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Original subtitles

Père, je ne me sens pas aimé.

Aldo ne me voit pas, ne m'entend pas.

Ses pensées sont ailleurs.

Vous devez le reconquérir par votre amour, ne pas abandonner.

N'oubliez pas non plus…

…l'énorme responsabilité que votre mari porte sur ses épaule.

- L'Italie. - Oui, bien sûr.

Je dois m'occuper de tout.

Je ne parle pas seulement des besoins matériels,

de l'organisation de la maison, des enfants à qui je ne sais que dire.

Lui aussi d'ailleurs. Il les écoute, par sens des responsabilités, en tant que père.

Mais s'il le pouvait, je le vois bien,

il s'enfermerait dans son cabinet pour écrire un discours aux Italiens.

Il reste, par devoir paternel.

L'autre jour, il y a eu une querelle entre Maria Fida et Agnese.

Pour une peccadille.

Il n'a pas trouvé les mots pour les calmer.

Ne serait-ce qu'un "assez", en haussant un peu le ton.

Mais rien.

Père, je ne sais pas, parfois je sens une désunion,

et de la haine, même envers moi.

Excusez-moi, madame, c'est vous qui ne l'aimez pas.

Vous ne lui préparez même pas le diner.

- Comment le savez-vous ? - Vous me l'avez dit.

Ce n'est pas bien, c'est comme si vous l'humiliez.

C'est précisément dans l'esprit de l'Évangile.

L'amour n'est pas…

…un troc,

un échange. Ce n'est pas "Je t'aime, si tu m'aimes", mais non.

C'est "Je t'aime,

même si tu ne m'aimes pas."

Vous comprenez ?

Tous ces honneurs, ces privilèges de représentation,

les chauffeurs qui courent pour m'ouvrir la porte ne m'intéressent pas.

En fait, ça m'agace.

Je sais que je devrais être satisfaite,

lui être reconnaissante,

mais je suis très en colère.

Parfois j'aimerais le gifler, c'est tout.

Suis-je folle ?

Excusez-moi,

il y a une chose que me tracasse.

Allons-y.

- Laissez-la passer. - Non, vous ne pouvez pas.

- C'est l'épouse du président Moro. - J'ai reçu des ordres.

- Je ne la connais pas… - Laisse-la passer.

Écartez-vous, s'il vous plaît !

Venez, je vais vous accompagner.

S'il vous plaît.

Mon mari ?

Il est mort ?

Ils l'ont emmené, mais nous supposons qu'il est toujours en vie.

Où sont les autres sacoches ?

- Quoi ? - Mon mari a cinq sacoches.

Dans l'un, il y a des médicaments. Mon mari prend des médicaments.

Nous n'avons trouvé aucun médicament. Les terroristes ont dû les prendre..

Ah Dieu merci.

Le collègue n'a pas de plaque d'identité.

On ne peut pas l'identifier.

C'est Raffaele Iozzino.

- Comment ? - Raffaele Iozzino.

Raffaele Iozzino.

Il y a une voiture, Madame Moro.

Ouvrez ! Écartez-vous !

En arrière, en arrière !

Voulez-vous que je vienne avec vous ?

Non merci, si besoin, je vous appellerais.

Père, vous ne m'avez pas donné l'absolution.

Je vous absous au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Mme Moro !

[TV] Il a assisté à une réunion

avec le Premier ministre Andreotti.

Dans la zone de l'embuscade, les lignes téléphoniques sont interrompues.

Parmi les informations qu'il n'a pas été possible de vérifier,

il est annoncé que Moro serait blessé et hospitalisé.

À l'unanimité, tous les politiciens

dans une déclaration faites depuis Montecitorio

dans l'attente du débat sur la confiance,

invitent chacun à garder son sang-froid.

- Qui est à la maison ? - Maria Fida.

- Et Luca ? - Il joue dans sa chambre.

[TV] Vous ne pouvez pas espérer vaincre le terrorisme.

Les Brigades rouges ont revendiqué l'enlèvement.

Un commando des Brigades Rouges…

Va promener Luca.

Mon mari arrive. Luca n'a rien compris.

Voilà la Via Mario Fani.

C'est une rue calme du quartier Camilluccia…

à quelques centaines de mètres de la Via Trionfale où vit Moro.

Madame, que dois-je faire ?

Dois-je faire des courses ?

Oui, les courses, oui, bien sûr.

