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[UNE BRISE LĂGĂRE SOUFFLE]
[UN COQ CHANTE AU LOIN]
[PĂPIEMENTS, BOURDONNEMENTS]
[UN CHIEN ABOIE AU LOIN]
[FEMME] Regarde, Lisa, comme c'est charmant.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un Ćuf.
- Et qui fait ça ? - Des poules.
Oui !
Tu vas manger des Ćufs frais tous les jours, ici.
Tu es contente ?
Oui ?
Tu vas jouer au jardin ? Je dois parler avec la dame.
Si je ne rentre pas pour Noël, vous pouvez la garder ?
En général, les parents reviennent à cette période de l'année.
Je suis en tournée à l'Olympia.
Elle sera mieux ici, au bon air.
Le papa, peut-ĂȘtre ?
Il est israĂ©lite, il fĂȘte pas NoĂ«l.
Effectivement.
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE AU PIANO]
[MĂRE] Je compte sur votre discrĂ©tion.
Tiens, maman.
Mais Lisa, pourquoi tu arraches
une si belle fleur ?
- Je suis désolée. - C'est rien.
Si, c'est grave. Puisque c'est comme ça, je te laisse ici.
[ELLE DĂMARRE]
[LISA ADULTE] Il y a les gens qui rĂȘvent de changer de vie
et ceux qui, comme moi, décident un jour de le faire.
L'idée c'est de ne pas emporter trop de bagages.
Ceux qui roulent ne sont pas vraiment les plus lourds
mais tout ce qu'on transporte avec soi,
les souvenirs, la vie qu'on quitte, qu'on essaye d'oublier,
qu'on essaye de se reconstruire, ça, c'est une autre histoire.
C'est mon histoire.
Et c'est l'histoire que je vais vous raconter.
VISITEURS ĂTRANGERS
[EN ANGLAIS]
L'objet de votre voyage ?
Démarrer une nouvelle vie.
âȘ [MUSIQUE : "I LOVE AMERICA" PAR PATRICK JUVET] âȘ
âȘ
[ANNONCE D'AĂROPORT] Welcome to Los Angeles...
âȘ
[CRIS DE JOIE]
[LISA] Lui, c'est Luka, mon meilleur ami. Il vit Ă Los Angeles depuis cinq ans.
- T'es pas habillé ? - Si, en Hugh Hefner pour Halloween.
C'est grùce à lui que j'ai sauté le pas.
J'ai une surprise. On va à une soirée.
Que des producteurs, des beaux mecs... De la bombe !
- Et mon jet lag ? - Bébé, morte, tu pourras dormir.
En parlant de morte, ça va, ta mÚre ?
Pas terrible, mais elle m'a dit de partir,
que ça servait à rien que je reste en France pour elle.
- Ăa va. - Paris, toujours pareil ?
Il fait gris, ils rĂąlent ?
VoilĂ .
- Cadeau. - C'est quoi ?
- Hefner sort pas sans son Bunny. - J'adore, fais voir.
- La bombasse ! - Je vais ĂȘtre ton petit Bunny.
Oh...
T'es lĂ !
Ouais, on est lĂ , je suis lĂ , trop bien !
Oh, j'adore.
Allez.
- PrĂȘte ? - O ui !
Youhou !
Je peux pas croire que je suis Ă L.A.!
[LISA] Ici, tout me rappelle les films
qui m'ont donné envie de faire du cinéma.
"Bonnie and Clyde".
[COUPS DE FEU]
"Sunset Boulevard". "Pretty woman".
"The Big Lebowski". "Nos plus belles années".
"Thelma et Louise", "La fureur de vivre".
Tellement de films qui m'ont permis de m'échapper pendant l'enfance.
Tiens, bébé, à ton premier Halloween.
- Et premier joint. - Toujours interdit en France ?
- Ă ton avis ? - C'est tellement relou.
Souris !
- Mais non ! - Juste pour nous.
Pas en train de fumer, avec mon costume de pute.
Halloween, c'est la fĂȘte des putes.
Mes filles me suivent sur Instagram.
On fera un compte privé, oh...
Je vais te présenter Serena.
[EN ANGLAIS]
Salut ! Des bites ou un sort !
âȘ [MUSIQUE : "SUPER FREAK" PAR RICK JAMES] âȘ
[PORTABLE] AllĂŽ ?
[FEMME] Salut, Lisa. J'ai pas de bonnes nouvelles.
Moi non plus, je suis en pleine "Nuit des morts vivants".
- C'est maman. - Quoi ?
Son état s'est empiré.
Ah bon ?
Elle allait bien, pourtant, quand je suis partie.
Tu sais, elle a demandé à ce qu'on lui injecte un produit.
- Si elle avait trop mal. - Oui.
J'ai besoin de ton accord.
Une fois qu'on lui aura fait l'injection, elle partira doucement.
Putain, je le crois pas.
Combien de temps avant que ça agisse ?
Eh ben, entre 12 et 72 heures.
Mais mĂȘme si je voulais revenir, je peux pas, j'ai pas le temps.
- Peut-ĂȘtre qu'elle t'attendra. - Ce serait la premiĂšre fois.
Juste quand je pars, c'est pour me faire chier.
Faut pas qu'elle souffre. Fais ce qu'il faut, j'arrive.
Tu veux lui parler ?
- Pour lui dire adieu en FaceTime ? - Tu préfÚres envoyer un recommandé ?
Maman ? Je te la passe.
[SANGLOT] AllĂŽ ?
[MĂRE] Salut, toi.
Salut, maman.
Comment tu te sens ?
La mort, c'est crevant.
Regarde, tout le monde compatit avec toi, lĂ .
- Je t'aime, maman. - [SĆUR] Parle fort, lĂ .
[MĂRE] Je m'en fous.
Je t'aime quand mĂȘme.
[SĆUR] Elle est dans les vaps.
- C'est quoi ce manteau ? - Elle dit qu'elle a froid.
Elle jouera la star jusqu'Ă la fin.
Bon, on attend le plus possible, ça te laisse le temps de revenir.
Je fais au plus vite.
- Salut. - Salut.
[BIPS D'UN RESPIRATEUR]
[MUSIQUE DRAMATIQUE]
[LISA] Merci d'ĂȘtre lĂ .
[LISA] Je voulais changer de vie et c'est la mort qui me détourne.
La mort de celle qui, pour une fois, m'avait attendue.
[QUELQU'UN ENTRE]
[LISA] Je n'avais jamais pris sa main sans qu'elle ne l'enlĂšve aussitĂŽt.
Je l'ai gardée...
jusqu'Ă sa mort.
[LUKA] Tu veux vivre comme Alfred ?
Enfermée dans un aquarium, à l'abri ?
Mais non, pas enfermée.
J'ai juste perdu ma mĂšre.
Ăa fait un mois qu'elle est morte.
Et trois ans que tu es sexuellement décédée.
Elle a été malade pendant trois ans.
C'est une coĂŻncidence, Alfred ?
- Non. - Tu verras quand ce sera ta mĂšre.
J'en rĂȘve, si tu savais.
Tu dis ça, mais quand ça va arriver...
Ben, je serai soulagé, figure-toi.
Je suis sûr que de là -haut, elle s'occupera mieux de moi.
Change pas de sujet. On t'inscrit ?
Non, pas besoin je suis libre et heureuse.
Tu crois encore à ça ?
Tu entends, Alfred, ce qu'elle dit, tata Lisa ? "Libre et heureux".
Ăa n'existe pas, comme les licornes.
On en parle,
mais personne n'en a vues. Hein, Alfred ?
Chéri, j'ai 50 ans.
Les mecs de mon Ăąge veulent des minettes de 25.
Qu'est-ce que tu connais des mecs de ton Ăąge ?
La troisiĂšme recherche
sur les sites de boules, c'est "MILF".
Ah ouais ?
Oui, madame. Donc, vous.
Et les deux 1eres ?
La premiĂšre, c'est "beurette" et la deuxiĂšme, c'est "lesbienne".
J'aurais dit "sodomie", moi.
- Bouge pas. - Tu es de plus en plus gay.
[RIRES]
C'est pas comme ça qu'on sodomise, madame.
Tu m'apprendras.
Je déteste les applis de drague. C'est pour les losers.
Merci. Merci.
Pour vous, c'est différent, non ?
Les homos sont assez crades pour ces applis, mais pas vous ?
C'est reparti.
- Je veux laisser faire le destin. - N'importe quoi.
Rencontrer quelqu'un normalement.
Qu'est-ce qu'elle raconte ?
AprĂšs les licornes, Walt Disney ?
Ma chérie, si Cendrillon, cette salope,
elle crut au destin, elle en serait oĂč ?
Elle ferait encore des ménages chez sa belle-mÚre.
Et maintenant, elle est oĂč ?
Le prince charmant, le chĂąteau et tout.
C'est pas la petite Lisa.
OK.
TrÚs bien, alors, tu gÚres la présélection,
les réponses aux messages,
les conversations con-cons, et tout, et tout, et tout.
Tout. Et je peux mĂȘme aller me faire enculer Ă ta place.
Non, je peux pas.
T'es pas du tout "L.A Vibes".
Pour une fois, détends-toi,
ferme-la et laisse-moi gérer.
J'ai pas l'air mieux depuis que je vis ici ?
- Si. - Et Ă ton avis, pourquoi ?
Car tu fais l'amour en anglais ?
Oui, mais pas que.
En France, j'étais pas grand-chose.
Ici, je suis personne.
Du coup, tu peux ĂȘtre qui tu veux.
