Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Comme s'ils pouvaient se le permettre. Ils n'ont pas d'argent.
Il faudra surveiller nos dépenses ces prochaines semaines.
À quand remonte notre dernière fête?
Ça fait si longtemps que j'ai oublié.
Tu oublies tout de toute façon.
Tiens.
Il fait chaud!
- Combien nous en faut-il encore? - Beaucoup, Augusta.
Ces fleurs sont si jolies!
Cesse ces gamineries et tais-toi.
Dis-moi que tu vas nettoyer l'écurie avant ce soir.
- Un invité pourrait entrer. - Qui?
Peu importe.
Ah, oui. J'ai laissé Ariel en liberté.
Brosse-le bien. Il doit avoir des bardanes plein la queue.
Vous savez que je n'ai pas été payé depuis le début du mois dernier?
C'est déjà arrivé qu'on ne te paie pas?
Non, mais je n'ai jamais attendu autant.
Alors, cesse de t'inquiéter et fais ton travail, d'accord?
Elle est magnifique!
Absolument magnifique!
Le jaune est trop clair pour toi.
Tu vas ressembler à un gros pot de beurre.
Willy, ne me taquine pas!
Je suis si heureuse!
Je ne te taquine pas.
Tu aurais dû porter du vert.
Du vert sombre. Ou du bleu sombre.
Tout sauf du jaune.
Les couleurs sombres me dépriment.
Magnolia, ne me crie pas dans les oreilles!
Seigneur!
Daisy May,
qu'est-ce que tu fabriques?
Combien de fois devrai-je te répéter
de ne pas jouer avec les bestioles!
Il nous a fallu une semaine
pour trouver la tortue que tu avais cachée dans ta chambre.
Tu sais ce qui t'attend si papa te surprend.
Alors, viens.
Je te préviens, si tu ne me suis pas, ce sera la baguette!
Je suis sérieuse!
Très bien.
Va prendre ton bain.
Compris?
À la maison!
Dans la baignoire! Et que ça saute!
Lily!
Où es-tu?
Tu devais me coiffer!
Violet!
Je n'ai que deux mains!
Alors, fais ton choix!
Ta coiffure ou la table correctement dressée?
Décide-toi!
Ne te fâche pas.
Il nous reste beaucoup de temps.
Écoute. Tu m'aides avec mes cheveux
et je t'aiderai à mettre la table.
Marché conclu?
Marché conclu!
Dis à Daisy May de laisser de l'eau chaude!
Promis, ne t'en fais pas.
Je suis terriblement confus.
Nous aurions dû deviner que les villageois ne viendraient pas.
Vous, les gens du Sud, ne pardonnez pas facilement.
Leur rancœur se dissipera avec le temps.
Personne n'a daigné envoyer une lettre d'excuses.
Comment osent-ils nous ignorer de la sorte?
Notre arrière-grand-père a bâti ce village!
C'est notre faute, à moi et mes hommes.
Ils vous en veulent de nous avoir accueillis.
C'était la guerre. Vous n'aviez nulle part où dormir!
Nous n'avions pas le choix. Est-ce si dur à comprendre?
Tout a été difficile pour nous dès notre arrivée.
Ils auraient préféré incendier leurs maisons
plutôt que de nous recevoir.
Mais pas nous. Nous devions penser à notre survie.
Nous sommes sept à vivre seules ici.
Père a tout perdu dès le commencement de la guerre.
Que devions-nous faire? Vous combattre?
Espérons que vous ayez pris la bonne décision. Le temps nous le dira.
Le temps nous manque.
Il nous faut de l'argent. Rapidement.
Capitaine Harker, il ne nous reste que la propriété.
La guerre nous a pris tout ce que nous avions.
Père était convaincu que nous la gagnerions.
Il a tout mis au service de la guerre et nous n'avons plus rien.
Je suis profondément désolé. Je suis en partie responsable.
Je vous ai toutes prises en affection.
Nous vous remercions, capitaine.
Vous êtes un gentleman...
...pour un Yankee!
Violet et moi sommes désolées pour cette dernière insulte à votre égard.
Pensez à nous une fois rentré dans le Nord.
Écrivez-nous à l'occasion. Nous serions ravies.
Merci, madame. Je n'y manquerai pas.
Nous devons y aller. Inutile pour nous de rester.
Mangez d'abord quelque chose.
Il ne faudrait pas gaspiller toute cette nourriture.
C'est très gentil de votre part.
Mais nous prenons la route pour le Nord à l'aube.
Vous devez manquer à votre femme.
Et à mon fils. Je ne l'ai encore jamais vu.
Nous l'ignorions. Félicitations! Comment s'appelle-t-il?
Comme moi. Jonathan.
- Ma femme a insisté. - Pourquoi pas?
C'est un très joli prénom!
Au revoir, capitaine.
Que Dieu vous bénisse.
Merci, Mlle Iris Anne. Prenez bien soin de vos sœurs.
Ne vous en faites pas.
Personne ne nous atteindra
tant que le souffle du Sud vivra en moi.
Si jamais vous avez des soucis auxquels je peux remédier,
écrivez-moi. Vous avez mon adresse.
Merci infiniment, capitaine.
Capitaine Jonathan Harker.
Vous aurez toujours une place dans le cœur des Lafleur.
Nous n'oublierons jamais votre gentillesse.
Qui aurait cru, le jour où vous êtes apparu à notre porte
pour réquisitionner notre maison pour vos hommes
et la haine profonde que nous avons ressentie pour vous tous,
qu'en à peine huit mois nous deviendrions de si bons amis.
Au revoir, cher ami.
Et puissions-nous le demeurer pour toujours.
Je déteste les adieux.
Vous êtes vraiment toutes attachantes.
Bon.
Au revoir.
Roseanne, Magnolia!
Lily, Camille!
Ces salauds.
Oser nous ignorer de la sorte.
Ils vont payer.
Dieu m'en soit témoin, ils paieront pour cet affront.
Ne t'énerve pas, ma chérie.
Peut-être n'ont-ils pas reçu nos invitations?
Ne sois pas bête.
Bien sûr qu'ils les ont reçues!
Ce sont maintenant nos égaux. Ils se vengent.
Nous sommes tous devenus égaux.
Le Sud ne sera plus le même.
Une guerre ne peut pas tout chambouler à ce point.
Regarde autour de toi. Tu verras bien.
Je ne le permettrai pas.
Ces salauds ne seront jamais nos égaux.
Et comment comptes-tu t'y prendre?
Rien ne sera plus jamais comme avant la guerre.
Haddy me manque, le vieux Rufus aussi,
- et Nelly, et... - Tais-toi, Magnolia!
Ils me manquent!
La loyauté n'existe plus.
Le monde est sans pitié, comme disait maman.
Chacun pour soi.
Tant mieux s'ils ne sont pas venus.
Il aurait fallu les payer, mais avec quel argent?
Tu as raison.
On a juste ce qu'il faut pour payer Radigan et Peter.
Au fait,
Radigan veut sa paye, nous sommes encore un peu en retard.
Pas maintenant!
J'en ai assez vu pour aujourd'hui!
Je n'en peux plus!
Écoutez-moi bien!
Je veux que vous soyez toutes vaillantes!
L'avenir ne sera pas facile,
alors nous devons toutes compter l'une sur l'autre!
Ce sera très difficile!
J'ai faim, Iris Anne. On peut se servir?
Toi et ta grande bouche! Que pour bavarder et te gaver!
Tu ne penses qu'à manger!
Tais-toi, Lily!
Les filles, il nous faut nous ressaisir!
Nous n'avons personne d'autre!
Allez, à table!
Mais soyez raisonnables!
Gardons-en pour demain!
Dieu m'en soit témoin,
ils vont le payer!
Quelqu'un veut une autre citronnade?
Avec un peu de gin, peut-être!
Il n'est même pas cinq heures!
Peu importe. Je ne suis pas une dame.
Mais tu es la meilleure. Pour de vrai!
J'aurais tant aimé voir leur déconfiture!
Imaginez! Personne ne s'est présenté!
Tant mieux pour elles, qui se croient meilleures que tout le monde!
Les choses ont bien changé et elles sont en train de le découvrir.
Toutes les frangines vont foutre le camp!
Charity Lee Grace, ne sois pas grossière.
Allons!
Les Lafleur se voient au-dessus des autres.
Pourtant, elles font leurs besoins comme chacun!
Comme vous êtes odieuses!
Elles font de leur mieux.
Ce n'est pas assez.
C'est bien la première fois que tu les défends.
Je ne prends pas leur défense, mais
les Lafleur ont une valeur historique.
Qu'elles n'aient plus d'argent ne leur vaut pas des méchancetés.
Vous avez entendu ça?
- Hier encore, tu disais... - Je disais quoi, Lee Grace?
- Je disais quoi? - Oh, rien.
Et cette pauvre Daisy May qui ne peut ni parler ni entendre...
Tous ces prénoms de fleurs!
