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Original subtitles

LE CRI

J'ignore si c'est une bonne nouvelle pour vous, mais peu importe.

Quelle nouvelle ?

Votre mari est mort à Sydney il y a 20 jours.

Voici la lettre du consulat.

Vous devez être au courant, il travaillait dans une usine.

Dès réception de ses affaires, je vous les enverrai.

- Non, gardez-les ici. - Pourquoi ?

Je repasserai demain.

Veuillez m'excuser.

Aldo, il y a Irma qui arrive !

Irma !

Aldo !

Salut ! Attends.

Je te laisse ton déjeuner.

Attends, je descends.

Vous lui donnerez.

- Bien sûr. - Merci.

Où est Irma ?

Elle est partie. Qu'est-ce qu'elle a ?

- Pourquoi ? - Elle pleurait.

Elle pleurait ?

Je peux rentrer chez moi 10 minutes ?

D'accord.

Tu vas rentrer, oui ou non ?

- Où est maman ? - Je sais pas, c'était fermé.

Papa, j'ai eu un deux.

C'est bien.

Tu as vu Irma ?

Non. Je croyais qu'elle était ici.

Et toi, que fais-tu ici ?

Ta sœur est mal lunée, ce matin.

Pourquoi ?

Bonjour, tata.

Bonjour, ma puce.

Dis à Irma que si elle veut passer me voir, je suis chez moi.

C'est vrai, ce qui est arrivé ?

Et maintenant ? Tu vas devoir tout dire à Aldo.

Tu sais qu'il t'attend ?

Pourquoi tu pleurais ?

Mon mari est mort.

Pourquoi tu ne m'as pas attendu pour me le dire ?

Je n'avais pas envie de parler là-bas.

Mais maintenant, on peut discuter calmement.

Discuter ?

Mais il n'y a rien à dire.

On se marie, point final.

Oui, je sais,

ce n'est pas bien de se réjouir d'un malheur.

Mais ça fait 7 ans.

Sept ans que nous attendons.

Irma...

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, ça va passer.

Irma.

Irma...

Hier soir, on avait d'autres choses à se dire.

Lesquelles ?

Lesquelles...

Assieds-toi.

On aurait même dû se les dire avant hier soir.

L'un de nous deux s'est éloigné de l'autre.

Tu es folle ?

Non, je ne suis pas folle. Mais si je continue...

J'ai changé, Aldo.

Je t'aime.

Je t'aime encore, mais ce n'est plus comme avant.

C'est sûrement ma faute.

Mais je suis sûre que je ne me trompe pas,

que je fais quelque chose de juste.

Car je suis sincère.

C'est quoi, cette histoire, d'un seul coup ?

Ce n'est pas récent.

Pourquoi le dire maintenant ?

Car il faut prendre une décision.

Une décision ? Quelle décision ?

Mieux vaut que je n'en dise pas plus.

Laisse-moi partir.

Partir ?

Mais où ?

Rejoindre un homme.

Quoi ?

Qu'est-ce que tu as dit ?

Tu m'as très bien comprise.

Irma...

Qui est-ce ?

Tu m'as entendu ? Qui est-ce ?

Ne me demande pas ça, Aldo.

À quoi ça servirait que je te le dise ?

Ça ne changerait rien.

Mais alors...

Toutes ces années...

Rien...

Rien n'était vrai.

Tout était vrai.

Jusqu'à il y a 4 mois.

Maria !

Bonjour.

Vous avez vu, à Porto Tolle ?

La digue a cédé et il y a de l'eau à Ca' Zuliani.

Espérons que les alluvions

feront comme l'autre fois,

qu'ils balaieront le vieux pour laisser place au neuf.

- Bonne journée. - Au revoir.

Maintenant, qu'est-ce que je vais donner à Rosina ?

Et si tu t'en vas ?

Tu as oublié que tu avais une fille ?

Ça aussi, je l'ai pris en compte.

J'aurais dû me douter que tu ferais ça.

Une femme qui...

Pendant que ton mari était en Australie...

Tu n'as eu aucun scrupule à en profiter.

Pour ce que ça m'a apporté...

Et dire...

que j'avais quelqu'un d'autre.

J'aurais pu l'épouser.

Il n'est pas trop tard.

Elvia est une gentille fille.

Et moi, qu'est-ce que je suis pour toi ?

Allez, vas-y, dis-le. Qu'est-ce que je suis ?

Il n'y a qu'une chose à dire.

Tu ne pars pas, tu restes ici.

Tu resteras ici, de gré ou de force.

Irma !

Je t'ai apporté les œufs.

Quatre.

Cinq.

Et six.

C'était bien six ?

Oui, je crois.

Alors au revoir.

Et merci.

Qu'est-ce tu regardes ?

Les enveloppes.

Aie le courage de dire ce que tu penses.

Le courage ? Quel courage ?

Il cherche la bagarre.

Maintenant, même les légumes sont livrés.

Ce qu'on gagne par la facilité, on le perd en qualité.

Vous voulez aussi des patates ?

Non, merci.

Merci.

