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Musique intrigante
-Merci, monsieur.
Au revoir.
-Alors ? -Oh, le stress ! C'était horrible.
-Tu l'as bien senti ?
T'as fait des fautes ? -Oui. Non… Je sais pas.
Je veux l'avoir ! Je vois mon père, ce soir.
-C'est lui qui a payé ? -À ton avis ?
-Tu m'invites quand chez toi ? ♪ attends toujours.
-Je l'ai pas vu depuis longtemps, donc c'est chaud.
-Toujours la mĂŞme excuse pourrie. Allez, viens.
Attends. Tiens, ton sac, déjà .
Claquement de porte
-Lison, t'es lĂ ? -Oui.
Oui, oui, oui.
-Tu pars déjà ?
-Ouais, j'ai rendez-vous avec papa.
-Je pensais qu'on attendrait les résultats ensemble.
-Mais je t'appelle si je l'ai.
-Évidemment que tu vas l'avoir.
Mais vas-y plus tard, qu'on fête ça. -Maman…
-Ou demain matin… -T'es relou, là .
Je t'appelle si je l'ai, OK ?
Ă€ dimanche. -Ă€ dimanche.
Musique légère
Elle soupire.
-Vous faites du stop, mademoiselle ?
Crissement de pneus
Pourquoi tu m'as pas attendu ? ♪ avais 5 minutes de retard.
Bon.… Un petit peu plus, mais bon…
Mais aussi,
j'ai vendu 10 chalets au Japon. 10 !
-Au Japon ? -Ouais.
-Pourquoi lĂ -bas ?
-Parce que le madrier empilé, c'est antisismique.
Tu sais pas ça ?
-Ben… -"Ben…”
T'es vraiment ma fille ?
-Ben, je crois.
-Coiffer les Finlandais au poteau
sur un marché comme ça, c'est juste énorme.
Toi, quoi de neuf ?
-Ben, moi… Notification
Pardon.
Ben, j'ai le permis !
-De conduire ?
-Oui ! Oui, oui.
-Depuis quand ?
-Depuis là , maintenant. Maman a été voir sur le site.
-C'est génial, ça ! -Ouais.
-Attends.
-Tu fais quoi ? -Attends.
Eh ben, tu prends le volant.
-Mais c'est pas dangereux, ici ?
-C'est super dangereux.
Y a des ravins, des crevasses, la route glisse…
Mais t'as le permis ?
-Ben, oui. -Ben alors ?
Tu veux pas ?
Non, je vais pas te faire ça, mon cœur.
En plus, elle sort de la révision.
On va pas tenter le diable.
Hé, dis donc…
Toi, le permis, moi, le contrat du siècle…
-Ça se fête ça, non ? -Oui.
-Champagne ?
-Champagne ! -Allez, c'est parti.
On conduit comme ça, en montagne. Oh la la !
Mais pas la 1re année.
Papa a une voiture qui tient bien la route.
Attention ! C'est un dérapage contrôlé.
Juliette !
Juliette !
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-J'ai signé le Japon. -Ah, bravo !
-Et Lison a eu son permis. -Formidable !
Bonsoir. -Bonsoir.
-Du premier coup ? -Oui.
-On veut du champagne !
-Euh…
Oui, mais euh… Demain, plutôt, non ?
On part dans un quart d'heure.
-Merde ! J'avais oublié. -Tu lui as pas dit ?
-Non. Ça m'est sorti de la tête.
-Je suis désolée, on a vraiment merdé.
On a pris des places pour le théâtre à Épinal et euh…
Comme vous avez changé ton week-end…
-Vous allez au théâtre ?
-J'aurais préféré rester ici. C'est une pièce norvégienne.
T'imagines ce que je vais souffrir ?
Ça te console ? -Non, mais c'est pas grave.
-On a tout le week-end.
-Oui. Je dois ranger mes affaires.
-Non, mais la pauvre…
-Quoi ?
-Mais elle est super déçue. Merci pour la solidarité.
-Mais quoi ?
-C'est toi qui l'avais choisi, ce spectacle.
Pourquoi on dirait le contraire ?
-Mais… -Encore une fois,
je passe pour la méchante.
-Pas du tout. T'es parano.
Écoutez, là , ce soir…
Il siffle.
-Tu me gardes, ce soir ?
-Tu pourrais frapper, non ? -Oui.
Il frappe. -Ben, voilĂ .
-Donc tu me gardes ? -ll paraît.
-C'est cool, non ? -Non, arrĂŞte, Darius !
Mes affaires ! Qu'est-ce que tu fais ?
T'es vraiment une crapule !
-Darius, Lison ! On s'en va. -Une punaise !
-Il y a un poulet aux olives à réchauffer.
Et en dessert, du cake au citron.
Ça ira ? -Oui, bien sûr.
-L'autre crapule, lĂ ,
te dira que le vendredi, il a la permission de 22 h.
C'est faux, archifaux, hein ? 2430 max.
-OK. -La tienne ou la mienne ?
-La tienne. On se garera plus facilement.
-Salut. -Bonne soirée. Ciao !
-T'es sage.
Musique douce
-On fait une partie ?
-Une partie de quoi ?
-De ça, d'échecs.
-Je sais pas jouer.
-Papa t'a pas appris ? -Non.
-T'as pas le droit de faire ça.
-Si, j'ai le droit. -Non.
-Non.
-Va te coucher.
-Il n'est pas 21 h 30. -Si, va te coucher. Allez, vas-y !
-C'est pas juste. -Vas-y.
Connexion de la clé USB
Rire léger
Une voiture approche.
-Mais quel ennui !
Juliette rit.
-C'était d'une lenteur… ♪ ai jamais vu ça.
-Je t'ai mis un coup de coude. T'étais en train de…
-Ben, merci. T'imagines j'aurais ronflé ?
-Le vieil acteur, incompréhensible. Je te jure !
♪ ai cru que l'entracte arriverait jamais.
-Ouais. On aurait mieux fait de s'abstenir.
Tu veux manger un truc ? -Je checke mes mails et me couche.
-Merde !
Musique intrigante
-Juliette ! -Quoi ?
-Tu peux venir, s'il te plaît ?
(-La clé !)
-C'est quoi, ça ?
Elle avale sa salive.
-Où t'as trouvé ça ?
-C'est qui, ce type ?
-C'est personne. -Quoi ?
-C'est personne d'important.
