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Que faites-vous ? C'est une chanson de martyre, pas un éloge.
Allez, reprenez depuis le début.
- C'est un péché, mais je rêve encore d'un ragoût. - Qu'as-tu contre les pâtes ?
Pourquoi ne pas l'appeler Concilio ? Je ne comprends pas.
C'est un sujet très controversé.
Les beaux seins des saintes, doux comme du miel doré.
Priez pour nous, notre père.
Votre dévotion et votre sacrifice
seront récompensés.
Les hommes d'églises sont plus proches de Dieu, unis par le sacrifice du Christ.
Je vous baptise ainsi pour que meurent vos péchés et que vous ressuscitiez sur la croix
pour que le mariage unisse les mariés par le sang du Christ
pour retrouver la vie égarée dans le péché par la pénitence.
Le sacrement du baptême
est un symbole du lien intérieur profond avec Jésus.
- Ca suffira pour aujourd'hui. - Que fais-tu ?
Etudiez bien ces chapitres sacrés car vous serez interrogés la prochaine fois.
Levez-vous, Tonino Niscemi ! Vous n'avez pas honte, cochon ?
Je vous envoie tout de suite voir le directeur.
On verra ce qu'il en pense.
C'est ça que vous faites durant les cours, Tonino ?
La Sainte Eglise a besoin de soldats valides,
capables de retenir leurs mauvais instincts. Vous comprenez ?
Vous ne savez pas vous contrôler, Niscemi !
C'est pour cela que je vous renvoie chez vous, Tonino.
Faites un examen de conscience près de votre famille avant de vous décider.
Considérons cela comme des vacances pour permettre à votre fils d'évaluer sa condition spirituelle.
- Ce n'est pas possible ! C'est ce prêtre que j'ai... - Encore ?
Et ensuite, il dit que...
- Où est don Salvatore ? - Dans sa chambre.
C'est mauvais signe, à chaque fois
dès qu'il se lève et jusqu'à qu'il aille au lit.
C'est vrai. Hier, il m'a demandé 10 000 lires. Il a dit qu'il gagnerait à la loterie avec.
- Il avait vu les numéros en rêve. - Bien sûr ! La dernière fois, il a gagné ces bougies.
Ce vêtement est trop serré, Mimi ! Ca doit se porter large.
- Il y a du changement. - Toujours pareil ! Et tout disparaît dans cette maison.
Tu es plus gros de jour en jour. Jusqu'où ça ira ?
Je n'y peux rien si ces vêtements ne me vont pas.
Tu restes toute la journée ici en mangeant toutes les demi-heures.
Je devrais ressembler à un top model, l'apparence est importante pour le fils d'un baron.
Tu vas à un mariage ou à des funérailles ?
Papa !
Papa, tu veux bien ouvrir ?
Papa, que fais-tu enfermé là-dedans ?
- Je me doute de ce que tu veux. - C'est urgent, papa !
Sors de là, il faut qu'on parle.
Par tous les saints, que fais-tu habillé comme ça ?
Tu vas à un bal costumé ?
- Qu'y a-t-il ? - Ça concerne Tonino.
Que veux-tu encore lui faire ?
Ça ne t'a pas suffi de l'envoyer dans un séminaire et de gâcher sa vie ?
- Alors, que se passe-t-il ? - Ils me disent de venir le prendre.
Pourquoi, il s'est fait une religieuse ?
- Que dis-tu, papa ? - Ne m'appelle pas "papa".
Et je préfèrerais que tu sonnes la cloche quand tu veux me voir.
Pourquoi te comporter comme ça avec ceux qui t'aiment ?
Tu ne comprendras jamais.
Je comprendrais si tu étais plus sage. Mais n'en parlons plus.
- Oui, ça vaut mieux. - Mais je ne peux pas récupérer Tonino.
J'ai des choses importantes à faire, et Mimi doit rester avec moi.
- D'où tient-il ces habitudes ? - Sûrement pas de toi.
Il est sérieux, intelligent, et ne pense pas aux femmes.
- Et il a l'esprit pur. - Plein de qualités que je n'ai pas.
Il faut penser à Tonino.
On pourra se mettre d'accord si tu me paies les frais de voyage.
Il me faut une voiture luxueuse avec chauffeur, et ce qui va avec.
- Combien pour le forfait ? - 40 000.
D'accord. 18 000.
20 000 ?
Ce parfum est infect !
"La Nuit Parisienne", un authentique parfum français !
Mais tu n'y connais rien !
Voilà don Salvatore !
Tu veux que je prenne mon petit-fils là-dedans ?
3 000 lires, c'est déjà trop peu, don Salvatore, croyez-moi.
3 000 lires, plus l'essence et les repas. Que veux-tu de plus ?
Allez devant si vous voulez.
Bien sûr ! Comme ça les gens croiront qu'on a un lien de parenté.
Tu crois que je monte pour la première fois ?
Je suis le baron et toi le chauffeur, que ce soit bien clair !
Démarre.
- Vous préférez être mal assis ? - Mêle-toi de tes affaires !
C'est toujours commode d'avoir un prêtre dans la famille.
Mon fils le croit aussi, mais ce n'est pas mon avis.
Arrête-toi, je vois un kiosque. Je voudrais prendre un magazine
instructif.
