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Frou frou, frou frou
Par son jupon la femme
He! dis donc, Halphen ! Hein !
Tu vas Ă Epernay ! Oui.
Dans combien de temps ! Dans une demi-heure.
Avec la camionnette ! Oui.
Ben! attends-moi, tu vas m'emmener.
D'accord, je t'emmène, Joséphine. He oui, Joséphine !
T'es pas le seul.
He ! je m'en fous, petite tĂŞte.
Dis donc, Maréchal.
Hein !
Il y a là un type de l'état-major.
Il faut que tu l’emmènes.
Un gars de l'état-major !
Hé bé ! dis donc, il tombe mal.
Hè oui, Joséphine, encore
He oui ! Joséphine !
Ah là ! où ça va te mener tout ça ?
Enfin, elle attendra.
A tes ordres, mon capitaine !
Allez, viens vite, veinard.
Alfred passe-moi donc le camembert
Séduit surtout
Par son gentil frou-frou
En culotte me direz-vous
On est bien mieux Ă bicyclette
Mais moi je dis que sans frou frou
Une femme n'est pas complète
Capitaine de Boeldieu...
Etat-major de division.
Maréchal...
Monsieur Maréchal...
Vous connaissez cette photo ?
Ça !
Ah oui, c'est Ricord qui l'a prise avec moi.
Et...oĂą est-il, ce monsieur...Ricord ?
il est en permission.
Naturellement.
Oui !
Cette petite tâche grise là , qui m'inquiète.
LĂ , au-dessous de la route...
Ah ! lĂ !
C'est pas une route.
C'est un ancien canal.
ça, non ! c'est une voie de chemin de fer.
elle donne une nette idée...
de la perfection de nos travaux photographique.
Ah ben! il y avait de la brume, ce jour-lĂ .
Eh ben ! J'aimerais tout de mĂŞme bien...
éclaircir cette petite énigme.
A votre disposition.
Je vais demander un chasseur.
Eh ben ! Je vais me préparer, mon capitaine,
A tout Ă l'heure.
vous désirez une combinaison ou une peau de bique ?
Aucune préférence...
Les combinaisons sentent mauvais...
Les peaux de bique perdent leurs poils.
Donnez-moi l'escadrille de chasse, s'il vous plaît!
Monsieur Bredow!
Prenez une auto et allez donc voir du côté de la sucrerie.
J'ai descendu un Caudron.
Si ce sont des officiers,
invitez-les à déjeuner. à vos ordres
Félicitations, monsieur le capitaine! Musique!
Santé!
Préparez-nous votre fameux punch aux fruits.
Il convient d'arroser dignement mon douzième avion.
Avec plaisir, monsieur le capitaine.
Trois bouteilles de Moselle, deux de vin du Rhin,
une Martel,
une de Champagne...
de l'eau de Seltz
de l'ananas.
un citron..
Ce sont deux officiers.
L'un d'eux a pris une balle. Je l'ai amené en ambulance.
Capitaine Von Rauffenstein. Commandant l'escadrille 21.
Capitaine de Boeldieu, état-major.
Enchanté.
Lieutenant Maréchal, pilote.
Je regrette.
Mes officiers.
Très honoré d'avoir des hôtes français.
Maintenant, messieurs, Ă table.
Ordonnance... les manteaux!
Et votre punch ?
Puis-je vous servir ?
J'ai connu un Boeldieu Ă Berlin
Un comte de Boeldieu.
Ah oui ?
C'était mon cousin...
Edmond de Boeldieu.
Il était attaché militaire.
C'était un merveilleux cavalier.
Oui, dans le bon vieux temps!
Maintenant, il est aviateur dans la chasse.
Mais vous mangez pas ?
Ben !... Je ne peux pas couper ma viande, alors...
Vous permettez !
Avec plaisir, merci !
Vous parlez bien français.
J'ai travaillé chez Gnome à Lyon.
Sans blague ?
Moi aussi, je suis dans la mèca...
Mécanique.
au capitaine de Crussol, de l'aviation Française, descendu en flammes le 19 mars 19...
Les officiers de l'escadrille allemande f.s.21
Je suis désolé de cette coïncidence.
Que la terre soit légère à notre courageux adversaire.
merci
Messieurs...
Alors, vous êtes restés longtemps?
Je viens prendre en consigne les officiers prisonniers.
Camp d'officiers prisonniers de guerre de Hallbach
Les prisonniers sont en place.
Lisez à ces messieurs le règlement du camp.
Au nom du commandant Krauss...
Les officiers seront traités avec tous les égards...
dû à leurs qualités.
Cependant, Le commandant Krauss...
Vous rappelle...
Que vous ĂŞtes ici...
Sous l'autorité des lois allemandes.
Vous devrez donc, dès aujourd'hui...
Prendre les habitudes de la discipline allemande...
Et vous soumettre !
Tout soldat allemand...
employer dans le camp...
a le droit de vous donner des ordres.
Et vous devez les exécuter sans protester.
Vous devez le salut aux officiers...
Suivant le règlement intérieur...
Des places de l'armée allemande.
En cas de tentation d'évasion...
Les sentinelles ont ordre de tirer...
Sur tout officier surpris en dehors des limites.
Il est sévèrement interdit d'avoir une tenue négligée.
Sévèrement interdit.
De faire des attroupements...
De tenir Ă haute voix...
Des propos injurieux...
Sur la nation allemande.
D'avoir des rapports verbaux ou écrits avec des civils.
En dehors du service du camp.
Strictement interdit!
Il est sévèrement interdit de parler avec les sentinelles.
Très sévèrement interdit, messieurs.
Messieurs...
Nous allons vous faire passer dans un bureau...
Pour une petite formalité, avance.
En russe, les noms se déclinent...
Comme en latin.
Des nouveaux.
Vous pouvez aller, prévenons-les.
Allez, les gars.
Anges purs , Anges radieux.
Cachez votre or ! et montres !
Cachez votre or !
Allez! allez! rentrez dans vos chambres!
Cachez votre âme !
Qu'est-ce qu'ils disent ?
Ils nous disent de cacher notre or.
Toi !
Bas les pattes! Ne me touchez pas!
Vous voulez ma montre ?
Laissez lĂ tranquille mon vieux...
c'est mes affaires.
Laissez lĂ tranquille, je te dis...
Ah ! J'ai rien, moi, mon vieux !
Si j'avais su, que je venais ici...
J'aurais pris un peu de l'argent sur moi, je regrette.
rien
Dis donc, qu'est-ce que c'est, ces façons de procéder.
je regrette capitaine...
Mais c'est notre devoir de vous fouiller...
C'est la guerre !
Nous sommes parfaitement d'accord...
Mais on peut la faire poliment...
Sinon, je serai obligé d'en référer...
au général commandant de la région.
Bravo !
lieutenant Rosenthal
Présent !
Ouvrez.
Comment vas-tu-yau de poĂŞle ? Ah ! ah !
Si t'es gai, ris donc.
enseigne Muller, exact, très, très bien...
Un paquet de chocolat.
Vous avez ouvert ma boîte de jambon...
Vous n'avez pas le droit !
certainement, c'est dans le règlement.
Tu crois !
Absolument, je l'ai lu.
il est pourri.
ça, il faut, le foutre autre part
Il est difficile.
He ben ! moi, je suis étonné...
Ravi chaque fois que je touche...
Ă un envoi de mes parents.
quand je pense que...
Nous sommes ici au centre de l'Allemagne.
Séparés des nôtres par...
Une ligne de feu infranchissable...
Et que voici...
une boîte de petits pois,
qui m'arrive directement de Paris.
Ça va.comme ça ça va
Ce qui m'étonne le plus...
C'est la stupéfiante honnêteté de nos geôliers...
Qui nous transmettent ces colis.
Cest vrai, tiens...
Notre feldwebel, Arthur...
Ben ! tous les jours, il s'envoie des choux.
Et ça y reste sur l'estomac...
Il a horreur de ça, il me l'a avoué.
Hein ?
