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(grondement du tonnerre)
- Puis? - Non, rien.
(soupir)
- Appelle l'HĂŽpital Dieu, lĂ ,
et l'autre hosto, celui-lĂ de Saint-Dom.
- Sacré-Coeur?
- Ouais.
Il se rendra pas bien loin vu l'état de son char.
Un autre soûlon qui veut pas
que sa blonde lui donne de la marde, let's go.
- Il va finir par sortir.
Il va finir de se cacher et chercher un hĂŽpital.
- Whatever, je m'en cĂąlisse.
(âȘ cellulaire âȘ)
(en arabe)
(carillon de la porte)
- Penses-tu que je pourrais téléphoner?
S'il te plaĂźt?
(sirĂšne)
(coups Ă la porte)
- Bonjour! - Bonsoir!
- Vous ĂȘtes la famille? - (ensemble): Oui.
- Euh, alors, la bonne nouvelle,
c'est qu'on ne craint pas... plus pour la vie de M. Elliot.
Il dort, il reprend des forces, son état est stable.
Il y avait beaucoup de drogue dans son systĂšme.
Euh, cocaine, oxycodone, kétamine et fentanyl,
qu'on retrouve de plus en plus malheureusement dans le coin,
en quantitĂ© mineure, mais quand mĂȘme...
et sans compter l'alcool, bien entendu.
Il va s'en sortir,
mais je laisse le Dr Girouard
le soin de vous parler demain matin.
- Il est ou, lui, osti?
- Son cell est mort... ou bien donc fermé.
- Osti de cĂąlisse...
(âȘ Fat Lip par Sum 41 âȘ)
(cris de joie)
- T'es trop proche. Elle va hair ça. ArrĂȘte, arrĂȘte.
(rire)
(pétard, cris de joie)
- Je pense qu'on peut porter un toast, hein?
Peut-ĂȘtre qu'on pourrait...
Tout le monde, je pense que c'est le moment
de porter un toast.
Hein? On peut peut-ĂȘtre porter...
- Veux-tu faire un toast avec ta camomille?
- Allez, pour Denis.
C'est l'heure de faire chanter des bisco...
Aah! ArrĂȘte ça, arrĂȘte ça!
- Julien est ou, lĂ ?
- Julien est-il encore parti Ă la toilette?
C'est un pisse-minute aujourd'hui, lui.
Julien! Allez! Embraye, mon garçon! Vite!
- Envoye! - Ah, ça, c'est ma mÚre!
Regarde, dĂšs qu'elle peut servir des bulles!
"Jama" qu'on aurait bu un petit vin blanc, "jama"!
- Pas "jama", Julien, "jamais".
"Pyjama" peut-ĂȘtre, mais pas "jama", bon!
- Attention, tout le monde! Ca s'en vient, ça s'en vient!
(éclatement du bouchon, cris de joie)
Alors, est-ce qu'on va pouvoir le faire, ce mosus de toast lĂ ?
Elliot?
Elliot, lĂąche-la 2 secondes.
- Oh boboy, Elliot!
- HĂ©, lĂ , lĂ , je vais me choquer!
- HĂ©, fais-le, ton osti de discours!
- Mais oui, mais je peux pas
si tout le monde parle, grande cloche!
- OK! Attends!
- ArrĂȘte ça, arrĂȘte. - Vos gueules!
- Bon! Mon dernier... Qu'est-ce qu'il y a?
ArrĂȘte de te tripoter le nez! On est Ă table.
Mon petit Elliot, mon petit dernier...
(imitation de ronflement)
Tu sais que je crois en toi, mon loup,
et je suis trĂšs, trĂšs fiĂšre de ton dernier bulletin,
mais au-delà de ça...
parce que moi, les mathématiques,
au-delĂ de Pythagore...
- Oh, reviens-en avec ça.
T'es fatigante avec ça.
- HĂ©, toi!
- Maman, reviens-en! - Tu feras ton discours aprĂšs!
Bon! Fatigant, lui!
Alors, mon Eli,
je veux te dire que je serai toujours lĂ pour toi.
Tu le sais, hein?
T'es arrivé dans nos vies,
puis les choses sont vite devenues compliquées,
mais bon, on n'a pas de répétition dans la vie, hein?
On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
Et... mon Dieu, cette journée,
bien, tes frĂšres le savent, hein...
cette journée, c'est une journée bien spéciale.
C'est ta graduation, bien sûr,
mais c'est aussi l'anniversaire de ta grande soeur Mireille.
