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Votre Majest�.
J'ai souill� mon linge de corps.
Papa, on a pr�par� votre collation
mais Fran�oise ne peut porter le plateau
et on a demand� de l'aide � Philippe.
Je suis le plus fort.
J'aurais pu le porter.
Certes, mais l� il te faut changer de v�tements.
Fais vite. Nous mangerons � ton retour.
Bonjour, Majest�.
Ma reine.
Avez-vous bien dormi ?
Merveilleusement bien dormi, Majest�.
Que vous �tes beau aujourd'hui.
Merci, ma ch�re.
Je dois porter ma nouvelle robe aujourd'hui.
Ce soir.
Pas maintenant.
Faites savoir que la cour s'installera
au palais de Versailles
au courant du mois de mai.
Applaudissez.
Voyez-vous l'importance de susciter la bonne r�action ?
Oui.
� cette fin de bon augure,
les meilleurs mod�les de l'humanit�
doivent incarner la vraie gloire de la France
dans un palais � la splendeur
�ternelle et retentissante.
Prenez note :
votre �loquence ils devront aimer,
votre conduite ils devront craindre.
J'ai de ce fait ordonn�
que les plus grands ma�tres de France
ex�cutent cette vision
sans pr�c�dent dans l'histoire
du monde,
par des jardins d'une beaut�
exquise et sans �gal.
Le paradis...
sera ici.
La lumi�re baisse, ma�tre.
Des flambeaux !
Madame !
C'est cela ?
Dans une semaine � 11 heures.
N'oubliez pas la longueur.
Si vous marchez sur l'ourlet, elle se d�chirera.
Elle me serre ici.
Merci.
"Ma�tre Le N�tre,
"je suis enchant�e de faire votre connaissance.
"J'admire votre travail depuis longtemps."
Le N�tre ?
Par trop habile, � mon avis.
Il profite du nom de son p�re.
Pour y arriver, je les imite.
Ils ne r�sistent pas � la flatterie.
Ces t�tes perruqu�es ne sont que vanit�.
Certes, une fois introduit, il faut du talent.
� propos de vanit�,
voil� un chapeau.
Qui est-ce ?
Madame de Barra.
J'en suis tout �bahi.
Quelle est sa r�putation ?
Rien qui ne justifie sa pr�sence.
Les plans de monsieur Mauve.
Combien d'autres candidats ?
Trois autres, outre celui-ci.
Mais on en voit la fin.
Lourdeur ou irrespect, tel est mon choix apparent.
Si le roi n'�tait aussi exigeant, je cr�erais moi-m�me les jardins.
En effet, ma�tre,
et en attendant ?
Monsieur Mauve.
Madame de Barra.
Monsieur Duras.
- Nouveau manteau ? - Id�e de ma femme.
Il sera tout crott� mardi.
Pour elle, on aura ce travail et �a m�rite cette extravagance.
Cela est sens�.
Messieurs, je n'ai pas eu le plaisir...
Jean Risse
et Daniel Le Vieille.
Madame Sabine de Barra.
Vous �tes l� pour l'entretien ?
- Oui. - Et vous ?
Pareillement.
� Paris depuis longtemps ?
Deux ans.
Pour qui avez-vous d�j� travaill� ?
Je connais tous les entrepreneurs de province.
Tous les gentilshommes.
Il n'y a pas de gentilhomme. Je travaille seule.
Nous passons � la m�me heure ?
Nous sommes venus t�t pour espionner les candidats.
Je suis d�j� pass�.
- Comment �a s'est pass� ? - �a a dur� une heure.
Il a soigneusement �tudi� les plans. Nous verrons.
Vous l'aurez impressionn�.
Je travaillais pour son p�re.
J'ai bon espoir.
Lui aussi.
Madame de Barra.
Eh bien, messieurs...
Meilleurs auspices.
Claude Moulin, madame, secr�taire de ma�tre Le N�tre.
L'avez-vous d�j� vu ?
Non.
Madame.
Monsieur.
Enchant�e de faire votre connaissance.
J'admire votre travail depuis longtemps.
Ravie de postuler.
Ce sont vos plans, madame ?
Oui.
D'aucuns peuvent �tre vus, d'autres sont en cours,
pas encore achev�s.
Comme requis,
il y a deux s�ries de plans selon vos instructions.
Le 5e et le 6e, je crois.
- Peut-�tre sous la... - Je les ai examin�s.
Alors...
Puis-je vous poser une question ?
Je vous en prie, ma�tre.
Croyez-vous � l'ordre ?
- L'ordre ? - Dans un paysage ?
Je l'admire.
Sur ces plans, on n'en voit pas la trace.
Permettez.
Il me semble que le 6e plan sugg�re absolument...
Croyez-vous en l'ordre dans le paysage ?
L'ordre exige que l'on revienne sur Rome ou la Renaissance.
Je pense qu'il doit y avoir
quelque chose de particuli�rement fran�ais
que nous n'avons pas encore glorifi�.
Et il faut les r�gles de l'ordre pour l'atteindre.
Toute mon �uvre
se base sur un principe que vous r�futez.
Je m'�merveille de vous voir
postuler une place chez quelqu'un que vous jugez...
d�pass�.
Monsieur,
je n'ai qu'admiration pour votre �uvre.
