All language subtitles for Arnaud & Jean Marie Larrieu- 2015- 21 noches con Pattie

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Original subtitles

-Merci, madame. -Au revoir.

-Elle a dit : "En face dela croix, suivre le chemin le plus raide."

Pardon, messieurs,

je suis bien au "fond d'extr�mi" ? -"Fount d'estr�mi�ro",

"la Source cach�e�.

Elle est derri�re vous.

Vous �tes Caroline ? -Oui.

-La mairie nous avait pr�venus, mais on s�inqui�tait.

Je suis Jean-Marc. Roland. -Salut.

-Paulo. -Salut.

-Je devais �tre l� hier, mais �a a �t� mouvement�.

J'arrive des Bal�ares,

et j�ai percut� une biche plus bas.

Le t�l�phone passe pas. Il y a un garage par ici ?

-On va s'en occuper.

Pardon de vous accueillir ainsi, mais comme il fait chaud...

On a bricole une chambre froide pour votre m�re au ler �tage.

-Une chambre froide ? -Oui, �a va vite,

quand il fait chaud comme �a.

-Bon. Au ler ?

-Oui, face a l�escalier.

Ma soeur Pattie est l�-haut.

Souffle de vaporisation

-Bonjour.

Bonjour!

-Oh ! Oh, putain, j'ai eu peur.

Petit rire

-Pardon. Je suis Caroline, la fille d'Isabelle.

-Pattie.

Excuse-moi, j'�tais dans mes pens�es.

Et avec les ventilos, on entend rien.

Bon, je te laisse.

Je suis � c�t�, je finis le m�nage. -D'accord.

Merci.

-Ca va pas, la chambre ? J'ai fait ce que j'ai pu.

-Non, �a va.

C'est la tre fois que je vois un mort. Une morte.

Beaucoup de gens vivent ici ? -Non.

Mon fr�re Jean-Marc et les ouvriers.

Et ta m�re, quand elle surveillait les travaux.

Moi, je faisais du m�nage.

Viens, je te montre.

-C'est bizarre, toutes ces grandes chambres,

pour quelqu'un pas tr�s famille.

-Elle travaillait beaucoup, non ? -Elle voyageait.

-Ah, Zaza et les voyages...

-Zaza ?

-On l�appelait Zaza ou l�avocate.

Elle m�avait racont� avoir pass� son enfance dans la r�gion.

-C'est possible.

Je connaissais peu ma m�re.

-C'est l� que tu seras le mieux.

Elle l�appelait la chambre de l'�crivain.

Personne n'y a encore dormi.

L�-bas, il y a un hammam.

Sous la tour. -Un hammam ?

-Oui. Encore les voyages.

-Les voyages et les voyageurs. -Oui.

-Merci beaucoup... Pattie ? -Pattie.

-Ma m�re m�a laiss� aucune instruction.

On n'avait plus de contacts.

La mairie m'a propos� de l'enterrer demain a 15h.

-On y sera. -Apr�s, je vendrai la maison.

-C'est l�acte de d�c�s. Le m�decin est venu avant�hier.

-Crise cardiaque. La mairie m'a dit.

-Pendant la sieste. Dans son lit.

-All�, Manuel ?

All�, tu m'entends ?

Je suis arriv�e.

Oui... Je suis bien arriv�e!

All� ?!

Putain de r�seau.

-Y a pas de r�seau, ici.

-J'ai pas trouv� le fixe.

-Zaza n'en voulait pas.

Tu viens d�ner a la maison ? On te ram�nera.

Enfin, si tu pr�f�res rester seule ici...

-D'accord.

Je prends quoi ?

-Ah� le vin.

On la laisse l�.

Fracas

Salut, Andr�.

-S'lu'attie !

J'vous'ram�ne 'vec ta c�pine ? -Non.

On pr�f�re marcher.

C'est bon

pour nos fesses.

-J'vien't'oir'ient�t ?

-Je suis tr�s occup�e en ce moment.

Rire exalt�

-Quelle �nergie.

-Ah, �a...

T�as compris ce qu'il a dit ? -Pard�duc�on.

-C'est un chasseur. J'aime pas les chasseurs,

mais quel bon coup.

La tre fois qu'il m'a parl�, c'�tait dans un bal.

J'ai cru que je comprenais rien a cause du bruit,

je l'ai entra�n� dans une ruelle plus calme.

Et l�, pareil, je comprenais un mot sur dix.

Mais il me faisait un putain d'effet.

Il l'a vu. Il voit tout.

Il m'a prise par la taille, j'ai senti la poigne.

Il souriait comme un gamin.

Il m'a caress� les seins,

pas brutal, mais ferme.

Il s'est coll� � moi,

et l�, j�ai senti le machin. La vache...

Il avait un bermuda en toile sans rien dessous, le salaud.

L�, je me suis dit : "Toi, tu vas pas me sauter l�, a la va-vite."

On est all�s chez moi avec son camion.

Il conduit bien, mais comme un dingue.

Et au lit, pareil.

Il a une belle bite.

Une bite de bande dessin�e, tu vois ?

-J'imagine�

-Et il est content, quand il baise. Il ma�trise et prend son pied.

Tout avec la bite, pas de chichis.

Je mouillais depuis un moment. Il a pris le bon rythme direct.

Il assurait a mort, alors qu'il avait picol�.

Je savais plus o� j'�tais.

Il me limait la chatte, c'�tait super bon,

je le sentais bien, et d�un coup, il s'arr�te.

Il me retourne et il me sodomise.

Sans demander, pas la peine.

Et l�, sentir ses couilles contre ma chatte, j�ai tout l�ch�.

Et crac, on s�est retrouv�s par terre,

le lit en vrac, moi pareil.

Le lendemain, j�avais desso�l�, mais je le comprenais toujours pas.

J�avais qu'une envie, recommencer.

Ca a dur� quelques semaines, j'�tais totalement accro.

Mais bon, �a menait o� ?

C'est de la drogue dure. Je veux plus le voir.

Je me retiens.

H� oh, c'est par ici. Tu viens ? H�!

Putain, c'est quoi ? J'ai horreur de �a.

-C'est le chevreuil qu�elle a tamponn�.

-On vale congeler. Y a bien 25 kg de bidoche.

-On a remorque ta voiture. On la bricolera.

-D�sol�e� Fallait pas.

-Te soucie pas.

Pour la maison, les travaux sont quasi finis.

Zaza nous a pay�s

juillet et une avance sur ao�t.

On doit quelques jours de travail. Quand tu veux.

-Merci, mais je pars � Paris demain, apr�s l'enterrement.

J'ai fait publier un faire-part de d�c�s,

je connais pas ses amis.

La maison peut en int�resser un.

-Belle baraque. On peut caser 17 personnes.

-17 ? -Ouais.

-Bonjour. -Bonjour.

Bonjour.

-Bonjour.

