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Original subtitles

Le distributeur NASJE KINO (notre cinéma)

Et la maison de films KAROPROKAT

présentent

une production des studios STV

Le film est basé sur des faits réels.

- Artiom. - Oui ?

Dis à maman que j’irai la voir dans une semaine ou deux.

Je ne peux pas y aller pour le moment.

D’accord.

Après ça, Leningrad. J’ai des choses à faire avant le début des cours.

Tu as l’air crevé.

Tu as des problèmes à l’université ?

Non, c’est toujours pareil.

Ils se chamaillent tout le temps.

Et chez toi ? Tout le monde va bien ?

Dieu merci, Dieu merci...

Tu crois en Dieu à présent ?

Ah ! Voilà ta nièce avec son fiancé.

Et Slava, comment va-t-il ?

Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu.

Quand je suis venu, il était dans un camp de vacances.

Je me fais du souci pour Slava.

Ils sont différents. Je ne le comprends pas.

Nous, on a toujours dû travailler dur et lui,

tout lui est offert. On fait tout pour lui...

et il ne nous respecte même pas.

En fait, il nous méprise.

Je l’ai envoyé à l’université pour qu’il échappe à l’Afghanistan...

Tu crois qu’il étudie ? Mais non !

Il dit qu’il s’éclate. Tu connais ça, toi ?

Des concerts d’avant-garde.

Cette musique rock... Quand le téléphone sonne,

je pense toujours que c’est la police.

Tiens, regarde...

C’est sa dernière photo.

Pas mal.

J’ai toujours fait ce qu’on attendait de moi.

Personne n’a plus besoin de cela.

Ni de moi. Je ne suis pas vieux et pourtant,

je sens que quelque chose a disparu pour de bon.

Je ne comprends pas ce qui va arriver.

Quand Andropov est mort...

quelque chose a changé.

Dans notre faculté. En Communisme Scientifique, en Histoire.

Et je ne te parle pas des étudiants.

- Bonjour, Oncle Artiom. - Bonjour, Liza.

Ça fait un bail. Deux longs mois.

- En effet. Tu restes longtemps ? - Non.

Je pars bientôt. Je vais voir ta grand-mère.

Et comment va mon cousin Slava ?

Il n’en finit pas de s’éclater.

Waouh...

Voici mon ami, Valera.

Valera Buadze. Je suis à moitié géorgien, même si je ne suis jamais allé en Géorgie.

Kazakov Artiom Nikolaevitch de Leningrad.

Papa, on va boire une tasse de thé

dans la cuisine. Je dois me lever tôt et je dois encore faire mon sac.

C’est vraiment son fiancé ?

Bien sûr que non. Je plaisantais.

Mais je crois qu’elle l’aime bien.

Ce n’est pas un mauvais bougre.

Et il n’est pas stupide. Chaque année, il va dans le nord pour travailler.

Et il revient avec du bon argent.

Moi, je suis peut-être colonel...

mais lui, il gagne trois fois plus.

Un gosse, mais avec sa propre voiture.

Et pas une voiture comme la tienne.

Ici, les choses ne sont pas si simples, Artiom.

- Il n’est pas étudiant ? - Non.

Pourquoi n’est-il pas à l’armée ?

Il n’est pas d’ici. Il habite chez sa grand-mère. À ce qu’il dit.

Et je l’aide un peu.

Tu sais ce qui se passe en Afghanistan.

Rien que dans ce trou perdu, ils ont déjà ramené 26 cercueils.

Vingt-six, Artiom !

Ils appellent ça un Cargo 200.

Partout dans le pays, le prix...

Fais attention, Mikhaïl.

CARGO 200

Que fait ton oncle ?

Il dirige la faculté d’Athéisme Scientifique de l’université de Leningrad.

J’ai été admise grâce à lui.

On va encore à la disco ?

Je veux aller dormir tôt. Et je dois faire mon sac. Tu l’as dit toi-même :

Si on part tôt, on arrivera tôt.

Les autres seront déjà là à 6 h 30.

On ne restera pas longtemps.

- Valera, non ! - Comme tu voudras.

Tu devrais dormir aussi. C’est toi qui conduis.

C’est loin et tu dis que la route est mauvaise.

Pas de souci. J’ai connu des routes pires que ça.

Encore merci pour Liza.

