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Celui qui chante, c'est mon père.
Vous me devez 1,90 $.
Gardez la monnaie.
- C'est Nicko ! - Papa !
Comment va ma tendre ?
T'aurais pu appeler pour dire que tu venais.
- J'aurais fait des dolmades. - Je voulais faire une surprise.
- Où est Polly ? J'ai appelé de la gare. - Pas là.
- Elle t'aime pas. - Ça va, papa ?
Tu fais quoi à la maison ? On t'entend chanter de loin.
- Cadeaux pour tout le monde. - Des cadeaux ?
- Le gros, c'est une lampe d'Inde. - Inde.
Chine. Japon. Les Îles Mélanésiennes.
T'entends ça, Midera ? Il a voyagé, le Nicko.
C'est le meilleur mécano du navire.
Un barreau ou une vanne pétés, ils m'appellent.
Et ils pleurent quand tu t'en vas.
Maman, des boucles d'oreille pour toi.
Portées par les danseuses de Java.
Non. Nick, je suis trop vieille.
Porte-les. C'est toi, ma cavalière.
Papa ?
Et pour le papa de Polly.
- C'est tout lui. - Exactement.
Nicky ! Où est-il ?
Nick, arrête.
D'où vient ce truc horrible ?
Des Îles Cannibales.
Les danseuses les portent à... Nicko ?
- Java. - Elles sont superbes.
Et voilà pour toi.
Elle est très jolie.
Merci, Nick. Elle me plaît beaucoup.
Ce sera ma pelote à épingles.
Son doigt. Regarde son doigt.
Nicky. C'est magnifique !
Elle a dû coûter une fortune.
- Et ça ? - C'est incroyable.
1 800 dollars pour monter une affaire avec ton père.
Tu devrais l'entendre. Il peut avoir un emplacement.
Le chanteur.
Ça, c'est pour papa. De Chine. Des chaussons mandarins.
Les Chinois ont des petits pieds. Dur de trouver ta taille.
Essaie-les. Regarde s'ils te vont.
Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
J'ai juste dit "essaie-les".
Je peux pas, Nicko.
Pourquoi ?
- Papa. - Remets-la, Nicko.
Que s'est-il passé ?
Qu'est-il arrivé ?
Je débarque ici comme un clown. Je savais pas...
- Il met le phonographe, il chante. - Et alors ?
J'ai perdu mes jambes, pas ma tête.
Que s'est-il passé ?
- Dis-moi. - J'avais un bon chargement de tomates,
des Earliana, les premières de la saison.
Je les laisse au vendeur, Mike Figlia,
à San Francisco, en consignation.
Je reviens pour l'argent.
Il m'allèche, parle d'un bon prix.
"On va fêter ça", qu'il dit. "Je te paye à boire."
J'y vais. Deux, trois verres de vin.
"File-moi mon blé maintenant", que je dis.
Et lui, il dit : "Mais oui, je vais te payer.
Reprends du vin."
Deux gars du marché, me disent : "Allez, mec."
On boit du vin.
Je ris, je me sens bien. Je m'amuse, quoi.
Je pense à la joie de maman quand je rentrerais,
et la couvrirais de billets, partout sur le sol.
Et puis, rien. Je me rappelle plus.
Je me rappelle que ça faisait mal, très mal.
Longtemps, il a pas cru que ses jambes étaient plus là.
Il pensait que ça repousserait.
Mais comment ça s'est passé ?
Le camion s'est renversé dans le fossé.
Ils m'ont retrouvé, mais pas l'argent.
Mike Figlia a pas payé.
Je l'ai appelé à San Francisco. Il a payé.
- Non. - Papa a vu un avocat.
- Il a dit d'oublier. - Pas moi.
- L'avocat a joint Figlia. - Il a deux témoins
- qui l'ont vu payer. - L'a pas payé.
Maman, laisse-le tranquille.
Je te vois ce soir après ton travail.
Oui, Nicky.
Au revoir.
Papa, les deux témoins travaillaient pour Figlia ?
Oui. Des escrocs. Des menteurs.
Il a raison. On l'a pas payé.
Ils l'ont soûlé, mis dans son camion et renvoyé.
Il s'est sûrement endormi au volant.
Où est le camion ?
Réparé par l'assurance. Je m'en sers pas.
Je l'ai vendu à Ed Kinney.
Ed Kinney. Y paye pas non plus. Il a pris le camion et fait des promesses.
Tu fais le bien partout, hein papa ?
Où vit ce type ?
Pourquoi, Nicko ?
Je vais récupérer le camion et reprendre de force le blé à Figlia.
- Pas besoin, Nicko. - Je veux voir ce Figlia, maman.
Où est le camion ?
Maman a peut-être raison, Nicko. Figlia a peut-être payé.
Quelqu'un aura volé l'argent après l'accident.
Où vit Kinney ?
N° 600, Elm Street. Mais laisse-le tranquille.
Il connaît mieux les récoltes que n'importe qui ici. Il va me payer.
T'es vraiment une bonne poire, papa.
L'arriviste, quelqu'un veut te voir.
- Suis occupé. - Il peut pas vous voir.
Moi, si.
Sors d'ici, mon grand, le type a l'air d'insister.
- Oui ? - Nick Garcos.
Tu n'as pas payé. Je reprends le camion.
Pas besoin. Je vais payer.
- Quand ? - Après-demain.
Toutes mes dettes d'un coup et des cigares pour ton père.
Mon père aime ça, mais pas moi. Où sont les clefs ?
J'ai besoin du camion. J'ai un gros trajet.
Les clefs.
J'ai acheté ce camion à ton père. Je m'adresserai à lui.
Tu me parles à moi. Où sont les clefs ?
Cette "bonne affaire" que ton père m'a vendue,
j'ai sué pour la faire tenir.
Le joint de cardan est mort. L'arrière est foutu.
Je voudrais le rendre, mais j'en ai besoin pour un trajet. Juste un.
S'il s'en fait pour son blé,
dis-lui qu'Ed fait le 1er chargement de pommes Golden.