- Pourquoi ris-tu ? - Je vois à quoi vous pensez par "instructif".
La fin justifie les moyens.
Je préfèrerais me faire moi-même moine pour ne pas avoir de prêtre dans la famille.
- Qu'est-ce qui vous prend, don Salvatore ? - Tais-toi et conduis !
Vauriens ! Fils de putes !
- J'ai oublié de te donner ça. - Merci !
Si la tentation de la chair est trop forte, regarde ce tableau et sois dur comme un saint.
- Je suis dur. - Au revoir, Tonino !
Voilà ton grand-père. C'est gentil, il est venu te chercher.
Mais pourquoi n'êtes-vous pas entré pour attendre votre petit-fils
au lieu d'attendre au soleil ?
- C'est mon allergie. - Votre allergie ?
Oui, l'encens me fait éternuer.
Je le sais, mon fils, mais vous devriez commencer
à vous réconcilier avec le Seigneur, car tôt ou tard nous comparaîtrons devant lui.
- Je préfère plus tard. - Vous lisez des revues incandescentes ?
Ce n'est pas pour les personnes de votre âge.
Vous devriez avoir honte, don Salvatore. L'incontinence est un péché mortel,
mais vous vous en moquez.
Va, mon fils.
Que Saint Anthonio te protège.
- Grand-père ! - Mon petit Tonino !
Laisse-moi t'embrasser.
- De quoi j'ai l'air, grand-père ? - Tu es un peu pâle.
Allez, dépêche-toi de monter.
Qu'y a-t-il ? Ça ne pas te mordre.
En route. Tu ne devrais pas écouter ce prêtre,
il ne sait pas apprécier les oeuvres du Seigneur.
C'est sans doute cette femme qui l'en empêche.
Mon petit, tout ça est mieux que les vitamines.
Tu aimes les femmes ?
Tu n'aimes pas ces créatures saintes ?
On ne doit pas regarder certaines choses.
- On doit faire voeu de chasteté. - Mais quel voeu ?
Tu ne voudrais pas me faire croire que les femmes te répugnent ?
Allez, réponds à ton grand-père ! Tu me fends le coeur.
Alors, elles ne te répugnent pas, n'est-ce pas ?
Tu reviens à la raison !
Tu as déjà commencé à te frotter le mât ?
Pourquoi me regarder comme ça ? Ce n'est pas à un prêtre que tu parles !
Allez, réponds-moi !
- Je ne commets pas de péché de chair. - C'est dommage de ne pas faire certaines choses.
Saint Anthonio ne pensait pas comme ça.
Toi et ton Saint Anthonio... Que fais-tu à l'école ?
Je joue au football. Mes idoles sont Saint Anthonio et Chenaniah.
Chenaniah ? Je ne la connais pas, cette sainte. Elle est bonne ?
Arrêtons-nous chez Lola pour manger
vu qu'il n'y a personne à la maison à part Rosalia, et elle me retourne l'estomac.
- Et où sont les autres ? - Je ne m'intéresse pas à leurs affaires.
Sans se presser, nous devons arriver quand il n'y aura pas beaucoup de monde.
Dieu vous bénisse !
- C'est quoi, cette histoire ? - Une histoire d'intérêt.
- Pas une histoire d'amour ? - Il ne peut pas y arriver.
Ca ne durera pas.
- Comment ils se sont connus ? - En s'écrivant des lettres.
- C'est romantique ! - Ouais... Il n'a même pas écrit ces lettres.
- Carmela est étrange. - Et lui, il est beau ?
- Oui, très beau. - Sa femme s'est tuée pour lui.
Quoi ?
Il paraît qu'ils s'étaient disputés et elle s'est tuée.
Et dire qu'il est élégant et si riche.
- Voilà le marié ! - Je suis curieuse de voir la mariée.
Il paraît qu'elle est encore plus belle que sa première femme.
- Elle le fera cocu. - C'est passible d'une peine de 5 ans.
- Baron ! - Mes respects !
Carmela et lui se sont écrits des lettres romantiques.
- C'est une histoire d'argent. - Et aussi de connaissances,
car le baron Niscemi connaît la famille de Carmela.
Des connaissances intéressées par la fortune de mon père.
Toi, Carmela Paterno, prends-tu pour légitime époux
Vincenzo Niscemi ici présent, selon les lois sacrées du mariage ?
Oui.
Et toi, Vincenzo Niscemi, prends-tu pour légitime épouse Carmela Paterno.
Il est beau. Si je pouvais être à sa place...
Que dis-tu ? Il m'a l'air trop vieux pour elle.
Oui.
Au nom du père, du fils, et du Saint-Esprit.
- Qu'il en soit ainsi. - Amen !
Voilà quelque chose de fin. Par quoi veux-tu commencer ?
C'est toi que je veux manger, je me fiche des macaronis.
Quel beau morceau de femme !
Qu'est-ce que tu dis ?
- Je prie pour ton âme. - Prie pour quelque chose de plus important !
- Salutations ! - Don Salvatore, quel honneur !
Je t'ai emmené Tonino.
Il faut bien s'occuper de lui, il porte encore l'odeur du saint.
Et toi l'odeur du vice. Mais allons-y doucement avec lui.
Jamais ! Tant qu'y a de la vie, y a de l'espoir. - Avec l'espoir, on ne va pas loin.
