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Tanguy MASSANGE 30/01/2023
VENGEANCE DE FEMME
Vous �tes l�!
"400 livres � Robert Lester"
Emily, tu avais promis que...
- Allez-vous-en! - Ne sois pas dur avec lui, Henry.
Vous �tes cruel avec lui. Il a des ennuis.
Tu l'es plus que moi. Tu traites ton fr�re comme un irresponsable,
et tu t'�tonnes qu'il agisse comme tel.
Au revoir Henri.
Je n'oublierai pas tout ce que vous avez fait pour moi.
Tu es m�chant avec lui.
Le pauvre homme a tellement de probl�mes.
C'est enti�rement sa faute.
Parfois, je pense qu'il est la seule personne au monde...
qui s'int�resse � moi.
Avant que tu n'arrives, il m'a dit de si belles choses.
Et le ch�que a �t� le r�sultat.
Henri...! Comment peux-tu dire �a?
Je regrette, ma ch�re.
C'est pour le pharmacien?
Tu ne me dis jamais rien de gentil.
Car tu ne le penses pas.
La v�rit� est que tu me d�testes.
Oh �milie, mon Dieu!
Non. Tu ne prends m�me pas la peine de me d�tester.
Tu t'ennuies, tu t'ennuies et tu es d�go�t� parce que je suis malade.
C'est la v�rit�.
Ne commence pas!
Tu refuses de m'accompagner � Matlock.
Cela ne veut pas dire que tu l'emportes avec moi.
Mais ch�rie, tu sais que... Je suis trop occup�.
Trop occup�...
Pas plus que Robert.
Et puis il m'a m�me propos� de me faire monter dans sa voiture.
Mais tu ne peux pas y aller en voiture, tu seras fatigu�e.
Et quelle diff�rence cela fait-il si je suis fatigu�e ou non...
le but est de pouvoir �tre avec une personne qui vous aime.
Vous voulez dire qu'il veut votre argent.
Eh bien, je m'en fous si c'est comme �a...
tant qu'il ne me souhaite pas ma mort, contrairement � toi!
�milie s'il vous pla�t.
C'est vrai, ne le nie pas, tu souhaites ma mort!
Ce sera vrai si tu continues!
Oh excusez-moi!
Entrez et �coutez!
Il a dit qu'il souhaitait ma mort.
O� vas-tu?
Il oublie les cadeaux de Janet.
Rattrapez-le.
Proust!
Les oeuvres compl�tes!
Quelle belle �dition!
Bonjour G�n�ral.
Regardez p�re!
Merci Henri.
Ravi que �a vous plaise.
Je n'ai pas la t�te � �a.
Montrez-moi le cadeau d'Emily.
Comme c'est mignon, n'est-ce pas?
C'est trop, je ne m�rite pas autant.
Vous le m�ritez largement.
Maurier est vrai.
Il passe sa vie � s'occuper d'un vieil homme inutile, comme moi.
Papa s'il te plait!
Se sacrifier pour moi, alors qu'elle devrait se marier.
Je n'en vaux pas la peine.
Je devrai �tre mort.
Je repr�sente un fardeau dans la vie de chacun...
et pour couronner le tout l'infirmi�re qui nous quitte.
Ne vous en faites pas.
Tout sera r�par�.
Ravissant.
Et Emily?
C'est exactement pourquoi je suis venu.
Rendez-nous service, venez d�jeuner demain.
Volontiers!
Pourquoi est-ce un service?
Heureux les artisans de paix...
car nous avons besoin d'une pacificatrice.
Pourquoi?
Comme d'habitude.
Les femmes?
P�re!
Dans ce cas, c'est quelque chose de tr�s diff�rent.
Emmenez-moi dehors, il faut nourrir les chiens.
J'ai critiqu� son fr�re.
Cela a pouss� Emily � se retourner violemment contre moi.
Puis nous avons tous les deux perdu la t�te.
Compl�tement inutile, bien s�r...
mais malheureusement c'est la vie.
Cela ne devrait pas �tre le cas.
Sans doute.
Si j'�tais un peu moins impulsif...
Et Emily devrait �tre plus compr�hensive.
Nous serions tous les deux tr�s diff�rents et nous vivrions toujours tr�s heureux.
Mais ce n'est pas comme �a.
Ne pensez-vous pas qu'une femme mari�e
depuis pr�s de vingt ans
devrait partager les go�ts de son mari?
Mais bien s�r.
Aussi...
La premi�re fois que j'ai montr�
� Emily un tableau abstrait,
Elle a trouv� �a atroce.
Nous �tions fianc�s.
Je lui en ai montr� un il y a trois jours,
elle a encore trouv� �a atroce.
Puis elle est tomb�e vraiment malade.
C'est ce qu'on appelle les affinit�s intellectuelles.
De la fraternit�.
Heureusement, bien s�r...
Il y a ceux qui me comprennent.
Je pense � la premi�re fois o� j'ai vu une peinture contemporaine.
C'�tait quand?
C'�tait quand?
Avez-vous oubli� une jeune femme revenue d'Inde peu avant la guerre?
Ah oui.
Une tr�s belle et jolie jeune femme.
La question n'est pas l�.
Ce qui compte, c'est qu'elle �tait une pauvre ignorante...
et tu �tais si attentionn� envers elle.
Vous avez ouvert les portes de ce qu'elle ne connaissait que par oui-dire.
Peinture, po�sie, musique.
C'�tait comme une r�v�lation,
une reconversion.
Ch�re Janet!
J'aimerais qu'Emily se transforme, mais j'ai bien peur que ce ne soit pas tr�s probable.
Eh bien, je te verrai demain Janet.
Vous partez d�j�?
Le devoir,
implacable fils de la voix de Dieu.
Je dois aller chez Wilson pour r�cup�rer les m�dicaments d'Emily.
C'est bien vous, Henry.
Vous vous moquez toujours du devoir mais vous continuez � le remplir
Vraiment?
Eh bien, je dois avouer que je n'avais pas remarqu�.
Je dois vous laisser.
- O� est votre voiture? - A l'entr�e du jardin.
- Je vais vous accompagner. - Mais non, il n'en est pas question!
N'en r�vez m�me pas.
A demain, sourire myst�rieux.
Pourquoi me donner �a?
Pour conna�tre vos pens�es.
Elles valent bien plus cher.
D'accord, je vous donnerai 6 pence demain au d�jeuner.
D'accord?
� demain.
- On commence par la pharmacie, McNabb. - Oui Monsieur..
Pourquoi avez-vous mis si longtemps?
J'�tais oblig�.
Je devais donner � Janet.
ses cadeaux d'anniversaire.
Elle doit �tre tr�s vieille.
Pour toi, elle a presque un pied dans la tombe.
Mais pour moi,
est une charmante femme de 35 ans.
Et je peux vous assurer qu'elle �tait une vraie beaut� il y a 10 ans.
Tu l'as courtis�e?
�videmment.
Et tu continues?
Spirituellement seulement.
Henry parfois je te d�teste.
Tu as une fa�on bien � toi de le montrer!
Peu importe que tu ne m'aimes pas.
Je t'aime assez pour deux.
Sinon, je te trouverais insupportable.
J'en ai autant � ton service, ma ch�rie.
J'aimerais d�ner avec toi ce soir.
Impossible, je d�ne � la maison.
� la maison?
Mais �a ne compte pas.
Je devrais supprimer
ma femme pour d�ner avec toi!
Charmant! Tu es ignoble!
Tr�s bien. Alors, inutile que je t'invite demain soir.
Henri, tu es le penses vraiment?
A l'�coute...
Il n'a pas le droit de traiter Robert comme �a, pas le droit.
Mais ma ch�rie, tu dois admettre que Robert est un peu... un peu irresponsable.
Mais il est moins �go�ste qu'Henry.
Henri ne pense qu'� lui.
Tu es injuste avec lui Emilie.
Tu n'es pas mari�e avec lui depuis dix-huit ans.
Si vous pensez ainsi, je suis surprise que vous ne l'ayez pas d�j� quitt�.
Pour le voir avec une autre?
Non merci.
Mais si cela pouvait le rendre heureux...
C'est la principale raison de ne pas le laisser faire.
Emilie...
Comment peux-tu �tre aussi implacable?
Rends-lui sa libert�!
Si ce n'est pas pour lui, fais-le pour ton bien.
Pour moi tu dis?
C'est mauvais pour toi d'�tre am�re.
Pas �tonnant que tu sois malade.
Sottises!
De tels sentiments peuvent tuer.
Ou aider � survivre.
Voulez-vous que je vous dise la seule raison pour laquelle je veux vivre?
Ma mort rendrait Henry trop heureux.
Tu penses vraiment ce que tu dis, Emily?
Bien s�r.
Vous �tes en avance, non?
C'est mon apr�s-midi de cong�.
Et d'ailleurs...
vous permettez que je rentre plus tard ce soir?
Ma soeur organise une f�te.
Encore des petits pois, j'en ai tellement marre.
Je vais voir si le cuisinier a autre chose.
Attendez l'infirmi�re.
Emily, tu mangeras avec nous.
Non, je ne veux pas le voir.
Ne sois pas stupide, il dira qu'il regrette, tu lui pardonneras.
Et puis on fera une petite f�te pour f�ter �a.
Bon, d'accord.
Que Maisey vienne m'habiller.
Je vais pr�venir Henry.
Merci.
Pauvre Madame Maurier.
Elle est tr�s malade, non?
Ce n'est pas � sa sant� que je pense.
Si vous pouviez savoir...
Je pourrais vous dire des choses sid�rantes.
- Ils ne pensent qu'au sexe! - Qui �a?
Les hommes!
Je m'en m�fie,
surtout des Fran�ais.
Est-ce que Madame Maurier... Je veux dire, pense-t-elle qu'il y a une autre femme?
Il est trop rus� pour �a.
Je vous assure, madame Spence, que je ne serais pas du tout surprise.
Vous parlez beaucoup avec Madame Maurier.
Elle sait que je suis son amie.
Vous savez, Mademoiselle Spence,
Connaissez-vous sa broche libellule en diamant...?
Oui, je la vois.
Elle m'a dit qu'elle me la l�guerait dans son testament.