Vous �tes un pr�curseur. Veuillez pardonner toute insulte
que bien involontairement...
j'aurais faite.
Il se peut, madame,
que lorsque vous serez l'objet de critiques
comme ma famille l'a �t�,
vous repenserez � cette conversation.
Bonne journ�e.
Trois minutes, c'est �a ?
Comment cela s'est pass� ?
Pas tr�s bien.
Un candidat a votre pr�f�rence ?
Le roi veut plus que la perfection et recherche l'impossible.
Je suis entour� de barbares.
La mort m'attend si j'�choue.
La prison, plut�t.
Creusez la terre et voyez ce qui pousse.
Votre p�re aurait agi ainsi.
Vous aviez dit qu'aucun homme, aussi grand fut-il,
ne sait ce qu'il veut tant qu'on ne le lui donne pas.
C'est vrai.
Un gentilhomme est l�.
- Monsieur Le N�tre. - Ici ?
Pas de panique, je reste.
Vite !
Donne.
Montez.
Dis-lui d'attendre un instant.
Madame sera avec vous dans un instant.
Mon p�re m'a appris le jardinage.
� voir la beaut� et � la recr�er,
non comme un exercice mais comme un acte de foi.
Il m'a dit que Dieu nous a d'abord plac�s dans un jardin
et la perte de l'�den nous a condamn�s � le r�inventer.
Mais nous sommes peu � avoir la chance de le savoir.
Seuls quelques-uns d'entre nous ont ce don.
Je vous ai �pi�e
avant l'entretien.
Vous avez d�plac� un de mes pots.
En effet.
�a m'a intrigu�.
Je n'abuserai pas de votre temps.
J'ai de nouveau regard� vos plans.
Ils vous importent peu. J'en ai l'habitude.
Ce n'est pas ce que j'ai dit.
J'ai dit que je n'y voyais aucun ordre.
Cette prolif�ration chaotique,
est-ce l� votre �den ?
Ma qu�te de l'�den.
Je viens de disserter sur la pression du regard public.
Je vous �pargnerai cela. Mais, madame,
dans mon univers, m�me l'anarchie d�pend du bon vouloir du roi
et le chaos doit coller au budget.
Bonsoir.
Plus tard.
Gentilshommes.
Bienvenue � Versailles.
Vous avez trouv� facilement, j'esp�re.
Votre plan �tait tr�s pr�cis.
J'en aurai besoin pour repartir.
Nous allons voyager un peu.
Madame de Barra.
Monsieur Sualem et De Ville.
Charg�s de construire la machine de Marly et l'aqueduc
qui, nous esp�rons, palliera le manque d'eau ici.
- Madame... - Messieurs...
Madame de Barra construira le bosquet des Rocailles ici.
L'eau, plut�t son manque, sera un souci permanent.
Ma�tre, les ambitions du roi sont...
Sans fin et nous devons les satisfaire.
Nul ne peut satisfaire des exigences sans fin.
Elles ne sont pas sans fin, ce sont celles du roi.
Entendu, mais l'aqueduc a ses limites.
Quand sa construction a d�but�, j'ai cru que...
Oublions le pass�.
Notre t�che est de transformer la nature
selon les plans actuels.
Mais, l'argent d�pens�...
L'aqueduc fournira assez d'eau aux jardins car il le faut.
Telle est votre mission.
Madame.
C'est votre plan pour l'essentiel. Le 6e, je crois.
Cette partie est enti�rement de mon fait.
Vous voyez ? �a colle avec cette partie de votre plan.
Vous voyez l'�tendue de l'entreprise.
Oui.
C'est une grande superficie plate.
Une ar�ne avec des c�t�s en gradins.
En effet.
L'orchestre...
sera plac� ici.
L'orchestre ?
Une salle de bal.
En ext�rieur.
Nous avons des ma�ons.
Vous avez carte blanche pour le mat�riel.
Et pour tout ornement qui vous si�ra.
Il y a une �ch�ance.
Voici le budget.
�vitez de le d�passer.
Ma�tre.
Pourquoi moi ?
Ces jardins doivent pouvoir embrasser d'autres voix... que la mienne.
- Maman ! - J'arrive.
Mme de Barra.
Monsieur, pardonnez-moi de venir vous importuner.
J'ai retravaill� les plans.
Si nous remplissons un r�servoir au sommet de la colline,
il y aura assez d'eau pour les fontaines et le reste.
Nul besoin d'eau courante si nous la recyclons.
La pression la fera remonter au sommet.
Et,
il y a une rivi�re...
ici.
Sous terre.
Vous permettez ?
Bien s�r.
Eh bien,
merci, madame.
J'�tudierai tout �a en d�tail.
Pardonnez-moi d'ajouter des probl�mes.
J'en ai l'habitude.
Et comme une bonne plante, je ploie.
On a attendu une heure pour une table de jeu.
La Montespan et Lauzun les avaient monopolis�es.
Bref, on a ensuite appris que sa maison br�lait.
On pensait que sa chance allait tourner.
Mais non, la marquise a continu�.
Ses enfants �taient sauv�s. Que faire d'autre ?
Elle a fait preuve de cran
et elle a �t� applaudie.
Comment me va cette robe, Andr� ?
Andr�, tu m'�coutes ?
Elle te va tr�s bien.
Qu'examines-tu de si important ?
Des plans.
Versailles.
