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Tu m'aimes, hein...
Bof !
Donne-moi une bière et un schnaps.
Tu es la fille de qui ?
De Rujitza.
Tu es l'enfant de Jivina ?
Qu'est ce que ca peut te foutre !
C'était mon entraîneur...
Tu lui ressembles.
Et ta mère ! Elle lui ressemble !
Une jeune fille comme il faut !
Je t'ai connue quand tu étais petite...
Parce que tu es vieux...
Ca fait dix ans
Et trois jours
Que j'attends
Que ma tendre mère
Sorte de prison.
Ca fait dix ans
Et trois jours
Que j'attends
Que ma tendre mère
Vienne me peigner les cheveux.
J'ai été mal,
J'ai été bien,
J'ai vu les rayons de la lune
J'ai senti la chaleur du soleil,
Mais je n'ai jamais eu
Ma tendre mère.
Tu regardes mes seins ?
Tu les regardes ! Vieux cochon !
Ne t'avise pas de t'approcher,
Ma tendre mère
Viendra pour moi.
Personne ne me fera
Plus de mal.
Elle veillera sur moi,
Ma chère mère.
Il y aura de la bière
Et des cigarettes,
De la viande et de l'eau-de-vie,
Mes cheveux seront coiffés,
Je serai une fille
Nourrie d'amour.
Un café, de la bonne bouffe Rien d'autre ne vous intéresse.
Un jus de fruit, une vie saine Regarder la télé,
Rien à foutre de rien. Rien.
Alors c'est quoi mon lot aujourd'hui ?
Un tas de merde, c'est ça ?...
"Absent aujourd'hui"
"Hôtel pour célibataires"
C'était un bon morceau de viande,
Un putain de bon morceau !
Tout ce que tu as amené, dis donc ! Elle revient aujourd'hui.
Et des fleurs en plus !
La petite dort encore. - Très bien.
Buvons un petit coup.
Non.
Qu'es-ce qui t'arrive Beli ?
T'es une fiotte !
Allez juste un petit verre, mon pote !
Pas pour moi.
Va te faire foutre !
Huso, mon vieux pote,
T'as vu le gendre que j'ai,
Un sans-couilles !
Dégage !
Bois de l'eau, mange quelque chose !
Prends un verre d'eau,
Il faut que ce soit impec quand elle arrive, va te reposer.
Oh !
Tu m'as cassé le bras, gonzesse.
Salut la belle !
Va te faire foutre, T'as pas honte, sale con !
Vous foirez la fête de son retour.
La pute revient aujourd'hui.
J'ai le chien d'en bas.
Imagine un peu, King !
Elle vient reprendre la maison...
Tu vois un peu ? - Oui...
Elle arrive et, bam,
Elle se fait bouffer par le chien.
Ta maison ? Elle est bonne pour le chien et pour toi !
Que veux-tu qu'elle en fasse ?
Je donnerais tout pour la petite de Jivina,
Tout, sans problème.
Mais cette pute doit mourir.
Qu'elle pourrisse et qu'elle crève. Tuer mon frère comme elle l'a fait.
Elle l'a assassiné, tu sais.
Que le jour tombe,
Ou que finisse la nuit,
Je marche vers ma tombe,
Je marche vers ma tombe.
Que les fleurs éclosent,
Que les nuages se gorgent de pluie,
Je marche vers ma tombe,
Je marche vers ma tombe.
Si jeune pourtant,
Je marche vers ma tombe.
Car je n'ai personne,
Pour marcher avec moi...
...Jusque là-bas.
"A JIVINA, MON ENTRAINEUR BIEN-AIME KING."
Oh ! Comme la terre est froide,
Je donnerais tout pour avoir
ce que je n'ai pas,
Ce que je n'ai pas.
Je trimerai, et trimerai encore,
Et vers ma tombe, je vais marcher.
Si seulement...
J'avais quelqu'un à mes côtés.
Viens, mon chéri,
Viens maintenant,
Que nous allions ensemble,
Car je n'ai personne,
Personne,
Pour m'amener là-bas.
Tu as faim, papa ?
Tu as mangé ?
Tu n'as rien mangé, ça se voit...
Mais si...
Ne mens pas, chérie. Mange quelque chose.
J'ai mangé.
Vous êtes si bonnes,
Mes petites filles...
Rien n'a changé au bar de King.
Tu me dois un billet de 10 si tu y vas.
D'accord.
Elle devrait aller faire un tour...
Je devrais lui donner un peu d'argent. - Oui, bien sûr.
Le petit salaud à sa grand mère.
