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LE DERNIER PLONGEON
Producteur
Réalisation
Ça fait un bon bout de temps que je vous regarde.
Il y a deux heures et douze minutes, pour être plus précis.
Ah oui?
Pendant tout ce temps vous avez craché huit fois dans le fleuve
et vous avez soulevé cinq fois la fesse droite pour vous soulager.
Et alors?
Et alors...
Je me suis dit:
À ce train là, il va pas tarder à poser sa pêche!
Mais le temps a passé et rien.
Rien?
En plus de ce que j'ai dit... rien du tout.
J'ai pensé que... c'est quoi votre nom?
Je m'appelle Samuel.
Moi, c'est Eloi...
J'ai pensé que tu étais venu ici dans une autre intention.
Et vous?
Moi, je suis du quartier.
Quand j'étais mõme je venais ici taper des clopes aux matelots.
C'est d'ici que je suis parti la 1ère fois comme mousse sur une gabare.
Je connais le coin comme ma poche.
Et je vais te dire un truc, Samuel.
Pour venir ici à des heures pareilles y a que deux raisons:
Tirer un coup...
...ou mourir.
Ce serait pas le premier que je vois repêcher.
J'admire votre patience, Eloi!
Vous avez attendu deux heures que je me jette à l'eau?!
Deux heures et douze minutes, pour être précis.
Et si je me jetais à l'eau, vous iriez me chercher?
Non, je regrette.
Je te suivrais!
J'en ai marre de toute cette merde.
Puisqu'on en est là,
n'attendons pas plus longtemps pour faire notre dernier plongeon.
Allons-y!
Non!
D'abord on va s'envoyer quelques verres.
Le ciel peut attendre.
Une fois on m'a appelé pour un sauvetage.
La mer était houleuse.
C'était la pleine lune.
Alors j'y suis allé,
j'ai réussi à arriver sur les lieux. C'était du cõté de Boca do Inferno.
On a réussi à repêcher le corps.
Mais il était trop tard, c'était une jeune espagnole qui s'était noyée.
Après je n'avais même pas une boussole pour m'orienter, rien.
Je voulais revenir vers la barre et une idée m'est venue...
J'ai tourné le dos à la lune - c'était la pleine lune -
et l'ombre se projetait juste devant moi.
J'ai fait une correction mentale,
j'ai suivi l'ombre, tout le temps, tout les temps...
Et j'ai réussi à rentrer au port.
Elsa, envoie encore deux pressions!
Pleines!
A la nõtre.
Assieds-toi.
C'est toi?
T'as vu l'heure?
Saint Vierge délivre-moi de cette souffrance.
Ça fait presque un an qu'elle est dans cet état,
elle a tout les temps mal. Parfois ça va mieux
mais quand les douleurs reprennent c'est encore pire.
Le rhumatisme fait vraiment des ravages à Alfama.
Attends un peu.
Mon salaud!
T'as même pas été me chercher les médicaments à la pharmacie.
Y aurait pas Antónia, j'pourrais bien crever dans mon coin.
Mais quelle putain de vie, bordel! - Toujours en train de picoler...
Tu aimerais bien que je meure, mais tu vais voir!
Tu vas encore me supporter pendant des années.
Toujours les mêmes conneries! Fait chier!
La pauvre Esperança qui ne vient même pas me voir!
Pars au Maroc, espèce d'enflure!
Saint Vierge, j'en peux plus!
C'est ma mère qui avait raison.
Elle m'a toujours dit que tu étais un ivrogne, un coureur!
Qui c'est la pute que t'as ramenée à la maison ce coup-ici?
Si je pouvais bouger, tu verrais ce que j'en ferais...
Même avec moi tu fais pas le poids, tu l'as jamais fais, salaud!
Tu penses qu'aux putes!
Tu penses qu'aux putes, espèce de suceur de chattes.
Tu penses qu'à ça, enculé,
t'as bousillé la meilleure chatte d'AIcobaça,
mais tu vas me le payer!
Dieu est grand, tu vas me le payer!
Espèce d'enfoiré, tu me refile même des maladies...
T'en veux?
Elle est bonne.
Un peu qu'elle est bonne, c'est moi qui l'ai faite.
Ordure!
T'es qu'une ordure! Pour me faire une fille c'était toute une histoire,
mais avec ces putes tu passes toute la nuit,
tu viens à la maison - quand tu rentres - que le matin.
Mais tu ne perds rien pour attendre, tu vas me le payer.
J'en peux plus, j'en peux plus.
