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Al Hadj - Le début du voyage
Maryam !
Salam !
Tu veux du feu ?
- Tu as vu Arzu, aujourd'hui ? - Oui.
- Tu as pris le cachet ? - Oui.
- Tu veux toujours y aller ? - Bien sûr !
- Elle a demandé combien ? - 50.
Ça va pas être possible.
Revenez quand vous aurez des poils Ă la chatte.
Je suis turque. C'est nous qui avons inventé les poils de chatte.
Montre-les-moi.
Fais gaffe !
T'as vu ? Il m'a frappée.
Ça va pas ! Tu frappes les femmes ?
Il frappe les femmes !
Appelle la police. J'ai super mal.
1-1-0. C'est parti !
Connard !
- Fatigué ? - Oui, vraiment.
Fais gaffe, abruti ! T'es handicapé ou quoi ?
- Tu m'es rentré dedans. - Mon poisson est fichu.
Calme-toi !
Sinan, il l'a pas fait exprès.
Qu'il fasse un peu plus gaffe !
ArrĂŞte.
Dis Ă ton copain de faire attention.
Les gens veulent travailler. Abruti !
Sale pédé !
Sinan, ton père vend du poisson, hein ?
T'es turc. Pourquoi il vend pas de la viande de kebab ?
- La ferme ! Parle pas de ma famille. - Tu puerais moins.
Sinan, arrĂŞte !
ArrĂŞte ! Du calme.
T'as de la chance qu'il soit là . Je t'aurais buté.
Me regarde pas comme ça !
Tu pouvais pas la fermer !
Pourquoi ? Tu es là pour me protéger.
Je suis pas toujours lĂ .
Tu dois bien le comprendre
Non !
Tu dois ĂŞtre clair avec toi-mĂŞme
Non !
Tu dois marcher avec nous
Non !
Tout ce que j'ai Ă faire, c'est dormir, boire, respirer, baiser
Et vivre d'après mes propres règles
Tout ce que j'ai Ă faire, c'est dormir, boire, respirer, baiser
Et avaler Ă l'occasion un hamburger Ă 4 heures du mat
Attention !
Dégage !
Tu veux pas aller Ă l'hĂ´pital ?
Écarte les jambes !
Pousse.
Maryam !
ArrĂŞtez !
Police ! ArrĂŞtez !
Ne bougez plus !
Laissez-le.
Je suis flic.
La ferme.
Police.
Maryam ?
C'est moi. Ouvre.
On a un verre de trop dans le nez.
La ferme, sale Tsigane ! Ta gueule !
Je t'ai dit de la fermer, connard !
Rentre chez toi.
Dis plutôt à ta mère de rentrer chez elle !
Pétasse !
Et ta mère !
Ça va ?
Je crois pas qu'il soit tsigane.
C'est quand mĂŞme un con.
Ça va aller ?
Bon, on prend un taxi.
Qu'est-ce que tu fais ?
Non !
ArrĂŞte !
Tu veux l'emmener avec toi ?
Depuis quand ĂŞtes-vous en Allemagne ?
35 ans.
Ah ! Vous venez du Nigeria.
Oui, mais on est ici depuis 8 ans.
Vos papiers.
Bien. Vous pouvez partir.
Idiot ! Bande d'idiots ! C'est partout pareil.
Dans mon pays ou le vĂ´tre, c'est toujours la police.
En allemand !
Rainer !
Si leurs papiers sont en règle, laisse-les partir. Elle a raison.
Vos papiers sont périmés...
C'est bon. Vous pouvez y aller.
Vous pouvez y aller !
Al Zalat - Le dévouement
Bonjour.
Viens, on va te mettre ton blouson.
- Quelle heure est-il ? - 9h30.
Je vais travailler. J'emmène le petit à l'école.
Tu dors dans le salon, maintenant ?
Kinay, va mettre tes chaussures.
Écoute.
Je l'ai revue.
Qui ?
Leyla Imamovic.
Un contrĂ´le de routine.
Ses papiers étaient périmés. Je l'ai laissée partir.
Tu as quoi ?
Je l'ai laissée partir.
Personne n'a rien vu.
Mais pourquoi ?
Pourquoi tu as fait ça ? Tu ne lui dois rien.
- Il ne s'agit pas de ça. - De quoi, alors ?
Je ne veux pas revivre ça. Je ne le supporterai pas.
