All language subtitles for janis.1974.fr

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Original subtitles

Dieu, offre-moi une Mercedes-Benz...

Mes amis ont des Porsches, je mérite compensation...

J'ai travaillé dur sans appui...

Dieu, offre-moi donc une Mercedes-Benz...

Dieu, offre-moi une télé couleur...

La fortune essaie de me trouver...

J'attendrai jusqu'à 3 heures...

Alors, Dieu, offre-moi une télé couleur...

Dieu, offre-moi une nuit en ville...

Je compte sur toi, me laisse pas tomber...

Montre-moi que tu m'aimes...

Dieu, offre-moi une nuit en ville...

Dieu, offre-moi une Mercedes-Benz...

Mes amis ont des Porsches, je mérite compensation...

J'ai travaillé dur sans appui...

Dieu, offre-moi une Mercedes-Benz...

Voilà!

Jouer, c'est...

ce qu'il y a de plus génial.

Sentir et comprendre les choses.

C'est génial.

J'ai dit... chéri...

C'est pas possible...

Pas possible... ça marche pas...

Ecoute, papa, il faut que tu saches...

Et j'ai dit...

Chéri, c'est pas possible...

Je t'en prie, chéri, je t'en prie...

J'ai besoin qu'on me dise pourquoi...

Qu'on me dise pourquoi...

L'amour est comme ça...

Comme un poids...

Et comme une chaîne...

Notre musique, on est dedans, on la sent, on l'aime, voilà!

Envoie-leur!

Je chantais des blues.

Comme Jimmy Swift.

Au base-ball, elle disait: "Envoie!".

Je chantais des folk blues...

Surtout de vieux blues, des slows.

Tu n'as pas été soudeuse?

- Non, pointeau? - Pour l'entraînement...

J'ai été serveuse dans un bowling.

"Deux Schlitz!"...

"Grouillez!"...

- Tu n'es pas d'ici? - Non, du Texas.

Port-Arthur, Texas.

Il y a des bowlings par là.

Assise à ma fenêtre...

A regarder la pluie...

Assise à ma fenêtre...

A regarder la pluie...

Quelque chose s'est emparé de moi...

Et c'était comme un poids et une chaîne...

Dis-moi pourquoi tout va si mal...

Pour les gens aussi, chéri...

Tu es née au Texas?

Oui, à Port-Arthur.

Tes parents t'ont encouragée à chanter?

Non, ils voulaient que je sois institutrice, comme tous les parents.

J'ai commencé à chanter à 17 ans.

D'abord, j'ai écouté beaucoup de musique, puis j'ai chanté.

Et je savais chanter... une surprise!

Le mot est faible.

Tu as découvert le blues à quel âge?

Vers 14 ans, je crois.

Ton premier disque de blues, c'était quoi?

Un "Leadbelly". Tu connais?

J'écoutais des tas de Leadbelly.

Je me rappelle plus lequel exactement, mais c'en était un.

Puis tu es allée à San Francisco?

Oui, en 1963, à peu près.

J'en avais marre du Texas et je suis allée en Californie.

Là-bas, on est plus libre et on peut...

faire ce qu'on veut. On vous casse pas les pieds.

Es-tu retournée à Port-Arthur?

Une seule fois. C'est un sale bled, j'irai plus.

Non, c'est pas bien.

Quand t'es-tu mise avec "Big Brother & the Holding Company"?

En 66... l'été 66.

C'était nos débuts, on se marrait bien.

Comment les as-tu connus?

Par un ami... du Texas.

J'étais allée d'Austin à San Francisco en auto-stop avec lui.

Il s'appelle Chet Helms, plus tard il a lancé des danseurs à San Francisco.

Il s'occupait de "Big Brother", on s'était connus au Texas.

Il m'a fait venir dans le groupe.

C'est arrivé comme ça.

Après lui, tu as eu un autre imprésario.

Albert Grossman, qui s'occupe aussi de Bob Dylan.

Il est meilleur.

Comment as-tu connu Grossman?

On jouait au Festival Pop de Monterey.

On avait un autre agent qui valait rien.

J'ai rencontré Grossman à ce festival. C'était filmé, on avait des problèmes...

et je l'ai rencontré en essayant d'arranger les choses.

