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Original subtitles

En quoi Berkeley

se distingue-t-elle des autres universit�s ?

Il y a une belle histoire, sur cette universit� :

elle aurait �t� fond�e par deux joueurs et un tenancier de saloon.

Un soir, au temps de la Ru�e vers l'or,

l'un d'eux dit, si j'adapte la langue du 19e si�cle :

"H�, mec..." ils avaient un peu bu...

"H�, mec, si on cr�ait une universit� ?"

Et tous de dire : "Ouais, bonne id�e !"

En r�alit�, c'est un mythe.

Il est impossible que �a se soit pass� ainsi.

Les �lus se sont dit qu'il serait bon

que la Californie ait son universit�.

Ils pr�figuraient les �lus actuels,

car quand ils sont pass�s � l'acte 20 ans apr�s,

ils ont manqu� d'argent.

C'est une tradition !

Mais ce mythe dit quelque chose...

quelque chose de vrai

sur ce qui distingue Berkeley

de Harvard.

Berkeley n'a pas �t� fond�e par un groupe de Puritains

s�duits par l'id�e d'une institution mod�le

d'enseignement sup�rieur.

Berkeley a certes �t� cr��e sur le mod�le de Harvard et Yale,

et dans les premiers temps,

on y trouvait un certain nombre de membres du clerg�.

Mais Berkeley avait

un r�ve, un sens de l'avenir et de la diversit�,

d�s les origines.

Une forme, quoi que vous puissiez en penser,

d'id�al. Un id�al d�fini par le fait

qu'on doit pouvoir avoir acc�s aux �tudes

m�me si l'on n'est pas issu de l'�lite.

Que diff�rentes id�es doivent coexister.

Qu'il faut de l'espace. Ils avaient beaucoup d'espace,

mais pas d'argent.

L'id�e �tait que se jouait l� l'avenir de la Californie

et celui d'une population diversifi�e.

Pour le fonctionnement de l'enseignement � Berkeley,

soit les salaires du personnel enseignant et non enseignant

impliqu� dans l'activit� �ducative,

l'�tat nous a consenti 308 millions.

La dotation globale est sup�rieure, si l'on inclut

les fonds consacr�s � la recherche.

Mais nos frais g�n�raux ne sont pas couverts.

Une partie de cette dotation vient du gouvernement f�d�ral,

mais elle a �t� rebaptis�e "fonds de l'�tat".

La dotation r�elle de la Californie � Berkeley a �t� de 308 millions.

Gr�ce au secteur Recherche,

notre budget total est de 1, 9 million...

Pardon. 1, 9 milliard.

La dotation r�elle de l'�tat

� l'activit� d'enseignement

est tomb�e � 16 % du budget.

Nous avions pouss� les hauts cris � la perspective

qu'elle tombe � 22 %.

Le chiffre final est de 16 % du budget total,

ce qui est... inou�.

Il n'y a pas si longtemps, il �tait de 40 %

ou 50 %.

Ce d�sengagement progressif

de l'�tat de Californie

affecte non seulement Berkeley

et l'Universit� de Californie,

mais aussi la recherche.

Je crois qu'il serait vain

de tabler

sur un redressement du financement de l'�tat

et sur un retour � un pourcentage sup�rieur.

Le d�fi primordial pour nous,

dans ce contexte de d�sengagement,

est de pr�server notre supr�matie

et notre caract�re public.

Nous ne devons pas c�der l�-dessus.

Le pays a assez de grandes universit�s priv�es :

Stanford, Harvard, etc.

Il nous faut de grandes universit�s publiques.

Comment y parvenir dans un contexte

de d�sengagement des �tats ?

Ce n'est pas sp�cial � la Californie.

Il est d'une importance primordiale

de disposer d'un mod�le de financement durable.

Et il est clair que ce mod�le doit �tre bas�

sur une gamme diversifi�e de ressources.

Nous d�battrons du budget en d�tail dans ce s�minaire.

Nous avons d�j� beaucoup fait, mais les d�fis qui nous attendent

sont en partie d�termin�s

par l'�tat de l'�conomie en Californie.

Pour continuer � �tre une universit� d'excellence,

nous devons absolument

r�ussir notre programme d'Excellence op�rationnelle

et r�aliser des �conomies

de 75 millions par an, sinon plus,

sur notre budget global.

George dit tr�s justement

que nous jouons, comme nous le verrons,

un r�le de leader national et international

dans l'enseignement et la recherche.

Nous voulons jouer ce r�le

au niveau fonctionnel, afin d'�tre un exemple

de gestion d'une universit� publique.

Un des objectifs importants de l'ann�e,

en collaboration avec Harry,

Cathy et le service des aides financi�res,

sera de parvenir � suivre de pr�s

l'endettement des �tudiants de la classe moyenne.

Nous devons penser une strat�gie

d'augmentation des aides � la classe moyenne.

C'est loin d'�tre insignifiant,

car selon la mani�re dont marche notre algorithme,

l'aide financi�re limite le recours aux emprunts et aux jobs �tudiants.

C'est le principe de nos aides financi�res.

Mais ces mesures cibl�es sur la classe moyenne

devront venir en sus des autres.

Nous verrons comment y parvenir.

Je pense, et Scott en parlera, qu'il existe des possibilit�s

de collecte de dons pour boursiers de la classe moyenne.

Nous butons sur le fait

que l'id�ologie centrale qui soutient

l'�laboration de l'action publique am�ricaine

et le d�veloppement international, est le lib�ralisme.

Vous allez � l'encontre de l'id�e

qu'il s'agit au bout du compte de libert� individuelle.

Une libert� d�finie par des concepts cl�s :

l'individualisme possessif,

dont l'incarnation directe est la propri�t� priv�e,

et la notion de libre entreprise.

L'intervention de l'�tat est donc,

vu son projet redistributif, une coercition.

Je n'ai �tudi� ici qu'un an et demi.

Et je suis rentr�e aux Cara�bes.

La diff�rence, qui est une source de disputes avec mes amis...

Nos �coles sont �videmment plus petites,

mais tout est gratuit.

Et le niveau est vraiment bon.

C'est ce qui fait la fiert� des petits pays :

le niveau d'�ducation.

Nous avons un taux d'alphab�tisation de 96 %.

Je parle avec mes amis d'ici

de mes �tudes et de mon �ducation,

et je vois leurs enfants aller dans de mauvaises �coles,

o� il n'y a ni classe de musique ni rien de ce genre,

ce que moi j'ai eu dans mon petit pays "sous-d�velopp�"...

Et au fond, je trouve �a d�go�tant.

Parce qu'on m'a appris qu'on vient en Am�rique

pour obtenir plus.

Pour avoir plus de chances et de meilleures �coles

et parce que la vie nous donnera plus.

Mais en fait...

C'est un pi�ge. C'est vrai et c'est faux.

Le style de vie ici est plus dur.

Tandis que dans les Cara�bes,

on va � l'�cole et on a un boulot,

mais on peut choisir ce qu'on veut faire.

Mes amis ont des enfants,

ils travaillent, ils sont heureux.

Leurs �tudes ont �t� gratuites.

Ici, je suis all�e aux Beaux Arts,

mais en payant.

La vie ici est diff�rente : elle tourne autour

de l'argent qu'il faut gagner.

Pour rembourser les pr�ts �tudiants.

Tandis que l�-bas, l'argent

est destin� � la famille,

aux enfants, pour qu'ils aient les m�mes chances,

m�me dans ce pays pauvre.

Je trouve qu'ici, c'est tr�s dur.

Et �a me donne envie de rentrer chez moi.

Nous devons changer de point de vue

sur ce qui nous importe en tant que peuple

et lutter pour le garder.

Je veux bien payer plus d'imp�ts

si cela profite aux �coles

de la maternelle au coll�ge.

Je suis d'accord. Mais plein de gens ne veulent pas.

Si j'�tais propri�taire, j'accepterais d'�tre plus impos�e.

Mais ici on pense qu'au fond,

on vous pique un argent durement gagn�.

C'est �a le probl�me.

Les politiques d'aujourd'hui

refl�tent la mentalit� actuelle des �tats-Unis.

Nous vivons dans une culture o� nous sommes �valu�s

selon notre capacit� � consommer, � produire, � poss�der.

J'entends "produire" au sens large :

produire du pouvoir, de l'argent, des enfants.

Cela explique pratiquement

toutes les critiques qu'on peut entendre ici.

Parce que domine l'id�e qu'on ne vaut

que par la position sociale qu'on obtient.

L'�cole n'est donc pas le lieu de l'ouverture d'esprit.

Si l'on parle d'acc�s,

ce n'est pas forc�ment d'acc�s � l'�ducation.

C'est comme si, mentalement, on sautait une �tape.

Il s'agit d'acc�s � un boulot qui te fera respecter.

Une �tude r�cente rappelait

les motivations des �tudiants des ann�es 60.

Ils �tudiaient pour en savoir plus sur la vie.

Aujourd'hui, les �tudiants veulent faire de l'argent.

�tudions-nous pour trouver un boulot

ou pour saisir la richesse de la vie ?

Combien d'�tudiants pr�f�rent aux jeux vid�o

la lecture des penseurs du pass� ?

Voyez "Joe le plombier".

� la t�l�, il dit :

"Bonjour, je suis plombier,

"j'ai commenc� tout petit,

"mon entreprise a grandi.

"20 ans apr�s, je gagne 300 000 dollars par an,

"parce que l'entreprise a grandi

"et je peux me payer 300 000 dollars.

"Je ne veux pas payer d'imp�ts, je me suis fait seul.

"Pourquoi je donnerais mon argent � des gens

"qui n'ont pas travaill� comme moi

"et qui n'ont pas gagn� leur propre argent ?"

C'est la pire mani�re de penser.

Moi, je dirais : "Je suis reconnaissante,

"j'ai une chance rare.

"Je suis n�e dans un pays

"qui me permet d'avoir mon entreprise.

"Je vis dans un pays qui me permet

"d'acc�der � un formidable enseignement public."

Dans ce m�me pays, certains n'ont pas eu ma chance.

Je dois donc donner � ceux qui n'ont pas acc�s � ce que j'ai,

quoiqu'on vive dans le m�me pays.

Quand je l'entends � la t�l�

cracher sa haine de l'�tat,

sa haine de ceux

qui lui ont permis d'avoir cette chance...

Cette absence de reconnaissance

pour ceux qui ont rendu possible

la r�ussite qu'il a eue

me para�t une preuve d'ignorance

et de v�ritable inconscience.

Dites ce que vous pensez !

Nous ne parlons pas ici

de comportement individuel,

ni de d�cisions prises par des individus,

ni de choix personnels.

Nous devons r�fl�chir aux structures de pouvoir

et aux syst�mes de d�cision qui d�terminent ces choix.

Ce qui est en jeu ici, s'agissant d'enseignement public,

est la mani�re dont la restructuration du secteur public

conditionne non seulement la mobilit� sociale

mais aussi, progressivement, tout un ensemble de choix.

Ici, dans mon d�partement,

nous nous sommes vigoureusement oppos�s l'an pass�

� une mesure apparemment mineure,

mais qui avait pour nous valeur de symbole des temps.

L'an pass�, on a impos� � certaines facs...

et nous en avons plusieurs tr�s cot�es

en urbanisme, architecture, etc.

un suppl�ment diff�renci�

en sus des frais d'inscription.

Les �tudiants de ces programmes devaient payer

des frais additionnels de 6 000 dollars

avec augmentation automatique de 10 % par an.

Les bar�mes diff�renci�s sont courants

dans nos enseignements professionnels.

En Droit, les frais se comptent en milliers de dollars,

idem en Sant� publique ou Communication.

Il a m�me �t� question

que certains premiers cycles de l'Universit� de Californie

se voient imposer des bar�mes diff�renci�s,

Ing�nierie et Commerce �tant les plus chers.

Au motif qu'un dipl�m� de ces facult�s

gagnera plus d'argent et doit donc payer plus.

La mesure est pass�e.

Nos �tudiants payent ces frais additionnels.

Les arguments de ceux qui �taient contre

�taient li�s � l'accessibilit�

et au co�t de l'�ducation sup�rieure.

Mais il s'agissait aussi

de la fa�on dont cela conditionnerait les choix

de carri�re des dipl�m�s.

Nos dipl�m�s en urbanisme

vont traditionnellement dans le secteur public.

Mais pour qui sort d'ici

avec un emprunt plus lourd � rembourser,

cette dette conditionne in�vitablement les choix.

C'est pourquoi j'ai recentr� sur la question structurelle,

en tourmentant Evan

� propos du th�me de la "mentalit�".

Il est bien s�r revenu � la mani�re

dont certaines politiques ont produit ces r�sultats.

Mais je voudrais �largir la question.

Vous vous pr�occupez de la pauvret� mondiale.

Nous avons longuement parl� de pauvret� hors des USA

et examin� les institutions et les politiques

qui combattent cette pauvret�.

Nous avons beaucoup parl� de votre g�n�ration,

tr�s pr�occup�e par ce probl�me.

Ma question sera en 2 parties.

Premi�re partie : devons-nous nous occuper

de la pauvret� et de l'in�galit� aux USA ?

Deuxi�mement.

On constate un curieux d�calage,

une diff�rence ou une contradiction,

entre une politique am�ricaine

de plus en plus domin�e par l'id�ologie anti-fiscalit�

dont vous parliez...

"Que les gens se d�brouillent,

"c'est la loi du plus fort,

"abandonnons les politiques sociales."

Et par ailleurs la compassion philanthropico-humanitaire

envers la pauvret� d'ailleurs.

C'est peut-�tre mon imagination,

mais je suis frapp�e par la contradiction entre les deux.

Vous avez les r�ponses ?

Je trouve int�ressant que vous mentionniez

que notre g�n�ration s'int�resse � la pauvret�.

Cela me conduit � demander "pourquoi".

La pauvret� existe depuis toujours.

Mais elle est r�cente

dans la classe moyenne et les banlieues r�sidentielles.

D'apr�s les statistiques que nous avons �tudi�es,

il y a une "nouvelle pauvret�".

25 % de la pauvret� frappe les zones r�sidentielles.

Si notre groupe est compos�

de gens qui se pr�occupent de la pauvret�,

alors moi, en tant que...

suis-je la seule Noire ici ?

Je n'aime pas me retrouver � faire ce discours.

En quoi me regarde votre int�r�t pour la pauvret� ?

Le type de communaut� dont je proviens...

Je viens d'un quartier ouvrier m�l�,

qui n'�tait pas la "communaut� noire typique".

J'ai eu acc�s � plus de choses.

Mais la pauvret� �tait l�, dans ma culture,

� cause des origines et de l'histoire du pays.

Je trouve int�ressant de se demander

si votre g�n�ration s'int�resse � la pauvret�

parce qu'elle affecte d�sormais vos communaut�s.

Personne ne s'y int�ressait quand il s'agissait des autres.

� pr�sent que vos parents sont ch�meurs et vos maisons saisies,

ce qui compromet vos �tudes,

pourquoi moi, la Noire, devrais-je vous embo�ter le pas

dans votre passion pour les pauvres,

alors qu'il y a toujours eu

des milieux d�favoris�s o� personne n'avait de livres.

Le fait que vous le d�couvriez aujourd'hui

m'attriste, ou m'effraie...

je ne sais quoi en penser.

Si la pauvret� est aujourd'hui � l'ordre du jour,

c'est peut-�tre parce que c'est tr�s tendance.

Dans les m�dias, on voit des stars s'en occuper,

et du coup, �a vous s�duit bien plus.

Mais la pauvret�, le manque d'instruction

et le manque de travail

ont toujours exist�.

Pourquoi personne

ne veut payer d'imp�t foncier pour vos �tudes ?

Bonne question. Personne ne l'a pay� pour mes �tudes.

Je suis fille de migrants.

Comme disent certains :

"Te donner la citoyennet� est d�j� trop, pas question de payer."

Comment justifieriez-vous aupr�s de quelqu'un comme moi

que j'investisse sur vous ?

Personne n'a investi sur les communaut�s dont je proviens.

� pr�sent que vous, pour qui c'�tait un "droit",

vous n'en avez plus les moyens,

tout le monde devrait s'en soucier.

Je trouve �a un peu hypocrite.

Je dois comprendre pourquoi vous vous en souciez maintenant.

Parce que �a tombe sur vous ?

Parce qu'Angelina Jolie et Bono en parlent � la t�l� ?

Il y avait des pauvres priv�s d'�ducation il y a 10 ans.

Le ch�mage a toujours frapp� les Latinos,

les Noirs et les Asiatiques.

Mais avec les saisies

et l'appauvrissement de la classe moyenne,

tout � coup, �a vous int�resse.

De qui se moque-t-on ?

Si je trouve un bon job en sortant de Berkeley,

je devrais payer pour vous ?

Qui de vous aurait pay� pour moi il y a 10 ans ?

Personne ne l'a fait.

Ce n'est un probl�me que parce qu'il touche les Blancs.

Nous devons accepter le fait que le probl�me existait d�j�

mais qu'il affecte d�sormais d'autres couches de la population.

Et nous devons rapprocher l'exp�rience qui serait la mienne...

je viens d'un quartier meilleur que certains des v�tres...

Rapprochons l'exp�rience de ceux que je repr�sente

de ce que vous vivez aujourd'hui.

Pourquoi quelqu'un comme moi, enfin parvenu � votre niveau,

devrait-il se soucier de vos frais d'inscription ?

Si j'�tais logique, je dirais : qu'ils augmentent !

Ce serait un moindre mal

en regard de ce qu'a v�cu l'ensemble des communaut�s.

Tu dis beaucoup

"moi, moi" et "vous, vous"...

Ce n'est pas de �a qu'il s'agit.

Je voudrais reparler de ce que tu as abord�.

La pauvret� a toujours exist�,

et partout, dans toutes les collectivit�s des USA.

Et tu dis une chose du genre :

les ex-riches sont confront�s au manque d'argent

et c'est tendance de s'en occuper.

Je trouve injuste de dire

que "nous" ne nous en sommes jamais souci�s.

Beaucoup le font depuis longtemps.

M�me quand je n'ai pas d'argent,

j'essaye d'aider les autres,

car je sais que manquer d'argent, �a craint.

Je veux que tu acc�des � l'�ducation

parce que je sais ce que signifie manquer de tout.

Ce pays n'est pas fond� sur le fait que tout le monde

doit s'enrichir et r�ussir.

Il te garantit uniquement la possibilit� d'essayer.

Mes parents sont des migrants.

Ils ne m'ont jamais dit : "Tu auras ce que tu veux."

Ils m'ont toujours dit : "Seul ce pays t'offrira

une chance d'acc�der � ce que tu veux."

Ce qui caract�rise les gens n�s ici,

dans la culture am�ricaine,

est qu'on vous a conditionn�s � penser que c'est un d�.

Que tout vous revient de droit.

"On n'a plus notre d�, qu'arrive-t-il � ce pays ?"

Ce pays est fond� sur l'exploitation.

Sur le fait que les riches sont une minorit�

et que les autres sont asservis.