Tu n'as pas de sous pour le camion ?
Non. Mais cette récolte est si bien,
que 2 types m'en achètent juste pour savoir où c'est.
Tu parles comme mon père. C'est que du vent.
Donne-moi les clefs.
Faudra me frapper.
J'ai du flair pour ça. J'ai de la route.
Dans ce verger, les pommes mûrissent plus tôt.
La pente sud bénéficie du soleil. Des Golden Delicious !
C'est du blé assuré. Demande à ton père
si un vendeur donnerait pas n'importe quoi pour en avoir.
Ah oui ?
À San Francisco ?
Ils mangent des pommes. Ils les prendraient facilement.
- Figlia serait intéressé ? - Cet escroc.
Il en serait tellement dingue qu'il t'arnaquerait même pas.
Dommage que ton père ne puisse marcher.
Il viendrait avec moi s'il avait 1 200 dollars.
Je me passerais des deux types. Ce sont pas des amis.
J'aime bien ton père. C'était un bon camionneur.
On achèterait 2 chargements de Golden, un pour lui, un pour moi,
- et ce serait le jackpot. - Hé, mec !
Les deux types dont je parlais.
Si j'avais pas affaire à eux. C'est des renards.
Ils m'auront dès qu'ils sauront où sont les pommes, je suis sûr.
Grand échalas, gros buveur,
quand est-ce que tu démarres la trottinette ?
Je pourrais peut-être avoir les 1 200 dollars.
- Ed. Elle est prête ? - Prête à rouler.
En voilà un bon associé.
Après avoir pris l'argent demain midi, on peut partir.
Ce sera trop tard. Vous auriez dû venir hier.
On va nulle part. C'est annulé.
- Quoi ? - Je pige pas.
Le fermier a vendu tout le verger à un gros expéditeur.
Mais non ! Il a fait affaire avec nous.
On peut plus faire confiance à personne.
Qu'est-ce que tu penses de ça ? Renvoyés avant de commencer.
Je sais. Y aura peut-être quelque chose la semaine prochaine.
Gardez le contact, au cas où.
Super
J'aurais dû me fier à ce rêve.
J'avais plein de billets dans les mains, et quand je me réveillais...
Mais non, fais pas ton crédule.
- Comment ça ? - Il prend ça très bien.
Il va se tortiller dans la terre là-bas ?
Il a pas l'air de regretter, c'est tout.
Faut un autre camion.
Je connais un mec avec du surplus de l'armée.
Verse-lui un acompte et on est partis.
Dis-lui qu'Ed Kinney t'envoie.
Tu leur as joué un sale tour.
Pas de place pour la dentelle.
Faut ruser pour avoir ce qu'on veut dans ce métier.
Achète les chargements, moi, je les vends.
Joue-moi le même tour et je te tords le cou.
Tu veux te retirer ? Quand tu veux.
- On part quand ? - Ce soir.
Quand t'auras le camion, dors un peu.
On va rouler 36 heures d'affilée.
- Tu vas y arriver ? - Évidemment,
mais pas de mauvais tours.
Pourquoi je te jouerais un mauvais tour ?
Je suis bonne poire, comme mon père.
Je suis venu chercher le camion et je finis par claquer mon fric.
Je vais te dire une chose.
J'ai travaillé comme un chien pour ce fric.
Une ruse et je te fais la peau.
Merci. Je m'en souviendrai.
Pavel ! Tu fais quoi ? Cueille les pommes.
Olga, Fario, Mario cueille deux fois plus de pommes que vous.
Le camion attend pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Le joint de cardan lâche.
- J'ai entendu. - J'avais peur qu'il tienne pas.
- Regarde-moi ça. - Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Panique pas. J'ai sué pour qu'il tienne,
et je suis prêt à suer jusqu'au marché.
Il me faut 1 200 dollars.
Tu vas prendre une clef pour serrer les boulons ?
Ceux de devant.
Je vais payer le vieux.
Ma femme a dit un dollar le cageot.
- C'est ça. - Merci.
Merci. Bonne chance.
Bon voyage.
Vends bien mes pommes, hein !
Attends ! Stop ! Pars pas, attends !
Vous avez mal compté. Y'a eu une erreur.
Y'a eu une erreur. Y'a que 900 dollars.
C'est ça, 3 pièces le cageot.
3 pièces le cageot ?
Ça fait 75 cents.
75 cents ? C'est de la triche.
Je paierai pas plus. T'as qu'à récupérer tes pommes.
- Quoi ? - Mon camion est mort sur ta colline.
Je me fiche de pas les prendre.
Reprends ton argent et moi mes pommes !
De la triche, de la triche !
Bien joué, Ed.
Bien joué.
- Il a triché ! - A dit 1 dollar et paye 3 pièces.
25 cents épargnés par cageot. Pas mal.
- 300 dollars. - On peut y perdre.
Je vais faire quoi de ces pommes ?
Il a pas de camion. Elles vont pourrir.
- Donne-lui son argent. - On doit réparer le joint de cardan.
On gare ta remorque et on revient.
Mais bien sûr, on a le temps.
T'as fait un marché. Donne-lui.
Ils sauront tous pour les pommes demain.
Ils envahiront le marché. On aura qu'à mendier.
Donne-lui son argent.
Merci. Merci.
Vous êtes quelqu'un de bien. Ça se voit.
Cinq dollars pour les cageots qu'il a jetés du camion.
Tu voulais m'épargner 300 dollars.
- Ou t'allais pas me le dire ? - Tu veux laisser tomber ?
J'achète les chargements, tu les vends. Ça roule.
Sans rancune ?
- Sans rancune. - Mettons la bâche.
- Pars devant, je te suis. - Et si je te suivais,
si tu tombes en panne.
Tu perdrais du temps.
- Le sud, c'est rapide. - Le nord !
Merci.
Tu devais acheter les chargements, et moi vendre.
Fais comme tu veux, on va au nord.
C'est ton fric.
Salut !
Mais regardez-moi ça. Salut !
