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-Je t'explique comment ça marche.
Tu mets le chargeur dans ce sens-là.
Pas autrement.
Sinon, ça peut t'exploser à la gueule. - OK, d'accord.
-D'accord ?
Ta vie vaut Moins cher que la vie d'une poule,
parce que tu l'as pas méritée.
Ta mort, en revanche, tu l'as méritée.
Tu m'écoutes ?
-Oui.
-Si t'as tué qu'un seul homme, t'es qu'à égalité avec ta mort.
Ta mort laissera aucune trace. C'est comme si t'étais pas mort.
Faut en avoir tué 2 pour la gagner.
Avec deux hommes tués,
là, tu commences à laisser une trace.
Quelque chose en plus.
Quoi qu'il arrive,
on pourra pas te tuer 2 fois.
-L'activité est terminée pour aujourd'hui.
Dirigez-vous vers la sortie. - Super !
- J'ai oublié une phrase. - Pas grave, c'est super.
Bravo, bravo ! Bravo, Michel ! - C'est vrai ?
- Bravo, Gérald. - T'as senti le courant sous-marin ?
-Ouais. Vous êtes d'accord ?
-J'y ai cru.
-On entendait ce qui se disait pas. Y avait la vie.
-Tu te fous de ma gueule, toi.
-Tu serais un acteur.
Waouh ! Bravo !
-La semaine prochaine, j'aurai un petit problème.
- Quoi ? - J'ai rendez-vous chez le juge.
- Il te veut quoi ? - Pour ma remise de peine.
Ma conditionnelle. Il parle de 5 à 6 mois.
-Messieurs, on se dépêche !
- C'est super, Michel. - Oui.
Je pourrai pas finir la pièce avec vous.
-C'est pas grave.
Je t'adore.
Au revoir. - Au revoir.
-Des fois, on peut pas changer soi,
mais les choses autour de soi, oui.
Je sais pas, voyager, bouger, changer de métier.
Y a des moments dans la vie, je dis pas qu'il y en a beaucoup,
y a des moments, faut prendre des décisions.
Je dis pas que c'est une chose facile à faire.
Qu'on ait 30 ou 50 ans, ça reste une épreuve.
-Tu parles pour toi ou tu parles pour moi ?
-Non, je parle en général.
-Personne parle en général. C'est débile.
-C'est pas débile. Par exemple, en général, je suis plutôt seule.
- Oui. - Là, je suis plus seule.
-Ah bon ?
Et c'est qui ?
Tu l'as rencontré où ?
-Il s'appelle Michel.
- Tu l'as rencontré où ? - Tu vas l'aimer.
-Oh, tu l'as rencontré où ?
Tu l'as rencontré où ? - A la prison.
C'est un problème ? - Pourquoi tu t'arrêtes ?
-Pourquoi tu t'énerves ?
Sirènes
-Tu fais quoi ?
- C'est lui. - Pourquoi t'accélères ?
-C'est Michel.
- Quoi ? - Il va chez le juge.
Pour sa conditionnelle.
- Tu fais quoi ? Ralentis, j'aime pas. - Michel !
-Non, ralentis !
-Michel ! Regarde, c'est Abel.
C'est mon fils !
-Il peut pas nous voir !
-Attends. Il peut pas nous voir, mais il peut nous entendre.
Mon amour ! - T'es complètement folle !
Arrête ! Non !
- Michel ! - Ralentis. Non, maman !
Maman, j'aime pas ça !
Arrête ! On va se faire arrêter et avoir des emmerdes !
-Ils peuvent pas s'arrêter quand ils transportent un prisonnier.
-Arrête, putain ! On va avoir des emmerdes.
-Monsieur ? Monsieur ? Vous avez mon amoureux dans la voiture.
-Arrête ! Arrête-moi, je vais descendre.
T'es folle !
- Je t'arrête pas en pleine campagne ! - T'es folle. T'entends ce que je dis ?
- Je suis ta Mère quand même. - Je m'en fous. T'es folle.
Complètement tarée.
Bips
-Ça passe, ça ?
- On s'en sert pas dans les couloirs. - Oui.
-Mme Sylvie Lefranc née Beltoise,
consentez-vous à prendre pour votre époux
M. Michel Ferrand ici présent ?
-Oui ! Oui.
-M. Michel Ferrand,
consentez-vous à prendre pour votre épouse Mme Sylvie Lefranc
née Beltoise ici présente ?
-Oui.
-D'après vos réponses libres et mutuelles,
nous vous déclarons au nom de la loi unis par les liens du mariage.
-Bravo !
- T'es ma femme. - Oui.
Abel, les photos, maintenant.
Les photos.
Non, mais prends-nous. Il est bête.
-Voilà.
-Monsieur, vous voulez nous prendre en photo tous ensemble ?
Vous voulez pas venir aussi ?
Allez, s'il vous plaît. Ouais.
-OK, rapprochez-vous. Vas-y, encore un peu plus.
Encore un peu. Attention, à 3.
A la une, à la deux,
et à la trois.
-Ouais ! Applaudissements
-Messieurs-dames, c'est terminé.
Surveillant, venez. Raccompagnez Michel en cellule.
-J'ai le droit aux fleurs ?
-Non, elles pourront pas aller en détention.
Je vais raccompagner la famille.
-Tu viendras me voir ?
- Demain. - Demain ?
Peut-être pas demain, mais...
-Allez, au revoir.
-Tu lui dis au revoir ?
-Merci. Abel.
-Au revoir.
- On se dépêche un peu. - Oui, oui.
-Salut, mon pote. À bientôt.
-C'était pas si triste que ça, hein ?
Même les gardiens avaient l'air contents.
Finalement, tout le monde était content sauf toi.
Heureusement que je l'avais prévenu.
- Tu l'as prévenu de quoi ? - Que tu ferais la gueule.
-Qu'il est le 3e en 10 ans, tu l'as prévenu aussi ou pas ?
-C'est chic, ça.
-C'est plus une prison, c'est un club de rencontres.
Ça va aller de dormir toute seule ?
-Oui. Pourquoi ?
-C'est quand même le soir de ton mariage.
-Ça va.
-Allez. Bonne nuit.
- Mon fils... - Bisous.
On est devant une espèce particulière que j'aime beaucoup : l'Axolotl.
C'est un petit animal qui vit dans les étangs mexicains
situés généralement à 2 000 m d'altitude.
C'est un cas exemplaire de ce qu'on appelle la néoténie.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est la conservation des caractéristiques juvéniles
chez les adultes d'une espèce.
L'Axolotl pourrait grandir à l'état larvaire.
Il peut aussi régénérer des pans entiers de ses organes.
Si sa queue est coupée, il est capable de la faire repousser,
régénérer des pans de son cerveau, donc les scientifiques.
Les scientifiques...
L'étudient pour voir
quelles applications la médecine pourrait apprendre
de l'Axolotl.
Et...
Je vais donc pouvoir vous laisser le regarder, l'apprécier.
J'espère qu'il vous fera rire comme à moi.
Bonne journée, la visite est finie.
-Excusez-moi.
Bonjour. - Bonjour.
-Je suis en 2e année d'océanographie et j'adore vos interventions.
- Tu lui as donné ton numéro ? - Non, je ne lui ai pas donné.
- Elle t'a pas donné le sien ? - Putain, tu me saoules !
- C'est toi qui me saoules ! - Stop !
- Elle avait un beau cul ? - Un très beau cul. J'en sais rien !
- Tu vois ? Tu t'es grillé tout seul. - Non...
- Elle avait des belles jambes ? - Oui.
- Et l'air intelligente ? - Non ! Si.
Elle m'a offert un livre sur le lac Xochimilco.
-T'es sage, hein ?
-On va te le voler. C'est pas suffisant.
-Si les gens veulent pas se faire mordre les couilles.
Son collier est connecté à mon téléphone.
Je sais où il est. Je peux même tout écouter.
- Ah bon ? - Ils avaient pas ta taille.
Elle est pas mal, non ?
- Ouais. - J'essaie.
T'as pas pris du cul ? - Si. Pourquoi ? C'est pas bien ?
-Si, c'est bien. C'est mieux.
Ça fait combien de temps que t'as pas...
-Pas quoi ?
-Que t'as pas... Que t'as pas !
-Que j'ai pas quoi ?
-Que t'as pas déchargé !
