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Original subtitles

(â™Ș jazz â™Ș)

(écoulement de la pluie)

(aboiement)

(paroles indistinctes à la télévision)

- Tu vas ou, beau garçon?

- Ah, nulle part, je m'en vais juste prendre l'air dehors.

- A la pluie battante? Seigneur!

Tu mets ton écharpe, hein, Julien?

Il fait tellement froid.

Des plans pour attraper ton coup de mort.

(reniflement)

- Puis?

(soupir, reniflement)

- Mais elle est forte, par exemple, hein?

Dans la gorge, elle gĂšle.

- Non, ta famille.

Comment ça se passe?

Ta mÚre, elle s'est retirée de la course à la mairie,

c'est poche.

Puis ta soeur, man, c'est pas trop tough?

- Elle est forte, hein, ta coke.

- J'ai d'autres choses si tu "feeles",

juste question d'essayer de quoi d'autre.

- Comme...?

Regarde, non.

Non, je touche pas à ça.

Anyway, c'est juste une phase.

Avec le repĂȘchage l'Ă©tĂ© prochain,

il va falloir que j'arrĂȘte ça bientĂŽt.

(fracas)

- Idéfix!

- Hé, Larouche, moi, je scrame, OK? Tu me donnes ça à l'école.

(coups de tonnerre)

- Papa!

(sanglots)

Idéfix! Idéfix!

- Mimi, fais pas ça. Reste ici, Mimi.

- Touche-moi pas!

- Mireille, je t'en prie, reviens!

- Les gars, qu'est-ce qui se passe? Laurier!

(sanglots)

(sanglots)

- Qu'est-ce que t'as fait lĂ ?

Qu'est-ce que t'as fait?

- Mireille, viens-t'en, on va attirer l'attention.

- Non!

- Mimi?

(sanglots)

â™Ș â™Ș â™Ș

(respiration haletante)

(cri)

(sonnerie de téléphone)

- Oui, allĂŽ?

- Oui, Stéfanie, c'est Mireille.

- Oui, Mireille. Qu'est-ce que je peux faire pour toi?

- Tu peux leur dire de descendre.

- OK, d'accord, parfait. Tout de suite?

- Oui. J'ai fini.

â™Ș â™Ș â™Ș

(alarme de cellulaire)

(respiration haletante)

(croassements)

- Grosse soirée.

(raclement de gorge)

Je vais aller m'habiller, moi.

- Fais pas comme si de rien n'était, s'il te plaßt.

- Bien, c'est ta fĂȘte, Chantal.

- Ca veut dire quoi,

"tu demanderas Ă  Julien de t'expliquer"?

- Hein?

- "C'est moi qui ai hérité de Madeleine.

"Si tu comprends pas,

tu demanderas Ă  Julien de t'expliquer."

- Je suis censé comprendre quelque chose?

- Apparemment, ouais.

- Que ma mÚre folle a légué son chalet, sa maison, tout,

au gars qui a violé ma soeur?

- Laisse faire ta mĂšre folle 2 minutes puis explique-moi

pourquoi tu m'as menti, parce que tu m'as menti, Julien!

Voir que t'as pas reconnu Laurier Gaudreault,

tu m'as dit que c'était Pete Marand!

Me prends-tu pour une valise, viarge?

- Il faisait noir osti... Non, osti, sacrament!

Non, je l'ai pas reconnu aprĂšs 20 ans!

Qu'est-ce que tu veux que je te dise, osti, javais peur.

- "Si tu comprends pas, tu demanderas

à Julien de t'expliquer pour l'héritage!"

- Tu me demandes de t'expliquer,

comme si ça avait la moindre importance,

le moindre poids dans la balance,

quelque chose que le gars...

- Je me dis que si Madeleine lui a tout laissé...

- Elle était folle, osti!

Qu'est-ce que tu veux que je te dise?

Non, je sais pas, non, je peux pas te l'expliquer.

Il y a quelqu'un, je sais pas qui, qui l'a appelée

puis lui a dit je sais pas quoi, de la marde, osti,

puis elle est virée sur le top!

Crisse, tu penses que je le sais, moi?

Tu penses... crisse, tu penses que je te cache quelque chose?

Que je sais ce qui se passe? - Julien.

- Tu penses que je te cache quelque chose?

- Julien!

- Va t'habiller, lĂ , on part dans trois.

(claquement de porte)

- Fais ce que ton pĂšre te demande, OK, ma chouette?

(â™Ș classique â™Ș)

- Ca y est?

- Oui, j'ai fini un peu plus tĂŽt ce matin.