Ce sont les plans de cette femme ?
Oui.
Je vois.
Boutonne-les, tu veux ?
Tes doigts sont gourds.
C'est peut-�tre le secret de notre entente.
Tu es cr�atif
mais inapte aux man�uvres d�licates.
Ne l'oublie pas,
c'est moi l'experte.
Tu n'es que le jardinier, aussi �minent sois-tu.
Sans moi pour servir tes int�r�ts...
Sers-toi de ta formidable imagination.
Ch�re madame de Barra
�a suffit pour aujourd'hui.
Que...
O�...
O� allez-vous ?
Luc ?
Comment �tes-vous mise, madame ?
� quelle heure vous �tes-vous lev�e ?
Je ne sais plus.
Vous devez faire attention.
Vous ne tiendrez pas longtemps. Et que deviendrions-nous ?
Je trouverais quelque chose.
�a vient d'arriver.
�a dit quoi ?
�a dit quoi ?
Vous les connaissez ?
Monsieur Duras.
Il faut savoir y faire avec les �quipes ou on a les mauvaises.
Celle d'avant... tra�naille ailleurs et ne nous emb�tera plus.
Pareil pour les fournisseurs.
Un de vos amis que j'ai vu � l'entretien
les a recommand�s.
Il n'a pas r�fl�chi.
- Mais vous, si ? - Si vous �chouez,
nous �chouons tous.
Pas agr�able, certes,
mais vrai.
Alors...
J'ai su qui �tait commandit�.
Ils ont tous eu de bons laboureurs, sauf vous.
Gr�ce � vos amis.
D'aucuns d�testent perdre.
Ma femme est un L�viathan et j'ai l'habitude de me faire avoir.
Elle a donn� des instructions que je n'oserais d�fier.
- � savoir ? - "Demande-lui du travail."
L'homme n'est qu'un f�tu de paille face au L�viathan.
Qui plus est,
j'ai des petits.
Ils sont ma fiert�, m�me si ailleurs je suis humili�.
Je peux l'�ter ?
J'ai �t� invit�e au Louvre.
Bont� divine !
Et � souper, j'imagine. Excellent.
Il y aura d'autres gens ?
Versailles
doit �tre le c�ur de notre royaume,
habit� par les plus beaux mod�les de l'humanit�,
digne des dieux d'antan
qui verront et trouveront leur �cho dans des jardins
o� chaque d�tour
d�voilera un nouveau ravissement.
Des fontaines
au flux si doux qu'il sera un baume pour un tympan fl�tri.
Le parfum d'orangers en fleurs
sera port� par un z�phyr temp�r�.
Versailles.
Pardonnez-moi.
C'est par ici, madame.
Un peu d'air frais vesp�ral
est de rigueur, n'est-ce pas ?
Merci.
Premi�re fois � la cour ?
C'est la cour ?
O� pensiez-vous �tre ?
Je ne sais pas.
� une r�ception pour les jardiniers de Versailles.
Une affaire de serres ? Absolument charmant.
Diad�me parmi les mauvaises herbes.
Je pense avoir quelque part sous-estim� l'�v�nement, monsieur.
Antoine Nompar de Caumont, marquis de Puyguilhem,
duc de Lauzun.
Antoine.
- Sabine de Barra. - Enchant�.
Je vous fais visiter.
Que savez-vous de nous, les souris dans le pi�ge ?
Absolument rien, je regrette.
Hiver, �t�, automne et printemps, nous sommes l�.
Nous ne pouvons partir sans la permission du roi.
Pi�g�s comme des souris.
Une petite communaut�. Nous ne sommes que deux mille.
Tout le monde se conna�t.
Chacun a fray� son chemin � l'int�rieur du groupe.
Fray� son chemin ?
A combattu, a eu une aventure,
ce genre de choses.
La marquise de Montespan, en retard comme d'habitude.
Ma�tresse du roi, m�re de quatre de ses enfants.
Mais son humeur vagabonde, et une nouvelle �toile s'�l�ve.
Ah bon ?
Madame de Maintenon.
Elle est ici ?
Elle se d�voue � Dieu et abhorre ces frivolit�s.
Contrairement � d'autres.
Ne regardez pas, on parle de nous.
Madame de Barra.
Vous �tes...
En retard ?
Non.
- En avance ? - Non.
Quoi, alors ?
Tenez.
Un de vos jardiniers, parfait.
J'accompagne la marquise au souper.
Je vous confie ma nouvelle amie ?
Bien s�r.
Gardez-la bien, les vautours tournoient.
J'ai �t� enchant�.
Madame...
Quelle vie extraordinaire.
Vous circulez � loisir ?
Oh, oui. Je vais et je viens.
Et ils partent tous � Versailles.
Au village.
Vous n'y allez pas ?
Je sombrerais dans la folie.
Ils vous prennent pour un mara�cher ?
Vous ne faites aucun cas de ma vanit�.
Je suis s�re que vous n'en avez pas.
Et vous, madame Sabine de Barra ?
Vous �tes encline ?
Vous vous souvenez de ma coiffe.
Impossible de l'oublier.
Extr�mement co�teuse.
Et parfaitement inutile.
Nolly !
Vieux chou-fleur ador� !
Monsieur.
Vite, embrassez-moi ou j'en prendrais ombrage !
- Beau chapeau. - Vous trouvez ?
