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Original subtitles

Messieurs !

La journ�e est termin�e, �teignez tout !

Changez-vous, les bus vous attendent !

Grouille !

T'es sourd ? Je te dis d'�teindre !

Allez !

L'usine ferme en attendant la mati�re premi�re.

Vous serez pay�s.

On vous contactera pour vos salaires.

Dirigez-vous vers les dortoirs !

Changez-vous,

prenez toutes vos affaires et montez dans les bus.

Si vous tra�nez,

vous ne pourrez plus partir.

On ferme !

L�ve-toi, grouille !

Bouge de l� !

Surtout, n'allez pas voir la DRH.

Ne vous cr�ez pas d'ennuis.

L'usine risque de porter plainte contre vous.

Vous pouvez vous faire arr�ter

et perdre votre salaire.

Bonjour.

Je vous en prie.

Bonjour, Bayram.

Merci beaucoup.

- Assieds-toi. - Non, merci.

- Pardon. - Je t'en prie.

PAS DE S�CU DEPUIS 28 MOIS

PAS DE SALAIRE DEPUIS 8 MOIS

Bonjour.

Ghardashali,

j'impose rien aux autres.

Moi, je me sens encore en deuil.

Mais vous pouvez faire ce que vous voulez.

Bayram, tu sais que tant que tu porteras le deuil,

on restera tous en noir.

Une pri�re pour le d�funt !

Que Gholam repose en paix, mon cher Bayram.

Dieu te garde.

- C'est pour toi. - Mais pourquoi ?

Gholam �tait mon cousin, mais il a �t� un p�re pour moi.

Merci beaucoup, mais il fallait pas.

Si tu permets, je voudrais aussi te couper la barbe,

pour que tu quittes le deuil.

Tu t'improvises barbier ?

Va t'asseoir et laisse-nous le convaincre.

- Allez. - Venez l�.

Venez vous asseoir.

Mettez-vous � l'aise.

Bayram,

tant que tu porteras le noir, toute la famille fera comme toi.

D'accord, que tout le monde se coupe la barbe et retire le noir.

Je voudrais pas insister,

mais Gholam �tait notre parrain.

On attend que tu d�signes son successeur.

Je porte encore son deuil.

�a fait un an !

La succession a ses propres r�gles.

Le moment venu, vous lirez le testament.

Quel testament ?

Tu l'as toujours pas ouvert ?

Bien s�r que si.

Pourquoi on sait rien ?

Mon p�re a exig� un an de report.

Et maintenant ?

Je pr�f�re ne rien dire encore.

Papa, quatre couples attendent de pouvoir organiser leur mariage.

Tu dis pas du tout �a pour toi ?

Je suis loin d'�tre le seul � te le dire.

Allez, papa.

Je le comprends, il en a marre.

On pensait tous qu'apr�s le 40e jour, ton fils se marierait

et que les autres suivraient.

Franchement, si tu laisses ces pauvres gosses reprendre leur vie,

�a t'enl�ve quoi ?

Je t'en prie, Bayram.

Une pri�re pour lui !

Les salauds sont ceux qui se barrent en comptant sur les coll�gues

pour se battre pour les salaires.

Le rasoir �lectrique, �a ira.

Je te tiens au courant.

Je te rappellerai.

Au revoir.

D�signe le successeur aujourd'hui, qu'on en finisse.

Tu fais le forcing pour Ghardashali ?

Il a m�me propos� d'organiser le mariage de ton fils.

Mon fils a un p�re.

Pardon, Bayram.

Ghardashali m�rite d'�tre parrain.

Mais je suis l'a�n�.

Ben alors, Ghardashali ? C'est lui, l'a�n� ?

- Qui �a ? - Esmail.

Ce tocard �vite les mariages pour pas faire de cadeau.

Il est l� pour bouffer � l'oeil.

C'est une fa�on de parler en public ?

Il a rien su faire pour ses propres enfants.

Tu parles d'un parrain.

Reste poli. Qui est le plus �g� ?

Bien s�r, c'est moi.

Je vous assure,

j'ai pas du tout la pr�tention de remplacer Gholam.

Mais si, te g�ne pas, on n'attend que �a !

J'avais six ans quand tu es n�, Ghardashali.

Ma m�re �tait ta nourrice.

C'est pas juste une question d'�ge.

Exactement.

Je disais simplement que j'�tais l'a�n�.

Alors que Ghardashali �tait son complice des derniers jours.

�a, c'est bien dit.

Si Gholam est satisfait, nous serons tous satisfaits !

LEILA ET SES FR�RES

Un film de Saeed Roustaee

C'�tait mon berceau, tu sais ?

Il �tait � moi.

Oui, � nous tous.

T'es encore l�-dedans, papa ?

J'y peux rien, j'ai mal.

Leila, t'as utilis� toute l'eau de la ville.

Tu m'emm�nes chez le m�decin, Alireza ?

Je l'emm�ne o� ?

Oublie, il a rien.

Et la cl� de ma voiture ? Papa !

Tu m'as pas pay� hier.

J'ai pass� la journ�e au garage.

O� est le double ?

Ose y toucher

et j'appelle les flics !

Fais comme pour Parviz,

fais-moi directement un proc�s.

Coupe l'eau, j'en ai plus !

On prend l'ascenseur.

J'�touffe l�-dedans.

C'est un gar�on ?

Je te jure que oui.

Tu jures � tort et � travers.

Sur la t�te de Manouchehr ?

Sur la t�te de Farhad, c'est un gars.

Dans ce cas, c'est une fille.

Les harc�le pas pour qu'ils l'appellent Gholam.

De quoi tu te m�les ?

C'est toi qui mets ton nez partout !

� l'anniversaire de la mort de Gholam,

j'ai �t� le premier � qui on a mis du blanc et taill� la barbe.

Donc, on attend �a de moi.

Viens plut�t voir le b�b�.

O� est Manouchehr ?

Cette chochotte ne supporte pas l'odeur de l'h�pital.

Enfin un qui vient pas les mains vides.

Bonjour, mes ch�ries.

Content de te voir.

T'as du bol que celui-ci soit un gars.

Sinon, l'autre aurait continu� de me harceler.

F�licitations.

Laisse-moi l'embrasser.

On n'embrasse pas le visage d'un b�b�.

C'est pas un gar�on.

Mais si, regarde.

Qu'elle le d�shabille, alors.

Il va attraper froid.

Pour toutes les cinq, ils m'ont dit que c'�tait des gars.

Au bout de deux ans, je les voyais en jupe, avec des bijoux.

Cette fois, je me ferai plus avoir.

D�shabille-le !

�a se fait pas comme �a.

Me baratine pas, salet� !

�a va pas, monsieur ? Vous �tes dans un h�pital.

Sortez.

Excusez-le.

Tu nous fais honte.

Leila, montre-lui, avant qu'il nous fasse une attaque.

Viens voir.

Attends.

Et voil�.

Quelle merveille.

C'est un gar�on.

C'est un gar�on.

T'as vu �a ?

Il a manqu� de gar�ons ou quoi ?

C'est ton serviteur.

Regarde ces cils, qu'il est beau...

Boude pas, mange. Je t'emm�ne chez le m�decin demain.

Que Dieu te maudisse, Brock Lesnar.

S'il y a un type foutu de battre Undertaker, c'est Lesnar.

- C'est bidon. - Pas du tout.

Hardy saute d'une �chelle de 10 m sur la figure de Big Show.

C'est bidon, �a ?

Nous, elle confond nos pr�noms, mais les catcheurs, elle conna�t.

C'est ta faute.

Lesnar va se faire �craser par Orton, maman.

C'est pas Shawn Michaels.

J'ai la m�me carrure qu'Orton, non ?

�a va pas, esp�ce d'orang-outan ? Rhabille-toi.

Ils sont habill�s, eux ?

Belle-s�ur, je suis bloqu�e, prends le b�b�.

Je suis d�sol�e.

A�e !

Touche pas � la vaisselle.

Il faut te marier pour plus avoir mal.

Farhad, tu manges et tu vas te vautrer ?

Viens, on d�barrasse et on fait la vaisselle.

- J'ai pas fini. - Je le dis en g�n�ral.

Tu rumines comme une vache. �a suffit.

Tu parles de Parviz ou de moi ?

Attends qu'on d�barrasse.

Dans deux minutes, il sera � poil.

Papa, tu vas souffler pour le petit.

Il est press� de partir.

Tu as quelque chose � te reprocher.

F�licitations.

Qu'est-ce qui te prend ?

Que Dieu lui pr�te longue vie.

Dis-moi,

vous avez enregistr� quel pr�nom � l'�tat civil ?

Celui que vous aviez choisi.

- Lequel ? - Gholam...

Gholam.

- Fais voir son carnet. - On l'a pas encore.

�a, c'est quoi ?

Je suis all�e le chercher. Parviz n'est pas au courant.

Lis-moi le pr�nom.

C'est Gholam.

Gholam.

�a regarde personne.

Alireza, c'est la v�rit� ?

Oui, c'est Gholam.

Montre-moi. C'est quel mot ?

L�.

Rends-moi ma carte bancaire.

Pourquoi ?

Je veux pas que tu l'aies.

FAIRE-PART DE D�C�S

GHOLAM

POUYAN

C'est pas Gholam !

Sortez d'ici, bande de menteurs !

Je savais que ces enfoir�s m'�couteraient pas !

D�gage, sale voleur !

Pense � ton c�ur.

Tu fais peur aux filles.

- D�gagez tous. - Ils sont partis.

Par ici, toi.

Qu'est-ce qui te prend ?

T'as perdu la t�te ?

Il pique ma retraite et en plus, ils volent chez moi.

C'est Leila qui l'a mis dans mon sac.

Raheleh allaite, papa !

Apr�s un an, ma femme �tait venue d�ner ici, merci.

Reste l�, toi.

Arr�te, papa.

Il a pas envie d'appeler son fils Gholam !

Qu'il aille se faire voir et toi avec !

T'avais qu'� donner ce nom � un de tes quatre fils !

Il �tait vivant � l'�poque, �a se fait pas, idiote !

Je chie sur vos traditions !

Bayram n'a qu'� appeler son petit-fils Gholam.

On le fait avant lui !

Et pourquoi ?

Pour pouvoir garder la t�te haute.

�a m'a port� chance, moi, de porter le pr�nom de ton p�re ?

Pourquoi je nommerais mon fils ch�ri comme ton abruti de cousin ?

Vous avez droit � un an d'indemnit� de ch�mage.

Restez chez vous tous les jours de 8h � 14h,

vous pouvez �tre inspect�.

Toute absence entra�nera une interruption de l'indemnisation.

Tenez, j'ai rempli le formulaire.

Signez l�.

Premier �tage, service emploi.

Comment je cherche du travail ?

Il y a beaucoup de licenciements, le r�glement est tr�s strict.

Si vous ne voulez pas d'ennuis,

respectez ces recommandations.

Merci.

Madame, j'ai re�u ce courrier.

Guichet 7, service des revenus.

L�, il y a une place.

Je vais prendre un num�ro.

Assieds-toi, papa.

- Faites la queue. - Je donne juste �a.

En m�decine interne, Jourablou.

Quelle cohue...

C'est �a, l'h�pital public. �a peut �tre bien pire.

