All language subtitles for Paris.Police.1905.S02.E02.2022.WEB-DL.1080p.ExKinoRay_Subtitles02.FRE

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Original subtitles

-Syphilis secondaire,

in utero.

Si la mère est saine et le père porteur, l'enfant naît malade.

Il vivra quelques heures ou quelques mois, c'est selon.

Celui-ci...

Celui-ci n'avait aucune chance.

Vous avez vu les marques ?

Musique sombre

C'est dangereux de manipuler un corps atteint.

Le germe peut être transmis.

J'adore mon métier, mais pas tous les jours.

-Nos agents ont suivi la consigne, monsieur.

Cette prostituée a été arrêtée au cours d'une rafle

que vous avez ordonnée.

-Vos agents se sont comportés comme des abrutis.

Un enfant est mort. Il y aura des conséquences.

-C'est leur parole contre celle d'une prostituée.

-Confirmée par un inspecteur et une soeur de Marie Joseph.

-Ils seraient bien avisés d'écouter leur hiérarchie.

Pourquoi faire un scandale ?

L'enfant était condamné. Syphilis. Dieu soit loué.

Il serait mort, de toute façon.

Alors, où est l'affaire ?

-Vous pouvez disposer, Fondari.

Fondari s'éloigne.

La porte s'ouvre et se referme.

Brouhaha

-Votre enfant a été examiné.

-Sylvain.

Il s'appelait Sylvain.

-Il a relevé certaines marques indiquant

que votre fils avait la syphilis.

Ca n'excuse pas le comportement des agents.

-Il serait mort, de toute façon.

C'est ce qu'ils diront, non ?

-Oui.

-Il était malade parce que sa mère est une putain.

C'est de ma faute. -Vous êtes encartée

depuis 12 mois. Votre dossier dit que vous êtes saine.

Vous avez passé vos visites. Vous n'avez pas de symptômes.

Vous saviez que vous étiez malade ?

Musique douce

-Je l'ai su à sa naissance.

Sylvain avait des marques.

-J'ai vu.

-Je l'ai amené ici.

Je l'ai montré aux soeurs du dépôt.

Elles ont du métier, les soeurs.

Elles ont proposé de nous garder à Saint-Lazare.

-Vous avez refusé. -J'étais pas obligée.

Pas contagieuse.

Saine.

-Il aurait pu recevoir des soins.

-Des soins ?

Musique émouvante

Il avait pas beaucoup de temps.

Alors, pourquoi l'enfermer ?

Dehors, j'ai pu...

lui donner mon lait.

Je l'ai promené.

Je lui ai montré le ciel,

les étoiles.

Il aurait rien pu voir, en prison.

-Vous saviez qui était le père ?

Voix au loin

-Il avait beaucoup de pères.

Brouhaha

La mère supérieure m'a convoquée au sujet de cette affaire.

Je ne devais pas vous parler.

J'aurais dû m'adresser aux moeurs.

-On ne vous demandera pas de mentir.

D'avoir un trou de mémoire, peut-être.

-Jouin ?

Guichard, police des moeurs.

J'ai un message pour vous

de la part du commissaire Fondari.

-Je vous écoute.

Les trois abrutis qui ont arrêté cette femme,

on peut pas les sanctionner.

On va pas les oublier. Le mois prochain,

dans trois mois, séparément, sans bruit,

ils seront renvoyés.

C'est une promesse.

-Ils méritent autre chose. -Oui, je suis bien d'accord.

C'est tout ce qu'on peut faire.

Guichard chantonne.

-Votre rapport...

mentionne l'attitude des officiers des Moeurs.

-Ils ne se sont pas occupés du fils de cette femme.

Elle a dit qu'il était malade.

-L'enfant serait mort. -Ils ne le savaient pas.

Si vous persistez dans vos accusations,

vous m'embarrasserez, moi,

pas les Moeurs.

-Dois-je modifier mon rapport ?

-Non, ce serait illégal.

Vous n'êtes pas obligé de le crier sur les toits.

-Et la mère ?

-Elle sera traitée selon la procédure.

Ni plus, ni moins.

Brouhaha Musique intrigante

Sonnerie de téléphone

-Cabinet Weidmann & Chauvin.

*-Jeanne, c'est moi.

*S'il te plaît, raccroche pas.

-Que veux-tu ?

-J'ai une cliente pour toi.

Rosalie Dantremont.

-Plusieurs appels, monsieur. Le Figaro, Le Matin, La Croix...