Que t'as pas déchargé ! - Oui, tout le monde t'a entendue.
-Pas toi. Tu me réponds pas.
-Je fais pas ça avec tout le monde comme toi.
-C'est l'autorisation de Maud que tu aurais voulue ?
Je te la donne, l'autorisation.
Elle aurait été d'accord.
- Qu'est-ce que t'en sais ? - C'était ma meilleure amie.
-Je sais, Clémence. Excuse-moi.
T'as encore un rendez-vous Tinder, ce soir ?
-Oui.
Je suis super excitée. Je sens que cette fois, c'est le bon.
- Tu le retrouves pas chez lui direct ? - Non, t'inquiète pas.
C'est lui qui dort chez moi. Attention les yeux.
T'en penses quoi ? - Elle est bien.
-Je prends la taille au-dessus ?
-Le mec de ma mère m'inquiète.
-Elle moule pas trop ?
-T'entends ?
- Oui. Elle est moulante ? - Non, prends-la.
- T'aimes bien ? - Oui.
T'as entendu ? - Oui.
-Il viendra plus.
-Je sais pas.
Une porte s'ouvre. Le voilà.
-Bonjour.
-Bonjour, Michel.
-Ça -Ça va. 0
Pardon, je suis en retard. - C'est pas grave du tout.
Voilà, c'est Michel. - Je sais, oui.
Ça va ? - Très bien. Et toi ?
-Oui, ça va très bien.
T'es sorti quand, déjà ? - Il y a une semaine.
-Il y a une semaine... Et vous êtes resté combien de temps ?
- Tu... - Tu es resté combien de temps ?
-Ben... 5 ans.
-5 ans de prison ?
C'est une Rolex ? - Oui.
-C'est une fausse ?
- Non, c'est une vraie. - Ouais.
- Elle te plaît ? - Elle est belle.
-Elle est belle, hein ?
Je te l'offre.
- Non, t'es fou. Tu fais quoi ? - Prends-la.
- Je vais pas prendre ta Rolex. - Refuse pas. Tu vas me vexer.
Ça me fait plaisir. Je suis content de te rencontrer. C'est un cadeau.
-Non...
-Abel, on va pas commencer comme ça.
-Abel, sois simple.
-Ça me fait plaisir, vraiment.
Je t'aime.
-Toi, par exemple, si tu devais faire un coup, tu ferais quoi ?
-J'en fais plus, c'est plus mes affaires.
-Invente. Tu ferais quoi aujourd'hui ?
- Il insiste. - Réponds-lui.
-Écoute, si je devais faire un coup aujourd'hui,
je ferais dans les marges.
- C'est quoi ? - Les animaux.
Sinon, il y a toujours l'alcool. - C'est-à-dire ?
-C'est une valeur sûre.
En 95, avec deux potos, on avait braqué
deux camions-citernes de chez Ricard,
et comme on avait le circuit des bars de Lyon.
- C'est pour ça, les 5 ans de prison ? - Ça te regarde ?
-C'est pas grave, laisse tomber.
On rencontre pas souvent un ex-taulard.
-Ah, si.
Si.
On en rencontre beaucoup.
Avec ma mère, j'en ai rencontré beaucoup.
-C'est gentil, ça.
-Comment tu vas gagner ta vie ?
-Je vais faire de l'intérim.
Je commence demain chez Conforama.
-Tu vas faire quoi ?
-Tu vois, en prison, on soulève des haltères,
là, il va soulever des canapés.
-Je vais prendre l'air.
- J'ai dit une connerie ? - Du tout.
-C'est moi qui t'ai fait fuir comme ça ?
-Non, non.
-Il s'est passé quoi avec ta femme ?
- Pourquoi ? Ma mère t'a raconté. - Ouais.
T'étais au volant quand c'est arrivé ?
-Ça va mieux ?
-Ça n'allait pas mal.
-Dis-moi...
On va lui montrer, alors ? - Ouais.
Ça y est.
Voilà. - Oui. Quoi ?
-C'est chez nous.
- De quoi ? - C'est chez nous.
Là, regarde, y aura la caisse.
Moi, la caissière.
Là, y aura une grande table pour découper les fleurs,
qu'on fasse les bouquets.
Là-bas, on va profiter de...
De la fenêtre pour mettre les fleurs les plus classiques,
tulipes, bégonias, qui ont besoin de lumière...
-Je comprends rien.
On fait quoi ici ? - Ça se voit, non ?
On va ouvrir un magasin de fleurs.
- Tu déconnes ou quoi ? - Ah non.
-Tu croyais quoi ? Qu'on avait volé les clés pour te faire peur ?
- Non, j'ai pas peur. - J'espère que t'as pas peur.
On parle de tulipes et de bégonias. Y a pas de quoi avoir peur.
- Mais c'est qui ici ? - C'est chez nous.
-On est en plein centre. T'as payé avec quoi ?
- Explique, parce que... - C'était une occasion à saisir.
Le proprio, c'est un ami.
Il nous a fait le bail au tiers du prix.
On lui donnera un pourcentage sur les recettes.
-C'est qui, ce mec, pour toi ?
-Tu peux nous laisser deux secondes ?
- Ouais, bien sûr. - OK.
-C'est quoi, cette histoire ? Tu fais quoi ?
-Tu vis parmi les poissons, je peux vivre au milieu des fleurs.
-C'est quoi, ce mec.
-Abel, c'est quoi, ton problème dans la vie ?
-Quand il va y avoir un problème.
Il va y avoir un problème et c'est moi que tu viendras chercher.
-C'est dingue. Tu jettes ta suspicion sur tout.
-Je jette pas ma suspicion.
T'es flippante ! Tu comprends ? Tu me fais peur.
- Je suis heureuse... - Chut ! Parle moins fort.
-Je suis heureuse et je te fais peur. C'est pas mon problème.
-Tu peux pas faire les choses bourgeoisement,
faire un emprunt ? Arrête de faire l'actrice.
Si tu veux ouvrir un magasin.
-On va payer à parts égales.
-De quoi ? Il sort de taule. Il va travailler chez Conforama.
Il va payer quoi ? C'est un ouvrier.
-Si t'étais pas mon fils, je te prendrais pour un sale con.
-T'as toujours dit qu'ils étaient mieux dedans que dehors.
-Eh ben, c'est pas un scoop. Mets-toi à sa place.
- Bonjour. - Bonjour.
Je viens pointer. Michel Ferrand.
-Michel Ferrand.
-Merci.
-Michel Ferrand.
-Bonjour, chef.
- Comment vas-tu ? - Ça va ?
- Ouais. Ça fait plaisir de te voir. - Ouais.
- Alors, la liberté ? - Ça va.
-Tu profites ?
Ton magasin avance ?
- Vous êtes au courant de tout. - C'est un peu mon métier.
Tous mes voeux de bonheur, en tout cas. - C'est gentil. Merci.
-Je trouvais ça classe
qu'on puisse expliquer les symboles des couleurs.
- Ouais. - Le rose, par exemple.
C'est la tendresse. - Ça me rappelle un papy
qui m'avait offert un bouquet énorme à la sortie d'un théâtre.
- Des roses jaunes... - Il était émouvant.
-Les roses jaunes, chérie, c'est l'allégresse.
C'est le bonheur, l'amitié, par exemple.
-C'était dans un théâtre.
Je sais plus où il était, mais il était trop beau
et j'avais adoré.
-Par exemple, les tulipes, c'est l'orgueil.
-Ah bon ?
-Tu me fais peur.
- Pourquoi ? - Parce que je vois bien.
Tu fais semblant, mais ce magasin t'intéresse pas du tout.
- Je fais pas semblant. - Si.
- J'adore ce magasin. - Non.
- Si. - Je vois bien.
- Tu vois rien du tout. - Ça va te manquer, être actrice.
-J'ai plus envie d'être actrice.
J'ai envie d'ouvrir ce magasin avec toi.
Hé ! Je suis amoureuse de toi.
J'ai jamais aimé autant que toi.
-Ouais...
C'est ce qu'on dit toujours.
"Les autres ont pas compté."
On sait que c'est pas vrai.
-Si, c'est vrai, ce que je te dis.
Tout ce que je te dis, c'est vrai.
Crois-moi, je te fais confiance.
Pourtant, c'est pas facile.
- Quoi, c'est pas facile ? - Non, c'est pas facile.