C'est notre grande absente.
- Hé, est-ce que c'est nécessaire?
- HĂ©, tout, Julien... tout n'est pas toujours Ă propos de toi.
Si tu veux dire quelque chose, si tu veux parler,
tu le fais aprĂšs moi, bon!
Ca suffit, lĂ !
(toux)
Excusez-moi. - Tabarnac! OK.
(toux)
Excusez-moi. ArrĂȘte. Denis, arrĂȘte, s'il te plaĂźt.
(toux)
ArrĂȘte.
(reniflement)
Mais la vie fait bien les choses, Elliot,
parce que cette journée aujourd'hui,
c'est ta journée à toi,
une journée ou on regarde devant
et ou on trinque Ă toi... Ă nous...
et que ce bonheur-lĂ , cette paix-lĂ ,
et cette belle réussite-là continuent.
On les a pas volés.
Alors, bravo!
- Hé, qu'il aime ça, la pose!
- Alors, attention...
Mais oui, mais c'est ça qui est ça.
- Madeleine in the house! Wouh!
- Tu vas tremper tes lĂšvres, hein?
- Oui, oui, oui, s'il te plaĂźt, Madeleine.
- Dans un petit verre Ă la grecque.
- Bravo, Elliot!
- A Vaness, aussi!
- Oui, on va manger le souper,
mais avant, j'aimerais entonner
une petite chanson de circonstance.
- Non, non, non!
- HĂ©, c'est pour Elliot.
- Non, non, non, non!
- Oh, Elliot, c'est une petite chanson que tu connais.
- Non, non, Mado! Ca nous tente pas, Mado.
- ArrĂȘtez donc!
- Tu me la chanteras tantĂŽt.
Tu me la chanteras tantĂŽt en dedans.
- âȘâȘ Quittant le pays âȘ
âȘ Pour s'en aller gagner leur vie âȘ
ArrĂȘtez!
- Non, mais...
- âȘ Loin de la terre ou ils sont nĂ©s âȘ
âȘ Depuis toujours, ils en rĂȘvaient âȘ
âȘ De la ville et de ses secrets âȘ
âȘ Du formica et du cinĂ© âȘ
âȘ Les vieux, c'Ă©tait pas trĂšs original âȘ
âȘ Quand ils s'essuyaient machinal âȘ
âȘ D'un revers de manche les lĂšvres âȘ
âȘ Mais ils savaient tous Ă propos âȘ
âȘ Tuer la caille ou le perdreau âȘ
âȘ Et manger la tomme de chĂšvre âȘ
âȘ Pourtant âȘ
âȘ Que la montagne est belle âȘ
âȘ Comment peut-on s'imaginer âȘ
âȘ En voyant un vol d'hirondelles âȘ
âȘ Que l'automne vient d'arriver âȘâȘ
Hein?
(rire, acclamations)
Mais oui, tu t'en vas du nid, et c'est normal.
(rires)
- (Julien, voix aigue): Tout petit! Elliot est tout petit!
- C'est beau, Madeleine.
- Elliot, que je t'aime, je t'aime, je t'aime.
- Elle chante bien.
- Oui, mais oui.
- Alors, moi, j'ai fait ça à la bonne franquette.
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- Elle mange pour deux, elle!
- Alors, bon appĂ©tit! Vous pouvez ĂȘtre bien sĂ»rs, hein?
Alors, servez-vous.
(paroles entremĂȘlĂ©es)
Mais en tout cas, c'était bien agréable, hein?
Merci, merci d'ĂȘtre venus!
- HĂ©, mais non, mais lĂ , c'est nous qui te remercions, voyons!
On s'est tellement régalé.
C'est un vrai festin de Babylone.
HĂ©, Mado, Mado, c'est un festin de Babylone.
(rires)
- Mais là , c'est quoi, le programme de la soirée?
Tu vas aller chercher Elliot chez Vanessa?
- Je raccompagne Chantal Ă la maison avant.
- Ah, mais oui, bien évidemment.
- AprÚs ça, j'apporte le petit. Ils prennent une biÚre.
- Non, tu l'amĂšnes ou tu l'emmĂšnes.
Tu l'apportes pas, Julien! - Osti!
- C'est pas une chose, c'est pas une pinte de lait.
- OK, c'est beau, fait qu'on va prendre
2, 3 biĂšres maximum et, regarde...