Oh !
oh sûr! il aimerait mieux becqueter tes petits pois.
Vous vous faites des idées.
s'ils faisaient ça...
On ne recevrait plus de colis, et ils le savent bien
Alors, ils sont obligés de nous nourrir...
Ils ont déjà assez de mal à se nourrir eux-mêmes.
Dépêchez-nous, nos invités vont avoir faim.
C'est du jus de savates!
Ils mangent quoi, les Français ?
Du chou. Mais ils ont leurs conserves.
et les Russes?
Des racines de choux, mais sans conserves.
Et les Anglais?
Du plum-pudding.
En temps de paix, j'étais acteur.
Aux Bouffes du Nord.
Tu m'as vu jouer !
Moi, tu sais, moi je vais jamais au théâtre...
C'est trop sérieux.
J'aime mieux le vélo.
Tu t'intéresses toi, au Tour de France ?
Bah...
Enfin, t'as déjà entendu parler...de Faber...
Lapize...
Garrigou...
Trousselier...
Petit-Breton...
Oui !
Ces gars-lĂ ...Eh ben ! ils m'ont ouvert l'aubaine.
Oui !
Commandant on a le droit de faire acheter, tout ce qu'on veut en ville.
Oh ! Tout ce qu'on veut...Par l'intermédiaire de la cantine.
Ah ! parfait ! alors...Je vais acheter un fauteuil...
Un fauteuil confortable, puis...
Des cartes Ă jouer...
Quelques livres...
Et des cigarettes anglaises.
Oh ! ça, vous n'en trouverez pas ! Non !
Eh ben voilà mon lieutenant, je tâcherai de revenir demain.
Merci, Camille.
Alors, messieurs, si vous le voulez bien, Ă table.
Tiens, mets-toi lĂ .
Mon capitaine.
Tout ça est sympathique.
Alors, Messieurs, par quoi désirez-vous commencer...
Poulet froid...
Pâté de foie gras aux truffes du Périgord...
Ou maquereaux marinés du «Capitaine Cook» ...
Hum ?
La maison est bonne Ă ce que je vois !
Eh ! on n'est donc pas nourris ici ?
Théoriquement oui...
Mais pratiquement non...
Ce qu'ils nous donnent n'est pas mangeable.
Heureusement, nos colis nous suffisent...
Et surtout ceux de notre ami Rosenthal.
ça va bien, je t'en prie.
Un peu de cognac, mon capitaine...
En guise d'apéritif !
Mais pourquoi pas !
Je n'ai jamais si bien mangé de ma vie.
Un peu de poissons ?
S'il vous plaît, oui !
Et je commence à m'habituer très bien...
Aux gentillesses de Rosenthal.
Tant il est vrai que l'homme est un animal facilement adaptable.
Et inutile de te dire que c'est un professeur.
Soeur-Anne...
Annecy...
Sicambre...
Cambronne.
Merde alors.
Dis donc, t'es un drĂ´le de petit comique, toi !
le jeu demande-t-il qu'on fasse semblant de trouver ça spirituel?
Oh...il est difficile.
La der des ders, ça vaut bien ça.
Très correct le cognac.
Oui, c'est le barman du Fouquet's...
qui me l'a envoyé dans une bouteille d'eau dentifrice.
Du Fouquet's !
Oh! c'est un bar...
Aux Champs-Élysées à Paris.
Moi quand j'allais Ă Paris...
je prenais mes repas chez mon beau-frère.
C'est moins cher que le restaurant.
Il y a longtemps que vous avez vu Paris ?
Une semaine.
Ah ! je vous envie.
Y a du monde lĂ -bas !
L'autre jour chez Maxim's, c'était bondé.
Oh ! moi, je vais jamais dans ces coins-lĂ .
Fouquet's, Maxim's.
j'aime mieux un bon bistrot tranquille.
un peu de poulet oui, s'il vous plaît
OĂą il y a du bon pinard.
Maxim's...
Je connais pas non plus, moi.
Oh ben ! t'y perds rien, va.
Eh ! On le sait que tu bouffes chez ton beau-frère.
Frère Jacques, frère Jacques, dormez-vous ?
Oh ! C'est une cascade, alors...
He ! Dis donc ? Qu'est-ce qu'il y a?
Il est pas lĂ ...
Le monocle ! Non, non, il est pas lĂ !
Parce que je viens de la cantine.
Tu pourras lui dire...
Pour son fauteuil anglais...
Ceinture.
Bon, je lui dirai.
Tu viens faire un tour !
Dis donc, il est gentil, le gars aux conserves.
Il doit ĂŞtre Ă son aise, hein !
Je crois !
Tu connais les gros banquiers Rosenthal ?
Non !
Ben ! Mon vieux, sont ses parents.
Ahh !
Je te chatouille ? Oui !
Et lui qu'est-ce qu'il fait ?
Ah ! Il a une grande maison de couture.
Tiens cette idée.
C'est drĂ´le si j'avais de l'argent, moi, je sais pas...
Et toi, qu'est ce que tu fais dans le civil?
Moi, je suis ingénieur.
Au cadastre. Ah oui, au cadastre.
Ah ! Dis donc...
Entre nous...
Ton copain, le capitaine...
Est-ce qu'on peut avoir confiance en lui !
Oh ben ! il a l'air drôle comme ça...
Mais c'est un brave type tu sais.
Oh ! Tu peux avoir confiance en lui.
Oh ! oui !
Alors, ça va.
Pourquoi ?
Parce que tu sais, la nuit...
On creuse un trou.
un trou, pourquoi faire?
Pour nous évader.
Avec quoi vous le creusez ?
Avec une pelle Ă charbon...
Des vieilles boîtes de conserve...
D'après mes plans,
On doit aboutir dans un jardin...
Derrière les bâtiments que tu vois là -bas...
C'est en pleine campagne.
Ça doit pas aller vite, dis donc.
On travaille depuis deux mois.
Il y a encore quelques semaines et se sera terminé.
Ah !…La guerre sera finie avant, mon vieux.
Tu fais des illusions.
Tu crois...
En tout cas nous...
On aime mieux prendre nos précautions.
Et oĂą est-ce que vous le creuser ce trou?
Tu verras ça, ce soir après l'appel.
Alors, vous creusez un trou.
Comme Monte-Cristo...
Je trouve ça marrant, moi.
Dis donc merci ma vieille, t'es bien gentil.
Ah! c'est tout naturel avec ton bras.
Si tu permets, je voudrai te poser une question.
Vas-y...
Qu'est-ce que c’est le cadastre ?
Maréchal ! Présent !
Boeldieu ! Oui ! dites, capitaine de Boeldieu.
Rosenthal ! Mum !
Cartier ! Ici... les Moulineaux...
Bonne nuit !
c'est le tour de qui?
c'est Ă Cartier.
Ă moi ! Oui, tiens !
Qu'est-ce que c'est ça !
C'est pour respirer.
Y en a déjà dans le trou...
Mais on met des rallonges. Ah ! bon !
Mais des sacs lĂ , c'est pourquoi ?
C'est pour ramener la terre.
Et ce truc-lĂ ?
ça...
C'est le signal d'alarme.
Si j’étouffe...
Hein...
Eh ben ! je tire sur la ficelle.
Alors, la boîte, elle tombe...
Et les copains...
Eh ben ! ils me ramènent par les pattes, hein !
Les pattes.
Les pâtres des montagnes...
J'aime l'air, puis la liberté...
Eh ! qu'est-ce que tu attends !
Je me déguise en taupe...
Pinambour.
Dis donc...
Il est solide, au moins, votre tunnel ?
C’est étayé comme il faut...
Avec du bois qu'on a emprunté au théâtre.
Et la terre, qu'est-ce qu'on en fait !
On a commencé par la mettre sous le plancher.
C'est tellement bourré...
on entrera plus une épingle maintenant.
Alors, on remplit des sacs...
Et puis on les emporte avec soi Ă la promenade.
He !
He !
Vous avez entendu ?
Non !
Ah ! Je vous assure que j'ai entendu quelque chose.
c'est rien !