Que viens-tu faire ici ?

Comment ça ?

Tu as peur que je m'enfuie ?

Écoute, Irma.

Avec un peu de volonté...

Dans notre cas, elle ne sert à rien.

Essaie, au moins.

D'accord. Qu'est-ce que je dois faire ?

Vas-y, dis-le-moi.

Irma...

Viens.

Entrons un instant.

La ceinture que tu avais dans la vitrine...

Je l'ai encore.

C'est une ceinture en cuir, avec une boucle dorée.

C'est celle-ci ?

Oui, tout à fait.

Essaie-la.

Quoi ? Tu avais dit qu'elle te plaisait.

Elle ne te plaît plus ?

Voyons les autres.

Pourquoi tu veux jeter l'argent par les fenêtres ?

Pour rien.

Pour rien ?

Je repasserai peut-être.

Au revoir, Irma.

Au revoir, Aldo.

Mais alors, tu as tout oublié.

Je n'ai rien oublié du tout, Aldo.

C'est parce que je n'ai rien oublié que je préfère arrêter.

Là, c'est l'humiliation pour tous les deux.

Et je n'en veux pas.

Je vais tellement mal que je ne peux parler.

Qu'est-ce que je peux y faire ?

C'est comme si ça ne dépendait plus de moi.

Il faut que je le voie, qu'il m'aide.

Il est à la maison ?

Non, je l'ai vu sortir il y a peu.

Tu as parlé à Aldo ?

Je me suis enfuie.

Sinon, je l'aurais épousé, j'aurais fait selon sa volonté.

Ne pense plus à lui.

Ai-je le droit de ne penser qu'à moi ?

Aldo m'a toujours bien traitée, pendant 7 ans.

Et j'ai des doutes.

J'ai peur de me tromper.

Un homme plus jeune que moi...

Les sentiments ne sont pas dictés par la raison.

L'âge importe peu. Quand on est sûr...

Au fond de moi, je suis sûre. Mais cela suffit-il ?

Tu veux que j'aille le chercher ?

Non, il y a trop de monde. C'est la mauvaise heure.

Et si, au lieu de mourir, son mari était revenu ?

Qu'aurait fait Irma ?

Je n'ai jamais rien dit, mais votre relation était faussée.

Tu peux dire ce que tu veux, mais ça a toujours jasé.

Toujours.

Et les ragots, ça fait énormément de dégâts.

D'ailleurs...

Tout le monde s'en fiche qu'Irma soit différente des autres.

Être belle, c'est une chose. Mais une femme de mauvaise vie...

D'abord son mari, puis toi. Et maintenant, le nouveau.

Ça fait trop pour une femme honnête.

Et tu viens te plaindre à ta mère.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Tu dois te débrouiller seul.

Il y a sûrement un moyen de faire renaître ses sentiments.

Je sais.

Tu vas voir qu'il voudra garder Rosina.

Elle est autant à lui qu'à moi, elle porte son nom.

J'ai peur de m'en mordre les doigts, un jour.

Le voilà.

Il m'a vue.

- Je le fais appeler ? - Il est avec ses amis.

Mais demain, tout le monde le saura.

Je veux au moins que ça soit clair avec Aldo.

Maria.

Attention, Aldo est comme un fou, il est à la recherche d'Irma.

D'accord, merci.

Au revoir.

C'était Maria, tu as entendu ? Il va sûrement venir ici.

Moi, je m'occupe d'Aldo.

Toi, tu fais attention à lui.

Qu'il ne sorte pas de chez lui.

Sinon, il va avoir des problèmes.

Irma...

Ne pas y aller serait une erreur.

Et maintenant, rentre à la maison.

Tu as entendu ?

Maintenant, Aldo, c'est fini pour de bon.

Regarde comme c'est joli, Goriano.

On croirait que les gens s'y sentent bien.

Rosina ?

Rosina, réveille-toi.

Réveille-toi.

Allez, lève-toi.

Regarde !

Edera !

Edera !

- Apporte-moi un chiffon. - Viens le chercher.

Le moteur est cassé.

Quel moteur ?

Papa, je reste ici pour regarder.

Ils demandent un chiffon.

- Un chiffon ? - N'importe lequel.

Aldo !

Bonjour, Aldo.

C'est donc vrai, il y a des revenants.

J'espère que ce n'est pas une mauvaise surprise.

- Comment vas-tu ? - Bien.

Enfin, pas trop mal.

On travaille, on vit.

Et toi ?

Ça va.

Je voulais te voir.

Et comme je passais dans le coin...

Tu es Edera ? La dernière fois, tu étais grande comme ça.

Et toi, grand comme ça.

Tiens.

Tu repars ?

Je l'ignore.

Reste manger avec nous.

Eh bien...

Rien n'a changé, ici.

Toi non plus, tu n'as pas changé. Juste maigri.

Mais tu te sens peut-être mieux comme ça.

- Je ne suis pas mariée. - Je sais.

Tu pourrais rester, m'aider à préparer la table.

- Je suis avec Rosina. - Rosina ?