Elles auraient mérité des noms de mauvaises herbes!
Comme chiendent ou liseron!
Lee Grace, tu es impayable!
Elles ne s'intéressent qu'à elles-mêmes.
Et n'ont que faire de l'avis des autres.
J'aurais bien aimé voir leurs têtes
quand personne n'est venu à leur fête!
Esther Lou, tu as vu les portraits de leur mère et de leur arrière-grand-mère
qu'elles ont accrochés au salon?
Elle n'était pas très jolie, j'imagine?
Leur mère.
Difficile de croire qu'elles viennent toutes de la même portée.
Car oui, leur mère était très jolie.
Peut-être qu'elles n'ont pas le même père. On dit qu'elle était assez délurée.
Elle n'en faisait qu'à sa tête.
J'ai entendu dire que...
Dis-moi!
Je connais cette rumeur!
C'est même moi qui te l'ai rapportée.
Mais, tu ne sais pas que...
Elles ne peuvent que s'en prendre à elles-mêmes avec cette attitude libérale.
Ce n'est pas parce qu'on a un patronyme
cher à l'histoire de France depuis des générations
qu'on est en droit de se croire supérieures!
Pourtant, elles possèdent de grandes terres.
Ce que je donnerais pour n'en détenir qu'une part!
Avoir leur plantation ne me dérangerait pas!
Ce que je pourrais faire rien qu'avec cette grande maison!
Combien de temps crois-tu que cela va durer?
Tous leurs Noirs sont partis!
Tout entretenir par elles-mêmes?
Leur plus grande erreur a été d'héberger ces Yankees.
- Oh, quelqu'un a l'heure? - Pourquoi?
J'ai promis à M. Weenan que je serais rentrée avant 17 heures.
Je vais aller voir.
Si vous voulez mon avis,
la citronnade d'Esther Lou n'est jamais assez sucrée.
La mienne l'est beaucoup plus.
Elle aurait aussi pu faire un effort pour la poussière.
Il faudra te dépêcher!
Je ne voudrais pas être à l'origine d'un cas de divorce!
- Il est 16 h 49! - Oh, Seigneur!
Je n'ai pas le temps de toutes vous embrasser, alors...
au revoir!
Je vais prendre un raccourci par le cimetière.
- Ce qu'elle peut gâter son mari! - Le temps qu'elle a mis pour l'avoir.
J'espère que son fils n'a pas quelque chose qui cloche.
Parfois, il a l'air un peu attardé.
C'est le risque lorsque l'on accouche à cet âge-là.
- Une femme finit par se dessécher. - Il est peut-être non précoce.
- Ça arrive, tu sais. - Peut-être.
Je t'aime, Scott.
Je veux qu'on se marie. Tout simplement.
Tout est toujours simple d'après toi.
Tu es toujours si pessimiste.
Par exemple?
Ce qui t'est arrivé pendant la guerre.
Je n'ai rien pu y faire.
J'ai fait partie des malchanceux, j'imagine.
Tu recommences!
Ce n'est pas grave, je peux très bien m'occuper de toi.
Pas grave?
Il n'y a rien de grave à s'occuper d'un éclopé?
Je sais, la guerre n'a pas été tendre avec toi.
Elle a interrompu ta carrière pour quelques années.
Alors, tu t'apitoies. On le saura!
Alors, c'est décidé.
La fête d'automne aura lieu à la fin du mois.
Et la vente de gâteaux?
Nous avons fait beaucoup d'argent l'an dernier.
Tu as vu un médecin comme je te l'ai demandé?
J'en ai assez des médecins.
Tu es fou! Ne prends pas ça à la légère!
Fais-moi voir.
Scott, s'il te plaît!
Scott...
Ça a empiré. Beaucoup.
Tu dois voir le docteur Worth.
Pour qu'il me coupe encore plus la jambe?
Pas question.
C'est pas la peine.
Il le faut.
Tu n'as pas le choix.
Non.
Il faut l'inciser. Elle est pleine de pus.
Laisse-moi au moins m'en charger.
Il me faut un couteau.
Des allumettes pour chauffer la lame.
La stériliser.
Il y a un couteau dans le bahut.
Le tiroir du haut.
Tu crois que tu pourras la guérir, Roseanne?
Je n'ai personne d'autre.
Je n'ai que toi.
Je vais faire de mon mieux.
J'ai beaucoup appris pendant la guerre.
J'ai vu des blessures bien pires.
Mon chéri.
Ça va être douloureux.
Accroche-toi au lit.
Doux Jésus!
Laisse-moi au moins reprendre mon air!
Je vais te donner plus que de l'air!
Mais, tu ne portes pas de pantalon!
Rebecca ne porte pas de pantalon!
Ça ne regarde personne!
Allez, ma chérie.
Pourquoi tu t'emballes comme ça?
Ça ne regarde personne.
Tu es quand même ma préférée, tu le sais?
Hein?
C'est la préférée de tout le monde, si tu veux mon avis.
Il faut que tu viennes tard le soir.
Tu sais, quand elle s'ennuie.
Les trucs qu'elle peut faire!
Je te jure! Vu de mes yeux vus!
Tu ne m'as toujours pas répondu, Cindy.
Samedi soir prochain?
Eh bien...
Je ne sais pas, Jed. Je dois voir.
Tu dis toujours la même chose.
Pourquoi ne pas me répondre maintenant?
Tu vois, j'ai un parent qui doit passer chez moi bientôt. Je l'attends.
Ton petit ami?
Je n'ai pas dit ça.
C'est un parent. Un cousin lointain.
Un cousin intime, tu veux dire?
Si tu n'es pas gentil, je vais aller m'asseoir avec quelqu'un d'autre!
Non, je serai gentil.
Bon garçon.
Il nous faut à boire.
D'accord.
Et il lui répond : "C'est pas son chien,
"c'est sa voiture !"
Deux autres.
Alors, Cindy?
Quoi?
Elle ne couche pas.
À l'heure de la fermeture,
elle va s'évaporer dans la nuit toute seule,
jolie comme un cœur.
Combien de fois l'ai-je vue laisser quelqu'un en plan?
Cindy a toujours été gentille avec moi.
Bête comme un balai.
Je vais faire semblant d'aller au petit coin
et je te retrouverai près de la vieille remise.
Je vais aller me rafraîchir.
L'air chaud du soir n'avantage pas toujours une dame.
Si vous voulez bien m'excuser,
je vais aller aux toilettes.
Alors, Poopa.
- Comment va ta femme? - Comme d'habitude.
Elle est toujours comme d'habitude.
C'est l'heure d'en changer!
File-moi un verre.
Un autre.
J'ai du boulot.
Les femmes aiment bien Lyle, hein?
Je ne voudrais pas m'accrocher avec lui. C'est un dur.
C'est de famille.
Sa sœur se croit le centre du monde.
Elle le tient en laisse.
Un vrai nid à problèmes, ces deux-là.
Où étais-tu passé?
J'étais sur le point de partir.
Je te donnais une leçon en te faisant patienter.
Tu es un salaud, Lyle Lawson! Tu le sais?
C'est la seule façon de te garder, ma chérie.
Bas les pattes!
Un peu de douceur! Sois un gentleman pour une fois!
Depuis quand cherches-tu la douceur?
Tu essaies de m'étouffer?
Tais-toi un peu, Rebecca!
Lyle ! Lyle!
Tu ne me croiras pas!
Fiche le camp!
On est occupés!
Lee Grace a été assassinée!
Je te le jure! Dans le cimetière!
Sa tête est passée par la fenêtre!
Esther Lou est devenue hystérique!
Elle veut qu'on rentre! Allez, viens!
On ne peut plus profiter de l'air du soir.
Incroyable!
J'y vais!
Willy Lee!
Tu arrives si tôt!
Je croyais que tu ne sortais qu'une fois la nuit tombée!
Je plaisante.
Je ne suis pas sorti du lit si tôt pour écouter tes plaisanteries.
- Je viens parler affaires. - Quel genre d'affaires?
- Des affaires d'argent. - Comment?
Désolé si ça te dépasse.
Mais je dois absolument récupérer l'argent
que vous me devez pour les robes que je vous ai confectionnées.
J'ai assez attendu.
Violet m'a signalée que si tu venais demander ton argent,
je devais te répondre gentiment que tu ne devais plus le faire.
C'est ce qu'elle m'a dit.
Oh non, on ne me la fait pas à moi!
C'est-à-dire?
Cette famille a la réputation de faire tourner en bourrique leurs créditeurs.
Je ne compte pas m'ajouter à la liste!
Je vais m'asseoir là jusqu'à ce que je récupère mon argent.
Je ne ferais pas ça si j'étais toi.
Je te préviens.
Je suis plus forte que toi.
Tu ne peux pas me menacer!
Ce n'est pas une menace, mais une affirmation.
Lâche-moi! Je te préviens!
- Je te ferai arrêter pour agression! - Ne sois pas ridicule!
Qui te croirait?
