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Persistez.
Rien au monde ne peut remplacer la persistance.
Pas le talent.
Rien n'est plus courant que les ratés de talent.
Ni le génie.
Le génie non récompensé
est presque proverbial
et l'éducation ne suffira pas à elle seule.
Le monde est plein d'épaves diplômées.
Seules la persistance et la détermination
seront omnipotentes.
Moi, je commencerais par...
Non, justement...
C'est l'introduction de mon livre sur la France au travail.
Pas mal ?
- Oui, c'est bien. - Tu trouves vraiment ?
Oui, c'est... C'est bien, ça donne envie de persister.
C'est exactement ça, l'idée. Exactement.
Par contre, tu n'en parles pas autour de toi.
Ça va faire du bruit quand ça va sortir,
donc en attendant, pas un mot.
Vous voulez continuer la traduction ou faire de la grammaire ?
C'est marrant. Camille procède pas du tout comme toi.
- Ah bon ? - Elle est plus dans l'attaque.
Toi, t'es quelqu'un qui joue plus en défense.
C'est ta copine, Camille ?
Non, c'est une copine de fac.
On les connaît, les copines de fac. Tu te la tapes ?
Non, pas du tout. Je la remplace juste quelques jours.
Elle vous a donné une liste de verbes à revoir ensemble ?
Tu sais, la politique,
c'est un milieu bourré de phéromones.
Bourré de phéromones. Même si t'es pas branché cul,
t'es obligé de te positionner. C'est animal.
Alors, le problème, tu t'en doutes, ce sont les mâles alpha.
Il y en a beaucoup plus chez les politiciens
que dans le reste de la population. C'est inévitable, ça.
Il fallait peut-être qu'on revoie les verbes irréguliers, non ?
Dis-moi, Arnaud,
la France, ça t'intéresse ?
- La France ? - La France, Arnaud.
La France, oui.
- C'est-Ă -dire ? - "C'est-Ă -dire" quoi ?
C'est-Ă -dire que je t'observe depuis tout Ă l'heure
et je me dis : "Voilà un garçon brillant,
"fort de ses capacités."
Je me dis : "Ce garçon-là , je peux pas le laisser filer."
Non, alors il y a ce petit problème,
le côté "Je joue en défense" sur lequel on peut travailler,
mais sinon...
- Ça t'intéresserait, toi ? - De quoi ?
Mais t'as raison, il nous faut du concret.
D'ailleurs, t'as bien choisi ta période,
avec les présidentielles qui approchent.
J'ai entendu dire que Huisman cherchait quelqu'un
pour les primaires.
Excusez-moi, il est 17 h. Il faut...
C'est parfait. Dépêche-toi.
Viens. Dépêche-toi.
17 h, à l'Assemblée, c'est l'heure où les fauves vont boire.
Le truc, c'est que Huisman a déjà quelqu'un.
Une Sciences-Po ENA, très compétente, très...
C'est dommage, ça.
Arnaud était super motivé.
Moi, j'ai déjà des projets de mon côté. Tout va bien.
Tu sais que Beressi y va, au fait ?
- Elle y va ? - Oui.
- Beressi ? - Oui.
- Aux primaires ? - Eh oui.
Et qui fait sa campagne ?
T'es pas au courant ? C'est Karadzic.
- C'est pas vrai ? - Si, Karadzic.
Karadzic...
Mais il y aurait quelque chose pour Arnaud de ce côté-là ?
Le truc, c'est que bosser avec Karadzic,
- il faut en avoir envie. - Oh oui.
Il en a envie ?
Tu en as envie ?
Je sais pas, ça dépend. Il est comment, Karadzic ?
- Donc, tu sais rien faire, en fait ? - Je parle quatre langues.
Catherine fait sa campagne en France. Et en français, du coup.
Mais je parle français aussi.
Et il faut préciser qu'Arnaud vient de la société civile.
C'est important, ça.
Il est possiblement l'arrière-petit-neveu de Jean Jaurès.
C'est pas rien.
Mais ça, on sait pas trop. Ma famille s'appelle Jaurès,
mais Jean Jaurès venait de Castres, et nous, on est plutôt...
- Plutôt normands, vous voyez ? - Très bien.
Avec mon nom,
tout le monde pense que j'ai torturé des gens en Bosnie, alors que non.
En tout cas, rien n'est prouvé.
Bon, je vous laisse.
Arnaud. On se...
Parce que t'es venu avec ton tonton, tu vas avoir le job ?
- C'est pas mon oncle, ça. - Je crois à la méritocratie, Arnaud.
Pas aux amis de papa.
Écoutez, moi, j'ai rien demandé. J'ai juste donné un cours d'allemand
- Ă monsieur... - Assieds-toi.
Assieds-toi.
Et Catherine, t'en penses quoi ?
Avec tout ce qu'elle a fait Ă la Culture...
- Oui, c'est vrai. - Non, c'est pas vrai.
Elle était secrétaire d'État chargée du budget.
T'en as rien Ă foutre de la France.
- De la France ? - Non, Laurène, je te dis que non.
Tu vois comment ça a pu se passer.
Il prend des nouvelles, il lui parle de Beressi qui...
C'est ce que je viens de te dire.
Je vais lui faire sa fĂŞte, Ă cette merde.
Oui, j'attends.
Tu comptes faire quoi après tes maîtrises et doctorats ?
Je pars au Canada dans un mois.
Apprendre l'italien ?
Non. Non, je pars monter une ONG avec ma copine lĂ -bas.
On va venir en aide aux Inuits.
Pardon, excuse-moi.
Non, excuse-moi, Laurène, c'est parce que je parle avec...
Mon nouvel assistant, Arnaud. Vincent m'a plantée.
Non, comme ça, sans prévenir. Il avait pas les épaules.
Le nouveau sait rien faire.
Il parle quatre langues et s'appelle Jaurès.
Non, ça va pas nous booster dans le Poitou-Charentes.
Oui, on peut dire ça.
Non, je prĂŞte pas mes jouets.
Oui, je te laisse.
Alors, Arnaud ?
- Salut, Arnaud. - Bonjour.
Christophe Maréchal, Ouest France. Tu sais si Beressi va parler du RDSA
avec le maire de Saint-François-du-Gard ?
Le RDSA ? Je sais pas du tout.
Oui, le RDSA.
Il faut que je demande à Agnès. Je peux lui demander, si vous voulez.
Non, ça va, je vais me débrouiller. Merci, ça va aller.
T'en as mis du temps !
J'ai parlé au mec de Ouest France et il connaît mon prénom.
Il voulait quoi ?
Il m'a demandé si la rencontre allait porter sur le RDSA.
- Et tu lui as dit quoi ? - Que j'en savais rien.
- T'as dit ça ? - Oui.
Bon. Je vais leur parler.
J'en savais vraiment rien.
- Agnès ! - Tu foutais quoi ?
- La nana... - Mais me raconte pas ta vie !
Elle a pas réussi à trouver l'ampoule.
Alors...
Chers citoyens de Saint-François-du-Gard,
chers amis, merci Ă vous tous et Ă toutes
d'ĂŞtre venus si nombreux pour ce premier meeting de campagne
que j'ai voulu placer sous le signe de la jeunesse.
Merci aussi, bien sûr,
au maire de Saint-François-du-Gard,
soutien de la première heure
et qui nous fait l'amitié de nous recevoir dans sa ville.
Si je suis ici parmi vous,
c'est parce que je voulais avoir avec vous
une discussion franche à l'aube de cette campagne présidentielle
qui s'annonce,
car contre l'air du temps,
ou, du moins, dans mon esprit distancié
et critique avec la mode politique,
je veux dire mon attachement aux valeurs qui sont les miennes.
- Ça va ? - Oui.
- Tu t'amuses bien ? - Oui. Un petit verre de rouge ?
- Tu faisais quoi ? - J'écoutais le discours.
T'as pas vu que j'étais tombée dans un piège ?
Ça fait deux heures que je te fais des signes.
Non, je... Pardon, j'ai pas compris.
Ça, c'est ton boulot.
Quand tu vois qu'un ou une lourdingue me tient la jambe,
tu interviens en disant que j'ai un appel urgent.
Moi, je te réponds : "Je les rappelle."
Si l'emmerdeur continue de s'accrocher,
tu insistes, je t'engueule un peu et on file. C'est clair ?
- D'accord. - D'accord ?
Je... J'avais pas compris, pardon.
Mme Beressi, un commentaire !
- Mme Beressi ! - On peut faire une photo...
Bonjour. Excusez-moi.
Agnès, j'ai un appel pour vous.
Je les rappellerai.
Non, excusez-moi, c'est le QG. Apparemment, c'est très urgent.
Arnaud, je les rappellerai. Je discute avec Henri.
Je suis désolé d'insister,
mais c'est important. Il faut que vous les rappeliez.
- Allez-y, Agnès, si c'est urgent. - Ça, c'est sûr, ils vont m'entendre.
- Vous ĂŞtes le stagiaire ? - Non, son nouvel assistant.
Très bien.
Excusez-moi, il faut que je prenne cet appel.
