les vies devraient être protégées, qu'on a le droit de vivre,
que c'est un péché… Mais quand il est question d'autres aspects…
Par exemple, qu'en est-il de la pédérastie dans l'Église ?
Beaucoup de gens dans l'Église rejettent les victimes
ou sont du côté de l'agresseur.
La vie passe au second plan. Je suis Juan Cuatrecasas.
Je suis allé à l'école Opus Dei à Bilbao.
Durant l'année scolaire 2008-2009,
j'avais entre 11 et 12 ans,
un membre numéraire a abusé sexuellement de moi.
Eh bien…
Excusez-moi.
Ne vous inquiétez pas.
Exprimez-vous comme vous voulez. Pleurez si vous voulez.
Ne vous inquiétez pas.
Enfin… la justice a condamné cet homme.
D'abord, la cour provinciale l'a condamné à onze ans.
Mais à cause de raisons que je ne décrirai pas,
je crois qu'elles sont douteuses, la peine a été réduite à deux ans.
À cause de ça, cet homme n'est pas allé en prison.
Et il n'a pas…
Il avait encore le droit d'enseigner là où il était.
Je peux vous donner une lettre ?
Cette lettre…
C'est une réponse à mon père.
Car mon père, à un moment donné…
en 2014, mon père a décidé de vous écrire personnellement
pour demander votre soutien.
Vous avez peut-être oublié la lettre. Je peux vous la montrer.
Oui.
C'est votre réponse.
La Congrégation pour la doctrine de la foi vous a répondu ?
Oui.
Je l'ai envoyée là -bas pour statuer là -dessus.
Après…
Merci.
… avoir reçu la lettre, l'année suivante,
l'école où ça s'est passé,
l'école de l'Opus Dei
de la Congrégation pour la doctrine de la foi
a dit que l'enquête serait archivée et que le nom du professeur
serait réhabilité.
Ma question est évidente.
Pourquoi ont-ils pris cette décision ?
Maintenant qu'il y a un jugement final
et que les faits sont divulgués,
l'Église en tant qu'institution changera-t-elle sa position,
ou cela rectifiera les mots transmis par la Congrégation
à un moment donné ?
Ces affaires d'abus sur mineurs sont imprescriptibles.
Dans l'Église en tout cas. S'ils deviennent prescriptibles,
je rejette automatiquement la prescription.
Je ne veux pas que ça devienne prescriptible, jamais.
Le problème des abus sur mineurs est grave.
Pas juste dans l'Église, partout.
Dans le cas de l'Église, c'est encore plus scandaleux car on détruit
les gens dans l'endroit même où on devrait les protéger.
Des hommes et des femmes détruisent. L'abuseur détruit un enfant.
Si c'est une personne d'église, l'hypocrisie est horrible.
Merci de le signaler, ça demande du courage
de signaler ça. Ce n'est pas facile.
Le conditionnement social est très fort.
Parfois, la personne qui signale est accusée de diffamation.
Cela arrive, parfois.
Cela me blesse que la peine ait été légère.
D'un côté, ça semble consistant, mais de l'autre pas.
Maintenant qu'il y a un jugement final,
j'aimerais que l'affaire soit réexaminée.
Vous pouvez compter dessus.
Il y a beaucoup de prêtres et d'évêques en dessous de vous
qui sont vils, vous le savez.
Et il n'y a pas de débat possible. Ce sont des gens vils.
Il est possible qu'il y ait des gens vils.
C'est pour ça que ma politique est de nettoyer.
Si quelqu'un fait quelque chose de mal, il y a un rapport pour nettoyer.
Il y a une tolérance zéro. C'est la politique de l'Église.
Quand il y a un abus dans la famille, ils le gardent caché.
C'est entre 42 et 50 pour cent.
Le cacher est encore une habitude.
L'Église avait toujours été tentée de faire ça
jusqu'à ce qu'elle réalise que ça ne pouvait pas être fait.
