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[bips de l'électrocardiographe]
[médecin] Il a fait une crise cardiaque mineure.
Maintenant, son état est stable.
Vous avez eu les bons gestes. Il va s'en sortir.
Combien de temps avant de lui parler ?
Difficile à dire. Un ou deux jours.
On attend les résultats du scanner.
[musique grave]
[musique rock]
Bon, la femme piégée et le sniper, c'était bien pour nous.
On nous a confirmé qu'ils attendaient des "chiens de Français".
On sait aussi par le dernier message de Salwa qu'on a été traqués.
Farès voulait son moment de gloire et le faire savoir.
Il cherche la confrontation.
- Salwa est dans le coup ? - C'est possible.
Mais je pense plutôt que Farès s'est servi d'elle comme appât.
En tout cas, on a aucune piste ni aucun signal pour les retrouver.
Handle m'a donné le nom d'un trafiquant d'armes
en lien direct avec Qalb Aswad. Ça peut être une piste.
OK. Bah, avancez là-dessus alors.
Il y a aussi Yanis, le petit. Je pense que c'est une piste importante.
Si on perd Salwa, ce serait le seul moyen de pression sur Zaïd.
Tu peux le localiser ?
Salwa a dit que Farès avait envoyé le petit
dans un camp d'entraînement pour en faire un combattant.
On a des infos comme quoi il y en aurait dans la région de Salah Al-Din.
- C'est là qu'il faut chercher. - [Roques] OK. Tu t'en charges, Adèle ?
D'accord.
Merci, commandant.
[musique grave]
[tonalité]
[sonnerie]
[tonalité]
[sonnerie]
Spit !
- Comment ça va, mon pote ? - Salut, mon pote.
Ça m'a fait plaisir de te voir l'autre soir.
Et moi donc.
Tu nous manques, tu sais.
Ouais, je reviens vite... pour ronfler.
Tu vas pas garder la piaule à toi tout seul.
Ça va, toi ?
Ouais, ça va, on tient le coup, ouais.
Euh... Écoute, Olivier, il fallait que je te parle d'un truc
à propos de ce qu'il s'est passé dans les égouts.
Je sais très bien ce qui s'est passé aux égouts.
Tu m'as couvert, frangin.
T'es revenu en première ligne pour me protéger.
Sans toi, je serais pas là.
J'ai fait ce que j'ai pu.
Bon. Allez, va faire tes tractions. Je t'embrasse.
Tout va bien.
Ciao.
Room service.
Hé !
Ça va pas ?
Oh, mec.
Vomis encore.
Crache.
- Encore. Il y a plus rien, là ? - Non.
Allez, mon pote.
Assieds-toi doucement.
T'as eu ça où, là ?
C'est un toubib à Bordeaux.
Qu'est-ce que tu voulais faire avec ça ?
[musique intrigante]
Ça va aller, d'accord, mon pote ?
On va gérer ça ensemble. OK ?
C'est Olivier.
Dans les égouts, je me suis trompé de grenade.
Qu'est-ce que tu racontes, là ?
Au lieu d'envoyer une offensive, j'ai envoyé une frag.
Mais t'en sais rien. Il faisait noir, on voyait rien.
Tu peux pas en être sûr de ça.
C'est moi, je te dis, Rimbaud, c'est moi.
Arrête tes conneries. Ça pétait dans tous les sens, d'accord ?
On s'est fait arracher. Ils nous ont envoyé des grenades aussi.
Qu'est-ce que tu racontes ? Calme-toi, oh. Ça y est !
C'est moi, je te dis, Rimbaud.
Putain.
Tarek Razzouki, ancien garde du corps de Saddam Hussein.
Aujourd'hui, trafiquant d'armes.
Lui et ses types ont armé Daech en dépouillant l'arsenal de Saddam,
après l'invasion des Américains.
C'est à eux qu'on doit la militarisation de l'État Islamique.
À l'aéroport, Jasper Handle m'a dit
que Qalb Aswad se fournit directement auprès de ce gars.
Et on sait où il est, ce Razzouki ?
Il aurait un entrepôt aux abords du village de Khunaifis,
dans la région d'Al-Anbar.