Pardon, madame.

Papa, on est l�.

Tu peux �viter de demander aux parents comment ils vont ?

Pourquoi ?

J'ai d� lutter pour qu'ils arr�tent de r�clamer le m�decin.

T'arrives et ils remettent �a.

Ils te craignent vraiment ?

C'est pire, ils me d�testent.

Mais ils sont malades...

Tu sais rien, Alireza.

� leur �ge, ils ont besoin d'�tre suivis.

Tous les m�decins de la ville nous connaissent.

Moi, je repars dans quatre jours.

Pourquoi tu dis �a ?

Tu vois que �a craint, tu te tires ?

Je dois retourner bosser.

Garde ton bobard pour les autres.

T'as pas de boulot, comme tes fr�res.

T'es ch�meur.

Il suffit que tu reviennes une nuit � la maison

pour que je sache tout de toi.

Tu t'es fait virer.

On se fait virer quand on commet une faute.

L�, le patron a d�tourn� des fonds, l'usine a fait faillite.

Ils ont d� licencier, �a s'appelle pas se faire virer.

Alors, arr�te de faire semblant d'�tre en cong�.

Fais-leur sentir que tu peux pas venir tous les jours � l'hosto,

puisque tu dois rester chez toi de 8h � 14h pour pas perdre ton alloc.

Assieds-toi.

Qui d'autre est au courant ?

Maman remerciait le ciel d'avoir un fils qui aurait une retraite.

Depuis qu'elle l'a appris, elle est perdue.

Comment elle l'a su ?

Je le lui ai dit.

Je vais vite retrouver du travail. J'aime pas rester � rien faire.

Rien ne s'arrangera en travaillant. Il faut faire quelque chose.

Alireza...

lance une affaire juteuse

et r�unis tes fr�res pour les sortir de la mis�re.

Me mets pas la pression. Pourquoi ce serait � moi de faire �a ?

J'ai essay� moi aussi, j'y suis pas arriv�e.

Pourquoi pas avec Manouchehr ? T'as trois autres fr�res.

Manouchehr, c'est une de mes inqui�tudes !

Si on fait rien, il va se faire prendre � force de frauder.

Je comptais sur toi pour me soutenir, pour te battre avec moi,

pour agir de fa�on r�fl�chie.

Parviz supporte plus son poids. Tout ce qu'il veut, c'est se poser.

Farhad a des abdos � la place du cerveau.

Oublie-moi.

Je peux pas, tu es l�.

�a changerait rien que je reste.

Si on cr�ve pas de faim, c'est uniquement gr�ce � mon salaire.

Mais...

Pardon, on peut changer de place ?

Oui.

Merci.

Et mon salaire, alors ?

Le tien, le mien, la retraite de papa, �a suffit toujours pas.

Eux, ils stagnent depuis longtemps.

Pas eux, nous.

On stagne pas,

on r�gresse.

R�gresser ? Qu'est-ce qu'on avait � perdre ?

Notre jeunesse.

Il en reste pas grand-chose.

Essayons de pas �tre vieux et mis�reux.

Mon fr�re...

n'�coute pas les parents.

La nuit, ils dorment

et le jour, ils pensent � bien dormir la nuit.

� la maison, ils en peuvent plus les uns des autres.

�a me fend le c�ur de voir que toute leur col�re,

ils la passent sur la famille.

Faites quelque chose tous ensemble.

Moi qui d�teste voir mes fr�res au ch�mage,

j'�tais contente que tu sois vir�.

J'allais enfin pouvoir te prendre � part

pour te demander de pas abandonner tes fr�res.

Ils sont seuls,

ils sont paum�s, fauch�s, les laisse pas comme �a.

Si tu repartais, qu'est-ce qu'ils deviendraient ?

C'est � eux qu'il faut dire de se bouger.

Je l'ai fait, ils peuvent pas.

Pourquoi pas ?

Ils savent pas lancer une affaire.

Moi, je sais ?

Si l'un de vous en est capable, c'est toi.

Et apr�s, qui ira bosser ? Ces flemmards ?

Ils sont pas flemmards, ils bossent.

Mais leur boulot vaut rien.

En tout cas, ils sont d�biles.

Pas du tout.

Quand t'es pauvre, tu perds confiance en toi, t'as l'air b�te.

Moi, j'aime pas le conflit.

Ils parlent tous en m�me temps, �a me stresse.

Je veux bosser loin et revenir de temps en temps.

Je t'en supplie, ne me m�le pas � leurs histoires.

C'est ta famille.

J'ai renonc� � un an de salaire,

juste pour fuir le raffut � l'usine.

Je d�teste l'hyst�rie de ma famille.

C'est leur boulot pr�caire qui les rend hyst�riques.

Plus tu trimes, plus t'es pauvre.

La pauvret�, �a te colle � la peau.

Plus t'en bouffes, plus il en reste.

C'est � cause de tout �a que je suis parti.

En fait, toi,

t'es revenu pour rester si tout allait bien.

Et sinon...

Arr�te, Leila.

Vous pouvez pas lancer un truc qui soit reconnu comme un m�tier ?

Que dans la case "m�tier" des formulaires,

vous ayez enfin un truc � mettre ?

Oui, je lui ai parl�.

C'est r�gl�.

Pourquoi tu t'es autant laiss� aller ?

T'�tais pas si gros l'autre fois.

Je bouge pas dans ce boulot de merde.

Il s'est mis � boire.

Ta gueule. C'est ma thyro�de.

D'apr�s le toubib, picoler, �a aide pas la thyro�de.

L'appart est petit, les m�mes font du bruit,

je bois parfois pour pouvoir dormir.

- Vous allez o� ? - Aux WC.

C'est pas sec.

Mais c'est urgent.

- T'as du cash ? - Oui.

Vas-y.

Le carrelage blanc, t'as pas fini de nettoyer.

Pourquoi tu nous as fait venir ?

Ils veulent faire des boutiques � la place des toilettes.

C'est sur le point d'�tre valid�.

Et alors ?

Je vous ai amen�s voir.

Faut qu'on se grouille.

Les commer�ants vont vite mettre le grappin dessus.

Pour faire fortune, il faut avoir acc�s � l'information.

T'as appris �a o� ?

Nulle part. C'est de moi.

Laisse tomber.

Le directeur financier l'a dit ici, au t�l�phone.

J'ai fait une demande pour qu'on ach�te une boutique.

- Combien, le m�tre carr� ? - 50 � 60.

On peut pas.

Moi, j'ai pas un rond.

Les autres, n'en parlons pas.

Attends d'en savoir plus, on pourra peut-�tre.

La directrice m'appr�cie.

M�me sans apport, on peut pas.

Pourquoi t'es n�gatif, comme Manouchehr ?

Soyons positifs, t'ach�tes avec quel fric ?

�a va, j'ai rien dit.

Tu les emp�ches de r�fl�chir.

On a besoin de fric, pas de r�fl�chir.

Elle d�conne, cette balance.

Si tu le veux, �a marchera.

Fais comme si je voulais.

Faut que tu le veuilles vraiment !

�a tient qu'� moi ?

Moi, je demande que �a. Je serais pas l�, sinon.

Je vous ai fait venir, je suis partant.

S'il suffit de le dire, moi aussi.

On est tous vraiment partants.

C'est ce que vous dites, moi aussi.

Vous allez o� ?

L'autre jour, j'ai pay� pour deux fois.

�a me dit rien du tout.

C'est combien ?

C'�tait quoi ?

Comment �a ? Je suis all� vite fait aux WC.

Vite fait ? C'�tait long. File-moi 500.

T'as la monnaie, cette fois ?

Non, tu paies pour deux fois.

Et si t'oublies ?

Tu m'expliques, je me rappellerai.

S'il porte plainte, je pourrai plus rien te trouver.

R�veille-le, qu'il aille au lit.

Depuis qu'il a un pacemaker, il dort souvent assis.

Il dit que s'il s'allonge, il a l'impression de mourir.

Va �couter.

Regarde, mon petit.

Sans ces bandages, j'ai des fourmillements toute la nuit.

On va chez le m�decin ?

Bien s�r. Je vais voir �a demain.

On a � faire demain. Pas de promesse en l'air.

Prends tes m�dicaments.

Mets ta cr�me contre les fourmillements.

Papa...

Laisse-le, il vient de s'endormir.

Prends tes cachets.

Il les prendra demain.

S'il les prend pas, demain, il sera malade.

Maman adore ces bal�zes.

Triple H, Brock Lesnar, Big Show.

C'est pour �a qu'elle aime Parviz.

Avec ses bandages, elle les mettrait tous KO.

Te mets pas devant la t�l�.

J'ai appel� Manouchehr pour la boutique.

Et alors ?

Il dit que notre probl�me, c'est l'apport,

mais qu'il est sur un coup.

Son nouveau truc, c'est de consoler les vieilles d�pressives friqu�es.

Sugar mama.

Il vous propose d'aller voir le gars demain soir.

Il vous expliquera tout.

Il avait honte de dire qu'on �tait ses fr�res,

pourquoi il veut nous embarquer ?

Bonsoir.

Pourquoi t'es l� ?

Pourquoi pas ?

Attends-nous chez moi.

C'est une r�union d'hommes, s�urette.

Dans ce cas, il peut pas venir.

Tu veux que je l'ouvre pour te chier dessus ?

Quoi ? Il chie de la gueule ?

T'es d�go�tant !

C'est une question.

Va te reposer chez moi jusqu'� notre retour.

Je peux pas monter tous ces �tages.

De quoi tu parles ? Prends l'ascenseur, il est nickel.

Merci beaucoup. Plut�t crever.

Il monte Parviz comme une plume.

Sympa.

Toi, c'est rien. La t�l�commande.

Vous signez rien sans qu'on ait discut�.

D'accord.

On est en retard, grouille.

�a va, frangin ?

�a va, merci.

Fais gaffe au ravin.

T'avais quoi en t�te quand t'as achet�

dans un trou pareil ?

Quand j'aurai l'acte de propri�t�, tu verras.

T'as pas d'acte ?

Quand on aura le gaz.

Nom de Dieu, t'as pas le gaz ?

Il a deux chambres de 4 m� sans fen�tre.

Il a m�me pas acc�s � l'escalier de l'immeuble.

C'est vrai ?

Il dit des conneries.

Il y avait deux �tages, deux proprios.

Celui du bas s'est fait un sous-sol en douce.

Pour se venger, celui du haut a fait sur le toit l'appart que j'ai achet�.

Et puis ?

Celui du bas a bloqu� l'escalier.

On a fait un ascenseur dans la rue.

Quelle id�e d'acheter �a ?

Tu peux te vanter d'avoir un fr�re qui habite les quartiers nord.

Les quartiers nord, c'est plus bas que ce coupe-gorge.

L�, c'est un bidonville, cr�tin.

L'autre demeur� est venu. J'ai une vue de r�ve.

Oui, mais tu te r�veilleras quand t'auras une tour en face.

Si la mairie rase pas ton taudis avant.

T'as vu les bagnoles ?

Les quartiers nord, qu'il dit.

T'es grave, Manouchehr.

On y va.

L�-haut, vous allez halluciner.

Merci, Mahmoud. �a, c'est du th�.

Sers-toi.

