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MADRID, QUAND L'EMPIRE ESPAGNOL COUVRAIT UNE GROSSE PARTIE DU GLOBE
ET QU'IL �TAIT DE BON TON D'ENSEIGNER AUX JEUNES GENS L'ART DE TUER
Assiette honorable, mais le dressage laisse � d�sirer.
�limin�.
Le Californien ! Dix pesos qu'il les franchit toutes.
Sans en faire tomber ? Pari tenu.
Je veux te voir pousser des ailes.
�a vous fera dix pesos.
Vous oubliiez qu'en Californie, on monte d�s le berceau.
- Bravo, monsieur. - Tout le m�rite lui revient.
Donne-lui trois carottes en plus de son avoine.
- Une affaire vous attend � la cour ? - Non, une jeune fille.
- Quelque chose ne va pas. - Ton visage, camarade !
Pourquoi cette tenue d'apparat ?
Pour une jeune fille � damner tous les saints.
Aurais-tu oubli� que tu croises le fer avec le lieutenant Cortez � 15 heures ?
�a m'�tait sorti de la t�te.
Dois-je rencontrer tous les �p�istes de Madrid ?
L'escrime est un art divertissant, mais pourquoi toujours me choisir moi ?
Tous veulent se mesurer au jeune coq californien.
Pique-les avec la pointe de ton �p�e. Ils pourront se vanter de t'avoir affront�.
Cadet Vega, le commandant vous attend dans son bureau imm�diatement.
Parfait. Cela m'�vite d'avoir � honorer mon rendez-vous. Explique-lui, veux-tu ?
Dis-lui que je l'affronterai demain.
Messieurs, votre attention, s'il vous pla�t.
J'offre � boire � tout le monde.
Allez ! Cette occasion ne se repr�sentera plus.
Qu'entends-tu par l� ?
Mon p�re m'ordonne de rentrer. Je viens de l'apprendre.
- Je pars par le prochain bateau. - Pour la Californie ?
- Et ton brevet d'officier ? - Je vais devoir y renoncer.
Comment c'est, l�-bas ? Les Indiens posent probl�me ?
- Non. - Contre qui vous battez-vous ?
Personne.
Mais alors, que vas-tu faire de ton ergot, jeune coq ?
Ceci.
Laissez-la o� elle est.
En la regardant, vous penserez � moi,
dans mon pays peupl� de p�ons insouciants et de cavaliers somnolents,
o� tout respire l'ennui.
Buvons.
Un toast, messieurs. � la Californie,
o� la vie se passe � gaver ses enfants et � regarder pousser ses vignes.
- Et les vignes ? Le raisin pousse bien ? - C'est un miracle qu'il soit sucr�.
Tu sembles bien sombre.
On peut difficilement chanter le c�ur plein de haine.
- Vis-�-vis de qui ? - De l'alcalde. Puisse-t-il p�rir en enfer.
L'alcalde ? C'est la bont� personnifi�e.
Vous ne le connaissez pas, monsieur.
D�trompe-toi. C'est mon p�re.
Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit.
Ce genre de gaffe m'a d�j� valu 20 coups de fouet.
Rame. Emm�ne-moi jusqu'au rivage.
- Quel honneur ! Vous d�sirez ? - Un verre de ton meilleur vin.
- Vous �tes �tranger, monsieur ? - Pas tout � fait.
J'ai v�cu mes premi�res ann�es pr�s d'ici.
Je suis le fils de l'alcalde.
Sais-tu qui pourrait me conduire � Los Angeles ?
R�veille-toi ! Tu m'�coutes ?
Oui, monsieur. Par ici.
Pedro, monsieur aurait besoin de tes services.
- C'est le fils de Son Excellence, l'alcalde. - Je vais � Los Angeles.
Mes malles et ma valise sont sur le quai.
Je te paierai bien.
Cesse de me regarder avec ces yeux ! R�ponds-moi !
Que se passe-t-il ? Vous �tes tous devenus fous ?
Toi, �coute-moi : r�ponds ou je te coupe la langue !
Ne prenez pas cette peine, monsieur. Votre p�re s'en est d�j� charg�.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? - Pardonnez-moi, mais lors d'une r�union,
cet homme s'est �lev� contre les imp�ts.
Le lendemain, la garde de Son Excellence lui tranchait la langue. C'est la v�rit� !
Si nous ne recevons pas les renforts qu'on nous a promis...
On rit donc encore en Californie. Je commen�ais � d�sesp�rer.
- Votre nom ? - Il pr�tend �tre le fils de l'alcalde.
Je ne pr�tends rien. Je suis Diego Vega, fils de Son Excellence, don Alejandro.
Et cette demeure, qui a bien chang�, est la mienne.
D�sol�, j'ignorais que vous rentriez. Bienvenue en Californie.
Capitaine Esteban Pasquale, aide de camp de l'alcalde.
Tr�s honor�. N�anmoins, je suis perplexe.
Pourquoi mon p�re a-t-il transform� sa maison en caserne ?
Les choses ont chang� depuis votre d�part. Votre p�re a d�missionn�.
L'�ge... Depuis, les p�ons sont devenus plus travailleurs.
Et les cavaliers sont invit�s � se consacrer � leurs affaires.
La t�che de gouverner nous est �chue.
Je vois. Dites-moi, qui remplace mon p�re ?
- Don Luis Quintero. Je vous conduis � lui. - J'aimerais voir ma famille. O� vit-elle ?
Dans votre ancienne hacienda.
Mais don Luis m'en voudrait de ne pas vous avoir pr�sent�.
Vous ne voudriez pas que j'en subisse les cons�quences ?
On ne peut rien refuser � un homme muni d'une �p�e.
J'ai affaire � un homme d'esprit ! Ex�cutez ces ordres, sergent.
C'est une habitude stupide.
D'aucuns manipulent un gant, un monocle ou une tabati�re.
Les pr�tres ont leur chapelet. Moi, c'est avec l'�p�e que je joue.
Vous aimez manier cette arme ?
Je ne suis gu�re vers� dans cet art.
C'est bien trop violent � mon go�t.
C'est lui qui a tu� le coq au poitrail noir ?
- Oui, Votre Excellence. - �tait-ce un combat sanglant ?
Autour de l'ar�ne, les gens �taient couverts de sang.
J'aurais voulu voir �a. Combien en demandes-tu ?
C'est un oiseau noble qui a fait ses preuves.
J'en demande 40 pesos, Excellence.
40 pesos ? Qu'on augmente les imp�ts de cet escroc !
Non, Votre Excellence. Il est � vous, je vous l'offre.
Il ne vous co�tera pas un centime.
Je pr�f�re �a. Et de loin ! Cours le remettre � mes dresseurs.
Qui est ce cavalier ? N'est-ce pas plut�t un seigneur espagnol ?
Vous avez vu juste. Il nous vient d'Espagne.
C'est don Diego Vega, le fils de votre pr�d�cesseur.
