All language subtitles for Rumba.La.Vie.2022.TRUEFRENCH.1080p.AMZN.WEB-DL.DDP5.1.H264-FCK_track5_fre

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Original subtitles

[télévision, une femme] Jack.

I can't survive without you.

[un homme]You shouldn't be here.

[la femme] I know you think we can't be together.

But can't you trust me enough to let me make my own decisions?

We can't spend our lives apart. I love...

[fusillade] [cris en anglais]

Son of a bitch!

[fusillade] [cris en anglais]

Shut up, asshole!

[fusillade] [cris en anglais]

[sonnerie de réveil]

[toux]

[musique douce]

- Bonne journée, monsieur Quentin. - Mmh.

[chant en langue étrangère]

[il soupire]

[klaxons]

[Tony] Shut up, asshole.

Ta gueule, trou du cul.

[les enfants, en chœur] Shut up, asshole.

Ta gueule, trou du cul.

[Tony] You suck my ass.

Tu suces ta glace.

You suck my ass.

Tu suces ta glace.

Son of a bitch.

Soleil sur la plage.

Son of a bitch.

Soleil sur la plage.

I don't give a fuck.

I don't give a fuck.

Je m'en ba... lance.

Je m'en ba... lance.

You are talking to me, are you talking to me?

[les enfants] You are talking to me, are you talking to me?

[Tony] Tu me parles ? Est-ce que tu me parles ?

[les enfants] Tu me parles ? Est-ce que tu me parles ?

[Tony] Yesterday, all my troubles seemed so far away.

[les enfants] Yesterday, all my troubles

seemed so far away.

[Tony] Very good!

[les enfants] Very good!

[Tony] And thank you very much.

[les enfants] And thank you very much.

[cris des enfants]

[Cat Stevens : "Oh Very Young"]

- Salut, Tony. - Salut, José.

- Salut, Tony. - Salut.

Salut, Tony.

Salut.

- Salut, Tony. - Salut.

- Salut. - Salut, Tony.

- À ce soir, Tony. - À ce soir.

Salut, toi. Salut, mon grand.

- À ce soir. - Salut.

Salut, les enfants. À ce soir.

- Tes lacets, Zoé. - Pas grave.

Salut, Tony.

Ton cartable,

Sidonie.

Fais attention Ă  toi.

[Sidonie] Bonjour.

Kevin,

faut que je ferme la porte.

Alors, tu descends ou si tu veux pas aller à l'école,

tu vas t'inscrire au chĂ´mage direct.

C'est possible, tu vas gagner du temps.

Mais je te préviens, au chômage, y a pas de récréation.

Puis, c'est lundi. Y a des frites Ă  la cantine.

J'aime pas les frites.

Kevin.

[klaxon]

[fermeture des portes]

[toux]

[klaxon]

Je t'ai loupé ce matin, j'ai eu une panne d'oreiller.

Je me suis fait tirer les oreilles par la direction.

Ça tombe bien, elles étaient trop petites.

T'es beau, toi.

Il est beau, mais il marche pas.

- T'as passé un bon week-end ? - Je me suis fait chier.

Ils m'ont installé beIN Sports, j'ai passé tout le dimanche

devant le patinage artistique.

C'est bien, le patinage, c'est beau.

Oui... Je préfère quand même les films de guerre.

C'est moins efféminé.

- Efféminé... - Véronique !

- T'exagères, y a des beaux couples. - Non, tu peux pas me dire ça.

Ils patinent ensemble, mais ils sont pas en couple.

Ils couchent pas ensemble, j'y crois pas.

La virilité des mecs, pardon...

Éventuellement,

c'est leur meilleure copine ou leur sœur, tu vois ?

Mais ils sont pas en couple, non.

C'est quand mĂŞme beau, c'est artistique.

Oui...

Artistique...

[bip du micro-ondes]

Y avait une soirée hommage à Johnny sur la 12.

J'ai pleuré, mon vieux.

Mais je suis plus Dany Brillant que Johnny, si je dois ĂŞtre franc.

C'est pas une question de chansons. C'est les dents.

Dany Brillant, il a de belles dents et les cheveux propres.

Et il est beau mec.

[écoulement d'eau]

Je crois que j'ai des problèmes de libido.

[écoulement d'eau]

Je bande, mais ça va pas plus loin.

Comme un cheval qui refuse l'obstacle. Tu en penses quoi ?

J'en pense que c'est de ton âge.

Puis surtout, ça me regarde pas.

En plus, tu te compares Ă  un cheval...

[ouverture de porte]

Je t'attends au ping-pong.

Oui.

[verrou] [claquement de la cuvette]

[bruit de ceinture]

[toux]

[gémissement]

[cri de douleur]

[musique stressante]

[bruit sourd]

- Monsieur Quentin. - [bips d'électrocardiogramme]

Monsieur Quentin.

Ouh, monsieur Quentin !

Monsieur Quentin !

Je suis le docteur

Mory.

Rassurez-vous, c'est moi qui vous ai opéré. Tout va bien.

On vous a posé des stents dans l'artère coronaire.

Des quoi ?

Des stents, des ressorts métalliques

qui écartent les parois de l'artère pour éviter

qu'elle se rebouche.

J'ai fait un petit trou là, puis je suis remonté...

C'est de la plomberie, pas plus.

C'est quoi, ces conneries ?

Vous avez eu un malaise cardiaque.

C'était à votre travail. Vous étiez aux toilettes.

Heureusement, vous étiez assis, donc vous êtes pas tombé de haut.

Vous avez dû fournir un effort supérieur à la normale

et le cœur a lâché.

Donc,

vous étiez sur la cuvette, en train de pousser...

J'ai compris.

Qui m'a ramassé ?

Votre collègue, Gilles.

Il s'est bien occupé de vous.

Il vous a rhabillé, il a même tenté le bouche-à-bouche.

Vous lui devez

une fière chandelle, à votre ami.

C'est pas mon ami, c'est un collègue.

Ah. D'ailleurs, on a cherché qui prévenir, on a pas trouvé.

Non, y a personne à prévenir.

Pas d'ami ? Pas de famille ? Pas d'enfant ?

Pas d'ami, pas de famille, non.

Pas de compte

Ă  rendre. J'ai pas envie que quelqu'un

pleure sur ma tombe.

Enfin, votre tombe... Faudrait déjà quelqu'un pour la commander.

Je vais mourir ?

Oui, bien sûr. Oui.

Vous savez, M. Quentin, mourir, c'est à la portée de tout le monde.

Ce qui est dur, c'est de vivre.

Je conseille toujours d'avoir quelqu'un qui vous survit,

qui vous accompagne jusqu'au bout.

Dans la vie, y a un moment donné

oĂą on a toujours besoin des autres.

Tout seul, on est rien.

Bon, au suivant.

Au fait, vous fumez ?

Oui.

Un peu.

Bon... Alors, Ă  bientĂ´t.

[musique calme]

[bips d'interphone]

- [un homme] Oui ? - [Tony] Carmen ?

- Ah non. - Pardon, monsieur.

Je viens voir Carmen Rodriguez Llorca.