Ceux qui nous servent de mod�les,

les chefs d'entreprise, les Hilton...

tirent leur richesse de l'exploitation.

Qui s'est enrichi en sauvant des �cureuils,

des orphelins ou des dauphins ?

Leur argent ne vient pas de �a.

Mais nous les pla�ons si haut

qu'ils peuvent continuer � exploiter les autres.

La diff�rence joue entre

votre id�e que tout vous est d�,

et la vision de ceux qui viennent ici

sans s'imaginer qu'ils auront droit � tout.

Nous pensons juste que nous pouvons essayer.

Deux sujets ici,

dont l'un a �t� discut� la semaine derni�re.

Assistons-nous � la fin de la classe moyenne ?

Entrons-nous dans une nouvelle phase politique

du fait que ce que la classe moyenne

tenait pour acquis, bien qu'inaccessible aux autres

et en particulier aux communaut�s de couleur,

est soudain menac� ?

Deuxi�mement.

S'occupe-t-on de pauvret� et d'in�galit�

ou est-ce que le grand spectacle de la lutte contre la pauvret�,

l'enjeu du mill�naire dont nous parlions,

est surtout centr� sur la pauvret� d'ailleurs ?

Non sur ceux dont la maison est saisie ici,

mais quelque part ailleurs.

Qu'est-ce que cela signifie ?

La pauvret� n'est pas populaire

juste parce que Bono est all� en Afrique.

Il y faut sans doute

une br�che, une crise.

Que �a prenne visage humain, que tous le voient.

C'est la condition pour comprendre ce que les autres souffrent.

Selon le discours am�ricain,

on m�rite ce qu'on endure.

C'est la g�ographie selon Sachs :

tu es sous-d�velopp�

parce que tu es un incapable.

C'est le discours. Tu appartiens � ce groupe,

donc, tu n'as pas la capacit� de te d�velopper.

Donc, c'est ta faute.

Revenons � Milton Friedman

et aux n�olib�raux dont nous avons parl�.

Friedman disait souvent qu'il esp�rait une crise.

Parce qu'une crise est l'occasion de proposer

un traitement de choc, un �lectrochoc.

Voyez Hayek et Milton Friedman...

une poign�e de gens, non ?

Quelques personnes qui se voient

comme les penseurs de l'�conomie de march�,

une �lite proposant de grandes id�es

et capable de les mettre en �uvre.

Pourquoi ne pas nous approprier ce "mod�le",

sachant � quel point le monde a �t� souvent chang�

par une poign�e de penseurs ?

Par la r�volution et les id�es.

C'est une vision assez �litiste

que de dire que le combat des id�es se m�ne "en haut".

Mais vous appartenez � une institution tr�s �litiste.

Une des plus puissantes en termes de production de savoir.

Ma question est : que ferez-vous de votre savoir

et du pouvoir qu'il conf�re ?

Pour conclure, j'en reviens � la remarque d'Alex

relative aux produits (Red) et au Fonds mondial,

� cet ensemble qui lutte contre l'OMC

et contre la privatisation de la propri�t� intellectuelle.

Et je vous demande de d�finir

"l'action publique, non la charit�".

Et s'agissant d'action publique, comment pensez-vous

lutter contre la pauvret� et les in�galit�s ?

Cela peut �tre aupr�s du Fonds Acumen...

pour l'investissement social.

Ou sous forme de capitalisme philanthropique.

De volontariat aupr�s des d�favoris�s,

ou d'�uvre de bienfaisance pour enfants.

Cela peut �tre en devenant un super avocat

luttant contre l'OMC

ou contre les conditions abusives

des "subprimes" dans notre pays.

La formule "action publique et non charit�"

ouvre des possibilit�s politiques, mais aussi professionnelles,

que je trouve stimulantes.

Il ne s'agit plus d'actes charitables,

de g�n�rosit� ou de bont� individuelles.

Il existe d'autre moyens de s'attaquer au syst�me.

Notamment par les formes d'expertise

et de comp�tence qu'ont les dipl�m�s de Berkeley.

C'est ainsi que nous...

je sors de Berkeley moi-m�me...

que nous pouvons faire la diff�rence.

Vous r�fl�chirez, au fil de ces semaines

o� nous examinerons les alternatives,

� la d�finition des mod�les de changement

pour le d�veloppement.

Ces mod�les vous satisfont-ils ?

Certains font d�j� signe que non.

Comment inventer de nouveaux mod�les

de changement ?

Comment ces mod�les d�passeront-ils

les solutions-pansements

pour s'attaquer au d�ficit d�mocratique ?

Grimpons � l'�chelle jusqu'en haut du toit

De l�-haut on voit bien mieux le ciel

Grimpons sur le toit...

Nous verrons le ciel !

Je vais te dire ce qu'est l'amour

Et le bonheur qu'on y trouve, baby

Unissons nos c�urs

Dans le voyage vers la fontaine de l'amour

Jamais je ne te laisserai douter, mon amour

Notre amour sera plus fort de jour en jour

Il faut que vous connaissiez les noms de vos �tudiants.

On ne retient souvent que ceux des mauvais...

"Jordan, arr�te de jouer aux jeux vid�o sur ton portable.

"Bien, Maria, merci d'avoir encore r�pondu."

D'habitude, on en retient deux-trois.

Conna�tre leurs noms permet de tous les int�grer

et les emp�che de se planquer au fond.

Un probl�me fr�quent, que j'ai constat�

en circulant dans les classes :

ne pas savoir r�pondre � la question d'un �tudiant.

Ma solution : avoir mon ordinateur avec moi.

Dans les labos, quand les �tudiants travaillent,

l'un d'eux pose une question...

"Je ne sais pas... comment �a se dit.

"Je ne sais pas de quel concept tu parles."

Je cherche sur Google.

Et je fais �a sous leur nez.

Ils s'en fichent. Ils sont tr�s indulgents.

Vous avez le droit d'�tre paum� et d'ignorer la r�ponse

du moment que vous la leur trouvez

ou que vous promettez de la leur donner vite.

On ne peut tout savoir.

Je suis une prof relax

mais attentive aux cons�quences.

�tre strict sur les cons�quences, �a aide.

Les charg�s de cours aiment �tre amis avec les �tudiants.

Nous les comprenons.

Mais cela rend le tutorat plus difficile.

Quand ils vous disent par exemple :

"Si je n'ai pas 6 sur 10, je me fais virer du cours,

de la fac, je suis en probation,

je suis fichu."

Si vous �tes amis, ce sera dur de dire : "D�sol�,

"tu as 5."

Cela m'est arriv� le semestre dernier.

C'est triste, mais...

Place-t-on la barre au niveau de potentiels dipl�m�s de 2e cycle,

ou nous calons-nous sur le niveau du plus faible

pour fixer la barre ?

Ce sera s�rement variable selon les classes,

mais je me demande quel est le plus bas niveau admissible.

Quand tu en parles,

tu laisses supposer une grande latitude.

Est-ce du genre : "Arrange-toi d'un texte

"et ce sera d�j� bien".

Ou est-ce : "Tu dois ma�triser ces 5 textes en 2 mois

"et les r�sumer intelligemment".

Bonne question. La d�cision t'appartient.

R�fl�chis � ce que tu veux que les �tudiants en retirent.

Tu vois d�j� plus loin que bien des charg�s de cours,

parce que la plupart se disent au d�but

que �a paye leur scolarit�, et ils exp�dient le truc.

"Qu'est-ce que je veux pour mes �tudiants ?

"Je veux qu'ils sachent lire un texte scientifique,

"parce que moi je n'ai pas appris avant le 2e cycle.

"Qu'ils sachent r�diger.

"Qu'ils apprennent la r�flexion critique."

Chacun a ses propres objectifs.

Demande-toi juste ce qu'enseigner signifie pour toi

et ce que tu veux pour eux.

C'est �a qui te dira comment g�rer tes sections.

Nous revenons de loin, historiquement.

Pour les �tudiants,

Berkeley �tait une usine bureaucratique.

Les �tudiants avaient affaire � des bureaux

pour le conseil, le soutien financier,

la biblioth�que, les amendes...

C'�tait comme une enfilade

d'officines dans une usine d'automobiles.

C'est l'image que j'en ai.

Une image terrible.

Nous en sommes loin. Nous en sommes revenus.

Quand je repense aux ann�es 60,

quand j'�tudiais ici...

Deux �l�ments d�finissent les origines

du Free Speech Movement,

en dehors du reste.

L'un d'eux est "M�tamorphose de l'universit�" de Clark Kerr,

o� les �tudiants ont vu l'image

d'une usine �ducative

produisant en s�rie des �tudiants-produits

destin�s � la soci�t�.

L'universit� comme usine de produits impersonnels.

L'autre a �t� le slogan du Free Speech Movement :

"Ne pas me plier, me tordre ni me mutiler."

C'est ce qui figurait sur les cartes IBM.

C'est ainsi que les �tudiants voyaient leur vie ici.

Nous en sommes revenus. Mais l'universit� est immense,

et les �tudiants ont affaire � nos instances bureaucratiques.

Pas facile de faire en sorte que des bureaucrates deviennent

des prestataires de service

plut�t que des contr�leurs.

La culture du campus

est particuli�rement r�ticente au changement.

Ce n'est pas que les individus refusent de changer.

Ils veulent d�cider eux-m�mes des changements.

Leur culture les y porte.

S'agissant de changement dans l'institution,

la difficult� de l'entreprise ne peut �tre sous-estim�e.

J'en suis arriv� � quelques analyses,

apr�s coup, qui expliquent en partie ce qui se produit,

dont je souhaite vous faire part.

Quand nous avons modifi� l'organisation,

les individus l'ont ressenti � un niveau personnel.

Ils ont cru que le mobile de mes modifications

�tait de m'en prendre � eux personnellement.

M�me ceux que les changements avantageaient

ont cru � une attaque personnelle.

Parce que je changeais quelque chose

sans leur permettre de d�cider eux-m�mes du changement.

J'ai donc d� n�gocier avec 400 personnes.

Personne ne pensait

que nous avions tort au niveau global.

Mais pour chacun, individuellement,

c'�tait mauvais.

M�me si c'�tait � leur avantage.

Puisque ce n'�tait pas � eux de d�cider du changement,

puisque �a leur �tait impos�,

c'�tait n�gatif.

Je ne comprenais pas �a pendant les n�gociations,

mais je savais qu'accorder des concessions nous aurait tu�s.

Je les rencontrais, je tentais de comprendre...

Dissonance cognitive. Je ne les comprenais pas.

"Tu auras un meilleur poste, des perspectives,

"le boulot qui te pla�t,

"alors pourquoi tu me dis que ce n'est pas bien ?"

Si j'avais accept� de faire des concessions,

j'aurais d� le faire avec 400 personnes.

C'�tait tr�s dur,

� un niveau incompr�hensible, avec les individus.

En prenant de la distance, j'ai fini par comprendre

que leur travail s'appuyait non sur des m�thodes

ou sur leur comp�tence,

mais sur un syst�me relationnel.

Le r�sultat d�pendait des relations mises en �uvre,

qu'elles soient � �viter ou � mettre en valeur,

quels que soient les besoins du poste.

L'aspect relationnel s'est av�r� �tre

l'�l�ment que nous ne pouvons contr�ler.

Quoi qu'on d�cide, ces relations sont personnelles,

construites dans le temps,

et nos changements les briseront.

Avec des cons�quences impr�visibles.

J'ai eu des d�missions � cause de �a.

"Si je ne travaille pas avec Untel, je m'en vais."

Graham parlait de l'�valuation de performance.

"Tu m'opposes une �valuation de performance �crite ?

"C'est insultant. Je m'en vais."

Je ne comprenais pas un tel degr� d'angoisse,

mais l'aspect relationnel �tait crucial.

Vu de l'autre c�t�,

celui du campus comme ensemble de clients des services,

les relations qui assuraient le service

ayant �t� rompues,

les clients �tayaient l'id�e

que les changements �taient n�fastes.

Parce qu'au fil du temps et de techniques �prouv�es,

les choses marchaient gr�ce au syst�me relationnel,

tout tortueux ou inad�quat qu'il soit,

tout �tranger qu'il soit aux objectifs d'optimisation.

Le syst�me relationnel faisait marcher la machine.

Des vice-chanceliers adjoints, des doyens,

des directeurs de d�partement

venaient me voir

pour me dire � quel point j'avais tort,

que j'allais les emp�cher de travailler.

Que je ne comprenais pas comment �a marchait,

parce que Jane n'allait plus travailler avec Bob.

Parce que �a marchait ainsi.

Et ils avaient raison.

Quand on a fait nos changements, tout s'est arr�t�.

Parce que �a marchait comme �a.

Un syst�me qui fonctionne sur le relationnel

ne peut pas �tre optimis�.

Nous sommes incapables de le contr�ler.

L'aspect interpersonnel

est la principale difficult�.

Il faut traverser une vall�e de larmes,

traverser ce d�sert du d�fi,

admettre avoir bris� des relations

sans le vouloir, par la force des choses.

Et leur substituer des processus

pr�visibles, reproductibles, amendables.

�a prend du temps et �a ne marche pas tout de suite.

Rien ne marche sans heurts.

C'�tait pareil avec l'interpersonnel,

sauf que quand �a bloquait,

les gens savaient prendre de la distance :

"Tu as merd�, Bob, mais on bosse ensemble,

"et tu vas m'arranger �a."

Mais quand une proc�dure ne marche pas, le monde s'embrase.

Au-del� de cette vall�e de larmes,

quand on peut voir

que le probl�me n'est plus la rupture des relations,

mais la n�cessaire am�lioration d'une m�thode,

on voit les rouages fonctionner plus vite.

R�parer, mettre au point, permettre aux gens

de s'approprier la machine.

� eux d'am�liorer la machine.

Quand la machine marche vient la reconnaissance.

Et non pas quand Jane dit

que Bob a invent� le fil � couper le beurre.

�a, c'�tait la reconnaissance d'avant.

La r�compense psychologique.

"Je suis le meilleur aux yeux d'Untel,

"que �a marche ou pas."

Tu parles en fait de modeler la structure

sur le mod�le entrepreneurial.

Cela engendre une forte r�sistance.

L'abondante litt�rature th�orique

concorde sur un point :

toute organisation a deux syst�mes, le formel et l'humain.

Tu n'�limineras pas le syst�me interpersonnel.

Dans une bonne organisation, le syst�me interpersonnel

est en phase avec les relations formelles

sans les �liminer.

De nombreuses r�formes

vont �tre douloureuses. Elles nous sont impos�es.

Je souhaitais souligner

le d�sengagement rapide,

soit moins 50 % sur 10 ans, en donn�es corrig�es,

de l'�tat de Californie.

Cela met en p�ril notre rang d'excellence,

le fondement de notre grandeur.

Soyons clairs : ce n'est pas une menace en l'air.

Elle a conduit

beaucoup d'entre nous � r�fl�chir aux solutions.

J'ajouterai � cela

que cette �quipe aura un r�le d�cisif.

Le financement public diminue progressivement.

Nos probl�mes financiers persistent.

Je vois que les gouvernements � venir

auront de plus en plus de mal

� respecter notre identit� publique.

Nous avons l'exemple d'un autre campus, qui pr�conise

d'abaisser le taux de r�duction sur frais d'inscription

accord� aux bas revenus, et d'affecter ces moyens

au paiement des personnels.

Nous subirons des pressions croissantes en ce sens.

Certains diront que puisque l'�tat se d�sengage,

nous avons moins de devoirs envers les �tudiants

et plus envers nos personnels.

Ce sera un d�fi central,

qui suppose une direction forte,

avec une vision claire de notre identit�.

Quand je d�prime

Quand la vie me barbe

Je fais le compte de mes amis, et j'en ai...

J'en ai 504 !

J'ai recherch� les potes de coll�ge

De mon vaste r�seau d'amis

Tu peux savoir s'ils sont malins ou pas

Selon la fac o� ils �tudient

J'ai mis mes trucs dans mon profil

Mes nouveaut�s les plus g�niales

Jamais je n'invite ceux

Qui n'ont pas mes id�es politiques

Tu peux voir mes posts de citations

Mes artistes et chansons pr�f�r�s

Si tu n'es pas encore sur Facebook

Je te conseille de t'y mettre vite

Veux-tu �tre mon ami sur Facebook ?

Clique "oui" et je t'ajouterai � ma liste

Il faut que je sois ton ami sur Facebook

Si tu refuses, j'oublierai ton existence

Aide-moi � me sentir vivant

Sois mon ami num�ro 505 !

Sois mon ami !

Mon ami tr�s sp�cial !

Sur Facebook !

Question : comment appr�hende-t-on le temps.

On appr�hende par le cerveau et le corps.

Tout concept est physique.

On ne per�oit pas le temps.

Rien dans votre corps ne per�oit le temps.

Rien dans votre cerveau ne per�oit le temps.

Comment appr�hendez-vous le temps ?

Nous disposons de m�taphores pour le temps comme espace.

Mais comment le cerveau cr�e-t-il le temps ?

Puisqu'il n'existe pas.

Il n'est pas perceptible.

La solution est tr�s int�ressante.

La meilleure hypoth�se en vigueur

est appel�e "hypoth�se du cycle de 40 Hz".

Chaque 41 000e de seconde

une impulsion part du tronc c�r�bral

et se r�pand dans le cerveau. Une impulsion r�guli�re.

Qui en quelque sorte minute le reste.

La respiration, les battements du c�ur.

Elle permet de r�guler les actions, par exemple.

Cette r�gulation signifie

qu'un �v�nement donn�

comme saisir un livre

ou boire de l'eau

est li� aux pulsations du cycle de 40 Hz

qui se r�p�te r�guli�rement.

La mesure du temps

s'effectue ainsi.

Il peut se mesurer en jours

selon le trajet du soleil.

Ou selon l'�coulement r�gulier d'une clepsydre.

Plus pr�s de nous gr�ce aux atomes de c�sium.

Le jet de c�sium

permet de mesurer l'�coulement du temps.

Mais ceci

cr�e le temps, ce qui est plus int�ressant.

Cerveau et corps enregistrent des �v�nements.

Nous agissons. Cerveau et corps agissent.

Le temps consiste � rapporter

un �v�nement � un cycle r�gulier r�it�r�.

Ce qui cr�e

une id�e de sa dur�e.

Le temps peut se mesurer

en termes de cycles � l'�uvre

dans le cerveau et le corps.

C'est une intuition du temps,

puis se cr�ent d'autres cycles r�guliers

pour mesurer du temps.

Ce qui est int�ressant dans la notion de temps,

est que nous devons la cr�er

cognitivement.

Notre cerveau le fait automatiquement.

Pensez aux m�taphores qui d�crivent le temps :

elles fonctionnent en termes d'espace et d'objets.

Dans le monde entier,

le temps appara�t comme un objet mouvant.

Le temps "viendra", il s'est "envol�".

"Flux" du temps, "passage" du temps.

Mardi "suit" lundi.

