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Original subtitles

Pendant la Restauration

On commence, Excellence.

Relisez-moi le procès-verbal.

A son Excellence le Ministre de...

Ça suffit. Parlez-moi du prisonnier.

Imbriani Fulvio, famille d'aristocrates...

Amenez-le !

...officier sous Robespierre, exilé, jacobin,

accusé de vouloir réorganiser la secte des Frères sublimes

avec Govoni Filippo, Grand Maître

de cette secte.

Lors de l'interrogatoire,

il a refusé de révéler où se cache Govoni.

On juge plus utile de le libérer

pour qu'il nous conduise aux derniers membres de la secte.

On a fait courir le bruit

qu'Imbriani avait parlé et dénoncé le Grand Maître.

Vous êtes libre.

Allons, Imbriani Fulvio, vous êtes libre.

Moi ?

En ce jour de Te Deum, M. le Préfet a voulu être magnanime,

remerciez-le et réjouissez-vous comme tous.

Vous pouvez disposer.

Allons, mon fils, réjouis-toi.

Mais c'est toi... Lionello ?

C'est vous !

Mon Dieu, comme je suis stupide...

Excuse-moi... Voilà trois jours que j'ai la fièvre.

Traître !

Plus fort, je ne t'entends pas. Je ne t'entends pas !

Traître !

En ce 23 brumaire de l'an 28 de la révolution de Robespierre,

le tribunal des Frères sublimes a été convoqué ici.

Toi, Fulvio,

Fulvio Imbriani, tu as été arrêté le sept de ce mois.

Ton arrestation a troublé notre Grand Maître,

comme s'il pressentait sa propre fin.

Depuis, nous ne savons rien de lui.

Aux dires de certains, tu as... tu aurais,

sous la torture,

révélé où il se cache en secret.

C'est à moi que tu parles ?

A moi qui...

Mais j'ai la fièvre,

je ferme les yeux, je les ouvre et le cauchemar sera fini.

Voilà...

Ne fais pas l'enfant gâté !

Moi ? Moi qui vous ai tout appris ?

C'est toi qui as parlé. Qu'as-tu dit ?

Qui te l'a dit ?

Nous faisons le jeu de la police. Dis-le à ces imbéciles.

C'est moi, Fulvio. Je ne crois pas que tu aies parlé.

Respectons les règles du procès.

Mais quel procès ?

Laissez-le parler !

Vous avez regardé sous la glycine ?

Quelle glycine ?

Filippo y restait

tout seul, pendant des heures.

Qu'est-ce que c'est ?

Je n'ai pas mes lunettes. Giovanna, viens.

Giovanna, lis.

- Moi ? - Lis.

''A mes Frères sublimes...

''Je considère le bilan de l'année que je ne finirai pas,

''ma quarante-cinquième année.

''Elle s'achève en négatif

''et je n'ai pas d'idées pour y remédier.

''Il ne me reste qu'un peu de courage.

''Juste ce qu'il faut pour disparaître.

''Je ne pardonne à personne et ne demande pardon à personne.

''S'il existe un monde différent, pacifique et heureux,

''que pensera-t-on de tout ceci ?

''Sans doute ce qu'on pense des cannibales,

''de la chasse aux sorcières...

''des sacrifices humains.

''Adieu à jamais, Filippo.''

Ce n'est pas Filippo.

Ce n'est pas lui. Il a mon âge et cet homme est vieux.

C'est bien lui...

Eh vous ! S'il vous plaît, un instant.

Cours appeler la police.

Inutile de courir.

Ne le regarde pas.

Tu m'en voudras toujours de t'avoir accusé.

Ne pars pas sans me pardonner !

Allons-y !

Restons cachés quelques jours.

Sans moi !

Je suis arrivé.

Tu veux qu'on t'arrête ? Ta famille habite ici !

Ma sœur m'a dit de revenir, j'ai toujours vécu ici.

Ton père ne t'a pas déshérité quand tu as fui à Paris ?

Il est mort il y a sept ans.

Ton frère le remplace au gouvernement.

Crétin ! C'est pour ça qu'on ne me cherchera pas ici.

Excuse-moi, j'ai vraiment besoin d'un lit.

Méfie-toi d'eux. Ils te dénonceront.

A qui se fier ?

Je me présente comme un ami de Fulvio. Je verrai.

Ils ne te reconnaîtront pas ?

Il y a des années

qu'ils ne m'ont pas vu et je suis un bon acteur.

Fulvio !

C'est ta sœur ?

Ce n'est pas la voix d'Esther. C'est elle.

Fulvio !

Mon petit Fulvio ! Mon petit pinson !

Je suis là, Esther...

Je suis là, maman.

C'est mon neveu. On lui a donné mon nom.

Fulvio, viens !

J'arrive !

Mon pinson, tu vas prendre froid !

Viens, rentre !

Je viens avec toi, c'est mieux.

Mon chien... toujours là. Je suis sûr qu'il m'a entendu.

Allez, vas-y.