Liza est une fille intelligente.

Elle aurait été admise de toute façon.

Où va-t-elle si tôt demain ?

À Jara. Une camarade de classe y a

une datcha. Ils partent en groupe pour nager et ramasser des champignons.

Ce sont des jeunes bien. Juste un jour ou deux.

Je pourrais la ramener.

Elle se débrouillera bien avec le bus.

D’accord. Je t’appelle quand je pars de chez maman.

Merci pour la nourriture.

Ici, il n’y a plus grand-chose.

- Tu en as encore pour maman ? - Deux sacs pleins.

Salut, Valera.

- Salut. - Où est Liza ?

Liza ? Elle voulait aller dormir.

On part tôt demain matin.

Tu ne me reconnais pas, hein ?

C’est moi, Angelika, l’amie de Liza.

C’est dans ma datcha qu’on va demain !

- Bien sûr que je t’ai reconnue. - On danse ?

OK. Un instant et je reviens.

- Ne t’en va pas. - OK.

Bonsoir. Pardon, vous habitez ici ?

Excusez du dérangement. J’étais en route pour Leninsk quand mon moteur a calé.

Personne ne s’est arrêté. J’ai vu votre maison

et j’ai pensé que vous pourriez m’aider.

Merci.

Bonsoir.

Vous habitez ici ?

Un bon fusil. Un Simpson.

Je chasse avec le Simpson de mon grand-père.

Vodka ?

Pardon ?

Je suis en route pour Leninsk...

mais mon moteur a calé.

Personne ne s’est arrêté. Vous pourriez m’aider ?

- J’ai vu la lumière allumée... - Tonia !

- Assieds-toi. - Merci.

Tonia !

Bonsoir.

- Où est Sunka ? - Dans le sauna.

Appelle-le.

Et apporte à manger.

C’est l’heure.

- D’où tu es ? - Leningrad.

Je vais voir ma mère à Leninsk.

- Ton nom ? - Kazakov Artiom Nikolaevitch.

Ici, le prénom, ça suffit.

Je suis Alexei.

On va essayer de t’aider.

- Tu es ingénieur ? - Professeur d’athéisme

scientifique à l’université.

Sunka ?

- Oui. - Viens, le patron te demande.

Moi venir.

Qu’est-ce qui prime, la matière ou la conscience ?

La philosophie marxiste-léniniste rejette

l’idée de Dieu émanant de l’impossibilité de comprendre le monde environnant.

Non, philosophe, dis-moi juste...

si Dieu existe ou pas ?

C’est ce que j’essaie de t’expliquer...

Toi avoir appelé, patron ?

Ramène-nous quelque chose du sauna...

ou le professeur et moi, on s’en sortira pas.

Bien, patron.

Moi chercher pour patron.

- Un client ? - Non.

Un professeur ou quelque chose.

Tu entends ça, Tonia ? Ce professeur érudit prétend que Dieu n’existe pas.

- Dien n’existe donc pas ? - Non.

- C’est quoi ? - Soupe aux champignons.

Qu’est-ce qui existe alors ?

Il y a de la matière mouvante que nos sens perçoivent.

Et l’âme ? L’âme, elle existe ?

Non, Alexei, l’âme n’existe pas non plus.

Et ma voiture ?

Tiens.

Donc, Artiom...

il n’y a pas de Dieu et pas d’âme...

mais il y a la matière et la conscience.

La conscience par exemple, d’où elle vient ?

Alexei, ça ne rime à rien. Tout le monde apprend la théorie de Darwin à l’école.

Je devrais croire qu’un singe a ramassé un bâton

et hop, la pensée abstraite est apparue ? !

- Buvons. - Non.

Je ne peux pas, merci.

- Je dois aller à Leninsk. - Comment ça ?

- Bon, je vais y aller. - Tu viens d’arriver.

Ne piétine pas l’âme de ton hôte, même si tu n’en as pas.

Bien, c’est mieux comme ça...professeur.

Mange ta soupe. Tonia fait bien la soupe.

Et goûte nos cornichons.

Sunka, quand tu auras fini, prends les clés du professeur et va voir ce qui cloche.

Donc, Artiom...il n’y a rien ?

Vois-tu, Alexei, je suis gnostique.

Je crois au monde connaissable, pas au monde surnaturel.

Tu vas pouvoir réparer ?

