All language subtitles for Esterno.Notte.S01E03.1080p.NF.WEB-DL.DDP5.1.x264-gattopollo

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Original subtitles

- Il y a t-il des nouvelles ? - Aucune, Votre Sainteté.

Frères, fils.

Et vous surtout, chers jeunes.

La Semaine Sainte commence

au cours de laquelle s'accompliera l'œuvre de la rédemption humaine

et de la parfaite glorification divine.

Prions ensemble

pour tous ceux qui souffrent en ces jours.

Prions pour l'honorable Aldo Moro…

enlevé au cours d'un lâche guet-apens.

Avec l'espoir sincère

qu'il soit rendu à ses proches.

La position du groupe dirigeant prévaut.

Ni avec l'Etat ni avec la BR.

- C'est toujours la même histoire. - Ils ont compris.

Entrée de la Cour.

Bien, l'audience est ouverte.

"Je reconnais par ces propos avoir reçu

un manuscrit intitulé "Communiqué n° 11".

"Considérant qu'il ne contient aucune déclaration

en lien avec le procès en cours,

mais des élucubrations idéologiques et des interprétations politiques,

il est ordonné qu'il soit joint au procès-verbal."

Non !

Je demande à pouvoir le lire au nom de mes 15 camarades !

Ferrari, le communiqué est un manifeste politique

qui ne concerne pas le procès.

Cela concerne bien l'affaire en cours.

Il s'agit de nous, vous, de tous les démocrates-chrétiens

et des trente ans d'occupation de cet état !

De son corollaire d'atrocités, de crimes, de massacres, de scandales

qui ont entaché ce pays !

Suffit !

Nous ne tolérerons plus de déclarations ! Plus jamais !

Président, je demande à nouveau de pouvoir lire le communiqué.

Je vous répète qu'il n'y a aucun lien avec le procès.

L'accusé aura la parole pour se disculper de ses crimes.

Cette décision donne la mesure

de votre faiblesse et de votre myopie politique !

C'est vrai !

Continuez le procès ! Un autre procès se déroule dans ce pays !

Un autre !

Contrairement à vous, nous suivrons un processus normal.

Un procès légal.

C'est un procès politique.

Nous serons tous condamnés pour crimes politiques comme sous le fascisme !

- Fascistes ! - C'est fondamentalement illégal !

Je demande une expulsion, pour apologie du crime.

Ne vous inquiétez pas, pas besoin de crier.

Nous quittons la salle d'audience, de nous-même.

Nous ne laissons que trois observateurs

pour surveiller votre activité contre-révolutionnaire.

- Laissez-nous sortir. - Nous sommes des militants révolutionnaires.

- Ouvrez les grilles. - Les Brigades Rouges existent.

- Elles sont ici, dehors, et partout. - Oui !

C'est pourquoi vous avez si peur de nous au point de nous tenir en cage.

- Vous êtes juste des bandits ! - Oui, c'est bien ça, des bandits !

Mais qui détient Aldo Moro et qui, au nom du peuple, fera le procès

de toute la Démocratie chrétienne et de toute la classe politique italienne !

Bravo !

Assez. Faisons une courte pause.

Que les esprits de chacun se calment.

- L'audience reprendra dans une demi-heure. - Allez, camarades !

♪ Camarades, en avant ! ♪

♪ Nous sommes le grand parti des travailleurs ! ♪

♪ Une fleur rouge s'est épanouie dans notre poitrine ! ♪

♪ La foi est née dans nos cœurs ! ♪

♪ Nous ne sommes plus à l'atelier ♪

♪ Sur terre, dans les champs, à la mer ♪

♪ La plèbe toujours au travail, courbée ♪

♪ Sans idéal à espérer ! ♪

♪ Allez, battons-nous ! ♪

♪ Notre idéal sera ♪

♪ L'Internationale ♪

♪ Le futur de l'humanité ! ♪

- Avocat Guiso. - Oui ?

Je peux vous parler ?

Je suis Cesare Curioni, nous nous sommes rencontrés à San Vittore.

- Je peux m'asseoir ? - Bien sûr.

Merci.

Maître, le président Moro doit être sauvé.

Je suis certain que vous pensez la même chose.

