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Regarde, ils veulent aussi nous prendre en photo.
Allez, souris.
Cet effet extraordinaire,
de circularit� et surtout de mouvement infini,
qui va vers...
Oui, si vous avez bien vu d'en bas...
si vous avez bien vu de dessous, on dirait qu�il reproduit l�ADN.
Et puis, ench�ss�es dans le mur en face, il y a d�autres...
l'autre colonne...
Il s�est d�j� rendu compte que c�est en train de se passer. C�est incroyable,
l'impossible, l'absurde s'est transform� dans ses mains.
Voyez
son regard, presque terrifi� par cette transformation,
ce qui te fait �videmment perdre... - Sandra ?
Eh bien, nous pouvons y aller.
Oh, Sandra,
qu'est-il arriv� ? Tu t'es perdue ? - Oui.
Je ne te vois plus. Reste avec moi, c'est amusant ici.
Eh bien, �coutez-moi.
C'est une salle c�l�bre pour ses ... effets acoustiques extraordinaires.
Si vous �tes maintenant aux quatre coins de la pi�ce,
oui, aux quatre coins.
Un peu d'un c�t� et un peu de l'autre et chuchotant
quelque chose... Vous pouvez tout entendre, alors faites attention. - Sandra !
Viens �couter.
�coute.
Essayez de vous mettre ainsi et vous entendrez ce qu'ils disent de l�.
Je vais l�-bas, �coute et dis quelque chose.
N'importe quoi, allez. - Je ne sais...
Je ne sais pas quoi dire.
Bien !
Les gars, ne vous emballez pas.
Allons-y.
Le mus�e est sur le point de fermer.
Pourquoi le regardes-tu avec autant d�int�r�t ?
C'est le regard de l'enfant qui m'impressionne.
Comme s'il avait peur de quelqu'un
qui pourrait emp�cher de finir de sucer.
Il ne semble pas avoir peur de moi.
C'est le regard de L�onard, l'inventeur, le g�nie.
Un sein ou l'autre pour lui, cela ne peut pas l'inflencer.
Ce regard exprime d�j� une profonde intuition du monde,
une naissance compl�te, qu'il n'est plus en danger.
Dans le sens o�, le sein d�aucune. m�re, m�me la plus d�cevante
aurait pu ruiner ou limiter sa cr�ativit�.
Bien...
Que fais-tu ici ?
Tu sais que nous sommes enferm�s ?
Allons-y, peut-�tre... que nous avons encore le temps,
il y aura quelqu'un.
Et maintenant ?
Nous ne pouvons pas rester ici toute la nuit.
Mais as-tu d�j� vu la ch�teau la nuit ?
Rien ne peut �tre vu dans l'obscurit�.
Il n�y a pas d�obscurit� totale.
Il y a toujours un peu de lumi�re. Viens.
Allez, n'aies pas peur.
Dans les mus�es, nous voulons tout �clairer.
Par exemple un tableau,
je dois voir toute sa surface peinte.
C�est une lumi�re objective, plate, �conomique
qui ne laisse aucun choix.
Alors que cette lumi�re partielle mais vivante
donne aux �uvres d'art une profondeur diff�rente.
Presque l'illusion du mouvement.
Le professeur essaie-t-il de me violer dans le noir ?
Tu es plus fort que moi
tu peux faire ce que tu veux.
Aussi rien ?
Pourquoi t'es-tu arr�t� ?
Tu vois cette statue ?
Elle est belle, mais immobile, comme toi.
Comme moi ?
Certes, tu �tais tr�s agit�e
plus que ce que j'ai senti, non ?
Du coup, j'ai eu peur de ne plus rien ressentir
et que tu le remarques.
Viens.
Tu m'as d�j� viol�.
Maintenant, viens.
Viens.
Je cherche toujours une image,
les courbes et la douceur d'une belle femme.
Je cherche toujours de l'�paisseur chez une femme,
que les �uvres ne me donnent pas.
Maintenant, tu es une image fixe, dans ce lit,
comme un tableau de Goya.
