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LIBRE COMME LE VENT
D�sol�, l'ami. On n'est pas ouvert.
Am�ne-moi �a � ma table.
Toi, apporte-moi une bouteille.
Dis-lui.
Dis-lui, toi.
Je mange.
D�sol�, l'ami.
Pas la peine de tra�ner ici.
Je vous l'ai d�j� dit, on n'est pas encore ouvert.
Tu es sourd ?
Qui ? Moi ?
Oui, toi.
Tu n'as pas d� m'entendre. Je veux � manger et � boire.
Je veux �tre servi � cette table. Sans plus tarder.
Je mange.
Maintenant, am�ne-moi � boire.
D�bouche-la.
Quoi ?
Tu es s�r que tu n'es pas sourd ?
Qui conna�t Steve Sinclair ?
Qui ?
Steve Sinclair.
Tout le monde conna�t Steve.
Il est propri�taire d'un ranch. Son fr�re et lui.
Un grand ranch ?
Plut�t.
Tony et lui ont presque un tiers de la vall�e.
Le reste appartient � M. Deneen.
Vous avez fini mon petit-d�jeuner ?
Sinclair vient parfois ici ?
Parfois.
Il pourrait venir aujourd'hui ?
Ecoutez, je ne suis pas devin.
Je ne te demande pas si tu es devin, face de porc.
Je te demande si tu penses que Sinclair passera.
Ils ont sorti le b�tail il y a quinze jours.
Ils pourraient revenir se ravitailler.
J'esp�re que vous ne r�glerez pas vos comptes ici.
M. Deneen n'aime pas les coups de feu.
On fait ce qu'il nous dit.
On aime qu'il soit satisfait.
Il n'appr�cie pas les coups de feu.
Si M. Deneen n'appr�cie pas les armes, je n'appr�cie pas l'alcool coup� � l'eau.
Si vous voyez Steve Sinclair, ne lui dites rien.
Je veux lui faire une surprise.
C'est un vieil ami � moi.
Tu m'as entendu ?
Salut, Steve.
J'esp�re que tu as 7 800 dollars sur toi
ou tu peux retourner l� d'o� tu viens.
Je n'ai perdu aucune b�te et j'ai obtenu 5 $ de plus par t�te.
- C'�tait de la chance. - Je suis fortiche.
Fortiche.
- �a fait plaisir de te revoir, Tony. - Moi aussi.
Oh, j'ai oubli� de te dire, Steve.
Je n'ai pas tout � fait le compte. J'ai pay� 286 dollars pour la carriole.
Et pour ce qu'il y a dessus ?
Une surprise, Steve. Je te pr�sente Joan Blake.
Enchant�, Mlle Blake.
C'est mon fr�re, Joanie. C'est Steve.
Tony m'a parl� de vous, Steve.
Elle vient de Jeweltown, Steve.
Viens.
Manuelo.
Manuelo.
- Se�or Tony, comment allez-vous ? - Manuelo.
- H�. - Content de vous voir ici.
H�, Joan. Joan.
Je te pr�sente Mlle Blake. Elle va habiter chez nous.
Joanie, suis-le. Vas-y.
Venez avez moi, se�orita.
Installe-la dans ma chambre. Je dors avec Steve.
Tu l'aimes bien ? Je sais que tu vas l'aimer.
N'est-elle pas jolie ?
Si. O� l'as-tu rencontr�e ? Pourquoi l'as-tu amen�e ?
Tu as devant toi un homme pr�t � faire le pas.
Je vais me marier.
On va se marier. Joan et moi.
N'est-ce pas formidable ?
Si. F�licitations.
Et comment. C'est formidable.
Suis-moi � l'int�rieur. Je vais te montrer quelque chose.
Tony.
Hamp.
- J'aimerais me laver. - Pas �tonnant.
Je veux savoir ce qui s'est pass� ces derni�res semaines.
- Tu �tais cens� le surveiller. - C'est impossible.
Surveiller ton fr�re, ce n'est pas une partie de plaisir.
C'est vraiment impossible.
O� l'a-t-il rencontr�e ?
Tout ce que je sais, c'est que le matin de notre d�part,
je l'ai vue dans une cal�che toute neuve.
Tony nous a dit qu'on devait l'appeler Mlle Blake
et qu'il allait la ramener pour l'�pouser.
Qu'as-tu fait ?
Je l'ai boucl�e et suis mont� en selle.
Ton petit fr�re peut parfois �tre une vraie t�te de mule.
Soit il �tait rond, soit le soleil lui avait tap� dessus.
Ni l'un ni l'autre.
Il a trouv� quelque chose qui lui plaisait.
- C'est de son �ge, Steve. - Ce n'est pas le souci.
Elle pourrait bien le calmer un peu.
Les femmes ont ce pouvoir sur les gamins.
Pas cette femme. Pas ce gamin.
Tony ?
H�, Steve.
C'est un cadeau de ma part.
C'est moi.
�a te ressemble. Comment ont-ils fait pour te tenir immobile ?
Ils m'ont pris par surprise.
J'ai quelque chose d'autre � te montrer.
Quelque chose que je me suis achet�.
D'o� le sors-tu ?
Je l'ai achet�. Un armurier me l'a am�lior�.
Je n'aime pas ce genre d'arme.
La g�chette est si bien ajust�e qu'elle part en un rien.
Mon vieux Sinclair.
Avec de l'entra�nement, je d�gainerai plus vite que mon ombre.
Tout va bien, Joanie ?
Tu vas bien ?
Tu es ravissante.
Steve, n'est-elle pas jolie ?
N'est-elle pas la chose la plus belle que tu aies vue ?
Elle va rougir si tu continues.
Ne fais pas attention � Steve. C'est un joueur de poker.
On ne sait jamais ce qu'il pense.
Je vais te montrer mon nouveau pistolet.
Si j'�tais toi, je m'y habituerais avant de l'emmener.
Pour m'y habituer, je dois l'utiliser.
Joan, viens voir le tireur le plus rapide de l'Ouest.
Viens, Steve.
Tony.
- Regarde ton soc. - J'aimerais te parler...
J'aimerais te parler de cette fille.
Avec plaisir, mais pas maintenant.
Veux-tu bien ranger ce pistolet ?
H�, h�, h�.
Pourquoi te mets-tu au sol ? Tu as peur qu'il d�gaine ?
- Pas si fort. - Je t'ai pos� une question.
- Tu as peur qu'il d�gaine ? - Un jour, peut-�tre.