N'enlève jamais ça, sinon ils te reconnaîtront.

Dis-leur que tu as de la fièvre.

Si je ne reviens pas dans une heure, c'est que je reste.

Mange... c'est bien.

Mon père, ne trouvez-vous pas

que les enfants ne savent plus se tenir à table ?

Alors, Fulvio, que regardais-tu ?

Maman. Elle est orange.

Je demande qu'on ferme, Esther ?

Non, le soleil se couche. Ça ne me dérange pas.

Et ma couleur n'est pas l'orange, comme disait Fulvio.

Comment ça, ta couleur ?

Enfant, Fulvio disait :

''Fermons les yeux et imaginons une couleur pour chacun.''

Il me voyait violette.

Papa, noir.

Et toi, Costantino, ta couleur ?

Je l'ai oubliée.

Je voudrais savoir, mon père, s'il était...

Impossible que tu aies oublié !

Bleu ciel ! Pour moi, Costantino est bleu ciel.

Pas bleu ciel !

C'est la couleur du bonheur, disait Fulvio.

Pour lui, personne n'était de cette couleur.

Il le voyait vert, vert comme un chou.

Et mon oncle, de quelle couleur il se voyait ?

Or. Toujours grandiose, lui.

Jaune, tu veux dire.

Non, or.

Je veux mon frère.

Qu'il revienne. On se charge de sa grâce.

On a besoin de tous pour reconstruire la paix.

On a même besoin de musiciens

et Fulvio était un bon violoniste,

paraît-il.

On verra si au moins ainsi, il aura du succès.

Il pourra venir avec son enfant ?

Je le veux lui aussi.

Alors, j'ai un cousin ?

Pourquoi ne me l'a-t-on jamais dit ? Où est-il ?

Loin d'ici.

Avec mon oncle ?

Loin de lui aussi.

Tu vois, Fulvio,

des gens comme lui ont dû renoncer pour leurs idées...

que plus tard, tu connaîtras et que tu jugeras,

à la joie de rester avec leur enfant.

Qu'est-ce qu'il y a, Concetta, parle. Fermez cette porte.

Si le révérend, ami de mon Fulvio, a la fièvre

il doit boire ceci.

Sers.

Il est de l'année où Fulvio est né.

Buvez, mon révérend.

Bois, mon pinson.

Mais que fait-il, il prie ?

Vous êtes las et fiévreux, on va vous conduire à votre chambre.

Qui est-ce ?

Le mari d'Esther.

C'est un ami de Fulvio. Fulvio va peut-être revenir ici.

Il devient enfin raisonnable lui aussi. Tu es contente ?

Ton frère a appris qu'à 20 ans, c'est facile de tout quitter...

Appris... Appris de qui ?

D'un type comme toi ?

Pardon, vous me parliez ?

Mon père ! Personne ne vous a insulté,

pourquoi insultez-vous mon mari ?

C'est trop facile de se souvenir de Fulvio maintenant.

On l'a fait souvent dans le passé, croyez-moi.

Quand la honte a rendu notre père gâteux et qu'on a dû...

Non, pas ces choses-là...

Lâches !

J'oubliais une chose qui vous importe peu.

J'étais venu vous annoncer que votre frère

est mort il y a trois jours, près d'ici.

Il s'est pendu à un arbre,

désespéré, car tous l'avaient abandonné !

Seul comme un chien...

Espèce de sale Allemand !

Lâche !

Demande-lui où il est.

Je t'en prie, où est son corps ? Où est-il ?

Je prépare la voiture.

Fulvio !

Fulvio, ton oncle n'est plus...

C'est moi, mes enfants !

C'est moi...

Esther, c'est moi...

Esther, Costantino ! C'est moi.

C'est moi...

Bien sûr, c'est toi.

Mes enfants, je meurs...

Remontez-le.

Ouvrez-lui la bouche.

Prends, porte-le loin d'ici.

Ici, il faut du silence.

Tu es presque guéri, mon pinson.

Fais-moi beau.

Tu te souviens ?

Oh qu'elle est belle la vigne en treille

Comme c'est bon

De savoir la vendanger

De faire l'amour avec ma belle

Oui, faire l'amour dans les prés...

C'était ça ?

Teresina, mon cœur, n'ai guère envie de travailler...

Petite, tu la chantais mieux, tu mimais même les paroles.

Fais-le !

Allez !

Teresina, mon cœur, n'ai guère envie de travailler

Tu as retiré ton jupon

Si tu me veux, te faut payer

Oh qu'elle est belle la vigne en treille

Comme c'est bon de savoir la vendanger

De faire l'amour avec ma belle

Oui, faire l'amour dans les prés...

Madame, excusez-moi, cet étranger a voulu passer,

il n'a rien voulu entendre.

C'est Charlotte.

Viens que je te présente.

- Est-ce vraiment nécessaire ? - Oui.

Ils connaissent le hongrois ?

Dis-leur que je ne parle que ma langue.