Mon d�sir ne veut rien de toi,
j'ai juste l'envie de te donner la vie.
Te violer pour te donner le mouvement, comme un enfant qui na�t.
Tu vas essayer de me d�truire, comme un b�b� qui na�t.
Mais je sais que je t'aime parce que je ne veux rien de toi.
Tu es apparue ce soir, au milieu des images immobiles
et une femme n'appara�t jamais au milieu d'images immobiles.
Les souvenirs font de nous des statues.
Je t'aime, car je vais d�truire l'image de Goya,
et tu me d�truiras
comment les statues sont bris�es, parce que je me souviendrai de toi.
Je ne voulais pas te regarder
et te prendre par derri�re sans te voir.
Mais tu t'es retourn�e
et ton visage �tait comme le soleil pour un vampire,
tu as sem� l'amour en moi.
L'amour pour ton visage
qui repose sur un corps qui ne vit pas encore.
�coute ma pri�re inutile, laisse-moi le faire.
Je vais te donner mon corps, sans lui tu ne peux pas vivre.
Si on y allait ?
O� �a ?
Dehors, j'ai les cl�s.
- Bonjour, je suis l'avocat de la partie adverse. - Enchant�.
- L'avocat de l'accus�. - Juge, bonjour.
- Il y aura de la bataille aujourd'hui. - Oui.
- Bonjour. - Bonjour.
La cour !
Proc�s CoIaianni.
- La d�fense ? - Avocat De Gregorio.
- La partie civile ? - Avocat Tassoni.
Merci. CoIaianni Lorenzo,
architecte, n� � Rome le 13 d�cembre 1946,
et demeurent via dei Balestrai, 10,
accus�, A ...
du d�lit vis� � l'article 605 du code p�nal,
pour avoir priv� AIessandra CeIestini, n�e � Rome en 1966,
de la libert� personnelle. B...
du d�lit vis� � l'article 519 du code p�nal,
pour avoir forc� celle-ci violemment,
� des relations sexuelles,
� Rome, le 4 juin 1989.
Rapprochez-vous... architecte.
Asseyez-vous.
Alors, architecte
avez-vous entendu les accusations ?
En attendant, confirmez-vous les d�clarations faites lors de l'enqu�te ?
Vous pouvez ne pas r�pondre, c�est votre droit.
Dans sa d�position pendant l'instruction
vous avez rejet�...
l'accusation de violences sexuelles
et affirm� que
Sandra CeIestini �tait
consentante.
- Consentante. - Oui.
Libre et consentante.
Je n�ai pas dit �a.
Je faisais allusion, en substance, bien que vous l'ayez utilis�
en des termes diff�rents.
Je ne parlerais pas de consensus. Le consentement signifie, il me semble
choisir librement et consciencieusement � prendre une certaine mesure.
Je sais que dans les rapports sexuels, la libert� et la conscience
� partir d'un certain moment,
perdent de l'importance, ou plut�t ce sont des obstacles.
La beaut� dans une relation sexuelle est le degr� d'inconscience,
qu'un homme et une femme ensemble
parviennent � r�aliser.
Vous avez dit
� partir d'un certain moment.
Il y a donc un avant... et un apr�s.
Mais d'abord
avant ce moment particulier,
Sandra CeIestini �tait d'accord
si nous ne voulons pas dire consentement ? �tait-elle d'accord ?
Peut-�tre pas mais �a n'a pas vraiment d'importance.
Je peux admettre en toute s�curit� que j'ai forc� Sandra
mais sans l'avoir viol�, ce n'est pas le cas.
Mais vous ne luiavez pas demand�, avant ou pendant, le temps ne manquant pas,
est-ce que je fais bien ? Est-ce que je fais mal ?
Je n�ai pas eu de conflits moraux.
Pas m�me un... doute ?
Une h�sitation, un scrupule ?
Non.
Mais d�sol�...
En mettant de c�t� la violence sexuelle,
cela semble normal,
raisonnable
de choisir un mus�e public,
la nuit pour avoir des rapports sexuels ?