- Vois ce qui manque. - Oui.

Il y a des journalistes, ne réponds pas.

- Dis que tu travailles pour une autre famille. - Oui

- Pas impolie, juste muette. - Oui.

Ah… Et débranche le téléphone.

Non, ne le débranche pas.

Sénateur.

C'est du jamais vu.

- C'est inadmissible ! - Oui…

Allez.

Pas ici…

Sénateur, ne pleurez pas, mon neveu est là. Il a trois ans, je vous en prie.

Oui, désolé, mais je ne peux pas m'en empêcher.

Aldo…

Aldo !

Comment est-il possible que quelqu'un est pu…

Rentrez chez vous, s'il vous plaît.

…aurait pu imaginer une telle chose et la faire ?

Sénateur…

Écoutez, vous n'êtes pas venu ici pour vous faire consoler ?

Non…

Alors écoutez, rentrez chez vous.

Dites à nos amis que pour l'instant nous voulons rester ici dans notre maison.

Nous ne voulons voir personne.

Nous sommes réservés, nous voulons rester ici.

C'est bon ?

- D'accord. - Partez. Merci.

- Au revoir. - Au revoir.

- Au revoir. - Partez.

Les responsables des partis se sont rencontrés.

Pietro Ingrao a fait une longue série de consultations.

Zaccagnini vient d'arrivé au parlement.

Segni va à sa rencontre, c'est un des opposants

à la formation du gouvernement voulu par Moro.

Il est allé exprimer à Zaccagnini sa solidarité.

Dans l'immédiat…

Ingrao a organisé une série de réunions avec les responsables des différents partis.

Nous devons nous préparer à une longue attente.

Ils nous diront de ne rien faire,

de rester chez nous.

Je sais déjà.

Papa l'avait dit lors de l'enlèvement de Sossi.

(Mario Sossi, un juge et homme politique italien)

"Laissons travailler la justice, qui est compétente."

il faut appeler Anna, est-ce que quelqu'un l'a fait ?

Je l'ai prévenu.

Il ne faut pas la contrarier dans son état.

Malheureusement, nous apprenons la mort du cinquième garde du corps

qui était affecté à la protection du président de la DC, Aldo Moro.

Il s'appelait Francesco Zizzi.

Il ne reste personne

de ceux qui devaient veiller à la sécurité de Moro.

Ils ont abattus avec des pistolets et de mitrailleuses

les cinq agents de la sécurité et les carabiniers

alors qu'ils suivaient la voiture de Moro.

À ce sujet, il semble que la technique de frappe contre Moro…

Désolée les enfants.

Ça devait finir comme ça, je le sentais.

[Luciano Lama] En ce jour, qui est, un jour de deuil…

PLACE SAN GIOVANNI Meeting - inter-syndical des trois syndicats confédéraux

C'est un moment dramatique dans la vie du pays.

En ce jour…

- Honorable. - Bonjour.

Nous ne devons pas être dominé.

J'y vais.

Nous devons nous opposer à la violence inhumaine…

- Benigno. Viens. - Corrado.

De raison, de volonté…

- Nous voulions… - Non, s'il vous plaît, merci.

Le chantage des assassins…

Maman, c'est Zaccagnini.

Pour la liberté de notre pays !

Nora.

Nous parlons de guerre civile.

Nous en avons connu.

Je veux que vous sachiez que nous ferons tout pour libérer Aldo.

Nous ramènerons Aldo à la maison, je vous le promets.

La plus petite partie d'un peuple contre une autre partie.

S'il est vivant.

Il est vivant.

Toute l'Italie est mobilisée, nous le libérerons.

Ce sont des professionnels du terrorisme

qui s'en prennent aux institutions.

Excusez-moi, je dois téléphoner.

Nous faisons face à un petit groupe d'assassins !

Je vous présente mes condoléances.

Mon mari n'est pas encore mort.

C'est pas le moment.

C'est une tragédie.

Allo ?

Madame…

Madame Leonardi, je suis Eleonora Moro.

Écoutez, je…

Je voulais vous dire que…

Ma douleur n'est certe pas comparable à la votre.

La mort est irréparable, c'est évident.

Mais je veux vous dire que moi et mes enfants…

Luca, toute ma famille…

pas seulement Aldo, nous aimions votre mari.

Alors…

Dans la mesure où cela est en notre pouvoir, nous vous aiderons.

