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- Je veux pas te quitter. - Allez, tu dois y aller.
Non…
Dépêche-toi.
Ne fais pas trop de bruit en sortant.
Et ta ceinture ?
Aujourd'hui tu vas chez Lia, donc tu peux jouer un peu avec Carlotta, d'accord ?
Où tu vas ?
Je dois aller travailler.
C'est toi mamie qui vient me chercher ?
On verra.
Qui est-ce ?
- Bonjour ! - Bonjour !
- Valerio ! - Ale!
La voilà !
Ma belle.
Regarde ce que j'ai pour toi.
Les croissants, les voilà.
Non, on les met dans ton cartable et tu les emportes à l'école.
C'est bon ? Tu vas être en retard, allez.
Nous allons continuer longtemps comme ça ?
Je ne veux pas qu'elle sache que nous vivons ensemble.
Mais on vit ensemble.
Révolutionnaire et catholique ?
M'enfin !
Connard.
Ale , où es-tu ?
Ale ?
Alexandra ?
Alexandra !
- Où as-tu trouvé ça ? - Dans le tiroir.
On ne regarde pas dans les tiroirs !
C'est un vrai ?
Non, c'est un faux.
Allons-y.
C'est bon ?
Rouge ! Rouge ! Brigades rouges !
Au revoir mon amour.
Au revoir maman.
Alexandra !
Ale, viens.
Viens.
Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
- Maman sera absente pendant un certain temps. - Tu vas où ?
À Milan, pour le travail.
Tu reviens quand ?
Dans quelques semaines.
Mamie viendra te chercher et tu resteras avec elle.
Et Valerio ?
Il viens avec moi à Milan.
Je veux rester avec toi.
Mais non, comment on peut faire ça ?
Tu dois aller à l'école. Maman doit partir, c'est important.
Maman n'a pas le choix.
Sois gentille avec grand-mère, étudie, ne la mets pas en colère.
Je reviendrai bientôt.
Allez, file.
- Bonjour professeur. - Bonjour.
C'est par ici.
- Excusez-moi, bonjour. - Je vous en prie.
Savez-vous où se trouve Via Lovanio ?
- Oui, vous allez à gauche jusqu'à l'avenue Liegi. - Oui.
- Puis à nouveau à gauche. - C'est bon.
- À gauche, Viale Liegi, à gauche. - Gauche, gauche.
- Merci. - Je vous en prie.
- Merde, ça ne marche pas ! - Putain, c'est la sécurité !
Au secours ! Non !
Au secours !
À l'aide ! Au secours !
Quel bordel !
Allez !
Ce matin, attentat des Brigades rouges à Rome.
Victime le doyen de la Faculté d'économie et de commerce,
Le professeur Remo Cacciafesta.
Trois femmes l'attendaient…
Il a été blessé aux jambes et au bassin par huit coups de feu.
Le professeur est maintenant hospitalisé à la Polyclinique
où il a subi une intervention chirurgicale.
Son état n'est pas préoccupant.
L'attaque, selon les témoignages recueillis…
Pourquoi tu es là ?
Quoi de neuf ?
- Tout s'est bien passé, t'as été formidable - Vous nous faisiez pas confiance, hein ?
Une action aux mains des femmes…
Les camarades ont été impressionné par ta détermination.
Vous pensiez que nous ne pourrions pas y arriver.
- Vous étiez là pour intervenir si problème. - J'en ai assez.
Nous étions là pour votre sécurité si nécessaire.
C'est tout.
Tu veux dire quoi, par tu en a assez ?
Mais rien, qu'est-ce que tu vas…
Si tu me quittes, je te tue.
Mais laisse béton.
Voici l'agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde.
Seigneur, je ne suis pas digne de m'asseoir à ta table
mais dis seulement une parole et je serai sauvé.
Le printemps arrive.
- Le corps du Christ. - Amen.
Le corps du Christ.
- Le corps du Christ. - Amen.
- Le corps du Christ. - Amen.