Pete, on a pas déjà vu ces gars ?
Mais oui, je les connais.
En tout cas, ils ont des pommes.
- Pourquoi vous nous avez suivis ? - Très drôle.
Y en a qui se méfient de nature.
Pourquoi faut qu'ils se méfient ?
On les suivait pas. C'est le destin.
Tu t'es pas dit que si on se ramenait tous avec des pommes,
- on reviendrait avec des cacahuètes ? - On sait.
On en veut pas à ton chargement.
Loin de nous cette idée.
- Petits escrocs... - C'est la libre entreprise.
On veut tous se faire du blé.
On va au nord. Allez au sud.
C'est qu'il a de bonnes manières, lui.
Viens, Slob.
Au revoir. Bonne chance.
À la prochaine, peut-être.
Tu sais où ils vont aller ?
- Où ? - À San Francisco.
Ils pensent que t'as le nez pour le blé.
On a une longueur d'avance. On a chargé.
Ils peuvent se relayer. On part seuls. Roule vite.
Attention à la colline. T'es surchargé.
- D'accord. - Si tu t'endors,
sors ton coude de la fenêtre pour te réveiller.
- Oui. - Une fois à Frisco,
parle pas du chargement. T'es naïf, ils te grilleront.
- Attends-moi. - J'attendrai.
Bien.
On a 150 dollars.
On pourra pas en acheter beaucoup. On peut changer de plan.
- On peut faire mieux. - Hein ?
Le camion du gars, il a pas l'air en forme.
Slob, c'est bon pour nous.
Et alors ? Prenons les pommes et barrons-nous.
Y a pas le feu, Slob. Vraiment.
Qu'est-ce que tu...
Vaut mieux que tu me suives, non ? Nick !
Nick, sors ta tête du sable !
Nick, lève ta tête !
Allez, lève-toi.
- Salut. - Ça va ?
- Ça va. - Allons à mon camion.
- Tu peux rester là une minute ? - Oui.
- Regardons ce cou. - Ça va. Allons-y.
Tu vas bien, mais je dois réparer le pneu d'abord.
Je vais te mettre un truc sur le cou. Va à la lumière.
Voilà. On va te nettoyer un peu.
Ça fait du bien.
Content que ton camion aille vite.
Comme on dit, je suis arrivé là, hein ?
Oublie pas de faire derrière les oreilles.
J'ai connu un type qu'est resté une semaine avec le cou en miettes.
Ça donne quoi ?
Bouge ta tête.
Allez, essaie.
- Qu'est-ce que ça donne ? - C'est bon.
J'ai pas de bandage.
- J'ai un mouchoir dans ma poche. - Je prendrai le mien.
- Quoi ? - On doit avoir l'air idiot, j'imagine.
- Tu vas pouvoir conduire ? - Mais bien sûr.
- Changeons ce pneu. - Non, toi, tu regardes.
La prochaine fois, soulève pas ton camion avec ton cou.
- Ed. - Oui ?
Je serais mort si t'avais pas été là.
PONT DE LA BAIE D'OAKLAND
Qu'est-ce qu'on fait avec un type qui...
Ils te laisseront pas dormir, alors avance.
FRUITS & LÉGUMES MIKE FIGLIA
Eh, fiston,
- tu vas rester garé ici longtemps ? - Juste un petit peu.
Il se trouve qu'ici, c'est une plate-forme de chargement, fiston.
Je vais juste vérifier des prix au coin.
On dirait que t'as un bon petit chargement de pommes.
- Vas-y. - Sers-toi.
- Je peux en avoir ? - Oui.
- Donne-lui un cornet en papier. - T'en fais pas.
Merci.
Tu veux goûter ?
C'est des asperges sur glace.
Qu'est-ce que tu penses de ça ?
C'est une belle pomme. Ça coûte combien à ton avis ?
- Combien ? - Je sais pas. Demande au patron.
Merci.
- Arrête le troc. Prends ou dégage. - Je prends.
À toi.
On va faire quoi de toi ? C'est du jus.
Trop sec.
Qu'est-ce que tu penses de ça ?
- À vendre ou estimer ? - Ça vaut combien ?
Plus que je peux donner.
Mes clients, des petits commerces, peuvent pas se le permettre.
- Où est Mike Figlia ? - Mike Figlia !
- Il a dit quoi ? - Que Figlia est un salaud.
- Il est où ? - Pratiquement en face de toi.
Pourquoi faire affaire avec lui ?
Y a plein de gens honnêtes ici.
Merci.
- Quoi, 12 $ le cageot ? - Des Golden...
Je me fiche des Golden Bantam.
Les gens paieront pas 25 cents pour ça.
10 cageots à 12 $ et cinq à 8.
Quelle gentillesse !
Je prends si c'est 20 cageots de Golden Delicious.
Je te donne ta chance. J'ai pas de Golden Delicious.
Pas de pommes, pas de maïs.
Si tu veux me garder, faut que j'y gagne.
Attends.
20 cageots de fraises, et tu fais pression sur le maïs.
Je veux des pommes.
Des pommes ! Je vais les sortir de mon chapeau ?
Quoi ?
Reviens plus tard. J'aurai peut-être des pommes.
- Tu vas rester garé longtemps ? - C'est interdit ?
Non, mais j'aime pas ça.
Il a peut-être quelque chose pour toi.
Je donne pas dans la marchandise hasardeuse.
Devine quoi ? Des pommes !
- Elles sont pas à vendre. - Quoi ?
Pas d'affaire sur de la marchandise hasardeuse.
Bouge ton camion. Il gêne.
Un problème ?
Mon pneu est à plat.
Mais ça sort Et ça rentre tout le temps ici.
Tu le regonfleras plus vite.
Dave, file-lui un coup de main.
Qu'est-ce que t'en dis, Charles ? Elles sont bonnes ?
Faut que je voie tout le chargement.
Charles a un grand avenir. Il veut jamais prendre de risque.
- Moi, si. - T'as pas peur d'y perdre ?