-Pourquoi c'est pas facile ?
-Je sais pas.
T'aurais peut-être voulu une femme plus jeune que moi.
-Une femme plus jeune que toi ?
Tu me prends pour quel genre de mec ?
-Y a quoi, aujourd'hui ?
-Tu crois que c'est facile d'être avec toi ?
-J'ai fait quoi ?
-Des hommes plus intéressants que moi s'intéressent à toi.
Je le sais. Ça aussi, c'est pas facile.
-Écoute-moi, Michel.
J'étais une femme foutue.
Toi, t'es la chance de ma vie.
S'il te plaît, arrête.
S'il te plaît, arrête.
- C'est le même mec que t'as vu ? - Non.
Ils sont peut-être plusieurs. C'est peut-être une vraie mafia.
- Ta mère sait ce qu'elle fait. - Non, elle est naïve.
Le local va lui servir à blanchir de l'argent.
-Quel argent ? D'un trafic de canapés ?
-J'en sais rien.
- Je vais te dire ce que je sens. - Tiens.
-Comment on utilise ça ?
C'est lequel ?
-Celui avec le col roulé noir. Tu le vois ?
- Oh, putain ! - Quoi ?
- Il est canon. - Pas ça. Tu sens quoi ?
- Sylvie ! - Arrête !
-Elle m'épate. Son cul, on veut le palper.
- Stop ! On arrête. - Je la comprends. J'adore ta mère.
J'ai rencontré quelqu'un.
- Ah bon ? - Ouais.
- Le même que la dernière fois ? - Non.
Je peux te parler de nos trucs sexuels ?
- Non. - Allez !
-Bouge pas, ils ont mis leur manteau. Ils vont où ?
-Manger. Ils ont faim.
- On va se mettre sur le parking. - C'est parti !
-Discrètement.
-Je sais ce que je fais.
-Te mets pas trop près ou trop loin.
-Oui.
Bonjour !
Je peux m'installer ?
-Asseyez-vous, oui.
(-Arrête de me regarder. Me regarde pas Il)
(Putain, elle comprend rien !)
(Voilà.)
-J'ai que du Coca Zéro.
-Un Coca Zéro avec du sucre.
-Avec du sucre.
(-Putain de merde !)
-Oh...
-Bonjour.
-Bonjour.
-Vous êtes Clémence ?
-Oui.
-Michel Ferrand.
-Michel...
Michel, je crois pas que je connais. - Sylvie.
La maman d'Abel.
-Ah, mais oui !
Ça y est ! Je vous ai jamais vu.
-Oui, on s'est jamais vus.
(-Oh, merde ! Merde !)
(Elle est con, putain !)
-Je travaille en face au Conforama.
- Ah oui ? - Et vous ? Vous faites quoi ici ?
- Je cherche un canapé. - Un canapé ?
Faut venir nous voir. - Ben oui !
Aboiements
- Votre portable sonne. - Pas grave.
-C'est dommage, c'est Abel.
-Oui, tiens. Je.
Allô, Abel ? Comment va la vie ?
-Tu fous quoi ? Pourquoi tu parles avec lui ?
-Écoute, je suis dans un petit restau,
dans un centre commercial, je dois acheter
mon canapé et je tombe sur...
Sur Michel !
-Tout va bien ? Il est menaçant ?
Réponds oui ou non. Tu veux que je vienne ?
-Écoute, on...
On se voit tout à l'heure. - Vous me le passez ?
-Je te passe Michel qui veut te parler.
-Abel, comment tu vas ?
Aboiements
T'es dans la voiture devant le scooter ?
-De quoi ? Je comprends pas.
-Pas trop à l'étroit sous le tableau de bord ?
-Non, ça va.
-Pourquoi tu passerais pas
au local dimanche nous filer un coup de main ?
On pourrait passer du temps ensemble.
T'en dis quoi ?
-Bonne idée, je passerai.
Merde !
-Attention, ça va taper.
Et voilà !
Michel rit.
- Cuba ! - Holà !
-Je savais pas que...
- Allez ! - Je savais pas que...
-Socialismo por la muerte !
-Ça glisse par terre.
-T'es jaloux ?
-Il sait bien danser. Il a pris des cours de je sais pas quoi
quand il était petit. Il sait faire plein de trucs.
-Il est tout raide.
-Il sait pas de quoi il parle... Tu me fais marrer, toi.
Je sais faire des trucs par terre. - Genre quoi ?
-Fais la vague.
-Tu vas voir. Tu connais la vague ?
Qu'est-ce que t'as à dire ?
Tu peux rien dire, mon pote.
-C'est une vague ?
On dirait un asticot. - Quoi ?
-C'est une vague ?
-Asticot de quoi ?
-Je te montre.
Déjà, t'arrives à bouger, donc t'es pas mort pour la salsa.
Tu veux faire l'homme ? Tu vas faire la femme.
Prends ma main. - OK.
Ça bouge à un moment donné ? - Ouais, regarde.
Suis mon rythme. Et 1.
En arrière.
Voilà. C'est pas mal. Ça vient !
Je t'emmènerai un jour à Cuba.
Abel ? - Oui ?
-Je peux te poser une question ?
-Oui. Quoi ?
-Ta mère...
Tu crois qu'elle m'aime ?
-J'en sais rien. Pourquoi ?
-Parce que tu.
Tu la connais bien. Tu sais.
-Ben...
C'est toi qui t'es marié avec elle. Ben alors.
-T'as bien une idée là-dessus ?
-Tu veux savoir si elle est heureuse ?
-Par exemple.
-Ouais.
Elle est heureuse. Je le vois.
Tu veux savoir ça ? - Oui.
-Oui, elle est heureuse. C'est bon ?
-Voilà. C'est ce que je voulais savoir.
- OK. - Tu vois ?
Je suis rassuré.
Merci.
-Cool.
-Elle t'en a fait voir ?
Ta mère. - Oui.
Je suis un peu comme son père, un peu son frère.
-Alors que tu veux être son fils.
-Ouais.
-T'as quelqu'un dans la vie ?
-Ma femme, mais elle est morte.
- Je t'ai vu. - Hein ?
De quoi ?
-Va chercher des verres.
-Abel ?
Tu peux venir voir ? - Hm.
Quoi ? - T'en penses quoi ?
Tu veux vraiment savoir ? - Oui, s'il te plaît.
-Ça peut être d'une violence extrême.
- T'aimes pas le pantalon ? - C'est pas le pantalon, le problème.
- Le noeud ? - Le noeud, il est dur.
-C'est de la soie sauvage.
-Non, mais il me fait mal.
- Si tu veux, je l'enlève. - Je t'impose de l'enlever.
-C'est dommage.
- T'as une cravate ? - Oui, mais je trouve ça fade.
On dirait un employé des pompes funèbres.
-C'est pas ce que me disent les femmes dans la rue. Excuse-moi.
- Elles te parlent ? - T'es pas trop resté enfermé ?
-Ton coiffeur aussi est en prison ?
-Cette petite veste est pas mal.
Michel Ferrand.
Récidiviste, mon pote. C'est comme ça.
- Oh my God ! - Oh, Clémence !
-Mais c'est magnifique ! T'es magnifique.
-T'es trop belle.
T'as une robe trop belle. - C'est vrai ?
Je t'ai jamais vue comme ça. - Je suis amoureuse.
-Elle est belle, ma femme.
- Non ! - Tu me bouffes pas !
-C'est quoi, ça ? C'est non !
- C'est un pitbull ? - Non, un staff.
- Ça se revend bien. - Oui, mais je l'ai castré.
- Pauvre bête. - Il est plus câlin comme ça.
- Il a quoi, autour du cou ? - C'est genre un bracelet électronique.
- Ils en font pour les bêtes ? - Pépère !
C'est trop beau ici.
My God ! C'est comme dans un conte.
-Je dois y aller.
Jean-Paul est en panne. J'y vais. - Non !
Reviens vite ! - Oui, je reviens avec lui.
Brouhaha -Mes copains !
Aboiements -Non, Gino !
-Mes copains !
Michel, je te présente mon copain de théâtre.
- Y a quoi ? - Chut. Tais-toi.
Donne-moi
le truc du chien. - Abel, commence pas, putain.
T'as pas 12 ans ! Mais c'est ridicule.
- Ton téléphone. Démarre l'application. - Non !
-Démarre l'application du chien.