- De toute façon, en tout cas,
tu peux m'appeler si jamais il y a quelque chose.
Tu peux dire Ă Elliot de m'appeler aussi.
Je serai pas couchée avant minuit.
- Minuit, minuit et demi, on le sait.
- Bon, d'accord, maman qui radote, lĂ . Je me tais.
- Bye, Mado!
- Soyez prudents. Et tu bois pas trop, Julien, hein?
- Non, non, non, non. - Tu conduis, tu bois pas trop.
T'es prudent avec... - Hipelay!
- Hé, là , là , là , là , mon garçon, mon garçon...
Bonne fĂȘte, ma grande.
Bonne fĂȘte...
(âȘ Don't Cry Out par Shiny Toy Guns âȘ)
- Wou-hou!
- 30 ans, les filles! - Hum, hum.
- Je suis prĂȘte. Je t'aime.
Je t'aime. T'es belle, ma belle.
Vous ĂȘtes lĂ pour moi et ça compte plus que tout.
Et tout le reste, c'est de la marde.
Puis fuck you, Rock Simard. Fuck you!
Tiens, toi! Tiens, tiens, tiens, tiens!
- Mimi, tu parles fort.
(articulations silencieuses)
- Mais oui, je parle trop fort. On s'en crisse.
On est dans un bar... et c'est ma fĂȘte!
C'est moi, la déesse de la soirée.
- Mimi, je pense qu'on dérange, sérieux. T'as assez bu.
- Coudon, qui c'est qui...
Est-ce qu'on est comme dans une dictature, les filles?
Toi, lĂ , je te regarde
et je me demande si t'es pas du bord du trou de cul...
(cri, rire)
- Deux minutes, OK, monsieur?
C'est sa fĂȘte, hein, et son chum l'a crissĂ©e lĂ .
Euh, je l'appelle. Je m'en occupe.
- Pour vrai, j'ai mĂȘme pas mal.
(rire)
ArrĂȘte, pour vrai.
âȘ âȘ âȘ
- Pete! Pete! Pete! Pete! Pete! Pete!
Pete! Pete! Pete! Pete! Pete!
Pete! Pete, c'est Ju!
Ju! C'est Pete! C'est Pete! C'est Pete! C'est Pete!
(grognements)
- L'osti de cadre de porte, man!
Tabarnac! T'es malade, mon gars!
- Pete, c'est mon petit frĂšre Eli!
- C'est ton vrai nom? - Oui, c'est Elliot.
- Oh, Elliot! Rentre, Elliot! Ferme la porte.
- Euh, j'ai le nez bouché, docteur.
- Hé, sérieux...
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- T'es un bon citoyen.
Ferme la porte, Elliot.
(paroles entremĂȘlĂ©es)
Oh, oui!
Yeah, merci! Qu'est-ce que tu veux?
- Euh, bien, juste peut-ĂȘtre
quelque chose de plus... de plus fort.
- Oh, hé! Ah ouais?
- Bien, rhum, vodka.
- Mais oui, un rhum. La pomme tombe pas loin de l'arbre, hein!
- Oui, c'est mon petit frÚre. - Oui, c'est ça, c'est ça.
- Ouais...
- Je vais aller te chercher, mon...
- Elliot. - Elliot.
- Elliot! Elliot!
- Il est malade, lui.
(petit rire)
- Fait que ça, c'est du crack?
- Mettons que c'est plus pur que ce que tu sniffes.
- Moi, je suis allergique Ă la coke.
- T'es pas allergique Ă la coke, Eli,
t'achĂštes ton bag au Funkies,
fait que lĂ , tu fais une sinusite.
- C'est ça, j'ai fait une sinusite.
- Mais oui, mais arrĂȘte de sniffer du sucre Ă glacer.
Tabarouette, c'est tout, lĂ .
(Un commentateur parle en anglais à la télévision.)
Oh!
- Est-ce que ça te manque?
- Ca, ça se sniffe pas.
- Ca te manque pas, le baseball?
- Mais non, ça me manque pas, le baseball.
C'est moi qui ai dĂ©cidĂ© d'arrĂȘter.
Un moment donné,
aller me péter les genoux aux States,
vivre dans un gros condo Ă Saint-Louis...
Hum.
Non, moi, je... je ne voulais plus continuer.
(balbutiements)
Je voulais pas continuer.
De toute façon...
(inaudible)
(inaudible)
Bye.
(coups Ă la porte)
- Mireille! Mireille, c'est moi, lĂ . Ouvre la porte.