Les filles n'agressent pas les hommes!
Bon, tu vas partir maintenant?
Si tu continues à crier, Iris Anne va descendre nous houspiller!
J'ai dû me rendre dans la ville voisine pour trouver le tissu jaune
nécessaire à la confection de ta robe de soirée!
Et il y en avait des mètres!
Il te faut autant de tissu que pour deux autres de tes sœurs!
Ce n'est pas très gentil! Tu deviens méchant!
Ne pas me payer n'est pas très gentil.
- Regarde-toi. Tu t'es vue? - Quoi?
Toi et tes goûts douteux.
Tu crois pouvoir créer tes propres robes? Détrompe-toi!
Tes sœurs sont malines.
Elles me laissent les créer à leur place.
Mais toi, oh non!
Tu te prends pour une... couturière.
- Une quoi? - Cela veut dire...
C'est le mot français pour mon métier.
Incroyable.
Tu ressembles à ces saltimbanques qui font des tours
sur l'embarcadère de la rivière!
Alors là, c'est le pompon!
Le pompon!
Je ne me laisserai pas insulter!
Aïe, ça fait mal!
Je ne te savais pas violente à ce point!
Descends de là, espèce de sac de pommes de terre!
Dégage!
Sac de pommes de terre, hein?
Je vais te réduire en purée!
À l'aide!
Qu'est-ce que tu fais à Willy Lee?
Il m'a lancé des injures!
Willy Lee, je croyais que tu étais un gentleman.
Fais-la descendre!
Lève-toi, Magnolia. Ce n'est pas très féminin.
Je commençais à peine à m'amuser!
Tu ne connais pas ta force, Magnolia!
- Que se passe-t-il? - Je suis venu récupérer mon argent.
Ma sœur dit que tout a été facturé.
Oh non. Je veux mon argent, tout de suite!
Tu devrais faire ce qu'on te dit, Willy Lee.
Tu vois?
Je veux mon argent.
Magnolia, raccompagne-le à la porte.
- Je veux mon argent! - Tu l'auras. Envoie la facture.
- Tout de suite! - Écoute-moi bien!
Personne n'entre chez nous pour faire un esclandre!
Sors tes fesses d'ici et fais ce qu'on te dit!
Vous ne pouvez pas me frapper!
J'aurai recours à la loi!
Dehors!
Pas sans cette robe!
Autant d'années passées dans l'industrie ferroviaire affectent la santé.
Je n'ai plus l'estomac de ma jeunesse.
Combien d'acres la voie ferrée traversera-t-elle?
Environ cent quarante.
Il passera au milieu de la propriété.
Vous ne l'obtiendrez pas sans mal, vous savez.
Cette propriété est tout ce qu'il leur reste.
Je me fiche de comment vous vous débrouillerez. Inutile de vous rappeler
que votre récompense sera considérable
si vous me l'obtenez.
Le seul moyen est de leur faire une bonne offre.
Vous y parviendrez, d'une façon ou d'une autre.
L'important est que je l'aie.
Donc en plus des frais juridiques, légitimes ou non,
j'aurai droit à 20 000 dollars
si je réussis?
C'est bien le montant.
C'est une proposition exceptionnelle, M. Copp.
Je me disais qu'elle vous plairait. L'argent est roi, nous le savons.
Pouvez-vous me le mettre par écrit?
- Vous ne me faites pas confiance? - M. Copp,
Ce n'est pas une question de confiance.
Il est de bon ton de faire les choses proprement.
Vous voulez que je m'occupe du contrat?
Si vous voulez. Je ne savais pas que vous étiez avocat.
Je suis plusieurs choses pour bien des gens, M. Copp.
J'ai appris qu'il était préférable d'être polyvalent.
Mon père était entrepreneur de pompes funèbres.
Durant ma tendre enfance,
j'ai été imprégné de l'odeur de l'alcool et du formaldéhyde.
Et pourquoi?
Je gardais mon goûter au frais
dans la chambre froide avec les cadavres.
Rien ne me perturbe.
Aujourd'hui, je suis
dans les pompes funèbres et l'immobilier.
Vétérinaire aussi, pour les petits animaux.
Et je fais dans le juridique.
Vous leur trouvez un endroit où naître, soignez leurs animaux,
les enterrez et prenez ce qu'ils laissent derrière!
C'est très drôle, M. Copp!
Très drôle!
- Je plaisante, bien sûr. - Bien sûr.
Pour quand notre accord doit-il être prêt?
Je dors à l'hôtel Wicker.
Je pars demain midi.
Je vais l'écrire et vous l'aurez cet après-midi.
Inutile de se presser. Envoyez-le à ma secrétaire à New York.
Voici l'adresse de mon bureau.
L'accord sera prêt à la fin de l'après-midi.
- Si vous insistez. - Ne vous méprenez pas.
C'est seulement
- qu'il est de bon ton... - ... de faire les choses proprement.
J'apprends très vite, M. Holeman.
Ce vieux crâne retient tout.
C'est plus simple pour les déclarations fiscales, si vous me suivez.
Comme les 20 000 dollars que je devrai dissimuler?
Vous y parviendrez sans peine.
Nous sommes pareils, vous et moi.
Tricher ne fait de mal à personne.
Il faut de l'expérience pour le comprendre.
Certains idiots n'y parviennent jamais.
Eh bien, marché conclu.
Je vous verrai en fin d'après-midi.
À la bonne heure, M. Copp.
Je vous raccompagne.
À tout à l'heure.
Merci, M. Copp.
- Au revoir. - Bonne journée, M. Holeman.
Au revoir!
C'est bon, Jed. Sors de là!
Je t'ai entendu entrer tout à l'heure.
Un de ces jours, ta furtivité va t'attirer beaucoup d'ennuis.
Je n'essayais pas d'être furtif.
Je ne voulais pas vous déranger.
Si tu n'étais pas le fils unique de ma sœur,
ça ne se passerait pas comme ça.
Maman dit que tu voulais me voir.
C'est pourquoi je suis venu.
C'est tout.
Je veux que tu apportes cette lettre chez les Lafleur.
Remets-la à Violet.
La plus vieille. Personne d'autre. Compris?
D'accord.
Une fois que c'est fait, je veux que tu lui dises :
"dès que vous le pourrez", entendu?
Très bien.
À quelle heure dois-je récupérer ta mère?
Elle a dit vers 14 heures.
D'accord.
Ne reste pas planté là! Fais ce que tu as à faire!
Oh, oui. D'accord.
Pauvre abruti.
Bonjour Hekebah!
Je vous ai apporté quelque chose.
Il fait chaud aujourd'hui, n'est-ce pas?
Comment allez-vous?
Je suis toujours là, non?
On n'arrête pas quelqu'un comme moi.
Qu'as-tu là?
Dans une minute, ma chère! Il n'y a pas le feu!
Je peux reprendre mon souffle avant de vous le donner?
Vous savez, plus vous vieillissez,
plus vous êtes impatiente.
Cent un ans!
Qu'y a-t-il dans ce panier?
D'accord, d'accord.
Je me suis levée très tôt ce matin
et je me suis dit :
"Il y a bien un mois que je n'ai pas vu Hekebah!
"Pourquoi ne pas lui apporter un petit quelque chose ?"
Alors, j'ai filé dans la cuisine
et je vous ai préparé ce pain de maïs.
Votre préféré.
Je n'en ai pas mangé depuis si longtemps!
Fait juste comme je l'aime!
On ne vient plus souvent me voir, tu sais.
Il n'y a que toi et une poignée d'autres.
J'ai besoin d'un conseil.
Sinon pourquoi venir me voir?
Ne dites pas ça.
Je pense à vous tout le temps.
C'est gentil de le dire.
Personne ne vient me voir sans avoir quelque chose à me demander.
Quand ce n'est pas une potion, c'est un sortilège.
Or, nul n'a plus besoin de potions.
Avec tous ces nouveaux médicaments.
Et plus personne ne croit aux sortilèges.
À part toi et moi, Violet.
Nous on sait, pas vrai?
J'ai besoin d'un conseil, Hekebah.
Je ne sais plus vers quoi me tourner.
L'étau se resserre sur notre famille.
Maintenant que nous n'avons plus d'aide, et vu la tournure des choses...
Je ne sais pas combien de temps on va encore pouvoir tenir.
J'ai pourtant l'impression qu'une fortune repose
juste là, à tes pieds.
De quoi parlez-vous?
De tes sœurs. Marie-les.
Marie-les à ceux qui ont le plus d'argent.
Vous savez, vous devez être l'une
des femmes les plus riches de tout le Sud.
Je n'ai pas un sou!
Non, je parle d'ici.
C'est ici que se trouvent vos richesses.
Si seulement je pouvais monnayer tout ça!
Vous êtes si belle, Hekebah.
Vraiment.
Comme une fleur?
Comme une fleur.
Comme une Lafleur.
Je vous ai dit de ne jamais évoquer le sujet.
On pourrait m'appeler Orchidée.