Voici "venir" lundi, le lundi est "venu",

le mardi "viendra", voici le mardi,

le lundi s'est "�coul�", etc.

Premier type de m�taphore.

Autre m�taphore :

une ligne le long de laquelle on marche.

On fait une chose � temps, en un certain temps.

Ces m�taphores produisent des ambigu�t�s :

soit No�l va arriver,

soit nous allons vers No�l.

Les deux.

Donc, des ambigu�t�s.

Vous avez une r�union mercredi,

et vous voulez la "d�placer de deux jours".

Ce sera lundi ou vendredi ? C'est selon la m�taphore.

Comme nous l'avons vu, les exp�riences de Lera Boroditsky

montrent que selon qu'on voit

quelque chose venir � soi

ou qu'on avance soi-m�me,

on privil�gie l'une des deux m�taphores.

Dans notre espace culturel,

l'avenir est devant et le pass� derri�re.

Laissons ceci "derri�re nous", regardons "de l'avant".

Ceci n'est pas universel.

Les m�taphores pr�c�dentes se trouvent partout.

Mais dans certaines langues,

le pass� est devant et l'avenir derri�re.

Ce qui est universel, c'est le temps comme espace.

Et ce temps est cr�� par des actions.

R�f�rez-vous au livre "Br�ve histoire du temps".

Si l'on sait que le Big Bang s'est produit,

la radiation se d�gageant dans une seule direction,

si vous remontez au point de d�part de la radiation,

� un Big Bang,

la mati�re de l'univers

sera comprim�e dans un tout petit espace.

� un certain point, les lois de la physique s'effondrent.

Hawking suppose que le temps d�fini par ces lois

est la r�alit� du temps.

Si les lois de la physique s'effondrent,

le temps n'existe plus.

Quand les lois de la physique sont "cr��es",

quand l'expansion est suffisante,

le temps acc�de � l'existence.

Ensuite, il en estime

le point de d�part apr�s le Big Bang,

ce qui n'a aucun sens.

Un truc bizarre exprim� en milliardi�mes de seconde.

C'est tr�s curieux :

il emploie le temps comme mesure

alors que le temps n'existe pas.

C'est la partie �trange du livre.

Mais l'id�e est que

si l'on prend au pied de la lettre la physique

et toutes ces lois,

� un certain point en arri�re, le temps est cr��.

Parce que les lois physiques de la physique sont n�es.

Un important programme de la Federal Aviation Administration

est financ� aupr�s de sept universit�s.

Nous en faisons partie,

pour la recherche sur l'ozone.

Mais j'en ai eu assez des probl�mes que ce financement cr�e

aupr�s des compagnies d'aviation.

Nous ne pouvons faire aucune �tude de terrain

sans l'autorisation des compagnies.

Et elles ne sont pas vraiment press�es

de nous donner acc�s aux avions pour voir ce qui s'y passe.

Certaines �tudes ont �t� approuv�es et on a pu avancer.

Mais c'est devenu p�nible,

et j'ai d�cid� de travailler � autre chose.

Les ing�nieurs d�pendent des projets gouvernementaux.

C'est �a ?

Il existe divers financements

mais la plupart proviennent des agences gouvernementales.

C'est une cons�quence quasi naturelle

du fait que les infrastructures publiques

sont notre d�bouch� essentiel.

En ing�nierie des transports,

la taxe sur l'essence finan�ant le minist�re des transports,

ce dernier finance la recherche

sur l'am�nagement de la circulation,

une meilleure approche de la circulation des marchandises,

l'organisation des lignes a�riennes

pour plus d'efficacit�. Ce genre d'�tudes.

En ing�nierie structurale,

le priv� peut �tre int�ress�,

mais la plupart des �tudes

se font pour le compte de la puissance publique.

M�me si l'entreprise paye l'immeuble � construire,

la recherche de fond d�terminera

si l'immeuble r�sistera � un tremblement de terre.

C'est une responsabilit� civile

qu'une entreprise ne doit pas prendre.

Cela rel�ve par d�finition du secteur public.

Et en conduite de projets ?

M�me dans la haute technologie, les domaines

que l'industrie finance le plus

sont le g�nie �lectrique et l'informatique.

On a un financement public,

et on am�ne plusieurs entreprises

� se constituer en consortium

pour financer un projet

qui m�nera � un d�veloppement de pointe.

Une entreprise de construction

peut souhaiter

fonctionner plus efficacement,

�tre plus rentable,

rendre sa gestion plus fiable.

La question est de ne pas servir une seule industrie.

Quand l'universit� produit des savoirs,

elle s'attache � les mettre � disposition de tous.

Quand une entreprise finance la production de savoirs,

elle veut en rester propri�taire.

Il y a l� une contradiction de fond

qui complique le financement de la recherche

par les entreprises.

M�me si le r�sultat int�resse le secteur priv�,

l'�tude doit trouver un financement public

pour �tre mise � disposition de tous.

Si vous pr�parez une th�se de doctorat

qui cr�era des savoirs nouveaux,

le principe de l'universit�

est que ces savoirs soient rendus publics.

Les int�r�ts �conomiques �troits de l'entreprise

s'accommodent mal de ce principe.

Nous sommes fiers de nos qualit�s acad�miques

et nous sommes reconnus

pour ces qualit�s. Dans tous les classements,

Berkeley est en haut. On s'accroche.

La question est : que faire

pour pr�server l'excellence malgr� la pression financi�re.

Vous connaissez l'histoire.

L'�tat ne peut plus nous financer

au m�me niveau que par le pass�.

Cette ligne rouge, qui repr�sente

la dotation corrig�e de l'inflation

l'exprime bien.

La pente de cette ligne nous met sous haute tension.

Voici les commentaires de ceux qui sont sur le terrain.

Quand vous interrogez ceux qui sont en premi�re ligne,

ils disent : "Nos proc�dures sont complexes,

"et pas assez standardis�es.

"O� en est l'automatisation ?"

"Les motivations divergent,

"certains optimisent localement aux d�pens de l'ensemble.

"Trop de doublons, trop de fragmentation."

Tous sont d'accord pour dire que �a ne peut pas continuer

comme avant.

�a va mal. Les moyens diminuent,

il faut imp�rativement nous r�organiser.

Si la r�organisation r�ussit,

nous �viterons les mesures draconiennes

qui compromettraient notre activit� acad�mique.

C'est hors de question.

Notre excellence sera pr�serv�e, point final.

Mais si l'�tat de Californie diminue son financement,

nous devons faire des �conomies

sur nos d�penses de gestion.

En �conomisant 25 millions par an,

on peut �viter d'augmenter de 13 % les frais d'inscription.

Une mesure drastique.

On peut �viter ces terribles "cong�s sans solde"

qui causent toutes sortes de d�g�ts.

Ou encore, on �vite d'avoir � trouver

500 millions de compl�ment � notre dotation.

Parvenir � l'excellence fonctionnelle, m�me � ce niveau-l�,

�viterait ces mesures drastiques.

L'objectif que nous nous fixons

est d'�conomiser 75 millions par an.

Pas 25, mais bien 75 millions,

de mani�re � �viter ces mesures drastiques

et � affecter l'argent � nos missions fondamentales.

Le d�fi majeur � mes yeux est d'amener les personnels

travaillant dans les labos d�pensiers

et les services charg�s des fournitures et voyages

� accepter l'id�e de concentrer nos achats

sur un petit nombre de fournisseurs,

sur la base de contrats garantissant le meilleur prix.

Cela para�t simple mais l'id�e est �trang�re

� une mentalit� selon laquelle chacun a sa libert� d'action

et n'a pas d'ordres � recevoir, m�me pour son bien.

Ce sera notre grand d�fi. Mon grand d�fi.

Vas-y, marche.

Je sais, il va vite.

Quand vous posez le pied, sentez-vous le haut du corps

partir en arri�re ?

Je sens quelque chose

quand l'extension du pas me pousse en avant.

�a pousse vers l'avant, pas vraiment vers l'arri�re.

Quand vous acc�l�rez, vous ne poussez pas...

le haut du corps part en arri�re ?

�a d�pend sur quoi est le poids du corps.

Quand il porte sur la jambe droite,

comme �a ?

�a d�pend du torse. S'il est tr�s pench�,

une petite pouss�e arri�re ne g�ne pas.

Je crois que tu le sens,

parce que quand tu veux acc�l�rer,

tu te penches en avant.

Parce que comme �a, tu peux...

Compenser.

Tu te penches pour que ton poids compense.

Avez-vous constat� un risque de chute ?

C'est �a, marcher.

C'est jouer avec le risque de tomber en arri�re.

Nous voulons l'amener � se tenir le plus droit possible.

� une marche naturelle qui joue avec cette limite.

Quand un patient commence avec l'appareil,

nous l'incitons � se pencher en avant.

Loin du point limite de la chute en arri�re.

Ted utilise l'appareil depuis longtemps,

il sait quand il risque de tomber, il le sent.

Vous l'avez vu partir en arri�re ?

Tout � fait.

On n'apprend pas o� passe la ligne qui m�ne � la chute

sauf � la passer quelques fois.

Quand il fr�le la chute,

c'est � cause de quoi ? Le couple augmente

et son torse part en arri�re ?

Un moment de torsion le fait partir en arri�re.

Comment �liminer la probabilit� de chute,

ou du moins r�duire la probabilit� de chute en arri�re ?

Tombe-t-il pour d'autres raisons ?

� part ce mouvement vers l'arri�re ?

Les autres types de chute, nous ne les contr�lons pas,

parce que nous n'actionnons pas le mouvement lat�ral...

Nous contr�lons la chute en arri�re dans le plan sagittal.

C'est tr�s int�ressant. Il a du mal � garder l'�quilibre

parce qu'il n'a aucune sensation dans les pieds.

L'�quilibre combine

l'oreille interne et le retour sensoriel des pieds.

Il a l'apport de l'oreille interne

mais pas celui des pieds.

La machine a deux informations.

L'information sur l'angle absolu du torse

et la distribution de la pression sur les pieds.

Cette information ne vient pas du patient.

Ted ne l'a pas, du fait de sa blessure...

Vous avez ce qu'il faut pour compenser.

Sur le torse, et sur la r�activit� au sol.

Pour compenser son manque d'�quilibre.

Mais l�, il se penche juste en avant

pour r�sister au mouvement arri�re.

L'apprentissage de la marche

ne se fait pas par �tapes.

On ne peut compter uniquement sur la force des talons.

On doit rassembler tous les composants de la marche.

Se pencher en avant �limine le risque de chute

et permet de se concentrer, par exemple,

sur soulever le pied � chaque pas.

Quand il a acquis �a, on dit "Tiens-toi plus droit,

"on va apprendre � ne pas tomber."

Si vous aviez deux ou trois v�ux

pour am�liorer cette machine, quels seraient-ils ?

Je voudrais parvenir au stade o�

Tim passerait une vitesse et programmerait vraiment.

Que la machine s'emploie sans b�quilles,

comme un Segway.

On se penche, l'appareil marche pour vous.

On la retient,

elle s'arr�te, on s'appuie...

Vous �tes en train d'�paissir sa th�se de doctorat.

Doctorat plus plus plus.

Post-doctorat en vue.

Supposons qu'on n'y arrive pas,

en tout cas pas rapidement... mais on y arrivera.

Pourquoi parliez-vous des b�quilles ?

J'aimerais un syst�me plus robuste,

plus intuitif

en termes de s�curit� et de placement des b�quilles.

Plus de retour sensoriel, avec l'acc�l�rom�tre

et le gyrom�tre sur le buste.

Marchez-vous mieux avec les b�quilles ou avec le d�ambulateur ?

Avec les b�quilles.

C'est plus efficace et plus adapt�.

Mais c'est plus dur...

De s'y habituer.

Le d�ambulateur vous fait sentir plus stable ?

Plus lent. Plus stable,

mais �a limite les d�placements et les gestes.

Tr�s int�ressant.

Avez-vous modifi� sa d�marche ?

C'est la m�me pour tous les usagers ?

La machine doit pouvoir fonctionner avec des usagers diff�rents.

Avec un programme permettant de modifier les trajectoires

selon les usagers ou les situations,

la machine est en mesure

de bien fonctionner pour des usagers de tous types

et non pour un...

C'est bien, mais c'est pas g�nial de n'avoir

qu'une trajectoire, celle de la marche en avant.

Ce n'est pas l'id�al.

Nous pouvons

nous rapprocher de ce que son corps ferait.

Du fait de cette l�sion de la moelle �pini�re,

son cerveau ne commande plus ses articulations.

La machine doit s'en charger.

Nous voulons nous rapprocher de ce que son cerveau ferait.

La trajectoire �tant constante,

le d�collement des pieds du sol reste inchang�.

S'il y a quelque chose sur sa route, il s'en arrangera.

Il est inchang� si vous op�rez la machine � la perfection.

Disons qu'il n'y a pas d'obstacle, il marche sur un sol plat.

Mais si sa b�quille d�rape, il se penchera plus.

Ou s'il a pr�c�demment tr�buch�...

S'il y a un incident et si on n'y fait pas face,

son pied va heurter le sol et il tr�buchera.

C'est ainsi que fonctionne la marche.

Nous disposons de quoi modifier la d�marche

et la trajectoire,

mais on la maintient constante pour...

Nous voulons r�gler la hauteur du pas

pour que le pied se d�colle s'il se penche.

Nous voulons employer les b�quilles

pour pr�voir la longueur du pas.

S'il arrive pr�s d'un mur

et veut atteindre un interrupteur,

et si son pas est fix� � 30 cm et que le mur est � 15 cm,

et l'interrupteur plus loin, il est coinc� ou il se cogne.

Il faut ajuster la longueur du pas � partir des b�quilles.

Les param�tres doivent �tre ajust�s au vol.

Comment changerez-vous �a ?

� partir de quoi changer la trajectoire ?

Comment obtiendrez-vous les �l�ments n�cessaires ?

Ce qui vous permettra de d�cider

de changements au genou ou � la hanche...

De quelle information disposez-vous ?

Des infos sur la posture, sur l'inclinaison du buste.

Les articulations nous disent la distance entre orteil et sol.

On peut suivre l'orteil au-dessus du sol.

Les angles des bras

indiquent l'ampleur du support

et jusqu'o� il peut avancer.

Si la vitesse varie,

s'il d�place les b�quilles vite,

nous pouvons adapter la vitesse en fonction,

avant de d�c�l�rer.

Nous accueillons le Prof. Allen

pour nous parler de ses travaux, qui sortent de l'oubli

l'histoire des Afro-am�ricains dans la 2e guerre.

Nous sommes honor�s

de le recevoir. Merci.

Je lui c�de la parole.

Quel est le r�le des "gens de peu" dans le changement social ?

On le trouve rarement dans les manuels.

Les manuels se concentrent sur les c�l�brit�s,

les hommes et femmes c�l�bres

qui font la une des journaux.

Voil� ceux dont parlent les manuels d'histoire.

Mais il y a une autre histoire, celle des gens ordinaires.

Leurs actions,

rarement reconnues,

leur ont parfois valu la prison.

Comme ces militants, dans le Sud,

du Mouvement des Droits civiques,

ou les syndicalistes

qui organisaient le mouvement ouvrier...

Ce sont eux qui ont fait changer les choses.

Mais aucun m�rite ne leur est reconnu.

Ce sont des gens de peu dont les journaux ne parlent pas.

Mais c'est l'impulsion donn�e par les gens ordinaires

qui est le vrai moteur du changement.

C'est le message que je vous adresse.

Si vous �tudiez les cas de changements radicaux,

demandez-vous toujours quelle histoire se cache derri�re.

Qui en est � l'origine ?

Avant que le "grand homme" se d�cide � faire ce qu'il faut.

Que s'est-il pass� avant ?

Posez-vous cette question

et enqu�tez sur cette histoire.

Nous avons l� une reprise de...

"Le temps n'est que la rivi�re o� je vais p�cher".

Comme un leitmotiv musical

qui revient constamment dans le livre.

Comme Mahler reprendrait r�guli�rement un th�me.

Mais le th�me est jou� diff�remment � chaque fois.

Le but du cours est comme toujours

d'aborder cet apparent fatras d'observations

pour voir s'il y a chez Thoreau des motifs r�currents.

Relisons ce passage,

page 129, que j'ai soulign�.

"Sur cette grande �tendue, pas un trouble

"qui aussit�t ne s'att�nue

"et s'apaise, comme dans le vase d'eau �branl�

"les cercles en qu�te des bords, puis tout s'apaise."

Si c'est un symbole,

comme la puret� de l'eau peut symboliser l'esprit ou la religion,

que cela symbolise-t-il ?

Un �tang ne peut �tre troubl� par les humains,

par leurs fautes

ou par leurs faiblesses et leur impuret�.

Les �tangs seront l� jusqu'� la fin des temps

et l'�tang de Walden existe depuis toujours.

Il a vu les civilisations passer et il nous survivra.

Il a plus de saintet� qu'aucun humain

parce que rien de ce qui nous rabaisse ne l'affecte.

Excellent, mais d�taillez comme vous reliez cela

� ce qui est dit dans ce passage.

Comment y avez-vous pens� ?

L'id�e qu'il est paisible m�me quand il est troubl�.

Il redevient paisible.

Il retrouve toujours son �galit�, sa puret�, sa bont�.

L'�galit� retrouv�e de la surface vous am�ne � �largir

aux peuples qui passent tandis que Walden reste.

Avant de continuer, un point que j'ai peu abord� :

la philosophie d'Emerson qui est � arri�re-plan...

Le c�l�bre essai d'Emerson sur la Nature

qui fit forte impression sur Thoreau.

Nous sommes s�par�s de la Nature,

que nous voyons comme un objet �tranger.

Emerson parle du "Non moi".

Mais si nous creusons assez, nous d�couvrons

que nous participons d'un esprit commun.

� un niveau profond de conscience,

la s�paration entre une personne et l'autre,

ou entre les hommes et ce que nous appelons Nature

s'efface.

Je vais appuyer sur le bouton "avance rapide".

Nous approchons du chapitre "Consid�rations plus hautes"

o� Thoreau s'inqui�te d'�tre une cr�ature qui mange.

Dans le premier chapitre,

il recommande de limiter sa consommation au minimum,

assez pour rester en vie,

et d'employer son �nergie � progresser spirituellement.

Mais Thoreau utilise par ailleurs la m�taphore

du papillon � peine sorti du cocon

qui porte encore les r�sidus de la larve qu'il fut.

Le fait que sa vie spirituelle doit �tre entretenue

par la pratique de manger des choses,

lui appara�t comme une souillure, une impuret�.

Ce que nous voyons s'esquisser

page 135.

"Depuis que les b�cherons, le chemin de fer et moi-m�me

avons profan� Walden..."

C'est lapidaire mais terriblement important.

La profanation,

par les b�cherons ou le chemin de fer.

Les d�g�ts profonds et frappants

inflig�s � l'environnement de Walden

par une modernisation rapide...

sont une profanation.

Mais il s'inclut parmi les profanateurs.

Il n'a pas ras� la for�t,

mais il a utilis� le lieu.