Tu peux expliquer ta popularité?

J'croyais que t'avais trouvé une chic fille...

Qui t'aimerait et te donnerait le monde...

Et tu t'es aperçu que tu t'étais gourré...

Viens à moi, je veux ton amour...

Raconte tout à maman...

Dis à maman ce que tu cherches...

Dis à maman ce que tu veux...

Elle te comprenait pas, chéri...

Ça ne valait pas le temps passé...

Il paraît qu'on a volé tous tes habits...

Et je te le dirai sûrement...

Quand tu te sens seul, et je pense que ça arrive à tout le monde...

C'est sûr, ça arrive à tout le monde...

Je crois que si tu es une vraie femme...

Tu dois savoir ce que tu désires...

Tu dois savoir ce que tu cherches...

Moi, je l'ai su à 14 ans...

Et je cherche toujours, d'ailleurs...

Mais quand tu n'es qu'un jeune matou...

De 17 ans à peine et haut comme ça...

Oui, t'es un jeune matou qui n'a pas encore compris...

Je vais te dire de quoi t'as besoin...

Quand de drôles d'idées te viennent en tête...

Et que tu te sens tout drôle...

Je vais te dire de quoi t'as besoin...

D'une douce petite maman...

D'une douce maman qui te parle...

On pénètre en soi.

Comme quand on fait l'amour.

On attend le moment suprême.

Ça se passe toujours comme ça, tu sais?

Avec mon chant, c'est pareil. Tu entres en toi-même...

et ça te remplit entièrement.

C'est profondément satisfaisant parce que c'est réel,

c'est pas seulement un masque, un numéro...

c'est... un moment avec soi-même.

Je sais, c'est peut-être vrai, chéri...

Que l'herbe semble toujours plus verte...

Dans le jardin du voisin...

Mais le bonheur t'attend chez toi...

Je te le jure...

J'avais un homme...

Qui disait: Mon chou...

Tu sais que je t'aime...

Mais je dois trouver ma voie...

Trouver ma voie en Afrique...

Ou... à New York... ou à Olema...

Quelque part où errent les matous, je ne sais pas trop où...

Il faut bien que j'aille quelque part...

Et je lui ai dit: Tu comprends pas...

Que tu vas chercher là-bas...

Comme un idiot, ce qui t'attend ici...

Et un matin tu t'éveilleras à... Casablanca...

Ou dans un autre endroit, crevant de froid...

Tu t'éveilleras en disant: Seigneur...

J'ai quitté cette femme... ce lit immense...

Sa couverture de fourrure et ses draps de soie...

Qu'est-ce que je fais à Casablanca?

Oui, un beau jour, le gars se dira ça...

Et quand il rentrera...

En bon "capricorne", je serai là à l'attendre...

Et je dirai: Baby, j'étais sûre...

Qu'un jour...

Tu me reviendrais...

Quand tu passeras la porte...

Je saurai d'après ton regard...

Il y a un an, j'avais un appartement à San Francisco,

j'habitais au 3e étage du petit immeuble.

Y avait deux pièces et un chien.

J'habitais au troisième.

Je me baladais en ville, j'avais deux paires de jeans,

des T-shirts et je me démerdais pas mal.

Dans les rues, je causais, je déconnais,

et quand je tombais sur un beau mec...

il se précipitait chez la nana du 2e.

Y avait une nana au 2e.

Je comprenais pas.

Je me disais: "Janis, qu'est-ce qui cloche?"

Un matin, je me suis levée...

pour voir faire la nana.

Et me rendre compte.

Je me suis levée à 9 h 30 du matin,

et dis-toi bien que c'est vachement dur, pour moi.

Je me suis cachée sur le palier de la nana.

Je l'ai observée pour voir ce qu'elle avait de plus que moi.

Et tu sais quoi?

Cette nana était dans la rue à midi...

et moi je me levais qu'à 3 heures!

Elle draguait déjà...

J'ai compris ce qu'il faut faire quand tu veux que ça marche...

et que t'y arrives pas, tu sais ce qu'il faut faire?

Donne-toi plus de mal.

Si t'en as besoin, si tu veux le mériter...

Travaille dur...