-Vous partez sans d�ner ?

-On verra l�-bas.

-La fille de Zaza. Kamil, mon fils. -Salut.

-Bonjour.

-Assieds-toi l�, dos �la boucherie.

Je te sers un verre ?

-Oui.

-Tu aimes ce vin ?

-Je sais pas, je l'ai a peine go�t� tout a l'heure.

-Je comprends...

Le vigneron qui le fait est un copain. Alain.

-II est doux.

-Oui� Comme Alain.

T�inqui�te. Je bois toujours mon vin comme �a.

Hum...

Je bois que du vin.

Dans les buvettes de bals, ils ont jamais de vin.

Alors j'emm�ne mon vin.

J'ai 2 bouteilles plastique. Une de vin, une d�eau congel�e.

Comme c�est l'�t�, elle d�cong�le,

et j'ai de l�eau fra�che.

Un soir, j'avais picol� avantle bah

et j'ai juste pris l�eau glac�e.

Un type s'est approch� de moi, genre rockeur d�fra�chi mais doux.

Il me dit : �Suis�moi, j'ai ce qu�il te faut.�

Il avait l�air sympa.

De tout fa�on, je suis arm�e.

J'ai un couteau et des ciseaux.

Je conduis pas, alors on me ram�ne. Souventdesinconnus.

Parfois, je les garde pour la nuit, sauf les cons.

Les ciseaux, c'est

pour les cas d�urgence.

Avec Alain, le tire�bouchon suffit.

Ricanement

Bref.

On arrive a sa voiture. Il ouvre. Hop, une caisse de vin.

Il a toujours son vin

dans son coffre.

Il m'a parl�

de ses vignes.

Il �tait tout euphorique, il me bisoutait comme un enfant.

A un moment, je lui ai roul� une pelle. Il me m�ritait.

On aurait dit son ler baiser. Ca m�a excit�e...

Je lui ai mis la main au paquet, il �tait bien garni.

Pas encore en �tat, mais prometteur.

J'�tais bien chaude.

Je l'emm�ne au terrain de boules, je le suce.

Putain... rien.

Pourtant, je sais pas d'o� �a me vient,

mais j'assure, d'apr�s les mecs.

Bon...

Je me rel�ve.

Je glisse ma main sous sa chemise, genre repartons a z�ro.

J'effleure son t�ton, et il bande comme un �ne.

Je me dis : "Bien, c�est parti, je vais avoir mon compte."

Je reprends sa bite.

Le temps que je sorte le pr�servatif, il a tout l�ch�.

Rires

Ce putain d'Alain, je l'adore.

M�me s�il m��nerve. Avec lui, faut ruser.

-Pourquoivous�. tu me racontes cette histoire ?

-Je te dis d'o� vient le vin.

Musique de bal au loin

-II y a 3 f�tes pour un village ?

-Car le village existe pas. C�est des hameaux.

Le ler soir, le bal a lieu dans le hameau le plus �loign�,

les 2e et 3e soirs, demain et apr�s�demain,

c�est dans le hameau principal.

Quand la musique commence, c'est le signal.

-II faut doser l�effort pour �tre en forme le dernier soir.

Mais des fois, le meilleur, c�est le 1er.

Ou le 2e. Ou le 3e.

-Le mieux, c�est quand l'orage tourne,

que �a gronde de partout et que �a tient.

L�, �a fait une excitation particuli�re.

-C'est l�

que les Parisiens en vacances

se mettent � danser. -Vous me donnez envie.

-Tu veux te changer les id�es ou on te ram�ne ?

-Le voyage m'a �puis�e.

Merci. -C'est parti. On te ram�ne.

Allez.

Coups de klaxon

Musique de bal tr�s �loign�e

-Bonsoir, maman.

C'est quoi, ce truc ?

Rire ironique

C'est pas possible, c�est une blague.

Soupir angoiss�

Maman ?

C'est quoi, ce pays de fous ?

Tu m'emmerderas jusqu'au bout, avec tes frasques.

C'est �a, hein, maman ?

Coups �la porte

Pattie ?

-Salut, Martine...

-CaroHne.

-Oh, putain. J'ai vraiment un probl�me avec les pr�noms.

Je viens d'arriver.

J�avais soif, je suis rentr�e a pied.

C'�tait pas pr�vu.

Caf� ? -Plus tard.

Le corps a disparu.

Le corps d�Isabelle, de Zaza, de ma m�re.

Hier soir, il �tait plus l�. -Merde.

Putain, c'est flippant.

Cette nuit a �t� tr�s �trange.

Il m�est arriv� un truc bizarre. Comme un r�ve, avec Zaza.

C'est dingue.

Viens, on va t�l�phoner. Je te raconte apr�s.

On y est. Le r�seau, c'est ici.

A mon avis, les croque�morts dorment et les flics seront inutiles.

-La police, c'est 15, 16, 18 ? -Les gendarmes. 17.

-17. Merci.

Allo, la police ?

La gendarmerie, oui, pardon.

Mon nom ?

Caroline Mont�s.

Voil�, c�est a propos d�un...

d'une...

disparition.

Un crime ? Non, pas du tout.

C'est une disparition de...

Le corps de ma m�re a disparu cette nuit.

J'ai 42 ans. Pourquoi ?

Non, je ne m�amuse pas.

O� j'habite ? Justement, chez ma m�re...

Le lieu�dit ? Fond extr�me.

En occitan ?

Je sais plus. -(Fount d'estr�mi�ro.)

-Oui, voil�. "Fount d'extr�m�rio�.

Dans 2 heures ? Entendu.

Je bouge pas, je touche � rien.

A tout a l�heure.

La police arrive.

-Les gendarmes.

Viens, on va se rafra�chir les id�es.

Au bal, j'�tais bizarre.

Je m'en voulais de t�avoir laiss�e seule.

Je me suis dit : "Je rentre. Tant que je suis en forme."

J�avais quand m�me rencontr� un beau brun, 50 ans,

un Espagnol qui fumait le cigare. "Jesus�

Coucher avec J�sus �tait tentant. Mais je le sentais pas.

Donc je quitte la buvette et J�sus.

Et je me mets � la recherche des gar�ons.

Introuvables.

Je vais voir a la voiture au cas o�.

L�, je tombe sur Jean-Marc et Paulo qui baisent une Parisienne.

Je respecte ces moments�l�.

La nuit �tait douce et claire. J'ai eu envie de marcher.

Tu me regardes pas, hein ?

-D'accord.

-Je suis tr�s pudique avec les filles. C�est bizarre.

Et pas avec les mecs avec qui je baise. L�envie, s�rement.

Avec les hommes, je suis porno.

Je couche toujours le ler soir.

Et toutes lumi�res allum�es.

J'aime tout voir et tout montrer. C'est bandant.

Oh!

Petits cris d'excitation

Waouh !

Ouh!