L'Orchidée noire!
Vous n'avez jamais pardonné, n'est-ce pas?
Il n'y a rien à pardonner.
De plus,
nous sommes les seules à être au courant.
Personne ne sait.
Et qui le croirait?
Ton arrière-grand-père n'était pas
le gentleman que tout le monde imaginait.
La honte de ma maman quand je suis venue au monde...
Peu importe.
L'eau a coulé sous les ponts.
Pourquoi cette tête?
Allez, souris! Fais-moi voir ces jolies dents.
J'ai apporté les bouts de tissus que vous m'aviez demandés.
Pour ma couverture!
- Le tissu de vos robes de soirée? - Si.
Pourquoi ne vas-tu pas voir ton père?
Papa ne peut pas nous aider.
Ne dis pas ça!
Ne dis plus jamais ça!
Il peut vous aider!
Cours voir ton père!
Allez!
Voir mon père...?
C'est tout? C'est tout ce que je reçois?
Salut. Moi c'est Jed.
Lyle dit que tu viens ici presque tous les jours.
Tu es jolie.
Qu'est-ce que t'es jolie!
Je ne vais pas te mordre!
Je t'ai attrapée!
Aïe!
Je ne vais pas te faire de mal!
Je veux rien qu'un baiser!
Un seul?
Lyle dit que tu accepterais.
Du calme.
Gentille fille.
Ça, c'est trop!
Elles sont pour toi, papa.
Rien que pour toi.
J'espère que tout se passe bien là où tu es.
Comment va maman?
Et William?
Petit William chéri.
C'est triste qu'il nous ait quittés si jeune.
Tout irait mieux avec un frère parmi nous.
Je ne sais plus quoi faire.
Tous les hommes de la famille ne sont plus là.
Il ne reste plus que nous.
Oh, papa!
Je t'aime.
Je t'aimerai toujours.
Tu dois m'aider.
Tu dois me dire quoi faire.
Comment?
Non...
Et pourtant...
Oui, d'accord.
Papa, je t'aime tellement!
Tellement...
Un autre thé, John?
Quelque chose de plus fort, si tu as.
Je ne garde plus trop d'alcool ici désormais.
Ça fait mauvaise impression auprès de mes amies quand elles passent.
De plus, je manque de cachettes pour déjouer mes deux frères.
Pourquoi ne t'arranges-tu pas pour qu'ils se marient?
Ça leur fera perdre un peu d'assurance.
Dieu sait que je fais de mon mieux.
Ils ne sont pas faciles à gérer.
J'ai presque réussi avec Lyle l'an dernier.
Avec la jeune Simmons.
Bon, fini de bavarder.
Esther, nous devons discuter de choses sérieuses.
Calvin Copp est passé me voir.
- Il est prêt à conclure un marché. - Qu'a-t-il dit?
Il m'a offert 10 000 dollars
pour que je l'aide à obtenir ce qu'il veut.
Ce n'est pas beaucoup, non?
C'est mieux que rien.
Et je te propose 3000 dollars de cette somme si tu m'aides.
Trois mille...
Copp croit qu'il sera facile d'obtenir la propriété des Lafleur.
Mais nous savons qu'il n'en est rien.
Presque impossible sans mon aide.
Je n'irais pas jusque là.
Tu sais parfaitement bien que tu ne réussiras pas sans moi.
Je suis à la tête du comité de planification.
Je fais partie du conseil municipal.
Présidente des Filles de la révolution américaine!
Il n'y a pas une organisation dans cette ville
à laquelle je ne suis pas mêlée.
Rends-toi à l'évidence, John.
Tu as besoin de moi.
Il va falloir s'y mettre immédiatement.
C'est comme si c'était fait.
Copp s'attend à avoir la propriété des Lafleur d'ici la fin du printemps.
C'est possible.
Je t'aime, Esther.
Tu aimes surtout mon influence.
- Si je n'étais pas marié, je... - C'est parfait comme ça.
Tu accours quand je t'appelle.
Pas à ta convenance, mais à la mienne.
Ça me va parfaitement.
Pas de complications.
Au fait,
- je veux 5000 dollars, pas 3000. - Que dis-tu?
C'est beaucoup trop!
Pas du tout.
J'ai dû travailler d'arrache-pied pour arriver là où je suis dans cette ville.
Je suis respectée.
Et je ne suis pas née dans cette position comme les autres.
J'ai dû me battre.
Et j'ai vaincu.
La guerre a changé beaucoup de choses.
Et tu n'as pas été aussi prudent que moi.
Comme avec cette veuve à Emmetsville.
- Comment as-tu su...? - Un petit oiseau me l'a dit.
Alors tu comprends, John,
tu viens à moi quand je t'appelle.
Socialement, nous sommes acceptés en tant que paire
grâce à nos relations dans la communauté.
Voilà pourquoi je prends la moitié de l'argent.
Et je te conseille de toujours me dire la vérité.
Parce que je peux te détruire.
Maintenant...
embrasse-moi.
- Esther? - Oui?
C'est 20 000 dollars, pas 10 000.
Je préfère te le dire.
Je vois.
C'était la bonne chose à faire.
Ne fais plus jamais ça!
Bon...
tu peux m'embrasser.
Comme ça?
Mais non, ma chérie.
Il faut faire de plus petits points.
Comme ça.
Tu vois?
Mais c'est ce que j'ai fait!
Pas du tout! Tu as fait comme ça!
Il faut faire
de petits points délicats, dignes d'une dame.
Pourquoi devrais-je apprendre la couture?
Je préférerais être comme Iris Anne.
Elle ne sait pas coudre.
Iris Anne n'est plus en âge de se marier.
C'est peine perdue.
Je ne l'ai jamais imaginée mariée, de toute façon.
Mais tu es encore jeune, tu as encore tes chances.
Tu pourrais perdre un peu de poids, cela dit.
Tu ne vas pas recommencer?
Parce que si c'est le cas, je m'en vais.
Reste. Violet veut que je t'enseigne quelque chose.
Pour que tu puisses fonder une famille.
C'est bien ce que tu veux?
Parfois oui, parfois non.
Je ne me suis pas encore décidée.
Alors, penche pour le côté du oui.
Parce que c'est important pour Violet.
Recommence.
Voilà.
Très bien.
Oui!
C'est très bien!
- Pete? - C'est moi.
Tu es en retard.
J'étais coincé avec Augusta et Violet.
Il faut arrêter de se voir ici. C'est trop dangereux.
Ce ne serait pas plus mal si on leur dit.
Fais ça et c'est fini entre nous.
Iris Anne me tuerait si elle l'apprenait.
Elle ne le permettrait pas, tu travailles pour nous.
Je suis plus qu'un employé.
Et ce depuis longtemps.
Quatre ans.
Quatre ans depuis ce jour dans l'écurie.
Tu n'avais que quatorze ans.
Inexpérimentée au possible.
Je t'ai beaucoup appris depuis.
Si ta femme l'avait découvert, elle t'aurait tué.
Bonne chose qu'elle soit morte.
Je t'aime, Pete.
- J'ai de bonnes nouvelles. - Quoi donc?
- Entendues chez Alderman. - Raconte.
Le chemin de fer descend du Nord, ils auront besoin de la propriété.
- Quelle propriété? - Cette plantation!
Ils voudront au moins 140 acres.
Ils voudront raser la maison!
Voyons voir. 140 acres sur 235...
Ça fait beaucoup d'argent!
Ils ne veulent pas payer pour.
- Alors comment feront-ils? - Ils vont essayer de se servir!
- Comment? - Zonage, sanction, peu importe.
- Ils n'y arriveront jamais. - N'en sois pas si sûre.
Il existe des moyens.
Votre famille n'est pas vraiment dans les bonnes grâces de cette ville.
Mais alors... nous n'aurions plus rien!
C'est exact.
Je me fiche de ce qui arrivera à mes sœurs,
mais je ne vais pas perdre ma part sans rien faire.
Si nous jouons bien notre jeu,
nous pourrions en tirer une jolie somme.
Comment?
Avec ton aide,
on pourrait, accidentellement,
faire disparaître les titres de propriété.
- Combien? - Des milliers de dollars.
On pourrait se rendre dans le Nord avec cet argent!
Sans compter mes économies de ces dernières années.
On pourrait se lancer en affaires!
Je vais les récupérer pour toi. Je sais où ils sont.
- Ça pourrait prendre deux jours. - Ce n'est pas grave.
Ma chérie, nous allons partir d'ici!
- Au fait, mon cœur. - Oui?
Tu as de l'argent?
Et celui que je t'ai déjà donné?
Des dépenses. Un homme doit préserver les apparences.
Oh, je sais.
Eh bien, ne dépense pas devant tout le monde
avec ces pouliches que tu aimes fréquenter.
Je n'aimerais pas être réveillée
au milieu de la nuit pour te sortir de prison
pour la corruption morale d'une fille de douze ans.
Je suis trop prudent pour ça.