Il y a encore...
Oh ben ! si tu veux...
On peut envoyer quelqu'un en reconnaissance.
Tiens, toi, avec ton air ingénu...
Va voir en douce ce qui se passe.
Fais semblant d'aller aux cabinets...
Dis donc, M. Arthur...
Qu'est-ce qui s'est passé ?
C'est ce type-lĂ ...
Qui a essayé de s'évader.
On l'a attrapé...
Dans les jardins derrière les bâtiments...
Et on a tiré dessus.
Derrière les bâtiments !
Et il est mort ?
Je crois !
Et vous, qu'est-ce que vous faites lĂ ?
Moi ?
Je vais aux cabinets...
Alors qu'est-ce que c'était ?
Y en a un qui a essayé de s'échapper.
Il est arrivé...
J'en sais comment dans les jardins...
Derrière les bâtiments...
Une sentinelle lui a tiré dessus...
Il est mort.
Oh ! le signal !
Le signal !
Oh !
Oh !
He !
Il répond pas.
On va le tirer.
Ho... hisse
Ho... hisse
VoilĂ !
Tenez juste !
Tenez bien !
Tourne-le.
Oui...
Prends-le, lĂ , prends la tĂŞte.
T'as mal ?
Un peu de cognac !
De chez Fouquefs.
A la tienne, Etienne, casse pas le litre.
Demain, c'est Ă qui, le tour?
A vous, mon capitaine...
Si vous le permettez.
Avec plaisir...
Je me suis laissé dire que la reptation...
est un exercice des plus salutaires.
Je rappelle...
Qu'il est sévèrement interdit.
De faire venir des vĂŞtements...
Qui ne sont pas des vĂŞtements militaires...
Streng verboten.(strictement interdit)
Messieurs, vous ĂŞtes libres
Rosenthal.
Le journal !
Dumas.
Bonnes nouvelles !
Quoi de neuf !
C'est une lettre de ma tante qui habite Bordeaux.
il parait qu'il y a lĂ -bas un monde fou.
Dis, qu'est-ce que t'en penses !
Moi, enfin, je me méfierai.
C'est la Gazette de Francfort qui annonce une avance foudroyante.
Ah ! pense-tu...Ils n'ont pas hissé les drapeaux...
On n'a pas entendu les cloches, ça doit pas être bien grave.
Allez, on va au jardinage ! tu viens !
Si tu veux !
Je ne l'approuve pas cette manie d'exagération des communiques allemands.
Oh ben ! et nos journaux Ă nous ?
Tu te rappelles pas au début...Le rouleau compresseur russe...
Ah ! oui...
N'est-ce pas, messieurs !
Ne coyez-vous pas, qu'il serait temps de nous occuper...
D'affaires sérieuses.
Bien sûr mais pas tous ensemble.
Donnez-moi vos outils.
Verboten, ja. (Interdite oui)
Et le fameux général Hiver...
Qui fait mourir de bronchite les méchants fridolins.
Et qui est tellement fortifiant pour les alliés.
Bah, et la turpinite...
Tu te rappelles la turpinite.
Paraît, qu'avec un petit flacon...
Gros comme un...radis...
On faisait sauter un corps d'armée.
Tiens, même qu'on a fait des expériences...
Sur des troupeaux de moutons.
Dommage qu'on s'en soit pas tenu lĂ .
Qu'est-ce que vous allez planter lĂ , les gars?
Des pissenlits.
J'en rĂŞve de me faire une salade de pissenlit au lard.
Beh ! La guerre sera finie...
Et tes pissenlits n'auront même pas encore montré le bout de leur nez, va.
Ah ! sûr.
Ce curieux exercice...
Va nous valoir des mains de terrassiers.
Dis donc, Rosenthal, les caisses sont arrivées...
Les costumes !
Mais oui, elles sont au théâtre.
Il doit y avoir une caisse...
Pleine de robes de femmes...
Les vraies.
Des robes de femmes.
Vous venez mon capitaine !
Non, non, ma compétence en matière théâtrale...
est assez discutable puis j'ai Ă faire.
Une petite réussite sans doute ?
Précisément, moi je suis un réaliste.
À tout à l'heure, messieurs... À tout à l'heure.
One, two...
"lt's A Long Way To Tipperary"
It's a long way to go...
It's a long way to Tipperary
To the sweetest girl I know!
One, two...
It's a long way to Tipperary,
It's a long way to go
It's a long way to Tipperary,
To the sweetest girl I know!
Alors, Arthur...
T'as rien trouvé ?
Non, je n'ai rien trouvé.
Alors, messieurs...
Amusez-vous bien !
Bonne nuit, Arthur.
Au revoir, Arthur !
He ! lĂ , attention.
Non, hé, doucement.
Sans blague, non.
Où est ce qu'on va ranger ça ?
je ne sais pas...
J'avais demandé qu'on mette aussi des cintres.
Des cintres, il doit y en avoir, en voilĂ .
Faites attention !
Oh ! Attention !
Ce sont des objets qu’il faut manier avec précaution.
En fermant les yeux.
Des vraies robes, les gars !
Comme elle est courte !
On dirait une robe de petite fille.
Quoi ! Mais les femmes mettent des robes courtes maintenant.
Des robes courtes !
Ben dame.
Juste eu-dessous du genou.
Oui, oui, on me l'a même écrit...
Oh ! je voudrais bien voir ça.
Eh ben ! t’as qu’à la mettre, tiens !
Mais, non, sans blague...
C'est pas à lui, il est trop mal rasé.
Non, toi, Maison-Neuve, avec ta figure d’ange.
ça vous amuse...
Tiens, prend ça.
Va falloir faire l'inventaire de tout ça...
On n'y reconnaît plus rien, dites !
Et puis y a ça, tiens.
Tiens, puis le corset !
Allons, doucement, dis.
Y’a pas que les robes qui sont courtes...
Elles ont les cheveux coupés aussi.
Les cheveux coupés...
Oh ! On doit se figurer qu’on couche avec un garçon !
Décidément, quand on n’est pas là pour les surveiller...
Les femmes font des bĂŞtises.
moi, je suis sûr...
que la mienne s'est pas fait coupé les cheveux.
Et tout ça...
c'est des trucs bons pour les poules de luxe.
Ah ! toi avec ta bouille, tu peux y allez, alors.
Oh ! Des souliers !
On en avait oublié que c’était si petit...
Des bas !
Oh ! Des bas !
De la soie comme j’en ai jamais touché.
Eh ! les copains...
Je suis prĂŞte !
Ah ! Laisse-nous rĂŞver un peu, toi !
Si on te voit...
Tu vas nous retirer l’imagination...
Ils sont beaux, dis donc.
Hein ?
Des bas noirs. Oh !
T’as l’air d’une vraie fille !...
C’est drôle, hein!.
Tu trouves pas que ça fait drôle ?!
C'est drĂ´le.
Ah oui, ça fait drôle, alors...
Pauvres garçons .
Amusez-vous bien...
Merci. Au revoir
D’un côté des enfants qui jouent aux soldats...
et de l’autre des soldats qui jouent comme des enfants.
Je serais pas fâché de savoir ce qui se passe chez moi.
T’as pas de nouvelles ? Rien.
Moi, je me fous, de ce que fait madame.
Ce qui me pousse à me débiner...
C’est que je m’embête trop.
Trop, Trocadéro. Cadet Rousselle.
Cadet Rousselle a trois maisons.
En somme, tu veux t’évader pour te distraire !
VoilĂ !
Moi, c’est par esprit de contradiction.
Depuis qu’on m’interdit de me battre..
J’en brûle d’envie.
Oh ! Moi...
C’est pour faire comme tout le monde...
Et puis ça m’embête d’être ici...
Pendant que les autres se font casser la gueule.
Ben ! pour moi, la question ne se pose pas.
Ă€ quoi sert un terrain de golf...Ă jouer au golf !
Un court de tennis...Ă jouer au tennis !
Un camp de prisonniers, ça sert à s’évader.