Mais moi aussi, je travaille sur moi,
je fais de la méditation, du yoga, des thérapies,
c'est pas pour finir
sur des applications de cul !
Tu finis pas, tu commences.
C'est juste un moyen cool de rencontrer des gens.
Sinon, tu veux les rencontrer oĂč ? Dans un EHPAD, c'est ça que tu veux ?
Si tu continues, ça sera comme ça.
J'ai pas envie.
Envoie-moi quatre photos.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je m'envoie des photos.
- Quoi ? Ah non ! - Non !
Tu me rends ça, Luka !
Je veux pas !
- Je veux pas ! - LĂ , tu agresses un homosexuel !
- C'est trĂšs grave dans la loi. - Tais-toi.
- Donne-moi mon téléphone. - Sûrement pas.
[RIRES]
âȘ [MUSIQUE : "LOVE IS IN THE AIR" PAR JOHN PAUL YOUNG] âȘ
âȘ
[LISA] J'ai cru que je venais ici pour écrire un film,
mais en fait, c'est mon histoire que je réécris.
[BROUHAHA]
Mon pÚre était un play-boy.
Cette nouvelle race d'hommes qui ne pensaient qu'Ă la fĂȘte.
[FEMME] Jolie, ta fiancée.
Et attirer Ă eux un maximum de femmes.
âȘ
C'Ă©tait le temps oĂč les hommes Ă©taient sĂ»rs de leur pouvoir sur les femmes.
[EN ANGLAIS]
Moi aussi.
Et "me too" voulait dire : "Je suis d'accord."
âȘ
[COUPS DE SONNETTE]
La seule femme qu'il n'avait pas prévu d'attirer, c'était moi.
[COUP DE SONNETTE]
[IL SOUPIRE]
[COUP DE SONNETTE]
Me voilà , à 12 ans, déformée par le judas.
C'est drĂŽle, car mon pĂšre s'appelle Judas.
- Ben, chérie ? - Salut.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Mais il se fait appeler "Jules".
[ELLE SANGLOTE]
C'est maman.
J'en ai marre. Elle veut encore me renvoyer en pension.
Ta maman sait que tu es ici ?
Non, je savais pas si t'allais dire oui pour que je reste.
Bien sûr que je dis oui.
Merci.
Bon, je reviens.
- Je vais faire Ă manger. T'as faim ? - Un peu.
Mon pĂšre faisait toujours des Ćufs.
Ma mĂšre avait eu des jumeaux et je faisais pas partie de cette nouvelle famille.
Maman a son nouveau copain qui m'aime pas trop, je crois.
Ils veulent me renvoyer en pension
parce que je les gĂȘne, je sais pas.
12 ans, je pouvais enfin choisir avec quel parent je voulais vivre.
J'aimerais vivre avec toi.
Eh bien, reste ici.
Ăa lui a inspirĂ© des Ćufs brouillĂ©s.
[JULES] Tu mets la table ?
J'ai compris que c'était un sacrifice pour lui.
Il m'a dit oui et avait l'air heureux.
Mais je sentais que je serais pas Ă la hauteur
de ses mannequins.
[EN ANGLAIS]
Qui es-tu ?
Hey ! C'est Lisa, ma fille.
Tu veux des Ćufs ?
Va te faire foutre.
- Je peux partir, si tu veux. - Mais non.
- On est bien lĂ . - Oui.
[LISA] Comme il ne savait pas
s'occuper de moi, j'ai dĂ» vite grandir pour pouvoir ĂȘtre avec lui.
- On y va ? - Ouais.
Que tu es jolie.
J'adorais les soirĂ©es oĂč mon pĂšre m'emmenait danser avec lui.
Le disco était devenu toute ma vie.
âȘ [MUSIQUE DISCO : "GET UP AND BOOGIE" DE SILVER CONVENTION] âȘ
âȘ
- [JULES] Un jour, on ira au Studio 54. - [LISA JEUNE] C'est oĂč ?
Aux Ătats-Unis.
Je sens que je vais aimer les Ătats-Unis.
Vas-y, accélÚre !
[LISA] L'Amérique a toujours eu pour moi le goût
des Ćufs brouillĂ©s, du disco et de mon pĂšre.
âȘ
[SONNERIE DE PORTABLE]
- Hello ! - AllĂŽ ?
Ăa va, ma pupuce ?
Mouais... Des grĂšves, les cours, le froid.
- La routine parisienne. - [COUPS DE KLAXON]
- Comme d'hab'. - Va te faire foutre, connard !
Je suis tellement contente de pas ĂȘtre Ă Paris, lĂ .
Ăa va, ma puce ?
- Tu me manques. - Toi aussi.
- Tu vas venir me voir un peu ? - Non, je suis fauchée.
Je t'offre un billet d'avion, ma puce.
Non, arrĂȘte de vouloir me payer des trucs, je gĂšre.
Je te jure, je gĂšre.
Mamie nous a laissé un peu de sous.
Tu parles d'une compensation.
Ăa me ferait plaisir.
- Ah, j'ai un double appel. - Je t'aime.
Je te laisse, bisou. Ciao.
[LISA SOUPIRE]
Parlez-vous français ?
Et oui.
[EN ANGLAIS]
Si j'ai bien compris, votre mÚre est décédée ?
Oui.
Le mois dernier.
[EN FRANĂAIS] Je suis dĂ©solĂ©.
Vous n'y ĂȘtes pour rien.
Vous semblez proche de votre fille, cela dit.
[LISA] Ho oui...
J'ai eu des enfants pour ĂȘtre sĂ»re que quelqu'un m'aime sur cette planĂšte.
Qu'est-ce qui vous amĂšne ici, loin de vos enfants ?
Ce ne sont plus des enfants, mais des personnes.
[IL RIT] C'est drĂŽle.
Je suis réalisatrice.
Le rĂȘve Hollywoodien... C'est pour ça que je suis venue.
- Réalisatrice ? - Oui.
- Je suis acteur ! - Ah bon ?
Je peux répéter avec vous ?
J'ai une audition demain.
OK, allez-y !
Tu sais, Alicia,
je suis pas ce genre d'homme.
J'ai toujours fait ce que tu voulais.
J'étais comme un petit chien, et maintenant tu veux me quitter ?
C'est pour ça que je vais te tuer !
Je vais t'exploser la cervelle et exploser la mienne ensuite.
Bang !
[LISA] Waouh...
C'était vraiment bien.
Rien Ă changer ?
HonnĂȘtement, vous allez assurer.
Merci.
Vous pouvez vous arrĂȘter ici ? Juste lĂ !
Génial, merci.
Je vous embĂȘte ?
Non, je veux connaĂźtre mon avenir.
Bonne chance !
J'espĂšre !
[LISA] Los Angeles, c'est aussi la cité des anges.
Des anges qui sont ouverts toute la nuit.
[CARILLON]
[LA VOYANTE] VoilĂ un trĂšs joli tirage.
C'est bien.
Je ne sais mĂȘme pas par oĂč commencer.
Vous allez recevoir une somme d'argent inattendue.
Un héritage de votre mÚre ?
Oui.
Elle vous salue.
OK.
Et elle vous remercie pour votre pardon.
Elle sait qu'elle a été vache avec vous.
OK...
C'était dur pour elle, d'exprimer son amour,
dans son corps.
Le corps est fait de matiÚre, et l'amour d'énergie.
Parfois, la matiÚre bloque l'énergie,
comme un mur de bĂ©ton sans fenĂȘtres.
J'ai beaucoup de fenĂȘtres.
Mais vos fenĂȘtres
ont toutes des barreaux.
Je ne suis pas venue pour parler de ma mĂšre.
Ni pour sortir mon cĆur de prison.
Elle dit qu'elle va vous aider.
Non, s'il vous plaĂźt.
ArrĂȘtez de parler de ma mĂšre.
D'accord, pourquoi ĂȘtes-vous ici ?
J'aimerais savoir
si je vais réaliser un film. Ici, en Amérique.
Oui, absolument !
Vous allez réussir ! Ici, en Amérique.
Tout est là , regardez. L'étoile, le monde...
De la créativité partout.
- Vous ĂȘtes rĂ©alisatrice ? - C'est ça.
Vous vouliez savoir autre chose ?
Oui.
J'aimerais savoir si je vais rencontrer quelqu'un.
Une rencontre amoureuse, ici Ă L.A.
Non.
Non ?
Non, aucune rencontre,
que ce soit ici ou ailleurs.
Quel tact ! Vous ĂȘtes toujours aussi directe ?
Certains sont faits pour vivre Ă deux.
Un couple, des jumeaux, des amis... Toujours Ă deux.
Vous,
vous ĂȘtes faite pour vivre seule.
C'est juste lĂ .
Votre mĂšre s'excuse, elle dit que c'est de sa faute.
Elle n'a pas su vous apprendre Ă aimer.
C'est un peu tard pour s'excuser.
Je vous comprends.
Combien je vous dois ?
50 dollars, ma belle.
Mais les dates, c'est pas mal.
Comment ça, c'est pas mal ?
Ăa vous fera du bien.
Vous savez, en français, on a pas le mot "date".
Il existe pas.
On baise ou pas, c'est tout.
Alors baisez !
Merci.
âȘ [MUSIQUE : "FLY ROBIN FLY" DE SILVER CONVENTION] âȘ
[LISA] Choisir un homme en ligne... En fait, c'est la premiĂšre fois
que je choisis.
Au début, je lisais attentivement chaque profil.
Mais la seule question que j'ai,
C'EST : "Est-ce que je peux l'imaginer à l'intérieur de moi ?"
Il y a trois catégories que j'élimine systématiquement.
