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Veuillez m'excuser pour l'attente.
J'ai pr�f�r� refaire vos analyses,
m�me si le diagnostic laissait peu de doutes.
Je suis d�sol�, mais je dois confirmer ce qu'on s'�tait dit :
vous ne pouvez pas avoir d'enfants.
Le cas de votre azoospermie est assez rare,
on ignore la cause du probl�me.
Avec votre femme, vous pouvez envisager d'autres solutions...
Salut, Bruno.
- Qu'est-ce que c'est ? - De la vodka.
Pourquoi tu me regardes ?
Tu es bizarre.
�a me g�ne que tu me regardes dormir.
Je ne comprends pas comment tu fais � vivre ici.
�a suffit, je m'en vais.
Quand viendras-tu vivre chez moi ?
Jamais.
Je serai seul, mon p�re partira en voyage,
on aura la maison pour nous.
Tu ne devais pas rentrer chez toi ?
Plus tard.
Nos gestionnaires conseillent
de d�placer la liquidit� sur des d'obligations.
On pourrait r�partir le portefeuille
en rendements � taux fixe,
ils pourraient repartir � tout moment.
Prenez le temps n�cessaire pour y r�fl�chir, au revoir.
Je vous attendais, il y a dix minutes.
Vous avez �cout� ce que j'ai dit ?
�a aurait pu vous concerner aussi.
�videmment, vous avez �puis� les garanties
et �tant donn� votre position de d�tresse...
Ma position avec cette banque
est d�j� rentr�e dans l'ordre.
Malheureusement, c'est avec vous qu'encore...
M. Ledeux, j'essaie de vous aider.
Et moi, je vous garantis que ma soci�t� se redresse.
- C'est une question de... - Un autre mois ?
Je vous trouve sympathique.
Vous �tes un homme original.
Je me demande pourquoi vous avez ouvert votre soci�t� � Turin.
Gen�ve aurait pu vous offrir plus d'opportunit�s, non ?
�a d�pend de quels points de vue.
Votre femme est au courant de vos dettes ?
Vous savez parfaitement qu'elle n'a rien � voir l�-dedans ?
Sur le compte de votre femme, vous avez la signature conjointe,
vous auriez donc pu y acc�der.
Je vous ai dit que ma femme n'a rien � voir avec �a.
J'ai besoin d'un autre mois, M. Neri.
Vous deviez payer vos dettes aujourd'hui,
vu que vous ne pouvez pas, et votre femme doit rester hors de �a
une semaine sera plus que suffisante.
C'est tout ce que je peux faire. Je suis d�sol�.
Que faites-vous dans ma voiture ?
Excusez-moi, je me sentais mal.
Je vous prie de descendre.
Vous n'�tes pas gentil.
Votre voiture aurait pu �tre vol�e si je n'avais pas �t� l�.
Vous avez besoin d'argent ?
Qu'est-ce que vous voulez, alors ?
Je me sens vraiment mal.
Je vous emm�ne � l'h�pital.
C'est inutile, je connais ces crises.
Conduisez-moi chez moi, s'il vous pla�t. Je vous en prie.
Vous �tes s�r de ne pas vouloir voir un m�decin ?
Soyez gentil, ouvrez cette armoire � pharmacie.
Il y a des m�dicaments, donnez-les-moi.
En bas, une petite bo�te blanche et bleue.
Merci.
Il y a une bouteille d'eau dans le frigo, vous me l'apportez ?
Ils sont tr�s forts, je dois en prendre la moiti�.
Vous me le coupez, s'il vous pla�t ?
Les couteaux sont l�-bas.
Merci.
Les crises de panique sont horribles.
On est convaincu qu'on va mourir d'un instant � l'autre.
Vous avez peur de mourir ?
Non.
Avec qui vous habitez ici ?
Tout seul.
Vous �tes fran�ais ?
- Vous n'aimez pas parler de vous. - Je pr�f�re �couter les autres.
Vous habitez � Turin ?
Non.
Alors, pourquoi vous �tes ici ?
Je suis de passage.
Votre famille habite en France ?
Oui.
Vous avez des enfants ?
Deux.
Comment ils s'appellent ?
C�cile et Bruno.
Je dois partir maintenant.
Prenez bien soin de vous.
Vous ne m'avez pas dit votre nom.
Vincent.
Au revoir, Vincent et merci de m'avoir aid�.
Bonjour, j'ai rendez-vous avec M. Neri.
Il n'est pas ici. On n'a pas de nouvelles depuis deux jours,
on est inquiets.
Vous pouvez parler avec Arnaldi,
- si vous attendez, je l'appelle. - Non, �a ne fait rien.
Excusez-moi, mais je suis press�, au revoir.
- Bonjour, M. Ledeux. - Bonjour.
Un caf�. Non, un cognac plut�t.
Merci.
Vincent...
Bonjour.
Bonjour.
Assieds-toi.
