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Original subtitles

رسانه اینترنتی مای موویز mymoviz10.pw

Tintements de clochettes

- Manou, t'es prête ? - Ca va être à toi.

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- Ca va être à toi !

Musique féérique

...

- Allez ! On y va.

...

Alors, on s'est vues quand, Mme Connellasse ?

- Connellas. On ne prononce pas le "s" à la fin.

Je sais pas... Un peu plus d'un an, je crois.

Mais là, j'ai très, très mal.

- On va voir ça.

- C'est gentil, Mme Blanchot, de me prendre en urgence.

- C'est normal, Mme Connellasse.

Oh là là, oui... Là, c'est énorme !

Y a un gros, gros, gros travail à faire.

Ca peut plus attendre.

Je vous avais fait un devis ?

- Hum... Trop cher.

- Pas compris. - Trop cher.

- Mme Connellasse, les dents, c'est nos racines.

On n'économise pas sur ça. Ca joue sur toute la santé.

Allez, ouvrez.

Ouvrez, Mme Connellasse.

Je vais pas vous faire mal. C'est pour regarder.

Que s'est-il passé ?

- C'est la Hongrie.

- OK, je vous raccompagne.

- Mais... Mes douleurs, mon abcès ?

- Ils ont sûrement un SAV en Hongrie.

Au revoir, Mme Connellasse. Bon courage.

Nathalie, Mme Connellasse,

vous me la sortez des fichiers.

- Bien, Mme Blanchot. - J'en parlerai à mon mari.

Il va lui foutre un contrôle fiscal. Ca lui refera les dents une 2e fois.

- Justement, il est là.

- Ah ? - Il a cassé la céramique

de sa 18.

- Ca me fatigue tout ça. Moi, je...

- C'est l'Europe, ça.

On peut rien y faire !

- C'est le 6e en 1 mois. Dans 1 an, mon cabinet vaut plus rien.

C'est un signe : il faut que t'arrêtes, que je vende

et qu'on se barre ! On a besoin de réchauffement climatique.

Surtout toi. Tu dois te reposer. - Si t'es énervée, on verra demain.

- Pour que ça s'infecte ? Allez, ouvre !

T'as bu ?

- Ah non. Ah non...

Ah ! Du champagne.

- T'es bourré ?

Il est bourré !

- Non, pas du tout.

Je t'ai parlé

du plan de réduction du nombre de fonctionnaires ?

- T'en fais partie ?

- Retraite anticipée.

- A taux plein ?

- A taux plein.

- Mon chéri, je t'aime ! Il rit.

Je t'aime, je t'aime !

Oh, ça y est, on va partir ! - Oui !

- Au revoir le cabinet, les cons, les emmerdeurs, la famille !

On part, on part, on part !

- Vous allez mourir là-bas ? - Non, on part là-bas. Dites rien.

- C'est un secret ? - Oui. Non, c'est pas un secret.

C'est une surprise. - J'aime bien les surprises.

- Ah...

- PATOU !

- Attention, mes petits choux !

Ils arrivent.

- Motus et bouche cousue.

- Je suis prête.

Musique enjouée

...

- Enfin, maman ! 20 heures par semaine !

- Elle est adorable.

- Une femme de ménage 20 h/semaine !

Ca n'existe pas. - Si, ça existe chez moi.

- T'as un deux-pièces. Elle fait quoi ?

- Elle me tient compagnie.

On bavarde, on flâne. Tu viens plus me voir.

Faut bien que je m'occupe ! - Bien sûr que je viens te voir !

Je suis venu l'année dernière ! - Oh !

- Il est beau mon Martin, hein ?

- Je dirai pas le contraire, c'est notre fils.

- Oui, c'est vrai.

J'espère que vous profiterez de votre retraite, Marie-Louise.

- Moi, c'est Marilou.

- Fais-moi confiance, on va en profiter.

- Je vous dis ça parce que mon oncle,

il a pris sa retraite et 6 mois plus tard : crise cardiaque !

- Comme mon papa !

- Bon en même temps, il avait 61 ans, donc...

Vous avez quel âge vous ? - 62.

- Vous avez déjà bien profité. - Oh oui ! Hein ?

- Oui ! C'est à toi, là-bas.

- Je vais me refaire une beauté pour passer à la télé.

(- Regarde chéri, une quiche qui mange une quiche.)

- Moi, je trouve qu'elle est bonne.

- Qui ?

- La quiche !

*- Goûte ça, Popi. C'est bon ? Oui...

*- Ca va ? Ils sont bons ?

*- Ceux avec le saumon, il aime pas trop,

et ceux aux olives noires, il adore.

*- Ca, c'est de la truffe.

- Maman gronde encore papa ! *- Votre père !

- Papa, elle t'a bien grondé, maman !

Rires

- C'est mignon.

Marilou, ça fait combien de temps qu'on est amis ?

- Je sais pas... 15 ans, 20 ans, non ?

- On peut se dire les choses.

- Mais bien sûr !

- Ta fille va te prendre pour une auxiliaire d'éducation.

- Ca m'est égal. Je les adore.

- Parce que tu les as pas souvent.

- Il a raison.

Fanfaronne pas trop. On se fait vite piéger.

- Vous allez devenir des "chicouf".

- Des "chicouf" ?

- "Chic", je suis contente de les voir et de les garder.

- "Ouf", enfin ils partent.

Si tu dis oui une fois,

c'est mercredi tous les jours.

- Leur grande phrase : "Toi, t'as du temps libre."

- Attends. Je t'arrête tout de suite.

On va avoir du temps libre, mais ailleurs.

Attendez, vous allez comprendre. - Ah...

Marilou fredonne "Je vole" de Michel Sardou.

...

Vous comprendrez plus tard.

*Les enfants ! On va faire notre annonce.

- OUI ! *- Chéri ! Chéri !

*- Oui, oui. Ca y est ! J'ai répété.

Quelqu'un fait tinter un verre.

- Allez ! Venez ! Venez !

- Venez ! *- Ah ! Pris de court par le fiston.

- Venez ! - Papa, maman. Venez ! Venez !

Bon... Papa,

maman, vous ne vieillissez pas !

- Oui, c'est vrai.

- Vous prenez de la valeur.

Vous n'êtes pas vieux, vous êtes juste jeunes

depuis plus longtemps. - Ah oui !

- Comme il est de coutume,

on passe aux cadeaux.

Papa, rapproche-toi.

On commence avec celui de Arnaud et Cécile.

- Ah ! Ah !

- Philippe, je sais qu'il te manque des trucs

pour bricoler...

Tada ! - OH !

- Une caisse à outils !

Et attends, venant de toi,

c'est du matériel de pro.

- Ouvre la caisse, c'est pas fini.

- Comment ça, c'est pas fini ?

- Oh là là ! C'est pas de la camelote.

Vous avez dû vous ruiner !

Une perceuse !

- OH ! - Une scie sauteuse !

- AH !

- Et moi, j'ai offert un olivier.

Parce que je m'appelle Olivier. Ils ont pas compris !

- Un niveau !

- OH !

- Merci, mon grand et merci, ma chérie !

- Il lui a pris une caisse toutes options. Bravo !

- Maman ! Viens ! C'est à toi. - A moi ?

- Bien oui ! - Oh !

- Ah, ah !

- Voilà. Tenez, Marie-Louise.

- Marilou. - Oui.

J'espère que ça vous plaira. C'est moi qui l'ai choisi.

- Alors vraiment, il fallait pas.

Je suis impatiente de voir.

Oh... - Ah !

- C'est magnifique, hein ? - OH !

- Merci.

Martin doit vous montrer comment ça marche.

- Comment ça marche ?

- Oui. Derrière t'as une prise USB pour le connecter et le programmer.

- Pour programmer quoi ? - Ben le collier.

Si vous vous sentez mal, vous appuyez sur la pierre bleue

et ça appelle les secours qui arrivent direct.

On a déjà tout programmé.

- Y a un GPS intégré. Ils viennent direct.

- A votre âge, on est jamais trop prudent.

- On vous souhaite :

une bonne retraite ! - BONNE RETRAITE !

- Ouais ! Ouais !

- Bravo !

- Ils m'emmerdent tous,

on fait l'annonce et on les fout dehors.

Il s'arrête jamais !

- C'est encore nous.

- On voulait en profiter, comme on est au complet.

Voilà, on a une grande nouvelle à vous annoncer.

C'est pour mars. - OH !

- Ouais !

Ca se voit pas encore

parce que je suis très mince.

Comme ça, vous pourrez vous en occuper

quand on travaille.

- C'est pas super, ça ?

Allez ! Vive la retraite ! - OUAIS !

- Vive la retraite !

- Là, on fait l'annonce. Ca va les calmer.

- Oui, oui. Allez. - Alors ! Donc...

- Il faut que je vous parle. C'est sérieux.

- Quoi ? - J'ai eu un coup de fil de...

- T'as vu ? Ca lui a plu.

- On n'avait pas dit 100 euros max ? - Non !

- Si ! - Ah bon ?

- Chérie, on n'a qu'une retraite. - Mais nous, on n'a qu'un PEL.

- Il a toujours été généreux, ton Arnaud.

- Ah voilà ! Merci, Mamiline. Un petit bisou ?

- Arrête, tu m'agaces ! Là, tu m'agaces !

- Je sais pas pourquoi le Dr Gavotte m'a appelé.

Il m'a appelé Philippe tout le temps.

- Je savais pas qu'il était encore le médecin de Mamiline.

- Ouais, moi non plus.

- Il est formel. Il ne lui reste que quelques semaines.

- Quoi ?

- Quelques semaines, grand max.

C'est à nous de décider de lui dire ou pas.

Moi, je pense qu'il faut rien dire.

- Oh là là...

- Cécile est au courant ? - Non.

- Je vais la prévenir. Je lui dis.

- Oh...

- Mais tu te rends compte ? - Hm...

- Quelques semaines, il a dit. - Hm...

Je reviens, chéri.

Mais...

(Qu'est-ce que tu fais ?)

- Ca, c'est un mètre laser. Ca permet de...

(- Je sais, mais pas maintenant.) - C'est pour la vente.

(- Range ton sabre laser et bouge plus. Compris ?)

(Tu feras ça après la fête. Je t'expliquerai.)

Mamiline rit.

- Ma petite maman ! Je voulais te dire

que tu as tout à fait raison. Ta femme de ménage,

prends-la 20 heures ! 40 heures, si tu veux. Hein ?

- Mais qu'est-ce qui t'arrive, tout à coup ?

Tu m'engueulais et là, t'es tout mielleux.

- Ah bon ? Non, non, non !

Je suis normal.

- Oh, mon chéri ! - Oui.

Même plus, hein, si tu veux.

- Ca te va, Olivier, si on fait la réunion ici ? On est fatigués.

- Avec Olivier,

faut pas se gêner.