Je vous ouvre.

[ouverture du portail]

[aboiements]

[tintement de sonnette]

[le tintement se prolonge]

[la sonnette s'arrĂŞte]

Oui ?

Je cherche

Carmen Rodriguez Llorca.

Carmen !

Es para ti, mi amor.

Suivez-moi.

La porte, s'il vous plaît.

ÂżMi corazĂłn?

[accords de guitare]

Entre.

[aboiements]

20 ans.

20 ans, oui.

C'est beaucoup, non ?

- Oui... - Et comment tu m'as retrouvée ?

L'annuaire.

L'annuaire ?

Bien sûr, l'annuaire !

Il t'a fallu

20 ans pour me retrouver dans l'annuaire.

T'as pris ton élan, c'est ça ?

Ben... Ta mère

m'avait dit que t'étais repartie en Espagne.

Et t'as cru ma mère ?

Un peu.

Tu vois, il a suffi de 12 km entre nous pour disparaître.

Tu peux la garder, si tu veux.

J'ai pensé que ça te ferait plaisir de...

De nous voir jeunes ?

T'avais peur que je te reconnaisse pas ?

Alors, tu vas mourir ?

Non...

ils ont pas dit mourir, vraiment.

Ils ont dit qu'il fallait que je fasse attention, en fait.

Parce qu'ils m'ont mis des...

des ressorts dans les artères. Alors, forcément, si...

Il est obligé de rester ?

On parle de nous,

de ma santé, c'est personnel. - Cariño, tu veux bien...

Oui, tu as raison. Je vais ranger mes slips.

[rire] Slips, slips... OĂą sont

mes slips ?

Enfin, voilĂ . Je fais le tour des popotes.

- Le tour des popotes ? - Oui.

Pour dire au revoir, si...

les choses se précipitent.

Si vous avez besoin de quoi que ce fût,

un jus de tomate, un chocolat chaud, un cake...

N'hésitez pas. [rire]

Est-ce que j'ai du cake ?

- [soupir] - En tout cas,

tu as refait ta vie, c'est bien.

Refait ma vie ?

Que je l'aime cette expression ! "J'ai refait ma vie !"

Tu sais, Tony, ma vie, elle a jamais été défaite.

Philippe, il est très gentil.

Il est stable, il est enthousiaste.

- [il acquiesce] - Et toi,

ton rêve d'Amérique ?

Y a pas eu d'Amérique, finalement.

Ah.

Enfin, pas encore.

[soupir]

T'as pas changé, Tony.

Le mĂŞme parfum,

la mĂŞme moustache.

C'est pas du parfum, c'est de l'eau de Cologne.

Et la moustache...

Mon père avait la moustache, mon grand-père avait la moustache,

j'ai la moustache. VoilĂ .

Ma grand-mère avait la moustache et j'ai pas la moustache.

[rire]

Toi non plus, t'as pas changé.

Qu'est-ce que tu es venu faire ici ?

Rien...

Te voir.

[rire moqueur]

Pardon.

Oui. Voir... oĂą tu vivais,

avec qui...

En tout cas, ta mère doit être rassurée.

Rassurée.

[aboiements]

T'es garé dans la résidence ?

Non. J'ai garé ma voiture un peu plus loin, là-bas.

- Hmm. - Bon...

Tony.

Je sais bien que tu es pas venu que pour moi.

[musique mélancolique]

Ta fille donne des cours de danse Ă  Paris,

rue Saint-Médard.

[musique mélancolique]

Et... elle me connaît ?

Elle sait que tu existes, quelque part.

Les bébés, ça oublie tout, Tony. Et c'est mieux comme ça.

[haut-parleur] Pour votre sécurité, la descente s'effectuera

côté droit dans le sens de la marche.

[Tony] C'est... c'est pas la peine de lui dire que je suis venu.

[Carmen] Non, c'est pas la peine.

[musique mélancolique]

C'était super, hein ?

[brouhaha]

[Tony souffle]

- Salut. - Salut.

[soupir]

Pardon, monsieur.

Je suis Maxime. Qu'est-ce qu'il cherche ?

Euh... Je... je cherche Maria.

- Maria ? - Maria Quentin.

Non, y a pas de Maria Quentin ici, monsieur.

- Maria Rodriguez ? - Maria Rodriguez !

Ah oui. Je peux pas deviner, l'autre, il me dit "Maria Quentin".

Oui, Maria est au 2e étage, salle Noureev.

Merci.

L'autre, il me dit "Maria Quentin", je peux pas deviner.

[discussion imperceptible]

- [samba] - 5, 6, 7 et 8.

Et 1 et 2, 3 et 4,

5 et 6 et 7 et 8.

Allez, allez, on lâche rien ! 5 et 6...

Et 1 et 2, 3 et 4, 5, 6, 7 et 8.

Et 1, 2, 3, 4, 5 et 6 et 7...

... et 2, 3 et 4, 5, 6 et 7 et 8...

Et 1 et 2, 3 et 4...

1 et 2, 3 et 4, 5 et 6 et 7 et 8...

Et 1 et 2, 3 et 4,

5 et 6 et 7 et 8.

Et 1, 2,

3, 4, demi-tour, 6, 7 et 8.

Et 1 et 2... Stop, stop, stop !

Oui ?

Non, non...

Pour les cours de country, c'est Ă  Montparnasse.

Aux cours Vegas Forever,

c'est ce que vous trouverez de mieux.

Non, non. Je...

Je suis pas venu pour danser, c'est pas mon truc du tout.

Je voudrais vous parler.

[rire] Je comprends. Tous les mĂŞmes.

Au début, on ose pas, on fait son timide,

puis on finit par danser sur son bureau

pour montrer Ă  maman qu'on en a encore sous le pied.

- Non. - Entrez.

On se parle après, vous allez voir la fin du cours.

Si ça peut vous donner des envies...

L'appétit vient en mangeant comme on dit, hein ?

- Allez, on reprend ! - Non, surtout pas.

Allez.

Et samba !

[samba] [cris de joie]

Alors,

Ă  nous deux, cow-boy.

VoilĂ ...

- À jeudi, ma belle. - À jeudi.

Je...

Je sais pas comment te dire ça.

Comment vous dire ça. Mais...

C'est moi.

C'est vous ?

Je...

Je suis...

papa.

C'est bien.

Bravo.

Félicitations. C'est un garçon, une fille ?

Non, non. Je...

[soupir]

Enfin, je... Je suis papa.

Sarah.

J'y vais, je te laisse tes clés. Demain, je récupère ma salle.

- OK. À demain, Maria. - Salut.

C'est Maria ? C'est Maria Rodriguez ?

Oui, c'est Maria.

Et alors, du coup, vous ĂŞtes papa ?

Non... Non, je suis papa, pas prêt. Désolé, merci.

[pas rapides]

Pour son cours Ă  elle, faut vraiment savoir danser.

Elle fait des auditions tous les 1ers mercredis du mois.

Mais je te préviens, John Wayne,

la rumba, c'est comme le cheval. Ça s'improvise pas.

[Gilles] Tu comptais débarquer comme ça ?