- Oui, allĂ´ ? - Non, mais Ă quoi tu joues, bordel ?
Pardon ?
C'est le président de la fédération. On est venus pour lui.
Oui, bien sûr. Elle est en train de vous rappeler, justement. Voilà .
Vous m'aviez dit que c'était pour la gerbe.
On s'en fout de la gerbe ! Gogol !
Ce type représente 3 000 voix. Tu sais ce que c'est,
3 000 voix, pour notre primaire ? Et voilĂ , il se tire.
Ce que tu peux être débile !
Henri ! Henri...
Le temps n'était pas avec nous, mais enfin,
je me devais d'être aux côtés de M. Escoffier
pour cette commémoration.
Les sondages ne vous sont pas favorables. Ça vous inquiète ?
Non, enfin. Vous savez comme moi ce que valent les sondages.
Non, moi, je garde le cap. Je n'écoute pas...
C'est bon.
Oui, Arnaud ?
J'ai changé le billet, on part dans une heure.
La première classe était au même prix, mais bon...
Catherine est la candidate de tous, des première et deuxième classe.
Il faudrait que je trouve un endroit isolé pour travailler.
On avait parlé d'une déambulation dans la ville
pour rencontrer des gens.
- Les gens ? - Les électeurs.
Oh oui ! Non, le plus important, c'est mon discours
pour la conférence des maires.
- La déambulation peut attendre. - Bien sûr.
Agnès ? Agnès, je voulais vous dire,
je suis vraiment désolé pour tout à l'heure,
avec le président de la fédération. Je savais pas, c'est pour ça que...
Il faut savoir, Arnaud. C'est aussi ça, la politique.
- Et merci pour la météo. - Mais c'est pas de ma faute, ça.
Non, c'est pas ta faute.
Je me fous de toi, fais pas la gueule.
C'est vous qui...
Je voulais vous dire, j'aime pas trop quand on m'appelle "gogol".
Je l'ai dit qu'une fois. Et puis, dans ma bouche, c'est affectueux.
Ça va, cette première journée ? C'était pas trop dur ?
Ça va. C'était un peu...
Un peu speed, mais il faut juste que je me fasse au rythme.
- Oui, j'aimerais qu'on parle de ça. - Oui ?
Je pense pas que tu fasses l'affaire, Arnaud.
C'est sérieux, la politique. On peut pas s'encombrer avec des...
Il faut des gens rapides.
Le prends pas pour toi, mais comme tu sais rien faire...
Excuse-moi, je dois le prendre. AllĂ´ ?
Oui. Oui, je suis désolée, j'ai pas pu vous rappeler.
Oui, bien sûr. Non, mais...
Excusez-moi, j'ai vraiment pas pu aujourd'hui,
mais est-ce que je peux venir vendredi Ă la place ?
Oui ? Je suis vraiment désolé.
Excusez-moi, j'ai pas pu me libérer.
Oui, je sais. Non mais je sais.
Non, je m'énerve pas. Je m'énerve pas, c'est juste que...
Oui. Oui, mais sinon, Tom fait des gros progrès, voilà ,
mais on n'apprend pas l'espagnol en fonction de son coef au bac.
D'accord. Bon...
Merci beaucoup.
D'accord, merci beaucoup. Bonne soirée. Merci.
Merde...
...loin des attentes et préoccupations des Français.
Catherine Beressi a été très claire
cet après-midi, lors d'un déplacement dans le Gard,
sur la question du RDSA. On va voir les images.
Elle a dit, je cite : "La question de la mise en place
"du RDSA mérite d'être reposée,
"il n'y a aucune raison de ne pas l'évoquer."
Ça en dit long. Justement, moi,
je voudrais revenir sur le document qu'on a vu. Qu'est-ce que ça dit ?
Personne dans cette primaire ne partage de vision de la société
ou de recommandations en matière de politique économique.
Ça crée un sentiment de confusion
qui ne dégage pas de dynamique propre
pour l'un ou l'autre des candidats.
On a l'impression d'assister davantage au congrès d'un parti
qu'Ă des primaires...
AllĂ´, poussin. AllĂ´ ? Tu me vois ?
Oui, mon amour. Ça va ?
Oui, et toi ?
Oui. Je suis désolé, je pouvais pas te répondre tout à l'heure.
- T'as pris tes billets ou pas ? - Oui, pas encore.
- Je t'appelle depuis trois jours. - Je le ferai la semaine prochaine.
OK.
T'en as rien Ă foutre ?
- Mais, absolument pas. - T'en as rien Ă foutre des Inuits.
- Tu t'intéresses qu'à toi. - Non, j'en ai pas rien à foutre.
Je comprends pas ! C'était prévu...
- Poussin, t'énerve pas. - J'essaie de pas m'énerver, OK ?
- J'en ai marre. Salut, je raccroche. - AllĂ´ ? Leslie...
Salut, Arnaud.
- Arnaud. - Ça va ?
Ça va très bien et toi ?
Beressi accepterait un déjeuner avec la rédaction ?
Si c'est pour refaire un papier pourri, je pense pas.
Non. Avec la nouvelle séquence, c'est le boulot de Catherine.
Oui...
C'est possible dans la semaine ?
- OK, on va voir. OK ? - Merci, Arnaud.
Qu'est-ce que tu foutais ? Catherine attend son tailleur !
Putain...
- C'est bon, le tailleur a rien. - Laisse tomber, on s'en fout.
T'as vu, Labussière se retire.
Catherine passe en deuxième.
Labussière, c'est à cause des Qataris ?
Non, il a décidé de se consacrer à la peinture.
- Très marrant. - Non. On est dans la merde.
Laurent Labussière se désiste... C'est son choix.
Cela ne doit pas détourner des vrais sujets.
Catherine, Marc me confirme que le départ de Labussière
devrait booster Prenois. Tu dois l'attaquer.
Mais j'ai rien sur Prenois, moi.
J'ai jamais rien eu à dire sur lui. Déjà à l'ENA... C'est pas le moment.
... vous la soutiendrez.
Prenois, c'est...
C'est sûr, c'est un choix sûr mais sans risque.
Je sais pas.
Prenois, c'est refuser d'arbitrer. VoilĂ .
- Prenois, c'est un pub irlandais. - Hein ?
Pardon ? Non, je disais que Prenois,
c'était comme un pub irlandais.
C'est ni bon, ni mauvais, on sait un peu
ce que ça va donner, on va pas passer la meilleure soirée.
- Plus bas, la manche, plus bas. - Bon, Catherine.
Pas trop de chiffres, des phrases courtes.
On sait déjà que tu es brillante.
Il faudrait y aller, Catherine.
Et essaye d'ĂŞtre un petit peu
- plus pushy. - "Pushy" ?
Pushy. Montre les dents, quoi.
- D'accord. - Pour qu'on se rappelle de toi.
Et la veste, ça va pas du tout. On la change. Non, on l'enlève.
- Voilà . Et là , ça va ? - Oui, très bien. Parfait.
Bon, allez...
- Alors, il en est oĂą ? - Il y a pas grand-chose.
Il faut quand mĂŞme savoir qu'aujourd'hui, en France,
à cause de la politique de la présidence Martineau,
le chĂ´mage...
Le chômage a augmenté d'1,5 point.
Si on prend l'exemple de la déflation...
Elle est mauvaise. C'est pas possible d'ĂŞtre aussi mauvaise.
... la consommation est négative dans quatre pays européens.
VoilĂ . Moins 0,2 % en France et en Allemagne.
On était à moins...
- Bonjour. - Bonjour, Éléonore, du Monde.
Désolé, on travaille.
Oui, c'est bon. Entre.
- Comment ça va ? - Très bien et toi ?
Merci d'ĂŞtre venue.
Merci de m'avoir invitée. Bonjour.
Pour autant, les gens se demandent
ce que vous avez fait pendant deux ans et demi.
Vous étiez dans le privé,
on vous a vue aussi donner des cours d'économie en Suisse.
- J'ai été député européenne. - C'est vrai.
C'est vrai, mais vous ne l'avez pas dit.
- Elle a gagné en assurance. - Elle déchire.
- ...si vous ĂŞtes au second tour ? - D'abord,
nous n'en sommes pas lĂ ., Et le programme de Pascal Prenois...
C'est comme un pub irlandais, voilĂ . Oui, le pub irlandais,
- c'est ni bon ni mauvais. - Mais attends, c'est de moi.
- Ah bon ? - On en a discuté
comme critique sur Prenois.
Oh lĂ lĂ , il est content.
- Refondre le système scolaire ? - Oui.
Bon. Dès que l'émission est terminée,
tu récupères Catherine. Fais-la sortir avec les techniciens.
D'accord.
Les retours sont pas terribles.
Bonsoir.
Prenois et sa bande de morts-vivants.
- Ils me dépriment. - Le type du Figaro me harcèle.
- Dis-lui que tu le rappelles. - OK, et je lui dis quoi ?
- Que tu le rappelles. - Pour lui dire quoi ?
Tu le rappelles pas.
Tu connaissais pas, ça ?