On arrive enfin à peu près...
Ă avoir une vie normale.
Oui.
Tu as raison.
Je voulais juste te le dire.
C'est arrivé.
Ça ne se reproduira plus.
Fini.
Maman ?
Promis.
Raté.
Essaie de viser plus Ă gauche.
Tout va bien ?
C'est pas ton jour, dis ?
Tu as raison, c'est pas mon jour.
Touché !
Daniel, tu es encore lĂ ? Tu n'as pas cours ?
Ça, c'est la vie et mon école, c'est la vie.
Qu'est-ce que tu sais de la vie ? Va aider Sammi.
Daniel s'en occupe. Ce n'est pas halal.
Tu veux vraiment venir demain ?
Tu veux pas ?
- Tu as cours. - Ça m'intéresse, la mosquée.
Ne bougez plus !
La ferme !
Tu devrais inviter Daniel à dîner.
Je ne sais pas, maman.
Il est gentil. Tu devrais l'inviter.
Peut-ĂŞtre.
Je ne suis pas sûr.
Je peux entrer ?
Sammi.
- Comment va ta mère ? - Bien.
Tant mieux.
Voici Daniel, un ami. Il veut assister au cours de Coran.
Il est circoncis ?
Bien.
Tu peux te joindre Ă nous. Le cours est en allemand.
Tu peux y assister en tant que non-musulman.
Sinan !
Tu peux traduire pour notre invité ?
Il n'y a de dieu qu'Allah et Mahomet est son Prophète.
Bien.
C'est la Shahada.
Notre profession de foi.
En prononçant cette phrase devant un témoin,
on devient musulman.
Ça veut dire quoi ?
Allah, fais que je sois repentant et pur.
Pur ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Que tu es juste, que tu agis en aimant ton prochain,
que tu es honnĂŞte, que tu...
HonnĂŞte ?
Oui.
Que dit le Coran sur les gens comme nous ?
Les gens comme nous ?
Ça va aller ?
Où étais-tu ?
Chez Renan.
Encore chez Renan !
- Papa... - Je ne veux pas le savoir.
Va te coucher.
Et ferme la porte.
Oui, papa.
Oh non !
Ton petit-déjeuner est prêt.
Papa ?
Tu ne vas pas à l'école aujourd'hui ?
Les deux premiers cours sont annulés.
C'est pour ça que je suis rentrée tard hier.
Tu vois toujours le docteur Olmas ?
Ça fait des années ! C'était mon pédiatre
quand maman...
quand maman vivait encore.
Ton déjeuner va refroidir.
Excusez-moi. Où se trouve le service de gynécologie ?
Au fond à droite, l'ascenseur, 3e étage.
Ça ne va pas ?
Je peux vous aider ?
Il y a quelqu'un ?
- Que s'est-il passé ? - J'ai eu un accident.
Arzu.
Entre.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je t'ai dit de ne jamais venir ici.
J'ai été bien claire. Je travaille ici.
J'ai besoin de toi. Il y a un problème.
C'est sorti ?
Oui.
Tu saignes fort, comme quand tu as tes règles ?
Des douleurs et des crampes ?
Tu as les cachets que je t'ai donnés ?
- Oui. - Prends-les.
Oui, mais...
Tout va bien, Maryam.
C'est comme ça.
Je ne peux rien faire de plus.
Et merde !
Mon Dieu !
Mon Dieu, fais que ça s'arrête !
Merde !
Al Sakat - Le sacrifice
Il a gémi toute la nuit.
Il ne voulait pas manger, ni se brosser les dents.
J'ai essayé de te joindre mille fois.
Je me disais
que je devais trouver le moyen de le calmer,
parce que j'étais à bout.
Il a quand mĂŞme fini par s'endormir.
Je le regarde en pensant
qu'il est tellement beau que j'en pleurerais.
Aujourd'hui, il y avait une femme aux urgences,
avec son bébé. Elle a eu un accident.
Je ne pouvais pas la regarder, ni lui parler.
J'ai continué ce que je faisais.
J'avais envie d'aller lui prendre la main.
Mais j'avais tellement honte...
parce que mon fils est dans son lit, en bonne santé.
Et tellement, tellement beau.
Puis, je rentre Ă la maison,
et le petit gémit.
Il gémit et tu n'es pas là ...
Où étais-tu passé ?
Ce n'est pas juste, je sais. J'ai eu une journée difficile.