Salut, je suis ton père. Je suis parti y a 20 ans.

J'ai oublié de rentrer, pardon.

Tu crois qu'elle va t'accepter d'un coup ?

Elle sait mĂŞme pas qui tu es.

Elle a peut-être pas envie que tu sois son père.

[bip du micro-ondes]

Inscris-toi Ă  son cours de danse.

Mais sans rien dire.

Qu'elle apprenne à te connaître.

Tu l'apprivoises doucement...

Puis, quand elle sera prĂŞte,

tu lui dis

qui tu es. Ton docteur a dit

qu'il fallait que tu fasses du sport.

De la danse...

Depuis quand la danse, c'est du sport, Gilles ? Franchement ?

J'ai une tĂŞte Ă  danser la rumba ?

La rumba, ça se danse pas avec la tête.

Et t'as de belles épaules. Profites-en.

[la voisine chante en langue étrangère]

[tintement de la sonnette]

[émission de radio]

Oui ?

Donc, tu aimerais

que je t'apprenne la rumba ? Les garçons.

Oui, enfin, c'est...

c'est-Ă -dire... J'imagine que vous avez des notions.

Comme on dit, vous avez ça dans le sang.

"Vous" ?

Tu veux dire, nous, les Noirs ?

Non, pas que...

Pas que les Noirs... les Antillais aussi.

Merci, les garçons.

Ouh là. Moi, j'ai déjà mangé, merci.

Tu as peur qu'on t'empoisonne ?

Non. En plus, ça a l'air très bon.

Alors, bon appétit.

Tu n'attends pas les couverts ?

Kassa.

Et donc, tu aimerais... Tu permets que je te dise "tu" ?

Tes ancêtres ont sûrement fouetté les miens.

Tu aimerais retrouver ta fille ?

Oui.

Et tu as besoin de moi ?

- Oui. - Écoute-moi.

Je t'apprends la rumba congolaise, si tu m'amènes à l'école en scooter.

Ah, vous ĂŞtes en quelle classe ?

Je suis prof d'histoire.

[gloussements]

Quelle histoire ?

La nĂ´tre. L'Histoire de France.

Au collège Saint-Charles.

Ah oui, quand mĂŞme.

Bon...

Parfait.

Merci, Kassa.

De rien, monsieur Quentin.

Ce sont vos enfants ?

T'es décidément très perspicace, Tony. C'est Tony ?

Oui, c'est Tony. Et...

vous, F. Massamba, c'est F... comme "Fatou", j'imagine ?

F comme "Fanny", comme Marcel Pagnol, la trilogie.

César, Marius, Fanny...

Oh peuchère

César, tu tires ou tu pointes ?

Tu me fends le cœur...

La garrigue, c'est mon pays.

[rires des enfants]

Si je peux me permettre,

tu n'as pas peur de briser l'équilibre de ta fille ?

Non, je...

Enfin, je veux juste la voir. Après, je verrai.

Sois prudent.

Bon.

La rumba congolaise,

c'est...

C'est...

Tu sais,

il y a un vieux proverbe africain

qui dit... qui dit...

"Si tu ne sais pas oĂą tu vas,

commence par retourner d'oĂą tu viens."

Tu sais pas danser ?

Non. Mais moi, le scooter,

ça me fait gagner du temps le matin.

Ben oui.

[musique dansante]

C'est ridicule.

Tu veux apprendre Ă  danser ou pas ?

J'y arrive pas.

Ça sert à rien, c'est...

[soupir]

De toute façon, il nous faut plus grand.

[tchip]

[tchip]

[musique dansante]

Foutez pas trop le bordel, sinon j'aurai plus les clés.

T'inquiète, tu vas voir, c'est sobre.

Allez, viens, Fanny.

3, 4.

Je peux dire un truc ?

Quoi ?

Sans musique, ça a l'air con, ce que vous faites.

Vous partez dans tous les sens. Vous êtes trop élastiques.

Raides, mais élastiques.

La danse, c'est devant.

Ça suit son cours, comme une rivière. Là, vous débordez.

Tu t'y connais en danse, toi ?

J'ai fait de la danse classique petit, comme tout le monde.

Non, tout le monde ne fait pas de la danse classique petit.

Les petites filles, peut-ĂŞtre.

Dernière nouvelle !

[gloussement]

C'est la dernière, celle-là !

[musique exotique]

[klaxon]

[Fanny] C'est dès 1851

que Napoléon III... 2...

interdit le travail le dimanche et les jours fériés.

Et 2.

Le 26 mars

1852... Retenez

"1852". AnaĂŻs,

on écrit.

[musique exotique]

Ça progresse.

Il permet aux sociétés de secours mutuel

de se constituer librement.

La production agricole augmente

et le réseau ferroviaire se développe.

Deux p à "développe".

Deux... Côté.

Tu notes ?

C'est bien.

C'est quoi, comme danse ?

De la rumba congolaise.

Vous avez appris ça où ?

Au Congo.

D'accord.

Et pour les autres danses ? Valse congolaise,

salsa congolaise, tango congolais, j'imagine ?

Ici, on fait pas que de la rumba, on danse tout ce qui se danse.

Non...

Valse normale... allemande.

Et vous vous appelez... ?

Kevin.

Kevin Sardou.

Comme le chanteur ?

Y a pas de chanteur qui s'appelle Kevin Sardou.

OK.

Et vous, madame ?

Lara Fabian.

Non, je veux dire, vous faites couple ?

Non, non.

- C'est mon voisin. - C'est ma voisine.

OK.

Eh ben, beau travail.

Ă€ mercredi prochain, alors.

[musique douce]

Très bien. Aux suivants, S.V.P.

Au revoir,

monsieur.

Bonjour.

Allez-y.

[musique douce]

Eh merde.

[soupir]

[respiration]

Et tu trouves qu'elle me ressemble, ma fille ? Franchement ?

Tu sais, pour moi, vous vous ressemblez tous.

[elle rit]

Ah...

[il souffle]

Allez, bonne nuit. Et merci.

Tu es sûr que tu n'oublies pas quelque chose ?

Ah...

Tiens.

[gémissements]

Ă€ demain,

Kevin.

Ă€ demain, Lara.

[rire]

[tango]

[soupir]

[musique tango]

Elle a un cul, pfff !

- Merci, Manolo. - Avec plaisir, ma belle.

Merci.

On se met en place, on attaque.

Je vous rappelle que le tango n'est pas une danse latine.

C'est d'ailleurs pas une danse, c'est un cri.

C'est la synchronisation parfaite

entre les partenaires.

Kevin.

Kevin !

Oh, le nouveau !

Tu peux t'approcher, s'il te plaît ?

Allez.

Plus près.

J'aime pas trop qu'on me regarde.

C'est pas un endroit pour se cacher, ici.

Prends-moi dans tes bras.

[musique douce]

[doucement] Allez.

Avec la main, lĂ .

Et l'autre main,

sur mes hanches. Un peu plus au milieu,

dans le creux de mes reins.

Vas-y, serre-moi.

Fort.

Ferme les yeux.

Imagine-nous traverser la salle en dansant.