Tu prends quoi pour tout le chargement, en liquide ?
Tu penses que ça vaut combien ?
Difficile à dire, M. Figlia.
Si elles sont toutes comme celle-là...
- T'appelles ça une pomme ? - Quoi ?
C'est farineux. Ça vaut rien.
Le pneu gonfle pas. Je pompe, mais ça gonfle pas.
C'est dommage.
On dirait que tu vas rester coincé ici un bout de temps.
Si t'es gentil, je peux m'occuper du chargement.
Tu donnes combien ?
- C'est tôt pour les pommes. - Les 1res sont farineuses.
Y'a pas de demande.
- Je peux pas vendre les poivrons. - Tu les as commandés.
Mets-les au fond.
Sauf si tu veux t'en débarrasser, mets-les en dépôt.
En dépôt ? Comme pour les tomates, hein ?
Signe, Mike, on attend.
Que dis-tu d'une vente directe ?
Combien ?
Deux dollars seraient pas mal.
- Ça fait 1 200 $. - Cash, tout de suite.
Super. J'en parle à mon partenaire, dès qu'il arrive.
Si tu vends, autant que ce soit à moi, hein ?
J'en serais heureux. Ton prix m'a l'air honnête.
T'as bonne réputation.
Dégage ton camion de là.
Pas possible. Quelqu'un a crevé le pneu.
Dave, appelle le Circle Garage. Qu'ils envoient un remorqueur.
Figlia, tu fais tourner les vieux en bourrique.
Touche mon camion et je t'arrache les cheveux.
Père facile, gosse dur à cuire, hein ?
J'appelle le Circle Garage ?
- Pour quoi faire ? - Pour le remorquer.
Parfois, je m'inquiète pour ton avenir, Charles.
Ce camion reste où il est, d'accord ?
D'accord ?
D'accord ?
SAN FRANCISCO 183 KM
Des soucis ?
Slob, viens lui donner un coup de main.
- Tiens-lui la torche. - Oui.
Un joint de cardan qui lâche et c'est foutu.
Quand le soleil chauffera tes pommes demain...
Ça fera des pommes cuites.
- De la place dans mon camion. - On les remorque pour toi
et t'arrives en moins de deux. Que du bon.
Ça te coûtera la moitié de ce que tu fais.
T'as une tache sur le menton.
Eh, qu'est-ce que tu...
Juste pour te donner un coup de main.
T'es pas un vaurien. T'es mal compris, c'est tout.
200 dollars ! "T'es un escroc", j'ai dit.
Il me dit : "Quand tu m'insultes, regarde-moi droit dans les yeux."
Levez-vous pour que la dame puisse s'asseoir.
- Je vous sers quoi, madame ? - Un café noir.
- Une allumette ? - Non.
- Tu cherches quelqu'un ? - Oui, mon partenaire.
T'as l'air fatigué.
Tu le serais aussi si t'avais conduit 650 km sans dormir.
Regarde donc où tu vas !
Tu peux dormir ici le dimanche. Le marché est fermé après.
Tu veux venir te reposer chez moi ?
- Quoi ? - Je suis du genre accommodante.
Non, j'attends mon partenaire. Je cherche son camion.
On voit le marché depuis ma fenêtre.
Non.
Je vais attendre ici.
Fais de beaux rêves.
C'est des patates, pas des noix de coco !
Allez.
Sors-les de là.
Tu m'as convaincu.
SAN FRANCISCO 150 KM
T'as quoi, une suite de luxe ?
Et voilà.
- Une allumette ? - Non.
- C'est pas le Ritz. - C'est joli.
Confortable. T'as déjà dormi dans un camion ?
Tu prends le volant dans l'oreille.
Assieds-toi. Y'a pas de volant sur ce lit.
Merci.
Française ?
- Italienne. - Je suis allé nager en Italie.
- Où ça ? - À une plage du nom d'Anzio.
- C'est loin de l'Italie. - Le monde est petit.
D'accord.
A... L'amitié.
Qu'elle soit longue et belle.
Quoi, t'aimes pas les filles ?
Mais si.
J'aurais bien aimé avoir une petite sur. Avec des tresses.
Glousser derrière elle et lui faire briller les yeux.
T'as été la petite sur de quelqu'un.
Regarde-moi.
T'es belle.
Beau visage,
beaux yeux.
Tout est bien.
Tu es froide comme la glace.
- Ah oui ? - Oui. Comme maintenant.
J'ai mis du temps à prendre cet air.
Des mouettes.
Elles sont tout le temps là.
- Elles me donnent envie de me noyer. - Pourquoi ?
T'es comment quand t'es pas glacée ?
Je suis bien.
- Désolé de t'avoir provoquée. - Me touche pas !
Pourquoi j'ai fait ça ?
- Riley. - Fig. Tu roules qui aujourd'hui ?
Pourquoi je ris pas si c'est drôle ? Tu vois ce camion ?
- Il est resté là toute la nuit. - Va dire au gars de le bouger.
C'est qu'il est intelligent. Il a compris vite, hein ?
Trouve-le et je lui demande.
C'est le même camion. Le petit avec les pommes.
Tu vas le faire partir ? Je peux pas bosser.
- Faut que je te parle. - Entre.
Reviens.
- Écoute. - Que puis-je faire pour toi ?
Tu m'as dit de trouver ce gars, mais pas qu'il était blessé.
Il est blessé ? Dommage.
Tu savais pas, hein ? Va le chercher, il est dans mon lit.
C'est ton lit, chérie.
Voilà tes 50 dollars. Maintenant, ça te regarde.
- Sors-le de ma chambre. - Qu'est-ce qu'elle a ?
Y'a un monsieur dans son lit. Indique-lui le chemin.
- T'as entendu. - Sors-le !
Je perds patience !
Il perd patience.
Pas par là.
- Fig. - Oui.
On peut pas le bouger. C'est à plat.
Un remorqueur s'en chargera.
Un remorqueur ! Dix tonnes sur un pneu coupé ? La bête est chargée.