Je pose �a l�, servez-vous.

Mahmoud a un super boulot ici.

Je t'en prie.

C'est pas compliqu� et �a rapporte gros.

La proposition qu'il va nous faire est une faveur.

Mais non.

Depuis que j'habite avec Manouchehr, je l'aime comme un fr�re.

Il vit chez vous ?

Non, je suis chez lui.

Il y a six mois, j'�tais � la rue.

Vous avez mont� tout �a en six mois ?

C'est pas moi qui l'ai mont�, mais je le g�re.

C'est � vous, ici, ou pas ?

C'est � celui qui y travaille.

Et quel est le travail, au juste ?

Je vous explique...

Je peux le faire ?

C'est une soci�t� de leasing de voiture.

L'usine livre une Kia Pride en un mois pour 23 millions.

Mahmoud te la livre en 3 mois, mais pour 20 millions.

Attends, Manouchehr.

Vous prenez la voiture � l'usine ou chez un concessionnaire ?

Aucun des deux.

En fait, on livre pas de voiture.

Pardon, mais vous �tes pas de ceux qui empochent le fric et s'enfuient ?

J'esp�re pas.

- Frangin ! - Il y a pas de mal.

Un fraudeur met son argent sous le matelas.

Moi, j'ai dix comptes bancaires. Demandez-lui.

Comment vous touchez l'argent sans livrer de voiture ?

Comment il s'appelle ?

Alireza.

Ali, c'est pas compliqu�.

�coute-moi, tu comprendras.

Avant moi, c'est mon beau-fr�re qui �tait l�.

Il a pris mille commandes et il est parti avec l'argent.

Il m'a laiss� le bureau.

Moi, j'ai d'abord pris 1000 commandes pour rembourser sa dette.

Avant que les gens portent plainte.

Ensuite,

j'ai pris 1000 autres commandes et j'ai empoch� l'argent.

Si vous voulez reprendre le bureau,

vous r�glez d'abord ma dette,

ensuite vous prenez 1000 commandes et ce sera pour vous.

Et vous refilez le b�b� � un autre.

Ce sera reparti pour un tour.

Il r�glera votre dette avant de se servir.

- Et ainsi de suite. - C'est un cycle.

Exactement.

Excusez-moi, vous vous cherchez un successeur ?

Je cherche � laisser le bureau.

Il cherche un rempla�ant.

Ces immenses bureaux, c'est juste pour �a ?

�coutez.

1000 fois 20 millions, �a fait 20 milliards.

En dollars, au taux du jour...

Tu le connais ?

Cinq.

�a fait 4 millions de dollars.

On sera millionnaires en dollars.

Les gens portent pas plainte ?

Pas pour deux mois de retard.

M�me s'ils le font,

pour trois pel�s, on leur ach�te une Pride.

Mais non !

Jette-leur les 20 millions, ils repartent en remuant la queue.

� mon avis, le risque est quasi nul.

�coute, Ali...

j'ai laiss� ma famille et mes 80 millions de dettes,

pour venir � T�h�ran m'asseoir sur ce canap�.

Quand on m'a dit �a, comme toi, j'ai eu tr�s peur.

Mais l�, ma maison est tellement grande,

que ma femme appelle les flics pour y retrouver les gosses.

S'il y avait un loup, j'aurais pas trois bureaux.

Et tu vis dans le taudis de mon fr�re ?

L'occasion fait le larron.

Une adresse du nord moins ch�re que le sud, �a se refuse pas.

J'ai vu de mes yeux l'�volution de Mahmoud.

Impressionnant.

L'entreprise est r�pertori�e ?

On pourrait pas faire de publicit�, sinon.

On doit vous payer combien pour la reprise ?

Le loyer et la publicit�,

c'est cadeau pendant un an.

Mais l'un de vous doit signer, �tre responsable.

Je vois pas ce qu'on peut attendre de mieux.

C'est une occasion r�v�e.

Il a pas tort, Alireza.

Et nous, on fait quoi ?

Sur le plan l�gal,

si je mets la bo�te � mon nom,

il me faut un CA avec quatre membres.

Le pr�sident du conseil, ce sera moi.

Le PDG, toi.

Comme vice-pr�sident, on a pens� � toi, Parviz.

- � votre service. - Merci.

Et un membre lambda, Farhad.

Voil� ce que j'ai en t�te.

Gr�ce aux conseils de Mahmoud, bien s�r.

Avec plaisir.

Attendez, bougez pas.

� trois, vous riez.

1, 2, 3, riez.

Elle est super.

Merci.

Je te le redis, il faut que tu vires ton coloc.

S'il se fait choper, t'es foutu.

Je le virerai quand j'aurai �pong� ma dette.

Rien qu'un aper�u de tes combines, �a me fait froid dans le dos.

J'aurais d� y aller seul.

Si j'avais su que tu flipperais et que tu les contaminerais,

jamais je t'aurais mis dans le coup.

C'est juste qu'il est mou.

Si on rejette vos magouilles, on est mou et peureux ?

En huit ans d'usine, il a pas pris huit semaines de cong�s.

Si son ex avait pas �pous� le voisin, il serait rest�.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Te fatigue pas, Leila.

Au lieu de nous dire ce qu'on doit pas faire,

dis-nous quoi faire.

Faites tout sauf ce que propose Manouchehr.

Par exemple, la boutique.

Absolument.

Avec quel fric ?

Dit comme �a, personne n'en trouvera.

Faut le dire comment ?

Faut que ce soit ignoble pour que �a t'excite ?

J'ai assez de mal avec moi-m�me, fous-moi la paix.

N'�coute pas ce d�bile de Manouchehr.

Dis-moi combien tu as.

Si c'est que pour l'affaire,

j'ai autour de 20 millions.

Et toi, Farhad ?

Si j'arr�te de faire taxi et que je vends la bagnole, 20 millions.

Parviz ?

Je te jure que j'ai rien, � part 5 millions de dettes.

Et ce que je t'ai vers� le mois dernier ?

Bravo pour ta discr�tion.

Ces 4 millions, c'�tait pour payer une autre dette.

Et toi, Leila ?

J'ai 8 millions et une demi-pi�ce d'or que m'a donn�e la bo�te.

Et toi, le petit g�nie ?

800 millions.

Rien, �videmment. Z�ro.

J'en veux pas.

Tu veux qu'on parte, c'est �a ?

Il veut d�ner avec son coloc.

Je peux pas manger chez moi avec mes v�tements d'ext�rieur.

Trop chou.

Change-toi, au lieu de bouder.

Pour une fois que tu nous re�ois.

Si je dis pas de b�tise, tu pourrais vendre ton appart.

Tu dis une b�tise.

Fais pas cette t�te. Il vaut combien ?

Le max du max, ce serait 120 millions.

Mais il y a mille et un obstacles.

- Comme quoi ? - Plein de choses.

- Du genre ? - L'acte de propri�t�.

Mon coloc, ma dette, t'en veux d'autres ?

C'est le moment d'acheter.

M�me si l'affaire prend pas, le bien perd pas sa valeur.

Les prix flambent sans arr�t.

J'ai explor� toutes vos pistes � la noix

avant d'arriver au plan que je vous ai propos� ce soir.

T'as explor� aucune piste, t'as juste r�vass�.

O� tu veux en venir ?

Comptez pas sur mon appart.

Si on s'y met tous pour lever les obstacles.

Si vous mettez pas encore �a sur le compte de ma b�tise,

je garde un minuscule espoir dans mon c�ur de faire revenir ma femme.

Je fais comment ?

On vous loue un autre appart.

Je pr�f�re habiter dans un taudis

qu'�tre locataire.

T'as trafiqu� mon passeport

pour aller tra�ner en Tha�lande.

T'as pas besoin de ta femme.

Il veut pas donner son appart, �a nous regarde pas.

Tu nous fais encore une pouss�e de tol�rance ?

On est une bande de veaux

qui ont pas appris � pas se m�ler de la vie des autres.

Si �a te g�ne d'�tre locataire, vends ici,

on rase la maison et on construit des apparts.

Parviz...

La maison s'affaisse de partout,

on peut rien construire.

On est en quartier d�grad�, on paie pas d'imp�ts.

Sans ascenseur, on peut faire quatre beaux apparts

de 55 m� chacun.

Et avec ascenseur, M. l'architecte ?

Avec ascenseur et un escalier aux normes, 40 m� chacun.

Quatre apparts pour vous quatre.

Les parents et moi, vous nous enterrez en dessous.

Tu sais quoi ? Je vais vivre dans le parking avec mes gosses, OK ?

Deux secondes...

On peut faire un pr�t.

Sur cette maison, on n'en aura pas.

Emm�ne-les, s'il te pla�t. Ils me pompent l'air.

Les murs auraient pu s'effondrer, on serait tous morts.

Dieu merci, tu es l�, en pleine forme,

en r�alit� augment�e,

sous mes yeux.

Maintenant que tu es si �l�gant, tu peux manger ?

L'�l�gance, c'est 15 personnes qui parlent la bouche pleine en m�me temps.

Comment tu peux laisser ta famille habiter une maison pareille ?

Tu t'en fous de la famille. Tu veux devenir proprio, c'est tout.

Avec quel argent tu construis une maison ?

Si on en a, autant acheter la boutique.

Bravo.

Il vend son appart, on ach�te la boutique...

J'ai pig�. Pas la peine de r�p�ter.

Je la ferme.

Je vais r�fl�chir.

Si c'est oui, je vous pr�viens. Si je dis rien, c'est que c'est non.

Mange pas �a, c'est p�rim�.

C'est encore bon.

Mon passeport non plus, tu le donnes pas ?

- Je te parle. - Il te sert � rien.

Vous avez entendu ?

Arr�te, donne-moi �a.

C'est quoi, le code ?

Je lui demanderai.

Qu'est-ce que tu fabriques ?

T'es pas bien ?

- Il te le rendra. - Il va en faire quoi ?

Il donne pas ce trou et il me prend mes papiers !

Tu fais quoi ?

L�che mon attach�-case !

Donne-moi �a !

Tu fous quoi avec mes papiers ?

Ils y sont pas !

Je te le donnerai !

Esp�ce d'imb�cile ! Il va te le donner.

Laisse-moi deux secondes !

Rends-moi mes papiers !

Il va te l'ouvrir !

Rends-le-moi !

Arr�tez !

Donne-moi �a, sale brute !

Pourquoi tu le casses ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Fais pas �a !

Il les bouffe ou il les vend ?

Pourquoi il a fait �a ?

Tu peux la taper ?

Taisez-vous, elle arrive.

D�sol�e pour le retard.

Bonjour.

J'ai pr�sent� votre cas au conseil,

en me basant sur la demande de Mlle Jourablou,

de telle fa�on que j'obtienne la r�ponse souhait�e.

En r�sum�,

vous devez avancer 40 % de la somme

et emprunter le reste sur 4 ans.

Donc, �a fait...

L'apport doit �tre de 176 millions.

M. Elias verra tout �a avec vous.

Quelle est la date de livraison ?

Dans 7 mois. Les travaux commencent dans 3 mois.

Votre dossier est pr�t ?

Non, on a besoin de temps pour...

�a va �tre rapide.

Accordez-nous un petit d�lai.

Vous vous en occupez, Mlle Jourablou.