Charlotte est désolée, elle ne connaît pas l'italien.

Ta fameuse petite sœur

avec son châle à fleurs !

Ravissante !

Elle me rend pas main.

Elle transpire trop des mains.

Tu trempes la mienne maintenant !

Elle dit qu'elle a passé la frontière clandestinement.

C'est l'héritier ?

Et voici l'étalon !

Mon mari.

Justement,

l'étalon.

Ton frère m'accueille dans ta famille pourrie

avec un de ces regards !

Et toi, tu es une putain sympathique.

Vous avez envie de vous changer, je pense.

Tire-toi de là !

Elle te trouve belle et gentille.

Allons dans ta chambre.

Je suis fatiguée.

Parle italien, je ne te comprends pas.

C'est le meilleur endroit pour rassembler tous les Frères.

- Ici ? - Ici.

Si ta sœur le savait !

Tito m'a écrit, il a pu les réunir.

Tu sais quoi ? Il a toujours été amoureux de moi, lui, le saint !

Les paysans du Sud se révoltent à cause du choléra.

C'est le bon moment pour y aller. Qu'en penses-tu ?

Trecase est près de Côme ?

Trecase ?

C'est bien là que sont les paysans qui gardent notre fils ?

Massimiliano ? Oui, pourquoi ?

Quel âge a-t-il ?

Massimiliano a six ans.

Pourquoi cette question ?

Et ''Dirindindin'', elle nous envoie à manger quand ?

Qui ?

''Dirindindin'', ta sœur. J'ai vu comment elle se tortillait.

C'est pas comme ça qu'elle faisait ?

La maladie t'a fait du bien, tu sais.

Tu es plus...

Plus...

Tu pensais que j'avais grossi ?

Les fonds recueillis en Angleterre.

On s'est bien débrouillés, hein ?

Il y a aussi des livres sterling.

Bientôt, les Frères vont arriver, déguisés en chasseurs.

Les tiens ne s'apercevront de rien.

- Entrez. - Couvre-toi.

Pourquoi ?

Entrez !

Bonne nuit, mes pinsons...

Excuse-moi, j'ai été très malade...

Ne sois pas fâchée.

Mais qui est fâché ?

Si tu ne peux pas faire l'amour, tant pis pour toi.

Moi, j'ai faim.

Tu sais bien que je ne bois pas de vin.

Excuse-moi.

Quoi ? Que dis-tu ?

Non, rien...

- Allons le chercher. - Qui ?

Massimiliano. On peut l'amener ici.

Massimiliano, ici ?

Oui, ou... en Amérique.

Moi, toi et Massimiliano en Amérique ?

Oui.

On avait juré de ne jamais prononcer son nom.

Tito et les Frères vont arriver. On part avec eux.

Pourquoi es-tu venue me chercher ?

Pourquoi venez-vous me chercher ?

Où allez-vous avec vos déguisements ?

Vingt ans que vous allez et venez en vous déguisant,

qu'on court après des étincelles qui ne sont que cendres.

Dieu, que vous m'ennuyez !

Vous aussi, vous n'êtes que de terribles habitudes !

A ta façon de monter, je te reconnais, Gioacchino.

A ta façon de marcher, Ugo... à ton arthrose...

A ta façon de sauter, Lionello. Je sais pourquoi tu sautes...

Tu essayes de cacher ta vocation pour la mort.

Imbécile ! Refais-le et je te tire dessus !

Tu aurais dû me noyer, Lionello...

Vous auriez dû me laisser mourir au lieu de me faire guérir.

Je suis guéri. J'ai changé.

Je suis bien ici où tout le monde m'aime.

Tito, mon cher Tito, j'ai perdu la foi...

Et tu ne peux même pas me consoler car c'est moi qui ai pitié de toi.

Tu ne vis pas, Tito.

Tu survis à une chose révolue

et qui recommencera peut-être quand nous serons vieux.

Ne me demande pas ce que je veux, je sais ce que je ne veux plus.

Que regardes-tu, Massimo ?

Baisse les yeux, tu vas trébucher.

Je ne supporte plus vos yeux tournés vers l'avenir.

Je n'ai qu'une vie, je ne veux pas attendre le bonheur universel.

Qui d'entre vous m'aime assez pour me protéger de la mort ?

Ne me regarde pas ainsi.

Ce n'est pas mon désespoir qui doit t'effrayer, mais ma joie.

Tu n'imagines pas ce qu'on peut demander d'autre à la vie.

C'est moi...

C'est moi qui les ai dénoncés.

- Je l'ai fait pour toi. - Pour moi ?

C'est ce que tu veux, je le sais. Tu es libre, enfin.

Si tu rates cette occasion, tu es fini.

Ne fais rien ! Tu n'as qu'à laisser faire !

Ne regarde pas, ne regardons pas. Moi aussi, j'ai peur...

Aide-moi.

Je compte jusqu'à dix, et s'il ne se passe rien, je les arrête.

Attends ! Arrête !

C'est moi !

J'avais compris.