Ce n'est ni normal ni raisonnable, c'est peut-�tre aussi ill�gal,
mais il n'y a pas eu de violence comme le pr�voit le code des sanctions.
Comment pouvez-vous en �tre si s�r ?
L'orgasme de Sandra.
Faire l'amour est-il une douleur pour vous ?
Pense � moi !
Ch�ri, pense � moi, pense � moi !
Je voudrais comprendre.
Vous dites, architecte, qu'il n'y a pas eu
de violences sexuelles, car Sandra Celestini avait eu
l'orgasme.
Mais comment pouvez-vous le prouver ?
Je ne peux pas, l'orgasme n'est pas d�montrable,
comme une loi scientifique.
Je ne peux m�me pas le d�crire,
plus il est inconscient, plus il est beau.
Il ne reste qu'une trace au plus profond de celle qui l�a v�cu.
Mais excusez la na�vet� de la question,
pourquoi mademoiselle Celestini l'aurait d�nonc�,
si c'�tait si bon ?
Forc�ment je l'ai dit, elle n'a pas d�cid�.
Et les cl�s ?
Architecte, qu'en est-il des cl�s ?
Vous avez pr�tendu ne pas les avoir. - Je n'ai rien simul�.
Je n'�tais pas oblig� de dire que j'avais les cl�s, c'est une affaire priv�e.
Plut�t...
je l'ai fait expr�s.
- Vous l'avez fait expr�s ? - Oui, pour la forcer � rester.
Alors vous l'avez s�questr�e ? C'est un enl�vement.
Non.
Sandra est mont�e librement.
Elle s�est enferm�e � l�int�rieur, librement,
je n'ai juste pas dit que j'avais les cl�s.
Et s�il lui avait dit
elle aurait aim� sortir.
Non on sait pas...
Peut-�tre qu'elle voulait rester.
Et pourquoi si vous ne vous connaissiez pas encore ?
C'est une hypoth�se.
Mais Sandra CeIestini �tait en position
d'inf�riorit�.
L'inf�riorit� est li�e au fait de ne pas avoir le courage de son d�sir.
Nous abandonnons !
Nous renon�ons aux th�ories et aux interpr�tations.
Revenons aux faits, rien qu'aux faits.
Voulons-nous recommencer depuis le d�but ? - Comme vous le souhaitez.
Bien que je ne pense pas qu'on d�couvre quoi que ce soit par la chronique de l'�v�nement.
Et pourquoi ?
Une description mat�rielle, pleine de d�tails, m�me exacte un par un,
cela deviendrait grotesque, faux.
Ici, ce serait faux.
Mais �a ferait mal.
Veuillez noter que...
l'accus� refuse de r�pondre � d'autres questions.
Y a-t-il des questions pour l'accusation ?
- Aucune, pr�sident. - La partie civile ? - Non.
Ministre public ?
Retournez � votre place, architecte.
Faites entrer le t�moin.
Approchez-vous.
Vous devez pr�ter serment.
Conscient de la responsabilit� qu'il assume devant Dieu et les hommes,
je jure de dire toute la v�rit� et rien que la v�rit�.
Dites je le jure.
- Je le jure. - Asseyez-vous.
Je dois vous poser des questions d�licates.
Dites-nous comment les faits se sont d�roul�s.
Oui.
Je visitais le mus�e Castello Farnese,
avec des compagnons
et
� la sortie j'ai �t� prise d'angoisse,
J'�tais s�re d'avoir perdu les cl�s de mon appartement.
Je suis retourn�e les chercher
et
j'ai eu peur.
le mus�e �tait compl�tement d�sert,
mais je devais les retrouver, sinon je n'aurais pas su o� aller.
En rentrant je me suis perdue,
Je n'ai pas trouv� d'issue.
Je m'�tais presque r�sign�e � passer la nuit dans le ch�teau,
quand cet homme est soudainement apparu � mes c�t�s.
�a a imm�diatement
troubl� le calme que j'avais atteint.