On a trouvé ça.
C'est sans doute l'un d'entre eux.
Spit, tu sais si on peut checker
les entrepôts depuis un point d'observation ?
Oh, Spit ?
Ta caméra, elle passe à l'intérieur ou pas ?
Ouais, je l'embarque. On verra sur place.
Et en plus, le nom de Razzouki a été cité en marge de plusieurs enquêtes
concernant les pillages des stocks d'armes de l'armée régulière.
Il doit sûrement tout savoir sur les points de passage du trafic.
[Roques] Retrouvez cet homme au plus vite.
45, vous foncez sur les box.
Adèle, tu continues sur la recherche du camp d'entraînement.
Fin de brief.
[musique de suspense orientale]
[musique douce]
Ça avance, la reprise de Mossoul ?
J'ai vu aux infos que nos Caesar avaient fait un carton. C'est bien.
Et Zaïd ? Il s'est mis à table ?
Ça avance.
Tu sais, je pensais...
Je vais demander d'abréger ma mission.
C'est-à-dire ?
Bah, j'ai repensé à ta proposition de voyage lointain.
Qu'est-ce que tu dirais de l'Islande ?
- L'Islande ? - Bah ouais.
J'ai toujours rêvé d'y aller.
Les aurores boréales, les geysers...
Ouais, les volcans aux noms imprononçables.
- Oui, voilà. - Pourquoi tu me parles de ça maintenant ?
Parce que pour ce genre de voyage, il faut...
Adèle, écoute-moi, pourquoi maintenant ?
Regarde-moi.
Regarde ça là.
Je vais pas partir en vacances.
Bah, pourquoi pas ? Moi, je demande ma mutation.
Je finis plus tôt ici et je pars avec toi.
Mais tu vas pas faire ça.
Tu sais, j'ai réfléchi. Il y a pas que l'Irak.
Ta vie est ici. Tu peux pas partir. Tu peux plus.
Non ! Écoute, je t'assure, à Paris, je peux continuer les analyses.
Il y a des décisions importantes à prendre.
Mais t'y crois pas une seconde. Tu tiendrais pas un mois.
- Si, parce que j'ai envie d'être... - Adèle, je viens de perdre ma jambe.
Mais...
Tu crois quoi ? Que je vais te laisser tomber
alors que t'es au fond du trou enfin ?
- Tu me prends pour qui ? - Je veux que tu m'oublies, Adèle.
[musique triste]
Sors de là.
Pars !
Maintenant !
[musique rock]
... des souvenirs
Cette manière de traverser
[en anglais] Tu écoutes quoi ?
Salar ?
Tu écoutes quoi ?
Une chanson française.
Laquelle ?
Une vieille chanson.
Allez, fais-moi écouter.
Mets-la sur l'enceinte.
Vas-y.
[en français] Mais elle passe Et ne répond pas
Les mots, pour elle, sont sans valeur
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs
Elle a ses longues mains de dentellière
À damner l'âme d'un Vermeer
Cette silhouette vénitienne
Quand elle se penche à ses persiennes
Ce geste, je le sais par cœur
Comment il s'appelle, lui, déjà ? Bachelet ?
Pierre Bachelet.
Rimbaud, tu savais que Martin avait été à l'école avec Pierre Bachelet ?
Ouais, c'est vrai, c'est vrai.
Et moi, je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis : "Emmène-moi"
Et moi, je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
L'amour, pour elle, est sans valeur
[soldat] Regarde quand même un peu devant toi !
Pour moi, c'est sûr, elle est d'ailleurs
Deux, trois, quatre !
Et moi, je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis : "Emmène-moi"
Et moi, je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
[cris de joie]
Et moi, je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis : "Emmène-moi"
[cris de joie]
[la musique s'estompe]
[brouhaha]
- Adèle, t'as faim ? - Non, non, merci.
[tonalité]
Vous êtes bien sur la messagerie d'Olivier Revel. Je ne...
[musique de tension]
T'as quelque chose ?
Non, rien.
- Martin pour Paco. - Ouais, Paco.
Pas de présence sur site, pas de système de détection apparent.
