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Zulu
Merci.
Miranda.
Miranda !
Désolée, Annette.
C'est le dernier Agatha Christie.
Tu es censée travailler, non ?
Je ne passerais pas la journée sans ce livre.
Voyons !
Tu as un travail, tu ne vis pas dans une pension.
Tu t'en sors bien.
Ça doit me suffire ?
Toi, tu es entourée d'histoires. Moi, de plantes.
De fleurs, Miranda.
Tu es entourée de fleurs.
Tu passes tes journées entourée de beauté
et tu ne penses qu'à ces petites histoires morbides.
"Petites histoires" ?
Imagine vivre la vie d'inspecteur Poirot !
À élucider des affaires, des complots,
trouver la vérité parmi les mensonges.
Créer l'ordre dans le chaos. Ce ne sont pas de petites histoires.
D'ailleurs, as-tu trouvé des livres...
- Il est de 1907, mais... - Annette !
- Tu es formidable, merci. - De rien.
THÉORIE D'INVESTIGATION
Miranda.
Va travailler.
PRINCIPE D'ÉCHANGE DE LOCARD
"Tout contact laisse une trace."
Oh non !
- Je vais vous aider. - Merci, Miranda.
J'ai vu trois locataires,
vous êtes la seule à m'avoir aidée.
Ils n'ont pas dû vous voir.
C'est ce que j'apprécie chez vous.
Vous êtes observatrice.
Bonsoir, Mme Cavendish.
Oh, j'oubliais !
Un homme a déposé ça.
Il a dit qui l'envoyait ?
Non, mais il n'avait pas l'air d'un livreur.
Il portait une veste.
C'est peut-être un prétendant.
Il faudrait en connaître un.
Bonsoir.
"Miss Green, vous êtes cordialement invitée sur Abbott Island
"pour rencontrer M. Lewis Findley ce week-end.
"Tout sera expliqué sur place, prévoyez vos tenues en fonction.
"Les détails de votre voyage sont ci-joints."
Et le retour ?
"On sait très peu sur le magnat anglais du textile
"en dehors de sa richesse, qu'on estime à des milliards.
"Le reste n'est que commérages et conjectures."
Alors ?
C'est une proposition étrange dont se méfier.
- Tu n'as aucun sens de l'aventure. - J'adore l'aventure !
Miranda, je te connais.
Tu es prudente, pragmatique, et surtout intelligente.
Les filles intelligentes ne partent pas sur des îles
sur une invitation anonyme.
Et le sceau de Findley ?
Tu as dit qu'il était différent.
Je travaille encore ma théorie.
Miranda, sois raisonnable.
Tu n'es pas Scotland Yard, tu es fleuriste.
Que dirait ta mère ?
On te vole.
Ça n'a pas de sens.
Monsieur, sortez les livres de vos poches.
Pardon ?
Il y avait 46 livres sur l'étagère
et il en reste 44.
Elle me dirait d'y aller.
Vous êtes là pour Findley, je présume ?
Laissez-moi vous présenter.
Voici Miss Lu Wang.
Pas très bavarde.
Ces pipelettes sont Phillip Armstrong, docteur,
il vous le rappellera.
Ma mère est très fière, tout comme mon oncle,
- l'un des meilleurs... - Oui, fascinant.
Puis... Navré, très chère.
J'ai déjà oublié votre nom.
Je suis Carmen Blanco.
Enchantée.
Et lui ?
Donald Walker,
journaliste américain.
Vous feriez mieux de l'éviter. Il est un peu...
Attention, Kane.
Lawrence Kane à votre service.
Barrister de métier,
figure de renommée dans tout Londres.
Miranda Green. Fleuriste.
Ah, Miranda Green, fleuriste.
Bienvenue à notre petite sauterie.
Toutes identiques.
Ces deux-là et moi-même avons vérifié.
- Personne n'a rencontré Findley ? - Non. Aucun lien.
- Il ne devrait pas y en avoir six. - Pardon ?
Il ne devrait y avoir que cinq personnes à bord.
Je ne vous suis pas.
Il y a cinq feuilles de trop sur le sceau.
Elles n'y figurent pas ailleurs.
Ça doit être lié à l'invitation et les invités,
mais ça n'a pas de sens.
Il y a cinq feuilles et six invités.
Ça doit être une coïncidence.
C'est possible.
Bonjour à tous.
Gordon, le valet de Lord Findley.
Dirigez-vous vers les voitures.
- On est en retard. - Mais...
Tout sera expliqué en temps voulu, M. Armstrong.
Veuillez vous dépêcher.
La météo rend le voyage vers l'île...
incertain.
Tout est incertain, non ?
Bon.
Voici Sean, le majordome, et Katherine, notre servante.
Ils seront à votre service durant votre séjour.
Findley ne pouvait pas faire mieux ?
Lord Findley préfère une ambiance intime,
quant au personnel.
Je veux bien le croire.
Pardon, où est M. Findley ?
- Maître... - L'avion de Lord Findley
a été retardé par le brouillard.
Une tempête approche, il se joindra à nous dès demain.
C'est peu de temps.
J'ai pris une semaine de congé pour être ici.
Et moi, j'étais sur un article à Valdosta.
Il en faut, du temps, pour aller de Géorgie à New York à ici.
Mais vous l'ignorez.
Cinq heures de train jusqu'à Atlanta et cinq heures d'avion pour New York.
D'accord.
Vous aurez l'occasion de voir Lord Findley, très chère.
