Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Grondement
Musique calme
Moteur
Klaxon
-Putain !
Quel connard.
-Mm… Ouais, un quart des salariés de la boîte 3 été licencié.
Si, et ça suffira pas.
Oui, on leur a dit.
Oui. Prenez pas par les quais,
ça va être trop compliqué.
Bah nous,
on s'est fixé la fin du trimestre comme deadline.
Au—delà , on arrête tout. Ah si, de notre côté,
du moins. Vous le faites exprès ! Je vous ai dit de pas passer par-là .
Il soupire.
-Je sais ce que je fais.
Chacun son métier.
Excuse-moi. Je suis Ă la banque dans 10 min.
Enfin, si tout va bien parce que...
Il se racle la gorge.
-Grégoire, c’est Charles.
*—Oui, Charles. Tu rou/es encore ?
-Ouais.
*—Je croyais que t'avais plus de points.
-ll m'en reste deux.
*—Fais gaffe quand même.
*Sans permis, plus de voiture et sans voiture…
-Ouais, je sais, je sais.
*—Pourquoi tu m'appel/es ?
Soupir
*Tu peux pas me rembourser ?
(-Oh, putain !)
*—Allô ?
-Mais quel con !
*-Vous êtes bien sur le répondeur de Daniel, laissez—moi un message.
-Euh… Daniel, c'est moi, c'est Charles.
Euh... C'est urgent et...
D'ailleurs, tu te doutes que si je t'appelle...
Rappelle-moi, s'il te plaît.
Merci.
*Signal
*—Charles ?
-Oui, Yolande, je t'écoute.
*-J'ai une belle course : Bry—sur—Mame. Ça t'intéresse ?
-Bry-sur—Marne, c'est pas la porte a côté.
*-Le client accepte que tu branches ton compteur maintenant.
*C'est une jolie course.
*Tu prends ? Sinon je mets Samuel sur le coup.
-Bry-sur-Marne,
OK, je prends.
*—T'es sûr ?
-Oui. C'est quoi l'adresse ?
*—Quai de la Marne, au 123. Madeleine Keller.
-Keller, quai de la Marne, 123. C'est noté. Merci, Yolande.
*—Je t’en prie.
Klaxon
Jazz calme
(-Alors…)
Carillon lointain
Il klaxonne énergiquement.
-Oh !
Mais qu'est-ce que vous avez à klaxonner comme ça ?
Tout le quartier vous entend.
D'abord, je ne suis pas sourde.
Et en plus, je suis prĂŞte.
Vous pouvez prendre la valise, lĂ -bas ?
Bonjour.
Bonjour.
Musique mélancolique
Je viens.
Avenue de Chavannes, à Courbevoie, s'il vous plaît.
-Faut traverser tout Paris, vous ĂŞtes au courant?
—Oui, je sais.
Si c'était à côté, je ne vous aurais pas appelé.
II soupire.
Eh ben dis donc...
Vous n'êtes pas très causant.
Il soupire.
Tout ça parce que je suis tombée dans les escaliers, il y a six mois.
Un os se brise et c'est toute la machine qui se déglingue !
Depuis, les médecins ne veulent plus que j'habite toute seule.
Ils pensent que c'est mieux que je sois dans un établissement médicalisé,
ou spécialisé, comme vous voulez.
C'est pas marrant, quoi.
Parce que moi, j'aime pas ça. C'est pas ce que je voulais.
Enfin, j'ai pas eu le choix, quoi.
Dites—mol,
quel âge vous me donnez ?
Il hésite.
Attendez, je vais enlever mes lunettes.
-Euh… j'en sais rien, moi... 80 ?
Elle rit.
-Charmeur !
Ou alors vous devez vous acheter une paire de lunettes !
J'ai
92 ans !
-Ah ouais ? Oui !
C'est pas mal quand mĂŞme, non ?
-Ouais. Vous les faites pas.
-Je suis née un peu avant la guerre.
Mais c'est loin, tout ça.
Qu'est-ce que c'est loin.
Est-ce que vous connaissez Vincennes ?
C'est là où je suis née, où j'ai grandi.
-Oui, bien sûr.
-Ça vous ennuierait pas qu'on fasse un détour par-là ?
-Ă€ Vincennes ? Mais... C'est pas notre chemin.
-Oui, je sais! Ça va prendre quoi ? 10 minutes ?
Qu'est-ce que c'est que 10 minutes dans la vie ? C'est rien !
J'aimerais revoir mon ancien quartier.
S'il a changé.
-OK.
-Oui, oui ! Je crois bien que c'est par-lĂ . Oui !
-OK.
-C'est bon ? On peut y aller ?
-Oh ! C'est moche, je reconnais plus rien !
Tout a changé. Allez, on y va ! Hop !
-OK.
-Je vous ai dit que j'étais tombée ?
-Oui, oui.
C'est même pour ça qu'on va à Courbevoie.
-Ah non, non... Pas lĂ ! Non.
Je suis tombée dans les escaliers quand j'étais petite.
Je devais avoir 10 ou 11 ans.
C'est André qui m'avait poussée. Mais je lui ai pardonné tout de suite.
Parce que j'avais le béguin pour lui.
Il acquiesce.
Mais c'est pas le premier garçon que j'ai embrassé.
Non. Le premier homme que j'ai embrassé, c'est Matt.
C'était en septembre 44...
Musique douce
J’avais 17 ans. Même pas ! 16 !