Je ne peux transmettre assez mon empathie pour un être qui a été abusé
mais ça me blesse profondément.
Avez-vous parlé avec un prêtre, un évêque ou autre,
qui a été condamné ou dont vous savez qu'il a abusé quelqu'un ?
Je l'ai fait.
Quel est votre avis, ou qu'en concluez-vous ?
J'ai trouvé un peu de tout. La personne qui nie tout,
même les preuves… Ils sont complètement fermés.
J'ai aussi vu les repentis, ceux qui
se sentent coupables pour ce qu'ils ont fait.
J'ai parlé à certains. Même pour servir une peine.
Je ne pense pas que ce soit une solution, que vous disiez
que vous allez ramener cette affaire.
Ce n'est pas démocratique, ce n'est pas la justice.
Il a fallu qu'il vienne ici pour que vous disiez que ce sera réglé.
Et ceux qui n'ont pas pu venir ici ?
Cela ne commence pas aujourd'hui. Cela a commencé il y a des années.
On a été clairs là -dessus, on a discipliné les séminaires,
on a puni les prĂŞtres abuseurs, mĂŞme les laĂŻcs abuseurs.
On travaille dur. C'est en cours. Cela ne commence pas aujourd'hui
juste parce que vous ĂŞtes lĂ .
Mais la culture de l'abus demeure.
La culture de l'abus est partout. L'Église essaie
d'empĂŞcher ses prĂŞtres et religieuses d'abuser. De nos jours, on est
un exemple de lutte contre l'abus, c'est notre travail au Vatican.
Il y a des prĂŞtres en prison partout.
Je ne crois pas qu'assez ait été fait vu que les gens qui ont survécu à ça
ont dû attendre une réponse pendant des années, et seuls !
Un prêtre qui a abusé quelqu'un a une institution derrière lui.
Mais une personne qui a été abusée doit affronter la justice seule.
Comment pouvez-vous dire qu'assez a été fait, que ça valait la peine ?
Vous renforcez ce qui a été prouvé comme étant inutile.
Quand vous faites prendre conscience du fait
que la hiérarchie de l'Église est dans cette posture,
la personne qui a été abusée n'est plus seule.
Car vous faites prendre conscience qu'on vous accompagne.
Quand des groupes dans l'Église sont corrompus,
comme ceux qui ont torturé ce garçon, c'est plus dur de se sentir
soutenu par l'Église, car ils ont abusé et torturé et ainsi de suite.
Mais on devrait considérer l'Église sur sa bonne voie.
Je ne dis pas que tout ce qu'on fait résoudra le problème
car c'est un problème humain, de dégénération humaine.
C'est un grave problème social. L'Église devrait dire :
"Voici ce qui s'est passé dans ma maison et j'ai pris ces décisions.
C'est notre chemin."
Ce n'est peut-ĂŞtre pas le meilleur, il y en a peut-ĂŞtre d'autres,
mais on commence à éveiller les consciences. C'est la clé.
- Maintenant ? - Non.
- Tu es sûre ? - Non.
- Maintenant ? - Oui.
Pas possible.
- Peigne-toi. - Oui.
Voilà ce que ça me vaut de prendre une douche le soir.
Vous savez ce qu'est une personne non-binaire ?
Oui.
Oui ? Super.
Au cas oĂą quelqu'un ne le saurait pas, une personne non-binaire
n'est ni un homme, ni une femme, tout du moins, pas totalement.
Pas toujours. Certains suivent le courant. Je suis Celia, non-binaire.
Et je suis aussi chrétienne.
Parfois c'est un défi pour moi de vivre les deux à la fois.
J'aimerais savoir si vous pensez qu'il y a de la place dans l'Église
pour les transgenres, les non-binaires ou les LGBT.
Chaque ĂŞtre est un enfant de Dieu, chacun.
Dieu ne rejette personne. Dieu est un père.