Non pas que je souhaite sa mort!
Cela pourrait facilement arriver, avec son coeur...
Bonjour Henri.
Eh bien, quelles sont les nouvelles, la paix ou la guerre?
Paix.
Oh Dieu merci!
M�me si ce n'est qu'un armistice.
Ah, viens avec moi, je veux te montrer quelque chose.
Oh! Un Modigliani.
Vous ne l'avez pas achet�, n'est-ce pas?
C'est tr�s cher mais je n'ai pas pu r�sister.
Quelle oeuvre �tonnante!
Dire que cet idiot est mort � 37 ans,
alors qu'il aurait pu continuer � peindre des choses comme �a...
�a me rend fou quand les gens meurent jeunes.
Prenez note de ceci, Janet.
je vous invite � d�jeuner quand j'aurai 80 ans.
Vous serez las de moi d'ici l�.
Non. Je me demanderai toujours
ce que cache ce myst�rieux sourie sur vos l�vres.
Que pensez-vous en ce moment?
Vous ne voulez pas r�pondre?
O� sont
les 6 pence?
Maintenant, il faut r�pondre.
A ta place, je ne mangerais pas de groseilles.
Pourquoi ne devrais-je pas en manger?
Rappelez-vous ce que le Docteur Libbard vous a dit.
� propos de la peau et des p�pins.
Mais j'adore �a!
Oh! mais ce n'est pas une raison pour tomber malade.
Ne soyez pas un tyran!
Je pense que vous devriez laisser votre femme manger ce qu'elle veut.
Les r�gimes ne lui r�ussissent pas.
C'est ce que je dis toujours au Docteur Libbard.
C'est bon, fais ce que tu veux.
Ne pensez-vous pas que vous devriez partir maintenant?
Vous allez manquer le bus.
Je dois donner � Madame Maurier son m�dicament.
Non, ne t'en fais pas, je vais lui donner son m�dicament.
Allez-y.
C'est tr�s aimable � vous.
Je ne vous verrai probablement pas avant demain, madame Maurier.
J'esp�re que vous vous amuserez � la f�te.
Merci.
- Au revoir, Mademoiselle Spence. - Au revoir.
Merci mon dieu.
Ne me le reproche pas si tu ne les supportes mal!
Vous ai-je d�j� reproch� quelque chose?
Parce que tu n'as jamais eu quoi que ce soit � me reprocher, ma ch�rie.
Je suis le mari id�al.
Ce n'est m�me pas dr�le.
Qu'il est bon de sentir le soleil sur sa peau!
Clara!
Allez chercher mon m�dicament.
La bouteille qui est sur le buffet.
Ne d�range pas Clara, je dois aller chercher un cigare.
Bien, Monsieur.
Dois-je vous servir le caf� maintenant?
Oui, faites ma ch�rie.
Vous le prenez avec du sucre.
Oui, avec beaucoup de sucre.
Les concoctions que Libbard prescrit habituellement ont si mauvais go�t.
Trois morceaux. Cela fera passer le go�t.
Et dans l'assiette il y en a un autre.
Veux-tu du caf� Henry?
Sans sucre. Merci.
Prends, ma ch�rie.
Merci.
- Voici. - D�go�tant! Vite, mon caf�!
Merci Janet.
On me punissait pour �a quand j'�tais petite.
Rien compar� � ce que j'ai subi dans le m�me cas...
Mais maintenant, on peut commettre des d�lits
en toute impunit�.
Mon dieu, qu'est-ce qu'il fait chaud!
Voudriez-vous que je prenne la chaise pour vous � l'ombre, ma ch�re?
Non merci.
Je pense que je vais retourner � l'int�rieur pour me reposer.
Ces premi�res journ�es chaudes sont tr�s �prouvantes.
Repose-toi bien, ma ch�rie.
oh! Au fait, je ne rentrerai pas d�ner ce soir.
O� vas-tu?
Le vieux Monsieur Johnson veut discuter de la
nouvelle compagnie d'aviation qui l'int�resse.
Je n'aime vraiment pas �tre seul, d'autant plus que
c'est la derni�re nuit que je passe � la maison.
Oh! Je suis tellement d�sol� ma ch�re.
Je ne pensais pas que �a te ferait quelque chose.
Tu rentreras tard?
Non, non, bien s�r que non.
- Serez-vous de retour avant 22h30? - Tapantes.
Oh! Bonsoir Monsieur Lester.
Bonsoir. Quelqu'un a-t-il pos� des questions sur moi?
Je vais me renseigner.
- Oui, apportez-moi un Martini sec au fait. - Tr�s bien Monsieur.
C'est horrible, n'est-ce pas?
Il devrait y avoir une loi contre ces choses.
- Vous ne pensez pas? - Je ne sais pas.
Vous aimez la musique?
- Pas trop. - Vraiment.
- C'est dommage. - On ne vous a pas demand�.
Il n'en a apport� qu'un. Il peut apporter un second verre.
Non merci.
Merci.
Vous n'aimez ni l'alcool ni la musique.
Et si on ajoute � �a vous avez l'air idiote.
Il y a beaucoup � dire en faveur des imb�ciles
Mais cela peut avoir aussi ses bons c�t�s.
Tout d'abord...
- Salut. - Pardonnez mon retard.
Je suis tellement content que tu sois venu, ce type me d�rangeait!
Qui?
Non Henry, vos yeux ne vous trahissent pas.
Je suis en fait votre irresponsable connard de beau-fr�re.
Voulez-vous me pr�senter cette charmante petite personne?
Doris, voici Monsieur Robert Lester.
C'est Mademoiselle Mead.
Comme la vie est �trange, Mademoiselle Mead!
Dire que je suis pratiquement un membre de cette famille.
Emily sera ravie de voir le cercle familial s'�largir.
Elle sera ravi de le d�couvrir.
Pardonnez-moi, Doris.
Voyons... Combien voulez-vous?
Eh bien, Emily pensait me donner 400, quand vous,
avec votre sagesse, avez cru devoir intervenir.
Tr�s bien, je vous donne ces 400.
Emily donnait. Vous, vous achetez.
500 livres minimum.
Robert esp�ce de...
Oh...Henry, vous savez � quel point je d�teste la grossi�ret�.
D'accord. Reviens � la maison demain et je vous donnerai un ch�que.
Je viendrai,
Avant qu'Emily ne se l�ve.
Quelle que soit l'heure, vous ne serez pas le bienvenu.
C'est une soir�e inoubliable pour moi, Mademoiselle Mead.
Je veux f�ter notre rencontre avec du champagne.
Cela vous fera du bien de commander une bouteille pour vous-m�me, Henry.
Est-il vraiment ton beau-fr�re Henry ?
Oui.
Je ne veux rien faire de mal.
Ne vous inqui�tez pas.
Je pr�f�re renoncer � toi. Je t'aime tellement.
Ch�ri!
Merci Doris.
Tu me rends presque heureux.
Robert a dit quelque chose qui avait beaucoup de sens.
Il faut qu'on d�ne au champagne.
Apr�s tout, qui peut nous assurer que le monde ne finira pas ce soir.
Supposons qu'il ne reste que 6 heures avant que la trompette du jugement sonne.
6 heures dont nous devons profiter au maximum.
Bonsoir, McNabb.
Libbard!
Ma femme est-elle malade?
On a essay� de vous joindre chez Monsieur Johnson.
En vain.
Ah, je n'ai pas pu y aller. J'ai eu une crevaison.
Votre femme vous a r�clam�.
Je vais la voir tout de suite.
Je pense qu'il est trop tard.
Trop tard...
Eh bien oui, je suppose qu'elle dort d�j�.
Madame Maurier est d�c�d�e il y a environ 4 heures.
Voulez-vous dire...?
qu'elle est morte?...
Hier, je n'�tais pas l� quand on m'a appel�.
Quand je suis arriv�, tout �tait fini.
� ses c�t�s, il n'y avait que Janet Spence.
- Janet? - Oui.
Les domestiques l'ont appel�e.
Elle a eu une violente naus�e dans l'apr�s-midi.
le coeur n'a pas tenu.
Elle n'a pas d� supporter un aliment.
Au d�jeuner!
Je suppose.
Excusez-moi, j'ai vu de la lumi�re et j'ai pens� que si...
Quelque chose ne va pas?
Rien, seulement que Madame Maurier est morte.
Quoi?
Elle a eu un arr�t cardiaque.
Vous lui avez laiss� manger des groseilles.
Je vous avais pr�venue,
vous n'avez pas �cout�!
C'est vrai?
Elle aimait tellement �a.
Mais vous saviez combien il avait insist� pour que le r�gime prescrit soit suivi.
Je ne pensais pas...
Que des groseilles la tueraient!
Je vous en prie, Maurier. Ce n'est pas le moment.
il n'est pas commode d'y injecter de la rh�torique.
Montez dans votre chambre.
On parlera demain.
Il faut s'en tenir strictement aux faits, Maurier.
Il peut s'agir des groseilles, mais rien n'est s�r.
La seule certitude est que quelque chose l'a boulevers�e provoquant une crise cardiaque.
Puis-je monter dans sa chambre, docteur?
Je vous attends ici.
Je suis infirmi�re depuis 20 ans et c'est la
premi�re fois que quelqu'un ose me faire des reproches.
Ne le prenez pas autant � coeur.
Il veut causer ma perte, Mademoiselle Spence!
Je ne pourrai plus trouver un autre emploi.
Ne dis pas �a, vous vous occuperiez tr�s bien de mon p�re.
Vous �tes tr�s gentille, Mademoiselle Spence.
Vous savez que notre infirmi�re nous quitte?
J'en ai entendu parler.
C'est une bonne infirmi�re, je suis le premier � l'admettre.
Mais Mademoiselle Braddock n'aurait pas d� contrevenir � mes instructions.
Je vais vous dire pourquoi elle l'a fait.
Elle a voulu contrarier Henry.
Mais pourquoi?
Elle ne l'aime pas.
Sans doute parce que c'est un homme.
Certaines femmes sont ainsi.
Janet.
Merci d'avoir �t� avec Emily jusqu'� la fin.
Oui, c'�tait un r�confort pour elle.
Henry, n'en voulez pas � l'infirmi�re.