- On change pas les plans, mais on peut pas l'annoncer.

- Annoncer quoi ?

- Qu'on part s'installer au Portugal ! Ecoute !

- Moi, je suis plus trop sûr avec maman qui va partir.

- Toi aussi, tu peux partir. Alors il faut qu'on parte.

- Alors qu'est-ce qu'on fait...

- Mais je t'ai dit ! On ne change rien !

Tu vends la maison ici et tu nous en trouves une là-bas !

On change rien ! (- Il est toujours d'accord ?)

(- Mais bien sûr !)

(Il peut pas le dire à cause de sa mère, mais il est à fond.)

(- Avec Olivier, aussitôt dit, aussitôt fait.)

(Je vais trouver la maison de vos rêves.)

(- D'accord, mais c'est secret. Motus et bouche cousue.)

(- Je suis une tombe !)

- Chéri, monte le son. Y a Martinou qui va passer.

*- Encore un match extraordinaire, Harold.

Tout de suite, nous retrouvons Martin Blanchot

sur le terrain avec le N. 10 ibérique, José Maria Manco.

*- Merci, Julien.

Martin parle espagnol.

...

- Il parle bien espagnol, notre fils, hein ?

- Oui, il passe bien à la télé. - Ouais...

Mais en cadeau, il est nul, hein ?

Bips - Pourquoi ça clignote ?

- Quoi ? - Le truc, là.

- Oui, pourquoi ça clignote ? - On sait pas.

- Evidemment que je vais bien.

Il s'est déclenché tout seul, ce con de collier.

- C'est la procédure.

Et vu votre âge, on ne prend aucun risque.

- Ben oui. Merci, docteur. - Oh !

- Toi qui étais dentiste, tu peux lui mettre le filet ?

Je vais chercher une selle.

- Oui, enfin... J'étais pas vétérinaire !

Hennissements Arrête de bouger, bestiole de merde.

Tu vas finir en lasagne, tu vas pas...

...

- On se redresse. - Bravo, ma belle !

- On se tient bien droite !

- C'est super, ma belle. Bravo !

T'es belle ! C'est super !

- Elles font combien de tours de manège ?

- C'est pas des tours, c'est des heures !

Là, c'est une reprise de 2 heures. - Ah...

- C'est bien !

- Allez ! Plaque-le ! Plaque-le !

- Plaque-le !

- Qu'est-ce que tu fais ? Vas-y ! Alors !

Allez, vas-y ! - Allez, Félix ! Viens par là !

- Oui, oui ! - Donne la balle !

- Tu peux y aller !

Vas-y !

- Ouais ! - Ouais, c'est bon !

Klaxon et cris

- C'est sympa de nous ramener.

- De rien.

- Désolé pour les sièges, on n'a pas pu se changer.

Les gars, une petite chanson ? - OUAIS !

Chauffeur, si t'es champion

Appuie, appuie

Chauffeur, si t'es champion Appuie sur le champignon

- Ca va ! Ca va bien !

Ils m'ont pourri la voiture avec leurs crampons !

- Moi, je pue le poney. On fait pas ça tous les mercredis.

Tu vas y laisser ta peau. - Et toi pareil !

- T'as 10 ans de plus, n'oublie pas. - Je ne risque pas de l'oublier.

- Les Alliot nous l'ont dit :

"On dit oui une fois, c'est mercredi tous les jours".

- T'as raison !

- Pourquoi c'est fermé ? - On est en retard !

- Mais non ! Oui, bon...

- C'est 8h30, Mme Poujol.

30 pas 40 !

- Oui, je sais. Je suis désolée.

- C'est pas comme si c'était la première fois !

C'est comme ça chaque matin.

Imaginez si tout le monde était aussi peu rigoureux que vous.

- Oui ! Pardon. Vraiment pardon.

Vous pouvez ouvrir ? Je vais être en retard au travail.

- Non, non. Je suis désolée.

Pas cette fois. Pas aujourd'hui, Mme Poujol.

- Ah... D'accord...

Félix, Juliette,

allez plus loin. Maman va discuter avec la directrice.

Le ton va sûrement monter.

Du coup, maman risque de dire des gros mots.

Et maman veut pas que vous entendiez. D'accord ?

Un peu plus loin !

Là, vous entendez tout.

Euh...

Mme Lerny. - Mme Poujol ?

- Ecoutez, je comprends

qu'il est de votre responsabilité de faire respecter le règlement...

Et pour cela vraiment,

vous faites de votre mieux. - Merci.

- Sauf qu'au moment où je vous parle, je fais aussi de mon mieux.

C'est-à-dire que quand je me réveille le matin,

je lève mes gamins, ensuite je nourris mes gamins,

j'habille mes gamins, je prépare mes gamins.

Et moi ? Pour moi ? Elle fait quoi, pour elle, Mme Poujol ?

- Je sais pas.

- Elle ne fait rien ! Et non, elle fait rien ! Ah ah ah !

Non, elle fait rien. Elle n'a pas le temps !

Pas le temps de pisser, de se maquiller, de boire un café !

Et la plupart du temps, de me doucher !

Là, au moment où je vous parle, j'ai les cheveux sales.

Moi, les cheveux gras, ça n'est pas ma passion.

Donc au lieu d'emmerder les honnêtes mères de famille comme moi

pour 6 min de retard... Vous me dites 8h40,

mais non, non ! Je suis arrivée, il était 8h36.

Et là, je dois parlementer avec vous pendant 4 min,

donc maintenant, oui, il est 8h40 !

Je vous suggère donc cette petite chose :

c'est d'être un peu souple, compatissante, conciliante

et d'admettre mes enfants dans votre école.

A mon avis, ça devrait être possible, Mme Lerny.

- Mme Poujol, vous n'avez pas non plus le temps d'écouter les infos.

Vous voyez là, l'école est en grève. - Ah.

- Je peux pas accueillir vos enfants.

Voilà !

- Merci de cette information.

- Mais de rien. Bonne journée,

Mme Poujol.

- Euh... également.

Bravo ! C'est vraiment le moment, Arnaud.

Allez, Arnaud. Décroche !

Arnaud, c'est moi. C'est la merde. Rappelle-moi.

- Maman. Gros mot.

- Oui, gros mot.

- Oui, je sais ! Gnagnagna...

Mais, avance, toi !

Oh ! Alors... Klaxon

*- La France manifeste. Des rassemblements sont attendus,

des opérations escargots et des risques de bouchons

Nous vous informerons de l'avancée des manifestations

et des conditions de circulation dans nos éditions.

C'est aussi la grève dans l'Education nationale.

Les professeurs protestent contre le gel des salaires annoncé.

Certaines écoles seront fermées. Les parents doivent s'organiser.

Les agriculteurs sont aussi...

Son portable sonne.

- C'est Cécile.

- Tu réponds pas.

- Je réponds pas. - Non !

- Ah non !

- Non, tu réponds pas. - Non ! Je réponds pas.

- Merci mon petit Arnaud, t'es adorable.

La technologie, c'est pas de mon âge.

Je te dois combien ? - Je vous fais pas payer pour ça.

- Tout travail mérite salaire. - Non, je vous assure.

- Combien ? - Non, rien.

C'est encore Cécile. - Vas-y !

- Allô, chérie ?

Là, je suis chez une cliente. Je... La grève ?

Ah ! Euh... OK...

Alors... Je... J'ai encore des rendez-vous donc...

Euh... Ouais... Je...

Et si tu demandais à tes parents peut-être...

T'énerve pas comme ça, ma chérie ! Allô ?

- Un petit thé, Arnaud ?

- Non, j'ai des rendez-vous. Il faut que j'y aille.

- Tu veux pas de mon argent, tu veux pas de mon thé...

Tu vas me vexer, mon petit Arnaud !

Popi couine.

- Tu vois ! Même Popi veut rester.

- Bon, si Popi veut rester... Mais rapide, alors.

Un aigle crie.

...

- Maman, ici, c'est quoi ton travail ?

- Mon travail, c'est... Oui, bon, je t'expliquerai.

- Pfff ! C'est moche !

- Bonjour, Mme Lecaire. Bonjour, Mme Maurice !

- Bonjour.

C'est ma belle-fille.

Mais si je vous assure.

- Les enfants... - Je peux avoir du rouge à lèvres ?

- Juliette... Oui, un peu.

- Moi aussi !

- Toi aussi... Maman doit aller dans la pièce d'à côté.

Vous, vous restez là. Là-bas, c'est pas pour les enfants.

C'est compris ? Vous restez ici. - OUI, MAMAN.

Jean-Louis ? - Yep !

- Oh !

- Monsieur Lançon nous a quittés hier.

C'est la "lançon" de la gloire.

- Ah, ah. Ils viennent le chercher quand ?

- Cet après-midi.

Tu devrais être contente, ta grand-mère peut prendre sa place.

Je veux dire, sa chambre.

- Tu sais que c'est interdit de fumer ici ?

- Tu sais que c'est interdit aux enfants ici ?

- Hein ? - Là !

- Je vous ai dit d'attendre dehors. - Il est mort, le monsieur ?

- Le monsieur ? Euh...

Disons qu'il a eu un petit coup de pompes...

funèbres.

- Hé, maman ?

On viendra au travail avec toi quand Patou et Manou partiront ?

- Non. Patou et Manou sont en bonne santé, ne t'inquiète pas.

Ils partiront pas tout de suite. - Il est bizarre, ton travail.

- C'est pas faux.

- Regarde, elle est bien celle-là !

- Ah oui, oui. - Hein ? Ah j'aime bien...

- On peut même y tenir à deux ! - Ah...

- Hm... - T'es plus dépressif, là ?

- J'adore les douches.

- Oui, t'aimes les douches. Je sais que t'aimes... Arrête !

- Quoi ? - Arrête. Y a Olivier.

- Oui. - Ah... Alors, Olivier ?

On la trouvera au Portugal, cette douche ?

- Bien sûr. Et encore, ça sera moins cher.

Avec Olivier, tout est cadré, tout est organisé.

- Mais avec Olivier, combien ça va nous coûter ?

- Le cherche pas.

Il a dit "moins cher". - On sait pas.

- Oui. Bon alors, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Je commence par la bonne ?

- J'ai fait visiter la maison ce matin, 2 fois.

- Ca, on sait, on était là.

- Ca, c'est vrai ! - Bon alors !

C'est quoi, la mauvaise ?

- C'est...

C'est votre... C'est votre dé... - Qu'est-ce qu'il dit ?

- C'est la déco.

- Quoi, notre déco ?

- Chez vous, le temps s'est arrêté en 1986.

- Oh !

- Faut pas exagérer ! - C'est pas moi qui le dis.

C'est les acquéreurs potentiels, mais j'ai la solution.

Parce qu'avec Olivier, on vous laisse pas tomber.