Quelle honte !

Tu devais le faire, Esther, sans me le dire !

Partons ! C'est fini !

Pas ici !

Pas de ça ici !

Lève-toi !

Fulvio, au secours ! Ne les laisse pas m'attraper !

Au secours !

Monte !

Prends, c'est l'argent du groupe.

Remigio, Costantino ! Arrêtez les soldats !

Arrêtez !

Arrêtez !

Imbécile !

Va-t'en !

Traître !

Traître !

''Luciole, luciole, viens à moi

''Je te donnerai le pain du roi

''Le pain du roi et de la reine

''Luciole, luciole, approche-toi

''Luciole, luciole, viens à moi

''Je te donnerai le pain du roi

''Le pain du roi et de la reine

''Si tu me laisses un sou pour ma peine !''

Massimiliano !

Fous le camp !

Charlotte ! Je l'ai trouvé, il est ici !

Mettez-lui ses vêtements. Je l'emmène.

Qui nous paiera nos frais ?

Ta maman prie pour toi dans le ciel.

- On peut fermer ? - Oui.

Quel bel enfant ! Il est à vous ?

Oui. Moi aussi je le trouve très beau.

Nous voici de nouveau réunis.

Grâce à elle.

Partons pour le Sud.

C'est la seule consolation pour elle...

Allonsanfàn, le fils de Filippo. Il a su que vous étiez ici.

Il va s'embarquer avec nous.

Giulio et Riccardo sont à Gênes pour acheter un bateau.

Hélas, nous ne sommes plus que vingt.

C'est plus facile pour monter l'expédition.

Tu es d'accord ?

Elle serait d'accord.

Quelle chance de pouvoir l'enterrer ici.

Quelle paix !

Avec l'argent qu'elle a recueilli, on achète les armes.

- Attends ! - Compte sur nous, ne t'en fais pas.

Venez, on y va.

D'abord la cérémonie, mes enfants.

Au cul !

Attends !

Un moment !

- Vous voulez la voir ? - Oui.

Je vous remercie pour Charlotte.

Vous êtes venus à ses funérailles

et vous ne parlez pas d'elle, de moi ou de notre fils.

Tito parle d'argent, d'expéditions, d'armes.

Des choses dont on ne devrait pas parler maintenant.

Mais tu le remercies, n'est-ce pas, Charlotte ?

Il n'y a qu'une chose qui t'apaise, que ton travail continue.

Je reviens parmi vous. J'achèterai les armes, même si c'est risqué.

Tu vois, Charlotte ?

Moi aussi je parle d'armes, d'expéditions, d'argent,

et je vais partir, te laisser seule.

C'est ce que tu veux, je le sais...

Que tout continue, tout de suite.

Tu me connaissais mieux qu'eux.

Tu ne m'aurais jamais donné la bourse.

Chante quelque chose.

Moi ? Mais quoi donc ?

N'importe quoi, mais pas un chant d'église.

L'herbe ne pousse plus

L'abeille ne vole plus

La bouche n'embrasse plus

Mais moi, je voudrais

Mais moi, je voudrais

M'endormir

Avec toi !

Très haut, très loin

Est le ciel

Dans le ciel lointain

Le soleil...

Il y a de l'eau dans la fosse ! Vous avez vu ?

On ne peut pas l'enlever ?

Laisse-le.

- Dis à quelqu'un... - Arrête !

Imbécile !

Excuse-moi.

Adieu, mes enfants.

Je vous vois pour la dernière fois.

Allez donc dans votre Sud

vous suicider parmi les paysans qui ne savent pas qui vous êtes.

Je prends un autre chemin.

Qui sait si en Amérique je saurai ce que vous êtes devenus.

On y va !

Mange.

C'est pour toi, Massimiliano.

Allez...

Bois-en un peu.

Bois.

On fête qui ?

- On fête qui ? - Cet enfant !

Comment s'appelle-t-il ?

Massimiliano.

Vive Massimiliano !

Bonne fête, mon amour !

Bonne fête, mon amour, bonne fête, Massimiliano !

S'il vous plaît, prêtez-le-moi.

- Je vous en prie. - Merci.

Glaces ! Glaces !

Eh ! Marchand de glaces !

Ce sera quoi pour ce bel enfant ?

Une glace à la vanille.

Comment m'avez-vous retrouvé ?

Je me suis débrouillé.

J'essaye de reconquérir ta confiance.

Glaces ! Glaces !

Je te fais une belle glace ?

Alors ? Tu as acheté les armes ?

Oui...

On nous les remet dimanche à six heures, au lac de Orta.

J'ai payé d'avance. Je t'attends là-bas.

Glaces ! Glaces !

A la vanille ! Au citron !

Au cas où je tarderais...

Voilà, c'est pour Massimiliano.

Sa pension pour trois ans.

Entendu. Vous pouvez dormir ici cette nuit.

Ça veut dire quoi : ''Mon amour'' ?

Que quelqu'un aime beaucoup une autre personne.