La fillette. Ma fille.

Tu ignorais que j'étais papa ?

Elle est grande.

Que le temps passe vite !

Que viens-tu faire à Pontelagoscuro ?

Je te l'ai déjà demandé.

Je ne suis plus à Goriano.

Je ne suis plus nulle part.

C'est beaucoup mieux ainsi.

J'en ai assez de me sentir lié à un lieu.

Tu as un tournevis ?

Oui, dans le tiroir.

Cinq mecs de Ferrare ont fait un pari sur les bateaux.

On va faire la course.

Une course ?

Oui, si on réussit à réparer le moteur.

Il est cassé ?

Je n'y connais rien.

Et le pilote ?

Il s'y connaît encore moins.

- Je peux voir ? - Vous êtes mécanicien ?

C'est le meilleur mécanicien du monde !

- On y va ? - Oui.

Attends, je t'accompagne. Tu me présenteras ta fille.

Merci !

Pourquoi ça fait de la mousse ?

À cause de l'hélice.

Ça me donne soif.

On va aller boire et manger.

D'accord.

Et ton travail ?

J'en trouverai un autre.

Ici aussi, il y a des usines de sucre.

Et il aura peut-être besoin de moi.

Allez !

Il est troisième.

Mais il remonte.

Tu as vu ça ?

On parie qu'il va gagner ?

Si le 19 gagne, ce soir, tu m'emmènes danser.

Au dancing Azzuro ?

Non, ils ont construit un moulin à la place.

Mais il y en a un autre.

Pari tenu.

Elvia...

Il est troisième.

C'est à cause du moteur.

Non, de sa conduite.

- Viens sous mon parapluie. - Quel temps !

Rosina !

On va voir là-haut. Allez, viens.

Ma chaussure !

Je veux y aller seule, il n'y a pas de mal.

Bien sûr que si.

On verra.

Papa, c'est quoi, comme voiture ?

Qu'est-ce que ça peut te faire ? Allez, viens.

Cette année, l'hiver n'en finit pas.

Elle est gentille, non ?

Regarde ma sœur.

On s'était mis d'accord.

Je fais ce que je veux.

Pourquoi tu fais ça ?

Rosina, tu veux un chocolat ou un caramel ?

Les deux.

Et toi ?

Rosina, viens.

Assieds-toi là et ne dis rien.

Vous êtes Elvia ?

Oui.

Je suis Irma.

J'ai beaucoup entendu parler de vous.

Mais vous voir dans ces conditions...

Dans ces conditions ?

Aldo et moi traversons une crise.

Nous nous sommes séparés.

C'est de mon fait.

Aldo est parti, furieux, avec notre fille.

Il n'est pas venu ?

Il aurait dû ?

Il viendra, tôt ou tard.

Pourquoi ?

Vous vous connaissez depuis longtemps.

Aldo a toujours dit du bien de vous.

Je suis persuadée que...

Je peux laisser la valise ?

Il y a quelques-unes de ses affaires

et les affaires de Rosina.

Partir avec elle...

Je comprends, il a raison.

Mais elle sera un poids pour lui.

Non ?

Non, si vous dites que c'est votre faute...

Je peux la laisser ?

Oui.

Je suis sûre qu'Aldo vous aime beaucoup.

Mettre un terme à une telle relation...

Vous allez le regretter.

C'est possible.

Bonjour, Elvia.

Tu travailles le dimanche ?

Que faire d'autre par ce temps ?

Et si on allait au cinéma ?

Maintenant ?

Non, ça ne me dit rien.

Alors ce soir ? On ira danser.

Ce soir, je ne peux pas. Dimanche prochain, peut-être.

Tu as déjà dit ça dimanche dernier.

Cinq rubans, s'il vous plaît.

Un, deux, trois,

quatre et cinq.

Merci.

Elvia !

Donnons-les plutôt à Edera, comme ça, elle sera élue Miss.

Elle est là.

Merci.

Regarde. Combien il y en a ?

Un, deux...

Il y en a 5, ça m'en fait 12.

Et si on partait ?

Au moment où ça commence à être intéressant ?

Il faut que je te parle.

Qu'y a-t-il ?

Edera.

Tu pars ou tu restes ?

Elle peut rester.

Aldo...

Pendant toutes ces années, est-ce qu'il t'est arrivé

de penser à moi ?

Bien sûr.

Parce que tu étais curieux de savoir

si j'arrivais à me passer de toi.

C'est ça que tu voulais me dire ?

Avant toute chose, j'aimerais que tu saches...

que ça n'a pas été facile pour moi.

J'en suis désolé.

Alors pourquoi es-tu revenu ?

Si Irma t'avait gardé, tu ne serais jamais venu.

Oui, c'est vrai, mais...

Dis-moi ce que je peux faire pour toi

et après, va-t'en.

Le plus vite possible.

Je ne sais pas ce que tu peux faire pour moi.

J'aimerais me sentir bien, rien de plus.

Et tu es la seule avec qui je peux rester.

Irma a envoyé une valise avec tes vêtements.

Quoi ?