Ceux qui ont une arme.
Ceux qui ont une moto.
Enfin, les plus nombreux, qui posent
avec leur chien.
Je suis pas prĂȘte Ă partager mon homme avec un teckel.
Non, merci.
Chaque profil est une boule Ă facettes de la mĂȘme humanitĂ©.
Deux boules, en fait.
Et moi qui pensais ĂȘtre seule.
Je me sens reliĂ©e Ă tous ceux qui ont besoin d'ĂȘtre touchĂ©s,
aimés et désirés.
âȘ
[ELLE SOUPIRE]
Trois années d'abstinence, ça suffit.
âȘ
[ALARME]
Ah !
[SOUPIR]
Tu as ruinĂ© le plus beau rĂȘve de ma vie,
petite merde d'enfant perdu !
Pardon, mon Dieu, c'est pas ce que je voulais dire.
Ramenez cet enfant Ă ses parents.
[LUKA] Tu as eu plus de 500 likes en une nuit.
C'est un "tsuna-bite", le bordel !
- J'ai jamais vu ça. - C'est dingue. Tu es sûr ?
Oui, malheureusement.
Je suis dégoûté, j'en ai jamais reçu autant.
[ELLE RICANE]
Dit le mec qui s'envoie en l'air tous les soirs.
Vous, les hétéros, vous avez trop de chance.
Nous, on galĂšre, enfant, ado, adulte.
C'est quoi cette vie ?
Bref, y a un mec, il est grave en chien sur toi, je fais quoi ?
Quel Ăąge tu lui as dit que j'avais ?
La vérité, bébé, 43.
Chéri, la vérité, c'est 50, c'est pas 43.
Non, la vérité californienne,
c'est 43.
Il y a une formule spéciale à L.A. :
tu perds 7 ans comme les chiens.
Il veut te voir ce soir, je lui dis quoi ?
Impossible, je suis pas épilée.
Je vais voir ce que je peux faire.
Au fait, Alfred s'est sauvé.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je l'ai laissé sur le balcon pour qu'il profite de la pleine Lune.
Le temps de me faire un café...
- [SOUFFLEUR DE FEUILLES] - Ce pédé s'est barré.
- Bon, je te rappelle. - Bisou.
Alexa, allume la musique, s'il te plaĂźt.
[VOIX SYNTHĂTIQUE] Je lance la musique.
âȘ [MUSIQUE DISCO] âȘ
Alexa, oĂč est Alfred ?
J'ai trouvé plusieurs résultats POUR "ALFRED" : Alfred de Musset,
Alfred de Vigny, Alfred Hitchcock.
Lequel cherchez-vous ?
Alfred, ma tortue.
Excusez-moi, je n'ai pas bien compris.
Je voudrais venir te bouffer ce soir.
Tu es bisexuel, Ă tout hasard ?
Je peux ĂȘtre ouvert, pourquoi ?
Je suis avec un ami qui te trouve trĂšs beau.
Fils de pute.
Alfred ?
Alfred ?
- [LUKA] Je le fais tous les trois mois. - Ton dépistage ?
Oui, les partenaires me le demandent.
- Comme un pass, quoi. - Bien sûr.
Qu'est-ce que je fous lĂ ? J'ai rien fait depuis 3 ans.
On n'attrape pas l'herpĂšs
en restant devant sa télé.
C'est un contrĂŽle technique, tu t'en fous.
Bonjour, je m'appelle Lisa...
Pas besoin de donner votre nom. C'est votre 1re fois ?
Oui, ça se voit ?
Tenez, vous ĂȘtes le numĂ©ro 263. Gardez-le.
Asseyez-vous, l'infirmiĂšre vous appellera.
Merci.
Si tu attrapes un truc, on saura qui attaquer en justice.
- Ils font tous ça ici. - Quoi ?
- T'es épilée ? - Qui on va attaquer ?
J'attaque personne, moi.
- Et si on te refile une maladie ? - On n'attaque pas quelqu'un pour ça.
[FEMME] Oui, allĂŽ ?
Vous avez transféré mon appel genre quatre fois.
J'ai compté, ça fait quatre.
J'essaie de porter plainte pour agression !
Je sais pas pourquoi !
Peut-ĂȘtre parce que je suis belle et qu'elle est moche.
Je m'appelle Leanna Yougoura.
- Y-O-U... - Elle est vénÚr.
G-O-U-R-A.
R-A !
C'est bon ?
Connasse.
[LISA CHUCHOTE] On se concentre.
Quoi ?
"Do you have..." Yes.
Euh "fist"... Putain, mais non.
"BDSM", c'est quoi, ça ?
- [LE PORTABLE VIBRE] - Merde.
Chérie, ça va ?
Maman, je dois écrire 4 pages
sur le romantisme au XIXe siĂšcle.
OK, donc, romantisme ? Euh...
- Je peux te rappeler ? - Vite, OK ?
[DOCTEUR] Vous allez bien ?
Je suis le Dr Quinn.
Dernier rapport sexuel ?
Euh...
21, 22...
2019...
Peut-ĂȘtre en mars...
Non, c'était avant la Saint-Valentin,
parce qu'il m'a larguée juste aprÚs.
Donc février.
Il y a trois ans ?
Oui, plus ou moins.
Vous pouvez parler librement.
Nous acceptons tous types de pratiques et de préférences sexuelles.
D'un point de vue médical, il faut vraiment me dire la vérité.
D'accord ?
Mais c'est la vérité.
C'est gentil de ne pas me juger, j'apprécie, mais...
On peut passer Ă la prise de sang ?
Encore quelques questions.
- OK. - OK ?
Vous vous définissez comme
asexuelle, lesbienne, bisexuelle, pansexuelle, transsexuelle, indéfinie,
en transition, polyamoureuse, non-conforme, transgenre,
hétéro, non-binaire ou autre ?
C'est précis.
- Vous voulez que je répÚte ? - Non, ça ira.
Hétéro, j'imagine.
Quand je suis sobre.
Le contrÎle technique est terminé, je suis saine comme un radis.
C'était long, j'ai cru que tu avais quelque chose.
Bébé, je t'ai trouvé lui pour demain soir, 19h.
[LISA] Mouais.
[LUKA] C'est mieux un mec sans intĂ©rĂȘt la premiĂšre fois.
Tu complexes pas.
Effectivement.
C'est comme les crĂȘpes, la premiĂšre est toujours foirĂ©e.
AprĂšs, c'est meilleur.
- [LISA] T'es pas obligé de la manger. - Comme tu veux, mais tu le vois.
[LISA] Tu m'accompagnes ?
- Ăpilation ? - Oui. C'est du travail tout ça.
C'est que le début, bébé.
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE]
[LISA] Les sites de rencontres nous font oublier notre solitude.
Mais la vĂ©ritable rencontre n'est-elle pas avec soi-mĂȘme ?
[LISA JEUNE] Viens voir, j'ai une bonne carotte.
Viens me voir.
C'est bon ?
- [FEMME] Lisa ? - Quoi ?
Viens, il y a ta mĂšre.
Maman !
Maman ! Maman ! Maman ! Maman !
Elle est oĂč ?
Donne cette carotte.
Elle est à la télé, tu croyais qu'elle était ici ?
Là , à la télé.
âȘ Et sans histoires âȘ
âȘ Et quand je suis seule âȘ
- âȘ Bien sĂ»r que j'ai le mal d'aimer âȘ - T'es trop prĂšs, viens.
Mets-toi lĂ , voilĂ . TrĂšs bien.
âȘ Et je l'ai depuis... âȘ
[MUSIQUE TRISTE]
Pompon ?
[LISA JEUNE] Pompon ? Pompon ?
[SANGLOTS]
[TINTEMENT DES COUVERTS]
Mange.
Non !
T'iras pas te coucher avant d'avoir fini.
[ELLE RESPIRE DOUCEMENT]
[EN ANGLAIS]
[DATE] Votre profil dit que vous ĂȘtes rĂ©alisatrice ?
Oui, en France.
[LA BOUCHE PLEINE, IL ACQUIESCE] Mmh... Mmh.
Vous comptez faire un film ici ?
C'est un entretien d'embauche ?
Non.
Vous aimez le yoga ?
Oui...
Vous n'aviez pas de moustache, sur votre profil ?
Non.
Les femmes n'aiment pas les profils moustachus.
Alors j'ai utilisé une vieille photo.
Et nous voilĂ .
Vous avez pas dĂ» remarquer,
mais je commence à me dégarnir.
Et ça permet de focaliser l'attention
plus bas.
Mon petit secret.
[LISA BAILLE]
Vous avez combien d'enfants ?
Hum, hum...
Trois.
Et je leur dis toujours que...
[IL TOUSSE]
[IL AVALE DE TRAVERS ET S'ĂTOUFFE]
Ăa va ?
Oui, excusez-moi.
Un peu d'eau ?
Non, non, juste...
[IL CLAQUE DES DOIGTS] HĂ© !
HĂ© !
Il y a des noix de cajou lĂ -dedans ?
C'est une sauce aux noix de cajou.
C'était pas précisé.
J'ai demandé si vous aviez des allergies.
[IL S'ĂTOUFFE]
J'appelle le 911 ou un médecin ?
Non, on a plus le temps.
- Comment ça ? - Mon EpiPen !
- Quoi ? - Mon EpiPen !
Votre quoi ?
My God...
- Mon EpiPen ! - Je fais quoi ?
Une capote, non.
Je sais pas, je...
Ăa, c'est "pipen"?
Je suis Française, je connais pas ce mot.
Prenez-le.
Oh, lĂ , lĂ ! Ăa ?