Je n'ai pas le droit de jeter quiconque hors de l'Église.
Mon devoir est d'accueillir en tout temps.
L'Église ne ferme sa porte au nez de personne.
Que pensez-vous des gens d'église ou prêtres qui poussent à la haine
et utilisent la Bible pour soutenir un discours haineux ?
Ils lisent les Évangiles : "Je ne vous exclus pas, c'est la Bible."
J'en ai assez de répéter que ce n'est pas le message de Jésus.
Ces gens sont des infiltrés.
Des infiltrés qui utilisent l'Église pour leurs passions personnelles,
pour leur étroitesse d'esprit personnelle.
C'est l'une des corruptions dans l'Église.
Ces idéologies étroites d'esprit…
Au fond d'eux, ces gens vivent de graves inconsistances.
Ils jugent autrui car ils ne peuvent pas réparer leurs propres fautes.
En général, les gens qui jugent sont inconsistants.
Ils se sentent libérés en jugeant les autres,
alors qu'ils devraient examiner leur culpabilité. Quand l'Église
perdra son universalité… l'aveugle, le sourd, le bon, le mauvais…
Tout le monde, ce ne sera plus une Église. Chacun a sa place.
J'ai une question similaire.
Je me considère féministe dans mon église où je participe.
Serais-je une meilleure chrétienne si je n'étais pas féministe ?
Féministe est un adjectif, ce sont les noms qui m'importent.
On est tombés dans une culture de l'adjectif. On relativise tout
par les adjectifs et on les entasse. Les adjectifs ne sont pas baptisés,
les noms le sont, les gens le sont. Et je crois en les gens.
Pouvez-vous imaginer une femme dans votre position ?
Même si les femmes participent aux activités de l'Église,
qu'est-ce qui empĂŞche une femme d'ĂŞtre dans votre position ?
En supposant que vous puissiez l'imaginer.
Il y a là un problème théologique.
Il y a deux systèmes constitutifs dans l'Église. Deux principes.
Le ministère est pour les hommes.
Du côté maternel, bien plus important, il y a les femmes.
La promotion des femmes correspond Ă leur propre vocation de femmes,
pas à un machisme ministériel.
Sinon, les femmes seraient diminuées.
Les femmes ont une fonction dans l'Église car l'Église est féminine.
Dans les langues qui ont des genres grammaticaux, elle est féminine.
L'Église est une femme, la femme du Christ. Ce n'est pas son mari.
Le Christ est le mari. C'est notre foi.
Au Vatican le vice-gouverneur est une femme. Il faut les promouvoir.
- C'est vrai. - L'économie est gérée par elles.
Une femme ne pourrait pas non plus ĂŞtre un prĂŞtre ?
Non, car c'est la branche du ministère.
Derrière ton désir de promouvoir, tu montres… ne te fâche pas.
Non.
Tu montres que tu adhères au machisme,
car le fait qu'une femme ne peut pas ĂŞtre prĂŞtre t'ennuie. Tu comprends ?
Oui, parce qu'on occupe toutes les autres positions.
On enseigne le catéchisme…
Tu es ennuyée par ce qui ne pourrait se produire sur le plan dogmatique.
Et les femmes seraient privées de leur plus grand atout. L'Église…
Je ne veux pas priver les femmes et leur enlever leurs rĂ´les,
mais leur permettre d'endosser tous les rĂ´les, comme les hommes.
Ce ne serait pas original. C'est une question dogmatique très sérieuse.
Cela ne diminue pas les femmes. Au contraire, ça met l'accent sur
lĂ oĂą elles doivent ĂŞtre. ĂŠtre prĂŞtre n'est pas mieux que ne pas l'ĂŞtre.
Je respecte les autres idées. Mais ce n'est pas la véritable idée.
- Ce n'est pas la foi de l'Église. - … de l'Église.
Et ce n'est pas rabaissant.
Être une femme dans l'Église, c'est très important.