-Je vous laisse. Je dois dépanner un ami.
-Tout le monde arrive dans 30 min !
-Comment ça marche ?
Super.
-Oh, pardon.
- Ça va ? - Oui.
- Tu t'en vas ? - Oui, je reviens.
- Chéri ! - Au revoir.
-Ouais, bon.
-Oh !
C'est pas vrai ! - Ça va ?
- Je suis content de te voir. - Moi aussi.
- T'es heureux pour ta maman ? - Je suis super heureux.
-Une nouvelle vie commence.
-Clémence, c'est ma meilleure amie.
Jean-Claude est un ami de ma mère. Il me connaît depuis tout petit.
C'est un acteur ! - Jean-Claude ! Un acteur ?
Incroyable. Vous avez tourné dans quoi ?
-J'ai fait pas mal de choses...
- Vous faites quoi ici ? - Je suis potière.
-Potière ?
Et vous, vous faites quoi ? - Sculpteur.
-Vous êtes sculptrice ?
- Il est où, votre mari ? - Il arrive.
-Il arrive ?
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va ? - Ça va.
Mais je m'emmerde quand il est pas là. - Oh...
-Discute avec eux...
-On discute pas.
Tu nous donnes 200.
-Fais un effort. 250, 200.
-Arrête, arrête. Hisham, j'ai 100 % confiance en ce mec.
C'est un fait, on en parle plus.
Toi et moi, on va repartir sur de bonnes bases.
Tu m'as entourloupé, c'est de bonne guerre.
Mais aujourd'hui, on n'est pas sur les mêmes bases.
Je te demande de rectifier le tir. Tu peux faire ça ?
- Désolé. - J'ai toujours été honnête envers toi.
-Mais c'est 200 000...
- Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi ! - 130...
-Non, tu vends pas un tapis.
Tu es en train d'envoyer deux lascars sur un braquage !
On risque la taule pour ça. Tu comprends ?
Ouais. J'en sors. Une récidive, je prends 10 ans, 15 ans !
Ben oui. Je te demande juste de rectifier le tir.
Y a 3 fois plus dans le camion que ce que tu m'as annoncé.
C'est normal que je te demande.
-Oui, je suis producteur.
-Je fabrique des rosettes, des Jésus, des saucissons.
-C'est une galerie de peinture, plutôt peinture lyonnaise, contemporaine,
mais on a aussi des choses du XIXe, etc.
-Je devrais être avec ma femme.
-Car on a négocié et que je t'ai filé la boutique.
Ça fait partie des négociations.
-On met de la longe, de l'épaule de porc,
sel, poivre, ail, sucre.
On embosse, on fait la mêlée, on met tout ça dans un boyau...
- Hé ! - Tu vas faire quoi ?
Je vais te couper en morceau. - Depuis tout à l'heure,
il déconne avec vous.
-J'aime pas me faire baiser.
-On peut pas discuter
sérieusement, sans s'insulter, sans provoquer, sans menacer ?
À chaque fois, t'as besoin de faire ça.
On peut pas discuter...
-Oh là là, attention !
- T'es là ! - Oui, je suis là.
-J'avais peur que tu me laisses avec ces gens.
-Pourquoi tu veux que je te laisse ? Ça va pas bien ?
-Je voudrais vous présenter mon bien-aimé, mon mari,
et mon associé. C'est Michel.
-Bravo ! Bienvenue !
Bienvenue ! - Bienvenue !
Applaudissements
-POUR CHANTER VENI CREATOR IL FAUT UNE CHASUBLE D'OR
POUR CHANTER VENI CREATOR IL FAUT UNE CHASUBLE D'OR
C'EST NOUS, LES CANUTS
NOUS ALLONS TOUT NUS
Cris et applaudissements
- À poil ! - Bravo !
-Merci.
-Buvez un coup, je change de veste.
-Entre témoins du mariage. Ça va, ma chérie ?
- Ça va, et toi ? - Ouais.
-Les gens picolent vite, y a plus de champagne.
- Faut que je te parle. - Quoi ?
-Ça va devenir dangereux avec Michel.
Arrête cette histoire. Maman !
Il faut que tu arrêtes. Je vais t'aider.
-Tu vas t'arrêter ? Tu vas te taire.
Il t'est arrivé une catastrophe, mais tu commences à me faire chier.
Tu vas arrêter de me gâcher ma vie. D'accord ?
-Tu veux que je te dise quoi ?
Ça, c'est quoi ? C'est la veste de ton mec. C'est quoi, ça ?
-C'est quoi, quoi ?
-Putain, il est où, le truc ? Je vais devenir fou.
-Tu deviens fou. Pousse-toi.
-Je vais devenir fou.
-Voilà !
Du champagne ! - AH !
- Il avait un flingue dans sa poche. - Quoi ?
-Il avait un flingue dans sa poche.
Je l'ai suivi, il allait dans une boutique.
Il est dangereux, il ment. - Arrête !
-Arrête quoi ?
-Il va pas la tuer. Tu te calmes, maintenant.
-C'est la vie de ta mère. T'y peux quoi ? Laisse-la tranquille.
Tu vas pas gâcher l'ambiance. Regarde comme elle est heureuse !
-Tu sais pourquoi on est là ?
- Non, je comprends pas. - On a un gros problème.
- Ah oui ? - Il est juste derrière toi.
Retourne-toi et regarde en haut.
Vas-y.
Tu le vois, l'autre abruti ?
-Il fera rien.
- La dernière fois, ça t'a coûté 5 ans. - Il va faire quoi ?
- Qu'il aille aux condés. - Je suis le mari de sa mère.
Il ira pas chez les flics. - J'en sais quoi ?
- Je te le dis. - Écoute-moi, t'es mon ami,
mais si t'arrives pas à t'en occuper, je vais m'en occuper.
Tu sais ce que ça veut dire. - OK. Je vais m'en occuper.
- D'accord. - C'est mon affaire.
- Y a pas de souci. - Merci.
- Autrement, y a une autre solution. - Oui ?
-Elle va pas te plaire.
Ils tentent de dire "Axolotl". - Non !
Axolotl. On ouvre bien la bouche.
OK ? Y a le T, et après,
y a le L tout de suite. Axolotl.
Concentrez-vous. - Y a des Axolotl dans...
-Écoutez.
Axolotl.
-Axolotl.
Axolotl.
-Voilà. Le monsieur y est arrivé. Axolotl.
OK.
Bonne journée, les enfants. Amusez-vous bien.
-Vous dites au revoir ?
- AU REVOIR ! - Au revoir.
-Vous me suivez ?
- Au revoir, les enfants. - AU REVOIR.
-C'est désagréable d'être suivi pendant qu'on bosse ?
On n'est pas intimes. Tu comprends ?
On pourrait le devenir, mais ça prend un peu de temps.
Faut apprendre à se connaître.
-Depuis le début, je savais que tu mentais. Depuis le début.
-C'est pas ton monde.
Pas du tout.
-Y en a qu'un seul de monde.
-Tu vois.
Je pensais que t'avais compris.
-Que j'avais compris quoi ?
Que ma mère finirait à la morgue ? - Non, ta mère risque rien.
Tu crois quoi ?
Qu'une boutique en plein centre, je l'ai eue gratos ?
Juste pour ma réinsertion ?
- Un pote à toi t'a trouvé le plan. - Non, y a pas de pote.
-C'est quoi, cette fois ?
Les palettes de whisky ? Les Smartphones ?
-Du caviar.
-De quoi ?
-Du caviar.
Le type au salon esthétique, c'est un Iranien.
Il fait aussi de l'immobilier.
-Abel, vous vous dépêchez ?
-J'arrive, M. le directeur !
Je travaille, ça m'intéresse pas.
- Je peux finir ? - Non.
-Le type arrondit ses fins de mois dans le caviar. Tu comprends ?
-Non, je m'en fous.
- Le meilleur caviar vient d'Iran. - Ouais.
-En France, des gens sont prêts à payer une fortune
pour passer une soirée au caviar.
-Je pourrais te dénoncer.
-Tu me dénonceras pas.
-Comment tu le sais ?
-Ta mère m'aime. Et t'aimes ta mère.
-Oui, je l'aime. Je vais la protéger.
-Je pourrais te faire descendre dans la journée.
-Tu peux pas, t'aimes ma mère.
-Putain, t'as vu l'effet du magasin sur elle ?