- Alors, je vais le décharger. - Tu peux attendre 5 min.
Laisse-moi trouver le gosse.
J'ai que des ennuis.
Faut qu'il tombe en panne devant mon commerce.
- Pas de veine. - J'ai jamais de veine.
Le décharger ?
- Sinon quoi ? - Et la loi ?
Charles, explique.
Le véhicule est-il garé devant chez nous ?
- Oui. - Depuis longtemps ?
- Oui. - Gêne-t-il le commerce ?
- Oui. - Donc ?
- On décharge. - On vendra les pommes en consignation.
J'ai été juste avec lui. Si c'est illégal, je suis un escroc.
Gino, Alberto ! Venez !
Mario, tu veux faire affaire ?
- Avec toi ? Tu rêves ! - Des pommes !
- Des pommes ! Golden Delish ! - Combien ?
6,50 $ le cageot pour toi.
Espèce d'escroc, j'en prends 10.
Charles, prends la commande. Mario, 10.
Midge ! Des pommes ? Elles sont pour toi.
Tu les as volées où ?
Tombées du ciel. Combien pour 6,50 $ ?
- Vingt cageots. - 20 pour Midge. Prends la commande.
Julio ! Amène le camion ! L'escroc a des pommes !
Lève-toi.
Laisse-moi dormir, maman.
Ed ! C'est toi ?
- Je suis là depuis longtemps ? - Non.
- Je me suis endormi. - Je te croyais...
Évanoui ?
- J'ai dû te faire peur. - Oh oui.
C'est rien qu'un peu de sang.
- Je croyais que t'allais mourir. - J'ai pas le temps pour ça.
J'ai un bandage et de l'iode pour ton cou.
- Ça va pas, l'iode ? - Ça va.
Je vais d'abord nettoyer la blessure.
- C'est arrivé comment ? - Quoi ?
- Ton cou. - Je me suis coupé en me rasant.
Tu aimes les pommes ?
Tout le monde les aime, sauf les médecins.
Tu sais ce qu'il faut pour pouvoir en croquer une ?
Mettre des tissus dans le tuyau d'échappement, arnaquer des fermiers,
soulever des camions avec son cou
et un joint de cardan qui lâche.
Je sais pas de quoi tu parles, mais je commence à respecter les pommes.
L'eau froide me rend comme neuf.
Eh bien !
Assieds-toi.
- Qu'est-ce qui est drôle ? - Je connais pas ton nom.
- Qu'est-ce que ça donne ? - C'est beau.
Tu sais, t'es bien.
- Moi aussi ? - Oui, toi aussi.
Tu m'as prêté ton lit.
Quand je serai fatiguée, tu prêteras le tien.
- Tu m'as soigné. - Toi aussi tu me donneras de l'iode.
- Ça va, l'iode ? - Ça va.
- T'as les mains douces. - Et des ongles effilés.
- T'aimes être dure, hein ? - Je suis dure.
C'est ton camion avec les pommes ?
Oui ?
Celui qui ressemble à un camion de l'armée ?
Si c'est tes pommes, Figlia est en train de les voler.
Il les vend du camion.
SAN FRANCISCO 84 KM
Doucement. Doucement.
Un à la fois. Tu veux quoi ?
Comment t'as dégoté les 1res Golden Delish ?
Et toi, le plus gros pif du marché ?
- Salut, petit. - Comment ça va ?
- Elles bougent. - Combien le cageot ?
- 3,50. - Quelle modestie, Figlia.
Dis-lui ce que tu fais. Il se fait 6,50.
C'est gentil. Merci.
Tu gênais, je pouvais pas le bouger sans décharger.
- Je te les vends. - J'ai dit merci.
Bien. Il nous reste 40 cageots.
600 à 6,50 le cageot.
Eh ! D'où tu sors les 6,50 ?
C'est ce que tu te fais, ou elle ment ?
- Elle ment pas. - C'est bien 6,50. Je suis vendeuse.
- On peut en parler au bureau. - Pourquoi pas ici ?
600 à 6,50 le cageot, ça fait 3 900 $.
Je parle affaire dans mon bureau.
Merci.
- Il va le bouffer tout cru. - Moi, je parie sur le gosse.
- Assieds-toi. - Je reste pas longtemps.
3 900 dollars.
Je t'aime bien.
Disons que tu viens d'arriver avec un camion chargé de pommes.
Un cigare ?
T'aurais souhaité quel prix ?
- Six dollars et demi le cageot. - C'est ce que je me fais.
- Je parle de ton côté. - De ton côté, y'a rien.
T'es un dur, hein ?
D'accord.
Ça fera 3,25 $ pour toi...
- 6,50. - Dis-moi, petit camelot.
Je bossais ici que tu buvais encore au biberon.
Je vais te donner plus d'argent que t'as jamais vu de ta vie.
T'as déjà fait plus qu'un jour de paye ?
Tu deviens rouge, Figlia.
Terrible, comme je perds mon sang froid, hein ?
- Je t'aime bien. - Pas moi.
- 3 900 dollars. - On dirait un disque rayé.
Figlia, tu me connais pas, mais moi, je te connais.
- T'as voulu m'arnaquer. - Qui t'a dit ça ?
- Qui ? - Qu'est-ce que ça change.
Attends un peu.
Je sais. C'est...
Rica. Elle t'a racolé.
La blague se retourne contre moi !
S'il y a une chose que Mike Figlia aime, c'est les blagues.
Je l'avoue, je voulais tes pommes. Tu voulais pas vendre.
J'ai payé Rica 100 dollars pour te racoler.
Et elle te l'a dit.
Pourquoi elle te l'a dit, hein ?
Elle va te dévaliser.
Je me fiche que ce soit par elle, par toi, j'aime pas.
- Donne-moi mon fric. - À quoi bon !
Donne-moi mon fric.
- J'ai pas autant de liquide. - Je prendrai ce que t'as.
Fais un chèque pour le reste.
Et si je fais opposition ?
Tu le feras pas.
- À quel nom ? - Nick Garcos.