Laissant de côté ce qui nous divise

puissions-nous trouver ensemble un moyen de le sauver.

Si les BR ne l'ont pas encore tué, il y a place à la négociation.

Vous devez parler à vos clients,

les faire raisonner, les convaincre,

pour savoir ce qu'ils réclament en retour.

J'ai également été récusé.

Je reste parce que je défends Giambattista Lazagna qui ne m'a pas récusé.

C'est un communiste de la vieille garde.

Vous les connaissez bien.

Personnellement.

Ils ont gagné, ils ont prouvé leur force.

Ils peuvent être satisfaits.

Vous pourriez leur dire qu'il y a beaucoup d'argent à la clé.

Beaucoup plus que pour l'enlèvement de Costa.

(Pietro Costa, fils de Giacomino Costa, propriétaire de Costa Croisière)

Je ne pense pas qu'ils veulent de l'argent, ce n'est pas la priorité.

Ils veulent être reconnus. Vous comprenez ?

C'est une armée en guerre.

Mais ils ne sont quatre chats pelés !

Castro a commencé comme ça, ce sont des points de vue différents.

Avocat, je vous en prie…

puis-je compter sur votre aide ?

Je vais demander, mais il y a d'autres interlocuteurs que moi.

Excusez-moi, mais pour qui traitez-vous ?

Votre Sainteté, monseigneur Curioni.

Approchez.

Approchez.

Prenez place, Monseigneur.

La vérité est que les BR détenus ne savent rien.

Ils revendiquent, font des proclamations, mais ils sont dans l'obscurité totale.

Ils savent ce que nous savons.

Le responsable c'est celui qui a organisé le kidnapping, c'est aussi simple que ça.

J'ai parlé à d'autres individus.

Comdamnés à perpétuité, mafiosi, camorristes,

en étant prudent et à titre personnel.

Ils ont confiance en moi.

Il n'y a aucune relation entre eux et les brigades, en fait ils se méprisent mutuellement.

Les mafiosi sont des meurtriers, des criminels, mais ils sont aussi croyants et pratiquants.

Ils vont à la messe, communient, se marient à l'église

et baptisent leurs enfants.

On peut se comprendre, la langue est la même.

Seulement ils ont d'autres priorités.

Mais pas les Brigades rouges.

Ce sont des athées matérialistes, des révolutionnaires fanatiques.

Ne nous décourageons pas.

Il existe souvent un maillon faible, une exception.

Un repentir inattendu, une conversion soudaine.

Ne désespérons pas.

Faites-moi savoir s'il y a des nouvelles, mais ne m'appelez pas directement.

Ma ligne téléphonique pourrait être sur écoute.

Vous mettre sur écoute, vous, le Vicaire du Christ ?

La prudence est la première des vertus cardinales.

Ce n'est pas un hasard.

Vous résidez toujours à la prison ?

À San Vittore, oui.

- Pour être au plus proche des prisonniers. - C'est vrai.

Disposez, disposez.

Aldo est un ami.

C'est un ami cher, nous devons le sauver.

Nous devons convaincre le gouvernement de le sauver.

Sainteté…

vous devez manger de la viande.

Pour le sang.

Je veux absolument participer au chemin de croix.

Saint-Père, c'est impossible dans votre état.

Ce pourrait être la dernière fois.

Pour beaucoup d'ailleurs, ce pourrait être la dernière fois.

Essayons celle-ci.

Non, une plus petite.

Encore plus petite.

Je te salue Marie, pleine de grâce le Seigneur est avec vous.

Tu es bénie entre les femmes

et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.

Sainte Marie, mère de Dieu

priez pour nous pauvres pêcheurs

maintenant et à l'heure de notre mort, amen.

Septième station, Jésus tombe pour la deuxième fois.

Il n'a commis aucun péché et aucune tromperie n'a été trouvée dans sa bouche.

Il a porté nos péchés dans son corps sur la croix.

Il a racheté le monde sur la Sainte Croix.

Je te salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tu es bénie entre toutes les femmes

et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs

maintenant et à l'heure de notre mort, amen.

Que vous arrive-t-il votre Sainteté ?

Qu'avez-vous ?

Vous êtes souffrant ?