On ouvre dans une semaine. Tu veux gâcher ça ?
- Abel ? Les enfants attendent. - J'arrive, M. le directeur.
-Je t'attends au café en face.
-Excusez-moi. Bonjour !
- BONJOUR ! - Comment ça va ?
- ÇA VA ! - Les requins vous ont plu ?
-Si j'avais pu faire autrement, j'aurais fait autrement.
-La vie de ma mère est tragique. Donc là, ça va recommencer ?
-Ça recommencera pas.
-Bien sûr que si, ça va recommencer.
Putain.
On va se démerder autrement. Je ferai un emprunt pour le local.
-Non, c'est trop tard.
Je veux pas d'ennuis à ta maman.
-Quels ennuis ?
-Ah...
Un contrat pas honoré, ça énerve tout le monde.
-Putain...
Pourquoi tu t'es mis dans ce monde ?
- J'ai presque rien à faire. - Arrête, c'est jamais rien.
-Tu me laisses te raconter ?
-Merci.
-Hisham, l'Iranien, que tu as vu à la boutique,
s'est dit que c'était facile d'intercepter
la livraison d'un concurrent et de la revendre par lui-même.
Ce qui lui manque, c'est un type comme moi.
Quelqu'un qui chope le camion et qui lui amène la marchandise.
-Tu le choperais quand ?
-Je prends pas tout le camion. Le saumon, je m'en fous.
Le chauffeur le verra pas.
-Tu te fous de ma gueule ? Tu vas le braquer !
-Personne ne braque personne. Y a pas de violence.
Je fais ça pendant sa pause dîner sur une aire.
Il fait toujours le même trajet. Tu comprends ?
Je fais ça pendant qu'il mange.
Il s'en rendra pas compte.
- Il sera seul ? - Ils sont toujours seuls, ces gens.
-Et s'il mange pas et qu'il prend juste un café,
comment tu fais ? - Impossible.
- Pourquoi ? - Je l'ai suivi, plusieurs fois.
Il arrive tous les soirs à 23 h précises sur le parking.
23h03 maximum.
Toujours à la même place. C'est un maniaque.
-Comment ça ?
-C'est un maniaque, voilà.
Il a des TOC. Il est toqué.
-Comment tu sais ?
-Il s'y prend toujours à 3 fois pour montrer les marches du resta...
Il tire toujours 3 fois sur sa chaise avant de s'asseoir.
Il s'assoit à la même table.
Près de la fenêtre. Comme ça, il aun oeil sur son camion.
Sauf qu'il voit pas l'arrière du camion.
Faut qu'on y arrive sans être vus.
C'est pas simple,
mais c'est pas impossible.
C'est toujours la même chorégraphie.
23h10 : oeufs Mayo avec de l'eau gazeuse.
23h20 : un steak bien cuit avec des frites.
23h35 : on lui sert les blancs d'oeufs qu'on bat avec une crème.
-Oui, une Île flottante.
-Une île flottante.
Ensuite, à 23h45, il repart vers son camion. Voilà.
Ça nous laisse à peu près 40 min.
Pour être large,
à peu près, 10-15 de plus.
-Mais comment tu vas faire ?
Choeurs
- 3 000 euros le kilo ? - Chut.
-Comment ils prennent de kilos ? 200, 300?
-J'en sais rien.
-Fallait y penser. Ils te proposent combien ?
- On s'en fout. - Combien ?
-30 000.
- C'est une blague ? - Chut !
-30 000 pour ce petit service ?
- Tais-toi, parle moins fort. - Tu l'appelles et tu dis oui !
En plus, vous faites ça en famille. - Viens.
-30 000 euros, bordel !
- Tu sais pas de quoi tu parles. - Quoi ?
Bien sûr que si. - C'est des trucs dangereux.
-Mais non, c'est un camion de caviar !
-Et alors ? Les flics vont te dire quoi ?
"C'était un camion de caviar ?"
-Non, mais c'est un vol simple.
-Y a rien de simple. Ils te font toujours croire que c'est simple.
Ils se mettent dans des galères. - Prends des risques.
-C'est des mecs qui se mettent dans des galères non-stop !
Je connais ça depuis que j'ai 12 ans.
J'avais des perquisitions à cause de ma mère.
-C'est pas la même chose.
- C'est exactement la même chose ! - C'est un camion de caviar.
Y a rien...
-C'est borderline. Ces gens prennent des risques pour eux-mêmes.
Ils ne s'excitent que quand y a un risque à prendre.
Je ne veux pas que ma mère ni finisse en taule
ni qu'il y ait des perquisitions à la maison ni qu'il y ait un mort.
-Que tu fasses rien de ta vie, soit, mais que t'emmerdes les gens.
Ta mère est heureuse. Elle a trouvé un mec qui se fait chier
pour qu'elle soit épanouie et qu'elle fasse ce qu'elle a envie.
- Tu vas où, là ? - T'es un con ! Voilà.
Va voir ta mère, va tout lui dire, mais tu me vois plus.
C'est fini. - Tu m'as traité de con ?
- Oui, t'es un con. - Tu m'as traité de con ?
-Oui ! T'es un con !
Gémissements
Bonjour.
-Bonjour.
C'est bien, des fleurs blanches, ça va faire plus joyeux.
-C'est pour toi.
-T'es gentille.
Fallait pas, mais c'est gentil.
-Excuse-moi, j'ai été con.
-Moi aussi, j'ai été con.
-C'est pas facile de passer du temps avec toi.
À chaque fois que t'es là, je pense à elle.
-Je sais, Clémence.
Je le sais.
- T'as tout dit à ta mère ? - Non.
Au final, t'as raison, il me demande pas grand-chose.
Si je te donne la moitié, tu le fais avec moi ?
-Sérieux ?
Oui ! Avec grand plaisir.
-J'en ai marre d'assurer tes arrières tout le temps.
C'est comme pour le chien.
- Tu m'as demandé de l'adopter. - Jamais, je déteste les chiens.
- C'est nouveau ? - C'est nouveau de quoi ?
Les pervers aiment les chiens. C'est une perversion !
T'es une conne, en plus.
T'es une conne, je sais pas comment le dire autrement.
Me regarde pas comme ça, c'est la vérité.
- Tu te fous de ma gueule ? - Non, t'es une conne.
- Dis-le encore une fois. - T'es une conne.
-OK !
-Désolée pour la baffe.
- Ça va pas. - Il m'a énervée.
-T'excuse pas, c'est le meilleur truc que t'aies fait.
On y croit. Le reste, c'est de la merde.
-Excusez-moi, ça va pas du tout.
-De quoi ?
-C'est quoi, cette histoire de clébard ?
- On a dit une dispute de couple. - On peut pas s'y intéresser.
C'est quoi, l'objectif de votre scène ?
- Quoi ? - Le but de votre scène, c'est quoi ?
-Qu'il reste à nous écouter.
- Parlez plus fort. - Que le mec reste à nous écouter.
Qu'on fasse un spectacle... - Voilà !
On veut qu'il s'intéresse à votre embrouille.
-Là, on a pas envie.
-Parce qu'on y croit pas, vous êtes pas vrais.
- On n'est pas vrais ? - Mais non !
Pour que le type reste à vous écouter plutôt que de retourner au boulot,
faut que ça vaille le coup.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-Qu'est-ce qui intéresse les gens ?
C'est quoi, le plus grand spectacle
du monde ? C'est la souffrance.
La souffrance nous parle à tous.
On a tous connu la souffrance amoureuse.
Oui ou non ? - Oui...
-Voilà.
Je dois croire à votre histoire.
Là, on y croyait pas. J'ai besoin d'y croire.
- Désolé, je suis pas un acteur. - Abel, commence pas.
-Abel, prends du plaisir.
Faut pas que tu subisses. Tu subis !
- Pourquoi on écrit pas un texte ? - Putain, Abel !
Tu fais chier, merde !
Je te donne des conseils et... Aboiements
-Arrête, Michel ! Arrête, quoi !
Calme-toi. - Tu vois ?
Faut que ça ait l'air aussi vrai que ça.
OK ? - OK, d'accord.
-Tu joues trop bien.
J'ai eu une panique d'un coup.
- Même le chien y a cru. - Faites appel
à votre mémoire affective. C'est ça qui est important.
Des suggestions ? - J'ai une idée.