Vous vous souvenez, le mois dernier,

votre voisin a vendu sa maison 10 % de plus que le prix du marché,

en moins de 3 mois.

Pourquoi ?

- Il avait un bon vendeur. - Marilou.

- Ils ont fait du "home staging".

- Du quoi ? - C'est un truc de jeune.

- Et qui fait le "home staging" ?

Léa.

- Ah non ! Pas la quiche.

- Elle est bonne.

- Ah oui !

- Elle a du talent.

- Voilà.

Son portable sonne.

Son portable sonne aussi.

- C'est Cécile.

- Nous aussi, on est en grève. On peut prendre une douche.

- A un moment, va falloir répondre.

- Après la douche. - Hé...

- Il m'énerve, lui, alors !

- C'est un problème. - C'est un problème.

-Je vous avais prévenus. Ca commence plus tôt que prévu.

- Il faut faire vite. On n'a pas donné signe de vie depuis ce matin.

- On n'ose plus répondre, quoi. - On sait pas quoi répondre.

- On peut pas dire : "on veut pas des gosses", on les adore.

- On les adore. - Oui.

- Mais vous avez pas envie de passer votre retraite au parc

et de manger des coquillettes-jambon.

- BEN NON !

- BEN OUI !

- Il a travaillé toute sa vie.

- Oui. - Il a le droit d'en profiter.

- Oui.

- On sait jamais ce qui peut arriver.

- BEN OUI !

- Nous, au début, on a paniqué.

Mais on a su trouver la solution.

Le plus important...

C'est...

C'est quoi ?

- C'est de remplir son agenda.

- Et tu charges. Tu charges ! - C'est le b.a.-ba.

- D'accord, mais là, on dit quoi ? - Oui. On dit quoi ?

- Il faut quelque chose de fort, qui va la culpabiliser.

Euh... Fort,

mais crédible.

- Fort, mais crédible.

- Moi, je sèche !

Brouhaha

...

- Tout va bien, Mme Rangeon ?

- Très bien.

- Bon appétit !

Bon appétit !

M. Pornichet, ça va ? Tout va bien, Mme Lecaire ?

- C'est excellent.

Ce sont des croquettes de poisson ou de poulet ? On arrive pas à dire.

- Euh... Ca, ce sont des croquettes de poi... De pou...

De poulet. De poulet ! - Ah bon ?

D'accord ! Merci.

C'est ma belle-fille.

- Souleymane ? (Il a un accent.) - Oui ?

- Les croquettes, c'est du poisson

ou du poulet ? - C'est un peu des deux.

Y avait des restes d'hier. On n'allait pas jeter.

- On avait dit qu'on arrêtait ça.

- C'est vrai. C'est interdit...

- Voilà, oui !

- Cécile ! Cécile ! - Oui, quoi ?

- Ecoute celle-là. C'est rigolote !

Il rit.

Une pépé

et une mémé vont se coucher.

Mémé dit : "Chéri, qu'est-ce que tu fais ?"

"Je me lève les dents." - Je me "lave" les dents.

- "Je me lave les dents."

"Mon chéri, tu peux laver les miennes aussi, s'il te plaît ?"

- Euh...

Souleymane,

ces blagues aussi, on arrête.

Son portable sonne. - Oui...

- C'est ma mère. Elle va m'entendre !

Allô !

Merci !

Il était temps ! Depuis ce matin, j'essaie de vous appeler !

Félix et Juliette ont passé la journée ici.

Arnaud les a pris il y a 1 h !

Franchement, maman,

c'est un endroit ici pour garder des gamins ?

Mais... Quoi ? Non, attends !

Attends, qu'est-ce qui se passe ? Mais il va bien ?

- C'est-à-dire que le haut va bien.

Mais c'est le bas qui cloche.

- Le bas ?

- On a passé la journée à l'hôpital.

- Quoi ?

- Bon, ma chérie,

il veut pas qu'on en parle,

alors je sais pas si je peux te le dire.

Mais ton père...

Tu le gardes pour toi, hein ? Voilà !

Mais ton père, justement,

il arrive plus à garder.

- Mais garder quoi ?

- Il retient plus rien.

Il a fallu faire un tas d'examens. Et tu sais comment il aime ça.

Mais ma Cécilou, l'incontinence...

(- Ah non !)

Je t'assure,

je la souhaite à personne.

C'est une horreur. (- Non, mais enfin !)

- C'est pour ça qu'on n'a pas pu te répondre. Je suis désolée.

Il veut pas qu'on en parle.

En même temps,

franchement, ma chérie, on le comprend.

Il a besoin de garder au moins sa dignité.

- C'est ça ! Sa dignité, mon cul, oui !

- Je raccroche, ton père me demande la bassine.

Je t'embrasse. - Non !

Ca vous fait rire, vous ?

Pourquoi t'as pas dit que toi, t'as besoin de couches ?

- Chéri, faut que ce soit un minimum crédible, quand même.

- Ben tiens !

- Fort ! - Et crédible !

- Gnagna !

- Ben oui.

- Alors là, Marilou ! - Bravo !

- C'est vrai ? C'était bien ? Bon, j'ai...

Ca va, chéri !

- Tiens !

Ca va !

- Oh, mais je fais ça pour nous, chéri !

- Oui ! C'est pas toi qui... Dis donc !

Ca va bien !

- Ouais ! - Vas-y, Félix, saute !

-Oh, j'ai perdu...

- Allez, va plus vite, Félix !

Ouais ! Vers la gauche.

Allez, attention ! Saute !

Elle gémit. Oh, t'es tombé.

- Putain de skate ! Elle grogne.

- Attention, Félix ! - Oh, oh !

- Hé ! Ca va, ma chérie ?

- Ne me dis pas que tu dormais.

- Non, non. Je cherchais, euh... Ca va ?

- Popi dégage du canapé.

Popi couine.

C'est quoi, ce bordel ?

Popi aboie. Et assis !

Non, je parlais au chien.

Ils ont fait leurs devoirs ?

- Je crois. - On avait une page de lecture.

- Félix, tu fais quoi, déguisé en grenouille ?

- C'est papa qui m'a mis ça.

C'est un dragon.

- Ca se voit.

Y avait plus de pyjama.

- Je l'ai lavé ce matin.

- Il était mouillé.

- On a un sèche-linge.

- Tu m'as pas laissé de petit mot...

- Mais de petit mot de quoi ?

Tu prends le linge mouillé, tu le mets dans le sèche-linge

et ça sèche le linge !

- Ah ouais...

- "Ah ouais" !

Bon, les enfants, arrêtez de jouer et vous allez au lit.

- On n'a pas mangé !

- Tu les as pas fait manger ?

- Ben, on t'attendait...

- T'as perdu.

- Les enfants, allez vous brosser les dents.

- On a pas mangé !

- Eh ben, vous allez là-bas, faire des trucs.

Elle soupire.

- Allez faire des trucs.

Sinon tu as passé une bonne journée ?

- Arnaud, j'en peux plus, là.

- Euh... Comment ça ? - J'ai l'impression

d'avoir trois gosses. - Ah ben...

- Non, non !

J'ai besoin d'aide, que tu sois un père, un mari,

ou a minima que tu sois un adulte, tu vois !

Et déjà ce serait bien. - Je vais... Vraiment... Je...

Je te promets de faire un effort, vraiment.

Je vais faire à manger.

Maintenant.

Il ouvre un placard.

Il ferme le placard.

Ma chérie ?

Bolo ? Carbo ?

- Arnaud ?

C'est quoi, ce papier de la banque ?

- Mon chéri ?

Regarde ! J'ai reçu mes "Liberté" !

Je les ai eus 650 sur eBay.

Je peux les vendre au moins 1 000. Et mon chéri...

Qu'ils arrivent aujourd'hui, c'est un signe.

Li-ber-té !

- C'est bien, c'est des timbres, quoi !

- Je sais même pas pourquoi je t'en parle.

On sonne à la porte. C'est qui ?

- A cette heure, ça n'est pas le bourgmestre !

- Pfff ! Non, mais...

Arnaud ?

Qu'est-ce que tu fais là ? - Bonsoir.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'as crevé ?

- Non. Non, non, euh...

Cécile nous a foutus à la porte, Popi et moi.

Popi couine.

Euh... - Oui, vas-y. Et ?

- Euh... - Hm ?

- Oui ?

Elle... Elle me supporte plus.

- Oh, mais quelle surprise ! - Hé, Marilou !

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Rien.

J'ai eu un petit incident bancaire.

On est interdit bancaire. Le cadeau de Philippe n'a pas aidé.

- Dans 2 sec, ça va être ta faute ! - Tu sais, Arnaud,

parfois une petite pause, ça fait du bien.

- C'est pas une petite pause. Elle dit que c'est fini.

A chaque petite dispute, Cécile devient historique.

- On dit hystérique. - Non, historique.

Elle me ressort les vieux dossiers. On allait fêter nos noces de laine !

- Noces de laine ? C'est quoi ça ?

- 7 ans !

C'est un chiffre magique. L'âge de Popi.

- Pfff !

Tu veux qu'on te conseille un hôtel ?

- J'ai pas les moyens en ce moment.

- Mais t'as pas d'amis ? - Si.

Vous.

- Hm... - C'est pour ça que je suis là.

- T'as bien fait de venir.

Hein, il a bien fait de venir ?

- Et ta mère ? Pourquoi tu vas pas chez ta mère ?

- Elle habite Nice, c'est loin. J'aimerais pas lui briser le coeur.

- Le nôtre, c'est pas grave !

- Et je veux pas m'éloigner de mes enfants.

- Arnaud, franchement, on t'aurait bien aidé, mais...

- Attends ! Tu nous excuses, Arnaud ?

- De quoi ? - Viens, Marilou. Viens !

- Hein ? Mais de quoi ?

- Il faut bien quand même ! Alors ? Y a un moment...

- Tu es incohérent.

(- On peut pas le laisser partir. Le pauvre a pas l'air bien.)

(- Ca va, on n'est pas ses parents.)

(Cécile va mal le prendre. Il sera bien chez sa mère.)

(- S'il va à Nice, qui ira chercher les gosses à l'école ?)

(- Ben, Cécile.) (- Non, c'est nous.)

(Qui les gardera pendant les vacances ?)

(Cécile est une femme indépendante. Elle s'en est toujours sortie seule)

(mais elle a pas encore 4 bras.) (- J'ai tout compris.)

T'as raison, tu peux pas briser le coeur de ta maman.

- Oui, tu es le bienvenu ici.

- C'est vrai ?

- Cécile va revenir à la raison.

Elle s'emballe et elle finit toujours par regretter.

- Je lui donne 2, 3 jours, grand max.

- 3 jours ? Alors 2 jours !

- Je savais que je pouvais compter sur vous.

Vous avez le coeur sur la main.

- Oh, c'est... - C'est naturel.

*Martin parle en portugais.

...