Nos pas frĂ´lent le sol,

dans le mĂŞme rythme.

Nos souffles s'essoufflent.

Nous nous déplaçons dans l'espace.

Avant, côté...

Avant, côté...

Avant, côté... Sans bouger.

Tu nous imagines ?

Oui...

Tu peux ouvrir les yeux.

Qu'est-ce que tu as vu ?

Euh...

Je sais pas... Nous qui avançons...

dans l'espace... Avant, côté, avant, côté. Je sais pas.

Je vais te dire ce que t'as vu. T'as vu un mec en bottines

se casser la gueule sur un parquet de danse.

[rires]

On danse pas avec des bottes, Kevin.

Alors, tu te mets en chaussettes ou tu restes dans le couloir.

OK.

On va continuer le cours.

[Tony] Elle me prend pour un con.

Tu te rends compte ?

C'est une gamine. Ils sont tous là à l'écouter.

"Le tango, c'est un cri."

Ma fille me prend pour un con.

Pour l'instant, c'est pas ta fille.

- Terminé ? - Oui.

C'est ta prof de danse.

- [tout bas] Chut, chut. - Pardon.

Ah.

Excusez-moi, j'étais chez le dermato... Un vilain furoncle.

C'est pour toi.

Avec ça, tu vas fracasser.

C'étaient celles de mon grand-père. Les mêmes que Fred Astaire.

J'espère qu'elles t'iront.

Ah, d'accord.

C'est Louis XIV !

Alors,

le jogging du fils, les chaussures du grand-père...

Je veux récupérer ma fille, je m'inscris pas à Flashdance.

[musique entraînante]

... 4 et 1, 2, 3, et chacha one,

2, 3 et chacha one, 2, 3,

et chacha one. Avec le sourire, S.V.P.

Et 3, chacha one

et 3 chacha one

et 3.

Stop.

[bruit de claquettes]

On reprend sans musique, S.V.P.

2, 3, 4

et 1, 2, 3 et chacha one...

[bruit de claquettes]

Stop.

[bruit de claquettes]

Kevin, tout seul.

[bruit de claquettes]

Allez. Et 2...

3, 4 et 1, 2, 3 et chacha one,

2, 3

et chacha one...

[bruit de claquettes]

C'est quoi, ça ?

Des claquettes.

Chaussettes.

[Gilles] Faut que tu lui montres le meilleur de toi.

Faut qu'elle se dise : "Ce mec, il est super."

On reprend.

"Il a l'âge d'être mon père, mais il pourrait

ĂŞtre mon pote."

Faut que tu t'intéresses à elle.

Il a raison. La danse,

c'est sa passion. Si tu lui montres que t'aimes ça,

ça vous fait un point commun.

1, 2, 3 et chacha one,

2, 3 et chacha one,

2, 3, et chacha one,

2, 3, c'est bien.

Chacha one, et 3...

On sourit.

[Gilles] Offre-lui des fleurs

ou des chocolats.

Les jeunes aiment le sucre.

- Hmm. - Ah oui.

- Les jeunes aiment le sucre. - Fais-la rĂŞver.

Faut que tu sois généreux, à l'écoute.

Généreux, à l'écoute...

Oui, généreux, à l'écoute. Tout ce que tu es pas.

[musique latine]

Et 1, 2, 3, 4,

5, 6,

7, 8...

Et 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7...

Et 1, 2,

3. Jette ! 5, 6, 7, 8.

Croise devant. Côté.

Croise devant et tourne. Et 1, 2 et 3... 5...

et 7. Et 1, 2, 3, 4, 5,

6, 7 et 8.

OK, c'est bien.

On respire.

- [sèche-cheveux] - Bonjour.

Madame.

Je m'appelle Annick.

J'ai perdu mon mari

dans un accident de voiture, y a 3 ans.

Je me reconstruis.

Seule.

Enfin, pour l'instant...

beau gosse.

[sèche-cheveux]

Maxime !

Si on peut plus réparer les sèche-cheveux...

Faudra pas se plaindre

si y a des otites.

Kevin.

Je m'appelle Kevin.

Je roule en scooter, moi.

Ah, motard...

Le goût du risque... J'aime ça.

Ă€ mercredi prochain ?

[bruit de claquettes]

[raclement de gorge] Mademoiselle ?

- Oui. - Euh...

Oui... J'ai que ça. Je suis venu avec

pour les détendre. - Je comprends.

VoilĂ , je... Je voulais vous remercier pour l'inscription.

J'avais pensé à des fleurs, mais les calissons,

c'est bien aussi. C'est du sucre.

VoilĂ . C'est...

Je suis comme ça. J'aime faire plaisir.

Alors...

vous allez dire,

je suis généreux, à l'écoute... Mais...

Non, je suis comme ça. C'est comme ça.

On se refait pas. Vous avez vu,

j'ai des chaussures plus adaptées, même si apparemment, c'est pas...

C'est mon côté "je suis à l'écoute de ce qu'on me dit".

VoilĂ , c'est...

C'est moi, je...

Je suis très généreux, à l'écoute.

C'est... C'est comme ça. J'aime pas décevoir, je...

Je suis mieux que ça.

VoilĂ . Bon, on parle de moi, mais vous...

- Moi ? - Oui, vous...

Vous aimez quoi, Ă  part la danse ? Votre passion ?

Lui.

[raclement de gorge]

Mon futur mari, Diego.

Diego... Enchanté.

- Bonjour. - Pardon, pardon,

j'ai oublié mon poncho. - Bon, à mercredi,

Kevin. Et on oublie le "vous".

Ici, pas besoin.

Et t'as l'âge

d'être mon père. Alors, on se décontracte.

- T'aimes les petites jeunes ? - Non, pourquoi ?

Les calissons, c'est pour qui ?

- Tu les veux ? - Non, merci.

Jamais de sucreries, ou je gonfle. Je te laisse, j'ai pilates.

C'est bien, hein.

C'est bien, tout ça. Ça me plaît.

Non, on est bien.

Vous faites un peu de sport ?

Je fais de la danse.

De la danse ?

De la danse de salon.

Oui... C'est bien aussi, la danse.

De toute façon, faut faire travailler votre cœur.

Là, je dirais que vous avez un cœur de jeune homme.

Mais...

de jeune homme malade.

[ricanement]

Sinon...

vous avez une partenaire ?

Vous faites l'amour régulièrement ?

Le sexe est un excellent stimulant cardiaque.

Enfin, pratiqué sans excès.

Oui, non. Euh...

- Non. - [on frappe Ă  la porte]

Entrez, oui.

J'ai les résultats d'analyse de M. Pierre. Bonjour.

Il est oĂą, maintenant ? Dans quel service ?

Nulle part. Il est décédé cette nuit.

Mais ses résultats sanguins sont très bons.

Oui, en effet, c'était très bon.

C'est dommage, c'était une bonne nouvelle.

Mettez ça dans l'armoire.

Je les donnerai à sa femme, ça lui fera plaisir. Et...

vous pratiquez l'onanisme ?

Comment ?

L'onanisme, la masturbation.

Vous vous masturbez ?