*"On The Sunny Side Of The Street" ( Tommy Dorsey and his orchestra)
Matt, c'était un soldat américain. Un GI !
Y avait des bals partout, partout ! Feux d'artifice
Quelle fĂŞte !
Matt et moi, on a dansé toute la nuit.
Soixante—seize ans après,
j'ai toujours le goût de ses baisers sur mes lèvres.
De miel et d'orange...
Ah...
Matt...
Quelle merveille.
Et vous ?
Vous vous souvenez de la première fille que vous avez embrassée ?
-Pardon ?
-Votre premier baiser... Celui qui compte.
Pas seulement sur la bouche. Voyez ce que je veux dire ?
-Euh… Non, je me souviens pas.
-Bah ça alors ! C'est bien dommage pour vous.
Vous avez quel âge ?
Je vous ai dit le mien, vous pouvez bien me dire le vĂ´tre.
-46.
—La moitié du mien. Vous pourriez être mon petit—fils !
Elle rit.
Vous savez ce que mon père me disait toujours ?
"Chaque colère
"est un coup de vieux, chaque sourire est un coup de jeune."
Si vous voulez resterjeune, vous savez ce qu'il vous reste a faire.
-Vous savez, la colère, elle est partout aujourd'hui.
-Oui, je sais.
Même moi, je la connais. Je la connais même très bien.
Oui.
Euh... Charles...
C'est ça ? Je me trompe pas ?
Il acquiesce. -C'est ça, oui.
-Charles,
est-ce que je peux vous demander une dernière faveur ?
-Ouais. Il soupire.
Brouhaha citadin
Brouhaha citadin
-Quand j'ai appris la mort de mon père, j'en ai voulu a la terre entière.
Heureusement, les Américains sont arrivés
quelques jours plus tard pour nous libérer.
Et parmi les Américains, il y avait Matt.
-Votre premier baiser. Du miel et de l'orange.
-Eh mais vous voyez, vous m'écoutez ! C'est gentil.
Elle rit.
Seize ans, mon Dieu, mon Dieu ! L'amour fou !
Fou, mais trop court. Beaucoup trop court ! Trois petits mois.
Et il est reparti en Amérique. Et moi, je suis restée là .
Mais cette période
a été la plus... Je crois, la plus merveilleuse de ma vie.
La liberté, les caresses, les promesses...
Les promesses...
J'ai plusjamais revu Matt, plusjamais. Pourtant, je n'ai jamais pu
l'oublier.
Jamais.
J'y pense toujours.
Il ne l'a jamais su, mais avant de partir, il m'a laissé un beau cadeau.
-Quel genre de cadeau ?
-Le genre...
3,5 kilos, 50 centimètres...
-Ah…
—Mathieu.
Mon fils.
Enfin, notre fils.
Il soupire. -Euh…
Courbevoie... On y va ?
-Faut bien.
*Signal
!! appuie sur des touches.
-Ah bah, évidemment !
-Mais qu'est-ce que vous faites ?
-Y a un accident porte des Lilas. Mieux vaut sortir, ça roulera mieux.
-En tout cas moi, prenez votre temps, je suis pas pressée.
Vous le savez.
-Oh !
Attends ! Klaxons
Putain.
-Ah ! Bonne idée,
ça roule beaucoup mieux par-là !
-Mais oui, mais c'est ce con, la !
-Vous prenez quelque chose
comme des calmants de temps en temps, quand mĂŞme ?
Parce qu'à ce rythme—là , vous allez faire une crise cardiaque.
-Tant mieux, je serai en arrĂŞt maladie.
Elle rit.
Vous savez,
je passe ma vie dans ce taxi. Ça rend fou, à la longue.
12 heures parjour, 6 jours sur 7!
Tout ça pour gagner quoi ? Une fois que j'ai payé
la location de la voiture, les charges et tout le reste...
-Changez de métier.
-Oh bah, j'y ai pensé. Y a quelques avantages, heureusement !
Y a pas de patron, pas d'ordres,
et quand j'ai pas envie de parler, je parle pas.
-Eh ben, j'ai de la chance aujourd'hui, alors.
Elle rit.
—Le problème,
c'est qu'on est pris par l'angoisse pour réussir à nourrir sa famille,
qu'on voitjamais, finalement.
Et puis alors, conduire des clients
bourrés, agressifs, violents, radins.
Une fois, j'ai pris un client que je dépose en bas de chez lui,
je lui donne le montant de la course, 55€.
Le type me tape sur l'épaule et me dit très sérieusement :
"J'ai que 50€, vous voulez bien reculer ?"
Elle rit.
-C'est… —Ça vous fait rire ?
-Et alors ? Qu'avez-vous fait ?
-Bah, j'ai reculé.
Jazz doux
J'ai reculé.
-AĂŹe, a'ie, a'ie. ..
Ils rient.
Oh, l'avenue Parmentier !
Que c'est drĂ´le qu'on soit lĂ .
Comme j'ai pu la monter et la descendre, cette avenue.
-On y passe ? De toute façon, c'est bouché.
-Non merci, c’est pas la peine.
Ma mère était habilleuse dans un théâtre, là ,
qui est certainement disparu maintenant.
Ce théâtre s'appelait le... le Splendide... le Splendor !
Oui. Il acquiesce.
Vous aimez le théâtre ?
-Oh la ! Déjà , on n'arrive pas a aller au ciné avec Karine,
alors le théâtre...
-Oh quel dommage, quel dommage...
Vous savez, le théâtre, eh bien, c'est un monde a part.