Il me restait seulement le vernis, fait que...

- Je suis sûre que ça fait toute la différence.

- Tiens.

- Merci.

Le diable est dans les détails, hein?

(petit rire)

- Euh...

Parlant de dĂ©tails, j'ai pas pu m'empĂȘcher

de te voir arriver hier Ă  la fĂȘte de Chantal.

Un peu avant, lĂ , dans le stationnement.

- OK.

Ecoute, Mireille, je...

- Regarde, Stéfanie,

je suis aucunement en position pour te faire la morale.

Hum!

Puis j'ai pas vraiment de relation avec Elliot,

j'ai quitté la maison, il avait 5 ans.

Fait que j'ai aucunement le droit de m'immiscer dans sa vie.

Tu sais qu'il sort de désintox, hein?

- Euh...

- Tu t'es pas demandé

pourquoi il fallait qu'il dorme chez son frĂšre?

- Oui, mais il m'a dit que...

- Ca fait juste une semaine que vous vous connaissez.

C'est normal de pas tout se dire.

Je veux juste que tu saches que c'est un garçon fragile.

Fait que tu fais attention, OK?

- OK.

Hum, hum!

(démarrage du moteur)

(coups Ă  la porte)

- Sérieux, je te tue, Val, s'il ne reste plus d'eau chaude!

You always pull that shit.

- Oh my God, chill the fuck out, bitch!

- Hé, en français, les filles!

- Den, elle prend fucking trop de temps dans la douche!

- OK, regarde, Mégane, on passe à la table, là,

fait que ça va laisser le temps à la tank... crisse!

- Ca pue donc bien, tabarnac.

- HĂ©!

(sonnerie de téléphone)

- Mimi?

Permets-tu que j'entre, ma puce?

- Qu'est-ce que tu veux?

- Je veux que tu sortes, Mireille.

Ton pĂšre pleure Ă  chaque soir tellement il s'en veut.

- Bon, bien, tant mieux pour lui.

- Ton pÚre a fait ça pour te venger, Mireille.

Puis je l'excuse pas.

Mais...

les gars, dans la vie, les hommes...

ont leur façon de régler les choses.

C'est pas nécessairement la bonne,

mais c'est celle qu'ils connaissent,

c'est celle que leur pÚre leur a inculquée,

parce que leur propre pĂšre leur avait inculquĂ© la mĂȘme...

- Puis on remonte jusqu'ou comme ça, là?

- Oh, bien, euh...

J'ai reçu une lettre de l'école.

Pour la danse d'Halloween.

Je l'ai signée, tu vas pouvoir y aller.

- Je veux pas y aller.

- Mimi. - Je ne veux pas y aller.

- Je pourrais te faire une belle robe de princesse,

avec mes petits doigts de fée, hein?

- Je suis pas une princesse.

- Toutes les jeunes filles sont des princesses.

Ca pourrait ĂȘtre un prince aussi, hein?

Moi, j'ai rien contre.

T'aurais fiĂšre allure en prince aussi.

- Je pourrais me déguiser en pute.

As-tu ça, un déguisement de pute?

- Mireille, lĂ , il faut que tu sortes.

Ca va te faire du bien.

Les gens sont de ton cÎté dans cette histoire-là.

Qu'est-ce que tu crois? C'est, toi la victime.

- Je suis pas une victime.

- Bon, bien, trĂšs bien.

Alors, dans ce cas-lĂ , on t'arrange.

On te coupe les cheveux.

Tu mets ton... ton costume de princesse

ou ton costume de prince,

c'est selon, c'est toi qui décides.

Je te maquille. Hum?

Je sais que tu te maquilles avec mon maquillage, Mimi, oui, oui.

Ah, puis lĂ , je le vois que tu ris.

- Je ris pas. ArrĂȘte, arrĂȘte, arrĂȘte.

Ils me regardent tellement croche.

- Qui ça?

- Les filles, les gars.

Ils disent que je l'ai cherché

parce que j'étais dans sa chambre.

Ils disent que je suis une salope.

- Ils vont finir par se ranger de ton cÎté, Mimi.

Les gens sont pas tous mauvais.

Puis les filles te comprennent pas lĂ , mais...

le temps...

le temps arrange ces choses-lĂ .

Vient un temps ou on grandit...

ou on regarde les gens pour ce qu'ils sont...

pas pour ce qu'ils ont fait.

Ce temps-lĂ  s'en vient pour toi, Mimi.

Pour nous.

(vrombissement)

(cri)

- ArrĂȘte!