Tous demandent un commentaire concernant l'affaire Dantremont.

-Si vous ne dites rien, le scandale va enfler.

-Pour dire quoi ?

-Que la préfecture a fait son devoir, comme d'habitude.

La mère est fautive. L'enfant était malade du fait de son vice.

Elle a refusé qu'il soit soigné et elle l'a laissé.

-Que celle qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.

-Doit-on convoquer la presse ?

-Naturellement.

Musique douce

-Vous avez pour père le diable,

et vous voulez accomplir ses désirs.

Votre mère les gênait.

Ils se sont débarrassés d'elle.

Par la prière, la vérité vous sera révélée.

Une cloche sonne.

(-Par la prière, la vérité vous sera révélée.)

J'étais une amie de votre mère.

-Vous m'avez écrit ?

Jean, chapitre 8, verset 44.

-Marguerite Steinheil.

Vous connaissez ?

On la surnomme Pompe Funèbre. Vous savez pourquoi ?

Une femme redoutable.

Elle séduit le préfet,

le préfet devient veuf.

Ca ne vous étonne pas ?

Je ne nie pas que mon père connaît les Steinheil.

Il connaît toutes sortes de gens. C'est le prix de sa fonction.

Il n'y a que vous qui sortez de nulle part.

Les policiers qui m'accompagnent sauront bien vous identifier.

Musique inquiétante

Une amie de ma mère ?

Vraiment ?

Soupir Musique calme

Elle souffle.

Gémissement de douleur

Soupir soulagé

-Maman ?

(-Oui ?)

-Je peux jamais assister au vernissage.

-C'est une épreuve pour ton père, tu sais.

Il y a les commentaires,

il ignore ce qu'il va vendre. Elle s'exclame.

-T'as vu ses formes ? (-Oh ! Arrête. C'est une enfant.)

-Promène-toi plus souvent

avec elle. Les hommes se retournent.

Tu vois rien, tu penses que c'est pour toi.

C'est elle qu'ils regardent.

Musique inquiétante

Sonnette

-Je t'ai vu.

Tu as rempli la caisse.

-J'ai le droit de t'aider, non ?

-Si seulement on en avait pas besoin.

-Ca viendra.

Il faut du temps pour qu'une affaire démarre.

-Ca fait 5 ans.

T'es au service de cette garce.

-Je suis pas à son service.

Elle appelle, tu accours. Ou tu envoies ton fils.

Qu'est-ce qu'il voit ?

Il voit comment vivent les bourgeois. Ca lui fait pas envie.

Moi, en tout cas,

je suis bien chez moi.

-Un jour, elle demandera quelque chose que tu ne peux pas faire,

que tu ne dois pas faire.

Tu arriveras à refuser ?

-Tu sais bien que oui.

-Arrête.

-Attention !

Mademoiselle est prête à sortir dans le monde.

Elle acquiesce.

-C'est très bien.

-Tu es déçue ?

-Pas du tout. Tu es très belle, ma chérie.

Je préfère la verte.

Marguerite s'éloigne.

Où allez-vous ?

-Au bois. Peindre.

-Par ce froid ?

-J'ai pris mes mitaines, je vous remercie.

Ne m'attendez pas,

j'emporte un casse-croûte.

Musique triste

-J'ai 44 ans.

Je suis en bonne santé, de façon générale.

Sans vouloir me vanter, je suis ce qu'on appelle un type solide.

Un petit rhume chaque hiver.

-Pourquoi vous grattez-vous la poitrine ?

-Je ne sais pas.

J'ai des démangeaisons.

-Montrez-moi.

Depuis quand avez-vous cette éruption ?

-Je ne sais pas.

Elle apparaît, disparaît.

-Quand l'avez-vous remarquée ? Quelle que soit la partie du corps.

-Je ne sais plus.

-On demande pas une date précise. -Je ne sais pas.

Je dirais 5 ou 6 mois.

C'est grave ?

-Je vais devoir vous poser des questions personnelles.

-Je vous en prie.

-Vous êtes marié ? Adolphe acquiesce.

-Des enfants ? -Une fille.

-Etes-vous à l'aise, financièrement ?

-Oui.

Dans une certaine mesure. -C'est bien.

Avez-vous déjà eu une plaie sur la verge ?

-Pardon ?

-Avez-vous déjà eu une plaie sur la verge ?

-Non.

-Vous êtes bien sûr ?

Même pas une petite, de la taille d'une tête d'épingle ?

-C'est possible. Ca ne m'a pas tracassé.

-Elle a disparu ? -Oui.