Je comprends pas comment t'es tombé sur ces photos idiotes.
Mais c'est fini, tout ça. C'est rien du tout.
-T'as couché avec lui souvent ?
Ben oui…
Je suis con.
Ça a duré combien de temps ?
-Pas longtemps.
Elle se racle la gorge.
2 ou 3 mois, pas plus.
-3 mois ?
3 mois ?
Et t'as fait des photos pornos ?
Je comprends pas, c'est…
Mais t'es… T'es devenue folle ?
-C'est pas des photos pornos, faut pas exagérer.
-C'est pas des photos pornos, ça ? Ça, là !
-J'ai fait une énorme connerie,
mais c'est pas important. C'est fini.
-C'est dégueulasse. -Alexandre…
-C'est dégueulasse.
C'est dégueulasse, putain ! T'es dégueulasse.
Dispute
Salope !
-Tu me parles pas comme ça ! -J'en ai rien à foutre !
Allez, vas-y. Je fais quoi ? Vas-y, dégage !
Casse-toi ! -Mais merde !
-Fous le camp ! Claquement de porte
Musique intrigante
Oh, putain !
Monte. On n'a pas fini de parler.
Juliette ! -Je veux pas te parler.
-Mais tu vas oĂą, lĂ ? Allez, monte.
Juliette !
ArrĂŞte, maintenant. Allez, monte.
-Je dois me calmer et toi aussi.
Laisse-moi. -Allez, on rentre.
-Oh !
-Fais le tour. Viens.
Juliette crie.
Éboulis
Putain…
Juliette ! Juliette !
Merde. Putain.
Putain…
Juliette !
Attends, je descends !
Respiration haletante
Musique sombre
*Tonalité
Pluie
*Tonalité
Respiration haletante
Juliette ! -Papa ?
C'est moi.
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
-Ah, Lison…
-Tu te sens pas bien ?
-Il y a eu un accident.
Un accident.
Elle marchait. Je voulais qu'elle monte dans la voiture.
♪ ai ouvert la portière.
Et.…
Il faisait noir.
♪ avais les phares…
Je sais pas. Je sais pas…
Elle est tombée dans le ravin. -Quoi ?
T'as appelé le SAMU ?
-J'ai essayé, mais…
Mais ça sert à rien.
Elle est morte.
♪ ai vu ses yeux.
♪ ai vu ses yeux, Lison.
Elle est morte.
Faut que j'aille Ă la gendarmerie.
Faut… Faut qu'on la ramène.
Faut que je parle Ă Darius.
Comment je fais pour lui dire ça ?
Attendons qu'il se lève.
Je lui annoncerai ça le plus doucement possible.
Puis après, j'irai à la gendarmerie.
Musique sombre
Bonjour, mon biquet.
-Tu as fait le petit-déjeuner ?
-Oui. Je t'ai préparé ton chocolat.
-Y a rien qui t'a réveillé ? La pluie ?
-Non.
Elle est oĂą, maman ?
-Elle n'est pas lĂ .
On s'est disputés, hier soir. Elle est sortie.
Je vais tout t'expliquer.
Sonnette -VoilĂ maman !
Papa ?
-Darius, va t'habiller, s'il te plaît.
Oui ?
-Bonjour.
Je pourrais parler à Juliette, s'il vous plaît ?
-Elle n'est pas lĂ .
-Vous avez des nouvelles ? Elle est rentrée ?
-Pardon, mais vous ĂŞtes qui ?
-Antoine Tisserand. Vous savez très bien qui je suis.
Écoutez…
C'est spécial…
Comme démarche, mais je m'inquiète pour Juliette.
Vous vous êtes engueulés.
-Et d'où vous sortez ça ?
-Elle m'a laissé un message.
-Un message ? -Oui. Je l'ai écouté vers 00 h 30.
Depuis, pas de nouvelles.
-Il disait quoi, ce message ?
-De venir la chercher Ă Vercland.
-D'aller la chercher ?
-Oui.
♪ ai essayé de la joindre 20 fois.
♪ ai fait le tour de Vercland, elle y était pas.
Avec la tempête, c'était dangereux. Je veux juste…
Je veux juste être sûr qu'elle va bien.
Vous avez eu de ses nouvelles ?
-Je peux écouter son message ?
*-C'est moi. C'est pas fini, ton match ?
Euh, bon, grosse galère. Alexandre est tombé sur nos photos.
Je te passe les détails, mais c'était violent.
Vraiment pénible.
Je suis sortie de la maison respirer un peu…
Je sais pas quoi faire.
Tu peux me récupérer à Vercland ?
Rappelle-moi vite.
-Vous avez eu des nouvelles ou pas ?
-Non.
-Il faut prévenir les secours.
-Je ferai ce que j'ai Ă faire. Foutez le camp.
-Qu'est-ce que tu vas faire ?
-T'as entendu le message.
Elle parle de notre dispute et dit que ça a été violent.
Les gendarmes peuvent tout imaginer : des coups…
Que je l'ai tuée. -Quoi ?
-Ils peuvent m'accuser de meurtre. -De meurtre ?
-Je dois voir les gendarmes avant ce type.
Leur dire ce qui s'est passé avant qu'ils écoutent le message.
-Bonjour, monsieur. -Bonjour.
-Par là , la route est fermée.
Faut faire demi-tour et passer par le col.
-Un accident ? -Non.
Le torrent est sorti de son lit. Ça a tout emporté.
Ici, c'est des éboulements, mais à Saint-Junien, c'est inondé.
Y a eu des morts. -Des morts ?
-Une voiture a été emportée par la crue.
Tout le département est en vigilance orange.
-OK, merci.
Musique sombre
*Tonalité
*-Bonjour. Vous êtes sur le répondeur de Juliette Boiron,
mais je peux pas vous répondre,
alors n'hésitez pas, laissez-moi un message
et je vous rappellerai, c'est promis juré.
*Bip
Musique intrigante
-Bonjour. -Bonjour.
Je peux parler à un responsable, s'il vous plaît ?
Claquement de porte C'est moi.
* Jeu vidéo
Darius…
Darius arrête le jeu vidéo.
Alexandre souffle.
Alors voilà , maman ne répond pas au téléphone.
Elle est sur répondeur. Elle n'a pas essayé de nous joindre.
Alors elle est partie fâchée,
et je pense qu'elle doit bouder quelque part,
mais vu les pluies qu'on a eues cette nuit,
j'ai préféré prévenir la gendarmerie.