Merci infiniment.

Je vous en prie.

Merci beaucoup.

Au revoir.

Merci.

Je vous prie.

Jetez un �il, vous me direz si �a vous pla�t.

Je vais aller faire un tour aussi.

Viens voir les jolies boutiques.

Sans emprunt, on arrivera � rien.

L�che ton appart.

Farhad, viens voir.

Arr�te avec l'appart. �a r�glerait pas votre probl�me.

- On a fait les comptes. - Oui, mais j'ai un souci.

Il en resterait que 50 000.

Au total, on aurait � peine 100 millions et il en faut 180.

C'est quoi, ton souci ?

Des dettes, c'est rien.

Qu'est-ce que t'as ? T'es pas bien ?

Mehnaz en a pris la moiti� comme pension.

- Comme pension ? - Oui.

Vous avez divorc� ?

�a fait deux mois.

Tiens.

T'en veux plus ?

Je vais te croquer, moi.

- Parviz ? - Oui.

Comment tu vas ?

Content de te voir.

Tout va bien ?

Bonjour, mesdemoiselles.

Qu'est-ce qu'elles sont belles.

�a va ?

Pardon, j'ai aval� de travers.

Tu passes jamais me voir.

Tu vois, j'ai de quoi faire.

Que Dieu les garde. Ton p�re est l� ?

Mon p�re ?

Tu veux le voir ?

Il doit �tre chez lui.

Mets-les l�-dedans.

Vous devriez entrer, Esmail.

On restera dehors.

- Le barbecue est pr�t ? - Oui.

Jafar...

- Fais du th�. - Tr�s bien.

Fais-les sortir de la cuisine, on a besoin d'�tre seuls.

D'accord.

Ehsan, frangine, sortez, je termine.

Pourquoi ta famille dit partout qu'on t'a rendu opiomane ?

Par jalousie. On s'entend bien, �a fait jaser.

Aucun de tes fils n'est venu � la c�r�monie pour mon p�re.

Je suis d�sol�.

T'as que ce mot � la bouche.

Jafar, apporte l'invitation.

�coute, cousin...

Apr�s Gholam, beaucoup briguent le titre de parrain de la famille.

Au mariage de mon fils, son unique petit-fils,

on nommera son successeur.

Tu choisirais qui ?

Ghardashali, voyons.

Il est accro au jeu.

Sa mauvaise r�putation a fini par d�teindre sur mon p�re.

C'est vrai, mais on n'a pas le choix.

Dans son testament, mon p�re t'a d�sign�.

Moi ?

Pourquoi ?

Tu es l'a�n� et tu lui as toujours �t� fid�le.

Ce terrain que tu lui as offert, il en parlait tout le temps.

C'�tait mon devoir.

�a te vaut le titre de parrain.

T'auras droit aux courbettes.

Je veux pas te manquer de respect,

mais tu crois que t'as les �paules assez larges ?

Je t'assure que non.

Il va bien falloir.

Dis-moi un seul mot:

oui ou non.

�videmment, oui.

Tu sauras faire ?

Je suis pas un grand, mais je peux vous imiter.

Au mariage, tu devras faire le plus gros cadeau.

T'en as les moyens ?

Je ferais tout pour vous.

Tu connais les r�gles ?

Le cadeau, c'est soit des esp�ces, soit...

des pi�ces d'or.

T'as ce qu'il faut ?

- Je trouverai. - Non.

Tu les as ou tu trouveras ?

Je les ai.

Il faut t'engager devant le notaire.

Avec plaisir.

Je compte sur cet argent.

Si t'as pas les moyens, je vais voir ailleurs.

Je les ai, sur la t�te de mon Gholam.

Ton Gholam ?

Parviz vient d'avoir un fils.

On l'a nomm� Gholam pour honorer ton p�re.

Je l'ai toujours dit:

s'il y a un vrai homme dans cette famille, c'est toi.

Tiens,

la liste des cadeaux faits par les parrains

ces 20 derni�res ann�es.

Le montant augmente � chaque mariage.

Je vois vraiment pas ce que j'ai fait pour m�riter cet honneur.

Tu le m�rites, cousin.

Tu le m�rites.

Je m�rite pas d'�tre dans tes bras, mais sous tes pieds.

Pourquoi tu r�p�tes ce que dit ta garce de fille ?

Comment tu veux devenir parrain ?

Avec l'argent qu'elle a confisqu�.

Combien ?

Assez pour devenir parrain.

Tu vas me dire que t'as pens� � �pargner ?

T'aimerais pas que je sois parrain et toi, marraine ?

Que tout le monde se l�ve d�s que tu entres dans une pi�ce ?

Je serais re�ue en grande pompe au mariage du fils de Bayram ?

Et comment !

Le jour du mariage, ils nous feront livrer nos tenues.

Tu seras plac�e � c�t� de la mari�e

et moi, du mari�.

La mari�e demandera ta permission avant de r�pondre "oui".

Si elle m'oublie, ce sera la honte.

Impossible, c'est la loi.

Je vois pas ces gens-l� nous faire tant d'honneur.

�a, c'est rien.

� ma mort, le faire-part dira: "Le parrain de la famille Jourablou".

Et pour toi, ce sera:

"L'�pouse du parrain de la famille Jourablou".

Ils nous disaient m�me pas bonjour.

Pourquoi ils t'ont fait cette proposition ?

D'abord, je suis l'a�n�.

Et puis, Gholam l'a demand�.

Il a demand� que ce soit toi ?

Puisque je te le dis !

Apprends � tes enfants � respecter la famille.

Tu sais ce que �a va changer pour nous, si je deviens parrain.

Et surtout, ce que �a va changer pour les autres !

Farhad...

Quoi ?

Papa a d�cid� d'en mettre plein la vue de Bayram au mariage de son fils.

�a promet. Il nous manquait plus que �a.

Qu'est-ce que tu manigances avec ton mari ?

- Mon mari, c'est pas votre p�re ? - � toi de nous dire.

Tu fous quoi, papa ?

On est invit�s au mariage, je vais �tre nomm� parrain.

On est dans la merde, il est content.

�a vous d�pla�t, d'�tre respect�s ?

�a d�pla�t � personne.

Tu trouves pas �a bizarre, ce respect soudain ?

Vous savez que Gholam a pay� les traites de cette maison ?

Comment tu peux raconter de si gros mensonges contre toi-m�me ?

Plus ils te m�prisent, plus tu es en adoration.

Qu'est-ce qu'ils ont fait pour toi ?

Ils t'ont rendu accro � 70 balais pour te piquer ton h�ritage !

Dis pas n'importe quoi.

Pour 2 hectares de terre s�che...

Qui valent 100 millions aujourd'hui !

Gholam et Bayram ont d�pens� 10 fois plus pour moi, au bord de la mer.

Vous esp�rez me dissuader d'y aller ?

C'�tait quoi, ce coup de fil ?

Je deviens dingue !

Papa est invit� au mariage

en tant que parrain pour faire le premier cadeau,

donc le plus gros.

Il n'a qu'� en faire un petit.

Mais non, il peut pas.

Le cadeau du parrain doit �tre le plus gros.

S'il en fait un petit, ceux des autres seront riquiqui.

T'as pens� aux parents des mari�s ?

Alireza,

tant que tu te seras pas mari�

et fait humilier comme moi,

tu conna�tras pas ses ordures de cousins.

Esp�ce d'ingrat.

Et les pi�ces que t'as re�ues de Gholam ?

Tu oses dire �a devant nous ?

Gholam voulait m�me pas venir � son mariage !

C'est papa qui a d� acheter 5 pi�ces � cr�dit.

Gholam a daign� venir les offrir, en faisant mine d'�tre g�n�reux.

La pire soir�e de ma vie, ce mariage !

On attendait 300 invit�s, on en a m�me pas eu 50.

� 1h du mat, les gens partaient et j'esp�rais encore

que ta famille arrive.

Je tiens le compte des cadeaux �chang�s depuis 20 ans.

J'ai la trace des magouilles de ta famille l�-dedans.

Gholam a donn� combien au dernier mariage ?

Pour sa petite-fille, 30.

L�, Bayram, le p�re du mari�, va donner 35.

Donc, papa, 40 !

40 quoi ?

40 pi�ces d'or ?

Tout est bidon dans vos mariages, le pr�nom de la mari�e, les cadeaux,

pourquoi on donnerait du vrai or ?

Vous d�raillez compl�tement.

Il y a eu un ou deux d�rapages.

Bayram n'a pas de quoi payer le mariage,

il vient te voir pour �a.

Il est venu par respect pour nos traditions.

Je suis � la fois l'a�n� et l'�lu de Gholam.

Arr�tez un peu.

T'as fini de faire l'autruche ?

Tu sais bien que l'annonce du premier cadeau est toujours bidon.

Aucun millionnaire ne fait de cadeaux aussi gros

que notre parrain d�plum�.

Maman.

Qu'est-ce qu'il t'a fait miroiter pour te faire taire ?

Elle ? Elle se prend pour une reine.

Alors, la reine !

T'as pass� ta vie � d�biner sa famille devant nous.

T'as toujours voulu couper les ponts avec eux.

Ils ont chang�, c'est tout !

Ils ont pass� leur vie � faire du mal et � en tirer b�n�fice.

Ils changeront jamais !

Dans chaque mariage, Gholam prenait une douzaine de pi�ces,

il en empochait cinq et rendait le reste comme cadeau.

Et tous �taient ravis qu'il soit l�.

Ben voil� ! Il sait de quoi il parle !

Demande-leur de te passer 40 pi�ces

et refile-les-leur en te faisant annoncer comme plus offrant.

Tu fais quoi ?

Tu te sauves au lieu de r�pondre ?

L�che-le, il va lui arriver quelque chose.

Pousse-toi.

Alireza, mon fils...

Laisse-les parler.

Et notre r�ponse ?

S'ils voulaient payer de leur poche, ils m'auraient pas ouvert leur porte.

Tu sais �a et t'y vas ?

�a marchera pas avec Bayram, mais dans les mariages suivants.

Tant que je vivrai, j'empocherai une partie

et je leur rendrai le reste.

Tout le monde sait que c'est bidon

mais ils poursuivent collectivement cette blague ?

Oui, c'est un cycle.

Ils savent tous que leur tour viendra.

�a a toujours �t�.

Avec tous ces jeunes qui comptent se marier,

s'il est malin, papa se fera du bl�.

T'es assez d�bile pour croire que papa est malin ?

Bien s�r que je suis malin.

Je vaux pas moins qu'eux.

Je suis all� bosser 37 ans en bus.

La preuve que t'es pas malin.

T'as trim� toute ta vie.

T'as jamais �t� un profiteur.

D�s qu'ils se pointent, nos ennuis commencent.

On peut pas te donner d'argent.

On veut tout mettre dans une affaire.

Tu comptais sur qui ?

Sur moi !

- Tu as quoi, toi ? - Des pi�ces !

- Combien ? - 40 !

Tu dis rien, toi ?

Il est en manque, il d�lire. Va prendre ta came.

De quoi il parle, Leila ?

C'est vrai. C'est pour �a que je vous ai appel�s.

Il en a combien ?

40.

40 pi�ces.

D'o� tu les sors ?

Je les avais.