- Notre fils parle bien espagnol. - C'est du portugais.

- C'est pareil.

Popi aboie. Qu'est-ce qu'il fait là, lui ?

- Il a l'air de bien nous aimer.

- Il va bien nous aimer dehors. Vas-y, sors-le !

- Bon, allez.

Allez, Popi, on s'en va. Allez ! Popi couine.

Allez, viens.

Allez ! Allez, garçon. Viens. Voilà...

Popi aboie.

- Il t'a mordu ?

- Non, mais j'ai eu peur.

Popi couine. Allez, viens ! Allez... Dis donc !

- Je t'avertis, il ne dort pas dans la chambre.

- Il n'en est pas question.

Philippe ronfle.

Popi couine.

Marilou et Popi couinent.

"Et ainsi, nous pourrons repartir..."

"Nous pouRRons repartir

"sur des bases saines et solides."

Tu termines avec "Tu me manques."

- "Tu me manque."

Je sais pas comment vous remercier.

- En mettant un "s" à "manques". Elle déteste les fautes, comme moi.

- Vous donnerez la fleur aussi ?

- Donne-lui toi !

- Franchement, c'est mieux si c'est vous.

Vous y allez installer Mamiline. Ca sera l'occasion.

Vous pourrez faire ça ? - Oui, on pourra.

- Donc ce matin, on va faire une activité...

Jeu !

Tout le monde est là ?

Oui, M. Pichon ? - Ben non, il manque M. Lançon.

- Ah oui... Forcément !

- Bonjour. - Bonjour.

- M. Lecaire, bonjour. Que me vaut l'honneur de cette visite ?

- Je suis venu voir ma mère.

Je voulais m'entretenir avec vous à son sujet.

- Oui, bien sûr. Très bien. Allez-y. Rentrez, je vous en prie.

Monsieur Lecaire ! - J'ai envie de toi.

- C'est quoi, ces fleurs ? - C'est romantique, non ?

Cécile, viens chez moi ce soir.

- Non. Pas ce soir, j'ai mes enfants.

C'est pas le moment, je viens de quitter Arnaud. Je suis sous l'eau.

- Tu l'as quitté pour moi, je sais. - Non, Daniel.

J'ai craqué pour toi, oui, mais je l'ai pas quitté pour toi.

Là, j'ai besoin d'être seule, de prendre du temps pour moi

pour faire la part des choses.

Tu comprends ? Non, tu comprends pas.

- Mais si, bien sûr, je comprends.

Je serai patient.

On frappe à la porte.

- Assieds-toi vite. Assieds-toi vite.

Mais non, c'est nul. C'est nul !

Entrez !

- Nous voilà !

- Ah, Mamiline !

Monsieur Lecaire, je vous présente ma grand-mère.

- Bonjour, madame.

- J'arrive tout de suite.

Bon, M. Lecaire. Merci de votre visite.

Concernant votre maman,

n'hésitez pas à revenir me voir pour me...

Je vous raccompagne.

- Mesdames, monsieur. - Monsieur.

- Mamiline ! - Ma petite-fille !

Tu es particulièrement radieuse

aujourd'hui, ma chérie ! - Ah. Euh...

Merci !

- Sûrement ton rouge à lèvres qui te rend si resplendissante.

- Maman, tu veux pas t'asseoir ? Tu te fatigues, là.

- En ce moment, il veut m'asseoir tout le temps.

- Tu sais comment il est. On va t'installer ?

- C'est plus tout jeune, mais tu vas être bien.

- C'est pas le grand luxe, mais c'est une chambre spacieuse.

- C'est parfait. Je ne suis pas là que pour me reposer.

Je vois bien que tu es débordée.

On va faire des petits aménagements dans ta maison de retraite.

- Mamiline, on vous laisse vous installer.

On y va. Viens, Cécile. On voudrait te parler.

- Je viens te chercher ce midi. - Oui.

- Tu veux que je t'aide ?

- Non. Vas-y, mon grand ! - Allez...

Au revoir.

A demain, maman.

- J'arrive pas à croire que Mamiline n'a plus que...

- Oh, moi non plus.

C'est terrible, terrible.

- Je trouve qu'elle a bonne mine

pour quelqu'un qui va...

Non... Et tant mieux. C'est mieux si elle part en forme.

- Vous vouliez me dire quoi ?

- Ma chérie, on voulait te parler d'Arnaud.

- Vous m'avez pas dit qu'il était chez vous !

- Comment tu le sais ?

- Comment elle sait ?

- C'est Mamiline, elle sait tout.

- Non, là, justement, elle sait pas tout.

On peut pas dire...

- Bon, on a quelque chose pour toi.

- Ah oui ! C'est une lettre.

- Et ça vient avec ça. - C'est gentil, hein ?

Il est désespéré. Je t'assure, il est au fond du trou.

- Oui, il est au fond du trou.

- Voilà ! Même Popi déprime.

Ecoute, ma chérie, il est beau, il est gentil. Que veux-tu de plus ?

- Que veux-tu de plus ?

- Vous lui avez dicté la lettre ? - NON !

- Si, l'accord du participe passé

quand le COD est avant l'auxiliaire avoir.

Vous lui avez dicté.

- Moi, j'ai besoin de prendre de la distance avec lui.

Je suis très en colère contre lui.

A cause de ses conneries, je suis dans le rouge.

Et je ne compte pas

la nounou chaque soir !

- Pourquoi tu prends pas Arnaud comme nounou ?

- Je sais pas !

- Enfin, c'est leur père ! C'est mieux qu'une baby-sitter.

- Bien sûr ! Allez, ma chérie, il faut qu'on y aille.

Prends Arnaud comme nounou. Je t'assure, ça va bien passer.

- Ca va bien se passer. Fais-moi confiance.

- Viens, chéri. - Attends, maman. Viens.

Non. Toi, non.

Pour papa, c'était à M. Lançon. Donc autant que ça serve.

- Oh ma chérie, alors ça... C'est tellement gentil !

Ma chérie, c'est adorable ! Je vais...

Tiens, une petite attention de ta fille.

- Ah oui ? - Oui.

- C'est quoi ?

Ben oui, alors d'accord ! Alors oui !

Ben non ! - C'est gentil. Elle pense à toi.

- Tiens-moi ça, je passe aux toilettes.

- Ah, tu vois !

Ca commence comme ça !

- Je vous présente

Line Blanchot, notre nouvelle arrivante !

On l'applaudit. Allez !

- Va falloir que ça bouge plus que ça.

- Le déjeuner va arriver.

Cécile ! Ca m'a fait penser...

- Ca me fait penser.

- Penser à une blague rigolote.

- Ah oui ? Mais non.

- Non ?

- Ma Cécilou, moi aussi, j'aime les blagues rigolotes.

- Ben je vous laisse.

- A tout à l'heure !

Enchanté, madame.

La porte claque.

- Eh ben !

- Qu'est-ce qu'il fout là ? - Popi, où est ton maître ?

- Vous êtes déjà là !

Il toussote.

Madame, monsieur, la maison Poujol est heureuse de vous inviter

en guise de remerciements. Je vous débarrasse de vos manteaux ?

- Merci. On va se débrouiller. - Merci. On va se débrouiller.

- Comment a réagi Cécile à la carte ?

Elle était : "Oh la jolie carte !" ou "Oh..."

- Ne t'inquiète pas, tout va s'arranger.

- OK.

Popi aboie.

- Dis donc, il est à moi, ce noeud papillon !

J'ai toujours bien aimé Arnaud.

C'est vrai, il est poli.

Il est serviable.

Pour moi, c'est le gendre idéal.

Et voilà ! J'espère que ça vous plaira.

En tout cas, c'est fait avec amour.

Animelles à la ravigote sur son jardin de brocolis.

- Magnifique, mais c'est pas dans la liste.

- La liste ? - Ah oui.

Marilou a une liste diététique pour manger sainement

et rester en forme.

- A son âge, faut faire attention. Tu n'as pas trop salé ?

(C'est pas bon pour son coeur.) - Non, non.

Madame,

monsieur, je vous souhaite un bon appétit.

- Alors !

Voyons voir...

Hum ! Délicieux !

La texture est un peu...

... particulière. Très bon. Tu goûtes, Marilou ?

- Oui, je goûte.

C'est vrai, c'est bon. Bravo.

C'est bon. Alors tu vois,

on peut faire un excellent repas sans protéines.

Pour toi, le soir, y a pas mieux. - Au risque de vous décevoir,

il y a des protéines. - Ah bon ?

- Je pensais que c'était des gros champignons de Paris.

- Oui, des champignons de Paris.

- Ouais.

- C'est le condensé d'animal et de lamelle : animelle.

C'est des rognons blancs,

des testicules d'agneau coupés en lamelles.

- D'accord.

Ouais... Bon.

Hum ! Mais c'est une merveille, ce vin !

- Haut-Brion 2009. - Là, ça peut c'est sûr.

- Tu l'as trouvé où ?

- Dans votre cave.

- Putain, mais qu'il est con !

- Dis donc !

- Ca fait 10 ans que je le fais vieillir

et tu nous le sers comme ça ?

- C'est pas un drame. Fallait bien l'ouvrir un jour.

Ecoute, on se régale. Vraiment, c'est...

C'est délicieux. Le vin est formidable. Bravo, Arnaud !

- Et vous avez vu ?

J'ai fait du ménage aussi.

Et j'ai posté les lettres dans l'entrée.

- Ah ! - Y avait des timbres à côté.

- C'est mes "Liberté" ?

Il a posté mes "Liberté" ?

Hein ?

Mais c'est...

Tu te rends compte qu'il les a postés ?

- Oui. Bon allez, Olivier.

- Voilà, j'ai pas mal d'offres

à vous proposer.

C'est des maisons de prestige. Le mieux, c'est d'aller sur place.

Vous êtes plus trop pressés.

- C'est vrai. - Mais si, on est pressés.

- Je croyais que vous attendiez

que Mamiline... Vous vouliez plus partir avant elle.

Je veux dire...

- On est pressés d'être prêts. Tu comprends ?

- Il a pas compris.

- Ah si, si, si.

Si vous voulez pas vous déplacer, je peux vous faire visiter ici.

En France.

- Ah oui ?

Tu veux nous faire visiter une maison au Portugal en France ?

- Il a pas compris !

Popi couine.

Bips

- Ce chien m'énerve, Philippe.

Beaucoup.

...

Puisque que je vous dis que c'est le chien.

- Hein ? Ben on va lui prendre sa tension à lui aussi.

Passe-moi l'adaptateur canin !

- Le point commun entre un corbillard et de la mayonnaise ?

Ils accompagnent de la viande froide.

Sonnerie Je crois que c'est prêt.

Ah !

Hou !

Souleymane, tu m'en diras des nouvelles. Ils vont adorer.

Y aura plus de restes

à leur refiler demain. - Line, vous êtes formidable.