Donne-toi plus de peine...

Continue, pousse, vas-y!

Ma première invitée est l'une des plus extraordinaires chanteuses.

Des accessoiristes vont tenir le toit pendant son numéro.

Si vous n'avez jamais vu Janis Joplin, la voici.

Tu dis que c'est fini...

Tu dis que c'est fini, chéri...

Mais tu restes là, pourquoi tu ne bouges pas?

Tu sais que j'ai besoin d'un homme...

Quand je te le demande tu me dis que tu crois pouvoir...

Dommage que tu ne te sois pas donnée à fond.

- Cette ballade ira... - Plus tard.

On te convaincra peut-être.

Après ton numéro t'as besoin de repos.

Tu t'effondres, parfois, à la fin?

Non, je suis tellement lancée

que je peux à peine m'arrêter, j'ai envie de continuer.

Ton moteur est emballé.

A peu près.

Je connais les expressions hippies.

Moteur emballé.

T'es un vrai "swinger", je le vois à tes chaussures...

Bonnes pour mon grand-père.

J'ai eu un problème la semaine dernière...

on avait débuté avec un autre air.

- Je me suis déchiré un muscle. - J'en ai entendu parler.

Tu t'es déchiré un muscle près du Maryland.

C'était plus près que ça!

J'ai chanté comme ça pendant 40 minutes.

Comment se déchire-t-on un muscle en chantant?

J'ai fait comme ça.

Et tu t'es littéralement déchiré un muscle?

Oui, et ça fait mal!

Tu l'as senti?

Comment ça s'appelle? Quel diagnostic?

Je suis montée dans une ambulance

qui a grillé tous les feux rouges jusqu'à l'hôpital,

et je suis restée 45 minutes sur une table avant d'être examinée.

Le type me tâte pendant 30 minutes. "Vous vous êtes déchiré un muscle."

Et tu le savais en entrant!

J'aurais pu aller me coucher!

- Qu'ont-ils fait? - Ils m'ont dit de ne pas bouger.

Je voudrais t'interroger sur ta dernière chanson.

Tu l'as écrite?

Celle qu'on vient de chanter...

Elle parle des hommes.

Des hommes?

Je n'entendais pas bien, le son était déformé.

T'as déjà vu des mulets traînant des chariots?

Y a un idiot de mulet, un grand bâton et une carotte qui pend.

On balance ça devant le nez du mulet et il court après toute la journée.

Et qui est l'homme? Le mulet,

ou celui qui tient la carotte?

Le mulet, c'est la femme qui poursuit ce qui la tourmente.

Et l'homme lui échappe toujours.

Ils promettent toujours plus qu'ils ne peuvent donner.

Je dois défendre le sexe masculin.

La charge m'en incombe.

Une lutte corps à corps. 2 contre 3.

Je l'espère.

Est-ce que tu t'installes le matin pour écrire une chanson, la composer?

Je n'écris pas mes chansons, je les invente.

Elles n'existent pas sur le papier?

Parfois j'écris les paroles pour me les rappeler...

mais les chansons, je les invente.

A quoi penses-tu en chantant? A ta chanson?

Ou ton esprit est-il ailleurs?

Ou rien de tout ça?

J'essaye plutôt de sentir.

Tu étais récemment dans la jungle brésilienne...

ou peut-être pas la jungle?

Ça puait drôlement. C'était pas la jungle.

Pas la jungle. Les villes. La ville puante.

J'ai été au Carnaval de Rio...

et j'ai décidé de visiter en stop le nord du Brésil.

Tu travaillais pas, tu étais en vacances.

Comme une beatnik sur la route...

Retournes-tu à Port-Arthur?

J'y retourne en août prochain. Et devine...

pourquoi j'y vais?

Pour la 10e réunion des anciennes élèves.

J'aimerais bien filmer tout ça...

Ça te plairait de venir?

J'ai pas tant d'amis parmi tes condisciples.

Moi non plus, vraiment pas.

- T'étais... une espèce de... - Voilà pourquoi j'y vais!

Tu suivais des cours de gestion d'entreprise, au collège?

- Que faisais-tu? Tu étais... - Je travaillais.

Tu t'occupais des cartes I.B.M.?