Elle l'a fait sans mauvaise intention.
Je sais, le ciel est pav� de bonnes intentions.
Elle quittera cette maison demain.
Je vais l'emmener pour s'occuper de mon p�re.
Eh bien, je ne vous envie pas.
�a me parait une bonne id�e...
afin que je puisse rester en contact avec elle et lui rappeler la le�on de temps en temps.
Parlez-moi de la pauvre Emily.
Elle a beaucoup souffert?
Janet, vous avez �t� trop �prouv�e.
C'�tait affreux,
tellement affreux!
Je n'avais jamais vu personne mourir, j'avais une id�e tellement diff�rente de la r�alit�.
Je suis d�sol�e, Henry.
Je ne devrais pas me laisser aller.
Non, je ne peux pas chasser le souvenir de mon esprit.
Je continue de la voir lutter pour respirer avec cette grimace de douleur...
et la peur sur son visage.
Voulez-vous que je vous raccompagne � la maison?
Non, non merci Henry. Je suis venu dans ma voiture.
Restez avec le Docteur Libbard.
Bonne nuit.
Bonne nuit, Janet.
Il est inutile de dire quoi que ce soit dans ces cas.
Si ce n'est des lieux communs.
On vit dans un monde, on meurt et souffre dans un autre.
Je l'ai compris � la mort de Margaret.
Vous �tiez tr�s proches, non?
Nous �tions mari�s depuis 30 ans.
30 ans...
Ce n'est pourtant pas le temps qui compte.
C'est ce qu'on �prouve, ce qu'on est.
Vous vous rappelez Emily � l'�poque?
Margaret avait l'habitude de dire qu'elle ressemblait � une princesse de conte de f�es.
Voulez-vous que je vous dise o� j'�tais ce soir?
Ce n'est pas tr�s difficile � deviner.
Vous allez croire que je suis un �tre m�prisable, n'est-ce pas?
Je ne l'ai jamais pens� �a.
Mais j'ai souvent eu piti� de vous.
Venir au monde avec beaucoup d'argent...
c'est lourd � porter.
Dieu sait combien il est difficile de gagner sa vie, mais...
mais au moins, cela donne un but dans l'existence.
Alors qu'un homme riche...
qui n'a pas de travail, ni famille � charge...
peut vivre sans discontinuer, si vous voyez ce que je veux dire.
Sans autre but que ses app�tits.
Autrement dit, il peut ne pas �tre un v�ritable �tre humain.
Croyez-vous que je serais capable de changer?
En ce moment, oui.
Mais c'est facile d'�tre un h�ros en temps de crise.
La difficult� est de se comporter avec mod�ration en toutes occasions.
L'affaire est de savoir si vous souhaitez changer d'ici un mois.
Me croyez-vous si faible?
Je ne sais pas quoi penser.
Je ne serais pas surpris si c'�tait le cas.
Et aussi si ce n'�tait pas le cas.
A 56 ans, plus rien ne me surprend.
Bon, je dois aller me coucher.
Une rude journ�e m'attend.
- Essayez d'�tre plus prudent. - Mais je fais attention!
C'est votre portrait crach�!
H�! Je la reconna�trai parmi d'autre.
Vous m�riteriez une gifle!
Bonjour Madame.
Mais que se passe-t-il ici?
O� est Monsieur Maurier?
Vous ne savez pas, mademoiselle?
Il est parti, il est parti dans les Cornouailles.
Bizarre, il ne m'en a rien dit.
Monsieur Maurier est parti hier.
Il s'est d�cid� soudainement.
Clara, il m'a dit, j'ai besoin de v�tements de rechange et j'ai r�pondu...
A-t-il dit quand il reviendrait?
Non.
La maison va �tre repeinte.
Vous savez comme c'est long � s�cher.
A tel point qu'� partir de demain les domestiques ont 3 semaines de cong�.
Heureux mortels, moi aussi j'aimerais 3 semaines de cong�.
Viens Janet.
Quel paradis, n'est-ce pas merveilleux?
Tu ne le regardes pas!
Non, c'est vrai.
Tais-toi, �a me met en col�re que tu parles fran�ais.
Je crains que tu ne doives t'y faire.
Pour le meilleur et pour le pire.
Ce sera donc en anglais et en fran�ais.
Jusqu'� ce que la mort nous s�pare.
B�b�, � quel point m'aimes-tu?
A quel point?
Voyons un peu.
Je t'aime dix-sept fois plus que la cuisine anglaise.
Non, ne le prends pas comme une blague.
Tu as bien raison...
La cuisine anglaise est une trag�die, c'est
pourquoi nous partons demain pour Paris.
Paris? Vraiment?
Malheureusement, je dois chercher des documents lors de notre passage � Londres.
Chez toi?
Je vais enfin voir ta maison!
Non, tu m'attendras chez ta tante.
Tu resteras � m'attendre chez ta tante Nelly.
- Mais... - Personne ne doit nous voir ensemble.
Pas avant notre retour.
Tu sais ce qu'on dirait.
Mais les domestiques sont partis...
Je sais, je sais, mais la maison est envahie par les peintres.
Ils ne viennent pas le samedi. Demain, c'est samedi.
S'il te pla�t laisse-moi la voir. s'il te pla�t.
C'est bon, tu as gagn�.
Merci, ch�ri.
Ne me remercie pas, c'est toi que tu dois remercier.
"La volont� d'une femme est la volont� du ciel"
Henry, je ne peux pas contr�ler mes nerfs...
Pourquoi?
A l'id�e de rencontrer tes amis,
D'�tre la femme d'Henry Maurier.
Parfois, je pense qu'il serait sage de garder le secret.
Ce serait tr�s romantique, n'est-ce pas?
J'ai abandonn� l'�cole � 16 ans, donc je ne sais vraiment pas grand-chose.
Pense � tes fr�quentations!
juges, amiraux, m�decins...
Et moi au milieu de tous.
Que devrai-je faire?
Ne fais rien.
Sois toi-m�me.
Ce sera suffisant.
Il faudra bien que je parle.
Mais que dire?
Parle-leur de la th�orie de la relativit�.
Ne sois pas hostile.
Tu pourrais au moins faire semblant d'�tre s�rieux.
Je suis s�r qu'avec d'autres femmes tu es s�rieux.
Quelles autres femmes?
Mademoiselle Spence, par exemple.
Tu es s�rieux avec elle, non?
Ne le crois pas.
C'est pour �a que je t'ai �pous�e et pas elle.
Ce qui montre qu'il y a plus dans le mariage que la
simple capacit� de tenir une conversation appropri�e.
Janet!
Au diable, ces peintres!
Bonjour, quelle agr�able surprise!
Je vous croyais parti dans les Cornouailles.
Je devais passer en ville.
J'en profite pour faire un cambriolage.
Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu �tais de retour?
Je ne fais que passer.
Comment avez-vous su que j'�tais l�?
J'ai vu la lumi�re.
Oh! Et vous avez d�cid� de venir.
Eh bien, je suis content que vous l'ayez fait.
Voyons cela. Il n'y a pas de peinture ici.
Asseyez-vous, vous voulez.
Merci, je ne resterai pas longtemps.
Comme je suis content que tu sois venue.
�a m'�vite d'�crire une lettre.
- Qu'est ce que c'est? - Ouvrez-le et vous verrez.
Mais Henry c'est le bracelet d'Emily!
Elle aurait voulu vous le donner.
Je.
Personne ne le m�rite autant que vous.
Non, non, Henry, je ne le m�rite pas.
Prends-le.
Mais Janet, elle t'aimait...
et elle aimerait que vous ayez quelque chose qui vous rappellera toujours d'elle.
Non, je ne peux pas.
�coute Janet.
Je serai offens� si vous ne l'acceptez pas.
Serez-vous offens� ?
Voulez-vous que je le garde ?
Bien s�r que je le veux.
Cela me parait trop.
- Je pense que c'est trop. - Qu'est-ce qui va �tre trop?
C'est beau en effet.
Permettez-moi de terminer ce petit travail pendant que nous discutons.
Bien s�r.
Comment �tait votre voyage en Cornouailles?
Euh... oh! Magnifique.
J'adore les orages pas vous?
Franchement, non.
J'ai vu une fois un homme tu� par la foudre � quelques pas de l� o� j'�tais.
On dirait l'Ouverture de Guillaume Tell.
J'en �tais s�r!
O� diable rangent-ils les bougies?
N'allumez pas, vous d�truiriez le charme.
Regardez les arbres.
Regardez-les se tortiller et se battre comme s'ils voulaient se lib�rer.
Mais ne peuvent pas.
Ils ne peuvent pas parce qu'ils clou�s au sol.
- Un, deux, trois, quatre. - Il est � un kilom�tre.
�coutez! Quel soulagement, quelle lib�ration!
C'est comme les gens qui d�couvrent enfin qu'ils peuvent
donner libre cours � leurs pens�es et � leurs sentiments.
Tu ne dois pas savoir ce que c'est, Henry.
De quoi parlez-vous, Janet?
Pauvre Henry, vous n'avez pas �t� tr�s heureux dans votre vie, n'est-ce pas?
Eh bien, �a ne s'est pas trop mal pass� pour moi quand j'y pense...
J'ai la sant�, l'argent, les livres...
Bon sang, je d�teste �a!
Vous avez raison Janet, je suis loin d'�tre heureux en ce moment.
Vous pouvez prendre �a comme une blague, mais je sais tout ce que vous avez v�cu.
L'isolement, la solitude spirituelle...
Il est au-dessus de nous.
C'est merveilleux. C'est comme une passion.
Chut, chut Janet.
Vous avez lu trop de romans.
La Passion, la passion...
Vous savez ce que je veux dire.
L'amour comme la haine sont des sentiments
d�brid�s qui surgissent malgr� nous.
Tout comme la foudre, comme la pluie, le vent et le tonnerre.
Et malheur � qui ose sortir sans parapluie.
Ces temp�tes me font penser � Benjamin Franklin.
Quand il a lanc� sa ridicule machine volante dans un orage.
Dieu seul sait comment je ne sais pas comment il a �t� tu�, il s'est �chapp� par miracle.
Henry, maintenant nous sommes libres...
Pourquoi devons-nous continuer � faire semblant?