Alors, que peut-on faire pour ce beau petit blond ?
Tu le sauras plus tard. Pour l'instant, faisons un bon repas.
Qu'en dis-tu, Tonino ?
Tu sais, don Salvatore, ton petit-fils fera un bon cavalier.
- Merci à toi. - Ce n'est rien.
Maintenant, je vais vous préparer un repas qui va vous régaler
et dont Lola a le secret. - Merci !
Viens.
Si tu essayais de lui faire l'amour, tu verrais ce qu'est le paradis.
Qu'y a-t-il là-dessous ?
Don Salvatore, tu es encore là à essayer ?
Tu sais, quand on ne peut plus manger, on se contente de sentir l'odeur.
- Pas vrai, Tonino ? - Tu ne vois pas que le pauvre garçon rougit ?
N'y fais pas attention, Tonino, ton grand-père ne parle que de sexe.
C'est une obsession.
Alors, tu ne manges pas ?
Je vais t'aider.
Une petite olive pour toi, toute noire.
Goûte comme elle est bonne.
Ca mérite un bisou.
- Pourquoi tu t'en vas ? - Tonino, où vas-tu ?
Aux toilettes !
Regardez ça.
Saint Anthonio, aidez-moi !
Il y a 2 oiseaux sur le blason de famille.
A vrai dire, le second est un dragon. Il n'y a qu'un seul oiseau, dans cette maison !
- Voilà Rosalia. - Enchantée.
Viens, chérie.
Tu as l'air stupéfaite, Rosalia.
Voilà ta nouvelle maison, Carmela. J'espère qu'elle te plaît.
Qu'en penses-tu ?
C'est tombé tout seul. Tu en veux, maman ?
Je te montre le reste de la maison ?
Tu veux peut-être te changer ? Viens.
Ce chien est très vicieux.
Alors, la maison est à ton goût ?
Il y a les bougies, ici.
Elles sont molles. A cause de la chaleur, bien entendu.
Il faudrait mettre l'air conditionné.
L'air conditionné ?
- C'est Tonino. - Tonino ?
- Papa ! - Tonino !
Comme tu as grandi, Tonino !
Tu es devenu un homme !
- Tu as prévenu Tonino, papa ? - Jésus-Marie-Joseph, ça m'a échappé !
J'aurais dû t'écrire plus tôt, mais c'est peut-être mieux comme ça.
Tu dois comprendre qu'un homme ne peut rester seul toute sa vie.
Je me suis remarié.
Allez, regarde-moi !
Apprends à m'aimer, car maintenant c'est moi ta maman.
J'ai bien dit "maman". Ta maman.
Ne fais pas cette tête, on dirait qu'un scorpion t'a piqué.
Carmela est ta nouvelle mère. C'est normal qu'une mère embrasse son fils, même prêtre.
- Pas encore prêtre ! - Quoi ?
Bienvenue, ma fille !
Papa, on voudrait faire visiter la maison à Carmela.
Accorde-moi l'honneur de te faire visiter.
Tu es en de bonnes mains avec moi.
Pourquoi tu n'as pas enlevé tout ça ? Ca aurait pu impressionner Carmela.
Viens dans mes bras.
Mama mia...
Serre-moi fort, Carmela.
Tu manges comme un porc.
Bonjour, les fiancés !
Voilà ta nouvelle famille réunie pour le petit-déjeuner.
Je t'ai dit de manger lentement.
Je ne prends qu'un thé, le matin.
- Qu'as-tu dit ? - Du thé.
- Du thé anglais ? - Précisément.
Continental.
Nous, nous prenons du café au lait depuis l'époque des dinosaures.
Vous mangez comme si c'était Noël. C'est écoeurant.
Demain, ce sera juste un thé et une biscotte. Et c'est valable pour tous, compris ?
Débarrassez la table !
Mon trésor...
Et enlève-moi cette moustache !
Elle a un problème, ma moustache ?
- Que regardes-tu, toi ? - Rien.
Je venais pour t'aider.
Alors viens et aide-moi.
Qu'y a-t-il là-dessous ?
Que fais-tu ? Va chercher les oeufs là-haut.
Je veux faire un soufflet, aujourd'hui.
Attention !
Pauvre Fifi !
Tu as une belle soutane. C'est au séminaire que tu l'as eue ?
Je bois à ta beauté, Carmela !
Quelle symphonie !
Tu as mis longtemps. Que faisais-tu seul dans le poulailler avec Carmela ?
- Que dis-tu, grand-père ? - Ne t'énerve pas, je plaisantais.
Mais dis-moi à quoi tu as joué pour avoir toute cette paille sur toi.
- Je suis tombé de l'échelle. - Et pourtant, elle était sur l'échelle.
- Non. - Comme elle aussi était couverte de paille.
- Dis-le-moi. - Quoi ?
Que tu rêves d'elle. Qu'elle te plaît, nom de dieu !
Qu'est-ce qu'ils en savent ? Maman... mais quelle maman !
Et je devrais me dire que c'est ma fille quand je la vois marcher avec ce cul ?
Moi, Don Salvatore Niscemi, je devrais me dire :
"ne regarde pas le cul de ta fille"! Allons...
Comme ça ! C'est comme ça que j'aime.
Et enlève ton genou, ça me fait mal.
Comme ça, Carmela.