Nous vous protégerons, nous ne vous abandonnerons jamais.

Et puis…

Je suis profondément religieuse, et vous aussi.

Je suis sûre que votre mari est au Paradis et qu'il nous écoute.

Alors…

Je ne dis pas ça pour vous consoler, non…

Vous êtes une femme bien trop intelligente…

Madame, vous m'entendez ?

Vous êtes en ligne ?

Madame ?

Oui, je vous écoute.

C'est juste que je ne sais pas quoi dire.

Tout le monde veut…

m'encourager, me consoler.

Je ne veux pas être consolée.

Je ne veux pas pleurer.

Madame, je…

Je ne sais que…

Je vous embrasse, je vous embrasse très fort.

Président.

S'il vous plaît, Président.

Président.

Bonjour, président.

Par ici, je vous prie.

- Bonjour, Président. - Bonjour.

Mes respects.

- Bonjour. - Bonjour.

- Président. - Bonjour.

Mais où est Eleonora ?

Elle va arriver.

Maman, c'est le président.

Maman.

Nora !

Nora…

Je n'ai pas de mots.

Parce que tous les mots qui me viennent à l'esprit disparaissent face à la catastrophe qui s'est produite.

Mais je suis certain, convaincu que…

L'Italie toute entière est à vos côtés.

Nous tenterons l'impossible, ces criminels n'auront pas de repos.

Mes enfants.

Que d'embrassades.

- Elle est là ! - Madame Moro ?

Que pense le gouvernement de la position du Vatican ?

Sont-ils prêts à négocier ?

Le Saint-Père Paul VI

m'a chargé expressément

en ce moment

de prière solennelle, dans l'angoisse et la confiance

de sa participation et de sa présence spirituelle.

De ses paroles réconfort pour les familles des victimes.

De sa solidarité

envers celui qui est injustement prisonnier,

et vous assure de sa présence spirituelle dans la prière

pour ceux qui bien plus que des collaborateurs et assistants

étaient ses amis et ses enfants.

Il exprime aux autorités ses souhaits

pour que leur union dans leurs efforts conjoints

puisse rétablir l'ordre et la justice.

Puisse-t-il augmenter et accroître la confiance

dont le peuple italien a tant besoin en ce moment.

Ne pars pas !

Je ne veux pas que tu partes !

Je ne veux pas que tu me quittes.

C'est votre guerre, pas la nôtre !

Les Brigades Rouges veulent le juger L'armée est également mobilisée pour le retrouver

MORO SERA « JUGÉ » PAR LES BRIGADISTES VOIÇI LA PHOTO DU PRISONNIER

Tous les partis sont favorables à l'implication de l'armée

Mais c'est sa chemise ?

Elle est plus large.

Il est plus maigre.

- Vont-ils lui donner ses médicaments ? - Pourquoi ne feraient-ils pas ?

Ils les obtiendront avec une fausse ordonnance.

Il me semble résigné.

Je ne sais pas, que croyez-vous qu'il pense ?

Qui l'a seulement jamais compris ?

Non, c'est son expression habituelle.

Peut-être qu'ils l'ont drogué.

- Pourquoi le drogueraient-ils ? - Quelques somnifères pour le calmer…

Il n'a pas l'air blessé.

Ils en ont pas eu besoin.

- Et pour ses besoins ? - Tu penses qu'ils n'y ont pas pensé ?

Il doit avoir des toilettes chimiques.

Papa est obsédé par l'hygiène.

S'il ne peut pas se laver les mains toutes les dix minutes, il en devient fou

Qu'est-ce que ces salauds en ont à faire ?

Pourquoi parles-tu ainsi ?

Que sont-ils donc ?

Ils sont ce qu'ils sont, mais…

Nous sommes différents, nous sommes chrétiens.

"Aime ton ennemi", Tu l'as oublié ?

Ils doivent payer, ils n'ont pas d'excuses, mais nous sommes chrétiens.

- Nous devons comprendre et pardonner. - La réclusion à perpétuité et c'est peu.

Nous devons concentrer toute notre énergie sur une chose.

la liberté de papa et c'est tout.

Demandez-vous plutôt s'il n'y a pas un membre de la brigade parmi vos potes.

S'il te plaît !

Pourquoi tu fais de la provoc ?

Votre mouvement l'a toujours remis en question.

Vous vous moquez toujours de lui.

Vous dites que c'est un réactionnaire, un conservateur, un vieux.