Il �tait
provocant,
dans son impassibilit�.
Comme...
comme les maniaques qui cachent leurs intentions violentes.
Alors il a �t� tr�s correct,
mais pour �tre juste
cela a boulevers� ma s�curit�.
Comme si � travers
des gestes
ou des mouvements habituels,
il a fait
des suggestions ou stimul�
l'angoisse d'une sexualit� violente.
Et
j'avais raison.
En fait, il a tent� une premi�re fois
de me prendre par derri�re.
Puis il s'est �loign�.
Au lieu de cela, la deuxi�me fois...
Oui,
il m'a viol�e.
Il m'a jet�e violemment sur le canap�.
Puis il m'a insult�e,
disant que
je n'�tais pas tout � fait capable de faire l'amour.
Et la troisi�me fois
il...
il a profit� de ma faiblesse.
Je n'avais plus de d�fenses et maintenant il me poss�dait,
sur un lit o� je m'allongeais parce que je voulais me reposer.
il
a une force de caract�re,
qui oblige � la sexualit�, m�me si une femme s'y oppose.
Sans faire de longs discours,
ou simplement parler d'art,
il �meut des r�alit�s profondes que chacun a le droit de cacher.
Et c'est vrai
qui a utilis� la force, m�me s'il ne l'a pas utilis�e pour me rendre malade.
Mais il savait que je ne pouvais pas me d�fendre,
il savait que je ne pouvais pas m'�chapper,
il savait que je ne pouvais pas choisir consciemment
et avec clart�, ce que je voulais faire.
C'est lui qui avait le pouvoir.
Les cl�s
qu'il ne voulait pas partager avec moi.
Et puis il m'a forc�
m�me sans recourir � la violence,
aux rapports sexuels que je sais que je pourrais d�cider d'avoir.
Et �a m'a fait mal,
qu'il rit de mes difficult�s sexuelles.
Ce n'�tait pas bon
dans ses recherches absurdes et violentes,
d'une beaut� impossible.
C'est tout.
Tu ne veux pas de moi, pourquoi veux-tu faire l'amour par la force ?
Pour �tre pire qu'avant ?
Tu n'entends pas ce que tu me fais ?
Crois-tu que l'architecte soit coupable ?
Je ne dis pas �a.
Mais tu es convaincu qu'il pourrait l'�tre.
- Je n'ai pas dit �a. - Tu l'as dit 2 fois.
Qu'est-ce que j'ai dit 2 fois ?
- Oublie. - Qu'est-ce que j'ai dit 2 fois ?
Je suis s�r qu'il ne l'a pas viol�e.
Qu'est-ce qui te fait croire Sandra
et pas l'architecte ?
Cela m'a paru sinc�re.
Sinc�re.
Et puis l'architecte a �galement reconnu l'avoir forc�e.
- Ce n'est pas la m�me chose. - Et c'est quoi ?
Tu es le violeur, croire en Sandra t'arrange !
- Violeur ? - Oui, tu me viole � chaque fois que tu me d��ois
et tu me d��ois toujours !
- Toujours ? - Je ne te dis rien de nouveau.
Tu ne me l'as jamais dit.
Je ne parle pas de ton efficacit� sexuelle qui est normal,
je parle d'une chose tr�s diff�rente.
Tu ne peux pas te laisser aller,
tu sais d�j� tout,
tu vois tout,
tu as tout sous contr�le.
Et c'est ce que tu appelles le d�sir ?
Mais c'est toi qui dois m'amener pour avoir un orgasme !
Toi ! Toi, parce que je ne peux pas avoir d'orgasme seule !
Tu ne comprends pas �a ?
Giovanni, tu ne seras jamais un violeur,
malheureusement, tu ne le deviendras jamais.
Malheureusement ?
Oui, j'ai dit malheureusement.
Mais d'abord tu m'accuses d'�tre un violeur
et maintenant tu me reproches de ne pas l'�tre ?
As-tu compris...
Oui tu as compris.
Tu veux me rendre fou.
Je veux que tu deviennes fou, je le veux !