Enfin, hier soir, j�avais envie de rien.

Sauf de marcher. Quelque chose m'y poussait.

Bon, j'�tais tr�s so�le.

J'�tais partie comme Bambi,

et je suis devenue la ch�vre de M. Seguin.

Seule dans la montagne. Perdue.

Qu'est-ce que je faisais l� ?

A un moment, je me suis retrouv�e dans une clairi�re.

Je regarde autour de moi, j'�tais entour�e de champignons.

Ils avaient la forme de bites. J'exag�re pas, je m'y connais.

Je me suis affal�e dans l'herbe.

Une herbe douce, longue, comme coiff�e.

Des cheveux de poup�e.

J'ai pleur� super longtemps.

J'ai pleur� ma vie enti�re d'un coup.

Apr�s, j'�tais neuve. Nettoy�e.

Je me suis relev�e.

Et l�, je te jure,

a 10 m devant moi, qui je vois ?

Zaza.

Une apparition.

Elle me regardait en souriant.

Je voulais parler, mais putain, �a sortait pas.

Et puis,

elle s�est �vanouie. Enfin, elle a disparu.

Ca veut dire quoi ?

-C'�tait une apparition ou... ? -Oui. Transparente, flottante.

Une hallucination.

Au fond,

c'est comme si Zaza avait attendu que tu sois l� pour monter au ciel.

-Tu racontes tes histoires a tous, ou juste a moi ?

-C'est quand �a me vient. Avec toi, �a me vient.

-Avec ma m�re aussi ?

-Si je lui racontais mes histoires de bals ? Ben oui.

Je lui racontais aussi.

Ca la faisait bien rigoler.

-Elle te racontait les siennes ? -Oui, des fois.

-Je te demande pas de me les raconter.

Je sais que ma m�re �tait assez... aventuri�re.

-Moi, je dirais libertine. Tu vois ?

Mais sympa.

Vraiment sympa.

On se marrait bien.

Elle disait m�me qu�on aurait d� �crire un bouquin,

avec nos histoires.

Elle avait trouv� le titre. "21 nuits avec Pattie".

-Pourquoi 21 ?

-Ben, 21, l'atout le plus fort au tarot.

D�clics d'appareil photo

-Viens prendre une photo l�.

Pour une disparition classique, on attend le procureur.

L�, il y a urgence.

La fugue �tant exclue et un corps ayant peu d'heures devant lui,

j�ouvre une enqu�te en flagrance a l�instant.

Ne quittez pas la vall�e.

Vous d�poserez lundi �la gendarmerie.

Plaisanterie ou pas, le ph�nom�ne est troublant.

-Votre avis ?

-Je sais pas.

Plusieurs hypoth�ses.

Premi�rement, l'histoire de famille.

Plus de corps, plus de mort, plus d�h�ritage.

-J'ai ni fr�re ni soeur, je connais pas mon p�re

et j'ai l'avis de d�c�s. -Sans corps,

la proc�dure passe en justice.

Deuxi�mement, l�amant cach�

qui veut sa petite c�r�monie a lui.

L�-dessus, vous ne savez rien, visiblement.

-En effet.

-Je peux vous parler franchement ? -Oui.

-Bon, c�est rare, mais �a existe.

Tout existe, croyez-moi.

Il peut aussi s'agir d'un n�crophage.

Ce genre d'individu se renseigne aupr�s des soci�t�s fun�raires.

L�amant cach�

peut aussi devenir un n�crophage. De circonstance.

Il refuse la mort de l'aime, et l�ing�re.

Pour continuer a vivre avec physiquement.

La version sexuelle du n�crophage, amant ou pas,

est le n�crophile. Vous comprenez ? -Oui, je crois.

-La disparition me trouble.

Le n�crophage etlou le n�crophile agissent vite, sur place.

Ils consomment puis disparaissent.

Ici, nous avons plut�t affaire a un sentimental.

Je penche pour cette hypoth�se.

L�amant secret, connaissant la cachette � cl�.

Morte durant la sieste ? -Oui.

-On verra �a avec la femme de m�nage.

Pattie comment ? -Je sais pas.

-Et je vais sonder les groupuscules sectaires du culte de Marie.

Le 15 ao�t, l'Assomption,

�a s'agite pas mal.

-ici, on dit:

La Verge del15 d�agost adubo tot 0 destorbo tot.

-�La Vierge du 15 ao�t

arrange tout ou d�range tout."

*Sonnerie d�appel par Skype

"'-Alors, tu r�ponds plus ? Ca va ?

-Oui. Faut que je te parle sans les filles.

Un voisin m'a ouvert son Wi-Fi.

�'-Heu... Allez me chercher mes cigarettes dans la voiture.

�'-Mais... �'-L�, tout de suite!

-L'autorit� espagnole.

*-Catalane.

Vas-y, dis-moi. -Son corps a disparu.

Je l'ai vu en arrivant.

Je l'ai pas reconnue.

Le soir, j'ai d�n� chez ses voisins. Sp�ciaux mais sympas.

En rentrant, le corps avait disparu.

�'-Que racontes-tu ? -Les gendarmes sont venus.

Ils cherchent. �'-OK, mais tu rentres.

-Je fais une d�position lundi. Je rentre apr�s.

Vous me manquez.

Les voisins sont bien, t'inqui�te pas.

La maison est immense, entour�e de for�ts magnifiques.

"�-Avec un voleur de cadavre qui s'y prom�ne.

Que disent les flics ?

-lls pensent � l�amant �plor� qui veut garder ma m�re, m�me morte.

*-Eplor� ? -Qui s'arr�te plus de pleurer.

*-Au f�minin... "Lacrimosa". C�est �a ?

Depuis que t'es partie, je m'en veux.

Je te mets trop de pression.

On devrait se reparler tranquillement.

reviens vite.

D'accord ?

-Oui.

*Pas s'approchant

�'-Comment est la maison de mamie qu�on conna�t pas ?

*-Montre-la-nous.

*-WAOUH !

*-Super.

Elle est a nous, si mamie est morte.

-A nous ?

Heu... oui.

A moi, donc a vous. Mais quelqu'un va l'acheter.

Je vous aime. Je vous rappelle.

"'-Bisou. "'-Bisou.

*Bip de fin de communication

-Je vais te trouver, moi, Zaza.

Ouh, ouh ! Ouh!

Rire d�excitation

Ouh!

-Salut. -Ah, bonjour.

-Tu t'es baign�e ?

-Oui�

Le chemin est � l'ombre.

Je pensais que le soleil me s�cherait.

C'est quoi, cette odeur ?

-C'est un champignon. Vieux, il pue la charogne.

Un caf� ?

-Un caf� ? L�, maintenant ?

Il est tard, d�j�. Et je suis perdue.

Tu vis l� ?

-L'�t�, seulement.

-Tu chasses a l'arc ? -Non, je m�amuse.