Ouvre la porte, osti! Que c'est tu fous?
- Hum?
- Mimi, lĂšve-toi, on s'en va.
Qu'est-ce que tu fais dans le noir?
- Je suis bien dans le noir, moi.
- Donne-moi 2 minutes. Je la calme, je la sors.
- Pardon?
Je suis trĂšs calme, "prem... premio".
Deuxio, tu sors personne.
Trois, c'est toi qui sors parce que c'est mon intimité ici.
J'ai des droits, moi, crisse.
(soupir)
Ah! Oh, il est fùché, le monsieur!
Man, touche-moi pas, décùlisse!
T'as pas... J'ai pas besoin de toi, Rock.
(rire)
Tu sais que je suis une grande fille, moi?
Je suis une grande fille, j'ai 30 ans.
Et pour ma fĂȘte, j'ai eu le plus beau des cadeaux:
mon chum m'a crissée là .
Je suis contente, merci beaucoup. Merci!
- Ca fait un mois que c'est fini, Mimi,
c'est pas comme si je t'ai dompĂ©e Ă ta fĂȘte, un.
Deux, tu me trompais... avec un kid de 18 ans.
Hum...
Avait-il 18, en fait?
(charabia)
- Bla, bla, bla, bla.
Gandhi qui sert des tables au Café Cherrier, ta gueule, man.
Je sais mĂȘme pas si elles sont bonnes.
Est-ce qu'on peut vraiment appeler ça des chansons?
Ah, je le sais pas!
- Sais-tu? Je suis pas parti pour ça.
Je suis parti parce que... tu sais pas ce que tu veux.
Puis...
(soupir)
... t'as des shits à régler.
Peut-ĂȘtre pas Ă soir, mais...
t'as des shits à régler.
- Tu t'appelles Rock.
T'es qui, toi, man?
- Et toi?
Toi, t'es qui?
(fermeture de porte)
- Les... les gens?
(gémissement)
- Eli?
Eli?
(soupir)
(pépiements des oiseaux)
Qu'est-ce que tu fais lĂ , Laurier?
- Je passais dans le coin et je suis arrĂȘtĂ© voir ma tante.
Elle reste en face.
J'étais en avant et je t'ai vu.
T'étais chez Marand, toi, c'est ça?
- Oui.
- C'a l'air que t'es souvent rendu lĂ .
- Bien, je dirais pas souvent, lĂ , mais pas trop, quand mĂȘme.
C'est sûr que je pourrais me calmer.
En fait, je voulais me calmer... avec la petite qui s'en vient.
- Ah ouais.
Chantal Gladu.
- Oui.
(petit rire)
Je...
Laurier, crisse, j'en reviens pas.
T'as pas changé, je comprends pas.
- Ouais.
T'es pas tout seul Ă me le dire.
J'ai des bons gĂšnes, faut croire.
Merci, papa.
Merci, maman.
- Ah oui? Monique est...
- Il y a une couple de mois,
Bien...
(raclement de gorge)
Deux paquets par jour pendant 30 ans,
on n'est pas tombés de notre chaise, personne, mais...
gracieuseté de mon chum Julien...
pas si bien vieilli que ça, finalement, hein?
Julien Larouche, chevalier de la plaine verte.
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Chut!
Hé, come on, tu te souviens pas de ça?
- Non, qu'est-ce que tu fais?
- Tu croiras Ă tous les enseignements...
tous les enseignements de l'Eglise, etc., etc.
Tu respecteras tous les faibles
et t'en constitueras le défenseur.
- Hein? Qu'est-ce que tu fais avec cette vieille épée-là ?
- Bien, c'était notre épée, nono!
- Hein? - Mais oui!
Tu aimeras le pays ou tu es né.
Tu ne fuiras jamais devant l'ennemi.
Tu combattras les infidĂšles avec acharnement.
(petit rire)
Tu rempliras tes devoirs féodaux
Ă condition qu'ils ne soient pas contraires Ă la loi divine.
Tu ne mentiras jamais et tu seras fidĂšle Ă ta parole.
- OK, arrĂȘte, s'il te plaĂźt.
- Et tu seras libéral et généreux.
Tu seras toujours le champion du droit et du bien
contre l'injustice et le mal!
Ah! - Aah!
Aah!
- Juju?
Je pensais pas qu'elle était vraie.
Julien!
(cri de Julien)
Je pensais pas qu'elle était vraie.