[IL BAFOUILLE]
- Je sais pas m'en servir. - Dans mes fesses.
- Quoi ? - Mes fesses !
Vos fesses ? Non, pas dans vos fesses !
No, no, no !
Mon Dieu !
[CRI DE DOULEUR]
[RESPIRATION BLOQUĂE]
Aidez-moi !
[LUKA ET LISA RIENT]
[MUSIQUE DE MĂDITATION]
[LUKA] C'est positif, au moins, t'as vu un cul.
C'est vrai, non ?
Putain, quel cul, en plus.
[RIRES]
- C'est pas pour moi, ces applis. Ah ! - Mais bien sûr que c'est pour toi.
T'as une cote de malade.
Tu parles, pour finir à foutre une piqûre dans le cul d'un mec.
Chut !
Quoi ?
- J'essaie de me concentrer. - Vas-y.
J'y arrive pas, vous me perturbez !
Le cours a commencé ?
Non.
- Alors je fais ce que je veux. - Est-ce un cours privé ?
Je crois pas, alors chut !
Pourquoi tu viens au yoga avec toute cette colĂšre ?
ArrĂȘte de parler !
[LUKA] Elle fait peur.
"L'Exorciste", la meuf.
[GONG]
[PROF DE YOGA] Bienvenue, tout le monde.
Prenons une profonde inspiration, tous ensemble.
Regarde mes alcooliques anonymes. Trop mignons.
Ils nous baiseraient contre un Martini blanc.
Mais t'es un monstre ! Un super monstre.
- C'est comme ça. - A fucking monster.
Bébé, ton prochain mec ça ira, je te jure.
Bye bye.
[TINTEMENT DE CUILLĂRE]
[LISA] En France, ce genre de geste, ce serait un pervers
- devant un pensionnat pour filles. - [CRI]
Et je m'y connais en pensionnats.
Mais à L.A., c'est juste un "latte artist" qui prépare un "matcha".
- [LATTE ARTIST] Et voilĂ , ma belle. - Merci.
Passez une belle journée !
Merci, bébé.
- J'ai réhaussé tes sélections. - C'est-à -dire ?
J'ai juste modifié l'ùge.
T'as mis plus vieux ?
J'ai mis plus jeune. Ici, ils ont tous des "mummy issues".
- Je peux le voir ? - Ouais.
Je vois plus rien du tout.
Alors ?
- T'as tapé vraiment plus jeune. - Mais on aime.
Il a l'air intelligent.
- L'Ćil vif. - Oui, intelligent.
- C'est cool. - Surtout pour nous.
âȘ [MUSIQUE : "LOVE SENSATION" PAR LOLEATTA HOLLOWAY] âȘ
[BROUHAHA]
Ils devraient inventer
des "meetings points" dans les bars, je vois rien, moi.
Je vais pas le reconnaĂźtre.
Montre encore une fois.
C'est un avion de chasse. je le ken direct, je te le dis.
- Un peu jeune, non ? - Tu préfÚrerais son grand-pÚre ?
- Entre le grand-pĂšre et le petit-fils... - C'est bon, il est majeur.
Il est mignon.
Si tu as trop peur, tu peux "dry hump".
Ils adorent ça ici.
- Quoi ? - Tu fais l'amour habillé.
Comme Marie-Antoinette.
C'est quoi l'intĂ©rĂȘt ?
Ăa permet de se connaitre et de voir ce qu'il a dans le pantalon.
Sans passer pour celle qui couche
- dĂšs le premier soir. - Je ne fais pas cela, moi.
Oui, MĂšre TĂ©rĂ©sa. Vous ĂȘtes tellement hypocrites avec ça,
- vous, les hétéros. - Non, c'est romantique.
Je te laisse, tu me racontes demain.
- Non, me laisse pas. - Comment ça ?
- Je vais pas rester là seule. - C'est un "date", pas un goûter d'amis.
De toute façon, il est en retard.
- Tu restes pas ? - Non, je rentre avec toi.
T'es tellement relou.
TrÚs français.
- C'est toi qui as le ticket ? - Non, cherche.
C'est un signe que tu le trouves pas : tu dois attendre.
- Non, puis je suis un peu bourrée. - "But tipsy is sexy", bébé.
[SONNERIE]
Attends, c'est quoi, ça ?
C'est lui.
"Je suis au bar."
Je t'avais dit qu'il viendrait.
- Il m'a pas vue, il est miro ? - Bébé, stresse pas et écoute-moi.
T'es une bad girl.
Fonce !
Donne-toi !
Vas-y, cambre !
âȘ [MUSIQUE : "BAD GIRLS" PAR DONNA SUMMER] âȘ
Hm !
- Bonjour. John ? - Oui.
Ravi.
- Bonjour. - Bonjour.
- Ăa va ? - Bien. On s'embrasse, ici.
- Je sais. - Tu t'y es habituée ?
J'aime bien, je trouve ça chaleureux.
Tant mieux. Tu es ravissante.
Merci.
Tu veux un verre ? Il y a une carte.
Oui...
Pourquoi pas...
Je prendrai une ginger beer. J'aime pas trop l'alcool.
- Ăa te gĂȘne si je bois ? - Non.
Tu as arrĂȘtĂ© ?
Non, mais ce soir, j'ai envie de gingembre.
Juste ce soir ?
Oui, les mercredis, j'aime le gingembre.
- Bon Ă savoir. - Tu prends quoi ?
Un White Russian. Ăa sonne bizarre, mais c'est dĂ©licieux.
La boisson du Big Lebowski ?
Bien joué !
Le Dude reste le Dude !
Le courant passe bien.
Excuse-moi.
Une ginger beer et un White Russian. Merci.
Ăa donne envie.
Tu en veux un ?
[ENSEMBLE] No, no, no.
Tu danses ?
Je danse...
Merci beaucoup.
Santé !
- Santé ! - Enchanté.
Oui, trÚs enchantée.
âȘ
[BROUHAHA, JOHN RIT]
[ILS RIENT TOUS LES DEUX]
Tu veux faire quoi ?
Je sais pas.
Et toi ?
Ce que je veux faire ?
Je veux faire...
[RIRE COQUIN]
ça.
Je peux ?
Top.
Carrément.
âȘ [MUSIQUE ROMANTIQUE : "AT LAST" PAR ETTA JAMES] âȘ
âȘ
Mon cul.
"Ma" cul ?
- Mon cul. - "Ma" cul ?
Tu es tellement sexy.
Toi aussi, tu es sexy.
Merci.
C'est quoi ?
- C'est une plaque militaire. - Une plaque militaire ?
Oui, c'est celle de mon grand-pĂšre.
Vraiment ?
Il était capitaine pendant la 2de Guerre Mondiale.
- Il est allé en France ? - Figure-toi que oui.
Merci, grand-pĂšre. J'ai pu rencontrer votre fils.
Petit-fils.
Petit-fils, oui...
Tu sais,
ça me rappelle Marlon Brando et Robert Duval
dans Apocalypse Now.
Ces films avec lesquels j'ai grandi. Tellement sexy.
- Tu aimes le cinéma ? - Oui, je suis réalisatrice.
- C'est vrai ? - Oui.
Malheureusement, je ne suis...
pas acteur,
mais si tu veux...
C'est pas grave.
Tu peux me diriger, me dire ce qui te plaĂźt, ce que tu veux.
- Je serais ravi d'obéir. - J'aime bien l'idée.
Alors allonge-toi.
Et action !
[BIPS DE CAISSE ENREGISTREUSE]
Ăa fait comme si on Ă©tait mariĂ©s, non ?
Oh, j'adore. J'adore tout !
Tu sais quoi ?
J'ai toujours cru que je devais ĂȘtre amoureuse pour faire l'amour.
Eh ben, pas du tout.
C'est gĂ©nial d'ĂȘtre anonyme, de coucher avec un anonyme.
- J'étais à fond. - Je suis content pour toi.
C'est une autre façon d'ĂȘtre spirituel.
Mais c'était trÚs physique. Trois fois, il m'a...
Trois fois ?
Il sortait de prison ou quoi ?
Eh ben, madame.
Donc, t'as pas besoin de cours sur comment les retenir.
Si, ça m'intéresse.
OK, alors aprĂšs l'amour, tu lui poses des questions.
Tu prends un air pénétré. Au bout de 20 minutes,
tu prends des poses lascives, comme BB dans "Le Mépris".
La lĂšvre un peu humide, comme si tu n'attendais rien.
C'est important. L'idée de recommencer doit toujours venir de lui.
Laisse-le venir.
Tu es un moustique et tu le laisses faire l'araignée.
Là , j'ai pas eu besoin, il est resté dormir toute la nuit.
Je te déteste.
Ăa peut pas ĂȘtre aussi simple !
C'est génial.
Ouais, t'excite pas trop, c'est aussi la chance du débutant.
Toi aussi, tu as eu ta chance, mais tu ne l'as pas saisie.
Comment tu veux saisir un mec qui est avec toi au lit
et qui texte déjà un autre ?
J'ai juste pas rencontrĂ© le bon mec au mĂȘme moment.
- Et ceux à qui je plais, je les "ghoste". - Voilà , t'as qu'à pas les dégager.
C'est comme ça.
- J'adore ! - Non, le sucre tue.
[LUKA] La vie tue !
Il me reste plus que ça comme plaisir.
Au début, j'étais comme toi, plein d'espoir.
Fonder une famille, avoir le chien, tout.
LĂ , j'ai que ma main pour me rassurer.
Les deux papas, lĂ ,
- j'en ai baisé un la semaine derniÚre. - Non ?