Mais faut la prendre comme elle est. C'est une idée...
Pourquoi elle drague pas le chauffeur ?
- Ça va pas ? Non ! - Et alors ?
- Moi, je drague le chauffeur ? - Non !
- Arrête... Oh ! C'est bon ? - Non...
On le fait si on est assis à parler. - C'est oui !
Je veux draguer le chauffeur. - Reste assise. Vous avez pas compris.
On est avec vous. - Va le faire, toi. Tu veux le faire ?
Laisse-la faire. Laisse-toi pousser une paire de seins, alors.
-Tu vois comment t'es ? Tu peux faire la même chose dans la scène ?
- On fera rien d'autre que parler. - Mets-y la même énergie.
Tu veux pas qu'elle drague le chauffeur, utilise la même énergie.
Je vous écoute. - C'était bien.
-Vas-y.
-Tu te souviens.
-Quoi ?
-Je sais pas, j'en sais rien.
- Je me souviens de quoi ? - Qu'il se lance !
- Par rapport. - La souffrance...
La souffrance...
Continue, qu'est-ce que tu...
Quoi ?
-Je t'ai fait quoi ?
-J'en ai marre.
- J'ai dit que j'allais changer. - Non, tu changes jamais.
Jamais.
- Je veux pas que tu partes. - Je pars.
-J'ai besoin de toi. Je vais crever.
-Me touche pas. Je m'en fous, crève ! Crève !
- On va faire un enfant. - C'est maintenant
que tu changes d'avis ? Car tu sens
que je veux partir ? Tu me rends folle !
Tu comprends ? - Je t'aime. Je t'ai dans la peau.
Si tu pars, je meurs.
- Je pars toute seule. - Non !
- Si, je pars. Toute seule. - Je t'ai dans la peau.
-Tu me laisses, tu me fais mal, tu me laisses
partir !
Lâche-moi ! Tu me lâches !
-Non...
- Reste avec moi. - Je veux pas rester avec toi.
Je ne veux pas rester avec toi.
Tu me lâches ! Michel, tu me fais mal.
-Tu lui fais mal !
- Attends... - Michel...
-Voilà ! Là, tu as eu envie d'intervenir.
C'est ça qu'on cherche. Voilà. Tu vois ?
-Je veux pas être violent avec elle.
- Y a pas de violence. - Si...
-J'ai eu des émotions !
- Tu vois ? - C'était un truc de dingue.
-Prends un couteau, une assiette, casse-la !
- Mais non. - Arrête !
Tu sais pas faire ça, blaireau ? Tu prends comme ça !
Tu m'as trompé, salope ?
Rires
Quoi ? - Il a raison.
-Et là, tu la frappes pas.
-Là, j'y crois.
Sincérité ! Mets-toi ça en tête. Sincérité, c'est tout !
-C'est le cul, un peu de violence,
le mec va rester estomaqué.
Ce qu'il a pas dans sa putain de vie.
Tu me casses les couilles, ça va mal finir.
Non, t'amuse pas. Là, t'as vu,
avec tes "je veux pas".
Elle fera ce qu'elle doit faire et tu vas la pousser.
OK ? On est d'accord ?
OK, vas-y, amigo.
-On oublie tout, tous les barrages qui nous empêchaient d'exister
Quelque chose de neuf a tout changé
Quelque chose Et ça me fait avancer
-On oublie tous les gens Tous les naufrages
Tous les bateaux, touchés, coulés
-JE NE SAIS PAS COMMENT ÇA S'EST PASSÉ
JE NE SAIS PAS POURQUOI J'AI PLUS PEUR D'AIMER
ELLE DIT : "J'IMAGINE DES MUSIQUES QUI SE DANSENT"
"POUR TOI"
ELLE DIT : "J'IMAGINE DES MOTS DANS LE SILENCE"
"POUR TOI"
DES JOURS ET DES NUITS OU LA VIE RECOMMENCE
POUR TOI
ENCORE UNE FOIS
Sonnerie de portable
-Ça va, mon amour ?
-J'ai envie de te voir. Tu me manques tellement.
-Tu me manques.
C'est le boulot, je peux rien faire.
-Oui, je sais.
Tu fais quoi ?
-Le patron m'a demandé personnellement de faire des heures sup'.
Il est venu me voir directement.
On a reçu un gros stock de matériel
à décharger, donc ils ont.
Ils ont vraiment besoin de moi.
-Mais si notre magasin marche,
t'arrêteras Conforama et on sera tout le temps ensemble.
-Oui.
-Quand tu rentreras cette nuit,
tu me réveilleras tout doucement dans le lit,
et tu me feras ce que tu m'as fait hier.
J'aimais tellement...
-D'accord.
-Je t'aime, Michel.
-Je t'aime, Sylvie.
Dors bien.
-Ça va, amigo ?
- Ça va. Et toi ? - Tranquillou.
-Il en est où ?
-On lui a servi les oeufs mayonnaise.
-OK.
Monte.
- BONSOIR. - Bonsoir.
- Bonsoir. - Oui ?
C'est pour manger ?
-Peut-être qu'on va manger ou boire un verre, on sait pas.
-Comme vous voulez.
-Il est pas tout seul, on s'en va.
- Attends. - Il est pas tout seul, on s'en va.
On s'en va.
On s'en va, maintenant. - Non, je te dis qu'on attend.
Calme-toi.
-C'est bon, il est tout seul.
Vas-y.
Elle souffle.
-Arrête.
Arrête.
- Bonsoir. - BONSOIR.
- Comment allez-vous ? - Ça va.
-Vous savez ce que vous voulez ?
-On prend une entrecôte à partager.
- Pour deux, c'est possible ? - Pas de souci.
Du vin, avec ? - Oui.
-Laquelle vous ferait plaisir ?
-N'importe quoi, la plus chère. C'est lui qui paie.
-Pas de souci, merci.
- Merci. - Merci à vous.
Signal de message
-Pardon, je suis désolée.
Je suis maladroite.
Oh là là !
Je l'attrape.
Oh !
Ah !
Merci beaucoup. Bon appétit ! - Merci.
-Excusez-moi, désolé, on n'a plus de steak.
J'ai un demi-poulet à vous proposer.
-Je suis pas fan,
j'en ai mangé à midi.
-Sinon, j'aurais du poisson.
-Laisse tomber. On va directement au dessert avec un café.
-Une île flottante ?
-Ouais, parfait.
Et l'addition aussi.
-Pas de souci. Merci.
- Dis quelque chose ! - Calme !
- Tu veux le faire ? - Ouais.
Ça serait bien. Non, là, je peux déraper et te faire mal.
Elle hurle. - Chut !
- Putain, tu m'énerves ! - Calme-toi.
-C'est parce que j'ai baisé avec tous ces mecs que tu me fais chier ?
-On n'est pas tout seuls, tu te calmes.
-Désolée, je suis comme ça. J'ai une libido développée.
J'y peux quoi ?
-Calme-toi, parle pas si fort !
-Dix ans qu'on est ensemble et tu trouves rien à dire ?
Un truc sincère, qui sort de toi. Je t'inspire rien ?
-Si, tu m'inspires beaucoup de choses.
- Tu te fous de ma gueule ? - Non, je me fous pas de ta gueule.
-Tu trouves rien à dire ? Je suis n'importe quelle fille ?
-Non, pourquoi tu dis ça ?
-Parce que tu réagis pas.
Je te demande de réagir.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Dis quelque chose.
Tu me fais plus de mal
que de bien.
Je vais pas attendre éternellement
que tu fasses attention à moi. - Je fais pas attention à toi ?
- Non. - Je fais que faire attention à toi.
- Non. - Je vois que toi et personne d'autre.
-Pourquoi t'es comme ça ?
-Parce que je suis malheureux.
Parce qu'il faut que je me protège.
-Que tu te protèges de quoi ?
-Je veux pas m'attacher.
Je vais me chercher un whisky. - Un whisky ?
Je suis désolée.
Désolée si on vous a dérangé.
-Vous inquiétez pas, j'écoutais mon téléphone.
-Ça va pas fort avec mon ami et...
c'est n'importe quoi.
On s'engueule pour un rien.
Ça vous dérangerait pas de rester ?
De pas trop vous éloigner ?
-Pourquoi ?
-Il est parti commander à boire.
Il a l'alcool très mauvais.
Si vous pouviez juste jeter un oeil.