-Mmh.…
-Si on n'a pas de nouvelles d'elle d'ici demain,
ils commenceront les recherches.
-Elle est peut-ĂŞtre chez papi et mamie ?
-Non. J'ai appelé, elle n'y est pas.
-Tiens, viens lĂ .
-Je peux lui téléphoner ?
C'est le répondeur.
Maman, on veut tous que tu rentres Ă la maison vite, vite, vite.
Tu te dépêches, hein ? Tu vas très vite.
Tu rentres Ă la maison. Phanteau lui aussi t'attend.
Et, euh… Ben, voilà .
Bisous. Je te fais plein, plein, plein de bisous.
Je le mets lĂ pour qu'on entende quand elle rappellera.
-Je comprends pas.
-Y a eu des inondations, cette nuit.
Le corps de Juliette a disparu, il a été emporté.
-Quoi ?
-J'avais plus besoin de parler de l'accident aux gendarmes.
C'est comme si elle était morte dans les inondations.
-C'est ce que tu vas dire à Darius ? -Lison…
On aurait pu m'arrêter. Ça aurait été mieux pour lui ?
Je fais de mon mieux.
Du mieux que je peux, tu comprends ?
Aspirateur
Musique intrigante
On frappe.
Quelqu'un entre.
Lison.
♪ emmène Darius chez un copain et je rejoins les gendarmes.
Ils commencent les recherches. -Je viens.
-Tu veux venir ?
D'accord.
Si les gendarmes t'interrogent, tu dis que tu dormais.
T'as rien vu, rien entendu. Tu t'es pas réveillée.
Je veux pas que tu sois impliquée.
-Papa…
-Quoi ?
-J'ai laissé la clé USB dans le salon.
-C'est toi ?
-Je suis désolée.
♪ ai voulu essayer ses chaussures et la clé est tombée par terre.
-T'as vu ce qu'il y avait dessus ?
Mais, je…
Sans moi, vous vous seriez pas disputés, papa.
Y aurait pas eu d'accident, y aurait…
Rien eu du tout.
C'est ma faute.
Tout est ma faute. -ArrĂŞte, arrĂŞte.
Sanglots T'inquiète pas.
Regarde-moi.
On est tous les deux.
On est ensemble et on va s'en sortir.
OK ? Oui ?
Habille-toi.
Voix au loin
-Allez !
Aboiements
-Bonjour, M. Boiron.
-Bonjour.
Lison, ma grande fille.
-Bonjour, mademoiselle. Capitaine Da Silva.
Avec les pluies qu'on a eues, c'est plus dur pour les chiens,
mais j'ai pas mal d'hommes. ♪ espère vite trouver une piste.
-Merci.
Tiens, viens.
Brouhaha et aboiements
-Mademoiselle !
Juliette Boiron est votre belle-mère, c'est ça ?
-Euh, oui.
-Vous vivez chez votre père ?
-Non. Enfin, si, mais c'est plutĂ´t les week-ends.
Enfin, pas toujours, car il est souvent en déplacement.
-Votre père a dit que votre belle-mère était sortie
suite Ă une dispute entre eux. Vous l'avez entendue ?
-Non. J'étais couchée, je dormais déjà .
-Ça ne vous a pas réveillée ? Ça a dû faire du bruit.
Les cris, les portes qui claquent…
C'est dur, de s'engueuler discrètement.
-Ça m'a un peu réveillée, mais j'entendais pas bien.
-Vous avez entendu votre belle-mère sortir ?
-Non. J'ai juste entendu la porte claquer.
-Vous avez vu ou entendu autre chose ?
-Euh, non… Enfin…
Après ça, personne d'autre n'est entré ou sorti.
-Vous vous ĂŞtes rendormie ?
-Euh non, non.
Parce qu'après, il y a eu la tempête
et la pluie faisait du bruit.
-On quadrille tout. Ne vous inquiétez pas.
-D'accord. -C'est sous contrĂ´le.
Mais il faut se dépêcher.
-Vous pensez qu'on va la retrouver ?
-On fait tout pour. -Capitaine !
-Oui ?
♪ arrive.
-Ça va ?
Elle t'a interrogée ?
-Oui. Elle trouvait bizarre que j'ai rien entendu,
alors j'ai dit que j'avais entendu un peu.
-Quoi ?
C'est pas ce qu'on s'était dit.
-Oui, mais j'ai pu dire que personne n'était sorti après Juliette.
-Tu ne fais plus jamais ça, Lison !
Tu n'improvises pas.
Ils tirent les vers du nez des gens.
-Tu me fais mal. -Pardon.
Tu ne parles plus Ă personne.
Mère, copines, petit ami… Personne n'est fiable.
Je vais chercher Darius. On se retrouve Ă la maison.
Allez, on va prendre le bain. Tu vas pas rater ton car ?
-Mon car ? -Ouais.
-Mais je reste pas ?
-Oh, si ! Papa, s'il te plaît… -Non.
Ta sœur doit aller au lycée.
Allez, hop ! Va !
On appellera maman avant de dormir.
-Et si elle, elle appelle ?
-Tiens.
Écoute…
Euh…
Les parents de Juliette vont bientôt débarquer.
♪ aurai les gendarmes sur le dos.
Je préfère que tu sois à l'écart de tout ça.
C'est pour te protéger.
-Hein ? -Oui.
*Télévision
-Ah, te voilĂ !
T'aurais pu rappeler, je m'inquiétais.
-Désolée. Qu'est-ce que tu fous là ?
-J'ai flippé que tu sois aussi emportée.
-C'est la femme de ton père qui a disparu ?
Ils ont fait un appel à témoins aux infos.
-Ils ont parlé de Juliette à la télé ?
-Ils ont dit qu'un couple a été noyé
et qu'une certaine Juliette Boiron avait disparu.
Je t'ai laissé 12000 messages. -Moi aussi.
-Tout le monde est au courant ?
-Ben, évidemment. -J'espère qu'on va la retrouver.
-Oui, oui. C'est pas possible autrement.
Musique intrigante
-Des pompiers partout.
-Et l'hélicoptère, c'était pour elle, en fait ?
-Ouais. -Putain, c'est chaud.
-Y a un type canon qui arrĂŞte pas de te mater.
-Quoi ? -Derrière toi, à ma gauche.
-Merci.