- Est-ce que vous vous masturbez ? - Non.

Parfois.

C'est bien.

Croyez-moi, le sexe,

seul ou accompagné, ça vaut un bon jogging.

- Et c'est moins long. - Oui.

Monsieur Quentin,

surveillez-vous.

Et surtout,

faites de l'exercice.

Hésitez pas.

Travaillez votre cœur.

- Oui. - [Maria] 2, 3,

4, et 1, 2, 3 et chacha one,

2, 3 et chacha one,

2, 3 et chacha one,

2, 3, 4,

1.

On change de partenaire.

[musique dansante]

2, 3,

4, et 1, 2, 3

et chacha one, 2, 3

et chacha one, 2, 3

et chacha one.

[musique mélancolique]

Je sais pas si vous êtes contents de votre séance,

j'espère que oui, car vous pouvez être fiers de vous.

Je parle pas d'aller jusqu'à la compétition,

mais 2, 3 galas Ă  droite, Ă  gauche me permettraient de rester en forme.

Maria.

Je peux vous parler ?

- Oui, bien sûr. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Je t'écoute.

Non, Ă  plus.

- Merci. - OK, Ă  mercredi.

- Oui. - On m'a déjà proposé pour des pubs,

mais je suis pas un objet.

Je comprends, Bernard. Allez, au revoir.

[tintement de la sonnette]

[tintement de la sonnette, toujours aussi long...]

Je tombe mal, non ?

Si, entre. Philippe est au cabinet.

Je vais m'habiller.

Non, pas celui-lĂ , c'est celui de Philippe.

LĂ , c'est le chien.

Celui-lĂ , tu peux.

Je t'écoute.

J'y arrive pas, Carmen.

Elle est tellement loin de moi.

Elle est loin...

Elle est loin.

Elle est pas loin.

[musique triste]

Elle est là où tu l'as laissée.

Pourquoi ta mère m'a menti ? Pourquoi tu t'es cachée ?

Cachée, oh !

Tony, on était pas dures à trouver, la preuve !

T'as mis plus longtemps que prévu, c'est tout.

Et... elle t'a jamais posé des questions sur moi ?

Si, toutes.

Mais moi, j'avais pas les réponses.

En tout cas, pas les bonnes.

Tu nous as laissées tomber, Tony.

Maintenant, assume.

Et ne pense pas que c'est si simple de revenir, merde !

Merde, merde et merde !

[elle soupire]

Pardon.

Tiens.

Magnifiques.

- C'est des... - Des fleurs.

[conversation indistincte]

[Bernard] Les filles,

vous avez pas vu mon vélo ?

- Bonsoir, Kevin. - Salut.

- T'es pas venu au cours. - Non.

- J'ai loupé mon train. - Ton train ?

Mon Dieu, mais tu viens d'oĂą ?

De loin.

Tu m'attendais.

Annick, t'as pas vu mon vélo ?

Je parle.

Ah oui, d'accord.

Je suis désolée, mais j'ai R.-V. avec un ex, un steward d'Air Madagascar.

Mais si tu veux t'inscrire pour un autre soir...

Pardon.

- Au revoir. - Au revoir, Maria.

Maria !

Kevin.

T'es pas venu aujourd'hui.

Euh...

Je voudrais vous inviter Ă  prendre un verre.

Il faut que je te parle.

Maintenant ?

Quand vous pouvez.

Tu veux dîner ?

Dîner ? Wahou ! Euh...

Oui.

Disons samedi, 21 h, après mes répètes.

Le Pachamama dans le 11e, ça ira ?

Oui. On pourra parler ?

Oui, bien sûr. Sans problème.

Très bien. Je trouverai.

Allez, salut.

[musique enjouée]

[brouhaha]

Je suis désolée, je suis en retard.

T'as commandé à boire ? J'ai soif.

Non, je t'attendais.

Ça te plaît ?

Oui, c'est bien.

Je me suis pris la tête avec mon père.

Enfin, mon beau-père.

Mon père est parti quand j'avais 10 mois.

Il a quitté ma mère pour entrer dans les ordres.

Il est devenu moine.

Enfin, c'est ce que ma mère m'a dit.

- Moine ? - Oui.

- Avec la toge et les sandales ? - Oui, moine.

Ah oui.

Je vais quand même prendre à boire. Euh... Garçon ?

- S'il vous plaît. - Oui, monsieur.

Euh... Tu veux un jus de fruit ?

Un mojito pour moi.

Alors, un...

ce qu'elle dit lĂ , et moi, je vais prendre un kir, S.V.P.

- Bien, monsieur. - Bien...

Classe, la cravate.

Oui, je savais pas si c'était habillé ou quoi...

Donc, t'as choisi "ou quoi".

J'ai faim.

Y a de la purée d'avocat, si tu veux, qui pique.

Du guacamole ?

Ah, peut-ĂŞtre.

Et donc,

t'as jamais fait d'études ? - Non.

J'ai toujours voulu ĂŞtre danseuse.

Mon rĂŞve, c'est les championnats du monde, Ă  Blackpool, dans 6 mois.

Je veux que ma mère soit fière de moi.

Je mets tout là-dedans. Je m'entraîne comme une dingue.

Sauf que lĂ , je suis en pause. Mon partenaire, Greg, est Ă  l'hosto.

Et toi ?

T'as un rĂŞve dans la vie ?

L'Amérique.

Mais ça s'est pas fait.

T'as des enfants ?

Pas encore, non.

À ton âge, t'as pas d'enfants ?

Il paraît que j'ai le front de mon père.

Tu trouves ?

Enfin, je veux dire...

Ah bon ?

Il paraît. Je l'ai jamais vu.

Alors,

Kevin,

tu voulais me parler ?

Ma main te dérange ?

Oui.

Tu me plais.

Ah non. Ça, c'est pas possible.

Mais si, c'est possible.

C'est plus fort que moi, tu m'attires.

- Ah non. - Ta moustache, ça me perturbe.

La moustache, c'est l'homme qui se cache.

Arrête. Arrête, s'il te plaît, Maria...

- ArrĂŞte. - J'y peux rien.

J'aime les vieux garçons à moustache.

Je suis pas un vieux garçon.

Mademoiselle, S.V.P., on va reprendre la mĂŞme.

Je suis pas un vieux garçon, d'accord ?

Et puis, vous me faites chier avec ma moustache.

J'aime ma moustache. Ma moustache, c'est moi. VoilĂ .

Mais te vexe pas. Profite.

Ici, tout le monde doit penser que t'es mon mec.

Monsieur.

Oui, ça va. C'est une bouteille.

Ils doivent se dire : "La jeune, elle se tape un vieux.

Soit il a du pognon,

soit c'est un super coup." - ArrĂŞte.

Arrête, s'il te plaît. Tu l'as dit, tu pourrais être ma fille.

Ah non.

J'ai pas dit "je pourrais ĂŞtre ta fille".

"Tu as l'âge d'être mon père."

Je te plais pas ?

Tu me trouves pas belle ?

Je suis pas assez à ton goût ?

Ça peut arriver.

Même si ça serait malvenu de ta part de faire le difficile.