Excusez-moi, une autre vodka.
J'allais m'endormir.
Tu bois trop peut-�tre.
Je dois boire pour f�ter.
Quoi ?
Quelque chose.
Toi aussi, tu as quelque chose � f�ter.
Tu t'es lib�r� d'un gros fardeau, aujourd'hui. Dis-moi si je me trompe
seulement si je me trompe.
C'�tait une grosse somme, presque 200 000 euros.
Bruno.
Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu veux ?
Je sais que tu fr�quentes ce bar, je voulais mieux te conna�tre.
Juste pour comprendre qui sont les victimes de mon p�re.
Il a un registre r�serv� aux gens comme vous, il est tr�s m�ticuleux.
Pourquoi tu m'as racont� ces choses ?
Que tu t'appelles Vincent...
Qu'est-ce que tu me veux ?
- Je veux �tre ton ami. - Pas moi.
Pourquoi ? Pourquoi tu me traites comme �a ?
Pourquoi tu me traites comme �a ? Je ne suis pas comme lui !
Je ne te connais pas et je ne veux pas te conna�tre !
Qui vient d'arriver ?
C'est maman !
Tu as vu que je saute de ce pont ?
Tu n'aurais jamais fait une chose pareille.
� quoi tu penses ?
� rien.
Ce n'est pas vrai, tu penses que je dis des conneries.
Bonne chance, Luca.
Merci.
Ne t'inqui�te pas pour ton p�re, ils vont le retrouver.
Pourquoi tu as dit �a ?
Pourquoi ?
Tu sais que je le d�testais comme tous ceux qu'il fait chanter,
toi y compris.
Vous avez eu tort de me sauver hier.
Je devais pourrir dans cette eau.
Excusez-moi, vous pouvez remettre ce paquet aux Messieurs Rivi�re ?
- Votre nom ? - Bruno Ledeux. Merci.
Le syndic de faillite est un ami, on �tait ensemble � l'universit�.
�a faisait longtemps qu'il me conseillait cette op�ration.
Vous en �tes vraiment s�r ?
On pr�l�ve en liquide de fonds occultes.
J'apporterai les livres au Tribunal dans au moins deux semaines.
Oui ?
Oui.
Je ne peux pas maintenant.
Renvoyez le dossier, �a ne m'int�resse pas.
AUCUNE TRACE DU DIRECTEUR DE BANQUE DISPARU LA SEMAINE DERNI�RE
Le train 124 pour Gen�ve va partir au quai 14.
"Je perds le contact avec la toile et je le retrouve.
C'est ainsi que mon regard devient celui d'un autre."
Je ne savais pas que tu �tais le fils d'un artiste.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je ne te suis pas.
Il y a quelques jours, j'ai vu l'affiche de l'exposition.
J'ai pens� que c'�tait toi sur la photo. Vous �tes identiques.
Tu te souviens de tous ses tableaux ?
Il y en a certains que je n'ai m�me pas vus.
"Le mirage". C'est beau, �a touche.
Il a une grande force.
Ces signes ressemblent � des toiles d'araign�e.
Ce sont les empreintes digitales de ma soeur et moi,
on �tait enfants.
Il peignait tous les jours ?
Presque toujours.
Il faut partir, ils ferment.
Celui-ci fait un dr�le d'effet sans lumi�re.
"L'autre mur".
Il avait travaill� dessus pendant des mois.
Il faisait et d�faisait en permanence,
avec ma m�re qui allait et venait entre la maison et l'h�tel.
Pourquoi l'h�tel ?
J'�tais petit, j'avais la pneumonie,
et il ne voulait pas tomber malade.
Il �tait parti vivre l�-bas pour �a.
"Aucune qualit� aux h�ros".
- Et ces lignes ? - Dans l'ombre, �a ne se voit pas.
Ce sont des coutures.
Il coupait la toile et appliquait du nylon et de la ficelle.
On dirait des blessures.
Quel est leur sens ?
Les interpr�tations sont nombreuses.
Personne n'a jamais vraiment compris.
Toi non plus ?
Non.
Mon p�re d�testait cette oeuvre. Il voulait la br�ler.
Un chef d'oeuvre selon les critiques.
C'est l� que le succ�s a commenc�.
C'�tait un artiste rat� avant ?
Incompris.
Et �a te pla�t ?
� l'�poque, on �tait habitu� � d�tester ce qu'il d�testait.
Et �a te pla�t ?
Je ne sais pas.
Cette ville semble faite pour toi, si propre et ordonn�e.
Tu es parti depuis combien de temps ?
Presque dix ans.
Ton p�re �tait d�j� mort ?
Non.
Tu le d�testes encore.
Je perds le contact avec la toile � chaque instant et je le retrouve.
Ce qui fait que ce que je vois, je le vois comme si j'�tais un autre.
Je ne sais pas mesurer l'importance de l'inconscient
car la raison un jour sert de filtre
et le lendemain elle ne r�ussit plus � contr�ler l'instinct
qui hante les recoins les plus cach�s de mon �tre.