Vous savez Philippe,

c'est gentil de venir chaque jour voir votre délicieuse maman.

- Ben... On a qu'une maman !

Faut la chouchouter.

Malheureusement il faut que j'y aille. Marilou m'attend.

Allez, au revoir, maman. - Au revoir, mon grand.

Je suis content que tu sois bien ici.

A demain. - A demain.

- Au revoir, maman.

Au revoir, Souleymane.

- Tiens, goûte ça.

- Voilà, c'est fini.

- C'est très joli.

Line, je suis thanatopracteur, pas coiffeur !

- Jean-Louis, tu travailles pas tous les jours !

Et heureusement d'ailleurs.

Alors ça va t'occuper et tu vas faire des heureuses.

- Vous voulez que je les maquille pendant que j'y suis ?

- SI !

- C'est une excellente idée !

- Qu'est-ce qui se passe ici ? Vous avez fait quoi ?

C'est quoi, ce rassemblement ? - J'ai convaincu Jean-Louis

de ne pas attendre notre mort pour nous faire belles. C'est pas bien ?

- SI !

- Oui, mais pas dans une morgue, quand même ?

- Maintenant, c'est un salon de coiffure !

Ma Cécilou, t'as l'air toute tendue.

- J'ai l'impression que tout foire dans ma vie.

Je sais pas si c'est autour de moi que ça déconne

ou si c'est moi qui fais tout de travers,

mais là, je me sens seule.

- Je suis là, moi. Toujours.

Pas toujours, mais tant que je serai vivante,

tu pourras compter sur moi.

- Mais t'arrêtes de dire des choses comme ça, toi !

- Ca va, papa ?

- Ouais.

Ca va. Popi couine.

Allez, je vais y aller.

- Pourquoi tu restes pas ?

Tu veux plus vivre avec nous ? - Bien sûr que si.

C'est un peu compliqué en ce moment avec maman.

- Pourquoi ?

- C'est des histoires de grands.

Vous inquiétez pas, je vais revenir.

- Papa, je veux que tu reviennes.

- Oui. De toute façon, maman est jamais là.

- Avec elle, on voit des morts et on dort pas bien après.

- Quoi ?

- Tu dors chez Patou et Manou ?

- Oui. C'est quoi cette histoire de morts ?

- Quand Patou et Manou seront plus là,

tu vas dormir où ? - On n'a pas le droit de le dire.

- Patou et Manou vont très bien. Ils sont en pleine forme.

La porte d'entrée claque. Allez ! Ca, c'est maman.

Allez, faut dormir.

Tu arrêtes de penser aux gens morts. Demain, y a école.

Viens là. Tes petites lunettes...

Hop là.

Allez, bisou, mon grand. Je vais voir maman.

Salut.

- Bonsoir.

- T'as bien eu ma petite carte ?

- Ouais, ouais. Tu peux les garder demain aussi ?

- Oui, pas de soucis. - Merci, c'est gentil.

- Dis, Félix m'inquiète un peu. Il parle beaucoup de la mort.

- Ben, c'est l'âge. Bon allez, je vais les voir. A demain.

Bonjour, mes amours. Vous avez passé une bonne journée ?

- BONJOUR, MAMAN.

- Ca a été, ma puce ?

- Maman, tu l'aimes encore papa ?

- C'est surtout toi que j'aime. Notification de message

Et Félix aussi. Allez, c'est l'heure d'aller se coucher.

Au dodo. Allez, bisous. A demain !

- BONNE NUIT, MAMAN.

*- Oh là là là !

Mon cher Harold, c'est une grosse déception.

On s'achemine vers une sévère défaite...

Son portable sonne.

- C'est Cécile ! - Ben réponds.

- A cette heure, elle a un truc à demander.

- Mais non, tu vois le mal partout.

C'est sûrement pour dire qu'elle garde Arnaud.

- Tu crois ?

Allô, ma chérie ?

Quoi ?

T'as reçu un message d'Arnaud ? Il ne veut plus garder les enfants ?

(- Oh putain !) - Mais...

Tu sais pas pourquoi ?

C'est pas possible ! Y a un malentendu.

Il va venir demain, chouchou. - Mais oui.

- Non ? (Il est malade ou quoi ?)

(- Oui, il est malade !)

- Hein ? Nous, demain ?

(- Ah non !) - Attends, euh... Non.

Nous, demain, on a truc. Laisse-moi vérifier sur le calepin.

(Trouve un truc !) - Dis qu'on est aux Restos du coeur.

- Elle sait qu'on est pas pauvres !

- Mais non, pour aider !

Pas pour manger, enfin !

- Ah oui ! Non, ma chérie. Euh...

Tu vois, je savais... Demain,

avec ton papa, on va aux Restos du coeur.

C'est important d'aider son... - Très important.

- Non, c'est pas un endroit pour les enfants !

- Ah non !

C'est bourré de maladies ! - Voilà !

- Y a des poux. - Oui, ils vont attraper des poux.

Ah bon... - Ah ?

- D'accord, ma chérie.

Bon, ben, à demain !

- Quoi ?

- Indépendante, mon cul !

Elle nous amène les enfants à 17h aux Restos du coeur.

"C'est très pédagogique, ça va leur faire du bien."

*Martin parle italien.

...

Il est con dans toutes les langues, notre fils.

Brouhaha

...

Han ! Ben, merci, l'idée !

- Fais attention à ton sac.

- Cinq heures moins cinq.

Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour.

- Alors un sac ?

- Bonjour. On vient pour aider. On a hâte de commencer.

- Oui, mais là, c'est ma place.

- Non, c'est la pause. - Voilà !

- C'est votre pause. - Voilà. Allez !

- Bonjour. Je peux avoir des petits pois ?

- Bien sûr. C'est où, les petits pois ? Voilà.

Et vous n'oubliez pas :

5 fruits et légumes par jour. - J'y penserai.

- On espère pas vous revoir.

- Patou et Manou sont pauvres ? - Et donc ils partent Sénégal ?

- Manou en Afrique, la bonne blague !

- Merci... - Cécile !

Souris davantage !

Je vous mets ça, parce que c'est bon d'être gourmand.

- Ah, ben les voilà !

- Voilà.

- Bonjour. - BONJOUR.

- Je peux avoir des pains au lait ?

- C'est... - Et ils sont où les petits pains ?

- Derrière vous. - Voilà, très bien !

- Merci.

- Beaucoup de courage... - Au revoir.

Oh ma chérie !

Mes chéris !

BONJOUR, LES ENFANTS !

- Bonjour, Patou et Manou ! - Mes petits coeurs !

- Il vous faut ?

- De la ratatouille... - Bien sûr !

- Chérie, s'il te plaît, recule. Tu gênes tout le monde.

- Oui ! - Fais attention.

Voilà ! - Qu'est-ce qu'il faudrait ?

- C'est rigolo de vous voir là !

- On est là depuis ce matin. C'est fatigant, mais enrichissant.

- Ta mère est d'une générosité...

Beaucoup de courage !

Venez, venez. - Voilà.

Merci. - Formidable !

- Je voudrais de la sauce tomate. - Sauce tomate...

- Qu'est-ce qui s'est passé avec Arnaud ?

- Oui, il est revenu comme une loque.

- Oui ! Allez-y, madame ! - Oui, allez-y.

- Ca m'a fait de la peine. - Oui !

- J'en sais rien. Quand je l'ai croisé, ça allait.

Il m'a laissé la petite fleur de d'habitude.

- Nous, il a rien voulu nous dire. - Rien.

- Euh, bon...

On peut caler d'autres dates pour garder Juliette et Félix ?

- Ah...

- Ma chérie, on est tes parents, on adorerait t'aider,

mais franchement, on a plus une minute à nous.

Notre agenda est plein.

- Attends voir... - Ah !

- Là, on peut pas. Là non plus. - Non...

Peut-être la semaine d'après... - Je peux ?

- Non, mais dis donc ! - Ca se fait pas !

- Juliette, Félix, allez vous asseoir sur le banc.

Je voudrais parler à Patou et Manou.

Rien ! Que dalle ! Niet !

- J'ai tout dans la tête.

- Tu crois qu'on a le temps de tout noter ?

- Je t'ai dit ! On n'a plus une minute !

On va pas...

- Vous servez plus ?

- 2 sec, monsieur, on est occupés ! - Enfin !

- A quoi vous jouez ? Vous ici, c'est la blague de l'année !

Ah ah ! Comme si vous étiez capables de donner quoi que ce soit !

- On est très discrets là-dessus, avec ton père.

- Parle moins fort, s'il te plaît.

On est connus ici. - Exactement !

- Parce que vous connaissez ces gens ?

- Parfaitement. C'est même devenu des amis.

- De très bons amis. - Oui !

- Vous servez plus ? Ca bouchonne, là !

- Elle, elle s'appelle comment ?

- Oh ben, elle... Elle a un coeur gros comme ça.

- Oui. Oui.

Et donc, elle s'appelle ?

- Et t'es de la police ? - Ouais !

- Oui, tu sais pas !

- Mais bien sûr, je sais ! Enfin !

- Mais enfin ! - Hein ? Euh... Elle s'appelle...

Micheline ? - Non.

- Odette ?

- Non.

Ils sont arrivés il y a 5 min.

- Elle est drôle ! Elle a un humour. - Comme ça !

- Consternants.

Vous êtes consternants.

Si vous voulez pas les garder, je demande à mon nouveau mec.

Lui aussi est à la retraite et lui, il propose de les garder.

- Il est à la retraite ? - Mais il a quel âge ?

- 45 ans. C'est un sportif de haut niveau à la retraite.

- Ca veut dire qu'avec Arnaud, c'est fini, fini ?

Les enfants, on y va.

Vos grands-parents veulent pas vous garder.

- C'est pas vrai, les enfants !

On vous adore ! - Tous les deux.

- On reste pas avec Patou et Manou ? - Non, on y va !

- Je comprends plus rien !

- On comprend plus rien, maman !

- Y a rien à comprendre !

- On va y aller. On vous dérange pas plus longtemps.

- Vous restez pas ? - Non. Pour quoi faire ?

- Pour nous aider, tiens !

- Ah non, ça...

Au revoir, Micheline ! - Au revoir, Odette !

- Allez, à table !

- On est allés un peu loin, non ? - Non, ça va ! Mais tu la connais !

Elle s'énerve et elle regrette. Son rugbyman va la calmer.

- On fait quoi maintenant ?

- On dit au boulet et à son chien d'aller chez leur mère.

- Merci vraiment pour tout.

On était très heureux, Popi et moi, chez vous.

Ben, à bientôt. - Pas trop tôt.

Embrasse bien ta maman pour nous.

- D'accord.

- Tu vas nous manquer. - Surtout Popi.

- On était ravis de t'avoir chez nous.

- C'est vrai ? - Oui.