Vous savez ce qu'est Tinder ? Tinder.
Non, ma chère.
Je me sens gêné. Vieux jeu.
Une appli de téléphone mobile pour rencontrer des gens nouveaux
et peut-ĂŞtre entamer une relation.
Surtout sur le sexe, mais parfois c'est utile de rencontrer des gens.
J'ai rencontré ma partenaire comme ça. J'ai téléchargé des photos,
j'ai dit comment j'étais et ce que j'aimais et on s'est connectées,
c'est comme ça qu'on s'est rencontrées.
Non, bien sûr, non…
Mon téléphone n'est pas comme ça, on compose ainsi. Un téléphone normal.
Vous n'avez jamais voulu avoir une relation ?
- Jamais quoi ? - Une relation.
J'avais une relation avant d'entrer au séminaire.
Vraiment ?
Mais ensuite, j'ai choisi le célibat.
Que pensez-vous de ce qu'elle a dit sur Tinder ?
Je ne sais pas. C'est bien que les gens se rencontrent. C'est normal.
Que pensez-vous de cet aspect de la vie des jeunes ?
C'est drôle. Les jeunes ont hâte de se rencontrer, et c'est bien.
Une chose que j'admire chez les jeunes, c'est l'absence
de limites, et je dis ça positivement.
Il y a des limites familiales, géographiques, religieuses peut-être.
Mais les humains vont plus loin. L'un des grands atouts
des jeunes, c'est ce que j'appelle le "complexe de Christophe Colomb".
Vous voulez découvrir, aller plus loin, prendre des risques.
Et c'est bon pour vous, ça vous apprend
que les états d'esprit idéologiques sont relatifs,
qu'ils viennent d'une société, d'un parti politique ou d'une Église.
- Mon tour. Mon tour. - Bien sûr.
Je suis Alejandra. Je crée des sujets pornographiques pour adultes.
Je le fais en streaming, en direct. J'ai mon ordinateur et mes affaires,
et je vais en ligne. J'ai un autre site comme un réseau social,
où je télécharge les vidéos et les vends, tout par le réseau social.
Vous saviez que ça existait ?
Je pense que c'est un bon aspect du développement des communications.
Les systèmes de communication devraient sauver la communication,
l'empêcher de disparaître.
Quand on communique sur les réseaux sociaux, ça devrait être privé.
Il y a une relation. Surtout quand c'est utilisé pour le travail,
mais aussi pour la communication. Mais il doit y avoir une distinction
entre la richesse des réseaux sociaux et la moralité de ce que vous faites,
selon votre conception de la moralité.
Par exemple, si vous vendez de la drogue sur ces stations,
vous intoxiquez des jeunes, vous faites la promotion du crime.
Si vous voulez établir des liens criminels pour des situations
sociales, c'est immoral. La moralité des médias dépend de votre activité.
En général, j'ai un certain nombre de membres.
Ils demandent des choses spécifiques, pas toujours sexuelles.
Parfois, c'est très sexuel.
Peut-être avec de la lingerie, pour des vidéos personnelles,
mais je fixe les limites de ce que je fais et ce que je ne fais pas.
Si je n'aime pas ce qu'ils demandent, je ne le fais pas.
J'aime que tu puisses décider quelles sont tes limites.
La pornographie est nuisible, elle traite les gens comme des objets.
Une personne te donne des ordres : "Fais ci, fais ça"
comme si tu étais un objet.
Je ne sais pas si tu sais combien ça te fait du mal.
En plus, ça fait du mal à la personne qui le consomme.
Je parle en termes sexuels, ça leur fait du mal.
C'est de la science pure. Durant la relation sexuelle,
on sécrète des hormones
qui créent un lien avec la personne. Alors si on fait l'amour
avec une personne qu'on ne connaît pas à travers un écran,
on crée un lien avec l'écran ou avec soi quand on se masturbe.