(cri)

(cri étouffé)

(sonnerie de téléphone)

AllĂŽ? - Ni hao!

(grognement)

(petit rire)

(cri)

(sonnerie de téléphone)

- Oui, allĂŽ?

- Oui, bonsoir! Mme Landry? - Oui.

- C'est Mireille Larouche.

(paroles indistinctes)

(paroles indistinctes au loin)

HĂ©, as-tu vu les photos de Drew Barrymore

dans le 7 Jours de la semaine passée?

Bien là, il faut que tu voies ça, voyons donc!

Elle a des super beaux cheveux, lĂ , c'est incroyable.

(paroles indistinctes au loin)

â™Ș â™Ș â™Ș

Bien, je ressemble un peu Ă  une princesse lĂ -dedans.

Bien, toutes les filles sont des princesses.

C'est magnifique, ça.

- Elle est belle, hein?

- C'est tes premiÚres funérailles?

- Non, grand-papa Lévy, mais je m'en souviens pas tant.

- En tout cas, Dad va ĂȘtre chaud demain dans son suit.

- Franchement, Valéry!

- Bien, quoi? C'est Mom qui dit ça.

- Ah ouais, hein?

- Elle est bĂȘte avec, mais elle le trouve pareil chaud,

elle me le dit tout le temps.

- Je pense qu'elle en a plein le cul de Jérémie.

(coups Ă  la porte)

- Ah! Denis, attends!

- Hein? Attends quoi?

- Bien, je vais... - Bien non, voyons donc!

Bien non, c'est de la pizz, Mireille...

- Mais c'est pas ça, la question.

- Salut!

- AllĂŽ.

- OK, vous... C'est correct si je...

- Oui, oui, c'est bon. - Ouais?

- C'est... ouais. - OK.

- C'est mon frĂšre.

- C'est la jumbo,

sauce, pepperoni, champignon, fromage, bacon?

- Ouais. Je te dois combien?

- 39,90$, s'il te plaĂźt, Mireille.

- Tiens. - Ah, je te donne ça.

- Mireille! Invite-le, ton ami.

- Yo, Mireille, c'est ton crush?

What the fuck, il est tellement hot!

- HĂ©, c'est assez, lĂ !

- T'es tellement immature!

- Excuse-moi.

- Salut, Kéven avec un accent aigu!

Moi, c'est Denis.

C'est quoi, c'était...

c'était ta gardienne quand t'étais petit?

Ah! Non, non, c'est une joke, je te niaise. Viens-t'en.

Rentre, viens-t'en. On va manger de la pizz.

- Le pire, c'est que j'ai presque fini.

- DĂ©pĂȘchez-vous, ça va refroidir!

- Viens-t'en.

(inaudible)

- (Elliot): Ma mĂšre est morte il y a 6 jours.

Et...

étrangement, ma famille,

on n'a jamais été aussi proche, on s'est jamais autant vu.

Bon, c'est sûr

qu'on dirait que tout un peu nous arrive en mĂȘme temps,

mais... je sais pas...

c'est... c'est comme... il se passe quelque chose pour nous.

En mĂȘme temps...

je dis ça...

(soupir)

Euh...

Présentement...

j'ai... je...

(raclement de gorge)

... reste avec... mon frĂšre Julien,

que je pense certains,

certaines ici peut-ĂȘtre... euh...

qu'il y en a qui le connaissent déjà.

Euh...

Donc, je... je vis...

avec Julien parce que ma mĂšre est morte le jour de ma sortie.

Puis, moi, bien, évidemment, j'ai...

Bon... etc. Euh...

- Tu as...?

(soupir)

- J'ai appelé.

J'ai appelé.

Euh... puis le lendemain matin, je me suis réveillé chez mon ex.

J'ai menti au dernier meeting parce que j'avais honte.

Euh... puis pour ça, euh... bien, je m'excuse.

Je voulais vous demander pardon pour ça.

- Merci. - Merci.

- Merci, Elliot. - Merci.

- Je pense que j'avais peur de... de la réaction de Denis,

de mon frĂšre Denis.

Euh... j'avais peur de la tienne surtout.

(soupir)

Parce que oui, bon, Julien m'avait dit:

"Non, viens dormir Ă  la maison."

Puis moi, je voulais pas,

mais lui, il savait que j'étais fragile, il connaßt ça puis...

Dans ma tĂȘte, c'Ă©tait fait, lĂ .

J'arrive, ma mĂšre est en train de mourir, tu sais, fait que...

Je le savais que j'allais tomber du wagon.