- Je sais pas si on a raison de le laisser partir seul.

Il avait son air triste.

- Non, il essaie de nous amadouer. Il fait comme son chien.

- Tant qu'il fait pas une bêtise.

Arnaud crie.

- T'en fais pas un peu trop avec lui, toi ?

- En attendant, la voiture ne couine plus.

- Tu vas voir, je suis sûre qu'il va rebondir.

- Vous avez appelé les pompiers ?

Musique céleste

...

- C'est super, hein, Philippe ? - C'est super.

- Elle est là. C'est la vôtre. C'est la maison témoin.

Imaginez, on est à 20 minutes de Porto.

Une petite bourgade en bord de mer.

En plus, il y a plein de Français, vous serez pas dépaysés.

- C'est très bien, mon chéri. - Très bien.

Klaxon

- Attention : cerise sur le gâteau, avec Olivier, c'est cadeau.

Voici M. Alves, l'architecte de votre maison.

On passe en direct : pas de mauvaise surprise,

on ne pense qu'à sa valise.

Et c'est moins cher.

- Olivier, il sait nous parler.

- Oui !

Klaxon

- M. Alves, ça va vous surprendre, mais on est allés à Ikea.

Des amis nous avaient dit d'y aller.

Effectivement, y a des choses formidables.

- Oui, formidables ! - On a tout repéré.

Et on voudrait les envoyer là-bas, mais c'est possible ? Par camion ?

C'est possible ?

(Avec un accent marqué) - Bou mé dites et mon cousin ba

à Ikea, Alfragide. Facile, près do Lisboa.

- C'est facile. Le cousin de M. Alves

va à l'Ikea à côté de Lisbonne.

- C'est qu'est-ce que je dis.

- Oui ! C'est ce que je lui dis.

Bon alors, justement...

Dans le catalogue, on a choisi...

La cuisine, on aimerait la "Tingue-ride".

- Tingueride-de ?

- Ou "Tingrid", les deux se disent.

Comme Ingrid avec un "T" devant.

- C'est yeroglif, ces noms Ikia !

- C'est clair !

Et alors, les robinets...

Alors là, on voudrait les "Torkmud"...

Ou "Torkmoude", je sais pas.

- Non, c'est pas "Torkmoude",

c'est "Ringue-chtar."

- Ah oui ! Oui, oui.

Oui, "Ringo Star."

- Comme ça prononce !

- Voilà, exactement. Enfin voilà.

On a tout coché. - Et pour les moures dla cousine ?

Ploutot quoi ?

- C'est la bonne question, là.

- De quoi ?

- Les murs de la cuisine : couleur ou blanc ?

- C'est qu'est-ce que je dis.

- Oui !

- Ah, les murs de la cuisine !

Oui, pardon ! Alors...

La cuisine, non, on avait dit un joli jaune poussin.

- Voilà. Jaune poussin.

- Démodé, jaune poussin.

C'est comme vous voulez.

- Non, mais...

C'est vrai que c'est démodé.

Ca se fait plus.

Non, blanc.

Oui, blanc. On préfère blanc.

- Et pou le sol, un parquet flotté ?

Il cogne sur la table. Ou carrelaige ?

Il cogne sur la table.

Carrelaige, moussieu Philippe !

- Carrelage, oui. Pays chaud.

Un pays chaud ! Ben oui...

- Combien mètres couri ? 40... Bon !

Je mets 45 au prix de 40.

Carrelaige toujours besoin et c'est pas plou cher.

- Oui. Là, vous savez nous parler, M. Alves.

- Depuis quand tu comprends le portugais ?

- Mais...

On discoute pas portugais, on discoute français.

- Enfin, M. Alves parle très bien français !

Enfin !

Tu vas le vexer, là.

Je crois que tu l'as vexé.

- Et si quelqu'un trouve tous les bons numéros,

j'enlève le haut !

- OH !

- T'es pas aux Restos du coeur ?

- Ah, arrête ! Je me sens tellement honteux.

C'est ta mère, elle a peur que je me fatigue.

Moi, ils me manquent, les petits.

- J'ai !

- Bravo, Mme Laroumet !

- On n'est pas bien, ici ?

- SI !

- Je vais vous dire, on est mieux que quand on était jeunes.

- OH OUI !

- Jeunes, on voulait toutes ressembler à Brigitte Bardot.

- OUI !

- Ben maintenant, ça y est. On lui ressemble !

- Elle est bonne, celle-là.

- Quelqu'un d'autre, le 22 ?

- J'ai ! - Bravo, M. Poyard !

Rires

- J'ai du mal à réaliser qu'elle va...

- Ah oui, non... Ca, c'est...

C'est terrible.

Terrible.

- Non, 5-1...

- 4. - Oui.

Notification de message

Elle fredonne.

...

La porte d'entrée claque.

- Chéri, dépêche-toi !

Ils vont pas tarder. Comment va ta mère ?

- Très bien. Je l'ai jamais vue aussi dynamique.

- C'est bizarre, qu'elle soit si dynamique...

- Oui. Notification de message

- C'est eux. Ils arrivent. C'est un couple avec 2 enfants.

Ils sont pressés, car ils attendent un troisième.

C'est bon pour nous, ça !

- Ils me plaisent déjà. On sonne à la porte.

- Ils sont rapides.

- J'y vais.

- Ah non, j'ai pas touché au collier !

- Ah non, non, non !

On vient pas pour vous cette fois.

Non, on vous ramène quelqu'un.

Popi couine.

- Ma... Ma... Maman !

- Je suis pas médecin, mais c'est moche !

- C'est pas un boulet, c'est un boomerang.

Tu le lances très loin, il revient. - C'est très inquiétant, son état.

- Ils l'ont gavé d'antidouleurs. Il sait plus où il habite.

- Oh si, il sait ! Sinon, il serait pas là.

- Il nous considère comme sa famille. C'est touchant.

On sonne à la porte. Les acheteurs !

- On en fait quoi ? - Faut pas qu'ils le voient.

- Et ça, c'est la salle à manger ! - Où on mange.

- Je vous avais dit. Il faut se projeter.

- On essaie...

On essaie. - Ca vous plaît ?

- Ca a son charme. Enfin, ancien, quoi.

- Et vous n'avez rien vu ! Attendez la suite parentale !

- Ah oui ! - Oui...

- C'est moche.

- Enfin, Tristan ! Excusez-le, hein.

- Tristan...

On ne dit pas forcément la vérité aux gens.

- Il a raison. C'est vieux et c'est moche.

- Tu vas pas t'y mettre !

Musique lointaine - C'est quoi ?

- C'est pas ton truc, là ? - Si, c'est...

- Ah, c'est... Pfff...

...

La porte grince.

"Pour le plaisir" Herbert Léonard

...

- Oh mon dieu !

- Maman, c'est un zizi ?

...

- Regarde pas, chaton.

- N'ayez pas peur. Il est très gentil, le chien. Très.

Tu pouvais pas mieux ranger ton truc ?

...

La porte grince.

C'est mon gendre. Il a eu un accident de voiture.

- Il est très gentil.

- Aïe.

La musique ralentit.

Et s'arrête.

- On va y arriver. Allez, on va pas se démotiver.

Avec Olivier, on ne vous laisse pas tomber.

- Avec Olivier, on a envie de se suicider.

- J'ai ici, la solution.

- Et on va l'avoir dans le fion !

- La solution, c'est Léa. Elle va retaper tout ça

et faire de cette maison, un coup de coeur.

- Je te préviens. Moi vivante,

la quiche touche pas à ma maison.

- Je n'ai rien dit. Elle ne sait pas que c'est pour la vendre.

Et donc c'est pour ça que Léa est là.

C'est donc pour rajeunir tout ça.

- C'est pas si vieux. Les meubles de mes parents ont de la valeur.

- Beaucoup de valeur.

- Hm, ouais...

Ouais... Tous mes clients "senior" disent ça.

Je sais pas.

Ca doit être la presbytie des yeux.

Ils voient pas que chez eux, c'est le Moyen Age.

- Elle est directe, mais elle fait des miracles.

- Mais qu'est-ce qu'il a le buffet de ma mère ?

- C'est un buffet. Ca existe même plus.

Rien que le nom fait maison de retraite.

- J'en peux plus. Je vais me la faire.

- Moi aussi !

Eh ben ! Tu dis rien ?

- Ben, tout à refaire !

- Plus on refait, plus la plus-value sera importante.

Et ça, c'est important.

- On est sur une très, très bonne nouvelle.

- Là, on l'a refaite il y a 2 ans.

Elle est nickel. - Y a 2 ans.

- Alors je sais qu'à vos âges, il se passe plus grand-chose ici.

Mais là, c'est pas possible !

Cette ambiance... On a envie de crever dans ce lit.

- Il se passe plein de choses ! Philippe, dis-lui !

- Ben oui, ça dépend ce qu'on entend par...

- Oh, Marie-Louise !

Le collier bipe. Votre collier ! Vous le mettez pas ?

- Cette fois, la tension est très basse.

Vous êtes fatiguée ?

- Très.

- Je suis contente que notre cadeau soit utile, Marie-Louise.

- Et voilà. - On avait dit un prix "famille"...

- Mais c'est un prix "famille" ! - Ah !

- Et la famille, ça n'a pas de prix, Marie-Louise !

Allez les garçons ! Clap, clap ! Au travail !

Brouhaha

...

- Pas donné, quand même. - C'est un investissement.

- On déduira ça du cadeau de naissance.

- Ah ! Salut, Arnaud. - Salut, Léa.

- On m'a dit ce qui t'était arrivé. C'est horrible !

- Elle lui va bien, ta robe de chambre.

- Pfff !

Le week-end prochain, il est dans le train avec son chien.

Ca aussi, ça lui ira bien !

Ah, vous êtes déjà là ?

- Pardon, t'étais occupée avec le Secours Catholique, Emmaus...

- J'aimerais bien, ma chérie. On peut pas aider tout le monde.

Bon, allez les enfants, rentrez.

(Non, pas toi !)

(Y a Arnaud.)

- WAOUH !

- Tu fais des travaux ?

- Hein ? Non, non. Chut ! C'est un petit secret.

- Vous faites des travaux ?

- Ah non ! C'est un petit... C'est vraiment trois fois rien.

Et alors ? Vous partez où,

avec Martin et Léa ? - En Normandie.

- Oh c'est bien ! C'est bien...

C'est ton rugbyman ? - Ouais.

- Oh c'est bien !

Oh c'est bien... C'est bien.

Oh c'est bien...

Voilà... Bon week-end !

- Le sac ! Les affaires !

- Ben oui, le sac !

- Euh...

Et bisous !

- Bisous !

La voiture démarre.

Félix !

- Alors tout s'arrange, finalement ?

- Oui. La maison est pratiquement finie.

Quasi vendue d'après Olivier.