Je pensais pas qu'elle était coupante!
(gémissement de Julien)
Julien!
Aidez-moi, quelqu'un!
Julien! Reste avec moi, Julien!
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- Appelle, appelle, appelle!
(cris indistincts)
- Yo, yo, c'est assez! - Je m'en cĂąlisse, tabarnac!
âȘ âȘ âȘ
- Elliot!
âȘ âȘ âȘ
- Julien...
- (Julien): Tu m'as jamais aimé.
- (Mireille): Moi? C'est l'histoire de ma vie.
- Attends, Mimi... Mireille.
Me passerais-tu une clope?
Je pense que... il faut qu'on se parle.
Mimi. - Hum?
- Hum?
J'ai rien dit.
- (Denis): Mimi?
Mimi!
- Hum?
- Je... je me suis organisé
pour que la mise en terre soit dimanche ou lundi...
en fonction d'Elliot puis de...
de Julien.
Anyway, j'ai parlé à M. Lamarre.
Il comprend et on va se tenir au courant.
- Super! - OK?
- Oui.
(raclement de gorge)
(soupir)
- Veux-tu que je t'aide? - Oui. Tiens donc les liqueurs.
Merci!
OK...
C'est pour toi.
Toi, j'avoue, je savais pas trop.
Je me suis dit que t'étais plus poulet que viande rouge.
- C'est parfait, merci!
- VoilĂ . - Ah, merci!
(bips de l'électrocardiogramme)
- (Chantal): Denis?
(ouverture de porte)
(fermeture de porte)
- (Denis): Il répond pas à son cell.
- (Chantal): Non, je sais.
- J'ai failli perdre un frĂšre Ă soir,
et je commence Ă me demander en tabarnac
ou est-ce que l'autre est passé.
(bips d'une machine)
(croassement d'une corneille)
(pépiements des oiseaux)
- Ca fait combien de temps que vous avez rien avalé?
- Je sais pas, genre... normal.
Hier soir, hier midi.
C'est... c'est joli chez toi.
Les plantes, tout ça, c'est beau.
- Tiens.
- Merci!
- Je veux juste comprendre:
ta voiture, elle est ou, lĂ , Julien?
Ta famille le sait que, bien, t'es ici,
que tu vas bien que... que...?
En fait, qu'est-ce qui se passe?
- C'est...
C'est compliqué.
(petit rire)
- Toi, t'as des enfants?
T'es marié?
- Non, j'ai pas d'enfants.
J'ai été marié, oui, mais ç'a pas marché.
- Comment ça?
- Bien, c'est compliqué.
(petit rire)
Ecoute, Julien...
tu me dois aucune explication
et, franchement, j'en demande pas, c'est bon.
Mais j'ai des choses Ă faire aujourd'hui
et j'ai le pressentiment que toi, il faut que tu sois
quelque part avec ta famille, lĂ .
Alors, je vais prendre une douche
et, quand je redescends, tu me dis ou je te conduis.
On fait comme ça?
(écoulement de la douche)
(sirĂšne au loin)
- Merci!
- Ouf! C'est pas chaud pour juin, hein?
- Comptais-tu... Excuse.
Comptais-tu rester? Juste pour savoir.
(raclement de gorge)
- Je pensais...
Je pensais passer voir maman, peut-ĂȘtre. Je sais pas.
Ca fait tellement longtemps.
(soupir)
Tu voulais qu'on se parle?
- Oui, mais je voulais savoir.
Comptes-tu rester ou tu t'en vas ou...?
- Je comptais pas rester, Julien, OK?
Chantal m'a appelée, elle savait pas si t'allais t'en sortir,
fait que je me suis garrochée.
J'ai pas fait de plan.
Je savais mĂȘme pas si j'allais arriver Ă temps.
- Bien, je suis lĂ .
Ecoute, Mimi... Mireille.
Ca m'a pris 15 ans, construire ça.
Chantal, ma job avec Denis.
Et je veux pas tout perdre ça, comprends-tu?
Tu peux pas venir ici détruire tout...
- Ah, crisse, Julien!
Je suis pas venue ici tout faire chier.
Pourquoi je serais venue ici tout faire chier?
Je suis venue ici voir mon frĂšre.
- Parle moins fort, Mimi.
- Pourquoi je serais venue tout détruire?
C'est quoi, cette idée-là ?
C'est quoi, l'idée?
De toute façon...
- De toute façon quoi?
- Bien...
- De toute façon quoi?