Je savais que ce tissu venait de Madrid. Il a d� co�ter cher.
Il est ici pour qu'on lui souhaite la bienvenue, pas pour parler chiffons.
Mais oui, bien s�r !
Soyez le bienvenu, jeune homme. Vous �tes ici chez vous.
- Je remercie Son Excellence. - Luis.
Un navire est arriv� d'Espagne. Il doit y avoir des emplettes � faire.
- J'aurais besoin... - D'argent. Comme toujours !
Je ne connais pas ce cavalier.
- Il est descendu de votre pr�cieux bateau. - Merveilleux !
L'un d'entre vous daignerait-il me pr�senter ?
Don Diego Vega. Se�ora Inez de Quintero.
- Mon �pouse. - Madame.
Son Excellence a beaucoup de chance.
J'en doute. Elle croit que les pesos poussent sur les arbres.
D�cid�ment, l'habit du cavalier ne laisse pas de fasciner.
La mode nous plonge dans de v�ritables transes.
C'est naturel. Il y a si peu de distractions par ici.
Vous avez d� mener une vie de r�ve. La splendeur de Madrid... Et la cour !
- Patience, ma ch�re. Vous irez un jour. - Quand je serai une vieille taupe.
Pareille catastrophe ne saurait vous arriver.
Vous entendez ? En voici un qui tient de beaux discours !
Je regrette, madame, de...
Vous disiez ?
Je vais devoir m'arracher � votre pr�sence
si je veux m'entretenir avec mes parents.
Ne me laissez pas aux mains de ces barbares.
Faites les boutiques avec moi. Vous m'aiderez � choisir.
Vous me tentez, madame.
Le miroitement de la soie me ravit,
tout comme l'harmonie form�e par deux teintes d�licates.
Sans oublier les fragrances et les lotions.
Les huiles essentielles de rose, d'�illet, de lis, de musc...
- Quant aux accessoires et aux bijoux... - Don Diego est attendu chez ses parents.
C'est h�las vrai. Le devoir passe avant tout.
- Madame. - Je vous accompagne jusqu'� la porte.
Ce paon ne devrait pas nous poser probl�me.
Vous en �tes s�r ?
Le capitaine est jaloux ! Le ma�tre d'armes a �t� piqu� au vif par ce bell�tre.
Je d�teste ce genre de plaisanterie. Vous pourriez me blesser.
En effet.
- Qui �tait-ce ? - Tu ne le connais pas.
Un nouvel arrivant. Un �tre charmant !
Il l'est, si j'en juge par la couleur de tes joues.
Apr�s des mois pass�s � moisir dans cet horrible endroit,
enfin quelqu'un qui suit la mode et qui sait parler aux femmes !
- Quand la rencontrerai-je ? - �coutez-la !
Tu es bien trop jeune pour lui. Et cette mantille n'a rien � faire sur elle.
On dirait une femme avec �a.
Mais je suis une femme ! Je vais sur mes 18 ans.
Carmen Castellano, elle, est d�j� mari�e.
Sa grand-m�re �tait paysanne. Ces gueux font ce qu'ils veulent.
Mais toi, tu as du sang d'hidalgo dans les veines.
Et calme-toi un peu, ma petite, ou je t'exp�die au couvent.
Je plains votre monture. Ce fouet est impressionnant !
Je n'infligerais jamais �a � ma jument. �a la briserait, la pauvre.
Vous voyez ? Elle n'a pas bronch�.
Elle sait ce qu'il en est. Nous allons collecter les imp�ts des p�ons.
Ce fouet est destin� � vos contribuables ?
Seulement quand ils sont trop t�tus.
Quand vous viendrez collecter mes imp�ts, je promets de ne pas l'�tre.
C'est � droite, cocher.
M�re !
Mon fils ! Mon b�b� !
M�re...
Bonjour, Mar�a.
Et ce bon vieux Juan, toujours aussi gras !
Bonjour, Manuel. Jos� ! O� est p�re ?
� l'�tude, avec le fr�re Felipe. Viens, il a h�te de te voir.
Va d�poser ses affaires dans sa chambre.
Croyez-moi, cette situation est intol�rable.
La partie qui va des collines de Verdugo aux rives de Del Rey
est un cloaque aux portes du paradis.
- Je sais. - Oui, mais en attendant, que faites-vous ?
- Rien ! - Que puis-je... ?
P�re.
Mon gar�on !
Mon p�re.
Sois le bienvenue chez toi et dans mon c�ur.
- Vos bons conseils m'ont manqu�. - Pas tant que �a, j'en suis s�r.
Tu te souviens de don Miguel et de don Jos� ?
- Messieurs. - Vous �tes revenu pour voler des melons ?
Des melons ?
Un jour, ce coquin et mon vaurien de fils
ont d�vor� les melons que je faisais pousser.
Dieu nous a punis. En nous fichant un mal de ventre de tous les diables !
C'est du pass�. Il est m�r pour accomplir de grandes choses.
- Il s'est muscl�, �a se sent. - C'est bien une r�plique d'homme !
Regardez plut�t son visage.
Vous ne voyez pas qu'il a encore embelli ?
Tu ne m'as pas vu quand je me suis approch� du tr�ne.
Je ressemblais � un �cureuil effray� !
� un ange, plut�t !
Un ange, c'est de �a que la Californie a besoin.
- Un ange muni d'une �p�e flamboyante ! - Ne commencez pas !
- Il n'est pas venu ici pour se faire tuer. - Tais-toi et laisse-nous.
Laisse-moi profiter de mon fils. Assieds-toi.
- Que se passe-t-il, p�re ? - Je ne suis plus alcalde.
- J'ai �t� remplac�... - Par une vip�re, un �tre vil et corrompu...
Si je pouvais me retrouver cinq petites minutes seul avec lui,
je lui arracherais la trach�e-art�re !
Pardonne-moi, Seigneur.
- Mais pourquoi avoir d�missionn� ? - On m'y a forc� !
Ils voulaient br�ler les maisons des p�ons.
- Depuis, il reste l� � ne rien faire... - �a suffit, Felipe !
Il me pousse � entra�ner les cavaliers dans une r�volte perdue d'avance
contre une garnison de soldats entra�n�s.
M�me si je pensais avoir le dessus, je refuserais.
- Pourquoi, p�re ? - Parce que je respecte la loi.
Et que j'ai servi ce gouvernement pendant 30 ans !
Mais puisqu'il est d�sormais corrompu !
On ne r�pare pas une injustice par une autre injustice.
- C'est aussi mon avis. - Il faut combattre le feu par le feu.
Je suis un Vega. Je ne suivrai pas Luis Quintero sur ce terrain.
- Ni moi, ni mon fils. - Bien s�r que non, p�re.
D'ailleurs, en arrivant, je suis retourn� l� o� nous habitions.
J'ai rencontr� le se�or Quintero et sa femme. Je les ai trouv�s charmants.