Je veux sortir.
Pas question !
C'est moi qui régale, p'tite tête !
Pour une fois, il faut que je te baise le cul
Vas-y !
J'ai une maison
Dans ma maison,
J'ai une paire d'yeux
Qui voient loin.
J'ai du pain
Avec mon pain.
J'ai une maison
Dans ma maison.
J'ai des fleurs
De toutes les couleurs.
J'ai de quoi boire
Autour d'un verre.
Et je m'ai moi,
Et quelques fringues.
Il n'y a que toi
Que je n'ai pas.
Seulement Tes yeux
que je n'ai pas.
Et pas de bras
Pour m'enlacer ;
Personne pour chanter
ma chanson à moi,
Comme autrefois,
Il y a si longtemps.
Pas de bras
Pour m'enlacer.
Personne pour chanter
ma chanson à moi.
C'est seulement toi
Que je n'ai pas,
Pour t'occuper de moi
Dès le petit matin.
Ah, Jivina,
Mon frère à moi...
Tu verrais ta fille, C'est une femme aujourd'hui.
King est si bon Avec ton frère.
King est un type bien,
Et moi je suis une merde.
Ca va, il t'a entendu, abrège.
Mon pote...
Chacun veut vivre.
Lui aussi. Regarde-le
Sers mon petit frère
Et la fille qui est avec lui...
Uncle's little beauty. La beauté à son tonton !
Tonton qui s'est pissé dessus !
Pourquoi tu te marres ?
T'as même pas de quoi pisser.
Tu te pisses dedans. Dans la bouche...
Tu te pisses dans la bouche.
C'est comme ça que tu prends soin De la fille de ton frère...
Je m'en occupe ; toi tu es une pute.
C'est mon frère qui aurait du te tuer,
Et pas le contraire.
Mon frère est six pieds sous terre,
Et toi tu marches sous le soleil.
T'as l'air en forme, King...
T'as un sacré chien de garde,
Un vrai de vrai,
A la maison !
Laisse !
Un petit quelque chose !
Tu fais quoi dans la vie ?
Des petits boulots.
Arrête !
Tu ne me fais pas peur.
T'es pas comme ta mère. - Qu'est-ce que t'en sais ?
Tout le monde le sait.
Ton père Jivina avait beau Être le costaud qu'on sait,
Elle l'a pourtant buté Avec un couteau de boucher.
Ta mère est une vicieuse.
Jivina la tabassait, Elle l'a frappé une fois pour toutes.
Tais-toi...
Je veux rester avec toi.
Tu es jolie. - Je suis pas bien. Va t'en
Tu sais pas ce que tu veux.
Dégage...
Coupe-ça.
Au lit !
Wow !
De retour au pays les poches pleines !
On dirait que tu reviens de vacances.
T'as des cheveux blancs, King.
Je n'ai pas changé.
Sers-moi quelque chose de spécial.
Voilà.
Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Plein de choses.
Tant mieux...
Je t'aime tu sais.
Je n'aime personne.
Tant mieux pour toi.
Ressers-moi.
Je te ressers.
Tu n'as pas besoin de moi ?
Tu es seul, King.
Et tu ne rajeunis pas.
Tu es belle Rujitza, tu me fais bander.
Reviens quand tu veux.
C'est comme ça, ma reine, Tu as oublié ?
Ne pleure que lorsqu'on ne te voit pas.
Qui venait te rendre visite ?
Toi.
Qui t'a attendu tout ce temps ?
Toi.
Ca va pour cette fois, Rujitza.
Juste cette fois. Je n'attendrai plus. Jamais.
Jamais plus.
Pourquoi tu me fous en rogne, Beli, ma jolie ?
Tu m'as toujours agacé.
Un vrai morveux.
Allez...
Ca va mieux, ça va aller.
Non, Non... debout !
Viens, on y va, on y va !
Allez, allez !
Mais puisque j'ai la vie,
Pourquoi n'ai-je pas de mère ?
Pourquoi n'ai-je pas de père ?
Pourquoi mes soeurs sont cruelles ?
Pourquoi mes frères sont des chiens ?
La rue est ma mère,
Mon père le ruisseau sale,
Mon grand-père est un ciel vieux,
Ma grand-mère un long voyage.
Si je me baigne dans une eau pure,
J'en ressortirai, jeune encore.
Peut-être alors, quelqu'un me prendra...
...pour femme.
Peut-être alors, quelqu'un fera de moi...
...une mère.
Je n'aime pas ma mère,
Je n'aime pas la rue.