On s'isole du monde autour de soi pour se concentrer sur un écran.
Je suis chrétienne, je pense que mon corps est le temple du Saint-Esprit.
Tu attaques ton corps.
Je pense que la pornographie détruit la personne.
Vraiment.
C'est la seule dépendance traitée comme une dépendance à la drogue
ou Ă l'alcool sans consommation de substance physique.
Bien sûr, la pornographie rabaisse.
Elle ne vous aide pas Ă grandir.
Ceux qui utilisent la pornographie sont rabaissés humainement.
Tu as mentionné la drogue. Elle rabaisse aussi.
Et les gens dépendants à la pornographie sont
dans un état qui ne leur permet pas de grandir.
J'ai une question. Il y a de la violence dans ton travail ?
Les sites Internet ont une politique très stricte à ce sujet.
Par exemple, il y a des gens qui aiment voir du sang.
Mais ce n'est pas permis. On est bloqué si on le fait. On est banni
et signalé, et on ne pourra pas ouvrir d'autres sites.
Tu te sens en sécurité et à l'aise ?
Complètement. Quand j'allume la caméra, quand je me maquille
et mets mes faux cils, je me sens comme une diva.
Mais le personnage s'est emparé de moi. J'étais très timide avant ça.
L'idée d'être ici et de vous parler à tous était hors de question.
J'aurais été terrifiée.
Le fait qu'on puisse devenir un personnage, une personne publique…
Tous mes réseaux sociaux sont publics…
Cela m'a permis de m'emparer de mon propre corps et de ma personnalité.
Je suis plus confiante sur mes croyances.
Tu vois aussi la masturbation comme quelque chose de mal ?
Je crois que ça te pousse à te replier sur toi, ça t'isole
des gens autour de toi. Et de la vraie vie.
Oui. Car on n'a pas besoin d'autrui pour avoir du plaisir.
La masturbation et la pornographie nuisent terriblement aux gens.
Ils vous mettent dans un trou dont il est dur de sortir.
Vous ne connaissez personne qui dit que la masturbation est cool,
positive ? Vous avez vu des gens souffrir Ă cause de la pornographie
et la masturbation… Avez-vous vu de bons exemples ?
Un bon exemple ?
- Tu aimes le plaisir, la sexualité. - La sexualité.
La majorité des gens se sont masturbés pendant l'adolescence.
OK… J'aimerais mentionner un critère
qui nous empĂŞchera de nous perdre dans des voies sans issue.
Le sexe est l'une des belles choses que Dieu a données aux humains.
S'exprimer sexuellement, c'est quelque chose de riche.
Tout ce qui rabaisse une réelle expression sexuelle
vous rabaisse aussi, vous rend partial et rabaisse cette richesse.
Le sexe a sa propre dynamique. C'est une expression de l'amour.
C'est probablement au cœur de l'activité sexuelle.
Alors, tout ce qui vous éloigne de ça
ou vous tire dans une autre direction rabaisse l'activité sexuelle.
Parfois, en confession, on nous dit : "J'ai fait une vilaine chose."
Une chose sexuelle. Au lieu de dire : "J'ai mal géré la sexualité.
Au lieu d'aimer une autre personne, je me suis cherché."
Sur le sexe, le catéchisme est encore à un stade très précoce.
Nous, chrétiens, n'avons pas toujours eu un catéchisme mûr sur le sexe.
C'est l'une des belles choses que Dieu a données.
Je vous parle clairement lĂ -dessus
car je ne me sens pas mal ou coupable par rapport Ă mon corps.
J'ai un partenaire. Coucher avec lui n'est pas pareil que me masturber.
C'est honorer mon corps, ce que j'aime.
Si je ne sais pas ce que j'aime, comment j'aime être touchée,
comment l'expliquer à l'autre ? Dois-je présumer qu'il le sait ?