Tu ne veux pas que je m'entra�ne ?
Ne me cherche pas.
Je te l'ai dit des centaines de fois.
Je n'aime pas ceux qui s'entra�nent trop.
Comment te l'expliquer ? En te marquant au fer chaud ?
H�, Steve. Tu ne comprends pas.
Vois-tu, je fais �a pour toi.
Je dois te prot�ger.
Tu es maintenant repenti, un ex-hors-la-loi
et tu n'utilises plus ton p�tard.
Imagine que quelqu'un vient te chercher,
disons demain, apr�s-demain ou jamais.
Vois-tu, je dois savoir bien tirer.
Je dois �tre bon. On doit d�fendre cette vall�e.
Steve, je suis ton fr�rot.
M�me si �a ne te pla�t pas, je ne suis plus un gamin.
Tu n'es plus un gamin non plus. Tu prends de l'�ge, tu sais.
Et...
C'est mon droit de te prot�ger et je compte bien le faire.
Je comprends, Tony.
Peut-�tre mieux que tu ne le penses.
Entre. Vas-y.
Vas-y.
- Vous voulez du caf� ? - Non merci.
Lorsqu'une dame est pr�sente, la maison doit �tre jolie.
Manuelo.
Merci pour la fleur. Elle est ravissante.
Ai-je pass� le test ?
Je ne vous juge pas, Mlle Blake.
Je suis le genre de fille qui aimerait savoir si elle peut d�faire ses valises.
C'est de famille.
Ce n'est pas un d�faut.
Asseyez-vous. Je vais �tre franc avec vous.
Tony est encore un gamin.
Ni lui ni ce ranch ne sont pr�ts � accueillir une femme. Pas encore.
Ce n'est pas l'espace qui manque.
Tony dit que vous dirigez une grande vall�e.
Tony a l'imagination fertile.
Nous ne la dirigeons pas. Nous avons un tiers.
Dans 20 ans, cette parcelle nous appartiendra.
Un d�nomm� Deneen s'est install� ici, il y a fort longtemps.
J'ai �t� son commis pendant trois ans.
Puis gr�ce � lui, j'ai obtenu une parcelle et quelques b�tes.
Et vous n'�tes pas pr�t � c�der quoi que ce soit.
Disons que je veux le partager avec une personne sp�ciale.
Tony n'est assez sp�cial ?
Mis � part votre nom, je ne connais rien de vous.
Et j'ignore quelles sont vos intentions.
Je suis venue pour �pouser Tony et fonder un foyer.
Vous n'�tes peut-�tre pas assez sp�ciale. C'est peut-�tre le probl�me.
Il aime les armes, n'est-ce pas ?
Vous vous en �tes rendu compte ?
Il d�barque dans votre cabaret plein aux as
comme une vraie proie.
Deux chansons et plusieurs verres apr�s, il vous offre une cal�che et une vall�e.
Je ne suis pas une tra�n�e.
Il ne m'a pas achet�e comme ce pistolet.
Tr�s bien, j'ai l'esprit ouvert. D'o� venez-vous ?
D'un peu partout.
J'ai pass� mes 12 premi�res ann�es
� bouger d'une petite ville minable � une autre.
Mon p�re �tait chasseur de peau.
Apr�s toutes ces ann�es pass�es � boire,
il ne pouvait plus diff�rencier un buffle d'un �ne.
Je n'essaie pas de vous amadouer.
Je r�ponds � votre question.
Que ressentez-vous pour mon petit fr�re ?
Soyez honn�te avec moi.
Il y a deux jours, ce gamin a d�barqu�, il m'a appel�e "mademoiselle".
Il m'a demand� de chanter cette chanson qu'il aimait tant.
Je vais vous dire une chose...
C'�tait comme une bouff�e d'oxyg�ne.
Vous connaissez les chanteuses de cabaret.
Personne ne les appelle "mademoiselle".
Plus tard, il m'a invit�e � d�ner et nous avons parl�.
Nous avons parl� des heures durant � propos de moi, de lui.
Puis il m'a parl� de vous et de cette vall�e.
Et � l'�couter parler...
Je devais venir ici.
Un couplet de plus dans ce cabaret d�go�tant
et j'aurais crach� sur quelqu'un, je serais tomb�e malade, ou...
Ou je serais morte.
Etait-ce assez honn�te pour vous ?
Vous savez, Tony m'a dit que vous �tiez son fr�re a�n�.
Vous a-t-on d�j� dit que vous agissez comme son p�re ?
Je suis son p�re depuis qu'il a 4 ans, mais aussi sa m�re.
Je ne le comprends pas tout � fait.
Alors comment voulez-vous le comprendre ?
Ce gamin a des probl�mes.
J'imagine que son fr�re aussi.
- Nous parlons de Tony. - Je parle de vous, maintenant.
Je connais une partie du probl�me de Tony.
Mais je vous observais, vous aussi.
Ne serrez pas les poings, M. Sinclair.
J'ai d�j� vu des bandits repentis.
Alors j'ai dit : "Steve, je n'ai pas ramen� que �a."
Vous auriez d� voir sa t�te.
H�, Fred. Fred, tu es assis � c�t� d'elle.
N'est-elle pas la fille la plus jolie que tu aies vue ?
Oh, je ne vois pas beaucoup de filles par ici.
H�, Hamp. Dis un peu.
Qu'en penses-tu ? Tu es plus �g� que nous tous.
Elle est mignonne, c'est vrai.
Bravo, Hamp. Je savais que tu serais d'accord.
C'est pas vrai ?
Voil� un homme qui va � Jeweltown deux fois par an
et qui n'a pas encore ramen� de femme.
O� vas-tu ?
Je dois ferrer mon cheval.
On doit aller en ville placer l'argent.
- Je vais t'aider. - Attends une minute.
Tu n'oublies pas quelque chose ?
Les gars voulaient que je vous dise qu'on est heureux de vous avoir ici.
Et ?
Si on peut faire quoi que ce soit, dites-le-nous.
On sera heureux de vous aider.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je dois d�barrasser la table.
Tu ne vas pas la d�barrasser maintenant.
Pas maintenant ? Pourquoi ?
Son discours t'a plus ?
Tu l'as tr�s bien �crit.
Ecoute, d�tends-toi.
�a va te plaire, ici, et Steve t'aimera.
C'est all� un peu vite. Il doit se faire � l'id�e.
On dirait bien.
Je ne me fais aucun souci. Tout ira bien.