J'essaie, je n'en porte jamais.
Non.
De peur d'�craser ma perruque.
Qui est-ce ?
Vous �tes prostern�e, permettez.
Je vous pr�sente Son Altesse Royale Philippe, duc d'Orl�ans.
Votre Altesse, madame Sabine de Barra.
Enchant�, madame.
Comment une femme au go�t aussi exquis
peut-elle fr�quenter ce jardinier ?
J'avoue que je suis moi-m�me jardinier,
Votre Altesse.
Pour le ma�tre � Versailles.
C'est inconcevable.
Comment cela se fait-il ?
Je vous pr�sente le marquis du Vass�.
- Ma�tre Le N�tre, madame de Barra. - Ravi.
Le myst�re demeure.
Que fait une femme � la sophistication aussi mesur�e avec Nolly ?
Je parle du bord oppos� de la mode.
Je ne m'en excuse pas, j'adore �a.
R�pondez, faites-moi taire.
C'�tait la seule chose que je savais faire pour de l'argent.
Et vous aimez �a ? �a vous stimule ?
�a n'a pas �t� facile et m'a permis d'�tre ind�pendante.
Tr�s cher !
Je fais ce qu'on me dit de faire.
Jusqu'� �pouser de fortes femmes allemandes.
Je la pr�f�re � la pr�c�dente
qui est raide morte. Dieu merci.
Embrassez-moi, mon mari.
J'ai besoin d'affection.
C'est merveilleux un �poux accessible.
Tr�s ch�re, nous voil� impolis.
Princesse Palatine, duchesse d'Orl�ans, madame de Barra.
Nolly, � quoi s'emploie madame de Barra ?
�coutez, cela va vous int�resser.
� construire une cascade � Versailles.
Ce sera incomparable.
Fascinant !
J'admire les r�alisations techniques.
Promettez de nous montrer �a.
Votre Altesse voudra peut-�tre
d�jeuner � l'aqueduc de Louveciennes.
C'est � la campagne ?
Je disparais toujours � la campagne.
Et notre d�part � Versailles
fera de moi une m�duse humaine,
un mis�rable �tre informe.
Nous viendrons, ma�tre Le N�tre.
Tout le monde viendra, j'imagine.
Venez.
Promenons-nous et dites-moi tout sur votre projet.
Volontiers.
Nolly,
madame de Barra a manifestement ravi ma tr�s ch�re.
Vous a-t-elle ravi ?
Elle est distrayante et tr�s dou�e dans son domaine.
Vraiment ?
J'en suis ravi.
C'est bien.
Un macaron ?
Merci, sire.
Mon discours a plu, je crois.
En effet.
Les meilleurs repr�sentants de l'humanit� l'ont appr�ci�.
On b�tit avec de la pierre,
mais c'est de la plume, compar�e � la lourdeur de l'�tat.
Mon fr�re me dit que vous innovez dans les jardins. Pourquoi ?
J'ai �t� convaincu d'�largir mes horizons.
Cela a d�j� �t� test� ?
� mon avis, c'est opportun.
Opportun ?
L'an dernier, la f�te, costum�s en nymphes et bergers,
a �t� navrante avec ces perruques filasse. On avait l'air antiques.
Je veux la perfection
pour que les gens voient le meilleur d'eux-m�mes.
Nous sommes trop vieux pour les pitreries.
L'�uvre sera originale mais �quilibr�e.
J'en prends la responsabilit�.
Oui.
Il en sera ainsi.
Andr�.
Je ne vous ai pas vu dans le noir.
La soir�e vous a plu ?
Tout autant qu'� vous, j'imagine.
Votre pr�sence m'a surprise.
Avec cette femme.
Allumez !
Vous �tes imprudente.
Quand la jeunesse passera
Le ph�nix mourra
Tout aur�ol� de sa splendeur
C'est pourquoi tout homme d�sire
Le feu �clatant d'une femme
Avant que la vie ne s'ach�ve
Aimer alors que l'on va mourir
Rend les adieux plus doux
Aimer alors que l'on va mourir
Rend les adieux plus doux
Merci � tous
et surtout au marquis.
Je croasse a cappella.
Savez-vous que mon mari et le marquis sont amants ?
�a ne nous a pas emp�ch�s d'avoir des enfants.
Il les aime profond�ment.
C'est un fier guerrier.
Et il a un grand c�ur.
Je suis heureuse de mon choix.
Autre chose � propos de la campagne :
les crottes.
On en rencontre partout.
Ou des b�tes faisant des crottes.
La campagne est constell�e de crottes.
Vous avez joliment chant�.
Merci.
Je me sens parfois vaincu par les deux extr�mit�s de la vie.
Quand je suis dans la nature,
je sens le courage revenir doucement
et je me sens plus aguerri.
�a vous arrive souvent ?
�a empire avec le temps.
Votre femme ne vous accompagne jamais ?
Je veux dire,
elle ne vient pas avec vous d'habitude,
� part maintenant ?
Vous �tes tr�s directe.
Nous avons un arrangement.
Je trouve d�loyal de discuter de ces choses.
�tes-vous aussi mari�e ?
Non.
Mon mari est mort.
Je suis d�sol�.
Vous m'avez dit imprudente.
�tre imprudente, c'est faire fi de la s�curit�.