Le corps du Christ.
Le corps du Christ.
CONTRE LA VIOLENCE LA FORCE DE LA DÉMOCRATIE
Le Corriere della Sera, s'il vous plaît.
Mademoiselle.
Mademoiselle ?
- Oui ? - Votre monnaie.
Merci.
- Bonjour, merci. - Bonjour.
- Au revoir. - Au revoir.
Excusez-moi, mais que faites-vous là ?
Je vous attendais, je voudrais me confesser.
Bien. Venez, s'il vous plait.
Nous avons des problèmes avec ma femme ces derniers temps.
Enfin, pas vraiment, parce qu'elle a toujours été comme ça.
Elle est anxieuse et jalouse, sans raison.
Elle est belle, on ne peut s'empêcher de la regarder, mais elle est aussi obsessionnelle.
Trop.
Une fois j'en ai eu assez et je me suis énervé.
Sans élever la voix, elle m'a répondu
que si je la quittais, elle me tuerait.
Ce sont…
Ce sont des paroles qu'on dit parfois comme ça, sans réfléchir…
…quand on a perdu patience.
Les mitraillettes FNAB-43 pour Franco et Valerio.
Raffaele, le M12.
Prospero et Rita le Beretta 51.
Barbara la mitraillette Skorpion.
Alessio le Smith & Wesson.
J'aimerais être de la partie aussi.
Non.
Si ça tourne mal,
il doit y avoir quelqu'un qui sache établir des stratégies pour continuer le travail.
Il y aura à nouveau d'autres occasions.
La guerre ne se termine pas avec l'opération Fritz.
Allez, allez.
- Bon ? - Bon.
- Bien. - C'est bien.
C'est bien.
Le président du Conseil Andreotti a exposé à la Chambre et au Sénat
le programme du nouveau gouvernement.
Dans l'après-midi, à Montecitorio, le débat de confiance commencera.
- Nous somme dans les temps ? - Oui.
Dans trois jours, un scrutin sera organisé.
Malgré l'accord trouvé, le malaise à gauche persiste.
Aucun rassemblement conjoint ou autre action n'est envisagé.
Peut-être a-t-il été blessé…
Tu peux me passer une biscotte ?
Enlevé la nuit dernière à Rome par quatre hommes armés.
Le secrétariat du syndicat unitaire se réunit.
Avec Lama, Macario et Benvenuto
divisés par une dure polémique.
Code 10-68.
Le buraliste de Via Merulana.
Code 10-80, poursuite en cours sur la Via Flaminia
à hauteur du village olympique.
- À plus tard. - Oui, au revoir.
Bonjour, Mme Moro.
- Bonjour. - Président.
On se rend à l'église ?
Non, nous n'avons pas le temps, allons directement à la Chambre.
Bordel…
Bonjour. Le président de la DC, Aldo Moro, a été enlevé à 9h10
par un commando de terroristes
alors qu'il quittait son domicile pour se rendre à Montecitorio
doù était prévu le débat parlementaire sur le gouvernement Andreotti.
Moro était escorté de cinq personnes.
Les terroristes ont ouvert le feu.
Selon les premiers rapports…
Des réactions arrivent de Montecitorio.
Des réactions de consternation, d'indignation, de protestation.
Les dépêches de l'agence continuent d'arriver. Je vous donne les premières déclarations:
La ministre Tina Anselmi déclare…
Désolé, je reçois un appel de la régie.
Viens, on va attendre mamie.
Je quitte la ligne, Ingrao s'exprime.
Je demande à mes collègues de se lever
pour exprimer notre indignation
face à l'attaque infâme dont l'État démocratique a été victime ce matin.
Pour transmettre nos profondes et amères condoléances
aux familles des personnes assassinées.
Donner notre solidarité entière, passionnée, affectueuse
à notre collègue Aldo Moro.
C'était le bordel.
- Les camarades vont bien ? - Oui.
- Des blessés ? - Tous le monde va bien.