Je te jure.
- Papa ! - Non, Papou a raison.
Tu peux prendre un bonbon.
- Daddy ou Daddou ? - T-shirt rouge.
- [LISA] Vous vous dites pas bonjour ? - Non.
Ăa te rend pas triste ?
- Si, si, si. - Tu veux que je lui parle ?
Pour lui dire quoi ? "T'as baisé mon ami, t'es marié,
"retourne avec lui ou je te fais un scandale"?
Pour qui il se prend ?
Et il te dit pas bonjour ?
Je crois qu'il nous faut des tomates.
On y va ?
- [LUKA] Tu sais le pire dans tout ça ? - L'herpÚs ?
Non, c'est pas ça.
Tu passes une super nuit, donc, le lendemain, tu te reconnectes.
Le mec est toujours lĂ , en ligne. Et toi aussi, du coup.
C'est le jeu, retour à la case départ.
C'est affreux.
C'est un putain de cercle vicieux.
Sympa de m'avoir invitée dans ton cercle pourri.
- On n'est pas trop bien lĂ ? - Tellement.
Pourquoi tu veux rentrer pour les fĂȘtes ?
On veut fĂȘter NoĂ«l tous ensemble une derniĂšre fois dans l'appartement de maman.
- Reviens vite aprĂšs les fĂȘtes. - Oui.
âȘ [MUSIQUE DISCO : "I LOVE TO LOVE" PAR TINA CHARLES] âȘ
[LUKA] C'est le jus de cranberries que tu m'as demandé
C'est tellement cher ! Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
Le secret du cocktail qui fait revenir les gens.
Non, ils reviennent parce que j'ai le meilleur show de la ville.
Vraiment ?
Non, t'es super.
Tu es magnifique.
Je suis si fiĂšre de toi.
C'est tellement beau.
Tu réalises le chemin que tu as fait ?
Maintenant, c'est ton club.
Je suis dég que tu rates le show de Noël.
[LISA] Je reviendrai pour le prochain.
Promis.
[ELLE SOUPIRE]
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE]
[LISA] J'aurais donné n'importe quoi
pour un "baiser rouge" au moment d'aller dormir.
[MĂRE]Tu enlĂšves ces chaussures !
EnlĂšve-les !
Je déteste enfiler des chaussures chaudes.
[CHARLOTTE] Ăa, c'est moche.
Je peux les prendre ?
- Ils sont pas trop hauts pour toi ? - Si, mais...
[SOUPIR]
- En tout cas, la veste est canon. - Ben, tu la prends.
Je veux pas trop de choses d'elle.
J'ai pas envie de la voir dans le miroir.
Joli.
Ăa, c'est pas mal.
[SĆUR] Je peux te dire un secret ?
Ah oui, j'adore.
J'ai un mec.
T'as un mec ?
J'en ai mĂȘme plusieurs.
- Toi ? - Je te jure, depuis sa mort,
j'ai hyper envie de baiser.
C'est fou, moi aussi.
Je me suis inscrite sur des applis.
- Moi aussi ! - Non !?
- Incroyable ! - Incroyable.
Je t'aime.
- Tu me trouves pas dingue ? - Non, t'es vivante.
- Ăa t'intĂ©resse ? - Oh non !
[SĆUR] Un...
Dix, onze...
Tu te rappelles quand on t'a appelée avec maman,
que tu as dit "Je t'aime" et elle "Je m'en fous"?
Oui, ça s'oublie pas.
C'était à moi qu'elle parlait. Je voulais qu'elle parle dans le micro.
Elle a été obsédée jusqu'à sa mort
à l'idée que tu aies pu croire qu'elle s'adressait à toi.
Tu lui as dit que tu l'aimais ?
Ben oui.
- Tu le pensais ? - Je crois.
En vérité, j'ai jamais vraiment su.
Mais bon, Noël, c'est plus cool sans elle.
- [SĆUR] Tu culpabilises pas ? - [FRĂRE] Pour maman ? Non.
- [LISA] On est d'accord. - [FILLE] De ?
Rien, curieuse.
Tu peux pas arrĂȘter de parler en entrant dans la piĂšce, dis-moi.
Bon, Julien, Charlotte et moi,
on se sent plus libérés depuis que maman est morte.
Ben, évidemment.
- Elle était méchante. - Tu valides ?
Grave !
Tu seras triste quand je vais mourir ?
On va pas parler de ta mort le soir de Noël.
- Le mort de qui ? - De maman.
Mais non.
On parlait, on parlait...
Tu as le droit d'ĂȘtre triste.
- C'est normal. - Mon bébé.
Le truc, c'est qu'on n'est pas tristes.
[RIRES]
- Mais t'es affreuse ! - Je t'ai mis du rouge.
[LISA] Allez...
[FILLE] Et donc, tu as choisi ça pour moi ?
Thaïs est compliquée, alors...
Non, il est bien, trÚs distingué, trÚs joli.
On a le mĂȘme sucre d 'orge.
- [RIRES] - Regarde ton oncle.
Je sais pas comment te remercier.
Non !
[THAĂS] Les lumiĂšres sont fantastiques.
- [PORTABLE] - Ăa te va bien.
Toi, c'est sobre.
- C'est qui ? - [THAĂS] Ben alors ?
- [CARMEN] C'est quoi, ce geste ? - [THAĂS] C'est "Fermez-la,
je parle Ă un mec.
Ăa va ?
[JOHN] Bien. Je voulais te souhaiter un Joyeux Noël.
Le premier Noël sans ta mÚre,
ça doit ĂȘtre dur.
C'est vraiment gentil.
Tu as perdu ta mĂšre, toi aussi ?
Oui.
Ăa fait trois ans.
Bref, restons légers, sache que je pense à toi.
Ăa me fait trĂšs plaisir.
Joyeux Noël à toi aussi.
Et je t'embrasse fort.
Appelle-moi quand tu rentres Ă Los Angeles.
D'accord.
OK, bye.
[FILLE] Mais tu es pourrie gùtée !
- C'était qui ? - Personne.
[THAĂS] Tu rougis, maman, c'est un garçon ?
Tu l'as rencontrĂ© oĂč ? Il fait quoi ?
Maman est de retour sur le marché !
- [FILLE] Son nom ? - John.
John...
- Je suis trop contente pour toi ! - Et il a quel Ăąge ?
- T'es amoureuse ? - Stop !
- [THAĂS] Trop contente ! - [FILLE] T'es amoureuse ?
- On vient de se rencontrer. - Comment ?
- Euh... LĂ -bas. - [THAĂS] Il a quel Ăąge ?
- Cinquante... six. - [THAĂS] Pas mal, John.
- Ăa suffit, l'interrogatoire. - Ăa va.
Mais ça me fait du bien.
- [JULIEN] Il est de lĂ -bas ? - Ă ton avis ?
- Oui. - Ben, "John"...
Qu'est-ce que c'est ?
[CHARLOTTE] Un cadeau d'anniversaire de la part de maman.
ELLE M'A DIT : "J'aimerais qu'elle ait un cadeau de moi."
Ne l'ouvre pas avant.
Merde. Elle va peut-ĂȘtre me manquer, finalement.
[PETIT RIRE]
Hm !
[THAĂS] On prend le verre, maman.
On re-trinque.
Mes chéries...
Ă nous, les enfants.
Allez, Ă mamie.
[LISA] Décidément...
âȘ [MUSIQUE : "COLORS" PAR BLACK PUMAS] âȘ
âȘ
- Hi. - Hi.
Joyeux Noël, de Lisa.
âȘ
[LISA] "Joyeux Noël, chéri.
"Je te présente Alfred n°2.
"Il a besoin d'amour car il a été abandonné.
"Comme nous tous. Love. Lisa."
âȘ
[LISA] Quand vous vous regardez dans un miroir, vous ne voyez que vous-mĂȘme.
Mais dans une boule Ă facettes,
vous voyez des milliers de versions de vous-mĂȘme.
Ma compréhension de la physique quantique est née du disco.
âȘ
Mon pĂšre m'a appris que la vie est une danse
qui fait oublier la peur du noir.
Jusqu'à ce que la lumiÚre s'éteigne.
âȘ
[LUKA, EN ANGLAIS]
Sullivan ?
C'est qui ?
Ăa va, mon Ă©talon ? C'est Luka.
On s'est vu chez moi, la semaine derniĂšre.
Luka, Luka...
Luka. L-U-K-A ?
Oui, je vis Ă Hollywood.
Je me souviens plus trĂšs bien.
On a...
Tu m'as baisé il y a trois jours.
Comment ça, aucun souvenir ?
Ăa fait trois jours, pas un mois !
T'es pas obligé de crier, désolé.
Je crie pas, je suis Français.
On parle comme ça.
Hm !!
- Hi. - Hi.
Désolé, c'était mon pÚre,
on a des soucis de famille.
Navré de vous l'annoncer, mais on a eu un petit incident
avec votre voiture.
Un quoi ? OĂč est ma bagnole ?
Vraiment désolé, j'ai pas compris.
Mon pied a glissé de la pédale de frein et...
[GRINCEMENTS]
T'as fait ça à mon bébé ?
Qu'est-ce qui m'arrive, aujourd'hui ?
Je suis vraiment désolé.
Je sais pas. On paiera tous les frais de réparations.
Tenez ! Vous avez mon numéro
et mon e-mail.
Appelez-moi, on s'occupera de tout.
Tu peux au moins fermer ma porte ?
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
[LUKA] Ce putain de voiturier m'a niqué ma voiture, je suis dégoûté.
Je roule dans une poubelle, lĂ !