Elle se préoccupe de mes vêtements...

Tu aurais dû les jeter dans le Pô.

Elle ne serait pas passée, par hasard ?

Non.

Maintenant,

mieux vaut rentrer.

Mais où est la lumière ?

Tu es là ?

Tu sais que j'ai été élue Miss ?

Et c'est toi qui m'as donné le plus de rubans.

C'est vraiment des idioties.

La tête me tourne.

Ils m'ont fait boire.

Un crétin m'a dit que je sentais bon.

Allez, il est l'heure d'aller dormir.

C'est vrai que je sens bon ?

C'est vrai ?

Pourquoi tu me chasses ?

J'ai été élue Miss.

Va dormir.

Irma...

Je le fais un peu plus long ?

Oui.

Et moins moulant.

Entendu.

Il est parti ce matin.

On n'a parlé que quelques minutes.

Et que t'a-t-il dit ?

Rien.

Qu'il partait.

Mais pourquoi ?

Je ne lui ai pas demandé.

C'est sûr que ça sera prêt pour jeudi ?

Oui, c'est sûr. Sûr et certain.

D'accord, merci. Au revoir.

Au revoir.

Tu es triste ?

Oui.

Je peux vous donner un poste, et votre fille peut venir.

C'est vous qui décidez.

Il y a un endroit où loger, dans le coin ?

Non.

1 500 lires par jour, ça ne serait pas de refus.

Mais avec ma fille, comment je peux faire ?

- C'est impossible. - Je ne sais que dire.

Dommage. Merci, au revoir.

Je vous en prie.

- Tu en veux encore ? - Non.

Allez au diable !

Je t'ai dit de faire attention quand tu traverses.

Fais attention, tu as compris ?

Idiote.

Tire !

Rosina !

Pourquoi tu pleures ? N'aie pas peur, ils sont gentils.

N'ayez crainte, ils sont inoffensifs.

Luigi, Francesco, Osvaldo, on rentre.

Allez, Francesco, on y va.

Ne pleure pas.

Ils sont inoffensifs. Tous.

Allons, ne pleure pas, Rosina.

Ne pleure pas.

Allons, sèche tes larmes.

Voilà.

Papa, on va là-bas ?

Non, ça coûte trop cher de vivre en ville.

Mais on se posera quelque part.

Tu dois retourner à l'école.

Regarde-moi cette robe.

Tu en as une autre ?

Oui, je ne m'en souvenais plus.

Tu en changeras demain matin.

C'est ma belle robe.

Quand maman viendra,

je me ferai faire un tablier.

Il a roulé sur mon nuage.

Descendez, il y a la police. Je suis en infraction.

On peut se retrouver après.

D'accord.

- Merci. - Au revoir.

Virginia !

Ils sont tous morts.

Le vieux s'est encore fait la belle.

J'en ai marre, vous entendez ?

J'en ai ras le bol !

Vous n'êtes pas bien, ici ? Vous avez un lit, la radio...

Qu'est-ce qui vous manque ?

Vous ne pouvez pas dormir à la belle étoile, papa.

C'est qu'il commence à faire froid. Regardez, je suis trempée.

Allez, rentrez.

- J'arrive. - D'accord.

Cette nuit, j'ai verbalisé une femme.

Elle était en chemise de nuit, mais on voyait tout.

Et tu l'as verbalisée ?

Tu as entendu ?

Ça lui fait du mal, mais sinon, il me rend folle.

Normal ou super ?

De super, il n'y a que moi.

C'est bien vrai, ça !

- Tu bois encore ? - Jusqu'à la dernière goutte.

Et après ?

Quand il n'y en a plus, il y en a encore.

Ils sont encore là, on se retrouve demain.

Au revoir.

Alors, on va faire dodo ?

Si seulement.

Le village est loin ?

Quel village ?

Il y a sûrement un village dans le coin.

Est-ce que vous pourriez m'héberger, par hasard ?

C'est pas moi qui commande, ici.

Virginia !

Ce monsieur veut dormir chez nous.

Il est plus facile que je fasse du stop.

Il passe tellement de voitures, ici.

Vous voulez aller au village ou vous préférez rester ?

Oh non...

- Combien de litres ? - Le plein.

Donne-moi la carte.

On peut rejoindre la nationale ?

Où allez-vous ?

À Bologne.

Et Rome, où c'est ?

Plus au sud.

C'est en dehors de la carte ?

Voilà.

Ces taches, c'est quoi ?

Des montagnes.

Je n'ai jamais vu les montagnes.

- Ah ? - Je ne sors jamais.

Quelle idiote !

Le manomètre est cassé.

Vous n'avez pas été malin.

Vous vouliez partir avant ? J'aurais pu parler aux agents.

Si j'avais su...

- Combien ? - 1 400 lires.

- Tenez. - Merci.

Ne vous en faites pas.

Tôt ou tard, quelqu'un vous prendra.

Je ne peux pas arriver de nuit dans un village.

Je dois manger, dormir... Et j'ai ma fille.

Elle est à vous ?

Que fait-elle avec vous ?