Je ne sais pas...
Je me fais des idées depuis que tu as rencontré cette femme.
- Elle a besoin d'aide. - Oui, bien sûr.
Je pourrais l'aider.
Tu es le dernier Ă pouvoir l'aider.
C'était moi, le type avec le flingue.
C'était un accident.
Ce n'était pas un accident.
Je vois ça tous les jours. Un accident, ça arrive.
C'est à elle que s'est arrivé.
J'ai tué son enfant.
Papa ?
Maintenant, tu as réveillé Kinay.
Rendors-toi.
Rendors-toi.
Qui cherche du travail ?
Il me faut quatre personnes.
Un...
deux...
trois...
quatre. Par ici.
Amen.
- Des dattes ? - Oui.
- Donne-lui une fourchette. - Ça va aller.
- Tu es sûr ? - Oui.
C'est de la banane ?
Ça va ?
Mais non !
Finis de te préparer.
Parle-lui. Je me fais vraiment du souci.
- Appelle-la. - Oui, je l'appellerai.
Yo, mec. Ça va ?
- Ça roule ? - Oui, mec.
Renan, Sammi. Sammi, Renan.
Samuel Jackson !
Voici Daniel.
Vous vous ĂŞtes connus oĂą ?
- Dans une backroom. - Quoi ?
Au travail.
- Aux halles ? - VoilĂ .
Il est arrivé un peu après nous.
Je fais un tour.
Excusez-moi.
- Un coca. - Une vodka Red Bull.
Merci.
Ma chanson préférée.
Non, non ! On dansera plus tard. On vient d'arriver.
C'est du coca ?
- Tu bois pas d'alcool ? - Non, je suis musulman.
Oui, c'est vrai. Moi aussi.
Je vais aux toilettes.
Je reviens.
Maryam, décroche. Il faut que je te parle.
Décroche ton téléphone, putain !
HĂ©, mec ! Tu me suis ou quoi ?
Bas les pattes !
OĂą est notre copain black, branleur, hein ?
Ça vient de moi, cette odeur de poisson, ou de toi ?
Ça te fait bander ? Ça t'excite ?
Ça t'excite ?
Ça te fait bander ?
Tu veux la toucher, hein ? Tu veux ?
Tu veux voir ?
Espèce de branleur !
Sinan ! ArrĂŞte un peu !
Qu'est-ce qui te prend ?
Il a fait dans son froc, le pédé !
Viens !
Daniel, ça ne sert à rien.
Ça ne sert à rien.
Écoute-moi.
Écoute-moi. Il cherche juste à te provoquer.
Calme-toi.
"Nous vous avons avertis d'un châtiment proche.
"Ce sera le jour de la vérité."
Papa !
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Tu es brûlante.
Tu devrais voir un médecin.
Je ne sais pas si tu comprendras...
Ça a un rapport avec Renan ?
J'ai mes règles, c'est tout.
Je suis désolé.
Je voulais juste...
Je m'inquiète pour toi.
Ta mère...
Je n'ai pas le cancer.
Et je suis entre les mains de Dieu, non ?
Si.
C'est toujours pareil avec Orhan. Il a failli me battre...
Tu veux y aller ?
On est en Allemagne. Je travaille chez Starbucks...
- Je dois y aller ? - Tu n'es pas obligée.
Mon mari est arrivé...
Un professeur d'allemand.
Surtout pour les enfants,
mais aussi pour les autres...
AllĂ´ ?
- Je ne veux pas vous déranger. - Mais non.
Que puis-je faire pour vous ?
Est-ce que je peux me joindre Ă vous ?
Bien sûr.
Merci.
Assieds-toi.
Parle, Cemre.
Il a failli me battre devant les clients.
Alors, je lui ai dit...
que j'avais mes règles
et que c'était péché de jeûner.
Et il s'est calmé.
Tu as péché deux fois : tu as mangé et menti.
Désolée. C'était juste un verre d'eau.
Il l'a mérité.
Il me surveille au travail,
comme s'il n'avait rien de mieux Ă faire.
Tu n'as pas peur qu'il te punisse ?
Qui, Orhan ?
Non, Dieu.
Dieu est tellement occupé avec les péchés des hommes
qu'il ferme un œil sur les femmes.
Il y avait des punaises.
Elles te piquent. Après, tu ressembles à une pizza.