Je vous l'assure.
Je vais vous montrer vos appartements.
Sean et Katherine apporteront vos bagages.
Je n'ai jamais séjourné dans des "appartements".
C'est une chambre.
Bienvenue, très chère.
Lord Findley nous a demandé de procéder comme prévu.
Nous proposerons donc des cocktails au salon, quand vous serez installés.
Bienvenue dans l'aile Est.
Suivez-moi jusqu'à vos appartements privés.
L'aile Est est réservée aux invités de Lord Findley.
M. Walker.
J'espère que votre chambre...
Miss Blanco, Miss Wang, et M. Armstrong.
Je pense que vous trouverez votre logement adéquat.
Cela ira.
Suivez-moi.
M. Kane. Miss Green.
Promettez-moi d'être discrète.
J'ai le sommeil léger.
Si vous promettez d'en faire autant.
Ne vous inquiétez pas,
l'intimité tient à cœur au Lord Finley.
Les pièces sont insonorisées.
C'est drôle !
Merci.
- Je n'avais pas vu... - Non, je pense...
Miss Green, quel plaisir de vous avoir avec nous.
Un rafraîchissement ?
Son Manhattan est un délice.
Le maître a aussi une belle cave issue de son propre vignoble.
Avec grand plaisir.
Un millésime qu'il aimait tout particulièrement.
"Aimait" ?
Mes excuses.
Il a simplement changé de goût.
Il est meilleur que ce dont j'ai l'habitude.
Vous buvez peu, hein ?
Je préfère garder la tête froide en milieu inconnu.
Bien vu. Je peux me servir, merci.
M. Walker !
Quoi ? Ça dérangera pas le vieux, hein ?
Bien sûr que non.
On porte un toast ?
Vu qu'on est enfin réunis.
Quelle belle idée. Allez !
Rassemblez-vous !
Walker, vous bouderez plus tard. Debout !
Un toast à quoi ?
À notre hôte si généreux ?
Aux pauvres gens dont il s'est servi et a disposé.
Aux nouveaux amis ?
Peu importe la raison ou le lieu,
on est ici tous ensemble.
En ce monde, c'est un petit miracle.
Santé.
Navré.
Bordel !
Ça m'a fait peur.
Et si on apprenait à se connaître ?
Jouons à un jeu.
Excellente idée !
On sait tous jouer à deux vérités et un mensonge ?
- Non ! - Seigneur !
Arrêtez un peu. Ce sera amusant !
Je commence.
Je suis de Séville en Espagne.
Je suis serveuse au restaurant de mon père.
Mensonge.
Votre sac semble être d'occasion
et votre manteau est un modèle enfant et anglais.
Si votre père était restaurateur, vous pourriez vous permettre
au moins un des deux...
Remarquable. C'est vrai ?
Oui. Je n'ai jamais connu mon père.
Oh, Carmen.
Très chère, je suis désolée.
Ce n'est rien. Bien deviné.
Elle n'a pas deviné.
Comment avez-vous fait ?
J'observe.
Et j'ai bonne mémoire.
J'ai bonne mémoire, mais ça...
c'est autre chose.
Croustillant. À vous, docteur.
- Je ne... - Non, on va le faire.
Allez, deux vérités, un mensonge.
Bien. Je suis diplômé d'Oxford,
mon père est aussi diplômé...
Mensonge.
Vous ne connaissez pas votre père non plus.
Il est mort ?
Comment faites-vous ?
Ses chaussures ne sont pas cirées,
et dans le train, quand il a parlé de sa famille,
il est passé de sa mère à son oncle. Donc logique...
Logique.
Mon père est mort aussi, si ça peut vous consoler.
Notre premier point commun.
Mon père est bien vivant à Guangzhou.
Et vous, Lawrence ?
Buckinghamshire.
M. Walker ?
- À moi. - Non, je...
Je suis journaliste pour le Daily Truth.
Ma mère est morte.
Je n'ai jamais tué un homme.
Le dernier est un mensonge. Terminé.
Poser la mauvaise question peut être dangereux.
N'errez pas trop loin.
Il est facile de se perdre.
J'ai un très bon sens de l'orientation,
mais merci de vous inquiéter, Gordon.
Le chien du maître, Blunder, est décédé il y a quelques semaines.
Pourquoi garder l'eau fraîche ?
Le maître adorait ce chien.
Je pense qu'il aimait le rituel de prendre soin de lui.
Veuillez me suivre.
Le dîner va être servi.
Je peux faire...
J'insiste, Miss Green.
Vous n'êtes pas chez vous.
Oh là là !
Ça doit être son bureau.
Adams.
Je m'appelle Armstrong.
Ne me corrigez pas, Adams.
Je suis votre patron, Lewis Findley !
Oui, monsieur.
Je veux que vous m'achetiez Séville.
Toute la ville ?
Toute la ville !
Très bien. Comme si c'était fait.
Que ferons-nous de votre nouvelle ville ?
Brûlons-la.
C'est le lieu où les rêves vont mourir.
Il y a peut-être autre chose à faire.
Je connais une fille qui y vit.
Très belle et chaleureuse.
Donnons-lui la ville,
elle prendra soin de ses habitants comme il se doit.
Seigneur.
Regardez.
Magnifique.
Ça s'appelle un "katar".
Une arme tamoule antique.
Frappante, non ?
Bon. Après vous, monsieur.
Merci.
L'homme arrive à son audience avec une seule chaussure.
Je le regarde et je réalise
que c'est une occasion de faire rejeter le dossier.