Rappelez-vous la notion de faute

qui vient avec l'usage.

C'est-�-dire tuer pour vivre.

Plus tard, page 137...

"La Nature n'a pas un h�te humain

"pour l'appr�cier."

Il voulait �tre lapidaire,

mais il n'a pas �crit "peu d'h�tes humains".

�tre vivant,

c'est �tre insuffisamment reconnaissant.

Parce que vous �tes un profanateur.

Il a certes consomm� au minimum. Mais c'est un philosophe,

et l'id�e

qu'il se maintient en vie en sacrifiant d'autres vies

est le probl�me qu'il veut nous opposer.

Revenons � cette s�r�nit� troubl�e.

"Sur cette �tendue, pas un trouble

"qui aussit�t ne s'att�nue et s'apaise."

Plus haut,

ce trouble est celui des animaux qui s'entred�vorent.

"D'un sommet de colline, vous verrez un poisson sauter.

"Car il n'est ni brochet ni fretin cueillant un insecte

"qui ne trouble manifestement

"l'�quilibre du lac entier.

"�tonnant le soin avec lequel ce simple fait est annonc�,

"ce meurtre de piscine...

"se saura."

Il continue en disant

plus bas...

"Les frissons de joie ne se distinguent pas

"des frissons de douleur."

Constamment, dans ce texte,

la tuerie est � l'�uvre.

La d�voration et le meurtre.

Ce qui semblait �tre un panorama paisible

se d�ploie comme une sc�ne de carnage.

Le paysage, les bois, l'�tang, tout.

Cela nous trouble moins que si, disons,

un ours d�vorait un humain,

� cause de l'�chelle de l'action.

Ce que Thoreau affronte ici

est la question qui suivra apr�s le premier chapitre :

non plus son app�tit � lui,

mais le fait que la Nature est "sanguinaire".

Et ce malgr� les apparences

de paix, de placidit� et de gentillesse

que le spectacle de la Nature nous offre.

Cet agr�able petit fantasme

qui a bien peu � voir

avec les continuelles atrocit�s qui se produisent.

Comment s'arranger de cela ?

Comment maintenir des co�ts bas pour nos �tudiants ?

Si le taux d'autofinancement grimpe,

les �tudiants issus de la classe moyenne

ne pourront plus se permettre de venir � Berkeley.

900 �tudiants sont devenus �ligibles � la Bourse Pell,

alors qu'ils ne l'�taient pas avant.

Ce qui est arriv� l'an pass� dans le contexte �conomique

a augment� le nombre d'�tudiants �ligibles aux bourses Pell.

J'appartiens � la classe moyenne.

Et dans l'�conomie actuelle, �a craint.

Ma m�re est prof, et dans son district,

elle est moins pay�e qu'avant.

Les co�ts d'inscription et de logement ont augment�.

Je me sens oblig�e de travailler plus

pour compenser.

Et c'est angoissant...

Je ne suis �ligible � rien sauf aux pr�ts non subventionn�s.

Et �a me fait du mal de voir ce que mes parents endurent.

�a craint vraiment.

Je comprends ton point de vue.

Il est bien que les �tudiants dans cette situation,

et je sais qu'ils n'ont pas le choix,

travaillent plus.

Mais nous les incitons � ne pas travailler trop

pour ne pas compromettre leurs r�sultats

ni prendre du retard,

ce qui alourdirait la charge financi�re des familles.

Nous vous encourageons � profiter

des cours d'�t�, qui co�tent moins cher...

� �tre cr�atifs pour vos conditions de vie,

� vous activer pour recueillir des dons

pour payer vos �tudes.

Nous comprenons.

C'est juste que nous manquons de ressources en ce moment

pour intervenir plus que nous le faisons.

Les pr�ts non subventionn�s

ont un taux d'int�r�t de 6,8 � 7 %.

Et les int�r�ts s'accumulent.

Mais avec un dipl�me de Berkeley,

vous trouverez un emploi bien r�mun�r�

et vous pourrez rembourser.

J'ai moi-m�me emprunt� beaucoup

pour mes �tudes,

et je ne le regrette pas,

m�me quand j'envoie mes ch�ques de remboursement.

J'ai b�n�fici� d'une �ducation de haut niveau

que je n'�changerais contre rien.

Je vous incite � rencontrer

le service des aides pour examiner des options

auxquelles vous n'auriez pas pens�.

Une des grandes difficult�s des �tudiants

est de d�terminer leurs capacit�s d'emprunt.

Et c'est important avant tout pour les familles.

Cela varie en fonction

des revenus et du profil de classe.

Ce qui me tue, c'est de voir des �tudiants

ignares en mati�re financi�re

payer � cr�dit avec leur carte bancaire...

j'arr�te l�.

Ou d'autres acheter une voiture

� 30 000 dollars

qui se d�pr�ciera d�s la sortie du garage,

alors qu'ils n'empruntent pas pour des �tudes...

qui ne se d�pr�cieront jamais.

Votre �ducation ne se d�pr�ciera jamais.

Comment prendre des d�cisions

sur ce qui est possible au vu de la situation familiale.

Venez ici parler de votre cas personnel,

de votre situation, de celle de la famille,

des options que vous avez,

pour soulever tous les li�vres.

Vous vous le devez.

Nous traitons 37 000 demandes de travaux par an,

plus 15 000 autres

pour la maintenance pr�ventive.

Cela fait beaucoup de demandes � satisfaire

et on a du mal.

En maintenance pr�ventive,

le plus important

est d'anticiper et traiter un probl�me

au lieu d'attendre la demande.

Il faut huiler les machines,

changer des courroies,

changer des filtres,

graisser des rouages, tout �a.

Si c'est fait de mani�re proactive,

�a diminuera le nombre de demandes de travaux

que nous recevrons.

Nous devons lister nos �quipements,

leur emplacement et leurs besoins.

Nous y avons travaill�,

et nous avons identifi� 9 000 pi�ces.

Le total doit approcher les 20 000.

Nous travaillons encore � tout identifier

et � comprendre ce qu'il faut avant que �a casse.

C'est le plus important,

en ces temps de vaches maigres,

pour que le campus marche.

George parle des "63 fuites dans les toits".

Moi, je parle de notre unique tondeuse.

Pour les pelouses. J'ai un employ� pour tout le campus.

Pour tout le campus ?

Il est vachement bon.

Ce qui est int�ressant dans cet exemple,

c'est le d�vouement du personnel.

Malgr� les r�ductions de personnel,

ils tiennent le campus en bon �tat.

Pour quelqu'un qui visite le campus, le moment de v�rit�,

c'est d�s l'entr�e. Quelle allure �a a ?

Les ordures sont ramass�es ? Les pelouses sont tondues ?

Une mauvaise image pourrait nous faire du tort,

si nous n'�tions pas au point.

Que pensez-vous de l'hypoth�se

d'aligner le salaire d'un enseignant sur l'offre qu'il a ailleurs ?

Lors du d�bat � la Chancellerie,

il est apparu que 85 % des enseignants

pensent que nous devrions le faire, mais que 60 % n'aiment pas l'id�e.

Le chevauchement vient des nombreuses personnes

qui n'imaginent pas d'autre solution pour retenir nos enseignants.

Le Chancelier pense

que nous pourrions y venir

si nous �tions certains que �a marche.

- On ne s'aligne pas ? - C'est �a.

Il existe des strat�gies interm�diaires

� la ligne dure du MIT...

"On ne s'aligne pas. On les privil�gie."

Quand on recrute un assistant,

on regarde notre grille salariale des assistants,

et on ajuste en fonction des salaires constat�s.

On tient d�j� compte du march�.

Rench�rir d�s l'�tape du recrutement

et ne pas pouvoir suivre ce que le priv� paye,

ce ne serait pas tr�s malin.

Je suis d'accord avec Andrew :

regardons bien sur qui nous nous alignons.

On a d�j� progress�

en �valuant mieux ce qui profiterait � Berkeley.

Les doyens doivent motiver plus pr�cis�ment

ce qui justifierait un "hors bar�me".

Si nous refusons toute comp�tition des salaires,

et m�me si le salaire n'est pas tout,

nous enverrons un message n�gatif � nos enseignants.

"Pour vous, c'est Berkeley ou rien".

Il y a un march�, nous voulons les meilleurs.

Cela augmente parfois le prestige de l'enseignant

que Harvard ou Stanford le veuille.

Cela renforce l'enseignant dans la conscience de sa qualit�.

Nous devons juste

examiner avec prudence sur qui nous nous alignons.

Ces 4 derni�res ann�es,

nous avons vu de riches universit�s

essayer de capter nos stars en doublant leurs salaires.

Pour des raisons d'�quit� � l'int�rieur de l'universit�,

nous avons coup� la poire en deux

en proposant 50 % de plus.

Dans les cas que j'ai en t�te, c'�tait moins.

30 ou 40 % d'augmentation

au lieu du doublement. Et ils sont rest�s.

Quelques enseignants ont demand� de quoi am�nager leurs locaux.

Ce qui, dans une institution de qualit�,

est permettre � l'enseignant de mener sa mission.

Pas de mesure salariale,

mais de l'argent pour am�nager les locaux.

C'est ce qui les a retenus.

On n'en parle pas assez.

Certains d'entre vous, les professeurs exp�riment�s,

savent bien

que le comit� budg�taire prend tr�s au s�rieux

l'avancement et la titularisation.

Je lis les dossiers des non-titulaires

et des "hors bar�me".

Et certains ont �t� furieux contre moi

quand je n'ai pas suivi leurs recommandations.

Je prends �a au s�rieux.

Si vous ne l'avez pas v�cu,

ne vous sentez pas menac�s, mais je veux en parler.

La chose la plus importante dans une grande universit�,

ce sont les enseignants.

Sans un grand corps enseignant, pas de grandeur.

Cela signifie qu'il est de votre responsabilit�

de recruter, fid�liser et promouvoir des enseignants exceptionnels.

C'est la garantie de notre excellence.

Chez moi, j'ai une pile de dossiers de titularisation.

Leur lecture a �t� r�confortante.

Que de dossiers de personnes remarquables

pour leurs recherches...

Mais ce n'�tait pas toujours le cas.

Certains dossiers �taient loin d'�tre r�confortants.

Je m'adresse ici aux doyens et directeurs.

Car ces doyens et directeurs de d�partement

les recommandaient chaudement.

Nous verrons quoi en faire.

Il n'est pas dans l'int�r�t d'un d�partement

ni dans l'int�r�t de la facult� dont vous �tes le doyen

de d�fendre un dossier visiblement faible.

De mon exp�rience des titularisations au MIT et � Toronto,

je suis tr�s bon lecteur de dossiers, comme George et Shelly.

Nous sommes bons, franchement.

On voit en 5 minutes si un dossier est faible.

Je vous conseille vivement,

et c'est votre responsabilit�, de mieux trier avant.

Pas de grande universit� sans grands enseignants.

La responsabilit� des doyens n'est pas

de titulariser toutes leurs recrues.

Certains ne sont pas au niveau pour �tre titularis�s.

Il est de votre responsabilit�, pas de la n�tre,

d'�mettre un v�to.

Exercez votre esprit critique sur les titularisations.

Si vous envoyez un dossier commen�ant par

"Je suis heureux de vous proposer cette candidature remarquable"...

Et on lit, on cherche sur Internet...

"Quel impact r�el a eu son travail ?"

Si vous pensez que la personne vaut mieux que son dossier,

expliquez-le honn�tement.

Il est meilleur pour la personne et vous

de pr�senter un dossier honn�te.

Certains connaissent ma passion personnelle,

qui n'est pas uniform�ment partag�e parmi vous...

Les chaires servent � r�compenser nos personnels,

et d'ordinaire nos chercheurs.

Mais nous devons aussi r�compenser nos grands enseignants.

J'ambitionne de disposer d'un ensemble de chaires

destin�es � ceux qui se distinguent p�dagogiquement.

Ils doivent �tre de grands chercheurs,

mais ils doivent �tre reconnus

pour leur talent d'enseignants.

Nous esp�rons cr�er un ensemble de chaires

en Coll�ge de grands enseignants.

Nous ambitionnons d'avoir des chaires pluridisciplinaires.

L'argent ira aux objectifs habituels

sauf une part r�serv�e aux initiatives p�dagogiques cr�atives.

Cela nous enthousiasme,

et si vous avez des id�es de donateurs

qui ch�rissent le souvenir de leurs �tudes � Berkeley,

et qui financeraient cet hommage aux enseignants,

faites-le-nous savoir.

E.e. Cummings, "Anyone Lived in a Pretty How Town".

"N'importe qui vivait dans une combien jolie ville

"Avec en haut flottantes cloches en bas

"Printemps, �t�, automne, hiver

"Il dansait ses pas-danses,

"chantait ses pas-chansons

"Femmes et hommes, petits mesquins

"point des autres s'occupaient.

"Semant du rien, r�coltant du m�me

"Soleil, lune, �toiles, pluie

"Enfants devinant, peu d'entre eux

"oubliant vite en grandissant

"Automne, hiver, printemps, �t�

"Qu'aucun ne l'aimait plus et plus

"Quand par maintenant et arbre par feuille elle riait sa joie

"Elle pleurait son chagrin

"Oiseau par neige

"Bouger par tranquille

"N'importe de quiconque �tait tout pour elle

"Quelqu'un �pousait chacun

"Elle pleurait son chagrin

"Sommeil, �veil, espoir

"Ils disaient leur jamais, dormaient leur r�ve

"�toiles, pluie, soleil, lune

"Seule la neige peut tenter d'expliquer

"Comment les enfants oublient de se souvenir

"Avec en haut flottantes cloches en bas

"Un jour n'importe qui meurt je crois

"Personne ne se pencha pour baiser son visage

"Affair�s ils les enterrent c�te � c�te

"Petit � petit, �tait par �tait

"Tout partout, profond par profond

"Plus et plus ils r�vaient leur sommeil

"Personne et quelqu'un

"Terre par avril, v�u par esprit

"et si par oui

"Femmes et hommes, tous dong et ding

"�t�, automne, hiver, printemps

"R�coltaient leur semaison, allaient leurs venues

"Soleil, lune, �toiles, pluie"

J'ai une formation en chimie et en g�n�tique bact�rienne.

En abordant la biologie cellulaire et la biologie du cancer,

il m'a sembl� que les scientifiques

pouvaient ne pas avoir totalement raison.

Ils disaient qu'avec un virus du cancer donn�,

on pouvait produire une tumeur.

Avec un seul g�ne.

Voici une vilaine tumeur de poulet

d�couverte en 1911.

Et un certain Rous a eu le Prix Nobel

50 ans plus tard.

Je dis aux jeunes dans le public :

"Accrochez-vous, �a viendra."

50 ans apr�s.

Si vous dissociez la tumeur,

si vous en faites un filtrat

que vous injectez dans un autre poulet,

vous aurez une autre tumeur.

On a donc isol� ce Virus du sarcome de Rous.

Le premier virus oncog�ne.

Puisque cela avait �t� possible avec un seul virus,

m�me dans une culture in vitro,

ils ont dit : un seul oncog�ne suffit.

Et on a continu� comme �a.

Les femmes ayant l'oncog�ne BRCA1

l'ont dans chaque cellule de leur corps.

Mais elles n'ont que le cancer du sein.

Ou le cancer des ovaires.

Si un seul g�ne suffisait, tout le corps

serait expos� au cancer.

Il y a des ann�es, mes �tudiants et moi

avons marqu� ce g�ne en bleu.

Vous voyez ce bleu ?

On l'a inject� � un embryon de poulet.

Un embryon de poulet.

Vous voyez �a ? C'est une jolie plume.

Et chacun de ces g�nes bleus,

devrait g�n�rer

une tumeur dans le poulet.

Mais ils ne le font pas.

Ils s'int�grent � l'embryon, ils mutent,

ils sont compatibles avec la plume,

et ils vivent heureux ensemble

jusqu'au moment o� l'�uf va �clore.

L�, �a se g�te.

Cette exp�rience montre

que le g�ne ne suffit pas, il faut autre chose.

Il fait une chose dans l'embryon et une autre dans le poulet.

Si on prend cet embryon,

si on le dissocie en cellules

qu'on met dans une coupelle,

il d�veloppe des cellules bleues qui s'empilent comme une tumeur.

Le m�me g�ne fait une tumeur dans le poulet.

Mais dans l'embryon, non.

On triture l'embryon dans une coupelle, il le refait.

�a m'a indiqu� que le contexte,

le micro-environnement cellulaire des g�nes,

leur dit peut-�tre quoi faire.

C'�tait une h�r�sie absolue � l'�poque.

Il a fallu des tas de choses pour prouver que c'�tait vrai.

Le cancer est un d�sordre sp�cifique d'un organe.

Le cancer du sein n'est pas pareil que le cancer du foie.

Il faut �tudier les d�tails de chaque type de cancer.

Le Diable est dans les d�tails.

Quand j'�tais jeune, on me prenait pour une folle.

Personne ne me finan�ait.

J'avais du mal � obtenir des subventions.

On m'a dit de tout.

Regardez sur mon site l'article � la une

du New York Times du 29 d�cembre de l'ann�e derni�re.

En premi�re page, on parle de nous,

et �a commence en disant :

"Mina Bissel n'a jamais oubli�

"qu'elle disait que le virus ne suffisait pas.

"Et qu'un virologue c�l�bre a pris son article

"et l'a jet� � la poubelle sous ses yeux."

C'est pas marrant. C'�tait tr�s m�chant.

J'�tais jeune.

Mais on survit � �a,

on croit en ses id�es et on les d�montre.

Aujourd'hui, j'ai de l'argent � ne savoir qu'en faire.

Je suis un bon mod�le pour ceux

qui disent "infaisable".

Et voici mon dessin pr�f�r�.

Il dit au chat : "Jamais en dehors de la bo�te."

Et je dis aux jeunes :

"Pensez toujours hors de la bo�te."

"N'�coutez pas vos professeurs ni vos manuels.

"Ils sont morts, ils sont absurdes.

"Ils sont conventionnels, ils ne font qu'incr�menter."

On fait taire celui qui veut parler.

Et c'est juste. Parce qu'il doit d�montrer.

Ce que j'ai fait. J'�tais ce chat,

et je suis h�las devenue lui.

Je dis aux jeunes : "Ne m'�coutez pas,

cherchez vos propres r�ponses."

Notre Internet est attaqu� des millions de fois par jour.

Notre premi�re ligne de s�curit�.

De partout. Ceux qui sont en premi�re ligne...

Des millions par jour ?

Litt�ralement. Tentatives d'intrusion,

attaques de botnets,

attaques coordonn�es sur l'�tat.

Berkeley d�tient de pr�cieux r�sultats de recherches.

Nous sommes une cible pour l'espionnage industriel.

Nous avons d�tect� de multiples fraudes � l'identit�.

Des entreprises...

Non, des groupes d'individus coordonn�s

se font passer pour des professionnels

afin d'avoir des informations.

Des hommes et des femmes ont �t� tortur�s � cause

des travaux du Prof. John Yoo.