Mon père s'appelle Yanko Garcos.
- Tu te souviens de lui. - Peux pas dire.
Il t'a laissé des tomates en dépôt.
- Je vends beaucoup de tomates. - Tu dois t'en souvenir.
Mon père a dit que tu l'as jamais payé.
S'il était pas blessé, il viendrait le chercher directement.
Ah, lui ! Il criait comme un porc qu'on égorge.
C'est notre faute. On laisse des camelots comme toi se balader.
J'ai pas signé le chèque.
Tu veux ramasser ça ?
Terrible, comme je perds mon sang froid.
Eh ! Je le pense.
Je t'aime bien.
Un chèque de 3 400 dollars, 500 dollars en liquide.
C'est le jackpot, hein ?
Prends-en bien soin.
Le perds pas. Prends soin de toi.
Si on avait des palourdes, on les ferait à la vapeur.
Si t'aimes ça.
Est-ce que ça fait le café en même temps ?
Jusqu'où il peut pousser ce vieux tacot ?
De jour ou de nuit ?
De nuit, je dirais 400 m
avec un bon vent arrière.
Je comprends pas. On a un camion, on va vite.
On serait content de prendre son chargement !
Oui. Ça lui coûterait que la moitié de ce qu'il fait,
- avec un supplément. - C'est terrible.
Tu veux dire que plus il attend, plus ça augmente.
Allô, Polly ?
Baissez d'un ton, les gars. J'appelle loin. Fresno.
Merci. Allô, Polly.
Silence, les gars. Il veut parler à Polly.
Tu m'entends, Polly ?
Prépare tes bagages.
J'ai réussi. J'ai touché le gros lot.
Nicky, je suis si heureuse pour toi.
Papa, c'est Nick. Il s'en est bien sorti.
Combien ?
Excuse-moi, Nick. Je parlais à papa.
Je sais ce qu'il veut savoir. Dis-lui doucement.
Quatre mille dollars.
Quatre mille dollars ? Elle va venir.
Bien sûr que je vais venir.
Viens tout de suite. Je t'épouse aujourd'hui.
Polly, viens tout de suite !
Demande à ton père pour le prochain train.
En avion ! On est au 20e siècle. C'est plus rapide !
Polly, prends l'avion, ça va plus vite.
Elle prend un vol pour Frisco, elle sera là en 2 h.
Prends un vol pour Frisco. Tu seras là en...
Non. Descends à Oakland. Je t'attendrai au bâtiment du ferry.
Nicky...
Tu m'aimes ?
Quoi ?
Oui...
- Bien sûr que oui. - Bacigalupi, tu m'aimes ?
Antonio, tu es toute ma vie. Embrasse-moi.
Polly, au bâtiment du ferry à 10 h.
Si un gars du nom d'Ed arrive et me demande, dis-lui d'attendre.
- Où tu vas ? - Me coucher.
- Mon il, je te paye à boire. - Pourquoi ?
J'aurais pas eu 6,50 $ le cageot de pommes sans toi.
Je voulais que tu partes.
Tout doux. Je t'ai dit que je voulais t'offrir à boire.
Y'a peu, tu t'endormais. Maintenant, t'es tout feu tout flammes.
Tu serais heureuse toi aussi, si tu t'étais fait 3 900 $.
Viens.
C'est quoi, cette tête ? Souris ! C'est un jour de chance.
Allez, allez, que ça swingue !
- T'as pas mieux que ça ? - Comme quoi ?
- "La saison des pommes" ? - Non.
"À l'Ombre du Vieux Pommier" ? "Ida, douce comme le cidre" ?
- Vous buvez quoi ? - Du cidre.
- Tu l'as trouvé où ? - Sers du whisky. On boit à la chance.
- Bonne pour lui, mauvaise pour moi. - Whisky.
Pourquoi mauvaise pour toi ?
- Tu sais pas ? - Non.
Je croyais que tu serais mon petit ami.
À ta future épouse.
Dis-moi. Elle a des tresses jusque-là ?
Tu sais, l'Italienne, un chat est un chat.
Ça te dérange, si on parle pas de ma fiancée ?
C'est ça.
En telle compagnie, de quoi parle-t-on ?
Moi. J'ai jamais eu de tresses.
Dis-lui de s'en faire.
L'argent. Elles pensent qu'à ça. Beaucoup d'argent.
Je dois redire le nom de Polly.
Polly et moi avons une chose en commun.
- On aime l'argent. - Je veux pas en parler.
Idiot ! Elle t'épouse pour ton argent.
Donne-lui la note. Ça lui plaît de payer.
Désolée. J'aurais pas dû dire ça de Polly.
- Je suis sûre qu'elle t'adore. - Sache quelque chose.
Personne la paiera pour me racoler.
Marche.
Je te racole gratuitement. Tu sais ça, mon joli.
Je te raccompagne.
Je marche souvent ici.
- J'aime bien ces bruits. - Tu t'en fiches.
T'aimes bien parce qu'ici
- t'es toi-même. - Quoi ?
Pas celle que je viens de voir chez Shorty.
- T'as peur, c'est tout. - Non.
Fille des lieux minables, debout toute la nuit,
tu connais Figlia. Tu te bats contre qui ?
Tu t'en prends qu'à toi-même.
Pourquoi tu ris ? Qu'est-ce qui est drôle ?
C'est pas mignon ? Il veut me sauver.
Vas-y, mon joli, dis-moi que je suis une mauvaise fille.
Je suis perdue si tu me sauves pas.
- Je m'en fiche, je te reverrai plus. - C'est ça, plus jamais.
Donne-moi un baiser d'adieu.
Adieu, mon joli.
Frenchy, t'es génial.
- C'était dans sa poche. - La fille.
Elle l'a pris.
Je t'ai cherché partout.
Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
- Donne-moi mon fric. - Nick.
Avant que tu mentes,
- je t'ai vue prendre mon portefeuille. - Oui.
Pour que Mitch et Frenchy l'aient pas.