- Je pense qu'on est clair. - Je checke.
Paco, bien pris.
OK. On a des paniers, des tapis.
Un débarras, quoi.
Rien de spécial. OK.
Martin pour Sab, véhicule en approche. Deux pax à l'intérieur.
[musique de suspense]
Qu'est-ce qu'il fout ?
[il crie]
[Sab] Ça doit être des trucs de cuisine.
[Sab] C'est clair.
[musique de suspense orientale]
[en anglais] C'est tout bon.
Sur le toit.
- Dites-moi que vous livrez le vin. - Mince, je l'ai oublié à la base.
Dans ce cas, je ne peux rien pour vous, il faudra repasser.
J'apporterai du Château Margaux et du foie gras. Pour vous seul.
- Content de vous voir. - Moi aussi.
Désolé, pour l'adjudant Revel.
Comment va-t-il ?
Ça va, il s'en sortira.
J'en suis sûr. On les aura, ces salauds.
- Bien sûr. - Je peux vous aider ?
J'ai besoin d'entrer dans votre zone.
- On doit se coordonner. - Bien.
- Meadows. - Mon colonel ?
Quelqu'un pour vous.
Bonjour.
- Vos coordonnées sont prêtes. - Merci.
Bon, je cherche un camp d'entraînement.
J'ai réduit mon champ de recherche à cette zone.
À l'ouest de Salah Al-Din.
Et j'ai trouvé ça.
Vous pouvez retourner l'image ?
Thank you.
Cette image a été prise par votre satellite à 7h06.
Vous pouvez zoomer ?
Merci.
Maintenant, regardez les ombres.
Celle-ci part vers l'ouest.
Celle-là également.
Vers l'ouest.
Celle-ci aussi.
Ici aussi.
Et maintenant, regardez celle-ci.
Elle part vers le nord.
À moins qu'il y ait deux soleils en Irak, c'est étrange.
Ce n'est pas un tracteur.
Ce serait quoi ?
C'est une photo.
- Un trompe-l'œil. - Qui cacherait quoi ?
Un camp d'entraînement secret.
Photo suivante ?
Thank you.
Regardez.
Ici, des gens qui marchent en une seule ligne.
Heure : 8h03.
Une école ?
Pourquoi essayer de la cacher ?
J'ai besoin d'aller vérifier, mais c'est dans votre zone.
Il me faut votre permission.
Ce serait quand ?
Tous nos groupes sont occupés au sud-est de Mossoul.
Dès leur retour.
- Cortez et T6 sont de retour ? - Oui.
Faites-les venir.
Ça vous dit, une balade avec l'équipe Delta ?
OK.
Parfait.
[en français] Hé, ça va ?
Tu gères ?
Ouais.
Spit, hé.
Faut que t'en parles.
Vraiment.
Je fais quoi, moi, après ?
Comment ça, tu fais quoi ?
C'est même pas sûr que ce soit toi,
que ce soit ta faute.
T'en parles et après, on voit.
[en anglais] T'en veux une ?
Merci.
J'en ai une.
[moteur]
[en français] Martin pour Paco.
- Ouais, Paco ? - Moto en approche.
Je checke.
[musique de suspense]
[en anglais] Ça doit être notre gars. Regarde, c'est lui ?
L'homme à moto.
Je sais pas.
Pas sûr.
- Attends. - C'est lui ?
On dirait.
[en français] Paco, on le tape. On le tape, on le tape.
Bien pris. J'y vais.
[en anglais] Stop !
Pas un geste !
Pas un geste ! Stop !
- À terre ! - Pas un geste !
À terre !
À terre, tout de suite.
[en français] Allez !
[en anglais] Tes mains.
- [en français] Spit, le sac ! - C'est bon.
Il y a quoi, dedans ?
- Semtex. - [Martin] Ouais. OK.
[en anglais] Bouge pas.
[en français] Paco, doucement.
- [Martin] Voilà. - Allez, lève-toi. Lève-toi.
Fouillez-le. Fais voir ta petite tête, toi.
[en anglais] C'est quoi, ton nom ?
C'est quoi, ton nom ?