Oh mon Dieu ! Sœur Caterina, il doit être soigné immédiatement.

De suite.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.

Tu es bénie entre les femmes

et béni soit le fruit de tes entrailles, Jésus.

Samedi saint

« Nous ne nous laisserons pas vaincre par le chantage des terroristes »

J'ai vu que vous portiez la croix avec une certaine vigueur.

Elle n'était pas si lourde, Votre Sainteté.

Et les politiques ?

Ils sont restés chez eux, par précaution.

Vu les temps…

En effet, je ne les ai pas vus.

Madame Moro est arrivée, Votre Sainteté.

Chère Noretta.

Laissez-nous seuls, s'il vous plaît.

Viens Noretta, assieds-toi.

Chère Noretta, ta douleur est la nôtre.

Comme ta ténacité à vouloir ramener à la maison ce cher Aldo.

Votre Sainteté, je ne cesserai de vous remercier.

C'est important pour nous…

Mais…

Mais là je ne peux pas !

ALDO MORO EST FOU

L'ISOLEMENT ET LES PSYCHOTROPES ONT AFFAIBLI SA PERSONNALITÉ

Il aura lu ce qu'écrivent les journaux.

Qu'il n'est pas lui-même, qu'il est fou.

Ces amis les plus chers,

- "L'Osservatore Romano". - Du calme.

C'est la position publique officielle et c'est aussi la nôtre.

Nous devons penser au milliard de catholiques,

de fidèles dispersés dans le monde qui sont notre Église.

Sans eux, nous n'existerions pas.

L'humanité à laquelle Aldo a toujours pensé en faisant référence à son parti

s'applique également à nous.

Que va penser Aldo ?

Il va se sentir abandonné de tous.

Si jamais il le lit…

…il comprendra que ce n'est pas ce que L'Église pense, et moi non plus personnellement.

Il ne s'arrêtera pas aux mots mais en comprendra aussitôt le sens profond.

Personne ne l'abandonne.

Nous devons maintenir une position très prudente…

…diplomatique,

afin de pouvoir agir en secret.

Tu dois avoir confiance.

Sainteté, en vous, j'ai…

Toute la confiance du monde.

- Pour le reste… - Comment vont les enfants ?

Oh, bien.

Prier est la chose la plus importante.

Ne jamais se lasser de prier, de répéter nos prières.

Ils sont tous venus nous rendre visite, tous.

Sauf Andreotti.

Est-ce lui qui pousse à la fermeté ?

- Pourquoi tant d'obstination ? - Il n'est pas seul.

Ils sont tous ferme, mais avec des nuances différentes.

Je comprends ton amertume, Nora.

Mais tous sont en action.

Comme de nombreuses petites croisades qui visent toutes à le sauver.

Il ne faut pas perdre espoir, Aldo n'est pas seul.

Je ne suis pas une femme désespérée, pas encore.

Même pas résignée, non.

S'il est comdamné, parce qu'il l'ont jugé,

je ferai quelque chose, je ne resterai pas immobile et silencieuse.

Passe-moi la canne.

Oui.

Viens avec moi.

Orsini.

Don Macchi, otez la couverture.

Le fumier du diable.

Mais la raison sacrée le purifie.

Les spaghettis habituels à la sauce tomate, une maigre portion, avec du parmesan.

- Deux boules de glace ? - Non.

Éminence, puis-je vous proposer quelque chose ? Un café ?

Non, non merci..

Nous devons nous nourrir.

Je me suis fait la promesse de ne pas manger de glace jusqu'à ce que Moro soit libéré.

Vous dites que vous avez une somme importante de disponible.

De combien parlons-nous ?

20 milliards de lires ont été collectés, et nouvelles offres continuent d'arriver.

Je vous fais part…

…de sa préocupation.

La sensibilité du Saint-Père ne demande qu'à sonder

la volonté du gouvernement et des forces qui le soutiennent.

L'objectif est de permettre au Vatican

de sauver l'honorable Moro.

Mais…

nous ne pouvons pas bouger sans votre accord.

Et s'ils disent non ?

Eh…

- Voulez-vous m'attendre ? - Je vous en prie.

Allez dire aux secrétaires que c'est 20 milliards.