Une fois aujourd'hui et 4 fois hier.
Encore ?
Tu as vu comme tu es belle, Carmela ?
Et maintenant, dis-moi qui je suis.
Mon amour.
Ne me fais pas mal.
Oh, Carmela.
Où vas-tu ? Tu me laisses seule ?
Carmela, je ne suis qu'un homme. Tu veux me consumer ?
"Comment prolonger l'orgasme"
Chéri !
Chéri !
Pourquoi es-tu resté dans le bain si longtemps ?
Je cherchais dans l'armoire à pharmacie des pilules contre ce mal de tête.
- C'est atroce ! - Ca fait trois jours que tu as mal à la tête.
Tes maux de tête disparaissent d'eux mêmes, je ne sais quoi faire pour me débarrasser des miens.
Quand ce mal de tête arrive, c'est terrible car plus rien ne fonctionne.
C'est seulement ta tête qui ne fonctionne pas ?
Ce à quoi tu penses fonctionne très bien
mais je ne peux pas me concentrer quand j'ai d'autres idées en tête.
- Où vas-tu ? - Voir Tonino pour parler.
Ce petit m'inquiète beaucoup.
- A cette heure-ci ? - Oui, à cette heure-ci !
Tais-toi, Fifi !
- Trois jours que papa ne fonctionne plus. - Tonino !
- Tonino ! - Oui.
Tu dormais ? Excuse-moi un instant.
Selon toi, faut-il avoir un but dans la vie ?
Oui, celui d'éviter les plaisirs terriens. C'est ce que dit Saint Anthonio.
Même Saint Anthonio le dit ? Et que dit-il d'autre ?
Voilà...
Il est presque meilleur que l'original. Ils ne remarqueront rien, pas même mon fils.
J'ai remplacé toute la collection.
On ne repèrera jamais le vol.
Quand Saint Anthonio alla dans le désert pour s'éloigner de la tentation,
le diable, sous les traits d'une femme perverse, essaya de l'attirer dans le péché.
Que fais-tu, papa ? Va te reposer.
Non...
Alors même pour Saint Anthonio, ce n'était pas facile.
En effet. Et ça, on ne me l'a pas appris au séminaire.
Mon amour.
Alors ?
Qu'y a-t-il ?
- Qui est là ? - C'est moi.
Mimi ! Que fais-tu par terre ?
Ne tire pas !
- Mais que fais-tu ? - J'ai trébuché.
Seigneur, je vous en prie !
- Tu voulais faire un repas de minuit ? - Attention, mon zizi !
Je voulais juste boire, et j'étais affamé.
Tu étais affamé ? Après avoir dévalisé toute une épicerie ?
Tu dois cesser tout ça. Tu pèses déjà plus de 90 kilos.
Tu veux finir comme une grosse boule ?
Rosalia, remets tout ça dans la cuisine et verrouille-la bien, compris ?
Ce n'est pas un être humain, c'est un cannibale !
Ton appétit ne sera jamais satisfait.
Tu as une marque juste sur le sein. Qu'est-ce que c'est ?
Arrête de la toucher avec tes mains baladeuses, papa.
Et toi, pourquoi tu ris ?
Retournons dans la chambre, Carmela.
Quelle peur tu m'as fait !
Ne mange pas le sol.
Qu'as-tu ? Carmela t'obsède ?
Moi aussi, tu sais.
Tu ne manges pas, Mimi ? Tu as des problèmes de coeur ?
Tu devrais aller dans une clinique. Tu as de ces cernes.
- Que fais-tu habillé comme ça ? - Ma soutane a disparu.
Quelqu'un sait où elle est ?
Peut-être toi, grand-père ?
Moi, pour en faire quoi ? Non, je ne la toucherais pour rien au monde.
- Bonjour. - Bonjour.
C'est froid.
C'est trop froid, trop chaud, trop clair, trop foncé.
Vous vous prenez pour une princesse ? Je m'en vais !
Arrête-toi, Rosalia ! Ne me manque pas de respect !
Je préfère mourir.
Elle mettra même les cornes à monsieur. Mais elle sourira en le faisant.
Tu l'as entendue ? De quelles cornes parle-t-elle ?
- C'est une vieille histoire. - Comment ça ?
- En Sicile, on tue pour l'honneur. - Pourquoi ne pas légaliser le meurtre ?
- Pourtant, on meurt en prison. - Pourquoi ne pas te venger, maintenant ?
C'est une vieille histoire.
Comme celle sur la virilité des siciliens ?
Sur ce point, tu peux le croire.
Tonino, viens m'aider.
Et l'air conditionné ?
Le reste ne fonctionne pas, mais ta mémoire fonctionne très bien.
Pourquoi Carmela est aussi nerveuse ?
Encore une autre histoire...
Ton père ne m'a pas dit pourquoi ils t'ont renvoyé du séminaire ?
- Ils ne m'ont pas renvoyé. - Alors tu veux encore devenir prêtre ?
Si Dieu le veut.
Que vient faire Dieu là-dedans ? Tu as la vocation ?
Je ne comprends pas pourquoi vous doutez tous de ma vocation.
Parce que les bonnes intentions ne suffisent pas.
- Que veux-tu dire ? - Tu m'as bien comprise.
Et ne me raconte pas d'histoires.