Charmants, oui. Pour des scorpions, des crotales !
Ah, mon p�re... L'alcalde a parl� de toi avec respect.
Je reconnais qu'il n'a jamais nui ni � moi, ni � mes gens.
Par cons�quent, il ne sert � rien de s'�nerver par cette chaleur.
Les doux effluves de la brise espagnole vont me manquer.
D'apr�s toi, il est vain de s'�lever contre l'injustice si elle ne nous atteint pas ?
Mais mon p�re, ce genre de chose existera toujours de par le monde.
Au fait, j'ai appris des tours de passe-passe � Madrid.
On ne jure que par �a, l�-bas. Regardez bien.
Dire que ce gar�on que j'ai contribu� � �lever,
ce gar�on � qui j'ai appris � tenir une �p�e fermement, est devenu un freluquet !
Voil� qui est f�cheux... Je vais faire un brin de toilette.
� tout � l'heure, p�re.
PERCEPTION DE L'IMP�T
LE RAISIN NE SERA PLUS ACCEPT� AU MOMENT DU PAIEMENT DE L'IMP�T.
UN CINQUI�ME DE LA PRODUCTION VINICOLE DEVRA �TRE LIVR�
AUX ENTREP�TS MUNICIPAUX JUSQU'AU 1ER OCTOBRE INCLUS.
Restez o� vous �tes !
Affichez �a.
Allez ! D�p�chez-vous !
Regagnez votre caserne.
AVIS � LA POPULATION
� TOUS LES HOMMES DU DISTRICT DE LOS ANGELES :
LUIS QUINTERO EST UN VOLEUR ET UN ENNEMI DU PEUPLE,
ET IL N'�CHAPPERA PAS � MA VENGEANCE. ZORRO.
Pourquoi tiens-tu tant � cette stupide sortie ?
Et sans escorte en plus.
J'ai mes raisons.
Et si tu me les faisais conna�tre ?
Regarde : de l'or !
Nous allons retrouver un agent de la Banque de Madrid.
Cet or va partir en Espagne. Il est � nous !
Je vois. Comme j'ai �t� b�te ! Une escorte aurait...
Attir� l'attention d'Esteban sur la transaction.
- Et il aurait r�clam� sa part. - J'en ai peur.
Pas un geste ou je vous tue.
- Un bandit ! - J'ai de mauvaises nouvelles, Excellence.
J'ai bu tant et plus avec le banquier de Madrid.
L'alcool l'a rendu imprudent. On ne peut se fier � un ivrogne.
J'agirai donc en son nom. L'argent !
- Donnez-moi ce bijou. - Vous n'avez aucun scrupule !
- Ce n'est pas le moment. - Je refuse !
Vite ! Je m'en voudrais d'ab�mer une aussi jolie joue.
Aujourd'hui, je me contente de votre argent. Mais la prochaine fois...
R�COMPENSE DE 5 000 PESOS
POUR TOUTE INFORMATION PERMETTANT DE CAPTURER LE BANDIT ZORRO
- Zorro ! - Quelle agr�able �tude, Excellence.
J'aime les lieux paisibles comme celui-ci.
Que me voulez-vous ?
Je veux discuter un moment, rien de plus. Du moins si nous parvenons � un accord.
Pensez-vous que le climat espagnol vous conviendrait ?
Pourquoi cette question ?
Parce que vous avez le choix entre l'Espagne et un lieu moins plaisant.
Que choisissez-vous ?
- L'Espagne - C'est une sage d�cision.
Et comme successeur, que pensez-vous de don Alejandro ?
C'est un homme d'exp�rience.
Quelle importance pour moi ?
Aucune. Mais �a en a pour la population locale.
En d�missionnant, vous le d�signerez comme successeur.
Comme vous voudrez.
�a, c'est pour vous rappeler que je peux revenir � tout moment.
- Fermez les yeux. - Qu'allez-vous faire ?
Qu'est-ce que c'est ?
La pointe de mon �p�e contre votre gorge.
Attendez que je la retire pour bouger.
Et si je m'�vanouis ?
Ce ne sera pas le cas.
Que se passe-t-il ? Vous cherchez � vous suicider ?
Parlez ! De quoi s'agit-il ?
- Il �tait l�. - De qui parlez-vous ?
- De Zorro. - C'est ridicule !
- La peur vous a fait perdre la t�te. - Il �tait l� ! Dans cette pi�ce !
Garde ! Avez-vous vu passer quelqu'un ?
Non, personne.
- Qui avez-vous vu entrer ? - Son Excellence et vous-m�me.
Personne d'autre ?
Ces preuves vous suffisent-elles ? Vous avez d� vous assoupir et r�ver.
Et �a, je l'ai r�v� ?
Sonnez l'alerte. Zorro est dans les parages. Trouvez-le !
Je ne peux pas croire qu'il se trouvait l�.
Si vous aviez senti son �p�e comme moi, vous le croiriez.
- Comment est-il entr� ? - Je n'en sais rien !
- C'est � vous de le d�couvrir. - Que vous a-t-il dit ?
D'aller en Espagne et de c�der ma place � Vega.
C'est un premier indice. Ce Zorro est un cavalier.
Un brigand se ficherait bien de Vega.
�a vous arrangerait que je parte en Espagne !
Vous renonceriez � 50 000 pesos par an ?
La belle affaire, si je meurs ! Je vous en donne le tiers pour me prot�ger
et vous �tes incapable de me d�fendre face � un chien enrag� !
Je le retrouverai, je vous le promets.
En attendant, cette maison sera surveill�e nuit et jour.
- Je ne peux risquer de vous perdre. - Vous pouvez dire adieu � votre rente,
- s'il m'arrive malheur. - Vous m'avez compris, Excellence.
Sainte Marie, envoyez-moi quelqu'un qui me sorte de cet endroit lugubre.
Quelqu'un que je puisse aimer et respecter.
Un gar�on gentil, courageux.
Et beau aussi, s'il vous pla�t.
Fr�re Ram�n, je ne vous avais pas vu.
Je ne suis pas le fr�re Ram�n, mais le fr�re Pablo.
J'ai pass� la soir�e avec le fr�re Ram�n.
Mon fr�re, je viens de demander � la Sainte Vierge de m'�pargner le couvent.
- Est-ce mal ? - C'est de vous y envoyer qui serait mal.
- Je ne comprends pas. - Une jeune fille aussi...
Je veux dire par l� que votre place n'est pas dans un couvent, mais � l'ext�rieur.
- Pour servir Dieu ? - Oui. D'une certaine mani�re.
Comment �a ?
Les enfants de Dieu sont sur terre pour cro�tre et multiplier.
- Vous me suivez ? - Je crois, oui.
- Je dois me marier et... - C'est exactement �a.
Lui offrir de solides gar�ons et de jolies jeunes filles.
Je priais pour qu'on m'envoie un mari.
Ah oui ? Formidable !