C'est un cadeau de Zaza pour mes 18 ans.

Pour le village, continue tout droit.

-Merci.

Monsieur ?

-Bonjour, madame.

C'est bien chez Isabelle Winter ? -Oui.

-J'�tais un ami d�Isabelle. On m'a dit que l�enterrement

�tait report�.

-Je suis Caroline, sa fille.

-Toutes mes condol�ances.

-Je connaissais peu ma m�re.

-Je suis Jean. Elle n�a jamais parl� de moi ?

-Non. Ni de rien ni de personne.

Je vous offre quelque chose ? Th� ? -Je veux bien.

Un verre d'eau.

-Vous connaissiez la maison ?

-Non, je n��tais jamais venu.

C�est tellement �trange.

Ce matin, dans le train Narbonne-Carcassonne,

j'observais les collines

en me disant que �a ressemblait a la Toscane,

et que la Toscane

me rappelait Isabelle.

Elle aimait tant

la gr�ce et l'�l�gance des cypr�s.

L�arbre dela nuit.

Je me suis souvenu qu�au d�but de l'�t�, elle m�avait dit:

"Si en ao�t, tu musardes dans l'Aude,

passe me voir."

J'ai tent� de l'appeler, pas de r�ponse.

Elle ne m�avait pas donn� d�adresse pr�cise.

Ma pens�e papillonnait, quand le train entra dans une petite gare.

Mon voisin s�est lev� pour descendre et m'a propos� son journal.

Le train repart.

Et feuilletant distraitement le journal,

je tombe sur le faire-part de d�c�s d�une Isabelle Winter.

Mon sang s'est glac�.

Le paysage a brusquement chang�.

Fini, la Toscane.

Je n�arrivais pas � y croire.

L�enterrement �tait annonc� dans l�apr�s�midi,

a Castans.

Arriv� � Carcassonne, j�ai lou� un scooter,

et je suis parvenu jusqu'ici.

-Vous �tes �crivain ?

Il y a une chambre que maman appelait la chambre de l��crivain.

Elle vous �tait peut-�tre destin�e.

-Je suis �crivain, oui.

Puis-je aller me recueillir aupr�s d'Isabelle ?

-Ecoutez, je suis d�sol�e,

je ne sais pas comment dire,

mais bon,

c�est un fait,

c'est comme �a, pour l�instant en tout cas,

le corps de maman, dWsabeHe,

a disparu.

Oui, je sais, c�est dingue.

Je sais pas, mais c'est...

-Oh !

Mais comment �a, disparu ?

Je peux voir ?

-II faut toucher a rien.

Voil�, c�est la.

-Les gendarmes sont venus ? -Oui.

-Que disent�ils ?

-Un amant �plor� qui ne peut se s�parer d�elle, m�me morte.

-C'est un peu l�ger, comme explication.

(Ah...

mon Dieu.)

Une farce macabre.

Un fou ! C'est terrible.

Les gendarmes ont fouill� partout ? -Oui.

Etrange id�e, cette immense maison, pour une voyageuse.

-Un port d'attache.

Une �le � l'abri des regards.

Isabelle, qui dispara�t, m�me morte,

comme une invitation �la suivre

de plus en plus loin.

-Salut.

On peut se baigner ? Comme avant ?

-Bien s�r, Camille.

-"Kamil�.

C'est arabe.

-Ah, pardon. Kamil.

C'est le fils de Pattie,

qui gardait la maison pourlsabeHe.

-Elle est bonne ? -Ouais.

-Vous �tes seule dans la maison ? -Oui.

-Vous n'avez pas peur ? -Non.

Non, je suis bien entour�e.

-Je peux rester un jour ou deux, le temps que tout s'�claircisse.

Je suis... J'�tais tr�s attach� � Isabelle.

Je ne me vois pas quitter l�endroit si vite.

-Je comprends.

J'ai pris la chambre de l'�crivain, mais...

-Un divan m'ira tr�s bien. -Je m'en occupe.

Discussion des jeunes � distance

Jean.

Jean�.

Jean quoi ?

Jean Genet, mort.

Jean Giono, mort.

Jean Cocteau, mort.

Jean�Jacques Rousseau, mort.

J.M.G. Le Cl�zio, mort.

Mort ?

Ben non, vivant.

J.M.G.

"PourlsabeHe,

Jean�Marie Gustave Le Cl�zio, mars 1971."

Oh!

-Caroline est I�-haut.

-Tu es son p�re ?

-Non, je suis un ami de sa m�re. Jean.

-Jean-Marc.

Tu venais pour l�enterrement ? -Oui. Par hasard.

-T'es au courant ? -Oui, vous parlez de...

-De l'enl�vement de Zaza.

-Zaza ? -lsabelle.

-Vous dites �enl�vement" ? -Ben ouais.

Elle est pas partie seule.

Et un animal aurait pas pu ouvrir et remettre la cl� � sa place.

-C'est s�r.

Donc un proche d'Isabelle a fait le coup.

-Ouais, comme toi ou moi.

Bon, faut qu�on finisse la terrasse.

-Jean.�

Le Cl�zio.

Ben non...

Rire �touff�

Tu le connais, Jean ?

-Jean ? Non, �a me dit rien.

Jean comment ?

-ll m�a pas dit. Par discr�tion. Il est �crivain.

-C�l�bre ?

-Peut-�tre.

-II est beau ?

-Oui, il a d� �tre tr�s beau. Il est charmant.

Il va rester un peu. Cette disparition le perturbe.

Tu as vu les gendarmes ?

-Oui. J'ai rien pu leur apprendre. J��tais dans un �tat...

Andr� venait juste de partir.

-Andr�, le chasseur ? -Oui.

-Tu voulais plus le voir.

-Oui, mais bon...

Il m'a prise par surprise.

Je faisais la daube avec ton chevreuil.

Il savait qu�il devait plus venir. Ca m'a foutue en col�re.

Il m'a dit qu�il venait me proposer de jouer aux boules.

Ca m'a fait rire, j'�tais foutue.

Tu vois le truc ? Dans la cuisine, les vapeurs de daube, mon tablier...

Je mets pas de culotte, a la maison. Il le sait.

Et techniquement, avec son manche, tu tends ton cul

une bonne bite.

L'amour, t'es d�pendante, tu sais pas de quoi.

Je suis esclave dela bite, mais j'en ai marre.

Au moins, il y a des pauses.

En amour, c�est tout le temps. Ou plus du tout.

Et l�, c�est les emmerdes.

Ou le mec te plante. La jalousie, c'est atroce.

La derni�re fois que j'ai �t� amoureuse,

c��tait du p�re de Kamil, un musicien marocain.

Il est reparti l�-bas.

Moi, c��tait impossible. Pas de buvette, pas de Pattie.

-Moi,

j'ai m�me pas a faire semblant. -Tu dis ?

-Je n'ai plus de d�sir.