Il y a une première fois à tout.
C'est mes affaires.
- J'en suis consciente. - Je te rembourserai.
Tu peux compter là-dessus.
- Quand on sera dans le Nord. - Aïe!
Je vais chercher l'argent.
Non!
Ce n'est pas assez, Lyle. Je demande plus.
Estime-toi heureux que je t'en file déjà autant!
Tu crois que c'est simple de tout écouler? Et si je me fais prendre?
Et si moi, je me fais prendre?
Je sors la marchandise comment, d'après toi?
Une par une!
Pour la dernière fois, je ne joue pas!
Sers-moi un verre, Lyle.
Rebecca, nous parlons affaires.
Va t'en chercher un et dis à Poopa de le mettre sur ma note.
Je n'en veux pas si je dois m'asseoir là-bas.
J'ai mieux à faire de mon temps.
- Tu ne travailles pas ce soir? - Je n'en ai pas envie.
C'est pas assez, Lyle.
Pas assez.
Je te l'ai dit, Jed! Pas un sou de plus!
Que se passe-t-il, Jed?
Rebecca, mêle-toi de ce qui te regarde!
Tu es un salaud, Lyle Lawson, voilà ce que tu es!
Jed.
Tu continues à me rapporter l'argenterie,
et je continuerai à te payer la somme qui me semble juste.
D'accord?
Lyle a raison.
Il a plus de frais à payer que toi.
J'ai des frais. Beaucoup de frais.
Tu vis chez ta mère, tu n'es pas marié,
tu ne fais pas trop l'imbécile, tu sirotes ton verre toute la soirée.
De quels frais est-ce que tu parles?
Encore du thé, Nana?
Volontiers. Merci.
C'est ton quatrième, tu sais.
Tu les comptes, Augusta?
Trop de thé et tu passeras la nuit à faire
des aller-retour devant ma chambre pour aller aux toilettes.
- C'est impoli de dire ça. - Mais c'est vrai.
Tes reins ne sont plus ce qu'ils étaient.
Aussi bons que les tiens.
De plus, si je me lève durant la nuit,
je suis toujours silencieuse.
Autant qu'une chatte en chaleur.
C'est très impoli de ta part.
C'est à ton tour de laver les tasses.
Si ma mémoire est bonne, c'est moi qui l'ai fait en dernier. C'est ton tour.
Pas du tout. Ta mémoire est défaillante.
Depuis longtemps.
Avoir des serviteurs me manque.
Ils ne seraient pas partis si on les avait mieux traités.
Je les ai toujours bien traités.
On m'a élevée comme ça.
Je ne parle pas de toi en particulier, Nana.
Je parle de Violet et des autres.
Sortez d'ici!
Foutez-moi le camp!
Elles ont été trop gâtées.
C'est la faute de la mère. Edith.
Tu te rappelles quand toutes les dispositions
du mariage de Violet avaient été prises?
Je ne sais toujours pas ce qui s'est passé.
- On dit qu'Edith a payé l'annulation. - Tu y crois?
Tu crois cette rumeur?
Qu'Edith ferait ça à ses propres enfants?
Edith était prête à tout pour satisfaire ses propres besoins.
- Je la connaissais très bien. - Normal, c'était ta sœur cadette.
J'ai beaucoup appris en grandissant dans son ombre.
Elle a fait la même chose avec moi.
C'est-à-dire?
Par trois fois, j'étais sur le point de me marier
et par trois fois, elle a tout empêché.
Je ne savais pas qu'elle était si cruelle.
Elle n'était pas cruelle.
Elle faisait tout pour que les choses se passent à sa manière.
Nous n'étions que nous deux.
Elle disait qu'elle n'épouserait que l'heureux élu.
Celui avec de l'argent.
Assez pour les Lafleur.
J'étais la plus jeune et
je l'ai toujours considérée comme si c'était Dieu incarné.
Elle a utilisé mon admiration à son avantage
pour me garder près d'elle afin que je l'aide.
J'ai vécu dans son ombre jusqu'au jour de sa mort.
Je ne la connaissais pas très bien.
J'étais si occupée à prendre soin des filles.
Leur éducation, leur musique
et toutes ces belles choses qu'on ne croirait pas qu'elles ont apprises.
Je ne connaissais pas vraiment Edith.
Tu veux te reposer?
Non, pas encore.
C'est joli à cette période de l'année.
Je venais ici quand j'étais petite.
C'était mon lieu d'évasion.
Quand mes parents se disputaient, donc pratiquement tout le temps.
Ou quand je ne voulais pas faire une tâche. Je venais ici pour tout oublier.
Juste sous cet arbre.
Et je m'imaginais à l'autre bout du monde.
C'est ridicule, non?
Pas du tout.
J'aime quand tu me racontes des choses.
Je me sens plus près de toi.
Allons sous l'arbre et enlace-moi.
Je me sens toujours bien quand tu m'enlaces.
Quel âge avais-tu quand tu as commencé à travailler pour eux?
Dix-huit ans. Une jeune femme à peine.
Comme j'étais jolie à cette époque!
Mais il me fallait travailler.
J'ai entendu parler des Lafleur, alors je suis venue.
Nourrice, éducatrice, confidente.
J'ai été tout pour elles,
mais maintenant qu'elles sont adultes, elles n'ont plus besoin de moi.
Ne t'apitoie pas sur ton sort, sinon je rentre, tu m'entends?
Si je mourais, tu ne t'en rendrais même pas compte!
Ça suffit!
Dans une minute, tu vas te mettre à pleurer.
Rentrons. C'est l'heure de préparer le dîner.
Tu es dure avec moi, Augusta. Très dure.
Roseanne?
Si je décidais de partir d'ici,
d'aller dans le Nord...
me suivrais-tu?
Pourquoi partir pour le Nord?
Tu sais que le capitaine Harker et moi
sommes devenus bons amis pendant notre séjour chez vous.
Oui, je le sais.
Je ne te l'ai jamais dit,
mais il prévoit de quitter l'armée le plus vite possible.
Il a beaucoup d'économies
et il m'a demandé de monter dans le Nord pour nous lancer en affaires.
Quel genre d'affaires?
Les assurances.
Assurances contre quoi?
Le marché des assurances!
Il aura besoin d'un avocat pour s'occuper des papiers légaux.
Et il s'occupera du reste.
C'est un nouveau type de marché.
Il affirme que si l'on se lançait maintenant,
juste après la guerre,
on pourrait faire énormément de profit.
Quelle serait ma place dans cette histoire?
Je veux que tu viennes avec moi, en tant qu'épouse.
Tu parles d'un changement de situation!
Que veux-tu dire?
Ça fait deux ans que j'attends que tu me demandes en mariage,
et voilà que tu me fais cette proposition!
Accepteras-tu?
Accepter quoi? D'aller dans le Nord avec toi?
Ou de me marier?
- Les deux! - Je vois.
Pas l'un sans l'autre.
- Je n'ai pas dit ça! - Mais tu le sous-entendais.
Acceptes-tu?
Je t'épouserai, Scott.
Aujourd'hui si tu veux.
Mais je ne veux pas quitter mon chez-moi!
Je ne peux pas abandonner mes sœurs comme ça.
Pourquoi ne pas exercer ton métier d'avocat ici?
Il y a du pain sur la planche.
Je dois partir d'ici.
Recommencer à neuf.
Je n'ai pas d'attaches ici.
Ce changement me ferait du bien. Ne le vois-tu pas?
Je ne peux pas abandonner ce que j'ai. Impossible.
Je ne veux pas épouser le reste de tes sœurs.
Seulement toi, ma chérie.
Si tu m'aimais autant que tu le prétends,
tu voudrais partir avec moi.
L'amour n'a rien à voir avec la géographie.
Ta réponse est non?
Je t'épouserai quand tu veux.
Mais ici, chez nous.
On ferait mieux de rentrer.
Fin de la conversation.
Je t'aime, Roseanne. Je t'aimerai toujours.
J'imagine que j'en attendais trop de ta part.
Je t'aime aussi, Scott.
Mais tu sais que je ne pourrais jamais...
- Qu'y a-t-il? - Il y a quelqu'un derrière cet arbre.
- Où ça? - Juste là!
Reste ici. Quelque chose ne va pas.
Roseanne.
Roseanne!
Roseanne!
Sara Jane,
je jure que je vais te gifler,
même si t'es une fille!
Ne crée pas de dispute. Garde le silence.
Comment ça, garder le silence?
Tu as entendu ce qu'elle a dit?
N'y porte pas attention.
Ce sont les personnes les plus impolies au monde!
Quel toupet!
Et on ne les voit à l'église qu'un dimanche de temps en temps.
Si elles n'aiment pas notre façon de faire,
pourquoi ne pas venir aux réunions?
Tu as entendu ce qu'elle a dit?
"Les réunions ne font pas de bonnes chrétiennes."
Quelle effronterie!
Mary Anne, ce n'est pas l'endroit pour régler nos différends!