Depuis toute petite, c'est mon univers Ă moi.
Brouhaha lointain
Musique douce J'y étais bien.
Les lumières, l'élégance des femmes le soir de première.
Leur parfum !
Et les acteurs, morts de trac en coulisses,
qui répètent jusqu'à la dernière minute !
La vie était plus excitante au théâtre que dehors.
Brouhaha lointain
J'avais remué ciel et terre pour retrouver Matt.
J'avais écrit des centaines de lettres.
Et un jour, j'ai enfin reçu un courrier.
Matt m'écrivait.
Mais il était déjà marié, il avait deux enfants.
C'était la fin de notre histoire d'amour.
-Madeleine !
-Je n'ai jamais repris contact avec lui.
Dialogues lointains
-T'étais où ?
-Je suis lĂ , maman, je suis lĂ .
-ll trouve la robe trop longue. Occupe-t'en. VoilĂ .
-Je me prends les pieds dedans.
-Madeleine s'en occupe.
Léger brouhaha
-Ah ce ! Peux—tu me dire ce qui t'a pris ?
-Qui le demande ?
Et veuillez Ôter ce couvre-chef ridicule qui vous sert de chapeau !
D'abord, expliquez-mol, après je l'enlèverai.
Regardez-moi cette tenue, c’est indécent.
-Vous avez prévu quoi, ce soir ?
-Cinéma.
Répétition
-Je pourrai pas garder Mathieu chaque fois, je te préviens.
-Merci, maman.
-J'ai encore cru
que j'avais commis un crime.
-Madame, M. Deventroux est arrivé.
-Faites—le entrer.
-VoilĂ , c'est classe.
Musique douce -Je le fais entrer ?
"At Last" (Etta James)
(-Viens.)
(Viens !)
-Bonjour.
(-On y va ?)
(-On y va.)
-Quel goût ?
-Pardon ?
-Ses baisers, quel goût ?
-J'ai décidé de ne pas m'en souvenir.
31 boulevard Bourdon, s'il vous plaît.
Vous connaissez ?
-OK, bah... Au point oĂą on en est, hein !
Elle rit.
-Pardon.
C'est fou, quand mĂŞme.
On habitait lĂ .
Dans un tout petit immeuble.
Regardez ce que c'est devenu.
La vie a vraiment beaucoup d'imagination.
*—La foule commence à nouveau
*a se rassembler sur le pont de la Concorde.
*Et ce jour—là , le service d'ordre est beaucoup plus fort
*et renforcé que la dernière fois.
*Les ponts sont barrés...
*L'émission de radio continue.
—Ne les touche pas tant que le dîner est pas servi.
Il me fatigue, ce gosse.
-Ne t'en prends pas Ă lui.
Il y est pour rien s'il est lĂ .
Viens avec ton assiette.
-II faut se lever en plus ?
-Si tu veux dîner, oui.
-II est trop tard, j'ai mĂŞme plus faim.
Je vous laisse, toi et ton bâtard. Vous pourrez discuter !
-Vas-y, mange, mon chéri.
-Tu manges pas, maman ?
-J'ai pas très faim.
-C'est quoi "bâtard" ?
Musique triste
Choc lointain
Pas
Elle crie.
-Tu t'es bien foutue de moi.
-T'as encore bu, Ray.
Ah ! ArrĂŞte !
-La faute Ă qui ? Il me reste quoi ?
-ArrĂŞ. . .
Madeleine respire fort.
-Va te coucher, mon amour, c'est rien.
Maman a glissé. Va vite et je viens t'embrasser.
-Fais voir.
C'est pas si grave.
C'est la faute de ce gosse, on n'a plus d’intimité.
Cate rend pas dingue ?
Regarde-moi. Je voulais pas te faire mal, je te jure.
Si tu voulais faire un effort aussi...
Tu t'obstines a travailler, pour ce que ça te rapporte.
Tu devrais plutĂ´t t'occuper de nous.
Dimanche, on pourrait aller Ă la mer tous les deux.
(Comme avant.)
Qu'est-ce que t'en dis ?
Elle gémit.
-ArrĂŞte.
ArrĂŞte.
ArrĂŞte.
Non. Non, Ray, je veux pas.
ArrĂŞte, Ray.
-Ça fait trop longtemps !
Il gémit.
-ArrĂŞte.
ArrĂŞte.
Gémissements réguliers
Klaxon
-Ça va ! Ça va!
Porte
-Maman, je suis rentré.
-Salut, mon chéri. T'as des devoirs ?
-Oui, j'ai déjà commencé.
-J'ai bientĂ´t fini, je Viens t'aider.
Porte
-Je peux t'aider ?
-Non, non, ça ira. Retourne travailler.
Va vite, je te dis.
C'est rien.
Ça va passer.
-Mathieu, viens.
Elle soupire.
(-N'aie pas peur.)
Il te fera jamais de mai.
-Mathieu !
(-Va, le fais pas attendre.)
-Oui, Ray ?
-OĂą est la tige ?
-Quelle tige ?
-Celle qui était sur la table !
-J'y ai pas touché.
-Y en avait quatre,
j'en vois plus que trois. C'est moi qui sais pas compter ?
-Je te jure, c'est pas moi.
-ll rentre de l'école,
comment veux-tu qu’il ait pris la tige ?
-Je t'ai demandé ton avis ?
Je compte mal ?
-C'est pas ce que j'ai dit.
—Pour toi, je suis qu'un ouvrier qui sait pas compter.
-Mais non. Elle gémit.