Il a une dr�le d'habitude.
Il me traite comme un gosse et �a a le don de m'agacer.
Mais une chose est s�re, Joanie.
Je n'accepterai �a que de lui, parce que c'est mon h�ros.
J'avais compris.
Tu ne l'aimes pas, pas vrai ?
Parce que tu ne le connais pas.
Je vis depuis toujours avec lui.
Il faisait partie de la bande de Quantrill.
Je l'ai vu d�gommer cinq hommes
avant l'�ge de 12 ans.
Cet homme...
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Tu as un dr�le d'air quand tu parles de ton fr�re.
Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait quelque chose de mal ?
Qui t'a donn� ce sourire ?
Quel sourire ?
Celui que je vois I�. Il me pla�t.
Il te va bien.
J'ai toujours cru qu'il �tait normal. Je l'ai depuis que je suis n�.
H�...
Quoi ?
Chante-moi quelque chose.
Maintenant ?
Maintenant, en souvenir du bon vieux temps.
Le bon vieux temps d'il y a deux jours ?
S'il te pla�t, chante et je continuerai de sourire.
Parfois j'aimerais
Seller le vent
Et te rejoindre l� o� tu es
Nous pourrions nous rejoindre Dans une vall�e
Ou sur une colline verte
Serai-je toute � toi ?
Tu le sais bien
Mon amour
Ma place au soleil
Est � tes c�t�s
Je le sais
Et si je le pouvais
Je sellerais le vent
Une nuit �toil�e
Je sellerai le vent
Et dans tes bras
Je me r�fugierai
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu m'embrasses comme si tu m'avais pay�e pour le faire.
Je n'aime pas ces baisers.
Je n'arrive pas � te cerner.
Tu chantes comme si tu m'invitais et ensuite, tu refermes la porte.
J'aimerais te comprendre. J'aimerais savoir ce que tu veux.
Sois doux, Tony.
Tout ce que tu me feras, tu dois le faire en douceur.
Tu comprends ?
D'accord.
�a viendra. Je ferai ce que tu voudras.
Mets cet argent � la banque. A plus tard.
Entendu. Steve, je n'ai pas un rond.
Tiens.
Hamp ?
Tu m'as eu.
Tony.
- Tu as grossi ? - Tu as grossi ?
�a, c'est mon pote.
Hamp, bienvenue.
Content de te revoir.
Tu habites dans ce saloon ?
Tu n'as pas de maison ?
Pas depuis que Steve m'a vir�.
- Il est toujours aussi m�chant ? - Pas avec tout le monde.
Juste avec les vauriens comme toi.
Ce doit �tre la fille dont j'ai entendu parler.
C'est exact. �te ton chapeau.
Joan Blake, voici Dallas Hanson. Il travaillait chez nous.
Enchant�e.
De la 4e de l'Alabama. Des Etats conf�d�r�s d'Am�rique.
- On a tenu le coup � Shi... - On a tenu le coup � Shiloh.
Avec quatre autres comme toi, on aurait perdu la bataille de Bull Run.
On va devoir f�ter �a.
- Me feriez-vous l'honneur ? - Une minute.
Suivez-moi.
Salut, Hank.
Salut, Joe. Je te pr�sente Mlle Blake.
La promise de Tony.
Tu veux bien nous servir ?
Deux verres.
Dallas.
C'est une dame.
- J'avais remarqu�. - Une dame ne boit pas au bar.
Dans ce cas, je l'emm�ne � une table. Par ici.
Cette table est un peu sale.
- Ecoute-moi... - Joe, paye un verre � Hank, veux-tu ?
Des verres pour tout le monde. Je paye ma tourn�e.
- Tony, o� est Steve ? - Quoi ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Il est mal barr�.
Un type est venu hier dans la matin�e et...
- O� est Steve Sinclair ? - Il est pas l�.
Le...
C'est son fr�re, Tony Sinclair.
C'est pas lui que je veux.
Si vous avez quelque chose � lui dire, je peux transmettre le message.
Je n'ai jamais aim� envoyer un petit jeune faire mon boulot,
je lui passerai le message moi-m�me.
C'�tait juste une offre.
Maintenant, disons que c'est un ordre.
Vous feriez mieux de me donner ce message.
Du calme. Je ne veux pas de coup de feu.
Qu'on apprenne � ce gamin � ne pas cacher sa main.
Le gamin s'appelle Tony.
- Vous n'avez peut-�tre pas entendu. - J'ai entendu.
Alors dites-le.
Fiston, va voir ailleurs si j'y suis.
Tu ne me facilites pas la t�che, bandit.
Ce n'est pas mon intention.
Je sais ce qui me pla�t. Et Steve Sinclair ne me pla�t pas.
J'aimerais le lui dire en personne.
Si tu veux d�poser une plainte, � ta guise, fiston.
Tony.
Tu ferais mieux de d�guerpir.
Tu veux en venir l� ?
On dirait bien.
A moins que tu ne veuilles t'excuser.
Tony.
Tu as un sacr� culot, fiston.
M. Deneen n'aime pas les coups de feu.
Il n'y aura aucun coup de feu, Joe.
Si ce bandit accepte de partir.
J'attends ton signal, cow-boy.
Tu rends les choses difficiles.
J'attends.
Tu es rapide, mon petit ?
Tu risques de le d�couvrir.
- Tu veux que je d�gaine ? - En as-tu le cran ?
Je suis capable de te mettre six balles dans le ventre
avant que tu ne puisses r�agir.
Tony.
H�, Steve. Il �tait...
Qu'est-ce qui t'a pris ?
Tony, c'�tait impossible que tu d�gaines plus vite que lui.
C'est Larry Venables, le tireur le plus rapide que je connaisse.
Il voulait t'abattre, Steve.
Tony, je te suis reconnaissant.
La prochaine fois que quelqu'un me cherche,
appelle-moi, pas lui.
C'est tout ce que tu as � dire ?
Je te suis reconnaissant.
Il ne te demande pas de m�daille.
C'est une discussion entre fr�res. Tu t'appelles Sinclair ?
Je ne te demande que de te souvenir d'une chose.
Dans un duel, il y en a un qui finit au bar et paye sa tourn�e
et un autre dont le nom est grav� sur une pierre tombale.
Dans le meilleur des cas, tu as une chance sur deux.
Je vois, Steve.
Je vais l'annoncer au vieux.
Steve.
Venables �tait plus rapide que toi ?
Tony, raccompagne-moi, veux-tu ?