T'aimerais bien garder la maison,
mais n'y compte pas, t'as pas fini d'en baver.
On y va?
C'est ça, va voir les putes! Espèce d'enfoiré!
Allez! Fous le camp, fous le camp!
Arrivée directement du Brésil tropical,
Carmen Miranda!
Regarde un peu comment elle remue.
T'as vu ça, Samuel,
Pourquoi la nana se désape pas au lieu d'éplucher des bananes?
Aujourd'hui y'a pas de putes.
Ce soir, s'ouvriront, chaudes et humides,
les petites chattes des vraies princesses.
Un homme digne de ce nom
doit au moins avoir un infarctus
et sucer une chatte.
Fais attention à toi. C'est pas mortel mais c'est crevant.
Celle-là, c'est Esperança, la meilleure chatte des environs.
Tiens, trouve-moi une gonzesse avec un joli petit cul.
Elle est pas mal, celle qui danse avec la maigre.
Et puis, tiens! Ramène les deux, on sait jamais.
Je vois que vous êtes très populaire dans le coin.
Tout ça pourrait être à moi.
L'argent ne m'a jamais intéressé. J'étais un panier percé.
Et puis il y avait la mer...
Quand on a navigué comme moi, toute cette misère est révoltante.
Qu'est-ce qu'elle a dans la voix?
Elle est muette, la pauvre.
Chacun son lot.
Mais elle a un cur en or.
Elle est réservée pour toi.
Cette nuit je la laisse baiser avec personne d'autre.
Alors c'est vous qui la protégez?
Je suis plus que son protecteur,
je suis son père.
Et je vais te donner ma petite Esperança.
Salut, je m'appelle Ivone.
Tu me donnes une clope? - Vas-y, sers-toi.
Je m'appelle Ivone.
Je vais le dépuceler celui-là. - Ça m'étonnerait.
Alors c'est à toi que je vais le faire!
Voyons voirt
Vous venez souvent ici, Mesdemoiselles?
Tous les soirs.
Alors, tu bois rien? - Ça vient, ça vient...
À votre santé!
Tu vas avec mon ami Samuel.
Mais te défonce pas trop, il doit pas être un chaud lapin!
Allez, joue-nous le "Passarinho da Ribeira".
T'est capable ou pas?
Le "Passarinho da Ribeira", moi?
Un peu que j'suis capable, dis donc!
Viens...
Tu vais travailler
Complètement rétamé
J'appelle, elle m'entends pas
La salope...
Vous avez des chambres?
Deux chambres avec salle de bains. - Mais pas pour cinq.
J'ai que deux chambres pour deux personnes.
Allez, videz-moi ces vieilles couilles.
Faut se laver le minou, sentir la savonnette...
Miroir, miroir,
y- a-til au monde une chatte plus belle que la mienne?
T'es née où? - À Stromboli.
Stromboli... C'est une île, n'est-ce pas?
- Vous connaissez? - Non.
Qu'est-ce que tu faisais?
Mon père pêchait.
Il était pauvre? - Très pauvre.
Je m'ennuyais
et je suis partie à Milan.
Je suis partie à Milan pour travailler dans un bar.
Et là,
j'ai rencontré un type...
Bonjour.
Alors?
Qu'est-ce que je t'avais dit?
Tu avais raison.
Elle a en effet la plus belle chatte du monde.
Je vais t'acheter une cravate.
Bonjour, Monsieur Rodrigues.
Alors c'est fichu pour le Benfica?
Tant pis... Ce sera mieux l'année prochaine.
Alors, qu'est-ce que je peux faire pour vous?
Je voudrais une cravate pour mon ami. - Il suffit de choisir.
Nous avons un grand choix.
Choisissez!
Celle-là? D'accord!
Alors attends, je vais faciliter la vie.
Comme ça c'est plus facile.
Alors c'est combien pour les amis? - Mille deux cents escudos.
Mais c'est beaucoup trop! Pouvez pas m'faire un petit rabais?
Bon, alors mille escudos, j'vous fais un prix spécial.
Ça va, c'est bien.
Peut-être il n'en veut plus?
Rosa Bianca!
Danse, Salomé, danse pour moi!
Ne danse pas, ma fille.
Je suis prête, Tétrarque.
Comme disait le vieil Hérode Ou tu te tais ou t'es baisé
Comme le vieil Hérodes est mort C'est moi que te baise
C'est assez bien vu.
Je veux la tête de João de Deus Baptista.
Donnez-lui ce qu'elle demande! Elle est comme sa mère.