Je pense...
que c'est peut-�tre la s�curit� qui m'a abandonn�e.
Qu'y a-t-il ?
Rien.
C'est...
- Continuons. - Bien s�r.
Venez.
Que je vous montre quelque chose.
C'est un sanctuaire.
La reine...
est morte.
C'est si gentil.
C'�tait si rapide.
Le pique-nique vous a diverti, Andr� ?
Je comprends que vous n'�tes pas au courant.
De quoi ?
Que voulez-vous dire ?
La reine...
est morte.
- La reine... - Est morte.
Le roi peut se remarier.
Mais plus avec votre amie la marquise.
Je suis navr� pour la Montespan.
Ourdissez prudemment.
Madame de Barra.
Ma�tre.
Vous avez progress�.
J'ai un nouveau contrema�tre. Monsieur Duras.
Il a fallu drainer sous la fontaine.
Le sol est d�tremp�.
Le probl�me de ces jardins.
Merci.
Oubliez-vous parfois de manger ?
C'est du p�t� de madame de la Tour.
Elle nourrit ses canard aux algues.
Elle ne peut faire plus.
Vertu n�e du besoin.
Qu'est-ce qui vous amuse ?
Une Irlandaise est morte et son mari a �crit
sur sa tombe : "Ci-g�t Eleanor Fitzgerald,
"ses vertus d�passaient ses d�fauts."
Tr�s noble de sa part.
Il la lui a montr�e avant ?
Je lui aurais crev� un �il.
Il le pensait peut-�tre.
Comment va le roi ?
Choqu�, j'imagine.
Pauvre petite femme espagnole.
D�capit�e et ses entrailles r�pandues.
Et tous ses amis, ses domestiques,
r�unis autour de la table.
- Pourquoi d�capit�e ? - Pour savoir de quoi elle est morte.
Vous devrez... assister aux obs�ques.
Eh bien, je devrais m'en aller.
C'est moi, monsieur le roi. Permettez ?
Oui, mon fr�re.
Si le roi ne mange pas,
la France non plus.
Je vais nourrir la France,
il faudra vous y faire.
Je n'ai pas faim.
De la gel�e de rose.
Et au citron ?
Je souhaite aller � Marly.
Et je souhaite �tre seul.
�vitez de les courber.
Mes beaut�s.
Monsieur de la Quintinie ?
Madame Sabine de Barra.
Ravie de vous rencontrer.
Je suis mandat�e par le bureau des b�tisseurs de Versailles
pour vous commander des arbustes.
J'ai apport� des plantes vivaces que nous pourrions �changer.
C'est la quatre saisons ?
Oui, il me semble.
Divine.
La couleur aussi.
Vous avez des plantes, dites-vous ?
Oui, sur une charrette.
Je pensais les faire apporter ici
mais je ne vois personne.
J'ai souhait� �tre seul.
Dans ce cas, je reviendrai.
Non, non.
Vous �tes la compagnie qu'il me faut.
Il n'est rien qui me conviendrait mieux...
� moi, jardinier du roi
que des conseils sur les vivaces.
Permettez, madame, que je vous aide.
Vous �tes bien bon.
Vous �tes le champion des poires, ma�tre.
Je les aime, sans plus.
Je pense que le ma�tre me joue un tour.
Un tour ?
J'ai lu votre ouvrage sur les poires.
Mon ouvrage sur les poires ?
C'est vrai, j'ai �crit cet ouvrage.
O� je dis les aimer beaucoup.
En effet.
Ainsi que les vivaces.
Vous aimez les fleurs ?
Madame, je les aime passionn�ment.
Mais je ne peux en avoir autant que je voudrais � Versailles
� cause de ma�tre Le N�tre. Il ne m'accorde que quelques parterres.
J'esp�rais le convertir en m'y installant.
Cependant...
Vous savez qui je suis.
Peut-on l'oublier et continuer comme avant ?
Aujourd'hui, je suis...
monsieur de la Quintinie.
En effet. C'est qui vous �tes.
Vous vous r�jouissez d'aller � Versailles, sire ?
Tout � fait.
Et c'est mieux pour les enfants.
Je sais que c'est un pensum pour tous.
J'ai eu le sentiment que les artisans ne partiraient que si j'arrivais.
Vous connaissez des artisans, madame de Barra ?
Je construis actuellement dans vos jardins de Versailles.
Que construisez-vous ?
Le bosquet des Rocailles.
- Je vois. - Je ne peux en revendiquer
toute la cr�ation.
Ma�tre Le N�tre a pris un de mes dessins
et en a fait une chose remarquable.
D'o�...
voyez-vous... ma r�ticence.
Vous admirez le ma�tre ?
Il est la personne la plus enti�re que je connaisse.
J'aimerais tant qu'on me d�crive ainsi.
Ce sont vos fleurs ?
Mon �pouse est morte r�cemment. Vous l'avez appris ?
Oui, sire.
Je me souviens du jour de votre mariage.
Je l'esp�re, il a �t� fort co�teux.
Bien que son p�re y ait largement particip�.
Il avait le cerveau d�rang�.
Une longue lign�e, �a n'est jamais bon.
Elle �tait candide, en v�rit�.
Mais elle �tait gentille...
et m'�tait toute d�vou�e.
J'ai trouv� �a apr�s sa mort.
Ce n'est qu'un compte rendu de nos vies.