Tu avais �a et on le savait pas ?

Sinon, vous me les auriez prises.

Ah oui ?

Tu nous as tellement vus gal�rer

et t'as rien dit ?

C'est mon bas de laine en cas de p�pin.

On n'a que �a, des p�pins !

Leila, il nous manque combien, pour la boutique ?

60 millions.

- Manouchehr ? - Je confirme.

Parviz, Farhad...

Tu vois, papa ?

Avec tes pi�ces, on pourrait acheter la boutique.

Vous parlez, mais vous �coutez pas !

Comme �a, on aurait tous du boulot.

Tous nos probl�mes seraient r�solus.

On pourra tous fonder une famille.

Et l�, tu seras notre parrain.

Il suffirait d'une boutique.

Ces pi�ces sont pas pour �a.

Elles sont pour ce mariage et j'en suis le parrain.

Papa...

Foutez-moi la paix !

Si vous �tes pas contents, d�gagez !

- Comment ? - Donne-moi �a !

Je fais quoi ?

C'est � moi ! �a le regarde pas !

Donne-moi �a !

Tiens. Tu entends ce qu'on te dit ?

Ghardashali donnerait tout pour �tre � ma place.

Il est con !

Je suis plus con que lui !

L'argent, �a va, �a vient.

Votre p�re r�ve d'�tre re�u dignement

une fois dans sa vie.

Maman...

Tes quatre fils sont au ch�mage.

C'est d'un boulot stable qu'ils r�vent.

Papa,

tes fils n'ont ni argent,

ni s�cu,

ni l'espoir de toucher un jour une retraite.

Papa...

Papa,

regarde-moi.

Mon papa,

tu sais ce que je crains ?

Je veux pas vous faire de peine.

J'ai peur qu'on leur offre 40 pi�ces

et qu'ils aillent dire qu'elles �taient � eux.

Tout le monde les croira.

Tu sais pourquoi ?

Parce qu'on n'a pas des t�tes � offrir 40 pi�ces ou 50 millions,

alors qu'on est fauch�s.

Je t'assure.

Il a raison.

On ferait mieux de se louer des costumes,

au lieu de faire un cadeau si cher qu'on sera soup�onn�s et ridiculis�s.

Tu sais que moi, je veux pas me disputer avec toi.

Mais tu vois pas qu'ils te m�nent en bateau ?

Ce bateau, c'est un navire.

Un paquebot.

Un vaisseau,

un vaisseau royal.

Quel malheur !

Papa !

Relevez-le.

Alireza, Farhad...

Du calme.

Papa...

Regarde s'il respire.

Mon papa.

Restez de l'autre c�t�. La perf sera termin�e dans 30 minutes.

La perf se termine dans 30 minutes.

Tu sais qu'il est jamais all� � la mer ?

Il vient de dire qu'il y allait avec Gholam...

C'est du pipeau.

Ils l'ont jamais emmen�.

Quand t'arrives � peine � nourrir ta famille, tu pars pas en week-end.

Il invente des souvenirs fictifs avec ses cousins,

pour dire qu'il compte pour eux.

Pour le mariage de cet enfoir� de Bayram,

papa avait fait nettoyer son costume un mois avant.

Il surveillait le courrier pour l'invitation.

Ils l'ont jamais envoy�e.

Il y est pas all�.

Mais il raconte plein de faux souvenirs de ce mariage.

Il raconte m�me que j'y �tais, en me prenant � t�moin.

Pour lui, �tre l'invit� d'honneur de leur f�te a un sens tr�s fort.

Laissez-le tranquille.

Laissez-le faire ce qu'il veut.

� force de qu�mander leur attention, il a fini par avoir leur piti�.

M�me pas.

De son vivant, ce salaud de Gholam le m�prisait.

Et dans son testament, il l'aurait d�sign� comme successeur ?

J'y crois pas du tout, � ce testament.

Mais m�me s'il y en a un, �a voudrait dire

qu'on laisse un mort d�cider de nos vies.

Qu'est-ce qui te prend ?

Tu fais quoi ?

�a peut attendre, la vaisselle.

Je lave la pisse de ton p�re.

�a t'apprendra � vouloir fumer en douce.

� qui tu parles ?

�a te g�ne pas que ta s�ur fume ?

Et tes fr�res, �a les g�nait,

que tu sois enceinte de 6 mois � ton mariage ?

Alireza, tu dis rien � cette tra�n�e ?

C'est toi qui �tais enceinte, j'ai rien � lui dire.

Je sais plus ce qu'il faut faire.

T'inqui�te.

Ici, tu vas voir encore pire que �a et tu vas oublier.

Moi ?

Je fume pas.

Tiens.

Fume peu et arr�te quand tu pourras.

�a va pas ?

Si, �a va.

T'es s�r ?

Oui.

Tu mens ?

Oui.

C'est pas grave.

Tant qu'on touche pas le fond, on sait pas remonter.

Heureusement que tu fumes pas.

Tu crois qu'Oshin est vivante ?

Tu cherches � la joindre ?

Sans cette s�rie,

on n'aurait jamais su qu'il fallait endurer toutes les �preuves.

Nous, on les endure pas, on les surmonte.

Oshin aussi, avec sa friperie, elle les a tous sortis de la mis�re.

Vous �tes des br�les, mes fr�res.

Pourquoi ?

M�me pas foutus d'ouvrir une friperie.

Tu l'as dit !

Je sais toujours pas comment on est tomb�s si bas.

C'est pas du tout le futur que j'imaginais quand j'�tais petite.

Moi, j'ai compris que grandir, c'est, au fur et � mesure,

renoncer � ses d�sirs.

Tu sais que les riches se connaissent tous ?

Je le vois dans la bo�te.

Pourquoi ?

Ils sont peu nombreux.

Les pauvres se connaissent pas, mais ils se reconnaissent tout de suite.

Je sais pas, peut-�tre.

T'avais un pr�tendant qui a disparu...

- Madjid. - C'est �a.

Tu sais qu'il a divorc� ?

Et alors ?

Il te pla�t toujours ?

J'avais oubli� son existence.

Dieu merci.

Pourquoi ?

Parce qu'il s'est remari�.

Jamais deux sans trois.

C'est moi qu'il viendra chercher.

Il sera entra�n�.

Pourquoi il �tait parti ?

Papa lui avait dit que j'�tais malade.

Qui te l'a dit ?

Madjid.

Quand �a ?

Apr�s son divorce.

Vous �tes en contact ?

Il m'a appel�e une fois pour proposer qu'on se voie.

J'ai dit non.

Comment papa a pu faire �a ?

Il voulait que j'�pouse quelqu'un de sa famille.

T'�tais d'accord ?

J'ai pas eu l'occasion de donner mon avis.

Comment �a ?

Papa essayait de les charmer pour qu'ils envoient un pr�tendant.

Mais aucun d'eux ne voulait de moi.

Je peux faire quoi pour qu'on aille mieux ?

T'as une baguette magique ?

Suppose que oui.

Invente-moi une s�ur.

Plus grande, pour que je puisse m'appuyer sur elle.

Et puis ?

Et puis...

Ram�ne Manouchehr � ses ann�es de lyc�e, o� il �tait si fut�.

C'est tout ?

Efface tous nos probl�mes, qu'on oublie cette p�riode.

Moi ou la baguette magique ?

Toi, si tu pouvais...

Si je pouvais...

j'ach�terais une boutique pour chacun de nous.

Et je ferais de papa notre parrain.

Tes v�ux sont r�alisables.

Comment ?

On emp�che papa d'aller au mariage et on ach�te la boutique.

T'es folle ?

Ce vieillard sort tout juste de l'h�pital.

Il s'est �vanoui pour de vrai, cette fois.

Non mais je r�ve !

Tu veux qu'il aille donner les pi�ces au mariage ?

Les pi�ces sont � lui, il en fait ce qu'il veut.

C'est le mariage ou la boutique.

C'est sa vie ou sa mort.

Encore une dispute et il va nous faire une attaque.

Ce sera � toi de le garder.

Laisse tomber, Leila.

Je peux pas laisser tomber. Et toi, t'en as pas le droit !

Je sais comme toi que c'est une mauvaise d�cision.

Mais notre p�re a toujours pris de mauvaises d�cisions.

C'est un gosse ent�t�.

Chez nous, il y a que des gosses.

M�me les vieux. Sur qui on peut compter ?

Si on le contrarie, il mourra.

C'est ton dernier mot ?

C'�tait aussi mon premier.

Chacun peut faire ce qu'il veut.

Chacun est responsable de sa vie.

Personne n'a le droit de pleurnicher pour faire du chantage aux autres.

Tu dis �a pour moi ?

Je pleurniche pour moi ?

Je t'ai demand� de rester m'aider.

Si je reste t'aider, il faut m'�couter.

Si tu fais comme les autres, je pars.

Maman !

R�chauffe mon d�jeuner, j'ai une course, je suis en retard.

Samedi, vous �tiez absent.

Je cherchais du travail.

La prochaine fois, vous perdrez votre allocation.

D'accord.

Votre carte.

Ali ! Doucement, tu vas encore tomber.

D�p�che-toi, maman, �a a commenc�.

Allez !

Bonjour.

Papa, sors, enfin !

C'est quoi ?

Bayram envoie �a pour papa.

Il y a pas d'eau !

Maman, Leila, coupez l'eau. On veut tous se doucher.

Alireza ?

C'est trop beau ! C'est pour moi ?

Eh oui.

La classe.

La chemise que je t'avais promise. Super XL.

Merci beaucoup, c'est tr�s gentil.

Ces chaussures, �a va tr�s bien avec ton costume.

Merci, Manouchehr.

Avec plaisir.

Les montres, c'est du toc, mais elles marchent.

- Tiens, Parviz. Prends-en une. - Merci.

C'est des fr�res en or, �a !

- Manou-toc ? - Oui.

Je peux prendre �a ?

Je l'ai port� une fois.

Pas grave, il est canon.

Prends-le.

Parviz, j'ai retir� les semelles, �a devrait t'aller.

Merci beaucoup.

Regardez-moi cette peau de p�che !

De p�che ou de tomate ?

Ni p�che ni tomate, c'est mon petit canard.

Moi, j'adore le magret.

Tu es tout beau, mon papa.

Un vrai jeune mari�.

Si tu le dis.

J'esp�re que cette ann�e, on ira tous ensemble

sur les belles plages de Pattaya.

Je compte sur toi.

- T'as repris les pi�ces � Leila ? - Elle fait un paquet cadeau.

Va voir si elle en fait un beau.

T'inqui�te.

Papa, Bayram t'a envoy� �a.

Magnifique.

Alireza, tu vas � la douche ou j'y vais ?

Vas-y, mais abr�ge.

Je fais vite.

Un costume choisi par Bayram,

c'est autre chose.

Qu'ils sont beaux ! Que Dieu vous prot�ge.

Priez.

Arr�te, maman. C'est le repas de Parviz.

Je vais vous prendre en photo.

Mettez-vous tous les deux.

Manouchehr, rapproche-toi d'Alireza.

Farhad, viens par l�, t'es grand.

Attention.

J'ai vu. Alignez-vous. Parviz, avance.

Allez, mettez-vous bien.

Je fais attention.

Alors.

Regardez-moi.