Pendant un temps.

Mais en classe, je faisais de la peinture, j'étais peintre, à l'époque.

T'auras beaucoup à dire à tes anciennes camarades?

Je vais bien rire.

Tu n'avais pas beaucoup d'amies, en classe?

Elles m'ont chassée de l'école, de la ville et de l'Etat en se riant de moi.

C'est pour ça que j'y vais.

Elles vont peut-être changer la date...

C'est vrai, je voulais pas leur dire.

Miss Joplin, comment trouvez-vous votre ville, depuis votre départ?

Fantastique. J'ai jamais autant ri qu'au Pelican, hier soir!

Sinon en Californie.

Vous aimez la Californie?

Amenez-vous tous en Californie, je vous paierai un verre!

Vous comptez revenir bientôt à Port-Arthur?

Pas dans l'immédiat...

Que pensez-vous de l'actuel Port-Arthur?

Ça s'est un peu libéralisé.

On voit beaucoup de cheveux longs,

du rock et donc on se drogue.

On y fait ce qu'on fait ailleurs.

On sort, on couche, on s'amuse!

Ça vous surprend?

Pas mal.

A votre avis, que cherchent les jeunes d'aujourd'hui?

25 mots maximum. Pour la radio.

La sincérité, l'amusement.

Les ont-ils trouvés?

Pour toi, j'en sais rien, papa!

Moi, je m'amuse bien.

Ils veulent plus qu'on leur mente,

mais qu'on tienne les promesses,

pas comme les politiciens et les parents.

Reviendrez-vous plus souvent?

Difficile à dire, j'aime San Francisco et on ne peut pas y être plus libre.

Inutile de venir ici pour le blues.

Je reviens assez souvent...

Environ tous les 2 ans.

Quel souvenir gardez-vous de Port-Arthur?

Je n'en ai...

Sans commentaire.

Faisiez-vous des spectacles, au collège?

Seulement dans les couloirs...

Non... je peignais.

J'étais une recluse, à cette époque.

J'ai changé.

Que s'est-il passé?

Je me suis libérée... chanter m'a fait sortir de moi.

Avec la peinture, on se renferme sur soi.

Quand on chante, on veut communiquer avec les gens... sortir...

et votre vie devient... un flot mouvant vers l'extérieur.

Etiez-vous très différente des autres?

Demandez-leur!

Ce sont elles qui vous ont rendue différente?

Etiez-vous différente au départ?

Je me sentais à part.

Alliez-vous aux matchs de football?

Je me rappelle plus.

Je crois pas.

J'allais pas aux fêtes du collège...

Vous étiez invitée?

Non.

Je crois pas qu'on voulait que je vienne.

J'en souffre encore!

Ça donne envie de chanter du blues!

Vous vous entendez avec vos parents?

Assez bien.

- Ils sont allés ailleurs? - Oui, à un mariage.

On s'entend assez bien.

Ont-ils été surpris de votre succès?

Oui, je crois.

Oui, je me rappelle quand j'étais gosse...

un docteur a dit à ma mère

que si je ne devenais pas "raisonnable",

je finirais en prison

ou chez les fous à 21 ans.

A 25 ans, à la sortie de mon 2e disque,

ma mère m'a envoyé un télégramme me félicitant

d'avoir échappé à la prison.

Non, ils avaient confiance en moi.

A leur avis, je m'étais laissée abusr.

Ils ignoraient que le monde changerait.

Ont-ils changé d'avis?

Je ne sais pas.

Ils disaient toujours que t'étais exceptionnelle.

Ma mère? Vraiment?

Elle me l'a jamais dit.

Vous tous écoutez ses disques?

Oui. On en avait trois mais on en a perdu deux.

On vous dépouille? Moi aussi. On m'a piqué tous mes disques.

J'avais des tas d'albums, on les a volés.

Vous voulez entendre de la vraie merde?

Voir comme certains sont dégueulasses?

II a été arrêté, en tournée, avec les "Animals".

A Vancouver, vous savez...

Ils l'ont arrêté, comme ça, dans sa chambre.

Il devait être jugé la semaine dernière.

Le 2e jour, je l'ai rencontré... avec son imprésario.