Je veux que tu deviennes fou !
Au moins une fois...
Comment ?
Tu dois trouver un moyen.
Mais �a n'a pas de sens.
Fais-le pour moi s il te plait !
- Pouquoi ? - Ne me demande pas toujours pourquoi !
Nooon !
Nooon !
Giovanni...
Ce proc�s,
il est fond� sur un droit fondamental, le droit de propri�t�
et en particulier
le droit de propri�t� de notre corps.
Chaque homme libre,
normal,
est le ma�tre absolu de son corps.
� l'�gard des autres,
tout le monde peut en faire ce qu'il veut, m�me
sauter du balcon s'il le souhaite.
Lorenzo Colaianni,
a incontestablement ni� ce droit,
cette libert� de choix � Sandra Celestini.
Cependant... on pourrait objecter,
que dans certaines circonstances particuli�res,
quand tu dis non, tu veux dire oui
et vice versa.
Que les intentions peuvent �tre l'oppos� des mots
et particuli�rement
que les pulsions inconscientes
peuvent �tre le contraire
d'intentions conscientes.
Pulsions inconscientes qui
en tant que telles
ne devraient pas �tre punies.
C'est �a...
La menace
sur le principe de la responsabilit� individuelle,
dont j'ai parl� au d�but.
Et � cette menace,
tu ne peux pas t'�chapper,
si nous ne nous effor�ons pas de maintenir une s�paration stricte,
entre la partie consciente et l'inconscient.
Et de choisir d'�tre du c�t� de la conscience,
si nous ne le faisons pas ici, nous risquons de ne plus pouvoir juger !
J'ai essay� de comprendre,
les raisons de certains comportements.
Par exemple...
il est difficile d'expliquer rationnellement comment et pourquoi
Sandra Celestini
est rest�e enferm�e dans ce ch�teau.
L'hypoth�se pourrait �galement �tre faite
qu'elle s'est laiss�e enferm�e volontairement
pour rencontrer CoIaianni mais �a tient pas debout,
parce qu'elle ne l'avait jamais vu auparavant !
Il reste donc un fait
rationnellement inexplicable.
La pr�sence de CoIaianni n'est pas si inexplicable
en tenant compte du d�tail des cl�s.
Ce d�tail
d�termine deux situations totalement diff�rentes.
Sandra ne peut pas quitter le ch�teau, Colaianni peut partir.
Sandra est prisonni�re du ch�teau, mais pas Colaianni.
Sandra est inf�rieure dans les confrontations avec Colaianni.
Cette diff�rence de situations explique la force de la personnalit� de Colaianni.
ce sont les 2 �l�ments qui constituent les pr�misses
de la violence sexuelle, qui est diff�rente des autres viols
que nous lisons dans les journaux et que nous jugeons normalement ici,
mais c'�tait encore, vraiment,
la violence sexuelle au sens le plus profond du terme.
Et c'est parce que Sandra n'�tait pas libre dans cette situation
de choisir d'avoir ou non une relation sexuelle,
au lieu du Colaianni, lui oui, il l'�tait !
D'un autre c�t�, Colaianni a �t� le premier � admettre
l'avoir forc�e, oblig�e,
� avoir g�r� la relation comme il le souhaitait !
Comme si le but du Colaianni n'�tait pas son propre plaisir sexuel,
mais le plaisir d'obliger Sandra � faire quelque chose qu'elle-m�me,
n'aurait jamais fait, consciemment et volontairement !
Puis...
ici la toute-puissance, en prenant cela
comme l'autorit�,
ce droit, ce pouvoir,
et tout cela au nom de la beaut�
pour une beaut� inconsciente
de l'orgasme.
Silence, s'il vous pla�t !
Silence !
Le photographe aussi !
Silence !
Reprenez, Monsieur le Procureur.
Continuez, s'il vous pla�t.
Pardon...
Allez-y.
Oui d'accord. Je demande � ce tribunal
la condamnation de Lorenzo CoIaianni
� la peine de deux ans et six mois de prison,
et le paiement des frais proc�duriaux et de mani�re contradictoire
que la libert� conditionnelle lui soit accord�e.