-Je peux te parler une minute ?
-J'ai cours.
-Pas longtemps. C'est important.
-Mais j'ai cours, je… -Allez, viens.
Assieds-toi.
♪ ai besoin que tu m'aides.
Je comprends si t'en veux à Juliette d'avoir trompé ton père,
mais pense pas du mal d'elle.
Ça fait 3 jours.
On la retrouvera plus vivante, d'après les gendarmes.
-Vous avez parlé aux gendarmes ?
Aide-moi Ă comprendre.
-Moi ? Mais… Mais moi, je sais rien.
Elle aurait été emportée
par les inondations.
-Quand elle m'a laissé le message, il ne pleuvait pas.
T'imagines toute l'eau qu'il à fallu pour que le torrent déborde ?
Elle serait restée comme ça, sous la pluie ?
-Je sais pas.
-Moi, je sais. Je pense qu'à ça depuis 3 jours.
Il s'est mis Ă pleuvoir
et comme elle était pas sûre que je viendrais,
elle a voulu prendre sa voiture et il s'est passé un truc.
-Mais non.
Elle n'est pas remontée.
-Moi, je pense que si.
Quand j'ai débarqué samedi, t'avais peur.
Parce que tu sais ce que ton père lui a fait.
-N'importe quoi !
Vous avez pas le droit de me harceler. J'y vais.
-Excuse-moi.
Je voulais pas te brusquer. Pardon.
On peut marcher ensemble ?
Je suis calmé, je te promets.
Vendredi, j'ai vu que Juliette m'appelait.
♪ étais avec des potes. On rigolait, on buvait des coups.
♪ ai pas répondu.
♪ ai pas répondu.
Tu fais de la montagne, un peu ?
-Juste du ski.
-Je fais de l'escalade depuis que je suis petit.
Et tu passes plus de temps Ă assurer l'autre qu'Ă grimper.
Faut être vigilant, évaluer le risque.
Vendredi soir, c'était pas normal. Elle m'appelle jamais à cette heure.
♪ étais pas vigilant.
♪ ai pas assuré.
-Vous pensez que c'est votre faute ?
-Il faut que je sache ce qui s'est passé.
-Elle n'est pas revenue.
Elle est partie et elle n'est plus revenue.
-OK.
OK, je te crois.
-Je dois aller en cours. -Attends.
C'est ma carte.
Je suis au magasin toute la journée.
Prends-la.
(-Lison, calme-toi. C'est pas le moment, lĂ .)
(Bon, écoute.)
(Rendez-vous dans 2 heures à la sortie de Gérard mer.)
(D'accord, d'accord.)
Il souffle.
-Des nouvelles ?
-Non, c'est ma fille qui s'inquiète pour Juliette.
-C'est gentil.
Elle aime pas qu'on fume ici. -Oh, c'est pas le moment.
Merci, Alexandre.
Qu'est-ce qu'on fait ?
-On peut participer aux recherches ?
-Euh…
-On va pas rester sans rien faire. -Ah non, je vais devenir folle.
-Vous pourriez récupérer Darius à l'école ?
Ça lui ferait du bien.
-Oui, faisons ça.
Vous venez avec nous ?
-Il faudrait que je fasse un saut au bureau.
-Bien sûr. Vous devez avoir plein de choses à faire.
Allez-y, et nous, on s'occupe de Darius.
-Merci.
Musique sombre
Bonjour, Françoise.
Bonjour, Mickaël.
-M. Boiron, je voulais vous dire…
On suit les recherches. On est avec vous.
-Merci, Françoise.
-Bonjour, Alexandre.
-Avec du judo en plus, comment tu feras avec le poney ?
-Le poney, c'est le samedi, pas le mercredi.
-Ah, d'accord.
T'as d'autres copains qui font du judo ?
-Oui.
-Ils l'ont retrouvée !
-Darius !
Darius, viens ici.
Reste un moment avec mamie, je…
Je vais parler avec la dame.
-Oui.
OK, j'arrive tout de suite.
Merci, capitaine.
-Vous avez besoin d'autre chose ?
-Ils ont retrouvé le corps de ma femme.
-Merci.
Vous voulez un café ?
-Non, merci. Non, non.
-On aura les résultats de l'autopsie dans 24 heures.
-Il y a une autopsie ?
Décès sur la voie publique. C'est obligatoire.
-Je comprends.
-Il t'a demandé de venir ? -Maman, il a besoin de moi.
-Tu vas rester combien de temps ? -Autant qu'il voudra.
-Bon, c'est bien pour ton petit frère.
Pauvre gamin, c'est affreux.
Quel âge elle avait ?
37 ? 38 ?
-Je sais pas.
-Elle était pas méchante, cette femme.
Elle était venue te voir à la clinique
pour ton appendicite. -Ça me dit rien.
-Ben, enfin…
Elle t'avait offert ce sac koala que t'adorait.
-Pas du tout, c'était papa. -Ben non, il est jamais venu.
Je la vois encore avec le paquet. -Elle l'avait apporté,
mais c'est papa qui l'avait choisi.
La mère soupire.
-Il est fort, ton père, hein ? Il est vraiment fort.
-Quoi, encore ?
-Putain…
Elle est morte, cette femme. À 37 ans et d'une mort atroce.
Tu peux pas avoir un mot gentil ?
Y en a que pour ton père. -Pourquoi tu t'énerves ?
-Ben…
Parce que…
Des fois, j'ai peur que tu deviennes comme lui.
Je voudrais que tu aies un peu de peine pour elle.
-La cuvée Vieille Vigne
va être un peu plus fine, un peu plus fruitée.
-Oui, j'adore. -Excusez-moi.
Olivier !
Merci d'ĂŞtre venue.
♪ avais peur de passer pour un dingue.
-On a retrouvé le corps de Juliette.
-Morte ?
-Je le savais, hein, mais…
Elle était où ?
-Sous une coulée de boue, emportée par la crue du torrent.
-Oh, putain…
-J'ai pensé que personne n'allait vous le dire.
Comme vous aviez l'air d'avoir de la peine pour elle…
-Merci.
Juliette avait raison, t'es une fille bien.
-Non, des rouges, y en a plus.
T'en veux pas un jaune ?
Alors je regarde encore.
-VoilĂ .
Les cousins Fazzoli, c'est fait.
T'en vois d'autres ? -Non.
-T'es sûr ?