Que ce soit pour mon mari, un homme parfait,

ou pour n�importe qui.

Ca fait des ann�es que �a dure.

Depuis la naissance des filles.

Peut-�tre m�me depuis toujours.

C'est comme si j'�tais...

impuissante.

-Tu te caresses, des fois ?

Tu fantasmes ?

-Bof.

-T'as des peurs ?

-Oui. Depuis petite, je r�ve qu�on m'enl�ve.

-Qui, �on" ? Des hommes ?

-Oui, je crois.

Des ombres. Je les vois jamais.

-Ca va passer.

Bon.

Il est o�, l'�crivain ?

La soixantaine, vieux beau, il est pour moi.

Il peut �tre intello et tr�s cochon, non ?

De toute fa�on, il faut que je change de cat�gorie.

-Je l'appelle, il a d� s�endormir.

-H� !

Salut, Pattie. -Salut, les gars.

-Alain.

-Bonjour.

Bonjour. -Salut.

-Alors ? En forme, Charlie ? -J'ai mal au dos, mais �a va.

Jean,�mu: -Mon enfant, ma soeur

Songe �la douceur

D'aller l�-bas vivre ensemble

Aimer � loisir

Aimer et mourir

Sanglot

Au pays qui te ressemble

Les soleils mouill�s...

-Jean ?

On dlne !

Jean, ma�tre de lui : -Je viens.

Discussions de table

-Alors ?

-Ca, c�est bon.

-Ca aussL

-AH !

-Une petite daube. -Super.

-Ah�

Heu... Jean. -Salut, Jean.

-SALUT.

-Bonjour.

-Moi, Pattie.

Les autres discutent.

-Non,non.

-De l'eau ?

-Merci.

-Un peu de daube ? -Juste une pomme de terre.

Je suis v�g�tarien. Et un peu nou�.

-Caroline ?

-Merci.

-Avec la daube...

Rires du bout de table

-C'est bien le diable si nous ne trouvons pas ce qui est arriv�!

Et une petite ordure est en train...

-En train de quoi ?

-"Un amant �plor� qui ne peut s'en s�parer.�

Et s�il s�agissait d'un n�crophile ? Pardon.

Contrairement aux vampires, ces monstres existent.

-Les gendarmes m'en ont parl�.

-Un n�cro... ? -Un fou qui ne peut

faire l�amour qu'� des mortes.

-Comment peut-on jouir

dela vuln�rabilit� absolue d�une femme ?

Ca me rend malade!

-Je trouve �a flatteur, d'�tre encore d�sir�e, une fois morte.

J�aimerais bien que �a m�arrive.

Je peux tr�s bien le comprendre, le n�cro-truc.

Zaza �tait belle.

Il ne l'aurait pas abord�e vivante. L�, il a sa chance.

Je pr�f�re donner mon corps

� un bel amant qu'� la science.

-C'est bien ta soeur. -L�che4a.

-Ces n�cropathes sont romantiques, comme le prince

de "La Belle au bois dormant".

Rires

-La romantique,

c�est vous, Pattie. -Peut-�tre.

Je suis a moiti� morte.

-Vous n'en avez pas l'air. -Je t�expliquerai.

-Mademoiselle, vous avez un esprit tr�s large et g�n�reux.

Pour comprendre ce type de perversion...

de perversion ultime,

un esprit qu�on rencontre rarement,

mais...

-Je suis s�re que Zaza est heureuse l� o� elle est.

-Pas l� o� elle est, mais avec qui elle est!

Nom de Dieu ! Je peux pas imaginer...

-Jean,

ne sois pas jaloux.

-Moi ?

-Et si ce n�cro-type

tra�ne encore dans le coin, il est pour moi.

Je les attire.

Romantiques ou pervers.

-Zaza est dans la cocotte,

comme dans "Cannibal 3".

Rire g�n�ral

Paso doble classique au loin

-Ah, le bal commence.

Discussions m�l�es

-La tre s�rie est pour les vieux. J'adore.

Tu es bon danseur ? -Excellent.

-Oui, fais�toi plaisir.

Il est tr�s bon. Alain le fait.

Musique rock de bal

-Vous n'�tiez pas de simples amis, avec maman ? Enfin, Isabelle.

-Ce que je vais r�pondre reste entre nous.

-Bien s�r, Jean.

Nous avons �t� amants, oui.

Mais pas r�guliers. Je voyageais alors beaucoup.

-Maman aussi.

Mes grands�parents m�ont �lev�e.

Ni m�re, ou si peu,

ni p�re.

Je n'ai pas �t� reconnue.

-Je ne savais pas.

Isabelle ne me parlait jamais de son autre vie.

Quand on se retrouvait, on vivait...

le pur pr�sent.

Excusez-mol.

-On vous a d�j� dit que vous ressembliez a J.M.G. Le Cl�zio ?

-Ce soir, je voudrais ressembler � un homme comme les autres.

Excusez�moi pour mon emportement.

Mais enfin, il faut absolument retrouver Isabelle.

Et tr�s vite.

-Oui, bien s�r.

Chant populaire en choeur

-C'est parti, mon kiki.

-Je suis pas s�re... -lls sont pas m�chants.

-Je sais, mais �a va pas le faire. Je vais rentrer.

-Je vous raccompagne. -Pas la peine.

-Vous �tes s�re ? -Absolument.

-Allez, Jean. On va trouver le monstre ?

-OUAIS ! -Youhou!

-On part d�j� ?

Ca commence � peine.

Je vous offre un verre ? -Merci.

On m�attend.

-Y a des chanceux.

*Sonnerie d�appel par Skype

*Musique de bal

-Manuel?

*-Salut.

Alors, l'�nigme de ta m�re est r�solue ?

-Non.

Les filles, �a va ?

"'-Elles sont la.

"'�Bonsoir, maman. "'�Bonsoir, maman.

-Ca va ? �'-Tu rentres quand ?

-Sans doute lundi, apr�s ma d�position.

*-Sois prudente

sur la route.

-Manuel?

Regarde. Tu vois qui c'est ?

*-Je vois rien. C'est quoi ?

-Le Cl�zio. L��crivain. Il est ici avec moi.

"�-Qui ? J�entends rien! -J.M.G. Le Cl�zio. L��crivain.

Il est arriv� cet apr�s�midi.

C��tait l�amant de maman.

�'�Caroline, calme�toi.

*Feu d�artifice

T'as bu ? -Un peu. C'est pas la question.

Maman l'a rencontr� en 71. Un an avant ma naissance.

"�-Cet apr�s�midi, le corps de ta m�re a disparu,

l�, tu es la fille d'un �crivain c�l�bre ?

-Non, pas du tout.

*-Heu� Alors �coute, Caroline...

T'es o� ?

Dans la maison ? T�es seule ?

Il faut que tu dormes.

Dors. On se reparlera

demain matin.

-T'es con, des fois !