- T'as pas l'air d'avoir besoin d'aide pour détruire, Julien.
- Bon, ça y est.
- Fais-moi pas passer pour celle qui te fait la morale, OK?
Je suis pas venue ici pour ça.
Crisse, je t'ai jamais rien dit.
- Oui, mais tu le penses, et je sais que tu m'en veux.
Je sais que tu me hais, que tu penses que j'ai gùché ta vie
que... que j'ai gùché nos vies, des vies.
Come on!
- M'as-tu déjà entendu dire ça, Julien...
une fois...
rien qu'une fois?
- T'es ma soeur.
Il y a bien des affaires
que t'es pas obligée de dire pour que je les entende.
Anyway, je vais y aller, en désintox.
Ca m'a ouvert les yeux, ça, c'est...
Je veux aller mieux.
Je veux prendre des cours Ă ...
à l'université.
J'ai jamais ouvert un crisse de livre. C'a pas de bon sens!
Un moment donné...
(petit rire)
Et Chantal est enceinte,
fait qu'il faut que j'arrĂȘte de niaiser.
Mais...
je serai pas capable... si tu débarques, là .
Si je sais que t'es dans les parages,
je serai pas capable de... de vivre avec moi.
Tu me fais peur.
(petit rire)
- Je suis capable de mentir, Julien.
Ca fait 15 ans que je mens... qu'on ment.
C'a marché à ce que je sache.
- Parce que t'es pas lĂ .
C'a marché parce que t'étais pas là .
Parce qu'on finit par oublier qu'on ment. C'est ça qui marche.
(soupir)
- C'est ça, la différence entre toi et moi, Julien.
Toi, t'es capable d'oublier qu'on ment.
- Que c'est que t'avais affaire Ă rentrer chez le monde la nuit?
(soufflement du vent)
(bips de l'électrocardiogramme)
(soupir)
(petit rire)
- HĂ©! Denis!
- Hé, hé!
(soupir)
HĂ©! Chut! Bouge pas, bouge pas, bouge pas, bouge pas.
(reniflement)
Chut, chut, chut, chut, chut, chut, chut, chut!
Tu m'as fait peur.
Hé, hé, hé!
OK.
- Je m'excuse.
- HĂ©... c'est pas grave.
Tu m'as fait peur, toi.
(sanglots)
- Prends ton temps.
(soupir)
- Non, ça va. Bouge pas.
(soupir)
(soupir)
(reniflements)
HĂ©, t'es lĂ , lĂ .
(reniflement)
(chuchotements indistincts)
- S'il te plaĂźt.
Reste, s'il te plaĂźt.
- OK.
(vrombissement d'un avion)
(inaudible)
- Ce qui s'est passé cette nuit-là ...
(inaudible)
- (B. Obama): ... because of what we did on this day,
in this election, at this defining moment,
change has come to America.
(acclamations de la foule)
(vrombissement d'un avion)
- (Homme 1): ... southern tip of Manhattan.
We look at the World Trade Center. We understand...
- (Homme 2): Diana, Princess of Wales,
has been badly injured.
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- (J. Parizeau): J'ai pas l'ombre d'un doute,
quant Ă vous, les plus jeunes...
- (Femme): Ils sont comblés.
La coupe Stanley revient à Montréal,
la ville qui l'a gagnée le plus souvent...
- (Homme 2): ... Le Bloc québécois
devient officiellement un parti politique.
âȘ âȘ âȘ
(pépiements des oiseaux)
- (Laurier): Penses-tu que j'ai mes chances aux States?
- (Julien): On a des chances, épais!
Penses-tu vraiment que je vais
te laisser aller lĂ -bas tout seul t'enfler la tĂȘte?
(rires)
- (Elliot): C'est qui, Laurier Gaudreault?
- (Julien): Me niaises-tu?
- (Laurier): Magne-toi, Larouche.
- (Mireille): Je vais gagner, les gars!
- (Julien): Je vais essayer de gérer notre soeur.
Elle a gùché...
- (Monique): Nos fils ont pas fini ce temps-lĂ .
Ta fille va rester dans son lit, bien bordée.
Nos 2 gars s'en vont dans les ligues aux States.
- Hein, pense Ă nos enfants...
- En mĂȘme temps, je blĂąme pas Mireille.
Moi aussi, je virerais sur le top...
- Et je veux pas tout perdre ça, comprends-tu?
Tu peux pas venir ici détruire...