Je veux dire que c'est bien naturel, � votre �ge.
Ce qui l'est moins, c'est de prier pour qu'un gar�on vienne vous sauver.
- De quoi ? - Mon p�re,
asseyez-vous et veuillez m'accorder quelques instants.
Je suis tr�s pr�occup�e.
Je veux quitter cet endroit isol�. Rencontrer des jeunes gens.
Des filles de mon �ge. Personne ne vient jamais ici.
Les cavaliers fuient cet endroit comme la peste.
- Pourquoi ? - Ils d�testent mon oncle Luis.
Comment dire... Il y a quelque chose qui me g�ne chez lui.
Beaucoup, m�me. Qu'en pensez-vous ?
Si on le d�teste tant, ce n'est pas un hasard.
J'avais donc raison. Peut-�tre vaut-il mieux que ma tante m'envoie au couvent.
Non, d�trompez-vous.
Votre tante trouve peut-�tre que l'atmosph�re du couvent vous si�ra mieux,
- mais je suis convaincu... - Inez ? Non !
Ce n'est pas pour �a qu'elle veut m'y envoyer.
Non. Mar�a dit qu'elle est jalouse.
Elle dit que c'est parce que je suis... jolie.
Mar�a a une tr�s bonne vue.
Merci, mon p�re. Vous croyez vraiment ?
Mar�a est la seule � m'avoir dit que je suis jolie.
Jolie ? Mais vous �tes plus rayonnante, plus d�licieuse qu'un matin d'�t�.
Vous le pensez vraiment ?
- De tout mon c�ur. - On ne m'avait jamais parl� ainsi !
J'en ai presque le souffle coup�.
Vous m�riteriez qu'on vous le dise � toute heure.
Vous n'�tes pas du tout comme fr�re Ram�n.
Vous parlez curieusement.
Vous n'�tes pas un pr�tre, mais un imposteur ! Vous portez une �p�e !
Lolita ! Nous t'avons cherch�e partout !
Zorro est entr� chez nous et a menac� ton oncle. Il se cache dans les parages.
Suis-moi. Pensez � verrouiller la porte, fr�re Ram�n.
Ce monstre serait capable de voler l'autel.
Bonne nuit, mon p�re.
Mon p�re, vous avez fait tomber quelque chose.
Il est l�-bas !
L�-bas !
20 000 PESOS DE R�COMPENSE � CELUI QUI CAPTURERA ZORRO MORT OU VIF.
Ernesto Romero.
Trois pesos.
Joaqu�n Valdez.
Trois pesos.
Manuel Villa.
Quatre pesos.
Sebasti�n Moreno.
- Neuf pesos. - Monsieur, c'est trop pour moi !
Croyez-moi, il ne va plus rien me rester.
- Neuf pesos. - Mais monsieur, on va mourir de faim !
- Comment je vais nourrir ma famille ? - Neuf pesos.
Monsieur, s'il vous pla�t ! Je vous en supplie ! Ma petite fille...
Termin�.
Laissez, je vais le porter, sergent.
Donnez-moi �a.
Reculez.
Attrapez-le !
- �coute notre pri�re. - Seigneur, �coute notre pri�re.
�loigne d'elle
les pi�ges tendus par l'ennemi.
Que les anges veillent sur nous � jamais
et apportent la paix � nos �mes.
Et que Ta gr�ce
nous prot�ge pour l'�ternit�.
Amen.
Bonsoir, mon p�re.
Je m'ennuyais � mourir et je me suis souvenu que vous jouiez aux �checs.
J'ai pris la libert� de venir et de pr�parer l'�chiquier.
Qu'est-ce que �a signifie ? Comment osez-vous ?
Zorro a fui en direction de la mission.
- Bonsoir, sergent. - Bonsoir, monsieur.
- Zorro ? Qu'a-t-il encore fait ? - Cette fois, il risque la corde.
- L'avez-vous vu ? - Je viens de quitter la chapelle.
- Vous �tes l� depuis longtemps ? - Non, mais �a m'a paru durer une �ternit�.
J'attendais ce brave p�re pour jouer aux �checs.
- C'est assommant, mais que voulez-vous ? - Vous n'avez rien vu ou entendu ?
Vous parlez de Zorro ? Piti�, je tremble rien que d'y penser.
Demi-tour. Fouillez les environs.
Vous semblez pr�occup�, mon p�re. C'est � cause de ce bandit ?
- Freluquet ! - Mon cher p�re, enfin !
Quand je pense � ce que cet homme a r�ussi � faire subir � ces d�mons
et que je vois le dernier des Vega trembler � la seule �vocation de son nom,
j'ai envie de... Tu pourrais au moins m'�couter !
D'habitude, je bois vos paroles, mon p�re. Mais l�...
Merci, Marie.
- Vite, cachez ce butin. - Ce butin ?
Ne restez pas plant� l� � gober les mouches. Rangez-le.
- Qu'est-ce ? - De l'or appartenant � l'alcalde.
�a, je l'ai d�rob� � sa charmante �pouse. Ravissant, non ?
Tu l'as d�rob� ?
Et �a, �a vous dit quelque chose ?
Finalement, mon mentor n'est pas plus malin que les autres !
Tu veux que je fasse du recel de marchandises vol�es ?
Non. Que vous les redistribuiez.
Cet or a �t� extorqu� aux p�ons. C'est � nous de le leur rendre.
Mon gar�on...
Tu vas mener la r�bellion contre ces scorpions ?
Nous ne ferions pas le poids face � une garnison. L�-dessus, mon p�re a raison.
Tu as bien eu l'alcalde � ta merci quand tu lui as vol� cet or.
Moi, je l'aurais mouch� comme une chandelle ! Pardon, Seigneur.
� quoi bon ? Une autre crapule prendrait aussit�t sa place.
Je vois.
C'est tr�s clair.
Ne trompe pas ton p�re plus longtemps.
- Ce n'est pas bien. - Je ne fais pas �a de ga�t� de c�ur.
Mais je n'ai pas le choix.
Mon p�re est tellement � cheval sur la loi qu'il g�cherait tout.
Que comptes-tu faire ? Lui voler son argent ?
Non ! Mais je peux peut-�tre le persuader de c�der sa place � mon p�re.
- Ce serait dr�le, non ? - Si tu y survis, oui.
20 000 PESOS DE R�COMPENSE � CELUI QUI CAPTURERA ZORRO MORT OU VIF.
CHERS HABITANTS DE LOS ANGELES, NE PERDEZ PAS ESPOIR :
LUIS QUINTERO VA BIENT�T D�MISSIONNER ET PARTIR EN ESPAGNE.
S'IL REFUSE, IL AURA AFFAIRE � MON �P�E. ZORRO
Do�a Inez vous prie de vous mettre � l'aise. Elle arrive.
- Merci. - De quoi s'agit-il ?
- Don Diego Vega. - Ah oui !
Que puis-je pour vous ?