Bien s�r.
Tony.
Allons-y maintenant. S'il te pla�t.
Oui. Je veux d'abord boire un verre.
Dans une minute, Joan. Donne-moi une minute.
C'est mon fiston.
S'il avait �t� sudiste, Jeff Davis serait pr�sident
et la capitale serait Richmond.
Qu'en dis-tu, Tony ?
Oh, ne t'inqui�te pas pour Steve. Il est juste un peu jaloux.
C'�tait un sacr� duel.
Il est un peu jaloux, pas vrai ?
Pas vrai ? Pas vrai, Tony ?
Je veux payer une tourn�e g�n�rale.
- Dans ce cas... - Je paie ma tourn�e.
O� as-tu appris � tirer comme �a, Tony ?
C'est un pistolet rapide. Regardez �a.
Et son propri�taire n'est pas lent non plus. Faites voir.
- Donne-moi ce pistolet. - Tony ?
- Une seconde, tu veux bien ? - Rends-le-moi.
- D'accord, Tony. - Du calme.
Remplissons nos verres, je veux porter un toast.
Voil�. Je porte un toast �...
On ne tue pas un homme tous les jours.
...Tony Sinclair.
- Tiens un cadeau. Du whiskey. - Parfait.
Bonjour, Steve. Tes hommes sont revenus ?
- O� est M. Deneen, Brick ? - A l'int�rieur.
Dis-lui que je suis l�, veux-tu ?
Bien, que se passe-t-il ?
Il y a eu une fusillade en ville. Un homme est mort.
Qu'est-ce qui t'am�ne, Steve ?
Il y a eu une fusillade, M. Deneen.
Brick m'a dit qu'un homme �tait mort.
Il s'appelait Larry Venables.
Il voulait m'abattre.
Il y a longtemps de �a, j'ai d� tuer son fr�re.
Et il a fallu que tu le tues.
Tony l'a tu�.
Tony ?
Tu es venu pour le d�fendre. C'est �a ?
Je suis venu tout expliquer.
Je n'ai peut-�tre pas �t� clair, M. Deneen.
Un homme est venu en ville pour me descendre.
Il m'a sauv� la peau.
Excuse-moi si je ne cherche pas � conna�tre les circonstances.
Je veux te demander comment ton fr�re se sent apr�s avoir tu�
un homme pour la premi�re fois.
Mieux que s'il avait tourn� le dos.
Et s'il avait tourn� l'autre joue, au lieu de d�gainer ?
Vous demandez beaucoup, M. Deneen.
Vraiment ?
C'est ce que j'avais demand� � mon fils avant ton arriv�e.
Il avait l'�ge de Tony.
On me l'a ramen� au ranch un dimanche apr�s-midi,
pendouillant sur une selle comme un morceau de viande.
Il n'avait que 19 ans.
Il est mort avant de savoir ce qu'�tait la vie.
J'en demande trop ?
- J'imagine que non. - Il en est ainsi.
C'est la fa�on dont on entend appliquer la loi, par ici.
On ne veut pas de bandits, ici.
Vous parlez de mon fr�re.
Je parle d'un jeune homme et de sa premi�re victime.
Quand je sais qu'il s'agit de Tony, j'en ai des sueurs froides.
Dis � ton fr�re de ma part que s'il r�cidive,
je ne veux plus de lui dans cette vall�e.
Je dois le prendre comme si c'�tait adress� � nous deux.
Cela s'adresse � vous deux.
Mais je te le dis, Steve,
parce que je ne veux pas revivre ce dimanche apr�s-midi.
Je ne veux pas te voir �tal� sur une selle.
Je pr�f�rerais voir mon fils partir et ne jamais le revoir
que de devoir l'enterrer.
Essaye de comprendre, Steve.
Fais-le pour moi.
Vous pouvez compter dessus, M. Deneen.
Il a d� prendre sur lui pour venir jusqu'ici.
Vous l'avez bien choisi. Mais son fr�re ?
Je le sais bien, son fr�re est poss�d�.
�a ne vient pas de Steve. Il est n� comme �a.
Je ne pense que Tony soit jamais n�.
Je pense que quelqu'un l'a trouv� dans un barillet
et l'a expuls� en appuyant sur la g�chette.
Tu te souviens de cette fille ?
Quand on fait �a, on boit encore plus.
- Tu te souviens ? - Dallas prenait tout le monde.
A chaque fois qu'on se revoit, c'est vraiment...
Elle ne devait pas �tre arm�e.
Tony est toujours � l'int�rieur ?
Il s'amuse comme un enfant.
H�, attends un peu, veux-tu ?
Je l'ai liquid�, je l'ai tu�. Il est raide mort.
Venez. Je vous raccompagne au ranch.
Vous allez bien ?
Ne vous inqui�tez pas pour moi.
N'avez-vous jamais vu une femme pleurer ?
J'imagine que oui.
Ce n'�tait pas beau � voir. Je comprends.
Une mort n'est jamais facile � avaler.
D�sol� de vous avoir confront�e � cela.
Je tiens � �tre claire, il est inutile de chercher vos mots.
Je ne veux pas de votre piti�.
Ce n'est pas la premi�re fois que je suis seule dans un saloon.
- Vous avez �t� �lev�e � la dure. - Rendez-moi service.
Partez et laissez-moi tranquille.
J'ai promis de vous ramener au ranch. Je ne vais pas vous planter ici.
Je ne le r�p�terai pas, M. Sinclair.
M�me si on vous appelle chef et que les b�tes portent votre nom,
je ne fais pas partie du b�tail.
Ecoutez-moi bien.
Tony n'est pas juste un gamin qui aime les belles jambes et les voix suaves.
C'est un gamin qui a vu six hommes se faire descendre avant ses 12 ans.
Son dieu � lui, c'�tait son fr�re, celui qui a tu� 5 de ces hommes.
Si ce gamin n'est pas un ange, je suis navr�.
Personne ne vous a forc� � grimper dans cette cal�che.
Si vous avez �t� assez idiote pour tomber sous son charme,
pleurez dans votre coin, mais ne nous jugez pas.
Je suis d�sol�, Joan.
Ce n'est pas ce que vous souhaitiez.
On n'est pas comme vous le souhaitiez.
Je veux vous montrer quelque chose.
Quand Tony �tait tout jeune, il venait jouer ici.
C'�tait sa cachette, comme il disait.
Je lui ai pass� un savon pour avoir cass� mon couteau en faisant �a.
