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Nous n'arriverons jamais à temps en gardant ce cap.
Restez en surface.
Tout est prêt pour l'arrivée du sous-marin ?
- Je veux plus de fric. - Quoi ?
Vous ne trouverez personne d'autre.
Évidemment, la légation allemande est consciente des conséquences encourues
pour activités illégales sur notre sol.
J'en prends note.
Ils ont arrêté mon frère,
l'ont traité de communiste.
Mais Da Costa...
... a promis de le faire libérer si tu l'aidais à m'attraper.
Je vais régler cette situation avec mon mari.
Si vous le faites, faites-le pour Fanny et vous.
Il m'a soutenu
dans ma demande de nouvelles mesures.
Lesquelles ?
Chaque U-Boot part avec un membre du parti
à son bord.
Mon père est là. Il faut que je lui parle !
Pas ici. C'est trop risqué.
Préparez l'accueil les survivants.
Je savoure déjà la bière que tu m'offriras.
Tu crois que je tiendrai jusqu'au retour ?
Bien sûr !
Pour rapporter ça.
Message du commandement.
Nous avons les coordonnées exactes.
Enfin.
La baie de Sesimbra.
Rendez-vous deux heures plus tôt.
Quoi ? Bon sang...
Que veulent-ils de nous ?
Avec notre cap et notre vitesse, pas le temps de faire un détour.
Nos hôtes ne peuvent être présents lors de la livraison de l'or.
C'est vrai.
Mais les consignes sur les prisonniers...
Non.
Je n'abandonnerai personne en mer.
Plus jamais.
Qui est le plus gradé ?
L'or sera livré dans la baie de Sesimbra.
Et nous savons quand, par chance.
Vous pensez qu'il a raison, pour Da Costa?
Il aime l'argent.
Je l'attirerai sûrement à ce rendez-vous.
On verra. Mais à supposer que vous ayez raison pour Weiss...
Je sais que j'ai raison.
Il connaît Schröder, il a menti. Pourquoi renforçaient-ils les camions ?
- Il veut voler cet or. - Et ce que Gardiner m'a dit ?
On élimine Weiss, pas de tungstène. L'Allemagne est fichue.
- Elle devra demander la paix. - Aucune chance.
Qu'en savez-vous ?
Vous étiez en France ? En Pologne ?
J'ai lu les journaux alliés.
Ces histoires sont-elles vraies ?
La situation est particulière.
Quoi ?
La plupart des gens viennent à Lisbonne pour fuir la guerre.
Vous êtes le seul à essayer de la rejoindre.
Ici, à 3 km de la côte.
Nous vous donnerons un canot.
- Vous nous abandonnez ? - Nous vous accordons une chance.
Votre commandant aurait-il agi de même ?
Et nous partons en mer
Pour combattre les Anglais
Les Anglais...
Fait chier, mon pote.
Là-bas.
On y est. Dépêchez !
Pas de doute.
Encore rien.
Guettez le signal.
Nous arrivons avec la marée,
mais à cause de notre poids, nous toucherons presque le fond.
- Pourquoi sont-ils si pressés ? - Aucune idée.
Arrivons à petite vitesse en nous laissant porter.
- Préparez l'or. - À vos ordres.
Montez les lingots en salle de contrôle.
C'est parti.
Le signal.
Messieurs.
Nous sommes en eaux neutres,
mais nous pouvons être arrêtés et voir notre sous-marin confisqué.
Faisons notre boulot et repartons, rien de plus.
Pas d'armes.
Ils sont en avance.
Pourvu que Da Costa se pointe.
Ce sont des eaux neutres,
mais tout de même...
Restons prudents.
Préparez-vous à amarrer.
Prêts.
Jetez l'amarre de proue.
- Vous avez du retard. - Nous avons fait au mieux.
- La cargaison ? - Le mot de passe ?
Bien sûr. "Dantzig".
Chargez tout dans les camions, voulez-vous ?
On décharge.
- Merci pour le coup de main. - De rien.
J'ai été viré de la marine pour une broutille.
Et là, je vois des crétins dans leur sous-marin.
Je leur ferai ravaler leurs sourires.
Ils ont presque fini. Où reste Da Costa ?
C'était le dernier.
- Tous à bord ! - Allons-y.
Attendez, pas si vite.