-Et quelques mois plus tard,

vous avez eu une éruption ? -Oui.

-Avant ça,

avez-vous eu des rapports avec une autre personne ?

Petit rire gêné

Votre réponse ne sera pas répétée.

-Oui.

-Vous buvez ? -Modérément.

-C'est bien. Continuez.

Etes-vous sujet

à des changements d'humeur ? -Comme tout le monde.

-Quelle est votre profession ?

-Je suis peintre.

-Quelque chose a changé dans votre art ?

Vos mouvements, votre technique ?

-Oui.

Oui, j'ai...

J'ai fait des progrès.

C'est pas tant la technique,

mais l'inspiration,

les visions,

l'émotion au-delà de l'apparence.

-Vous sentez mes doigts ? Il acquiesce.

Savez-vous quelle partie du cerveau je touche ?

-Je l'ai su, mais...

-Le cervelet.

C'est le centre qui coordonne

ou paralyse le cerveau.

Pour faire simple, il dirige le reste de la cervelle

et il l'empêche de faire l'imbécile.

Et vous avez

le cervelet atteint par la syphilis.

Sanglots

Gémissements

-Qu'est-ce qui va m'arriver ?

-Ce qui vous arrive déjà.

Vos perceptions et vos mouvements sont altérés.

Et petit à petit, vous allez souffrir d'ataxie...

-Ata-quoi ? -Ataxie.

Paralysie. Vous aurez peut-être

même aussi des hallucinations.

Profitez-en,

tant que vous pouvez peindre.

-Combien de temps ?

-5 ans, 20 ans, 6 mois. Il n'y a pas de règles.

Musique lugubre

-Combien vous dois-je, docteur ?

-Rien.

Non, je suis sérieux.

Vous me devez rien. Il y a rien à faire.

Cependant, monsieur, il faudra que je voie votre épouse.

-Non.

Ma femme ne risque rien.

-Certaines promesses sont difficiles à tenir.

-Je ne la touche jamais.

Une fois par an, même pas.

-Vous n'avez eu aucun rapport au cours des six derniers mois ?

-Aucun.

Je serais pas allé voir ailleurs si...

Elle ne doit pas savoir.

Je peux m'engager par écrit, s'il le faut.

-Je soussigné,

Adolphe Steinheil,

m'engage sur l'honneur...

m'engage sur l'honneur

à m'astreindre

à un régime de chasteté...

un régime de chasteté,

tant que je n'aurais pas reçu

l'avis contraire

de mon médecin, le docteur Verlot.

Signature.

A défaut du mal, traitons les symptômes.

Ces éruptions cutanées sont une variété d'eczéma.

Je vous prescris une lotion.

Elle contient de l'arsenic, à dose très faible.

Ah ! Et elle sent très légèrement,

mais ce n'est pas désagréable.

Dites que vous avez changé de parfum.

-J'ai changé de parfum.

Brouhaha de la rue

-La syphilis est un mal effroyable,

qui prend toutes les formes :

épilepsie, rachitisme, ataxie, démence...

Ce fléau ne frappe pas seulement les pécheurs et les dépravés,

mais aussi les innocents qui les côtoient.

Docteur, quelques chiffres.

-80 000 adultes meurent

chaque année en France.

70 000 avortements avant terme. 20 000 enfants

contaminés dès le sein de leur mère,

emportés l'année de leur naissance.

-Le fils

de Rosalie Dantremont était de ceux-là.

Cris de femmes

Syphilis et prostitution...

Deux plaies sanitaires et sociales qu'on ne peut pas guérir.

La seule ambition réaliste est d'endiguer leur propagation.

La procédure n'est pas secrète.

-Suivante !

-L'agent des Moeurs constate le délit de racolage

et appréhende la fautive,

qui est conduite au dispensaire pour y subir un examen de santé.

Les médecins du dispensaire,

les agents des Moeurs

et les soeurs de Marie Joseph

s'acquittent de leur besogne avec conscience et dévouement.

C'est une calomnie de prétendre le contraire.

Voix mêlées

-M. le préfet !

Monsieur !

S'il vous plaît.

-Mme Bertin, présidente du Comité de la bonne presse.

-Que comptez-vous faire de cette créature ?

-Docteur.

Cette femme ne présente aucun symptôme.

En l'absence de plaie ou de chancre, elle n'est pas contagieuse.

-Oserez-vous la libérer ?

-Sa santé physique et mentale nécessite

qu'elle soit placée sous surveillance.