Bref, pour ça, Julien...

je te demande pardon.

- Je te pardonne, merci.

(raclement de gorge)

- Et j'aimerais ça quand mĂȘme en profiter

pour vous partager quelque chose de positif.

J'ai rencontré quelqu'un...

- Je lui ai dit que ça avait pas d'allure.

- Laisse-le terminer, Julien.

- Mais je le sais, lĂ , je suis pas con.

(rire)

Que c'est pas le temps, lĂ , lĂ , que je...

que je suis pas prĂȘt, mais...

(petit rire)

(grognement)

Parce que...

elle est tellement...

C'est tellement différent, elle est tellement différente.

Puis lĂ , on parle de peut-ĂȘtre faire un...

un voyage en Afrique, aller planter des arbres.

Tu sais, c'est comme...

ce serait peut-ĂȘtre bon pour moi, tu sais, l'Afrique.

Je serais loin de moi,

j'aurais peut-ĂȘtre accĂšs Ă  moins de tentation,

de... de moins de ressources, tu sais.

- En Afrique, moins de ressources?

HĂ©, ouvre un livre, man. - HĂ©, crisse, ferme-la.

Tabarnac, OK, laisse faire d'abord.

Genre, ça ne me tente mĂȘme plus de parler, fait que next.

C'est correct, j'ai terminé,

je cĂšde la parole Ă  quelqu'un d'autre.

- Merci.

- Merci, Elliot. - Merci.

Puis toi, Julien?

- Quoi? J'ai dit merci.

- Oui, mais comment vas-tu, toi?

Je sais que ça fait un moment qu'on ne te voit plus, alors...

- Ouais, 12 ans.

- Avec la mort de ta mĂšre,

aurais-tu envie de t'ouvrir ce soir?

Tu vis ça comment?

- Ouais, ouais, ça fait 12 ans.

12 ans l'été dernier.

Ecoute, regarde, non, non, euh...

Je sais pas, j'en laisse pas passer une.

Je pourrais mĂȘme dire que je me sens comme...

je me sens presque invincible, malgré tout.

- Tu penses pas

que ces moments-là sont risqués pour nous?

(petit rire)

Bien...

- Je m'en remets au bon Dieu, Sandra.

Hein?

Ca fait 12 ans que je m'en remets Ă  Dieu.

Hein? 12 ans qu'on s'est pas vus, que je t'ai pas vue.

C'est beau?

- Sandra?

- Bon, bien, je...

Bien, je vous présente Michel.

- Bonjour, Michel! - (Les deux): Bonjour, Michel!

- Michel, c'est mon conjoint depuis presque maintenant 4 ans.

Hein, c'est ça? - Ouais.

- Mettons qu'on part de loin.

Moi, peut-ĂȘtre 15 ans que je suis sobre, mais...

Maudit qu'il y a des bouts qui sont tellement rough, lĂ .

Puis tantĂŽt, lĂ , quand il a dit: "Je me sens invincible",

moi, c'est allé me chercher.

(inaudible)

- Tiens, c'est mon champion, ça.

Oui, oui, oui, c'est important.

C'est important de temps en temps d'ĂȘtre fier de soi.

- Euh... - Tu le mérites.

- Ouais. - Hum!

- Euh...

Ecoute, je... je... j'y vais, moi.

On se revoit... - Fais attention Ă  toi.

- AprĂšs-demain. - C'est bon.

Bye, Elliot! - Bye!

Salut!

- Je passais dans le coin, un pur hasard,

puis j'ai... j'ai cru te voir par la fenĂȘtre.

- Ah oui? - Je te le dis.

- Celle-là, avec les stores fermés?

- J'ai vraiment l'oeil apparemment, c'est ce qu'on dit.

(rires)

(soupir)

- Je sais pas quoi dire, je m'attendais pas Ă ...

- Je suis dĂ©solĂ©e, j'aurais peut-ĂȘtre pas dĂ».

- Non, je te dois des...

Je... je... je vais m'expliquer.

- Mais tu me dois rien, tu me dois rien,

mais je pourrais au moins te raccompagner.

Si tu... - Ouais.

- Oui? - J'accepte.

- C'est tellement pas réfléchi, là.

C'est ton droit de pas m'en parler.

- Bien non, je voulais t'en parler depuis le début en fait.

(soupir)

Hum, mais je sais pas,

j'ai comme eu peur que ça te fasse peur

puis je voulais pas te piéger non plus, là.

- Hum!

- Mais c'est ça, mais comment t'as su en fait?

- C'est ta soeur qui m'en a glissé un mot.