C'est toi qui a voulu mettre le RDSA au centre.
Il faut que je relise mon discours.
Oui, Leslie. Je suis dans le train, je peux pas trop te parler.
Est-ce que je peux te rappeler plus tard ?
- Oui, ça... - Tu m'appelles ?
Ça va, c'est bon. Je te dis, je t'appelle quand j'arrive.
OK.
Oui, je te dirai.
Bisous, poussin. Bye, bye, poussin.
Bisous, poussin.
"Poussin" ? "Poussin"...
Poussin !
On a vu arriver tout Ă l'heure Pascal Prenois,
qui semblait très serein. Pascal Prenois qui, lui aussi,
doit attendre avec impatience
les résultats et le verdict des électeurs.
Catherine Beressi, quant Ă elle, est apparue...
Bon. Apparemment, les 8 % sont confirmés
et c'est peut-ĂŞtre mĂŞme plus dans les DOM-TOM.
8 % ?
8 %, c'est bien ou c'est pas bien ?
- Franchement, c'est bien, non ? - Ah oui !
- C'est sûr. Attends, 8, c'est bien. - Oui ?
Oui, c'est bien. C'est mĂŞme super.
Ils vont devoir faire avec moi, maintenant. Ils ont plus le choix.
Sur le RDSA, les taux d'épargne, ils sont obligés de me suivre.
- Tout à fait. - Elle est où, Agnès ?
- T'as pas vu Agnès, par hasard ? - Non, je l'ai pas vue.
- Arnaud, tu tombes bien. - Bonsoir, ça va ?
- Je voulais te voir. - Oui. Excuse-moi, je suis pressé.
C'est formidable pour Beressi.
- Oui, c'est super. - Tu mènes bien ta barque.
Enfin, c'est un premier estimatif.
- Je cherche Agnès. - Vous allez fêter ça ?
- Oui, sûrement. - Tu te la tapes ?
- Non. - Tu te la tapes pas ?
Non, pas du tout.
Excuse-moi, je peux passer te voir dans ton bureau un de ces quatre ?
Quel bureau ?
Ton bureau, où je t'ai vu la première fois, à l'Assemblée.
Ah non, mais non.
Non, c'est pas mon bureau, c'est un copain qui me le prĂŞte.
Il faut absolument que je le prenne.
- Oui ? - On s'attrape ?
- OK. - AllĂ´ ?
Salut, Arnaud.
Pardon.
C'est quoi, cette tĂŞte de balai Ă chiottes ?
Je pensais que Prenois et ses zombies vous déprimaient.
Je viens de négocier la direction de sa comm'.
La présidentielle, c'est pas une primaire.
Il faudra se concentrer.
- C'est une blague ? - On va bosser au pub irlandais.
Je pars au Canada dans une semaine, vous vous rappelez ?
- Oui. Ne fais pas l'enfant. - Je fais pas l'enfant,
mais j'ai un programme. Je peux pas tout annuler.
Mais c'est aussi ça, la politique, c'est savoir changer de programme.
Je vois bien, oui.
Pascal Prenois a créé la surprise...
- Bravo. 8 % ! - Oui. C'est bien, non ?
- Oui, c'est bien. - Ah bon, d'accord.
- Bon alors, on trinque. On trinque ! - Allez.
Merci.
- Bravo. - Merci.
Merci. Merci à toute l'équipe. Merci beaucoup, merci.
On y va. Voilà . Je prends mon texte, comme ça...
- Vous ĂŞtes avec moi ? - On est avec toi. Allez.
Catherine Beressi, ça se fête ! Rattrapez-les !
Où est-ce qu'on fête ça ?
À l'Élysée !
- Et Ă Catherine ! - Merci !
Poussin !
"Poussin"...
- Alors ? - Fais attention, poussin.
- Je te ramène ? - Oui.
Bon alors, tu fais quoi ?
Tu vas me quitter, c'est ça ?
- Ben... - Ça te fait plus envie ?
Si. C'est juste que...
Tu préfères retrouver poussinette chez les Esquimaux ?
C'est ce qui était prévu.
Oui, c'est plus rassurant.
On se bat pour la France, mais toi, tu te barres.
T'as pas envie de rendre un peu à ton pays ce qu'il t'a donné ?
On a encore un truc Ă faire tous les deux, tu crois pas ?
Oui, mais...
Moi, au Canada, au moins, je sais ce qui m'attend.
Il y a Leslie, il y a l'ONG et...
Alors que Prenois passera jamais le premier tour.
Franchement ?
Mais qui ne tente rien n'a rien.
- OK. Je vous dois combien ? - 10,20.
Attendez. Déjà , la course est pour moi.
Et c'est vrai, mĂŞme si on gagne, je vais faire quoi ? Faire des...
Des photocopies au ministère de la Jeunesse ?
Non, mais c'est pas grave. Laisse tomber, Arnaud.
Bon courage pour la suite.
AllĂ´ ? Non, il faut se positionner tout de suite.
Agnès, attends. J'ai pas de liquide, en fait.
Non, parce qu'avec ses 36 %, certains vont parler d'un accident.
Oui.
Non. Il faut montrer qu'on est prĂŞts Ă se battre.
L'embarquement du vol Air France 1227 à destination de Montréal
est maintenant terminé.
C'est fini pour Escoffier.
- Quoi ? - Le maire de Saint-François-du Gard.
Il a fait un AVC.
Ah merde ! Il était hyper gentil, en plus.
Ils voient les municipales anticipées comme un test pour le premier tour.
- T'as bossé, toi ? T'en es où ? - Oui. Alors...
Je t'ai préparé un doc
avec l'allocution de Prenois sur la protection sociale,
si tu veux jeter un petit coup d'œil.
- Bien, mais il faut de l'émotion. - Mais il y a de l'émotion.
- J'en veux. - Je te promets qu'il y en a.
Regarde Bertrand.
Je suis sûre qu'il lui fait l'article de sa réforme agraire à la con.
- Non, là , ils parlent de toi. - Comment ça ?
- Je sais lire sur les lèvres. - Mais oui ?
Je te promets. Ma mère est malentendante, donc...
- T'es sérieux ? - Oui.
Et vas-y, il dit quoi ?
- Je peux pas te dire, c'est gênant. - Comment ça ?
- Non, je vais pas... - Allez. Ils disent quoi, lĂ ?
- T'es sûre ? - Oui, vas-y. Ils disent quoi ?
LĂ , ils sont en train de dire :
"J'adore quand elle a son soutif vert émeraude."
"Je l'aime bien, celui-lĂ , il va bien avec son string."
Et lĂ ?
"En plus, elle laisse sa chemise ouverte, on peut tout voir."
"Oui, pour ce qu'il y a à voir..." L'enfoiré... Il parle de Nicki Mi...
"ni Kim Kardashian, mais elle est bien conservée."
Ce sont des salauds, quand mĂŞme.
J'ai pas le temps pour ce genre de conneries, moi. Je bosse.
Donc, il devient, ça y est,
candidat officiel à la présidentielle.
Donc, parmi les adversaires,
les regards se tournent surtout vers Évelyne Martineau.
Que va faire l'actuelle présidente des Français ?
Ces derniers temps, elle était en mauvaise posture.
Est-elle vraiment en état de briguer un second mandat ?
C'est le silence total du côté de l'Élysée.
En tout cas, c'est vrai que,
si elle venait Ă renoncer,
Pascal Prenois aurait alors toutes ses chances
et pourrait devenir la belle surprise de cette élection.
C'est la rupture pour le discours de Bercy.
Il faut une rupture visuelle. Alors, je...
- Excusez-moi. Pardon. - Mets-toi là , s'il te plaît.
- Oui. On t'écoute. - Pardon.
C'était pas prévu.
- Vas-y, je t'en prie. - Merci, Agnès.
Donc, il faut une rupture visuelle.
Moi, j'ai pensé à un changement de lunettes.
Peut-ĂŞtre mĂŞme Ă supprimer tes lunettes.
Carrément ? Mes lunettes...
Oui. Tes lunettes, c'est ton regard sur la France.
C'est un changement. Moins voyant que la coiffure,
moins risqué que changer de style vestimentaire.
Non, c'est imperceptible et omniprésent.
Vous auriez pas l'impression
que ça fait un peu moins sympathique au niveau de...
Non. C'est bien.
Moins sympathique ? Ah non, je trouve pas du tout.
Des études ont été faites. Pas du tout.
- On la voit moins. - Qu'est-ce que t'en penses, Arnaud ?
Je pense que c'est bien.
Merci, Arnaud.
Pascal, il faut qu'on parle de ton clip de campagne.
J'ai une liste de personnalités prêtes à t'apporter leur soutien.
Et j'aimerais que tu joignes Jil Caplan, s'il te plaît.
- Très bonne idée, je le contacte. - "La". C'est une chanteuse.
Tu la connais pas ? Jil Caplan ?
Entre le blues et le slow.
Ah oui, je vois très bien.
- Comme j'ai dansé là -dessus... - J'adore.
- Agnès ? - Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Qu'est-ce qu'il fait lĂ ?