Messieurs.

Donc…

le Saint-Siège veut payer une rançon.

Une somme très importante.

C'est déjà prêt.

20 milliards.

Les milliards pour les BR signifient bombes, bazookas.

Un arsenal, encore plus de morts.

Vous savez ce qu'ils ont fait avec les 1,5 milliards de l'enlèvement de Costa.

ils font couler le sang.

Il pourrait y avoir une émeute, le chaos.

La désobéissance des compagnies.

Une mutinerie générale.

Si vous payez la rançon, nous ne contrôlerons plus rien.

Pas nous.

Le Saint-Siège, Sa Sainteté.

Nous risquons nos vies

et vous libérez ceux qui tuent nos camarades ?

Nous risquons tous notre vie.

Détendez-vous, je suis totalement solidaire avec vous.

Les partis gouvernementaux le seront aussi.

Je dois vous quitter.

- Les avez-vous informés ? - Allez calmer les généraux.

- Ils sont en colère ? - Ils le sont et le font savoir.

Donc, vous savez…

…20 milliards.

Nous payons bien entendu.

Un moment.

Si nous traitons avec les brigadistes, avec quel honneur, nous, communistes, allons-nous parler aux ouvriers ?

J'ai la responsabilité des travailleurs.

Nous leur avons demandé des sacrifices.

Qu'allons-nous leur dire ?

Comment leur expliquer ?

Payer, c'est se rendre.

Discutons-en.

Si nous sommes là, c'est pour en discuter.

Nous sommes des alliés du gouvernement.

Il y a peu à discuter, c'est oui ou non.

Pour moi c'est oui.

Les chrétiens-démocrates ne s'opposeront pas au paiement d'une rançon.

[Biasini] Oui, ça nous va.

Pour nous aussi c'est oui.

S'il s'agit d'argent et non de reconnaissance politique…

Cher Giulio, je suis heureux de cette décision.

Pour nous, socialistes, la voie humanitaire est celle à suivre.

C'est la voie royale.

Pour sauver la vie de Moro, tout doit être fait.

Mais…

…je voudrais vous soumettre une dernière réflexion.

Si avec les 1,5 milliards du kidnapping de Costa…

Je comprends, mais si on dit non,

pour l'opinion publique nous passerions pour ceux qui ont voulu la mort de Moro.

Les personnes en faveur de la négociation augmentent.

Les comités et les appels pour la libération de Moro se multiplient.

Le pape a appelé le peuple chrétien à prier.

- On prie partout. - J'imagine, j'ai compris.

Les généraux craignent que les casernes ne s'embrasent.

Sachez-le.

Notre position doit être claire, je le répète.

Aucune reconnaissance politique.

Pour nous, communistes, les Brigades rouges sont des criminels sanguinaires.

Ils ne font pas, comme ils l'ont écrit, partie de notre album de famille.

Cela dit…

Il peut y avoir une négociation, tant qu'elle est secrète et non publique.

Faites-le, mais ne le dites pas.

C'est ça les communistes.

Je vais en référer à monseigneur Casaroli.

♪ Je serai plus blanc que neige… ♪

[TV] Des milliers de personnes, suite à l'invitation de l'Action catholique,

ont participé à une réunion de prière

à la Basilique Saint-Jean-de-Latran.

Ils se sont unis dans la pensée

avec les familles des victimes de la Via Fani

et de l'Honorable Moro.

Les jeunes de l'Action Catholique ont enfin lu les intentions de prières

dédiées aux victimes, à l'Honorable Moro,

ainsi qu'aux auteurs de ce massacre absurde.

♪ Plus blanc que neige… ♪

Unis en son nom, nous implorons Dieu

de libérer notre frère Aldo Moro

par la prière que Jésus nous a enseignée.

Notre Père qui es aux cieux.

Que ton nom soit sanctifié.

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite

au ciel comme sur la terre.

Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.

Remets-nous nos dettes

comme nous remettons à nos débiteurs.

Ne nous soumets pas à la tentation,

mais délivre-nous du mal. Amen.

Notre Père qui es aux cieux.

Que ton nom soit sanctifié.

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite, comme…

Faisons vite.