Faut nettoyer bougies...

et carburateur aussi.

Vous avoir chiffon ?

Ça va durer longtemps ?

Faut une demi-heure.

Tu es chinois ?

Non, vietnamien.

Pourquoi ils t’appellent Sunka ?

Je suis Xuang Van Huy.

En russe, ça fait...

Sunka.

Moi travailler dans grande usine...

à Leninsk.

Alors, eux engager moi...

pour servir vodka...

et travailler dans jardin.

Moi bien aimer ici.

Moi aimer jardin.

Je vais rentrer.

Il fait froid ici.

Tiens.

Tu es communiste ?

Oui, je suis membre du parti.

De quoi es-tu si fier ?

Vous, les communistes, êtes la source

de tous les maux. Vous voulez remplacer Dieu

par votre parti, par votre Lénine.

Allez tous vous faire foutre !

Dieu n’existe pas, donc tout est permis, hein ?

Vous pouvez tuer des millions de gens.

Quand j’étais gosse, dans une bagarre, j’ai tué un type par accident.

Je me suis livré car je savais que j’étais coupable...

et qu’un autre pouvait être accusé.

J’ai eu 10 ans de travaux forcés !

J’aurais pu me taire...

ma conscience m’en a empêché !

Dieu a empêché que je me taise !

Et vous, vous voulez supprimer Dieu !

En inventant une science.

Alexei, les normes éthiques...

dépendent de facteurs

matériels et économiques.

La morale, le sens des responsabilités, la conscience ont vu le jour...

dans la société préhistorique, bien avant l’avènement du christianisme.

Des sentiments semi-instinctifs nécessaires au respect des tabous.

Les Dix Commandements de l’Ancien Testament...

étaient respectés bien avant d’être écrits.

Dieu nous a donné les commandements.

Ils ont toujours existé, même s’ils ont été écrits plus tard.

N’essaie pas de m’intimider avec des mots savants.

Tabous ...

On a aussi lu des livres.

Ça, c’est de la musique...

pas comme à la disco.

That's it.

Y a plus.

Valera, il est tard.

Je connais une adresse dans le coin, où ils ont de la super gnôle.

Meilleure qu’au magasin.

Ça suffit. On doit se lever tôt demain.

C’est tout près d’ici.

Avec ma super caisse, on y sera vite.

Après, je te reconduiraijusqu à ta porte.

Comme il se doit.

La Cité du soleil est l’utopie par excellence.

Campanella n’était pas le premier sur cette voie.

C’est un rêve qui émane...

de la conscience de classe.

Et ta conscience de classe à toi ?

Un saucisson comme celui-là...

je n’en ai jamais vu.

Tu pervertis les jeunes avec tes conneries pour pouvoir bouffer ce saucisson !

Tu vis déjà dans le communisme selon les idées

du parti. Tu n’as pas besoin de Cité du soleil.

Moi bien ! Et je la construirai !

Pas dans toute votre foutue Union Soviétique, mais ici, sur cette terre.

Tout sera différent. Tonia portera mes enfants.

Il viendra des gens et nous ne serons plus dépendants de vous, les prédateurs !

Fini, patron.

Le moteur, ça marche.

Mais pas pour aller à Leninsk.

Lui pas tenir si loin.

- Je ne vais plus nulle part. - Faut nettoyer

carburateur. Réparation nécessaire.

Merci, Xuang Van Huy.

Merci.

- Tu as dit que ce n’était pas loin. - On y est.

Je reviens.

Salut, patron, je viens chercher de la gnôle.

Ça marche, on dirait. L’entreprise prospère ?

Dis à Sunka d’amener du fort.

Je suis à court.

Tonia !

Dis à Sunka d’amener une bouteille.

Un client.

Et ta Cité du soleil, ça va ?

- Ça boume ? - Toi...

ordure de la ville...

touche pas au sacré.

T’énerve pas, Alexei. Je plaisantais.

Maman !

Le fric, c’est ce qui compte, les gars.

Si tu as assez de fric...

tu ne dois pas le faire toi-même !

Ça suffit comme ça.

Tante Tonia, apporte des cornichons.

Tes cornichons sont si bons.

Sunka, amène une autre bouteille. Du pur.

On est des hommes ou pas ?

Je paie le double !

J’ai vécu à la Mer Blanche avec les Nénètses.