Je suis sûre qu'on oublie quelqu'un.
-On s'en fout, Brigitte.
On s'en fout.
On frappe.
-C'est pour quoi ?
-Je suis Lison. -Lison ?
-C'est ma sœur.
-Lison ?
Merci.
Merci d'ĂŞtre venue.
-Papa n'est pas lĂ ?
-Il s'occupe des formalités,
mais il n'a pas dit que vous passeriez.
-Je suis désolée pour votre fille.
-Merci.
-Je vais ranger mes affaires.
-Elle va oĂą, lĂ ?
-C'est ta chambre, qu'on a pris ? -Je peux dormir au premier.
-Ah, c'est gentil, très gentil.
T'es grande, dis donc.
Je t'imaginais pas si grande. T'as quel âge, déjà ?
-18 ans.
-18 ans ?
C'est magnifique, 18 ans.
Je vais porter ton sac.
-Ah non, c'est pas la peine. -Si, si.
-J'ai tout imprimé pour que vous puissiez les garder.
Ça, c'est de notre voisin,
qui est conseiller municipal.
Ça m'a touchée, ce qu'il dit sur Juliette.
Vous savez, Alexandre,
ce qui me console, c'est de savoir que Juliette aura eu une belle vie.
Ça, c'est grâce à vous.
-Merci, Brigitte.
-Vous lui avez donné tout ce qu'une femme peut désirer.
Vous l'avez gâtée, ma Juliette.
Si seulement elle n'était pas sortie…
-Je vous ai dit…
On s'est disputés.
-Tous les couples se disputent.
Ne vous faites pas de mal avec ça.
Pensez Ă ce que vous avez construit ensemble.
Moi, c'est ça qui me fait tenir. Elle a eu une belle vie.
-Juliette m'a rendu très heureux.
Je crois qu'elle l'était aussi.
On a eu une très belle vie, c'est vrai.
Brigitte pleure.
On frappe.
Ça va pas ?
Pourquoi t'es sortie sans dire bonsoir Ă personne ?
-J'y arrive pas.
-Comment ça ?
-Ces gens, les parents de Juliette…
Ils sont trop malheureux.
C'est affreux. -Oui, c'est dur.
Très dur.
-Et nous, on est lĂ , Ă leur mentir.
Je peux pas. Je n'y arrive pas. -Écoute, Lison,
c'est très dur pour moi aussi.
Mais je suis obligé, j'ai pas le choix.
Faut que tu tiennes jusqu'Ă l'enterrement.
Après, tu les reverras plus.
-Mais même après, je devrai continuer à mentir.
C'est pour toujours. Avec tout le monde.
-Non, pas avec moi.
On se dira toujours la vérité. On est ensemble.
-On est ensemble ? -On le sera toujours.
-Me fais pas le coup de la belle vie.
-Quoi ? Mais pourquoi tu dis ça ?
-J'arrive pas à savoir quand tu dis la vérité.
C'était vraiment un accident ?
-Mais c'est quoi, cette question ?
Tu crois que je l'ai tuée ?
Musique sombre
Sonnette
-Bonjour, monsieur.
-Bonjour, capitaine.
-Bonjour, capitaine. -Bonjour, M. Boiron.
Bon. On a les résultats de l'autopsie.
Il n'y avait pas d'eau dans ses poumons
et les écorchures qu'elle avait n'ont pas saigné.
-Je comprends pas.
-Elle était morte depuis environ 2 heures
quand son corps a été emporté.
-C'est pas possible.
-Eh si.
Elle a fait une chute mortelle. Rien Ă voir avec les inondations.
On va reprendre l'enquête avec ces nouveaux éléments.
♪ ai lĂ
une commission rogatoire pour procéder à une perquisition.
-Une perquisition ?
-C'est la routine.
Une porte s'ouvre.
Pardon.
Alors,
deux en haut, mezzanine et étage, et un en bas.
-Oui, capitaine. -Pardon.
-Mais qu'est-ce qui se passe ?
-C'est un beau modèle. Vous l'avez depuis longtemps ?
-Un an. -Elle est nickel.
Ah, non.
Comment vous avez fait ça ?
-Oh, ben…
Aucune idée.
-Ca n'a pas l'air vieux, pourtant.
Vous ĂŞtes le seul utilisateur ?
-Le principal, mais pas le seul.
-Votre femme avait sa voiture. -Oui.
Elle aimait prendre la mienne de temps en temps.
-Je la comprends.
C'était quand, la dernière fois qu'elle l'a prise ?
-Ah, je sais pas.
Discussion au loin
-Pourquoi ils embêtent la famille comme ça ?
Ils cherchaient quoi, dans la maison ?
-Ils cherchaient maman ?
-Non, mon biquet. Non. Je t'ai déjà expliqué.
-La capitaine ne sait pas ce qui s'est passé.
Ça n'a rien à voir avec l'inondation, donc ils enquêtent.
Laissons-les faire leur boulot.
Hein, Alexandre ?
Vous ĂŞtes d'accord ?
-Oui, bien sûr.
-J'y vais.
-Attends, je te dépose.
*Musique classique
-Pourquoi tu…”?
-Je suis foutu. -Quoi ?
-J'ai cabossé la voiture pendant l'accident.
-Ça, ils peuvent pas le savoir.
Elle sortait de la révision.
Ils vont trouver les factures du garage.
Je suis coincé.
Va falloir vendre la maison…
l'entreprise, tout.
Je risque 25 ans de prison.
-Quoi ?
-C'est pour Darius…
Ça va être terrible.
Il est tellement petit.
Tu seras lĂ pour lui, hein ?
Tu t'en occuperas ?
-Mais tu peux pas passer 25 ans en prison.
Tu vas leur expliquer ce qui s'est passé.
-Ma fille doute de moi. Les gendarmes vont me croire ?
-C'est vous
qui avez accidenté la voiture ? -Oui.
Et après, je suis vite rentrée.
♪ ai garé la bagnole en espérant que mon père remarque rien.
-Pourquoi vous aviez pris la voiture ?
-Ils étaient sortis, c'était l'occasion.
-Ton père t'a dit de venir ici ? -Non.
Je vous ai vus regarder la voiture, je me suis dit
que c'était peut-être important.
-Le cas échéant, tu serais prête à signer une déposition ?
-Oui, pas de problème.
Respiration haletante
Sonnette
Bonjour. -Bonjour.
Ça va ?