J'ai bien vu que tu ne passes pas tes nuits à prier.
Tonino ! Pourquoi t'enfuis-tu ?
Je voulais dire à Carmela que ton père est parti à Palerme pour l'air conditionné.
Tonino, qu'y a-t-il ?
Où vas-tu ? Reviens !
Je ne comprends vraiment pas ce gosse stupide.
Je fais quoi avec 18 000 lires de pension ?
J'attends un colis en recommandé de Lugano.
10 000 lires.
Elle est chère, mais de bonne qualité. Mon cousin s'en sert, lui aussi.
Vous serez comme un turc avec ça.
Pas besoin de me montrer vos papiers. Je vous connais, vous êtes le baron Niscemi.
Tonino, tu peux m'apporter un verre de vin ?
Tout de suite.
Merci.
C'est bon pour le sang. C'est Rosalia qui l'a choisi ?
Non, c'est Carmela.
Elle amène de la fraîcheur dans cette maison.
Et elle est si belle !
Marchons un peu. J'ai tant de choses à te dire.
Elle te plaît, Carmela ?
Tout le monde le sait, même les saints.
Un saint doit être capable d'apprendre.
Et une fois qu'il a appris, voudra-t-il rester un saint ?
- Crois-moi. - Si tu étais à ma place.
Si j'étais à ta place, j'essaierais au moins une fois.
- Essayer quoi ? - De voir si j'aime baiser.
Carmela n'est pas la seule fille, tu sais.
- Rosalia ! - Celle-là ?
Si encore elle était attirante, mais là...
C'est à Lola que je pensais. Si tu veux, je lui parlerai.
On trouvera un accord. Ce n'est qu'une question d'argent.
Je t'arrangerai ça pour ce soir.
Ce soir ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ? - Tonino ! Belle façon de parler !
N'en parle à personne. Si ton père apprend que je t'ai arrangé ça.
- Et si ça ne marche pas ? - Quoi ?
La baise.
Qui a touché ma pommade ? Je voudrais bien le savoir.
Mince, c'est écrit en chinois,
en allemand, en français, et en portugais.
Ah,
"Vigor" sert à combattre la fatigue et à augmenter la virilité de l'homme.
Parfait !
Et maintenant... à nous deux, Carmela !
Ce soir, le turc va te montrer !
Carmela ! Parole d'honneur,
ce soir, tu vas monter au ciel !
Je me sens affamé, avide.
Je me sens comme un vrai barbare !
Qu'est-ce que je dis ? Un oiseau de proie.
Ou encore mieux un taureau.
Viens, Carmela. Ce que tu es belle à voir !
Viens sur le lit.
Je vais te prendre !
Et alors ?
Alors,
pardonne-moi, Carmela !
Je voudrais vraiment être avec toi, je me sens si bien.
Je voudrais t'offrir une télé, un frigo et tous les conforts.
Je t'offrirais toute ma vie. Mais je ne peux pas, Carmela.
Tu es insensible à ma douleur.
Et pourtant, ce soir... rien du tout.
Quoi ?
- Tonino, si tu savais. - Que se passe-t-il, grand-père ?
Un miracle !
Regarde, ça fait trois heures qu'elle est aussi dure !
Elle est en fer, comme la Tour Eiffel !
Que cette "Vigor" soit bénie ! Quelle pommade !
- Qu'est-ce que je peux y faire ? - Aide-moi, Tonino !
Emmène-moi chez Lola. Je veux voir ce qu'elle fera devant ce monument.
- A cette heure-ci ? - Oui, à cette heure-ci !
- Tu as pensé à prier ? - Pourquoi prier ?
Lola en sait beaucoup plus là-dessus que le Seigneur.
Va réveiller Mimi pour qu'on prenne sa voiture.
Tu vas être surprise, Lola !
Mon Dieu ! Qui est là ?
- Que voulez-vous ? - On cherche Lola.
Lola ! Tu as de la visite !
- Réveille-toi, j'ai de la visite ! - S'il te plaît, laisse-moi dormir.
J'ai de la visite !
Qui c'est ?
C'est don Salvatore, il veut monter. Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas.
5 000 ! C'est un cas urgent !
Un cas désespéré !
- Ca ne peut pas attendre demain ? - Pourquoi demain ? Tout de suite !
- Je te donnerai 10 000. - Très bien, monte dans 5 minutes.
C'est énorme !
Don Salvatore, ça fait longtemps que tu ne l'as pas fait ?
Il me semble que c'était dans les années 40 ou 50.
Bon, n'en parlons plus.
- Tu as essayé l'eau froide ? - Je ne veux pas attraper une pneumonie.
- Tu ne peux rien faire, toi ? - Rien.
Rien du tout ?
- Tu as essayé de ne plus y penser ? - Comment faire pour arrêter d'y penser ?
Je ne veux pas que vous regardiez. Allez, dehors !
- Tu ne vas pas sortir, Tonino ? - Non. Toi aussi, tu sors, Tonino.
Sors !
- Qui pouvait s'en douter, don Salvatore ? - Oui.
Seigneur, pardonne à ces pécheurs.
- Le grand-père ! - Mais non, c'est la vieille.
Pourquoi c'est toujours occupé ? De jour comme de nuit.
- Tonino, Mimi ! - Partons vite, Mimi !