-Lâche—la ! Mathieu gémit.
-Mais t'es fou !
-C'est du cinoche, il a rien. Il fouille dans mes affaires,
ça me rend fou !
-Mathieu a sept ans, Ray. Sept ans !
-S'il vivait chez ta mère, ce serait différent.
-Va te passer de l'eau froide sur le visage, j'arrive.
Musique calme
Elle respire fort.
T'as raison.
Je vais le déposer chez ma mère.
On va passer une soirée ensemble. Rien que toi et moi.
-Mais… vous l'avez fait ?
-Bah, qu'est-ce que vous croyez ? PlutĂ´t deux fois qu'une !
Il soupire.
-II vous frappe, il frappe votre fils
et vous, vous revenez passer la nuit avec lui ?
-Non, la nuit, ce serait exagéré.
Disons...
la première partie de la soirée.
Musique intrigante
Bouchon
Bouchon
—Ray ?
-Viens plus près.
On est plus peinards comme ça, non ?
-Tu bois pas ?
-Pourquoi, t'es pressée ?
-J'aime tes lèvres quand tu bois du whisky.
Attends...
Je t'en apporte un autre.
-Laisse, j'ai autre chose Ă te proposer.
-Ça va ?
-OK…
(Qu'est-ce qui m'a... Qu'est-ce qui...)
Musique intrigante
-Ray ?
-Phénobarbital.
-Ray ?
—Ma mère a toujours eu du mal à s'endormir.
En déposant Mathieu, je lui ai emprunté ses somnifères.
Avec cinq gouttes, ma mère dormaitjusqu'au matin.
-Oh !
-Je voulais juste que Ray tombe comme une masse.
(-Merde.)
Chuintement
Hurlements
Il souffle.
-Mais, euh...
Vous l'avez tué ?
-Non.
On tue quand on aime.
J'aurais pu me résigner à ses coups. A cette époque—là ,
on divorce pas pour violences conjugales.
D’ailleurs, on divorçait pas du tout, ou presque.
Il me mettait une telle pression pour que j'aie un enfant de lui !
Mais j'en voulais pas.
J'en voulais pas !
J’avais mon Mathieu.
Mon Mathieu qui...
qui me suffisait bien.
Mais quand il l'a frappé...
Quand il a frappé le fils de Matt, alors là , je ne sais pas...
j'ai vu rouge !
Elle balbutie.
Elle soupire.
Ça m'a mise hors de moi.
"The Bitter Earth" (Dinah Washington)
—Salut. Tu m'entends ?
Je parle pas fort, ma cliente s'est assoupie.
Jolie ? Oui, une jolie cliente de 92 ans.
Ecoute... Excuse—moi pour ce matin... J'aurais pas dû m'énerver.
Mais fais—moi confiance, je vais trouver une solution.
J'ai même laissé un message à Daniel... Tu vois ?
Oui.
Ça va, Betty ? Elle... Elle s'est pas réveillée, là , ce matin ?
Bon, tant mieux.
Klaxon
Ouais, ça va, j'avance ! Il faut que je te laisse, ça roule.
Je te rappelle quand j'ai fini ma course, OK ?
Euh... Karine ?
On va y arriver, hein ?
Je t'aime.
Il soupire.
—Cette Karine,
c'est votre femme ?
-Ah, je vous ai réveillée ?
-Oh non ! Pensez-vous !
A mon âge, si on s'endort, on prend le risque de pas se réveiller.
-Oui, c'est la femme de ma vie et la mère de ma fille, Betty.
-Betty.
C'estjoli comme prénom.
Comment vous vous êtes rencontrés ?
-Au lycée. Vous savez, moi, les souvenirs...
-Ça, je sais.
Les souvenirs, c'est pas votre truc.
Mais ça viendra avec l'âge, vous verrez.
Elle rit.
Vous êtes mariés ?
-On est pacsés.
-Ah. Mais allez-y,
dites—m'en plus.
Parce que dans une heure, je serai dans une maison de vieux,
avec des vieux qui seront plus vieux que moi.
Alors soyez gentil,
racontez—moi comment vous avez rencontré la femme de votre vie.
Oh lĂ lĂ !
À voir votre tête, ça a pas dû être facile !
Il rit.
-HĂ© !
Oui, avec ma gueule et mes oreilles décollées,
je partais de loin !
Ils rient.
En plus,
tous mes copains rĂŞvaient de sortir avec elle. Tous !
Ils la guettaient a la sortie du lycée,
perchés comme des coqs sur leur Honda 125 ou leur 103 SP,
pour la ramener chez elle
ou l'emmener boire un verre.
Et elle...
Elle leur souriait et elle montait dans le bus.
Ça les rendait dingues.
-Vous n'aviez pas de mobylette ?
-Non. Non mais... J'avais un Agfamatic 2000 !
-C'est quoi ?
-L'appareil photo de mon père. Il s'en servait plus.
Un soir de décembre, je monte dans le bus,
plein de courage, je m'assois à côté d'elle...
Etje lui dis que je prépare un concours photo.
Je lui demande si je peux photographier son regard.
-Un photographe... Y a pas de hasard.
Parlez—moi de son regard.
-Oh… C'est ses yeux qui m'ont fait craquer, totalement.
Je les ai photographiés avec des lumières différentes,
en noir et blanc, en couleurs...
Et quand je lui ai montré les photos, elle était super émue.
Les yeux pleins de larmes.
On s'est pris dans les bras...