Je ne vous comprends pas Janet.
J'ai essay� de le cacher
mais vous le saviez
autant que moi.
Bien s�r.
Je savais
ce que vous �prouviez
et que vous ne l'admettrez jamais � cause de votre sens de l'honneur et du devoir.
J'ai respect� votre d�cision m�me si vous m'avez fait souffrir.
Mais maintenant, nous n'avons plus qu'� penser � nous.
Janet vraiment...
vous ne comprenez pas.
Nous ne pouvons pas; nous ne devrions pas.
Pardonnez-moi, s'il vous pla�t pardonnez-moi, Henry.
Ma ch�re, ne parlons plus de �a.
Vos nerfs sont � bout, peut-�tre � cause de l'orage.
J'aurais d� comprendre vos sentiments.
C'est encore trop r�cent, trop douloureux.
Pauvre Emily.
Emily?
Ah, son visage, je pensais pouvoir l'oublier.
Cet horrible expression de terreur!
Et moi qui parle de nous.
Je comprends que vous soyez boulevers�.
Pourrez-vous me pardonner?
�coutez Janet.
J'ai quelque chose � vous dire.
Quand j'�tais en Cornouailles...
Que s'est-il pass� lorsque vous �tiez dans les Cornouailles?
Bon... pour ne pas vous fatiguer je vais �tre direct.
Je me suis mari� l�-bas.
Vous vous �tes mari�?
Oui, quelqu'un que vous ne connaissez pas.
et � vrai dire, je ne la connais que depuis quelques mois.
Mais je suis s�r que vous l'appr�cierez.
Bien s�r, elle est assez jeune.
Elle n'a que dix-huit ans, en fait.
C'est presque une fille.
Dix-huit ans?
Oui, c'est absurde...
Par cons�quent, elle a encore beaucoup de temps pour apprendre.
Pourquoi riez-vous?
Pour rien de sp�cial.
Janet, sommes-nous toujours amis?
Naturellement, Henri.
Plus que jamais!
Il n'y a rien de mieux qu'une blague pour rassembler les gens.
Une blague?
Vous n�avez pas cru que j'�tais s�rieuse avant, n'est-ce pas?
Non, non, bien s�r que non.
Bon, je dois rentrer chez moi.
Je vais vous raccompagner � votre voiture.
Je voudrais que vous voyiez la route.
J'ai failli rentrer � la nage depuis chez tante Nelly.
Doris... Je te pr�sente Mademoiselle Spence,
dont je t'ai souvent parl�.
- Enchant�e. - Le plaisir est pour moi Madame Maurier.
Vous ne trouvez pas ridicule pour une vieille dame comme moi de vous appeler ainsi ?
�a ne vous d�range pas que je vous appelle Doris?
- Volontiers. - Appelez-moi Janet.
Oui Mademoiselle Spence... Je veux dire Janet.
Elle est adorable, vraiment.
Je vais chercher mon manteau.
Dites-moi, Doris, �tes-vous tr�s tr�s heureuse?
Oui, je pense que je le suis.
Vous croyez seulement?
Je ne voulais pas dire �a.
Pardon. Parlons d'autre chose si cela vous g�ne.
Je suis vraiment heureuse.
Mais je ne suis pas tr�s intelligente.
Et Henry en sait tellement sur l'art et d'autres choses...
L'art et d'autres choses, Vous �tes mignonne!
Bon. �a ira.
Je ne serai pas long, ch�rie.
Henry, laissez-moi vous accompagner.
Non, reste ici et change-toi.
Mais je ne veux pas.
Qu'est-ce qui ne va pas? Vous avez peur de rester dans le noir?
Non. Elle a peur d'autre chose.
Vous �tes si insensible, que vous ne pouvez pas le remarquer.
Quoi donc?
Elle est toujours l�, hein?
Eh bien, viens avec nous, jusqu'� la voiture.
Wow, tu t'es mari�, hein ?
Vous avez bien fait.
Elle aussi devrait se marier.
Parlez-lui.
- P�re! - J'essaierai.
Eh bien, o� est-elle?
Enlevez ce chapeau ridicule.
Je pr�f�re �a.
C'est le portrait crach� de ta m�re quand on s'est fianc�s.
Mettez-vous de profil.
C'est tout � fait �a.
Vous souvenez-vous de son portrait, habill�e en Amazone?
C'est comme �a qu'elle �tait habill�e quand je l'ai vue pour la premi�re fois.
Montez toujours en tenue d'�quitation, ma ch�re.
Le pantalon sied mal aux femmes.
La tenu d'�dition laisse place aux illusions.
Et qu'est-ce que la vie, sans illusions?
D�plaisante, solitaire, grossi�re et courte.
Les jambes de femme sont encore plus courtes.
Enlevez cet affreux imperm�able.
Quelle jolie broche!
Un cadeau d'Henry.
Il faut vraiment qu'on se d�p�che.
Ce soir, nous devons �tre � Londres...
prendre le train qui fait la liaison avec le bateau t�t demain. Au revoir G�n�ral.
Au revoir les gars.
Bonne nuit.
Bonne nuit
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
Madame Maurier n'aurait pas appr�ci�
ce qui est arriv� � sa proche.
Votre broche.
Comme j'�tais stupide de croire qu'il me la laisserait.
Les diamants ne sont pas donn�s uniquement pour l'amiti�.
Il m'a dit qu'il l'avait rencontr�e il y a quelques mois.
Par cons�quent, la pauvre Emily �tait vivante quand elle l'a rencontr�e.
Bien s�r, ils sont tous ingrats, croyez-moi.
Je vous assure qu'ils n'ont ni honte ni bons sentiments.
Se marier alors qu'elle est � peine enterr�e...
Cela a d� �tre un grand soulagement pour lui.
La mort de Madame?
Bien s�r, puisqu'il voulait �pouser cette fille.
Qui sait s'il n'y �tait pas oblig�?
Je serais pr�te � le parier.
Il a eu de la chance qu'Emily meure � ce moment-l�.
- Au moment opportun. - Au moment opportun?
Mademoiselle Spence, vous ne pensez pas... ?
Quoi donc?
Pourquoi ne m'a-il pas laiss� lui donner son m�dicament?
Vous voulez dire que... C'est ridicule!
Rappelez-vous ce qu'il a pris � la pharmacie.
Quoi?
Du d�sherbant.
J'ai eu l'occasion de lire l'�tiquette, je sais ce qu'elle disait.
Bien s�r, c'est pour �a qu'il a tant insist� pour que je ne mange pas les groseilles,
Il l'a fait pour avoir un alibi.
Vous �tes s�rieuse?
Absolument.
Elle est devenue folle, c'est incroyable.
Je ne pense pas qu'il soit capable, je le connais depuis des ann�es.
Vous connaissez un certain Monsieur Maurier...
Celui qui parle si bien de peinture.
Vous ne connaissez pas
le coureur de jupons. Il est capable de tout.
De tout.
Hey, pourquoi est-ce arriv� pendant que j'�tais absente?
Quelle diff�rence cela fait-il?
Qu'est-ce que �a peut avoir, hein!
J'aurais imm�diatement
identifi� les sympt�mes.
Voyons ce qu'il a fait.
Il a choisi le jour o� il savait que je serais de retour en retard.
Quand tout serait fini.
Il sort �galement, s�rement avec cette fille.
Non, il ne pourrait pas faire une chose pareille.
Mais si!
Et quand il est rentr� chez lui, il s'est retourn� contre moi...
m'accusant de l'avoir tu� avec des groseilles.
Des groseilles!
Rappelez-vous que le Docteur Libbard a dit que c'�tait possible.
Oui, et pourquoi, parce que l'autre ne cesse de le lui r�p�ter!
La faute retombe sur moi,
Je suis le bouc �missaire c'est celui qui doit �tre crucifi�.
Je ne le tol�rerai pas davantage.
Ce n'est pas que pour moi,
C'est une question de principe.
Je veux que justice soit faite.
Et je veux aussi que tout le monde sache la v�rit�.
Vous semblez s�re de vous.
Je le suis.
Je suis aussi certaine
que si l'autopsie �tait d�j� faite.
L'autopsie?
Oui, vous savez ce que cela signifierait, n'est-ce pas?
Vous allez en parler au Docteur Libbard?
Au Docteur Libbard?
Non, certainement pas.
Il n'admettrait jamais qu'il avait tort.
Non, je sais � qui m'adresser et ce que je dois faire.
C'est horrible!
D�terrer un cadavre!
Ils n'auraient pas non plus d� �couter les comm�rages malveillants.
Cette infirmi�re diabolique, je ne sais pas pourquoi vous ne la virez pas.
�coute Doris, tu dois �tre raisonnable...
Tu sais tr�s bien que je voulais le faire mais qu'Henry �tait contre.
Le Docteur Libbard aussi...
La renvoyer aurait prouv� qu'on la prenait au s�rieux.
Et nous ne voulons pas donner cette impression.
On �tait si heureux � Paris!
Devoir revenir pour �a!
Les peintures sont encore dans la maison,
�a sent mauvais.
Ma ch�rie, comme je suis inattentif...
Je suis impardonnable de ne pas avoir pris de vos nouvelles.
Est-ce que tout se passe aussi bien que vous le souhaitez?
J'ai toujours des naus�es le matin.
Le Docteur Libbard est satisfait?
Oui, il semble que oui.
Ce doit �tre une �trange et merveilleuse sensation.
D'attendre un enfant?
Si tu veux conna�tre mon avis ma ch�rie...
je dirai que c'est horrible...
Je changerai certainement d'avis � la naissance de mon fils.
Mais maintenant, je pr�f�rerais avoir � nouveau la rougeole.
Cela passe plus vite.
�l�verez-vous le b�b� vous-m�me?
Je ne sais pas, je n'y ai pas encore pens�.
Moi, je le ferais, pour sentir que le b�b� est bien � moi.
Quand rentre Henry?
Il ne devrait pas tarder.
Comment �tait-il quand il est parti ce matin?
Inquiet, sans doute.
Il �tait trop furieux pour �a,
vu la fa�on dont on le traite.
Donc vous n'�tes pas d'accord avec le diagnostic du...
Docteur Libbard quant � la cause du d�c�s.