On pêchait le saumon.

Ils boivent tous de l’alcool pur là-bas.

Même les enfants.

Vous savez comment on boit là-bas ?

Lika ! Vens t’asseoir.

- Sunka, verse-lui un verre. - Valera, viens.

On ira, quand on aura vidé notre verre.

L’alcool pur, ça se boit comme ça.

Sans alcool, on ne survit pas là-bas.

On gèle sur place.

Il ne peut pas partir dans cet état.

Vens par ici.

Les Nénètses ont des pelisses et des bottes

en peau de renne, où ils cachent l’alcool.

J’ai aussi une pelisse, une kukhlyanka.

Sors-le d’ici.

Pas possible...

à moi tout seul.

Lui trop lourd.

Mon papa est le secrétaire du comité de parti régional.

Ferme la porte du poêle.

C’est chaud.

- Tu es venue avec ce type ? - Oui.

- Comment ? - Dans sa voiture.

Tu sais conduire ?

Ne pleurniche pas. Je n’aime pas ça.

Tonia !

Va derrière le poêle, vite. Et pas un bruit.

Où elle est ?

Partie.

Ne me mens pas, Tonya.

Tu ne l’auras quand même pas.

Parce que tu ne veux pas ?

Ce sera comme ça dans ta Cité du soleil ?

Y a pas d’épouses dans la Cité du soleil.

Tous égaux. Les gosses en commun.

- Tu as vu quelqu un ? - Qui ça ?

Eh bien...

Encore soûl ! Je n’ai vu personne.

Salaud.

Sors de là.

Dehors, à gauche, il y a le sauna.

30 mètres après, il y a une grange.

La porte est ouverte.

Il y a une vache. Elle est docile.

Ferme la porte et cache-toi dans le foin sans faire de bruit.

Tonia !

Quand ils dormiront, je viendrai te chercher.

- Je dois rentrer. - Ne pleurniche pas.

Tu aurais dû réfléchir avant avec qui tu vas. Dépêche-toi !

Tonia !

Patron, plus assez d’alcool ici.

Nous devoir en chercher.

Tu as fermé le sauna à clé ?

Moi dormir dans grange.

Va d’abord chercher du bois.

Bien.

Donne-moi la clé du sauna. Pour le fusil.

Mets le patron au lit. Il a son compte.

Lui si lourd.

- Où tu es ? - Qui est là ?

C’est moi, Antonina. Viens ici. Vite.

Suis-moi.

Il fait plus chaud ici.

Ne casse rien. Je viendrai demain matin.

Madame !

Je vous en prie !

Madame, je dois rentrer à la maison.

- Tiens, la clé. - Moi...

aller dans grange.

- Sunka ? - Oui ?

- Ouvre le sauna. - Oui, de suite.

Oh là là !

Mon papa est secrétaire du parti.

- Ne faites pas ça, monsieur. - Patron...

pas toucher à la fille.

Pas faire, patron.

Enlève.

Monsieur... je suis encore vierge.

À genoux.

Mon fiancé est para commando en Afghanistan.

Il est dans les forces armées spéciales.

Relève.

Artiom ?

Je peux dormir sur le divan ?

Ma voiture est en panne.

Bien sûr. Entre.

Mais tu es ivre mort !

Va sur le balcon.

Il y a un divan.

Ma femme travaille de nuit.

Prends une couverture.

Comment as-tu pu rouler dans cet état ?

Monsieur...

mes chaussures sont restées là.

KALYAJEVO

POSTE

La police ?

Il y a une ferme à gauche sur la route

de Kalyajevo. Il y a un cadavre dans le sauna.

Monsieur, je saigne.

Bonjour !

Bonjour, Oncle Artiom.

Qu’y a-t-il ?

Son fiancé n’est pas venu.

Pourquoi n’es-tu pas au bureau ?

C’est dimanche.

Katia a préparé à déjeuner. Mange quelque chose.

Quand je suis rentrée de mon travail, les jeunes étaient déjà partis.

Liza était en pleurs. C’est son petit ami.

C’était gênant devant les autres.

Et Angelika, son amie, a disparu.

Son père, le secrétaire du parti, a appelé.

Elle est allée à la disco et n’est pas rentrée.

Quoi ?

Rien.