Avez-vous d�j� oubli� ? Vous m'avez dit que j'�tais ici chez moi.
Vraiment ?
Vous nous faites honneur. N'avez-vous eu aucun mal � entrer ici ?
Non. J'ai re�u un mot de do�a Inez m'invitant � me promener avec elle.
Il m'a suffi de le montrer aux sentinelles.
Bravo !
Venez attendre mon �pouse � l'�tude.
D'habitude, c'est � Esteban qu'elle r�serve ses promenades.
Pourquoi cette maison est-elle si bien gard�e ?
Il doit y avoir une compagnie enti�re.
- S'il pouvait y en avoir une deuxi�me ! - Leur vacarme me rendrait fou.
Moi, il me rassure.
Laissez-moi vous montrer quelque chose.
Regardez.
La marque de Zorro !
Il est venu ici l'autre soir.
Il m'a menac� de mort avant de laisser �a.
Moi, je serais terroris�.
Cet homme est fou. Compl�tement fou !
- Vous croyez ? - Naturellement.
Il y a eu un cas similaire � Madrid.
Sa marque �tait une croix. C'�tait un d�s�quilibr�.
Mais rus� comme un renard. Ils le sont tous.
Il a tu� 40 personnes.
En leur tranchant la gorge de part en part.
D'abord, il les mettait en garde, puis...
Quel dommage que votre sens du devoir vous maintienne ici.
- C'est fort risqu�. - Mon sens du devoir ?
Oui, bien s�r...
D�sol�e de vous avoir fait attendre. Notre rendez-vous contrarie Esteban.
Il dit que je lui avais r�serv� ma matin�e.
Votre invitation est comme un don du ciel.
- Je suffoquais litt�ralement d'ennui. - Filons. J'ai une envie folle de galoper.
Au revoir, Luis. Ne travaille pas trop.
- Au revoir, Excellence. - Au revoir.
Le jeune Vega vient de me raconter une histoire affreuse
� propos d'un fou qui rappelle Zorro.
- Je risque ma vie en restant ici. - Oubliez vos peurs. J'ai un plan.
Ah oui ? Et quel est-il ?
Don Alejandro est le chef des cavaliers.
Or, Zorro veut que vous lui c�diez votre place. Vous ne soup�onnez rien ?
Continuez.
Il ne vous vient pas � l'id�e qu'ils puissent �tre de m�che ?
Peut-�tre, mais comment en �tre s�r ?
Nous pouvons au moins pr�parer le terrain.
- Comment ? - En s'alliant avec don Alejandro.
C'est impossible ! Vous connaissez sa position.
Parfaitement, mais Lolita est en �ge de se marier.
Le mariage est la plus efficace des alliances.
Les familles royales font r�gner la paix de cette fa�on.
Diego et Lolita.
Pas mal...
Pas mal du tout...
Parler avec vous est comme boire de l'eau fra�che en plein d�sert.
- Quel dommage... - Quoi donc ?
- non. Je ne voudrais pas vous f�cher. - Je vous en prie ! � quoi pensiez-vous ?
Votre pr�sence ici est un v�ritable g�chis.
Votre beaut�, votre conversation, votre port de t�te...
Vous m�ritez quelque chose de plus grand, de plus raffin� que cette vie provinciale.
Je sais...
- Puis-je vous faire un aveu ? - �videmment.
Oui, bien s�r. D�s que je vous ai vu, j'ai senti que...
Esteban m'exhorte � quitter mon mari et � le suivre en Espagne.
- Ma ch�re, ne faites pas �a. - J'�touffe ici.
Partez en Espagne, mais pas avec Esteban.
Mais avec qui, alors ?
- Avec votre �poux. - Mon �poux ?
- Quel g�chis ! Un pays si romantique ! - Laissez-moi m'expliquer.
En tant qu'�pouse de l'ancien alcalde de Los Angeles, vous seriez re�ue � la cour.
Mais en tant que compagne d'un soldat de deuxi�me classe,
- vous seriez totalement exclue. - Je vois.
Mais vous imaginez Luis � la cour du roi ?
En Espagne, les �poux des grandes dames ne sont que des figurants.
- Je serais perdue parmi toutes ces dames. - Pas vous.
Ce qu'il vous faut, c'est un "ami" qui vous introduise.
Je n'ai pas d'ami de ce genre � Madrid.
Je ne compte pas faire de vieux os en Californie.
- C'est hors de question ! - Je lui verserai une dot de 20 000 pesos.
- Non. - 25 000.
Vous voulez acheter mon fils, se�or Quintero ?
- L'aspect pratique est important. - Il n'entre pas en ligne de compte.
Et expliquez-moi pourquoi vous venez ici avec une demi-compagnie !
Je n'essaie pas de vous intimider. C'est � cause de Zorro !
Il n'est qu'un sympt�me. Vos pratiques inf�mes sont en train de tuer ce district.
Je refuse de les cautionner par ce mariage.
Dans ce cas, je vais devoir �tre moins complaisant.
Quelle est la cause de ce tumulte �puisant ?
Son Excellence propose d'arranger un mariage entre sa ni�ce et toi.
Sa ni�ce ? Comme c'est flatteur.
Est-ce pour cela que vous vous disputez par cette chaleur ?
Votre p�re d�plore mes efforts pour rendre nos gens plus
- z�l�s que sous son mandat. - Les mettre sur la paille
- pour vous remplir les poches n'est pas... - La politique !
- Quel rapport avec mon mariage ? - Tu ne vas pas t'unir �...
Il faudrait d�j� que je la voie. Si elle ressemblait � son oncle ?
Vous avez raison. Je...
Oh, non ! C'est une vraie petite colombe.
La voir s'envoler nous d�solerait.
- M�me splendide, elle resterait sa ni�ce. - Ce n'est pas Son Excellence que j'�pouse.
L'avis de ton p�re n'est pas � n�gliger dans un domaine aussi s�rieux.
Il ne m'a pas consult� lors de son mariage. Pourquoi se m�lerait-il du mien ?
Bien dit ! Voulez-vous �tre des n�tres ce soir ?
- Avec plaisir. - Nous vous attendons � huit heures.
Quelle mouche t'a piqu� ?
Tout va bien se passer, m�re. Quoi que tu penses, ne t'inqui�te pas.
Mis�rable, c'est vous qui avez souffl� l'id�e de ce mariage � Luis.
Cette alliance consolidera le gouvernement.
On proc�de ainsi depuis la nuit des temps.
Mar�a, j'ai les genoux qui tremblent.
Oui, c'est normal.
- Dois-je m'incliner ou lui tendre la main ? - D'abord la main, puis la r�v�rence.
Il a 20 minutes de retard. Que peut-il bien faire ?
- Vous voici enfin. - Excellence.
Je craignais que ce Zorro ne vous ait attaqu�.
Puisse le Seigneur m'�pargner cela.
- Vous �tes �blouissante. - Et voici notre petite colombe.