- [en français] On le fouille. - T'as des clés ?
- Là. - Là ?
[en anglais] Tes clés ?
[Martin en français] 11 pour 45. Cible interpellée, on l'embarque.
- Allez, foutez-moi ça dans la bagnole. - Viens.
[en anglais] Pourquoi on perd du temps ?
Je peux le faire parler.
Je vais lui parler, à l'irakienne.
Écoute.
T'as pas besoin de dire oui. Ne dis pas non.
OK, on l'interroge. Viens avec moi.
- Spit, avec moi dans la voiture. - Non, non, non, attends. Quoi ? Quoi ?
Vous fouillez l'entrepôt.
- On l'emmène à la base ! - Fouillez l'entrepôt, putain !
On l'embarque.
- Martin ! - Fouille-moi ce putain d'entrepôt. OK ?
On va à la base !
- Qu'est-ce qu'ils font, putain ? - Je sais, je sais.
- C'est n'importe quoi ! - Je sais, je sais, je sais. On y va.
[musique intrigante]
Assis.
[en anglais] C'est une erreur.
Vous n'avez rien.
Qalb Aswad. Dis-moi où ils sont.
Je sais pas. Jamais entendu parler.
Tu travailles pour eux.
Non, j'ai rien fait de mal.
Vous m'avez fait peur, j'ai fui.
Et je vais gober ça ?
Je suis un homme d'affaires.
Avec un sac de Semtex.
C'est pour mes chantiers de construction.
Écoute, on sait qui tu es. Tu es recherché.
On va te livrer aux Irakiens.
M'arrêter pour quoi ?
Les Irakiens savent pourquoi.
Ongles arrachés, femmes violées...
Mensonges ! Où sont vos preuves ?
Pas besoin de preuves en Irak.
À Bagdad, ils seront ravis de t'avoir.
Tu préfères que je te livre au Kurde, là ?
C'est ce que tu veux ?
Tu ferais mieux de me répondre.
Allons, messieurs,
on est entre gens civilisés.
On peut s'entendre.
On peut trouver un deal.
Combien ils vous paient ?
Combien, pour vous tous ?
Je vous donne 50 000 dollars.
10 000 chacun, sauf à ce Kurde de merde.
Et vous me relâchez.
Marché conclu ?
Où est Farès Al Krim ?
J'en sais rien, mec.
Il est où ?
OK. OK.
Je le connais, mais je sais pas où il est.
Ne me mens pas, s'il te plaît.
Je te jure. Écoute.
Ils me passent commande.
Je dépose tout ça à l'entrepôt dans un sac.
Ils viennent prendre les armes et laissent l'argent.
Dans l'entrepôt, c'est pour eux ?
Ils voulaient du Semtex, je suis venu l'ajouter.
Ils repassent quand ?
Je jure, je sais pas.
Comment tu les contactes ?
Ils sont où ?
[en français] Bouge, bouge. Qu'est-ce que tu fais ? À quoi tu joues ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? - Me touche pas. OK ?
Tu vois pas qu'il se fout de notre gueule, ce fils de pute ?
- Il sait très bien quand ils vont venir. - Arrête, arrête.
On l'emmène, on l'interroge. D'accord ?
- Il y a des règles. - Tu dégages de là.
Il ne sait rien ! T'es en train de le défoncer.
- Je vais le faire cracher maintenant ! - Il sait rien, bordel de merde !
Tu vas faire quoi ? Tu vas lui arracher les ongles ?
Tu vas... Putain, tu te prends pour qui, là ?
Tu vas me faire ton putain de boyscout ? T'arrêtes.
On va pas perdre six heures pour le ramener là-bas !
- Est-ce que c'est clair, toi ? - Arrête, Martin.
Qu'est-ce qu'il vous arrive, là ?
[Martin] Allez, dégage !
Calmez-vous ! C'est quoi, ce bordel, là ?
T'es malade ? T'as pété un plomb ?
Vous jouez à quoi, les gars, là ?
- Spit, emmène-le là-bas. - C'est bon, c'est bon.
- [Paco] Martin, viens, on va parler. - C'est bon, je te dis.