Donc je dis au juge : "Regardez donc ses pieds."
Je prends le pied du monsieur...
- ... et puis... - Donnez-lui de l'eau.
Pardon, monsieur.
Ce n'est rien.
Où en étais-je ?
Katherine ?
Parlez-nous de vous
ou de votre travail pour M. Findley.
Dieu merci.
Ils peuvent en parler aussi.
Excellente idée. Dites-nous, Katherine.
Oui, Katherine, dites-nous.
Je veux savoir comment il traite son personnel.
Mieux que vous avez traité cette longe de porc ?
Lord Findley est un homme bon.
Il nous traite comme sa famille.
J'ai dit quelque chose de mal ?
Vous avez crié ?
Non. Que se passe-t-il ?
Sûrement rien.
Restez là, je vais voir.
Que faites-vous ici ?
La même chose que vous.
Je veux savoir ce qui se passe ici.
Gordon. Je me demandais d'où venait la panne de courant.
Suivez-moi.
Mesdames et messieurs, ne vous alarmez pas.
Et la panne de courant ?
Le compteur a sauté,
mais ne paniquez pas.
Il n'y a personne d'autre sur l'île.
Sûrement un animal.
J'ai tout réparé,
il n'y aura plus d'incidents ce soir.
Veuillez retourner dans vos chambres.
Miss Green, s'il vous plaît.
Gordon, il y a eu des travaux dans ce couloir récemment ?
Pas que je sache. Pourquoi ?
Quand tout s'est éteint, j'ai entendu un cri de femme.
Votre chambre est proche de celle de Miss Blanco.
Elle a dû prendre peur.
Les chambres sont insonorisées.
Sa fenêtre devait être ouverte.
Fini, les questions.
Veuillez retourner dans vos appartements.
Je préfère rester dans le couloir un instant.
Très bien.
Je suis un peu nerveux.
- Vous aussi ? - Bonjour.
Bonjour.
J'allais me promener, c'est une belle journée.
Oh que oui !
J'allais marcher,
vous voulez m'accompagner ?
Ou vous préférez rester ?
Je n'aime pas petit-déjeuner.
Café et cigarette pour moi, le matin.
- On peut fumer ici ? - Je ne sais pas trop.
Bon, on y va ?
Je vous en prie.
C'est quoi, votre histoire ?
Je suis fleuriste à Londres.
Ça, c'est ce que vous dites faire.
C'est quoi, votre histoire ?
Je vous ai observée. Vous êtes futée.
Pas comme ce docteur à la noix.
Je vois ce que les gens ratent.
Non, c'est plus que ça.
Vous comprenez les choses comme personne.
Pour une civile, en tout cas.
J'en suis une, pourtant.
Pourquoi ne pas mettre à profit vos aptitudes de détective ?
Ce n'est pas un métier correct pour une demoiselle.
Pas de place pour moi chez Scotland Yard.
Bossez en privé.
J'ai connu une femme détective en Californie.
Elle avait une vingtaine d'années.
Très jolie, en plus.
C'était la meilleure.
J'aimerais avoir fait vos expériences, M. Walker.
Croyez-moi, vous vous portez mieux sans.
À ce sujet, avez-vous vraiment tué un homme ?
Je pensais que vous le demanderiez avant.
Oui, c'est vrai.
Je n'en suis pas fier.
Que s'est-il passé ?
C'était...
un promoteur de boxe à Boston.
J'étais sur un article sur la mafia irlandaise
et son réseau dans la ville.
Un soir...
je le vois avec sa femme,
et il commence à la frapper sauvagement.
Puis il a glissé et s'est cogné la tête.
Ça m'a coûté un super article. Mais il l'aurait tuée.
Je m'en souviens.
Naturellement.
Il n'y a pas eu de suites, car aucun témoin n'a voulu parler.
Je vous l'ai dit, il a glissé et s'est cogné la tête,
une dizaine de fois.
Vous n'êtes pas la brute terrifiante que vous voulez projeter.
Mais je préfère éviter ce genre de situation.
Il faut se salir les mains pour trouver la vérité.
On ne peut avoir ni peurs ni limites
pour trouver des réponses.
Ce que je vous ai dit hier n'était pas une menace.
C'était quoi ?
Un conseil de professionnel.
Des types comme Findley ont des secrets à protéger.
Vous n'aimez pas notre hôte.
Je ne l'ai jamais rencontré.
Vous commenciez pourtant à me respecter.
Les commentaires, les diatribes...
Vous avez un problème avec Lewis Findley qui se passe bien de sa présence.
C'est vrai.
Alors pourquoi venir ?
Même raison que vous. Je veux des réponses.
On n'en trouvera peut-être pas.
Possible.
Les types comme Findley
ne font rien sans arrière-pensée.
J'espère au moins découvrir la sienne.
Je sais que ça a un rapport avec nous, mais...
Moi non plus.
Hier, je ne voulais pas...
Regardez !
Ça alors.
Il y a un lapin de plus.
Bordel. Et alors ?
Oh non.
Vous n'allez pas recommencer et me laisser en plan.
Dites-moi ce que vous savez.
Dites-le-moi. Où allez-vous ?
Franchement !
Incroyable.
C'est quoi, tout ça ?
Quelqu'un ici n'est pas à sa place.
J'ai ma petite idée.
Elle ne sait rien.
Enfin, j'en doute.
Expliquez donc ça.
Elle pourrait être parmi les cinq.