Pour l'hébergement, vous vous contentez de peu ?

De peu ? Si vous saviez...

De très peu, même.

Ça fait plus de 3 mois que je suis sur la route.

Dans ce cas, allez voir la cabane, là-bas.

Si ça vous va...

Ouvrez, s'il vous plaît.

Une minute.

Je suis désolée, ils veulent de la 40.

De la 40 ?

De l'huile numéro 40.

Elle doit être par là.

Quelle vie ! Je travaille même la nuit.

Au revoir.

Ça va, là-dedans ? Il fait froid, hein ?

Plutôt, oui.

Ça aurait été mieux chez moi.

J'aurais peut-être pu vous caser avec mon père.

Avec votre père ?

Vous avez cru que vous seriez dans ma chambre ?

Quel petit malin !

Vous avez dit le contraire.

Quand ça ? Ah oui.

Alors, vous avez pris votre décision ?

Vous partez demain matin ?

Ça dépend de tant de choses : l'argent, l'envie, le travail...

Qu'est-ce qui vous manque le plus ?

L'envie.

Bonne nuit.

Vous vous êtes décidé ?

Vous auriez pu venir dans la cuisine.

Ça ne m'aurait pas dérangée.

Merci, mais j'attends le camion-citerne.

Vous êtes si pressé ?

Là n'est pas la question. Mais ici, que puis-je faire ?

Où allez-vous ?

Je ne sais pas, peut-être à Loreo.

Ils ont besoin d'ouvriers agricoles. Il faut juste que je travaille.

J'avais bien compris.

Deux litres.

- Combien ça fait ? - 350.

Non, madame. Ça fait ça.

Voyou.

Voleur !

Salaud !

Ça alors !

Vous avez vu ?

Mais je le connais.

Qu'a-t-il fait ?

Et la police n'est pas là.

Ils sont toujours là quand on n'a pas besoin d'eux.

Arrête-toi.

Vas-y, fonce.

Papa, elle a quel âge, maman ?

- Quoi ? - Et toi, tu as quel âge ?

Allons, Rosina...

Alors, chef ?

- Combien de litres ? - Dix.

Merci, Carlo.

- On se voit quand ? - Quand ça vaudra le coup.

Il a même dû me remercier.

Mais je suis trop gentille.

Une voiture s'est arrêtée. Dix litres en normal.

1 420 lires.

Vous avez fait vite pour trouver du travail.

Ça vous convient ?

On vous attend.

Au revoir.

Une autre devinette.

Un homme avec un cou, pas de tête, deux bras et pas de jambes.

- C'est quoi ? - Quoi ?

Un homme avec un cou, pas de tête, deux bras et pas de jambes.

Tu dois deviner ce que c'est.

Pas de jambes ?

C'est une chemise.

Tu n'as pas trouvé.

Une chemise ?

Je n'ai pas compris.

Mais si. Une chemise a un col, mais pas de tête.

La tête, c'est la tienne.

Évidemment ! La tête, c'est la mienne.

Je te raconte une blague ?

Je t'écoute.

Un petit garçon dit à son grand-père...

Rosina, il est tard. Au lit.

Bonne nuit.

Non. Ce soir, vous vous en passerez.

Au lit.

Au lit !

Cinq litres, en normal.

Quelle heure est-il ?

7 h 30.

Il est tard.

Je retourne en bas. Si la petite se réveille...

Je suis allée voir. Elle dort.

Pour une fois que tu peux jouer les patrons.

Bande de vandales !

On n'abat pas un arbre sain.

On en plantera un autre.

Les arbres sont tous différents.

Que voulez-vous ? On vous a acheté les terres,

la grange, les bêtes, les arbres, la maison...

On vous a donné une grosse liasse.

Alors laissez-nous tranquilles. Reculez.

Bon, ça suffit.

Vous m'avez cherché, vous allez voir !

C'étaient tes arbres ?

Oui, tous.

Et plus maintenant ?

Ma fille n'a pas voulu être paysanne.

Depuis la mort de mon mari, j'ai besoin de tout le monde.

Une femme de la campagne a forcément besoin des autres.

Alors quand on nous a proposé la station, on l'a prise.

Mais j'aimerais aussi voyager, comme toi.

Tu vois de beaux endroits, des gens.

Il y a plusieurs façons de voyager.

Mais ce que je fais, moi...

Oui, bien sûr.

Mais pense à moi qui n'ai jamais rien vu.

Tu n'as même pas vu les montagnes ?

Comment le sais-tu ?

Je le sais.

Virginia !

Attends-moi ici.

Virginia !

S'il continue à nous embêter, je lui règle son compte.

- Qu'y a-t-il ? - Il était avec une fillette.

Il nous a insultés, nous a jeté des cailloux.

Il faut que ça cesse !

- Ne vous emportez pas. - Si !

Emportez-vous tout seul.

Avec une fillette ? Où ça ?

Chez moi.

Tu avais dit qu'elle dormait.

Aldo...

Le plein de super.

Excusez-moi, vous avez des toilettes ?

Les toilettes.