Tr�s bien.

Plus � gauche.

Je veux pas la porte des toilettes.

Encore...

Tr�s bien.

Un... Souriez.

Deux...

Mes ador�s, vous �tes trop beaux.

Trois.

C'est bon ?

Leila,

papa est tout beau, prends-le tout seul.

D'abord une avec moi.

Parviz, pousse-toi, je veux qu'il soit tout seul.

Pourquoi ? C'est mieux ensemble.

Il a pas de beau portrait.

Tu me contredis encore ?

Un portrait pour quoi faire ?

Vas-y.

On sait pas ce que l'avenir nous r�serve.

C'est pour le faire-part !

Viens, papa, mets-toi l�.

Farhad, assis, le pipi !

Arr�te. �a va lui porter malheur.

La prends pas.

La mort, �a se commande pas. Tu me prendras aussi.

Arr�te ton char.

Toi, on pourra pas mettre ta photo.

On mettra une fleur. Pousse-toi.

Vas-y, Leila. Ce soir, c'est diff�rent.

Papa, c'est moi qui le garde ou toi ?

Au moment des cadeaux, t'iras le donner � Bayram.

D'accord.

Alireza...

Oui ?

Merci. Sans toi, les autres m'auraient pas laiss� y aller.

Mon papa ch�ri.

Bonjour, f�licitations.

Je leur souhaite le meilleur.

Bonjour, �a va ?

Les dames au 2e par l'ascenseur, les messieurs au 1er par l'escalier.

Bonjour, vous allez bien ?

Bienvenue.

Quel plaisir de vous voir !

Toutes mes f�licitations !

Bienvenue � cette merveilleuse soir�e.

Je veux entendre vos applaudissements.

Chez les dames aussi.

Quel honneur pour moi d'avoir � annoncer ce soir

le nom du successeur de notre regrett� Gholam Jourablou.

Merci !

�a, c'est de l'ambiance.

Encore ! Je veux pas de baisse de r�gime !

La soir�e sera longue !

Merci � vous.

Quelle sacr�e soir�e !

Voici l'instant fatidique de la pr�sentation du parrain.

En ce jour, en cette heure, en cet instant glorieux,

le nom du parrain

de la famille issue de la dynastie du clan Jourablou,

selon le souhait du regrett� Gholam,

va �tre officiellement annonc�.

Il s'agit de monsieur

Esmail Jourablou.

L�chez-vous sur les applaudissements !

Je veux vous entendre jusqu'au bout de la nuit !

Encore et encore, faites plus de bruit !

La classe !

Encouragez-le !

Jusqu'au bout de la nuit !

Je veux entendre chacun de vous !

On le f�licite !

�a siffle pas assez, l� !

F�licitations, mon petit.

Merci beaucoup.

Musique.

Un, deux, trois, quatre...

En attendant que l'orchestre soit pr�t,

j'ai le grand honneur d'inviter notre parrain,

M. Jourablou, ainsi que le mari�,

� entrer dans la danse.

Vous �tes pr�ts ?

Je vous en prie.

Je ne vous entends pas !

Merci !

On a un parrain du tonnerre !

L'orchestre, 1, 2, 3, 4 !

Leila !

Arr�te-toi !

Leila, attends !

Arr�te-toi !

Pourquoi t'as fait �a ? C'est la honte de notre vie.

Mes fr�res sont ch�meurs.

Donne-les-moi, tu me fais peur !

De quoi t'as peur ? Tes fr�res vont �tre aux anges !

S'ils apprennent ce que t'as fait, ils te massacreront.

Je t'ai dit de laisser papa aller � ce mariage.

Il y est !

Comme �a, c'est pire que tout !

Je voulais pas qu'il y aille.

C'est � lui !

�a nous revient !

Te fatigue pas, j'ai pas les pi�ces ici !

Arr�te d'�tre une poule mouill�e, retournes-y,

prends sur toi pour sauver tes fr�res de la mis�re.

J'irai nulle part sans les pi�ces.

Bayram veut juste nous faire payer cette f�te !

C'�tait pr�vu comme �a, �a nous regarde pas.

Moi, �a me regarde.

Je les donnerai pas.

Qu'est-ce que je vais dire ?

Rien, retournes-y, c'est tout. Ils ont pas le choix.

On leur donne les pi�ces et on les leur reprendra apr�s.

Comment ?

En les suppliant,

en les mena�ant, en les maudissant, ce que tu voudras.

Ils ont peur de rien, parce qu'ils croient en rien.

Vas-y, n'empire pas la situation de nos fr�res.

Tu veux que j'aille voir papa et eux se faire humilier ?

Papa est le parrain.

Tout le monde doit lui ob�ir.

Dis-lui d'annoncer qu'il supprime la tradition des cadeaux.

Papa tient plus � eux qu'� nous. Il va pas saborder leur mariage.

Tu y vas,

tu regardes Bayram dans les yeux et tu lui dis

de payer notre cadeau de sa poche.

Et s'il refuse ?

Il sera devant le fait accompli.

Surmonte ta peur.

Parle-lui fermement, tu verras qu'il mangera dans ta main.

C'est pas pour moi. Je viens avec toi.

Retournes-y !

Quand c'est moins de 500, tu compl�tes avec �a.

- Et tu doubles les pi�ces. - Entendu.

- Combien ? - Une demi-pi�ce.

Une pi�ce � M. Bapiri.

Merci beaucoup.

Donne 500 � Hassan.

- �a va ? - Qu'est-ce que tu fais l� ?

C'est quoi, tout �a ?

Comme dans tous les mariages.

C'est-�-dire ?

On gonfle les petits cadeaux pour l'effet d'annonce.

Merci de le faire pour nous aussi.

Tu rigoles ?

Je te jure que non.

Sors de l�, qu'on puisse parler.

Qu'est-ce qui se passe ?

On compte sur vous.

On vous a invit�s pour pouvoir compter sur vous.

- On n'a pas de pi�ces. - Quoi ?

On n'a pas de pi�ces.

C'est une blague ?

T'en donnes bien aux autres.

Rien du tout. Ils me le rendent dans la salle.

Viens voir, je t'entends pas.

- Dis-moi. - On y est pas arriv�s.

Je viens de parler � ton p�re.

- Et alors ? - Il a dit que t'avais 40 pi�ces.

Je t'assure que j'ai rien.

C'est pas le moment. Donne, je vais compter.

Je te jure que je les ai pas.

J'ai dit � ton p�re d'accepter que s'il pouvait.

Je l'ai pas forc�.

Tu l'as juste fait r�ver.

Donne-m'en 35, je ferai annoncer 40.

Sois gentil, fais toi-m�me le cadeau en notre nom.

Je vais le voir.

Mon p�re doit rien savoir. Aide-nous.

Et ma r�putation ? Je comptais sur vous pour payer la salle.

T'�tais pas oblig� de venir ici.

J'aurais mari� mon fils unique dans un parking, comme vous ?

Tu veux faire quoi ?

Tu es devant le fait accompli, t'as pas le choix.

Idiot, c'est vous qui �tes devant le fait accompli.

Tu maries ton fils, mon p�re a �t� nomm� parrain.

Ghardashali est l� avec 50 pi�ces.

Dans sa poche ?

En ch�que. Tu sais ce que c'est ?

Ce minable de Ghardashali ?

Moins minable que vous. Il fout pas le mariage en l'air.

Mon p�re est le parrain.

M'oblige pas � lui dire d'annuler les cadeaux de mariage.

C'est une menace ?

Si tu veux.

En acceptant mon offre, ton p�re s'est engag� devant notaire

� donner 40 pi�ces.

Je vais vous faire la faveur de pas porter plainte.

Alors, faites profil bas, bouffez et retournez dans votre taudis.

Il a 80 ans, il est malade, tu peux pas lui faire �a.

Esp�ce de connard pleurnichard,

quand tu peux, tu menaces et apr�s, tu viens chialer ?

C'est vrai, tout ce qu'on dit sur vous.

Bande de glandeurs, de d�biles, de cr�ve-la-faim !

Tu tiens � g�cher la f�te.

Qui veut g�cher la f�te de mon fils ?

Le fils d'Esmail le crevard ?

Mes fr�res vont pas t'�couter comme moi.

Viens dire � tes fr�res de g�cher le mariage de mon fils.

Allez !

Cousin, �a fait une heure que je te supplie.

Ferme ta gueule. Va leur dire de g�cher la f�te.

Tu comptais sur qui pour la g�cher ?

Tes fr�res d�g�n�r�s ou ton cr�tin de p�re ?

M�me en m'attachant les deux jambes et un bras,

je vous massacre tous les quatre.

Tu veux que j'�jecte ton p�re � coups de pied ?

Que je vous fasse mettre � quatre pattes

pour asseoir Ghardashali sur votre dos ?

Tu veux ?

Si un seul de vous moufte ce soir,

je vous transforme tous en chair � p�t�

que je fais bouffer � mon fils pour son mariage.

DJ ! Coupe !

Voici donc venu

le moment tant attendu des cadeaux, avec un l�ger changement.

Heureusement, de nos jours,

tout se r�gle par le dialogue.

� la demande du parrain,

M. Esmail Jourablou,

le premier cadeau sera offert par M. Ghardashali Jourablou.

Esmail reste notre invit� d'honneur dans la salle, aux c�t�s de ses fils.

Mais...

je pr�sente,

en ce soir, en cette heure, en cet instant glorieux

le nom du parrain,

le successeur du regrett� Gholam,

monsieur Ghardashali Jourablou !

Je vous f�licite

pour vos applaudissements et votre �nergie.

Le premier cadeau,

celui du parrain,

M. Ghardashali Jourablou.

70 millions de tomans.

L'�quivalent de 50 pi�ces d'or.

Qu'il soit b�ni !

Merci !

C'est bien !

Pourquoi tu fermes ?

Attends, Esmail.

Ne ferme pas.

Viens, je t'en prie.

Je vais te faire un bon th�,

prends ton opium, �a ira mieux.

Viens.

En 2 jours, le prix de la pi�ce d'or a augment� de 200 000.

- � combien t'as vendu ? - 1,4 million.

On se l�ve � quelle heure ?

R�veille-moi � 7h.

Vous �tiez tous dans le coup ?

Manouchehr dort l� parce qu'il a vendu son appart.

Farhad a vendu sa voiture, il re�oit l'argent � 8h.

� 10h, on signe la boutique.

Et on me dit rien ? Pourquoi vous m'avez m�l� � �a ?

Sans toi, �a aurait pas march�.

Vous avez tout fait vous-m�mes.

Avec ton aide.

Je me suis fait avoir.

Si �a tenait qu'� moi, vous auriez pas pu acheter la boutique.

Alireza, t'as �t� parfait.

� ta place, j'aurais fait une crise cardiaque.

- Pas vrai ? - Si.

Pourquoi vous m'avez rien dit ?

On te l'a dit, t'as refus�. On n'a pas insist�.

Qu'est-ce qui te tracasse ? Tu t'en es tr�s bien sorti.

De quoi ?

Tu me prends pour un con ?

Il a raison. T'�tais pas cens� savoir ce qui se passait.

On a r�fl�chi, tu as ex�cut�.

Et tu l'as bien fait.

Vous avez r�fl�chi pour moi ?