(lncroyable.)

Au loin, musique de bal chaloup�e

Maman!

Jean ?

Il existe...

"Phallus impudicus�.

"Le satyre puant, ou phallus impudique,

parfois nomm� oeuf du diable � l'�tat jeune,

se d�veloppe du printemps � l'automne."

Moto

-Bonjour.

-Bonjour, Kamil.

Piscine ?

-Non. Lac.

-Lac ?

-Pattie te r�clame.

-II y a un lac ? C�est loin ?

-Je t'emm�ne.

-A deux, l�-dessus ? -Ouais.

-Pourquoi pas ?

T'as pas vu Jean ? -Non.

-Je ferme pas la maison.

-T'es pas venue, hier soir ?

-Non. La fatigue, l�histoire de ma m�re...

Quand je quitte la maison, j'ai peur qu�il se passe un truc.

Si j'y reste, j'ai peur qu�il se passe rien.

C'�tait bien, le bal? -Ouais.

Tu viendras ce soir ?

-Quand je quitte... -J'ai entendu.

-Merci.

-Pattie doit �tre a la buvette.

-Je passe par l� ? -Ouais.

-Salut, Caroline. -Bonjour.

Pattie est l� ? -Pas vue.

-Et Jean ? -Pas vu non plus.

La moto de Kamil s'�loigne.

-Bonjour, madame Mont�s.

-Brigadier ?

-Capitaine.

Rien n'a boug� dans la maison ? -Non, rien.

-Avez-vous re�u la visite d'un homme blond,

60 ans, bien mis ?

-Oui, il est arriv� hier apr�s�midi pour l'enterrement.

-L'enterrement �tant annul�,

il s�est renseign� pour savoir o� �tait la maison.

-ll s'agirait de J.M.G. Le Cl�zio,

l��crivain.

-Je savais pas. -ll veut rester discret.

Il a rencontr� ma m�re en 71.

Elle lui a r�serv� une chambre avec une biblioth�que.

-Le Cl�zio ?

Prix Nobel de litt�rature 2008 ?

Parfait. C�est notre homme. D�sol�, madame.

Je ne suis pas s�r que ce monsieur soit un �crivain c�l�bre.

Il correspond a un n�crophile pr�sum� rep�r� en Savoie,

puis dans les Corbi�res, pr�s d'ici.

-J.M.G. Le Cl�zio, n�crophile ? C�est un scoop.

-Selon des t�moins, il se pr�sente

sous des identit�s diverses.

Vous avez pu lui fournir celle�ci.

Sans vous en rendre compte.

Ces individus sont tr�s habiles.

Ils parviennent � se glisser

dans les c�r�monies fun�raires les plus intimes.

Ce qui me chagrine, c'est...

-C'est ?

-C'est qu�il a un jour de retard.

Le corps de votre m�re

a disparu avant-hier soir, et il est arriv� hier.

-En effet, c'est un probl�me. -Je vous l'accorde.

Il a le profil de celui que nous cherchons,

mais ce n'est sans doute pas lui.

Pas plus qu'il n�est M. Le Cl�zio.

Si vous le trouvez,

restez prudente.

Je reste dans le coin.

J'attends la brigade cynophile.

-Quoi? -Les chiens.

Et les plongeurs, ensuite.

-Qu'irait faire ma m�re au fond d'un lac ?

-Le fond d�un lac est le moyen de faire disparaitre

le portrait g�n�tique que le ravisseur a inscrit sur le corps.

Et vous ?

Quelque chose sur l�amant secret ?

-Vous voulez dire le local ?

Non. Rien.

Bon, eh bien, bon travail.

-A bient�t.

-(Maman�)

Pattie ?

Pattie !

Capitaine !!

-Caroline !

-Oh, Pattie...

J'ai eu peur. Je t'ai crue morte. -Morte ?

Et pourquoi, morte ?

-Oui, excuse�moi.

-Je me suis baign�e

et endormie comme une souche,

apr�s une nuit blanche.

-Kamil m'a dit que tu me cherchais.

-Kamil ?

Pas vu aujourd'hui.

-Et Jean, tu sais o� il est ? -Jean ?

Il doit pas �tre loin.

On a termin� la nuit ici, au bord du lac.

Il doit pas s'en souvenir.

Il �tait compl�tement so�l.

CaroHne.� -Quoi?

-Je suis dingue. Je l'ai viol�.

Oui. Enfin presque.

Je l'ai suc� comme une diablesse.

M�me sa bite est �l�gante.

Il d�lirait compl�tement sur les pharaons,

mais il bandait ferme.

Son gland palpitait dans ma bouche,

comme dans une chatte de pucelle.

-Pattie, Jean est un grand �crivain.

-Oui, certainement.

J'allais pas lui monter dessus, j�avais peur qu�il me voie.

il d�lirait face aux �toiles et je prenais un pied de dingue.

Ca aurait pu durer des heures.

Quand je lui caressais les couilles, il chantonnait.

Je voulais le sucer a la perfection.

En plein air, c�est super excitant.

Et lui, c��tait un fruit d�fendu. Je suis pas son genre.

La jupe relev�e, son sexe dans ma bouche,

la chatte mouill�e.

Tous les vents d'Espagne l'auraient pas s�ch�e.

-Les vents d�Espagne ? -Mais faut pas que je m'emballe.

Je suis pas son genre.

Avant son coma, on a beaucoup parl� �la buvette.

Il aimait tant Zaza. Encore plus depuis la disparition.

Il m'a beaucoup questionn�e sur elle.

Il ne l�avait pas revue depuis des ann�es.

J'ai m�me pens� qu'il ne la connaissait pas.

-Il te faisait parier. Les �crivains se nourrissent

des autres. -Oui.

Il a �t� tr�s touch� par ce que j�ai dit sur les n�cro-trucs.

Lui-m�me raconte tr�s bien ce que vit celui qui a enlev� Zaza.

C'est assez tendre.

Mais tr�s solitaire, forc�ment.

Oui, c�est �a.

Il disait qu�il n�y a pas de jouissance plus tragique

donc plus grande

que le plaisir que l�on prend avec quelqu'un

qui est l� et pas l� � la fois.

Moi aussi, finalement, je baise seule.

Il en est, tu crois ?

-Quoi?

-N�cropathe.

-Mais Pattie !

Tu l'inspires,

il a invent� un personnage pour son prochain roman.

-Tous les fantasmes existent. Une rencontre suffit.

Et on peut changer. Regarde, moi.

J'ai pas eu besoin qu�il me p�n�tre.

-Merde ! Ca m'emmerde vos histoires de cul!

-Aline, c'est pas grave. -Caroline !

-Merde.

-Je me tire! -Pardon, Caroline.

Bon, a tout a l�heure, Caroline.

On passera finir la daube, avantle baL

-Jean ?

H� ! Psstt ! Psstt !

Psstt !