Si, je te trouve belle.

Maria, Maria !

- Hola. - Oh lĂ  lĂ .

[en espagnol]

Ce soir, tu chantes, ma belle.

Ce soir, elle chante !

Je sais pas.

Je parle pas espagnol.

Je parle anglais.

C'est pour moi. Mais attention, c'est très costaud. À toute.

[musique acoustique]

[elle chante en espagnol]

Eh ben... Il est pas en forme, ton mec.

Prends-les plus jeunes,

je te jure. - C'est pas mon mec !

C'est mon père.

[elle chante en espagnol]

[klaxon]

Je me suis endormi ?

C'est lĂ .

Parking Darty, Massy-Palaiseau.

Tu veux pas que je t'amène chez toi...

Kevin ?

Non, c'est bon. Je t'ai dit...

je suis à 3 mètres, merci.

Tu réfléchis ?

Ă€ quoi ?

Ă€ nous deux.

[chanson de Maria en espagnol]

J'allais pas lui dire que j'habite Ă  Pontoise.

Elle est née là-bas, elle aurait posé des questions.

Massy-Palaiseau, 60 bornes...

C'est sûr qu'elle allait pas poser de questions.

T'étais censé tout lui dire, non ?

Elle m'a dragué.

Genre... elle aime la moustache.

Oh merde. La vache.

Oui, c'est une gamine. C'est sûr, c'est délicat.

C'est ma fille surtout.

En plus.

Eh ben moi,

si tu veux savoir, j'ai fait l'amour toute la nuit.

Ah ben, c'est bien.

Ta femme était contente, j'imagine.

[rire] Elle était pas là.

[rire]

J'étais tout seul, c'était en rêve.

J'étais sur l'A86. Tout d'un coup, je me fais doubler par un 38 tonnes

Mais un méga 38 tonnes. Magnifique, rouge,

conduit par un beau mec baraqué.

Genre Ă  l'anglaise, tu vois ?

Un rouquin avec des grosses pattes, lĂ .

Et à côté de lui, y avait sa femme.

- Ah ! - Et super mimi, hein.

Avec des seins tendus, bien pointus,

un peu sous gonflés, mais mimi...

Et elle me faisait des "coucou". "Viens, viens", qu'elle me disait.

T'as couché avec sa femme ?

Ben, pas sûr...

Dis-moi, Gilles, pourquoi tu fais tout ça pour moi ?

Parce que je t'aime bien.

[bruit de pas]

[aboiements]

J'ai vécu 20 ans sans elle, j'ai pas besoin d'elle.

C'est peut-ĂŞtre elle qui a besoin de toi.

[il soupire]

Carmen pouvait pas avoir d'enfant. Les médecins étaient sûrs.

Alors, forcément...

Quand elle est tombée enceinte de Maria, c'était inespéré.

Sauf qu'elle est arrivée quand on s'aimait plus.

Alors...

je suis resté quand même.

Un peu...

Et la suite, ben...

[soupir]

On était pas mariés, on était jeunes,

alors...

Tu es parti.

Oui.

Lâchement.

[aboiement]

Tu sais...

[aboiements]

Celui qui pleure n'est pas toujours celui qui ramasse les gouttes.

- C'est africain ? - Oui.

Oui...

[aboiements]

[voix au loin] Tais-toi, le chien.

Mais ta gueule !

[aboiements]

C'est maintenant.

Faut que tu lui dises qui tu es.

[musique tendre]

Salut, Kevin. Maria est déjà dans la salle.

Je m'appelle pas Kevin.

Je m'appelle Tony.

Comme mon père.

Comme ton père.

Et maintenant ?

Eh ben, je suis lĂ .

On...

On va...

On va rattraper le temps perdu.

On va faire des trucs, plein de choses.

On va avoir des projets.

Je sais pas. On...

Je vais devenir un vrai père.

Un père sans moustache ?

Oui.

Et donc, tu fais quoi alors, dans la vie ?

Je suis prof d'anglais, au collège Saint-Charles à Pontoise.

Waouh ! Pardon ?

- Saint-Charles ! - Oui.

[notification de message]

Désolée. C'est Diego.

C'est top, prof d'anglais Ă  Saint-Charles.

Oui.

Tu as dĂ» croiser Harry Potter.

Ouh lĂ ... Je sais pas, je...

Je connais pas encore tous les profs.

[notification de message]

Ah ! Re-Diego.

Désolée.

Et...

tu me demandes pas pourquoi je suis revenu ?

La 1re question, ça aurait été plutôt : "Pourquoi tu es parti ?"

J'imagine que tu me détestes ?

Ça doit faire bizarre.

Je reviens comme ça...

- [notification de message] - Désolée.

- Tu sais ce qu'on va faire ? - Non.

Demain, je vais venir te chercher à ton collège.

Ce que t'as pas fait

pour moi, je vais le faire pour toi.

Euh...

Sauf que c'est pas possible. Demain, c'est grève.

Après-demain ?

Après-demain, c'est journée pédagogique.

Jeudi, alors ?

J'ai pas cours jeudi.

Vendredi, c'est shabbat ?

Vendredi. C'est bien.

Sûr ?

C'est parfait.

[notification de message]

Tu fumes ?

Euh... Non, non.

Parfois, quand je suis bien.

Ah ! VoilĂ  monsieur Texto.

Eh oui.

Alors, Ă  vendredi ?

Oui, Ă  vendredi.

Ça va ?

[claquement des portières]

C'est qui, ce vieux ?

- C'est mon père. - [léger rire]

Et moi, je suis ta mère. C'est ça ?

C'est le vieux Ă  la moustache ?

Oui, c'est mon père.

Ton père... Ton père qui est parti ?

Et puis qui est revenu.

Il veut des projets.

Putain,

le mec doute de rien. Il revient, comme ça.

En plus, il te ressemble pas.

En plus, il me ment, surtout.

Il a pas une tĂŞte Ă  ĂŞtre prof.

Un père qui abandonne sa fille, tu lui pardonnes ?

Si c'est moi qui la récupère... Oui.

- Je pardonne tout, oui. - [léger rire]

Donne-lui une chance.

[ouverture des portes]

- Salut, Tony. - Salut.

Salut, Tony.

- À ce soir. - Ciao. Salut, à ce soir.

Salut, toi.

- Au revoir, Tony. Bonne journée. - Au revoir.

- Au revoir. - Salut. Kevin, Kevin.

- T'as 2 secondes ? - Ouais.

Euh...

VoilĂ ...

[tintement de cloche]

- Bonjour, monsieur. - Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

Bonjour.

[musique joviale]

Tu voles des cartables ou tu m'attends ?

[rire]

Quoi ?

Non, rien. La moustache, il faut que je m'habitue.

J'ai R.-V. avec ma fille.

Au collège ?

Oui.

On s'est donnés R.-V. ici, c'est plus facile.

Ça y est, je lui ai tout dit. On va essayer de se connaître.

Je suis fière de toi.

[klaxon]

Je suis en retard ?

Non, je t'attendais. J'avais des rédacs à corriger.

Ah ! Bonjour, Lara.