Salim ? Il nous a rejoints. On vous a pas présentés ?
- Non. - Il est super.
Rapide, efficace, constant, enfin, tout ce qu'on aime.
D'ailleurs, je voulais te présenter Jacqueline.
Jacqueline, la maman de Pascal, qui a eu une idée formidable.
J'ai tout de suite pensé à toi pour cette mission.
Cette "mission" ?
- Je vous laisse ? - Oui.
- Bonjour. - C'est vous, Arnaud ?
Bonjour.
Asseyez-vous.
Un imagier avec des photos de toutes les étapes
- du parcours de mon fils. - Oui. Un livre d'images, quoi.
Un imagier. Les livres d'images, c'est fait pour les enfants.
J'ai déjà en tête une mise en page très précise,
le problème, c'est que je ne connais rien
aux ordinateurs, moi. Je suis une quiche en Internet.
Il paraît que vous, vous êtes fort.
- Ah bon ? - C'est ce qu'Agnès m'a dit.
Il faut croire, oui. Alors, voyons voir...
- Doucement, ce sont des originaux. - Pardon.
C'est Pascal, avec le canard, lĂ ?
Pour ĂŞtre aux normes, Mme le maire...
- Anne-Marie ? - Exactement.
Toutes les collectivités ont participé à ces journées.
Et, enfin, on a ce régime...
C'est ça, votre projet ?
Voilà , c'est ça.
- Le projet final. - Oui.
Ce sera plus prĂŞt au printemps prochain.
Donc, il y a les logements individuels,
les salles communes pour se rencontrer...
- Derrière, des jardins potagers. - Combien de places ?
À peu près 450. Enfin, 450.
- Dix fois plus ? - Ah oui, c'est énorme.
On va peut-ĂŞtre avancer ?
Agnès, Salim, Dominique.
- Bonjour. - Salam aleykoum.
Bonjour. Agnès Karadzic.
Sachez que c'est très important pour nous...
Vous pouvez arrĂŞter les photos une seconde ?
Le centre d'hébergement va bénéficier de gros travaux,
comme vous le savez, et va passer
d'une capacité de 50 lits à 450 lits.
Vous ĂŞtes de quel pays, monsieur ?
Wolof ? J'ai fait un voyage au Sénégal il y a quelques années
et j'ai découvert toutes ces tribus : les Wolofs,
les Toucouleurs, les Sarakolés... N'est-ce pas ?
Les Peuls. J'avais oublié. Mais il y en a encore pas mal...
- Non, on a les Sérères... - Ah oui, voilà . C'est ça.
Celle de l'ENA, lĂ , plus Ă gauche.
- Comme ça ? - Non. Plus.
Comme ça ?
Quelle légende on met ?
Je sais pas, on a qu'Ă mettre...
"Pascal et ses petits camarades de promo" ?
C'est finement observé.
On le voit bien que c'est Pascal avec ses camarades de promo.
Non, c'est trop littéral.
Et si je mettais : "Eh oui, eh oui, l'école est finie" ?
Ça fait un peu con, non ?
- "L'ENA, l'école des élites". - Ça, ça fait pas un peu...
- Non. - Non, c'est bien.
"L'école des Élites". Comme ça ?
- Très bien. - OK. Bon, c'était la dernière ?
Non, j'en ai encore plein d'autres, mais c'est une première version.
Un premier brouillon.
Il faut peut-être pas qu'on s'épuise avec cette histoire d'imagier, non ?
Mais ça va. Bon,
enlevez vos chaussures.
Pascal a besoin de moi tout le temps, vous savez.
Il sait vraiment rien faire.
C'est un véritable empoté.
Mais c'est fatigant, une campagne.
Enfin, il faut le comprendre.
Je me demandais, d'ailleurs, ce serait pas le moment
de faire un petit break, un petit bilan de santé ?
Ça va, j'ai arrêté de fumer.
C'est jamais qu'un étage, je fais ça tous les jours.
Vous imaginez Pascal,
si jamais vous lui claquiez entre les doigts ?
Et le réchauffement climatique ?
- T'es contre ? - OK, sérieusement, on bosse, là .
Alors ? T'as appelé Cottin ?
- Bonsoir. - Maman.
- Bonsoir. - Excusez-moi.
Pascal, je voudrais te montrer la première version de l'imagier.
L'imagier de ma mère.
C'est le tournant de la campagne. Alors, voyons voir ça. Merci.
- Le zoom ? - Comme ça.
- Ici, sur le pad. - D'accord.
- Approche-toi, Bertrand. - Ah oui.
- Si tu veux bosser. - Oui.
Attends, celle en short
et en tongs, lĂ , c'est... C'est indispensable ?
- Arnaud la trouve très sympathique. - C'est vous, Arnaud ?
- Oui, c'est moi. - Oui, c'est lui.
Il travaillait sur ma primaire.
Restez pas planté là . Venez vous asseoir parmi nous.
C'est bien. Tu te rappelles celle-lĂ , avec cette veste ?
Je l'avais achetée aux puces.
J'ai fait bosser trois agences de comm' sur mon cas
et aucune n'a eu l'idée de mettre en avant
le capital sympathie de mes bermudas.
Pascal, on termine sur les réformes budgétaires ?
Oui, ça va.
- Je peux me détendre. - Je dis quoi à Cottin ?
Et la formule ?
L'indexation des indices de déflation
sur le quotient de déficit du Trésor, c'est compliqué, c'est ça ?
Oui, il faut que tu vendes le truc. Tu vas passer pour un normalien.
Bon... Comme l'idée, c'est d'avoir un outil
pour garder le cap, comme une boussole,
"Avec Prenois, on perd pas le nord."
Oui, c'est bien. C'est bien, mais c'est quoi, la marque ?
- "L'azimut budgétaire" ? - Ça fait un peu scout de France.
- "La boussole fiscale" ? - Ah non, ça fait bouclier fiscal.
Les mecs, vous êtes inspirés, aujourd'hui. Ça fait plaisir.
- On va trouver. - Les trois mousquetaires.
Alors ?
Attention, les mecs. Il faut la vendre, cette réforme.
Elle est importante.
- "Le GPS budgétaire", sinon. - Quoi ?
Non, j'ai juste dit :
"Le GPS budgétaire", mais c'est un peu pourri.
Le GPS budgétaire...
- Ah non. J'aime bien, moi. - C'est bien, oui.
Ah oui, ça me plaît.
- Le GPS budgétaire. - C'est bien.
- Oui, c'est vraiment bien. - Attends, c'est moderne.
Avec un GPS, on sait oĂą on va et on va droit au but.
VoilĂ . Arnaud a appris vite pendant la primaire.
- On valide ? J'appelle Cottin ? - Bien sûr.
Appelle Cottin.
En ce moment, je fais attention. Un petit morceau.
Pardon.
Oui, c'est délicieux.
- Servez-vous et faites circuler. - Sers-toi, Philippe.
Vas-y, te gêne pas. Tu vas voir, il est délicieux. Même avec un thé,
c'est très bien.
Arnaud, un peu de cake ?
Tu l'as eu où, ton café ?
Dans la salle de régie, mais il faut un badge.
- J'ai pas encore le badge. - Merde.
C'est incompréhensible. Non, mais c'est vrai. Et ça, et ça.
Ça va, Arnaud ?
J'étais un petit peu fatigué, mais ça va mieux.
Tout d'abord, je voudrais remercier Catherine.
Merci sincèrement d'avoir intégré notre équipe de campagne.
Tu vas nous apporter beaucoup de choses.
- Je t'en prie, Pascal. Merci. - Si, si. Tu es la bienvenue, ici.
- Bienvenue. - Merci pour ta présence.
Maintenant, on va pouvoir parler d'économie.
C'est ça ? C'est important aussi.
C'est devenu le Bébête Show, ici.
C'est comme le GPS budgétaire. Quelle connerie !
C'est la communication politique pour les cons.
C'est absurde.
Agnès ? Tu avais quelque chose à dire, je crois ?
Oui. Je voulais juste dire,
pour ceux qui n'ont pas de master en économétrie,
que ce programme est juste imbitable.
- Avec des formules simples... - Simples ou simplistes ?
- Simples. - Comme le GPS budgétaire ?
Oui, comme le GPS budgétaire d'Arnaud, entre autres.
Et vous pensez que les électeurs
- vont avaler ce programme ? - Pardon,
mais moi, quand je vais chez le médecin,
et qu'il utilise des mots que je ne comprends pas,
ça me donne l'impression qu'il sait de quoi il parle. Pas vous ?
Je t'écoute pour les histoires de TVA à Bruxelles.
- Je t'avais préparé des fiches. - Je les ai pas.
La France est Ă 20, ils veulent 22. Tu pourrais proposer 21.
Que disent les autres ? C'est ça, la question.
Certains veulent 17,5.
Sauf que tu t'étais engagé, à un moment, à parler de 16,5.
- Ça, c'est... - On va pas y arriver.
Vous ĂŞtes combien, ici, dans ce laboratoire ?
On appelle ça un laboratoire ?