Elle a dormi chez sa copine...
Il y a un problème. Il y a quelque chose qui ne va pas.
Oui, je crois aussi.
Ton chef n'a pas de goût. Ça vient d'Afghanistan ?
J'ai un problème.
Ce médicament...
Ça va passer.
Je fais des rĂŞves bizarres.
- Quoi ? - ArrĂŞte !
- Ce n'est pas bien. - Tu me fais mal !
Tu as pris une décision.
Celle de ne pas détruire ta vie et de te débarrasser de l'enfant.
Et tu m'as demandé de t'aider. Alors pas de reproche !
Qu'est-ce que tu veux ?
Te parler.
On va boire un café ?
Je travaille ici et je suis en pause.
Alors tu as le temps.
Je n'ai rien Ă te dire. Je veux que tu partes.
J'ai parlé à Renan.
Je ne comprends pas.
Mais si.
Elle m'a dit ce que tu as fait.
Tu aurais dĂ» me le dire. J'aurais pu t'aider.
Ça ne te regarde pas.
Bien sûr que si.
Ça me contrarie. Tu comprends ?
Je ne mange plus,
je ne dors plus.
Je fais des cauchemars.
Comment tu as pu tuer mon enfant ?
Dis quelque chose.
C'était vraiment mon enfant ?
- Désolé. - Dehors ! Tire-toi !
Dehors !
Mon Dieu ! Fais que ça s'arrête !
Mon Dieu, fais que ça s'arrête. Je ferais n'importe quoi.
Je renoncerai au mal. Mais fais que ça s'arrête.
Al Saum - L'abnégation
Dieu est grand.
Quoi ?
Sur le pendentif, il est écrit : "Dieu est grand."
Pourquoi tu as... ?
Dis quelque chose.
Tu t'en vas ?
Tu me fais un bisou ?
Pourquoi ?
Parce que j'en ai besoin.
Attention. C'est chaud.
- Fais attention ! - C'est ramadan.
C'est ça.
Tu as dit quoi Ă Sinan ?
Je suis inquiète.
Tout le monde s'inquiète pour moi.
- Vois un médecin. - Pas la peine.
- Les douleurs ont cessé ? - Ça va.
Les douleurs ont cessé ?
Et les saignements ?
Tu devrais parler à ton père.
Ou tu lui parleras ?
Tout ce qui arrive est justifié.
Fiche-moi la paix. Ne parle plus de moi Ă personne.
Tu as compris ?
Tu changes de style ?
Pourquoi ? Ça ne te plaît pas ?
Si.
Le lycée a appelé. Tu étais absente ces derniers jours.
Je ne me sentais pas bien.
Ça va mieux ?
Le jeûne m'a aidée.
Le jeûne ?
Je me sens lucide et pure.
La faim permet de distinguer les rêves de la réalité.
Fais gaffe, merde !
Ce n'est pas sa faute. Je t'ai vu, tu l'as poussé.
Nettoie-moi ça.
Fiche-moi la paix.
Fiche-moi la paix !
Pourquoi tu as fait ça ?
Dieu te met à l'épreuve.
Ça ne vient pas de toi.
Ce Daniel, évite-le.
Ne le laisse pas...
Il ne s'agit pas de Daniel, mais de moi.
Je ne veux plus en entendre parler. C'est haram, interdit.
Prions.
Ça suffit !
Allez !
Nous allons prier Dieu,
et tout rentrera dans l'ordre.
"Je me réfugie auprès d'Allah, contre Satan, le maudit."
Prie avec moi, Sammi.
Content de te revoir.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
ArrĂŞte de me suivre.
Compris ?
C'est d'accord.
Promis.
Je m'en vais.
Je ne reviendrai plus.
Dis-moi juste une fois
que toi aussi, ça t'a plu.
Tu ne peux pas ou ne veux pas comprendre ?
Ça t'a plu.
Ce qu'on a fait n'était pas bien.
C'était mal. OK ?
Ça t'a plu.
- C'était mal. - Ça t'a plu.
Ma religion me l'interdit.
Ça t'a plu.
Ça t'a plu !
Pourquoi tu es parti ?
C'est pas pour moi. Je suis pas comme toi.
- Je ne trouve pas... - Tu es musulman.
J'ai vu qu'ils cherchaient une prof d'allemand.
C'est pour toi.
J'ai enseigné...
en cours du soir.