-Pas trop.
-Tu veux boire quelque chose ?
-Je veux bien.
Vous étiez amoureux ?
-Euh…
Non, je dirais pas ça.
-Et elle ? -HoulĂ , non.
Elle serait jamais tombée amoureuse d'un type comme moi.
Mais bon, je la faisais bien marrer.
-C'était seulement sexuel, alors ?
Antoine rit.
-On parlait un peu, quand mĂŞme.
-Mon père, vous croyez qu'elle l'aimait ?
-Elle avait été amoureuse de lui, mais elle était déçue.
-Par quoi ?
-On parlait pas trop de ça.
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tout le monde est tellement malheureux.
Sauf lui.
Il veut pas avoir d'ennuis, c'est tout.
-Qui ça ?
Ton père ?
Il pourrait avoir des ennuis ?
-Il en aura pas.
-Si tu sais quelque chose, il faut que tu le dises.
À moi, aux gendarmes, à n'importe qui…
-Je sors de la gendarmerie.
-Et tu leur as dit quoi ?
-Que j'ai eu mon permis vendredi, mais que je sais conduire un 4x4.
-Hein ?
-Non, c'est des conneries.
Merci pour le verre.
L'enterrement, c'est jeudi, au cimetière du Valtin.
Vous viendrez ?
-Je sais pas.
-Vous devriez venir.
Au revoir.
Musique douce
Vous ĂŞtes perdu ?
-Oui.
Je me suis un peu perdu.
-La maison est par lĂ .
-Oui. Ça, je sais.
♪ ai voulu…
♪ ai voulu refaire le chemin qu'elle a dû faire l'autre soir.
Je pensais que ça allait peut-être…
Que quelque chose allait me parler.
C'est idiot, bien sûr.
Tintement métallique
C'est sa chaîne de baptême.
-C'est joli.
-C'est moi qui avais choisi.
-C'est très joli.
Pardon, je suis désolée…
-Chut, t'inquiète pas, ma petite.
-Excusez-moi.
-Ça me fait du bien, de te consoler.
Je peux ? -Oui, bien sûr.
-Je voyais des lys ou des œillets. Qu'est-ce que vous en pensez ?
-Moi, je préférerais des roses blanches.
-Ah oui. Oui, des roses blanches.
Oh oui, c'est beau.
Eh oui.
Comme ça, oui.
-Je ne le trouve pas. Je vais voir dans la chambre.
-Qu'est-ce que tu fais ? -J'attends.
-Oh non, Darius…
Elle peut plus appeler. -On sait pas.
-Si, on le sait. -Non.
-Papa le cherche partout.
-Je peux mettre mon sweat robot ?
-Ben oui, bien sûr.
-Mais mamie a dit que maman voudrait que je sois bien habillé.
-On s'en fout, c'est comme tu veux.
Personne ne te dira rien. Je te promets.
-"Toutes les roses sont blanches.
"Aussi blanches que ma peine.
“Il n'y a que des roses blanches,
"car il a neigé sur elle.
"Et l'arc-en-ciel s'est éteint.
"Il neige aussi sur nos âmes.
"La neige des roses glisse.
"Celle de l'âme demeure.
"Fondra-t-elle, cette neige,
"quand la mort viendra nous prendre ?
"Connaîtrons-nous d'autres neiges,
"d'autres roses plus parfaites ?"
Viens.
-Merci. -Je vous invite à venir déposer
votre rose et Ă vous recueillir.
-Merci.
Merci.
-C'est qui, ce garçon ? Je comprends pas.
-C'est personne.
-Personne ?
-C'est un ami de Juliette.
-Pourquoi il…”?
-Vous savez…
Je vous ai pas parlé de ce type
pour ne pas abîmer l'image de votre fille.
-Vous pouvez pas abîmer l'image de Juliette.
-Non, pardon. Bien sûr.
C'est Ă cause de son aventure avec lui
qu'on s'est engueulés vendredi.
Mais j'aimais Juliette et elle m'aimait.
Elle ne voulait pas partir avec lui.
Elle me l'a dit clairement.
-Je vous crois.
Mais, finalement, elle était pas si heureuse que ça.
-Si, elle l'était.
-On n'a pas une liaison quand ça va bien.
Qu'elle vous ait trompé, je m'en fous, mais…
Pour moi, ça veut dire qu'elle était pas si heureuse.
-On aurait surmonté ça.
-Des nouvelles de l'enquĂŞte ?
-Les gendarmes ont plusieurs hypothèses,
mais ils sont sûrs de rien.
-Quelles hypothèses ?
-Ben, elle aurait pu glisser ou…
Ou ĂŞtre surprise par une bĂŞte ou un chauffard.
-Un chauffard ?
C'est pour ça que la capitaine vous a interrogé sur votre voiture ?
-Pardon ?
-Je l'ai entendue demander comment vous l'aviez cabossée.
-Ah…. Non.
Non, c'est… Pas vraiment, c'est…
C'est Lison.
Elle a conduit sans mon autorisation le soir du théâtre.
Elle vient d'avoir son permis. Elle fait un peu n'importe quoi.
-Ah, c'est Lison ?
Ce jeune homme, c'est un ami de Lison ?
-Non, pourquoi ?
Patrick, ce type, c'est rien.
C'est une passade.
On avait un mariage solide, un bon mariage.
-Oui, je vous crois.
Je peux ?
Tous ces gens veulent me dire des choses gentilles sur Juliette.
Mais ils la connaissaient Ă peine.
-Moi non plus, je la connaissais pas très bien.
Ici, je voulais être avec mon père. Je m'occupais pas d'elle.
C'est nul. -Mais non, ma grande.
Les filles réclament l'attention de leur papa, c'est normal.
Il soupire.
♪ ai jamais été aussi fatigué de ma vie.
-Vous vous sentez pas bien ? -Si, si. Ça va aller.
Ce garçon avec les roses rouges, tu sais qui c'est ?
-Oui.
-Comment je pourrais le contacter ?
Merci, ma grande.
Téléphone
-Pardon. Excusez-moi.
AIS ? Oui. Bonjour, capitaine.
Oui.
Très bien.
Allez, viens. Viens ici.
Je sais que je suis un père nul.
Mais t'es ma grande fille que j'aime.
On est tous les deux.
-On est tous les deux.
-Je suis convoqué à la gendarmerie.
-Aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?
-Je sais pas.