Qu’est-ce que vous en pensez Rosenthal...
Vous qui ĂŞtes un sportif !
Lui, ah !
Il est né à Jérusalem !
Je vous demande pardon...
À Vienne, capitale de l’Autriche...
D’une mère danoise...
Et d’un père polonais, naturalisé français.
Vieille noblesse bretonne, quoi !
C’est possible...
Mais vous autres...
Vieux Français de vieille souche, tous réunis...
Vous ne possédez pas 100 m² de votre pays.
Eh ben ! les Rosenthal...
Ont trouvé le moyen en trente-cinq ans...
de s’offrir...
Trois châteaux historiques avec chasse ...
et tant terres arables...
Vergers...
Clapiers...
Garennes...
Faisanderies...
Haras...
et trois galeries d’authentiques ancêtres au grand complet.
Si vous croyez que ça ne vaut pas la peine de s’évader...
Pour défendre tout ça.
Je n’avais jamais envisagé la question du patriotisme...
Sous cet angle, Ă vrai dire, assez particulier.
Clapiers, faisanderies, garennes...
Qu’est-ce que tu dois leur donner à bouffer comme gibier à tes larbins !
Moi j’ai été amené dans la bagarre d’une drôle de façon.
Si je suis soldat, tenez-vous bien...
C’est parce que je suis végétarien.
Végétarien !
Parfaitement.
Mon frère et moi, on avait une maladie d’estomac.
le médecin nous a dit :
“Si vous continuez de manger de la viande, vous êtes fichus".
Moi je suis devenu végétarien et j’ai guéri...
Mon frère a continué de manger de la viande.
Et il est devenu très malade.
Et on l’a réformé.
Ă€ en juger par vos citations...
être végétarien...
ne vous a pas empêché de faire votre devoir.
Ça m’a surtout pas empêché d’être cocu...
Ça a tout de même de l'allure.
J'ai horreur des fifres.
On a beau dire, ça vous pince.
Ce qui pince mon vieux...
C'est pas la musique...
C'est pas les instruments...
C'est le bruit des pas...
oh! merde !
Ça y est ! Tiens...
Tiens, avec vos discours Ă la gomme...
Eh ben ! il est foutu, mon pantalon...
Fort de Douaumont est tombé!
Et le théâtre ?
La revue...
On la joue quand mĂŞme ?
Quoi ?
Eh ben ! je te crois plutĂ´t deux fois qu'une...
Je serais mĂŞme d'avis pour une fois...
d'inviter le commandant du comp et les officiers, tiens.
Bien que par goût...
Je ne participe pas Ă vos manifestations artistiques...
Mon vieux maréchal...
Permettez-moi de vous féliciter...
C'est très chic...
Connaissez-vous Marguerite
Une femme ni grande ni petite
Qu'a des yeux troublants
Un teint rose et blanc
Une petite bouche d'enfant
Eh bien! cette beauté suprême
Quand je lui ai dit Je t'aime
M'a donné des fleurs
Me disant farceur
Je veux faire ton bonheur
Je lui dis merci du bouquet
Mais c'est pas ça qu'il faudrait.
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton coeur.
Le soir mĂŞme sous sa fenĂŞtre
Je chantais pour la voir paraître
Je suis malheureux
Car tes jolis yeux
Ont mis tout mon coeur en feu !
Alors elle, par bonté d'âme
M'envoie pour éteindre ma flamme
Un seau d'eau vivement
Me disant gentiment
Es-tu plus heureux maintenant ?
J'lui dis: Merci du seau d'eau
Mais c'est pas ça qu'il me faut.
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton coeur
En choeur !
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite Marguerite
Si tu veux faire mon bonheur
Marguerite donne-moi ton coeur
Et maintenant...
Ă Paris!
It's a long way to Tipperary, La route est longue jusqu'Ă Tipperary
It's a long way to go. La route est longue pour y aller.
It's a long way to Tipperary La route est longue jusqu'Ă Tipperary
To the sweetest girl I know! Jusqu'Ă la fille la plus douce que je connaisse !
Goodbye Piccadilly, Au revoir Piccadilly
Farewell Leicester Square! Adieu Leicester square !
It's a long long way to Tipperary, La route est longue longue jusqu'Ă Tipperary
But my heart's right there. Mais c'est là qu'est mon cœur.
HĂ©, tu piges, Arthur ?
ArrĂŞtez
ArrĂŞtez, arrĂŞtez !
ArrĂŞtez, les copains !
On a repris Douaumont...
Et c'est eux-mĂŞmes qui l'annoncent !
Bravo
Marseillaise, s'il vous plaît
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, et vos compagnes !
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
Qu'est-ce que vous faites ?
Un petit trou...
Pour m'évader.
Ouvrez cette porte!
Laissez-moi,
Ah ! foutez-moi la paix !
Foutez-moi la paix !
DOUAUMONT réoccupée par les troupes allemandes.
Dis donc, tu as vu, c'est terrible, hein !
Pour ce qui doit en rester...
Alors, qu'est-ce qu'il y a ? Pas d'appétit aujourd'hui ?
Fous-moi la paix !
J'en veux plus...t'entends...
Je veux plus, j'en ai marre...
Je veux voir clair, nom de Dieu !
Je veux voir clair...
Et puis ça pue la merde ici...
Tu m'entends, ça pue la merde...
Et puis je veux qu'on me parle !
Marre...
Je veux qu'on me parle.
Je veux entendre parler français...
Je veux entendre parler français, t'entends...
Tout seul. Oh ! non...
Jamais entendre parler.
Pourquoi a-t-il crié comme ça ?
Parce que cette guerre dure trop longtemps!
Si mes calculs sont exacts...
Dans...quatre jours...
On aura dépassé le mur du jardin.
Ah ! ça en représente, des sacs de terre.
Maintenant qu'on a sa chance de filer...
De regagner le pays...
J'ai peur de ce qui m'attend.
Toi alors, y a pas qu'une femme au monde.
Mais moi, j'en ai qu'une.
Ah ! c'est pour ça que t'es cocu.
Seulement il y a une chose...
Dont je ne me consolerai jamais...
C'est partir sans Maréchal.
Ça m'est très pénible, à moi aussi.
Et puis...ça me gêne.
Ah ! Quoi ?
C'est la guerre...
les sentiments sont hors de question.
Je suis rudement content de vous revoir, mon vieux.
Ah ! oui, on est content...
On t'expliquera pourquoi.
Dis-moi, vieille noix...
Il y a Ă manger...
j'ai faim.
Hein.
Tiens...
Viens t'asseoir lĂ .
Rosenthal il prépare à becqueter.
Quelle heure est-il ?
Il est onze heures.
Le temps passe pas vite aujourd'hui.
N'empĂŞche que cette nuit, auf Wiedersehen.
Alors, rendez-vous Ă Amsterdam.
Je suis curieux de visiter la Hollande...
A cause des tulipes.
Ah ! Les fromages, vieux...
Le hollande...
T'aimes pas ça, le hollande...
Et mais les tulipes...
Il parait qu'il y en a des champs entiers...
Ă perte de vue.
Décidément mon cher ami...
vous avez une âme de grisette.
Appel général à trois heures.
Tous les officiers changent de camp.
Préparez vos bagages...
Messieurs...
Messieurs...
je vous souhaite donc un bon voyage.
Et j'espère...
Vous reverrez bientĂ´t...vos femmes.
Au revoir, Arthur.
Les officiers anglais...
attention !
Nous devrions peut-être les prévenir.
De quoi ?
Le trou...
Oui...
Le trou...
Fais attention.
Colonel, dans la chambre n° 7 ...
Il y a un trou de creuser. Très aimable à vous.
un trou de creuser, pour partir. Je ne comprends pas le français.
Pas parler français.
un trou de creusé dans le coin partir.
thank you, ...Bon voyage...
Bon voyage...thank you, thank you...
Retournez Ă votre place !
Camp d'officiers prisonniers de guerre de Alsheim
Camp d'officiers prisonniers de guerre de Sente
Camp d'officiers prisonniers de guerre de Wintersborn
Ouvre la fenêtre! ça pue à vomir, ici !