- C'est un grand honneur. - Enchant�.
Laissez-moi vous pr�senter se�ora Mar�a de L�pez.
Veuillez excuser mon retard. On a chauff� l'eau de mon bain pr�matur�ment.
Elle �tait horriblement ti�de. Le temps qu'on y ajoute de l'eau et des huiles...
- La vie est parfois p�nible, non ? - En effet.
- Ce n'est pas possible... - Courage !
- Passons � table. - Venez.
Son bain �tait ti�de.
Pauvre Lolita. Je crains que sa vie ne le soit aussi.
Recommencez, je vous en prie !
Vos d�sirs sont des ordres. Regardez.
- Incroyable ! - C'est tr�s simple.
- Connaissez-vous celui-ci ? - Non.
Maintenant, regardez bien.
- Comme c'est divertissant ! - Je l'ai fait devant Sa Majest�.
La cour doit �tre un lieu divin.
C'est le seul endroit que je souffre sur terre.
� propos de Zorro, pourriez-vous me faire escorter jusque chez moi ?
En venant ici, je croyais voir cet assassin partout.
- J'�tais litt�ralement affol�. - Mon pauvre ami !
Visiblement, vous d�sapprouvez ma requ�te.
Vous avez trait� son h�ros d'assassin.
Vous l'avez rencontr� ?
Je n'ai jamais vu ne serait-ce que son visage.
Mais j'admire le courage.
D�barquer avec un coutelas est si d�mod�.
- �a ne se fait plus depuis le Moyen �ge. - Pourtant, c'est efficace.
On dirait un lion au milieu de brebis apeur�es.
Un fou, oui ! Voil� ce que c'est !
Incontestablement.
Vous semblez regarder ce fruit comme un ennemi.
Un rival.
Ce cher Esteban adore porter des coups d'estoc.
Il a enseign� l'escrime � Barcelone.
Ce doit �tre �puisant.
- Ce n'�tait pas mon avis. - Pourquoi avoir arr�t� ?
J'ai eu le malheur de tuer un homme influent.
Je crois qu'une dame est � l'origine de tout.
L'�pouse de l'homme en question, je suppose ?
Que voulez-vous insinuer ?
J'essayais de faire de l'humour. Ai-je �chou� ?
En partie. Car �a ne me fait pas rire.
Quels sont les derniers pas de danse ? Vous devez tous les conna�tre.
- J'en ai peur. - Voudriez-vous me montrer ?
Avec plaisir.
- Inez go�te davantage la danse. - Ne sois pas ridicule ! Danse avec lui.
Jouez "El Sombrero Blanco".
J'ignorais que danser f�t si merveilleux.
Personnellement, �a m'�puise.
- Si vous permettez, je vais me retirer. - J'en suis navr�.
- Qu'est-ce qu'elle a ? - Dieu seul le sait.
- Notre colombe s'est envol�e. - Je n'aime pas �a !
Vous ne prenez pas ce mariage au s�rieux ?
Ce serait l'id�al. Nous pourrions nous afficher partout � Madrid
sans redouter d'�ventuels ragots.
- Excellence, votre ni�ce est charmante. - C'est une gentille fille.
Puis-je vous demander sa main ?
Un refus de votre part m'an�antirait.
Elle est � vous, mon cher Diego. Vous avez ma b�n�diction.
Qui est l� ?
J'ai un aveu � vous faire.
- Ne restez pas l� ! - C'est important.
Comment oses-tu tourner le dos � l'homme auquel je te destine ?
- Tu as d�cid� �a sans me consulter ? - �videmment ! Tu n'y connais rien !
Il est grand temps que tu comprennes...
- Qui est-ce ? - Personne.
Excuse-moi, ma ch�rie. Quel idiot je fais !
Tu fais preuve dans cette affaire de bien plus de bon sens que ton oncle.
Vous ? Je vous interdis d'entrer !
J'ai quelque chose d'important � vous dire.
Vous faire passer pour Zorro, vous ! Je ne veux rien entendre.
D�verrouillez la porte et partez.
Ce que je vous ai dit dans la chapelle a port� ses fruits.
- La chapelle ? - Quand je vous disais d'�viter le couvent.
Pardon ?
Vous �tes plus rayonnante, plus d�licieuse qu'un matin d'�t�.
Je dois r�ver, ce n'est pas possible !
Vous �tes Zorro !
Pour accomplir ma mission, je suis oblig� de tromper mon entourage, y compris vous.
Je vois.
Je comprends. Ne prenez pas la peine de m'expliquer.
La demande en mariage faisait partie de votre plan.
Au contraire. C'�tait la seule chose sinc�re dans toute cette mascarade.
- Partez vite. - Promenons-nous ensemble demain.
Oui, mais partez !
Soyez prudent.
Ouvre la porte !
Oui, j'arrive.
Tu sembles boulevers�e, ma ch�rie.
Tu as pleur� ?
- Oui. - Je comprends.
C'est une id�e de ton oncle. Cet homme n'est pas pour toi.
Il est bien trop sophistiqu�.
- Tu le penses vraiment ? - �videmment !
J'ai bien vu qu'il t'avait bless�e. �a m'a fendu le c�ur.
Compte sur mon soutien quand tu diras � Luis que tu refuses ce mariage.
Je ne sais vraiment pas quoi dire.
Oncle Luis s'est donn� tant de mal.
C'est ridicule ! Tu ne vas pas g�cher ta vie pour lui.
Mieux vaut un mauvais mariage que pas de mariage du tout.
Peut-�tre qu'avec le temps, je le tol�rerai.
J'aimerais tant faire plaisir � oncle Luis.
La gratitude a des limites, ma ch�rie.
Tu ne vas pas passer ta vie avec un �tre qui te r�pugne � cause de nous.
Nous en reparlerons demain matin.
- Bonne nuit, ma ch�rie. - Bonne nuit.
Il est minuit pass� et il n'est toujours pas l�.
- Comment peux-tu lire ? - C'est un article de mode.
- Les tournures sont tr�s en vogue. - Qu'est-ce que c'est que �a ?
Quelque chose qui rehausse cette partie-l�.
Ton fils unique est entre les griffes de ces putois,
et toi tu penses � la fa�on dont tu vas d�corer ton...
Enfin te voil� ! Pendant que tu y �tais, tu aurais d� passer la nuit chez tes amis !
Qu'as-tu d�cid� au sujet de cette fille ?
- Quelle parade as-tu trouv�e ? - Elle est d�licieuse.
Charmante. Et pas capricieuse. Tu vas l'adorer, p�re.
L'adorer ? Qu'as-tu fait ?
Un premier pas sur la route qui fera de toi un grand-p�re.
Quoi ?
Vois l'enfant que tu m'as donn� !
T'allier � ces horribles gens ! Qu'est-ce qui t'a pris ?
- La meilleure des raisons. - Laquelle, je te prie ?