- Je dois prendre une douche. - Oui.
- Tu peux m'apporter un verre d'eau ? - Oui.
Plus que des paroles...
je pense qu'il est important de faire notre devoir.
Par conséquent, Mesdames et Messieurs, commençons nos travaux
en tenant notre ordre du jour de la réunion.
[Andreotti] Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
l'embuscade tenue ce matin à l'encontre de M. Moro…
Brigadiste rouge tuée lors d'un échange de coups de feu avec la police.
SUITE AU MASSACRE, AUCUNE TRACE DE MORO Le pays s'est arrêté : il dit non au terrorisme
Comment les Brigades rouges mènent la guérilla « Si vous les voyez, appelez la police » Parmi les vingt personnes recherchées se trouve peut-être l'un des cerveaux des B.R.
- Comment tu vas ? - Bien. Allons-y.
Tu as vu les journaux ?
Oui, on y est tous.
Ne reste pas là, assieds-toi ici.
J'ai vu, il y a toi sans moustache,
Prospero, Bruno, j'y suis aussi.
- Comment il va ? - Il a un peu mal à une côte.
En le mettant dans la caisse, on a dû trop forcer.
- Vous lui avez donné quelque chose ? - Deux analgésiques.
Il a un sac plein de médicaments.
Il veut une Bible.
Maintenant tout le monde va vouloir faire partie de la famille.
Attention aux infiltrés.
Ceux du PCI avant tout.
Voyons est-ce qu'on envoie tout au Repubblica?
Oui.
Désolé, je dois y aller.
La Bible ?
Je ne sais pas, quand je reviendrai, on verra.
LE CRIME POLITIQUE LE PLUS GRAVE DE CES 30 DERNIÈRES ANNÉES, ALORS QUE LA CRISE SEMBLAIT PRENDRE FIN.
NON AU FASCISME NON À LA RÉPRESSION FAISONS PAYER LA CRISE AUX PATRONS
Lisez, cinq gars ont été tués.
Et que fait l'État ?
Rien, ils ont tous peur.
S'il était encore là, cette bonne âme de Mussolini…
Benito Mussolini…
les rats resteraient dans les égouts.
Je pourais vous dénoncer pour vos propos.
Dénoncez-moi, je n'ai pas peur.
- Personne ne lui fait peur à elle. - Que quelqu'un m'aide !
- Aidez-moi ! - Que se passe-t-il ?
Il est malade! Il ne respire pas !
- Vive l'Italie ! - Peut-on s'arrêter ? Il est malade !
- Y a-t-il un médecin ? - Tenez-lui la tête !
Je peux ?
Vous êtes vraiment belle.
Chauffeur, arrêtez le bus, s'il vous plaît !
Allô ? Oui.
Brigades rouges.
Nous avons laissé un communiqué dans une enveloppe orange…
…dans le métro Porta Pia, au-dessus de la machine à photos d'identité.
On se retrouve à la maison.
Maisons, usines, écoles dans toute l'Italie.
Il a semblé pendant un instant
que le cœur de la nation s'était arrêté.
Un sentiment d'angoisse profonde et d'impuissance absolue...
- Un café s'il vous plaît. - De suite.
Pendant un instant tout le monde a été paralysé
comme si une agression injuste et violente
était entrée dans nos maisons
et avait frappé l'un de nos proches.
La conscience de la nation est blessée.
Elle s'est levée avec l'élan d'une nouvelle résistance.
Avec l'unité et la détermination
que réclament le sang des morts et les droits des vivants.
Je confie à l'infinie miséricorde de Dieu
les âmes des morts, des carabiniers et des gardes de la sécurité publique.
Chéris par leur famille
et à partir d'aujourd'hui par nous et tout le peuple italien.
Je confie à l'admiration de tous et à la prière des croyants
leurs noms rendus immortels par le sacrifice suprême.
J'invoque la grâce de Dieu...
Mademoiselle, votre sac !
Qu'est-ce que tu faisais ?