John Yoo enseigne pr�sentement � la Facult� de Droit.

Les journalistes doivent demander � John Yoo :

"Vous avez pi�tin� la Constitution,

"et � pr�sent, vous l'enseignez ici ?"

Qu'ils interrogent le doyen Edley.

Une photo de John Yoo est affich�e sur la fa�ade de la fac de Droit.

Des membres de la Guilde des avocats et des �tudiants

d�battront de John Yoo

ce soir � Boalt Hall, � la fac de Droit. Venez nombreux.

Nous sommes une grande universit� de recherche,

nos profs sont de grands chercheurs,

et les �tudiants peuvent participer � leurs recherches.

Pr�s de 50 % des dipl�m�s du 2e cycle

ont d�j� une certaine exp�rience de la recherche.

Et c'est cool.

L'�tudiant peut tr�s t�t choisir ce qui lui correspond,

demander au professeur sur quoi il travaille,

et s'il peut s'y associer.

Et faire de la recherche avec lui.

Prenez ce T-Rex.

Dans "Jurassic Park", on voit le T-Rex

en monstre de la jungle qui d�vore tout le monde.

On a d�couvert ici que le T-Rex �tait plut�t un charognard.

Plus une hy�ne qu'un lion.

Il attrapait une proie

et il attendait qu'elle soit bien morte.

L�, c'est sa posture de coureur.

Il court, il est tr�s rapide.

Il a peut-�tre aper�u une proie.

Des questions ?

Les insectes se d�placent de diff�rentes mani�res :

par dispersion d�lib�r�e, par le fait d'organismes comme nous,

ou par leur h�te s'ils sont des parasites.

� l'exemple de la th�orie du ravitaillement optimal,

b�n�fices et risques d�terminent si un insecte

se d�placera ou non.

Voici des exemples de leurs motifs de d�cision.

Risques induits par le fait de rester l� o� il est n�.

Il entrera en comp�tition avec d'autres de son esp�ce

pour la nourriture ou les ressources de nidification.

Les plus dangereux concurrents,

les plus complexes � g�rer,

sont les individus consp�cifiques.

Ils recherchent la m�me nourriture, les m�mes partenaires sexuels

et ils vivent dans les m�mes lieux.

La concurrence au sein d'une m�me esp�ce

m�nera un individu � d�cider de partir

en qu�te de ressources plus abondantes.

La comp�tition entre individus sur le lieu de naissance

se double d'une comp�tition entre parents.

Cette comp�tition pourra d�grader l'efficience physique.

La r�duction des occasions de reproduction

diminue la quantit� de g�nes transmis aux g�n�rations suivantes.

La parent� conditionne aussi le devenir de l'individu

parvenu � maturit� sexuelle.

S'il reste l� o� il est n�, au sein de sa parent�,

une fois en �ge de se reproduire,

il trouvera peu de partenaires non-parents.

En tout cas apr�s un certain nombre de g�n�rations.

D'o� l'apparition du probl�me de la d�pression de consanguinit�.

Des individus rassembl�s en un m�me lieu

partagent les agents pathog�nes.

C'est un probl�me surtout en cas de larges agr�gats.

Plus la population est dense,

plus les parasites peuvent se r�pandre,

et plus les agents pathog�nes

passent d'individu en individu.

D'o� l'avantage de quitter le lieu de naissance

pour un site moins dens�ment peupl�

et moins charg� en agents pathog�nes.

Il y a en revanche des b�n�fices

� rester sur le lieu de naissance.

Si les parents ont pu s'y reproduire,

cela indique que le site offre les ressources n�cessaires.

En particulier si les types de nourriture

et de milieu

sont sp�cifiques � l'esp�ce, ou mal distribu�s.

Dans ce cas, le co�t �nerg�tique �lev�

du d�placement vers un site mieux dot�

incitera les individus � rester malgr� ces inconv�nients.

Se reproduire est facilit� par la pr�sence de l'esp�ce

sur le lieu de naissance.

Partir � l'aventure

en territoire inconnu

expose au risque de tomber sur un habitat d'o� l'esp�ce est absente.

D'o� de moindres chances de trouver des partenaires.

Certains b�n�fices r�sultent de l'interaction.

Ceux de la sociabilit� : d�fense de groupe,

approvisionnement coordonn�, soins � la prog�niture.

Quand on a une prog�niture, il est avantageux d'avoir

une parent� autour de soi qui vous aide � l'�lever.

Enfin, la dispersion est co�teuse en �nergie

d�pens�e pour voler, nager ou marcher.

Le Free Speech Movement et Mario Savio surtout,

a autant donn� � ce campus

que nos laur�ats du Prix Nobel,

nos donateurs,

ou nos entra�neurs d'athl�tisme.

Les Am�ricains ont souvent l'air d�cid�s � oublier leur pass�.

Ils se croient "dispens�s d'histoire".

C'est bien dommage.

L'Histoire est peu enseign�e dans les �coles publiques.

Elle n'est plus exig�e dans de nombreux coll�ges.

Des manuels d'Histoire censur�s

donnent aux �tudiants une vision aseptis�e des gouvernements du pass�.

Cela a un co�t : l'analphab�tisme historique.

Des �tudes r�centes sur le secondaire

font appara�tre un nombre effrayant de lyc�ens

incapables de situer

la Constitution

ou la Guerre civile

dans le bon demi-si�cle.

Incapables de d�crire le contexte de la D�claration d'Ind�pendance.

Incapables de d�finir la D�claration des Droits.

Triste mise en cause de nos institutions �ducatives.

Avant de comprendre le pr�sent ou d'envisager l'avenir,

nous devons conna�tre le pass�.

Il a d� arriver � certains de nous d'�voquer aupr�s d'�tudiants

un �pisode central de notre histoire,

et de rencontrer un manque total de r�f�rences et de connaissances.

Selon une �tude nationale,

nous serons bient�t

un peuple cynique, passif

et sous-inform�.

Un terrain favorable aux pr�dications des bigots

qui colportent leur pornographie politique sous couvert

de moralit� chr�tienne.

L'Histoire enseigne la m�fiance envers ceux

qui r�duisent nos libert�s au nom de leur d�fense.

La force indispensable � l'Am�rique est le droit � la dissidence.

S'engager dans l'activisme social n'a jamais �t� facile.

L'apathie et la compromission sont bien plus caract�ristiques

de nos comportements.

Mais tout au long de l'Histoire,

des hommes ont risqu� l'impopularit�

et brav� la violence d'�tat pour leur engagement.

Au nom de la morale,

au prix de leur vie et de leur libert�,

pour accomplir la promesse de l'Am�rique.

"Complet"

Qui porte la responsabilit� des coupes budg�taires ?

La crise s'analyse sur plusieurs fronts.

La responsabilit� joue � plusieurs niveaux.

Tout d'abord, l'�tat de Californie a cess� de fonctionner.

Le budget doit �tre vot� � la majorit� des deux tiers,

y compris la hausse de l'imp�t.

De plus, les budgets doivent imp�rativement �tre en �quilibre.

Et le parti minoritaire en Californie, les R�publicains,

men�s par le plus riche des parlementaires, Darrell Issa,

ont pris une position dure.

Les R�publicains du parlement californien

ont fait serment par �crit de ne pas augmenter les imp�ts.

Yachts, r�sidences secondaires, milliardaires...

On n'augmente pas leurs imp�ts

alors qu'on peut virer des concierges, des jardiniers,

des instituteurs et des enseignants, et augmenter les frais de scolarit�.

C'est compl�tement d�lirant.

C'est profond�ment mal.

L'enseignement public est l'outil

de la mobilit� sociale, en d�mocratie.

Notre pays conna�t des in�galit�s sans pr�c�dent dans son histoire

depuis le crash de 1929,

ou depuis que les Afro-am�ricains ont cess� d'�tre des biens marchands

gr�ce � l'�mancipation.

Nous sommes en plein d�s�quilibre politique.

Sans contrepoids pour redresser les choses

du point de vue de l'�galit� comme principe d�mocratique.

Nous avons identifi� 5 points,

quant � nos recommandations,

qui n�cessitent notre attention

et des d�cisions.

Clart� dans le mode de gestion des situations de crise

et surtout en cas de manifestations.

Syst�me de responsabilit�.

R�activit� et efficacit�.

Et communication.

Ron va nous raconter sa r�union.

Il est important de saisir

le sens de nos relations avec la Ville de Berkeley

et les engagements qu'elle prend.

Linda a qualifi� la r�union de "bonne".

Je la qualifierais d'exceptionnelle.

J'en ai �t� tr�s content.

J'attire votre attention sur le fait que la Ville de Berkeley

avait envoy� tous ses d�cideurs :

le maire, le chef de la police, le secr�taire g�n�ral.

Ils sont partie prenante des d�cisions

dans le domaine du maintien de l'ordre

qui impliquent campus et collectivit� locale.

Nous avons examin� les dispositions de notre Commission Police

en termes d'impact sur la ville.

Elles se r�capitulent ainsi :

relations entre ville et campus,

communication et usage

de la technologie.

Enfin, le plus important, la notion

"d'aide r�ciproque".

Je pr�f�re parler d'assistance mutuelle,

l'aide r�ciproque �tant plus astreignante.

Nous avons discut� d'assistance mutuelle.

En termes de relations,

nous nous r�jouissons que les deux services de police

aient d�j� des accords

sur les plans d'op�ration

et sur leur interaction, ce qui est formidable.

Le commandement,

soit les deux chefs de la police et les officiers

se voient chaque mois.

Ils pr�voient des �changes d'agents.

Il s'agit de rapprocher les mentalit�s,

pour que tous comprennent

ce qu'implique intervenir sur le campus

et pour nous, intervenir en ville.

Nous ne disposons pas de la technologie id�ale

pour communiquer avec la Ville.

Les deux services s'engagent � tout faire

pour l'am�liorer.

Mais nous avons des moyens de communiquer.

Le groupe de travail

a soulev� un point important.

Notre Commission Police r�clamait

un plan d'intervention et des instructions

sur la mani�re de g�rer les divers types de d�sordres.

Nous avons propos�

une "�chelle de l'incidence et de la gravit�".

Cela consiste � ordonner les diff�rents types de d�sordres

en fonction de leur gravit�.

Il y a trois niveaux.

Premier niveau d'incident :

incident de routine.

Dans cette cat�gorie entrent par exemple

les petites manifestations non-violentes

contr�lables par le campus.

Notre service de police est capable de les g�rer

sans avoir recours � une aide ext�rieure.

Niveau suivant...

Nous le qualifions de "urgence".

On monte d'un cran, et c'est l� qu'interviennent

le Vice-chancelier et la Cellule de crise.

Ils travaillent

avec Mitch et nos policiers � une riposte coordonn�e

qui convienne aussi bien

� l'administration qu'aux responsables de l'ordre.

"Occupation de b�timent, blocage de circulation."

C'est l� qu'intervient la Ville de Berkeley.

Leur police est sollicit�e pour venir sur le campus

pour nous aider.

Nous devons donc nous assurer qu'ils le connaissent bien,

qu'ils connaissent nos b�timents,

qu'ils se rep�rent bien.

Mitch et son �quipe y travaillent.

Je souhaite dire � ce propos

ce qui m'a le plus frapp� au cours de la r�union.

Le maire a dit sans �quivoque

que la Ville est totalement d'accord

pour assister et aider l'universit�

sans invoquer "l'aide r�ciproque"

de mani�re formelle.

C'est un grand pas.

Je veux faire remarquer,

avant que nous allions plus loin,

une disposition de ce deuxi�me niveau :

"Occupation de b�timent non-violente :

"traiter dans les 2 heures suivant l'ordre d'�vacuer".

C'est tr�s diff�rent de ce qu'on faisait.

Nous devrons en reparler et d�cider

si nous voulons v�ritablement l'appliquer.

Nous en sommes encore au projet de disposition,

mais jusqu'ici nous disions...

"Le b�timent ferme, vous devez partir."

L�, nous poussons la mesure d'un cran.

"Vous avez 2 heures pour sortir."

Je le fais remarquer pour que nous y revenions.

Nous y reviendrons plus tard.

Merci de cette remarque. C'est un point crucial.

Nos travaux ult�rieurs ici lui seront largement consacr�s.

Quand on agit trop tard, cela a un co�t.

Quand on agit pr�cipitamment aussi.

Nous en reparlerons. Ceci est une �bauche.

Troisi�me niveau.

"Situation de crise".

C'est l� que Mitch consulte

la Chancellerie

et le Groupe de gestion des urgences,

si le temps le permet,

et appelle le Bureau du Sh�rif pour obtenir "l'aide r�ciproque".

Ceci s'applique � un incident majeur sur le campus

qui exc�de nos moyens.

Avec renforts de police de l'universit� de San Francisco

ou de la Ville de Berkeley.

"Occupation de b�timent

"mettant en cause la s�curit� du campus.

"Interruption des activit�s,

"imminence de graves dommages aux biens."

Cela suppose donc

un renfort venant d'ailleurs que Berkeley ?

Merci de votre question. Je dois clarifier mon propos.

J'ai �voqu� deux cat�gories d'aide dont une que j'appelle "assistance".

Pour le niveau 2, en somme.

La Ville de Berkeley nous aide sans invoquer "l'aide".

Ils sont avec nous pour donner un coup de main

dans une t�che de maintien de l'ordre.

L'autre cat�gorie, plus officielle, s'appelle "aide".

Avoir recours � l'aide

implique tout un ensemble de cons�quences.

Notre contexte est tr�s particulier.

L'Universit� et la Ville partagent la juridiction.

Nous vivons les uns chez les autres.

Au jour le jour, on se donne des coups de main.

La Ville nous aide en cas, par exemple,

de rassemblements.

Ce n'est pas "l'aide", c'est une coop�ration au quotidien.

On a une aide � l'�chelle de la Californie.

Je peux appeler les autres campus

pour qu'ils envoient leurs agents.

Si on a �puis� nos ressources,

que tous les policiers des universit�s sont pris,

et que Berkeley ne peut rien faire,

j'appelle le Sh�rif et j'invoque l'aide.

C'est au Sh�rif de fournir l'aide.

Il appelle d'autres Bureaux,

celui de Oakland ou celui d'Albany.

Il peut appeler le Comt� pour nous obtenir des renforts.

C'est lui qui voit. "On veut 60 flics."

On nous enverra 60 flics venus de partout.

L'aide, c'est appeler des renforts imm�diats.

On nous enverra des renforts toutes affaires cessantes

pour r�soudre un probl�me de maintien de l'ordre.

Nous pr�f�rons n'utiliser que l'aide interne.

Nous pr�f�rons avoir des agents d'autres campus

qui ont la m�me approche de l'agitation,

de la d�sob�issance civile et des manifs.

Ici, nous avons affaire surtout

aux manifs d'�tudiants ou d'employ�s.

Nous avons un lien avec eux. C'est notre communaut�.

Il s'agit bien de maintien de l'ordre

mais l'approche est diff�rente.

Nous avons parfois h�sit� � avoir recours � l'aide ext�rieure.

Les autres policiers n'ont pas l'habitude

de notre contexte particulier.

L'an pass�, on a eu recours au Comt�

au moins 3 fois sinon 4.

Cela faisait bien 10 ans

qu'on ne l'appelait pas.

Cela ne veut pas dire que nous aurions d�.

La philosophie du campus, issue des ann�es 60, est :

"Pas d'intervention ext�rieure".

Nous avons mis un point d'honneur

� traiter en interne les manifs et l'agitation.

Ce sont nos personnels et nos �tudiants.

On doit savoir n�gocier avec eux

pour parvenir � une issue pacifique.

C'est �a, notre but.

Vu ce qui s'annonce, il est possible

que j'aie recours aux renforts ext�rieurs

trois-quatre fois, maximum cinq.

Nous allons reparler du 7 octobre.

On ne sait pas ce qui va se passer.

S'il y aura juste des piquets et des manifs,

ou une occupation de locaux.

L'intervention de policiers ext�rieurs est probable.

Il faut informer � temps

et vu les implications, faire de notre mieux.

Peut-on envisager

une formation crois�e

entre les agents qui interviennent

dans les facs de Santa Clara, Berkeley et San Francisco ?

Cela fait partie de la question :

les agents ext�rieurs ont des habitudes.

On leur demande d'en changer.

Il faut les y former.

Nous discutons avec le Bureau du Sh�rif.

On va voir comment il r�agit.

Il a des personnels de prison sp�cialistes des foules.

On en parle.

Ce personnel est sur place,

il ne vient pas du Comt�.

�a marche comme �a.

S'il le faut, ils appellent l'ext�rieur.

Mais nous leur expliquons

la philosophie de notre traitement de la d�sob�issance civile,

notamment des �tudiants.

Ils manifestent comme pourraient le faire les dockers.

Mais dans leur cas, il n'y a aucun lien

avec les organisateurs.

Nous voulons qu'en cas d'appel � l'aide ext�rieure,

ils sachent � qui nous aurons affaire.

Des gens aussi familiers que nous du campus,

de sa diversit�, de sa d�mographie et de sa philosophie.

Avoir ces policiers ici en dehors des crises,

pour se familiariser avec le campus

et comprendre sa g�ographie et son fonctionnement

fait partie de notre projet de directive.

Nous allons �changer des agents

avec la police de la Ville.

Des policiers de la Ville

viendront � Berkeley et vice-versa.

C'est une id�e formidable.

Issue de cette r�union.

Tr�s utile. � d�velopper.

Le Forum �tudiant qui arrive

ne doit pas se focaliser sur les questions de police.

Nous devons communiquer

sur le nombre record d'�tudiants � bas revenus.

Sur la stabilit� des co�ts.

Nous avons beaucoup � dire.

Et nous �couterons les critiques des �tudiants.

Nous en saurons peut-�tre plus sur le 7 octobre.

Ce sera peut-�tre productif.

Pas forc�ment n�gatif.

Les �tudiants ont envoy� une note � propos du 7 octobre.

Ils sont ouverts � la discussion.

Le mieux est de se r�unir et de parler avec eux.

Soyons constructifs.

C'est ce qu'on a essay� l'an pass�, et on aurait pu faire mieux.

Soyons tr�s clairs sur les points d'accord.

On n'aime pas augmenter les frais.

M�me si l'avantage collat�ral est de contenir

l'endettement des �tudiants gr�ce aux aides financi�res.

On n'aime pas rogner sur les cours.

On est furieux du d�sengagement de l'�tat.

Dont un effet secondaire

est la r�duction des activit�s sportives.

Nous devons communiquer au maximum avec les �tudiants

sur les points o� nous leur donnons raison.

Une chose est de communiquer, l'autre est de d�cider.

D�cider et agir en temps opportun.

Dans le pass�, nous n'�tions pas au point

c�t� prise de d�cision.

"Votre occupation perturbe l'activit�.

"�vacuez imm�diatement.

"Que la Police intervienne."

Quand on demande l'�vacuation, on veut que ce soit rapide.

C'est une d�cision qui d�coule de la demande d'�vacuation.