Une petite récompense pour votre travail. Avec les compliments du Reich.
Une seule bière.
Dois-je dire dans mon rapport que vous n'avez pas trinqué au Führer ?
Ne soyez pas si timides. Des bières offertes par l'amiral !
Vous êtes au régime sec ?
Très bien.
Il y en a assez pour tout le monde.
Pour le Führer !
Tous à terre, ordre du commandant. Il y a de la bière.
Allez-y, vous l'avez mérité.
Je monte !
- Et vous ? - Je ne supporte pas la bière.
Empêchons leur départ.
- Santé ! - Au Führer !
Ils veulent couler le sous-marin.
- Enfuyez-vous ! Partez ! - Hoffmann !
Ils veulent vous tuer !
Repliez-vous ! Tous à bord !
Aux abris !
Plus vite !
Qu'y a-t-il ?
Remontez à bord !
- Plus vite ! - Allez-y, je vous couvre.
- Dépêchez-vous ! - Allez-y !
Descendez-le !
Vous aussi, Müller. Allez-y !
Halte ! Vous n'êtes pas de vrais sous-mariniers.
Moi, j'en suis un. Vous êtes la honte de l'armée !
Et nous partons en mer
Pour combattre les Anglais
Les Anglais...
Fuyons !
Jetez votre arme.
Forster ! Sortez.
Sinon, je fais sauter la cervelle à votre ami.
Vous voulez vraiment les tuer et couler leur sous-marin ?
Ils auraient péri en mer de toute façon.
Disparaissez.
Parez à appareiller.
Bien. Parez à appareiller.
Vous pouvez m'expliquer ?
Je suis un membre accrédité de la légation allemande à Lisbonne.
J'invoque mon droit à l'immunité diplomatique.
J'en prends note.
Merci.
- Vous avez réussi. - Ça m'a pris du temps de le convaincre.
J'ai respecté ma part du contrat. À vous de respecter la vôtre.
- D'accord ? - Bien sûr.
Très bien.
Tu as l'air soulagé.
La présence du capitaine Hoffmann m'a causé du tracas.
J'ai remarqué.
Mais il est parti et le contrat du tungstène est conclu.
Berlin me donnera le poste que je veux.
Tout reste comme avant.
Bonjour.
J'ai de bonnes nouvelles, monsieur le consul.
L'or pour le tungstène dont votre pays a besoin
a été récupéré par mes hommes ce matin.
- Ce matin ? - Malgré une audacieuse tentative de vol.
Qui a pu faire ça ?
Herr Weiss, un de vos collaborateurs.
À présent décédé, hélas.
Nous savons où en est la guerre navale. Pas vrai, M. Gruber ?
Mme Gruber.
Qui êtes-vous ?
Un U-Boot qui n'arrive pas à destination ? Rien de surprenant.
Qu'est-ce que ça signifie ?
Heureusement, nous avons contrecarré le plan.
Vous avez un traître en moins,
et nous, nous avons l'auteur de l'attentat à la gare maritime,
qui avait aussi abattu un de mes hommes.
- Ce n'était pas... - Herr Giese ? Non.
Erreur sur la personne.
Berlin n'apprécierait pas d'apprendre
qu'un chantage vous a poussé à aider l'ennemi,
ni de découvrir les photos à l'origine de ce chantage.
Espèce d'idiot.
Vous avez de la chance : votre réputation m'est utile.
Tant que vous m'obéissez.
C'est inacceptable. J'exige...
Nous écoutons.
Très bien.
Voici ce que vous allez faire : convoquer une conférence de presse.
Mon père y prendra la parole.
Une matinée bien productive !
La mort de Herr Weiss, bien que regrettable,
a tiré un trait élégant sur cette affaire.
Et la peine du frère de Mlle Inês a été révisée.
Contre cinq lingots d'or.
Tout est bien qui finit bien. Sauf pour vous.
Qu'allez-vous faire ?
Si vous restez ici, vous allez au-devant de nouveaux ennuis.
Donc...
- Le Brésil ? - En première classe.
- M. et Mme Walters ? - Ils sont cessibles.
Weiss les avait en sa possession. Il suffit de changer le nom.
Vous pouvez emmener quelqu'un.
C'est votre chance.
Profitez-en.
Je suis là.
Je suis là.
Klaus.
Vous voyez ? J'ai tenu tous mes engagements.