Merci.

Dynamitez les grandes demeures

Et les palais royaux

Poignardez le lâche bourgeois

Poignardez le lâche bourgeois

Qui nous laisse mourir de faim...

Vous n'avez pas besoin d'un beau cadre ?

Un paysage ou la Joconde à accrocher dans votre salon ?

Plutôt pour la chambre.

Regardez-moi ces merveilles.

- C'est combien ? - 350.

Trop cher.

Mais non, c'est pas si cher que ça.

Tenez. 350.

Virginia, cette pompe...

Laisse-la, cette pompe.

Que veux-tu que ça me fasse ?

Qu'as-tu acheté ?

J'ai acheté

un cadre.

Tu paries que...

Que faites-vous ? Attention !

Et voilà, j'en étais sûre.

Vous êtes content ?

Doucement.

On ne peut pas continuer.

Il fugue, se dispute avec les voisins

et casse les pieds à tout le monde.

Il est redevenu un vrai gamin, il ne manquait plus que ça.

Pour qu'il se tienne à carreau, je dois le soûler.

Même ivre, il est ingérable.

N'exagérons pas.

Aujourd'hui, un pied. Demain, le dos.

Il va finir paralysé.

Il lui faut une femme à plein temps.

Je suis sûre que j'ai raison, il n'y a pas d'autre solution.

C'est à toi de décider ces choses-là.

Ma décision est prise.

Dès qu'il sera sur pied.

Nom de Dieu !

Rosina, va au lit, toi aussi. Et plus vite que ça.

Redressez-vous.

Aldo.

Bonjour.

Il faut remplir ça et payer.

Si je reste une minute de plus, je vais me sentir mal.

Rosina.

Pas mal, cette pépée.

Où allez-vous comme ça ?

Mademoiselle, vous venez avec nous ?

Laissez-moi.

Dites !

Lâchez-le.

Lâchez-le !

Aldo !

- Où est Rosina ? - Je l'ignore.

Tu aurais au moins pu la surveiller, non ?

Je ne m'occupe déjà pas de mon père...

Bon, je vais à sa recherche.

Tu n'aurais jamais dû l'emmener.

Viens.

Aldo, ne t'inquiète pas pour ça,

la petite n'a pas pu comprendre.

À son âge, je ne comprenais pas.

Et pourtant, je dormais dans la même pièce que mes parents.

Aldo, tu es en colère contre moi ?

Ce n'est pas ma faute.

Je t'avais dit que tu n'aurais pas dû l'emmener.

J'étais sûre qu'il arriverait quelque chose.

Et voilà, c'est arrivé...

Irma...

- Merci. - Au revoir.

Le déjeuner est prêt. Va appeler Rosina.

Vas-y, toi.

Elle viendra quand elle aura faim.

On ne peut pas continuer comme ça.

Il faut se séparer de la petite.

Je sais, Virginia, il faut qu'elle s'en aille.

Tu viendras quand ?

Je ne sais pas, Rosina.

Rosina, ne dis rien.

Ne dis pas que ton père va mal depuis sa séparation.

Parce que je reviendrai.

Rosina, papa ne peut pas t'expliquer

pourquoi il n'a plus envie de travailler, mais il changera.

Papa t'aime, Rosina. Il t'aimera toujours.

Gualtiero !

On a attrapé deux hérissons.

Gualtiero !

- Quoi ? - Deux hérissons.

Parfait ! Rôtis, c'est excellent.

On va leur enlever la peau,

on les mangera ce soir.

Laissons Gualtiero faire.

Allons-y.

Mario, regarde ce qu'on ramène.

Excusez-moi.

- C'est votre drague ? - Pourquoi ?

Vous n'avez pas besoin d'un mécanicien ?

Un mécanicien ?

Ça paraît incroyable

qu'une aussi petite bestiole soit aussi dure.

Et dire que la viande d'hippopotame,

un animal grand comme ça qui pèse 3 tonnes,

est très tendre...

Tu en as mangé ?

Au Kenya, avant la guerre.

Et au Venezuela, j'ai mangé de l'iguane.

Vous y êtes allé ? On y vit de quoi ?

De quoi on y vit ?

Mes allumettes !

Ses allumettes.

Tenez.

L'iguane est une sorte de crocodile,

sans être un vrai crocodile.

Là où j'avais débarqué, il y avait un fleuve.

Je me trouvais au bord du fleuve,

devant un arbre,

et j'ai vu dans l'eau

comme six phares de motocyclette

se diriger vers moi. Qu'est-ce que c'était ?

C'étaient trois iguanes.

Alors j'ai dit :

"C'est terminé.

"Gualtiero Moron ne sera plus jeté en pâture au Venezuela."

Et je suis passé au Chili.

Les Chiliennes...

C'est un croisement entre Allemands et indigènes.

Pigé.

Vous n'avez pas la nostalgie ?

Tu parles ! Buvez.

Demain, vous serez peut-être morts. Touchons du bois.

À la vôtre.

Santé.

Dites-moi.

Si un bon mécanicien va là-bas...