Mais après, je t'ai rencontré.
J'aime bien Angelina Jolie. Elle s'occupe des enfants pauvres,
mĂŞme si c'est une star.
Et elle est avec Brad Pitt.
Tu ne parles pas sérieusement ? Elle ne connaît rien à la vie.
Parce que toi, si ?
Moi, j'aime bien Khadija, la première femme du Prophète.
C'est un modèle. C'était une femme d'affaires.
Elle a épousé Mahomet qui avait 15 ans de moins qu'elle.
Elle était moderne.
Elle ne se souciait pas du qu'en-dira-t-on.
Le qu'en-dira-t-on est important pour la communauté.
Oui, et c'est bien pour ça que tout se sait.
Qu'est-ce qui se passerait autrement ?
Je pourrais de nouveau m'amuser un peu !
Je ne crois pas que ça intéresse Dieu.
- Tu le sais. - Oui, je le sais.
Dieu veut qu'on suive ses lois.
Mais pas que tu sois son gardien.
Si. Il le veut.
Il nous juge sur nos actes.
C'est Allah qui décidera de quel côté la balance penchera.
Ce sera entre toi et Lui.
Tu ne sais pas de quoi tu parles.
- Tu le sais, toi ? - Oui.
J'ai connu les abîmes.
"Quiconque ne croit pas en Dieu, en ses anges, en ses messagers...
"et au Jour dernier...
Il appartient à chacun de décider comment vivre sa foi.
"...s'égare, loin dans l'égarement."
C'est dans le Coran.
Maryam, attends !
Je sais que j'ai déconné.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je regrette ce que je t'ai dit au magasin.
Quand ça ?
Écoute, je me suis mal conduit
Ă cause de...
de l'histoire de l'enfant.
Quel enfant ? De quoi tu parles ?
Tu as eu raison de faire partir l'enfant.
De quoi tu parles ?
Tu te fous de moi ?
Fais attention. Ne raconte pas d'histoires sur moi.
Quelles histoires ?
Ça va ?
MĂŞme si beaucoup ne le comprennent pas,
le Coran est un livre sur l'amour.
Mais est-ce que tu parles d'amour ou de désir ?
Je parle... d'un ami.
Un ami qui est déboussolé.
Il ne sait pas ce qu'il ressent, ni si c'est bien.
Il y a des amours interdites...
non ?
C'est mal.
Allah n'en veut pas
parce que...
Je suis désolé.
C'est le Coran qui nous dit la plupart du temps
ce qui est bon et mauvais, bien et mal.
Il veut bien nous guider et nous réconforter, mais...
il ne peut pas nous dire qui nous sommes.
En tant qu'ami et non en tant qu'imam,
je peux dire ceci Ă ton ami...
Aux yeux d'Allah, toutes les formes d'amour sont bonnes.
C'est ce qui le rend supérieur aux hommes qui ne l'ont pas compris.
Comment ça avance avec ta sourate ?
Bien.
Ce n'est pas dans le bons sens.
La Mecque est par lĂ .
Pourquoi tu t'es disputée avec les femmes ?
Tout le monde en parle.
On a assez de fondamentalistes comme ça.
Peut-ĂŞtre qu'il en faut plus.
Alors...
tu m'en veux.
"Ô, mon père...
"J'ai reçu une science qui ne t'est pas parvenue.
"Suis-moi et je te guiderai."
ArrĂŞte ! ArrĂŞte de citer.
Je suis dans les mains de Dieu.
Il me guide d'une main de fer sur Sa voie.
Tu parles comme un vieil homme !
Ça te déplaît qu'elles m'écoutent, moi, et pas leur imam.
Écouter ? Tu parles des filles que tu perturbes avec ton blabla ?
Tu es tellement tolérant que tu as oublié d'être musulman !
Tu aurais dĂ» le faire plus tĂ´t.
Tu sortiras d'ici quand tu auras retrouvé la raison.
Donne-moi la clé !
Je préférais l'ancienne Maryam.
Ouvre la porte !
Merde !
"Et un tiers des étoiles disparaîtra."
Je t'ai touchée ici ?
Oui.
Je suis désolé.
Je n'ai pas besoin de ta pitié.
Je ne voulais pas.
Moi non plus.
L'enfant. Je n'en voulais pas.
J'ai prié Dieu pour qu'il disparaisse.
Je ne voulais pas d'enfant de cet homme.