Faut que je dise à la quiche d'accélérer un peu les travaux.

La maison au Portugal, signée ! - Ah !

- Et miracle, notre fille a un nouveau petit ami...

qui adore faire la nounou.

- Oh ! - Oh, oh, oh !

- Du coup, on commence à respirer.

- Eh ben, je suis fière de vous. Vraiment !

- Bravo. Bravo !

Et vous partez quand ?

- On attend de pouvoir l'annoncer et on part dans la foulée.

- Ah oui... Mamiline ? - Ben oui, c'est ça.

On peut pas partir avant son départ à elle...

- Moi, j'ai connu des gens mourants

qui mettaient 10 ans à mourir.

- Oui ! Oh oui !

- Faut que j'en parle à son médecin. Elle n'a jamais eu aussi bonne mine.

- C'est inquiétant.

- C'est inquiétant ?

- C'est inquiétant. - Inquiétant !

Elle soupire.

- Tu veux pas t'asseoir ?

- Une heure qu'on poireaute ! Pas un patient et on poireaute.

- Raison de plus pour t'asseoir.

- T'es toujours calme ! Moi, ça m'énerve.

Ah ! - Madame Blanchotte !

- Oui, mais on prononce pas le "T" à la fin.

- Oui, c'est "chot".

Blanchot.

Une horloge fait tic-tac. - Bon.

J'ai les résultats de vos tests.

Ils ne sont pas bons.

- Mais quels tests ? J'ai pas fait de test.

...

- Ah ouais !

Ah ben ouais, dites donc !

Effectivement, c'est pas vous.

L'horloge sonne.

...

Vous venez pour quoi ?

- Pour ma mère. Je suis très inquiet.

- Ouais, je vois.

Je vais vous examiner.

- Mais je ne suis pas sa mère ! On vient pour ma belle-mère.

- Oui. - Pardon, mais elle est où ?

- Non, elle est pas là.

- Comment je l'examine ?

- C'est Mme Blanchot. Vous l'avez vue il y a 2 mois.

- Madame Blanchot... - On vérifie qu'elle est malade.

Non, mais c'est parce que...

Elle a jamais été aussi en forme.

Du coup, on s'inquiète. - Oui.

- On comprend pas. - On comprend pas.

- C'est pas banal de s'inquiéter de la bonne santé d'un parent.

- C'est parce que je l'aime beaucoup. Philippe, dis-lui.

- Oui, oui. Elles s'apprécient beaucoup.

- C'est pour ça. Je m'inquiète

de sa bonne santé. - Bien sûr.

Vous n'êtes pas sans savoir que le secret médical m'interdit

de vous parler d'un patient sans son consentement.

Malgré tout, la question ne se pose plus.

J'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer.

Elle est décédée.

Et j'en suis désolé.

Elle soupire.

- Mais quel con, ce Gavotte ! Se tromper de dossier ?

- Moi, je suis content. Toi, t'as pas l'air contente.

- Si, je suis ravie, mais on aurait pu partir depuis si longtemps.

- Oui, mais je suis soulagé. - Oh... Moi aussi.

Je suis soulagée. Surtout pour toi. Parce que ça y est, tu sais !

On peut partir la tête haute. - Ah, tu crois ?

- Mais oui !

Ils fredonnent "Je vole" de Michel Sardou.

...

Ils fredonnent et gloussent.

...

Popi aboie. - Ah !

Attends, attends !

Oh... Popi couine.

Je te préviens, Philippe. Je ne fais rien avec le chien.

- Oh ! Même un peu, pour démarrer ?

On sonne à la porte.

Bon sang, mais c'est encore le bourgmestre !

Allez, viens, toi ! Viens ! Popi couine.

Bon, il vient pas.

- Oh ma chérie ! Mais...

- Qu'est-ce que tu fais là ? - T'es déjà rentrée ?

Il faisait pas beau ?

- Non, pas beau du tout.

- C'est terrible, le temps en Normandie.

- Mais non, mais c'est pas ça !

- Ben, viens ma chérie, alors.

- C'est pas trois fois rien.

- Si, ma chérie. - Allez, ma chérie.

Raconte. Qu'est-ce qui se passe ? - Qu'est-ce qui se passe ?

- Au départ, tout se passait très bien.

Les garçons faisaient du tennis et Léa,

elle m'a proposé d'aller faire du shopping.

Donc je suis allée faire du shopping.

Et là, je me suis rappelée que le shopping, j'aimais pas ça.

- Mais oui.

- Oh là là ! - Attends, c'est pas fini.

- Mais non papa, c'est pas fini !

Et...

Du coup, au bout d'une heure, je suis rentrée à la maison.

Et en fait, la maison était vide...

Musique angoissante

Et j'ai cherché les garçons partout.

Le vent souffle.

Musique romantique

...

- Qu'est-ce que tu as fait ? - Ben non, non.

Je me suis liquéfiée sur place.

...

- Liquéfiée...

- Je me suis faite piquer mon mec par mon frère !

- A mon avis, ça veut dire que Martin est...

- Ah ben oui !

Mais depuis quand Martin il est...

Parce que... J'ai rien vu, moi !

- Moi, j'ai rien vu l'un, rien vu l'autre ! Double rien vu !

- Oui.

- C'était sûr.

- Pourquoi ?

- Il travaille à la télé.

- Ah ben oui !

Mais oui ! - Et Léa, elle le prend comment ?

- Elle en sait rien.

J'ai dit que j'avais une urgence à la maison de retraite.

- On est à la case départ. On a perdu la nounou.

- Hm... - Ben oui.

- Hm... Hein ?

- Hm.

- Cécile ?

Qu'est-ce que tu fais là ? - Salut, Arnaud.

Rien, j'ai eu une petite dispute avec Martin.

(- Faut les rabibocher au plus vite.)

- Hein ?

- Hein ? - Oui !

"Reggae Night" Jimmy Cliff

- Tapis !

- Couche, couche ! - Je suis.

- OK...

Couleur !

- Merde ! - Full !

- Mais non ! - Line !

- Je vous ai encore plumés, mes petits !

- Vous fumez dans la cuisine !

Ben si !

- C'est le seul endroit où il n'y a pas de détecteur !

T'es pas en Normandie ?

- Euh... Vous pouvez me laisser seule avec Mamiline ?

- Euh... Oui.

- Mon propre frère avec mon mec.

- Martin, ça a toujours été une évidence pour moi.

- Depuis quand tu sais ça ?

- Depuis tout petit.

Il a toujours regardé les garçons d'une façon spéciale.

- Attends, il est marié. Il va avoir un gamin.

- Dis-toi que quand on épouse une femme comme Léa,

c'est qu'on n'aime pas vraiment les femmes.

- C'est drôle. Je me suis toujours posé la question

pour Arnaud, mais pour Martin jamais.

Alors que Arnaud ne regarde jamais les femmes.

Je me suis demandée s'il était pas un peu aussi...

- Mais non !

Il ne regarde pas les autres femmes pour une seule raison :

il n'en regarde qu'une.

T'en veux ? Ca va te détendre.

- Ben ! Il est éteint.

- Allez, donne-moi ça.

- T'es une coquine, toi. - Ben oui !

- On dirait un catalogue.

C'est plus chez nous.

- En même temps, ça sera bientôt plus chez nous.

- Ouais, mais quand même.

Ils me manquent, les meubles de maman. Pas toi ?

- Moi, ça va !

- Voilà et maintenant, le plus important :

une fois l'étage terminé, la vente ne sera plus qu'une formalité.

Klaxon - Tiens !

Regarde-moi ce winner !

Je donne pas une semaine

à notre fille pour craquer à nouveau pour lui.

- Et dans 3 semaines, on est "portuguesh" !

- Portugal, Portugal !

- Vous êtes prêts à swinguer ? - OUI !

- Vous êtes prêts à putter ? - OUI !

- Bienvenue à l'inauguration de ce minigolf avec Mme Lecaire !

Madame Lecaire ! Madame Lecaire ! - MADAME LECAIRE !

- A vous l'honneur.

- OUAIS !

- Ma petite Cécilou, tu sais quoi ?

Arnaud s'est remis au travail.

Bon je dis ça, je dis rien.

- Là, c'est la salle à manger ! - Où on prend nos repas.

- Oui...

- WAOUH !

- Dis, papa,

tu nous l'achètes, s'il te plaît ?

Dis oui !

- On peut l'acheter ? - Qu'elle est mignonne !

Et puis, elle est intelligente.

Hein ? - Oui, oui... Très.

- Bonsoir, Arnaud.

Bonsoir, Arnaud ! - Hein ?

Ah ! Bonsoir...

Les enfants sont couchés.

- Tout s'est bien passé ? - Oui ! Très bien.

Ils ont fait leurs devoirs aussi. Ils ont mangé.

- Ah ! Cool !

C'est bien si maintenant, ils mangent.

C'est un progrès, quoi ! Donc tout s'est bien passé.

- Très, très bien.

- OK.

- Eh ben, j'y vais.

- OK.

Ah, ta sacoche, Arnaud !

Et d'ailleurs, ça se passe bien ton travail ?

- Oui. J'ai pas mal de clients.

J'ai pas le temps de m'ennuyer donc.

Popi aboie.

- Par contre, Arnaud, t'as de la... Non, rien. C'est pas grave.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Vous êtes pas couchés ? - SI !

- Vous avez fait du coloriage sur papa.

- NON !

- On aimerait bien

que papa revienne.

- Il nous manque.

- Tu peux récupérer papa ? - S'il te plaît.

- Ben, je... C'est pas "je peux récupérer"...

C'est les histoires d'amour... Enfin...

Les adultes, il faut qu'ils veulent aussi.

Enfin, c'est pas facile, Félix...

Il faut qu'on... Enfin...

Bon, c'est...

Bon, je sais pas, là.

- S'il te plaît !

- S'il te plaît !

- DIS OUI ! DIS OUI !

- Bon, là déjà, allez au lit, sinon, je dis non !

- D'ACCORD !

PAPA VA REVENIR !

- J'ai pas dit que j'allais dire oui !

- Alors, regardez. Je vois votre écran.

Il y a une balise juste en dessous, voilà.

Alors tapez "zouzounette".

Essayez avec un Z majuscule, peut-être ?

Attendez !

Un instant, Madame Rouny.

Je voulais vous dire que Cécile m'a appelé tout à l'heure.

- ET ?

- Elle me demande de revenir à la maison.

- Alors là, on est sur une très bonne nouvelle !

Elle fredonne "Je vole" de Michel Sardou.

...

Elle chante sur un air d'opéra :

On va leur dire, dire, dire !

On va leur dire, dire, dire !

...

- Ca avait du bon d'être condamnée.

Tu venais me voir plus souvent et tu étais gentil.

- Je suis désolé, maman.

- Mais non, ça ne m'empêche pas de t'aimer.