On avait à peine 16 ans et on s'est plus jamais quittés.
Bon, on a eu
des hauts et des bas, mais...
-Oui.
Vous savez ce que vous ĂŞtes ?
Un grand sentimental.
Qui se cache bien.
Elle rit.
Et ce Daniel, c'est qui ?
-Ah, Daniel...
C'est mon frère.
Mais on n'a jamais été sur la même longueur d'onde.
Il est médecin, et moi...
-Le vilain petit canard ?
-C'est ça.
-Et avec votre femme, vous cherchez une solution a quoi ?
Soupir
Choc -Oh, putain !
-Ho ! -C'est bon !
—T'excuse pas ! Les trottinettes de merde,
lĂ !
-Charles, je crois que vous allez encore rouspéter.
Il faut qu'on s'arrĂŞte.
-Ça va pas ?
-Oui… Oui...
Une envie pressante.
-Ah !
-Et vous savez à mon âge, ça se gère pas trop bien, ça.
-Oui, oui.
-ArrĂŞtez-vous.
-Je suis au milieu de la route.
-À gauche, là —bas... -Oui, oui.
-Attention. -Je vous fais pas mal ?
Les jambes, ça va ?
-Ça va.
Vite !
-Oui, oui. -Vite.
-Vite, vite, vite !
Allez—y.
*Musique asiatique douce
Bonjour. Les toilettes, s'il vous plaît.
-C'est très urgent.
Il parle chinois.
-Bah c'est lĂ , oui.
-Vous m'attendez, surtout.
Evidemment.
Xièxie.
Klaxons Il se rade la gorge.
Ça devrait pas être long.
Il soupire.
-Oh lĂ lĂ !
Ça va!
Protestassions
Des excités... Allez...
—Tout va bien, y a personne. C'est pas pour nous.
-Hop hop hop. Hop.
-Bouge ton taxi, putain !
Allez !
Dépêche—toi ! -Dégage !
Allez ! Bouge ! Bouge !
Fais chier, connard !
Rires
-C'est bon de rigoler, non ?
-À qui le dites—vous ?
-Merci, Charles.
-Non, mais c'est normal.
-HĂ©, je peux vous en piquer une ?
-De…
-Cigarette, oui.
Ça fait 30 ans que j'ai pas fumé, mais aujourd'hui c'est spécial.
—Ah… Méfiez-vous, hein, c'est un tabac très fort.
-Plus rien me fait du mal maintenant.
Mm...
Vous connaissez le bâtiment en face de nous ?
-Mm ! Je vous rappelle que je suis taxi.
C'est la Conciergerie.
-Et celui juste derrière ?
-Bah le Palais de Justice. Ah !
C'est là où ils vous ont jugée.
-Oui.
Ray n'était pas mort.
Ils m'ont quand même accusée de tentative d'homicide.
Dans les années 50, c'était pas comme aujourd'hui.
Il fallait encore l'autorisation de son mari pour travailler,
il fallait l'autorisation du mari pour ouvrir un compte en banque.
Ah, c'est... Vous imaginez ?
Lui brûler les couilles !
Rires
-Ouais.
-Ça faisait la une de tous les journaux.
Echo d'une clameur
Le tribunal était vraiment sous tension.
(Voix de femmes) -LIBÉREZ MADO KELLER !
-Messieurs les gendarmes,
faites évacuer les gens qui sont dans le couloir,
pour la sérénité de nos débats. C'est insupportable.
-LIBÉREZ MADO KELLER !
LIBÉREZ MADO KELLER !
Brouhaha
-Mme Haguenau.
-Mme Keller, M. le Président. J'ai repris mon vrai nom.
-Légalement, vous êtes toujours Mme Haguenau.
Mais peu importe. La question est la suivante :
vous n'avez aucun remord vis-Ă -vis de votre mari ?
-Un mari ?
Je n'appellerais pas ça un mari, M. le Président.
Un homme...
qui vous bat...
nuit etjour.
Qui vous viole et frappe votre enfant, ce n'est pas un mari.
C'est un bourreau.
Je ne voulais pas
tuer Raymond.
Sinon, je n’aurais pas appelé l'ambulance.
Nous étions en danger, mon fils et moi, M. le Président.
-Le jury en tiendra compte.
Faites entrer
M. Raymond Haguenau.
Porte
-Raymond Haguenau.
Clameur lointaine
-Avancez-vous.
Porte
Vous ĂŞtes bien M. Raymond Haguenau, 31 ans,
dit Ray, soudeur de profession ?
-C'est bien moi.
-Levez la main droite et jurez de parler sans haine et sans crainte,
de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
-Je le jure.
-L'accusée ici présente affirme
que vous la frappiez. Elle a même ajouté “tous les jours". Est-ce vrai ?
-Jamais de la vie, M. le Président.
Musique triste
Une fois ou deux, je dis pas, mais... Qui n'a jamais battu sa femme ?
Certaines ont la tĂŞte dure.
On a été mariés cinq ans.
Cinq ans !
Elle serait restée avec moi, si je la battais ?
-Comment vous portez-vous aujourd'hui ?
De quelles séquelles souffrez—vous encore ?
Vous vouliez que les débats se déroulent à huis clos,
en vertu de l’article 306 du code de procédure pénale
relatif aux actes de torture et de barbarie.
Nous avons accepté votre requête parfaitement légitime.
Parlez sans crainte, on vous écoute.
-II ne séduira plus
et n'aura jamais d'enfant, une très bonne nouvelle pour l'humanité.