J'ai acheté la Bible.
Tu as vu les funérailles ?
Oui, puis j'ai éteint.
Moi aussi, j'en ai vu un peu dans un bar.
Ils étaient tous là.
Tous au premier rang.
Tous habillés de la même façon.
Tel des mannequins.
Viens.
Une rafale de mitrailleuse aurait suffi à tous les éliminer.
Oui, j'arrive, j'arrive.
J'arrive.
Attendez-moi.
Faites ce que vous avez à faire.
- Salut. - Salut.
Salut.
Le comuniqué ?
Je l'ai. Allez, j'ai très peu de temps.
J'ai apporté le communiqué numéro trois.
Moro a écrit une lettre à Cossiga
et aussi à sa femme, mais c'est privé.
Je préparé l'argent.
Bien joué.
Viens.
Je vais te montrer comment nous travaillons.
C'est notre laboratoire.
C'est dix millions.
Continuons à laver les billets. Nous avons le temps de toute façon.
Il sait que nous le publions ?
Non.
Il demande une négociation secrète.
- Alors nous… - Nous ne cachons rien au peuple.
Attends un peu.
Moro demande à négocier avec nous en secret.
C'est ce que nous voulons.
- Et bien ? - Si on la publie…
Tout le monde doit savoir que Moro veut négocier secrètement
comme un bon chrétien-démocrate.
Parce qu'Il a peur d'être contraint de révéler des secrets d'État.
C'est comme ça qu'on se plante.
Gardons la deuxième lettre secrète.
Quelle seconde lettre ?
Celle-ci.
Il l'a écrit à son homme de main, Rana.
Il s'appelle Rana.
(rana = grenouille en italien)
En ne la rendant pas publique
nous gardons un canal secret pour négocier et commencer le vrai jeu.
On va les rendre fous.
La lettre pour Cossiga et le communiqué de presse n°3 pour Repubblica.
On laisse la lettre pour Rana à Sant'Andrea della Valle.
D'accord ?
Oui.
J'y vais.
Attends, la Bible.
Salut.
Salut.
- Tu pars tout de suite ? - Oui.
C'est une erreur et tu le sais aussi.
C'est une stratégie précise.
En politique, il n'existe pas de loyauté envers l'ennemi.
Nous ne devons répondre qu'au peuple.
Il y a des règles même entre ennemis.
Il ne s'agit pas de loyauté, mais de crédibilité.
À quel prix veut-on le libérer ?
Ou ne voulons-nous pas le libérer ?
Écoute, Adriana…
Nous sommes en guerre, nous sommes une armée.
Les ordres n'ont pas à être discutés.
Dans chaque armée, chrétienne-démocrate, fasciste, ou monarchiste,
on obéit d'abord, et ensuite, on discute.
Payez votre billet ! Où allez-vous ? Arrêtez-vous !
Vous ne pouvez pas entrer ! Je vous ai dit que vous ne pouvez pas entrer !
Où allez-vous ?
Vous allez sortir de là ?
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Silence !
Nous voulons Angelo.
Vous y tenez tant que ça ?
Très bien, j'ai décidé de vous faire plaisir.
Fermez-la !
Montrez vos billets.
Allez, vous n'en avez pas. Montrez-moi une pièce d'identité.
Billet ?
Vous n'avez pas de billet ?
Merci.
Venez avec nous, allez.
Les billets. Les billets.
Suivez-moi.
Je suis allé au cinéma.
"La horde sauvage", pour me changer les idées.
Je n'ai pas pu voir le voir en entier, un vrai gâchis.
Tu es contrariée ?
Nous devons obéir.
Je ne comprends pas pourquoi ça te dérange tant.
Parce que c'est une erreur.
Soit je suis trop naïve, soit je suis trop stupide.
Tu penses encore à ça ?
Si la lettre pour Cossiga reste secrète,
rien ne se passe.
Non…
Nous ne devons pas leur laisser la main.
C'est nous qui commandons, ils doivent avoir peur.