Un laboratoire, centre de recherche. En simulation, ici, une dizaine.
- Ingénieurs, techniciens. - Vous, vous êtes ingénieur ?
- Chercheur. - D'accord.
- Vous, ingénieur ? - Eh non.
- Donc, j'ai tout faux et je crois... - On va passer Ă la pratique.
- Oui. On m'avait pas prévenu. - Il faut faire un petit tour.
D'accord. J'ai pris un bon petit-déjeuner.
On était à Rungis, ça a été saucisson sec et tout ça, donc...
On va y aller.
Je vous mets entre les mains de Djamila,
- qui va vous piloter. - Enchanté, Djamila.
- C'est... - VoilĂ , donc nous, on y va.
C'est Ă nous ? C'est pas avec Djamila ?
- Djamila s'occupera de vous ensuite. - D'accord, OK.
- OK. Donc, j'y vais, je m'installe. - On s'installe.
- La sangle va lĂ ? - VoilĂ .
- J'ai pas fermé... - Ça va se fermer tout seul.
- D'accord. - On se retrouve tout Ă l'heure.
- Ça ferme pas, là . - Bon voyage.
Vous inquiétez pas, ça se ferme tout seul.
D'accord.
AllĂ´ ?
Mais calme-toi, Bertrand.
C'est une petite baisse
liée à l'entrée en campagne de Martineau.
C'est plus une érosion qu'une baisse.
Oui, c'est d'ailleurs plus une érosion qu'une baisse réelle.
- T'es avec Catherine ? - C'est Arnaud.
On va pas embĂŞter Pascal.
- Il a d'autres soucis, actuellement. - Quoi ? Qu'est-ce qu'il lui arrive ?
Tu fais vraiment chier, Bertrand. On va appliquer notre stratégie,
et à Bordeaux, Pascal parlera aux Français.
S'il vous plaît, reculez. Il va y avoir une conférence de presse.
- Ça va ? - Ça va et toi ?
- Je suis Ă toi dans une seconde. - Je t'en prie.
- Tu veux me demander quelque chose ? - Oui. Elle en est oĂą, Karadzic ?
Karadzic... Pourquoi ?
Elle a réussi à placer son pacte de l'Europe solidaire ?
Le programme, on le conçoit tous ensemble.
Enfin, il paraît que ça frictionne avec Bertrand, non ?
Ça "frictionne" ?
- Ça frictionne pas ? - Non, je vois pas de quoi tu parles.
Les intrigues du parti n'intéressent pas les Français, Géraldine.
Tu fais le malin, mais va falloir montrer les dents
si tu veux pas rester chaouche toute ta vie.
"Chaouche" ?
Si je veux pas rester chaouche, au pire, je deviendrai journaliste.
Au pire, oui.
Nous arrivons à la chaîne de laquage, maintenant.
Les barres sont couchées, comme ça.
C'est lĂ ?
Non. Là , ça recommence.
On les met sur rails. Ça va monter là -bas et elles vont être peintes
par projection, par poudre. Il n'y a pas de retombées.
- LĂ , ils sont combien Ă travailler ? - LĂ , ils sont deux.
- C'est tout ? La barre est chaude ? - LĂ , elle est froide.
Nous, on fournit, si vous voulez.
Ceux qui font les barrières, les portails,
les vérandas,
on fabrique pas tout ça. Ce sont nos fournisseurs, nos clients.
Ça va, toi ?
Ça se passe bien avec ta copine au Canada ?
Oui.
- Elle te manque pas trop ? - Non.
Ça va, je m'y suis fait et tu sais,
je suis bien occupé par la campagne, donc...
Je voulais savoir,
ça te dirait de bosser avec moi sur les 50 mesures des 100 jours ?
Catherine vient juste de me demander de bosser sur ses 47 mesures
pour une démocratie sociale. Du coup, je peux pas. C'est con.
J'en ai trois de plus.
- C'est quand mĂŞme mieux. - Ah oui ? Il faut que j'y aille.
Agnès, peut-être que tu pourrais demander à Salim
pour tes 50 mesures. À ce qu'il paraît, il est super.
Tu veux pas arrêter de lécher la chatte de Beressi ?
Ça sent la marée, là -dessous.
Calme tes ardeurs, vu ce qui va lui tomber dessus.
Les rétrocommissions de Labussière,
elle était forcément au courant, au Budget.
C'est son chant du cygne, donc elle s'agite.
Mais bon, tu fais comme tu le sens.
Et le "Je te rappelle"
mais je te rappelle pas, plus jamais ça avec moi.
Des détails ont été enterrés,
mais quand ça va sortir, ça va faire très mal.
Et quand tu penses que c'est pour ces gens-lĂ que tu votes...
Depuis le début, je la sens pas.
Il y a un truc que personne n'a dit, mais quand elle était à Bercy,
elle laissait des ardoises de 13 000 euros.
- Ça va ? - Non. Oui, ça va.
- Et toi, ça va ? - Oui.
- Alors, Salim t'a piqué ta place ? - Quoi ? Salim ?
Lui, il bosse Ă l'image du candidat,
moi, Ă la comm'. C'est pas pareil.
Ta place dans la voiture.
Ah, ça. Non, j'aime bien le bus aussi.
Tu prends le soleil, tu vois le paysage et tout.
C'est cool.
Dis, elle est pas mal, la petite.
- Daniel, qu'est-ce que tu fais lĂ ? - Tu veux de l'arnica ?
Non, merci, mais tu fais le déplacement à Villefranche ?
T'es de la région ?
Non, je suis de... De Dijon.
Mais il faut tous être en ordre de bataille derrière le candidat.
Dis-moi, Arnaud, j'ai peut-être raté Pascal dans la cohue,
mais tu peux lui passer les épreuves de mon livre
sur la France au travail pour qu'il le préface ?
J'aurai pas le temps.
Non, mais tiens. C'est l'intro. Tu me dis ce que tu en penses.
- Attends... - Oui.
Il y avait plus que du papier rose au local, va savoir pourquoi.
En tout cas, merci Ă toi.
Dis-moi, je voulais te parler d'un truc.
Si ça t'intéresse, je peux t'aider à en faire partie.
De quoi tu parles ? Je comprends pas...
La Grande Loge.
Tu sais, ça a l'air de rien,
mais ça peut rendre service d'être franc-maçon.
Si tu veux rentrer au Sénat ultérieurement...
Il n'a aucun intérêt à être à l'offensive
et Ă mordre ses petits camarades. En revanche, en effet,
il va devenir une cible des attaques puisqu'il deviendrait le favori.
On se souvient de ses mots,
Géraldine, lors de son dernier meeting,
juste dimanche dernier. Je le cite : "Ce sont les Françaises
"et Français qui redresseront la France..."
- Tu fais quoi ? - Hein ?
Tu regardes la télé ?
Non, je lis. Enfin, je réfléchissais,
Je cherchais comment...
Comment on peut habiller ton pacte de l'Europe solidaire.
Tu réponds pas ?
Non. Si je réponds, j'en ai pour trois heures.
Oh lĂ lĂ , c'est vrai, vous avez plein de petits secrets Ă vous raconter.
Tu caftes sur moi ?
"Elle est méchante, tu sais pas ce qu'elle m'a fait aujourd'hui..."
- N'importe quoi. - Arrête. Beressi est une mégère.
Il va choisir ton camp. C'est aussi ça, la politique.
Agnès, je...
Vas-y, réponds.
Je suis désolé, c'est juste une blague pourrie. C'est pas...
Quand je dis "frigidaire", c'est pas dans le sens "frigide"
mais "froide", quelqu'un de froid, comme un bloc de glace.
- Tu vois ? - Oui, c'est bon, j'ai compris.
Écoute, je me sens con.
Ils font toujours des vannes
et je me fais embarquer comme un débile.
Qui, "ils" ?
"Ils", c'est Catherine, Bertrand, le type de la fondation Montesquieu.
Les Trois Mousquetaires,
la cellule rapprochée de Prenois.
C'est ridicule.
- Les Mousquetaires d'Intermarché ? - Voilà .
- Et Catherine, c'est Milady ? - Exactement.
Tu vois ? C'est clair, ils se la jouent cercle fermé,
mais tout ce qu'ils font, c'est boire de l'Évian,
bouffer des cakes aux lardons avec la mère de Prenois
et regarder les infos. Tu rates rien.
Mais...
- Je suis pas censé te dire tout ça. - Bien sûr. Tu me prends pour qui ?
Bon. Je suis désolé, Agnès. Franchement.
Oui, Catherine ? C'est le frigidaire.
- Oui. Tu veux parler à D'Artagnan ? - Agnès...
On bosse sur mon pacte de l'Europe solidaire.
Il viendra pas à votre réunion de mousquetaires,
si tu vois ce que je veux dire.
- Oui, voilà . - Agnès...
Passe-le-moi.
Non, c'est inutile.
Je pense la mĂŞme chose de toi.
Agnès... Agnès !
Tu fais quoi ?
Je vérifie que tu couches avec personne d'autre.