Les voilà!
Mlle Lafleur,
quel plaisir de toutes vous voir en si bonne forme!
C'est réciproque, Mme Lawson.
Et Camille s'est si joliment épanouie!
À dix-huit ans, il était temps.
Comment vont les choses à Transfloria?
Comme d'habitude : on ne peut mieux.
J'ai entendu autre chose.
Tu as toujours été un peu fouineuse, Martha.
Martha ne pensait pas à mal.
Oh que si!
C'est une belle journée aujourd'hui, n'est-ce pas?
Ça l'était.
S'il te plaît, Iris Anne!
Je ne supporte pas les hypocrites.
Tu le sais bien.
Qu'a-t-elle dit?
Qu'il faisait bon aujourd'hui!
Pas du tout. Je l'ai entendue.
Tais-toi, Martha! Pas ici!
Mlle Lafleur,
nous serions ravies si vous et votre sœur Iris Anne
rejoigniez notre association d'aide aux combattants.
Notre organisation a grand besoin de nouvelles recrues.
C'est très gentil de votre part, Mme Lawson.
Mais nous sommes si débordées que je doute pouvoir trouver le temps.
Mais ce ne serait qu'un seul soir par semaine.
Esther Lou Lawson,
votre famille déteste la nôtre depuis des années!
Et vous voilà maintenant sur le parvis de cette église,
tout sucre tout miel.
Où est le piège?
Ne peut-on pas oublier le passé?
Esther Lou agit seulement en bonne chrétienne.
C'est un peu tard, non?
Pas du tout!
C'est bien pourquoi vous êtes comme vous êtes.
Bonne journée.
Ne me poussez pas!
Écoute ma jolie, si j'avais voulu te pousser, j'aurais fait comme ça!
Mesdames!
Mesdames, s'il vous plaît!
De grâce!
Mesdames!
Je vous en prie!
Seigneur, pourquoi moi?
Radigan,
mets-la dans le sac.
Je veux ma part d'abord.
- Tu l'auras. - J'attends encore pour la dernière fois.
Si ça n'en tenait qu'à moi,
je ne t'aurais même pas inclus dans l'opération.
Tu te la procurerais comment, alors?
Tu aurais plus de mal que moi.
C'est moi qui la polis.
C'est facile de faire disparaître un élément d'un gros service.
Tu es tellement idiot que tu te ferais prendre de toute façon.
Je n'ai pas le temps d'écouter tes conneries.
Tu as l'argenterie ou pas?
Si, je l'ai.
Mais j'hésite à te la refiler.
Je sais que tu la vends à Lyle.
Je pourrais traiter avec lui directement.
Ça te ressemblerait bien.
Tu as peut-être tué Jed pour éliminer la concurrence.
Et si c'était plutôt toi?
Non, lui et Lyle se sont battus l'autre soir au Cracker Hole.
C'est peut-être lui le coupable.
Qui s'en soucie? Un de plus, un de moins...
Allez. Donne-la-moi.
Je ne me répéterai pas.
- Donne-moi ce que tu me dois. - Je ne l'ai pas.
- Alors, demande-le-lui à elle. - Qui ça?
Tu le sais très bien!
Je la connais votre petite histoire.
Dis-lui que tu en as besoin.
Qu'est-ce que tu sais, au juste ? Parle.
Depuis combien de temps que ça dure,
où elle trouve son argent, et où tu trouves le tien.
Toutes ces petites jeunes avec qui tu traînes.
Tu vois, je fais mon affaire de tout.
Et si...
je leur disais que c'est toi qui voles l'argenterie?
Qui a le plus à perdre? Toi ou moi?
- Tu es un vrai salopard, tu le sais? - Oui, je sais.
Toi, en revanche...
Fils de pute!
Lyle, c'est le seul moyen.
Pourquoi moi? Pourquoi pas Lenny?
Lenny n'est pas le bon parti que tu es censé être.
Je ne veux pas me marier.
Je suis satisfait de ma situation actuelle.
Tu as trente ans!
Tu n'en as plus pour longtemps. Pas avec ton train de vie.
Tu racontes n'importe quoi.
Je suis dans la fleur de l'âge.
Fais-le pour ta sœur.
Qu'a-t-elle fait pour moi?
Sale petit ingrat!
Qui t'a entretenu pendant toutes ces années?
C'était l'argent familial pour nous tous.
Papa ne l'aurait pas légué à mon nom
s'il vous avait fait confiance, à toi et ton imbécile de frère!
C'est ton frère aussi, tu sais.
Je vais lui dire comment tu l'as appelé.
On te demande seulement d'épouser l'avant-dernière fille.
Pour une courte période.
Jusqu'à ce que la plantation soit obtenue.
Pourquoi ne pas me demander d'épouser l'abrutie?
Au moins, elle se tait.
C'est trop risqué.
Imagine que son enfant soit comme elle!
Pas si le problème de Daisy May découle d'une lésion cérébrale.
Nous n'en avons pas la preuve.
Si c'était héréditaire? Nous serions dans de beaux draps.
Je vois ce que tu veux dire.
Ça ne devrait pas être difficile de rendre Camille enceinte dès après le mariage.
Lyle s'est bien débrouillé jusqu'ici!
Je suis déjà marié à vos yeux.
Seigneur!
Vous savez comme moi que les chances d'attendre un garçon sont bonnes.
Les Lawson ont presque toujours des garçons.
Tout comme les Lafleur ont presque toujours des filles.
Une fois que nous aurons un héritier Lafleur, nous y serons presque.
C'est là que je pourrai lancer les procédures contre la propriété.
Nous les attaquerons de tous les côtés.
Esther, je n'en épouserais pas seulement une seule, mais la famille entière!
Tu pourras le supporter pendant une année.
Une année ? Tu as dit jusqu'à ce qu'elle soit enceinte.
Plutôt croupir en prison que de vivre avec la meute entière!
Je refuse. Je ne le ferai pas.
Obéis ou je te coupe les vivres,
je le jure devant Dieu.
Elle ne peut pas faire ça... si?
C'est elle qui tient les cordons de la bourse.
Tu devrais faire ce qu'elle te dit.
Je me trouverai un emploi.
Très drôle, Lyle.
C'est la meilleure. Toi, travailler.
Tu es tellement idiot
que tu ne durerais pas une matinée, même sans te surprendre à voler.
Esther Lou Lawson.
Tu oses dire ça à ton propre frère?
- Ça me fait de la peine! - Tais-toi, Lyle.
- La réponse est non. - Pardon?
Non. N-O-N. Non.
Qu'as-tu dit? Répète-le!
Réponds-moi!
Réponds-moi ! Réponds-moi!
Répète ! Allez!
C'est bon, arrête!
Bordel!
J'aurai ce salaud, tu verras!
Ça fait mal?
Bien sûr que ça fait mal, pourquoi aurais-je crié sinon?
Aïe!
Tu es trop coléreux. Un jour, ça t'attirera des ennuis.
Je ne suis pas venu pour me faire faire la morale.
Ah bon ? Pourquoi alors?
Ne fais pas la maline, ça ne te sied pas.
Pourquoi cette bagarre?
- Je te l'ai dit. - Tu m'as menti.
C'est la vérité!
Tu ne t'es pas battu avec Radigan pour défendre mon honneur.
Allez, dis-moi la vérité.
Tu sais que je vais finir par le savoir, alors autant me le dire tout de suite.
- Tu seras furieuse si je parle. - Dis-moi.
Promets-moi que tu ne te fâcheras pas.
Je ne peux rien promettre.
- Bon, pourquoi pas. - Voilà.
Radigan et moi volons de l'argenterie.
De qui? Pas la nôtre, quand même?
Si.
Aïe ! Pourquoi tu me frappes?
Où est ma part?
Je croyais que tu étais fâchée contre moi.
Dorénavant, je veux toucher ma part.
Ou je dirai tout à Violet et Iris Anne.
Tu oserais me faire ça?
À quiconque est injuste avec moi.
- Ça en fait quatre. - Quatre quoi?
Quatre à toucher une part.
- As-tu vu Daisy May? - Pas depuis hier. Pourquoi?
Je suis inquiète.
- Elle a changé depuis quelques jours. - Comment ça?
Je ne sais pas, elle est
différente, frivole, distante, mais toujours souriante.
Elle a toujours été joyeuse. Tant mieux.
Je ne parle pas de ça. C'est différent.
Par exemple, tu te souviens de dimanche?
Comme elle refusait de venir à l'église?
- C'est toujours la première à être prête! - Maintenant que tu en parles...
- Garde un œil sur elle, veux-tu? - D'accord, Violet.
- Que lis-tu? - Les Hauts de Hurlevent.
C'est bien?
Oh oui. Écrit par l'une des sœurs Brontë.
- C'est vraiment bien? - Excellent.
Un jour, les femmes feront beaucoup de grandes choses.
Je l'espère.
N'oublie pas de surveiller Daisy May.
Promis.