A vos ordres, monsieur le commandant!
Il ne nous reste plus que deux paires de gants blancs.
Trop compliqué d'en faire venir de Paris.
Fais durer ceux-lĂ jusqu'Ă la fin de la guerre.
A vos ordres!
Encore une tasse de café ?
Puisque tu appelles ce purin du café, je me résigne.
Ça me réchauffera les boyaux.
A vos ordres, monsieur le commandant!
La liste des nouveaux prisonniers...
Les nouveaux prisonniers sont lĂ .
Les nouveaux prisonniers sont dans votre bureau.
Deux nouveaux officiers prisonniers.
Bonjour, messieurs.
Enchanté de vous revoir, Boeldieu.
Je suis désolé de vous voir ici.
Nous aussi...
Oui !
Prenez place, messieurs.
Non, merci, Mon commandant.
A votre aise.
Capitaine de Boeldieu...
Quatre tentatives d'évasion...
Par le calorifère...
Dans un tombereau d'ordures...
Dans l'égout...
Dans une corbeille Ă linge...
Il y a des circonstances, n'est ce pas...
oĂą il faut se faire tout petit.
Je comprends.
Lieutenant Maréchal...
Cinq tentatives d'évasion.
Déguisé en ramoneur...
Pardon, mon commandant...
En entrepreneur de fumisterie.
Déguisé en soldat allemand...
Déguisé en femme.
C'est drôle, c'est très drôle.
Oui, mais ce qui est beaucoup moins drĂ´le, Mon commandant...
c'est qu'un sous-officier m'a réellement pris pour une femme...
Et je n'aime pas du tout ça.
Vraiment !
Ah ! je vous l'assure !
Lieutenant Demolder...
trois tentatives...
Messieurs...
je rends hommage Ă votre courage patriotique.
Mais ici...
La situation est complètement changée.
Personne ne s'échappera de cette forteresse.
Vous comprenez cela, messieurs, n'est-ce pas?
Pour que...
l'on n'accuse pas...
La barbarie allemande...
J'ai décidé...
d'appliquer le règlement français.
Lisez-le.
C'est une bonne lecture en attendant le sommeil.
Et maintenant, messieurs...
je vous prie de me faire le plaisir de m'accompagner.
Oswald, mon manteau!
Mes soldats ne sont pas jeunes...
Mais ça les amuse...
de jouer aux soldats.
Nous avons au moins...
25 comme ça. Hein ! hein !
Ah ! Je suppose que vous connaissez le modèle...
08 Maxim ?
Très bien, mon commandant...
Personnellement, je préfère le restaurant.
Pierre dans mon jardin.
Maxim.
J'y ai connu une fille en 1913.
Elle s'appelait... Fifi.
Je l'ai connue aussi.
Douzième siècle.
je vous demande pardon, mon commandant, mais...
Cette villa...
A-t-elle été construite exprès...
pour le capitaine de Boeldieu et pour moi ?
Pardon !
Sommes-nous seuls pensionnaires ?
Oh !
Non, non...
Eh ! Vos camarades sont lĂ ...
Derrière.
Treizième...
Ah ! oui !
Ici, trente-six mètres de hauteur.
Très aimable à vous mon commandant...
De nous avoir fait faire ce petit tour du propriétaire.
C'est un bien joli château mon commandant...
Et puis c'est ancien...
Et puis c'est gai...
Pardon !
Je regrette infiniment de ne pas pouvoir...
Vous loger seul.
je suis très touché, mais je n'aurais accepté en aucun cas mon commandant.
Messieurs...
J'espère que cette promenade ne vous aura pas trop fatigué.
Mais non, mon commandant...
ça va. ça va.
Quatorzième...
Pur style gothique.
Vous permettez, messieurs...
Pour la fouille...
Vous savez...
Votre ami le lieutenant Rosenthal...
Du camp de Hallbach...
Il est ici. Non !
Ah! ce vieux Rosenthal.
Décidément, il n'a pas eu plus de chance que nous.
Non... Que voulez-vous.
Le commandant a donné l'ordre...
Qu'on vous mette dans la mĂŞme chambre.
Il dit que comme ça...
Vous seriez mieux nourris.
ça, c'est gentil...
C'est très gentil...
Eh ! mon vieux, non, mon képi...
Allons, voyons !
c'est une simple formalité.
Mon Dieu, j'aime pas...ta formalité ...
Je vais me plaindre au commandant sans blagues...
regardez-moi ça.
Oui, merci, mon vieux. Bien aimable.
Moi, c'était avec une brune.
Ă qui se fier?
Une amie de ma mère...
Une dame tout ce qu'il y a de respectable...
Qui s'occupait de bonnes oeuvres.
C'est pas de veine parce que en général chez les gens bien...
C'est plutôt la vérole.
Pas vrai, Boeldieu ?
Ah ! oui !
Ce fut longtemps un privilège...
Mais il se perd...
Comme les autres...
Tout se démocratise...
Ainsi le cancer et la goutte...
Ne sont pas des maladies d’ouvriers, mais...
Le peuple y viendra, soyons-en sûr.
Et les intellectuels ? Les intellectuels ?
Ah ! nous, c'est plutĂ´t la tuberculose !
Tiens, VoilĂ M. Pindare !
Ah ! Et les bourgeois alors !
Des maladies de foie...
D'intestins...
Ils mangent trop.
En somme, chacun mourrait de sa maladie de classe...
Si nous n’avions la guerre pour réconcilier tous les microbes.
Et pardon, pardon,
Vos dictionnaires vont me gĂŞner.
Dis donc, excusez-moi.
Mais voyez...
Pindare a toujours été si mal traduit.
Ah ! fâcheuse lacune...
Vous m'en voyez navré.
Dis-donc... Hum !
Je te l’ai jamais demandé...
Parce que, dans le fond, je m’en fous...
Mais qu’est-ce que c’est que ton Pindare !
Oh ! tu peux plaisanter...
Pour moi Pindare, c'est plus important que tout.
Plus que...votre vie.
Plus que la guerre...
Plus que ma vie Ă moi!
Tu comprends...
Pindare, c'est le plus grand poète grec!
Le plus grand poète grec !
Ah ben ! mon vieux...
Voilà , ma carte est reconstituée ou presque.
tu vois...
Nous sommes ici...
A 25 kilomètres au-dessus de cette courbe du Mein.
Pour gagner la Suisse...
Au-dessus du lac de Constance...
Seul moyen d'éviter la traversée du Rhin...
nous devons faire...
320 kilomètres.
Sans blague, penses-tu !
Et il faut compter 15 nuits de marche.
avec 6 morceaux de sucre et 2 biscuits par jour...
On peut tenir le coup !
Ah ! oui !
Tiens, veux-tu que je te dise
Toi, avec ta carte...
T'es aussi fou que l'autre avec son Pindare.
Parce que pour foutre le camp d'ici...
VoilĂ ...
Mon sujet est terminé...
La justice poursuivant le crime...
Ah ! je crois que c'est assez réussi.
Oui !
Non, mais, dis donc, alors écoute...
Pour aller Ă ton Constance, lĂ ...
Il est solide au moins ?
Oh ! lĂ , lĂ !
Tu peux y aller...
Elle supporterai dix comme toi et cinq comme moi.
Attention...
Ils vont fouiller les chambres.
Allez, vite, aller, sous le matelas...
Mais non, non, non, sous le mien, avec la mienne.
Allons, tout ça ne vaut rien.
C'est enfantin...
Vous permettez !
Oh ben! ça alors, j'y aurais pas pensé.
Il y a là une petite gouttière...
Qui est tout Ă fait commode.
Les voilĂ ...
Vous permettez, messieurs ?
Visite de la chambre.
Louise écrivit à Victor...
Je suis lasse comme une fille...
qui a épuisé Vingt-deux nuits d'amour...
Vingt-deux nuits d'amour...
Tu te rends compte...
Continuer!