Tu ferais mieux de nous dire

� quel nom on signe la promesse de vente.

La m�me personne devra signer la vente.

Bien s�r, au nom de papa, si on veut oser le regarder en face.

Pour qu'il la revende au premier accroc ?

Ou qu'il la donne � Bayram.

C'est Leila qui signe.

"Leila & Fr�res", c'est joli.

C'est pas ma boutique. C'est � l'un de vous de signer.

Lequel ?

Votez.

Farhad a le cerveau dans les biceps,

on passe.

Parviz est trop gros. Il peut clamser � tout moment.

On passe aussi.

Toi, t'es un voleur.

Tu finiras par te faire coffrer.

- On passe aussi. - Il reste Alireza.

Je suis pour.

�a para�t logique.

Leila, tu dis quoi ?

Je m'abstiens.

- Tu votes pour qui ? - Je le dis pas.

- T'es oblig�e. - Et toi ?

Je vote pas, mais toi, tu votes pas pour moi.

Plus maintenant.

Et pourquoi ?

T'es un trouillard.

C'est pour �a que tu cries.

On t'a rien dit et tu t'excites tout seul.

Je t'ai fait rester

pour vous sortir de la merde, minable.

Mais vous voulez rien comprendre.

Qui a foutu tout le monde dans la merde ce soir ?

Comment tu oses d�fendre ton ordure de p�re devant moi ?

Tu me fais honte.

Vous avez humili� � tel point ce vieux na�f

qu'il n'oubliera pas jusqu'� sa mort ce qu'il a subi ce soir.

Tu vois que lui ? Et eux, alors ?

� cause de toi, il y a plus le moindre attachement entre eux.

Ils vivent ensemble de force.

J'y suis pour rien.

Ils sont l�, ils connaissent les parents mieux que toi.

Ils se pointent pas tous les 8 ans en �tant press�s de repartir.

Les parents sont peut-�tre s�niles,

mais ce soir, je l'ai vu de mes yeux.

J'ai eu la preuve que la cause de leur malheur � tous, c'est toi.

Signez aussi les trois pages de cet exemplaire.

F�licitations.

- Merci. - Je vous en prie.

Merci pour tout.

�a, c'est pour vous.

Alors, le proprio !

Alireza...

- Merci beaucoup. - De rien, passe-moi une enveloppe.

Voil�.

F�licitations.

� toi !

On se voit ce soir.

Bonsoir.

T'es d�j� l� ?

T'aurais d� attendre quelques jours.

Il est toujours pas sorti ?

Papa ?

Maman dit qu'il a pas mang�, ni pris ses m�docs,

il est m�me pas all� aux toilettes.

Il lui est rien arriv� ?

Non, j'entends son briquet.

Je te remercie, Ali.

Arr�te d'en rajouter, maman.

Papa...

Ce que tu as fait � ton p�re hier soir,

personne le ferait � son pire ennemi.

Bient�t, vous saurez pas comment nous remercier pour ce qu'on a fait.

On n'a rien fait de mal.

On a une boutique dans un super centre commercial.

C'est celui o� je travaille.

C'est pas n'importe quoi.

On l'a pas achet�e juste avec tes pi�ces.

On a mis tout ce qu'on avait.

Viens la voir demain. Si elle te pla�t pas, on va...

T'as fini de dire des conneries ?

Et puis quoi, encore ? Allez, entre.

Parviz, il a rien. Entre.

Papa, les �coute pas.

C'est moi qui ai sign�.

J'ai l'acte.

Je t'y emm�ne demain. Si elle te pla�t, elle sera � toi.

Si tu l'aimes pas, j'annule la vente tout de suite.

Je rach�te tes pi�ces et je te les rends.

Mais viens d'abord la voir.

Papa ?

Viens, papa.

Ce sera l�, notre boutique.

Exactement l�.

Regarde.

C'est l�.

Attends, papa, je vais t'expliquer.

L'achat de cette boutique est une tr�s bonne d�cision.

Je te dis �a,

alors que je te jure que je savais rien au mariage.

Ce centre commercial marche tellement bien

qu'ils transforment cet espace en boutiques.

On aura la meilleure.

Elle fera 2,5 m sur 3,5.

La devanture fera 3,5.

Elle va commencer exactement l�.

1, 2, 3... Elle ira jusqu'au fond.

Tout �a...

Pardon.

Et dans ce sens, 2,5 m,

�a va jusqu'au couloir qu'on a pris.

Tu l'as vu.

� c�t� de deux des meilleurs magasins. C'est tr�s bien situ�.

C'est tr�s demand�.

On l'a obtenue gr�ce � Leila et Parviz qui travaillent l�.

Oublie tout ce que tu vois, les bruits que t'entends.

Dans trois mois, t'en reviendras pas.

Viens passer une journ�e ici avec moi, tu verras.

Papa...

On va bosser � fond tous les 4.

On va te faire un fric...

Grand bien vous fasse.

Je vous verrai au tribunal.

Quel tribunal, papa ?

Imagine que c'est un terrain � construire.

Tu as confiance en mon intuition �conomique ?

T'as �conomis� ces pi�ces pour l'avenir de tes enfants ?

C'est l�, l'avenir.

Je veux pas d'enfants comme vous.

Alireza, je t'ai fait confiance.

C'�tait la pire erreur de ma vie.

Vous m'avez enlev� ma couronne pour acheter des chiottes ?

Rendez-moi mes pi�ces tout de suite !

Leila travaille l�, c'est g�nant. �coute...

J'�coute pas !

J'ai fait une hypoth�que.

Si je les rends pas, vous serez tous � la rue.

Une hypoth�que ?

J'ai eu les pi�ces contre l'hypoth�que de la maison.

Vous m'humiliez encore.

Fallait pas faire de gosses !

Arr�te de crier, on nous regarde ! Vieux con !

Ta gueule !

- Je vous ai faits... - Du calme.

Je vous ai nourris, �lev�s.

Allez vous faire foutre.

Pourquoi je devrais vous entretenir � 40 ans ?

- Pourquoi je devrais ? - Calme-toi.

Mes pi�ces !

D'accord !

Il va faire un malaise.

Papa !

Il part !

Appelez !

Je te demande pardon.

Apportez du sucre.

Appelez une ambulance.

De l'eau !

Papa !

Parle !

Passe-moi �a !

Je suis �puis�.

J'en peux vraiment plus.

Plus du tout...

Tout augmente.

�a peut devenir encore pire que �a.

Avant que �a augmente encore,

on doit rendre la boutique et lui redonner ses pi�ces.

Il faudra me passer sur le corps

pour rendre la boutique.

Tu sais pourquoi il est dans cet �tat ?

Il a hypoth�qu� la maison pour emprunter les pi�ces.

Qui t'a dit �a ?

Lui.

- C'est pas possible. - Eh bien si.

S'il avait pas fait �a, il serait pas l�.

Leila a pas vu la sc�ne que nous a faite papa.

Il s'ent�te parce qu'on l'a fait descendre de l'estrade.

Il s'ent�te pas, il est � l'h�pital.

Sans parler de Leila, entre nous,

j'aurais jamais cru que Bayram ferait un coup pareil � papa.

Moi aussi, j'ai du mal � y croire.

Leila pouvait pas savoir que ce salaud ferait �a.

Vous pensez que si elle avait su que Bayram le ferait descendre,

elle aurait pas pris les pi�ces ?

Si on les lui rend pas, on perd la maison.

On les lui rendra, bien s�r.

En travaillant � la boutique.

Il va lui arriver malheur.

S'il lui arrive quoi que ce soit, vous ne me verrez plus.

Tant pis.

Tu crois qu'il va l�cher ? Il va s'ent�ter jusqu'� en mourir.

Qu'il meure.

Pour une fois dans sa vie, il a trouv� de l'argent au bon moment.

Au lieu de laisser Bayram le racketter,

on l'a pris pour en faire bon usage.

T'appelles ces saloperies, faire bon usage ?

Imagine que c'est un pr�t.

Il va crever.

Il a �t� d�shonor�.

Sa maison est en jeu. Il peut plus respirer.

Imagine qu'il l'a donn� � Bayram.

Il serait pas en soins intensifs.

Et on aurait pas de boutique.

Papa a maudit cette boutique.

On pourra pas faire de b�n�fices.

Parviz ?

Je suis son fils depuis 50 ans.

Un demi-si�cle.

S'il prend ce chemin-l�,

il ira jusqu'au bout.

Alireza a raison.

Il fera son cirque jusqu'� en mourir.

Le temps que l'affaire prenne,

on aura perdu papa, la maison, tout.

� quel prix on va lancer une affaire ?

Il y a une longue liste d'attente pour ces boutiques,

� quel prix on va perdre cette opportunit� ?

Au prix de notre toit.

Au prix de la vie de notre p�re.

Mais pour toi, elle vaut rien.

Manouchehr...

tu vas rien dire ?

J'ai rien � dire qui te plaise.

Dis quand m�me.

Pour qu'un commerce devienne lucratif, il faut du temps et un capital.

On n'a aucun des deux.

Cette boutique, c'est un capital, m�me si elle restait ferm�e.

M�me si on perdait la maison, ce qui n'arrivera pas.

S'il avait donn� les pi�ces � Bayram, comment il les aurait rendues ?

On fera pareil.

Il les a emprunt�es sans penser � comment les rendre.

Il voulait juste monter sur cette estrade.

Dans cette famille, on est capables du pire.

Si on perd la maison, on devient tous SDF.

Le potentiel de la boutique est incomparable.

Gr�ce � elle, chacun de vous pourra s'acheter sa maison.

On fait �a pour nous.

On a aussi mis notre argent.

Donc, notre avis doit aussi compter.

On vote.

On vote ?

Alireza...

tu leur as fait un lavage de cerveau pour rendre la boutique ?

Tu en assumeras les cons�quences seul ou avec eux ?

Toute votre vie, vous vous rappellerez cette soir�e.

Vous regretterez votre d�cision absurde,

de ne pas m'avoir �cout�e.

Vous d�truisez tous ensemble la plus belle chance de votre vie.

Vous vous condamnez � la mis�re �ternelle, ici et maintenant.

Vous �tes s�rs ?

On annule.

ANNUL�

Bonjour.

On voudrait 40 pi�ces.

2,5 millions pi�ce.

1,5, vous voulez dire ? On vient de vendre � 1,4.

Non, c'est pass� � 2,5.

Pourquoi ?

Les USA vont se retirer de l'accord sur le nucl�aire. Pardon.

Ils l'ont pas encore fait.

On verra.

Ouvrez-nous.

Ils vont pas faire �a.

Bonjour.

On voudrait 40 pi�ces.

3 millions pi�ce. �a fait 120.

On nous a dit � l'instant 100. 2,5 pi�ce.

Demain, ce sera plus de 150.

Je peux vous poser une question ?

Pour 40 pi�ces, on ach�te ou on attend ?

- Attendez un peu, �a peut se calmer. - �a va baisser ?

On est pass�s tout � l'heure.

Vous pouvez nous faire un prix sur les 40 ?

Le site est mis � jour. C'est pass� � 3.

On est pass�s � l'instant.

J'y peux rien.

L�, en ligne, pour 40 pi�ces, c'est pass� � 200 millions.

Avant, c'�tait 100.