Il est mignon, le voiturier ?
Je le touche mĂȘme pas avec un bĂąton.
La poisse cette journée. Monte.
Chéri, tu fuis.
Putain !
- Ăa va aller. - C'est de la faute de ma mĂšre.
Il y a trois heures, elle m'appelle ET ME DIT : "Magnifique, ta voiture."
- Lùche maman, on y va. - J'ai le démon.
Allez, vas-y.
[GRINCEMENTS]
Bonjour, quand mĂȘme !
Comment il va, Alfred n°2?
J'ai retrouvé Alfred n°1, il était sous mon lit.
Salut, John. Je suis revenue Ă L.A.
J'adorerais te voir
Super. Tu es libre demain soir ?
[LISA] Les retrouvailles m'ont toujours fait peur.
[MUSIQUE TRISTE AU PIANO]
L'espoir est souvent déçu.
Maman !
Et l'amour, rarement au rendez-vous.
Maman !
Bonjour, ma chérie, ça va ?
- TrĂšs bien. - Tu as grandi, dis donc.
- Bonjour. - Bonjour.
- [MĂRE] Tu as fait ton sac ? - Oui.
[FEMME] Toutes ses affaires sont prĂȘtes.
- Tu as grandi. - [LISA RIT.]
[EN ANGLAIS]
[JOHN] J'étais trÚs nerveux à notre premier date.
[LISA] Oui, moi aussi.
Ăa me rassure. Tu avais l'air nerveuse.
C'est vrai ?
Je n'ai pas vraiment l'habitude.
Je pensais ĂȘtre trop vieille pour ça.
ArrĂȘte, tu as 43 ans, c'est l'Ăąge parfait.
Oui...
Mais quand mĂȘme.
Pourquoi tu étais...
- Nerveux ? - Oui.
Parce que...
Dieu que c'est déprimant.
Je n'avais pas eu de date depuis longtemps. Bizarre, je sais.
Ma mÚre est décédée il y a trois ans, comme je t'ai dit.
Et s'ouvrir aux autres, ça fait peur.
Surtout quand on rencontre une personne aussi belle.
Merci d'avoir rendu la chose facile.
Merci à toi de me dire ça.
[UN PHOQUE ABOIE]
Tu entends ?
- Ce sont des phoques ? - Oui.
Des phoques californiens.
C'est incroyable !
[JOHN IMITE LE PHOQUE]
Tu fais un bon phoque.
Merci.
Pardon ?
[LISA PRONONCE "FUCK"]
Ăa se dit "phoque" en français.
- Mais non ! - Ăa t'amuse !
Tu te "phoque" de moi ?
Regarde comme tu souris !
Je peux te dire un secret ?
Oui, j'adore les secrets !
D'accord.
Tu es mon...
premier amant.
Quoi ?
Sur les applis de rencontre ?
Pas seulement.
Mais tu as des enfants, c'est pas vrai !
Bien sûr ! Non, je voulais dire
depuis trois ans.
Tu es sérieuse ?
Tu veux dire que je t'ai dépucelée ?
Ăa, oui !
C'est la meilleure nouvelle de l'année.
Pourquoi ?
J'ai l'impression d'ĂȘtre avec une vierge expĂ©rimentĂ©e.
C'est quoi, ça ?
C'est l'oxymore parfait.
En parlant d'oxymore...
Pourquoi un homme aussi beau,
aussi jeune et aussi parfait que toi
cliquerait sur un profil comme le mien ?
Je suis pas parfait.
Je sais, mais...
T'étais pas censée acquiescer.
Je suis pas sur les applis pour le sexe,
mais pour changer mon algorithme de vie.
- Intéressant. - Et profond.
Réfléchis.
Ton éducation et ton environnement façonnent ce que tu deviens.
Tu es donc piégée dans une vie que tu n'as pas choisie.
J'ai voulu me libérer de ça.
J'ai toujours su que j'étais différent.
Je veux simplement goûter à tout.
Je croyais ces applis dédiées aux coups d'un soir.
Mais non !
Ces applis sont ce qu'on en fait.
Si ta vie était un voilier,
tu ne quitterais jamais le port ?
Peut-ĂȘtre.
De toute façon, tu sais,
selon la physique quantique,
on vit plusieurs vies Ă la fois, sans pouvoir toutes les voir.
Attends un peu.
Tu viens de parler de physique quantique ?
Oui, pourquoi ?
Jamais rien entendu d'aussi sexy.
Tu connais le chat de Schrödinger ?
Ces applis sont comme le paradoxe de Schrödinger, non ?
On se met dans une boĂźte en s'inscrivant.
Et tant qu'on ne se confronte pas à la réalité,
l'amour est à la fois présent et absent.
Putain, ce que t'es sexy.
[LISA] Tu t'en vas ?
Tu peux rester si tu veux.
Pourquoi tu m'as menti sur ton Ăąge ?
Je sais pas...
J'avais honte...
J'appréhendais, j'imagine.
Pourquoi ? C'est si important ?
Ton Ăąge, non, mais l'honnĂȘtetĂ©, si.
Pourquoi tu as regardé mon passeport, alors ?
Je voulais voir ton signe astrologique.
Si je suis trop vieille pour toi, n'invente pas d'excuse, assume-le.
Pardon, mais...
Pourquoi j'inventerais une excuse ?
Je t'ai pas menti, j'ai pas prĂ©tendu ĂȘtre plus vieux.
Si on est pas honnĂȘtes, on y arrivera pas.
De quoi tu parles ?
Arriver à quoi ? On s'est rencontrés sur une appli.
D'accord...
Tu voulais juste coucher, tu cherchais un toy boy ?
Tu fantasmais pas sur une MILF ?
Pourquoi on s'est vus, alors ?
Peut-ĂȘtre parce que tu me plais.
- Je te plais ? - Oui.
Mon profil te plaĂźt, c'est pas pareil.
Super, merci de me dire ce qui me plaĂźt.
Tu as dit que j'étais ton lover, j'ai dû mal comprendre.
Comment tu appelles quelqu'un avec qui tu baises ?
OK.
Compris.
C'est...
Désolé de t'avoir proposé un deuxiÚme date.
J'espÚre que tu t'es amusée.
Profite de l'Amérique.
Sérieusement ? John !
[JOHN FERME LA PORTE]
C'est pas vrai.
Quelle conne.
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE]
[CRI ĂTOUFFĂ]
[PLEURS]
[LISA] La fin d'une relation sonnait comme la fin du monde pour ma mĂšre.
Maman, qu'est-ce qu'il y a ?
Maman ?
Qu'est-ce qui se passe ?
C'est Pierre, il est parti.
Viens, approche.
Ne fais jamais confiance Ă aucun homme.
C'est toujours quand tu es amoureuse qu'ils partent.
Retiens bien ce que je viens de te dire.
- Oui ? - Oui.
Laisse-moi dormir, maintenant.
[LISA] AprĂšs tout, je n'Ă©tais peut-ĂȘtre pas si diffĂ©rente.
âȘ [MUSIQUE : "I'M NOT IN LOVE" PAR 10CC] âȘ
âȘ
On peut discuter ?
âȘ
[SOUFFLEUR DE FEUILLES]
âȘ
- AllĂŽ ? - [MĂRE] AllĂŽ ?
- Tu me manques. - J'ai pas le temps, chérie.
Je suis chez papa, je veux vivre lĂ -bas.
Eh bien, reste-y.
Et ne m'appelle plus jamais !
[SA MĂRE RACCROCHE, LE TĂLĂPHONE SONNE DANS LE VIDE]
âȘ
[LISA] Je l'ai laissé partir sans rien dire.
- C'est rien, ça va s'arranger. - Non, il était super vexé.
Rappelle-le, mets ton ego de cÎté. N'attends pas que...
Il a mĂȘme pas rĂ©pondu Ă mon texto.
T'es amoureuse de lui ?
Je m'y attendais pas, mais peut-ĂȘtre un peu.
[LUKA EMBRASSE L'ĂPAULE DE LISA]
Laisse une semaine et ça va s'arranger.
Tu m'as dit de ne pas attendre l'amour sur ces applis.
Madame retient que ce que je dis de négatif.
- J'y crois plus pour moi, c'est tout. - OK. Inch Allah.
Maman va te porter, chéri.
[LUKA] Je vous aide ?
Merci ! Non, il n'est pas lourd.
Il est trĂšs mignon.
- Pas si lourd ? - C'est comme si je te portais.
Ăa, c'est une maman.
Moi, ma mĂšre ne voulait jamais me prendre dans ses bras.
MĂȘme quand j'Ă©tais bĂ©bĂ©.
Hey !
[LUKA] Hi.
[EN ANGLAIS]
La semaine derniĂšre.
J'ai embouti votre voiture.
Désolée, je dois...
Me laisse pas.
Vous l'avez récupérée ?
Oui, je la récupÚre la semaine prochaine.
D'accord, super.
Bon...
Vous avez mon numéro.
Pour quoi faire ?
Ce que vous voulez. Je vous dois au moins un verre.
Vous me devez une voiture.
Pourquoi vous proposez ? J'ai été vache avec vous.
Les vaches, je gĂšre.
Bon.
Je dois rejoindre mon amie, elle m'attend...
mais je vous appellerai.
OK.
J'en doute, mais c'est pas grave. Profitez bien.
Bye.
- Pourquoi tu me laisses ? - Il est trop mignon.
Comment tu lui parles ?
[LUKA] Meilleure vue du monde.
[LISA] C'est sublime.
- Bébé... - Ouais ?
Quelle proba j'avais de retomber sur lui ?
C'est dingue.