Ce sont des discussions qui n'apportent rien !

Pourquoi les armes de l'escorte étaient dans le coffre ?

Et s'il avait eu une voiture blindée ?

Ce n'est pas vrai qu'il n'en voulait pas.

Le Christ est ressuscité.

Dimanche de Pâques

Oui.

Notre Seigneur Jésus-Christ a été ressuscité des morts

et a inauguré une nouvelle vie

pour lui-même et pour l'humanité.

Le corps du Christ.

Amen.

- Le corps du Christ. - Amen.

- Le corps du Christ. - Amen.

Mangez.

Mangez.

Vas-y.

Va voir maman, elle va t'aider à casser l'œuf.

Viens mon amour.

Viens ici.

Alors.

Alors, je voulais vous dire une chose.

J'ai acheté un terrain dans le cimetière de Torrita Tiberina

pour construire une petite chapelle

qui deviendra notre caveau familial.

Je sais que ce n'est pas un sujet génial, mais…

Pardon papa, nous allons tous être ensemble ?

Mais oui, oui.

Il est assez grand, pour nous accueillir tous

même si, si Dieu le veut, la famille devait encore s'agrandir.

Comme on dit par chez moi, d'ici cent ans, nous pourrions tous être réunis.

-On a le temps cependant. - D'accord.

Aujourd'hui comme c'est Pâques, nous pourrions en rester là.

Il vaut mieux penser à ces choses en premier.

- Comme ça on en parle plus ensuite. - Il vaut mieux casser l'œuf.

Si vous le souhaitez, nous ferons un tour à Torrita dans les prochaines semaines

et nous irons voir.

- Tout le monde au cimetière. - Exactement !

Tu veux cet œuf ?

Luca, c'est le moment de l'œuf.

- Allez. - S'il te plait.

Doucement.

Un, deux et trois et on le casse !

Fort !

- Allez ! - Allez, Luca !

Hourra, il est est cassé.

Il est est cassé !

Venez, c'est le dernier tout au fond.

Attention.

Voilà, c'est notre chapelle.

Il y a, deux, trois…

Quatre places de chaque côté.

Et il y a aussi quatre autres emplacements en dessous.

Je pensais qu'ils étaient plus en avance dans le travail.

- On descend ? - Non, ne t'inquiète pas.

Voilà.

C'est l'écriture de papa.

C'est pour vous.

Celle-ci est pour Cossiga.

Et pour moi.

Il veut une négociation secrète.

Je dois faire le lien avec Cossiga.

Vous devez la lui remettre ?

Allez-y tout de suite alors.

Photocopiez-les avant, il ne faut pas qu'elles disparaissent.

Ma très chère Noretta.

Je désire t'adresser en ce jour de Pâques

à toi et à tous, mes vœux les plus fervents et affectueux

avec beaucoup de tendresse pour la famille et pour le petit en particulier.

C'est la première fois en 33 ans, que nous ne fêterons pas Pâques ensemble.

Et dans quelques jours, pour le 33ème anniversaire de notre mariage nous ne seront pas ensemble.

Demande à Agnese de bien vouloir te tenir compagnie le soir

en prenant ma place dans le lit

et qu'elle vérifie que le gaz soit bien fermé.

- Maman. - Oui ?

Tu penses quoi de la lettre ?

Depuis nos fiançailles

je n'ai pas souvenir d'une lettre commençant par "Carissima Noretta".

Comme si soudain, c'était réveillé l'Aldo que j'ai connu jeune fille.

Le petit ami, le mari,

le père…

que nous seuls connaissons.

Une sorte de miracle.

Un peu, qu'on le connaît bien !

Nous sommes sa famille.

Je suis désolée, Agnese, tu sais, mais j'aimerais être seule.

- Mais… - Excuse-moi.

Non, ne t'inquiéte pas.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Oh, et vérifie le gaz. - Oui.

MORO FOU ?

A-T-IL ÉTÉ DROGUÉ PAR LES BRIGADES ROUGES ?

ISOLEMENT ET PSYCHOTROPES

Salut Nora.

Nous ne pouvons pas faire autrement, Nora.

Il dit lui-même qu'il pourrait être contraint à révéler des choses…

qui pourraient nuire à l'État.

C'est pour ça que vous le faites passer pour un fou ?

C'est écrit.

Psychologues, psychiatres…

Personne n'a dit une chose pareille.