- Rends-moi mon téléphone. - C'est celui du parti.
- Bon, rends-moi mon téléphone. - Non.
Rends-le-moi, il y a des photos de Leslie et moi à l'intérieur.
- Non. - Allez, rends-le-moi.
- Mais tu me touches pas ! - Rends-le-moi !
- Ah, tiens... - Agnès, je te cherchais partout.
J'ai le programme imprimé.
Oui... C'est quoi, ça ?
C'est le programme des 50 mesures.
C'est quoi, ce papier ?
On avait dit du papier écolo, non ?
Oui. Il est complètement biodégradable.
Je sais pas, il est tout blanc et tout lisse.
Oui, justement, on a réussi à éliminer
le côté gris dégueu du papier biodégradable classique.
- C'est pas mal, non ? - Non.
Pour les gens, biodégradable, c'est gris.
LĂ , on perd tout l'impact.
Je vais pas le teindre en gris, quand mĂŞme, non ?
J'en sais rien, moi. Gère-moi ça.
Quoi ? Tu vas encore chialer ?
- Oui ? - Enfin, qu'est-ce qu'elle a ?
- Qu'est-ce qu'il lui prend ? - De quoi tu parles ?
Fais attention, Salim.
Tu sais ce qu'elle m'a fait en conférence de presse ?
- Attends, ta gueule. - Oui ?
Je vous le rappelle, cinq personnes qui projetaient deux attentats
- ont été arrêtées. - Attends.
La nouvelle vient interrompre
le cours de cette campagne présidentielle.
Certains candidats, sans doute, avaient prévu
de se rendre Ă Strasbourg...
C'est parfait, ça. C'est ce qu'il nous faut.
Pascal va demain Ă Strasbourg.
Je veux une réaction avec de l'émotion.
Sinon, je te fous au congélo.
"La lutte contre le terrorisme est une priorité.
"Je l'ai déjà dit,
"je le redis ici, devant vous, avec calme et fermeté,
"je ne reculerai jamais devant aucune réforme
"qui vise à préserver nos libertés
"mais aussi à assurer la sécurité de chaque citoyen et citoyenne
"sur notre territoire.
"La France, sans l'Europe, est un pays isolé, impuissant,
"incapable d'agir.
"On ne dessinera pas le monde futur sans la puissance européenne.
"Il y a encore des conquêtes à faire dans notre pays : sur l'inégalité,
"le rapport au monde. Supprimons cette inertie
"qui mine notre pensée politique.
"La France de demain sera une France d'espérance et de vision.
"Nous vous les proposons. Construisons cette France ensemble."
Non ?
- Tu t'es douché ? - Quoi ?
Tu t'es douché aujourd'hui ?
Non, j'ai pas eu le temps.
C'est important de se laver. On représente la France.
Bon. Je vais te faire couler un bain. Je vais m'occuper de toi.
Pour demain, Salim avait une idée.
J'ai oublié de le rappeler. C'est quand même un bosseur.
Non, mais ça va, je vais trouver.
Il faut bien.
C'est pour ĂŞtre proche du peuple que tu changes jamais de costume ?
Ils sont tous pareils.
Ça la fout mal, quand même. Ça et tes problèmes d'hygiène...
- C'est toi qui a écrit ça ? - C'était fermé.
J'en ai vu d'autres, des zigounettes. J'ai deux gosses, tu sais.
C'est quoi, ce discours ?
Ça, c'est... C'est rien. C'est un autre truc, pour un pote.
- Le "pote", c'est Catherine ? - Non, rien Ă voir.
Mais attends, j'adore. La tirade sur la persévérance, là ,
c'est lyrique. C'est vachement bien, vraiment.
C'est ça qu'il nous faut pour demain. On sent l'émotion, là .
- C'est de toi ? - Ben oui.
Tu mérites une récompense. Je suis comme ça, moi.
Je distribue les bons points mérités.
Tu m'attends dans la chambre, je reviens. OK ?
Qu'est-ce que tu fous ?
Alors, je voulais te présenter Marcus.
J'ai une crampe !
- Il a fallu que je m'allonge. - mince.
J'espère que ça ira.
Marcus est un ancien collègue de mon mari.
Bonjour.
- Enchanté de vous rencontrer. - Oui. Moi aussi.
Voilà . Tiens, ça, c'est pour toi. Ça va te réconforter.
- On va manger une flammekueche. - OK.
- Merci. - Allez, Ă demain.
- Désolé. - Oui.
Ciao, Marcus !
La persévérance,
voilà la réponse !
Rien au monde ne peut remplacer la persistance.
Pas le talent. Rien n'est plus courant que des ratés de talent.
Ni le génie. Le génie non récompensé est presque proverbial.
L'éducation à elle seule ne suffira pas.
Le monde est plein d'épaves diplômées.
Seules la persistance et la détermination
sont omnipotentes.
Et je vous demande d'accueillir notre candidat,
Pascal Prenois !
Merci. La France, notre France. Notre France est un grand pays...
- C'était dingue. - Viens.
...formé de femmes et d'hommes nés sur ce sol ou ailleurs,
- qui ont toujours eu le sentiment... - Mais on n'écoute pas Pascal ?
Agnès, qu'est-ce que tu fais ?
...les fruits de notre travail !
- Non, pas ici. - Ta gueule, ta gueule.
Je compte sur vous !
Vous le méritez !
Nous le méritons !
La France le mérite !
- Tu as été formidable. - Merci, Agnès. J'ai adoré faire ça.
Le public m'a porté.
Ça m'a plu, j'ai été emballé.
T'as passé un cap.
Je sais pas ce qu'il s'est passé, j'étais vraiment bien.
Merveilleux.
La tirade sur la persévérance, dingue !
- On aurait cru Johnny Hallyday. - Oui, enfin bon...
Je sais pas, ça m'est venu comme ça, juste avant de monter sur scène.
Ce sont eux, surtout, qui nous donnent cet élan.
C'est Pascal qui suscite cette exaltation.
Bien sûr.
- Bonsoir, Claude, comment vas-tu ? - Je suis ravi.
C'est vraiment sympa d'ĂŞtre venu nous soutenir.
C'est important d'avoir des soutiens régionaux, comme ça.
Bonjour, mademoiselle. Ça va ? Comment t'appelles-tu ?
- Clara. - Clara.
Vous savez comment on dit "ma petite chérie" en alsacien ?
On dit "Mikele".
- Ah oui ? - C'est joli.
On va faire une petite photo.
- Allez. - Allez.
Elle est mignonne. Une photo de groupe, ça me ferait très plaisir.
Agnès, venez.
Ça fera pas de mal à ma politique.
Merci. Merci beaucoup.
J'ai un appel de sucre de malade.
- J'aimerais un bretzel. - Un raisin.
- Un raisin ? - Oui.
- Vous avez goûté les bretzels ? - Oui.
- T'as envie d'en refaire plein. - Bien sûr.
- Daniel, ils savent que c'est toi. - Ah bon ?
Mais oui, Prenois aussi. Tout le monde ne parle que de ça.
Tu pourrais me passer le numéro de Prenois ?
Non, je peux pas te passer le numéro de Pascal.
Je l'ai pas et il change aussi tout le temps
pour des raisons évidentes de sécurité.
- Écoute, je vais te dire un truc. - Oui ?
Je devrais peut-ĂŞtre pas te le dire,
- Ils veulent te garder une place. - Ah oui ?
- Ou au gouvernement. - Pourquoi pas.
Oui, en secrétariat d'État. Je sais pas, les DOM-TOM,
- quelque chose comme ça. - Les DOM-TOM, oui.
Bon, c'est pas encore gagné,
- mais on gagnerait grâce à toi. - OK.
- Dis-moi... - Bravo. Je te laisse.
- OK, ciao. - Attends...
- Bonsoir, monsieur. - C'est la sortie de M. Prenois.
- Je fais partie de son équipe. - Faites le tour.
- Non, mais j'en fais partie. - Faites le tour.
- Agnès ! Agnès ! - Mettez-vous sur le côté.
Je veux pas entrer en boîte,
je fais partie de l'équipe. Ça marche pas, ça ?
Ça marche pas.
J'y travaille tous les jours. Vous allez voir, je vais l'appeler.
- Et la sortie ? - Par lĂ .
Merci.
Au fond ? Au fond...
Arnaud ? Tu peux venir m'aider une seconde ou t'es trop occupé ?
Ça va, poussin ? Tu fais la gueule depuis deux jours.
Non, c'est rien, c'est juste que...
L'extrême droite en tête des intentions de vote, ça me plombe.
OK. Tiens, aide-moi, je veux pas de piscine ni de palmiers
sur les photos de Pascal.
- Il faut les couper ? - Non, on va baisser les stores.
Quand les gens voient ça, ils pensent Club Med,
pas développement économique du littoral méditerranéen.
- Donc, toi, tu t'en fous, en fait ? - De quoi ?
- Que les fachos arrivent au pouvoir. - Pas au pouvoir,
au deuxième tour. T'es toujours à t'emballer pour rien.
- Parce que ça change rien ? - Si, ça change quelque chose.