Cela confirme que quelqu'un ici n'est pas qui il prétend être.
Tout ça, c'est des petits jeux malsains.
Et il va falloir jouer le jeu.
Je peux vous aider, M. Armstrong ?
Vous pouvez m'appeler Phillip.
Non, je ne suis que serveuse et vous, un riche docteur.
Je sais rester à ma place, M. Armstrong.
Je ne suis pas riche.
Vous avez plus votre place ici que moi, non ?
Allez ousta, pourquoi me dérangez-vous ?
J'allais faire la sieste avant le déjeuner.
On dit : "Allez, ouste".
Vous venez donc insulter mon anglais ?
Bon, je vais faire ma sieste maintenant.
D'accord.
Je vais me promener.
Oui, bonne idée.
Faites-moi confiance.
C'est étrange.
S'il vient, je mange un insecte.
Bon, que se passe-t-il ?
Hier soir, vous vous êtes gorgé d'alcool et de nourriture,
et là, vous partagez des secrets et mangez à peine.
J'ai de mauvaises nouvelles.
Lord Findley est encore coincé
et la météo ne s'améliore pas.
Donc il ne pourra pas venir aujourd'hui.
Qu'est-ce que vous fichez ?
Ce qui me chante, Larry.
Findley n'est pas là pour m'en empêcher.
Vous êtes fou.
Il est fou.
Il s'est passé quelque chose.
Qu'y a-t-il ?
- C'est... - Lawrence.
Kane. Kane.
- Oh non. - Comment ?
La bonne blague. Il a été poignardé.
Va chercher les employés.
Pourquoi planter le couteau dans l'arbre ?
Et si c'était un message ?
Qui ferait une chose pareille ?
Quelqu'un de très déterminé.
Et de très fort.
Miranda, où... Et zut !
Vous rentrez à la nage ?
Vous n'avez pas l'air du genre à aller vous balader
pendant qu'on se fait chasser.
C'est un cauchemar. Les lapins !
J'ai vu.
On fait quoi ?
Servez-vous de ça.
Ça ne suffit pas, Donald.
La vie est pleine de déceptions.
J'ai bourlingué.
J'ai appris qu'on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, dans la vie.
Et si je ne peux pas ?
Alors on va tous mourir.
Réunissons-nous dans le salon.
Est-ce une bonne idée ?
Oui, et ce n'était pas une demande.
Suivez.
Reprenons du début.
Phillip et Carmen étaient dans le couloir de l'aile Est,
Lu, dans sa chambre, moi, dans le bureau, Donald était dehors,
et le personnel n'a pas d'alibi au moment où M. Kane a été assassiné.
Il faut donc traiter tout le monde,
dont moi, comme un suspect.
- Attendez un peu... - Personne n'a un bon alibi,
c'est le point de départ logique.
Phillip et moi étions ensemble dans le couloir.
- Quelqu'un d'autre le confirmerait ? - Notre parole ne suffit pas ?
Vu combien vous vous appréciez,
vous vous couvririez l'un l'autre
en disant être ensemble dans l'aile Est.
Elle vous tient, les jeunes.
Et vous et l'Américain ?
On a tous été témoins de vos complots.
M. Walker est un des suspects principaux.
Quoi ? Quelle ingrate...
Vous étiez proche du corps.
Et capable physiquement de dominer Lawrence.
Je le connaissais pas !
Exactement. On se connaît à peine et vous connaissiez à peine le défunt.
Il faut trouver ce qui nous relie pour comprendre le mobile.
Pour l'instant, ce n'est qu'hypothèses et conjectures.
Commençons par en savoir plus sur feu M. Kane.
On ne sait rien de lui.
- Sean ? - Madame.
Allez voir le corps, vérifiez ses poches.
Voyons si quelque chose nous en apprendra plus sur lui.
Très bien, madame.
Quelqu'un devrait l'accompagner.
- J'irai avec Sean. - Merci.
Quelqu'un qui ne soit pas du personnel.
J'y vais.
Merci, très chère.
Parfait !
Maintenant, ma jolie...
quelle est l'hypothèse à votre sujet ?
Quel délicieux exercice !
Je trouvais le défunt rustre.
J'étais la dernière dans le bureau, où le poignard se trouvait.
Pour l'instant, on a tous eu l'occasion et des mobiles possibles,
donc on ne peut exclure personne.
Y compris vous.
Miss Green, c'est une accusation très injuste.
On ne sait rien d'eux.
L'un de nous a été tué !
Pas de soupçons tribaux !
Je dis juste qu'on est tous suspects
avant d'avoir plus d'informations innocentant certains individus.
- Le corps a disparu ! - Quoi ?
Le corps de M. Kane a disparu !
On a tous compris,
mais je réitère : quoi ?
Les cadavres ne partent pas comme ça.
En effet. Je le sais d'expérience.
Je vais voir de mes propres yeux.
Bon, qu'avez-vous fait ?
Le corps y est ou pas ?
- Non. - C'est impossible.
Et si elle et le vieux l'ont déplacé ?
Pourquoi et comment le ferais-je, M. Walker ?
Un mystère à la fois.
Ils étaient forcément impliqués.
Soyons prudents avec nos insinuations.
Ah maintenant, il faut être prudent ?
Où étiez-vous tous au moment du meurtre ?
Mieux vaut nous le dire maintenant.
- Vous nous menacez ? - Peut-être bien, Jeeves.
Attendez, c'est ridicule.
Ne nous laissons pas emporter par nos émotions.