Bonjour.

Et donc, vous êtes voisins et collègues ?

Et collègues.

Je te ramène ?

Euh... Non, non. J'ai ma voiture.

Tu veux pas qu'on marche, plutĂ´t ?

Oui, si tu veux.

Je me gare.

- Bon, j'y vais. - Pourquoi tu t'es déguisé ?

Je lui ai dit que j'étais prof pour l'impressionner.

Ça t'impressionne d'être prof ?

Oui. Tu voulais que je la fasse rêver avec mon CAP de mécano ?

Parle avec ton cœur. Sois honnête, y a que ça qui paie.

Oui.

Tu devrais le mettre sur ton dos, ton cartable.

T'as les bandoulières exprès.

Oui, t'as raison. C'est pratique.

[sifflement d'oiseaux]

[musique joviale]

[des canards cancanent]

Tu sais pourquoi les canards font ça quand ils avancent ?

Non.

Parce qu'ils ont une pupille en longueur.

Du coup, s'ils font pas ça, leur regard est pas stabilisé.

Donc ils voient pas.

Oui.

C'est con, j'arrive pas Ă  t'en vouloir.

Dommage, ça nous rapprocherait.

- Bravo la planète. - [exclamation]

C'est dur d'ĂŞtre parfait, hein ?

Ils ont quel âge, tes élèves ?

Mes élèves ?

Oh, merde !

Merde !

[musique joviale]

Ah mais...

Putain.

Merde, merde, merde !

Tiens.

Je m'enfonce.

- Mes boots. - [ricanement]

[polissage de chaussure]

T'es mon père depuis 48 h et tu me mens déjà.

Pour que tu sois fière de moi.

Je...

Je suis...

juste un petit chauffeur de bus pour enfants.

Et j'aime ça.

Tu sais ce que c'est un chauffeur d'autocar scolaire ?

C'est un mec qui voit la vie dans son rétroviseur.

Premières histoires d'amour,

premières joies, premières déceptions.

Les yeux fatigués du lundi, l'extase

du vendredi.

Les pleurs du petit garçon qui vient de perdre sa grand-mère...

ou son cartable.

Je conduis les enfants vers ce qu'ils détestent

le plus au monde en essayant de pas trop les secouer.

Je les connais tous.

Et moi...

je suis celui qu'on voit de dos. Monsieur Nuque.

Je suis monsieur Nuque.

VoilĂ . Pas vraiment

le père idéal, quoi.

[musique douce]

[musique triste]

Fanny chante.

[coups de balai]

[Fanny arrĂŞte de chanter]

Je me demande vraiment :

"C'est quoi, la connexion entre toi et maman ?"

Oui.

Moi, je me demande surtout pourquoi elle m'a choisi, moi.

En tout cas, ta grand-mère m'a pas choisi.

J'étais le fils du jardinier,

elle aurait préféré le fils du docteur.

Et t'étais le musicien de la bande.

[soupir]

Je gratouillais.

Vas-y, montre-moi.

[musique rumba flamenca]

[coups de balai]

Sois mon partenaire Ă  Blackpool.

C'est-Ă -dire ?

Ă€ la place de Greg. Je veux que tu danses avec moi.

Tu voulais des projets, voilĂ .

Attends, attends. La danse, c'est pas un projet.

C'est ridicule, je sais pas danser.

Tu vas apprendre. Tout s'apprend.

Ce que tu fais avec les mains, tu vas le faire avec tes pieds.

Tu voulais me voir grandir ?

C'est maintenant.

Comment je fais si t'es pas là le vendredi après-midi ?

Ils rentrent comment, les gosses ?

Demande Ă  Gilles. Il a le permis, il en rĂŞve.

Il est trop vieux. Il a la vue qui baisse.

Je peux pas payer un chauffeur de plus.

Comment je fais, moi, pour répéter ?

C'est un concours international, ça se prépare.

C'est ma fille, Josy. Je lui dois ça.

Elle pouvait pas faire rugby, ta fille ? Y a le stade à côté,

c'était plus simple.

De la danse ! Non, excuse-moi, hein.

J'ai rien contre les pédés, j'adore la musique classique. Mais là...

Tu rases ta moustache, tu roules du cul

dans un cours de rumba... Fais gaffe.

Bascule pas, Tony.

Bon, OK.

Je te laisse 2 h, fin de semaine.

Tu fais l'aller et je mets Martial sur le retour.

C'est tout ce que je peux faire.

Merci, Josy.

Bascule pas, Tony.

7, 8

et 1, 2, 3,

chachacha, 2, 3,

chachacha.

- C'est moi qui ai fait ça ? - Oui.

Et un peu moi aussi.

Si t'y crois, t'y arriveras.

C'est bon pour aujourd'hui.

Je suis content qu'on ait un projet ensemble.

Allez, le fais pas trop attendre, ton Diego.

Te couche pas trop tard et essaie ton costume.

Oui.

Et arrĂŞte la cigarette.

Ce que t'as pas en technique, tu vas le récupérer en énergie.

Oui.

Ah !

Ah, c'est bon !

C'est bon !

Je vous jure, je rattrape le temps perdu.

Je suis bien.

- Je suis bien. - Non.

Vous savez quoi ?

On va trinquer... Ă  l'homme

qui m'a sauvé la vie.

[rires]

Bon.

Ă€ moi.

Et...

Fanny...

merci,

Ă  toi aussi.

Je vais jouer. Il va me faire pleurer.

[musique calme]

Une par jour, quand je suis bien.

Le docteur a dit que si je travaille le cardio, ça peut le faire.

Si tu travailles le cardio.

Attention,

je suis pas une fille facile.

En fait,

je crois que je suis une petite chose fragile.

Me séduire est un combat.

Faudra te battre.

Oh oui ! Oui ! Me convaincre.

Ça, c'est bon, cow-boy !

Percer mon mystère.

Dompte-moi, salopard.

Tape, tape, tape-moi les fesses !

Au destin,

qui, peut-être, nous réunira.

Ouh, c'est Versailles, mon cochon ! À la tienne.

Tony ! Tony !

Tony ?

Tony ?

[essoufflement]

Tony.

[essoufflement]

Tu m'écrases.

C'est ennuyeux.

Vraiment ennuyeux.

Et...

si je peux me permettre, la performance était intense ?

Ben...

Pas d'excès ?

Non.

Non, non.

Vous vous seriez pas simplement endormi sur la dame ?

Non, je crois pas.

Donc...

vous avez ressenti une douleur Ă  la poitrine ?

Oui, justement. C'est ça qui m'inquiète.

Dans un effort supérieur à la normale.

Hmm.

Vous avez besoin de repos.

- Oui. - Faire travailler le cœur,

oui. Mais tout doucement.

Et en tout cas, plus de cigarette.

[il acquiesce]

[expiration]

[bruissement d'outils et de machines]

[Tony] Je vais démissionner, Josy.

Comment ça "démissionner" ? Qu'est-ce que tu me fais ?

Je suis malade. Je peux plus conduire les enfants, c'est trop risqué.

Mais t'es malade...

Prends un Doliprane ou un Efferalgan !