Alors, pour moi, ce travail signifiait renverser des barrières
et parvenir à savoir qui était Alejandra,
et arrêter de me sentir coupable ou apeurée. J'adore ce que je fais.
Vous avez dit qu'on est devenus des objets. On l'a toujours été
sauf que je gagne de l'argent pour ça. C'est le meilleur job de ma vie.
J'ai une liberté incroyable chez moi. J'y suis en tant que maman.
Du matin Ă l'heure oĂą elle va au lit,
ma fille sait que maman est lĂ . J'aide beaucoup Ă la maison.
Je ne suis pas une mère absente comme je l'étais
quand je travaillais de 8 h à 22 h, et que c'était la folie en décembre.
J'ai passé tout un mois sans même la voir réveillée.
Pour moi, ce boulot a été une porte vers la liberté.
et l'un des meilleurs boulots que j'aie jamais eus.
Car je communique avec beaucoup de gens et je peux ĂŞtre moi-mĂŞme.
Allons dormir, allons dormir, allons dormir.
Je suis très fière de toi. Tu as réussi !
Oui. Oui, tu as fini.
L'année est enfin finie. Plus de réveil de bonne heure !
Plus de réveil de bonne heure, plus d'appel !
Tu es prête pour ta nouvelle école ?
- Tu as aimé ce que je t'ai montré ? - Oui ?
Je t'aime.
Dors bien, ma puce. Je t'aime.
Je vais éteindre.
Tu es allée à la fête ? Comment c'était ?
Chez ma tante ? Bien. C'était sympa.
C'était où ?
Dans un domaine qui était… Cela n'avait pas l'air de Madrid.
C'était la campagne.
Alors, José y était ?
- Il y était. - Oui ?
Il était à l'anniversaire ? Avec toute la famille ?
Il y est déjà allé.
Ă” Dieu, venez m'aider. Ă” Seigneur, aidez-moi vite.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.
Comme c'était au commencement, maintenant et à jamais. Amen.
Chantons avec joie avec la voix du Bon Pasteur. Remercions Dieu
qui est la lumière et le guide.
Seigneur, j'aimerais prier pour mes parents, bénissez-les.
Pour nos catéchumènes, nos catéchistes,
pour toute Votre Église, Seigneur. Pour les gens qui souffrent
et ne Vous connaissent pas. Pour ceux qui ont du mal, Seigneur.
Je suis MarĂa. L'aĂ®nĂ©e de six frères et sĹ“urs.
Je suis née dans une famille chrétienne
où le Christ a toujours été le centre de la famille.
J'ai toujours vécu dans la foi de mes parents. On n'avait pas le choix.
On appartient au Chemin néocatéchuménal.
Le samedi, l'Eucharistie.
"Si tu ne veux pas y aller, tu vis sous mon toit, tu iras." Très tôt.
Mais j'ai déjà l'âge où j'ai pu choisir un autre chemin.
Dans ma vie, j'ai vu que Dieu existe.
Je ne sais pas si c'est bien ou non,
mais je vois tout sous l'angle de la foi.
J'ai vu l'Église m'aimer même quand je ne m'aime pas.
Tous les sujets qu'on a discutés ici sont très importants
car ils nous affectent tous.
Mais je remarque
une perte inquiétante de la foi.
Parce que pour moi…
Ce n'est pas que tout ça soit pertinent, ça ne l'est pas,
mais me sentir aimée par le Seigneur me suffit.
Je n'ai pas besoin…
Je comprends la souffrance d'une femme qui veut se faire avorter.
Je comprends la souffrance d'un immigrant.
Je comprends la souffrance d'un être qui se sent abandonné par les autres.
Mais tout passe au second plan quand on a l'amour de Dieu.
La souffrance vous rapproche du Christ et ça vous rend heureux.
En général, je suis entourée de gens qui sont proches de l'Église,
mais je ne vois pas la vraie foi.
Oui, ils vont Ă la messe,
ils croient en Dieu, mais ils sont peu Ă avoir une foi profonde
et Ă la vivre dans tous les aspects de leur vie.