Nous sommes quittes,
Herr Giese.
On va rester en plongée un petit moment.
- Veille à dormir suffisamment. - Quoi ?
C'est tout ?
Pas d'insultes ?
File.
Willi ! Tu vas pas le croire...
Willi ?
- Un tir aérien ? - Non.
Nous serons rentrés dans quelques jours.
Il aura un vrai enterrement.
Je voulais rentrer avec un équipage complet.
Perdre ne serait-ce qu'un homme, après tout ça...
C'est un de trop.
Quelle mort absurde.
J'écrirai une lettre à ses parents.
Je leur dirai qu'il était excellent cuisinier.
Et très apprécié de tous.
Ça se fait ?
Oui.
Mon commandant.
Au fait, j'ai une idée.
Pour notre emblème.
Est-ce que tu peux imaginer ce que tu m'as fait subir ?
Ainsi qu'à ta sœur ?
Notre famille est en lambeaux.
Je n'ai aucune excuse.
Tout a perdu sens après ce qui est arrivé en mer.
Une mutinerie ? Dönitz ne m'a pas parlé de ça.
Et j'ai lu le journal de bord.
J'ai vite vu que c'était un tissu de mensonges.
- Ton chef-mécanicien... - Ehrenberg ?
Oui.
Il ne m'a pas regardé dans les yeux une seule fois.
Que penses-tu de ce que je t'ai dit ?
La raison de ta présence ?
Ton contact est mort.
Et l'amiral Kenton, à qui je ferais confiance, n'est pas là.
Quelles garanties ai-je donc ?
Il s'agirait d'un coup d'État.
C'est une affaire politique, et non militaire.
Il n'y a plus de différence.
Tu veux que je trahisse ma patrie ?
Que je brise mon serment ?
Oui, comme un vrai patriote.
Forster ?
Voici Hagen Forster.
De la Gestapo.
Dites-lui ce que vous avez fait au nom de la patrie.
Parlez-lui de la France et de la Pologne.
Racontez-lui.
Le 25 janvier 1943, j'ai été muté en Pologne.
Le secteur juif, qui était sous ma responsabilité,
était de taille moyenne.
Après la dernière déportation vers les camps,
il restait environ 2 000 Juifs.
Leur rationalisation était régie par le décret local,
en vigueur depuis le 27 février 1943, articles 2 à 5.
"Rationalisation" ? Comment ça ?
Nous avons procédé de façon systématique.
De maison en maison, en comptant nos munitions.
Je ne comprends pas.
Que raconte-t-il ?
Des histoires terribles.
Des femmes et des enfants ?
Tout le monde.
Comment avez-vous pu faire ça ?
J'obéissais aux ordres.
Ce n'est pas une raison valable !
- Vous êtes responsable ! - C'était mon travail.
Disparaissez.
Du balai !
Hors de ma vue ! Tout de suite !
Tu me comprends, à présent ?
Il faut agir. Pas pour les Américains, mais pour nous.
Non.
Tu veux sacrifier des milliers de marins
pour ça ?
Je ne suis
qu'un vieil homme fatigué.
Faisons-le ensemble.
Père.
Comment ?
Je reviendrai.
Je reviendrai à la maison.
Comment feras-tu ?
Merci de votre attention.
Merci beaucoup.
Vous savez donc tout
sur ce coup du sort remarquable et inattendu :
un fils qui retrouve son illustre père.
C'est un grand jour pour le Reich et pour le Portugal.
Vous êtes encore là ?
- Plus pour très longtemps. - Nous vous avons obéi.
Mon mari a confirmé le récit héroïque de Hoffmann.
La presse internationale en rendra compte.
Et vous croyez que Berlin avalera ça ?
Il y a de bonnes chances, oui.
Un jeune et beau commandant rentre au bercail après sa fuite héroïque.
Les nazis adorent ce type d'histoire.
Ils sont sentimentaux. C'est ce qui les rend si méchants.
N'importe qui d'un peu futé essaierait de fuir cette guerre.
Ah, c'est donc cela.
Cela vous déplaît de retourner en Allemagne.
Vous vouliez prendre l'or, disparaître en Amérique du Sud
et y vivre tel que vous l'entendiez.
Votre mari aurait porté le chapeau et 50 sous-mariniers auraient péri.