Les journaux exagèrent, c'est leur travail, ils cherchent le gros titre.

Il est dit que ce qu'il a écrit est le reflet de l'état dans lequel il se trouve.

L'emprisonnement, la menace…

C'est une stratégie que nous impose la décision des BR de publier la lettre pour Cossiga.

Ce serait différent s'ils ne l'avaient pas publié.

Nous devons dire que ce n'est pas la pensée d'Aldo.

Bien sûr, parce qu'il est clair que ce n'est pas le cas.

Ah, ça ne l'est pas ?

Les lettres démontrent qu'Aldo est parfaitement lucide.

Elles expriment la pensée, l'esprit de mon mari.

Quelle folie ?

L'âme profonde de mon mari a toujours été celle du médiateur, du conciliateur, de l'homme de bon sens,

l'âme de la démocratie-chrétienne, c'est tout.

C'est ainsi que sont les démocrates-chrétiens, ou devraient l'être, des chrétiens.

Mon mari ne demande que de négocier.

L'État doit faire preuve de fermeté.

À notre place, Aldo dirait exactement la même chose.

Défendre les institutions du chantage des Brigades Rouges est notre devoir.

Et donc il doit mourir ?

Même si personne n'ose le dire ?

Mais non, je n'ai pas dit ça, personne ne l'a dit ni même pensé.

Tu l'as forcé à être président, il ne voulait pas.

Il paie pour toute la DC.

Ça aurait pu être toi à sa place et il aurait fait l'impossible pour te sauver la vie.

Mais vous, qu'est-ce que vous faites ?

Vous dites qu'il est fou et que vous ne ferez rien.

Et Andreotti ne peut pas dire qu'il n'est pas moralement responsable d'Aldo !

Comment peut-il se permettre ?

La duplicité du serpent !

Nous faisons et ferons l'impossible, Nora.

Crois-moi !

Accepter un négociation aujourd'hui

serait une preuve de faiblesse.

Vous ne voulez pas négocier, c'en est la preuve.

Aldo doit mourir, il doit mourir !

Négocier ne faciliterait pas la libération d'Aldo.

Pour son bien, fais-moi confiance.

Céder immédiatement aux enlèvements a toujours été une stratégie perdante.

Salut.

Salut.

Ils veulent sa mort.

Tout le monde a déjà décidé.

Ils le veulent martyr, crucifier comme le Christ.

Le faire tuer d'un geste de la main et puis le sanctifier.

Il en sera ainsi, maman ?

Maman, fini la prudence, je dois parler, le crier, hurler.

- Je veux crier! - Non !

S'il te plaît, je t'en supplie, je t'implore, la situation est trop grave !

Cela pourrait tout gâcher, crois-moi !

Tu es bouleversée, comme nous tous, mais arrête.

Papa est toujours en vie !

Un mot suffit pour que tout s'effondre !

Si tu aimes vraiment ton père, quitte cette maison. Va-t'en !

Ne dis rien à personne !

Rentre chez toi, reste avec Luca, si tu aimes vraiment ton père.

Je t'en prie.

- Don Giuseppe ! - Reculez.

Ne prenez pas de photo, non.

- Est-il vrai que le Vatican négocie ? - Pas de photo.

- Ma sœur, attends-moi ici. - Oui.

Ne prenez pas de photo, partez.

Partez.

Partez.

- Salut. - Bonjour.

- Ta maman est là ? - Oui.

Maman, c'est Don Giuseppe.

Madame, désolé pour cette visite impromptue, mais…

Depuis quelques jours

la supérieure du couvent de San Clemente émet le désir de vous parler.

Ell affirme avoir de bonnes nouvelles.

Pourquoi n'est-elle pas allée voir la police ?

Elle a essayé.

Ils ne l'écoutent pas.

Ne serait-elle pas une illuminée ?

Non, non, je ne me serais pas permis sinon.

Je vous le garantis…

Elle attend dehors, si vous désirez la rencontrer.

On peut y aller.

Je ne l'ai pas imaginé.

J'ai vu votre mari de mes propres yeux.

Quelques jours après l'enlèvement,

j'ai vu une voiture arriver dans la cour du bâtiment en face de notre couvent.

Un homme aux yeux bandés a été extrait du coffre de la voiture.

Je l'ai vu par la fenêtre de la salle de bain de service, debout sur les toilettes.