Bon Dieu, mais qu'est-ce que tu fais ici?
Tiens, c'est pour Radigan.
- C'est sa paye? - Il ne la mérite pas.
Nous devrons le laisser partir.
Depuis le temps!
Il nous faudra nous contenter de Pete.
Il le faut.
Où as-tu déniché l'argent?
J'ai mes secrets.
Tu n'as pas encore vendu les bijoux de maman, au moins?
À quoi nous servent-ils?
J'imagine que tu as raison.
Il va falloir marier certaines de nos sœurs.
Il doit bien y avoir quelqu'un qui a de l'argent dans le coin.
Mais des hommes avec des qualités, c'est moins sûr.
Honnêtement, je pense que je m'en fiche à présent.
Mais non.
Tu ne t'en fiches pas!
Dis bien à ton frère qu'il n'y aura pas de prochaine fois.
Sauf s'il vient en personne.
Je lui dirai.
Voilà deux autres pièces du service, plateau inclus.
Dis à ton frère que je veux un montant équitable.
- Et Pete? - Quoi, Pete?
Il va prendre sa part lui aussi.
- Plus maintenant. - Comment ça?
Je l'ai retiré de l'organisation.
Et s'il te balance?
Ce salaud ne balancera pas. J'en sais trop sur lui.
Lyle veut savoir combien d'argenterie tu peux encore voler.
Ton frangin ne t'a rien appris?
Ce n'est pas du vol, mais de l'échange équitable.
J'ai droit à quelque chose après tout ce que j'ai fait ici.
La guerre me l'a enseigné.
Chacun pour soi.
La loi de la jungle.
Et maintenant, fiche le camp.
La prochaine fois, tu lui dis
- que je traite directement avec lui. - Je lui dirai.
Je t'accompagne pour un bout de chemin.
Daisy!
Pourquoi fais-tu ça?
Allons, ma chérie.
Raconte à Camille.
Raconte-moi. Allons.
Bienvenue à Transfloria, Mlle Lawson.
J'avais oublié à quel point cette maison était belle.
Conçue par notre arrière-grand-père.
- Il a beaucoup fait pour cette ville. - C'est vrai.
La guerre a changé bien des choses, n'est-ce pas?
Pas tant que ça.
Esther Lou, je sais que vous n'êtes pas venue ici pour bavarder.
Venons-en au fait. D'accord?
C'est votre mère, si je ne m'abuse?
Tout à fait.
Et mon arrière-grand-mère.
La première des Lafleur en Amérique.
Une femme extraordinaire.
Restée aux côtés de son mari tandis qu'il bâtissait la ville.
Comme il ne parlait pas bien l'anglais,
elle s'est occupée de ses affaires pour lui.
Elle a géré tout l'argent qu'il a rapporté de France.
Inédit pour une femme à cette époque.
Nous savons toutes les deux qu'une femme
gère mieux l'argent que n'importe quel homme.
Oui, nous nous ressemblons beaucoup sur ce point, Esther.
Nous pensons de la même manière.
- Je ne suis pas vraiment d'accord. - Tais-toi, Lyle!
Venons-en au fait.
Passons au salon.
Asseyez-vous.
Là.
Un mariage. Lyle et Camille.
Cela implique un échange d'argent.
- Camille n'a pas à verser de dot. - Non.
- Je pensais à l'inverse. - Que voulez-vous dire?
Vous nous payez pour le privilège d'acquérir le nom Lafleur.
C'est extravagant! Ça ne s'est jamais vu!
La dot provient toujours du côté de l'épouse.
Pas cette fois, ma chère. Notre nom a une grande valeur.
Inestimable.
Peut-être par le passé.
Les choses ont changé.
Pas tant que ça.
Lyle est un bon parti.
Un homme pour porter votre nom ferait grand bien à votre famille.
Lyle saurait s'en charger, j'en suis sûre.
Je veux bien marier mes sœurs, mais pas les offrir en cadeau.
- Combien? - Nous devrons en discuter plus tard.
Une fois le choc passé.
Marché conclu?
Marché conclu.
C'est tout?
Nous n'avons pas notre mot à dire?
Je me sens comme un morceau de viande qu'on se partage.
Garde tes qualités pour toi.
Lyle sera un bon mari pour Camille.
Je m'en assurerai.
Tout ce qui m'importe,
c'est qu'il la rende enceinte. Légalement.
Et que l'enfant soit un garçon.
Je n'ai pas besoin d'une autre fille.
Lyle est un bon garçon. Vraiment.
C'est un menteur, un tricheur,
un voleur et un alcoolique.
Il tremblote au moment où on se parle.
Le parti idéal pour une femme, non?
Vous êtes dure avec lui.
Il n'est pas pire que la plupart des hommes.
Vous avez sans doute raison.
Vous en savez plus que moi sur le sujet.
Je crois que cela conclut notre rencontre.
Je vous enverrai Lyle demain. En début de soirée?
Ils devraient faire connaissance, non?
J'ai quelque chose de prévu demain.
- Je ne peux pas... - Tais-toi, Lyle.
Eh bien, je crois que nous avons terminé.
À bientôt, Mlle Lafleur.
Viens, Lyle.
Augusta!
Quel bon vent t'amène?
Roseanne m'a demandé de te remettre cette missive.
Mais c'est elle qui devrait être ici.
Elle a dit que la lettre expliquerait tout.
- Café? - Volontiers.
Le fourneau est là, si tu veux bien.
Je viens d'y mettre la cafetière.
La chevauchée jusqu'ici n'a pas été de tout repos.
Je deviens trop vieille pour ces trajets.
Avant, j'adorais monter à cheval.
Maintenant, c'est une corvée.
Elle ne viendra pas.
Elle veut que je me lance dans mes projets,
mais sans elle.
Je l'aime, Augusta. Je ne veux pas renoncer à cet amour.
Ce n'est pas mes affaires.
Mais si tu es l'homme que je pense que tu es,
tu trouveras les moyens de faire ce que tu veux.
J'ai quelque chose d'important à lui dire.
De très important.
Je lui passerai le message si tu le souhaites.
Ça vous concerne toutes.
C'est-à-dire?
- Tu connais le capitaine Harker. - Bien entendu.
Dans une lettre, il affirme que le chemin de fer arrivera ici dans un an.
En quoi cela nous concerne-t-il?
Les plans sont faits.
Les rails traverseront Transfloria.
- Impossible. - Et pourtant.
Ils vont condamner la plantation et la prendre pour une fraction de sa valeur.
- Ils peuvent réussir? - Un mouvement s'est déjà créé.
Mené par John Holeman et Esther Lou Lawson.
Comment l'as-tu su?
Il me reste encore quelques amis en ville.
Quelqu'un a entendu une conversation privée.
Quelqu'un d'autre le sait?
Non, je voulais que Roseanne soit la première.
Je vais prévenir Violet.
Dès que je serai rentrée.
Encore un peu de café?
Non, le soleil va se coucher. Je ferais mieux de rentrer.
Augusta.
Dis à Roseanne que je vais réfléchir.
- C'est tout? - Elle comprendra.
Très bien. Prends soin de toi, d'accord?
Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais-moi signe.
Tu es sûre que ces cheveux appartiennent à Radigan?
Et que ce tissu provient de ses vêtements?
Alors, fais exactement ce que je te dis
et Radigan ne reverra jamais le lever du jour.
Oh merci, merci!
Maintenant, n'oublie pas!
Tu me dois une faveur!
Promis.
Je ne veux pas que tu t'en mordes les doigts!
Qui est-ce?
Tu sais qui c'est. Ouvre-moi.
Tu en as mis du temps!
Iris Anne a éteint il y a seulement vingt minutes.
Viens.
Voilà.
Normalement, ils devraient se trouver dans ce petit coffret.
Ils y sont depuis avant la guerre.
- Violet les y a rangés. - Comment es-tu au courant?
Je l'ai entendue parler à Iris Anne.
Je ne suis pas comme toi, Nana. Je me rappelle tout.
J'ai peur.
Et si elles s'en rendaient compte? Que feront-elles?
Il sera trop tard. Ne t'en fais pas.
- Je ne sais pas... - C'est simple comme bonjour.
Je n'ai qu'à changer quelques signatures.
Et on croira que la propriété m'a été cédée plutôt qu'à elles.
Nous y avons droit, Nana.
Pense à toutes ces années de service
que nous avons consacrées à cette famille.
Augusta, essaie de trouver un autre moyen.
C'est le seul moyen. J'ai besoin d'un témoin.
Et tu es le meilleur témoin de tous.
Ma bonne vieille Nana. Tu comprends?
Allez, aide-moi avec le couvercle.
Zut, il est verrouillé!
Je vais devoir crocheter la serrure.
Je ne savais pas que tu avais autant de talents.
Tu ignores bien des choses sur moi.
Voilà. Plus qu'une petite minute.
À qui les remettras-tu?
Nous nous rendrons demain à la première heure
chez John Holeman.