Enqu�te du coroner. Sur la cause du d�c�s d'Emily Maurier � 13h le 16 juillet 1931
Oui et non.
Je pense que le Docteur Libbard avait raison de diagnostiquer...
que la mort �tait due � une insuffisance cardiaque.
L� o� je diff�re du Docteur Libbard...
c'est sur la cause.
Et � votre avis quelle en �tait la cause Docteur Watson?
Arsenic, Votre Honneur.
Mais c'est impossible!
N'interrompez pas, s'il vous pla�t.
Vous aurez ensuite l'occasion de prendre la parole, monsieur Maurier.
Veuillez poursuivre Docteur Watson.
Les organes ont �t� pr�lev�s et examin�s...
Des tests ont �t� faits
et la pr�sence de poison en grande quantit�
a �t� clairement �tablie.
La dose �tait-elle suffisante pour �tre fatale?
Incontestablement.
Connaissez-vous Monsieur Maurier par hasard?
Oui Monsieur.
Pensez-vous que vous pourriez lui remettre cette note?
C'est tr�s important.
D'accord, je le ferai Monsieur.
Je me d�brouillerai.
Merci beaucoup.
Tr�s reconnaissant Monsieur.
Ne deviez-vous pas donner son m�dicament � Madame Maurier,
apr�s les repas, c'est �a?
En effet.
Le lui avez-vous donn� apr�s le d�jeuner le jour de sa mort?
Non, je ne l'ai pas fait.
Je vais attendre qu'elle finisse.
Quand ils appelleront le prochain, j'aurai une chance de le leur donner.
Posez votre main droite sur la Bible...
et pr�tez serment. (Lettre : Courage !...
Je jure par Dieu Tout-Puissant que...
(... On dit que la pendaison n'est pas tr�s douloureuse...)
Le t�moignage que je rendrai sera la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit�,
(...�tre pendu doit �tre bien mieux que d'�tre empoisonn�...)
Alors que Dieu me garde � l'esprit. (Irresponsablement v�tre Robert)
J'ai emmen� le service � caf� dans le jardin et je l'ai pos� sur la table...
Que s'est-il pass� ensuite?
Madame Maurier a dit : Clara,
allez chercher mon m�dicament.
Vous l'avez fait?
Non, Votre Honneur.
Pourquoi?
Parce que Monsieur Maurier a dit :...
Ne d�range pas Clara, je dois aller chercher un cigare.
Merci, vous pouvez partir.
La s�ance est lev�e jusqu'� demain 14h30.
La s�ance est suspendue jusqu'� demain 14h30.
Ch�rie!
C'est horrible.
Oui c'est horrible parce que c'est incroyable.
Et pourtant c'est arriv�.
Et tout �a � cause de moi.
Je n'aurais pas d� te laisser m'aimer, ni tomber amoureux de toi.
Je savais qu'on avait tort. Mais je tenais tellement � toi.
Ch�ri, s'il t'arrivait quoi que ce soit, je me suiciderais.
Ne dis pas de b�tises.
Pourquoi tu as fait �a, Henry? Pourquoi?
Vous semblez tous convaincus que j'ai tu� ma femme !
J'ai une t�te � massacrer les gens?
Pour leur tordre le cou et les envoyer au diable?
Je suppose que tu peux imaginer que j'�tais tellement amoureux de toi...
que je ferais n'importe quoi!
Quand comprendrez-vous, les femmes, que la seule chose que l'on demande...
c'est un peu de dignit�! Et une vie tranquille!
Je me demande vraiment pourquoi
je t'ai �pous�e.
Je ne sais pas comment un homme sain d'esprit...
peut commettre la b�tise de se marier!
Henry!
Maurier!
Libbard!
Je viens de recevoir un appel de chez vous.
Pourquoi?
La bonne a dit que Doris s'�tait empoisonn�e.
S'�tait empoisonn�e?
Heureusement, elle n'a ing�r�e que...
qu'une forte dose de somnif�res.
J'ai donn� des consignes,
Et j'esp�re que ce n'est pas grave.
montez!
Pensez-vous que c'est une cons�quence de ce qui s'est pass� lors de l'enqu�te judiciaire?
Oui.
Oui �a et d'autres choses.
Je me suis f�ch� contre elle parce qu'elle tenait pour acquis que je...
que je... eh bien que je suis responsable de ce qui est arriv� � Emily.
J'ai dit certaines choses que je n'aurais pas d� dire.
Je comprends maintenant.
Libbard, vous me croyez coupable?
Non je ne le crois pas.
Alors, que s'est-il pass�?
L'une essaie de se tuer, l'autre a peut-�tre r�ussi.
Mais pourquoi?
Posez-vous la question Maurier.
Si vous �tiez une femme, seriez-vous heureuse d'�tre l'�pouse d'Henry Maurier?
Ne montez pas.
Entendu.
Eh bien... c'est tout jeune fille.
Deux jours au lit, puis vous serez sur pied.
Et assurez-vous que cela ne se reproduise plus.
Qu'est-ce qui m'en emp�cherait?
Personne, juste votre bon sens et votre propre estimation.
Il ne m'aime pas, je ne veux pas continuer � vivre.
Qui s'int�resse � vos petites �motions?
Qui peut se soucier de vos �motions idiotes?
Pourquoi ne penses-tu pas aux autres de temps en temps pour changer?
Je pense � Henry tout le temps.
Non, vous ne pensez pas � lui.
Non, vous pensez � vous par rapport � Henry ce qui n'est pas la m�me chose.
Merci Maisey. Vous pouvez partir maintenant.
Et ne l'oubliez pas.
Si vous vous r�veillez avec des courbatures et des douleurs, ne bl�mez pas Henry.
C'est uniquement votre faute.
Bon.
Vous avez raison, docteur Libbard.
J'ai mal agi, je promets de ne plus recommencer.
C'est bien.
Je suis mauvaise,
c'est pour �a que tout est arriv�.
Comment puis-je l'aider?
Eh bien, tout d'abord, vous devez croire fermement en lui.
En d�pit de tout.
C'est la premi�re chose.
Et puis quoi qu'il arrive...
Vous devez �tre forte, calme, ne pas pleurer et ne pas avoir de sc�nes horribles.
Ce n'est que de la complaisance.
Il y a des femmes qui pleurent aussi facilement qu'un chien grogne.
Et ils l'appr�cient presque autant que le chien lui-m�me.
Ne faites pas �a.
Ne le faites pas.
Et n'oubliez pas que vous allez bient�t avoir un b�b�.
C'est probablement la meilleure chose qui aurait pu arriver � Henry.
Alors, pour l'amour de Dieu, ne la g�chez pas.
Regardez qui est ici.
- Elle va bien? - A merveille!
Et vous ne recommencerez plus, pas vrai?
Hein Doris?
Merci d'�tre venu � temps.
Oui, j'aurais pr�f�r� ne pas avoir besoin de venir.
Au revoir Doris.
- Bonsoir Henri. - Bonsoir Docteur. Merci.
Pouvez-vous me pardonner, Doris?
Mon amour, c'est � moi de demander pardon.
Je comprends combien j'ai �t� �go�ste.
Je le vois maintenant.
Je voulais te blesser, me venger.
C'est ma faute.
J'aurais d� mieux comprendre.
A 18 ans?
Et dire que j'ai voulu me tuer.
Alors que tout est si beau
si myst�rieux...
M�me cette mouche au plafond.
Ou cette vieille poup�e en lambeaux!
Et �a, comme c'est merveilleux de pouvoir se d�placer librement.
d'un endroit � l'autre.
C'est vide ici.
C'est vide l�.
Et si le vide n'existait pas?
Si tout �tait plein au point de ne pouvoir bouger.
Comme dans un cercueil.
C'est la mort, c'est l'enfer!
Ch�ri, j'oubliais!
J'ai t�l�phon� avant que tu viennes aux compagnies a�riennes britanniques...
Il y a un avion qui part demain matin...
Aujourd'hui c'est vendredi, nous avons tout le week-end devant nous.
On pourrait �tre en Afrique, en Turquie ou en... avant qu'ils s'en aper�oivent!
Henry...
Tu me crois toujours coupable.
Mais non je ne le crois pas, je ne le crois pas.
Alors pourquoi m'enfuirais-je?
Pourquoi serais-je si stupide?
J'ai �t� sotte � nouveau! Je t'ai mis en col�re!
C'est parce que je t'aime tellement.
Parce que je suis inqui�te si vous ne pouvez pas leur faire entendre raison...
Je veux que vous sachiez une chose.
J'ai dit une b�tise cet apr�s-midi.
Que je n'aurais pas d� dire.
J'ai dit que je ne savais pas pourquoi je t'avais �pous�e.
Je ne le savais peut-�tre pas.
Maintenant, je le sais.
Je le sais tr�s bien.
Pourquoi?
Parce que je t'aime.
Oh ch�ri!
Quand on a apport� le m�dicament
de la maison, qui l'a vers� dans le verre ?
Personne.
On l'a apport� dans un verre � vin.
Pardon?
Dans un verre � vin.
Maintenant je comprend!
Monsieur Maurier l'avait donc vers� � l'int�rieur.
Oui.
L'avez-vous vu faire?
Pas d'o� j'�tais assise.
Mais connaissant Monsieur Maurier,
je suis s�re... - Merci, merci.
C'est absolument impensable!
Je suis ici pour �tablir les faits Madame Spence
pas � sp�culer sur ce qui est pensable.
Merci. Vous pouvez partir maintenant.
Je propose d'interroger � nouveau Monsieur Maurier.
Henry Maurier!
Nous allons maintenant aborder un sujet un peu difficile.
Dites-moi, connaissiez-vous l'actuelle Madame Maurier...
avant la mort de votre premi�re femme?
Avec tout le respect que je vous dois, Votre Honneur, je ne vois pas...
quel rapport cette question peut-elle avoir...
avec l'enqu�te en cours.
Permettez-moi de proc�der comme je l'entends dans mon tribunal.
Veuillez r�pondre � la question, Monsieur Maurier.
Je l'ai rencontr�e il y a environ 4 mois Votre Honneur.