Puis-je faire une suggestion ?
Vous ne vous êtes pas retenue jusque-là.
Allons dans nos chambres jusqu'au dîner.
Il est 17 h, c'est dans deux heures et demie.
Ça permettrait de se calmer
et de commencer une conversation basée sur les faits et la vérité.
Et nous ?
Qui va préparer le repas ?
J'ai peur, seule dans la cuisine.
Déplaçons-nous par deux ou en groupes.
- Bonne idée. - Très bien.
- Verrouillez vos portes ! - J'ai besoin d'un verre.
On peut vous monter un rafraîchissement.
- Je me sers. - Bien sûr.
Venez, mon petit.
C'était une erreur.
Vous ne m'avez pas demandé ma loyauté.
Et je ne vous ai pas donné la mienne.
Maintenant, plus personne ne va vous protéger, ma jolie.
Quand les autres auront fermé leurs portes,
viens dans ma chambre. Je ne veux pas être seule.
Oui, mais il faut être prudents jusqu'à ce qu'on quitte l'île.
Viens.
J'ai peur.
Findley sera là demain matin,
et on résoudra cette affaire.
N'aie pas peur.
Et nous ?
On peut partir, être ensemble.
Viens me voir à Londres.
Londres, c'est gris.
Alors je viendrai à Séville.
Je déteste Séville.
Alors on ira où tu veux.
Si tu n'arrives pas à choisir, on ira partout.
Peu importe, tant qu'on est ensemble.
Quel beau rêve.
Faisons-en une réalité.
Parfois, j'oublie combien tu es jeune,
combien ta vie a été simple.
Comment ça ?
Non, rien.
Parle-moi de ton beau rêve.
Qu'y a-t-il ?
Ce sera bientôt fini.
Tout se passe comme prévu.
Quoi ?
Non !
Où est Sean ?
Dieu sait ce qu'il fabrique.
Il est censé être là.
Cet homme est mort.
Emmenez le corps au salon.
Tout contact laisse une trace.
- Bizarre. - Quoi ?
À qui cela appartient-il ?
- Miss Wang, suivez-moi. - Où allons-nous ?
Vous serez enfermée dans votre chambre,
et demain, nous vous remettrons aux autorités.
Je ne l'ai pas tué !
Miss Wang, ne compliquez pas les choses !
C'est absurde !
Pourquoi l'aurais-je tué ? Et comment ?
Sean était âgé.
Le tueur l'a assommé en le frappant avec la porte.
Ce n'est pas impossible.
Bon, venez.
Attendez ! Je reviens dans moins d'une heure.
N'enfermez pas cette femme
ou je vous fais arrêter pour séquestration.
C'est bien ce que je pensais.
Attendez ! Où allez-vous ?
- Elle est folle. - Rien de nouveau.
Je n'y comprends rien.
Je sais, mon cœur.
Tout ça est choquant.
Comment peuvent-ils être morts ? En un jour !
Un jour et deux hommes sont... morts.
Mourir, c'est pas dur, ma jolie.
Tout le monde le fait.
Voici Blunder.
Le chien de Findley.
Le chien mort de Findley.
- Pas tout à fait. - Miss Green,
où voulez-vous en venir, quel rapport avec le chien ?
Vous pouvez arrêter, maintenant.
Je vous présente... Lewis Findley.
Quoi ?
Comment ?
Je vais vous montrer, M. Armstrong.
Voyez ?
Gordon, ouvrez votre manteau.
Il serait indécent pour un homme du textile de porter une simple veste.
- Selon qui ? - Lewis Findley,
avant sa clandestinité en 1897.
C'est ça, votre révélation ? Un manteau ?
Non, c'est un avant-goût.
Attention où vous marchez.
On est tous là-dedans. Alors ?
Durant l'heure avant le dîner...
Quand on devait être cloîtrés.
Ce n'est pas très drôle, M. Walker.
Je me suis permis de visiter la maison sans guide.
C'est une propriété immense, pleine de recoins.
Et de lieux où cacher des secrets.
J'y ai trouvé cette pièce.
Vous remarquerez
qu'il n'y a ni photographies ni portraits dans la maison.
Lewis Findley était apparemment un reclus,
qui détestait sa propre image.
C'est ce qui a attisé votre curiosité, non, M. Walker ?
Oui, le vieux
se servait toujours d'un intermédiaire.
Vous.
Je savais que je vous connaissais.
Vous l'avez remplacé pour sa réunion avec Carnegie à New York.
Quelle fois ?
M. Carnegie adorait ses évènements.
Il y avait toujours un banquet à ne pas rater.
Mais nous divergeons.
On aura le temps plus tard.
Pour l'instant, continuons notre tâche.
Son aversion apparente pour les photos n'était pas entièrement vraie.
Le vieux adorait vraiment ce clebs.
Il a donc caché Blunder dans une cabane petite mais très confortable,
au point le plus au nord de l'île.
Je l'ai vue en allant aux falaises.
Pauvre Blunder, il ne pouvait pas maintenir la ruse.
Ce qui m'amène à ma dernière surprise.
Suivez-moi jusqu'au salon.
Vous êtes un peu glauque, vu les circonstances.
Ça me plaît bien.
J'en ai assez de tes petits jeux, le vieux.
Bien installés ?
Impressionnez-nous, ma jolie.
Miranda, je vous en prie. Il y a eu deux meurtres.
Nous avons peur.
Vous avez raison. J'ai été plutôt sinistre.