Ils disent qu’il y a eu un meurtre à Kalyajevo.

Bon, je vais y aller.

Qu’est-ce qui cloche à ta voiture ?

Les bougies. J’en achèterai en route. Je connais un endroit.

LENINSK

KALYAJEVO

POSTE

LENINSK

Maman !

Assieds-toi.

Mon papa est le secrétaire régional du parti.

Il vous retrouvera...

et il vous fera fusiller.

En septembre, c’est la démobilisation.

Mon fiancé, le sergent Gorbunov...

reviendra alors d’Afghanistan...

et il se vengera.

Il m’aime et il ferait tout pour moi.

Monsieur...

je dois aller aux toilettes !

Oh, maman ! Dès que je m’en vais, tu recommences !

Mon Zhurik est venu !

- Bois ça. - C’est quoi ?

- Je ne veux pas ! - Bois.

Dors.

Tioma, tu dois manger quelque chose.

Tu as fait une si longue route.

Non merci, maman. Plus tard.

Katia ? C’est Artiom.

Misha est là ?

Il est à son travail.

Pourquoi si tard ?

De mauvaises nouvelles.

- Encore un cargo 200. - Maman !

Artiom, je dois y aller. Appelle Misha.

Quand arrive cette cargaison ?

Ils nous informeront, camarade colonel.

On sait juste qu’un Il-76 a atterri à Leninsk.

Il s’agit du sergent Gorbunov, un de nos garçons de Volok.

Le sergent Gorbunov...

Sais-tu, major Duyev...

que le sergent Gorbunov,

c’est Kolya Gorbunov...

un camarade de classe de ma Liza ?

Je le connais depuis qu’il est si petit.

Kolya est donc tombé.

Angelika, la fille de ce salaud de Naboyev, la fiancée de Kolya, a disparu.

Le fiancé de ma fille a aussi disparu.

Que se passe-t-il ici ? Vous pouvez me le dire ?

Mikhaïl Nikolaevitch, votre frère est en ligne

- depuis Leninsk. - Passez-le-moi.

Hé, Artiom, comment va maman ?

Non, je ne peux toujours pas.

Un tas de problèmes à régler.

- Le fiancé de Liza est revenu ? - Non.

- Et son amie non plus. - Écoute...

Que s’est-il passé à Kalyajevo ?

En allant chez maman, j’ai vu un tas de policiers.

Un fermier du coin a tué son ouvrier,

un vietnamien. Ils l’ont emmené à Leninsk chez le procureur.

Mikhaïl Nikolaevitch, la conscription de Leninsk sur la ligne 2.

Artiom, je dois y aller. J’ai un district en ligne. Je t’appelle ce soir.

Bonjour, colonel.

Après-demain ?

Que voulez-vous que je fasse ?

Il n’a pas de famille. Personne.

Son père est mort à l’asile ! On n’a personne

ici pour l’enterrer ! Combien d’hommes avez-vous ?

Moi, je n’ai que deux hommes.

Je m’en fous que ce soient les grandes vacances !

Vous savez qu’il est mort pour la patrie !

Envoyez des policiers. Vous en avez assez !

Salaud !

Merde ! Ça ne finira donc jamais ?

Dis au lieutenant...

de faire du thé.

À vos ordres, camarade colonel.

Camarade Naboyev, on est tous à sa recherche.

Je m’en fous complètement !

Il faut la retrouver !

C’est ma fille, tu comprends ?

Elle a été vue dans une discothèque avec un type en T-shirt marqué URSS.

Il n’est pas d’ici. Personne ne le connaît.

Il s’appellerait Valera, mais ce n’est pas sûr.

Je te donne 24 heures.

Si tu ne réussis pas...

tu te retrouveras ouvrier !

Oui, monsieur.

Quel étage ?

Patrouille, prête à partir.

Appartement 87, 3e étage.

En avant.

Qu’est-ce qu’il y a ?

Enfonce la porte.

Salaud !

Emmenez-le.

- C’est vous qui avez téléphoné ? - Oui.

Ils sont là.

- Debout ! - Salaud !

Tous debout !

C’est mon appartement ici !

Je profite d’un jour de congé avec mes amis.

De mon argent durement gagné. J’ai ce droit !

J’ai dit, tout le monde debout !

Qu’est-ce que vous foutez ici ? !

Qui a ouvert à ces flics ?