L'�criture est enfantine.
Vous voyez ceci ?
"Aujourd'hui, j'ai gard� une fleur de Sa Majest�."
Avec l'heure et l'endroit.
La vie secr�te de cette petite femme.
J'en ressens le manque.
J'aimerais me remarier.
Cette fois, avec quelqu'un de mon choix,
pas celui de l'�tat.
Votre Majest� pense � quelqu'un ?
Oui, mais la dame est tr�s pieuse.
Le soir, quand je vais la voir,
nous ne faisons que nous asseoir et parler.
Mais j'aime ces moments de bien-�tre.
De bien-�tre.
Malheureusement, elle est roturi�re. Vous voyez, je suis dans une impasse.
Si vous deviez vous marier
� la dame de votre choix,
faudrait-il que ce soit su par tout le monde ?
Si la c�r�monie �tait priv�e, avec seulement le couple,
qui trouverait � y redire ?
Il serait trop tard apr�s.
Oui.
Tant � combattre.
Qu'en est-il de vous, madame ?
Quelles pulsions vous guident ?
Vous aimez quelqu'un ?
Je ne peux l'avouer.
Pourquoi ?
� cause de quelque chose de personnel.
En quoi cela peut-il emp�cher d'aimer ?
L'heure est venue
pour tous deux de d�fier le pass�
et de vivre dans le pr�sent.
J'�crirai une lettre de jardinier � jardinier,
pour... disons, r�cup�rer des semis.
Ainsi, vous viendrez � la cour...
o� mon regard
sera toujours sur vous.
Je n'oublierai jamais notre journ�e au jardin.
Toujours � jouer avec �a, Andr� ?
�a m'aide � r�fl�chir.
Pour vous.
Il y a la fleur de lys.
Cela vient du roi, j'imagine.
Une invitation ?
- Besoin de quelque chose ? - Andr�...
C'est un secret ?
Puisque vous me le demandez,
je pars � Fontainebleau � la fin de la semaine.
Fontainebleau ?
J'ignorais qu'il s'y d�roulait des �v�nements.
S�rement un oubli.
Je m'y rendrai seul.
Il en est ainsi, madame.
Excusez-moi.
Madame de Barra
est un �l�ment de votre vie � inclure ?
Andr�,
une femme artisan !
Je suis artisan.
Profession qui vous fait vivre.
Tr�s amusant.
Vous vous �tes peut-�tre infatu� d'elle. Soit.
Mais cela ne doit pas interf�rer dans nos vies.
Si cela s'apprenait, je deviendrais la ris�e de tous.
Je vous rappellerai que tout cela est de votre fait.
Vous et vous seule avez impos� ce mode de vie.
Et vous l'avez fait
quand j'avais besoin de vous.
Je nous sens au bord du pr�cipice.
J'essaie de nous retenir.
Vous saviez que j'allais souffrir.
Mais vous avez v�cu selon vos souhaits sans que je m'en m�le.
Je vous demande
le m�me traitement.
Andr�, �coutez la voix de la raison.
Ne m'excluez pas !
Je vous ai suppli�e alors. Vous vous souvenez ?
Permettez que je vous retourne votre conseil :
"Il s'agit de se sentir unique.
"Si nous n'arrivons pas � faire que l'autre se sente unique,
"il nous faut l'accepter
"et aller chercher notre bien-�tre ailleurs.
"C'est un accord honn�te,
"vous vous y ferez."
Voil� ce que vous avez dit.
Comment est la motte ?
Un peu s�che.
Il faut l'arroser.
Peut-�tre pas.
Mettez-les � l'abri.
Couvrons les gradins.
J'ai besoin de corde.
Et moi, de manger. Au chaud.
Allez-y, j'arrive.
Madame de Barra.
Je m'appelle Le N�tre.
Madame...
Avez-vous d�j� pressenti l'influence de quelqu'un ?
Vous �tes veuve.
Vous devez vous sentir seule.
Je sais depuis quelque temps qu'Andr� a un bonheur secret.
Mais les ambitions de mon mari ne sont mari�es qu'aux miennes.
Vous n'�tes pas sa premi�re incartade ni la seule en ce moment.
Vous serez, puis ne serez plus.
Comprenez-moi, madame,
cela sied ainsi � mon mari et � moi.
Jolie chose.
On a trouv� la vanne qui relie le r�servoir � la fontaine.
Si on l'ouvre, le d�ferlement d'eau
noiera le chantier.
Faites-le.
Plus tard...
Utilisez le bois pour boucher !
La vanne doit �tre ouverte !
On a besoin d'aide !
Et de prier !
Au diable les pri�res !
Merci.
�a s'arrangera ?
�a s'arrangera.
Les gradins �taient trop faibles.
La vanne �tait ouverte.
On ne peut vous le reprocher, ni l'orage.
Que dois-je faire ?
Vous adapter.
Comme une plante bien form�e.
Comme une plante bien form�e.
Suis-je l'objet d'un divertissement pour vous ?
Pas du tout.
Tout �a est inhabituel pour moi.
Est-ce honn�te ?
- L'�tes-vous ? - Non.
Pas depuis que je vous ai vue dans mon jardin.
Votre c�ur bat intens�ment, le mien fait tic-tac.
Je n'ai rien � offrir � cette merveille.
Si vous avez faim, je vous nourrirai.