La femme de chambre de Madame Maurier a d�clar�...
que vous vous �tes port�s volontaire apr�s le d�jeuner pour aller chercher les m�dicaments.
Est-ce vrai?
Oui, Votre Honneur.
L'avez-vous rapport� dans son flacon?
Non, j'ai mis 2 cuill�res � soupe dans un verre en suivant les instructions.
Et je jure devant Dieu que je n'ai rien ajout�.
Calmez vous s'il vous plait.
Je regrette,
mais je dois protester.
Merci de vous limiter � r�pondre � mes questions.
Y avait-il quelqu'un dans la pi�ce avec vous lorsque vous avez mis le m�dicament?
Non.
L'officier peut-il montrer au t�moin le livre que vous avez l�.
Sur la quatri�me ligne en partant du haut,
Reconnaissez-vous votre signature?
Oui, Votre Honneur.
Les livres du magasin de Madame Vilmont indiquent...
que la veille du d�c�s de Madame Maurier...
Vous avez demand� une pr�paration pour d�truire les herbes.
Est-ce vrai?
Oui.
Savez-vous que ce d�sherbant
est un poison puissant?
Oui.
Peu de temps avant d'acheter l'herbicide susmentionn�...
Avez-vous eu un diff�rend avec feu Madame Maurier?
Oui, Votre Honneur.
On peut dire �a comme �a.
Merci.
Rien de plus.
Maurier sera poursuivi. Accus� du meurtre de sa femme.
Vous �tes s�re de ne pas vouloir venir?
Non.
�tre avec les chiens
te ferait du bien.
Cela change les id�es.
oh!
J'aurais aim� �tre un chien.
Chenil confortable, nourriture gratuite, femelle � volont�.
Et on finit piqu�.
Pas de fauteuils roulants, pas de torture,
avec une infirmi�re, en un instant, c'est termin�.
Couvrez-vous et venez avec nous, allez.
Non papa, je n'ai pas envie de marcher.
Vous dormiriez mieux si vous faisiez un peu d'exercice.
S'il vous plait!
Faire de bonnes et longues promenades...
est ce dont vous avez besoin.
Et pendant 5 minutes, respirez profond�ment.
Je suis un grand partisane de la respiration profonde.
Et avec le massage abdominal.
Remonter le long du c�lon et redescendre. 40 ou 50 fois.
Je le faisais tous les jours pour la pauvre Madame Maurier.
La malheureuse!
Elle dormira mieux dans sa tombe apr�s cela!
D�p�chez-vous! Vite!
Bon, tr�s bien!
- Avez-vous les biscuits pour les chiens ? - Oui.
Nous reviendrons � l'heure du th�.
Ne te laisse pas abattre ma fille.
Accus� du meurtre de sa femme.
Le Docteur Libbard, Madame.
Faites-le entrer.
Je voulais voir comment �a allait.
P�re semble en forme.
Il est sorti pour sa promenade.
Et vous?
Hum. Vous ne faites pas honneur � votre m�decin.
Si je ne dors pas cette nuit, je deviens folle.
Vous avez encore une partie de ce que j'ai prescrit, n'est-ce pas?
Il semble que cela ne fait pas d'effet.
Docteur Libbard, vous ne savez pas ce que c'est...
nuit apr�s nuit. Je n'en peux plus!
Cette f�cheuse affaire. Pauvre Maurier.
Il ne faut pas que �a vous obs�de.
Non, bien s�r, mais...
C'est que...
Je ne peux pas m'emp�cher d'avoir piti� pour lui.
Pardon si la lumi�re vous d�range.
Restez immobile un instant.
Vous portez constamment des lunettes, n'est-ce pas?
Je trouve la lumi�re fatigante.
Cela m'arrive depuis que j'ai commenc� � souffrir d'insomnie.
Et cette pauvre Emily!
Vous l'aimiez beaucoup, n'est-ce pas?
Oui, �norm�ment.
Oui, je la voulais.
Vos soucis ne viennent-ils pas de l�?
Pleurer la mort d'une amie...
Et quelle mort!
Et quelle mort!
Un suicide au mieux,
un meurtre au pire.
Et rappelez-vous que Macbeth a assassin� le sommeil.
Il l'a assassin�
pour bien d'autres que lui.
Regarde ce que j'ai trouv� ce matin dans le jardin.
Donnez-moi �a.
Je ne peux pas le lui donner?
C'est juste un tr�fle � quatre feuilles.
C'est contre le r�glement.
Mais je ne pense pas qu'il y ait de mal � cela.
Peut-�tre consid�rerez-vous cela comme un non-sens, n'est-ce pas?
Est-ce idiot d'aimer quelqu'un?
C'est la seule chose qui ait un sens dans la vie.
Que pense Libbard de votre �tat?
Tout va bien.
Appelons-le Patrik.
Qui? Libbard?
Non, si c'est un gar�on.
Je vois.
Et si c'est une fille?
Eh bien, que diriez-vous de Belinda?
Non, n'y pense m�me pas.
Mais c'est un tr�s joli pr�nom.
Tu me vois courir apr�s la petite
en criant, Belinda, Belinda?
Il y a des limites, ch�rie.
Nous r�vons un peu trop, non?
Ne dis pas �a, ch�ri.
Apr�s tout, tu n'as rien fait de mal, tout le monde l'admettra.
De plus, vous avez maintenant un tr�fle � quatre feuilles...
Et on ne l'appellera pas Belinda, promis.
Mais �a ne t��vitera pas le ridicule.
On a l'air idiot quand on veut
faire ob�ir un enfant.
Je rirai et tu seras furieux.
Mais tu finiras par rire aussi.
Ce sera merveilleux, Henry!
Vraiment?
Bien s�r, ce sera le cas.
Madame, la visite est finie.
Au revoir mon amour.
Au revoir.
Allez!
En conduisant, avez-vous observ�
des signes d'intimit� entre l'accus�e et l'actuelle Madame Maurier?
Oui, Votre Honneur.
Il y avait des �treintes consid�rables.
Silence silence!
Souvent?
Oui, fr�quemment Votre Honneur.
Je n'ai pas de questions pour ce t�moin.
Caroline Braddock, Caroline Braddock!
Janet!
D�sol� de vous avoir fait peur.
On vous a rappel�?
Non.
J'�tais avec Doris dans la salle d'audience.
Vous pensez...
Comment �a se passe?
Pas tr�s bien, h�las.
- Pour Henry? - Oui.
Tout se retourne contre lui...
Toutes ses folies lui retombent dessus.
Et Dieu sait s'il en a fait! Vous souvenez-vous de celle de l��vangile...
hommes et femmes poss�d�s par le diable.
Parfois je me demande si ce n'est pas �a...
la seule explication possible pour beaucoup de choses que nous faisons.
Des choses qui vont � l'encontre de nos int�r�ts...
des choses qui sont manifestement fausses...
b�tises, suicides.
Et pourtant nous les faisons.
Ou est-ce quelqu'un en nous qui nous y pousse?
Si c'est comme vous le dites, nous ne pouvons pas �tre tenus responsables, n'est-ce pas?
Mieux vaut que je rentre.
L'accus� et feu Madame Maurier se querellaient-ils?
Continuellement.
La derni�re fois remonte � quand?
La veille de la mort de Madame Maurier.
�tait-ce violent?
D'apr�s ce que j'ai entendu, s�rement.
Et qu'avez-vous entendu?
Monsieur Maurier souhaitait qu'elle meure.
La veille de sa mort par empoisonnement...
Madame maurier a �crit cette lettre.
Cher Robert, voici le ch�que
qu'Henry m'a si violemment emp�ch� de vous donner...
il s'est comport� horriblement quand vous �tes parti...
Il a dit qu'il souhaitait ma mort...
Je ne pourrai pas te voir demain...
mais viens apr�s-demain et nous conviendrons du voyage.
Affectueusement, Emily.
Eh bien : apr�s avoir re�u cette lettre, �tes-vous retourn� voir votre soeur?
Non, je ne l'ai pas revue.
Elle l'a �crite le mardi apr�s-midi.
Je l'ai re�ue mercredi matin...
et elle est morte mercredi soir.
quand elle s'est sentie mal,
on vous a appel�e, c�est �a?
Oui.
Avez-vous alors vu Madame Maurier vivante cette nuit-l�?
J'�tais avec elle jusqu'� sa mort.
�tait-elle inconsciente quand vous �tes arriv�e?
Non, elle �tait consciente.
Pouvait-elle donc parler?
Oui, elle pouvait parler.
A-t-elle parl� de poison?
Non.
Elle semblait ignorer qu'on l'avait empoisonn�e.
Rien n'indiquait que c'�tait un suicide?
Non.
Rien.
Alors, quels �taient les mobiles du crime?
Il y en avait deux...
Ils comptent parmi les passions humaines les plus viles:
luxure et avarice.
Sa femme �tait riche...
Elle avait fait un testament en sa faveur,
et a une assurance vie.
A l'attrait de l'argent
s'y ajoute le dynamisme d'une autre passion plus puissante...
Quand sa femme tombe malade, que fait cet homme?
Reste-t-il � son chevet pour la r�conforter?
Tente-t-il d'all�ger ses souffrances?
Non.
Il quitte sa femme �plor�e.
Et il part � la recherche de passions basses et criminelles.
Il trouve une jeune fille innocente, la flatte et l'enj�le,
l'�tourdit par sa richesse,
et il la fascine par son exp�rience.
Il nie son adult�re.
Toutefois, il ne peut nier sa toquade.
La pauvre invalide ignore tout cela.
Elle ignore ce qui se passe derri�re son dos, cependant...
les cons�quence de cette toquade
commen�ait � devenir intol�rable pour le prisonnier.
Sa pr�sence g�ne de plus en plus son mari
Il souhaite s'en d�barrasser.
Il finit alors par passer � l'acte.
Il ach�te le poison.
Maurier reconnu coupable de meurtre.
Le prisonnier �cope de la peine de mort. Il fera appel du verdict.
�coutez!
Vous allez �tre transf�r� � la prison de Wandsworth.
� Wandsworth?
Mais c'est l� que...
Vous ne pouvez pas! Et l'appel?
Vous avez le temps.
Vos mains.
Maurier d�bout� de son appel.
Le pauvre!