- J'ai parlé de toi ce soir.

A mon meeting, j'ai parlé de toi.

Mais j'ai pas nommé ton nom, mais...

J'ai parlé de toi.

- Ca se passe comment?

- Un meeting?

- Non, dans ta tĂȘte.

Pour que t'appelles.

Si ça te tente d'en parler, je veux pas...

(soupir)

- Non, ça me tente.

C'est comme une chaĂźne.

Je suis chez nous, je me lĂšve le matin.

Tout va bien puis j'aurais besoin de rien.

Il fait beau.

Je vais ĂȘtre capable de "tougher".

Et j'ai de l'espoir, tout va bien.

- Hum, hum!

- Puis il se passe de quoi, mettons.

Je reçois une bonne nouvelle.

Un appel, un texto, un...

Je checke un film, je reçois un chÚque par la poste, anything.

Puis lĂ ...

j'anticipe.

(soupir)

Je commence mĂȘme Ă  imaginer ou est-ce que je vais consommer.

Une place genre secrĂšte, le fun, comme...

(soupir)

Ca peut... ça peut ĂȘtre une salle de lavage, mettons,

une ruelle, une...

Ca peut ĂȘtre aussi une mauvaise nouvelle.

Elle est pas obligĂ©e d'ĂȘtre bonne.

C'est de l'euphorie ou du malheur.

Puis l'euphorie puis le malheur, moi, ça me mĂšne Ă  la mĂȘme place.

Puis, bien, s'il y a ni l'un ni l'autre,

s'il y a pas d'euphorie, s'il y a pas de malheur,

ça veut dire qu'il se passe rien.

Moi, s'il se passe rien, j'ai peur.

Hum!

(petit rire)

VoilĂ .

(soupir)

Sauf qu'il y a des choses qui arrivent, des rencontres.

Qui te redonnent envie de vivre.

Puis qui te donnent envie d'ĂȘtre une belle personne.

Comme toi.

(petit rire)

â™Ș â™Ș â™Ș

(â™Ș rock â™Ș)

(â™Ș classique â™Ș)

(brouhaha ambiant)

Cool, ça va?

- Il y en avait juste deux.

- Ah oui? OK, c'est mieux de mĂȘme.

(brouhaha ambiant)

- Merci beaucoup, merci. C'est gentil, merci.

(â™Ș rock â™Ș)

â™Ș â™Ș â™Ș

(â™Ș classique â™Ș)

(brouhaha ambiant)

- Mes sympathies, Denis.

(sanglot)

- Excuse-moi, je suis tellement laid quand je pleure.

- Merci.

- Je le sais que t'as appelé maman le jour de sa mort.

- J'ai pas le droit d'appeler ma mĂšre?

(petit rire)

- Va chier!

- Tu lui as dit?

- Regarde, Julien, j'ai pas de compte Ă  te rendre, fait que...

- Vous étiez là, vous autres?

T'as pas un speech Ă  faire, toi?

- Oui, c'est vrai.

- Ca va, Mireille?

- Hein? Oui, oui. - Hum?

- Oui, j'ai... j'ai juste fait un petit...

Tout va bien, j'arrive, c'est bon.

- J'inviterais tous mes optimistes Ă  venir s'asseoir

pour que l'on procĂšde Ă  la remise des prix.

Certains et certaines, wow,

ont su nous impressionner ce soir, watatow!

- Bien, merci Ă  vous.

Excusez-moi. - AllĂŽ!

- Qu'est-ce que tu fais lĂ ? Je travaille.

Mais c'est parce que t'as pas d'affaire ici, Karl.

- Bien, certain que j'ai d'affaire ici,

sinon t'aurais pas de lunch, hein?

Tu l'as oublié sur le comptoir.

- Bien, merci, mais, je veux dire, c'est...

- Dans ton uniforme, t'es belle.

Je veux savoir, me pardonnes-tu pour vendredi dernier?

Je suis comme tanné qu'on se pogne pour rien.

- Il faut vraiment que tu y ailles.

Je suis désolée, c'est pas que...

- Non, ça va, excuse. - Merci.

Non, non, c'est pas grave, mais...

- InquiĂšte-toi pas, Mireille, tu vas l'avoir, ta revanche.

- Comment ça? Qu'est-ce qui se passe?

- La gang Ă  Rochefort a fait croire Ă  Laurier

qu'ils Ă©taient prĂȘts Ă  le pardonner

pour ce qu'il t'a fait.

Il pense qu'il va jouer une game avec ses vieux chums au stade,

mais il va passer au cash, le tabarnac.