Si je suis folle, vous le direz.
Vous ne l'�tes pas.
Vous ne savez pas tout.
Avez-vous faim ?
Je meurs de faim.
N'�tes-vous pas heureuse ?
Si.
C'est ce qui me fait pleurer.
Je ne peux pas.
Ne me demandez rien.
Que dois-je dire ? C'est original ?
Continuez ind�finiment ? Devons-nous vous dire ceci ?
Vous travaillez avec madame de Barra.
Ce plan vous convainc ?
Si vous permettez, Votre Majest�,
j'�tais sceptique aussi au d�but.
Et maintenant ?
Je suis converti.
Ces contretemps sont dus � la nature, sire.
La perfection ne s'incline pas devant la nature. Qu'est-ce ?
Je suis heureux que vous le demandiez,
car c'est ce que madame de Barra est.
�trange, sire.
Puis-je vous montrer ?
Souvenez-vous
des nymphes et des bergers.
Avec l'�ge, nous voyons les choses plus clairement.
Ce projet...
est-il � notre hauteur ?
La vision de madame de Barra est sans pr�c�dent.
On ne peut que se fier
� ceux capables d'innover, sire.
Mais quand la beaut� est ainsi d�finie,
alors son art, par-dessus tout...
est � la hauteur du roi.
Je ne vois que de la boue.
Nous �valuerons vos paroles plus tard.
Pour l'instant, informez madame de Barra que je la verrai � Fontainebleau.
Andr� ?
Qui voil� !
Vous avez dormi l� ?
Il n'a vu que de la boue.
�a va s'arranger.
On me doit des faveurs,
doublons nos heures et on s'en sortira.
Mais vous devez �tre le chef
et les charmer ainsi que Sa Majest�.
Vous saurez encore faire ?
Les charmer ?
Le ma�tre est avec vous.
Vous l'avez entendu ?
Il n'a gu�re dormi non plus.
Je me demandais quand la flamme jaillirait.
J'ignore...
quelle histoire ceci raconte
ou quel mal il implique.
Cette fin est mauvaise pour tous deux
et je le regrette.
Bienvenue � Fontainebleau.
- Antoine. - Quelle beaut� !
- C'est obligatoire. - En effet.
Mais un d�fi pour d'aucunes !
�a n'a pas l'air
de l'�tre pour vous.
Ne m'en parlez pas, �a a vid� ma bourse.
Pire encore, cela affecte mon jeu.
J'avoue que vous escorter ici est un beau coup.
Pourquoi ?
Plus d'un r�ve de vous rencontrer.
Je ne suis personne. Quel en serait l'int�r�t ?
Madame, la r�ponse est dans tous ces regards sur vous.
Vous �tes personne alors qu'ils sont tous quelqu'un.
Vous �tes plus que quelqu'un.
Et avec de la conversation.
Ce ne sont que des mots.
Vous voyez ?
Ils s'int�ressent � nous � cause de mon hilarit�.
Ils devront patienter.
J'ai pour mission de vous amener � une personne.
La marquise de Montespan.
Mon Dieu, que d'artifices il m'a fallu utiliser.
J'ai soudoy�, menti et tromp� impun�ment pour vous rencontrer.
- Combien au ma�tre d'h�tel ? - 5 louis d'or.
- C'est trop ? - C'est bien d�pens�.
Je vous aime profond�ment.
Embrassez-moi et laissez-moi avec mon prix.
Je vous vois tant�t.
Madame...
Bonne chance au jeu.
Je me sens en veine.
Mon plus cher ami et divin amant.
Que dire ? Nous nous sommes enflamm�s avant que le roi s'int�resse � moi.
Votre premi�re fois � Fontainebleau ?
- Oui. - Pas de titre ?
Aucun, je suis roturi�re.
Vous n'�tes l� que par m�rite.
- Je connais un homme c�l�bre. - Je vois.
J'allais proposer Lauzun mais vous m'avez devanc�e.
- Ath�na�s ! - Palatine !
Et madame de Barra.
Je suis si heureuse de vous revoir.
Princesse.
Appelez-moi madame.
Comme tout le monde.
Venez... dans mon espace secret.
- Vous creusez la terre ? - Oui.
Vous n'�tes pas h�l�e.
Juste un peu.
Vous n'avez pas eu la variole !
Sa peau est immacul�e.
Montrez-nous vos seins. Ils sont jolis ?
Je vous montre les miens ?
- Ce sont les plus beaux. - C'est vrai.
Apr�s ceux de Suzanne qui a 70 ans.
Oui, les siens sont parfaits.
Vous voyez ?
Touchez-les.
Vos yeux ont la couleur de la mer.
Cette robe est coup�e diff�remment.
- J'aime sa taille. - Vous �tes mari�e ?
- Veuve. - Vous aimiez votre mari ?
- Oui. - Des enfants ?
Morts ?
Une fille.
Quel �ge ?
Six ans.
Palatine a perdu son fils aussi.
Il avait quatre ans.
Si petit et si beau.
Charles avait un an.
J'ai perdu Jeanne et Anne ensemble.
La variole.
J'ai perdu mon mari et mon fils au champ de bataille.
Morts dans les bras l'un de l'autre.
J'existe � peine.
Comment sont-ils morts ?
Il vous est difficile d'en parler ?
�a arrive.