Le monde est ainsi fait.
Ils grandissent quand vous avez le dos tourn�
et nos souvenirs n'ont rien � voir avec le pr�sent.
Je revois Tony � l'�ge de 12 ans graver son nom sur cet arbre.
Pas le gamin dans le saloon, ivre et les pieds dans sang.
Je ne fais pas confiance facilement.
Je n'ai m�me pas essay� de vous comprendre.
J'aimerais que vous me fassiez un peu de place.
Laissez-moi essayer.
D'accord.
C'est une grande vall�e, ce n'est pas l'espace qui manque.
C'est quoi ?
Aucune id�e.
On ferait mieux d'aller voir.
Clay, pas de grabuge.
Tu vas te battre, papa ?
Seulement si je suis forc�.
Vous feriez mieux d'attendre ici.
Qui est le chef ?
Qui veut le savoir ?
Je m'appelle Sinclair. Vous �tes sur une propri�t� priv�e.
Je ne suis pas de cet avis. On a le droit d'�tre ici.
Pour quelle raison ? Pour chasser ?
Tout d�pend de vous.
Je ne cherche pas d'ennuis.
Ce fusil braqu� sur moi ne me pla�t pas.
- Fais attention, Clay. - Inutile de faire attention.
On est ici l�galement et on va rester ici.
On n'est pas venus de Pennsylvanie
pour d�taler d�s que quelqu'un hausse le ton.
On est ici l�galement, on reste ici.
Vous avez doublement tort.
Vous n'occupez pas ce territoire l�galement et vous ne resterez pas.
Je vous conseille de m'�couter.
- Ce territoire appartenait � mon... - Il appartenait � Jacob Ellison.
Il a perdu deux troupeaux en hiver et est parti vers l'Est.
C'�tait il y a 20 ans.
On a acc�s � cette parcelle depuis que je suis ici et bien avant �a.
Je m'appelle Clay Ellison.
Mon p�re est mort et j'ai h�rit� de ce terrain.
Tr�s bien, vous voulez essayer de nous �jecter ?
J'essaye de vous raisonner. Libre � vous de d�cider.
Vous voyez �a ?
Il va faire de l'orage.
Il pleut beaucoup ici, votre campement sera inond�.
Ce n'est pas le meilleur endroit.
Il y en a d'autres.
Cette parcelle fait 10 km. On trouvera un autre endroit.
Pas ici. Ces terres sont incultivables.
On se d�brouillera.
M�me si vous y parvenez, il y a du b�tail au nord et au sud.
Une vache affam�e ne fait pas la diff�rence
entre l'herbe fra�che et les plans de bl�.
Vous avez entendu parler des cl�tures ?
Je ne le r�p�terai pas, Ellison.
On �l�ve des vaches ici. C'est le fruit du travail d'hommes respectables.
Et on n'a pas fait �a pour qu'un jour
vous veniez planter vos cl�tures et nous saigner � blanc.
Ce document certifie que �a m'appartient.
Je peux en faire ce que je veux.
C'est la loi. Le gouvernement le dit.
Vous pouvez l'encadrer, mais �a ne fera rien pousser.
Venir ici �tait une mauvaise d�cision, Clay.
Tu trouves que partir serait mieux ?
Il va faire de l'orage comme il l'a dit.
Je suis fatigu�, Clay. Mes gosses sont fatigu�s.
Prenez votre temps. Le terrain est boueux, mais vous pourrez partir.
Vous �tes texan, n'est-ce pas ?
Vous n'�tes pas loin. J'ai grandi l�-bas, � Laredo.
Je l'avais vu � votre selle.
- Vous n'aimez pas le Texas ? - Plus maintenant.
J'ai d� tuer plusieurs de vos fr�res quand ils portaient l'uniforme sudiste.
De quoi vous plaignez-vous ? N'avez-vous pas gagn� ?
Je me demande, parfois.
Ce n'est pas en portant cet uniforme d�fra�chi
que vous gagnerez des batailles.
Il n'y aura pas de clairons. Partez au lever du soleil.
H�, attendez.
On ne vous est pas redevables de quoi que ce soit.
On a d� endurer le froid, la chaleur et la maladie,
alors ce n'est pas vous qui allez nous �jecter, vous entendez ?
Il nous en faudra plus.
Plus que des gens comme vous. Vous m'entendez ?
Vous m'entendez ? Vous... ?
S'il vous pla�t, on a travers� des moments difficiles.
Il n'est pas dans son �tat normal.
Passez la nuit ici.
Mais demain matin, je veux que vous partiez.
H�, Dal.
- Tu as quelque chose � boire ? - Non, rien � boire.
- H�, Dal. - Quoi ?
Tu crois...
Tu crois que j'ai d�gain� vite ?
J'avais combien d'avance sur lui ?
Je te jure que j'ai cru qu'il avait d�gain� en m�me temps.
Qu'est-ce que �a change ?
Tu l'as laiss� sur le carreau.
Tu es rapide, tu ne le savais pas ?
Tu as d�j� vu un homme tomber comme �a ?
Je n'ai jamais vu un homme tomber comme �a.
Jamais.
- C'est de la fum�e. - Des envahisseurs.
En plein milieu de la parcelle.
- H�. - Oh, arr�te �a.
Tu penses � ce que je pense ?
Tu aimes les envahisseurs ?
Ecoute, je n'aime pas plus les envahisseurs que Venables.
- Et tu sais combien je l'estime. - Ouais.
Faisons-les d�guerpir.
- Allons-y. - Hue.
On arrive, les envahisseurs.
Ne t'inqui�te pas, Mary.
- H�, Dal. - Oui ?
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Je ne sais pas. Mais faisons-le doucement.
En avant.
H�, les envahisseurs.
- H�, Dal. - Oui ?
Tu as un truc � boire ?
J'ai rien � boire. Tu as un truc � boire ?
Non, j'ai rien � boire. Je suis s�r qu'il a un truc.
Qu'est-ce qui te fait dire �a ?
Quelqu'un me l'a dit.
- Qui ? - Quelqu'un.
- Demandons-lui. - Allons-y.
Tony, je crois qu'on a d�croch� le gros lot.
Ce n'est pas seulement un envahisseur et un fermier,
mais je crois aussi d�tecter un vieil uniforme de Yankee.
Quel grade avais-tu ? Adjudant-major du g�n�ral Grant ?
J'�tais sergent-major dans la 5e de Pennsylvanie, rebelle.