Le service médical

de Saint-Lazare, assisté par les soeurs de Marie Joseph,

la prendra en charge.

Je vous remercie.

Voix mêlées Musique sombre

-Eh bien, Guichard, vous la reconnaissez ?

-La police des moeurs est une usine à saletés.

Dès qu'on s'approche, ça éclabousse. C'est un état de fait

et aucun scandale n'y changera rien.

-Bien, monsieur.

Bon. Qu'est-ce que vous avez trafiqué avec ce mort du bois ?

L'inspecteur Quemener s'est plaint.

Il dit qu'il vous a vu violer son cadavre.

Propos indistincts

-J'ai pris

sa température.

-Pour le choquer ?

-La température du cadavre,

pas celle de Quemener.

-Vous savez pas commander. Vous pataugez. C'est triste à voir.

Pas d'identité. L'instruction n'est pas ouverte.

On l'a tué, ce bonhomme ?

-Nos experts en débattent. Ils ne sont pas d'accord.

-C'est un meurtre.

-Faux. Suicide.

-Ridicule ! J'exige une reconstitution.

-Si ça l'amuse.

-Demain, 16 heures.

-15 heures tapantes.

Achetez la presse !

Monsieur, la presse !

Messieurs, la presse.

Cinq centimes, messieurs.

Noël mortel : le vice d'une mère, la mort d'un fils !

Achetez la presse ! La presse, messieurs !

Brouhaha de la rue Musique intrigante

-Rosalie Dantremont.

Nous sommes au courant. Que pouvons-nous faire ?

-La sortir de Saint-Lazare.

-Elle est malade.

Sa liberté dépend de l'avis d'un médecin.

Détention administrative, raisons sanitaires...

C'est la beauté du système.

-Vous avez parlé au préfet, je suppose ?

Le seul élément qui permettrait d'accuser ces trois agents,

c'est votre rapport.

En nous donnant une copie,

vous commettez déjà une faute.

En témoignant, vous commettrez une trahison.

Vous aimez votre métier ?

-Il ne témoignera pas,

on le sait bien.

-Je me contrefous de ces ordures. Je voudrais qu'on l'aide.

-Pourquoi elle plutôt qu'une autre ? -J'avais compris

que vous défendiez certaines causes. Votre associée est

une abolitionniste notoire.

J'ai dû me tromper. -On représente des prostituées.

Nous essayons parfois d'obtenir qu'une fille soit radiée,

qu'elle retourne à la vie normale.

Combien de demandes en cours ? -37.

-Combien ont été

acceptées, l'an dernier ? -2.

-Allez quand même la voir. -Nous irons, inspecteur.

Nous irons. Me Chauvin visite Saint-Lazare chaque semaine.

Elle rajoutera un nom à sa liste.

Bonne fin de journée.

-Joli chapeau.

Un bébé pleure.

(-T'es en retard.)

(Le père Fleury est là.)

-Pourquoi ? (-Le baptême.)

-Bonsoir.

-Bonsoir, mon père.

-Assieds-toi.

Nous avons pensé au 21 février.

-C'est parfait.

-Cécile me disait que... -Mme Jouin.

-Le père Fleury m'a vue grandir, Antoine.

-Tu n'es plus une enfant.

-Bien sûr.

Pardon pour ma familiarité.

Mme Jouin disait que vous avez été élevé dans la foi catholique.

-J'ai grandi dans un orphelinat où l'on n'avait pas

le choix de la religion.

-Vous êtes baptisé ? -Oui.

J'ai fait ma 1re communion.

-Mais pas la confirmation ?

La congrégation de Saint-Joseph a été expulsée en 1884. J'avais 9 ans.

-Je vois.

-Les enfants ont été placés.

Je suis tombé sur un instituteur, M. Giroud.

Le genre laïc, bouffeur de curé.

-Antoine !

-Tout va bien, Cécile. Tout va bien.

J'en ai entendu d'autres.

J'en déduis que vous n'êtes pas pratiquant.

Vous croyez en notre seigneur Jésus-Christ ?

-Je dois dire oui pour qu'elle soit baptisée.

-Répondez comme bon vous semble.

Oui. Non. Ca dépend des jours.

-Ca dépend des jours.

Musique douce

-C'est normal de douter.

Il y a plus de foi dans un seul doute honnête

que dans tous les dogmes.

-Vous êtes un bon prêtre.

Quitte à la faire baptiser, je suis content que ce soit vous.

-Bonsoir.

-Ca s'est bien passé.

La petite pleure.