Viens, on va là-bas.
[Rimbaud] On devait l'emmener à la base. C'est tout. Je t'avais dit.
- Il va nous griller, ce connard ! - [Paco] Il se fout de notre gueule.
On le prend, on le met dans la voiture et on l'emmène à la base.
[Martin] On n'a pas le temps ! On n'a pas le temps.
[Rimbaud] Il a pété les plombs !
[Paco] Depuis quand on s'y prend comme ça ?
[en arabe] Tu crois que les Français sont tes amis ?
Les Kurdes ont pas d'amis.
On te prend comme chauffeur ou pour garder le bétail.
On te fait ramasser la merde.
Ils partiront et tu crèveras la gueule ouverte.
Ta gueule, salaud !
Tu crois t'en sortir vivant ?
Tu t'en sortiras pas.
[en anglais] À l'aide !
À l'aide !
[cri]
[en arabe] Parle, sale chien !
Parle !
Enfoiré !
[en anglais] Qu'est-ce que t'as foutu ?
[en français] Doucement. Allez, allez. Doucement. Doucement, doucement !
Un garrot, mon sac, un garrot. Mon sac !
Coupe, coupe, coupe, coupe, coupe. Ça va aller. Vite, dépêche-toi !
[en anglais] On était censé l'interroger. Pourquoi tu l'as poignardé ?
Tourne !
Sors les compresses. C'est bon, vas-y.
Tiens.
- Tiens bon. - [en anglais] Oh, man?
Je retire le couteau. Mets les compresses. Un, deux, trois.
Appuie fort, vas-y.
[en anglais] Come on.
[en anglais] Reste avec nous, mec.
[en français] Je sens rien là. Il faut faire le massage.
- OK. Attention. - Continue à lui parler.
[Sab] Vas-y, vas-y.
[en anglais] Reste avec nous, regarde-moi.
Reste avec nous, regarde-moi.
[en français] Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix,
onze, douze, treize, quatorze...
[en anglais] Tu m'entends ?
[musique de suspense]
[en français] Allez, Rimbaud, allez. Allez, mon pote, allez.
Putain, j'ai rien, j'ai rien.
Allez.
[en arabe] Allez, deux par deux !
Allez, dépêchez-vous !
[les hommes crient des ordres]
Levez la tête, comme des hommes !
- [homme] Takbir ! - [les enfants] Allahu akbar !
- [homme] Takbir ! - [les enfants] Allahu akbar !
[l'homme crie des ordres]
[musique de tension]
[en anglais] Charlie, vous avez un visuel ?
Un seul garde sur le toit.
Charlie en attente.
Bravo en position.
Bravo en position.
Charlie, vert.
Garde abattu.
On y va.
Bravo en place ?
Bravo en position.
- Charlie en place ? - Charlie en position.
Charlie, vert.
On bouge.
Restez derrière moi.
[en arabe] À terre ! À terre !
[en arabe] Allahu akbar !
[en français] N'aie pas peur, n'aie pas peur.
N'aie pas peur.
Yanis.
[en arabe] N'aie pas peur.
[en français] Regarde-moi.
[en anglais] On l'a.
OK.
[musique triste]
[musique intrigante]
Bonjour, Yanis.
Ici, personne ne va te faire de mal, hein.
Je te le promets.
Tu sais, je connais ta maman et aussi ton grand-père.
Et il m'a donné ça pour toi.
Ton grand-père m'a dit que tu étais un garçon très courageux.
Et moi, je crois qu'il t'aime vraiment beaucoup, ton grand-père.
[en arabe] Je suis un lionceau du califat.
[en français] Toi, un lionceau ? J'y crois pas une seconde.
[en arabe] Je suis un "shebel" !
[en français] Ça m'étonnerait.
Si, je suis un "shebel" ! Tu n'as qu'à demander à mon père.
Dis-moi où il est. Comme ça, je vais lui demander.
Je dirai pas.
Ah oui ?
Et tu sais pourquoi tu le dis pas, Yanis ?
Parce que tu le sais pas.
Si tu étais un shebel, ton père serait parti avec toi.
Mon père est un guerrier.