A l'aide ! Tonino, Mimi ! Ce n'était pas ma faute, je vous le jure !
- Mon Dieu. - Grand-père !
- Ca l'a frappé soudainement. - Que peut-on faire ?
Emmenons-le à l'hôpital.
Doucement,
doucement, ne lui faites pas mal à la main.
Je peux entrer ?
- Vous êtes de la famille ? - Son fils.
Je vous en prie, entrez.
- Tu espérais me voir mort ? - Que dis-tu, papa ?
- Je suis peut-être bon pour le cimetière... - Calmez-vous.
...mais je suis toujours un vrai mâle !
- Cette pommade était à votre fils ? - Oui.
Alors, mon cher ami, votre père n'a pas à s'inquiéter.
Dans trois semaines maxi, il sera sorti.
Je m'inquiétais.
- Comment s'appelle-t-elle ? - Qui ça ?
La pommade.
"Vigor".
- Où l'avez-vous eue ? - A la poste.
Je veux dire qu'on me l'a envoyée par courrier.
Allez au laboratoire lui faire des analyses.
- Mon père est malade, docteur. - C'est toi qui le dis !
J'aimerais bien voir ces résultats.
Bon sang, quelle chaleur !
Tiens-le bien ou je vais en mettre à côté.
- Que fais-tu ? - J'aime l'odeur des tomates.
Vu ce que j'ai sué, tu ne sentiras pas la tomate.
- Attention ! - Désolé.
Goûte, c'est bon.
Tu veux me manger ou quoi ?
- Madame, je peux mettre la table... madame ? - Oui, pour Tonino et pour moi.
Vincenzo n'est pas encore rentré, et Mimi a la grippe.
Une indigestion, j'aurais juré que c'était ça.
Si c'était la grippe, il mangerait même le virus.
Manquait plus que cette contravention !
J'ai déboursé 300 000 lires pour ces analyses, et pour me dire quoi ?
Ça m'avance de savoir que son coeur bat.
Qui veut se marier juste pour déplacer les meubles ?
Je dois prouver que tout ça peut m'arriver à moi.
Je vais le prouver.
On verra ensuite si le baron Niscemi a vraiment quelque chose qui ne fonctionne pas.
J'ai besoin de toi pour pouvoir témoigner
qu'aujourd'hui, je l'ai fait deux fois.
Cette histoire doit être éclaircie.
Je dois reprendre le commandement, du matin au soir.
Ca devrait la calmer, n'est-ce pas ?
Carmela a changé ça en un complexe.
Combien de péchés tu me ferais faire !
Carmela doit travailler du soir au matin. Comme ça, elle sera fatiguée
et dormira la nuit. - Qu'en sais-tu ?
Les femmes doivent travailler si elles ne veulent pas devenir folles.
Mais oui !
C'est vrai !
Maintenant, faisons l'autre mur.
Tu te reposes pendant que je travaille ?
Désolé. Je t'aide tout de suite.
Nettoie-moi là.
- Tu ne peux pas demander à Rosalia ? - Que se passe-t-il ?
Vous avez tous peur de toucher une femme, dans cette maison ?
Allez, nettoie-moi.
Comme ça, c'est bien ?
Appuie plus fort
ou ça ne partira pas.
Et comme ça ?
Tu aimes ça ?
Salope.
- Qu'est-ce que tu as dit ? - Salope !
Allez, va prendre une douche pour te rafraîchir !
N'entre pas !
Et alors ? Pourquoi tu ne mets pas la chaise contre la porte ?
Tu as peur qu'on te voit nu ?
Ou peut-être as-tu quelque chose à cacher ? - Va-t-en !
Pourquoi tu me traites aussi méchamment ?
Faute de me considérer comme ta mère, considère-moi comme une amie.
Tu n'es ni ma mère ni une amie. Les amies comme toi, je m'en passe.
Attends, je vais te savonner.
- Je ne veux pas. - Pourquoi ?
Arrête !
Tu vois, je ne mors pas. Je vais bien te savonner.
Laisse-moi !
Et maintenant, le visage ! Fais-moi un sourire.
Je ne veux pas.
Arrête !
J'ai du savon dans les yeux !
Ca t'apprendra à m'insulter.
Salope !
Salope !
Ce n'est rien, juste une convocation pour le service.
Tu vas t'amuser ! On s'amuse tous à faire son service militaire.
- N'en fais pas un drame, Mimi. - Fais-le toi, le service militaire !
Je peux savoir ce qui se passe ? Qu'y a-t-il ?
- Tenez. - C'est sa convocation pour le service.
C'est pour ça que tu fais toute une histoire ?
Ne pleure pas, Mimi. Ils vont m'expliquer ce qu'ils te feront faire.
Je demanderai à un ami de te poster près de la maison.
Je connais des gens très haut placés, tu le sais.
Je n'ai qu'un appel à passer et tout sera réglé.
Ne désespère pas.
Garde à l'esprit que tu es le fils du baron Niscemi.
"Près de la maison"... Et on m'envoie à Bassano !
Ne pleure pas, cet uniforme te va bien.
C'était mieux de trouver un travail sédentaire, mais on ne peut rien y faire.
A ton retour, je te préparerai des cannoli
comme tu les aimes tant, Mimi !
Tu t'es trouvé une place, Mimi ?
Vous mangez ?