Pouvez-vous parler au nom des Brigades rouges ?

Je suis des Brigades Rouges.

L'argent que vous avez demandé est prêt.

Bien.

La libération doit avoir lieu dans votre état, un espace extraterritorial.

D'accord, c'est compréhensible, mais comment ?

Nous avons des amis partout.

Alors on est d'accord ?

Oui, mais vous devez nous fournir la preuve qu'il est vivant et entre vos mains.

- Nous pouvons nous revoir ici. - Non.

C'est dangereux au même endroit.

Un autre endroit, je vous ferai savoir où.

Sans preuve, nous ne pouvons pas vous donner l'argent.

La preuve qu'il est vivant et entre vos mains.

L'argent, je le répète, est là.

J'ai laissé une enveloppe sur le banc devant le confessionnal.

C'est la preuve que vous voulez.

Assez pour aujourd'hui.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs

maintenant et à l'heure de notre mort, amen.

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie parmi les femmes…

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous…

Avez-vous encore des doutes, Votre Sainteté ?

Mais désolé…

N'est-ce pas la même que celle du premier communiqué ?

Je pense que c'est la même, une plus grande et une plus petite.

C'est la preuve que votre contact vous a donnée ?

Rien d'autre ?

Oui.

Cette photo ne me dit pas qu'il est en vie.

Il nous faut quelque chose qui le prouve.

Une date, un journal…

S'ils avaient voulu prouver que Moro est en vie, un date aurait suffi.

Il nous faut autre chose.

Je te salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tu es bénie entre toutes les femmes

et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs

maintenant et à l'heure de notre mort, amen.

Je te salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.

Tu es bénie entre les femmes

et béni est le fruit de tes entrailles, Jésus.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs

maintenant et à l'heure de notre mort, amen.

- Père. - Je suis là.

Alors ?

La photo.

Nous devons discuter des modalités.

Non, avez-vous apporté la photo avec le journal ?

- Écoutez… - Oui ou non ?

Ce n'était pas possible.

Celui qui devait le faire n'a pas réussi.

C'était déjà un exploit d'amener l'autre.

Je peux vous donner une autre preuve.

Que la lumière éternelle brille sur eux.

Repose en paix, amen.

Père !

Pourquoi partez-vous ?

Vous deviez me prouver que l'otage est encore en vie.

- Pour nous, c'est essentiel. - Ce n'était pas possible.

Je ne peux plus faire confiance.

Écoutez-moi, je peux vous donner une autre preuve.

Demain, un communiqué annoncera sa mort.

Ne vous inquiétez pas, le président est vivant.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Nous devons relâcher la pression sur Rome. C'est tout ce que vous devez savoir.

Il ne doit plus y avoir un point de contrôle à chaque carrefour.

Rompre le siège ?

Vous avez compris.

Père.

ALDO MORO A ÉTÉ ASSASSINÉ

"Aujourd'hui, 18 avril 1978

la période dictatoriale de la DC prend fin.

Pendant 30 ans, il a tristement dominé avec la logique de l'oppression.

En ce jour symbolique,

nous communiquons l'exécution réussie du président de la DC, Aldo Moro,

par suicide.

Nous permettons la récupération du corps

en fournissant l'endroit exact où il repose.

Le corps d'Aldo Moro est immergé

dans les eaux boueuses du lac Duchessa."

Exactement ce que mon contact avait annoncé.

Qu'en pensez-vous, Votre Sainteté ?

Que nous n'avons pas le choix.

La régie m'averti que certaines images

sont arrivées il y a quelques minutes.

Votre Sainteté, le riz refroidit.

Les tentatives du plongeur ont été vaines.

La couche de glace est telle

qu'elle ne permet pas à un corps d'être immergé.

Depuis combien de temps le lac est-il gelé ?

Depuis cet hiver.

Avant le 16 mars.

Ils leurs auraient fallu apporter le corps de nuit,

briser la glace, y jeter le corps…

…et refermer le trou avec de la glace.

Ensuite recouvrir le tout avec de la neige

en espérant qu'il en tombe davantage

pour reconstituer le manteau immaculé.

Un miracle.

Ce déploiement de forces ne vous semble-t-il pas insensé ?