- T'es d'accord. - C'est un signe.
Il m'a proposé de le revoir, de prendre un verre avec lui.
Super ! T'as dit quoi ?
D'habitude, je reçois une aubergine, j'envoie un concombre,
et puis, on fait une salade, il débarque chez moi,
il me ken et repart.
J'ai pas le truc de la vraie vie.
Faut sortir de ces applis Ă la con
et retrouver les gens dans la vraie vie.
Tu touches, tu sens. Qu'ils voient tes jolis yeux.
- Par exemple. - J'ai des beaux yeux.
- Dis la vérité. - à l'écran, oui.
J'espĂšre que tu vas le voir.
On verra. Toi, remets-toi sur les applis.
Ton défaut, c'est de penser encore à la française.
"Non, mais tu sais, mais si..."
Non, ici, on est Ă Los Angeles, il faut y aller.
Ben, j'avais trouvé un beau gosse. John !
Ici, tout est possible.
Regarde Melania Trump.
Elle aurait pu finir à vendre des fruits sur un marché.
Elle avait rien, et a fini PremiĂšre Dame.
[LISA] Ah ben, super.
[PORTABLE]
C'est quoi, un date nudiste ?
- Quoi, Ă poil ? - [LISA] Oui, c'est un nudiste.
Boire un verre mais Ă poil.
Ăa fait "Silence des Agneaux".
Il va se faire un manteau de peau de moi.
"Mets la lotion dans le panier."
"On met la crĂšme dans le panier."
- Je vais l'annuler. - T'annules rien.
Les nudistes sont vegans, ils feraient pas de mal
Ă une mouche.
Puis ça te fera oublier John.
Ăa, c'est pas sĂ»r.
Ils ont une belle énergie, ils sont spirituels, les nudistes.
- Comment tu sais ça ? - Ma tante,
elle était nudiste.
- Et y a pas de nudiste pédophile. - Et donc ?
Donc, c'est ceux qui portent des vĂȘtements qui font du mal.
Sans déconner, fermez-la !
C'est Ă moi que tu parles ?
T'es sérieux avec ton De Niro ?
T'as reconnu mon imitation !
Je reconnais rien avec ton accent de merde.
Vous pouvez suivre en silence ?
C'est eux ! Vous plaisantez ?
Oui, c'est agaçant. ArrĂȘtez.
Merci.
[ELLE EXPIRE LONGUEMENT]
Je t'ai préparé des Gummies. T'en prends un avant ton rendez-vous.
- J'adore les bonbons, merci. - Non, c'est plein de THC, juste un.
- T'es sûr que je dois y aller ? - Oui, au pire, quoi ?
Tu t'en serviras dans ton prochain film.
T'as raison.
[LISA ET LUKA, MOQUEURS] Hi...
[SONNERIE DE TĂLĂPHONE]
- Oui, bébé ? - Je suis devant la porte.
Tu sais, le nudiste, le Suédois, là ...
J'ai avalé 3 gummies, je suis défoncée.
Trois gummies ? T'es malade ?
- Tu as des gummies ? - Non, j'en ai pas. Continue.
Qu'est-ce que je fous lĂ ?
Quoi, t'es sérieuse ?
Tu vas juste oublier John avec un autre mec, c'est tout.
Puis tu as le mot magique, le "safe word".
- Tu as un mot magique ? - Non, pas de ce genre-lĂ .
J'aurais pas dĂ» bouffer ces gummies, j'ai chaud, j'ai mal Ă la tĂȘte.
Je transpire, c'est horrible.
Raccroche.
C'est pas grave, tu seras bientĂŽt Ă poil. Le mot magique, c'est :
Tu as de l'eau ?
- Tu veux de l'eau ? - Non.
"Do you have water ?"
- "Do you have water ?" - Parfait.
Je t'appelle toutes les 10 min.
Tu me dis ça et je serai rassuré.
- D'accord. - [DATE DE LUKA] J'ai envie. Allez !
"Do you have water ?" D'accord.
- Je t'appelle dans dix minutes. Bisou. - Au revoir.
Bon, on s'y remet ?
- [ELLE TRĂBUCHE] - Oh...
Allez.
[LISA FRAPPE Ă LA PORTE]
[MUSIQUE JAZZ]
Bienvenue ! Tu es Lisa ?
Oui.
- Et tu es Bjorn ? - C'est ça.
C'est la prononciation danoise.
- Enchantée. - Ravi.
Tu peux dĂ©poser tes vĂȘtements sur le canapĂ©.
Tout de suite ?
OK, pas de souci.
C'est trĂšs joli.
Merci.
- Tu veux boire quelque chose ? - Tu as de l'eau ?
Bien entendu.
C'est trĂšs joli, ici.
Euh...
Culotte comprise ?
C'est plus équitable, non ?
Des glaçons ?
Non, merci.
OK.
Je peux garder mon collier ?
Je t'en prie.
Santé !
- EnchantĂ©e. - Ăgalement.
Allons dans le salon.
Sois tranquille, je ne vais pas te manger.
Un petit instant. Je vais simplement
poser ça là .
VoilĂ .
Comme ça. C'est pour l'humidité.
Visiblement, c'est ta premiÚre expérience nudiste.
Ăa se voit ?
- Tu es trĂšs courageuse. - C'est vrai ?
J'aime bien les défis, sortir de ma zone de confort.
Et toi, pourquoi tu fais ça ? La nudité...
[ELLE POUFFE]
La vulnérabilité est une chose que nous avons tous en commun.
Quand on est nu,
on ne peut ĂȘtre qu'honnĂȘte.
Et l'honnĂȘtetĂ© est ce que j'estime le plus.
Vous avez un souci avec l'honnĂȘtetĂ©, dans ce pays ?
Je sais pas, je suis Danois.
[PORTABLE]
Excuse-moi, désolée.
- AllÎ ? - [LUKA] Bébé, ça se passe bien ?
Tu as de l'eau ?
"Do you have water ? "Do you have water ?"
Il y en a dans ton verre.
C'est parce que j'ai trop soif, il fait super chaud.
Je comprends pas. Il est bien monté ?
Je vais bien.
Rappelle-moi, je suis en rendez-vous.
- Mais tout va bien ? - Oui, rappelle-moi.
Prends des photos.
[IL SOUPIRE]
Donc Lisa, tu es née et tu as grandi à Paris ?
Je suis née à Paris, oui.
Et tu y as été élevée ?
[MUSIQUE TRISTE AU PIANO]
Euh...
J'ai été...
Euh...
[LISA] Je me suis Ă©levĂ©e moi-mĂȘme.
Toute seule.
Pardon.
[LISA] En AmĂ©rique, on ne te demande pas seulement oĂč tu es nĂ©,
mais oĂč tu as Ă©tĂ© Ă©levĂ©.
Ma mÚre m'a fait naßtre, mais je me suis élevée toute seule.
Chaque jour est une occasion d'accoucher de soi-mĂȘme.
Dans la douleur ou dans la douceur.
[SON PORTABLE VIBRE]
- HĂ©... - Bon anniversaire, maman !
- Mes puces ! - Joyeux anniversaire !
Vous me manquez, vous me manquez.
Tu te sens pas trop vieille ? Pas trop seule ?
Euh... Ăa va.
Y a quelqu'un dans ton lit ?
Il a intĂ©rĂȘt Ă te traiter en princesse.
T'entends, M. l'Américain ?
Tu as entendu ma fille ? "You hear me Mister American ?"
VoilĂ Mister American.
C'est M. Oreiller.
- Toute seule. - Les draps sont mĂȘme pas dĂ©faits.
Tu peux rentrer si tu te sens seule. Tu nous manques.
Vous me manquez, mes amours.
MĂȘme mamie, elle m'appelait Ă chaque anniversaire.
- Tu as ouvert son cadeau ? - Merde ! Maman.
- Attends. - Je vous rappelle.
[ELLE SOUPIRE]
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE AU PIANO]
[ELLE SANGLOTE]
[MĂRE] "Ma Lisa.
"Je n'ai pas toujours été la mÚre parfaite.
"Mais je voudrais me rattraper aprĂšs ma mort.
[ELLE SANGLOTE]
"Tu as toujours aimé ce bracelet, alors, prends-le
"comme le symbole de notre nouvelle relation.
"Je te laisse aussi le rouge.
"C'est un peu le dernier baiser que je n'ai pas pu te donner.
"Maman."
[MUSIQUE TRISTE]
[LISA] On quitte deux fois le corps de sa mĂšre.
Quand on naĂźt,
et quand elle meurt.
[UN CĆUR BAT Ă UN RYTHME DE PLUS EN PLUS LENT]
[LE PORTABLE VIBRE]
AllĂŽ ?
Salut ! C'est John.
John, salut !
Comment vas-tu ?
Bien, je pensais pas que tu répondrais.
Pas de souci.
Je sais que je m'y prends Ă la derniĂšre minute,
mais Ă tout hasard, tu serais disponible
dans la journée ou ce soir ?
Oui, avec plaisir.
Génial. Je te prends pas au dépourvu ?
Non, pas du tout.
Je t'envoie ma position et tu me rejoins quand t'es libre.
OK.
Au fait...
Je m'excuse pour la derniĂšre fois.
Ăa me touche. J'allais t'en parler, je voulais m'excuser aussi.
Ă ce soir, alors ?
OK, Ă trĂšs vite.
- Bye. - Bye.
Waouh !
[LISA CRIE DE JOIE]
Yes !
[LUKA TAPE ET ENVOIE UN SMS]
Alors ?
Waouh, t'es magnifique !
- Obligé qu'il recraque, là . - Merci.