�a para�t raisonnable.

Vous �tes couvert. "Je dois �vacuer dans les 2 heures.

"Je veux un plan respectueux de nos valeurs,

"que je communique � leurs leaders."

C'est ce qu'on propose.

L'auto-�valuation.

Apprendre que c'est important et apprendre � la pratiquer

est un des points cl�s de votre carri�re

de leader ou futur leader.

Vous avez besoin de feedback.

Vos �quipes

ont besoin d'auto-�valuation.

Elles ont besoin de feedback.

Vous devez r�guli�rement

mettre en discussion...

"Que souhaitons-nous accomplir ? Quel est mon but ?"

"Quels sont les crit�res de la r�ussite

"ou qui permettent de savoir qu'on atteint son but ?

"Quelles sont les meilleures mesures de ces crit�res

"auxquelles j'ai acc�s ?"

Si vous ne le faites pas,

vous vous retrouverez,

vous ou l'�quipe,

� mener des activit�s sans aucun rapport

avec les buts et missions de l'organisation.

L'organisation elle-m�me peut perdre ses objectifs de vue.

Il ne s'agit pas uniquement d'auto-�valuation

mais d'�valuation organisationnelle.

Poser la question.

"Comment savoir si �a marche" est important.

Mettre sur pied un syst�me de feedback

quand on est en position d'autorit�

est tr�s difficile.

Quand j'�tais ministre du travail

j'avais grand besoin du feedback de l'�quipe

qui m'entourait au quotidien.

� qui faire confiance ?

Qui partage profond�ment la m�me vision ?

� qui faire confiance, parmi ceux

qui connaissent la mission du gouvernement Clinton,

pour �valuer mon travail ?

J'avais un tr�s bon adjoint.

On est devenus amis.

Mais il rechignait � me parler.

J'avais un mal fou � en tirer un avis.

Je devais toujours le lire entre les lignes.

La plupart des gens de l'�quipe disaient seulement :

"Bravo, monsieur le ministre !"

Un des pires probl�mes, pour qui occupe une position d'autorit�

est l'absence de feedback.

De feedback utile.

Un jour, � la t�l�vision, j'ai �t� mauvais.

Dans l'ascenseur, � la sortie du studio,

j'�tais avec les gens des RP et les assistants,

et tous disaient : "G�nial."

- "Vous �tes s�rs ?" - "G�nial."

Je savais que c'�tait bidon.

Une petite voix a dit alors : "Vous agitiez trop les mains."

"Pardon ?"

Elle �tait nouvelle aux Relations publiques.

�a lui avait �chapp�.

Elle en �tait tr�s g�n�e.

"Comment dites-vous ?"

Elle a regard� autour d'elle, et ses sup�rieurs

la fusillaient du regard.

Elle a dit : "Vous agitez trop les mains.

"Ce serait mieux de regarder la cam�ra ou votre intervieweur,

"sans agiter les mains."

Elle est devenue une de mes conseill�res de confiance.

Elle �tait honn�te.

Et j'ai d�couvert avec le temps

que ses postulats

et sa mani�re d'envisager les choses,

�taient justes.

Elle �tait honn�te et elle comprenait.

Agiter les mains affaiblissait mon propos.

Et elle comprenait bien ce qu'�tait notre mission.

Elle a �t� r�guli�rement promue pendant mon mandat.

Rares �taient ceux sur qui compter.

Un employ� sait vite si le patron veut entendre

qu'il est super. S'il est honn�te, il ne sera pas promu.

L'honn�tet� doit �tre r�compens�e.

R�compens�e et sollicit�e.

Au-del� de l'honn�tet�,

il s'agit d'adh�sion aux missions.

La position par d�faut n'est pas

qu'ils veulent �tre honn�tes mais qu'ils ont peur.

Ils ne seront pas honn�tes.

Ils vous flatteront.

Je me souviens des r�unions d'enseignants...

Une vraie horreur.

J'ai pass� la moiti� de ma vie dans des r�unions gouvernementales

et l'autre moiti� dans des r�unions de profs.

Les r�unions de profs durent deux fois plus.

Pourquoi ?

Parce qu'ils aiment parler.

Ils sont habitu�s � s'entendre parler

et � voir l'auditoire hocher la t�te.

Les r�unions sont interminables.

� quelques occasions, dans ces r�unions,

j'ai demand� :

"Qu'avons-nous r�ussi aujourd'hui ?

"Peut-on en parler quelques minutes ?

"�valuons comment nous,

"les profs, nous avons assur� telle chose.

"Ce serait utile. Pour essayer de faire mieux."

Norma a le m�me regard sceptique

que celui qu'on m'a lanc� la premi�re fois que j'ai dit �a.

"C'est qui, lui ? Il se croit sup�rieur ?"

Il est possible de changer une mentalit�

pour que l'�quipe gagne

en conscience constructive de son travail,

en id�es pour avancer

et �tre plus efficace.

Pour mieux d�finir la r�ussite.

Dans vos carri�res professionnelles vous devrez savoir

de quel syst�me vous disposez,

vous et votre �quipe, pour vous auto-�valuer.

L'aide � la garderie est la mesure

la plus appr�ci�e des enseignants jeunes.

�a marche tr�s bien.

C'est un grand succ�s.

La soci�t� de service

v�rifie chaque prestation de garde � domicile ou � l'ext�rieur.

Il y a toujours des plaintes :

"La personne n'a pas surveill� mon enfant,

"elle ne s'en est pas occup�."

Mais le retour de nos assistants

a �t� plut�t positif.

Une demi-douzaine d'assistants

ont recours au service en dehors de Berkeley.

Dans les 50 �tats, on appelle un num�ro vert

et quelqu'un vient garder l'enfant.

Quelqu'un a tout utilis� d'un coup. Son cr�dit de 80 heures par an.

Je me suis demand� pourquoi.

C'�tait pour �crire un projet.

Autre exemple : un prof organise un s�minaire.

L'assistant ne peut pas venir, il a des enfants.

Il appelle le num�ro vert.

La soci�t� de service m'a donn� des chiffres.

Cette ann�e, nous avons �conomis�

environ 150 jours de travail

en �vitant que les gens soient contraints de rester chez eux.

C'est donc un excellent programme

et je suis heureux de vos remarques.

Les gens sont contents qu'on subventionne un service,

ce n'est pas surprenant.

Et je comprends pourquoi l'universit� le fait.

Mais c'est une d�pense un peu bizarre

et un peu discriminatoire...

en ces temps de rigueur budg�taire.

Pourquoi pensez-vous �a ?

Chacun fait des choix dans la vie et aimerait

qu'on les lui subventionne.

Pourquoi subventionner ce choix-l� ?

Il s'agit de prendre en compte une �tape du cycle de la vie

qui est de faire des enfants

et de les �lever.

L'avantage induit �tant alors moins de soins aux vieux.

Probl�me qu'ont beaucoup de mes coll�gues.

C'est gagnant-gagnant pour l'individu et pour l'universit�,

et �a me va.

Nous manquerions de comp�titivit�

si nous ne proposions rien

sur ce sujet important pour nos assistants.

Les universit�s concurrentes offrent d'excellents conditions

et �a fait envie.

On recrute des gens pour enseigner et faire de la recherche

et on a toutes sortes de mesures pour les aider.

�a co�te des clopinettes.

40 000 dollars par an.

Voyez "l'indemnit� de recrutement".

C'est une aide au logement.

On accorde une certaine somme...

50 000 dollars de subvention � un emprunt-logement.

Pourquoi pas la garde des enfants ?

Dans notre "Manuel du personnel acad�mique",

"l'allocation logement" est devenue "allocation recrutement".

Lisez-le bien :

"pour le logement, la garderie et la scolarisation des enfants".

C'est en phase avec notre politique.

C'est un service d� � nos assistants.

Nous investissons sur eux,

nous devons les aider � remplir leur mission.

Nos concurrents...

Dans le tableau fourni au Chancelier,

on a Duke, Princeton, Columbia,

Michigan et Stanford. Tous nos concurrents.

Tous sauf un ont cette subvention.

C'est la concurrence.

On a l'allocation recrutement et l'allocation de maintien.

Ces 40 000 dollars

profitent � 300 assistants.

On aurait pu les consacrer � autre chose.

On a pris l'argent l� o� il ne nous rapportait rien.

C'est une mesure indispensable

et un investissement modeste.

Je vous ai envoy� une premi�re version

de l'introduction.

J'ai voulu exposer les principes de base

du contr�le translationnel.

Les m�canismes du processus d'initiation de la translation,

puis le cas du virus de l'h�patite C

et pourquoi il nous int�resse.

Quels sont les traitements...

Pour justifier

le criblage � haut d�bit des inhibiteurs.

Puis parler des m�canismes du virus

dans un paragraphe

sur le r�le des virus.

En travaillant aux autres appendices

j'ai trouv� des donn�es mutationnelles,

que je n'ai pas incluses dans le texte.

Je travaille � les r�sumer en quelques chiffres.

Je traiterai peut-�tre �a

sous forme d'addenda � ce chapitre.

Je n'ai pas encore soign� l'�criture.

Je fais en sorte

que les approches et hypoth�ses

que nous voulions tester

et pour lesquelles j'ai des donn�es,

mais qui sont exclues du texte,

soient document�es pour d'autres...

Peut-�tre qu'un autre �tudiant s'associera au projet.

Id�alement, �a lui servira

� conna�tre le projet et � le continuer.

Ou qui sait, on sera en collaboration

pour le criblage de petites mol�cules...

et ces donn�es seront tr�s utiles.

Certaines donn�es mutationnelles

ne trouvent pas leur place ici.

Mais si nous r�solvons la structure cristalline...

Nous ne savions pas interpr�ter ces mutants,

mais on y verra mieux

quand on conna�tra l'ARN.

J'esp�re.

Ce sera r�int�gr�...

Pour le moment, il suffit

de bien tout pr�senter

pour ceux qui continueront.

Parfait.

Le pr�c�dent vice-recteur, Jan De Vries, disait :

"Il faut combiner la passion et le discernement."

Cette phrase signifie pour moi

que la monnaie du royaume acad�mique est l'argumentation rationnelle

et la collecte de preuves.

C'est l� qu'intervient le discernement.

La passion est n�cessaire pour diverses raisons :

pour le moral, pour le sens de l'engagement,

pour trouver l'�nergie

de poursuivre ses ambitions.

Le discernement est tout aussi important.

Vous y repenserez

en pr�parant vos dossiers acad�miques.

Vous aurez de meilleures chances

de convaincre les autres de ce que vous attendez

d'un recrutement ou de tout autre projet.

L'argumentation rationnelle et le travail de la preuve,

et non le pompon de majorette,

sont notre monnaie.

Ceux qui agitent les pompons

sans fonder leurs slogans sur la preuve et la logique

seront d��us.

Parce que les budg�taires, le doyen ou moi-m�me

nous le discernons.

Nous ne primons pas les pompons. Nous primons les bons dossiers.

On trouvera difficilement ici un employ�

oppos� � l'id�e d'excellence op�rationnelle.

Beaucoup pensent se battre depuis longtemps pour l'accomplir.

Ils sont heureux que l'institution encourage le changement.

Il faut cependant savoir reconna�tre

qu'il s'agit avant tout d'effectuer des coupes budg�taires.

Et qu'au temps de notre prosp�rit�,

aucun projet "op�rationnel"

n'avait envisag� de nous doter d'une administration

� la hauteur de notre excellence acad�mique.

J'ai remarqu�

que dans son expos� du projet op�rationnel,

le Prof. Pisano a dit

que nous sous-investissions dans l'infrastructure

depuis des d�cennies.

Le personnel est tr�s d�chir�.

Il soutient sans r�serve les efforts

destin�s � rendre l'universit� plus efficiente.

Mais il voit bien que les �conomies propos�es,

appel�es "simplification organisationnelle",

recouvrent en fait

de nouvelles r�ductions de personnel.

Comment ranimer leur moral dans cette situation ?

Il est crucial de conforter

leur vision de l'objectif final.

Vous le faites, et je conseille de le faire ad nauseam.

Quel b�n�fice en attendre � la fin, pour tous...

�tudiants, enseignants, mais aussi employ�s.

L'aspect douloureux du processus

doit �tre reconnu et trait�.

Nous ne serons pas cr�dibles

si nous envoyons un message uniquement positif

sur ce qui sera en fait douloureux pour certains.

Je n'aime pas plus que vous licenciez des gens.

Surtout dans ce climat �conomique.

J'ai rencontr� des gens licenci�s...

L'ann�e a �t� charg�e en t�ches difficiles

y compris mettre les gens en cong� sans solde.

�a, c'est fini.

Mais la mesure a sauv� 460 emplois.

Surtout des postes � bas salaire.

Je suis fier de notre communaut�.

Certains le savent d�j�... Je le r�p�te pour les autres.

� l'�poque de cette mesure,

j'en ai parl�, dans une r�union � New Haven,

avec le pr�sident de Yale, celui de Princeton,

ceux de Michigan et de Stanford.

Ils m'ont dit que chez eux, les enseignants

ne coop�raient pas.

Qu'ils refusaient de contribuer

� sauver des emplois

en r�duisant leur salaire.

J'ai dit : "Ceux de Berkeley, oui."

Ils ne nous ont pas applaudis...

Mais ils l'ont fait.

Et leurs heures de cours n'ont pas �t� r�duites.

Je voulais que �a marche.

Nous avons sauv� ces emplois ensemble,

ces postes � bas salaire.

Nous devons nous en r�jouir. Quand notre moral fl�chit,

pensons aux 460 emplois sauv�s.

Si les enseignants avaient refus�, j'aurais recul�.

Je n'aurais jamais propos�

une mesure visant les seuls employ�s.

Soit les enseignants et les employ�s, soit personne.

On a r�ussi �a.

Les �tudiants ont protest� contre l'augmentation des frais.

La mesure a fait grand bruit.

Je n'ai pas appr�ci�

la mauvaise foi du discours de certains �tudiants.

Beaucoup de manifestants venaient de milieux privil�gi�s.

Et ils disaient que cette augmentation

discriminerait les Chicanos,

les Afro-am�ricains et les bas revenus.

Alors que gr�ce � nos aides financi�res,

le nombre d'�tudiants � bas revenus est le plus haut de notre histoire.

Gr�ce � l'excellent travail du Service des aides,

ils d�pensent moins que dans les ann�es pass�es.

Le syst�me a bien march�.

Et le nombre d'�tudiants des minorit�s a augment�.

Ce n'est pas gagn�.

Restent les �tudiants de la classe moyenne.

Nous allons avoir,

nous �tudiants afro-am�ricains,

une conversation franche.

Nous avons rarement l'occasion de le faire

dans un groupe aussi diversifi�.

Les Afro-am�ricains dans une institution typique,

tendent � s'aligner, � s'assimiler,

� parler autrement et � changer,

pour que les autres se sentent mieux.

Nous voulons que ce moment soit un don d'honn�tet�.

Jetons les masques, parlons ensemble

des probl�mes que nous rencontrons en tant que Noirs.

Je commencerai en vous demandant

ce que change le fait

d'�tre deux ou trois sur 300 dans vos classes.

Est-ce un probl�me ?

Non. C'est la vie.

Je ne veux pas inventer au-del� de la r�alit� de la vie.

Dans la vie r�elle, je suis souvent le seul Noir, partout.

Depuis que ma famille a quitt� le ghetto pour une bonne banlieue...

Je suis bien ici parce que c'est ouvert.

On ne me regarde pas

comme quand j'entrais en classe au lyc�e.

"Le cours de soutien, c'est l�-bas."

�a n'existe pas ici.

Mais je ne suis ni surpris ni d�stabilis� par cette situation.

Je m'y attends.

J'ai grandi dans une ville majoritairement latino,

j'�tais toujours le seul Noir.

Mais en classe d'anglais,

quand on aborde le mouvement black du 20e si�cle...

c'est � moi qu'on pose

le plus de questions.

Quand on �tudie Malcolm X

par rapport � Booker T. Washington, tout �a...

Ils s'attendent � un certain type de r�ponse.

La question des Noirs est soulev�e dans tous les cours.

Tu es toujours somm� de parler au nom de tous les Noirs,

et tout le monde se retourne pour te regarder.

Une simple image ou une phrase,

et ils regardent la t�te que tu fais.

Nous repr�sentons toute la culture noire.

Chaque individu repr�sente

ce que tous les Noirs pensent.

Parlons des groupes d'�tude.

Les �tudiants noirs disent presque tous

qu'ils en sont exclus.

Si c'est vrai, que se passe-t-il ?

Qui le fait et pourquoi cela arrive-t-il ?

Je suis en biologie.

Le prof conseille les groupes pour la pr�pa des examens.

Tout le monde s'organise en groupes.

Je m'approche d'un groupe de filles,

et elles disent...

"On est d�j� cinq...

"C'est bon..."

Point final. Je ne pouvais pas en �tre.

Un autre groupe te dit : "C'est complet."

Alors qu'il n'y a pas de maximum fix�.

Et que �a am�liore les notes.

C'est prouv� statistiquement.

En ing�nierie, on travaille en groupes

pour mieux suivre.

Et le groupe d'�tude

est la meilleure m�thode pour �tudier.

Dans un groupe, chacun doit contribuer.

Je suis avec une Noire qui est la meilleure de la classe.

Il n'y a que deux Noires en ing�nierie industrielle.

Dans mon groupe, il y a aussi des Blancs et des Asiatiques.

Mais quand on fait un groupe,

les gens doivent prouver qu'ils valent le coup.

S'ils ne sont pas bons, on n'en veut pas.

C'est pas un refus des Noirs

parce qu'ils ne parlent pas en classe.

Mais c'est l'id�e qu'on s'en fait.

Que font les �tudiants blancs...

Les �tudiants blancs ?

Pour eux et les Asiatiques, c'est plus facile de prouver...

Tu fais quoi ?

J'interviens en classe,

je montre que je suis le cours.

Ou je montre mon score...

Un bon score pour les devoirs.

Les Asiatiques sont cens�s �tre brillants.

Les gens ne l'admettent pas,

mais on te regarde et on d�cide si tu es bon ou pas.

Selon l'id�e pr�con�ue dans la soci�t�

que tu es intelligent si tu as un look donn�.

Je ne porte pas de lunettes, je suis nulle.

C'est l'exemple qui me vient en t�te.

Si tu portes des lunettes, les gens penseront

que tu es intelligent.

Je le remarque souvent.

C'est selon l'apparence des gens.

Ce qui circule dans la soci�t�,

c'est qu'en regardant les attributs physiques,

on peut savoir si Untel est bon,

s'il sera capable de t'aider,

si tu y gagneras quelque chose,

ou s'il ne fera que t'utiliser.

Je suis d'accord quand il dit

que les Blancs et les Asiatiques de la classe moyenne

sont ceux qui

l�vent le plus la main en classe.

C'est une preuve d'intelligence ?

Ils s'int�ressent aux �tudes, donc ils contribueront au groupe.

Quand les Blancs l�vent la main,

ils n'ont pas le m�me enjeu

que le seul Noir de la classe.