Et un jour, je me battrai avec Qalb Aswad.
"Nous sommes arrivés au deuxième entrepôt où se trouvaient différentes caisses.
Elles contenaient des Minimi, des M14, diverses munitions, cartouches 9mm,
7,62 et des grenades explosives.
Après saisie, nous sommes retournés près de Tarek
qui était sous la surveillance de Salar.
On avait à peine commencé à l'interroger. Il est devenu violent, on l'a maîtrisé.
Il est parvenu à sortir un couteau. Il a menacé Salar.
Salar s'est défendu.
Tarek a fait un mauvais mouvement
et il s'est planté la cuisse avec son propre couteau.
Il est tombé au sol.
C'est là qu'on a remarqué qu'il s'était tranché l'artère.
On a tout fait pour le sauver.
Rimbaud faisait pression pour éviter l'hémorragie,
sans succès.
Tarek Razzouki est décédé suite à ses blessures."
J'imagine que tout le monde est d'accord avec ça ?
Oui, mon colonel.
Et on a perdu notre seul témoin.
Vous pouvez disposer.
Bien, mon colonel.
[claquement de porte]
- [homme] C'est celui-là. - [femme] OK.
Qu'est-ce qu'il se passe ?
C'est un des deux gars qu'on a tapé à Mossoul.
- Ah oui. Troadec ? - Il a fini par tout balancer.
Il a confirmé pour Strasbourg.
Il m'a dit qu'ils attendaient le feu vert pour partir.
César, tu mets la vidéo, s'il te plaît ?
Bon. Alors, c'était prévu pour quand ?
On savait pas. Il fallait qu'on attende les autres.
C'est qui, les autres ? De qui tu parles ?
Les autres équipes.
Il y avait d'autres opérations prévues ?
Oui. On devait toutes les faire en même temps.
Putain. Des opérations synchronisées ?
Ça y ressemble.
Jamal. Je l'ai vu avec un autre Français.
Jamal, ton chef ?
Le mec qui est mort pendant l'arrestation ?
Et c'était qui, le Français ?
Un mec du genre énervé, cramé dans sa tête.
Jamal le sentait pas.
C'était quoi, son nom ?
Farès.
Il disait à Jamal qu'il allait être son chef.
Après, on l'a jamais revu.
C'est lui, Farès ?
Oui. C'est lui.
- Il t'a donné d'autres noms ? - Non.
Ils ont isolé chaque cellule.
Ça voudrait dire que Farès est dans le coup.
Il y en a un qui a certainement la réponse à tout ça.
- Bon travail. - Merci, commandant.
Merci.
Alors, Salwa ?
Jamal et Troadec ont balancé beaucoup plus que l'opération de Strasbourg.
Ils ont peut-être raison, mes patrons à Paris, en fait, hein.
Tu sais pas grand-chose.
Je veux ma fille.
Tu crois quand même pas qu'on va continuer à se casser le cul
pour sauver la fille d'un djihadiste qui a plus rien à dire.
C'est à toi de voir, Zaïd.
Tu parles pas, on bouge pas.
Cinq opérations, cinq villes, le même jour.
Quelles villes ? Quelles dates ?
Farès devait en être ? T'as quoi, là-dessus ?
Et toi, t'as quoi pour moi ?
Tu parles, tu parles, mais t'as rien, en fait.
[musique intrigante]
Il va bien.
- Farès fait partie de l'opération ? - Farès, il sait même pas lire le Coran.
Il va faire couler le sang pour sa gloire.
Il harcelait tout le monde pour faire partie de l'opération,
tout ça pour être un héros djihadiste.
Il voulait embarquer Salwa avec lui.
- Il était prêt à la sacrifier. - Et pourquoi il l'a pas fait ?
- Je m'en suis occupé. - C'est-à-dire ?
J'ai fait en sorte qu'il dégage de l'équipe.
Tu dirigeais l'opération ?
Non. Je suis pas sur les opérations extérieures.
Comment t'as fait, alors ?
J'ai su convaincre les bonnes personnes.
Ensuite, il a su
et il a voulu faire payer Salwa.
Elle m'a appelé.