Leur mort ne vous aurait guère émue.
Une leçon de morale venant d'un gestapiste ?
Mais Dorfmann vous a percée à jour.
Il savait que Weiss et vous vouliez l'or.
Voulait-il sa part ? Vous dénoncer ? En tout cas, il fallait l'éliminer.
Vous l'avez fait tuer en inventant une histoire sur lui.
Il aurait été tué pour avoir démasqué un espion : Beck.
Puis il vous a fallu un pigeon.
Au lit, vous étiez moins créatif.
Pourquoi avez-vous couché avec moi ?
Pour m'évaluer ? Me tester ?
Quel homme avez-vous vu ?
Un homme qui obéit.
Mais finalement, vous m'avez étonnée. Vous-même aussi, peut-être ?
Enfin, bien sûr, vous n'avez aucune preuve.
C'est vrai.
Vous ne vous êtes pas sali les mains.
Mais je vous imagine bien à Berlin,
à vous abriter des bombes alliées, Madame...
Walters.
Je suis navré, mais le grand-amiral Dönitz a besoin de nous sans tarder.
Merci.
J'ai attendu ce jour très longtemps.
Être ici, chez moi, avec mon père...
Ma joie est incommensurable.
Dönitz s'est montré très clément.
Le grand-amiral connaît l'importance de Hoffmann.
Sur le plan politique.
Et vous savez que les accusations contre lui ont été réfutées.
De fait,
Hoffmann fils a plus de valeur pour Goebbels vif que mort.
Pour l'instant.
Et maintenant ?
Si les accusations sont avérées, il pourrait
faire émerger d'autres éléments peu fiables.
Comme des mouches sur un étron.
Vous le surveillez ?
J'ai quelqu'un dans son entourage.
Proche ?
Très.
Nous formons une famille très heureuse.
On est prêts.
Allons-y.
Trois, deux, un...
Zéro !
Pas mal, hein ? Les rats d'égout.
Tu es vraiment intégré, maintenant.
Tu es bien silencieux, Pauli.
J'ai bien réfléchi.
Une fois, je vous ai dit
que certaines choses n'arrivent pas à des gens comme moi.
C'est faux.
Ça m'est arrivé.
Comment tu te sens ?
Je ne sais pas.
C'est arrivé grâce à la guerre.
La guerre, c'est ce que j'ai connu de mieux.
J'ai tort ?
C'est ton sentiment.
Au moins, tu es sincère.
Et vous ?
Je suis heureux de rentrer.
Je vais apprendre à nager.
Laboe en vue !
Oui ! Enfin !
- Capitaine Lessing? - Il est à Berlin.
Je le remplace.
Lieutenant Buchner. Je vous annonce le retour de l'U-949.
- La mission... - Nous savons.
- Qu'y a-t-il ? - Il manque de l'or.
Pardon ?
Il manque six lingots aux Portugais.
Nous avons tout livré. Nous avons soigneusement vérifié.
Lieutenant, dites-leur. Nous avons livré tout l'or.
- Capitaine... - Il n'est pas commandant.
C'est vous.
Mais vous n'êtes pas soupçonné.
Arrêtez-vous !
Ces hommes ne feraient jamais ça.
Nous verrons bien.
La fouille n'a rien donné.
Nous n'en doutions pas. Mais nous voulions être sûrs.
Bienvenue chez vous, lieutenant.
Messieurs.
Je dois signaler les réparations nécessaires.
Alors ?
Des officiers ont fait des remarques défaitistes,
l'équipage a parfois manqué de respect envers le Führer et d'autres dignitaires.
Les prisonniers n'ont pas été traités selon les consignes.
Très bien, Erdmann.
Très bien.
Couchez ça par écrit en orthographiant bien les noms des coupables.
À vos ordres.
En avant, marche !
Attention, maman. On sort !
À Willi.
À Willi.
Et à l'U-949.
Après tout ce qu'on a vécu...
Après tout ce qu'on a vécu, on est traités comme des voleurs.
Quand ils ont fouillé, j'ai cru que Pauli avait piqué un lingot.
Où a-t-il été trouvé ?
On l'a repêché dans le fleuve. Suicide.
Je crois le reconnaître.
- Serait-ce... - C'est un quidam.
Enterrez-le avec les autres.
Sous-titrage : Samuel Bréan
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