-Tu as fait des esquisses ?

Je peux voir ? -Non !

Non.

Je voudrais revenir dessus. Je suis pas très content de moi.

Les délais,

le manque de temps...

On devrait pas travailler de cette façon.

-J'aime bien celui-ci.

-C'est juste un arbre mort.

Musique mystérieuse

-Non.

C'est une porte.

-Qui donne sur quoi ?

-Un royaume.

-Je crois que je le vendrai pas.

Trop triste.

-Tant mieux.

On le gardera.

Tu as changé de parfum ?

-Oui.

J'innove.

Elle acquiesce.

Tu aimes ?

-J'aurais voulu

être là, mercredi.

-La prochaine fois.

Promis.

Bonne nuit.

Coups d'avertisseur sonore

Léger brouhaha

Hennissement

Léger brouhaha

-Il est donc 15h05.

Ceci est une reconstitution officielle

visant à trouver les causes de la mort d'un inconnu

retrouvé le 24 décembre 1904.

Sont présents : le commissaire Cochefert,

l'inspecteur Jouin, le juge d'instruction Boucard et...

-Soyons réalistes. Le cheval est mort. La science l'a tué.

C'est la loi de Darwin.

-Ainsi que le célèbre professeur Bertillon.

-En tout cas,

je ne me lancerais pas dans le commerce d'avoine.

-On peut commencer ?

-Je vous en prie. -J'ai une question.

C'était un pédéraste ?

-L'état des muqueuses anales ne laisse aucun doute à ce sujet.

-Procédez, procédez.

-Nous disons donc suicide.

Premier impact :

la tempe.

Hésitation. Il relève le canon au dernier moment.

Notez le sang dans l'oreille. Tympan éclaté. Désorientation.

Il recommence et vise plus bas.

Trop bas. La mâchoire. Les dents.

Il tombe à genoux.

Il n'en revient pas d'être encore en vie.

Si cela ne marche pas sur le côté,

il essaye par la face. Il ne parvient pas

à y aller franchement. Troisième impact : l'orbite gauche.

Il est borgne et sourd, mais toujours pas mort.

Il gémit.

Dernière chance :

il enfonce l'arme dans sa bouche.

La 4e balle pénètre dans le palais et ressort par l'arrière du crâne.

C'est la bonne.

-Ridicule !

Je sais ce que vous êtes en train de faire.

On déclare un suicide et on classe l'affaire.

Eh bien, je vais vous montrer.

Bournazel, venez ici !

Allez-y.

Non, mais bougez, vous. Vous... Vous êtes gênants. Voilà.

Alors, vous êtes la victime. Je suis l'assassin.

On marche tous les deux.

Voyez, comme ceci, dans le bois de Boulogne, le soir.

On parle de choses et d'autres. Voyez, un peu à la sans-façon.

Et là, je sors mon arme. J'attaque par surprise.

Mais vous déviez le coup.

Déviez-le. -De quelle main ?

-On s'en moque ! Allez-y.

Pan ! Premier tir raté.

Alors, nous luttons.

Nous luttons.

Petits gémissements

Je tire encore. Crac !

La mâchoire ! Alors, vous tombez.

Je tombe avec.

Mais vous luttez encore ! Allez-y, luttez.

Allez ! Mais allez ! Luttez, bon sang.

Allez !

Mais...

Doucement, vous êtes blessé.

Et de trois ! Crac ! Dans l'oeil.

Vous êtes renversé.

Cette fois, je vous tiens.

J'utilise mon poids

pour vous immobiliser.

J'approche mon arme. Et là, c'est le coup fatal.

Mais ouvrez la bouche. Ouvrez la bouche.

Non, mais ouvrez-la.

Voilà. Maintenant, vous criez ! Criez.

Hurlement Pan !

Je t'ai eu, saligaud.

Et voilà !

Applaudissements

-Selon la reconstitution de Bertillon,

les deux hommes ont manipulé l'arme.

-Et que je pinaille ! Vous êtes juge et partie.

-Dactyloscopie sur l'arme ? -Juste les empreintes de la victime.

-Suicide ! Classé.

-C'est fréquent,

de voir des gens qui se ratent. Une tentative sur deux.

-Ce qui est rare, c'est la persévérance.

-Il a hésité. Il avait peur de mourir.

Mais il a recommencé encore, et encore, et encore, comme si...

comme s'il n'avait pas le choix.

-Il agissait sous la contrainte.

-Aucune trace de lutte. Et c'est lui qui tenait l'arme.