Nous avons été trompés.

Don Cesare Curioni.

- Don Cesare Curioni ? - Oui ?

Il y a un appel pour vous.

C'est Sa Sainteté le Pape, ce n'est pas une blague.

Oui.

Je suis désolé, j'ai fait tout mon possible.

Je me dois de vous remercier.

Nous sommes tellement impatients de le sauver

que nous ne nous sommes pas rendu compte que c'était une escroquerie.

et que ce contact n'était pas un membre des Brigades rouges, mais un imposteur.

C'est une maigre consolation pour nous d'avoir évité d'être duper totalement.

Vous avez raison, Votre Sainteté.

Si c'est un imposteur,

par qui est-il manipulé ?

Qui a intérêt à ce que cet argent ne revienne pas aux Brigades rouges ?

De deux choses l'une…

Soit ce sont des escrocs qui ont tout orchestré pour percevoir la rançon,

soit, il y a au gouvernement, des forces,

des dirigeants qui s'opposent au versement de la rançon.

Mais sans l'avouer ouvertement.

La finalité étant, noble cause,

de sauver Aldo Moro par leurs propres moyens.

Afin, j'imagine, de donner aux Italiens l'assurance qu'un État en place existe encore.

Le deuxième but, en revanche, est beaucoup moins noble.

C'est d'empêcher la libération d'Aldo Moro.

Avec une autre alternative…

Vouloir sa mort

ou jouer avec les Brigades Rouges.

Les forcer à le libérer

sans rien offrir en retour.

"En ces heures si difficiles

je me permets de m'adresser avec un vif respect et une profonde espérance

à Votre Sainteté.

J'espère qu'avec une haute autorité morale et un esprit d'humanité chrétienne,

vous puissiez ntercéder auprès des autorités compétentes du gouvernement italien

pour une solution équitable au problème.

C'est-à-dire l'échange des prisonniers politiques

et mon retour auprès de ma famille.

Pour que je puisse honnorer mon devoir,

ma présence est indispensable pour les aider.

Seule Votre Sainteté peut équilibrer les exigences de l'État,

en mettant en parallèle, l'ordre,

les raisons morales, et le droit à la vie.

Avec une profonde gratitude, un espoir et un pieu respect.

Votre dévoué, Aldo Moro."

Appelez-moi immédiatement Monseigneur Casaroli.

Sainteté.

- Voulez-vous manger quelque chose ? - Non merci, ça va.

Allez, s'il vous plaît.

Saint Père.

Que le président du Conseil lise la lettre d'Aldo Moro, s'il ne la connaît pas déjà.

Informez-le que j'ai l'intention de m'adresser personnellement aux Brigades rouges

sans aucune médiation.

Votre Sainteté, dois-je lui préciser quelque chose sur la nature des mots

que vous avez l'intention d'adresser aux Brigades Rouges ?

Non, je ne sais pas encore ce que je vais écrire.

Nous et eux directement.

Et que Dieu m'inspire.

Très bien, Votre Sainteté.

Il est évident que Sa Sainteté peut s'adresser directement aux Brigades Rouges.

Je suis sûr qu'Elle est pleinement consciente

des limites que nous imposent nos devoirs.

Nous essayons de faire ce que nous pouvons.

Mais nous sommes face à des criminels

qui, sans nous reconnaître, exigent d'être reconnus.

Ils pratiquent l'intimidation parce qu'ils se sentent les plus forts.

Ce serait la défaite, la reddition de l'État.

C'est inacceptable.

J'ai entendu dire qu'une des veuves,

la veuve du chef d'escorte tué,

a menacé de s'immoler devant le palais Chigi.

Si Sa Sainteté veut écrire, qu'Elle le fasse, pour l'amour de Dieu.

Qu'Elle demande la libération de Moro.

Mais sans conditions.

Sans contrepartie.

Telle est la situation

et elle ne changera pas.

Je le répète, je suis sûr que dans son infinie sagesse

le Saint-Père en est pleinement conscient.

J'ose l'espérer.

Saint-Siège des États pontificaux

Sainteté.

Je pense que SOn Excellence le Président du Conseil…

…apprécierait une lecture préalable.

Ce serait, je crois, une forme de considération.