C'est juste que je ne vois pas la stratégie.
Il faut plus que ces cartes pour soulever les masses.
Tu crois vraiment qu'on va gagner ?
Que nous prendrons le pouvoir ?
Que l'Italie sera une république socialiste ?
On peut se révolter, tirer, tuer, mourir,
tuer autant de fascistes que possible.
Che Guevara est notre héros. Ce sera notre fin.
Vivre ainsi et mourir dans l'assault d'Asinara.
(Asinara: anc. Île prison accôlé à la Sardaigne)
La belle mort.
Écoute, oublie ça.
Tu ne veux pas gagner,
mais mourir en héros
comme dans "La horde sauvage" après un massacre de fascistes.
Tu viens de le reconnaître.
Oui.
Le plus tard possible, je l'espère.
Oui, des héros perdus..
Nous sommes des anti-héros, j'en convaincs.
Alors la révolution ne gagnera pas.
Je veux te l'entendre dire.
Non, je ne crois pas.
Ma vraie passion n'est pas la révolution,
la dictature du prolétariat, les masses…
Mais c'est transgresser…
me rebeller contre les ordres…
…désobéir..
Je n'ai jamais pu supporter ceux qui commandent,
et qui se prennent trop au sérieux.
Tu n'es qu'une merde.
J'ai abandonné ma fille pour la révolution.
Il y a un an, j'ai avorté justement parce que tu m'as convaincu
qu'il fallait tout sacrifier, donner sa vie…
Que le reste ne comptait pour rien pour la révolution prolétarienne
et maintenant…
…tu n'y crois plus ?
- Je n'ai pas dit ça. - Si, tu l'as dit.
- Tu l'as dit. - Non.
Un brigadiste doit renoncer à sa vie privée.
J'en suis convaincu.
S'il a fait le choix de la lutte armée.
Tu n'y as jamais cru et tu as tué cinq pauvres pères de famille.
Je peux aussi donner ma vie sans hésiter. Tu es injuste d'en douter
Tu veux juste me faire chier.
Je ne pense pas à une Italie socialiste, sans capitalistes.
Mon imagination ne va pas aussi loin.
Je ne suis pas un visionnaire.
Ne me touche pas.
MORO CONDAMNÉ À MORT "Le procès est terminé"
~ Collision spectaculaire ~ entre deux trains sur la ligne Bologne-Florence- 48 morts
Asseyez-vous.
Oui, je sais.
On m'a demandé de vous rencontrer.
- Qui ? - Un mouvement humanitaire.
Il y a de tout.
Socialistes, catholiques, Lotta Continua, gens ordinaires…
([la]Lutte Continue, mouvement marxiste dissident)
Un grand front démocratique qui grossit chaque jour.
Et tous veulent la libération de Moro.
Mouvement autonome est aussi contre la condamnation à mort.
Mmh… pas au courant de ça.
Le secteur Autonomie a approuvé.
À Sapienza, ils font la queue pour intégrer dans les BR.
Combien ?
Cinquante, 100 ?
Même s'ils étaient un millier, ce qu'ils ne sont pas, les sympathisants ne sont que des sympathisants.
Ils observent, ils ne prennent pas les armes.
Ils ne menacent pas l'État.
À quoi sert de condamner Moro ?
Pour qu'ils ne nous la mettent pas, comme avec Sossi, libéré sur des promesses, promesses qu'ils n'ont pas tenues.
Cette fois, l'otage meurt.
Quelles sont les exigences ?
Lanfranco, nous voulons du concret.
Nous voulons une reconnaissance politique claire.
C'est ce que tu dois dire à ceux qui t'ont envoyé.
Cette fois, l'otage meurt.
Brigades rouges, Osez vous montrer !
Nous vous ferons un bon procès !
Brigades rouges, Osez vous montrer !
Nous vous ferons un bon procès !
Mais quelle révolution ? Mais quelle lutte armée ?
Finissons-en avec cette mascarade !