En vérité, un homme est mort
et l'occasion est grave, voire traumatisante.
Mais vous avez tort à un sujet.
Vous pouvez entrer.
Bonjour à tous.
Navré de cette mise en scène quelque peu morbide...
Je vais vous tuer, espèce de...
- Non ! - Lâchez-moi !
- M. Walker ! - Non !
Quel sale... C'est bon, je vais bien.
- Lâchez-moi. - D'accord.
Répondez à nos questions si vous voulez quitter l'île vivant.
Ça paraît bien normal, vu les circonstances.
Mais si je puis m'expliquer,
vous verrez que je ne mérite pas tout à fait une exécution.
Quelqu'un d'autre veut un verre avant de commencer ?
Oui. Je veux bien.
Bon. Continuons.
Il y a des mois, Lord Findley ici présent m'a fait
une proposition étrange
et parlé d'un complot.
Lord Findley tenait plus que tout
à son intimité. Ça, c'est vrai.
Il n'a jamais fondé de famille,
mais ça ne veut pas dire qu'il n'a pas cherché
de relations intimes à son époque.
D'ailleurs, M. Findley s'est avéré être un séducteur, et croyait
avoir plusieurs enfants,
tous des héritiers potentiels, le moment venu.
Et ce moment approchait.
Mais Lord Findley se refusait
à léguer son immense fortune à un inconnu,
encore moins à un "parasite peu méritant".
Il semblait très préoccupé
par ce qu'il adviendrait de ses biens et sociétés.
Il a été très clair : "Un seul héritier."
Quant au reste... tant pis.
Donc je suis parti.
Cinq enfants semblaient méritants de l'immense fortune.
Cinq invitations.
Mais ce n'était que le début. Comment Findley choisirait-il ?
Il faut reconnaître qu'il était créatif.
Il a engagé deux acteurs,
qui lui servaient parfois de remplaçants,
pour jouer son personnel,
alors qu'il prendrait le rôle du majordome, Sean.
Mais comment pousser quelqu'un
à révéler sa vraie nature en un court week-end ?
C'est ce que Findley voulait pour choisir son héritier.
Un meurtre était un moyen comme un autre.
Le reste, les lumières etc,
devaient provoquer la tension et le malaise.
Et les lapins ?
Les lapins ?
Dans les bois, il y a une cabane
avec cinq lapins, et un mort. Comme s'ils nous représentaient.
Il ne s'agissait que de viande fraîche pour le chien.
Désolé que la raison ne soit pas plus croustillante.
Mon employeur était excentrique, mais pas fou.
C'est du pareil au même.
Il voulait vous mettre à l'épreuve.
Mais ceci ne faisait pas partie de son plan.
Lord Findley avait l'intention de révéler son choix demain.
Je suis vraiment navré.
Où sont Gordon et Katherine ?
Peu importe.
Ils ne peuvent pas partir.
En fait...
- Vite ! - J'essaye !
Il faut partir !
Laissez-le, on viendra ! Faites quelque chose !
- Il va le tuer ! - Donald !
Où allez-vous, comme ça ?
Donald, lâchez-le
ou vous passerez le reste de vos jours en prison !
Pourquoi fuir ?
Écoutez, c'était un boulot,
et un bon !
Findley était un peu bizarre,
un peu froid, mais il prenait soin de nous,
et payait bien.
On n'est pas des habitués du West End.
Être comédien à Londres, ce n'est pas un boulot stable
et on n'est plus très jeunes.
On ne pensait pas en arriver là,
à jouer son personnel ou ses émissaires.
Mais ça a été dur.
On est mariés depuis 15 ans et qu'est-ce qu'on a ?
Pas d'enfants, à peine un rôle principal,
mais ces dernières années,
travailler pour lui nous a permis d'acheter une maison...
Répondez à la question.
Ils n'ont pas de réponse.
Ils ont tué le vieux.
Croyez-moi, j'en ai vu, des gens coupables
et ces deux-là en sont !
On ne l'a pas tué !
Je vais vous expliquer. Ce boulot était unique.
On n'avait pas droit à l'erreur.
Il voulait qu'on vous fasse sortir de vos retranchements.
Nous devions vous titiller et vous provoquer
le plus possible sans être découverts.
Et il était toujours là. Nous étions sous pression.
Et quand le vieux est mort...
Vous avez paniqué.
Comment garder la maison sans...
Je suis désolée.
Vous avez trouvé et perdu un père aujourd'hui.
C'est incomparable.
Mon père est Shen Wang,
qui est bien vivant en Chine.
Lewis Findley a peut-être connu ma mère,
mais ce n'était pas mon père.
Ni celui d'aucun d'entre nous.
Pas un vrai père, en tout cas.
Merci.
Je n'y crois pas.
Que je comprenne bien.
Le vieux clamse
et vous deux décidez de vous tirer en bateau
et de nous laisser coincés sur l'île, parce que vous avez paniqué ?
Je n'y crois pas une seconde.
Je ne vous ai pas oubliée non plus.
Vous boudez depuis votre arrivée, vous avez quelque chose à cacher.
Et tout à coup,
votre écharpe se retrouve autour du cou d'un mort !
C'est ridicule !
Miss Green, raisonnez-le.
Dur de comprendre pourquoi vous seriez venue de Chine
sur une simple invitation.
Voilà. Merci.
Et vous, ma jolie ?
Toujours à vous balader en lisant vos livres de mystères,
à rêver de devenir détective.