Et nous lui dirons qu'à partir de maintenant, il devra traiter avec nous.
Ils verront la supercherie.
Nous n'avons nulle part où aller.
J'ai déjà tout prévu.
Nous irons habiter chez mon vieil ami, Tilly Silvers.
Voilà, c'est bon!
Aide-moi à le soulever!
Qu'est-ce que...?
Encore un peu de citronnade, M. Lawson?
- Appelez-moi Lyle. - Citronnade, Lyle?
Je veux bien, merci.
- C'est une belle soirée. - N'est-ce pas?
Un peu trop chaude, peut-être.
Vous aimez monter?
- Les chevaux? - Oui.
Non, pas vraiment.
Et le sport?
Le croquet de temps en temps.
C'est une belle soirée.
- Vous l'avez déjà dit. - C'est vrai?
Oui, c'est vrai.
Vous savez beaucoup de choses.
Comme lorsque vous me disiez
comment vous vous y prenez avec la mélasse pour le pain de maïs.
Toute femme devrait savoir cuisiner.
C'est la règle.
- Vous cuisinez bien? - Je me débrouille.
- J'aime manger. - C'est bien.
Alors?
- Désastreux. - Laissons-leur le temps.
Nous n'en avons pas.
Sors les aider un peu.
Les aider ? Comment?
Tu trouveras bien quelque chose.
Allez, vas-y.
M. Lawson, comment osez-vous?
- Mlle Lafleur! - Il n'a fait qu'essayer de m'embrasser.
Un gentleman ne se comporte pas ainsi au premier rendez-vous!
Quelle importance, Iris Anne?
Vous nous avez mariés de toute façon!
Pourquoi cette comédie?
La bienséance! Tu connais ce mot?
Il vaut mieux que je parte.
Vous courtisez une Lafleur!
Ne l'oubliez pas!
Quelle importance?
Si vous voulez bien m'excuser...
- Que s'est-il passé? - Quelle importance?
Tout est réglé.
Début des procédures le mois prochain.
J'aurai le temps de marier Lyle.
- Combien leur verseras-tu? - Cinq mille.
- Elles voudront davantage. Je le sais. - Elles auront ce qu'elles veulent.
À payer après le mariage de Lyle et Camille.
L'encaissement sera une tout autre histoire.
Tu es mon genre de femme, Esther.
Pas devant la porte, idiot.
Tu devrais le savoir. Allez, viens.
Allons, les filles.
J'épouserais bien Lyle, moi.
Il est mignon.
La ferme, Magnolia.
N'empêche.
Camille va l'épouser. Tout est arrangé.
C'est terminé entre Scott et moi.
Tu devrais y réfléchir. Le Nord pourrait te plaire.
Le capitaine Harker en disait beaucoup de bien.
Je ne peux pas partir. Tu le sais.
Si quelqu'un d'aussi séduisant que Scott Bennett me le demandait...
Quel joli nom! Roseanne Bennett.
C'est presque musical, vous ne trouvez pas?
Tais-toi, Magnolia!
Eh bien, ça l'est. Et j'accepterais.
Lily Lee, tu devras envisager le mariage toi aussi.
J'aime ma liberté.
Au diable ta liberté!
Nous n'avons plus d'argent. D'ailleurs,
Violet a vendu presque tous les bijoux de maman.
Elle n'en avait pas le droit. Ils nous appartenaient à toutes.
Je n'avais guère le choix.
Après, ce sera le tour de l'argenterie.
Vous voyez comme il nous faut de l'argent?
Je peux me marier avec lui si vous voulez!
Qui voudrait de toi?
Ne parle pas comme ça à ta sœur.
Elle pourrait te surprendre un jour ou l'autre.
Avant sa mort, maman a tenu à ce que nous nous tenions toutes les coudes.
Elle savait que les temps seraient difficiles.
Quel serait l'avantage d'épouser Scott? Il n'a pas d'argent.
Il faut penser à l'avenir.
Investir du temps.
Je ne crois pas pouvoir devenir une épouse.
J'ai ma propre façon de faire. Comme vous toutes.
C'est ce que nous a légué maman. L'indépendance.
Mais ça ne met pas de pain sur la table.
Où est Camille?
Elle fait la sieste à l'étage.
J'imagine qu'une femme peut s'adapter à toutes les situations
si elle y est obligée.
Voilà qui est mieux, ma chérie.
Camille dit que Lyle n'est pas une très bonne prise.
Mais les Lawson ont de l'argent.
Des nouveaux riches, mais riches quand même.
Elle dit qu'il y a une maison par-delà la colline
dont elle aimerait faire l'acquisition.
Elle l'obtiendra, ma chérie. Tu verras.
Et Daisy May? Qu'allons-nous faire avec elle?
Pas de mariage pour elle.
Elle pourra rester ici. Nous en prendrons soin.
Il suffira de la nourrir.
Cette maigrichonne mange très peu.
Je ne sais pas encore ce que nous en ferons.
Je suis fatiguée.
Si vous le permettez, je vais me coucher.
Qu'est-ce qui a provoqué ça?
Dès que nous tenons une discussion importante, elle s'en va.
Peut-être qu'elle se fiche de ce qui nous arrivera.
J'espère que ce n'est pas le cas.
- À quelle heure dois-je y être? - Au crépuscule.
Je te donnerai tous les détails.
Seigneur, prends bien soin de maman et papa là-haut
et dis-leur qu'on les aime et qu'ils nous manquent.
Avec tout notre amour, amen.
Amen.
Violet, je vais aller récupérer ce qu'il reste de citronnade sur la véranda.
- Tu en veux? - Non merci, Iris.
Je vais faire un peu de rangement et filer tout droit dans ma chambre.
Je suis épuisée.
D'accord, ma chérie.
Je vais rentrer.
On en rira encore un peu plus tard.
Embrasse-moi.
Tu ferais mieux de partir.
Et ne sois pas en retard.
Hue!
As-tu vu Augusta?
Pas de la journée, Violet.
Où sont-elles passées, elle et Nana? Pas encore dans le cellier, j'espère.
En trouvant Nana, tu trouveras Augusta.
Elles sont inséparables.
Envoie-la-moi si tu tombes sur elle.
J'y veillerai.
Allez, hue ! Allons-y!
Allez, mon cœur.
Je croyais que tu m'aimais, Lyle!
Que vais-je devenir?
Tu ne veux pas te marier. Tu l'as dit mille fois!
Je ne le pensais pas!
Je te verrai le plus souvent possible.
Pas question que je fréquente un homme marié!
Je ne le suis pas encore!
Rebecca, écoute-moi, ma chérie.
Va à l'intérieur. J'arrive tout de suite.
Que vas-tu faire?
Rentre, je vais réfléchir à une issue. Allez.
Tout le monde saura que j'ai pleuré.
Trouve une excuse.
- Allez, file. - Mais je t'aime!
Rentre tout de suite!
Lyle.
Lyle.
Ça va de mal en pis, papa.
Si seulement tu étais là avec moi.
Tout irait bien.
Parfois, j'ai envie d'aller te rejoindre.
Tout serait plus facile.
Mais que feraient les filles sans moi?
Je suis le centre de leur vie.
Sans moi, elles n'existeraient pas.
Nous le savons tous les deux, pas vrai, papa?
Papa...
Si je te confie un secret, tu ne le révéleras à personne?
Promets-le-moi.
Très bien.
Parfois, je souhaiterais être morte.
Et j'ai souvent envie d'aller te rejoindre ces temps-ci.
Je ne pourrai pas continuer comme ça très longtemps.
Papa, pourquoi es-tu parti en me laissant derrière?
Je t'aime tellement.
Et tu me manques.
Papa!
Reviens et emmène-moi!
S'il te plaît!
Papa...
Je t'en supplie!
Petite catin!
Sale traînée!
- Depuis combien de temps ça dure? - Un an!
Tu t'avilis depuis tout ce temps?
Avec ce bon à rien de...
Debout!
Debout!
Tu t'en fiches!
Pendant tout ce temps,
tu as déshonoré notre nom! Il ne signifie rien pour toi?
Que devais-je faire?
J'ai besoin d'argent pour vivre comme je l'entends!
Je n'arrêterai pas!
Tu es indigne d'être une Lafleur!
Maman se retournerait dans sa tombe si elle savait!
- Qu'importe? - Ça m'importe à moi!
Assez pour m'assurer que tu ne verras plus jamais le lever du jour!
Que vas-tu faire?
Je vais te tuer!
Tu ne peux pas faire ça à ta propre sœur!
Tu n'es pas ma sœur!
À genoux, putain!
Répète après moi!
"Je remets mon esprit..."
"Je remets mon esprit... !"
- "Entre Tes mains, Seigneur !" - "Entre Tes mains, Seigneur..."
- "Pardonne mes péchés !" - "Pardonne mes péchés..."
- "Amen !" - "Amen..."
Non ! Non!
Andy Milligan n'a jamais terminé House of the Seven Belles.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.