- Donne-le moi ou je te tue. - Nick.
C'est vrai.
Je t'ai pris ton argent.
Mais ils m'ont attrapée et l'ont repris.
Figlia. C'était pour lui. Ils travaillent pour lui.
- Figlia. - Non, amor.
Tu peux rien faire contre ça.
Attends ton ami. Ed. Il t'aidera.
C'est fini. Écoute-le.
On dirait qu'il traîne des casseroles.
Comment il tient debout ?
Grimpe.
Il peut y arriver.
Mais si.
Je le savais !
Je...
Il accélère, dis donc.
Il fait du 90. Il grimpe !
La transmission est morte.
Il a plus de freins.
Il va se faire tuer. Attention !
- Polly Faber ? - Oui.
Rica. Nick m'a demandée de venir vous chercher.
- C'est gentil. - Enchantée.
On va au marché. C'est à une minute.
Nick et moi cherchons un ami.
Venez, s'il vous plaît.
Si je puis me permettre, que fait Nick chez vous ?
- Il se repose. - Est-il à l'aise ?
- J'espère. - Il est à l'aise.
Je ne gêne pas au moins.
- Je me demande ce que je fais ici. - Vous marier, bien sûr.
J'ai pas le temps, les gars. Décidez-vous, d'accord ?
T'as payé Nick 3 dollars. Et nous ?
Je l'aime bien. Et il est arrivé le 1er.
Joe. Laisse-les sur le camion.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Le marché est fermé. Deux dollars ?
- Déchargez. - 300 dollars.
Au fait, où est Nick ?
Je sais pas. Avec une gonzesse.
Il est pas au courant. Il sera terrifié.
Vraiment dommage. On essaie de gagner de l'argent et voilà.
Le pauvre crève pour apporter des pommes.
J'oublierai jamais. Voilà le gars...
- Rien. - Oui. C'est dommage.
- Ses pommes ont pas cramé ? - Pas une égratignure.
C'est vraiment du gâchis.
- C'est comme ça. - Eh !
Oui ?
- Laisse tomber. - Quoi ?
Tu payes combien si je ramène les pommes ?
- Je voudrais pas que tu... - Tu dis que c'est du gâchis.
Elles lui feront aucun bien là-bas.
T'as raison. 50 cents le cageot.
- De quoi vous parlez ? - 300 dollars de plus.
- Vous êtes des pilleurs de tombes ? - Arrête. Allons-y.
- Là-bas, elles vont pourrir. - Pete, tu l'as vu brûler.
- Il a raison. - Te moque pas de moi, Figlia.
Tu les veux, ces pommes.
- Joue pas au type honnête. - Écoute, gros.
Tu sais quoi ? Il va aller te les chercher.
Donne-moi ma part.
Si tu me revois, marche de l'autre côté de la rue...
Tu les veux ?
- Pourquoi pas ? - Je vais les chercher.
Et s'il s'enfuit avec les pommes ?
Ferme !
Déchargez vite. On va avec lui.
J'ai dit que Nick allait bien, mais c'est faux.
On l'a volé hier soir. Il s'est fait rosser.
Ils l'ont bien amoché.
Il va bien mieux aujourd'hui.
Comment ça, volé ?
C'est bien que vous veniez. Il a besoin de vous.
Ils lui ont volé tout son argent.
Bonjour, chérie.
Bonjour, Nicky.
Vous voulez rester seuls ?
Allez-y.
Je vais prendre une douche.
- Où tu l'as ramassée ? - C'est elle.
Quelle bonne surprise de te trouver chez elle.
Où alors ? Dans la gouttière avec la tête fracassée ?
Elle a pris soin de moi.
Tu es blessé. Que s'est-il passé ?
J'ai eu des ennuis, mais ça va.
Pauvre chéri. Je vais m'occuper de toi.
Nick, n'es-tu pas heureux ? Je sens mon cur battre.
Où va-t-on loger ? J'aimerais aller au Mark.
Il faudra attendre 3 jours.
C'est ce qu'il faut pour le contrat.
Nick, j'ai démissionné.
J'ai traité Bently de rabat-joie.
Tu aurais dû voir sa tête.
Chéri.
Il faudra faire attention à notre argent.
Rica t'a dit quelque chose ?
Non.
Tu as quelque chose à me dire ?
Nick, je suis si fière de toi. Tu as réussi.
Je n'y croyais pas, mais si.
- Je dois te dire quelque chose. - Il y a un problème ?
Je...
Polly, j'ai...
C'est difficile pour toi, n'est-ce pas ?
Ton partenaire Ed t'a laissé tomber.
Tu as gagné 4 000 $ comme tu l'as dit au téléphone,
mais on te les a volés. Et bien sûr, on ne peut pas se marier.
Tu n'as sûrement pas assez d'argent pour mon train.
Ou pour me nourrir.
J'ai faim. Mais je préfère avoir faim
une fois que pour le reste de ma vie.
Quelle merveille, les femmes.
Sauf que Polly, elle, n'est qu'une amatrice.
Elle utilise une massue et toi un couteau.
- Tu me connais bien. - Absolument.
T'as fait en sorte que Figlia me vole.
T'étais dur à convaincre.
- Il t'a donné 100 $. - Ah oui ?
- Oui ou non ? - Non.
Seulement 50.
Et dans la rue, où "tu aimais les bruits" ?
- Pour que Mitch et Frenchy me volent. - Bien sûr.
- Oui ou non ? - Comme tu voudras, mon joli.
Comme tu voudras.
Mitch et Frenchy habitent où ?
Où habitent-ils ?
Au New Bay Hotel.
Mais n'y va pas.
La vie, c'est rien pour eux. Va à la police.
T'as pas peur si je vais voir la police ?
Va à la police.
Je te comprends pas. Un instant, tu...
Qu'est-ce que tu attends de moi ?
Je veux pas qu'on te fasse du mal.
Nick, va à la police.
Frenchy et Mitch sont ignobles.
Ils tuent et en font un accident.
Ils te suivront quand tu rentreras chez toi.