Mais quelle révolution ? Mais quelle lutte armée ?
Finissons-en avec cette mascarade !
Les agents tués par des brigadistes
Vivent dans la lutte de tous les communistes !
Il a été découvert dans un appartement de la Via Cassia
un repaire des Brigades rouges
où vivaient des auteurs du massacre du 16 mars
ou certains de leurs complices.
Voici les images de l'appartement.
Dans cet appartement, on a retrouvé
un fusil de sniper, des tracts des Brigades rouges,
trois uniformes de police et deux uniformes d'Alitalia.
Similaires à ceux que portaient
certains auteurs de l'enlèvement de Moro.
Le jour le plus long après la tragédie de la Via Fani
a commencé à 8h50
quand les pompiers ont appelé la police
depuis un appartement au 96 de la Via Gradoli,
situé non loin de la maison de Moro.
Merde !
- Tu faisais quoi, bordel ? - J'arrivais pas à tourner la clé.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Ils ont découvert la cache de Via Gradoli.
Barbara et Mario ont été arrêtés ?
Ils n'y étaient pas, d'après la télévision.
Ou ils les détiennent et ne le disent pas.
La deuxième information.
Depuis ce matin, des dizaines de plongeurs mènent des recherches
dans les profondeurs du lac de la Duchessa.
Ils cherchent à vérifier
l'annonce macabre d'un tract signé des Brigades rouges,
mais dont l'authenticité n'a pas été encore certifié.
Le tract mentionne l'exécution par suicide du président de DC, Aldo Moro.
Putain pourquoi ils disent que nous l'avons tué ?
Ils ont publié un faux communiqué, c'est ridicule.
- Qui ? - Les services internes.
Cette blague…
Mais pourquoi ?
Pour nous faire savoir qu'ils sont prêts.
- À quoi ? - À Moro mort.
Pour préparer les Italiens à cette éventualité.
Pour déterminer comment ils vont réagir.
C'est leur travail, ils pensent à tout.
J'en suis de plus en plus convaincue, il ne faut pas le tuer.
Les communistes veulent sa mort.
Bonne raison pour ne pas le tuer.
Il affirme que les Brigades Rouges…
- Comment va Barbara ? - Bien, en sécurité.
- Dormez ici. - Non, il vaut mieux être séparé.
Tu veux quelque chose ? Du café, de l'eau ?
De l'eau, merci.
Que s'est-il passé ?
Je rentrais à la maison.
Quand j'ai vu des pompiers et des flics. Merci
Il s'en est fallu de peu. C'était moins une.
Quelqu'un aurait trahi ?
Je ne sais pas.
Beaucoup de membres du mouvement connaissaient notre base.
Vous y avez dormi aussi.
Oui, nous y sommes restés deux semaines.
Je vois des espions partout.
Cette photo leur fout la frousse.
C'est le communiqué numéro sept.
Eux ils jouent, nous on est sérieux.
Donnons-leur encore 48 h.
Et plus de contact avec des personnes extérieures, c'est trop risqué.
Lanfranco, on peut lui faire confiance.
Non.
Après ce qui s'est passé à Via Gradoli, je n'ai confiance à personne,
surtout pas à type qui joue au poker avec ceux qui seront nos juges.
Je peux voir la photo ?
Plus d'initiatives personnelles.
Nous ne traitons pas avec des socialistes.
Notre interlocuteur c'est le DC, le gouvernement !
Zaccagnini.
Andreotti, Leone.
Le DC ou le gouvernement.
Personne d'autre.
Dis bien ça à ceux qui t'on envoyé.
Pourquoi vous ne faites rien ?
Je suis un intermédiaire, je n'ai aucun pouvoir.
Les chrétiens-démocrates doivent nous reconnaître,
et non pas raconter des foutaises de psychiatres.
"Est-il lucide", "Est-il fou ?"
Mais ils n'ont pas honte ?
On a besoin de temps.
Il n'est plus temps. On a plus le temps ! Tu comprends ça ?