Ça change qu'on va se rallier à Martineau.
Comment...
Se rallier Ă Martineau ?
On a passé la campagne à cracher sur elle.
Elle est finie, cette séquence. Si on se débrouille bien,
on peut avoir deux régaliens et peut-être l'Éducation.
Il y a le remboursement des frais de campagne,
mais ça, c'est autre chose.
Donc, en fait, pour toi, les gens sont interchangeables ?
Catherine, Pascal, Martineau, Salim...
Attends deux secondes.
Tu le vois, toi, Pascal Prenois, président de la République ?
Donc, on vise quelque chose auquel on croit pas du tout ?
Mais si, on y a cru, mais on adapte nos ambitions
Ă nos moyens. Il faut juste monter encore un peu,
et peu avant le premier tour, on se rallie.
On crée l'événement. On va plus loin
que la logique de parti, sauf si tu as une meilleure idée.
T'as réfléchi ?
Pascal est d'accord pour adapter ses ambitions Ă ses moyens ?
Pascal est pas au courant. Il faut juste qu'il se fasse pas
monter la tĂŞte par les suceurs de bite.
S'il pense ĂŞtre au niveau, il va faire n'importe quoi.
- Tu ne parles pas de la Corse. - Je parle pas de lĂ oĂą on est ?
Non.
Arnaud ? On a baisé une fois, on en fait pas une affaire d'État.
- Alors, avec le préfet ? - C'était formidable.
Formidable. Tu connais Jean-Jacques.
Oui. Je t'entends. OK.
C'est la ferveur. Jusqu'oĂą ira Pascal Prenois ?
Arrivé ce matin sur l'île de Beauté,
le candidat s'est offert un véritable bain de foule sur le port d'Ajaccio.
Après une brève déambulation,
il a visité une porcherie modèle
puis une entreprise de recyclage,
il s'est entretenu avec des chefs d'entreprise locaux
dans un hĂ´tel, un hĂ´tel spa, ici, Ă Porto-Vecchio.
Le parti du peuple semble aujourd'hui toujours assuré
d'une confortable première place au premier tour,
mais en deuxième position, Évelyne Martineau
est à présent menacée par la percée de Pascal Prenois.
Après des débuts plutôt difficiles, on a aujourd'hui beaucoup de mal
Ă imaginer ce qui pourrait compromettre
une ascension aussi fulgurante.
Ça va ?
Assieds-toi.
Pour moi aussi, c'est difficile de garder le cap.
On dirait pas. On dirait que tu sais exactement oĂą tu vas, toi.
C'est mon métier de le laisser penser.
Si Prenois entre à Matignon, ça va être la curée.
Edwin va vouloir l'Éducation, Catherine, l'Économie.
- Toi, l'Intérieur. - S'ils m'ont pas lapidée d'ici là .
Si j'ai pas porté plainte pour harcèlement sexuel aussi.
T'aurais tort. Je t'enverrai négocier les réductions d'effectifs
avec les CRS.
- On se marrera bien. - Ah oui ? Tu ferais ça ?
De toute façon, tu sais que moi, je serai au Canada. Donc...
C'est vrai, le Canada.
- Rejoindre bobonne. - Arrête de l'appeler comme ça.
Mais pour toi, ça change rien.
Si je suis pas là , c'est pas une affaire d'État.
Pour que j'envisage un partenaire, il doit vraiment ĂŞtre Ă fond.
Je suis pas Ă fond ?
Non, regarde, t'arrĂŞtes pas de te couvrir.
Catherine, Leslie... Tu mises plusieurs chevaux
et t'attends de voir lequel gagnera. T'es pas Ă fond.
- AllĂ´, Leslie ? - Poussin ?
Oui, c'est moi.
Oui, non, je sais pas... Non, ça va pas trop.
J'ai bien réfléchi et je vais pas venir au Canada.
Non. Non, je rigole pas, c'est vrai.
Non, je te jure. Non, je me fous pas de ta gueule, je vais pas venir.
Parce que j'ai envie de continuer après la campagne.
Parce que je suis trop investi pour la France et tout.
Oui ?
Non, c'est pas une blague.
Hé... Hé, ne le prends pas comme ça.
Les... Leslie, ne pleure pas. ArrĂŞte de pleurer.
- Mais... Poussin... - Tu me dis ça après cinq ans.
Oui, ça fait cinq ans, oui, c'est... C'est...
C'est un quinquennat. Il faut peut-être le voir comme ça.
- Il faut peut-être réfléchir, non ? - "Réfléchir" ?
Hein ? AllĂ´ ?
Tu sais que t'as encore rien vu ?
Regarde.
- Tu fais quoi, là ? - À ton avis ?
- Tu vas te baigner ? - Oui.
- Elle est glacée. - Je me jette à l'eau.
- Glacée ? - Oui.
J'en ai rien Ă foutre.
Il y a des requins.
Mais je commence à les connaître, les requins, tu vois.
Les "requines" aussi. Allez, viens !
HĂ©, t'es Ă fond ou t'es pas Ă fond ?
- T'es complètement malade ! - Allez, viens !
Elle est bonne ! Viens !
Elle est un peu fraîche mais on s'habitue. Viens.
Tu fais quoi ?
C'est bon, enlève tout !
- Agnès ! - Oui.
Agnès !
- On s'habitue vite. - Putain...
Agnès !
Arnaud ? Ta tirade sur la persévérance à Strasbourg,
tu l'as trouvée quand ?
- Quoi ? - La persévérance à Strasbourg.
La persévérance. Petit con, va.
Agnès... Agnès !
Ce que je comprends pas, Daniel, c'est comment t'as pu
me refourguer une putain de citation d'une pub McDonald's.
Le truc sur la persévérance, là ?
Il doit y avoir une erreur,
on m'avait dit que c'était repris d'un discours de Nixon.
Tu l'as fait exprès, c'est ça ? C'est un coup de Bertrand ?
Mais, pas du tout, enfin, Arnaud.
Je t'ai jamais dit que c'était de moi.
Je pouvais pas savoir, je te jure.
- Thierry Block me l'avait donnée. - C'est qui, ça ?
C'est un type de ma loge,
un dentiste. Un super dentiste, d'ailleurs.
Si t'as besoin, il m'a fait mes plombages. C'est vraiment bien.
- T'as pas vu Agnès ? - Non.
Tu as vu le tweet ?
C'est pas une pub McDonald's, d'accord ? C'est une vieille citation
du fondateur de McDo, OK ?
- Quoi ? - Regarde. Il a écrit...
Agnès !
Agnès, on va arranger ça, ouvre-moi ! Agnès !
Je veux que tu tweetes que c'est toi, la citation McDo.
- Quoi ? - Là , ça passera.
C'est la seule solution.
- Tu rigoles, lĂ ? - Non, je rigole pas du tout. Allez.
- Tu l'avais pas précisé, ça. - Quoi ?
Quand tout le monde te félicitait, à Strasbourg, devant Pascal...
T'as pas dit qu'elle était de moi ?
- T'as 23 ans. - 25, je vais sur mes 26.
OK, 25. Personne ne connaît ton nom, personne ne sait qui tu es.
Tu sais ce que ça veut dire ? Si tu te prends cette balle,
tu plonges pour quoi ? Trois mois ? Six ?
Dans moins d'un an, tu reviens, plus personne ne t'associera à ça.
Avec un nouveau compte Twitter, c'est fini, tu renais de tes cendres.
Le coup du monde plein d'épaves diplômées,
ça passe pas du tout venant de moi, de la part d'une énarque.
Ça va me poursuivre toute ma vie. C'est mon "Casse-toi, pauvre con",
mon "Le bruit et l'odeur", mon "Zadig et Voltaire".
C'est bon. Tu pousses un peu, non ?
Je m'en relèverai pas, Arnaud.
C'est 20 ans de ma vie que tu as entre tes mains. Tu comprends ?
Entre tes mains.
Montre-moi maintenant que je peux avoir confiance en toi.
Bon, voilĂ .
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je te retweete.
Et qu'est-ce qu'il va se passer pour moi, maintenant ?
Pas grand-chose. Dans trois jours, ce sont les municipales
de Saint-François-du-Gard. On t'aura oublié.
Ah d'accord.
Moi, je t'aurai pas oublié.
Je bosserai encore du QG ?
Passe-moi mon chemisier.
Hein ? Je vais faire quoi ?
Tu devrais te mettre au vert. Tu pourrais partir au Canada,
comme Juppé après les emplois fictifs.
Tu te fous de ma gueule ?
En tout cas, on reste en contact. Ça, c'est promis.
- Agnès ! - Arnaud, votre réaction
suite Ă votre tweet ?
Allez vous faire foutre, putain !
L'ancien Premier ministre, qui a renoncé à ses mandats,
est installé aujourd'hui au Canada.
Son éventuel retour est très commenté,
mais il indique qu'il n'en est pas question pour l'instant.
Je me sens bien et je n'ai pas d'impression
d'insatisfaction. Je sortais
d'une période très, très dure, très difficile
sur le plan moral pour moi.