Je ne voulais pas l'avoir en moi.
Je ne voulais pas qu'il grandisse en moi.
J'ai prié, imploré Dieu pour qu'il disparaisse.
Quoi ?
Et puis, tu es arrivé.
Mon ange noir.
Tu as exaucé mon terrible, terrible vœu.
N'importe quoi !
Et fait disparaître cet enfant.
N'importe quoi !
C'est Dieu qui m'aurait envoyé ?
Ça n'a rien à voir avec Dieu.
Ton dieu est un pauvre petit voleur.
Blasphème !
Il a volé un autoradio. Et je courais derrière lui.
Chaque jour, j'imagine que ce n'est pas arrivé,
que je n'ai pas bougé et que je l'ai laissé partir.
La main de Dieu !
Dieu...
Un autoradio.
On dirait une arme.
Il se retourne.
Et je vois des étincelles dans le noir.
- On dirait une arme. - Tais-toi.
Je lui dis de laisser tomber l'arme.
Je tire.
Tais-toi.
Je tire sans réfléchir...
- Tais-toi ! - Je t'entends crier.
La ferme, enfin ! La ferme !
Je t'entends crier tous les jours.
Tous les jours.
C'est pour ça que tu es là ?
J'essaie de me racheter, d'une manière ou d'une autre.
Il n'y a rien Ă racheter.
Je suis terriblement désolé.
Si tu vas aussi mal,
sois cohérent.
Tire-toi une balle !
Tu n'as fait que ce que j'ai demandé à Dieu.
Dieu...
- Tiens. Tire. - Qu'est-ce que tu fais ?
Si Dieu m'a envoyé, rien ne peut arriver.
Non.
Tire. Si je suis ton ange noir, tire.
- ArrĂŞte. - Tire.
Al Shahada - Le choix d'une voie
Qu'est-ce que l'islam ?
Qu'est-ce qu'ĂŞtre un bon musulman ?
Quand les enfants Ă qui j'enseigne ou les adultes que je conseille
me posent des questions,
je parle toujours de la communauté musulmane.
Je pense Ă ceci :
qu'est-ce que cela signifie, ĂŞtre bon ?
Dans cette grande communauté.
L'œil d'Allah est ravi
de voir un homme bon, un fils honnête, un bon frère,
un bon père qui aide son enfant dans les problèmes quotidiens,
qui lui apporte son soutien ici-bas,
qui comprend le monde et l'époque de son enfant
et ne pèche pas contre les possibilités
qui s'offrent Ă ce dernier.
Pour ces petits péchés,
nous demandons aujourd'hui pardon Ă Allah.
Nous levons nos mains au ciel et disons :
"Je n'ai qu'un maître,
"Allah,
"et aucun autre maître qu'Allah.
"Allah, pardonne-nous."
Et Allah dira : "Je vous ai pardonnés."
Ce n'est pas vrai !
Dieu voit et punit.
Vous croyez que vous pouvez pécher et vous pardonner ?
Tu leur mens !
Vous péchez devant Dieu si vous écoutez cet imam.
Il ne le supportera pas plus longtemps.
Vous n'avez pas vu les signes ?
Le premier ange qui a sonné la trompette.
Maryam, arrĂŞte.
La grêle mêlée de sang.
ArrĂŞte !
Le deuxième ange qui a sonné la trompette, l'eau mêlée de sang.
Vous n'avez pas vu ? Vous n'avez pas d'yeux ?
Le Jour dernier approche ! Vous n'avez pas vu les fléaux ?
Les étoiles qui disparaissent ? "Un signe apparut dans le ciel.
"Une femme revĂŞtue du soleil, la lune sous ses pieds.
"Elle était enceinte, et elle criait..."
- D'abord, elle sort en boîte... - Que sais-tu de ma fille ?
- Maîtrise-la, sinon... - Quoi ?
Quoi ?
Pour l'amour du ciel !
Tu as perdu la tĂŞte ?
J'entends... Il y a une certitude en moi.
C'est comme la voix d'un ange
qui dit...
Non, je sais que nous devons changer.
Dieu ne nous pardonnera pas si nous ne changeons pas.
Tout de suite !
Nous prions...
"Nous ne doutons pas de la bonté d'Allah.
"Allah le Clément,
"Allah le Miséricordieux nous pardonne."
Non.
Écoute-moi, je suis ta fille.