Je ne sais pas pourquoi je suis montée. C'était une intuition sans raison précise.

Les jours suivants, toujours au même endroit

j'ai vu des voitures de police sans sirène allumée

et des voitures civiles aller et venir, bref…

Un grand va-et-vient.

Et un prêtre dans une voiture, avec aussi les yeux bandés, a franchi le portail.

Oui, désolé, mais…

Vous avez passé plusieurs journées devant la fenêtre ?

Non, bien sûr que non.

Je n'y allais que quand j'entendais du mouvement.

Enfin, un va-et-vient.

Et des cris, voyons, même des appels incompréhensibles.

Je crois dans une langue étrangère.

Je ne connais pas de langues étrangères. Je ne connais que l'italien, le latin et un peu le grec.

Mais vous l'avez dit à la police ?

Oui, bien sûr.

Mais ils ne me croient pas,

ils pensent que je suis folle.

C'est pratique, avec eux tout le monde est fou.

Si vous n'êtes pas d'accord, vous êtes fou.

C'est le raccourci le plus simple.

Mais quand le parti des fous

sera majoritaire, je voudrais bien voir ce qui va arriver.

Ils changeront d'avis, mais il sera trop tard.

C'est bon.

Écoutez, écrivez-moi l'adresse de l'institut.

- Oui, mais vous ne voulez y aller de suite ? - Non.

- Non… - Non.

La dame doit agir avec prudence.

Elle doit d'abord informer le ministère de l'Intérieur.

Mère, je vous remercie, veuillez m'excuser.

Merci, merci et terminé, désolée.

- Oui, j'attends votre venue. - Oui.

Allo ?

Francesco, c'est Eleonora.

Une religieuse est venue me voir…

Salut Eleonora.

Je suis au courant, c'est une visionnaire.

Oui, mais tu es ouvert à tous. Médiums, visionnaires, voyants…

Oui, mais là ça suffit,

pour que personne ne puisse nous dénigrer, tu comprends ?

Nous ne voulons plus être insultés.

Les généraux en ont assez.

Un mois après l'enlèvement, qu'avez-vous en main ?

Je ne peux pas parler au téléphone, mais…

nous avons de bonnes cartes, crois-moi.

Tout le monde me dit d'avoir confiance,

mais rappelle-toi que pour Aldo tu étais comme un fils.

Il t'a créé, tu devais le protéger et tu ne l'as pas fait !

C'est pour ça que je ne dors pas.

Alors, trouve-le.

Nous le trouverons.

Non, retrouve-le vivant, parce qu'il est vivant.

Sinon malheur à toi !

Je te demande un tout petit geste de générosité.

Un fou de plus ou de moins qu'est-ce que ça change ? Il y en a tellement !

C'est bon, Eleonora, je te le promets.

Non, tout de suite !

Depuis ce matin, des dizaines de plongeurs fouillent

les profondeurs du lac de la Duchessa.

Afin de corroborer le contenu d'un message publié et signé par les Brigades Rouges

mais dont authenticité reste incertaine.

La mort de l'homme d'État démocrate-chrétien y est annoncée.

Comme nous avons pu le voir,

les tentatives du plongeur ont été inutiles.

L'épaisseur de la glace est telle

qu'elle ne permet pas à un corps d'être immergé.

L'expert nous dit…

Tu peux arrêter de fumer ?

…qu'il semble impossible d'atteindre la surface de d'eau

qui se situe sous une double couche de glace.

Un pompier va s'immerger

afin d'étudier la nature de la surface gelée du lac.

Les tentatives continuent.

Un trou a été fait dans la glace

pour placer des charges explosives.

LES HEURES SONT COMPTÉ POUR MORO L'ultimatum impitoyable des Brigades rouges au gouvernement "Échange de prisonniers d'ici demain ou nous le tuons"

La Dc confrontée au choix le plus difficile de son histoire

Le communiqué numéro sept était un faux.

La police l'a dit au ministère de l'Intérieur

et pourtant ils y ont tous cru.

Ils ont fait imprimer des affiches.

"Aldo Moro a été assassiné."

"Sa foi pour la liberté vit en nous."

Heureusement, elles ont été stoppées au dernier moment.

Ils n'en peuvent plus d'attendre,

ils souhaitent s'en débarrasser.

La BR a donné un ultimatum de 48 heures, 24 se sont écoulées.

Oui, oui, mais quelque chose bouge en ce moment.