Il n'y a pas d'�galit� des chances.

Les Noirs trimballent un paquet bien plus lourd.

Ils sont charg�s de repr�senter...

Ce n'est pas forc�ment valable pour tout �tudiant noir,

mais ce n'est �vident pour lui de lever la main et d'intervenir.

On repr�sente la communaut�.

Si je parle en classe, tout le monde me regarde.

Si j'�tais une fille ou un gar�on blanc, personne...

Personne ne se retournerait.

Parlons franchement.

Les membres de ta Fraternit� pratiquent l'exclusion ?

Ils excluent les Noirs et les Latinos des groupes ?

Si on en parle, personne ne reconna�tra...

"Ouais, je suis raciste"...

Ils ne le diront jamais directement.

Ils diront m�me le contraire.

"J'adore �tudier avec des Noirs."

Mais dans la pratique,

c'est instinctif ou je ne sais pas quoi.

Je pr�side la Fraternit� des Ing�nieurs, avec 60 membres.

Il existe aussi une organisation des ing�nieurs noirs,

"Ing�nieurs et tuteurs noirs".

Je ne garantis rien...

mais je pourrais essayer

de rapprocher les deux en groupes d'�tude.

"Tu es en ing�nierie m�canique, je vais te trouver..."

�a sonne raciste !

"Te trouver un ing�nieur noir.

"Toi l'Asiatique ou le Blanc,

"je vais te trouver un Noir." Je suis raciste, l� ?

Ne sois pas timide.

Tu peux parler � ton organisation ou � ton prof :

"Travaillons avec des gens qui ne sont pas forc�ment des amis."

Ils choisiront qui ils voudront quand m�me...

Les professeurs pourraient composer les groupes

� la place des �tudiants.

Il suffit de faire circuler un papier.

Les gens s'inscrivent, � la file,

et cinq noms font un groupe.

Au lieu de les laisser se choisir.

C'est peu, mais �a met de l'�quit�.

Et au fil du travail, ils vont d�couvrir...

"Ce Noir ou ce Latino a donn� beaucoup � mon groupe".

Au cours d'apr�s, o� le professeur

ne fait pas circuler de papier,

les gens accepteront mieux ceux qu'ils ne connaissent pas

ou qui sont diff�rents.

Les professeurs ne font pas les groupes.

- Ils pourraient. - Jamais.

Ils font le minimum.

C'�tait un exemple de ce que les profs pourraient faire.

Maintenant, � vous.

Que faire, toi, et moi

pour changer les choses ?

C'est tout.

Sachez que M. Cartwright

construit une nouvelle banque � Grover's Corners.

Que mettre dans les fondations

pour les arch�ologues du prochain mill�naire ?

Ils ont mis un num�ro du New York Times et un du Sentinel.

C'est int�ressant, parce que des scientifiques

ont invent� une colle de silice

qui conservera le papier pendant 2 000 ans.

Une Bible,

un exemplaire de la Constitution

et les pi�ces de Shakespeare.

Qu'en pensez-vous ?

Babylone avait 2 millions d'habitants

mais on n'a que les noms des rois,

des actes de vente de bl� et de vente d'esclaves.

Alors que le soir, la famille d�nait,

le p�re revenait du travail, la chemin�e fumait.

Comme ici.

Tout ce qu'on sait de la vie r�elle � Ath�nes ou Rome

sont des bribes glan�es dans les com�dies

qu'ils jouaient dans leurs th��tres.

Je ferai placer cette pi�ce dans les fondations.

Pour que dans 1000 ans, on en sache un peu sur nous.

Au-del� du Trait� de Versailles et de Lindbergh.

� vous qui vivrez dans 1000 ans : nous �tions ainsi.

C'est ainsi qu'�taient nos enfances, nos mariages, nos vies et nos morts.

Tu vises de la main et tu cries "�a va p�ter !" en lan�ant.

D�goupillez, visez.

Et au sol.

Certains disent que notre mouvement est vain.

Qu'il ne d�bouchera sur rien.

Qu'il vaudrait mieux faire des p�titions.

Mais dans un mouvement, on n'est plus "soi",

on est "nous".

Quand l'an pass�, �tudiants et personnels

on dit "assez" et ont fait gr�ve,

occup� des locaux et stopp� l'activit�,

le gouverneur a r�agi.

Il a r�tabli sa subvention � l'universit�.

La gr�ve a �t� d�terminante, de son propre aveu,

pour r�cup�rer ces 200 millions.

En d�pit d'une direction

qui voulait diviser �tudiants et travailleurs,

ouvriers et enseignants,

l'action a pay� !

Comme celle d'aujourd'hui !

Quoi que dise le gouverneur, le mouvement n'est pas fini !

L'inscription n'est pas revenue � l'ancien tarif,

les ouvriers pas mieux trait�s

et les structures de pouvoir pas plus d�mocratiques.

Dans un mouvement,

il n'y a plus "toi", il y a "nous".

Ne laissez pas dire que les �tudiants ne changent pas le monde.

Regardez dans l'Histoire

les moments o� les �tudiants se sont lev�s.

En 1960, ils s'asseyaient dans les restaus

de Caroline du Nord,

pour lutter contre la s�gr�gation.

�tudiants et personnels, en 1964,

exigeaient ensemble la libert� d'expression ici.

Dans les ann�es 70, ils organisaient les manifestations

qui ont mis fin � la guerre du Vietnam.

Ce seront encore eux, unis,

qui feront un monde diff�rent

par l'action et la solidarit�,

et qui sauveront l'enseignement et le bien publics !

Le pouvoir n'est pas dans le bureau du Gouverneur.

Il est ici, c'est nous !

Il est ici o� nous �tudions et travaillons.

Nous vaincrons si nous sommes capables

de bouleverser ce syst�me.

L'�tat de notre fac, de notre pays et du monde

exige de croire en quelque chose et d'agir.

Nous le ferons. Ce n'est plus "toi", c'est "nous" !

Universit� gratuite !

Elle l'a �t� ! Elle l'a �t� avant nous.

Aujourd'hui, elle co�te de plus en plus cher.

Enseignants et employ�s souffrent

de budgets de plus en plus r�duits.

�tudiants, ouvriers et enseignants, unis et solidaires,

se battent pour pr�server les principes

de la meilleure fac publique du monde.

Contre nos soi-disant leaders

qui veulent faire de cette institution

une marque, un privil�ge co�teux

ou un objet de luxe.

Et c'est peut-�tre le dernier rempart

de nos droits � l'enseignement,

de notre place au centre

de ce que nous appelons le bien public,

contre ceux que Roosevelt appelait "les malfaiteurs de l'argent".

Nous savons que �a existe, le bien collectif

le bien public, l'int�r�t public,

le mod�le coop�ratif.

Comment le savons-nous ?

Parce que nous l'incarnons ici et maintenant.

Parce qu'ici, vous voyez les visages

de ceux qui sont le mouvement et la d�mocratie.

Les visages de vos camarades �tudiants, ouvriers,

professeurs, amis et coll�gues.

Vous �tes le bien public,

et ensemble, nous faisons la d�mocratie.

Comme l'amour, le talent, l'intelligence,

l'amiti� ou la diversit�,

la d�mocratie, �a se cultive. Cultivons-la.

M�fiez-vous de ceux qui proposent des solutions faciles

� des probl�mes complexes.

La d�mocratie n'est pas une "tea party" 100 % blanche

rong�e par la bigoterie et la d�magogie des �motions.

Ce n'est pas un jeu ploutocratique

o� le riche ach�te ou tente d'acheter

un fonctionnaire ou un parlementaire pour servir

les int�r�ts priv�s d'une entreprise ou d'un individu.

Ils veulent s'acheter des lois

ou une fonction officielle,

tout en pr�tendant que la r�duction de leurs imp�ts profitera � tous.

Et ils coupent nos budgets.

C'est inadmissible et tous doivent le savoir !

C'est ce qui nous rassemble aujourd'hui,

d�cid�s � changer vraiment notre campus,

notre �tat et notre pays tout entier.

La d�mocratie est ce que vous voyez en action,

ici et maintenant, sur les visages.

C'est un mouvement social.

Celui de citoyens instruits, inform�s,

ind�pendants et pensant librement,

r�unis au nom du bien public et collectif.

Au nom de tout cela,

nous exigeons la gratuit� de l'�ducation.

Cette institution et ses v�n�rables b�timents

�taient grands

quand les Californiens y acc�daient gratuitement.

Combien Mario Savio payait-il pour ses �tudes ici,

quand sur ces marches

il parlait � un public peu diff�rent de vous ?

C'�tait gratuit !

Et ce doit le redevenir. C'est notre revendication.

L'universit� de qui ?

Notre universit� !

L'universit� de qui ?

Notre universit� !

Il n'est de pouvoir que le pouvoir du peuple !

Car le pouvoir du peuple ne c�de pas !

Pas de coupes ! Pas de frais ! L'enseignement doit �tre gratuit !

Pas de coupes ! Pas de frais ! L'enseignement doit �tre gratuit !

Retournez-vous ! Regardez comme nous sommes nombreux !

C'est �a, la d�mocratie !

Qu'est-ce que la d�mocratie ?

C'est �a, la d�mocratie !

La police fera ce qu'elle fera.

Nous reprenons possession de ce qui est � nous !

C'est le vrai pouvoir des �tudiants et travailleurs !

Nous reprenons possession de notre universit� !

Nous occuperons la biblioth�que jusqu'� 17 heures.

Nous attendons la r�ponse du Chancelier � nos revendications.

Il a promis de r�pondre avant 17 heures.

Voyons s'il tient parole. En attendant, textez, t�l�phonez.

Vous avez plein de t�l�phones super chiad�s.

Allez sur Facebook et dites � vos amis de venir.

� tous vos amis.

� votre copine, � votre Tatie, � votre Mamie.

C'est ton universit�, baby !

Notre universit� !

La liste de revendications est longue.

Le Chancelier ne pourra pas y r�pondre

� cause de leur nature.

Mais il serait bon de r�pondre au groupe.

Nous avons discut� de la mani�re de r�pondre

et du contenu de la r�ponse.

Beata y a travaill�.

Voil� la liste et un projet de r�ponse g�n�rale

qui r�affirme notre attachement � l'enseignement sup�rieur public.

Nous l'envoyons au Chancelier.

Il y a de tout.

Il y a tout.

Tout, des frais d'inscription

au "travail direct avec les �tudiants handicap�s

"pour faire leur budget.

"Engager un directeur du centre de d�veloppement".

Bob veut conna�tre les revendications.

Le Chancelier a vu...

C'est une d�claration tr�s g�n�rale,

qui prend au moins acte qu'on a re�u leurs revendications.

"J'�tais l� � 10 h 10 et je les ai re�ues".

Genre.

Ils ont demand� au Chancelier de r�pondre avant 17 heures.

Ils ont demand� une r�union,

en sachant bien que ce ne serait pas aujourd'hui.

On a environ 300 �tudiants

dans la salle de lecture de la biblioth�que.

C'est la capacit� maximum.

J'ai des agents qui contr�lent les entr�es.

Ils ne laissent plus entrer personne � cause des consignes incendie.

Ils laissent sortir qui veut.

Donc l�, on contr�le l'entr�e de la salle.

Vous avez alert� le biblioth�caire en chef...

Le capitaine assure le calme sur place.

Il va contacter le biblioth�caire.

On se demandait si le biblioth�caire ne pouvait pas parler au groupe.

Juste pour dire qu'il comprend et soutient la cause,

mais qu'il veut ouvrir une autre salle

aux �tudiants qui voudraient l'utiliser...

Pour les ordinateurs, etc.

Des non-manifestants.

Oui. Des �tudiants qui �taient d�j� l�.

Selon nos infos via Twitter et les r�seaux sociaux,

ils partiront si la police le leur demande.

On les laisse l� en attendant.

Leurs leaders disent que si la police ordonne l'�vacuation

ils voteront pour d�cider d'�vacuer ou de se faire arr�ter.

La journaliste du San Francisco Chronicle est avec eux.

Ne soyons pas alarmistes.

Laissons-les l� un peu,

une demi-heure ou une heure,

et voyons combien d'�tudiants sont partis et rest�s.

Le biblioth�caire essaiera de les convaincre de quitter les lieux.

On verra ce qu'ils disent.

Pas d'heure limite ?

On veut leur donner 30 minutes-une heure

pour qu'ils puissent au moins s'exprimer.

Apr�s leur sit-in, on enverra le biblioth�caire

pour dire "Vous devriez, blabla..."

et ensuite, on leur donnera un d�lai maximum.

Ce n'est pas un b�timent administratif.

Ils n'ont pas interrompu le travail des autres.

On est en zone grise.

Nous jugeons n�cessaire de dialoguer avec eux.

Le biblioth�caire sera juste l'interm�diaire

de nos d�cisions sur le d�lai maximum d'�vacuation.

Parce qu'il est en charge du b�timent

et que nous avons d�cid� de commencer par l�.

On commence comme �a.

Ils resteront jusqu'� 17 heures

si on n'�vacue pas avant.

� 17 heures, ils viendront ici �couter nos r�ponses.

Ils nous ont donn� jusqu'� 17 heures.

Voici le projet de r�ponse.

- C'est pire de ne pas r�pondre ? - C'est toute la question.

On ne peut pas rentrer dans les d�tails.

C'est impossible.

Nous r�affirmons

que nous soutenons la cause

de continuer � alerter le public californien

de la n�cessit� d'investir dans l'enseignement public.

Je vois que vous voulez que �a vienne de la direction.

On va parler � George et la lui montrer.

Il est en r�union, et ce serait le moment...

Claire est sous pression, pour publier un papier sur le Net.

Il serait bon de ne pas avoir que le point de vue des manifestants,

mais aussi le n�tre,

et qu'elle y cite notre communiqu�.

Heureusement pour nous, la liste des revendications est d�lirante ?

Oui. Vous ne pouvez pas r�pondre � tout,

et certaines ne sont pas de votre ressort.

Certaines le sont, mais il y a 100 points.

S'ils avaient juste trois points

qu'on pourrait traiter, ce serait plus efficace.

Bob et vous souhaitez impliquer Harry ? Ou d'autres ?

C'est l'affaire de Bob.

Veut-il qu'on signe � plusieurs

pour signifier une responsabilit� collective ?

Il n'a rien dit. Nous avons juste la mention

"Direction de Berkeley".

� un moment donn�, il dit...

"Moi et mon �quipe de direction..."

Il dit bien "nous".

Le Chancelier, moi et Harry.

Harry est son adjoint aux affaires �tudiantes.

C'est le bon trio.

Je vais montrer �a � Harry, modifier l�,

et on va tout revoir.

J'ai �t� interview� par Cal TV.

J'ai �t� film� avec le groupe des �tudiants.

Et par le Daily Cal.

Et j'ai parl� avec Asimov du Chronicle.

J'ai r�p�t� ce qu'on a annonc� :

la biblioth�que ferme � 21 heures,

nous accueillons ceux qui viennent travailler,

et nous craignons le bruit.

Nous pensons aux �tudiants qui ne pourraient pas travailler.

J'ai dit que m�me si on sympathise,

d�s que l'agitation interrompt l'activit�,

d'autres �tudiants en p�tissent.

J'ai dit des trucs banals.

Asimov m'a demand� :

"Et apr�s 21 heures ?"

J'ai dit que selon la r�gle du campus,

on ne peut occuper un b�timent apr�s la fermeture.

Que n�anmoins la d�cision ne m'appartenait pas.

Mais que la r�gle �tait claire.

Voulez-vous que je le dise autrement

si un autre reporter m'interroge ?

Non, nous essayons de notre c�t�

de voir ce qu'il faut g�rer comme logistique,

quelle que soit la d�cision, c�t� contr�le de foule.

Si nous d�cidons d'un d�lai limite,

que ce soit avant 21 heures ou � 21 heures,

ce ne sera pas pli� en 5 minutes.

Nos policiers qui sont sur place depuis des heures

approchent du changement d'�quipe.

Le Chef de police va devoir g�rer des tas de choses.

Nous r�fl�chissons au meilleur timing.

Tout �a pour dire qu'on essaye

de r�agir aux demandes des manifestants

et on �tudie comment.

C'est vous le "propri�taire",

en tant que biblioth�caire.

Normalement, la police suit

la position du propri�taire,

ses pr�occupations

et ses inqui�tudes relatives � la s�curit�.

Ce que vous avez dit sera sans doute interpr�t�

comme : "Qu'ils restent l� jusqu'� la fermeture

"ne vous g�ne pas, en tout �tat de cause,

"vu que le service aux autres �tudiants est assur�."

En m�me temps, l'�quipe de Mitch

doit d�cider

de ce qui se passera � 21 heures.

"� ceux qui manifestent pour l'enseignement public

"nous r�affirmons notre adh�sion au principe

"de garantie de l'enseignement public en Californie,

"et d'acc�s � l'�ducation

"�quitable pour tout �tudiant admissible.

"Cet objectif est partag� par l'ensemble de Berkeley.

"Nous sommes fiers d'avoir cette ann�e

"le plus grand nombre d'�tudiants � bas revenus de notre histoire

"et le plus bas co�t net de l'histoire r�cente.

"Nous ne pouvons satisfaire tous les points de votre lutte

"mais nous soutenons la cause

"consistant � alerter les Californiens

"de la n�cessit� d'investir dans l'enseignement public."

Dites � la police de d�gager !

"La capacit� d'offrir un enseignement d'excellence

"abordable et ouvert

"est dans l'int�r�t de tous.

"Elle est essentielle � l'Universit� de Berkeley.

"Sign� : Robert Birgeneau, George Breslauer,

Harry Le Grand."

Quelqu'un veut commenter ?

Nous devons d�fendre l'atout exceptionnel que nous avons.

Tout le monde reste ici,

en communaut� de r�sistance.

Partageons, faisons des groupes de discussion,

discutons entre nous.

Restons ici aussi longtemps que possible,

dans cet espace qui nous appartient, pour nous organiser

et concevoir de plus grands projets.

Je propose que nous discutions en premier

notre objectif,

et ce que nous souhaitons accomplir.

Une fois fix� notre objectif,

nous parlerons de la tactique � appliquer pour l'atteindre.

Par exemple,

si l'id�e est d'obtenir plus d'argent de l'�tat,

nous discuterons des moyens de l'obtenir :

p�titions, lobbying, etc.

Je ne dis pas que c'est notre objectif,

mais il serait logique et �conome en temps

de discuter d'abord de notre vision g�n�rale,

et ensuite des moyens de la r�aliser.

Ne nous focalisons pas sur la question logistique.

Ceci est un mouvement, une lutte.

Le capitalisme ne marche pas.

Discutons politiquement

de la trajectoire de ce mouvement.

Voulons-nous juste de l'argent ?

Moi, non.

Discutons des objectifs ultimes de ce mouvement.

Comment pensons-nous...

l'�conomie politique, le capitalisme am�ricain ?

De quelle nature est cette lutte ?

Comment �tendre cette lutte en dehors de Berkeley ?