-Vous n'avez pas la parole !
Le jury a donc délibéré.
Accusée, levez-vous.
À la question : l'accusée est—elle coupable
d'avoir volontairement attenté a la vie de M. Haguenau ?
La réponse est oui.
Par conséquent, vous êtes condamnée
a une peine d'emprisonnement fixée… à 25 ans.
Musique dramatique
Messieurs les gendarmes.
-Madame, s'il vous plaît !
-Oh !
Fleurs discrets
Musique calme
-Vous avez fait appel ?
-Oh non !
À l'époque, on pouvait pas faire appel d'une décision de Cour d'Assises !
Il souffle.
-25 ans, c'est criminel.
-Non, c'était les années 50, quoi !
-Eh ben !
Elles me plaisent pas beaucoup vos années 50.
Elle rit.
-Tout n'était pas à jeter quand même.
Ah non ! C'était bien ! Par exemple, on roulait en Vespa.
Euh... On portait les jupes un peu au-dessus des genoux.
Et on entendait du jazz dans tous les coins de rue !
Ça vous aurait plu, les années 50 ! Franchement!
-Ouais, peut-ĂŞtre.
Et votre fils,
il en a pensé quoi ?
Sifflet Putain !
Ah, merde ! Merde !
-Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je crois que j'ai grillé le feu.
-Han !
-Ah putain, y a les flics. Merde ! Merde !
-Bonjour, police nationale. Vous êtes passé au rouge.
-Non, monsieur, il était orange.
-Vos papiers.
-Allez, soyez sympa.
-Vos papiers.
(-Putain, il va me faire chier.)
Mademoiselle, c'est compliqué pour moi de descendre.
Vous voulez bien monter, s'il vous plaît ?
J'ai quelque chose de très important à vous dire.
-Je trime
etje m'en sors pas. Si j'ai une prune, c’est fini !
Fini pour moi.
-L'assurance.
-ll était orange.
-Assurance.
-S'il vous plaît.
-Merci.
-S'il vous plaît. Portière
-Charles, mon chéri...
Tu veux bien me laisser seule avec mademoiselle ? Sois gentil.
Laisse-moi seule.
Portière
(-Ă€ l'hĂ´pital...)
-T'es sûre ? -Ouais.
-Chaque année, il y a plus de 150 morts à cause d'un feu rouge non respecté.
-Je savais pas.
-Pensez—y la prochaine fois.
-Je… ? -Allez.
Sifflet Il démarre.
(Ton larmoyant) Mademoiselle, c'est mon petit-fils.
Il m'emmène chez mon cardiologue
pour une opération de la dernière chance.
Vus les résultats de mon dernier électrocardiogramme...
Oh, vous savez mademoiselle, on est tellement liés, tous les deux.
C'est fusionnel.
C'est moi qui l'ai élevé.
Ça le bouleverse, tout ça.
Il pouvait pas conduire sereinement avec cette histoire,
vous comprenez quand mĂŞme ?
Oh, ce serait gentil, mademoiselle.
Oh ! Pas mal, hein ? J'aurais pu être comédienne, non ?
Rires
"On The Sunny Side Of The Street" (Dinah Washington)
-Oh ! -Merci, hein !
-VoilĂ .
-Charles, merci.
-Ma Betty adore la glace Ă la vanille. Elle en mangerait des tonnes.
-Moi aussi, j'adore ça.
En prison, on y avait le droit deux fois par an.
Une fois pour Noël et puis une fois pour la nouvelle année.
-Ouais.
—C'était la seule chose qui avait du goût.
Ouverture de porte métallique
Ouverture de porte métallique
Fermeture
Musique intrigante Pas
Porte métallique
Après treize longues années,
la société était enfin prête à me revoir.
Il faut dire que j'avais été sage.
Très sage !
Comme une image !
Ma mère a élevé Matt pendant toutes ces années.
Et moi, j'avais quitté un enfant, j'ai retrouvé un homme.
-T'es beau !
Entrechoquements
Qu'est-ce que tu me racontes ?
Tu dois en avoir, des choses Ă me dire.
On s'est pas beaucoup vus.
-Ça me foutait le bourdon, le parloir.
-Je comprends.
Bon !
Les études, ça se passe bien ?
Tu vas devenir un grand avocat, comme t'en rĂŞvais ?
-Tu lui as rien dit ?
-C'était pas à moi de lui expliquer, on en a déjà parlé.
Quand on fait des choix,
faut avoir le courage de les assumer.
-Je dois savoir quoi ?
C'est toi qui les as prises ?
-Oui.
-Toutes ?
-Toutes.
-Et ton droit ? Ta licence ? Tes études ?
-Je vais plus Ă la fac, j'en ai rien Ă cirer du droit.
C'est pas ce que je veux faire de ma vie.
Je suis photographe, tu vois bien. Je bosse pour une agence, Gamma. Et...
-Et ?
-Gamma m'envoie au Vietnam.
Musique triste
Couvrir le conflit.
Je pars dans deux semaines.
-Alors, moi je... je sors, et toi, tu t'en vas, c'est ça ?
-C'est comme ça depuis le début entre nous, non ?
-Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour toi.
-Pour moi ?
Ça a été facile d'être le fils de Madeleine Keller ?
Ça a été facile a l'école, dans le quartier ?
J'étais en prison, moi aussi.
Je me barre parce que j'ai besoin de respirer. Tu comprends ça ?
Respirer !
(-Mathieu.)
(Ma chérie.)