Qu'est-ce que tu fais assise là ?
J'ai fini de nettoyer.
Ecoute bien.
Quoi.
Tu as bossé un mois, Tu ne fais que des conneries.
Qu'est-ce que tu crois ?
Ils sont partis ensemble ?
Dis-moi !
NOOONNN !
Personne ne te fiche dehors, Tu devrais rester chez ta mère.
Les miens n'arrêtaient pas de me me jeter...
Une future fiancée.
Toi tais-toi.
Si Dieu veut !
Tu veux quoi ?
J'en ai marre,
Je me tire à la ville.
Reste avec moi.
Je me tire...
...Et que tout le monde me regarde.
Qui te regarde ?
Rien à foutre.
Je peux rester dormir ?
Vas-y.
Dis-moi quelque chose de gentil.
Non.
Que tu meurs si tu ne m'aimes pas.
Que je meurs.
Va là-bas.
Ici ?
Là.
Mon amour, tu me regardes.
Tu me regardes, Et je me dis...
Que je meurs si tu t'arrêtes Que je meurs si tu continues.
J'aimerais aller avec toi...
... dans le vaste monde.
Voila le monde.
Où est-il ?
Ecoute,
Tu vois,
Il n'a qu'a enfourcher cette chose
Et partir où il veut...
Ce...
Je ne l'ai pas vu depuis six jours.
Tu as connu pire.
Je t'ai aussi connu avec une bite.
C'est comme ça.
Regarde, elle était couverte de terre,
La petite idiote !
C'était un beau bébé ?
Tu étais plus belle encore, Pour moi.
Elle avait pas de cheveux.
Pas de cheveux ?
Tu aimais mon père ?
Vas te faire foutre.
Et ma mère tu l'aimais ?
Comme si tu savais ce que c'est qu'une mcre.
Jivina frappait ma mcre ?
Maman et Papa s'aimaient ?
Arrête de m'emmerder.
Tu veux que je m'en aille.
Je veux respirer, ma belle. J'ai besoin d'air.
Tu m'aimes.
Tu deviens chiante.
Tu te lasses de moi ? - Qu'est-ce qui te prend ?
Je suis enceinte.
Quoi ?
Je suis enceinte, t'es bête ou quoi ?
Fais attention à ce que tu me dis, Espèce de morveuse !
Si mon père était en vie, Il baiserait le cadavre de ta mère.
Ma tête me fait de plus en plus mal, Depuis que j'ai posé les yeux sur toi.
Attends, j'ai quelque chose à te dire.
Toi et ta petite pute, Allez vous faire foutre.
J'ai un truc à te dire.
Je t'ai toujours regardée.
Je me suis toujours occupé de toi, Et tu me trahis.
Tu disparais quand il y a du chagrin, Tu n'es là que pour les bonnes choses
Je ne savais pas. - C'est maintenant que tu arrives !
Je ne savais pas.
J'aimerais que tu sois morte.
Je ne vais pas bien
Tu sais baiser, Mais pas t'acheter un préservatif.
Tu es bête.
Tais-toi.
Je serai aussi aveugle qu'une bite.
... Aveugle qu'une bite...
Ecoute,
King ne va pas se laisser abattre.
Que veux-tu ? - Te dire un mot.
Je veux te parler. J'ai tout foiré.
C'est comme ça. Je suis malade, Princesse.
Je vais devenir aveugle, et mourir. Rien de plus.
Juste un petit sursis.
Je veux épouser Rosa.
Elle ? Pourquoi ?
Elle me plaît.
Elle est enceinte de moi. C'est pour ça que je l'ai renvoyée.
Tu vas être grand-mère !
Et toi tu vas être grand-père !
Tu peux répéter ?
Tu vas être grand-père.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Rosa est ta fille,
Elle n'a rien à voir avec Jivina.
Jivina savait.
Il avait décidé de te tuer.
C'est comme ça que j'ai...
Il la détestait aussi...
... vraiment.
Qu'est ce que tu veux Que je te raconte, King ?
Merci pour les chocolats,
C'était pas la peine.
Il prend bien soin d'elle ?
Qu'est-ce que tu veux que ça me foute ?
Mais merci pour les chocolats.
Tout est foutu, King ?
C'est dur, hein ?
Ca a toujours été dur pour moi.
Toujours.
Le long du torrent à l'eau claire
Près des bois et des prairies,
Une jeune fille inquiète
Parlait, sans cesser de pleurer.
Reviens, mon valeureux héros,
Toi si jeune et si courageux,
C'est sur ton coeur...