- T'es venu dans nos vies
et puis les choses sont vite devenues compliquées,
mais bon, on n'a pas de répétitions dans la vie.
- (Laurier): T'es tellement beau.
Je te prendrais en photo lĂ .
- ArrĂȘte! Toi, t'es beau.
- Notre appart aux States,
faudrait une ostie de grosse bay window,
tu sais, comme dans les magazines Ă ma mĂšre.
- T'es amoureuse de Laurier Gaudreault!
- Trop pas! T'es tellement bébé, Julien! T'hallucines!
- (Madeleine): Tu ne peux pas entrer chez les gens comme ça.
C'est inacceptable.
Parce que t'as le choix,
ma grande, et tu choisis de pas le faire.
(craquement)
- Salut, beau garçon!
- Que c'est que tu fais lĂ , innocent?
- Je m'ennuyais.
Ca fait trop longtemps qu'on s'est...
- Mais oui. - J'arrivais pas Ă dormir.
(rire)
(petit cri étouffé)
(grincement de la porte)
Que c'est que tu cĂąlisses lĂ , Mireille?
- Je vais t'expliquer, OK? Faut pas que tu fasses de bruit.
- Mon tabarnac! LĂąche-moi!
(cris étouffés)
- ArrĂȘte! ArrĂȘte, Mimi! Non, chut! Mimi!
(cri étouffé)
(ouverture de porte)
- Laurier?
Les enfants, que c'est qui se passe, lĂ ?
- En tout cas, toi, on peut dire
que t'étais au bon endroit au bon moment.
- Tu m'as jamais aimé! - Oui, t'avais le choix.
On a tous le choix. - Toi, avais-tu le choix?
Tu vas au pensionnat, Mireille.
- Je parle Ă ma fille, d'accord? - Appelle le 911!
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- Personne me traite comme un humain!
Hé, tu m'as jamais aimé! Tu m'as jamais aimé!
- ... salope pour qu'on la croie, voyons!
(paroles entremĂȘlĂ©es)
- Tu m'as abandonné ça fait 20 ans!
(aboiements d'un chien au loin)
(Les aboiements se poursuivent.)
(pépiements des oiseaux)
- Envoye, Laurier, lĂ , embarque.
(Les aboiements se poursuivent.)
(sanglots)
(cri)
(profonde inspiration)
(profond soupir)
- Je...
- HĂ©...
C'est correct.
(fermeture de porte)
- T'as tout?
- Oui.
- Je voulais pas te sortir ça à l'hÎpital
devant ta famille et te gosser avec ça.
Mais je veux juste te dire que j'allais le laisser.
C'est fini depuis un bout, Elliot. C'est...
C'est un mauvais concours de circonstances, c'est tout.
- Il faut que j'y retourne.
Au centre, il faut que j'y retourne.
J'ai pas fini de régler ce que j'avais à régler.
Mais en fait, je sais mĂȘme pas si j'ai commencĂ©.
(soupir)
- Moi non plus, je t'ai pas aidé.
Ta mÚre, ta soeur, ton frÚre, il y a personne qui t'a aidé.
- Ca marche pas de mĂȘme.
- Je sais.
Stéfanie, on vient... on vient de se rencontrer.
Mais...
j'ai des sentiments et j'ai beaucoup de sentiments pour toi.
- Moi aussi.
- Sauf que...
je vais te décevoir.
- Non.
- Oui.
Je vais te détruire.
Je vais détruire... je vais détruire tes projets.
Je le sais.
- C'est toi, mon projet.
C'est toi.
(petit rire)
(rire)
- Oh, shit!
(paroles indistinctes de Stéfanie et d'Elliot)
(grincement de porte)
(fermeture de porte)
(soupir)
âȘâȘ Pour cet amour qui vient au monde âȘ
âȘ Pour cet amour qui vient de toi âȘ
âȘ Je voudrais que chaque seconde âȘ
âȘ Ne m'Ă©loigne jamais de toi âȘ
âȘ Jamais de toi âȘ
âȘ Aussi vrai que la terre est ronde âȘ
(toux)
âȘ Si elle devait tourner sans toi âȘ
(sonnerie de téléphone)
âȘ Je quitterais un jour ce monde âȘ
âȘ Pour toujours avec toi âȘâȘ
- Oui allĂŽ?
(toux)
AllĂŽ?
- (Mireille): AllĂŽ, maman?
- Oh! - C'est moi.
- Oh, ma belle puce!