Avant.

On sait pas ce qui se passe.

C'est compl�tement dingue. 5 millions pi�ce ?

Mais non, c'est une bulle.

Dans une semaine, �a reviendra � 1 million.

Vous voyez, il le dit aussi.

Merci.

On fait quoi, Manouchehr ?

� mon avis, on ach�te avant que �a empire.

Si personne n'ach�te, ils seront oblig�s de baisser.

La bulle va �clater.

Monsieur l'�conomiste,

leur bulle, elle est en acier, elle �clate pas.

Le taxi analyse. Moi, je te dis qu'on ach�te pas.

� vous de voir.

Vous pouvez en acheter combien, avec cet argent ?

Autour de 30.

Achetez-les.

Manouchehr dit que �a va baisser.

J'ai v�cu 70 ans dans ce pays,

j'ai jamais vu un prix baisser.

Ils font rien pour �a.

Que Dieu vienne en aide � mes enfants.

J'ai peur qu'on ach�te � 5 et que demain, �a baisse � 1.

Merci bien, au revoir.

Bonjour, monsieur.

On voudrait des pi�ces.

Combien ?

40.

320 millions.

C'est pass� � 8 millions ?

Le dollar est pass� de 3 000 � 19 000. C'est normal.

On est d'accord que c'est une bulle ?

Tel que c'est parti, le dollar d�passera les 30 000.

Hier, la pi�ce �tait � 6. Apr�s le discours de Trump,

elle est pass�e � 7. Apr�s son tweet, � 8.

Merci, monsieur.

Je vous en prie. Bonne journ�e.

Un tweet, c'est une bombe ?

Non, mais m�me une bombe justifierait pas �a.

On y va, papa.

La pi�ce est pass�e � 14 millions.

Le dollar � 28 000.

Arr�tez, �a suffit.

Maudit soit celui qui cause �a.

T'as vendu la voiture 19 millions, Farhad ?

Oui.

L�, c'est pass� � 100 millions.

C'est toujours une bulle, pour toi ?

Si vous aviez la boutique,

son prix aurait au moins �t� multipli� par 6.

Dans ce cas, allez la reprendre.

T'as dit quoi, papa ?

Ils voudront jamais.

Il y a pas de mal � tenter.

Le dollar a d�pass� les 30 000.

On peut rendre 3 pi�ces � papa.

C'est cens� �tre dr�le ?

T'en as rien � foutre.

Matez la bagnole.

Tu veux dire le tank.

Attrape pas de torticolis, elles sont parties.

Si on avait suivi le plan de ton pote, on aurait chacun une de ces caisses.

Avec l'une d'elles dedans.

La graisse emp�che le sang d'arriver � ton cerveau.

Si on l'avait repris, on aurait d� rembourser mille fois 120 millions.

Je pense le contraire.

Tu fais que �a, penser le contraire.

La Pride �tait � 20 millions, elle est pass�e � 116 millions.

J'ai pris 915 commandes.

Tu sais combien �a fait, 915 x 116 millions ?

106 milliards 140 millions de tomans.

Et pas un seul qui accepte de repartir avec ses 20 millions.

J'avais 2 mois pour livrer les voitures. Il me reste 10 jours.

J'ai 10 jours

pour livrer 915 voitures

ou trouver 106 milliards 140 millions.

Et encore, au taux d'aujourd'hui.

Bien jou�.

Qu'est-ce qu'il faut faire ?

Tous mes calculs �taient bons.

Si les prix n'avaient pas flamb�, on aurait fait fortune.

Quelle est la solution, maintenant ?

On va porter plainte.

J'ai sign� un contrat. Qu'est-ce que tu racontes ?

Pr�sente-toi � la justice et r�gle ton probl�me.

Et s'il se r�gle pas ?

Si je prends 20 ans ?

Ton coloc est toujours au bureau ?

Non, je le g�re seul.

Il est o�, lui ?

J'en sais rien.

Il est plus l�.

Je l'ai cherch� partout. Il s'est volatilis�.

Il faut partir. C'est tout ce qui reste � faire.

Les gens d�tournent des fonds et s'enfuient.

Lui, il a pris le fric et il se la coule douce.

Nous, il nous reste la fuite.

C'est un bras cass�, il y peut rien. S'il part, il mourra de faim.

T'as un passeport, au moins ?

C'est pas un probl�me. Il y a ma photo sur celui de Farhad.

Mais il faut pas que je me fasse coincer � l'a�roport.

J'allais pas le laisser � ta port�e.

Je sais que tu m'en veux.

J'ai bousill� tous tes papiers.

Garde-le si tu veux, mais je te jure que c'est la derni�re fois.

En plus, c'est tr�s risqu�.

Je peux me faire coffrer � perp�te.

Tu veux partir pour de bon ?

- Il a le choix ? - Je fais quoi ?

Il doit partir pour de bon.

S'il part comme �a, on le revoit plus.

Comment il va partir ?

C'est pas le moment, Farhad.

Il te sert � quoi, ton passeport ?

Je parle pas de mon passeport.

Comment il va faire pour pas se faire coincer ?

Si vous m'�nervez, je le donne pas.

Tiens.

Moi, il m'a servi � rien.

Si tu peux, envoie du fric.

Sinon, ne reviens pas et n'appelle pas trop.

Si t'appelles, dis que tu nages dans le bonheur,

avec un bon boulot, plein de fric.

Ce serait sympa qu'on soit rassur�s au moins sur toi.

Si on l'arr�te � l'a�roport, ce sera encore pire.

Vous avez raison, je suis un trouillard.

Tu me croiras pas,

j'ai peur m�me des bonnes choses.

Quand tout va bien,

je me dis que �a peut pas durer.

M�me Maryam,

j'ai pas pu la garder parce qu'elle �tait trop bien.

� l'usine, j'ai choisi une fille qui me convenait pas, d�s le d�part.

Et je l'ai quitt�e pour la m�me raison.

Je d�teste les gens faillibles et j'ai peur des gens infaillibles.

C'est quoi, �a ?

J'avais peur de la boutique.

M�me le bonheur me fait peur.

Quand on t'inculque des convictions � la place de la r�flexion, �a donne �a.

Mets-lui un truc qu'il aime, au moins.

- Tu le connais. - Il aura pas le choix.

Vous �nervez pas, je m'en occupe.

Tu aides ton fils � partir, l� ?

C'est toi qui l'as mis � la rue.

� la rue ? Moi ?

Qui, alors ?

Tu attaques pour mieux te d�fendre ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

Elle est pire que ses fr�res.

Si elle s'en foutait pas, elle serait morte de honte.

Commence pas, papa.

Laisse, Leila, je m'en occupe.

Tu sais pas faire.

Monte, avant que �a d�g�n�re.

Je sais pas sur quelle garce ta m�re a pris mod�le pour te faire.

Sur elle.

Ferme-la.

J'aurais pr�f�r� que tu sois st�rile.

Pourquoi moi ?

Mes fils vivaient tranquilles et gagnaient leur cro�te.

C'est elle qui devrait �tre st�rile, elle a caus� leur malheur.

Arr�te, maman.

Si on cherche des fautifs, on doit tous s'�triper.

C'est ce qu'ils font.

� qui la faute, si t'es ch�meur ?

Et si Manouchehr s'enfuit ?

Et si on est au fond du trou, d�shonor�s,

ridiculis�s par nos ennemis et nos amis ?

Maman...

Pourquoi vous crevez pas, tous les deux ?

Gr�ce � Dieu, celle qui cr�ve de douleur, c'est toi.

�a suffit, maintenant.

Si j'�tais pas ta boniche, je serais pas dans cet �tat.

J'ai accouch� d'une dame.

Tu t'es faite boniche.

Esp�ce de conne, toi qui n'aimes que toi,

toi qui d�testes toutes les femmes, me fais pas rire.

Tu sais pourquoi ils sont dans la merde ?

� cause de l'�ducation d'abrutis comme vous.

Toi qui pr�f�res ton mari � tes fils, tes fils � ta seule fille.

Toi qui as l�gu� � ta fille que des tares.

� mon �ge, j'ai d� m'endetter et je prends encore sur moi.

T'endetter ?

Tu continues de mentir ?

T'as pas fini de te venger ?

C'est pas l'acte de la maison ?

Tu les as pas oblig�s � rendre la boutique pour �a ?

O� tu l'avais laiss� ?

Pourquoi il est cach� ici ?

Il a un compte cach� depuis 20 ans.

Il a achet� les pi�ces avec son argent.

Maman, qui les a mis � la rue ?

Hein, papa ?

Moi, ou toi qui t'es m�l� de nos vies pour nous rendre tous malheureux ?

L'un, en lui payant pas d'�tudes,

l'autre, en l'emp�chant d'�pouser celle qu'il aimait.

Personne va faire taire cette mal �lev�e ?

Mal �lev�e ?

Tu sais ce que c'est, �lever un enfant ?

C'est l'encourager quand il agit bien, comme tes enfants.

Et s'il agit mal, c'est le punir.

Jusque-l�, les punitions �taient r�serv�es aux enfants.

Mais parfois, il faut punir les a�n�s

pour qu'ils arr�tent de nuire aux autres.

Qu'est-ce que t'as fait ?

�a va pas, Leila ?

Leila, qu'est-ce que t'as foutu ?

Leila, comment t'as pu ? Reste l� !

Je vais te tuer !

Viens t'excuser !

Qu'elle soit maudite.

Leila, que Dieu te maudisse.

Tenez.

- C'est bon ? - Oui, allez-y.

Monsieur, votre portable.

Pourquoi ?

C'est plus autoris�.

L'usine vous doit 12 mois de salaire.

Mais il n'y a plus d'usine.

Gr�ce aux efforts de la direction,

on pourra vous payer trois mois.

Et le reste ?

Justement, il n'y a pas de reste.

Je ne touche plus de ch�mage. J'ai besoin de la totalit�.

On pourra vous verser trois mois.

� condition que vous signiez le solde de compte de l'ann�e.

Vous serez pay�s comptant.

Vous nous devez un an de salaire

et vous proposez 3 mois, avec une monnaie d�valu�e � 90 % ?

Rab�che pas, j'ai d�j� tout expliqu�.

Ceux que �a int�resse font la queue.

Tu vas o� ?

Je veux mon d�.

Le salaire de mon travail.

Tu vas perdre m�me �a.

Comme tu veux.

Pose pas les fruits par terre.

Prends les assiettes et les couverts.

Bonjour.

Merci beaucoup.

Que vous �tes jolies. Voil� ton cadeau.

- Merci, tonton. - Bon anniversaire.

Vous �tes belles dans ces robes.

On va voir qui est le plus rapide pour les gonfler.

Un...

Deux...

Il y aura une belle r�compense.

Trois.

Tonton, t'as perdu ?

Il a eu peur, il s'est sauv�.

Papa...

Papa ch�ri...

Papa...

Papa.

Entrez.

Bienvenue, mes petits anges.

Les voil�.

Entrez, je vous en prie.

Venez, mes jolies.

Papa...

Tonton, viens danser.

Allez, l�ve-toi.

LEILA ET SES FR�RES �crit et r�alis� par Saeed Roustaee

Adaptation: Massoumeh Lahidji

Sous-titrage: HIVENTY

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