Voilà , donc ça m'a incontestablement apaisé.
Oui, Leslie, c'est moi.
Tu me rappelles pas, je comprends, c'est normal.
Je voulais juste te dire que je suis désolé.
Je suis désolé, j'ai pas envie de te perdre.
Je sais pas ce qui m'a pris,
je sais pas ce qui s'est passé avec la campagne, j'ai pété un câble.
VoilĂ , j'ai besoin de toi, tu me manques vraiment.
J'ai envie de te retrouver,
qu'on fasse ce qu'on a dit avec les Inuits. Et voilĂ .
J'ai fait ma demande de visa et... Rappelle-moi, s'il te plaît. OK ?
Tu me manques vraiment. Je t'aime, poussin. Bisous.
- Edwin ? - Je peux te parler ?
- Oui. Ça va ? - Jacqueline est morte.
- Quoi ? - Jacqueline, la mère de Pascal.
Elle est morte.
Merde... Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Elle a fait un malaise. Elle est décédée hier soir, à l'hôpital.
La pauvre ! C'est horrible. On en parlait, en plus,
elle devait faire un bilan de santé.
- Elle était en train d'en faire un. - Quoi ?
Elle est morte pendant le test d'effort.
- Ah merde... - Arnaud, ça va ?
Oui, ça va, c'est juste que je suis...
Je suis vraiment désolé.
- C'est pas de ta faute non plus. - Non, mais quand mĂŞme.
- Pascal voudrait te parler. - Pascal ?
- À moi ? - Oui, à toi.
- Quand ? - Tout de suite.
- Merci Ă toi d'ĂŞtre venu. - De rien.
C'est normal. Je suis vraiment embêté pour Jacqueline.
Je savais pas que ces tests pouvaient ĂŞtre dangereux.
Bon, écoute... On est tous très embêtés.
Pascal est ici pour se ressourcer,
mais il refuse de sortir de sa chambre.
Il nous a tous foutus dehors, alors j'ai pensé que toi
qui as beaucoup côtoyé Jacqueline, peut-être qu'il te parlerait.
Mais je l'ai pas côtoyée tant que ça, moi, Jacqueline.
- Salut, Bertrand. - Bon.
On s'inquiète tous. Sans sa mère, Pascal est un peu perdu.
On est Ă l'heure du choix. Il faut se rallier Ă Martineau.
Le premier tour, c'est dans une semaine.
- Une semaine. - Il veut plus se rallier, lĂ ?
Il sait plus ce qu'il veut. Il parle de continuer en solitaire,
mĂŞme d'arrĂŞter pour protester contre l'extrĂŞme droite.
On s'inquiète.
Vous savez que Simenon écrivait un roman par mois.
Le jour où sa mère est morte, plus une seule ligne.
Ta gueule, Philippe, tu fais chier ! Tu as fait assez de conneries !
Bon, je vais te laisser y aller.
Il est au premier étage, dans la chambre Lapin.
Tu verras, il a commandé à manger. Beaucoup.
Ça doit être sa manière de décompresser. Bon courage.
Arnaud...
- Je suis désolé. - Pourquoi ?
- Pour votre maman. - Ah oui.
"Désolé" dans ce sens-là , d'accord, oui.
Il paraît que vous réfléchissez pour la suite de la campagne ?
- Je vais arrĂŞter la politique. - Ah bon ?
Oui.
Pour faire quoi ?
Je sais pas, profiter de la vie. Bosser dans le privé.
Les 35 heures, les week-ends de trois jours... Pourquoi pas moi ?
Vous avez déjà travaillé dans le privé ?
J'ai fait un stage pendant l'ENA chez L'Oréal. J'ai des contacts.
C'est peut-être ça, au fond, ma vocation.
Vendre du shampoing.
La France, Pascal.
- La France ? - La France.
Vous savez ce que m'a dit votre mère quand on préparait l'imagier ?
Non.
Elle m'a dit : "J'espère que Pascal y arrivera, mais pas pour lui.
"Pour la France, pour les Français."
- C'est vrai ? - Oui.
- C'est bizarre. - Pourquoi ?
Ma mère détestait les Français.
Elle disait que c'était un pays de chieurs
et que si je m'étais pas engagé,
elle aurait déjà foutu le camp au Canada.
C'est dingue. On pense connaître les gens et puis...
Vous savez, Arnaud,
je crois que la France veut pas de moi.
C'est vrai. Regardez.
Je sais pas ce qu'il faut pour...
- Ta gueule. Putain... - Pardon ?
Vous avez dit quoi, lĂ ?
Pardon, c'est juste que j'en ai marre, lĂ .
- J'en peux plus. - De moi ?
- Non, de nous. - "Nous" ?
Mais oui, nous, les mecs comme nous.
Qui osent pas, qui se couvrent.
Je me mets dedans, mais ça me déprime.
- Regarde-la, Pascal. Regardez-la ! - Qui ?
- La France. Elle attend que ça ! - "Ça", quoi ?
Mais ça, mais que t'y ailles ! Que t'y ailles !
Que tu la prennes comme ça,
- comme un homme ! - Ah bon ?
Depuis le début, elle te fait de l'œil.
Elle est mignonne, mais Ă un moment, il faut y aller.
Il faut la prendre comme ça et de lui mettre son tarif, tu vois !
Vous avez un rapport très libidinal à votre pays.
Et le pire lĂ -dedans,
c'est qu'elle finira jamais avec un mec gentil et poli,
alors qu'elle en a peut-ĂŞtre besoin. Hein ? Un mec gentil,
qui saura l'écouter et la considérer.
On est lamentables.
C'est ça, Pascal. On est lamentables.
Tu te caches derrière la mort de ta mère
pour te défiler en mangeant des ortolans,
et moi, avec mes conneries de Leslie et du Canada,
on est lamentables.
Edwin, prépare la voiture !
On va voir de Cerny. Allez, les gars, on part en négo !
Et je vous le dis, ce sera Matignon ou rien !
Leur grand ministère de l'Économie, j'en ai rien à faire.
Tu lui as dit quoi, lĂ ?
- Je sais pas du tout. - Je vais lui mettre son tarif !
Mais qui a invité Karadzic ?
Alors ? Tu l'as vu ? Il t'a dit quoi ?
Oui, quoi ?
Pascal aimerait que tu viennes avec nous. On y va.
On était sans nouvelles de Pascal Prenois
depuis deux jours maintenant, et il y a une rumeur qui...
Tu trouves pas ça dingue ?
- ...un ralliement Ă Mme Martineau. - Franchement ?
Je m'en fous.
Tu le gardes pour toi, mais moi, la politique, ça me gave.
... une semaine avant le premier tour en faveur de son adversaire.
Tenez-vous bien, il faut tout de mĂŞme imaginer que Pascal Prenois,
au moment oĂą nous sommes en train de parler,
est en route pour le palais de l'Élysée,
où il compterait négocier un poste de Premier ministre
auprès de la présidente
en échange de son soutien à sa réélection.
Ah oui, donc du jamais vu dans l'histoire de la Ve République,
mais qu'est-ce qui motive ce choix insensé ?
Alors, pas si insensé que ça.
Cette élection, vous le savez, est très serrée.
Les trois premiers sont dans un mouchoir de poche,
donc, avec ce coup de poker,
Pascal Prenois n'a rien Ă perdre, il a tout Ă gagner.
D'abord, il avait promis de tout faire
pour éviter qu'un parti populiste
puisse gagner au second tour.
Qu'est-ce que t'en penses ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Mon gouvernement.
Félicitations.
- Elle est oĂą, Catherine ? - Pas lĂ .
Je veux pas faire un remaniement
à cause de ses conneries de rétrocommissions qataries.
- Et Karadzic pour les DOM-TOM ? - J'ai pas trouvé autre chose.
Oui... Et la Défense ?
- T'y crois, toi ? - Oui.
Non, je pense qu'elle pourrait avoir les épaules pour.
Je sais plus. Bon, mets ce que tu veux.
Allez. Ils t'attendent.
- Moi ? - Ben, j'irais bien moi-mĂŞme, mais...
Un candidat
qui vient prendre l'apéro au château une semaine avant le premier tour...
OK. Bon, j'y vais.
- Bonsoir. - Suivez-moi, je vous en prie.
Veuillez patienter, s'il vous plaît.
- M. Jaurès ? - Oui ?
La présidente vous attend. Je vous en prie.
Porte de gauche.
Bonsoir, Mme la... Mme la présidente.
- Bon. Vous avez le... - Oui.
- C'est vous, Arnaud Jaurès ? - Oui.
- Vous ĂŞtes de la famille de... - Non, rien Ă voir.
Karadzic à la Défense ? C'est quoi, ça ?
Ah bon.
Bon. À part elle, tout me va.
- D'accord. - Il est d'accord ?
Et qu'est-ce que vous savez faire Ă part le pigeon voyageur ?
Je parle quatre langues. Je viens de la société civile aussi.
Et j'ai lu tout Balzac.
Vous avez besoin d'autre chose ?
Non, c'est bon pour le moment.
Merci.
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