Il y en a mĂȘme qui disent qu'ils veulent le tuer.

- Un, deux, un, deux.

Bonsoir!

Nous sommes ici ce soir pour honorer la mémoire de ma mÚre,

Madeleine Armande Barbeau Larouche.

Ou, pour garder ça simple, Mado.

(cris)

Plusieurs d'entre vous ont connu Mado d'ailleurs

comme le rayon de soleil jovial, passionné, combatif,

parfois mĂȘme aveuglant qu'elle Ă©tait.

(petit rire)

En société, elle entretenait des liens serrés

avec ses amis, ses proches,

comme avec la voisine moins fortunée

qu'elle invitait Ă  manger tous les soirs

en bonne samaritaine qu'elle était.

- LĂąchez-moi!

(paroles et cris entremĂȘlĂ©s)

- C'est dans ces valeurs-lĂ  que nous avons grandi.

(cris entremĂȘlĂ©s)

Car Ă  la maison, elle prĂŽnait l'excellence.

L'acceptation.

Et par-dessus tout...

(cris)

... la tendresse.

Bien sûr, nos vies ont pas été parfaites, vous le savez.

La vie s'est acharnée sur nous...

(cris entremĂȘlĂ©s)

sur ma mĂšre, injustement.

Mais, coup sur coup, elle a su garder la tĂȘte haute

et faire tout ce qu'elle pouvait

pour que ses enfants grandissent loin de...

(cris entremĂȘlĂ©s)

... la douleur, de l'amertume...

- Tue-le! Tue-le! Tue-le!

- ... loin de la violence des autres.

Ma mÚre aura cherché toute sa vie à s'expliquer

ce qui lentement nous a éloignés les uns des autres,

refusant de voir en face la vérité pour ce qu'elle est.

(cris et sanglots)

La vie souvent cruelle...

(craquement, cri)

... est loin, bien loin de la vérité

et de la lumiĂšre que l'on incarne.

A travers sa laideur, son ironie,

elle nous plonge dans l'obscurité.

Ma mÚre incarnait cette vérité-là,

cette lumiĂšre-lĂ .

(sanglots)

(petit rire)

Bon.

(soupir)

Désolé.

(soupir)

J'espĂšre ou... ou qu'elle soit, pardon,

que la vérité

et la lumiÚre qui l'entourent sont enfin égales...

Ă  la sienne.

Merci.

(applaudissements)

(sanglots)

- Laurier! Laurier!

(sanglots)

(ouverture de porte)

(soupir)

La tienne est juste à cÎté, Julien,

il y a un petit bonhomme sur la porte.

- Pourquoi t'as fait ça?

T'étais pas capable d'attendre 2 phrases de plus?

- Non, Julien, j'étais pas capable.

(soupir)

Il va falloir que je t'explique

ce qui se passe dans ma tĂȘte Ă  toutes les 2 secondes?

- Ca m'aiderait, oui.

Qu'est-ce qui se passe dans ta tĂȘte, Mireille?

C'est quoi, ton plan, lĂ ?

- Mon plan? - Oui.

- Ha! J'ai pas de... j'ai pas de plan.

Mon plan, c'était de venir embaumer ma mÚre.

C'est pas de ma faute,

c'est ça qu'elle a écrit dans son testament.

- Ah oui, son testament.

Méchant beau testament, by the way,

tout le monde est bien content.

- Ah, bien, c'est ça,

t'écriras une lettre au bon Dieu pour te plaindre.

Osti, Julien! ArrĂȘte!

Comment tu fais?

- Comment je fais... comment je fais quoi?

- Pour t'endurer?

Pour vivre?

Pour respirer, pour dormir, crisse, comment tu fais?

- HĂ©, Mimi... - ArrĂȘte de m'appeler Mimi!

Osti, tu fais exprĂšs! Je t'ai dit de pas m'appeler Mimi!

Je parle trop fort pour toi, Julien?

Je parle trop fort pour toi? - Chut!

- InquiĂšte-toi pas, ils nous entendront pas.

Ils entendront pas la méchante Mireille

dire du mal du beau Julien!

Anyway, elle est bien trop weird,

elle est bien trop salope pour qu'on la croie, voyons donc!

Sais-tu com...

Sais-tu combien de lettres

j'ai écrites à maman puis à Denis

pour leur dire ce qui s'était passé puis pour m'excuser?

Sais-tu combien de fois j'ai pensé les mettre dans la malle?

- Regarde, calme-toi, Mireille.