Et c'est pour ça que je suis là, pour les sortir d'ici.
Les autres attentats, c'est pour où et quand ?
Tu m'as toujours pas dit où était ma fille.
On l'a localisée.
Maintenant, si tu veux qu'on bouge, tu parles.
21 décembre.
Stade de Lille.
- Un match de foot ? - Lille-Rennes.
Avec Strasbourg, ça t'en fait deux.
Si tu veux les trois autres, tu me ramènes ma fille.
Sinon les opérations, t'en entendras parler dans les journaux télé.
Ça bouge.
- OK. Ils embarquent la balise, super. - Yes.
Beau boulot, mec.
[musique de tension]
Lancini, vous en êtes où ?
Les RT n'ont encore rien remonté du terrain.
Pour l'instant, aucun signe qui annoncerait une opération
d'une telle ampleur.
On enquête toujours sur la famille et l'entourage de Troadec.
À part un imam fiché S, rien.
Marcourt ?
Pour nous, c'est crédible.
Il n'aurait pas sorti le match et une date comme ça.
S'ils envoient sur cinq villes des profils comme Troadec,
ce ne sera pas l'équipe du siècle, mais avec la fin de leur Califat,
ils sont prêts à envoyer n'importe qui pour faire du bruit.
- Abot ? - Je suis d'accord avec Marcourt.
On a les mêmes retours du terrain.
Vous confirmez qu'une opération pour lui ramener sa fille,
ça vaut le coup ?
Les car-bombs à Mossoul, la cellule de Toulouse,
à chaque fois, il a dit vrai. Je suis pour y aller.
Je suis d'accord avec Abot. La source peut être exceptionnelle.
Combien de temps pour monter l'opération ?
Quatre heures.
- Abot ? - On est prêts. Roques, vous confirmez ?
Affirmatif, mon général. On est déjà...
- Mon colonel. - Ah, excusez-moi.
Ça bouge.
Oui, on a la balise de Farès qui vient de stabiliser
dans le village d'Aljamiaa.
On a une fenêtre de quelques heures à partir de maintenant.
- Quel niveau de risque pour les équipes ? - Très élevé.
Je confirme.
Compris. Bon. La seule question, c'est :
est-ce qu'on met en danger la vie de nos hommes
pour un hypothétique deuxième 13 novembre ?
Roques, que 45 se tienne prêt.
Reçu, mon général.
Merci à tous. Je rends compte au Château et je reviens vers vous.
Merci.
- On envoie les coordonnées ? - Oui.
D'accord.
[musique de suspense]
On aura quoi comme soutien, mon colonel ?
Pas de couverture drone possible.
Les Américains en ont pas à nous mettre à dispo.
- On doit opérer à l'ancienne. - La débrouille, quoi.
Exactement. On attend le GO du COS.
Très bien.
Donc, le point de dépose sera sur le plateau de Zerg.
Latitude : 35.90 45 13. Longitude : 41.84 48 85.
Vous pourrez voir avec Hilaire. Il vous donnera toutes les coordonnées.
Alors, du point de dépose à la zone mission,
il y a 30 bornes topographiques.
Azimut d'infiltration : 3 800 millièmes.
Caractéristique point arrivée : on a la rivière, bien sûr.
Obstacles : le village à 23 km qu'on contournera par le nord.
Cinq cents mètres avant l'arrivée, on remplit les camelbag.
C'est le seul point sur l'itinéraire.
À l'arrivée sur notre point d'observation en 35.93 45 63,
41.34 57 83, on déploie le dispositif de surveillance.
Moi, je serai ici avec Spit, Rimbaud, Paco.
Sab, tu t'installeras en appui au nord-est du village. Ça te va ?
- Ouais, c'est parfait. - T'as réglé ton problème radio ?
- Ouais, nickel. - OK. Super.
Donc on va opérer de nuit.
Dès qu'on a confirmation de la balise,
on descend plein nord, direction le village.
Et on a repéré des activités djihadistes dans la zone ?
Non, aucune présence ou activité de Daech dans le village,
mais beaucoup de communications localisées à cinq kilomètres au sud.
On a une QRF ou pas ?