Caritas a reçu l'appel d'un brigadiste.

(Caritas: organis. catho. à but caritatif)

Elle dit que le Président vous appellera à 20 heures pour s'entretenir avec vous.

- À moi ? - Oui.

Pour prouver qu'il est vivant et que le canal est digne de confiance.

Nous devons garder la foi.

S'il vous plaît. laissez passer.

- Merci. - Madame Moro !

Madame Moro, où allez-vous ?

Quelle est la position du gouvernement ?

Y aura-t-il une reconnaissance politique ?

Allez.

Veuillez avancer.

Heureusement qu'ils sont là.

Sinon il n'y aurait personne.

- Voici pour vous. - Merci.

C'est Madame Moro. Bonjour, Madame.

Madame, nous prions tous pour vous.

Oui, c'est Mme Moro. Bonjour, Madame. Que Dieu vous bénisse, madame.

Bienvenue Madame Moro. Je vous en prie.

- Bonjour. - Si vous voulez vous asseoir.

Non merci, je préfère rester debout.

S'il vous plaît, veuillez vous éloigner.

Merci.

Allo ?

C'est bien Mme Moro ?

Oui, c'est moi.

Je reconnaitrais la voix.

Non, ce n'est pas elle.

C'est moi, je suis Eleonora Moro.

Non, allons-y, c'est un piège.

Mais non, c'est moi !

Je suis Eleonora Moro !

S'il vous plaît !

Voici l'appel lancé ce matin par Sa Sainteté Paul VI

Maman, c'est l'appel du pape, tu viens ?

Je vous écris, hommes des Brigades Rouges…

Rendez à la liberté, à sa famille

à la vie civile l'honorable Aldo Moro.

Je n'ai pas de liens personnels envers lui

ni aucun intérêt d'ordre privé qui m'oblige.

Je l'aime comme membre de la grande famille humaine,

comme un frère dans la foi et comme un fils de l'Église du Christ.

Et c'est au nom suprême du Christ

que je vous prie à genoux.

Libérez l'honorable Aldo Moro,

simplement, sans condition."

Pas tant pour mon humble requête…

Il a abandonné lui aussi.

En vertu de sa dignité et la fraternité commune à l'humanité…

…et pour une cause que j'espère…

[TV] La journée a commencé ce matin à 11h00

quand est arrivé Piazza del Gesù le secrétaire Zaccagnini.

Il a exprimé dans un communiqué de presse

l'émotion et la gratitude des démocrates-chrétiens

pour les paroles du pape aux Brigades rouges demandant la libération d'Aldo Moro.

Zaccagnini a fait part de l'espoir

que cet appel soit entendu.

Attention, nous informons la clientèle que le train régional…

Oui ?

Je suis de ceux qui sont en lien avec l'affaire concernant votre père.

- Je dois faire une dernière communication. - Oui.

Nous passons ce coup de fil par pure humanité.

Votre père est persuadé que vous avez probablement été trompés.

Que jusque là vous avez agi sur un malentendu.

Jusqu'à présent, ce que vous avez fait n'a servi à rien.

Oui.

Les jeux sont maintenant finis. Nous avons pris notre décision.

Dans les prochaines heures, nous devrons exécuter

ce que nous avons dit dans le communiqué numéro huit.

Communiqué numéro huit ? De quoi s'agit-il ?

Relisez-le.

Ne me faites pas perdre mon temps.

Nous pensons que Zaccagnini doit intervenir immédiatement.

- oui, mais… - Si cela ne se produit pas,

nous ne pourrons rien faire d'autre.

- Avez-vous bien compris ? - J'ai très bien compris.

Il n'y a donc qu'une seule issue.

Cet appel est fait par pure humanité.

Nous savons

qu'une condamnation à mort n'est pas une chose à prendre à la légère pour personne.

Nous sommes conscients des responsabilités qui nous incombent.

Votre père estime que vous n'êtes pas intervenu directement, parce que vous avez été mal conseillé…

Nous avons fait ce que nous pouvions faire. Nous sommes prisonniers.

Non, le problème est politique.

La DC doit intervenir. Nous avons beaucoup insisté sur ce point.

Parce que c'est la seule manière de parvenir à un accord final.

Si cela n'arrive pas dans les prochaines 48 heures…

- Désolée, je n'ai pas compris.. -Non, non,

je ne peux pas discuter. Je ne suis pas autorisé à le faire.