Fous le camp !

Pardon ?

Fous le camp, toi !

Fous le camp !

Tu as de la fièvre.

- Fous le camp. - Massimiliano !

C'est moi...

Ramène-moi chez moi !

Qu'est-ce que tu dis ?

Reviens près de moi.

Non, attends ! Attention !

Si tu ouvres la porte, derrière, il y a un crapaud.

Il était une fois un enfant qui avait quitté son papa

et qui s'était enfui dans la maison du bois.

La nuit était sombre...

Soudain, l'enfant entendit craquer les feuilles...

''Qui va là ?''

''Je suis le crapaud et je viens te manger.''

L'enfant verrouilla la porte,

mais il entendit craquer le plancher.

''Je suis le crapaud, je suis entré par la fenêtre.''

L'enfant courut dans la cave.

''Je suis le crapaud, je suis en haut des escaliers.''

L'enfant ferma les yeux.

''Je suis le crapaud et je suis derrière toi.''

Il est là-derrière.

Non, Massimiliano, n'aie pas peur.

Le crapaud n'existe pas.

Ramène-moi chez moi.

Aide-moi, Massimiliano.

Regarde-moi !

Regarde.

Le crapaud est en train de me prendre.

Il m'entraîne sur le lit. Viens, Massimiliano.

Aide-moi.

Ça suffit, maintenant.

Je t'ai vu. Tu es vivant...

Oui, je suis vivant. Je suis le crapaud incarné.

J'ai mangé ton père et avant que je le digère, seul un enfant

peut le sauver.

Un enfant qui aurait le courage de m'embrasser sur la bouche.

C'est moi, Massimiliano, arrête...

C'est fini maintenant, je suis là...

Il est quatre heures, monsieur. Il est l'heure de partir.

C'est le concierge.

Pourquoi fais-tu ça ? Pourquoi ?

Pauvre Lionello,

tu es si ingénu que ce sera facile de me débarrasser de toi.

Il n'y a personne.

Qu'est-ce que tu fais ?

Non, rien.

Depuis ma maladie, j'ai des hallucinations.

- Ils ne viendront pas. - Moi, j'attends.

Ils nous ont volé notre argent.

Sans armes, l'expédition saute. Tout saute.

Inutile de chercher.

Je ne peux pas rester sans rien faire. Impossible !

Mais qu'est-ce que tu fais ?

Je veux en finir, Lionello. C'est décidé.

Comment ça ?

C'est toi qui m'as montré comment.

Moi ?

Oui, Lionello.

Tu es le meilleur de nous tous et on ne l'avait pas compris.

Tu avais raison, tu as raison.

Avant que les autres ne nous effacent...

Suicidons-nous ensemble, toi et moi.

Maintenant ?

Oui.

En plein jour ?

Je me sens mieux, maintenant.

Moi d'abord.

Attends !

C'est toi qui veux le faire, qui as toujours

voulu le faire !

Regarde-moi, je t'en prie.

Tais-toi, maintenant !

Tu t'es moqué de moi ! Tu te moques de moi !

Tu ne veux pas te suicider. Tu as voulu me mettre à l'épreuve.

Oui, je me suis moqué de toi.

Malheur à toi !

Vous étiez seul ?

Oui, j'étais seul.

On l'amène à la villa, il pourra récupérer.

Mais vous... Qui êtes-vous ?

Votre plongeon nous a fait oublier que le Carnaval commence.

Qu'as-tu ? Tu trembles plus que lui.

Notre petit frère va enterrer sa virginité.

N'est-ce pas, Henriette ?

Plus vite ! Plus vite !

Monsieur le comte, arriver comme ça...

Fais préparer le dîner et les chambres.

Mais votre père ne m'a donné aucune instruction...

Il va s'en prendre à moi.

Je crains que oui, Giovanni. Mais tu le feras quand même.

Pour lui aussi.

Pour lui et pour elle.

On les met dans le même lit, n'est-ce pas, Giovanni ?

J'ai tout vu !

Tu l'as laissé se noyer.

Je te ferai tuer.

Oui.

C'est moi qui l'ai fait.

Tu l'as laissé se noyer, n'est-ce pas ?

Je l'ai fait pour toi, Francesca.

Comment ça ?

Je l'ai fait pour toi.

Pour toi, je pourrais trahir tous les Frères.

Pas seulement Lionello.

Il a profité de toi.

Il t'a entraînée dans cette vie qu'il a choisie pour toi.

Il te battait, n'est-ce pas ? J'en suis sûr.

Depuis longtemps, vous ne faisiez plus l'amour.

J'ai fait pour toi ce que personne n'aurait eu la force de faire.

J'ai laissé mourir mon ami

le plus cher.

Maintenant, si tu en as le courage,

confronte son amour avec le mien.

Je veux te sauver, Francesca.

Tu imagines la vie qui t'attend ?

Tu ne penses pas que tu vieilliras un jour ?

Tu ne seras plus aussi belle qu'aujourd'hui.