-De toute façon, c'était un pédéraste.

Il a pris conscience de sa monstruosité.

Il a tiré des conclusions évidentes.

Je ne vois pas où est le mystère.

Coup d'avertisseur ininterrompu

Brouhaha et avertisseur sonore

-Maman ! Maman !

-Ecartez-vous, messieurs.

Gémissement

-Poussez-vous !

Professeur, je vous tiens. Ca va aller.

Bertillon gémit.

Voix mêlées

-Appelez ma femme. Dites-lui que je l'aime.

Hennissement

Le cheval gémit.

-Il faut l'achever. Il souffre.

-Hein ?

-Je parle du cheval.

Hennissement

Vous avez une arme ?

-Je peux vous prêter un couteau.

-On a un fusil dans la cahute des gardiens.

-Allez le chercher.

-Pas lui ! Je veux un vrai médecin.

-Attendez ! -Me touchez pas. Je suis pas mort.

Charlatan ! Imposteur !

Vous n'aurez pas mon corps !

-J'ai tout vu. C'est l'autre, avec sa machine infernale.

Il a failli renverser mon vélo. Et vlan ! Il percute l'attelage.

-Il faut vous soigner. -Non !

-Venez avec moi. -Non !

Le cheval hennit.

-Ne regardez pas, les enfants.

-Attention ! Pardon.

Gardien du bois, laissez passer.

Voilà, voilà.

-Allez-y, vous. -Non, pas moi.

-Non !

Non !

Bertillon crie.

-Faites-le taire.

Le cheval gémit. Musique dramatique

Cris de frayeur

-Le cheval est mort.

La science l'a tué.

-Cet attelage appartenait à la famille Montalembert.

Les enfants de la famille aimaient beaucoup ce cheval.

La préfecture va devoir dédommager.

La famille a aussi exigé la mise à pied de l'inspecteur Jouin.

J'ai refusé.

-Vous êtes un chat noir.

-Qu'est-ce que j'y peux ? -Rien.

Comment va Mme Jouin ?

-Elle aimerait que je change de service.

-Je peux vous envoyer aux Moeurs, visiter les bordels.

-Elle pensait plutôt à un commissariat, monsieur.

Un poste fixe dans un bon quartier.

-Vous y pensez sérieusement ? Vous iriez dans un quartier ?

Pourquoi pas en province ?

-Vous pouvez pas vous passer de moi.

-Si ça vous chante...

Enterrez-vous !

Enterrez-vous ! La police survivra.

L'affaire du bois est classée. Le juge attend votre rapport.

-Qui c'est ? Il avait peut-être une famille.

-Oui, c'est bien triste.

Rire

Raclements de gorge

Imitation d'un hennissement

Eclats de rire

Imitation d'un cheval

Rires

Fiersi rigole.

-T'es sérieux ? -Oui.

-Tu veux que moi, Joseph Fiersi, je sois le parrain de ta fille ?

-Si tu acceptes.

-T'as peu d'amis.

-Non.

Fiersi se racle la gorge.

-Comment elle s'appelle ?

Je te charrie.

Angèle ?

Fiersi débouche une bouteille.

Il sert à boire.

Angèle...

Cochefert sera là ? -Quand même, j'espère.

-Moi aussi.

C'est un honneur.

Et sinon,

le boulot ?

-Pas grand-chose.

Une tante à Boulogne.

-Raconte.

Musique tranquille

-Qu'est-ce qu'il voulait ?

-Que je sois le parrain de sa fille.

Elle acquiesce.

Musique douce

-Bonne soirée, Hector.

-Bonsoir, monsieur.

-16, impasse Ronsin, s'il vous plaît.

*-Marguerite Steinheil.

-Il paraît que vous avez des tableaux à me montrer.

-Oui. Oui, bien sûr.

C'est une série un peu hivernale, très mélancolique.

Elle vous plaira.

Le vernissage a lieu demain soir. *-Je ne suis pas libre.

*Je pourrai passer le lendemain. Si vous n'avez pas tout vendu,

*bien sûr.

-Ne vous inquiétez pas.

Il devrait rester quelques pièces.

-M. Steinheil sera là ?

-Non, hélas.

Mon mari est toujours épuisé après un vernissage.

Il aime bien se mettre au vert, prendre un peu de repos.

(J'ai hâte.)

-Moi aussi.

Musique inquiétante

Respiration haletante

Musique intrigante

Le bébé pleure.

-Ca va ?

Musique paisible

Musique angoissante

Musique intrigante

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