Votre rêve s'est réalisé, vous élucidez un vrai meurtre.
Et deux meurtres à élucider valent mieux qu'un, non ?
Cela vous a peut-être poussée à tuer le vieux.
C'est une théorie crédible.
Mais vous êtes en cause aussi.
- C'est-à-dire ? - Vous méprisez la richesse
et on a vu l'intensité de votre rage.
Ah, voilà.
Vous n'hésitez jamais à me jeter la pierre.
C'est ridicule.
Quelqu'un a tué M. Findley.
Les imposteurs sont des suspects, tout comme M. Walker,
Miss Green et Miss Wang, mais on tourne en rond.
Cette liste est un peu courte, non ?
Comment ça, M. Kane ?
Je ne ferais jamais de mal à personne.
Phillip, dis-leur.
C'est improbable.
Mais tu ferais tout pour ne pas retourner à Séville.
Et toi ? Es-tu au-delà de tout soupçon ?
C'est absurde !
Je suis médecin, je guéris !
Comme si un docteur était toujours innocent !
Et Jack l'Éventreur ?
Il paraît qu'il était médecin.
Une théorie impliquerait tous les médecins ?
Bravo.
- Et H. H. Holmes ? - Et Hawley Crippen.
Burke et Hare ont vendu des corps qu'ils avaient volés et tués
à la faculté de médecine.
Des leçons de morale d'un avocat qui a participé à ce cirque !
Vous êtes gonflé !
C'était inévitable.
Puisqu'on s'accuse tous ce soir,
pourquoi tuerais-je mon employeur ?
Parce que vous êtes le seul ayant accès au testament.
- Quoi ? - Si vous pouvez ajouter l'un de nous,
vous pourriez vous ajouter aussi.
Pas la peine de tout prendre. Juste une petite part du gâteau.
Je n'ai pas accès au testament, donc la théorie ne tient pas.
Comment osez-vous ! L'avocat !
Ça suffit !
Tout ça ne mène à rien.
Reposons-nous et appelons la police.
Ils géreront ça demain matin.
Bonne idée.
CHÈRE CARMEN
Quoi ?
Venez avec moi.
Ce ne serait pas malin, vu les circonstances.
N'est-ce pas, M...
Gordon. C'est mon vrai nom.
Si je voulais vous tuer, je pourrais rentrer de force.
Je dois vous montrer quelque chose.
- Pourquoi voudrais-je le voir ? - Vous pouvez trouver le tueur.
J'étais inquiet, à notre rencontre.
Vous sembliez douée pour détecter les mensonges.
Mais nous avons tous notre rôle à jouer.
Et il ne reste qu'une chose à faire.
Où est Miranda ?
Où est Gordon ?
Il est sorti cette nuit.
Il devait s'occuper de quelque chose dans le bureau.
Oh non.
Chers amis !
Ou plutôt, chers frères et sœurs !
Où est mon mari ?
Il prépare le bateau. Nous partons.
Tout à l'heure, il est allé chercher l'inspecteur Church.
Inspecteur Harold Church, gendarmerie de Dartmouth. Enchanté.
Nous avons à faire. Il y a un meurtrier parmi nous.
Quelle désinvolture.
Ne vous alarmez pas.
Bon, allons-y.
C'est moi.
Je dois avoir 14 ans, là.
Il nous observe depuis toujours.
Je crains que ce ne soit que le sommet de l'iceberg.
Gordon et Katherine ne mentaient pas, ils nous gardaient bien à l'œil.
Qu'est-ce que c'est ?
Des caméras très coûteuses.
Dernier cri, et dans chaque pièce,
avec une fonction classant les images
- et les repassant. - Impossible.
Findley avait des liens avec l'armée américaine et britannique,
de très haut niveau.
Un jour, tout le matériel est arrivé
avec des hommes très sérieux en uniformes.
Il m'a montré comment m'en servir,
mais il n'a jamais dit d'où venait cette technologie.
J'ai soupçonné quelque chose
en entendant Carmen crier à travers les murs.
Même si l'insonorisation n'était pas réelle,
une maison aussi solide devrait être mieux isolée.
Findley avait tout un réseau de couloirs derrière ces murs.
Vous avez vu le tueur ?
C'est ridicule. Je m'en vais.
Je ne peux pas vous laisser partir.
Vous comprenez.
Les images nous ont conféré nombre d'informations,
et vous devez tous vouloir y voir plus clair.
En travaillant avec les rosiers, on ne sent plus ces blessures.
Vous devez l'avoir vécu, M. Kane.
Déformation professionnelle.
Findley a insisté pour répéter de multiples scénarios
avant de choisir comment m'assassiner.
Les mains de votre père tremblaient.
Comment a-t-il pu si mal traiter ses amis ?
Les riches ne fréquentent pas le personnel.
Je devrais me vexer, mais c'est exact.
Notre père était un grand voyageur,
et il a fait la chronique de ses voyages,
y compris de ses conquêtes.
Liu Chan.
Ma mère.
Esme Blanco.
Et la mienne.
Arrêtez.
Bien sûr, ma mère y figure.
Mais il manquait un nom.
Pas de Walker, pas d'Américaines, rien de la sorte.
Mais il y avait un nom qui revenait : Shelby.
C'était la première, une servante qui avait travaillé ici,
et avait fait impression sur Findley.
Les premières pages sont écrites dans le détail,
et avec une ferveur romantique
dont Findley s'avère incapable pour le reste de sa vie.
Shelby et son enfant.
La servante a eu un garçon.