Si tu ne restes pas avec moi, écoute comment ça finira.

Tu iras d'un désespéré à l'autre. Tu vivras seule, en exil.

Voire en prison, pour complicité subversive.

Pire, dans un asile de fous.

Car tu ne pourras même pas, ma pauvre Francesca,

expliquer aux juges pourquoi tu l'as fait.

Et on perd sa santé en prison, on devient laid.

A vingt-cinq ans, tu en paraîtras cinquante.

Sans enfants, en plus.

Moi, je peux te sauver.

Nous avons beaucoup d'argent. Ça compte, on l'avait oublié.

On ira en Amérique. Qui nous retrouvera là-bas ?

Je reprends mes forces rien qu'à y penser.

Je te hais !

Je te hais !

Je te tourmente, mais tu sais pourquoi.

Tu me comprends car toi aussi tu m'aimes.

Je le sais...

C'est faux !

Tu ne m'aurais pas écouté si tu ne m'aimais pas.

Tu peux y aller.

Dénonce-moi.

Tu en es capable, pas moi.

Alors j'y vais, si c'est ce que tu veux.

Je te l'ai déjà dit !

Tu me l'as dit avant, avant de savoir.

Si je pouvais lire dans ton cœur...

Tu n'es plus vraiment un enfant, tu sais ?

Dis-moi ce que je dois te faire. C'est à toi de me le dire.

Donne-moi un vrai baiser.

Je ne peux pas m'empêcher de t'aimer.

Encore ?

Dis-moi ce que je dois te faire.

Mais moi, je voudrais...

Mais moi, je voudrais

M'endormir avec toi !

Très haut, très loin est le ciel

Dans le ciel lointain, le soleil...

Attends.

Regarde-moi dans les yeux.

Je suis trempé.

J'ai froid.

J'aime Francesca. Au début, je mentais, plus maintenant.

- Tu me crois ? - Oui.

Trois fois, hein ?

Rien que cette nuit.

Pauvre Fulvio, tu avais oublié que l'amour était si beau.

Pourquoi es-tu si doux avec moi, Lionello ?

Tu dis ce que je pense.

Imbécile ! Tu t'es noyé parce que tu ne sais pas nager.

Tu es une de mes hallucinations. Je parle tout seul.

Pourtant, je voudrais te croire.

Croire à tout ce à quoi je ne crois plus.

Tu es trop intelligent pour y croire.

Tu as compris ce que Tito n'ose pas penser.

On est arrivés trop tard, ou trop tôt.

Et tu t'es révolté.

Mais on ne se révolte pas en tombant en arrière.

Tu tombes de Charybde en Scylla !

Tu vas me faire du mal, Lionello ?

Les autres Frères, oui, certainement,

si tu ne les préviens pas, si tu ne vas pas jusqu'au bout.

Désormais, quel mal pourrais-je te faire ?

Je ne m'étais jamais vue en entier.

Je n'ai jamais eu de miroir aussi grand.

Je ne te dénoncerai jamais !

Mais non, qu'est-ce que tu croyais ?

Je savais que tout était perdu.

Cette nuit, on part pour Gênes.

On rejoint les Frères. Mais je dois arriver blessé.

On dira que les contrebandiers nous ont agressés, volés.

Lionello s'est noyé et moi, j'ai été blessé.

Sans armes, ils renonceront à l'expédition et toi et moi...

C'est moi qui tire.

On y va ! Ça suffit, maintenant !

Couvre-toi !

Tu trouves ça drôle ?

Dès qu'ils arrivent avec les armes, on embarque.

Nous sommes ici, à Gênes, on débarque là,

où les paysans sont à bout à cause de la misère et du choléra.

On en armera deux cents au moins.

On attaquera la garnison et on sera de plus en plus nombreux.

On remontera là-haut,

jusqu'où ?

Voici Vanni. C'est lui qui va nous guider.

Il vient de là-bas, la police le recherche.

Il va vous dire pourquoi.

Vanni, raconte-leur ton histoire.

Il mérite un monument.

Il a résolu les derniers problèmes de l'expédition.

Il veut retourner au pays qu'il connaît comme sa poche.

Ça n'est pas vrai...

Pour Lionello... les armes...

l'argent...

Gioacchino a mal compris.

Excuse-moi.

Je vais vous raconter.

Explique-leur.

Pas moi.

C'est à moi de le faire.

Mais cette fois-ci, je ne peux

vraiment pas.

Le choléra rôdait dans la campagne. Ma femme

travaillait avec nous, devant la maison.

Elle s'est assise. Il faisait chaud mais elle avait froid.

On l'a regardée et on a reculé de cinq pas.

Gare à qui la touchait.

Je voulais l'aider mais les autres ne voulaient pas.

Si j'attrapais le mal, tous mourraient de faim.

Qui travaillerait la terre ?

Ma femme aussi me disait de ne pas la toucher.

Mais moi...