Il m'a dit: "J'te verrai pas demain, je vais à Vancouver",

et le lendemain, il était encore là.

"J'croyais que t'allais à Vancouver!"

"Non, mon imprésario n'a pas voulu."

"Tu veux pas payer la caution exigée

"pour l'affaire de drogue en Angleterre,

"ou plutôt au Canada qui fait partie de l'Angleterre?"

"Mon imprésario l'a décidé."

Son imprésario l'envoie pas à Vancouver

et en même temps il est viré et remplacé par un autre guitariste!

II a été foutu dehors parce qu'il n'avait pas de visa.

On l'a baisé et on veut qu'il joue ce soir

parce que l'autre guitariste n'est pas arrivé!

Et il va jouer!

C'est un vrai con!

Les gens sont dégueulasses...

vraiment dégueulasses...

Jouons "Summertime".

On l'a traité comme de la merde.

Il est même pas en colère, moi je suis furieuse!

Moi, j'ai pas pu dormir de la nuit.

Il faut reprendre ça.

Le deuxième accord majeur.

- A la fin de la chanson. - Le dernier accord?

Celui en sol mineur, tu le joues en majeur.

Ça ne va pas.

Elle dit "pleure" en sol majeur.

Elle est triste... elle chante en sol mineur.

Tu veux 6 mesures en sol mineur?

Ça passe en mineur 2 mesures plus tard.

Ça pourrait passer de mineur en majeur.

C'est déjà en majeur, il le veut en mineur.

Ecoutons...

T'es mignon quand t'es évanoui. Tu ressembles à...

Ça vous a plu?

Les deux sont valables,

mais si on pouvait... il est 10 h,

vers 4 h, on aura notre "Summertime".

Ça sera dur...

Disons que vers 12 ou 13 h,

on prend quelques heures pour respirer, d'accord?

Si vous êtes tous pour, O.K., bien que je sois pas d'accord.

Comme vous voudrez.

On n'améliorera rien de cette façon.

Je me suis creusé la tête pour cette chanson, et vous tous aussi...

Rejouons tous ces airs, on verra ce qu'on peut changer.

T'entendras seulement la partie vocale.

Par exemple...

écoute l'album de "Cream", quand Bruce chante...

t'entends pas la guitare,

t'entends seulement les voix!

Pour "Piece of my heart", c'est pareil.

S'il n'y a pas de fausses notes, ça ira.

J'ai l'impression de déranger.

Ne pars pas.

La folk music m'intéressait...

et par hasard, je me suis découvert cette forte voix.

J'ai chanté du blues parce que ça me plaisait...

Avec le groupe, on jouait à Austin, pour des consommations...

On jouait dans des clubs, pour rigoler, pas pour...

J'avais pas d'ambition. Je voulais pas faire carrière.

Elle est venue quand j'ai commencé à chanter.

C'était bizarre, je me suis mise avec un groupe parce que...

c'était les amis, mon univers, ma famile...

Je voulais pas être chanteuse.

C'est venu après.

C'est une chance, parce que je l'aurais jamais fait, autrement.

Et les gens de la petite ville du Texas,

comment ont-ils réagi en te voyant chanter du blues?

Pour eux, j'étais dingue. Ils ne m'aimaient pas.

Tu sais comment sont ces petites villes,

on doit se marier en quittant le collège, avoir des gosses et la boucler!

Comme j'ai rien fait de tout ça, ils ne m'ont pas encore comprise.

Je crois que la société bouge un peu...

mais elle bouge pas très vite.

Il y aura toujours une énorme masse de conservateurs...

qui ne bougeront pas.

Vous aimez sa musique?

Beaucoup, mais c'est pas...

une musique gaie,

il faut que je l'écoute

deux ou trois fois pour m'y habituer.

Parce que c'est

une chanteuse blanche,

et cette musique

est typique des Noirs.

On est d'abord

surpris qu'une Blanche chante ainsi.

Son disque s'est vendu, en Allemagne?

"Cheap thrills"

avec "Big Brother"

se vend bien.

Elle est blues, soul, soul, blues,

pop, jazz, beat...

Mais surtout l'artiste de la soul et du blues.

Ou peut-être du blues et de la soul.