- Puis Ă  chaque fois, je le faisais pas.

- On est capable de se parler.

- A chaque fois, je me disais

que si jamais j'avais le courage de leur dire,

bien, je le ferais en personne.

- OK, c'est...

- Mais là, j'ai manqué de temps avec maman, mais je suis là.

- C'est beau, Mireille. OK, on arrĂȘte?

- Tu me fais pas peur, Julien.

- ArrĂȘte, Mireille...

- Tu peux pitcher des assiettes sur le mur,

tu peux me regarder avec ces yeux-lĂ ,

mais tu me mentiras pas Ă  moi.

Je te connais.

- Joue-moi pas dans la tĂȘte, OK?

- Je sais t'es qui.

- HĂ©, arrĂȘte, j'ai dit! - Je te vois.

- T'as pas le droit, tabarnac! T'as pas le droit!

(cri étouffé)

C'est ma vie, OK?

T'as pas le droit de débarquer ici

puis venir brasser de la marde, OK?

Elle est morte, tu lui as dit, elle est morte.

T'es contente? Tu l'as tuée.

- On l'a tuée!

On l'a tuĂ©e, peut-ĂȘtre,

mais tu me mettras pas ça sur le dos certain!

Elle est morte, mais elle est morte en sachant.

Puis si tu savais comment ça m'a fait du bien de lui dire,

de dire la vérité, pour une fois dans ma vie,

d'arrĂȘter de mentir le mĂȘme osti de mensonge!

- T'avais le choix, Mireille!

T'as fait le choix que t'as fait, c'est tout!

Reviens-en, lĂ !

- Tu penses que j'avais le choix?

- Oui, t'avais le choix. On a tous le choix.

- Toi... toi, avais-tu le choix?

- Qu'est-ce que ça change? Qu'est-ce que ça change à toi?

Tu ne vis plus ici, toi, on te connaĂźt pas.

Tu m'as abandonné, ça fait 20 ans!

- Ca faisait ton affaire en tabarnac.

C'est pas comme si tu m'avais suppliée de rester.

- Hé, tu m'as jamais aimé, tu m'as...

- Ah! Ah!

- Tu m'as jamais aimé.

- Je t'ai jamais aimé? - Non.

- Mais c'est le drame de ma vie, t'aimer, Juju.

- En tout cas, t'as arrĂȘtĂ© de m'aimer,

puis je comprends ça, je respecte ça,

mais t'as pas le droit de débarquer ici

puis tout brasser, tout faire chier, tout gĂącher,

qu'il n'y en ait plus un tabarnac ici

qui soit capable de me regarder dans les yeux,

que plus personne me traite comme un humain.

- Penses-tu que t'as traité le monde comme des humains, toi?

Regarde-moi dans les yeux

puis dis-moi que tu m'as traitée comme une humaine.

Que t'as traité maman comme une humaine.

Puis Laurier... - ArrĂȘte.

- Laurier, lui... - ArrĂȘte, je te dis.

- Laurier, tu penses que tu l'as traité comme un humain?

- ArrĂȘte! T'as pas le droit, tabarnac!

Je vais te tuer, tabarnac!

(soupir)

(reniflement)

- Ca fait longtemps que tu m'as tuée.

Tu nous as tous tués cette nuit-là, Julien.

- C'est pas vrai. C'est pas vrai.

- InquiĂšte-toi pas, je ne dirai plus rien.

Mais tu pourras pas "tougher" ça bien, bien longtemps.

Ils vont poser des questions. Le testament, Laurier...

Qu'est-ce que tu vas leur dire?

Je te souhaite tellement de leur dire.

Je m'en vais.

Je resterai pas pour la mise en terre.

- Allez donc tous chier, tabarnac.

- Julien!

Julien!

Julien, tu penses pas qu'il faudrait qu'on parle un peu?

Il me semble que j'ai droit Ă  des explications.

- Ca me tente pas de te parler, Chantal,

puis je me cĂąlisse pas mal de tes droits en ce moment.

- Ca fait un méchant bout à part de ça.

Mais ça, ça peut attendre. Ayoye! Shit! Shit!

Ou c'est que tu vas, pour l'amour?

HĂ©, merci, hein? Rentrez bien, soyez prudents.

Ouvre-moi donc. Julien? Julien!

HĂ©! HĂ©! Je te jure que tu...

(soupir)

- Mireille, est-ce que t'as vu ton frĂšre?

Elliot, je le cherche partout.

- Je l'ai vu en... en bas tout Ă  l'heure,

mais j'en profite, Stéfanie, pour te dire bye.