T'es contente ?
- J'ai un peu peur. - Tu devrais pas.
Si tu te voyais 1% comme je te vois, t'aurais jamais peur.
- Ăa va ? - Ăa va.
Quoi ? Me regarde pas.
- Qu'est-ce qui cloche avec moi ? - Rien. T'es génial.
Pourquoi ça marche pas ?
Ă chaque fois que je rencontre quelqu'un que j'aime ou qui m'aime,
ou je fais tout foirer ou il déserte.
Tu es un peu comme les deux Alfred.
Tu as une carapace pour te protĂ©ger de l'Ă©poque oĂč ta maman
te faisait trop de mal.
C'est juste...
C'est juste que j'ai peur et j'ai pas envie qu'on me voie tout nul.
HĂ©...
Attends.
- Mary Poppins et son sac... - Tu vas voir.
Ăa, ça a changĂ© ma vie.
[MUSIQUE MĂLANCOLIQUE AU PIANO]
Et ça va changer la tienne.
Cadeau.
[ELLE SOUPIRE]
Merci d'ĂȘtre toujours lĂ pour moi.
Tu es trop beau.
- Je sais. - Ben, voilĂ .
Je sais.
Tu vas ĂȘtre en retard.
Rester avec le pote gay qui chiale fait fuir les dates.
Pas de code, pas de message ?
No water.
"No water"...
- T'as pris des capotes ? - Ben oui.
- On sait jamais ! - [LUKA ĂCLATE DE RIRE]
[DES VAGUES DĂFERLENT]
L'endroit parfait pour un coucher de soleil.
Ăa faisait partie de mon plan.
- Bonjour. - Hi.
Je voulais m'excuser
d'avoir regardé ton passeport.
J'aurais pas dû, c'était immature.
Je m'en veux aussi. Je m'excuse pour tout.
On fait la paix ?
Viens, j'ai quelque chose Ă te montrer.
Je suis content de te voir. Tu es sublime.
Merci.
C'est mythique, ça me rappelle mes films fétiches.
Ton préféré se passe sur une plage ?
- Oui, "Nos plus belles années". - "Alerte à Malibu"?
Oui, aussi.
- C'est quoi, l'autre ? - "Nos plus belles années".
Un film génial, une histoire d'amour...
- Sans doute. - Barbra Streisand et Robert Redford.
Robert quoi ? "Nos plus belles années", tu dis ?
Mais oui, avec Robert Redford.
Tu dois penser à un soap, ça me dit rien du tout.
Attends, tu parles du film oĂč Barbra Streisand
porte un gilet comme celui-ci ?
C'est ça.
Joyeux anniversaire.
Comment tu as su ?
En regardant dans ton passeport.
Mais c'est vrai que j'ai un talent pour me souvenir des anniversaires.
- Tu veux l'essayer ? - Un peu, oui.
Attends.
C'est quoi ? C'est pour moi ?
C'est un cadeau de ma mĂšre et je pense qu'il est pour toi.
Merci.
J'en suis honoré.
- Tu veux voir mon nouvel appart ? - Oui, montre-moi.
[LISA] C'est charmant !
C'est en cours d'aménagement,
mais c'est pas mal.
Tu as tout installé ?
On m'a un peu aidé, mais oui.
Comment tu as eu les clés ?
C'est un secret, mais j'ai fréquenté Pamela Anderson.
Non, jure-moi que c'est faux.
La rupture a été dure...
- Vraiment ? - Bien sûr que non !
J'étais sauveteur avant.
J'ai gardé quelques...
Clés ?
Quelques contacts.
Petit malin.
[HOMME] Vous ĂȘtes John ?
Oui ! Merci.
Merci beaucoup.
- Ne regarde pas. - C'est quoi ?
Bonne soirée.
Le menu du "Big Lebowski".
Tu l'as eu !
C'est parfait.
Pas encore, il reste une chose.
Pour finir, je dois enfiler ma tenue.
Je sais que tu aimes les clichés.
Et voilĂ .
- Le gilet du Dude. - Je suis le Dude.
- Merci ! - Bon anniversaire.
OK, on redescend.
- Ton repas d'anniversaire. - Parfait.
Je t'ai pris un triple triple.
Ăa fait trois steaks pour toi.
- Superbe ! - Un super burger.
- Fais gaffe. - Elle pendouille bien.
Je t'en prie.
Toi d'abord !
- Ensemble. - PrĂȘte ?
Le premier qui l'attrape.
C'était vraiment pour t'embrasser.
- Joyeux anniversaire. - Merci encore.
Vas-y !
Attends, attends...
C'est bon ? Tu as fait un vĆu ?
- J'ai fait un vĆu. - Bien.
Ă un bel anniversaire.
âȘ [MUSIQUE : "LA TENDRESSE" PAR MARIE LAFORĂT] âȘ
J'ai une derniĂšre surprise Ă te montrer.
Tu viens avec moi ?
âȘ On peut vivre sans richesse âȘ
âȘ Presque sans le sou âȘ
âȘ Des seigneurs et des princesses Y en a plus beaucoup âȘ
âȘ Mais vivre sans tendresse On ne le pourrait pas... âȘ
[LISA] J'en reviens pas !
- Incroyable ! - C'est pas fou ?
Tellement beau !
Ăa s'appelle la bioluminescence.
C'est quoi ?
C'est un banc de plancton
ou d'autres organismes qui produit cette lumiĂšre.
Mais ça ne dure pas longtemps.
C'est beau !
- C'est pas magnifique ? - Sublime !
âȘ On peut vivre sans la gloire âȘ
âȘ Qui ne prouve rien âȘ
[LISA] "Mon cher Luka.
"Il y a une meilleure position que celle du moustique et de l'araignée.
"C'est quand quelqu'un s'endort dans tes bras."
"Et décide d'y passer toute la nuit."
"Et toute la semaine, et tout le mois."
Edward, le voiturier VRAIMENT DĂSOLĂ :(
âȘ Quelle douce faiblesse âȘ
âȘ Quel joli sentiment âȘ
Tu arrives Ă lire ?
Tu es libre demain ?
Pour toi... toujours
[EDWARD] Ăa veut dire quoi ?
Que j'ai le béguin pour toi.
- Vraiment ? - Oui !
âȘ Oui, mais sans la tendresse âȘ
âȘ L'amour ne serait rien âȘ
âȘ Non, non, non, non, l'amour ne serait rien... âȘ
âȘ
Bonjour.
âȘ
[LISA] Il y a une chose que j'ai comprise.
Le pardon ne guérit pas le passé.
Il le transforme.
âȘ
âȘ Dans votre immense sagesse, immense ferveur âȘ
âȘ Faites donc pleuvoir sans cesse au fond de nos cĆurs âȘ
âȘ Des torrents de tendresse âȘ
âȘ Pour que rĂšgne l'amour âȘ
âȘ RĂšgne l'amour âȘ
âȘ Jusqu'Ă la fin des jours âȘ
[LISA] Vous vous souvenez de moi ?
Je crois.
Vous aviez tort.
Malgré vos prédictions, j'ai trouvé quelqu'un.
Ă ce moment-lĂ , vous n'Ă©tiez pas prĂȘte.
Votre mĂšre dit que son rouge Ă lĂšvres vous va trĂšs bien.
Regardez votre coeur briller.
[LISA] J'y crois pas !
On dirait qu'elle vous a libérée.
Oui !
Merci.
[LISA] Tu as vu ?
L'affiche de mon film est sur Sunset Boulevard, c'est incroyable !
Il y en a un autre ! Regarde, John !
âȘ [MUSIQUE : "FIRST BE A WOMAN" PAR GLORIA GAYNOR] âȘ
âȘ
[EXCLAMATIONS, CRIS DE JOIE]
âȘ
[APPLAUDISSEMENTS]
âȘ [MUSIQUE : "LA TENDRESSE" PAR MARIE LAFORĂT] âȘ
âȘ On peut vivre sans richesse, presque sans le sou âȘ
âȘ Des seigneurs et des princesses, y en a plus beaucoup âȘ
âȘ Mais vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas âȘ
âȘ Non, non, non, non, on ne le pourrait pas âȘ
âȘ On peut vivre sans la gloire qui ne prouve rien âȘ
âȘ Ătre inconnu dans l'histoire et s'en trouver bien âȘ
âȘ Mais vivre sans tendresse, il n'en est pas question âȘ
âȘ Non, non, non, non, il n'en est pas question âȘ
âȘ Quelle douce faiblesse, quel joli sentiment âȘ
âȘ Ce besoin de tendresse qui nous vient en naissant âȘ
âȘ Vraiment, vraiment, vraiment âȘ
âȘ Dans le feu de la jeunesse naissent les plaisirs âȘ
âȘ Et l'amour fait des prouesses pour nous Ă©blouir âȘ
âȘ Oui, mais sans la tendresse l'amour ne serait rien âȘ
âȘ Non, non, non, non, l'amour ne serait rien âȘ
âȘ Un enfant nous embrasse parce qu'on le rend heureux âȘ
âȘ Tous nos chagrins s'effacent, on a les larmes aux yeux âȘ
âȘ Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu âȘ
âȘ Dans votre immense sagesse, immense ferveur âȘ
âȘ Faites donc pleuvoir sans cesse au fond de nos cĆurs âȘ
âȘ Des torrents de tendresse pour que rĂšgne l'amour âȘ
âȘ RĂšgne l'amour âȘ
âȘ Jusqu'Ă la fin des jours âȘ
[APPLAUDISSEMENTS]
Sous-titrage SME Denis Poudou pour Tri Track
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