Musique intrigante
-La caméra de surveillance a enregistré ça à 5 h 45 du matin.
Vous faisiez quoi, dehors, Ă cette heure-lĂ ?
-Un jogging.
-En pleine nuit, sous la pluie, sur un parking de grande surface ?
-Ça n'est pas interdit.
-Ah non. Non, non, non, monsieur Boiron.
Il va falloir être plus coopératif que ça.
-J'avais pas dormi de la nuit.
♪ avais besoin de respirer, de me distraire.
Je suis sorti courir.
-Vous courez
un sac-poubelle Ă la main, vous ?
-Il faut un bon avocat pénaliste.
-Maître Wackseller. -Oui, je pense à lui aussi.
-Il est bien ?
-Il a très bien défendu Philippe et Véro.
-Ah, quand même ! T'étais où ? -Qu'est-ce qui se passe ?
-Alexandre est en garde Ă vue.
C'est n'importe quoi. Le jour de l'enterrement !
Ils n'ont aucune décence.
On devrait créer un comité de soutien.
C'est une bonne idée, non ?
-Il est oĂą, Darius ? -Dans sa chambre, avec Lison.
Tu fais quoi, lĂ ?
-Je vais me coucher.
-Donc après avoir déclaré la disparition de votre femme,
vous jetez quelque chose, en pleine nuit,
dans une poubelle loin de chez vous.
Et la seule poubelle qui est vidée tous les jours.
-C'était tôt le matin. -Ÿ avait quoi dans le sac-poubelle ?
-Des photos de ma femme et son amant.
Et les sous-vĂŞtements qu'elle portait sur ces photos.
-Vous avez pas de poubelle chez vous ?
-Je voulais pas que mon petit garçon tombe là -dessus.
On entre.
-Les sandwiches sont arrivés. -Oui ?
-Bon. Ben.…
On va faire une pause.
Le plancher grince.
-Qu'est-ce que tu fais dans le noir ?
-Je sais pas.
-T'as fait un cauchemar ? -Elle est oĂą, maman ?
Je veux ma maman.
-Darius…
Elle peut pas venir. On était à son enterrement ce matin.
-Non ! Il est oĂą, papa ?
Papa !
Il est oĂą, papa ?
-Papa dort pas ici. Moi, je suis là . T'inquiète pas.
-Non, pas toi ! Pas toi ! Va-t'en ! Va-t'en !
Maman ! -Darius !
-Va chercher maman ! Maman !
-Darius ? -Je t'ai expliqué.
-Va-t'en ! Pas toi ! Je veux maman !
-Darius ! -Pas toi !
-ArrĂŞte ! -Pas toi !
-Darius, viens.
-Maman !
-Viens avec moi. -Calme-toi.
-Je veux maman. -Viens, Darius. Viens voir.
-Calme-toi, mon chéri. -Allez, viens.
Darius pleure.
Brigitte va rester jusqu'Ă ce qu'il se rendorme.
Tu t'en sors bien, avec lui. Très bien.
Il a de la chance, d'avoir une sœur comme toi.
♪ ai vu Antoine, tout à l'heure.
-Oui.
-Écoute-moi.
Je pense que t'as menti Ă la police.
Je te blâme pas. C'est ton père.
Mais ce mensonge, ça va faire du mal à tout le monde.
À toi aussi, ça va faire du mal.
Ça va te pourrir la vie, Lison. À toi, à Darius…
Ce mensonge, c'est du poison.
Ton père n'aurait pas dû.
Il n'aurait pas dû te laisser faire ça.
-Mon père n'est pas un meurtrier.
-Alors dis-le à la police. Dis-leur la vérité.
S'il te plaît, Lison.
Juliette ne mérite pas ça.
On doit savoir la vérité sur sa mort.
-Je peux pas.
-S'il te plaît. Je t'en supplie.
-Je peux pas trahir mon père.
-Non. Évidemment, tu peux pas.
-Vous allez me détester, maintenant ?
-Non. Bien sûr que non.
Elle frappe.
-Lison, Darius tient absolument à aller à l'école.
| vaut mieux faire comme il veut.
Je l'emmène et je fais des courses. Le supermarché est à Vercland ?
-Oui. -Ă€ tout Ă l'heure.
Y a du café. -Merci.
*Radio
Gémissement
Respiration haletante
-Lison !
-Ça va ? -Lison !
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-C'est le cœur. Emmène-moi à l'hôpital, maintenant.
-Mais… J'appelle le SAMU ? -Non. Tu m'emmènes, toi.
Dépêche-toi. -Oui.
Déverrouillage de la voiture
Putain.
-Démarre. -Je peux pas.
C'est une automatique. -Quoi ?
-Faut appeler le SAMU.
-T'as jamais conduit cette voiture ? -Non !
-T'as jamais conduit cette voiture.
T'es pas capable de le faire.
Alors, c'est pas toi qui l'as emboutie vendredi soir.
Il soupire.
On va y aller, ma grande.
Je serai avec toi, je leur expliquerai.
La vérité, c'est mieux pour tout le monde, tu verras.
-La vérité ?
♪ ai cru que vous alliez mourir.
♪ ai eu peur pour vous.
Et vous, vous m'avez menti.
Vous m'avez piégée.
Tout le monde me ment.
Tout le monde se sert de moi. Mais vous…
Vous, je vous faisais confiance.
-C'est pour Juliette. ♪ avais pas le choix.
-Papa dit ça aussi.
Il dit depuis le début qu'il n'a pas le choix.
Mais tout le monde fait des saloperies.
Putain ! C'est pas vrai, quoi…
Et Darius, il va devenir quoi, sans papa ?
-On s'occupera bien de lui, t'inquiète pas.
-Et moi ?
Musique sombre
-On va procéder à une confrontation, M. Boiron.
Asseyez-vous.
-Lison ? -Je suis désolée.
-Qu'est-ce que t'as fait ?
-Parlons de cette virée
que votre fille aurait faite avec votre voiture…
Alors qu'elle ne peut pas conduire une automatique.
-Ben.… C'est pour ça qu'elle l'a cabossée.
Elle n'a pas l'habitude.
-Elle ne sait pas la démarrer.
-Oh, qu'est-ce que ça veut dire ?
-Comment avez-vous accidenté votre voiture vendredi soir ?
-Lison venait d'avoir son permis.
Je lui ai dit qu'elle conduirait samedi.