Si tu es fatigué et que tu t'endors,
ils pousseront ton frein, et te feront rouler dans le fossé.
- Quoi ? - Crois-moi.
Ils l'ont déjà fait pour Figlia.
Quand il veut pas payer l'argent qu'il doit.
Nick, ils te tueront. Dans ton camion.
Ouvre.
Même si tu défonces la porte, il sera pas là.
Comment tu sais ? Qu'est-ce que tu fais là ?
On t'a doublé, Nick.
- On a vendu à Figlia. - Il est où ?
- Tu sais où il est ? - Oui.
Où ? Où ?
- Sorti gagner sa vie honnêtement. - Dis-moi.
Tu vas te calmer ? Je vais te dire.
- C'était qui, ton associé ? - Ed Kinney.
Figlia et Pete sont allés ramasser son chargement.
Ed est arrivé ?
- Non. - Il a dit qu'il était tombé en panne ?
Il est tombé en panne, mais il a rien pu dire.
Comment ça ? Comment ça ?
Je te le dis. Il a craqué à Altamont.
Son camion est sorti de la route et a cramé.
Et Ed ?
Il a cramé aussi.
J'aurais dû le suivre.
Te torture pas. On était derrière lui.
On a rien pu faire.
Comment ça, Figlia y est allé ?
C'est vrai.
Figlia paye Pete 50 cents le cageot pour ramasser les pommes.
Pourquoi t'y es pas allé ? Tu veux pas ta part ?
50 cents le cageot !
50 cents le cageot.
- 50 cents le cageot ! - Nick, Nick.
Nick, tout doux !
Ils escroquent les morts ! 50 cents le cageot.
- Laissez-le tranquille ! - 50 cents le cageot !
Ce Figlia, alors !
Il perd pas son temps !
Il a estropié mon père.
- Nick, écoute-moi ! - Laisse-moi, Rica.
Où ça, à Altamont ?
Les virages en aiguille ?
Le laisse pas partir !
Non, chérie.
Essaie pas de l'arrêter.
Pousse-toi. Je conduis.
RÉSERVÉ AU VEILLEUR DE NUIT
Allô ? Passez-moi la police. Vite !
- Installe-les, Frank ! - Allez, venez !
Asseyez-vous ici.
Après les affaires, le plaisir, hein ?
Elles sont toutes ramassées ?
Pete, c'est la fête. Allez.
Bois ça.
La récompense.
Prends-les. Tu les as mérités.
Tu prends quoi, Charles ?
Un bourbon malté.
Un bourbon malté !
Pete, quoi ? Pourquoi tu ris pas ?
Il vient de là, mon thorax, de rire.
C'est bon pour les poumons. Ça gonfle !
Je peux pas rire. Je sais pas si j'en veux.
Je vais te dire un truc.
T'es un camionneur.
Tu veux faire quoi plus tard ?
Camionneur.
Comment ça va, petit ? Entre.
Et lui, il sera quoi, plus tard ?
Ministre des finances.
Asseyez-vous.
Deux autres verres.
Comment ça va, petit ?
Tu sais, Pete, t'es pas un bon homme d'affaires.
50 cents le cageot. Demande à Figlia ce qu'il m'a filé.
- 3 dollars, il m'a dit. - Demande-lui.
Je te le demande, Fig.
Quoi ? On fait la fête.
Tu lui as donné plus que 3 dollars.
Je veux plus faire la fête.
- Je pars. - Il m'a payé six et demi.
Et moi, j'ai envie de faire la fête.
Je commence à rire.
T'as pas à t'emporter, Pete. T'as accepté.
Un marché est un marché.
C'est vrai. T'as eu ton blé, alors ferme-la.
En liquide.
Et moi, j'ai eu du vent.
Oui, Pete.
Y'aura toujours un Figlia pour t'arnaquer.
Et toi,
si tu retournes ta veste, tu te feras toujours arnaquer.
T'as eu ton argent. Dix témoins t'ont vu avec.
C'est vrai.
Je devrais me taire.
Pete aussi.
Et Ed ?
Hein, Ed ?
50 cents le cageot.
Et Ed ?
T'es cinglé !
Tu m'as bousillé la main !
Et mon père, il doit la fermer ?
Tu lui as coupé les jambes.
Mets ta main sur la table.
Ou je te défonce le crâne.
- Mets-la ! - Assez. Assez !
Je vais le frapper pour papa !
Asseyez-vous et regardez. C'est la fête, non ? Cabaret !
Espèce d'ivrognes ! Ils paieront pour la casse !
Tout doux, papa. Sers-toi là-dedans.
J'allais payer ton père.
J'allais te montrer le chèque au bureau.
Prends les billets.
- Et le fric que tu lui as volé ? - Il est là.
Je te paye, tu vois ? Prends ! Je paye !
Pourquoi tu prends pas ?
Pourquoi tu prends pas ?
Pour mon père ! Pour mon père !
Pour mon père !
Nick ! Les flics !
Lequel, Mouse ?
- Lui. - Qui l'a tabassé ?
Moi.
C'est ton père qu'a perdu ses jambes ?
Oui. C'est mon père.
Allez, mon beau. Viens.
Ça te donne pas le droit de tabasser à ton tour.
C'est pas toi qui fais la loi.
Les gars comme Figlia, c'est notre boulot.
Coupe.
Gare à la future dame que tu rencontres.
Elle en veut à ton argent.
Blonde ou brune ?
Mon portrait craché.
À toi, ton avenir.
Excusez-moi, les gars.
Elle est avec moi.
Bonjour, Nick.
- Tu vas bien ? - Oui, merci.
Merci pour tout.
- C'est rien. - Viens.
- Où ça ? - Avec moi.
- Mais, Nick... - J'aime bien tes cheveux comme ça.
Et mon avenir ?
Je le connais pas, mais tiens, essaie de lire le mien !
Entraîne-toi à dire : "Oui, je le veux".
Arrivés à Tracy, on se marie.
- Vrai ? - Vrai.
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