J'ai fini.
Monica !
Attends.
- Ne me touche pas. - Ecoute.
- Tu l'as fait expr�s ? - Tu es fou, c'est de la parano�a !
Laisse-moi tranquille.
�coute, je ne te laisserai pas douter de ma bonne foi.
Tu ne ressens rien, tu es normal !
C'est une faute ?
Je ne sais pas.
- D'accord, parlons-en ce soir. - C'est fini, ne me suis pas.
- Non, je n'accepte pas �a. - C'est fini !
Et ne me suis pas.
Il ne me suit pas, je savais, quel connard...
Il n'y a rien � faire.
Modesta.
Je n'ai pas aim� du tout ton acte d'accusation.
Un appel doit �tre interjet�.
- Mais il a �t� condamn�. - Cela ne nous concerne pas, ce n'est pas notre travail.
Ce matin, j'ai observ�.
Tu n'�tais pas le Minist�re Public,
Tu �tais m�connaissable, tu n'�tais rien.
Ton acte d'accusation �tait juridiquement insignifiant.
Tu es le Minist�re Public !
C'est ton r�le !
Et tu as �t� inexistant.
Il n'est pas n�cessaire qu'un procureur se justifie.
� un certain moment, j'ai eu une nette sensation
que tu voulais te justifier aupr�s de l'accus�.
Mais as-tu r�alis� que tu as parl� pendant six minutes ?
Un proc�s d'une importance et tu parles pendant 6 minutes ?
Je n�aurais pas d� accepter, c�est la v�rit�.
L'appel ! L'appel, je le recommande.
- Tu as trois jours. - Oui, oui...
- Bonsoir. - Bonsoir.
C'est un plaisir de vous rencontrer ce soir.
Je vous trouve en pleine forme.
Merci.
- C'est un plaisir de vous voir sourire. - Merci, vous �tes tr�s gentil.
Voulez-vous danser avec moi ?
Bonsoir.
- Bravo, vous avez �t� tr�s bon. - Vous aussi.
J'�tais � bout de souffle.
C'�tait tr�s bien.
Joyeux anniversaire,
joyeux anniversaire,
joyeux anniversaire, Valentina,
joyeux anniversaire !
Et bien non ! C'en est trop !
Passez-lui une serviette.
Attendez une minute, monsieur le juge.
Voici l'endroit.
Preta, envoyez-moi CoIaianni pour un entretien !
D'accord.
Le magistrat, pour vous.
Je dois voius parler, c'est important du moins pour moi.
Je vous en prie.
Vous avez lu les journaux ?
Quelques uns.
Si ma pr�sence vous d�range, je pars imm�diatement.
Je ne serai pas long.
J'ai le temps, je suis tr�s libre.
Votre s�curit� vous a co�t� un peu cher.
Ce qui est hors norme, vous le payez toujours.
Je paie ma normalit�.
Bien...
J'aimerais que vous m'expliquiez pourquoi.
Ne soyez pas surpris de ma question.
Pouquoi
hier soir, lors d'une f�te
Sandra Celestini, devant tout le monde, m'a jet� un g�teau au visage.
- Alors, elle va bien... - D'accord, mais pourquoi moi ?
Il n'avait aucune raison.
Les femmes forc�es d'�tre elles-m�mes, alors se sentent bien.
Mais vous ne pouvez pas forcer quelqu'un � faire ce qu'il ne veut pas faire.
Je ne pourrais pas.
C'est contraire � la loi naturelle.
La loi a son fondement dans le droit naturel.
Moi, alors
sachant que je ne pourrais pas,
je pourrais devenir un violeur.
Ouais, Monica m'en a accus� aussi.
Monica est ma compagne,
du moins elle l'�tait.
Selon Monica, je serais...
Je suis un violeur,
pour le fait que je ne le suis pas.
Pour ne pas savoir comment la forcer � l'orgasme.