- Lolita Quintero. - Elle te pla�t donc ?
- Mieux que �a. D�s le premier jour... - Je croyais que tu ne l'avais jamais vue.
Je l'ai aper�ue il y a quelque temps. Et...
Toi, tu nous caches quelque chose. J'en ai la conviction.
- Il est temps d'aller te coucher. - Bien.
Mais dis-m'en plus d�s que possible.
Promis, m�re.
- Qu'est-ce que �a signifie ? - Gonzales collectait les imp�ts.
Un pr�tre a r�sist�. Cet idiot l'a fouett�.
- Envoyez-moi Gonzales. - J'aimerais pouvoir.
- Qu'est-ce qui vous en emp�che ? - Gonzales a disparu.
- Disparu ? O� �a ? - En enfer, j'esp�re.
Dor�navant, c'est moi qui collecterai les imp�ts.
�a leur apprendra.
Que se passe-t-il ?
Vous !
- Que se passe-t-il ? - Le sergent Gonzales.
- Il a l'air d'�tre mort. - Mort ?
- Il est vivant. - Il a un Z sur la poitrine.
- Comment va la petite ? - Elle est gu�rie.
Tenez. C'est pour remercier le Seigneur.
Remercie-le avec ton c�ur.
Garde �a pour acheter du lait.
Non, padrecito. C'est pour l'�glise.
Visiblement, j'arrive au bon moment.
- Donnez-moi �a. - Cet argent appartient � la mission.
- C'est la propri�t� de l'�glise. - Plus maintenant.
Donnez-le-moi.
- Je refuse. - Dans ce cas, je me servirai.
C'est militaire que vous auriez d� �tre, pas pr�tre.
Maintenant, je comprends votre vocation.
- D'o� vient ce collier ? - Je ne dirai rien.
Transpercez-moi le corps. Finissons-en !
Non, mon cher p�re. Nous allons plut�t vous pendre. Suivez-moi.
Si tu l'�pouses, je ne veux plus jamais te revoir.
Vivre aux c�t�s des Quintero peut �tre amusant.
J'aurais d� le laisser en Espagne !
Attends de la voir. Elle est aussi jolie que cette fleur.
Jamais je ne la verrai. Tiens-le-toi pour dit.
- Nous ne sommes pas l�. - Moi, si. Fais-la entrer.
- Voil� que tu me d�fies, toi aussi ? - Sois raisonnable.
- Je te pr�sente Lolita. - Tr�s honor�e, monsieur.
- Et voici ma m�re. - Madame.
Pardonnez-moi, mais serait-il possible de vous voir en t�te-�-t�te ?
Mademoiselle, puis-je vous poser une question ?
- Mais bien s�r. - Voulez-vous �pouser mon fils ?
Oui.
- Pourquoi ? - Parce que je l'aime.
Tu disais vrai, mon fils. Elle est aussi jolie qu'une fleur.
Un drame vient de se produire : on a arr�t� fr�re Felipe.
Ils le prennent pour Zorro. Il va �tre pendu !
- O� est-il ? - Dans le corps de garde.
Qu'allez-vous faire ?
Je ne le sais pas encore.
Jusqu'ici, je n'ai fait qu'intimider votre oncle.
Mais je risque de devoir aller plus loin. Vous saisissez ?
Si cela devait arriver, cela changerait-il quelque chose entre nous ?
Sentinelles, quelqu'un est assis dans ce fauteuil ! Arr�tez-le !
Qu'est-ce que vous faites l� ?
- Vous m'avez fait une peur bleue ! - C'en est trop !
D'abord, on me dit que ma fianc�e n'est pas chez elle
- et voici que des brutes me malm�nent ! - Laissez-nous.
O� est Lolita ? Personne ne semble le savoir.
S�rement en train de se promener. Comme toutes les filles de son �ge !
Dois-je en d�duire que ma fianc�e se prom�ne dans la campagne
sans chaperon ?
Permettez-moi de protester. Et avec virulence !
Ce n'est pas le moment de parler de �a.
Figurez-vous que Zorro avait un complice : un pr�tre.
On l'a arr�t� aujourd'hui. Et il m'est arriv� une chose terrible.
On a trouv� Gonzales � demi-mort, battu par Zorro.
Il l'a jet� par-dessus un mur sous mes yeux !
Quelle horreur !
Mais c'est surtout terrible pour Gonzales.
Ce n'est pas le moment de plaisanter.
Ce fou est peut-�tre cach� pr�s d'ici en ce moment m�me !
Je ne sais plus quoi faire !
J'ai offert des r�compenses, en vain !
Il va peut-�tre finir par se lasser.
�a arrive parfois avec ce genre d'individu.
Il pourrait d�cider d'�gorger quelqu'un d'autre.
- Vous n'avez que ce mot � la bouche ! - D�sol�, j'ai manqu� de tact.
Vous devriez boire un peu de cognac.
On l'a emport�. Je suis entour� de cr�tins !
Ces domestiques sont stupides ! Tout comme ces soldats !
Vous m'impressionnez. J'admire votre courage, votre force morale.
Un homme moins courageux renoncerait � son devoir et prendrait la fuite.
- Son Excellence a sonn� ? - Je veux du cognac.
- Il est sur le bureau, Excellence. - Non ! Apportez-m'en !
Une situation pareille aurait tr�s vite raison de moi.
Mais je n'ai pas vos nerfs d'acier.
Venez vite, Votre Excellence ! Il est arriv� quelque chose dans le cellier !
Gardes ! Vous, suivez-moi.
Regardez, Votre Excellence.
Et dans le cellier ! Sous mon �tude !
On voit la trace de ses pas.
Il est parti par l�.
Les traces s'arr�tent ici.
Il n'a pas travers� ce mur, quand m�me !
� croire qu'il n'est pas humain ! �clairez-moi, que je sorte d'ici. Vite !
Vous aviez raison. Je quitte ce lieu maudit. Je ferai ce qu'il demande !
- Plume, papier ! - Asseyez-vous, Excellence.
Je dois veiller au bien-�tre de ma femme.
Inez me harc�le pour que nous nous rendions � Madrid.
Elle ne me parle que de �a nuit et jour.
Voil� qui devrait faire l'affaire.
Cela devrait plaire � ce d�g�n�r�.
Tenez, lisez.
�a a le m�rite d'�tre clair. Vous avez oubli� de signer.
- Signer quoi ? - Ma d�mission.
Ce Zorro me tuera si je reste ici.
Ce sera moi qui vous tuerai, si vous continuez sur cette voie.
Mais je suis en danger ! Ce n'est pas Diego qui me contredira.
C'est encore plus grave que �a. Ainsi, vous vouliez faire sortir de l'or du pays ?
Si vous me volez encore un peso, je vous tranche la gorge de part en part.
Soyez gentil, parlez d'autre chose. Ce sujet contrarie Son Excellence.
Silence, freluquet ! Je pourrais bien vous tuer vous aussi.