Pareil, on attend la confirmation des Américains, mais il y a rien de sûr.
Et Spit, t'as pu récupérer les cartes de la zone
au deux cent cinquante mille ?
Affirmatif.
- On part pour combien de temps ? - 24 heures max.
De toute façon, la mission principale, c'est d'exfiltrer Salwa.
Donc on la loge, on l'exfiltre et basta.
On est d'accord que s'il y a des enfants, c'est un NO GO ?
Ça, on verra sur place
et si c'est le cas, je prendrai une décision.
- Et Farès ? - S'il pointe le bout de son nez,
on le traite direct.
- Des questions ? - Si Salwa veut pas venir, on fait quoi ?
Elle aura pas vraiment le choix.
Sinon on serflexe et puis on la brancarde jusqu'au point d'extraction.
- Tout en douceur. - Voilà.
C'est bon pour moi, mon colonel.
Pour moi aussi.
- C'est clair pour tout le monde ? - Oui.
OK. Fin de brief.
Très bien.
[musique intrigante]
[tonalité]
Vous êtes bien sur la messagerie d'Olivier Revel.
Je ne peux pas vous répondre pour l'instant.
Laissez-moi un message. Merci.
[bip répondeur]
Ouais, allô ? C'est moi. Écoute, ça fait plusieurs fois
que j'essaye de te joindre
et je commence à m'inquiéter, voilà.
Essaye de me rappeler ou au moins, laisse-moi un message.
Je t'embrasse.
Tu vas à l'armurerie ? Tu peux me déposer ça ?
- OK. - Merci.
Ouais ?
Je t'ai mis les nouvelles un et trois. On les a changées.
OK. Ça marche.
T'as pris du bide un peu, toi, non ?
[ils rient]
- Va te faire foutre ! - Allez, à toute.
C'est bien.
Ouais.
Au fait, le mec du carrelage, il est passé ou pas ?
Ouais, finalement ?
Envoie-moi les photos, s'il te plaît. Ouais.
Et bah, c'est super, d'accord.
Il faut que je vous laisse, là.
Ouais, moi aussi, je vous aime. Ouais.
Bécots, bécots, bécots. Bisous. Je vous aime.
On va changer les séquences un et trois. Je te mets les bonnes.
- Les fréquences ? - Les fréquences.
Oui.
Euh, tu me disais ? Pardon.
Je sais qu'il y aura tout le monde. Je t'ai dit que je viendrai, je viendrai.
Oui.
D'accord. Et bah, oui, j'ai entendu.
T'embrasses maman.
Salut. À tout vite. Bye-bye.
Dernier coup de fil avant de partir ?
Ouais, enfin, je les appelle de temps en temps.
Ça les rassure, quoi.
- Ça va ? T'es pas trop stressée ? - Bah non. Pourquoi ?
C'est ta première grosse mission avec le groupe.
Je suis là pour ça, non ?
T'as un truc que tu fais, toi, avant de partir ?
Euh. Non, non, enfin, non, pas vraiment.
Quoi ?
- Non, non, rien. - Bah, si, vas-y.
Non, mais c'est parce qu'avant les missions, Olivier...
Enfin, c'était très intense, quoi. Il avait envie tout le temps partout.
Ah non, ça, je veux pas le savoir.
Il me décroche plus.
Bah, moi, je l'ai eu au téléphone et ça avait l'air...
Enfin, il avait une bonne voix. Ça avait l'air d'aller bien.
Tiens, c'est pour toi.
Bah, prends-le. Ouvre-le.
Voilà, ça porte bonheur et il faut le garder sur soi.
Ah bah, mer... Merci beaucoup.
- Je te laisse. - Non, mais attends.
Je me sens con, j'ai rien prévu, moi...
Tiens.
Ça porte pas bonheur, mais ça tient chaud.
Merci.
[musique mélancolique]
[homme] Bah, en fait, il a...
T'es venu en tacos ?
[téléphone]
Mon colonel ?
Attendez.
Oui, mon général ?
C'est noté, mon général.
Merci, mon général.
C'est bon. On a le vert.
[musique intense]
[musique grave au piano]
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