C'a vraiment été un plaisir de travailler avec toi,

merci pour tout.

- Mais tu... tu restes pas pour les funérailles?

- Non, je... je peux pas,

j'ai... j'ai un empĂȘchement malheureusement.

Chantal? - Pas maintenant, Mireille, OK?

(soupir)

- Denis, pourrais-tu nous faire un lift?

- Comment ça, ma belle?

- Bien, je sais pas, papa est parti,

il m'a dit qu'il avait une commission urgente Ă  faire.

- Euh, oui, il faut juste s'organiser parce que...

parce que mononcle va manquer de place

dans son pick-up avec tout ce beau monde-lĂ .

- Bien, regarde, Den, donne-moi les clés de l'appartement,

je vais raccompagner les filles puis je vais t'attendre lĂ -bas.

- Oui, dors-tu chez tes parents, toi, Ă  soir?

- J'avais pensé rester avec vous autres, je sais pas,

ça serait plus simple pour l'organisation demain.

- OK, tiens, merci. - De rien.

- HĂ©, ma grande, va... va trouver ta mĂšre, OK?

- Bye, Denis.

- Non, attends, attends, parle-moi, toi.

Qu'est-ce qui se passe, lĂ ?

Ca va chier solide, c'est ça?

Il est ou, lui, osti?

Allais-tu encore partir sans me dire au revoir, toi?

- Non. - HĂ©, parle-moi, lĂ .

Ca me tente pas, lĂ . Hum?

Ca me tente pas d'ĂȘtre le petit dernier

Ă  qui vous dites rien encore.

- Denis...

(sanglots)

- Mireille, parle-moi.

- Je t'aime.

Je t'aime, Denis, je pense que je te l'ai jamais dit.

- Moi aussi. - Ah!

(sanglots)

Je peux pas me lancer lĂ -dedans, pas ce soir.

Puis c'est Ă  Ju...

C'est Ă  Julien de s'expliquer, pas Ă  moi.

- Expliquer quoi, crisse? - Bye.

(soupir, reniflement)

- Stéfanie, embarques-tu avec Elliot, toi?

- Ecoute, je... Denis, je l'ai cherché partout.

J'ai pas arrĂȘtĂ© d'essayer de l'appeler,

il répond pas sur son téléphone.

- OK, merci.

- Bon, on y va, Denis?

Il est ou, Elliot?

(aboiements au loin)

(â™Ș Mon frĂšre par France D'Amour â™Ș)

- Hum! Un autre.

S'il te plaĂźt.

- Grosse soirée.

HĂ©! Baby bunny boo!

(sifflement)

Tiens, mon beau. Juste pour toi, ta préférée.

(â™Ș piano â™Ș)

- Un double scotch.

(brouhaha ambiant)

- Je peux m'asseoir à cÎté de toi?

- T'étais pas bien à ta table?

- Ca me tente de m'asseoir au bar.

- Il y a plein d'autres places ailleurs.

- Ouais, mais moi, c'est lĂ  que je veux m'asseoir.

Mais lĂ , je veux ĂȘtre lĂ .

C'est la premiĂšre fois que je te vois ici.

- Ah oui, hein?

Mais c'est pas la premiĂšre fois que je viens, par exemple.

J'ai juste pris un... un petit break.

- Ah oui, hein? Un break de quoi?

- Ca.

- Tiens, chéri.

(rire)

- Tu perds ton temps, mon beau.

- HĂ©!

- As-tu de la coke?

Je le sais que t'en as.

(reniflement)

(soupir)

(reniflement)

(reniflement)

(â™Ș Atmosphere par James Blake â™Ș)

â™Șâ™Ș Walk â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș See the danger â™Ș

â™Ș Always danger â™Ș

â™Ș Endless talking â™Ș

â™Ș Life rebuilding â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Ș

â™Ș Walk â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș Don't turn away â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș Your confusion â™Ș

â™Ș My illusion â™Ș

â™Ș Worn like a mask of self-hate â™Ș

â™Ș Confronts and then dies â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Ș

â™Ș People like you â™Ș

â™Ș Find it easy â™Ș

â™Ș Naked to see â™Ș

â™Ș Walking on air â™Ș

â™Ș Hunting by the rivers, through the streets â™Ș

â™Ș Every corner â™Ș

â™Ș Abandoned too soon â™Ș

â™Ș Set down with due care â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Ș

â™Ș In silence â™Ș

â™Ș Don't walk away â™Șâ™Ș

(bips des moniteurs)

Sous-titrage: MELS

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