Quelle amusante co�ncidence !
Je nourrissais le m�me d�sir vous concernant.
Dans ce cas, souhaitez-vous passer � l'acte ?
Cela me tenterait fort. Si j'avais une arme.
Vraiment ?
Messieurs, je vous en prie !
Vous r�agissez de fa�on excessive !
- Je ne veux que vous servir. - Monsieur a une �me de champion.
Et quel champion !
Messieurs, voyons...
Je ferai vite afin de ne pas vous fatiguer.
Sentinelles !
- Veuillez ne pas intervenir, Excellence. - Nous avons un h�ros parmi nous.
- �a va, Diego ? - C'est � lui qu'il faut demander �a.
Sortez.
Le professeur a trouv� un adversaire � sa mesure !
Attention !
- Vous �tes fatigu� ? - Non. Je vous prends dans un moment.
- Pas mal, capitaine ! - Vous n'avez pas tout vu, esp�ce de pitre.
- La lame du capitaine se fait moins ferme. - Elle l'est assez pour vous transpercer.
Cette �gratignure tombe � point : je m'endormais.
Il est mort. Il faut dire qu'il devenait g�nant.
Vous l'avez tu� !
Excellence, nous venons de d�couvrir un escalier d�rob� partant du cellier.
Un escalier d�rob� ? Menant jusqu'ici ?
Oui, Votre Excellence.
Parfait.
Excellent. Vous serez r�compens�s.
Sentinelles !
Pointez votre arme sur cet homme.
Emmenez-le au corps de garde et enfermez-le.
Dans la cellule la plus solide.
Pourquoi m'arr�tez-vous, Excellence ?
Pour trois raisons : un, vos bottes sont pleines de boue venant du cellier.
Deux, vous viviez l� et connaissiez donc cet escalier.
Trois, vous maniez l'�p�e avec une adresse diabolique.
D'ailleurs, vous allez retourner d'o� vous venez : en enfer, se�or Zorro !
Curieuse fa�on de traiter votre futur neveu, oncle Luis.
Je suis las de vos bons mots. Emmenez-le.
Morales !
Convoquez l'officier de jour ainsi que tous les cavaliers et les p�ons du district.
Bien, Votre Excellence.
Les cavaliers sont appel�s � se rendre chez l'alcalde sur-le-champ.
- En pleine nuit ? Ridicule ! - Ordres de l'alcalde.
Sergent, r�unissez le peloton d'ex�cution.
- Pourquoi a-t-on arr�t� Diego ? - Je l'ignore.
Luis refuse de me le dire. Il a perdu la t�te !
Entrez.
Son Excellence prie ces dames de ne pas quitter leur chambre.
- Pourquoi ? - Je ne fais qu'appliquer les ordres.
Peloton d'ex�cution ! En avant, marche !
- Bonsoir. - Pourquoi nous a-t-on r�unis ?
- Le savez-vous, Alejandro ? - Non. J'ai �t� convoqu�, comme vous.
Quelque chose se pr�pare.
Bonsoir, messieurs. Je suis ravi de vous voir.
Venez-en aux faits. Pourquoi nous avoir fait venir ?
Pour assister � un spectacle r�jouissant qui devrait particuli�rement vous plaire.
Un cavalier sera ex�cut� � minuit.
- Quel cavalier ? - Qui est-ce ?
Celui que vous avez choisi pour me d�fier, m'attaquer, me menacer !
Je vous ai r�unis pour que sa mort vous serve de le�on.
- J'ignore de quoi vous parlez. - Moi aussi.
Vous �tes presque convaincant.
Vous allez perdre votre meilleur acteur.
Votre cher Zorro ne sera bient�t plus de ce monde.
Voici. Permettez, mon p�re.
Maintenant, ouvre grands les yeux. Regarde la bougie.
Souffle.
Mais je peux faire bien mieux. Comme changer une pi�ce de cuivre en or.
- Vous savez faire �a ? - Le p�re m'a vu � l'�uvre.
- � maintes reprises. - C'est un truc d�couvert par Merlin
au 11e si�cle. Il a �t� transmis par des g�n�rations de sorciers.
Nous sommes quelques-uns � le conna�tre.
Vous pourriez changer un centime en or ?
- Sans aucun probl�me. - Faites-le pour moi !
Je suis las. J'ai besoin de repos.
Monsieur, j'ai une femme et sept enfants.
J'ai du mal � les nourrir avec ma paie.
Piti�, fabriquez-leur de l'or. Je prierai pour vous.
Je n'ai pas le choix !
Mets la pi�ce dans ta main et ferme-la.
Passe le poing � travers les barreaux.
Attention, le m�tal froid g�cherait tout. Donne-moi ton poing. Comme �a !
Ouvre la porte ! Fais vite.
D�p�che-toi !
Entre. Allonge-toi l�-dessous, pr�s du mur. Je ne veux pas t'entendre.
Fermez la porte, mon p�re.
Cachez �a sous votre robe.
Asseyez-vous.
Vous allez voir � quoi m�nent les complots que vous avez foment�s.
Entrez.
Voici le tra�tre Zorro, bien � l'abri derri�re les barreaux.
Qu'est-ce que cela signifie ?
Cette plaisanterie est de fort mauvais go�t !
- Ne faites pas l'ignorant. - Quintero, vous �tes un idiot.
Zorro est un homme. Ce bon � rien est mon fils.
Et ce tour-l�, tu le connais, p�re ?
Au secours. Zorro s'est �chapp� !
- Messieurs, �tes-vous de mon c�t� ? - Moi oui, Diego !
Pardonne-moi, Seigneur.
Quelle magnifique assembl�e : les p�ons, les cavaliers... Tout le monde est l� !
- C'est tr�s aimable de votre part. - Que s'est-il pass� ?
Bonsoir, mesdames. Son Excellence va faire un discours.
Un discours ? Mais pour dire quoi ?
Vous savez bien : pour annoncer votre d�mission.
Silence ! Son Excellence va parler.
Nous vous attendons, Excellence. Allez-y.
Chers habitants de Los Angeles,
les efforts constants que j'ai d�ploy�s pour am�liorer vos conditions de vie
ont compromis ma sant�.
J'ai donc d�cid� de d�missionner et de partir pour l'Espagne.
Pour me succ�der � la t�te de ce district, je nomme mon illustre pr�d�cesseur,
don Alejandro Vega.
Votre Excellence, permettez-moi de vous conduire jusqu'au quai de San Pedro.
Je b�nirai votre voyage et demanderai � Dieu de vous r�compenser comme vous le m�ritez.
L'Espagne !
Quand notre Lolita et vous-m�me viendrez-vous nous voir ?
Pas avant longtemps. Nous allons d'abord suivre la coutume locale.
- Que voulez-vous dire ? - Nous marier,
gaver nos enfants et regarder pousser nos vignes.
Sous-titrage Visiontext : Sarah Ribatto
FRENCH
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