[soupir]

On démissionne pas comme ça.

Et on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie.

Regarde, moi, 30 ans de boîte, jamais une main au cul.

Pourtant, je suis restée parce que j'aime mon métier.

Hein ? Alors, reste

et nous fais pas chier.

Je vais démissionner.

Ma fille a besoin de moi et je veux pas la décevoir.

Je préférais quand t'étais con et moustachu.

[il acquiesce]

[bruit de la circulation]

[toux]

[musique dansante]

C'est qui, lui ?

Annick m'a dit que t'avais fait un malaise.

Tu peux pas faire le concours, t'es malade.

Mais je suis pas malade. Je me soigne.

C'est pas 3 pas de danse qui vont m'épuiser.

Je fais attention. Je fais du vélo, je suis bien.

C'est juste qu'avec Annick, on a voulu essayé un truc que...

même lui, à son âge, il pourrait pas.

S'il te plaît, Maria.

Donne-moi une chance.

Promets-moi vraiment de plus fumer et tu fais le concours avec moi.

VoilĂ .

C'était la dernière.

Sur nous deux.

Alors, tu vas danser.

[musique calme]

[Maria] Maintenant, faut que ça fasse vraiment partie de toi.

Comme quand tu marches. Tu sais pas si c'est ton pied gauche

qui entraîne ton pied droit, ou le contraire.

... 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8.

Faut que tu mettes ton corps Ă  chaque fois Ă  gauche, Ă  droite.

La danse, c'est comme un réflexe.

Chaque pas doit être un réflexe. Tu dois oublier qu'on te regarde.

Et 1, 2, 3, 4, 5

6, 7, 8. Regarde tes mains.

Comme si tu chantais et que personne t'écoute.

Alors, tu chantes plus fort, pour ĂŞtre plus fort que la musique.

Tes épaules. Tu gaines.

On apprend pas Ă  danser, c'est comme respirer.

[sonnerie de réveil]

On danse parce qu'on en a besoin.

... et 8, et 1, et 2...

Chacun de tes mouvements est éphémère.

Alors, tu dois faire en sorte qu'il devienne éternel.

Quand tu me prends dans tes bras, je suis plus Maria.

Je suis toi. Et toi, tu es moi.

Nous sommes un en restant deux.

C'est ça, le plus dur à comprendre.

- Yes! - C'est bien !

Tu dois pas essayer d'ĂŞtre meilleur qu'un autre.

La seule personne que tu dois dépasser, c'est toi.

- [klaxon] - Ouh !

Surtout, il faut jamais penser Ă  ce que je t'ai dit.

Non, ça va pas. On reprend.

Si tu penses, tu tombes.

7, 8, et 1, 2...

Juste respire.

[expiration]

Danse comme un réflexe.

Sans réfléchir.

Juste toi...

et moi.

7, 8. C'est bien.

[en anglais]

Mesdames et messieurs,

bienvenue au Winter Gardens de Blackpool

pour le Festival international de danse.

Plus de 300 participants,

14 nations concourent pour les titres tant convoités.

Ce temple de la danse mondialement reconnu

attire des compétiteurs au sommet de leur art

qui vont transpirer pour vous donner le meilleur

de la salsa Ă  la rumba,

de la samba au chachacha.

Vous, qui ĂŞtes venus du monde entier,

que le meilleur couple gagne !

- Tu me lâches pas des yeux, OK ? - Oui.

[brouhaha]

Tiens. Habille-toi et mets ça.

C'est notre numéro.

Ça tombe bien, 92. C'est mon chiffre porte-bonheur.

- C'est vrai ? - Non.

[applaudissements]

[en anglais]

Merci à la série 1.

Thank you.

J'appelle la série 2.

Couples 23 Ă  44.

[valse]

Votre première danse,

la samba.

Je reviens.

[soupir]

[profondes respirations]

[grincement de la porte]

[expiration]

[reniflement]

[en anglais]

T'es un magicien ?

Euh...

Non, non. Je suis pas un magicien.

Je suis un danseur.

T'as une cigarette pour moi ?

Oui... oui,

je ne fume pas.

C'est pour vous.

Merci.

[profond soupir]

Oh, oh !

Quelqu'un ?

Quelqu'un ?

I'm outside!

Y a quelqu'un ?

Tony ?

Tony ?

[applaudissements]

[en anglais]

J'appelle la série 4, couples 67 à 88.

Votre première danse,

la samba.

[musique de suspense]

Tony !

Tony ?

Please! Please!

Tony !

[en anglais] Merci à la série 4.

[musique de suspense]

Et pour finir, j'appelle la série

couples 89 Ă  110.

[applaudissements]

Papa ?

[musique triste]

[valse] [applaudissements]

Le couple 92 est appelé sur la piste de danse.

Il semble que le couple 92 ne soit pas lĂ , nous allons continuer.

Votre première danse,

le chachacha.

[musique triste]

[brouhaha]

[la dame] Allez, on se dépêche.

Tu vas ĂŞtre en retard Ă  ton cours.

[Tony] Non, regarde. Ta brosse, tu la mets là. Derrière.

[apprenti] Putain, c'est dur, cette merde.

Oui, ça s'appelle le travail, Jérôme.

Brosse un petit peu en bas aussi.

- VoilĂ . - Je vais le niquer, ce carburateur.

Oui, c'est un beau projet.

Mais brosse un peu, avant. Sinon, ta mère va pas être d'accord.

[klaxon]

[raclement de gorge]

Je vais me marier avec ta fille.

Je vais me marier avec ta fille et je voudrais ton autorisation.

Ben... je sais pas moi.

Oui...

Tu l'aimes ?

Oui.

- Tous les jours ? - Oui.

[bruit de pas]

Elle est pas un peu jeune pour se marier ?

Non.

Alors ?

Alors, c'est oui. Mais mon avis...

- Et tu viens au mariage. - Non. Ça, je peux pas.

Si, tu vas venir.

Tu dois venir.

Elle me déteste.

Sûrement, mais...

elle te détestera encore plus si tu viens pas.

Tiens, c'est le carton.

C'est pas moi qui l'ai choisi. J'aime pas le rose.

[musique douce]

L'abandonne pas encore une fois.

Il est beau, le gamin, hein ?

[chant des cigales]

[expiration]

[essoufflement]

[soupir]

- Allez. - Attends, Tony, attends.

Avant que tu deviennes un père respectable,

je dois te dire quelque chose.

Je ne suis pas congolaise.

[léger rire]

Personne n'est parfait.

Moi, je crois que j'ai du sang congolais.

- Ah ! - Oh lĂ .

- Ah ! - Ça va ?

Te fais pas d'idées, hein.

C'est pour pas que je tombe.

[elle rit]

[brouhaha] [musique live]

- HĂ© ! - Ah, Diego !

- [Carmen] À l'amour. - [Diego] Merci.

Ah ben ! Ben...

il a plus de moustache !

[accords de guitare]

[Carmen chante "Historia de un Amor"]

[respiration haletante]

[Seemone : "Tous les deux"]

[musique joviale]

Sous-titrage : EVA France

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