Foutez le camp, bordel de merde !

Dehors !

Note ça comme résistance lors de l’arrestation.

Emmène-le dans la voiture.

Qu’avez-vous donc fait ?

Si tu ouvres ton bec...

on le tabasse à mort.

Tu dors ?

Mon Zhurik est rentré du travail.

Il travaille très dur.

Il a un métier difficile.

Il mange un morceau...

et il vient te rejoindre.

Tu veux boire un coup ?

J’ai une petite réserve cachée.

Pas envie ?

Continue à dormir.

Ta femme est un peu...

Elle ne m’aime pas, maman.

Avant moi, elle avait un fiancé.

Un para.

Elle a raison ! Toute femme a besoin d’un homme. Mais toi...

Maman...

je l’aime.

Bonjour.

Kolya va revenir et il vous tuera.

Monsieur...

laissez-moi partir, s’il vous plaît.

Je ne dirai rien à personne.

Qu’est-ce que tu veux ?

Et toi, que veux-tu ?

Je veux que tu me suces.

D’accord.

Pas dans les couilles.

Prépare-le quand il se réveillera.

Note ça comme tentative d’évasion.

- Le bureau de police de Dzerzhinsky ? - Oui.

Ici le colonel Sukhina, commandant militaire régional adjoint.

Je peux parler au chef ?

Capitaine Zhurov, j’écoute.

Capitaine, vous avez un nouveau cimetière dans votre district.

On doit enterrer un héros de l’Afghanistan.

La base militaire paie tous les frais.

Aidez-nous, s’il vous plaît... Capitaine.

Le sergent Gorbunov. Il vient de cette région, de Nizhny Volok.

Il n’a pas de famille.

C’est un héros, un para commando

Vous serez récompensé de votre peine.

Ici, c’est terrible. Je n’ai pas d’hommes...

et il y a encore six Cargos 200 qui arrivent par le même avion.

- Redites le nom. - Colonel Sukhina.

Le nom de la cargaison.

Ah, celui-là... Gorbunov, sergent.

- La cargaison arrive quand ? - Après-demain.

26 août, à notre aérodrome, à midi environ.

Nous payons les frais de transport.

En ordre, colonel. Appelez demain quand vous saurez l’heure.

Chérie, n’offense pas ton mari.

Après tout, il est ton premier.

Va au diable !

Tu veux une tartelette ?

Au chou.

Tant pis.

Hé.

Hé.

À cause de la fille ?

C’est ma femme.

- Tu m’es redevable. - Je sais.

Ne touche pas à Antonina.

Sunka est mort ?

Déposez-le là.

348, Gorbunov, sergent. Il est à vous.

- Exact. - Oui, il est là.

Ses médailles.

Chargez-le.

Mais Alexei ne l’a pas tué.

- Non. - Pourquoi ne dites-vous pas

qu’il y avait un autre homme ?

Alexei ne veut pas.

Mais pourquoi ? Je ne comprends pas !

Alexei et lui avaient leurs petites combines.

Ça datait de la prison.

Il ne m’en a jamais parlé.

Il y avait aussi un jeune gars...

avec un T-shirt rouge marqué URSS...

et il y avait une fille avec lui.

Où ça ?

À Kalyajevo, après votre départ.

Et où sont-ils à présent ?

Je ne le sais pas. Eux aussi sont partis.

Il faut les retrouver. Ce sont des témoins.

Vous allez témoigner, vous ?

Antonina, je dirige la faculté

d’Athéisme Scientifique à l’université de Leningrad. Je suis membre du parti.

S’ils apprennent cela, j’aurai des ennuis.

Un blâme ou peut-être la révocation.

J’ai une famille.

Et les cours reprennent.

Je ne peux vraiment pas.

Mais si vous avez besoin de quelque chose...

Alexei disait...

plus tôt Dieu nous rappelle à Lui...

moins nous risquons de commettre des péchés.

Un petit noir !

Vous pouvez y aller.

Réservez une place au cimetière.

Ton fiancé est là.

Maman, elle ne l’a pas apprécié.

J’aurais pourtant bien voulu.

Elle aime le commando.