O� tu vas, toi ?

Ah !!

Respiration d'effroi

Craquement de bois

Y a quelqu'un ?!

On s�est bien amus�s ?!

Toi aussi, tu t'es bien amus�e ?

Ben, c�est fini.

Les fugues, c'est termin�. M�m� !

M�m� !!

L�orage gronde au loin.

Pardon,je�.

Tu peux pas rester la.

Grondement d�orage

Allez.

Ah!

Femme l�g�re.

Qu'est-ce qu'ils font ?

Hum... Mon Dieu, qu�est-ce que c�est bon.

Alors qui a �t� faire un tour avec Zaza ?

Pattie ?

Jean ?

Alain ?

Kamil...

Tu aimes les femmes m�res, hein, Kamil ?

Zaza te faisait fantasmer. Beaucoup.

Tu l'attendais avec impatience.

T'aimais venir te baigner quand elle �tait l�.

Elle te regardait, t'observait discr�tement.

T�as compris qu�elle aimait les hommes.

Pourquoi pas les jeunes ?

Combien de fois t'as pens� a elle avant de dormir ?

Tu l�imaginais venant un soir dans ta caravane.

Tu l�avais aper�ue a la rivi�re.

Elle se baignait nue.

Mais elle meurt.

Quand tu l'as vue sur son lit de morte,

�a t�est tomb� dessus comme la foudre,

t'as eu envie d'elle comme jamais.

Tu l'as touch�e ?

Caress�e ?

Embrass�e ?

Et je suis arriv�e.

La panique. Tout allait s'arr�ter.

Alors tu sais pas ce qui t'a pris,

t'as fil� �la maison

et tu l'as enlev�e.

Tu l'as port�e jusqu�� ta caravane, ou dans une cabane.

Tu avais enfin le corps d�une femme a ta disposition.

Finalement, tu l'as ramen�e.

Entre deux allers-retours au lac.

Car je suis venue me baigner pr�s de chez toi, de ta caravane,

et tu m'as regard�e.

Hier soir, quand on s�est regard�s, tu as compris...

que tout ce que tu d�sirais d�elle, je pouvais te l�offrir.

Moi, la femme m�re.

Vivante.

J'ai bien senti que tu bandais, tout a l'heure, sur la moto.

Ca m'a plu.

Ah ! Craquement

Musique de bal musette au loin

Je te laisse.

Je vais au bal.

Excuse-moi, je t'enferme.

-Bonsoh.

-Bonsoh.

Pardon. Bonsoir. Je pourrais avoir un muscat, s'il vous pla�t ?

Merci.

Chansonfunk

-C�va'pas ? -Si, �a va, Andr�. Bonsoir.

Pattie est l� ?

-P'ttie ? Pas vu, pas pris.

Rire exalt�

Dans'pas ?

-Bof. Andr�rugH.

-Hein, hein ?

Ho, ho, hein ?

Allez ! -Bon, d�accord.

Slow

-Psst!

-Ma m�re, Zaza, vous la connaissiez ?

-Ou� ! Bel�femme.

-Mais elle et vous...

Non ?

-J�t'en mets un p'tit coup derri�re la muret' ?

-Me mettre un petit coup derri�re la murette ?

-J'vu ton cul. Bon �a.

-Vous avez vu mon cul et vous le trouvez bon ?

-'lors ?

IncognHo.

Petits rugissements

-Non. Non...

Non. En fait, non.

Ce soir, �a va pas le faire. Je dois m�occuper de ma m�re.

-S're ? -D�sol�e. S�re, oui.

-J'c'prends. Pl�tard.

-Plus tard, oui, Andr�. D�accord.

-Ou� ? -Ouais.

-Quan't'veux.

Claque -Ale !

Je peux avoir un triple muscat ?

-Ca marche.

-Bonsoir, capitaine. Vous travaillez ?

-Un gendarme ne travaille qu'en uniforme.

Ce soir, c'est Pierre.

-CaroHne.

Un muscat, Pierre ? -Avec plaisir.

-Un muscat. -Oui.

-Merci.

Sant�.

Vous, vous avez envie de parier.

-Parler, moi ?

On danse ?

-D'accord.

Allez, dites-moi.

Qu'avez-vous vu ?

Ou plut�t, qu�est-ce que vous voyez ?

-Ce que je vois, l�, maintenant ?

Je vois une clairi�re pr�s d�une rivi�re.

Il y a un jeune homme.

-L'amant �plor� ?

Celui que nous cherchons ?

Qui r�vait d'une c�r�monie intime avec votre m�re ?

-Pierre, le corps de ma m�re n�est pas dans cette clairi�re.

Ou il n'y est plus.

Ilestrevenu �la maison. Intact.

-Ma tre hypoth�se �tait la bonne.

-Possible.

Pierre, restons-en l� pour l'enqu�te.

Je veux pas savoir ce qui est arriv�

au corps que ma m�re avait quitt� depuis 3 jours.

-Je vous comprends.

La justice vous suivrait �galement.

Le tabou de ces affaires est �norme et la sanction l�g�re.

J'arr�te l'enqu�te. A l'instant.

-Merci.

L�enterrement pourra avoir lieu demain.

-Je serail�.

Je peux vous dire le fond de ma pens�e ?

Votre m�re n'a eu besoin de personne pour aller faire un tour en for�t

et revenir.

-C'est impossible. -Oui.

Mais c�est ce qu�on en retiendra.

Des nouvelles de M. Le Cl�zio ?

-Aucune.

-Vous me le rendrez demain, �la c�r�monie.

-C'est quoi ? -Le trou...

Pardon.

La future tombe de votre m�re

est sur �coute.

A demain, Caroline.

Jean: *-J�avais 8 ans.

Un soir de novembre, on m�avait laiss� dans ma chambre.

J��tais inquiet, la maison �tait pleine d�all�es et venues �tranges,

li�es, je le sentais, �la maladie de ma m�re.

Je sentais surtout qu�on m�avait oubli�.

Je n'osais pas allumer.

Je restais assis, muet et craintif, dans le noir, je m�ennuyais.

Pour me distraire et me consoler,

j�entrepris de d�boutonner ma petite culotte.

J'y trouvais cette chose chaude et douce qui toujours

me tenait compagnie.

Ma main d�couvrit les mouvements ad�quats

et je fus saisi dans un vortex de d�lices

dont rien ne semblait pouvoir me tirer.

J�activai mes mouvements et ma volupt� s�accrut encore,

mais, alors m�me qu'une vague n�e au fond de mes entrailles

me submergeait,

des pas r�sonn�rent, la porte s'ouvrit, la lumi�re jaillit.

Ma grand-m�re se tenait sur le seuil.

"Mon pauvre enfant, ta maman est morte."

Puis, me saisissant la main, elle m'entralna.

Je portais un costume marin,

la vareuse masquait la braguette

que je n�avais pas eu le temps de refermer.