-Tu veux bien me laisser, s'il te plaît ?
-lls m'ont appelée un 10 avril.
C’était le ministère des Affaires étrangères.
Mathieu avait été tué, près de Saigon.
Six mois après son départ.
Ce jour-là , j'en ai voulu a la terre entière, encore une fois.
Si fort!
Si fort!
Que j'ai bu un flacon entier de phénobarbital.
Il faut croire
que je ne suis pas douée pour le suicide,
puisque je suis encore ici a 92 ans.
-Et Ray ?
-Quoi, Ray ?
-Ben… Vous l'avez revu ?
-Oui.
Oui, je l'ai revu une fois.
Paris Match avait organisé toute une cérémonie
avec plein de journalistes
pour le retour du cercueil de Mathieu a Paris.
Alors bien sûr, il était là , pour être sur la photographie.
En voyant ça,
j'ai tout fait annuler ! Tout !
Moi aussi, j'ai eu mon huis clos avec mon fils.
Je l'ai eu...
Et c'était bien.
Musique calme
-C'est de ma faute, j'ai pas vu l'heure passer.
*—Effectivement ! Mme Keller était attendue à la résidence à 15h
*et il est plus de 19h30 !
-Je suis navré. Vraiment.
-Charles,
dites-lui que je fais encore ce que je veux.
-Chut.
*—Mme Keller ? Mme Keller je vous entends.
-Moi aussi.
"'—II faut venir; on vous attend maintenant, hein ?
*Ici, tout le monde a dîné...
-Bon appétit !
*-Et ils dorment. -Oui . ..
*—S'ils étaient comme vous,
*ce serait compliqué. -Bien sûr.
-Mais ce serait marrant.
-Chut. Vous avez raison.
*—Ah ! Voilà ! -Donc…
(Mado...) *—Vous venez bientôt ?
(-On va se taper la cloche ?)
-Oh oui !
*—Vous me l'amenez ?
-Madame, tout compte fait,
on sera pas lĂ avant une bonne heure, voire deux.
*—Comment ? Quoi ? Non, vous plaisantez ?
*C'est quoi, cette cloche ? -AllĂ´ ? AllĂ´ ?
*—Non, non, non... -Je passe dans un tunnel, allô ?
-C'est vrai ? On va se taper la cloche ?
-Que voulez-vous manger ?
-Oh !
-Un jour, j'ai fait plaisir a ma fille.
Enfin, plutĂ´t une nuit.
C'était un peu avant Noël, y a deux ans.
Betty voulait voir Paris...
les illuminations... et surtout la tour Eiffel.
D'ailleurs, on a commencé par—là . Puis, on a descendu les Champs-Elysées.
On a été boulevard Haussmann, les grands magasins.
Et... la place VendĂ´me.
C'était magique. Vous auriez vu ses yeux !
Les plus beaux du monde.
Bah, les yeux de sa mère !
-Ah !
Bah oui !
-Grâce à ma fille, j'ai vu un Paris que je savais plus voir.
Chaque année, je fais trois fois le tour de la Terre.
120 000 kilomètres.
Et Ă part cette nuit-lĂ ,
j'ai pas un souvenir auquel me raccrocher. Pas un.
Je suis mĂŞme jamais sorti de France.
Si, une fois.
J'ai emmené un client à Bruxelles lors d'une grève.
Mais Bruxelles, c'est pas vraiment l'étranger !
Il soupire.
C'est nul, non ?
-Un jour, vous partirez, Charles.
Oui, j'en suis certaine.
-Bah, attention !
On a quand mĂŞme la maison familiale de ma femme.
Ala campagne.
-Où ? —En Picardie.
Ma Betty adore cette maison.
On y va les dimanches quand Karine est pas de garde Ă l'hĂ´pital.
Elle est infirmière.
-Infirmière ? -Ouais.
Vous ĂŞtes quand mĂŞme Ă part.
Elle rit.
-Pourquoi "Ă part" ?
-Bah…
Vous croyez que je dîne avec tous mes clients ?
Rires
-J'espère que non quand même.
-Ça m'en ferait des repas !
-Vous ĂŞtes drĂ´le, vous.
Vibreur
-Ah ! Excusez—mol, je dois répondre absolument.
Pardon.
AllĂ´, Daniel ?
Ouais.
*—Tu veux quoi ? Ça fait un bail que j'ai pas eu de tes nouvelles.
*Bon, tu veux quoi ?
-Putain, c'est dingue, quand mĂŞme...
Ă€ peine tu me parles que j'ai plus envie de t'entendre.
Je suis désolé de t'avoir laissé un message tout à l’heure.
Euh... Ça va aller pour moi. J'ai pas besoin de toi, OK ?
*—C'est ça, et dans trois jours, tu me rappel/es, comme d'habitude.
*Vas-y, dis—moi, c'est quoi ton problème ?
-Non, non, non... J'ai pas envie de devenir grossier, la.
Pas ce soir, OK ?
-Vous avez terminé ?
-J'en ai bien peur.
-Très bien.
-Ça va, Charles ?
—Très bien. Et vous ?
-Oui, ça va. C'est bien.
-Formidable.
-On est bien ! -Mais oui.
Ah ! -Tout s'est bien passé ?
-Oui. -Oui, merci. S'il vous plaît.
-Non, Charles ! S'il vous plaît.
-Ça me fait plaisir. -S'il vous plaît!
-Ça me fait plaisir.
Vous avez sauvé mon permis, c'est un minimum.
Elle rit.