L’accusé a été reconnu coupable

d’un crime en vertu de l’article E, art. 102 du code pénal de la RSFSR...

meurtre avec préméditation, avec circonstances aggravantes...

de Xuang Van Huy, citoyen vietnamien...

dans le but de cacher un autre crime, et en vertu de l’article 23...

il est condamné à la peine maximale :

La peine de mort.

Tous ses biens seront en outre confisqués.

La peine de détention préventive infligée à Alexei Nikolaevitch reste inchangée.

Les frais judiciaires, estimés à 220 roubles...

sont à la charge

du prévenu.

- Qui est là ? - Capitaine Zhurov...

bureau de police < IA9>n14 du district de Dzerzhinsky de la ville de Leninsk.

Je viens voir le camarade Naboyev.

J’ai appelé hier.

Entrez, camarade Zhurov.

On a trouvé les lettres de Kolya Gorbunov à Angelika. Mais rien d’un Valera.

Je vous ai dit, camarade Naboyev...

que d’après nos informations,

Gorbunov et un certain Valera, qui était à la discothèque avec elle, sont amis.

On pense que votre fille est partie avec lui

et on aimerait étudier les lettres nous-mêmes.

On vous les rendra plus tard.

Évidemment, camarade capitaine.

Ania, va les chercher.

- Vous allez la retrouver ? - Bien sûr.

Vous ne voulez pas boire un thé ?

Merci, mais il est tard et je dois rentrer à Leninsk. Et demain, c’est lundi.

Voici.

- Tu vas à l’université demain ? - Non.

Gorenburg me fera un certificat médical.

Que s’est-il passé, Artiom ?

Tu n’étais plus le même en rentrant de Leninsk.

Lena, tout va bien.

Que s’est-il passé...à Leninsk ?

Tu m’as déjà demandé ça cent fois !

Tu as rencontré une autre femme ?

Salut, les vieux ! Je sors.

Slava ! Ne rentre pas trop tard.

Tu as cours à l’université tôt demain matin.

J’ai de la visite ? De qui ?

Je n’en sais rien.

On a juste reçu l’ordre d’aller te chercher.

Bientôt tout va changer.

Oui.

Lika chérie, c’est déjà ma quatrième lettre depuis l’entraînement...

et je n’ai pas encore reçu de tes nouvelles.

Il est vrai que nous nous déplaçons sans cesse et que le courrier doit nous rattraper.

Dans quelques jours, on sera envoyé

à Kandahar. Tu me manques énormément, mais il me reste encore une année.

Hier, lors d’une action d’épuration, les Afghans ont tué deux des nôtres.

Moi et Grisha, on a survécu par miracle, mais le caporal a été touché au derrière.

Les autres se sont foutus de lui, mais moi pas.

C’est un type bien...

qui a déjà sauvé beaucoup de gars.

J’espère que tu continues à m’attendre.

Fais le bonjour à tout le monde.

J’ai envoyé ma dernière lettre de Kaboul,

mais les Afghans ont abattu l’avion postal.

J’ai pensé que ma lettre était peut-être à bord. Écris-moi.

Tes lettres me manquent...

mais toi, tu me manques le plus.

Bisous, ton Kolya.

- C’est pour quoi ? - Le capitaine Zhurov est là ?

Il est là-bas avec sa femme.

On est infesté par les mouches.

Madame, laissez-moi partir !

Je vous en prie !

Excusez-moi...

où puis-je trouver le prêtre ?

Père Vasily va venir dire la messe du soir.

À quelle heure est la messe du soir ?

Dans une heure. Que désirez-vous ?

J’aimerais savoir comment je peux passer la procédure du baptême.

Ce n’est pas une procédure, mais un sacrement.

Allez vous asseoir, priez et attendez.

Tu t’appelles comment ?

Slava.

On se connaît ?

Non !

Je m’appelle Valera. Je t’ai déjà vu quelque part.

Tout est possible.

Chouette T-shirt !

Allons boire un verre après le concert.

C’est moi qui offre !

Ça me va !

On peut se faire beaucoup de fric de nos jours.

Chez les Nénètses dans le nord, je reçois

dix peaux de renne pour une caisse d’alcool.

Je connais un type qui les achète à prix d’or.

Si on bosse ensemble, Slava...

on peut en vendre 2 ou 3 fois plus.

Je cherche un partenaire qui est inscrit ici à Leningrad...

Les événements relatés dans ce film ont eu lieu

dans la seconde moitié de 1984.

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