Oh, c'est drÎle. J'ai pensé que c'était toi.
C'est-à -dire, j'ai espéré que ce soit toi.
On est branchées sur le cosmos, toi et moi, comme on dit.
Ecoute, j'étais sur la véranda, j'arrosais des plantes,
et tout à coup, je sais pas pourquoi, j'ai pensé à toi.
(rire)
- C'est vrai, c'est drĂŽle.
- Bien, drĂŽle...
En mĂȘme temps, Mimi,
je pense toujours Ă toi, ma puce, hein?
Tu le sais.
Est-ce que t'as eu mon message d'anniversaire hier?
J'ai... j'ai lu dans Le Soleil qu'il faisait à Montréal,
trĂšs beau, mĂȘme, alors j'Ă©tais bien contente de ça.
LĂ , je regarde la cour, et il faut que j'appelle Denis.
Il faudrait bien que je refasse ça, cette cour-là ,
parce que lĂ , en mĂȘme temps, tu vas me dire:
"C'est pas une urgence".
Mais bon... si jamais...
tu t'adonnes Ă passer dans le coin,
tu verras ça éventuellement, hein?
Et lĂ , je te mets pas de pression, Mimi.
Je sais que t'aimes pas ça quand je te mets de la pression
et je ne t'en mets pas,
tu fais ce que tu veux et tu viens quand tu veux,
un point c'est tout, bon.
(petits rires)
(gémissement, toux)
Es-tu lĂ , Mimi? Es-tu lĂ , Mimi?
- Oui. Oui, je suis lĂ , maman.
- Ah!
- Mais toi, sinon, ça va?
Quoi de... quoi de neuf?
Y a-t-il...?
- Quoi de neuf, quoi de neuf...
Ici, tout va bien.
Moi, je suis entourée de fleurs. Les fleurs, c'est la vie.
Puis hier, c'était la graduation d'Elliot,
alors on s'est tous réunis tous ensemble,
et il y avait Ă boire et Ă manger.
Et moi, j'ai fait venir une bouteille de champagne
et puis on a trinqué, puis la belle Vanessa était là .
Et puis ils se sont embrassés sur la bouche. Que veux-tu?
Mais bon, faut bien que jeunesse se passe,
un moment donné, comme on dit.
Et puis toi, ton anniversaire, est-ce que c'était bien?
T'étais bien entourée? Il faisait beau? T'étais heureuse?
- Ah oui, j'étais contente. Oui, j'étais contente.
Et il a fait vraiment beau puis, bien, je suis chanceuse.
- Oui. "Le grand soleil qui me monte Ă la tĂȘte"...
comme disait Paul Eluard.
- Hum, hum.
- J'ai relu Eluard derniĂšrement. C'est tellement beau.
C'est... Je me suis replongée...
âȘ âȘ âȘ
- Hum, hum.
(rire)
âȘ âȘ âȘ
- (Denis): Merci... Mimi...
âȘâȘ Ah! comme la neige a neigĂ© âȘ
âȘ Ma vitre est un jardin de givre âȘ
âȘ Ah! comme la neige a neigĂ© âȘ
âȘ Qu'est-ce que le spasme de vivre? âȘ
âȘ A la douleur que j'ai, que j'ai âȘ
âȘ Tous les Ă©tangs gisent gelĂ©s âȘ
âȘ Mon Ăąme est noire, ou vis-je? âȘ
âȘ Ou vais-je ? âȘ
âȘ Tous ses espoirs gisent gelĂ©s âȘ
âȘ Je suis la nouvelle NorvĂšge âȘ
âȘ D'ou les blonds ciels âȘ
âȘ S'en sont allĂ©s âȘ
âȘ Pleurez, oiseaux de fĂ©vrier âȘ
âȘ Au sinistre frisson des choses âȘ
âȘ Pleurez, oiseaux de fĂ©vrier âȘ
âȘ Pleurez mes pleurs âȘ
âȘ Pleurez mes roses âȘ
âȘ Aux branches du genĂ©vrier âȘ
âȘ Ah! comme la neige a neigĂ© âȘ
âȘ Ma vitre est un jardin de givre âȘ
âȘ Ah! comme la neige a neigĂ© âȘ
âȘ Qu'est-ce que le spasme de vivre? âȘ
âȘ A tout l'ennui que j'ai âȘ
âȘ Que j'ai âȘâȘ
(âȘ I Ran Away par Coldplay âȘ)
Sous-titrage: MELS
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