...sur ton coeur que je veux mourir.
Ton coeur de braise.
Nous sommes nés la même année,
Je te portais ton cartable.
Ma soeur a été violée,
Je n'ai pas connu ma mère.
J'étais un gosse,
J'ai grandi vite.
Personne n'osait te toucher.
Tu es la seule qui m'as aimé.
Tu venais chez moi, mangeais et buvais,
Tu es la seule qui m'as aimé.
Je t'attendrai en enfer.
Je te prendrai par la main,
C'est là que je t'embrasserai,
C'est là que...
... je t'embrasserai
Je sors un moment. Je reviens
Je t'attendrai.
Qui est-ce ?
Moi, qui veux-tu d'autre ?
Regardez,
Il y a des pneus neufs.
Et le chauffage, les poignées...
Et cent chevaux...
Elle vous emmènera au bout du monde.
J'ai tapé dans la roche, oh ma mère,
J'ai trimé, oh mon père,
La mine a pris ma jeunesse,
La vie a pris mes jours de bonheur,
J'ai trimé à l'étranger, oh ma mcre,
O combien étrangers, oh mon père,
J'ai acheté une monture folle, Aux pneux noirs et brillants,
J'ai eu un bar, grand et beau, Où les gens s'amusaient.
La route m'embrassait,
Le ciel me souriait.
Ma vieillesse est solitaire, oh ma mcre !
Ma vieillesse est aveugle, oh ma mcre !
Je ne volerai plus,
Je n'embrasserai plus,
Je ne volerai plus,
Plus jamais,
Jamais, plus jamais.
Je suis le King,
J'ai eu une fille,
Je suis le King,
J'ai une femme à moi.
Je suis le King.
Je me suis amusé, oh ma mère,
J'ai trimé, oh mon mère,
La mine a pris ma jeunesse,
La vie a pris mes jours de bonheur,
Je suis le King,
Qui n'a plus d'yeux.
I am the King, Je suis le King,
Qui n'a plus rien.
Je suis le King.
Je ne volerai plus,
Je ne pourrai plus voir Ma fille aimante,
Ni embrasser ma femme bien-aimée.
Maudite soit la mine, oh ma mère ! Maudite soit la vie, oh mon père !
Maudit soit le King !
Qui saura ce que je ressens ? Qui m'entendra pleurer ?
Auprès de qui vais-je pleurer ?
Le King s'enfuie, Le King pleure comme une femelette,
Le King n'est plus,
Plus rien.
Je suis le King,
Qui n'a plus d'yeux.
Je suis le King,
Qui n'a plus rien.
Je suis le King.
Je reconnais ton parfum.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Je te la rends, Viens demain.
Elle ne doit pas savoir.
Non.
Pourquoi tu ne m'embrasses pas ?
Tu es le seul que j'aime.
J'attends que ta colère tombe ;
Embrasse-moi, je n'en peux plus.
Je ne t'embrasserai plus jamais. - Pourquoi ?
Tu dois m'embrasser.
Non.
Il le faut.
Non. - S'il te plaît !!!
maman
Donne-moi ta main...
L'autre maintenant.
Tu pars avec Beli. Compris.
Allez, ta mère t'aime.
Allez, Beli, espèce de lâche, C'est comme ça.
Si tu m'aimes, tu aimeras ma fille Et son enfant aussi.
Allez...
Allez...
Allez !!!
Alen Musovic- KING - 1966-2009
Nous viendrons où que vous soyez,
Nous asseoir à vos tables festives,
Nous planter dans vos jardins,
Nous viendrons où que vous soyez,
Où vous engraissez vos porcs,
Où vos richesses coulent à flots,
Nous viendrons où que vous soyez,
Nous vous dirons : Nous sommes là.
Nous boirons dans vos orbites,
Nous pillerons vos garde-manger,
Avec vos cuillères dorées.
Et quand tombera la nuit
Cette nuit tant désirée,
On ne verra plus nos yeux,
Ni nos pieds nus.
Nous le ferons demain,
Et le jour qui suivra,
Et puis nous tomberons,
Nous tomberons tous ensemble.
Rien ne restera, rien !
Les marchands continueront,
Les puissants serreront les rangs,
L'hiver envahira le printemps.
La rue est notre mère,
La misère notre soeur,
La faim assise à ses côtés.
Notre frère est notre épée.
Le ciel bleu est notre père,
Le ciel bleu si loin,
Et la terre nous embrassera
Au plus profond de la nuit,
Avant que se ferment nos yeux,
Que se ferment nos yeux.
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