Il était une fois un homme très riche qui avait perdu sa femme,
et s'était retrouvé seul avec une fille très bonne et charitable.
Le printemps revint et quand la neige eut fondu sur la tombe de sa mère,
son père prit une autre femme qui avait déjà deux filles très belles,
mais qui étaient très méchantes avec leur nouvelle sur.
Un jour le père alla à la foire
et demanda ce qu'elles voulaient.
Les deux surs demandèrent de belles robes.
L'autre voulait une branche d'arbre
qui viendrait à lui effleurer la tête.
Et le père rapporta les robes et la branche.
La fille prit la branche et la plaça sur la tombe de sa mère
et elle pria et pleura sur la branche
jusqu'à ce qu'elle devienne un arbre, sur lequel les oiseaux vinrent se poser.
Un jour, le roi de ce pays,
qui voulait trouver une fiancée pour son fils,
décida de faire une fête de trois jours
pour réunir toutes les jeunes filles et pouvoir ainsi en choisir une.
Alors, les deux surs, très heureuses,
mirent leurs plus belles toilettes et se préparèrent pour la fête.
Mais comme elles ne voulaient pas que leur sur y aille
elles la soumirent à une épreuve qui l'empêcherait de trouver une robe.
Mais celle-ci, avec l'aide de ses amis les oiseaux,
réussit à trouver la plus belle robe du bal
ainsi que de belles chaussures qui séduisirent le prince.
C'est sucré. Je suis très gourmand.
Allons-y?
J'aime...
Tout est fini, Diotima.
Nous gens ont pillé, massacré sans distinction.
Nos frères mêmes, les Grecs de Misitra,
ont péri, ou errent désespérés,
leur pauvre et douloureux visage
invoquant ciel et terre pour qu'ils les vengent des Barbares
à la tête de qui j'étais.
Je puis bien aller maintenant dans le monde et prêcher la bonne cause...
Tout les curs voleront à moi!
Il est vrai, j'ai été prévoyant! Je connaissais mes gens.
Étrange projet, en effet,
que de vouloir faire fonder par des brigands mon Élysée!
Non, par la sainte Némésis!
J'ai mérité cela et je le supporterai, je veux le supporter,
jusqu'à ce la douleur m'ait arraché mon dernier lambeau de conscience.
Crois-tu que je délire?
J'ai reçu d'un de mes fidèles en voulant m'opposer au carnage,
une honorable blessure.
Si je délirais, j'arracherais le pansement,
et mon sang coulerait où il se doit,
dans cette terre funèbre.
Cette terre funèbre, et nue
que je voulais vêtir de bois sacrés,
orner de toutes les fleurs de la vie grecque...
Que ç'aurait été beau, Diotima!
Me juges-tu sans ressort?
Amie, c'est trop de malheur d'un coup.
Des bandes sanguinaires surgissent de tous côtés;
la violence se déchaîne en épidémie dans toute la Morée,
et celui qui ne prend pas l'épée à son tour est traqué, puis abattu,
au nom de notre liberté.
D'autres, de ce sauvage peuple, soudoyés par le Sultan,
ils ne se conduisent pas mieux.
J'apprends à l'instant que notre ignoble armée est dispersée.
Les lâches sont tombés, près de Tripolossa,
sur une bande albanaise de moitié moins nombreuse.
Comme il n'y avait aucun espoir de butin,
tous ces misérables ont pris la fuite.
Les Russes,
une quarantaine de braves qui avaient risqué avec nous la campagne,
furent les seuls à résister: Tous sont morts.
Je me retrouve donc seul avec Alabanda, comme avant.
Depuis que le fidèle m'a vu tomber en sang à Mistra,
il a tout oublié;
ses espérances, son désir de vaincre, son désespoir.
Le guerrier irrité
qui fondait sur les pillards d'un bleu vengeur
m'a entraîné tendrement hors du tumulte,
et ses larmes ont mouillé mes vêtements.
Il est resté depuis lors à mon chevet dans cette chaumière,
oú je restais, depuis ce moment,
et je m'en réjouis.
S'il avait suivi les autres,
il serait couché dans la poussière de Tripolissa.
Qu'allons-nous devenir, je l'ignore.
Le destin me rejette dans l'inconnu et je l'ai mérité:
Ma honte m'exile loin de toi, et qui sait pour combien de temps?
Je t'avais promis une Grèce nouvelle, et tu reçois un thrène à la place.
Puisses-tu être à toi-même ta consolation!
Adaptation et Sous-titrage Carla Martins Costa / CRISTBET Lda.
Ripped by: SkyFury
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