Je ne sais pas…
Ton témoignage de foi m'émeut car tu dois être courageuse
pour dire ce que tu dis dans cette assemblée.
C'est une bonne chose. Merci de ton témoignage.
J'aime ce que tu dis car tu partages ton expérience, ta vérité.
Et avoir la foi, c'est une grâce, une grande grâce.
Mais pendant que tu parlais,
j'ai ressenti l'envie de te dire ce que Jésus a dit à Pierre.
Qu'a dit Jésus à Pierre ? "Pierre… Satan vous a réclamé
pour vous broyer comme le froment." Ce n'est pas la fin de ta route.
Ta route de la foi continue.
Et la foi est prouvée quand elle est authentique.
Alors, je ne veux pas t'effrayer…
Pas du tout.
Mais courage, prépare-toi pour le test. Continue de faire
bien ces choses, mais n'aie pas peur quand le test viendra.
Car le Seigneur se cache aussi durant les jours sombres.
Les gens qui sont hors de la foi,
je vois le monde de ces gens s'effondrer. Cela m'effraie.
C'est vrai. C'est dommage.
Et ça me peine qu'ils n'arrivent pas à …
L'espoir ne fait pas son travail. Et l'espoir ne t'abandonne pas.
Si tu paries sur l'espoir… L'espoir est comme une ancre.
Si tu la lances vers le rivage, tu tires la corde pour l'atteindre.
Mais l'ancre reste Ă la mĂŞme place.
L'espoir ne te laisse pas tomber. Parfois, on lutte pour le garder.
Quel âge as-tu ?
Vingt ans.
Vingt ans. Tu auras une belle vie. Continue de te battre
et laisse le Seigneur te purifier. Son amour nous purifie.
- Merci. - Merci.
Je suis LucĂa. J'ai 25 ans et je suis pĂ©ruvienne.
J'étais religieuse il y a quelques années. Catholique, très croyante.
Ma foi est toujours venue de l'amour, de l'honnêteté,
d'une quête très sincère de…
pas juste de Dieu mais d'un conflit pour atteindre les gens.
J'ai eu une relation très intime avec la douleur. C'est encore le cas.
Je ne suis plus catholique ni croyante.
Je ne sais pas ce qui existe et n'existe pas.
Je suis plus calme, plus heureuse.
Ils m'ont demandé si on y était allés à Rome,
et j'y suis allée, il y a quelques années.
Je me rappelle clairement de ce jour. J'étais à la chapelle Sixtine,
je visitais le Vatican durant un voyage spirituel.
J'ai aussi visité Lourdes et Fatima.
Mais j'étais là ce jour-là après maintes crises dans ma foi.
Il n'y a pas que des abus sexuels dans l'Église. Psychologiques aussi.
Je crois que l'entraînement religieux est basé sur l'abus psychologique.
On m'a enseigné dans un lieu où je ne pouvais pas voir ma famille.
Je n'avais pas le droit de communiquer avec les gens.
Les textos, les e-mails et les appels étaient surveillés.
Je n'avais pas accès aux infos. Je ne pouvais pas partir.
J'ai essayé de me battre pour ma foi de toutes mes forces.
Finalement, je suis arrivée à Rome, au Vatican, la boucle était bouclée.
J'ai réalisé que c'était absurde pour moi. Je cherche l'amour,
je cherche les gens. Je veux soulager leurs souffrances.
Et ça n'a aucun sens dans ce lieu riche et puissant.
C'est très facile de parler de souffrance,
de parler de pauvreté et d'autres maux de là -bas.
Et j'avais rencontré l'amour à travers de nombreuses façons.
Mais quand j'ai quitté l'Église, quand j'ai arrêté de croire,
j'ai trouvé l'amour avec plus d'authenticité.
Alors, je me suis toujours demandé avec une sincère curiosité :
C'est quoi, l'amour, pour l'Église ?