Tu viens pour autre chose...

C'est ça ? Hein ? C'est à cause du Portugal ?

- Comment tu le sais ?

Ouais.

En fait, euh...

Je sais pas si j'ai envie de partir.

- Et tu n'oses pas le dire à Marilou ?

- Elle est devenue hystérique et obsessionnelle.

- On va trouver une solution, mon chéri.

Mais on la connaît, notre Marilou.

Va falloir la jouer subtil.

- Ils vont être contents qu'on débarque à l'improviste ?

- Avec les fleurs et les chocolats, ils vont adorer !

- On leur doit bien ça.

Rires

- Les enfants !

- C'est pas grave. Allez-y.

- Excusez-les.

- Plus de place !

- Je vais prendre l'escalier.

- T'es sûr ?

- Ca va me faire du bien.

- Je vais au 2e et vous ? - Nous aussi.

On va au 2e.

- Il est mignon.

- Et toi, t'es moche.

Rires

- Oui, bon, ça va ! - Hein ?

Allez !

Une porte claque.

- T'es sûr que c'était une bonne idée, cet escalier ?

- Ca me fait un bien fou.

- BONJOUR, PAPY ET MAMIE ! - Mais... Les enfants !

Et toi, mon grand ?

- Un problème de dernière minute. Je vous les laisse jusqu'à demain.

- Jusqu'à demain ? Bonjour, Marilou, Philippe !

- On vous a apporté des fleurs et des chocolats.

- Pour vous remercier des conseils. - Oh c'est gentil !

- Papa, maman, vous allez être obligés

de les garder plus que prévu. - Ah bon ?

- On y va. On va pas vous déranger.

- Mais non...

- Non, mais... - Maman. Maman ?

Il faut les amener chez le médecin cet après-midi.

Le petit fait une otite.

- Au revoir, Marilou et Philippe ! - Au revoir, Marilou et Philippe !

- Regarde, ne t'inquiète pas.

J'ai fait un petit planning pour le mois.

- Ah oui quand même ! - Voilà. Tout est écrit.

Samedi, on a une crémaillère, ils resteront avec vous.

- Ils nous ont pris pour des cons avec leurs leçons de vie.

- Peut-être qu'ils aiment garder leurs petits-enfants.

- Pfff... Non...

Oh...

Hm...

Son portable sonne.

...

- Chéri, tu as dit quoi au boulanger pour le gâteau ?

- D'écrire :

"Portugal nous voilà" en portugais. Y a un problème ?

- Non, c'est bien.

- Vous allez le dire ?

- Oui, et personne ne pourra nous en empêcher.

- Vous allez nous manquer, toi et Patou.

- Mon chéri, on va se voir.

Vous allez passer les vacances avec nous. Y en a tout le temps !

On sonne à la porte.

Ah ! C'est eux.

- Tu mets les formes, hein ? - Oui, tu me connais !

- C'est formidable, ce que tu as fait, Léa.

- Oh... - Tu as beaucoup de talent, Léa.

- Ils ont l'air d'apprécier la déco.

- Ils ont aucun goût. Allez !

- Les enfants, asseyez-vous, on va faire notre annonce.

- J'y suis un peu pour quelque chose.

- Martin, je peux te parler 2 sec ?

- Ouais !

- J'aurais pu faire à peu près n'importe quoi,

ça aurait toujours était mieux qu'avant !

Une gifle retentit.

- Ca, c'est pour ce que tu sais.

Et ça, c'est parce que sans toi, j'aurais perdu Arnaud.

- Mon coeur, qu'est-ce qui se passe ?

- Hein ? - Hein ?

- Allez, vas-y là !

Hé !

- Alors, d'abord...

Merci d'être tous là. - Merci !

- Et puis...

On a quelque chose à vous dire, mais bon...

- Allez, on va le faire. - On va le faire.

Ils chantent "Je vole" de Michel Sardou

Mes chers enfants, on part

On vous aime,

Mais on part

Vous n'aurez plus de parents

Demain

On s'enfuit pas, on vole

Comprenez bien, on vole

Sans fumée sans alcool

On vole

On vole

On vole

- Super, mon chéri. - Bravo, ma chérie.

- Super. - Bravo.

Vous allez faire de la chorale.

C'était ça, la surprise !

Alors, non... On veut vous annoncer deux choses.

Alors, première chose :

on a vendu la maison !

- Ah !

- Vous allez faire comme Mamiline ?

Vous allez partir en maison de retraite.

- Et la deuxième :

On va aller au Portugal !

- On va habiter

au Portugal. - Ah ! Pardon...

Je suis tellement contente !

- Je crois qu'on est tous très contents pour vous.

- Oh... - Merci.

Voilà.

- Ah là là !

- Quelqu'un a déjà été au Portugal ?

- Oui, nous. L'année dernière ou l'année d'avant, je sais plus.

- Moi, j'y suis allé il y a 2 ans avec ma mère.

- Ah oui, on y avait été !

L'été dernier, on avait été à Madrid !

- Tu vois, ça se passe bien.

Rires et bavardages

- En fait, ils s'en foutent.

Brouhaha

...

- Non, mais t'as vu ? Ils s'en foutent qu'on s'en aille !

On va pas se gêner, hein !

Han !

- Qu'est-ce qui se passe ? - Il est à l'heure.

- Euh... T'es sûre ?

- Oui. Regarde, c'est marqué !

- Non, t'es sûre qu'on part ?

- Hein ? Bien sûr, je suis sûre, Philippe.

Je fais ça pour toi, mon chéri. Pour ta santé.

T'as cotisé, tu profites. Allez, viens.

- Attends, Marilou...

- Quoi ?

- J'ai quelque chose à te dire.

- Tu me diras après, mon chéri. On va rater l'avion.

- Y a pas de maison au Portugal.

- Tu dis quoi ?

- C'est-à-dire qu'il y en aura une quand elle sera construite.

- C'est pas possible ! Olivier a dit qu'elle était prête.

- Tu sais, Olivier, il s'emballe, il s'emballe...

- Je m'en fous, on part quand même.

Allez, viens.

Allez !

Brouhaha et annonce

...

- T'appelles qui ?

- Olivier, espèce de raclure de fond de chiottes.

Je vais te retrouver, toi et mes arrhes,

et te les foutre dans le cul ! T'as voulu nous entuber !

Tête de bite !

Olivier,

gros enculé !

Silence

Voilà... Ca va mieux.

- C'est son cousin, Il est très gentil.

- Bonjour. - Bonjour.

Passeports, s'il vous plaît. - Bien sûr.

C'est bien, ces aéroports silencieux.

Han !

- Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est quoi, ça ?

- Bonjour. Ca, c'est un petit retard de 10 minutes.

- Mais c'est grave ?

- Non, c'est pas grave. Ca arrive tous les jours.

- Viens. Il a dit que c'était pas grave.

Viens ! - Il dit que c'est pas grave,

mais qu'est-ce qu'il en sait ?

C'est très grave justement. - Là.

- C'est très, très grave. - Mais non, mais non.

Tu vas voir, c'est marrant.

Regarde, on a reçu une petite vidéo des enfants.

- Ah bon ? - Ouais. Regarde.

*- Alors nous sommes en direct de la fête de retraite

de Marilou et Philippe... - Non, mais dites donc !

*- Nos 2 retraités

ont été renvoyés aux vestiaires... - On est nuls, comme parents.

Notre fils a pas osé nous dire qu'il était homo.

*- Je vous souhaite une belle retraite.

Je vous souhaite la plus belle des retraites.

*- Voilà, avec Cécile,

on est très heureux d'avoir des parents comme vous.

Vous allez nous manquer.

*- Salut, Marilou. Salut, Philippe.

- Il est trop sympa, lui.

*- Des gros bisous ! *- Elle était bien, soeurette !

*- La retraite, c'est le moment de se retrouver avec ses enfants.

Et c'est un des moments les plus beaux de la vie.

Faut pas rater ça.

- Bon alors, on fait quoi maintenant ?

- C'est quoi, ça ?

- C'est un retard de 20 min.

- Et dans 10 min, ça fera 30, et après, ça fera 40.

Mais ça va s'arrêter quand ? - Viens. On est pas pressés.

- Toi, t'es pas pressé. Moi, oui.

Son portable sonne.

...

C'est un FaceTime de Cécile. - Ben, réponds.

Oh !

*- Coucou, Patou et Manou !

- C'est les enfants ! *- On voulait vous dire...

On est tristes que vous partez loin.

- Mes petits choux !

*- On se verra plus beaucoup.

- Mes amours... *- Vous allez nous manquer.

N'allez pas au Sénégal. *- Non, Félix, c'est au Portugal.

*- Ah bon ? *- Ben oui !

*- Hé, Manou ! Regarde...

Musique douce

...

- T'étais au courant ? - Un peu.

- Toi, tu veux qu'on reste ?

C'était pas une bonne idée de partir loin des enfants.

- Non.

...

- Oh là là ! Regardez ! - PATOU ! MANOU !

- Bonjour, mon grand ! Je suis content de te voir !

Tu vois, elle est pas partie finalement.

Salut, mon grand. Vous êtes venus tous les trois !

- Oui. - C'est trop gentil.

- Qu'est-ce que tu fais là, toi ? - Je suis venu.

- C'est adorable !

*- Dernier appel pour le vol 1327 à destination de Porto.

Marie-Louise et Philippe Blanchotte sont attendus porte 2

pour embarquement immédiat.

- Olivier ! Ca va ? Je suis désolée. Je me suis un petit peu emballée.

- Tête de bite, quand même !

- C'est pas ma faute, c'est Philippe !

Chéri ? T'es réveillé ?

- Hm... Toi aussi ? - Hm...

- J'ai bien dormi.

- Hm... Et dis-moi... - Hm ?

- Je pensais à un truc. - Hm ?

- On prouve à la quiche qu'il se passe plein de choses ici ?

- Mais oui ! - Hm...

- C'est une très bonne idée, ça !

- Patou, Manou, on est réveillés ! - Patou, Manou, on est réveillés !

- On a faim ! - On a faim !

- Mais oui, mes chéris ! On arrive.

- D'accord ! - D'accord !

- Eh ben tu vois, chéri,

je les imaginais pas comme ça, nos vacances.

- Mais tu les aimes bien quand même ?

- Moi aussi ? - Hm...

- "Meilleurs Patou et Manou du monde !"

- Oh, ils sont mignons !

- Oui, sauf que Patou est écrit en beaucoup plus petit.

- C'est ce matin qu'on a rendez-vous avec Olivier ?

- Oui. - Oui...

Il est là !

- Coucou. Excusez-moi de vous déranger,

mais j'ai une très bonne nouvelle. Parce qu'avec Olivier...

- C'EST JAMAIS TERMINE !

Musique douce

...

Sous-titres : Laetitia Rauscent pour L'Orangerie Studio

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