Si tu avais fait Cemetery Ridge, tu le saurais.
- Cemetery Ridge. - Cemetery Ridge.
Laisse-moi r�fl�chir deux secondes.
N'est-ce pas l� o� les f�d�raux attendaient en ligne
et l� o�, quand le premier sudiste est arriv� � la charge
ils ont d�tal� comme des lapins ?
Je crois qu'il y avait deux r�giments dont on n'a plus entendu parler.
Et je parie que ce type �tait le plus rapide de tous.
Le voil�. Regarde-le.
- Sacr� gabarit. - Sacr� gabarit, oui.
Vous avez 15 secondes pour quitter mes terres.
Tu sais quoi ?
Tu as une grande gueule de Yankee. Je vais te la fermer.
C'est fini pour eux.
Ouais, allez.
Vas-y, papa. Ramasse-le.
Surveille-le, Dal. Surveille-le.
Surveille-le.
Allez, allez.
Vas-y, papa.
Eloigne-toi de papa, fiston. Eloigne-toi.
Dis-le comme si tu y croyais.
Dis-le comme si tu ne savais pas qu'il te gardait en vie.
Jamie.
Regarde. Regarde-le.
Comme �a. Comme �a.
Vas-y, papa. Danse.
Vas-y.
- Ramasse-le, papa. - Vas-y, danse, papa.
Vas-y, danse.
S'il te pla�t, papa.
Danse, papa.
Tony. Tony.
Si tu n'�tais pas so�l, je...
Fiche le camp d'ici, Tony.
La prochaine fois, je te fais la peau.
Rel�ve-toi, Dallas.
Je te donne une minute et demie pour ficher le camp.
Et ne t'arr�te pas en ville, continue ton chemin.
Ellison.
De quoi vous racheter un chariot.
Que �a ne retarde pas votre d�part.
S'il y a assez pour acheter un chariot,
il y aura assez pour acheter du barbel� pour nous prot�ger de vos b�tes et vous.
Etes-vous Dennis Deneen ?
Je suis son contrema�tre. Que voulez-vous ?
Qui est-ce, Brick ?
Ellison. Clay Ellison.
Fais-le entrer, Brick.
Je vous attendais.
J'ai entendu parler de l'incident.
- Je suis d�sol�. - Vraiment, M. Deneen ?
Mon p�re m'a dit que vous dirigiez cette vall�e.
Il a dit que vous aviez des principes.
Vous faites attention �...
Une minute, Brick.
Allez-y, Ellison. Je vous �coute.
Est-ce tout ce que je peux esp�rer ? Des excuses ?
Qu'aviez-vous � l'esprit ?
Votre assurance que �a n'arrivera plus.
Je vous le garantie.
Vous n'avez qu'� me vendre vos terres, M. Ellison.
Votre prix sera le mien.
M. Deneen, vous n'arriverez ni � me convaincre, ni � m'intimider,
ni � m'acheter.
Je ne suis pas venu vendre mon terrain.
Je suis venu le prot�ger.
Vous voulez cultiver cette parcelle et l'enclore.
Vous voulez que je sois � vos c�t�s
pendant que vous cl�turez le p�turage.
Pardonnez-moi, M. Ellison, mais vous avez un sacr� toupet.
Pour r�clamer ce qui est � moi ? Ce n'est pas du toupet, c'est un droit.
Et � vos yeux, les droits d'un homme sont importants.
Ses droits et son honneur, M. Deneen.
J'ai pay� cher pour les deux avec cet uniforme.
A Chicamauga, Bull Run et Chancellorsville.
J'avais des galons de major aux �paules et je les avais m�rit�s.
Je ne laisserai pas un vulgaire vagabond
me dire que ces noms et cet uniforme ne sont pas honorables.
Je m'en remets � vous, M. Deneen.
Je ne me bats pas � armes �gales avec eux. Je ne suis pas un bandit.
Je viens donc voir le seul homme
qui puisse me sauver la vie et celle des miens.
Demain matin, j'irai dans votre ville
pour acheter des graines, des outils et du barbel�.
J'aimerais que vous y soyez, M. Deneen,
pour ne pas avoir � acheter un cercueil.
Il n'y a que deux choses que je n'ai jamais aim�es, Ellison.
L'une est la violence et l'autre est le fil barbel�.
Mais je d�teste encore plus la violence.
Demain matin, passez par ici avant d'aller en ville.
Brick et moi vous escorterons.
Personne ne vous emp�chera de faire ce qui vous revient de droit.
Salut, Steve.
Je n'ai plus de tabac.
Ne t'en fais pas pour �a.
Debout, Tony. J'ai beaucoup de choses � te dire.
- Comme quoi ? - Comme �a.
Sais-tu ce que les gens pensent de toi ?
�a m'est �gal.
Ils te prennent pour un allum� � la g�chette facile
depuis que tu as tu� ton premier lapin.
Pour eux, si tu descendais en ville,
ils parieraient 20 contre 1 que ta prochaine victime parlera.
Tu aurais d� prendre les paris.
J'aurais d� leur demander pardon,
car c'est � cause de mon fr�re qu'ils s'enferment � double tour.
Comment te sens-tu, Steve ? Dis-moi.
J'ai tu� un tueur qui t'aurait coinc� en moins de deux.
Laisse cet homme reposer en paix.
Dois-tu porter sa carcasse autour du cou ?
Je ne vais pas me mettre � genoux et m'excuser.
Pas question. Je t'ai sauv� la peau, fr�rot.
C'est moi qui l'ai confront�. C'est moi qui ai d�gain�.
Tout ce que tu as fait, c'est aller en rampant
chez ce vieil homme.
Les gens se sont approch�s pour me serrer la main, ce matin.
Tu n'attendais que �a.
Tu es ensuite all� chercher des noises ailleurs.
Tu �tais pr�t � abattre un fermier et peut-�tre sa femme et ses enfants.
Tu as effectivement donn� raison � tout le monde ce matin,
tu as prouv� que tu �tais un petit frimeur � la g�chette facile.
Tu leur as prouv�.
Je vais te dire ce que je leur ai prouv�.
J'ai prouv� que j'�tais deux fois meilleur que toi.
Que j'avais des p�turages que j'�tais pr�t � d�fendre.
Et j'ai prouv�...
J'ai prouv� que tu �tais jaloux.
Bon sang, Steve, ouvre un peu les yeux.
Je ne suis plus ton petit fr�re.
Je suis ton associ�. Je suis ton �gal. Tu ne me feras plus taire.