Vous devez comprendre que tuer Moro c'est ce suicider.
Vous avez besoin du mouvement.
Sans personne pour vous protéger, vous êtes fini.
Tout est fini, vous, nous, le mouvement.
Le mouvement est l'eau où le poisson peut nager.
Sans l'eau, vous êtes mort.
Libérez-le, c'est la chose la plus révolutionnaire que vous puissiez faire.
Rendez-leur un Moro vivant et enragé parce que personne n'a voulu le sauver.
Moro leur fait peur plus vivant que mort.
C'est parfaitement clair.
Moro est ici avec toute la DC !
- Le comité exécutif l'a décidé. - Nous sommes également du comité.
Vous êtes en minorité, la peine doit être exécutée.
C'est suicidaire.
Bougeons, ne restons pas immobiles.
Le mouvement ne nous suit pas.
Je me fiche du mouvement.
Qui mène la lutte armée contre le régime corrompu et fasciste ?
Nous ou le mouvement ?
Trêve de bavarde !
Va dire ça à tes amis, professeurs et intellectuels qui pontifient dans les journaux de gauche, ces vieilles putes au maquillage surfait…
Dis-leur que nous sommes aux commandes.
Va.
Rendons-leur ce service.
- En le libérant… - Nous passerons pour des merdes.
Ils veulent qu'il meure.
Au lieu de cela, nous le libérons.
En étant libre, il peut faire plus de mal à la DC.
Sans avoir rien obtenu ?
L'enlever a été un coup difficile.
Nous avons démontré que…
La révolution n'a rien à prouver.
Le pape, le secrétaire de l'ONU, Arafat…
Nous l'avons eu, notre reconnaissance politique.
Ne restons pas tous regroupés.
Par principe, nous ne pouvons pas tuer un prisonnier sans défense.
C'est quoi ton problème ?
C'est la lutte armée, si tu n'étais pas convaincu…
Je n'ai aucun problème et je l'ai prouvé.
C'est une chose pour les policiers, qui sont payés pour cela…
Bonjour, vous n'auriez pas 100 lires ?
- Non, désolé. - Non.
- Cinquanta lire ? Rien ? - Non, désolé.
…un otage, c'est une autre chose.
C'est autre chose de tuer un prisonnier désarmé.
Il a les mêmes défauts que les autres. Corruption, massacres d'État.
Si nous le libérons, nous sommes plus forts.
Nous montrerions que nous n'avons pas le courage de le faire.
La suprématie morale n'a pas d'importance pour un prolétaire…
…c'est une défaite.
Le libérer… c'est une idée d'intellectuel.
Quelqu'un qui se lève et dit : « Que vais-je faire en tant que révolutionnaire ? »
Mais c'est pas pour un ouvrier
qui va à la chaîne pendant huit heures, qui fait toujours les mêmes gestes pour un boulot de merde et risque la famine !
Oh, arrêtez ! Arrêtez !
- Misérable ! - Allons-y.
Pense logiquement.
Cela fait deux mois…
Tu lui parles tous les jours, tu lui donnes à manger et à boire.
- Comment vas-tu le tuer comme ça ? - C'est une guerre, tu comprends ou non ?
Viens ici.
On le juge, on le condamne, on le tue.
Nous, parce que nous sommes prêts à nous faire tuer.
Et si jamais ça arrive, ce ne sera pas la fin.
Dites-le à vos amis.
Il y a beaucoup de révolutionnaires,
des vrais révolutionnaires,
qui veulent participer parce qu'ils sont fatigués de vos bavardages nauséabonds.
Ça fait dix ans que tu bavardes…
Ne me parle pas comme ça !
Je t'ai prouvé que je me fous de ma vie.
Oui.
Tu me l'as prouvé.
Et maintenant, le dirigeant de l'ennemi entre nos mains, vous ne voulez pas le faire.
Cette fois-ci, nous allons jusqu'au bout.
Traduction D.V.P. 2023
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