-Ça vous ennuie si je prends votre bras ?
-Non, avec plaisir!
-Merci. VoilĂ . On y va.
C'est beau !
-Ouais.
-Ah ! Ça fait longtemps que j'ai pas marché au bras d'un homme.
-Ah bon ?
Ah bah... ça me touche !
-C'est une belle soirée, quand même.
Musique douce -Très. Très belle.
-Ça fait du bien.
Clignotant
Il soupire.
-Mm…
Il coupe le moteur.
-Allez, Charles...
Aidez—moi à descendre.
Portière
Il soupire.
Sonnette
*—Maison de famille, bonsoir.
-Euh… Oui, bonsoir.
Bonsoir, Madeleine Keller. Je suis attendue.
*—OK, je vous envoie l'infirmier.
Il soupire.
Bips sonores
-Mme Keller.
-C'est moi, c'est pas lui.
-Vous avez des valises ?
-Oui, une.
-Merci, je vais prendre le relais.
-lnstallez-vous, madame.
-Monsieur…
Je ne me suis jamais assise dans une chaise comme ça.
C'est pas ce soir que je vais commencer.
(-On fait quoi ?)
-Ramène—la.
-VoilĂ .
D'accord. C'est par—là , madame. Suivez—nous.
-Charles !
-Oui ?
-J’ai pas payé la course. Combien je vous dois ?
-Non, mais c'est pas grave. Je... Je repasserai vous voir.
Je... Vous inquiétez pas pour ça, je repasserai vous voir, hein ?
On règlera ça une autre fois.
D'accord.
Au revoir, Charles.
Porte lointaine
Il soupire.
Musique mélancolique
Soupir amusé
Rire discret
-Mais c'est une star.
Charles acquiesce.
C'est une icĂ´ne.
Des années de combat contre les violences conjugales.
Rire discret
-J'ai promis
de retourner la voir.
Elle me doit la course, en fait.
J'ai oublié.
J'ai envie de la revoir, Karine. Viens, j’aimerais que tu la rencontres.
—Je la connais pas, Charles. Ça va faire bizarre.
-Non, ça va lui faire plaisir! Je lui ai pas mal parlé de toi.
Elle a plus de famille... Personne viendra la voir, Ă part nous.
Qu'est-ce que t'as ?
T'es pas avec moi, lĂ .
-J'ai… J’ai passé une annonce pour vendre la maison de mes parents.
-Oh…
-Ma sœur est d'accord finalement.
Il faut qu'on s'en sorte.
Ça peut pas durer.
Faut regarder les choses en face.
Et pour le peu qu'on prend de vacances.
On ira dans un coin plus joli tant qu'Ă faire !
Ça nous fera du bien.
-T'en as parlé a Betty ?
-Non. Pas encore.
Elle comprendra.
(Ça va.)
Soupir
-Ah. -Bonjour.
-Bonjour. -Bonjour.
On vient rendre visite a Madeleine Keller.
Elle marmonne.
-Elle est arrivée
fin de semaine dernière.
-Oui. je sais bien. Mais personne ne vous a prévenu ?
Mme Keller est décédée hier matin.
-Quoi ?
-Oui, elle souffrait d'un grave problème cardiaque. C'était dans son dossier.
Son cœur a lâché.
Musique triste
-Son numéro de chambre ?
-Mais c'est plus la peine...
-Faut qu'elle rencontre ma femme.
C'est quelqu'un de très important, je veux la présenter à ma femme.
Je vous en supplie.
-Chambre 39, mais vraiment...
-Charles…
-Monsieur, attendez !
Sonnerie de téléphone
Soupir triste
-Monsieur ? Vous pouvez pas rester là . Monsieur, s'il vous plaît.
-Je m'en occupe.
Il pleure.
Charles...
Musique douce
-Bonjour.
Vous ĂŞtes Charles Hoffman ? -Oui.
-Le chauffeur de taxi ? -Oui.
-J'ai ceci pour vous.
Mes condoléances et bonne journée.
(-Je sais pas...)
-Mon cher Charles,
l'homme qui vient de vous remettre cette lettre est mon notaire.
S'il l'a fait, c'est que je ne suis plus lĂ .
Et c'est bien ainsi, dans l'ordre des choses.
Ce soir, je regarde les photos
qui m’ont accompagnée pendant toutes ces années.
Elles me racontent leur histoire
et me parlent des gens que j'ai tant aimés.
Peut-ĂŞtre vais-je les retrouver ?
Je veux y croire.
La veille, vous dansez dans un hangar
avec un charmant soldat américain.
Le lendemain, vous finissez vos jours
dans une résidence pour vieux,
a manger de la purée et de la compote.
Tout passe en un éclair.
Charles, je veux que vous sachiez
que ce voyage en taxi avec vous,
a été le dernier moment heureux de ma vie.
"Une belle course", comme vous dites.
Restez le vilain petit canard que vous ĂŞtes.
Partez Charles. Emmenez Karine et Betty.
Partez en voyage. Loin. Très loin.
Emportez un appareil photo pour fabriquer des souvenirs.
Adieu, Charles.
La vente de ma maison a Bry-sur-Marne
m'a rapporté un peu d'argent.
LĂ oĂą je suis, je n'en ai pas vraiment besoin.
Vous, si.
Soupir
(-Regarde.)
(-Oh, c'est pas vrai.)
Fleurs
"At Last" (Etta James)
Jazz doux
Musique douce
Musique calme
Sous—titrage : HIVENTY
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.