Ce sont de graves questions de combat politique

qu'on ne peut traiter simplement avec Untel ou Untel qui propose

ceci ou cela.

Nous devons discuter politiquement de la nature du mouvement,

et du reformatage de l'enseignement par le capitalisme.

Il serait important de cr�er

une m�moire institutionnelle

de ce que nous faisons et du pourquoi.

Ce sera notre derni�re conf�rence

pour ce soir.

Mitch, nous attendons de vos nouvelles

vers 21 heures, et ensuite,

nous demanderons aux d�cideurs de trancher.

Selon la presse et la radio,

les manifestants ont quitt� le b�timent.

J'ai peu � dire sur la manifestation du 7 octobre.

Elle a �t� pour le moins originale.

Bien g�r�e par le biblioth�caire

et Claire.

C'�tait "protestataire",

sans beaucoup de fond.

Un ami historien qui �tait ici dans les ann�es 60

m'a fait remarquer, en historien motiv� par le sujet...

Je vais parler comme un vieux...

Les manifs auxquelles j'ai particip� �taient contre la guerre du Vietnam.

J'ai �t� vir� de mon boulot � Bells Lab

pour m'�tre oppos� aux missiles anti balistiques.

Nous courrions des risques s�rieux sur des sujets s�rieux.

Et un sujet � la fois :

guerre du Vietnam ou Droits civiques,

syst�mes d'armement...

Aujourd'hui, les manifs sont un genre de f�te.

Avec une liste de "revendications"

parfois contradictoires et partant dans tous les sens.

Et vous preniez vos responsabilit�s. Ce temps-l� n'est plus.

J'ai �t� vir� de mon poste. Puis r�int�gr�.

Eux, ils veulent l'immunit�.

Des leaders acad�miques actuels �taient dans mon groupe.

Le directeur de mon labo

�tait un R�publicain de droite.

Il a dit : "Virez-moi d'abord.

"Ils sont dans leur droit. On ne vire pas

"un employ� parce qu'il conteste une des activit�s de sa bo�te.

"C'est � moi d'�tre vir�."

Depuis lors, j'ai ador� ce type.

Il d�testait nos id�es politiques, mais il a dit : "Virez-moi."

C'est �a, �tre un dirigeant.

C'est l� que j'ai appris ce qu'est diriger.

C'est un exemple de l'id�e de leadership.

Le sujet de ce cours est la "zone grise".

Vous �tes peut-�tre tomb�s dans vos lectures

sur le nom de Primo Levi.

Dans ses essais, il analyse la notion de "zone grise".

Il part de son exp�rience des camps de la mort nazis,

de ce qui est contre nature, pour l'�tre humain,

de souffrir et d'observer.

Il analyse le sort du survivant

qui doit continuer � vivre en portant cette m�moire.

� partir de l�, il analyse la "zone grise".

Ce doit �tre la m�me chose quand vous passez un examen :

"Plut�t assaillir une maison que de passer cet examen !"

La diff�rence pour un soldat qui a une mission,

c'est qu'il �vite de penser au r�sultat.

Le stress est incontr�lable.

Tandis qu'ici, lors d'un examen,

tu seras moins stress� si tu as bien boss� avant,

et tu seras plus stress� si tu n'as pas boss�.

Tout repose sur toi. Tandis qu'� l'arm�e,

si tu prends une balle,

tu n'y es pour rien, tu ne contr�les rien.

Pour moi, c'est ce qui rend l'�cole plus dure.

Et tu bosses avec une �quipe.

Tu peux r�partir la culpabilit�.

Refiler ses puces... � la fac, tu ne peux rien y faire.

Tu dois juste prendre les coups

tout du long.

Mais les outils qu'on acquiert � l'arm�e servent ici.

Au d�but, je suis rest� au tapis plus d'un an.

Parce que tu devais changer d'approche ?

Non, j'�tais juste but�.

Je refusais de m'y coller.

Parce qu'ici, on a une autre approche.

C'est un autre langage, une autre culture.

Avec un contexte sp�cial � chaque mati�re.

Dans chaque discipline que tu viens �tudier,

il y a un sch�ma et un contexte que tu ne ma�trises pas.

Nous entrons en 3e ann�e,

nous n'entrons pas en premi�re ann�e.

On suppose que nous ma�trisons les bases.

Qu'on conna�t les auteurs, les bases.

Parce que les autres �tudiants de 3e ann�e

ont eu 2 ans pour en baver.

M�me ceux qui entrent en premi�re ann�e,

et qui ont eu 10 sur 10 � leur test d'aptitude,

se retrouvent au tapis au d�but.

Il faut s'y faire et savoir que ce sera dur.

On n'est ni des monstres, ni des imposteurs.

On a le droit d'�tre ici.

On a boss� dur pour venir ici.

Mais il faut savoir passer la vitesse,

pour r�ussir dans une fac de top niveau.

Revenons au soulagement du stress.

Mon conseil : �vacue.

Trouve quelqu'un qui veuille vraiment t'�couter

au lieu de te dire "fais ci, fais �a".

Quelqu'un qui dit : "Que t'arrive-t-il ?

"Que penses-tu faire ?"

Au lieu de te dire quoi faire.

C'est plus facile de parler, d'�vacuer le stress et de continuer.

J'aime parler � b�tons rompus

� des personnes qui acceptent de m'�couter,

et qui n'ont pas forc�ment des conseils � me donner.

D�j� �a, �a aide.

Personne n'a envie de t'�couter.

Les gens vont juste se demander pourquoi tu cries.

Mais la camaraderie et la compr�hension

ont �t� d�terminants dans ma r�ussite.

C'est l'avantage de Berkeley : ils parient sur des gens comme nous.

Et on le leur rend bien. Je les en remercie.

Mes copains de coll�ge m'ont dit :

"� qui as-tu graiss� la patte

pour entrer � Berkeley ?"

Je remercie Berkeley d'avoir cru en nous.

Ils regardent � la fois les �tats de service et l'individu.

C'est une chance qu'on ne trouve pas ailleurs.

J'ai pens� qu'ils se trompaient, et moi aussi,

parce que je ne me sentais pas au niveau.

Quand j'ai commenc� avec "Berkeley V�t�rans",

j'ai compris que ce n'�tait pas la question.

C'est mon enthousiasme qui comptait.

J'ai compris que j'avais plus de potentiel que je ne croyais.

Berkeley peut te botter le cul et te faire sentir nul.

Comme les semaines d'entra�nement de base.

Ils feignent de te d�molir pour que tu rebondisses apr�s.

Sauf qu'ici, �a dure 2 ans !

Quand tu es passionn�, c'est ridiculement facile.

Tu dis que c'est cool qu'ils prennent des v�t�rans.

Moi, je ne voulais pas le savoir.

Je portais mon paquetage de travers,

et ils m'ont rep�r� comme �a...

Je ne voulais surtout pas penser � cette histoire de v�t�rans.

J'�tais l� pour �tudier.

Et puis j'ai trouv� une communaut� qui m'a litt�ralement embarqu�.

J'ai v�cu un truc formidable.

C'est ce qui m'a fait d�passer le stress et les coups sur la t�te

de la part des profs et des tuteurs.

Cette communaut� n'a pas de prix.

Je n'ai jamais vu �a dans d'autres �coles.

�a n'a de sens

que si vous commencez par l�.

Quelles syst�matiques pour mesurer l'�nergie noire.

Serez-vous un constitutionnaliste litt�ral

ou un contextualiste de la Constitution ?

Que signifient ces mots ?

Vous devez bien concevoir l'�nergie noire

avant d'�tudier les exoplan�tes par microlentilles.

Si vous proc�dez � l'envers,

pas d'�tude de l'�nergie noire,

faute de ma�trise des syst�matiques.

Toute technique m'int�resse

et j'adorerais personnellement

travailler avec toutes.

Mais les supernova sont encore les seules

� �tre de bons outils sur l'�nergie noire.

C'est la base de toute mission sur l'�nergie noire.

On ne con�oit pas � partir d'un possible meilleur outil.

Exemple de probl�me de calibrage.

J'ai perdu la diapo...

Vous commencez � voir

que les supernovas de Hubble sont basses ici,

ce que nous pensons d�

� un glissement de filtres des ACS, un glissement de r�ponse

identifi� pr�c�demment par Bohlin.

Comme ils n'ont pas con�u au d�part

la possibilit� de v�rifier facilement,

�a n'a pas �t� accept�,

du moins pas � ce jour, comme nouveau standard.

Vous ne voulez pas faire des mesures dans l'espace

si vous identifiez ces ph�nom�nes moins bien qu'au sol.

Alex me donne cet exemple de supernova.

Avoir ses courbes de luminosit�,

on verrait un d�calage vers le rouge,

mais voyez la spectroscopie et sa situation :

autour de la galaxie SO, c'est impossible.

La spectroscopie indique une masse inf�rieure.

Voil� un exemple de comment on flotte

si on n�glige la spectroscopie.

Le d�fi principal qui produit ce genre de chose...

Peut-on envisager un redshift de point 8 ?

Peut-on faire plus sans aller � ces extr�mes ?

M�me � un redshift de point 8,

vous ne pouvez pas suivre la supernova...

jusqu'� comparer des mesures similaires.

Peter sugg�re de r�gler autrement les longueurs d'onde.

Non, tout le monde veut aller

m�me au-del� d'un redshiftpoint 8.

Mais le plus que vous pouvez est � 1. 72 microns

avant la barri�re de refroidissement.

Et l�, vous faites en substance

l'instrumentation que vous feriez de toute fa�on.

J'ai entendu dire par des �tudiants mod�r�s

qu'ils n'ont pas �t� �cout�s pendant les manifestations.

Ce sera notre point de d�part.

L'occasion vous est donn�e d'intervenir l�-dessus.

J'�tais en examen quand l'alarme a sonn�.

Je savais qu'il y aurait une manif,

mais bon, personne ne va perturber un examen.

En plein milieu d'un probl�me difficile, sir�ne d'incendie.

Tout le monde a fait...

On est tous sortis. Furieux.

Assis dehors � attendre. L'examen �tait fichu.

C'�tait stressant...

Je paye des frais aussi,

je sais ce qui se passe,

et qu'on proteste

pour pr�server l'�ducation qu'on d�fend.

Mais c'�tait tr�s dur parce qu'ici justement,

la ligne est t�nue

entre encourager la libre expression des convictions

et tenir bon sur le niveau d'enseignement

puisque c'est Berkeley.

Je n'avais jamais vu personne activer l'alerte incendie.

C'�tait le fait d'une minorit�.

Il suffit d'une seule personne

dans 3 b�timents en 20 minutes...

C'est tr�s contrariant.

Je ne sais pas ce qu'il faudrait

pour que ces �tudiants comprennent...

C'est un crime, on ne joue pas avec ces choses-l�.

Tirer l'alarme incendie n'est pas manifester,

c'est mettre en p�ril la s�curit� des gens.

Actionner l'alarme incendie, c'est pas rien.

Comment faire pour que �a ne se reproduise pas ?

Sans police partout.

Mon souci principal est que

s'il y avait eu un incendie en ville n�cessitant notre aide,

certains auraient pu tout perdre � cause de cette fausse alarme

et nous en aurions �t� responsables.

On �tait plut�t de leur c�t�,

mais la plupart des gens ne sont plus du c�t� des manifestants.

Alors qu'en principe, ils luttent pour nous.

Mais � pr�sent, on entend les gens dire

qu'ils ne soutiennent plus le mouvement.

Leur liste de revendications !

�a partait dans tous les sens.

Dans les ann�es 60 et 70, c'�tait centr�

sur la libert� d'expression.

Ou alors sur les Droits civiques.

L�, �a parlait de baisser les frais de scolarit�,

d'assurer la retraite des ouvriers,

de baisser la retraite des cadres...

une liste interminable.

�a devient tr�s difficile

d'int�resser les �tudiants au mouvement

parce que la liste s'allonge sans arr�t.

Plus elle s'allonge, moins les gens s'y retrouvent.

"D'accord sur les points A, C et F, mais pas G ni le reste".

C'est ce qui s'est pass�. C'est le d�sordre,

et tout le monde a son id�e pour la manif du semestre.

Ils disent que l'an pass�, les manifs ont pay�.

�a a oblig� les politiciens de l'�tat � agir.

Pourriez-vous nous en parler ?

Ils citent des D�mocrates de l'�tat :

"Les manifestations de l'an pass�

"nous ont mis sur la sellette

"et on a d� r�tablir la subvention."

Pouvez-vous nous parler de l'efficience...

Si �a a �t� utile � vos yeux,

ou si c'�tait le r�sultat d'un lobbying plus classique.

Je ne sais pas si c'est exact.

Tant que les manifs se font ici,

l'�tat ne s'en inqui�te pas. �a ne le g�ne pas.

L'an pass�, �a a beaucoup focalis� l'attention,

c'�tait difficile de l'ignorer.

Mais � part les manifs, toute l'Universit� les attaquait...

"J'ai re�u des lettres de Berkeley,

"j'ai des lettres du pr�sident, des autres campus,

"pour que les �lus d�fendent l'enseignement."

Quel politicien se risquera � dire

qu'il pousse au d�mant�lement de l'enseignement en Californie ?

Ne serait-ce que pour garantir son avenir politique...

Il est de bonne politique de le mettre

au cr�dit des manifestations.

Mais plusieurs facteurs diff�rents ont jou�.

D�s qu'on saura

que nous ouvrons des places en plus � l'international,

les inscriptions vont exploser. Surtout en Asie.

Si j'en juge par mon voyage � Beijing et Hong Kong.

Entre la cl�ture des admissions

et le bouclage des dossiers, on a fait des conf�rences.

Des tas de jeunes sont venus avec leurs parents.

Leur niveau de pr�paration et d'enthousiasme

est impressionnant.

Nous en verrons d'autres se pr�senter.

Il y aura du bouche � oreille, ce qui est l'id�al.

Il y a 2 ans, j'ai fait un webcast

� Nankin,

qui a touch� 10 millions de foyers.

On a re�u 1000 inscriptions chinoises de plus,

et la tendance s'est maintenue.

La couverture m�diatique de nos voyages

est incroyable.

On a �t� en Chine, � Taiwan, en Cor�e et � Hong Kong.

On envisage l'Afrique du Sud

� l'occasion d'un forum du D�partement d'�tat

auquel participeront 40 �tats africains.

Nous diversifions nos efforts de recrutement,

et nous aurons s�rement de bons retours dans ces r�gions.

Nous pr�parons le cycle Moyen Orient

avec les gens des sessions d'�t� et des post-dipl�mes.

Ils vont travailler sur environ 30 pays.

Il y a 3 ans, nous n'aurions pas cru que nous ferions �a.

C'est une �tape dans la globalisation des admissions.

Il commence par : "Venez, Madame. Rien d'autre ne m'est possible.

"Avant la besogne, la besogne me d�vore.

"L'ennemi ayant l'ennemi en vue se lasse de rester en position

"sans bataille."

Nous voyons ici une r�p�tition dans le vers.

"Besogne" et "ennemi".

La note explique la connotation sexuelle

de "la besogne me d�vore."

"Avant la besogne" est "avant l'acte sexuel".

Je besogne, le d�sir me tourmente.

Le d�sir est une sorte de besogne.

La m�taphore revient � la fin du po�me

avec un int�ressant glissement de sexe.

"L'ennemi souvent ayant l'ennemi en vue."

Ici, John Donne fait une chose importante pour la logique du po�me.

"Ennemi" et "ennemi" sont l'homme et la femme,

exprim�s par le m�me mot.

Ils sont interchangeables.

Ici, le sexe est une bataille.

Celui qui "reste debout" est las.

Repensez � l'expression

"Un p�nis dress� n'a pas de conscience."

C'est ce que d�signe ce "debout".

Il n'en peut plus de rester l� avec la femme en vue.

Il besogne de d�sir en attendant qu'elle vienne au lit

pour qu'il la besogne.

Il ouvre sur ce jeu de m�taphores

et nous met en mesure

de comprendre de quoi le po�me parle.

Il va jouer avec nos attentes.

Nous nous attendons � un po�me sexuel,

mais il s'agira aussi d'autre chose.

Section suivante, 5e vers.

Une section qu'on peut dire "de l'imp�ratif".

On y trouve une s�rie d'imp�ratifs, comme :

"Au diable ta ceinture". �te ta ceinture.

"D�grafe, d�noue, au diable, montre, marche",

"permets" et "dirige".

C'est l� que l'amant soumis

dit � l'amante qui le dominait : "D�shabille-toi".

L'imp�ratif implique un autre rapport de pouvoir.

Il lui ordonne de se d�shabiller.

Il subvertit le mod�le de femme de l'amour courtois.

Quand la dame est nue, il passe � la langue du sacr�.

Voyez le vers 17.

Il lui a dit d'�ter tous ses habits.

J'aimerais pouvoir d�tailler les m�taphores,

parce qu'elles sont subtiles.

Regardez d�j� le vers 9.

"D�fais ces lacets dont le son harmonieux

"me dit qu'a sonn� l'heure de ton lit."

Le son que font les lacets d�nou�s

est comme la sonnerie d'une horloge :

c'est l'heure du lit.

Je me d�shabille, c'est l'heure d'aller au lit.

Voyez le vers 17.

"�te ces souliers et marche

"vers le v�n�rable temple de l'amour, ce doux lit."

Le lit comme temple.

Ici, Donne implique que le sexe est une activit� sacr�e.

Serons-nous sur d'autres plan�tes dans 1000 ans ?

Pas facile de pr�dire l'avenir.

Comme dirait Jean-Claude Van Damme.

J'ai oubli� l'aphorisme exact.

Nos avanc�es technologiques sont exponentielles,

et je vous ai d�j� racont�

ma vie quand j'avais votre �ge.

Ce n'�tait pas comme aujourd'hui.

Le t�l�phone portable �tait inconnu.

Mais aller sur d'autres plan�tes, c'est difficile.

L'�nergie requise est �norme.

� la fin du cours, je d�couvrirai...

J'aborderai la faisabilit� du voyage interstellaire.

Et par exemple, pour atteindre Sirius,

� 8,7 ann�es-lumi�re de la Terre...

Dans une fus�e ayant une vitesse

de 11 kilom�tres par seconde,

�a prendrait 240 000 ans.

Ni vous ni moi ne le ferons.

Les machines qui nous remplaceront, peut-�tre.

Ou un �norme vaisseau spatial avec une colonie autosuffisante

qui produit et g�re ses d�chets.

240 000 ans,

ce sont 10 000 g�n�rations. Une g�n�ration, c'est 24 ans.

Imaginez dans 10000 g�n�rations. Ils quittent la Terre,

ce sont les pionniers, ce sont eux qui partent.

Le ferons-nous dans 1000 ans ? J'en doute.

Le ferons-nous ? Si nous survivons, peut-�tre.

Pas s�r. C'est pas �vident.

Tout le monde est en place ?

Sous-titres : Marie-Pierre Duhamel Muller

Sous-titrage : C.M.C.

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