Nous y réfléchirons, quand ce sera prêt et ça ne l'est pas.

Macchi !

- Don Curion est encore a Rome ? - Non.

Il est chez lui, à Asso.

Appelez-le.

- Allo ? - Don Curioni.

Je vous passe le Saint-Père.

Disposez, s'il vous plaît.

Bonjour, Votre Sainteté, que se passe-t-il ?

Je vous appelle parce que j'ai des soucis.

J'écris une lettre aux Brigades rouges.

J'aimerais votre avis.

S'il vous plaît, dites.

Je voudrais être direct, libre…

Oui, plus libre.

Mais…

Sachant ce que j'incarne

et que je me suis toujours efforcé d'être…

Et…

que de moi puisse dépendre

la vie d'un homme qui m'est cher.

Qui est précieux pour la vie de l'Église, du Pays.

il est malaisé de concilier la responsabilité et la miséricorde.

Accorder ceci…

ne pas accorder cela, éventuellement combien, et qelle chose.

Parler aux cœurs et aux esprits ?

Oui, même aux esprits, mais à des gens que je ne connais pas…

qui sont à mille lieues de moi,

qui n'ont pas la foi.

Comment convaincre ceux qui ne croient pas ?

Je sais, ce sont des hommes, ce sont des femmes, pas des extraterrestres.

Je parle du langage, pour pénétrer les cœurs.

Saint François apprivoise le loup, parle aux oiseaux.

Mon Dieu, je divague.

- C'était un saint. - Sainteté…

"Sainteté"…

J'entends ça plusieurs fois par jour.

- Comme si j'étais vraiment un saint. - Ne nous égarons pas dans des réflexions…

Vous avez raison.

Vous les connaissez mieux que moi, aidez-moi.

Que voulez-vous faire passer exactement ?

Je veux qu'ils comprennent que mon message est plus qu'un simple appel.

Qu'ils puissent ressentir ma douleur.

Je souhaite juste qu'ils le libèrent.

Alors dites-le-leur, mais dans votre propre style.

Je suis un pauvre prêtre…

Si je pouvais trouver les mots…

Écoutez.

J'ai écrit "vindicte".

J'ai écrit "au tréfonds de votre âme"…

Ce sont des mots qui ne sont plus utilisés.

Vous êtes le Saint-Père.

La solennité qui parle au monde, c'est votre identité, votre mission.

Vous êtes le Vicaire du Christ. Malheur si la chrétienté en doutait.

Et si j'utilisais un autre style ?

Je pourrais peut-être les surprendre, je pourrais même les émouvoir.

- Si j'utilise mon style… - Non, je ne suis pas de cet avis.

Ce sont des révolutionnaires matérialistes, ils ne comprennent pas les nuances.

Ils sont grossiers, schématiques, rusés et pleins de haine.

Ils sont comme ça

et rien ne peut les satisfaire.

Vous voyez, je ne peux pas être aussi libre que vous pourriez l'être

à cause de ce que je représente.

Je dois parler comme ça, c'est nécessaire.

Je ne peux pas être ce que je ne suis pas, c'est un désastre.

Écoutez…

Je voulais commencer comme ça.

Direct.

"Je vous écris, hommes des Brigades Rouges.

Rendez à la liberté, à sa famille, à la vie civile, l'honorable Aldo Moro."

Qu'en dites-vous ?

C'est une bonne entrée.

C'est puissant.

Le début est aisé, mais après…

Je suis désolé si je vous ai dérangé.

Retournez dormir, père.

Je vous remercie, je vais me débrouiller seul.

Bonne nuit.

Bonne nuit Sainteté.

"Je vous écris,

hommes des Brigades rouges.

Rendez à la liberté, à sa famille,

à la vie civile, l'honorable Aldo Moro."

Je n'ai pas de liens personnels envers lui

ni aucun intérêt d'ordre privé qui m'oblige.

Je l'aime comme membre de la grande famille humaine…

comme un frère dans la foi

et comme fils de l'Église du Christ.

Et c'est au nom suprême du Christ

que je vous prie à genoux.

Libérez l'honorable Aldo Moro

Simplement, sans condition."

Traduction D.V.P. 2023

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