-Vous inquiétez pas, j'ai le dessert et le café.
J'en ai encore pour un moment.
- Ça vous dérange pas ? - Vous inquiétez pas.
-Merci.
-Non. Non.
-L'île flottante. Je vous apporte le café après ?
- Yes, c'est bon. - Merci.
-Qu'est-ce qu'il fout ?
- C'est ça. - La caverne d'Ali Baba.
-OK. Faut enlever tout ça.
Putain, c'est lourd. Très très lourd.
-T'étais long.
Qu'est-ce que tu foutais ?
- Je peux te poser une question ? - Vas-y.
Je t'écoute.
-Tes mecs Tinder...
ça fait quoi quand tu les vois ?
-Comment ça ?
-J'ai jamais fait ça. Je suis curieux. Tu ressens des choses ?
-Ben...
Oui.
Évidemment.
- Tu ressens quoi ? - Ça dépend.
Je sais pas, ça dépend des mecs.
Parfois, j'ai l'impression de tomber amoureuse,
ça dure pas.
Parfois, je suis très excitée,
j'ai envie de niquer, mais bon.
La plupart du temps, ça va nulle part et...
Des fois, c'est nul. Sans intérêt.
-Faut être courageuse pour laisser autant de gens rentrer dans ta vie.
-Je...
Je les laisse pas vraiment rentrer. La preuve, tu les as jamais vus.
-Mais...
ce que ça me fait à moi,
tu t'es déjà posé la question ?
Tu crois pas que...
Que ça me rend fou ?
De te voir t'abîmer avec des mecs
qui se servent de toi pour tirer leur coup ?
Tu crois pas ça ?
Je suis pas un garçon courageux, quoi !
Puis, j'ai eu trop mal.
Tu comprends ?
Et...
Je veux pas te perdre.
Je veux vraiment pas te perdre.
-Abel...
Abel, pourquoi tu me perdrais ?
-Quand tu m'as dit que tu pouvais plus me voir parce que...
quand tu me voyais, tu pensais à Maud ?
-Oui ?
-Moi, c'est le contraire.
C'est quand je te vois que je pense pas à elle.
- Allez ! - Tu crois que c'est facile ?
-Il en reste encore 10.
-Je vais aller aux toilettes.
-Ça va ?
-Ça va.
Je suis un peu perdue.
Je sais pas ce qu'il est parti faire aux toilettes.
-Moi non plus, mais...
-J'ai peur qu'il fasse une connerie.
Ça lui est déjà arrivé de se faire du mal.
-Allez-y ! Restez pas plantée là. Jetez un coup d'oeil.
-Oui...
Oui.
Vous pouvez m'accompagner ?
-Non, allez-y. Pourquoi je viendrais avec vous ?
-J'ai peur d'y aller seule, car... Elle pleure.
-C'est bon, on y va. Venez, on y va.
Allez-y, je vous suis.
-Vous pouvez passer devant moi...
-Je suis mort, mec. Vas-y.
-Jean-Paul, jette un oeil.
-Abel ?
T'es où ?
-Quoi ?
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Rien. Il pleure.
-Hein ? Ouvre-moi, arrête, fais pas de connerie.
Sors.
-Non.
-Pourquoi "non"? Sors !
Abel ! - Non, j'ai trop peur.
-T'as peur de quoi ?
-J'aurais pas dû dire tout ça.
-Pourquoi ?
-Parce qu'après...
tu seras plus là.
Tu seras plus là.
-Ça fait tellement longtemps.
Putain !
Abel, ça fait tellement longtemps.
Je t'aime.
Je t'aime tellement fort que.
J'ai l'impression que mon coeur va exploser.
Je suis amoureuse de toi, Abel.
Je suis amoureuse de toi.
Tu veux pas m'ouvrir ?
-Je vais faire un tour dehors.
- Ça va, vous êtes rassurée ? - Ouais, c'est...
- Voilà. - Merci.
Ça va être froid. - La baby-sitter a appelé, on y va.
- Quoi ? - Dépêche-toi, s'il te plaît.
Dépêche-toi. - Oui.
- Attends, attends. - Quoi ?
Tu fais quoi ?
-On peut en manger une, non ?
- T'es sérieux ? - Oui.
Amigo, j'en ai jamais mangé.
Regarde comment c'est beau. - Ouais.
- Prends-en une boîte. - Non.
Prends ta boîte et on se casse. - C'est bon.
-Putain, tu me rends dingue.
-Y a des flics partout. Baisse la tête, on va tout droit.
Baisse la tête. - Je baisse la tête.
-C'est un enfer, putain !
Attends, deux secondes. - Quoi ?
- Baisse la tête. - Je baisse la tête.
-Tu vas mettre discrètement la marche arrière,
on va sortir par-derrière. - OK.
-Putain. Attends, ils passent.
Ils passent, bouge pas.
Putain, c'est un cauchemar !
-Bougez pas !
- Calme ! - Bougez pas !
Pousse-toi, enculé !
Bouge pas. Envoie les clés ! - Calme.
- Vite ! - Quelles clés ?
-Du camion !
- C'est pas des flics. - Si.
Putain, regarde !
- Calmez-vous. - Les clés.
-Je vais te les donner. A qui je les donne ?
- À moi ! - Toi, ferme ta gueule !
-Les clés de quoi ? Ferme ta gueule.
-Jean-Paul, il fait quoi ?
-Ferme ta gueule, toi !
Baisse-la, ton arme !
Michel, baisse
ton arme, je t'expliquerai. Baisse ton arme !
- C'est pas des flics. - Tu fais quoi ? Non !
Non !
Non ! Oh, non.
Oh, putain. Oh.
Elle est complètement folle.
Oh, putain.
-Pense à ta famille.
Fais-moi confiance, je t'expliquerai. Baisse ton arme.
T'as aucune chance ! Vas-y. - Baisse-la !
- T'as aucune chance. - Baisse ton arme.
- Baisse ton arme ! - Jette-la par terre !
Michel !
- Bouge pas. - Espèce d'enculé.
-Les clés sont où ?
Avance pas. - Tu vas me tirer dessus ?
-Police, vous êtes cernés !
- Elle fout quoi ? - On baisse les armes, j'ai dit !
-Va voir ce qui se passe.
- C'est ça que t'es devenu ? - Bouge pas, Michel.
-On a des snipers ! On vous nique quand vous voulez !
- Elle fout quoi, bordel ? - Y en a un qui bouge,
vous avez la cervelle explosée !
À terre, bande de fils de pute !
-Putain...
-À terre, j'ai dit ! Tu baisses ton arme !
-Putain...
Clémence !
Michel ! Michel, monte, monte !
Il crie.
-Je suis touché.
-Où ça ? Où ça ?
-À la cuisse.
-Tu saignes !
-Allô ? Je suis routier, je me fais braquer mon camion.
Parking du Relais de la salle.
- Clémence est où ? - Je sais pas.
-Elle est où, Clémence ? T'as mal ?
-Ouais.
-Baisse-toi, ils vont te tuer.
Attends, elle est là.
- Démarre ! - La route me fout les jetons !
- Suis-les ! - Ça me fout les jetons !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Jean-Paul... Il a voulu nous doubler. - C'est ton témoin de mariage !
-C'est un traître.
-Il me colle
au cul ! - Fonce, fonce, fonce !
Fonce, je te dis !
-On va se faire tuer. Putain, il me dépasse !
-Vous voulez qu'on se tue ?
Vous voulez ? - Arrête !
Oh, putain ! - Putain ! Putain !
Tir -Arrête !
Michel, arrête, stop ! On arrête !
Tu vas tuer quelqu'un ! Stop !
J'appelle les flics, Clémence pose le camion, on arrête tout !
-On arrête rien du tout. Appelle Clémence.
- Clémence ? - Quoi ?
- On est derrière toi. - Je sais, je vous vois.
-Michel s'est fait tirer dessus.
-Hein ?
-J'ai pris une balle, faut qu'on aille à l'hôpital.
Clémence, écoute-moi.
Au prochain carrefour, tu t'arrêtes.
Tu te baisses le plus possible
et je prends le relais. Compris ?
-Non, je m'occupe de Jean-Paul.
- Fais ce que je te dis ! - Clémence, écoute Michel !
-Lâche-moi ! Laisse-moi faire les choses, je sais ce que je fais !