La vengeance est moi, dit le Seigneur.
Je n'ai jamais �t� aussi heureux de toute ma vie.
J'apporte de bonnes nouvelles pour vous Mademoiselle Janet.
Le vendredi 24.
Mais n'�tes-vous pas heureuse?
Laissez-nous tranquilles, Mademoiselle Braddock.
oh! Tr�s bien, mais je ne comprends pas comment on
ne peut pas �tre heureux quand un criminel est puni.
�a suffit!
Quand un criminel a ce qu'il m�rite...
Mais est-il un criminel?
Je n'y crois toujours pas.
Je n'y croyais pas non plus mais...
mais apr�s ce qui s'est dit au tribunal,
on doit y croire.
Vraiment?
Je viens de lire un livre tr�s int�ressant.
Une �tude sur des cas bien connus...
de personnes reconnues coupables de crimes...
qu'ils n'avaient pas commis
- C'est prouv�. - Mais dans ces autres cas aussi!
Il s'agissait de faux t�moignages d�lib�r�s.
Parfois simplement une preuve indirecte.
Il y en avait beaucoup, pointant tous dans la m�me direction...
les conclusions �taient �videntes...
et incontournable. Et pourtant ils avaient tort.
Maintenant, l'affaire est close, et ne sera plus jamais discut�e.
A quoi bon en parler? C'est idiot.
Cela a �t� prouv�. Un point, c'est tout.
Je n'arrive pas � croire que Maurier est responsable.
Alors qui?
Pourquoi pas Emily elle-m�me?
Emily ne se serait jamais suicid�e.
Elle se disait fatigu�e de la vie.
Je ne l'ai jamais entendue dire une chose pareille, jamais.
Je n'ai jamais fait confiance � ce dont on pense se souvenir correctement.
J'ai �t� tr�s surpris par ce que l'infirmi�re a t�moign� au proc�s.
Je ne sais pas ce qu'elle a dit et je m'en fous.
Pour Maurier, cela importait, elle a r�ussi � impressionner le jury avec.
Quelqu'un qui avait �t� avec Emily nuit et jour
pr�s de deux ans, je ne l'ai jamais entendue parler de suicide.
C'�tait pourtant l'axe de la d�fense.
Je ne m'int�resse pas aux lignes de d�fense,
je m'int�resse � la v�rit�.
Et si vous insinuez que j'ai menti parce que...
Pourquoi me laisser continuer?
Pourquoi ne m'interrompez-vous pas?
Pourquoi ne pas m'arr�ter?
Les gens n'aiment pas �a, en g�n�ral.
Vous aimiez beaucoup Henry, non?
Oui, �norm�ment.
Emily avait l'habitude de dire qu'il devrait vous �pouser � sa mort.
Quoi? Lui et moi?
Mais ce serait monstrueux... Comment osez-vous?
Je ne fais que r�p�ter ce qu'Emily a dit.
Vous parlez de moi comme si
j'�tais une de ces femmes...
C'est scandaleux et m�prisable!
Excusez-moi, Docteur Libbard.
Ne vous excusez pas, ce n'est pas moi qui souffre d'insomnie.
Que voulez-vous dire?
Le go�t d'Henry pour les femmes vous exc�de.
Cela ne vous aide pas � dormir.
Vous ne pensez pas que je passe mon temps � y penser, n'est-ce pas?
Vous y pensiez � l'instant avec v�h�mence.
Pensez-vous parfois � la pauvre Emily?
Bien s�r.
Rappelez-vous qu'elle �tait ma meilleure amie.
Et quand vous vous endormez, avez-vous d�j� r�v� d'elle?
Ce sont ces r�ves qui me r�veillent.
Vous devez r�ver d'elle au moment de sa mort.
Oui.
Et parfois je la vois assise dans le jardin...
Comme le jour o� j'ai bu ce caf�.
Je croyais qu'il il avait mis le poison dans le m�dicament.
Oui bien s�r, le m�dicament. Je parlais de
m�decine, je ne sais pas pourquoi j'ai dit caf�.
Henry lui a servi du caf�?
En fait je ne sais pas.
Quelqu'un a d� le faire.
En tout cas, cela n'a plus d'importance
maintenant, puisque tout a �t� prouv�.
Prouv�?
Je voudrais que tout soit fini maintenant!
Fini?
Vous pensez ce que cette affaire est comme un film ou un roman.
Vous pensez que cela a une fin, bient�t,
pour �tre plus pr�cis, vendredi prochain � huit heures.
O� voulez-vous en venir?
Je cherche � trouver un moyen de vous faire dormir.
Eh bien, cette conversation a �t� tr�s int�ressante, Docteur Libbard.
Mais en ce qui concerne la gu�rison de mon insomnie, c'est une autre affaire.
Je fais plus confiance aux somnif�res.
Janet, vous souvenez-vous de nous avoir pr�sent�
au jeune Docteur Palthrow chez moi au printemps?
Oui.
Je le connais depuis qu'il est enfant...
Il est aimable et consciencieux,
sensible et est actuellement un grand psychiatre.
Non merci, je ne veux pas de psy!
Vous voulez gu�rir, n'est-ce pas?
Mais je ne suis pas malade!
Pas comme �a!
Je sais ce que vous complotez.
Vous allez dire que je suis folle.
ils me tortureront jusqu'� ce qu'ils me forcent � dire ce que vous voulez.
C'est un complot, tout le monde me harc�le.
Personne ne conspire contre vous.
Ce n'est pas vrai.
Vous l'avez dit Docteur.
Vous voulez que je voie un psychiatre, vous me l'avez propos�.
Il ne vous fera aucun mal, il vous posera juste
quelques questions et d�couvrira ce que vous pensez.
Combien de fois dois-je le dire...
Je n'ai rien!
Je ne peux pas dormir!
Il peut vous faire dormir,
si vous ne vous y opposez pas.
Vous voulez dire : m'hypnotiser?
Eh bien, qu'est-ce qu'il y a de si alarmant l�-dedans?
Il va me faire dormir et je dirai beaucoup de choses...
que je ne veux pas dire?
Et j'ignorerai que je les ai dites?
Non, je ne veux pas!
Janet...
Ne me touchez pas, sinon je vous tue!
Janet?
Je ne l'ai pas tu�! Comprenez vous?
Une dame nomm�e Spence veut vous voir, Maurier.
Ne vous inqui�tez pas. Faites comme si nous n'�tions pas l�.
J'ai d� mal � croire que vous �tes r�elle.
Plus rien n'est r�el.
Cette horloge! On dirait que le temps
s'exprime comme le sang d'une blessure.
On ne peut pas l'arr�ter.
Il continue � s'�couler jusqu'� la derni�re goutte.
C'est vrai, Janet. Et alors, on meurt.
Il est 15h30?
Oui, 15h30.
4 et 12 font 16,
plus 24...40 heures.
Un peu plus de 40 heures.
C'est comme si on �tait au bord d'un puits...
et une main te poussera par derri�re.
Ce serait peut-�tre plus supportable si cela avait au moins un sens.
Et aussi si l'on pouvait croire que la justice existe.
Elle existe.
Janet... Je ne l'ai pas fait.
Je le jure sur tout ce qui est sacr�!
Sacr�?
Qu'est-ce qui est sacr� pour vous?
Vous souvenez-vous de cette nuit quand il y a eu un orage?
Cela vous a rappel� Benjamin Franklin lan�ant sa machine volante pour attirer la foudre.
Une sorte de plaisanterie scientifique pratique.
Parfois, la plaisanterie s'arr�te.
Parfois, la foudre frappe
et il y a des morts.
Annihiler?
A qui la faute?
A la foudre ou l'a l'homme qui pensait que c'�tait amusant de jouer avec.
Je t'assure que je ne te comprends pas.
Eh bien, n'essayez pas.
Imaginez un groupe d'enfants dans une �cole.
Et que fait ton p�re?
oh! Il est avocat.
- Et le tien? - Il est ing�nieur.
Et le tien? Mon p�re est mort avant ma naissance...
dans un endroit appel� la prison de Wandsworth.
Janet?
Je vous en prie!
Ai-je d�j� demand� de la piti�?
Avez-vous d�j� pens� � en montrer?
Jamais.
Je n'ai rien dit sur le plaisir que vous avez eu � mes d�pens.
Janet... Je n'ai jamais fait �a.
Que faisiez-vous d'autre?
Vous m'attiriez vers vous.
Et quand je suis venue � vous,
vous �tes parti en riant
avec cette sale tra�n�e, Doris!
Janet! Ne parlez pas d'elle comme �a.
Comment est-ce que j'ose, Henry?
Surtout ne jamais rien dire, c'est choquant.
Je vous d�teste tous les deux, tous les deux.
Dis-moi quel �ge avait-elle quand tu l'as rencontr�e?
18 ans? 17?
Du tripotage, vous appelez �a de l'amour!
Ce sont des salet�s!
L'amour, j'ai dit que c'�tait idiot.
Et vous me les avez jet�es au visage en riant!
Pourquoi ne ris-tu pas maintenant, Henry?
Riez!
Riez, la plaisanterie continue.
Vous ne comprenez pas?
Janet?...
Vous ne voulez pas dire que...
Plus que 40 heures. C'est tout.
Et vous m'avez invit� � votre 80�me anniversaire!
Maintenant, pourquoi ne riez-vous pas?
Adieu! Henry.
Janet! Janet! Janet!
- Janet! - Calme.
Arr�tez-la.
- Veuillez vous calmer. - Janet!, c'est la coupable, elle a avou�.
Je vous jure.
Mais elle me l'a dit. Elle a avou�.
Janet! Janet! Arr�tez-la!
Laisse-moi! Elle est l'assassin.
Elle me l'a dit.
C'est la v�rit�.
- Je le jure. - Asseyez-vous. Du calme.
Faites-la revenir.
Dites-lui de le r�p�ter devant t�moin.
- Allez, calmez-vous! Soyez silencieux! - Laissez-moi!
Le temps passe lentement.
Pas pour lui.
8h � Wandsworth.
Cela aurait aussi bien pu �tre James Libbard.
Il n'oubliera jamais qu'il n'y avait aucune piti� de Janet Spence.
Dieu merci, ce n'est pas le cas.