Mais je ne peux jamais devenir fou, juste parce que je le veux !
Que dois-je faire ?
Je n'ai jamais rien fait, c'est �tre d'une certaine mani�re.
Mais que signifie �tre d'une certaine mani�re ?
Cela signifie �tre l'oppos� des femmes,
ne soyez jamais comme elles.
Diversit�... et solitude.
SoIitude interne,
et parfois mat�rielle.
Elles ont un secret qu'elles ne vous donnent jamais spontan�ment,
vous devez le forcer. Mais alors elles sont contentes d'avoir �t�
violent�es.
Et elles ne le reconnaissent jamais, au contraire,
elles vous d�noncent
et peut-�tre qu'elles ont raison.
Ceci est la chambre de Corleone
et le plafond est en c�dre libanais.
Au centre, on peut admirer les armoiries du cardinal Farnese,
le tout en or pur.
Ici se termine l�appartement des Papes.
La sortie est par ici.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Comment devient-on fou pour une femme ?
Et la rendre folle ?
Vous la voulez plus que toute autre chose.
Ne rien voir, ne rien entendre d'autre qu'elle.
Surmontez sa r�sistance sans tromperie,
seulement avec la puissance du d�sir.
Monica est de retour.
Maintenant, les choses vont mieux,
mais en r�alit�, rien n'a chang�.
La beaut� manque.
La beaut� vivait dans l'inconscience la plus totale.
Mais j'avoue que cela me semble encore impossible.
L'impossible a un prix.
Si vous avez peur de la condamnation, vous ne r�ussirez jamais.
Quelle condamnation ? Pourquoi devrais-je �tre condamn� ?
Une peine est in�vitable.
La beaut� est accept�e tant qu'elle reste dans les mus�es, l'immobilier,
contempl�e,
donnez-lui la vie,
du corps, de l'action, du mouvement,
c'est une id�e intol�rable pour la soci�t� normale.
Trouvez la v�tre si vous pr�f�rez ne pas �tre condamn�,
parce qu'il est incapable de trouver la beaut�,
ou il ne la trouve pas parce qu'il a peur d'�tre condamn�.
L'autre jour, je suis all� au mus�e
et je croyais avoir vu Sandra.
Et puis, quand le mus�e �tait d�j� ferm�,
J'ai vu sa silhouette derri�re une fen�tre
du ch�teau.
Etait-ce possible ou �tait-ce une illusion ?
Tout le monde au travail !
Vous ont-ils bless� ?
Heureusement, j'ai entendu.
Dans ces cas, il faut agir vite sans penser � rien.
Mais qui vous a dit �a ?
C'�tait de l'amour.
N'�tait-ce pas de la violence ?
Mais ce n'est pas de la violence !
Et c'�tait quoi alors ?
Qu'est-ce que c'�tait ?
Je ne deviendrai jamais comme un architecte, je sais
mais je suis condamn� � essayer.
Pour aller jusqu'au bout de cette recherche
qui me maintient en vie.
Je le sens
sinon je mourrais.
Et il n'y a aucune piti� l�-dedans.
Non, il n'y a pas de piti�,
le m�pris des femmes est r�el.
le m�pris de la prostitu�e, face � l'impuissance du client,
n'est pas si diff�rent du m�pris
affectueux et conscient, de la bonne �pouse qui s'endort
dans les bras de son mari, apr�s avoir accompli le devoir conjugal.
Vous croyez tous les deux en votre propre m�diocrit�.
La parit� et l'�galit� sont absurdes.
Vous les hommes avez une �rection
et donc le devoir d'exercer ce pouvoir.
M�me sans notre consentement,
mais �a n'arrive jamais,
car alors vous avez peur de devenir fou.
Peur que la violence incontr�l�e vous m�ne au crime,
le viol.
Peur de la condamnation
et de la haine des femmes.
L'architecte a eu de la chance parce que la soci�t� l'a condamn�,
l'a forc� � payer.
Soit vous payez ce prix, soit vous risquez
de le payer avec la folie,
une nuit qui ne finit jamais...
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