C'est ce qui explique son immense succès.

Elle touche non seulement le public du blues,

mais aussi le public de la musique soul.

En plus, cette fille venant de nulle part

est si populaire que les jeunes sont fascinés.

Je suis personne, rien qu'une fan.

Je suis folle d'elle.

D'où viens-tu?

De Californie. Mon mari est militaire.

De Los Angeles?

Non. De Watsonville. C'est pour Janis.

Tu la connais, elle et ses disques?

Depuis quand?

J'sais pas... janvier... décembre...

On a eu un album pour Noël.

Je peux pas causer. Arrêtez vos photos!

J'suis pas connue. Elle, elle l'est.

J'ai déjà entendu ça.

Les gars, vous êtes trop relax.

Voici une chanson de Snooky: "Moi".

Les amis, faut vous remuer.

Le blues m'a toujours émue.

Je n'y connaissais rien, mais en écoutant, je sentais...

une sincérité que... qui...

qui manquait à Peggy Lee.

Et c'était une musique qui m'inspirait de la tendresse.

Et maintenant les gosses sont assez ouverts

pour dire de ne pas quitter L. Welk.

Ils veulent écouter pour comprendre.

Et ces gosses ont une chance,

ils écoutent la musique indienne, la musique noire,

ou une autre qui, à leur avis, leur dit la vérité.

Billie Holliday, Aretha Franklin...

Ces musiques sont si subtiles

que tu fonds au bout de deux notes.

Elles vont pas plus loin que "la" et "sol"

et vous révèlent tout l'univers.

Vous voyez?

Et Otis... mon héros!

Moi, je ne sais pas encore faire ça.

Tout ce que j'ai, c'est la force.

Si je continue à chanter, j'y arriverai peut-être.

Soudain, on est une star, connue, filmée...

Comment on s'en tire?

Ce qui m'est arrivé avec le succès...

n'a pas changé l'attitude que j'avais au Texas,

qui était d'être fidèle à moi-même,

et de ne pas tricher.

J'essaie surtout...

de ne pas me raconter de conneries, ni aux autres.

Etre loyale envers moi-même,

être vraie. Tu comprends?

Et jusqu'à présent...

je l'ai fait, tu vois?

J'ai pas de faux cils, je vais pas à Las Vegas...

Je reste Janis, mais je suis un peu sur un autre plan.

Le fait que je tende un micro

et qu'une caméra soit braquée sur toi, explique...

Ça me gêne, je préférerais qu'on soit dans un bar

et qu'ils nous y rejoignent.

Mais après tout, je m'y suis habituée.

N'ayant jamais pensé à une carrière dans le show business,

je n'ai jamais porté de masque.

Je peux donc dire la vérité.

Bien que ce soit un peu gênant,

ça ne me force pas à jouer un jeu, et de toute façon, je m'y refuse.

Je peux être aussi sincère que dans un bar,

même si j'y serais plus à l'aise.

Paumée à Bâton-Rouge, attendant le train...

Aussi fânée que mes jeans...

Bobby arrêta un diesel avant la pluie...

Qui nous mena tout droit à la Nouvelle-Orléans...

Je tirai ma guitare...

De mon écharpe rouge sale...

Je jouai doucement et Bobby chanta un blues...

Les essuie-glaces battaient la mesure...

Je tenais la main de Bobby...

Chantant des chansons que connaissait le chauffeur...

La liberté c'est quand on n'a rien à perdre...

Rien, rien, sinon la liberté...

On se sentait bien quand il chantait un blues...

Pour moi, ça suffisait...

Et mon Bobby McGhee...

Du charbon du Kentucky au soleil de la Californie...

Bobby partagea les secrets de mon âme...

Bravant le temps, partageant tout...

Bobby m'a gardée du froid...

Un jour près de Salinas, il est parti...

En quête d'un foyer qu'il trouvera, j'espère...

Je donnerais tous mes lendemains...

Pour un seul hier...

Pour tenir Bobby contre moi...

La liberté c'est quand on n'a rien à perdre...

Rien... et c'est tout ce que m'a laissé Bobby...

Bande originale disponible chez Sony Music avec RFM

Sous-titrage TVS - TITRA FILM Paris

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