Inspecteur, vérifiez sa poche de veste.
Doucement, mon grand.
Oui. Shelby Walker et Lewis Findley.
Cela ne prouve rien.
Attendez.
Il a dit qu'il l'épouserait.
Tellement de fois.
Elle a donc attendu qu'il en parle à ses parents.
Elle était jeune, elle avait le temps.
Puis elle est tombée enceinte...
et cela a tout changé.
Il a dit qu'il devait la renvoyer.
Et il ne lui a rien donné.
Cela aurait fait jaser.
Elle n'avait nulle part où aller.
Sa propre famille l'a rejetée,
car elle n'était pas mariée et portait...
un bâtard.
Donc elle est partie en Amérique.
Elle m'a eu sur le bateau.
Elle s'est toujours accrochée à l'espoir
qu'un jour, Findley la retrouverait.
Et qu'on vivrait dans le luxe.
Elle refusait de trouver un travail permanent,
car elle était sûre que son prince allait arriver.
Elle disait : "Papa va venir nous sauver."
Papa.
Puis elle est tombée malade.
Elle a avalé sa fierté et...
écrit une lettre à Findley,
le suppliant de l'aider.
Pas un mot.
Elle s'est assurée que je sache la vérité sur Findley avant sa mort.
Et quand son jour est venu...
j'ai juré
que je me vengerais de Findley
et des hommes comme lui le restant de mes jours.
Les gens riches et puissants savent
que l'information peut faire plus de mal
qu'une lame ou une arme à feu.
Je suis devenu chasseur de secrets.
Je trouvais leurs péchés et je les révélais
au grand jour, aux yeux de tous.
Il vous suivait de près.
Ce sont...
mes articles.
Tout est dans son journal. Il était fier de vous.
Il n'aimait pas vos opinions politiques, mais adorait votre détermination.
Vous étiez l'héritier parfait,
car vous lui ressembliez.
Pas du tout !
Regardez autour de vous.
Il nous a tous laissés souffrir
tout en nous épiant de sa tour d'argent.
Il aurait pu apaiser nos souffrances, mais non.
Il nous a abandonnés.
Et quand le moment est venu dans sa vie
de faire ce qu'il fallait,
encore des jeux.
Donc j'ai fait la chose que...
ce lâche n'a pas eu la décence de faire.
J'ai mis fin au jeu.
En le tuant ?
En faisant le nécessaire.
En me faisant porter le chapeau.
En accusant Gordon et Miranda. Quand ça n'a pas marché,
en s'assurant qu'on s'accuse les uns les autres
pour que vous puissiez fuir.
C'est vous, le lâche !
Eh bien...
Je tiens bien de lui, finalement.
Vous devriez me remercier.
Je vous ai libérés. Cet argent est maudit.
Pour quatre d'entre nous, il y a l'humiliation
de s'entendre dire par Findley qu'on n'est pas à la hauteur.
Et pour le grand gagnant,
c'est un pire destin d'être enfermé en cage
et transformé en copie de lui.
Ce n'est pas tout à fait vrai.
Ce n'était pas un jeu de choix.
C'était une vérification.
Ça devait être vous, Donald.
C'était une épreuve pour le confirmer.
Il ne nous aurait pas choisis.
Et désormais, ce ne sera personne.
L'héritage devrait être divisé également
parmi les enfants. C'est la loi, non ?
Peut-être, mais le testament est très clair.
Si un héritier n'est pas choisi,
tous les biens doivent être rendus à Findley Industries
et un successeur sera nommé par le Conseil.
Mais si un héritier était choisi, tout le monde serait pris en charge.
Mais vous seriez obligés de renoncer à vos noms,
et de garder le secret sans quoi vous perdriez vos biens.
Des jeux sur des jeux.
Emmenez-le, inspecteur.
Je suis navré.
Si j'avais réalisé son sadisme,
je n'aurais jamais participé.
Il aurait trouvé quelqu'un d'autre.
Notre père ne définit ni notre valeur
ni notre niveau social.
Nous sommes maîtres de nos destinées.
- On n'a pas besoin de lui. - Ni de son argent.
On est là les uns pour les autres.
Que va-t-il lui arriver ?
Ce sera une affaire simple.
Il passera sa vie en prison.
Quel dommage.
Vous êtes trop gentille.
C'est pour ça que vous ne serez jamais détective, ma jolie.
Ma compassion m'a permis de vous démasquer,
et je recommencerai.
Et ne m'appelez pas "ma jolie".
À plus, sœurette.
Attendez ! Vous avez un don.
Si vous voulez de l'aide, j'ai des amis chez Scotland Yard.
Merci.
Je préfère pratiquer par moi-même.
Détective privée ? L'argent...
L'argent ne m'intéresse pas.
J'aimerais aider des gens qui en ont besoin.
Mais je prends.
Même un bon détective a parfois besoin d'aide.
C'est bien vrai.
Je dirai au monde
que celle qui a démasqué le tueur de Lewis Findley
est disponible.
Je vous remercie.
J'ai pensé à nous.
Moi aussi.
On ne peut pas être ensemble,
mais on peut rester proches.
Je n'ai jamais eu de petit frère.
Je ne suis pas si jeune.
C'est une blague, mon chéri.
Il t'a abandonné aussi, hein ?
Rejoins notre collection de choses perdues.
Il faut se tenir les coudes.
À LA MÉMOIRE DE BRIAN O'DONNELL
Sous-titres : Hélène Skantzikas
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