Elle n'a pas voulu attendre.
-Vous avez demandé à votre fille de mentir pour vous couvrir ?
-Non.
Non, en fait… Elle est…
Elle voulait protéger son petit frère.
Elle avait peur qu'il soit seul…
-Non, papa.
Je l'ai fait pour toi.
-C'est moi qui lui ai dit de mentir.
-Vous avez tué votre épouse ? -Non.
C'était un accident.
♪ aurais jamais dû te mêler à ça.
Tu crois que tu pourras me pardonner ?
-Oui.
Pas
-Et maintenant ? -Il va être déféré au Parquet.
Il sera sûrement mis en examen pour homicide.
Volontaire ou involontaire, ce sera le juge qui tranchera.
-"Homicide" ?
Mon Dieu…
-Au revoir, monsieur. -Au revoir.
Brigitte pleure.
Bris de verre
Brigitte pleure.
-Écoute, chéri.
Papa risque d'ĂŞtre parti pour un moment, alors avec papi,
on a décidé que tu rentrerais avec nous à Montpellier.
-Je peux pas. Y a école.
-T'inquiète pas pour ça.
T'aimes bien, chez nous. Le jardin, la piscine…
Puis on pourrait refaire ta chambre et emporter tes affaires préférées.
-Je préfère attendre papa ici.
-Oui, mais… C'est pas possible, ça, mon chéri.
Nous, on peut pas rester ici éternellement.
-Et Lison ?
-Quoi, Lison ?
-Elle viendra avec nous ?
-Euh, non. Pourquoi ?
Ça te fera du bien, de partir un peu d'ici.
Ça te changera les idées.
Un peu comme des vacances, quoi.
Elle soupire.
-Bravo. Bravo, Darius.
-Mon trésor.
Ça va aller, hein ?
Ça va aller.
-Maintenant, on va rester que tous les deux ?
-Ta grand-mère viendra le week-end prochain.
Tu sais ce qui serait bien, ici ? -Non.
-Un chien.
Mais un gros, hein.
Un qui bave et qui met des poils partout.
-Oui ! Patrick rit.
-Oui ?
Téléphone
-Lison ! Tu peux répondre ?
Lison !
C'est pas vrai…
AllĂ´, oui ?
Ah…
Oui, oui, oui.
Je sais qui vous ĂŞtes.
Et.…. Comment ça va, le petit ?
D'accord.
Bon. Oh, ben, moyen.
Non, elle sort pas de son lit.
Ouais, je sais.
-Tu viens ? On fait des crĂŞpes.
-Viens, toi.
C'est quoi, ça ?
-C'est Lucius. -C'est quoi ? Lucius !
Oh la la !
Aboiement Oh la la, trop cool !
-Non ! -Vas-y, passe.
Vas-y, passe. Passe !
Darius et Lison jouent.
-Ouais ! -Eh non ! Je sais rattraper.
-Oh, non… -OK, vas-y. Tiens.
Et c'est une remontée pour Darius…
Toujours plus vite, plus fort.
Vas-y ! -Bon.
Rentrez. Il neige trop. Venez.
-Lucius, tu viens ?
-C'est l'heure des croquettes. Tu lui donnes Ă manger ?
-Merci.
-Lucius !
-Je peux te parler ? -C'est bien.
-C'est quoi ?
-Les clés de la maison.
♪ aimerais que tu viennes habiter avec nous.
-Quoi ?
-Tu sais, je fais pour le mieux, avec Darius,
mais pour lui, c'est difficile d'ĂŞtre tout seul avec moi.
Il a besoin de vie, de jeunesse…
C'est toi, maintenant.
C'est autour de toi qu'on va reconstruire sa famille.
Je sais que c'est beaucoup, surtout après ce que je t'ai fait.
Mais je crois que t'as les épaules pour ça.
Et le cœur aussi.
-Lucius veut encore des croquettes, je lui donne ?
-Non, non. J'arrive.
Prends le temps de réfléchir.
♪ ai libéré ta chambre.
Et y a des crêpes pour le goûter, si tu veux.
-C'est au citron, comme t'aimes bien.
-Merci.
-Tu vas venir habiter avec nous ?
-Tu voudrais ?
Tu me jures que Lucius ne dormira pas sur mon lit ?
-Non, je le jure.
Aboiement
Ils rient.
ArrĂŞte de me chatouiller.
-Mais tu l'as fait exprès !
-Comment ça va, toi ? -Ça va.
-Et Darius ?
-Ça va.
Il t'embrasse très fort.
-Et à la maison, ça va ?
Ton avocate m'a appelée. Elle a dit qu'elle était optimiste.
-Oui.
Elle pense que ce sera requalifié en homicide involontaire.
Ils ont vu que j'avais essayé d'appeler les secours.
Ça a aidé.
-Donc tu serais libéré ?
-Y aura un procès. Je devrais écoper d'un sursis.
-Alors… Tu vas sortir ?
-Je sais pas ce que t'en penses, ou si ça ira avec Darius,
mais il faudra vendre la maison.
Pour prendre un nouveau départ, il faut le faire ailleurs.
-Oui. C'est mieux.
-On pourrait aller en ville, prendre un appartement.
-! faut un jardin pour Lucius.
-Pour le chien ?
Il faut un jardin.
Je peux regarder les annonces, si tu veux.
-Oui. Pourquoi pas ?
Merci.
-De rien.
-Tu t'en sors ?
-Ça va. Ils ont encore rien cassé.
Déjà ? Mais ton train est à la demie.
Il fait froid. Je te dépose. -Non, merci.
Je préfère y aller seul.
T'attends que je sois parti, d'accord ?
-OK.
-Au revoir, ma grande.
Lucius couine.
Musique douce
Bris de verre -Oh, merde !
-Mais qu'est-ce que…”?
-Oui, désolé.
-Si vous faites pas attention, ça n'ira pas.
-Pour le moment, il pleut un peu.
-Oui. Sinon, on fera du canoë. Tu préfères ?
-Ben, le canoë, faut pas avoir froid si on tombe.
-On va s'asseoir lĂ . -Dans le lac, il fait froid.
Il fait pas assez froid pour faire du patin,
mais trop froid pour faire du canoë.
-J'ai pris des chouquettes.
-Oh, c'est gentil. Merci.
-Mets bien ton bonnet, ma puce.
Musique intrigante
Sous-titrage : ECLAIR
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