Il a senti l'odeur de la mortadelle !
C'est bon !
- Madame ? - Qu'y a-t-il ?
Les ouvriers sont là.
Ah, enfin !
- Je m'habille et je descends. - Pas besoin de descendre.
Ils disent qu'ils seront sur le toit.
Très bien. Appelle-moi quand ils auront fini pour que je vérifie.
Viens m'aider.
- On ne peut pas y arriver.
Mais... comment t'es-tu habillé, Tonino ?
Avec ton habit de première communion !
Ne ris pas ! Je t'en prie, arrête de rire.
- Tu les laisses te regarder ? - Quoi, tu es jaloux ?
Continue à faire le fier et tu finiras par exploser.
Tu me feras mourir de rire !
Que veux-tu de moi ? D'abord tu m'attires
puis tu me repousses.
Ca t'amuse ? Tu ne crois pas que moi aussi je devrais m'amuser ?
Tu sais ce que je pense, Carmela ? Que toi aussi tu veux te faire baiser.
Et toi, que regardes-tu, Saint Anthonio ? Je ne suis pas un saint.
- Comment vas-tu, grand-père ? - Quelle bonne surprise, Tonino.
Regarde, je t'ai apporté des fruits et des pâtisseries.
Est-ce que c'est Noël ?
- Comment tu te sens ? - Comme ci comme ça.
Je n'ai jamais aimé les hôpitaux. Ca pue le désinfectant et la mort.
Mieux vaut ne pas y penser.
- Comment ça va ? - Comme quoi ?
Avec Carmela ?
- Il y a un autre problème, plus grave. - C'est-à-dire ?
Tu avais raison. Je dois apprendre quel genre d'homme je suis.
Un saint ou un pécheur ?
Tournez-vous que je vous fasse l'injection.
La vieille est brusque avec moi. La seule chose qui m'intéresse,
ce sont les femmes et les culs.
Vous pouvez toujours mourir.
- Vous me faites mal au cul ! - Doucement...
Ces mains savent s'y prendre. Vous me prenez pour qui ?
Mon neveu Tonino.
- Quel beau garçon. - Merci.
Je vous le dis aussi, Don Salvatore doit se reposer.
Et qu'il cesse de toujours penser à la même chose.
Quelle chose ?
- Elle parlait sûrement des fentes. - Grand-père !
Tu n'es pas en mesure de parler de ça.
- Où est Lola ? - Aide-moi !
- Je suis pressé. Où est Lola ? - En cuisine.
Soyez maudits, toi et la charrette !
Tu t'es décidé ! Tu arrives en taxi, mais habillé comme un gentleman.
Mon grand-père m'a dit de passer ici.
Il m'a donné cette lettre.
- Elle est pour moi ? - Oui.
Don Salvatore va mieux ?
- Pas vraiment. On le soigne. - Voyons ce qu'il a écrit.
"Fais-moi une faveur. Dépucelle le messager de cette présente lettre.
En cadeau, tu auras 10 000 lires et une claque sur le cul."
Dis-lui qu'en faveur, je le fais gratuitement.
Viens ce soir après 10 heures.
Sers-toi de ton outil, Tonino.
A ton âge, une chatte en particulier ne compte pas, mais la chatte en général.
Que fais-tu ici ?
Attention ou je vais le dire à ton père.
Tonino, que fais-tu ?
Ah, tu regardais la photo.
Maintenant, tu restes ici jusqu'au retour de ton père.
Comme ca, tu pourras lui expliquer.
Tu ne passeras pas !
Ne bouge pas.
Va-t-en.
Viens, Carmela ! J'ai une surprise pour toi.
Deux billets pour une soirée à la mairie.
La première dame y sera, mais tu seras la plus belles de toutes.
- Comme vous êtes élégants ! - Merci.
Très élégants.
- Tu peux aller te coucher. - Ou regarder la télé, si tu veux.
Vous êtes gentils.
Quelle âme innocente nous avons là.
Mais tu dois goûter aux plaisirs de la vie, mon petit.
Tu me plais, toi !
Mais que fais-tu ?
Retourne sur le lit !
Tu es doux.
Laisse-moi te mordre.
On dirait un cadavre ! Ça ne m'était jamais arrivé avant !
Demande autour de toi qui est Lola !
Demande à ton grand-père !
Toute la Sicile vient voir Lola ! Elle te ferait redresser la tour de Pise !
Tu devrais peut-être porter cette soutane et devenir eunuque.
Eh non, je suis un mâle.
Tu as la peau douce comme une aubergine.
Je vais te faire quelque chose que ton grand-père adorait.
Quels goûts avait grand-père ?
Ne bouge pas...
Me voilà.
Me voilà qui arrive !
1,2...
Séminariste Niscemi ! On va aux putes, maintenant ?
Embrasse-moi !
Idiot ! Fils de pute ! Où vas-tu ?
Reviens, qu'on essaie à nouveau !
Malheureux ! Tu as tout à apprendre !
Qui a fermé la porte ? Manquait plus que ça.
Halte ! Mains en l'air ou je tire !
Que fais-tu ici, Tonino ?
Réponds-moi ! Que fais-tu ici ?
Tu ne vois pas qu'il prie ? Il a peut-être vu la Madone.
La Madone, tu dis ? Alors on est ruinés !