J'ai tout mis dans un coffre.
Leurs v�tements, leurs chaussures...
ses jouets.
Je n'ai plus eu le courage de l'ouvrir.
Quand vous serez assez forte.
Quand vous serez assez forte.
On ne peut parler de la mort � la cour.
Le roi n'aime pas �a.
Mais nous en parlons entre nous.
Nul ne peut bannir un enfant du c�ur de sa m�re.
J'ai confi� mes enfants aux bons soins de madame de Maintenon.
Elle s'est retourn�e contre moi.
La vieille garce ang�lique.
Je suis sid�r�e qu'un couvent ne l'ait pas encore r�clam�e.
Le costume ne doit pas �tre � la hauteur.
Le roi arrive.
Avez-vous �t� pr�sent�e ?
Non.
Votre Majest�,
j'ai le plaisir de vous pr�senter madame de Barra.
Madame.
Votre Majest�.
C'est une quatre saisons ?
C'en est une, sire.
Pour le plus c�l�bre jardinier du monde.
Permettez-moi.
Votre Majest�...
Une senteur l�g�re et franche.
Naturelle sans exag�ration.
D'autres roses semblent fades
et quelque peu fan�es.
Destin commun aux roses, sire.
Continuez, madame.
Les roses s'exposent aux �l�ments, Votre Majest�.
Elles bourgeonnent, �closent et se fanent.
Cela est ainsi ?
Elles poussent inconscientes de cela
et passent naturellement d'un �tat au suivant.
Les �l�ments la traitent cruellement
mais elle ne le sait pas
et continue de pousser sans penser � sa beaut�.
H�las,
il n'en va pas de m�me pour nous.
Si la rose pouvait parler...
que dirait-elle ?
"Oui, je suis l�,
"j'ai servi sous l'�il de la nature,
"puis ce sera le tour de mes enfants.
"Est-il plus grande contribution ou gracieuse fin ?"
Une rose sage.
Comment le jardinier peut-il prot�ger cette rose
des dures attaques des �l�ments ?
De la patience, des soins
et un peu de chaleur du soleil sont nos meilleurs espoirs.
Je vous sais gr�, madame, pour ce doux rappel.
Faisons quelques pas.
Et parlez-moi
des progr�s dans notre jardin.
Sa gentillesse...
sans fard.
Vous avez �t� tr�s courageuse.
- J'esp�rais qu'il �coute. - Tr�ve d'humilit�.
J'�tais l� !
Je les ai vus mourir !
Je les entends si clairement !
Je la sens.
Je suis lib�r�e.
Te voil�.
Philippe ?
Tu es habill�.
J'ai � faire � Chartres.
J'emm�ne Marie-Claire
voir les marionnettes et manger une tarte.
- Marie-Claire, tu es l� ? - Papa !
Vous l'avez trouv�e ?
Regarde, ta Belle dormait avec maman.
- "Bonjour, Marie-Claire." - Vilaine !
Descends, je vais te punir !
Doux J�sus ! Elle n'a rien ?
Allons, elle est en tissu !
Voil� qui me rassure !
Il faut que je m'assoie.
J'ai � vous parler.
Depuis quand ?
Nous nous sommes �loign�s.
La plupart des hommes prennent une ma�tresse en pareil cas.
En pareil cas ?
Son nom ?
Diane.
O� vit-elle ?
Dans le Berry.
Pas trop loin.
Voici le carrosse.
Nous en reparlerons.
Quand revenez-vous ?
Ce soir, madame.
Pas de "madame" avec moi, Philippe.
Marie-claire ?
Noue tes lacets, tu vas tomber.
- Je ne sais pas faire, maman. - Attends.
Ma�tre, regardez �a.
Marie-Claire !
Jean ? La roue.
Le ma�tre a dit qu'elle tiendrait jusqu'au Berry.
Au Berry ?
Marie-Claire !
Je n'ai pas embrass� maman.
Arr�tez !
Non !
Sabine !
Elle �tait ce que j'ai fait de plus beau
et je l'ai tu�e.
Vous vouliez qu'ils meurent ? C'�tait pr�m�dit� ?
C'est votre mari qui a choisi d'enlever l'enfant.
C'�tait ma faute ! Je l'ai laiss� l'emmener !
Et si personne n'a rien � se reprocher ?
� quoi bon se fustiger ?
C'est d�j� assez d'endurer �a et de se relever.
On ne peut exiger davantage de soi. �a suffit.
Comment vous aider ?
En me serrant fort.
Qu'arrivera-t-il � votre femme ?
Ce n'�tait pas ainsi au d�but.
Nous avons d� apprendre � nous comporter.
Nous sommes tous deux fautifs.
Elle va mener sa propre vie.
Elle le sait d�sormais.
Et nous ?
Nous nous fa�onnerons.
Ce n'est pas le bon chemin.
Si, nous devons nous placer l�.
Pour l'amour du ciel ! J'ai d� louer �a.
Quel g�chis d'argent.
Comment �a ?
Personne ne nous verra.
La musique doit venir des cieux.
Bon vent, Sabine.
Madame a de la chance en amiti�.
Il adore.
Je suis toute rouge ?
Non, toute belle.
Vous me flattez ?
Est-ce mal ?
Dites "Madame" de nouveau.
Sous-titres : Alain Delalande
Sous-titrage : Monal Group
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