Allez à l'hôpital, je m'occupe de Jean-Paul
et je mets la marchandise au frais.
-Non, non, Clémence ! Clémence !
-Pourquoi la marchandise au frais ? De quoi elle parle ?
-Le caviar va pourrir s'il est pas au frais.
- Putain, tu saignes ! - C'est rien.
-Non, je flippe ! Tu saignes trop !
-Arrête, mon chéri.
Fonce, tu les perds !
Tu vas où ?
-On va à l'hôpital, c'est tout !
-Putain...
-Bonsoir.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Un type me suit depuis 10 min.
Je sais pas ce qu'il veut, mais il me fait peur. Si vous pouviez
aller jeter un oeil.
- La voiture ? - Ouais.
- On va aller le voir. - Mettez-vous à côté.
-C'est scandaleux qu'en 2022, des mecs se permettent encore...
Sirènes
-Messieurs ! Messieurs, venez, venez !
Viens.
Vite, dépêchez-vous, putain !
Il pisse le sang, il s'est blessé ! - Arrête de crier.
- Qu'est-ce qui se passe ? - On s'en fout, il pisse le sang.
- Vous vous calmez ? - Il a besoin d'un docteur.
- Vous pouvez marcher ? - On s'occupe de votre père.
- Non... - Si, on va s'en occuper. Calmez-vous.
- Je me calme. - Vous vous sentez de marcher ?
- C'est un accident de chantier. - On vous prend en charge.
-Il pisse le sang depuis 1 h.
- Monsieur... - Oui, je vais l'attendre à l'accueil.
- Mon fils s'énerve vite. - Donne le numéro d'Hisham.
-Rejoins Clémence, je gère le reste.
-Donne-moi le numéro d'Hisham.
Donne-moi le numéro d'Hisham.
Putain.
Clémence, t'es où ? Je sors de l'hôpital, rappelle-moi.
Rappelle-moi, s'il te plaît.
Je m'inquiète, rappelle-moi.
-Oui, le meuble est tombé.
J'ai reculé, et du coup,
je me suis enfoncé un tournevis dans la cuisse.
À l'hôpital. Je suis parti directement, c'était le plus simple.
Non, c'est pas la peine, Sylvie.
Demain, je suis sorti. C'est un petit bobo, c'est rien.
-J'arrive tout de suite.
-Clémence, t'es où ? Je sors de l'hôpital, rappelle-moi.
Rappelle-moi, s'il te plaît.
Je m'inquiète, rappelle-moi.
Clémence, t'es où ? Je sors de l'hôpital, rappelle-moi.
Rappelle-moi, s'il te plaît.
Je m'inquiète, rappelle-moi.
Clémence, t'es où ?
-Tu ferais quoi s'il m'arrivait un truc ?
-Je te répondrai quand tu me diras où t'es.
-A l'aquarium.
-J'arrive.
- Salut. - Bonsoir.
-Bonsoir.
-La plaie est parfaite. Ça va cicatriser parfaitement.
Y a pas d'éclats, c'est le principal. - Des éclats de quoi ?
-De métal.
-A l'atelier, c'est...
Ça devait arriver.
La dernière fois, c'est un.
Un s'est entaillé la main à cause d'une vitre qui a explosé.
Après, ça a été
une échelle. - Vaut mieux que tu fermes ta gueule.
-Viens t'asseoir là.
-Je voudrais pas déranger la demoiselle.
-Non, j'ai fini.
Je vous laisse, je reviendrai.
-Viens près de moi.
-Je viendrai pas si tu continues à me raconter n'importe quoi.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
-Je t'ai raconté.
-Tu me dis la vérité, maintenant.
-J'ai merdé.
Je pouvais pas faire autrement.
-Par rapport à quoi ?
-Par rapport au magasin.
-Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
-Je voulais pas t'inquiéter.
-Là, je sais plus avec qui je me suis mariée.
-Comment ça ? Avec moi, ma chérie.
Viens à côté de moi. - Non, je.
Celui avec qui je me suis mariée m'a promis de ne pas me mentir.
Tu t'en souviens ?
Pourquoi t'es blessé ?
C'est pas un tournevis.
-On m'a tiré dessus.
-T'as recommencé, alors ?
On toque.
-Excusez-moi. Je dis à votre fils qu'il peut monter ?
Non. OK.
À tout à l'heure.
-T'as un fils, toi ?
C'est qui, ton fils ?
-Abel.
C'est Abel, mon fils.
-Vous faisiez quoi ensemble ce soir ?
-Il va bien, t'inquiète pas. Il est avec Clémence.
-Vous avez fait quoi ensemble ?
-Sylvie...
Sylvie !
-T'as fait un truc que jamais, jamais t'aurais dû faire.
T'as touché à Abel.
Et là, t'as tout démoli.
Salut.
-Ça va ?
-Ça va.
- Je me suis inquiété, tu sais. - Je sais.
Mais tu vois, tout va bien.
T'as bien joué, tout à l'heure.
C'était bien.
- C'est vrai ? - Ouais.
- Au début, j'étais à chier. - Oui, mais t'as fait des progrès.
-À un moment, je sais pas ce qui s'est passé...
-Je sais pas non plus, mais...
-Allô, Hisham ?
Je vous appelle de la part de Michel.
C'est pour la livraison.
Bon.
Allez. Pousse-toi.
- Tu fais attention à toi. - Oui.
- Tu me promets ? - Oui.
-À tout à l'heure.
-À tout à l'heure.
Merde. Je m'en fous partout.
Oh, merde !
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Je viens de la part de Hisham.
-Je viens de la part de Michel.
-Police, bougez pas ! Restez où vous êtes !
-Bouge pas !
-Je bouge pas, je bouge pas, je bouge pas !
- Montre tes mains. - Je bouge pas !
- Reste au sol ! Reste au sol ! - OK.
Je bouge pas.
OK. J'ai rien, j'ai rien.
J'ai rien sur moi.
-Nom ?
-Lefranc.
-Prénom ?
- Abel. - Âge ?
- 32 ans. - Profession ?
-Poète.
-On peut se parler sérieusement 5 min ?
On va être francs avec toi.
Ça nous fait chier d'être là.
On sait que t'as pas monté le coup.
On le sait et toi aussi.
-Vous avez le caviar, l'Iranien, vous m'avez moi,
il vous faut quoi de plus ?
-Que tu dises la vérité.
Sirènes
-"" Abel.
"J'espère que tes journées sont pas trop longues"
"et tes nuits pas trop bruyantes."
"C'est ça, le plus pénible en prison. Le bruit, la nuit."
"Sinon, on s'habitue à tout."
"Ce qui est bien avec les êtres humains,"
"c'est qu'on s'habitue à tout."
"Je te remercie pour la lettre que t'as envoyée à ta mère."
"Ça m'a touché."
-Nos fusils sont chargés !
On compte jusqu'à 5 et vous baissez vos armes !
Un. - Stop !
- Trois... - Arrêtez !
-Non !
-"Pour l'instant,
"elle refuse de me répondre, mais je ne désespère pas."
"Je sais qu'elle est paisible, c'est ça, le plus important."
"La première fois qu'on s'est rencontrés,"
"je t'ai dit que tu irais mieux. Je crois que c'est le cas."
"Je suis très content pour toi."
"Je pense à vous deux. Je pense à vous deux tendrement."
"Michel."
-Article 371-1 : l'autorité parentale constitue des droits et des devoirs
ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient
aux parents, jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant,
pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa moralité,
pour assurer son éducation et permettre son développement
dans le respect dû à sa personne.
-Excusez-moi, je...
Je peux faire un petit discours ?
- Je vous en prie. - En introduction. Merci.
Abel...
Je voudrais te dire que je suis fière de toi.
Aux yeux de certains, tu as fait une bêtise,
mais je sais que tu as été généreux.
C'est ça, la vie.
Je t'ai élevé seule.
Je t'ai eu jeune.
Toi aussi, tu m'as élevée.
On s'en est pas si mal sortis.
J'aime personne plus que toi.
Bonne vie, Clémence.
Bonne vie à toi.
-On peut reprendre ?
-Oui.
-Mme Clémence Genièvre, consentez-vous à prendre pour époux
M. Abel Lefranc ici présent ?
-Oui.
-M. Abel Lefranc,
consentez-vous à prendre pour épouse Mme Clémence Genièvre ici présente ?
-Oui.
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