Comment avez-vous fait pour gagner de l'argent ?

Les courbettes, mon cher. Il n'y a que ça.

Señor, mister, monsieur...

Sept ans de courbettes pour acheter ma drague.

Comment as-tu fait pour venir ici ?

On m'a emmenée.

Tu veux un verre ?

C'est du vin rouge ? Je n'aime pas ça.

Une cigarette, alors ?

Une cigarette pour Andreina.

Ne commence pas à faire l'andouille.

Ça donne un mauvais goût.

Aldo...

On y va ?

Au revoir.

Amusez-vous bien.

C'est la liste de tout ce qu'il faut.

Les papiers, le contrat de travail. Vraiment tout.

Il y a même la carte géographique. Tu as vu ?

Qu'est-ce que c'est grand, le Venezuela !

En espagnol, mécanicien se dit mecanico de motores.

Soudeur, saldator.

Ouvrier de constructions métalliques,

obrero de construcciones metálicas.

On va ré fléchir.

- Salut. - Salut, obrero.

Mécanicien de moteurs,

mecanico de motores.

Aide-moi.

Il faut qu'il soit plus haut pour qu'on le voie.

Donne.

Je suis en train de crever.

Je sens que je suis en train de crever.

Où est-ce que je t'ai vu ?

Ah oui !

Tu étais avec la bande de mecs.

C'est toi ?

Couvre-toi, tu trembles.

Laisse-moi tranquille ! Tu es une bonne sœur ?

Allons, il faut penser à guérir.

Je ne veux penser à rien. J'ai soif.

Où vas-tu ?

Je vais mettre le drapeau pour le docteur.

Mon Dieu, Andreina !

Tu as vu dans quel état tu es ?

Regarde-moi ces yeux.

Cette peau ! Aussi jaune que le citron.

Tu es vraiment mal en point.

Ma mère avait bien raison.

Personne ne devrait vivre seul.

Ne pense pas à ta mère et retourne au lit.

Tu ne dois pas te lever.

J'ai des pieds, je me lève ! Fais preuve d'intelligence.

Tu es malade ?

Non, c'est elle.

Mes respects !

Qu'as-tu ?

De la fièvre.

- De la diarrhée ? - Non.

Mal à la gorge ?

Mal de tête ? La nausée ?

Ce serait mieux de descendre, non ?

Je repasserai, c'est la malaria. Donne-lui de la quinine.

Descendez.

On m'attend.

Ici aussi. Allez.

Doucement.

Qu'est-ce qu'il fait ?

Tu ne l'emporteras pas au paradis.

Tu auras de mes nouvelles.

Comment ?

C'est simple, je porterai plainte.

Approche.

Pensons à un truc joyeux.

Tu y arrives, toi ?

Parfois.

Quand je bois du vin blanc.

Le chiffon...

Laisse-le où il est.

À l'armée, on m'a appris à rentrer les couleurs, le soir.

- Andreina ! - Quoi ?

Les gendarmes. Ce salopard de docteur...

Quel accueil !

Je m'attendais à mieux.

Que fais-tu ici ?

Je suis venue te voir.

Pourquoi ?

Parce que j'en avais envie.

Qui t'a dit où me trouver ?

On n'est pas au Texas, ici !

Les gendarmes t'ont embêtée ?

Quels gendarmes ?

Ils ne faisaient que passer.

Personne ne te recherche, sois tranquille.

On y va ?

Où ça ?

Chez moi, pardi. Tu ne vas pas rester ici.

J'y suis bien.

Ici ?

Mince alors !

Je ne comprends pas pourquoi les choses vont aussi mal, ici.

Tu t'es bien remise.

Pas mal, merci.

C'est quoi, ce poisson ?

De la dorade. Vous en voulez ?

Je n'ai jamais aimé ça. Mais j'ai une de ces faims...

Viens manger, Aldo.

Après, tu t'en vas.

Moi ? Je reste avec toi.

Où vas-tu dormir ?

Je me trouverai un lit, va.

Tu fais toujours comme ça ?

L'été, les femmes travaillent.

On bat le chanvre, on le fauche...

Où mets-tu l'argent que tu gagnes ?

En lieu sûr. Je le dépense.

Aldo, regarde comme c'est joli.

Tu sais, j'en ai connu, des types bizarres,

mais aucun n'était aussi triste.

Je n'étais pas comme ça.

Un jour, à Ferrare, ils avaient fait une raffinerie.

Et mes amis... Tu connais Ferrare ?

Je devais y aller avec mon cousin.

Le dimanche où mes amis sont venus...

Tous des hommes ?

Non, des femmes aussi.

Ils voulaient aller danser, comme toujours.

Il y en avait une...

Irma, qui a dit...

"Toujours en train de danser, allons plutôt là."

Et tous les deux...

nous sommes allés au musée.

Et alors ?

Rien. Nous avons visité le musée.

C'est quoi, cette histoire ?

Comment finit-elle ?

Je n'ai pas compris.

Ce genre de choses

me font devenir folle.

Tu parles, puis tu te tais.