Je ne t'ai jamais fait taire ou brim�.
Je n'ai toujours souhait� qu'une chose, te voir grandir.
Mais tu n'as pas d�pass� ton ceinturon,
ce qui est une petite taille pour un homme.
Je suis Dennis Deneen.
Je vous pr�sente Joan Blake, elle vient de Jeweltown.
Enchant�, mais je suis venu pour affaires.
Allez-y, vous pouvez parler devant elle.
Tr�s bien.
J'aimerais savoir quel est le l�che
qui a essay� d'incendier le camp sur la parcelle d'Ellison.
Vous l'avez devant vous.
C'�tait formidable.
Je suppose que c'�tait un acte de bravoure.
�a ne se reproduira plus, M. Deneen. C'est r�gl�.
R�gl� ?
Est-ce l'�pitaphe que vous mettrez sur la pierre tombale ?
Prends ceci comme parole d'�vangile.
Je n'accepterai pas qu'on meure pour un bout de terrain.
Et pour un grand espace sans cl�ture ?
Sache, Tony, que tu n'as pas invent� les grands espaces.
Tu en as juste profit�.
Clay Ellison ira en ville demain pour s'approvisionner.
J'esp�re qu'il finira par nous vendre sa parcelle.
Mais en attendant, il fera ce que bon lui semble.
C'est son droit et je lui donnerai mon soutien.
Enchant� de vous avoir rencontr�e, mademoiselle.
Je suis navr� que ce soit dans ces circonstances.
Je te souhaite une longue vie, Tony.
Et une longue lign�e d'�leveur de b�tail.
Je te souhaite de vivre assez longtemps pour les �lever.
Ellison vient en ville ce matin.
Il va acheter du barbel�.
C'est ce qu'on dit.
On va le laisser faire ?
C'est ce qu'on va faire, Hank ?
On le laisse faire,
on le laisse acheter du barbel� pour qu'il nous coupe la gorge avec ?
Je n'aime pas �a. Tu aimes �a, Hank ?
Tony, tu sais qu'on doit faire ce que M. Deneen nous dit.
Toi, tu dois faire ce que M. Deneen dit.
Moi, je me fiche de ce qu'il dit.
Je veux faire les choses � ma fa�on.
Tu as de dr�les d'amis, Steve.
Tu es dans le passage.
Vous pouvez me faire bouger.
Vois-tu, on n'a pas envie de te bouger.
Attends une minute, Brick.
Tony, je veux que tu t'en ailles.
Pourquoi ne le demandes-tu pas � Ellison ?
Tony, je te demande de t'en aller.
Moi, je te dis de lui demander.
J'ai une liste de fournitures � acheter, Sinclair.
Tu as du barbel�, dans cette liste ?
En d�but de liste.
Tu ferais mieux de changer d'avis.
Tony.
Tu le fais � ta fa�on, Steve et moi � la mienne.
Je te laisse une chance de plus pour t'en aller.
Une chance de plus.
Tu peux aller au diable.
C'est Cemetery Ridge.
Tony.
Tony, �coute-moi.
Tu ne te bats plus contre le barbel� et les envahisseurs.
- Tu te bats contre moi. - Ne me force pas, Steve.
Tu es mon fr�re.
Tu as peut-�tre oubli� �a.
Non, je ne l'ai pas oubli�. Je suis ici pour �a.
C'est pour �a que je vais t'arr�ter, Tony.
D�gage, Sinclair.
Personne ne m'arr�tera.
Personne n'ach�tera de barbel�.
Pourquoi ne laisses-tu pas cet envahisseur se battre seul ?
L'autre jour, il se cachait derri�re des femmes et des enfants.
Aujourd'hui, il se cache...
C'est dr�le, car il se cache derri�re toi.
C'est dr�le parce que tu ignores que Steve s'est ramolli.
Tu es incapable de prot�ger cette esp�ce de l�che...
Vous pouvez vous le partager. Toi et Tony.
Charlie Harris.
- Oui, monsieur. - Pouvez-vous lire �a ?
- Oui. - Approvisionnez-nous.
Envoyez �a � la parcelle d'Ellison. Je vous attendrai.
- Le barbel� aussi ? - Tout.
Vous devriez en commander plus.
Quand j'aurai enclos sa parcelle,
je ferai la m�me chose autour de ma propri�t�.
Et si le barbel� ne suffit pas, je me servirai de �a.
Tenez votre b�tail � l'�cart de mes terres.
Je ne veux pas que vous touchiez � ce qui m'appartient.
Harris.
Si vous voulez que je vienne chez vous, oubliez-les.
Ces deux bandits. Je veux que vous quittiez la vall�e.
Tous les deux.
Allez, Brick. Allons-y.
C'est peut-�tre moi qui t'ai appris � t'en servir,
mais d'o� te vient cette passion ?
D'o� te vient cette passion, Tony ?
Steve.
Steve ?
Que se passe-t-il ? Tu es tout seul ?
Tu as de la compagnie, Tony.
Et si tu t'ennuies, tu peux toujours le scalper.
Bien. Commencez � creuser.
- Hamp. Hamp. - Me voil�, Steve.
Rassemble les gars. Je veux les voir imm�diatement.
Ils cl�turent la parcelle d'Ellison.
Et apr�s, ils feront la m�me chose autour de la propri�t� de Deneen.
Il y a un moyen d'arr�ter �a, Steve.
Pas pour moi, il n'y en a pas.
Le vieux m'a donn� ces terres. Demain, il les r�cup�rera.
Vous pouvez s�rement rester ici et travailler pour lui.
Ou vous pouvez partir.
Je vous verserai un mois de salaire demain matin.
Vous me manquerez.
J'ai fini, Hamp.
Je ne voulais pas grand-chose du tout.
Je voulais juste qu'il marche la t�te haute.
J'en ai s�rement trop fait.
J'ai essay� de lui faire faire ce que je n'ai pas r�ussi.
Ce n'est pas bien, car en r�alit�, je l'ai fait pour moi.
- Steve. - Non, c'est vrai.
J'ai essay� de le modeler, de le fa�onner.
Comme s'il �tait fait de cuir que je devais ramollir.
Il ne s'est pas ramolli. Il n'�tait pas fait comme �a.
Ce cuir �tait pourri, il s'est d�structur�.
Est-ce que �a venait de moi ? Est-ce de ma faute ?
Savez-vous ce que je pense, Steve ?
Ce qu'il y a de bon en lui vient de vous.