Je vous prie de m'excuser.

Je dois seulement vous faire part de cette communication.

Seule une intervention immédiate, précise, directe et claire de Zaccagnini

peut changer la situation. Nous avons pris notre décision.

Dans les prochaines heures, il arrivera…

…l'inévitable. Je n'ai rien d'autre à dire.

Je vous remercie infiniment.

Le train régional rapide 4136 de Trenitalia

de 14:16…

- Présidence… - Je suis Eleonora Moro.

Je dois parler au président.

- Bonsoir, je vais voir si… - C'est urgent. Mon mari…

- Veuillez patienter. - Oui.

- Je vous mets en contact. - Merci.

Président, les BR ont appelé chez moi.

- Je m'y attendais. - Faites quelque chose.

- Bien sûr. - Vous devez faire quelque chose.

Nora, j'arrive tout de suite.

Pas besoin de venir ici, il faut faire quelque chose.

- Très bien. - Il faut appeller Zaccagnini…

il ne m'écoutera pas.

Un mot de votre part pourrait…

Je le ferai.

- ls veulent que Zaccagnini s'exprime… - Eleonora, calmez-vous.

Ce sont des appels de terroristes.

Vous devez mettre la pression sur Zaccagnini, sinon…

J'ai compris.

J'ai compris.

Je vous baise la main.

Il n'a même pas réalisé que c'était moi.

Il pensait que j'étais l'une d'entre vous.

Il n'arrêtait pas de dire "votre père", "votre père".

Puis je me suis excusée.

Je me suis excusée.

Je me suis excusée auprès d'un meurtrier, auprès du bourreau de ton père.

Je l'ai même remercié.

- Maman, voilà Giovanni. - Maman.

Je suis allé chez Zaccagnini, comme tu l'a demandé.

Je lui ai dit,

je lui est dit, je lui ai expliqué que pour sauver papa

ll faut une intervention directe et claire

de sa part et de la DC,

sinon ils le tueront.

Qu'a-il répondu ?

Il a pris acte, puis a dit que la situation était difficile.

"Aldo, c'est l'Italie."

Il était embarrassé.

Et rien d'autre ?

Oui.

Il a dit qu'il convoquera la direction du parti.

Et il s'est mis à pleurer…

Oui.

Je vais appeller Guerzoni.

Guerzoni ! Une question, s'il vous plaît !

Bonsoir.

J'ai une déclaration de la famille.

"La famille d'Aldo Moro estime que l'attitude de DC

est totalement insuffisante pour sauver la vie d'Aldo Moro.

Notre conscience ne peut plus se taire face à l'attitude des chrétiens-démocrates.

Nous croyons avec cet appel, que nous interprétons également la volonté de notre parent.

En effet, il ne peut l'exprimer directement

sans risquer d'être déclaré proche de la folie.

par la quasi-totalité du monde politique italien,

en commençant la DC

et conjointement par de soi-disant amis et prétendus connaissances d'Aldo Moro…"

Qui sont ces soi-disant amis ?

"…pour éviter une longue période de mort et de souffrance,

il ne sert à rien de nier la dure réalité,

il faut plutôt l'affronter…

avec lucidité et courage.

La famille Moro."

- Merci. - Que vont-ils faire ?

Allez, c'est bon.

Il n'est plus temps.

Allez !

Où est le président Moro ?

Le Président Moro ?

Il est au maquillage.

Où ?

Je vais vous accompagner.

Professeur ! Excusez-moi, ils veulent vous parler.

Mais elle…

c'est Madame Moro.

- Oui mes excuses. - Non, attendez une minute, madame.

Je suis le professeur Cappuccio, j'enseigne l'histoire du théâtre à Federico II.

Ce ne sont que mes élèves. Je me suis prêté au jeu.

Je leur ai donné la possibilité de faire l'expérience d'une immersion dans la réalité.

Ce sont des jeunes enthousiastes, ils ont besoin d'expérimenter.

Je vous assure qu'il s'agit d'un travail respectueux et non idéologique.

Il n'y a aucun but financier.

C'est juste un exercice universitaire, Mme Moro.

J'espère que lorsque votre mari sera libéré, il pourra le voir.

Je sais qu'il aime beaucoup les jeunes.

Oui, désolée si je vous ai dérangé.

Veuillez m'excuser. Bon travail.

Traduction D.V.P. 2023

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