Je l'ai mise sur son lit et j'ai couru chercher un chariot

pour l'amener chez le docteur

pour qu'elle guérisse. Quand je suis revenu,

les soldats clouaient les portes de ma maison.

Ma femme était dedans, sur le lit, elle ne criait même pas.

J'ai supplié les soldats d'arrêter,

de me laisser entrer près d'elle.

''Choléra'', ils répétaient.

Faites taire ce méridional.

Il excite les Frères, ça ne sert plus à rien.

Que me fais-tu boire ?

Un mélange d'opium et de rhum, tu vas dormir.

Je ne veux pas dormir !

Ne l'écoutez pas.

''On est neuf', je leur disais, ''et il y a quatre soldats.

''On leur rentre dedans.''

Ils restaient là à regarder, sans rien faire.

''Elle pleure'', je leur dis.

Ma femme pleurait, tout doucement.

Elle pleurait comme une gamine.

- Je continue ? - Oui.

- Faites-le taire ! - Calme-toi.

Calme-toi, Fulvio.

A mon retour, elle était morte sur le lit.

Alors je suis allé chez ceux qui étaient restés à regarder.

Je leur ai tiré dessus. Entre les deux yeux.

Je suis retourné chez moi, j'ai mis le feu et j'ai regardé.

Tu as vraiment tiré sur tes amis ?

On doit partir quand même, Fulvio. Ils ont besoin de nous.

Il ne t'entend pas. La potion...

Ne dis rien aux autres.

On prendra nos vieux fusils. Pour l'argent, on verra.

Des amis nous attendent là-bas.

Qu'est-ce que tu dis ?

On part.

Les caisses de Fulvio sont déjà à bord.

Qui est-ce ?

Une femme qui a ses douleurs. Elle va accoucher !

Ça ne vous a pas amusés ?

Et vous alors, que faites-vous ici ?

On s'entraîne à une danse du Sud.

Vanni, tu la connais, montre-nous comment on fait.

Allez, Vanni.

Emmenez-le. Emmenez-le lui aussi.

Oui, Francesca. Tu as raison.

La blessure est superficielle. L'air marin fera le reste.

Il nous en voudrait de l'avoir laissé ici.

Emmenez-le.

On fait route pour l'Amérique...

On va vers le Sud, Fulvio.

Une belle surprise, non ?

Goujats !

Tu m'as bien roulé !

Il vous a roulés aussi !

Tu délires !

Tu délires.

Où est Tito ? Amenez-moi chez Tito !

Tu ne nous reconnais pas ?

C'est nous.

Fulvio, c'est nous !

Tu nous as pris pour qui ?

Docteur, qu'est-ce que tu lui as fait boire ?

J'ai dû mal doser ma potion. Ça peut provoquer des effets.

Voilà pourquoi tu es subversif. Tu ferais un piètre médecin.

Fulvio a dit la vérité.

Même en délirant, on dit la vérité.

Il n'y a ni armes ni argent.

Ce sont nos vieux fusils de chasse...

C'est la caisse des uniformes. Où sont les fusils ?

Il plaisante. Ils doivent être quelque part.

Inutile de chercher, il n'y en a pas.

Fulvio me l'avait dit, je n'ai pas voulu

arrêter l'expédition.

De quel droit as-tu choisi pour moi ?

Tu vois, Allonsanfàn, moi...

Tu dis trop souvent ''moi''.

Je ne te permets...

Je ne te permets pas de me parler ainsi !

Ne me regardez pas comme ça, j'ai honte.

Allonsanfàn a raison.

Souvent, je me dis que j'agis uniquement par orgueil,

par refus d'admettre qu'aujourd'hui il faudrait de la patience.

Si je n'avais pas 40 ans, Giulio, j'essayerais.

Mais je les ai en ce mois de mai.

Désormais, je ne sais faire que ça,

ce que j'ai fait jusqu'ici.

Je ne peux vivre que comme ça, dans ce monde où tous

semblent dormir,

et où nous seuls sommes éveillés.

- Bois. - Merci.

Bon anniversaire.

J'aimerais être à l'an prochain, on saurait si tout ça a eu un sens.

Si vous faites

demi-tour, je débarque à la première escale.

Je continue tout seul.

- Je viens avec toi ? - Que dis-tu ?

Je ferais quoi ? Je ne sais même pas où aller.

Terre !

Terre ! Je vois la terre !

Mais non !

C'est une île.

On a encore un jour de navigation.

Christophe Colomb ! Descends, tu vas tomber !

Mais on est dans le Sud !

Comment tu t'appelles ?

Vanni Gavina, tu le sais.

- Ton nom après ce que tu as fait ? - Vanni La Peste.

Comment le sais-tu ?

Je le sais.

Tu crois que si j'arrive avec vous, on m'appellera de nouveau

par mon vrai nom ?

Ils savent que tu t'appelles Vanni La Peste ?

Non.

Goujats !

Je me sens bien. Merci de m'avoir amené avec vous.

''Pour le peuple !''

Continuez à appeler, notre agent de liaison est ici.