Pour moi, l'instinct est perfection inconsciente,
tandis que mes toiles sont l'expression
d'une imperfection consciente...
Je perds le contact avec la toile
� chaque instant pour mieux le retrouver...
Je perds le contact avec la toile
� chaque instant pour mieux le retrouver,
c'est ainsi que mon regard devient celui de quelqu'un d'autre.
Je perds le contact avec la toile
� chaque instant pour mieux le retrouver,
c'est ainsi que mon regard devient celui de quelqu'un d'autre.
Je perds le contact avec la toile
� chaque instant pour mieux le retrouver,
c'est ainsi que mon regard devient celui de quelqu'un d'autre.
Pardon, je vous ai fait mal ?
- Non... - Je m'excuse � nouveau.
Bruno !
Il est arriv� quelque chose de tr�s grave.
Ma petite amie s'est enfuie.
Comment tu es entr� ?
Je les ai prises dans ta voiture.
Tu dois m'aider, elle m'a quitt�, que dois-je faire ?
Sors d'ici imm�diatement !
Viens la chercher avec moi, je t'en prie.
Attends-moi dans l'autre pi�ce.
O� va-t-on ?
O� va-t-on ?
Je ne sais pas,
si je ne la retrouve pas imm�diatement, je l'ai perdue.
Tu es entr� chez moi comme un voleur !
J'avais besoin de silence,
elle posait toujours des questions.
C'est ma faute, je l'ai trait�e comme une chienne.
Elle me posait les m�mes questions, elle me torturait.
Qu'est-ce que je pouvais faire ?
Qu'est-ce que je pouvais faire ?
Dire la v�rit�, que tu as tu� ton p�re !
- O� je suis ? - Chez moi.
On a eu un accident.
Heureusement, un automobiliste nous a secourus.
Quelle heure est-il ?
Il est 3 h 30.
J'ai la t�te qui va exploser.
Tiens. Tout passe avec ces gouttes.
Elisa ne reviendra pas.
Je resterai ici tout seul.
J'�tais assis ici.
La lumi�re �tait �teinte.
J'esp�rais qu'il ne reviendrait pas.
J'ai entendu le bruit de la porte,
et j'avais envie de pleurer.
�a allait �tre la derni�re fois que j'entendais ce bruit.
Il l'ouvrait et la fermait d'une fa�on unique,
un petit d�clic, puis un autre plus fort.
Toujours le m�me bruit.
Puis il montait, directement ici, il ne passait jamais en bas,
il devait peut-�tre cacher des choses,
il devait peut-�tre cacher des choses, toujours.
Quand il a allum� la lumi�re, il m'a vu comme �a
il m'a demand� ce que je faisais dans sa chambre.
Je ne lui ai pas r�pondu.
Il m'a r�p�t� de sortir.
Je ne l'ai pas fait.
Il s'est approch�, il m'a saisi par le bras.
Il m'a dit : "Tu es sourd ?"
Je me suis lev� et je l'ai poignard�.
Il me regardait.
Il avait peur pour la premi�re fois.
Il reculait repli� sur lui-m�me.
Je suis rest� immobile.
J'esp�rais qu'il allait s'�chapper.
Puis je l'ai rejoint, je l'ai poignard� encore et encore...
et encore...
Jusqu'� ce qu'il tombe par terre.
Pendant un instant, j'ai eu l'impression qu'il me souriait.
Bruno, je voulais te tendre un pi�ge.
J'ai essay� de te conna�tre pour �a.
Tiens.
Je l'avais enterr� pr�s de mon p�re.
J'avais utilis� un mod�le similaire,
mais ils devaient retrouver celui-ci.
Tu l'as utilis� quand tu es venu ici.
Pourquoi moi ?
Parce que tu avais le plus de dettes.
Je suis d�gueulasse, hein ?
Il a �t� retrouv� enterr� dans un terrain
pr�s de Turin.
L'interrogatoire du fils Luca Neri,
a mis en �vidence des �l�ments
qui ont conduit � son arrestation.
Voil� les seules nouvelles, rendez-vous � 16 h.
13 heures.
Sur les ondes maintenant "Apr�s-midi en musique".
Bruno ?
Non...
Veuillez m'excuser pour l'attente.
Excusez-moi, je n'ai pas de papiers.
Ne vous inqui�tez pas.
Votre date de naissance et domicile.
Je suis n� � Gen�ve le 11 ao�t 1962.
J'habite � Turin, Avenue Ferrari, 22.
Et vous �tes mari�. Nom et pr�nom de votre femme ?
Anne Rivi�re.
- Vous avez des enfants ? - Non.
Racontez-moi tout, M. Ledeux.
Je suis coupable.
J'ai tu� le p�re de Luca Neri.
Un soir, je suis all� chez lui, je lui devais de l'argent...
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