Regarde-toi. Regarde-moi.
Qu'est-ce qu'Il nous a pris ?
Il ne me pardonne pas. Il ne m'accorde aucun réconfort.
Que s'est-il passé ?
Qu'as-tu fait pour croire qu'Allah te punit ?
Vedat !
Parle, enfin !
Le pire. J'ai fait ce qu'il y a de pire.
Et Allah a su comment me punir.
Il faut qu'on se parle.
Il faut qu'on se parle.
- Sammi, comment ça va ? - Bien.
Tu es en pause ?
- Oui. Toi aussi ? - Oui.
On va plus loin.
Du calme, mec.
Hé, mon frère ! Ça va ?
- Laisse tomber. - Du calme. On est tous amis.
On est tous amis.
Alors ? Tout va bien ?
Je déteste ce job. Pourquoi Allah ne nous donne pas de fric ?
Parce qu'Il sait bien ce qu'on en ferait.
T'as pigé ?
C'est quoi, ça ?
Un suçon ou quoi ?
Ça vient de ton copain, hein ?
Ton petit copain ?
C'est quoi, ce regard ? On craque ?
Il te branche ?
Qu'est-ce que tu regardes ?
- T'es amoureux ? - ArrĂŞte de regarder !
ArrĂŞte de regarder !
ArrĂŞte de regarder !
Baise-le !
Je vais faire de toi un musulman.
Tu fais ta profession de foi.
Fini, ta vie de pédé.
Génial, mec !
Répète après moi.
Il n'y a de dieu qu'Allah et Mahomet est Son prophète.
Répète : il n'y a de dieu qu'Allah et Mahomet est Son prophète.
Répète, sale pédé ! Répète !
Dis-le juste une fois !
Répète, branleur !
- Pédé, parle ! - La ferme !
Qu'est-ce qui te prend ? On le tient.
On le tient.
Non !
Attends.
Quoi ? Je veux rentrer.
Il faut que je te parle.
Écoute. Il nous a fallu des années
pour bâtir cette communauté.
Nous avons dû combattre les préjugés.
Maintenant, tout le monde peut nous rejoindre.
Si tu continues, tu vas détruire la communauté de ton père.
Je ne détruis rien. Il faut aider la communauté.
Ouvrir les yeux aux jeunes.
Tu oublies que les jeunes doivent respecter leurs aînés.
Nos parents veulent qu'on leur obéisse.
Mais leur vie et leur foi sont fausses.
Mon père en est le meilleur exemple.
A la mort de ma mère, il m'a laissée faire ce que je voulais.
Tout ça, c'est sa faute !
Comment tu peux dire ça ?
Le Coran dit :
"Mais s'ils te forcent Ă M'associer Ă ce que tu ne connais pas,
"ne leur obéis pas."
Mon enfant, il faut toute une vie pour comprendre le Coran.
Laisse-moi.
Jure-moi devant Allah d'arrĂŞter.
Ma fille !
Que s'est-il passé ?
Vos enfants
ne sont pas vos enfants
Ce sont les fils et les filles
du désir de vie
Ils viennent Ă travers vous, mais non de vous
Et bien qu'ils soient avec vous,
ils ne vous appartiennent pas
Vous pouvez leur donner
votre amour,
mais non point vos pensées
Nous avons trouvé la notice d'un médicament sur votre fille.
Il est utilisé pour effectuer une interruption de grossesse.
Votre fille a avorté illégalement.
Il aurait fallu l'amener tout de suite chez nous.
Elle a failli se vider de son sang.
Tout va bien, mon enfant.
Tout va bien.
Toi non plus, tu n'arrives pas Ă dormir ?
Tu sais ce qui m'aide ?
Prier. Ça m'ennuie tellement. Je peux ?
"Épuisé, je vais me coucher.
"Et bientôt, j'ai les yeux fermés.
"Père, je t'en prie, veille sur mon propre sommeil.
"Si j'ai péché ces derniers temps, que Dieu se montre clément.
"Ta bonté nous rend plus forts et répare tous les torts.
"Que tous mes proches soient, Seigneur, auprès de toi.
"Petits ou grands, tous les hommes doivent accéder à Ton royaume.
"Laisse les cœurs malades reposer.
"Ferme les yeux fatigués.
"Que la lune, du haut des cieux, contemple le monde silencieux."
Bonne nuit, papa.
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