Qu'est-ce qu'on nomme amour d'une perspective religieuse,
quand Dieu a été bâti sur la violence ?
D'accord. Écoute…
La véritable Église est à la périphérie.
Au centre, il y a les gens bons, les gens saints,
mais il y a beaucoup de corruption. Il faut en avoir conscience.
Beaucoup de mal a été fait dans l'institution ecclésiastique,
aux hommes et aux femmes de l'Église.
Ce que tu dis sur l'abus de pouvoir est vrai.
J'ai entendu beaucoup d'histoires. J'ai dĂ» demander des inspections.
Des couvents oĂą il y avait un abus de pouvoir.
Des religieuses qui ne pouvaient pas appeler leurs familles.
Comme tu le dis. L'isolement total. Un abus de pouvoir absolu.
Parfois, quand on est dans la situation que tu as décrite,
et je te crois, malheureusement, ça arrive dans l'Église,
la chose la plus courageuse Ă faire, c'est de s'enfuir.
Prendre de la distance et "Dans tes tentes, Ô Israël."
C'est un lieu vil, un lieu de corruption.
Je reviens à mon point de départ : chercher l'humanité dans mes racines.
Je ne suis pas scandalisé par ça. Mais n'ayons pas peur des mots.
Je ne veux pas te convaincre. Je te respecte.
Mais je vois en toi la douleur de tant de gens
qui ont dû subir ces abus ecclésiastiques.
Je ne vois pas ça en termes de douleur.
C'est probablement la meilleure chose qui me soit arrivée.
Bien sûr. Tu as sauvé ta vie d'une situation
dans laquelle tu étais prisonnière psychologiquement et moralement.
Tu as sauvé ta vie, mais ta vie n'est pas finie.
Elle continue et même si tu ne le réalises pas, quelqu'un est avec toi.
Quelqu'un est avec toi.
Laisse-le avec toi mĂŞme si tu n'y prĂŞtes pas attention.
J'aimerais te donner un conseil.
Fais attention à ne pas t'empêtrer dans des idéologies.
Sois toi-même avec ta personnalité et ta cohérence.
Ne sois pas l'esclave d'une idéologie.
Tu devrais choisir tes idées et chercher la cohérence.
La cohérence entre ce que tu penses, ce que tu ressens et fais…
le langage de l'esprit, le langage du cœur,
et le langage des mains.
Tu es en de bonnes mains. Continue de marcher. Je le dis avec bonté.
- C'est ainsi que je le comprends. - Avance.
Merci à tous. Chacun de vous a eu le courage de dire la vérité,
et ça m'a plu car chacun l'a dite avec sa propre personnalité.
D'après vos propres expériences, vos propres conflits,
car nous en avons tous.
Comme nous avons tous nos traumatismes et nos défauts.
À Buenos Aires, quand j'étais étudiant, un vieux prêtre m'a dit :
"Frère, tu dois caresser tes fautes et tes traumatismes comme un chien.
Ne les combats pas avant l'heure. La vie les mettra Ă leur place."
Vous m'avez beaucoup appris. Cela a été très positif pour moi,
et je vous remercie. Chacun de vous, sans exception,
chacun de vous, de votre point de vue.
J'oserai même dire que c'est le chemin de l'Église.
On est frères et sœurs, tous unis.
Chacun avec son avis, sa position.
Cela semble distant mais on est frères et sœurs. La fraternité.
On avance. Et cette fraternité n'est jamais négociable.
On peut discuter des idées mais pas de la fraternité. Merci à chacun.
Merci.
Et avancez. La vie est belle. Elle l'est vraiment.
On doit tout faire pour qu'elle porte des fruits.
- Oui. C'est sûr. - Merci.
CONVERSATION AVEC LE PAPE
PrĂŞts, partez !
Empanadas !
Empanadas !
Sous-titres : Laurence Roth
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