C'est quand ça te chante.

Si tu es comme ça aussi au travail...

Le travail, ça n'attend pas que ça nous chante.

Qu'est-ce que tu racontes ?

À l'usine de sucre,

j'avais un poste fixe, à responsabilités.

De là où je travaillais, parfois...

je voyais ma maison, le fleuve.

Je voyais ma fille

qui rentrait de l'école ou qui jouait dans la cour.

Tu as une fille ?

Rosina.

Dès que j'aurai du temps,

moi aussi, j'aimerais avoir une fille.

Un jour, je suis tombée enceinte.

Mais ça a capoté.

Ça aurait été trop beau.

À l'heure qu'il est, je serais mariée...

avec un homme à moi.

Va savoir où...

"Dans cette épicerie,

"qui ne paie pas s'en va."

Je ne vous connais pas.

Forcément, vous êtes sédentaire.

Comment ?

"Dans cette épicerie, qui ne paie pas s'en va."

Alors on reste à jeun.

Tu sais quoi ?

Je vais retourner chez mon frère à Contarina.

Il va jurer comme un charretier, mais ici, je fais quoi ?

Le niveau de l'eau monte. Dans 2 jours, tout sera inondé.

Toi, reste tant que tu veux.

Comme ça, tu garderas ma cabane.

Il manque toujours quelque chose.

Maintenant que j'ai un toit, on n'a pas à manger.

Si je n'étais pas là, que ferais-tu ?

J'attendrais le beau temps.

Et ensuite ?

Dis-moi.

Tu veux me donner des conseils ? Quel âge as-tu ?

Quatre-vingts ans.

Moi, 90.

On va faire un truc.

On ne fait rien.

J'ai compris.

Si je ne fais rien, il n'arrivera rien.

Où vas-tu, avec cette pluie ?

Faire un petit tour.

Au revoir.

Andreina !

Andreina !

Andreina !

- Que veux-tu ? - Tu rentres.

Non, je ne rentre pas. Laisse-moi.

Tu rentres !

Arrête de crier. Pourquoi je devrais rentrer ?

Tu ne sais pas pourquoi je suis venue ici ?

Parce que j'ai faim. Et toi aussi.

Et si tu dis non, tu es un menteur.

Je n'ai jamais eu de chance.

Mais toi, pour qui tu te prends ?

Tu as eu des malheurs, bien sûr.

Si je te raconte les miens, ça prendra un mois.

Où vas-tu ?

Attends !

On peut discuter. Où vas-tu ?

Va te faire voir, toi aussi.

Il fait froid, hein ?

Cinquante litres, madame.

C'est le dernier hiver que je travaille de nuit.

Tu cherches toujours du travail ?

Ou quelque chose d'autre ?

Tu n'en as pas marre ?

J'en ai plus que marre, Virginia.

Tu as laissé ta valise, ici.

Je ne sais pas si tu t'en souviens.

Où est-elle ?

Dans la chambre de mon père.

Tu es revenu ?

Je suis de passage.

Mais vous n'étiez pas...

Bravo, grand-père. Vous êtes en forme.

Tu avais reçu une carte postale.

Une carte ?

Je l'ai gardée quelque temps. Elle venait d'Irma.

Où est cette carte ?

Elle ne disait rien d'important. Je l'ai perdue.

Comment ça, tu l'as perdue ?

Elle disait que Rosina grandissait, les trucs habituels.

Rien d'autre ?

Si, mais je ne m'en souviens plus.

Tu ne t'en souviens plus ? J'ai besoin de savoir.

Halte-là.

On ne peut pas passer.

Pourquoi ?

Les ordres.

Je dois aller à Goriano.

Je n'y peux rien.

Et par là ?

C'est autorisé.

Merci.

Avis aux paysans menacés d'expropriation.

Aujourd'hui, à 15 h,

grande réunion de protestation à la salle polyvalente.

Aldo !

Je ne te demande pas comment tu vas et ce que tu viens faire,

car j'ai une réunion.

Ici, on nous enlève tout.

Ils vont faire une piste pour avions.

Mais à quoi servent les avions, ici ?

Je n'en sais rien.

Mais ils vont la faire.

On n'en restera pas là.

Après la réunion, on ira voir le préfet.

Guido, je vais par là.

D'accord. Salut.

Rinaldi !

À vos ordres.

Stop ! Où allez-vous ?

Il arrive !

Ça ne serait pas Aldo ?

Si.

Il est revenu ?

Je l'ignorais.

Ils ont mis le feu aux champs !

Les champs !

Ils brûlent tout.

- Bianca. - Aldo !

- Tu as vu Irma ? - Elle vient de partir.

J'aimerais juste savoir une chose.

Pourquoi vous défendez les paysans ?

Ils vivent mieux que vous.

Ils sont tous propriétaires.

Et même si on leur prend un morceau de terre,

c'est pour le pays, non ?

Vous avez raison, mais nous sommes solidaires.

Maman !

Anna...

Anna, je sors un moment.

Mets-le au lit tout de suite.

Mais sèche-le bien.

Aldo !

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