La chambre de ma m�re �tait pleine de monde

mais plong�e dans une demi-obscurit�.

J'aper�us mon p�re, � genoux, au chevet du lit, pleurant.

J�eus d�abord peine � reconna�tre ma m�re

dans cette femme infiniment plus belle,

plus grande, plus jeune,

plus majestueuse qu�elle ne m�avait jamais paru jusqu'alors.

Grand-m�re sanglotait.

"Embrasse ta maman", me dit-elle en me poussant vers le lit.

Je me haussai vers cette femme merveilleuse,

allong�e dans la blancheur du linge.

Je posai mes l�vres sur son visage de cire.

Je serrai ses �paules dans mes petits bras.

Je respirai son odeur enivrante.

Une odeur fine, s�che, musqu�e,

de feuilles, de larves et de pierres,

sortait des l�vres de maman.

Et soudain,

la volupt� interrompue

ressaisit ma chair enfantine

avec une brusquerie...

d�concertante.

Press� contre la hanche de maman,

je me sentis parcouru

d�une commotion d�licieuse...

tandis que je m'�panchai pour la premi�re fois.

"Pauvre enfant", dit grand�m�re

qui n'avait rien compris a mes soupirs.

-Putain�

Des histoires de cul, j'en ai entendues,

et j'en ai v�cues,

mais des comme �a, jamais.

Tu racontes bien.

On a l'impression que tu viens du Moyen Age.

-Cette histoire, c�est la mienne.

Je l�avais jamais racont�e a personne.

Je n'avais jamais non plus...

-Non ?

C�est la tre fois avec une vivante ? -Oui.

-C'est magnifique.

Moi non plus, tu sais.

C�est la tre fois que je fais la morte en baisant.

Je suis nulle en fantasmes, en sc�narios de cul...

Mais l�, tu vois,

quand j'ai senti la jouissance arriver,

sachant que je ne pouvais ni broncher ni bouger,

waouh!

Quelque chose est mont� dans ma t�te.

C�est comme si elle allait exploser.

J'ai cru que j'allais mourir.

Musique du bal au loin

-Re. -Re.

Je suis pas disponible.

Un jeune homme m�attend. Pr�s d�une rivi�re. Dans une caravane.

Grognement

Craquements de branches et grognements

Grondement de tonnerre

Ils rient.

Oui.

Un miracle.

d'o� tu sors ? Comment tu nous as trouv�s ?

-Par hasard. Je me promenais.

C'est quoi, cette voiture ?

-Je l'ai lou�e.

Je m'inqui�tais, tu r�pondais plus.

Que se passe-t-il ?

Tu te prom�nes la nuit dans les for�ts ?

-Oui. On fait �a, par ici.

-Hum, hum ?

Mouais...

Nous, on s'est perdus,

on est mont�s, mont�s... jusqu?cL

On pouvait pas aller plus haut. On a attendu le matin.

-Maman ?

-Ca va, les filles ?

-Je veux un lit.

Musique � la trompette Chahut

-Ca sera comme une sieste.

Apr�s, vous serez en forme pour la piscine.

-A tout de suite, maman.

-A tout de suite.

On prendra le petit-d�jeuner dehors.

-Si t'es brave

De me rattraper

Quand je tr�bucherai Sous tes pas

-Ca sent le renferm�. -C'�tait inhabit�.

Maintenant, c�est fini.

Ca sera une maison ouverte, a tous les vents d�Espagne.

-De Catalogne, si tu permets.

C'est immense, ici. Il y a beaucoup de chambres ?

-Ce matin, elles sont toutes occup�es.

-Par qui ?

-Des amis de maman. Ils sont rest�s pour la c�r�monie.

Le corps de maman estrevenu.

Je t'expliquerai.

-Ah, tr�s bien.

Tout s'arrange, alors ?

-Qu'est-ce que tu as fait ?

-Comment �a ?

-Ton sexe, il a chang� ?

-Non, il a pas chang�.

Je crois pas.

En tout cas, j'ai rien fait.

Je bande comme un �ne, c'est tout.

C'est toi, qui as chang�.

-Approche.

Elle est magnifique.

Elle est tr�s jolie, mon amour.

Et puis toute douce.

Tu sais comment s'appelle la maison ?

-Non.

-La Source cach�e.

-La Font secreta.

Muy bien.

-Maintenant, mon amour, tu vas me prendre.

Je mouille grave.

Tu vas me le mettre bien profond, ton nouvel engin.

Tout doucement.

Tr�s longtemps.

-Bien s�r, mon amour.

-"On racontait qu�elle �tait un peu ivrognesse.

Elle allait de maison en maison pour chanter

moyennant repas, alcool ou argent.

A la trame des mythes,

elle ajoutait sa propre histoire.

Ses amours, les trahisons, les souffrances,

le bonheurintense de Pamourcharneh

l�acide de la jalousie,

la peur de vieillir et de mourir.

Dans la noirceur de la for�t,

elle inventait cette sensation

qui n�a pas d�autre nom que la beaut�."

-Promets-moi que, quand je dormirai, tu n'iras pas voir Zaza ?

Je suis jalouse.

-Non, je vous assure. C�est fini.

Tu fais si bien la morte.

-Regarde.

Elle est l�.

-Que racontes-tu ?

Qui donc ?

-Zaza.

Tu la vois pas ?

-Vous m'inqui�tez, Pattie.

Malgr� mon attirance pour les d�funtes,

je ne crois pas aux fant�mes.

-Ah, t'es comme tous les mecs.

Il y a que le corps qui vous int�resse.

Vous voyez pas l'�me.

Souffles profonds

Alain : -Salut, Pattie.

-Salut.

Jean: -Elle qui aimait tant la gr�ce

et l'�l�gance des cypr�s.

L'arbre dela nuit.

Fini, la Toscane.

Caroline : -Tu as peut-�tre besoin d'amour.

Pattie : -L'amour ? Non, j'ai horreur de �a.

Andr�: -J't'en mets un p�tit coup ?

Pattie : -Tous les vents d'Espagne

l'auraient pas s�ch�e.

J'aime les vieux cochons.

Caroline : -Vous avez vu Pattie ?

Andr�: -P'ttie ? Pas vu, pas pris.

Rire exalt� d�Andr�

Grognements d�Andr� et rire de Caroline

Pattie : -Comme dans une chatte de pucelle.

Caroline: -Jean est un immense �crivain.

M'en mettre un petit coup ?

Andr�: -J'vu ton cul. Bon �a.

G�missements

Pattie : -Tu vois le truc ?

Dans la cuisine, les vapeurs de daube, mon tablier...

Andr�: -Pl%ard.

Caroline: -Plus tard, oui, Andr�.

-Ou� ? -Ouais.

Pattie : -Pas de buvette, pas de Pattie.

Caroline: -Plus tard, oui, Andr�.

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