Il est encore temps.
Pour quoi?
Qu'ils suspendent l'ex�cution.
Pourquoi devraient-ils la suspendre?
Si un fait totalement nouveau apparaissait.
Mais c'est prouv�.
C'est ce qu'a pens� le jury?
Et vous?
Bien s�r, je n'ignore pas la raison fondamentale...
pourquoi la pauvre Emily �tait si malheureuse.
Et qu'est-ce que c'�tait?
Elle ne voulait pas accepter les faits tels qu'ils �taient.
Elle �tait invalide, elle avait perdu sa beaut�...
cependant, elle voulait �tre trait�e comme si elle �tait jeune et jolie.
Qu'est-ce que �a a � voir avec moi?
C'est vous qui devez r�pondre.
Je veux seulement souligner qu'il est possible d'accepter
avec r�signation m�me les faits les plus terribles.
La vieillesse, la maladie, la mort...
M�me sa propre m�chancet� et sa folie.
Ce ne sont que des mots!
Que des mots?
Mais ils peuvent �tre transform�s en actions.
�coutez Janet...
Je comprends que vous refusiez de dormir
avant de vous sentir en paix.
Mais avez-vous analys� ce mot?
En paix, par rapport � quoi?
On ferme la porte � un danger et on l'ouvre � un autre.
Regardez-vous.
Vous voulez �tre � l'abri de la mort.
Mais � quel prix?
Au prix d'un sentiment de culpabilit�.
Et cette culpabilit� peut vous rendre folle.
Et ensuite?
Dans votre folie, vous pourriez vouloir vous supprimer!
Vous n'�tes donc pas en s�curit�.
Vous �chappez � la mort, et o� allez-vous?
La mort.
La folie et la mort.
Mais si vous ne fuyez pas,
Si vous faites face courageusement aux faits et acceptez votre destin...
vous �tes s�re d'�chapper � la folie
et vous avez des chances d'�chapper � la mort.
Bon, je vais y r�fl�chir.
J'ai terriblement soif.
Voulez-vous un verre?
Oui c'est une bonne id�e.
Je m'en occupe.
- C'est Kali, n'est-ce pas? - La m�re supr�me...
En tant que m�re, c'est aussi la d�esse de la destruction.
Qui donne la vie donne aussi la mort.
C'est in�vitable.
Ils voyaient le monde
avec r�alisme, ces hindous!
Pardonnez-moi,
Je suis vraiment navr�, Janet.
Mais je ne pense pas que cela ab�mera le tapis.
C'�tait juste un peu d'eau sal�e et un doigt d'alcool, non?
Puis-je en prendre un autre ?
Je vais le pr�parer tout de suite.
Non, je vais le faire.
C'est bien le bracelet d'Emily?
Oui.
Il me semblait bien le reconna�tre.
C'est grotesque, quand on y pense!
Ex�cuter un homme pour le meurtre d'une femme morte.
Pour le meurtre d'une femme morte?
Comment �a?
C'est ce qu'elle �tait.
Deux mois, trois mois, quatre mois maximum...
C'est ce qu'elle avait � vivre.
Voulez-vous dire que si on ne l'avait pas empoisonn�e,
elle serait morte trois mois apr�s?
C'est cela.
Mort de rire.
Pourquoi riez-vous, Janet?
Haha je ne sais pas.
Ha ha. Pour rien.
Je suis d�sol�e.
Ta pauvre main. Tu t'es fait �a hier?
Oui.
Je me suis fait �a hier.
Ch�rie... J'ai quelque chose � te dire.
Cela s'est produit hier soir, tout � coup.
Une sensation que j'ai ressentie au milieu d'un paroxysme de col�re et de d�sespoir.
Soudain, j'ai cru entendre une voix lointaine...
une voix encourageante qui m'a fait ressentir une grande confiance et une certitude absolue.
Une certitude?
Je savais que tout allait s'arranger.
C'est la v�rit�.
Eh bien... il faut affronter les choses telles qu'elles sont vraiment.
Vous devez oublier ce qu'on voudrait qu'elles soient.
Dis-moi, les feuilles ont-elles commenc� � jaunir?
Elles sont toutes dor�es.
M�me les h�tres?
Oui.
Je me souviens que lorsque j'�tais enfant, je me promenais dans les for�ts des h�tres...
et j'avais l'illusion que les feuilles s�ches �taient de l'argent.
Je marchais dans l'or.
Tout comme le comte de Monte Cristo.
La mort. La mort.
En fait, si vous y faites face avec courage et que vous l'acceptez...
�a va.
Mais si tu refuses de l'accepter, alors... tu finis par devenir fou.
Mais je ne peux pas l'accepter, je ne peux pas.
Voulez-vous que je vous dise ce qui est le plus cruel?
Accepte le fait que je ne te reverrai plus jamais.
Je voudrais �tre morte! Je voudrais ne jamais �tre n�e!
C'est quelque chose qui n'a rien � voir avec nos d�sirs.
Apr�s tout, nous ne demandons pas � venir au monde mais nous devons affronter la vie.
M�me si nous ne l'aimons pas, m�me si nous consid�rons que ce n'est pas juste.
Et nous ne pouvons pas la comprendre pendant que nous la vivons.
On vit sa vie en allant de l'avant,
on la comprend en regardant en arri�re.
C'est ainsi.
C'est ce que j'ai soudain compris.
Et que faisais-je alors?
Exactement le contraire de ce qu'il fallait faire.
J'usais mes poings � force de coups, je me rendais fou,
j'enrageais contre l'injustice.
Mais est-ce juste?
Vu de l'ext�rieur, oui.
Mais si on accepte l'injustice qu'on vous inflige,
si vous vous dites, eh bien...
C'est ainsi, je dois m'y faire,
et m�me, je le souhaite.
Si on peut faire cela alors, myst�rieusement,
le cauchemar prend un sens. C'est difficile � expliquer, mais c'est vrai.
Ne t�inqui�tes pas, oublie. Maintenant, je veux que tu me promettes quelque chose.
Ne vois pas trop Janet.
Qu'elle ne s'approche pas du b�b�.
Mais elle est adorable avec moi!
Je sais, mais promets-le-moi quand m�me.
Je te le promets.
Je te dirais bien toutes mes raisons mais �a me prendrait beaucoup de temps.
Et d'ailleurs, � quoi bon?
Il faut laisser les morts enterrer les morts.
Que pouvons-nous faire tous les deux?
Tu as bien fait de ne pas venir hier.
Pourquoi?
Oui, d'�tre libre,
D'avoir la vie devant toi,
Oui, je te d�teste d'�tre libre.
Pour avoir toute une vie devant soi.
Pendant que j'�tais ici...
seulement pour quelques heures.
Tu m'aimes, n'est-ce pas?
Je t'aime, Doris.
Et l'amour chasse la peur.
Cela marche aussi en sens inverse.
La peur chasse l'amour.
Hier, je n'ai ressenti que de la peur.
Mais aujourd'hui...
aujourd'hui c'est diff�rent.
Deux, trois. Je n'ose pas regarder la quatri�me.
Une autre reine.
Je vais voir ce que je peux faire.
A moi. Valet de tr�fle!
Bont� divine!
Vous n'�tes vraiment pas dou�!
Je ne suis pas tr�s intelligente ce jeu demande de la r�flexion.
Pr�t?
Oui.
Un roi!
C'est fini pour moi.
Je suis fichu
Je vous dois 10 millions de livres.
11 millions.
11 millions?
OK, c'est bon.
Voici,
6 pence d'acompte.
Je te paierai le reste en plusieurs fois.
2 pence par semaine jusqu'� la fin des temps.
- D'accord? - Oui.
Il pleut.
J'adore la pluie.
J'aime qu'il pleuve tr�s fort.
Qu'il y ait le tonnerre et la foudre.
Et merde... cette fille...
C'est horrible, je le d�teste!
Je le d�teste.
Vous savez quelle heure il est?
Plus que deux minutes.
Deux minutes.
Tout sera fini.
Ensuite, vous serez en paix.
Enregistr�!
je serai en paix.
Tout doit �tre pr�t sur l'�chafaud.
La corde, les sangles...
Maintenant, ils Descendent es escaliers...
il y a le directeur de la prison, l'aum�nier...
Ils s'engagent dans le couloir de la prison...
ce n'est pas loin, � quelques pas.
Ils sont � la porte.
Quelqu'un met une cl� dans la serrure et la torture.
La porte s'ouvre et il est l�.
Il est l�.
Tout �a parce qu'elle avait dix-huit ans.
Tout �a � cause de sa bouche, de sa peau!
Oh non! Mon Dieu, mon Dieu!
C'est fini, vous n'avez plus � vous en faire.
Vous pouvez dormir maintenant.
Restez immobile, d�tendez-vous.
Vous n'aurez pas mal.
Vous sentez-vous plus soulag�?
Es-tu install� confortablement?
Oui.
Vous sentez-vous en s�curit� maintenant? N'est-ce pas?
Oui, tout � fait en paix.
Dis-moi, Janet, comment lui avez-vous fait prendre le poison?
Je l'ai vers� dans son caf�.
Vous pensiez qu'il vous demanderait de l'�pouser?
Non, je ne veux pas en parler.
Mais c'est vrai?
Maintenant, je ne peux pas vous le dire.
Vous pensiez qu'il vous aimait autant que vous l'aimiez.
C'est tellement horrible, tellement humiliant.
Tr�s bien, je ne vous tourmenterai plus.
Maintenant vous pouvez dormir.
Dormez profond�ment...
D'un sommeil chaud, doux et sombre...
Comme du velours noir.
Pensez au velours et � la fourrure noire.
Sans que la lumi�re n'entre dans vos yeux.
Pas de cauchemars pour interrompre vos r�ves.
Contentez-vous de dormir.
Donnez-moi une ligne, s'il vous pla�t.
Battersea 6160...
All�! Passez-moi la prison de Wandsworth?
Je suis le Docteur James Libbard. Appelez-moi le directeur. Imm�diatement.
Oui, c'est une affaire officielle li�e � l'affaire Maurier.
Oui, c'est tr�s urgent.
D'accord, je patiente.
FIN.
Tanguy MASSANGE 06/02/2023
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