Pas lĂ !
Donnez-moi votre parole d'honneur...
Que vous n'avez rien dans la chambre...
Contre le règlement.
je vous donne ma parole d'honneur...
Merci !
Mais pourquoi ma parole...
Et pas celle de ces messieurs ?
La parole d'honneur d'un...
Rosenthal...
Et celle d'un Maréchal !
Elle vaut la nĂ´tre.
Peut-ĂŞtre.
Ah ! non, mon vieux, non...
Pas ce bouquin-lĂ !
Ah ! non, prends-en un autre, pas celui-lĂ .
C'est introuvable, un bouquin comme ça.
Mmh
Ce pauvre vieux Pindare.
Ils sont trop bĂŞtes, quand mĂŞme.
Ça s'est bien passé chez vous ?
Pas mal.
Chez nous aussi. Eh ! ben...
Et votre cousin, Edmond de Boeldieu !
L'attaché militaire...
Que j'ai connu autrefois Ă Berlin !
Ah ! très bien, il est très content...
Il a été blessé...
Il a un bras en moins...
Et il a épousé une femme très riche.
C'est une très belle carrière !
vous l'avez connu.
Blue Minnie ? Bien sûr!
Vous la montiez lors de votre victoire Ă Liverpool en 1899.
Le Prix du Prince de Galles.
Je me souviens.
Asseyez-vous.
Je vais vous dire quelque chose Boeldieu.
Croyez bien...
Que le métier que je fais à présent...
Me répugne autant qu’à vous.
Vous êtes sévère.
J’étais un combattant...
Maintenant je suis un fonctionnaire.
Un...policier.
Mais c’est le seul moyen qu’il me reste encore pour me donner l’air de servir ma patrie.
Brûlé partout, La raison pour mes gants.
Colonne vertébrale fracturée en deux endroits.
Une plaque d'argent.
ma rotule du genou est en argent aussi.
Les malheurs de la guerre m’ont apporté ces richesses.
Me permettez-vous une question ?
Naturellement...
Pourquoi avez-vous fait pour moi...
Une exception...
En me recevant chez vous ?
Pourquoi ?
Parce que vous vous appelez Boëldieu...
Officier de carrière dans l'armée française...
Et moi Rauffenstein...
Officier de carrière dans l'armée impériale d'Allemagne.
Mais... mes camarades sont aussi des officiers.
Un Maréchal et un Rosenthal, officiers !
Ils sont très bons soldats.
Oui...joli cadeau de la Révolution française...
Je crains que...
Ni vous ni moi ne puissions arrĂŞter la marche du temps...
Boëldieu...
Je ne sais pas qui...
va gagner cette guerre.
La fin...
Quelle qu'elle soit...
sera la fin...
des Rauffenstein...
et des Boëldieu
On n'a peut-ĂŞtre plus besoin de nous
Et vous ne trouvez pas que c'est dommage !
Peut-ĂŞtre...
J'admire le soin que vous prenez de votre géranium...
Ne croyez pas que...
Je sois devenu botaniste.
Mais...
C'est la seule fleur de la forteresse...
Il ne pousse ici...
Que du lierre et des orties...
Dans le fond, tu vois, je suis content de partir avec toi.
Avec nous.
Oui ! Ah ! note que...
Boeldieu, je l'aime bien...mais...
Avec lui, tu comprends...
Je peux pas me laisser aller...
Je suis pas libre.
Qu'est-ce que tu veux, c'est pas la même éducation.
Alors...il y a...un mur entre nous.
Oh ben ! C'est un type épatant.
Oui d'accord et puis...
Il est très régulier mais...
écoute,
Suppose un seul instant que toi et moi...
On tombe dans la purée.
Eh ben! on sera deux purotins...
Tandis que si ça arrive à lui...
Eh ben ! il restera toujours Monsieur de Boeldieu.
Ah ! qu'est-ce que tu veux !
Quoi puis toi aussi...
t'as été un type épatant, dans le fond.
Tu nous as presque tous nourris...
Avec tous les envoies de ta famille.
bof c'est de la vanité...
Oh ! tu sais au fond...
Je suis très fier d’être d'une famille riche...
Et quand je vous invite Ă ma table...
C'est pour moi l’occasion de le montrer.
La foule croit que notre gros défaut...
C’est l’avarice.
Grave erreur !
Nous sommes souvent généreux.
Hélas ! En face de...
Cette qualité...
Jéhovah nous a largement dotés du péché d’orgueil.
Oui ! Ah ! tout ça c'est des histoire...
Moi, je m'en fous, de Jèhovah...
Tout ce que je vois c'est que t'as été un bon copain.
Eh ben ! ça mon vieux, qu'est ce que tu veux...
He camarades!
He messieurs!
Nous avons reçu un grande caisse...
C'est un cadeau de notre impératrice.
Sans blague ? Oui !
Faites-nous l'amitié...
De venir prendre part Ă la distribution, hein !
Un cadeau de l'impératrice !
C'est du caviar...
C'est plein de caviar, lĂ -dedans, allez hop!
Vous venez, Boeldieu...
Il y a de la vodka.
De la vodka, pourquoi pas !
Nous allons pouvoir vous remercier...
Pour toutes vos gentillesses.
Tout de mĂŞme on pense Ă nous.
L'impératrice a toujours du coeur.
C'est une bien brave femme, l'impératrice.
Ah ! Qu'est-ce qu'ils vont se taper, les petits pères, alors !
Ah ! nous allons voir ça !
Des livres...
Précis d'algèbre...
Morale élémentaire...
Grammaire...
Tiens, un livre de cuisine!
Eh ben !
Tu parles d'un casse-croûte.
Incroyable plaisanterie, allez !
Allons-nous-en, ça va se gâter !
Oui !
Eh bien, alors, au revoir...
Merci tout de mĂŞme. messieurs...
Oh ! ça va mal chez les Cosaques.
Aller, ça va chauffer.
Tu comprends... Quoi !
On n'a pas le droit de brûler des livres !
Ah ! tu vois, qu'on vous envoyait des livres !
Vous voyez...
Peut-ĂŞtre toutes les sentinelles...
Sont sur le dos des Russes.
Tiens, regarde par exemple, ici...
Il y a une sacrée hauteur
Mais il y a plus personne.
Ah ! Si on avait été prêts, quelle occasion...
On jetait nos cordes...lĂ !
et puis en moins de deux, ça y était...
Surtout c'est presque la nuit.
Eh ben ! nous n'avons qu'Ă recommencer.
Ils ont eu la gentillesse...
De nous ont organisé une petite répétition.
Maintenant, nous savons qu'un homme décidé...
En les mettant Ă ses trousses...
s'il pouvait tenir...Cinq minutes...
Assurerait l'évasion de ses camarades.
C'est pas trop grand risque.
Oh ! N’exagérons rien !
ça m'amuserait.
Quand voulez-vous partir?
Pourquoi nous !
Vous en ĂŞtes mon vieux.
Non...
Maréchal.
Quoi, quoi, quoi !
Vous n'avez pas confiance !
c'est pas ça qui m'empêcherait pas de partir, vous le pensez bien
Eh ben alors !
une tentative comme la vôtre ne peut réussir qu'à deux.
Pas plus...
et je connais vos préférences.
C'est pas juste.
Qu'est-ce qui est juste dans une guerre?
Ah ! non, non, mon vieux...
On peut pas accepter ça, voyons, quoi !
C'est pas un conseil que je demande.
C'est une décision que je prends.
Les arts d’agréments ne sont pas interdits dans la forteresse !
Vous aimez la musique?
Bof ! comme ci, comme ça !
une bonne valse, oui !
Moi, j'adore la flûte...
Alors, en voilĂ le programme.
Nous allons acheter des flûtes pour tout le camp.
Au jour convenu...
Concert général dans toutes les chambres à cinq heures...
Cinq heures, c'est lĂ , oĂą la nuit tombe...
Naturellement cinq minutes après...
Confiscation des flûtes par nos gardiens...
A cinq heures et quart...