Qu'arrivera-t-il si quelqu'un vient à l'apprendre ?
Les gens viendront ici, croyant que c'est un endroit sacré,
et notre récolte d'oranges sera foutue.
Tu vois, mon oncle,
il pourrait m'être utile d'avoir un saint dans la famille.
Pourquoi ?
On pourrait mettre une étiquette "fruits bénis" sur les cartons d'oranges.
Ce serait un péché et qui pourrait se le permettre?
Je sais que ce serait une affaire en or, mais tu sais,
certaines choses sont gênantes si on ne les fait pas en privé.
Je comprends qu'on veuille en profiter, mais tu sais ce que j'en dis ?
Ecrivons une belle lettre au séminaire. On verra s'ils reprennent Tonino.
Tu as vu Tonino ?
Il devient plus pâle de jour en jour.
C'est normal. A son âge, il est en pleine croissance.
C'est sans doute ça.
- Quoi ? - Tu veux le faire ?
Il n'est pas un peu tôt ?
Il n'y a pas d'heure pour ce genre de chose.
- Tu as oublié la Madone ? - De quoi parles-tu ?
Et si Tonino l'avait vraiment vue ?
Tu préfères attendre qu'il rentre au séminaire.
Dans ce cas, mieux vaut remettre à plus tard.
Désolé...
Carmela !
- Qu'y a-t-il ? - Mama mia !
Ménagez-le.
Vous êtes tous là.
Je voudrais vous parler l'un après l'autre.
Et ne le contrariez pas.
Comment c'était avec Lola ?
Bien.
Tu as tout fait ?
Pas tout, mais j'ai commencé.
Je souhaite que tu termines.
C'est beau de baiser, mais tu ne veux pas le comprendre.
Je me dis que j'aurais tellement voulu
mourir en baisant.
Tu me feras une grande faveur ?
Tout ce que tu voudras.
Alors ne deviens pas prêtre.
Et ma vocation ?
Ta vraie vocation c'est les femmes.
Peut-être que Lola n'était pas ton genre, tout simplement.
- Tu dois sauver Tonino. - Que puis-je faire ?
Ecoute...
Que dis-tu, don Salvatore ?
Donne-moi ta main, Carmela.
Serre-moi fort.
Voilà, comme ça.
Je reconnais que j'ai un peu peur de mourir
mais j'aurai plus de courage si tu me tiens la main.
Je laisse ma vie en ces belles mains en échange de ta promesse.
Ca sera notre secret.
Fais de lui un homme, c'est important.
Et ne pleure pas. Maintenant, je peux mourir heureux.
Souris !
Tout m'échappe des mains.
- Des nouvelles du séminaire ? - Pas encore, chérie.
Comment ça ? Cette lettre est là depuis trois jours.
- Elle vient du recteur ? - Oui, c'est écrit dessus.
"Séminaire sacré des convertis de Jésus".
Comment est-ce possible ? Je suis toujours le dernier à être informé.
Je t'ai dit 100 fois que les lettres qui me sont destinées vont sur cette table.
- Qui l'a mise là ? - Je ne sais pas, mais elle est là.
Ils l'ont trouvée, alors ?
C'est le recteur.
Il me demande de ramener Tonino.
L'histoire sur la Madone l'a surpris.
Tu es content, maintenant ? C'est bien ce que tu voulais ?
Tonino, la vocation est une chose qu'on a ou qu'on n'a pas.
Et je suis sûr que tu l'as.
J'ai des choses à faire en ville, Carmela. En rentrant, j'accompagnerai Tonino.
Tant que tu y es, emmène Rosalia pour qu'elle fasse les courses.
Je reviens dans quelques heures. Au revoir, chérie.
- Vite, Rosalia, je n'ai pas de temps à perdre. - J'arrive !
Laisse, je m'en occupe.
Je ne crois pas à l'histoire sur ta vision.
Tu vas le dire à papa ?
Non, je ne lui dirai rien.
La promesse, Carmela.
Carmela !
Ça a porté ses fruits.
- Carmela ? - Quest-ce qu'il y a ?
- Tu dormais ? - Comment ?
- Tu dormais ? - Oui, je dormais.
Je voulais te dire que la vache a mis bas.
Qu'est-ce que tu dis ?
La vache a mis bas, chérie !
Elle a mis au monde un beau petit veau.
Il a même les cornes !
Que préfères-tu lui mettre sur la tête ? Un chapeau ?
Tonino, tu n'es pas encore prêt ?
- Que fais-tu là-haut ? - Je prends un peu d'air frais.
Tu fumes ?
Je fume.
J'ai l'impression que je viens juste de naître.
Tu es nu ?
Seigneur ! Tu ne te sens pas bien, Tonino ?
Mieux que je ne me suis jamais senti.
- Je voulais te faire part d'une décision. - Tu veux créer un scandale ?
Que fais-tu, Tonino ? Essaie de dire quelque chose, Carmela !
Je ne retourne pas au séminaire. Je reste ici.
C'est de la folie !
Mais que fais-tu, Tonino ? Descends !
Dis-lui, Carmela ! Descends de là, Tonino.
Que fais-tu là-haut ?
Jésus-Marie-Joseph... Quel scandale !
Qu'est-ce qui a provoqué tout ça ?
Je n'y comprends plus rien. Il est devenu comme son grand-père !
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