Je pense que son sourire vient de vous.
Et c'est vous qui lui avez donn� l'amour qui est en lui.
As-tu une raison d'�tre ici ?
Je suis venu pour mes affaires.
Prends-les et va-t'en.
Tu te fais virer toi aussi ?
Je pars parce que je le souhaite, personne ne m'y oblige.
Tu as de la chance.
Tu permets que je reprenne �a ?
Prends tout ce que tu pourras emporter. Deneen r�cup�re le reste demain.
- C'est-�-dire ? - Tu pars ce soir et moi demain matin.
Tu es fou ?
J'ai pr�venu les gars.
Ils peuvent rester travailler pour le vieux.
Tu vas tout l�cher, les terres, le b�tail et le reste ?
C'est exact. Prends tes affaires.
Bon sang, Steve. Moi qui te prenais pour le roi.
Tu n'es qu'un faiblard.
- Un vaurien. - Laisse-le tranquille, Tony.
Je vais effectivement le laisser tranquille.
Je ne le toucherais pas, m�me avec des gants.
Bonsoir, messieurs.
Salut, Red. Comment vas-tu ?
On vous a dit que le vieux allait s'occuper du ranch.
Oubliez �a.
Ce ranch appartient aux Sinclair.
A partir de maintenant, c'est moi qui prendrai les r�nes.
Je ne peux pas parler pour les autres, mais j'ob�is � Steve.
- D�sol�, Tony. - Inutile de l'�tre. Tu peux partir ce soir.
Tony.
C'est une suggestion ou un ordre ?
Si c'est une suggestion, ma r�ponse est non.
Et si c'est un ordre ?
Je veux entendre Steve me le dire.
Steve ? Il a entendu le mot "cl�ture".
Je pense que �a lui a fait peur.
La seule chose qu'il vous dira, c'est au revoir.
- Je pense que c'est son droit. - On ne te demande pas ton avis.
Steve n'est plus l�.
Se�or Tony...
Ecoute, Manuelo, tu as encore ta place.
Vous autres aussi.
Si vous voulez rester, souvenez-vous
que ni Steve, ni Deneen, ni un autre
n'a quoi que ce soit � voir avec le ranch Sinclair.
Je suis votre seul chef.
Tu n'as pas pris tes affaires et tu es loin de ton cheval.
Je peux �tre loin de lui si je veux.
Tu n'en es pas aussi proche que je le souhaiterais.
Je vous ai dit que Deneen r�cup�rait ces terres.
Je vous ai dit que vous pouviez continuer � travailler.
Si quelqu'un ne sait plus qui est le chef,
je peux �claircir la situation.
C'est toi le chef, Steve.
- On est avec toi, Steve. - Compte sur moi.
Ne t'approche pas de moi, Tony.
Si tu tiens tellement � mourir, va mourir loin de moi.
J'en ai assez de creuser des tombes.
Tout doux, Tony.
- Calme-toi, Tony. - C'est bon. C'est bon.
Je suis calme, je suis calme.
On verra bien qui commande, ici.
Allez. Hue.
Que va-t-il devenir, Steve ?
Il continuera sur la m�me voie.
Il tombera sur un tireur plus rapide, parce que c'est la loi.
Ils l'enterreront.
Avec de la chance, il aura une pierre tombale et sinon peu importe,
car personne ne sera l� pour le pleurer.
Sauf moi.
Je pleurerai pour lui.
En avant.
Que me veux-tu, Sinclair ?
Ce n'est pas une visite de courtoisie.
Je suis venu parler affaires.
Au cas o� vous ne le sauriez pas, je dirige le ranch Sinclair
et ma premi�re requ�te est de vous faire enlever la cl�ture.
Tu es sur mes terres. Va-t'en.
J'ai au moins affaire � un homme.
Ce n'est pas ton cas.
Je parle � une vermine � la g�chette facile
sans c�ur au fond de lui.
Je ne peux pas �tre plus clair, Tony.
Dans ce cas, M. Deneen, vous feriez mieux d'utiliser ce fusil,
parce que je vais devoir vous tuer.
On a tir� sur M. Deneen. C'est arriv� t�t, ce matin.
Il est pas mal amoch�.
On sait qui a fait �a.
Il n'a pas pu aller loin, Steve. Il a �t� touch�.
On a suivi la trace du sang vers la colline tant qu'on a pu.
On s'est dit qu'il serait ici.
Il n'est pas ici.
On va continuer nos recherches, Steve.
Quand il a des ennuis, je sais o� il va se cacher.
J'aimerais que tu me laisses y aller.
Je bosse pour le vieux depuis 38 ans.
Je l'aime bien, moi aussi.
Vas-tu prendre ton arme ?
Bien, Steve.
Attendez-moi.
Je t'attendrai.
Tony ?
Tony.
Tu n'es pas all� tr�s loin.
J'ai une petite balle dans la jambe.
Avec qui es-tu venu ?
Personne. Je suis venu seul.
Ne t'avance pas plus, Steve.
Il ne fait pas bon marcher.
Il fait chaud.
C'est un bon jour pour mourir. On ne verrait pas la diff�rence.
Je suis venu pour te ramener, Tony.
Je ne vais pas te laisser faire.
Reste o� tu es. Je vais devoir te tuer, sinon.
Steve, ne fais pas �a.
Je te demande de ne pas le faire.
S'il te pla�t, Steve.
Je vais te ramener, Tony.
Et si je n'y allais pas ?
Tony.
Tony.
Steve, je devais te prot�ger.
Tu ne pouvais pas tuer ton petit fr�re, parce que...
- Steve. - Oui ?
Steve.
As-tu trouv� Tony ?
Oui.
Et M. Deneen ?
Il va se tirer d'affaire.
Quand il sera �veill�, dis-lui...
Il est �veill�, Steve. Je pense qu'il aimerait te voir.
Je suis content que vous alliez bien, M. Deneen.
Tony est mort.
Steve. Reviens ici.
N'abandonne pas quelque chose que tu as construit.
Je ne veux pas te dire que ce qui est arriv� est pour le mieux.
Mais c'est arriv�.
Et tu ne peux rien y faire.
Il y a beaucoup de choses � faire dans cette vall�e.
C'est notre vall�e, Steve, n'oublie jamais �a.
Je vais avoir besoin d'aide.
J'aimerais que tu restes.
Je vais rester.
Retourne donc dans ton ranch
pour leur annoncer que les Sinclair reprennent les affaires.
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