Nouveau concert...
Avec tous les moyens dont nous disposons...
Casseroles...
Cris d'animaux...
Grincements de dents...
Enfin tout ce que vous voudrez...
Résultat certain...
Appel général dans la cour.
Et ensuite !
Ensuite...
Ensuite, ça me regarde.
Vous aurez cinq minutes...
Pour franchir les remparts et pour gagner les bois.
Écouter...Boeldieu, je...
Je sais pas comment vous expliquer...
Mais enfin, je suis...
je suis terriblement gêné...
Allons, allons, allons...
Si...terriblement gêné...
Boeldieu...
Je voudrais vous dire quelque chose...
Versez-moi donc, un peu d'eau tiède...
Pour rincer mes gants !
Ecoutez, quoi qu'il arrive...
Je voudrais tout de mĂŞme que vous sachiez que...
Mais...
Je ne fais rien, pour vous personnellement.
Ça nous dispense de nous attendrir...
He ben !
Il y a tout de mĂŞme des moments dans la vie, mon vieux...
Evitons-les, voulez-vous...
Permettez !
Alors, vous allez mettre ces trucs-lĂ ?
Si ça vous ne gêne pas.
Non, mais j'avoue...
Que mettre des gants blancs...
Pour ce genre d'exercice...
C'est une idée qui ne me viendrait pas.
Chacun son point de vue.
Oui...
Ah ! mais enfin...
Vous ne pouvez donc rien faire comme tout le monde.
Il y a dix-huit mois qu'on est ensemble...
Et on se dit encore vous...
Je dis vous à ma mère...
Et vous Ă ma femme.
Non !
Alors !
Cigarette !
Non, merci...
Le tabac anglais me fait mal Ă la gorge.
He ! Décidément...
Les gants et le tabac...
Tout nous sépare...
Vous direz ce que vous voudrez,
mais lĂ oĂą il y a des Allemands, il y a de l'ordre!
Evidemment, le patron
est fou Ă lier avec son pot de fleurs!
Heureusement, je sais mater cette bande d'énergumènes.
Dans le civil, j'étais professeur.
Confisquez-moi immédiatement ces flûtes.
Je vous conseille de ne pas recommencer!
C'est ce qu'on va faire dans un quart d'heure.
Ordre exécuté, monsieur le capitaine.
Vous voyez, ça a marché.
Et maintenant, au pain sec et Ă l'eau !
Et suppression des colis.
Attention, les gars...
Deux secondes...
Il était un petit navire (bis)
Qui n'avait ja- ja- jamais navigué (bis)
Ohé ! Ohé !
Il était un petit navire
Qui n'avait ja- ja- jamais navigué
Qui n'avait ja- ja- jamais navigué
Appel général !
Il était un petit navire
Je comprends mes élèves, je me suis jamais tant amusé.
Pourvu que ça dure.
ja- ja- jamais navigué
Alors !
Quoi !
Au revoir.
Il était un petit navire
Il était un petit navire
Qui n'avait ja- ja- jamais navigué
Ohé ! Ohé !
Il était un petit navire
Boeldieu !
He ! Boeldieu !
He ! Boeldieu !
Boeldieu !
S'il franchit la limite du camp, tirez.
Feu !
Boeldieu !
Boeldieu !
Ecoutez !
Je vous prie, retournez !
Boeldieu...Boeldieu !
Avez-vous perdu la tĂŞte ?
J'ai tout mon bon sens!
Boeldieu...Boeldieu !
Vous comprenez...
Si vous ne vous rendez pas Ă mon ordre...
je serai obligé de tirer.
Je n'en ai aucune envie.
Je vous en supplie...
d'homme Ă homme.
Revenez.
Vous êtes très chic, Rauffenstein.
mais c'est impossible.
Monsieur le commandant.
les lieutenants Maréchal et Rosenthal se sont évadés.
Maréchal et Rosenthal...
C'était donc pour cela...
Organisez des patrouilles de nuit.
Sortez les chiens.
Alertez les autorités civiles et militaires.
Rapport tous les quarts d'heure.
Patrouilles avec chiens.
Alertez les autorités.
Rapport.
Merci.
Monsieur le commandant, vos ordres sont exécutés...
jusqu'ici pas de nouvelles des évadés.
Merci.
Je vous demande pardon.
J'en aurais fait autant.
Français ou allemand...
Le devoir c'est le devoir.
Ah ! Vous avez mal !
Je n'aurais pas cru...
Qu'une balle dans le ventre faisait aussi mal...
J'avais visé à la jambe...
A 150 mètres avec une mauvaise visibilité...
Et puis...
Et puis je courais.
Je vous en prie pas d'excuses...
J'ai été maladroit.
De nous deux...
Ce n'est pas moi qui suis le plus Ă plaindre.
Moi j'en aurai fini...bientĂ´t...
Mais vous, vous n'avez pas fini.
Pas fini de traîner...une existence inutile.
Pour un homme du peuple...
c'est terrible de mourir Ă la guerre...
Pour vous et moi...
C'est une bonne solution.
Je l'ai manquée.
Vous parlez trop.
Monsieur le commandant!
Ah ! Il m'a fait peur...
On a eu tort de rester si près du chemin.
Ah !...On pouvait pas dormir dans les roseaux...
c'est plein d'eau...
Il est passé.
Quoi !
T'as pas vu que c'était une bonne femme.
Allez, tu viens. Ah ! il vaut mieux attendre la nuit.
Ah ! non, moi je suis frigo, mon vieux...Il faut que je bouge...
Tu veux ton sucre ?
Ah ! dis donc, ça diminue.
Et puis on n'avance pas, mon vieux...
T'en prends pas ?
Non, j'ai pris ma part, moi, tout Ă l'heure !
J'avais faim !
Tiens, j'aimerais mieux que tu le gardes...
Comme ça, je ne serai pas tenté.
Pauvre vieille va.
Et tes boutons, tu les as mangé ?
Ça se voit, qu'ils manquent !
Hein ?
Alors, on y va !
On attend pas la nuit !
Mais non viens, on va faire le tour du patelin avant...
qu'est ce t'as, t'as mal aux pieds ?
Bof, rien... un nerf.
Aller, va !
Eh ! tu viens... Oui !
Alors, tu viens quoi !
Je fais ce que je peux.
Ce que tu me cavales avec ton pied !
J’ai glissé !
Pas ma faute ! J’ai glissé !
Ah ! t'as glissé, t'as glissé!
On le sait que t'as glissé
Et si on se fait foirer à traîner comme ça...
T'iras leur raconté que c'est parce que t'as glissé, hein ?
Maladroit, va...
On n'avait plus rien Ă bouffer, alors autant se rendre tout de suite.
Oh ! volontiers, parce que moi aussi, j'en ai marre.
T'as assez de moi, hein ? Hum ! Marre ! J’en ai marre !
Si tu savais comme je te déteste.
Eh, va, je te jure que je te le rends bien, va...
Veux-tu que je te dise ce que t’es pour moi ?
Un colis, t’entends, un véritable colis...
Un boulet que je traîne au pied.
Et puis, d’abord...j’ai jamais pu blairer les Juifs, t’entends ?
Un peu tard pour t'en apercevoir !
Aller, file !
Qu'est-ce que t'attends pour t'en aller ?
T'en crèves d’envie.
il frauda pas que tu me le dises deux fois, c'est sûr.
Vas-y ! Fous le camp ! Fous le camp ! Vite ! Vite!
Que je voie plus ta sale trogne !
Eh ben ! Oui ! Je fous le camp, t’entends...
Et puis démerde-toi là tout seul ! Au revoir...
Bien sûr, au revoir, jamais...
Tiens, je vais chanter tellement, je suis content !
Il était un petit navire
Qui n'avait ja- ja- jamais navigué
Ohé ! Ohé !
Au bout de cinq Ă six semaines
Les vivres vin- vin- vinrent Ă manquer
Les...vivres vin...- vin... vinrent Ă manquer
Ohé !...Ohé...!
Pourquoi, que tu reviens ?