- Et il répond quoi ? - ''Le peuple avec nous !''

''Pour le peuple !''

Je viens avec toi.

Non, appelez de ce côté.

''Pour le peuple !''

Il n'y a personne.

- Tu comprends quelque chose ? - Non.

Bienvenue. Entrez dans la sacristie.

Vous êtes de la ville ? Vous êtes de la Santé ?

Non.

C'est l'évêque qui vous envoie contrôler le diocèse.

Son Éminence interdit les processions de flagellants.

Mais je ne les retiens plus. Constatez vous-même.

Et faites votre rapport. Dites aussi ceci :

mieux vaut la flagellation que la révolte contre l'autorité.

Hier, ils ont pris d'assaut le four !

Je dois me confesser.

Le choléra ?

Moi, je crois l'avoir, mais je vais me couvrir la bouche.

Vingt hommes du Nord ont débarqué pour bouleverser le royaume.

Avertissez la garnison.

La plus proche est à cinq heures d'ici.

Mon Dieu, il suffit d'une étincelle et tout va brûler !

Vanni Gavina les guide pour se venger.

Vanni La Peste ?

Vanni La Peste à la tête de vingt bandits.

C'est le ciel qui vous envoie. Merci.

Ne me remerciez pas. Vous devez m'absoudre.

Vous absoudre ?

Je suis l'un d'eux et je les trahis.

Pour faire le bien, mon fils.

Non, pour sauver ma peau. Vous témoignerez pour moi.

- C'est la moindre des choses. - Mais en secret.

Les soldats me feront prisonnier.

Mais comment vous reconnaîtront-ils ?

J'enlèverai cette chemise rouge qui est notre... leur uniforme.

Compris. Vous serez le seul sans.

Ils ne tireront pas sur vous.

Si tu as des remords pour eux,

ta souffrance te rachète face au Seigneur.

Je le referais.

Ils nous attendent. Fulvio nous a précédés.

Un instant !

Laissez-moi me chausser.

Je dois vous dire autre chose.

On se dit tout, pas vrai ?

Qui sait ce qui nous attend, ça pourrait mal finir.

Promettons-nous, si nous vivons,

de ne jamais oublier le moment où nous sommes,

les chaussures à la main,

unis par un espoir justifié.

Depuis quelque temps, mes propos ne sont pas clairs.

Mais si un homme réussit

à rassembler un seul de ces souvenirs,

il est pardonné, c'est sûr.

On sera peut-être séparés.

Peut-être dans dix, vingt ans,

on sera méchants, nous aussi.

Ça aussi, ça peut arriver.

Quand on se rappellera ce matin,

on en rira peut-être...

Mais je suis sûr qu'aussitôt après,

on regrettera d'avoir ri,

car on ne rit pas de ces choses.

Je dis ça car j'ai peur que ça tourne mal.

Mais pourquoi ça tournerait mal ?

C'est vrai, pourquoi ? Allez, on y va.

Gioacchino, tu as du plomb dans les fesses ?

- Moi ? - Oui, toi !

Qui sont-ils ? Que nous veulent-ils ?

Que nous apportent-ils ? Eau, remèdes, farine ?

Des étrangers sans Dieu.

Ils apportent armes et souffrance.

Ils nous apportent le choléra, je le sais.

Ce sont eux qui l'ont apporté.

Vous savez qui les guide ?

Vanni La Peste ! Oui, Vanni La Peste !

Les voici.

Fulvio doit déjà être avec eux.

Ils viennent pour nous tuer.

Allons-nous-en !

Allons-nous-en !

Lui !

Fulvio !

Ça y est ! Ils nous ont rejoints !

Qui ?

Les paysans.

- Rejoint qui ? - Nous autres.

Mais que dis-tu, imbécile ?

Ils arrivent, tous ensemble.

On t'a frappé à la tête !

Je suis tombé... Dommage que tu n'aies pas été là !

Tu délires !

Je l'ai vu.

Tu as vu quoi, imbécile ?

Je vais te raconter...

- Tu délires ! - Attends...

Attends.

Ils sont venus tous ensemble.

On les a attendus.

Ils nous ont vus de loin.

De loin, ils n'arrivaient pas à comprendre.

Alors Gioacchino a hissé notre drapeau,

Tito a lu la proclamation, notre proclamation...

En dialecte, il a essayé, pour se faire comprendre...

Ils nous ont compris.

Certains se sont mis à applaudir,

d'autres nous saluaient,

ils applaudissaient.

Il y avait aussi une petite fille,

elle nous a salués.

Dommage que tu n'aies pas été là...

On s'est mis à courir,

ils se sont mis à courir,

ils riaient en venant vers nous...

On s'est rencontrés...

On s'est tous embrassés...

C'est faux !

C'est faux...

- Moi... - C'est faux.

J'y retourne.

Attends !

Allonsanfàn, alors c'est vrai ?

Allonsanfàn ! Alors, c'est vrai ?

Adaptation : Luciana Berini

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