Allez, viens, va !
Allez, viens, mon gars !
Viens !
T'en peux plus, hein ?
Non, ça va.
Veux-tu qu'on s'arrĂŞte Ă la bicoque lĂ -bas?
Ah ! t'es fou, c'est trop dangereux !
Elle a pas l'air d’être habitée, il y a pas de fumée.
C'est pas une raison.
Quoi, quand t'es sur un bateau en train de flambé...
Qu'est-ce que tu fais, tu te fous Ă l'eau, hein !
T'as raison, foutons-nous Ă l'eau.
allez, allons-y, bonhomme.
T'as entendu, il y a quelqu'un.
Oui, sauve-toi par la fenĂŞtre, pendant que tu peux courir !
Pendant qu'ils se réoccupent d'après moi, t'auras le temps de filer.
Reste tranquille, t'as pas la parole.
Bouge pas !
Ne bouge pas.
Que faites-vous ici?
Français...français, vous comprenez?
Pas bandits !
Français ? oui
Prisonniers de guerre?
Vous parlez allemand?
Je me suis foulé le pied. Nous ne sommes pas des bandits.
Je n'ai pas peur.
Appelez les gendarmes. Je refuse de faire un pas de plus!
Une foulure ?
Ah! dis donc...
Elle nous demande, d'aller chez elle.
Ah ! Non, non, non, moi...
J'ai pas confiance, non...
Elle dit qu'elle est toute seule chez elle.
Entrez!
Elle dit qu'il y a un petit enfant qui dort.
Il faut pas faire de bruit.
Asseyez-vous ici.
Je reviens tout de suite.
Ah ! faim ! oui, oui !
Elle demande si t'as faim.
Oui, oui, j'ai compris !
Merci !
Qu'en pensez-vous?
Je voudrais dormir.
Bonsoir.
Excusez-moi...C'est encore loin, Wölfisheim ?
Douze kilomètres.
Douze kilomètres.
J'aimerais mieux passer la nuit avec vous!
Enfin, service service...Merci beaucoup, et bonne nuit!
Asseyez-vous.
Silence! Mon enfant dort
Mon mari.
Il a été tué à Verdun.
Mon mari et mes frères...
Liège, Charleroi, Tannenberg...
Nos plus grandes victoires!
Et la table est devenue trop grande.
N'aie pas peur, hein ! c'est moi...
Et dans le fond, tu t'en fous...
que ça soit un Français qui te donne à bouffer.
Hein !
Tu sens comme les vaches à mon grand-père.
C'est bon, cette odeur-lĂ , tu sais...
T'es née dans le Wurtemberg...
Et puis moi...
Dans le 20e, Ă Paris...
Eh ben ! Ça nous empêche pas d'être copains, tu vois...
Hein !
T'es une pauvre vache et puis moi, un pauvre soldat, quoi !
Chacun fait de son mieux, pas vrai !
Aller !
Tu es une petite fille très intelligente.
Maman et moi, on sait tout!
Vraiment?
Alors, dis-moi combien de lait la vache donne par mois.
Ça, c'est maman qui le sait. Moi, je sais que j'ai dix doigts.
Un, deux, trois, quatre, cinq...
Elle te demande un seau d'eau !
Oui, oui, je sais, va !
Pendant dix-huit mois, je me suis fait engueuler...
J’ai jamais rien compris...
Mais son allemand Ă elle, je le comprends.
Ich... moi... chercher... Wasser.
Aller, va voir maman, hein !
c'est gentil mais ça fait un peu pouilleux!
Ah dis, j'essaye de mon mieux.
Eh ! Toi, je sais bien...
Seulement, c'est au père Noël que je m'adressais.
LĂ , Joseph...
Il a une belle barbe, hein !
La Sainte Vierge...
Il est pas gentil mon petit âne...
Et puis mon bœuf...
Et le petit Jésus...
Mon frère de race
C'est une pierre dans mon jardin,
Comme en réalise pauvre Boeldieu.
Tu crois qu'il y est resté ?
N'en parlant pas de ça, va...
ça vaut mieux...
Ben ! aller, maintenant que tout ça est près...
ça y est, allons chercher la petite, hein !
Venez !
Hè là , hopi...
Mais mon phono et des bougies.
Eteins, vieux.
Lotte, le petit Noël est venu.
Je savais bien qu'il viendrait.
Viens, Lotte.
C'est pour moi ? Oui.
Je veux le petit Jésus.
Tu veux le prendre dans ton lit ?
Non, je veux le manger.
Elle veut manger le petit Jésus.
"Strictement interdit"!
Alors je veux manger Joseph.
Mange-le, mais dans ton lit.
Quoi ?
Elle veut Joseph.
Elle veut Joseph ?
Eh ben! Tiens, voilĂ Joseph.
Allez, viens. HolĂ .
Tu es une gentille petite fille.
Oh! dis donc...
Il déraille, le graphophone.
Comment on dit: "Lotte a les yeux bleus"
Aller, viens !
Oh, toi, grenouille...
Je ne sais comment vous remercier.
Nous remercier ?
Nous qui vous devons tant...
Bonne nuit.
Bonsoir...
Bonsoir...
Bonsoir...
Bonjour...
Bonjour...
Bon alors je m'occupe du café ?
Le café, il est prêt.
Dis-lui en français.
le...café...est prêt.
Et voilĂ !
Tu lui as dit qu'on partait?
Non pas encore.
C'est l'heure.
Va lui dire toi.
Nous devons partir.
Je le savais.
Maréchal n'ose pas te le dire lui-même.
Pourquoi?
J'ai toujours su qu'un jour il partirait.
Viens...
Il y a du café chaud.
Oui !
Vous devez manger quelque chose, avant de partir.
Asseyez-vous.
Alors on attend la nuit pour partir...
Oui.
Viens Lotte, on va dire au revoir Ă la vache.
Je suis restée trop longtemps seule
J'ai tellement attendu...
Tu m'avais redonné le bonheur
d'entendre un pas d'homme dans la maison.
Elsa, écoute...
Si...
Après...
Après guerre finie, si...
Si moi...
Pas mort...
Nicht kaputt, compris, hum ?
Eh ben, moi... revenir ici.
Et vous..toi, après, venir...
Avec moi...
En France...hein !
Avec Lotte, non !
Pour la route...
Elsa !
Elsa !
Va vite, ça vaut mieux.
Lotte a les yeux bleus.
Tu te retournes pas ?
Non, non, si je me retournais...
Je partirais peut-ĂŞtre plus, allez, viens.
Allez, hop, en route.
Alors, on n'attend pas la nuit...
Ah ! penses-tu, on se perdrait.
Oh! puis, les bois sont tellement épais.
En arrivant dans la vallée, on se mettra à quatre pattes.
Eh ! dis donc, t'es bien sûr que...
C'est la Suisse lĂ -bas en face, hein ?
Aucun doute !
Ça se ressemble tellement, mon vieux !
Ah ! Qu'est ce que tu veux...
Une frontière, ça se voit pas...
C'est une invention des hommes.
la nature s'en fout ! Oui !
En tout cas, moi...
je voudrais bien que tout ça soit fini.
J'irai recherché Elsa.
Tu l'aimes ?
Ben ! Je crois que oui.
Et pourtant...
En admettant que nous passions...
Tu vas retourner dans une escadrille...
Moi dans une batterie.
Nous allons reprendre la lutte.
Ben ! comme les copains quoi !
Il faut bien qu'on la finisse cette putain de guerre....non !
En espérant que c'est la dernière.
Ouf, tu te fais des illusions !
Allez, revenons à la réalité...
Si on tombe sur une patrouille, qu'est-ce qu'on fait ?
Eh bien ! Tu files de ton côté...
et puis moi du mien. On risque chacun sa chance.
Au cas où ça arriverait...
Disons-nous au revoir...
Et Ă bientĂ´t.
Allez au revoir, sale juif !
Au revoir, vieille noix.
Aller, hop !
Ne tire pas! Ils sont en Suisse.
Tant mieux pour eux!
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