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PREMIER JOUR
Salut. C'est Niels. Je t'ai réveillé ?
Je voulais juste te dire que tout est sur disquette.
Je pensais t'en imprimer une copie.
Oh, vers 4 heures.
D'accord, je vais faire ça.
Oui, je commence tout de suite.
LE FLIC ET LA PUTAIN UN FILMMANU
Un "filmmanu" ?
Bon, tu sais quoi...
Ça vient juste de planter.
Je pense que tu devrais venir.
Amenez-moi à Store Kongensgade.
Si vous conduisez comme ça c'est vous qui allez devoir me payer.
Arizona ? Qu'est-ce que t'as dit ? Je t'entends mal.
Oui. Non, non. T'inquiètes pas.
Quand est-ce que tu rentres ?
OK, je préparerais un repas pour samedi.
Bien. Super. Non, non !
Je ferais quelque chose de spécial. C'est pour toi, Lars.
Lars vient d'arriver.
On se voit samedi.
C'est Claes, il appelle d'Arizona.
C'est le consultant ? C'est sympa.
On vient de le finir. On est en train de l'imprimer.
Tu pourras passer le prendre samedi.
On finira à temps sans problème.
Oh, à peu près 200 pages. 215 ou 216.
On va sûrement faire quelques coupes.
Le compresser un peu.
Quelques coupes ici et là.
Tout est possible.
Bon voyage et on se voit...
Samedi.
Génial, Claes. Niels te passe le bonjour.
Super. Allez salut.
J'ai vérifié la disquette.
Y a plus rien !
Il aura pas grand-chose à récupérer.
Merde !
Qu'est-ce que Claes fout là-bas ?
Il s'est acheté un coupe-vent.
- Encore un ! - C'est un fétichiste des coupe-vents.
LE FLIC ET LA PUTAIN
Comment on a commencé l'histoire, déjà ?
Est-ce que la pute était...
Est-ce qu'elle était dans la scène d'ouverture ?
Franchement je ne me souviens vraiment pas du début.
Je me rappelle vaguement la fin.
Le milieu est brumeux
mais le début...
En fait...
J'aimais même pas Le Flic et la Putain.
Il avait ses bons moments.
Cites-en un !
J'aimerais bien qu'on écrive...
quelque chose... de plus dynamique.
ÉPIDEMIE
Une coïncidence due au destin
peut parfois être d'un genre si sinistre et fantastique
qu'on est tenté de lui attribuer des causes apparemment logiques
mais en réalité infondées.
Durant une période de cinq jours
le manuscrit d'Epidemic a été imaginé et écrit
dans cet appartement et ses alentours.
Le fait qu’une véritable épidémie s'est répandue durant ces cinq jours,
et que cette horrible apparition a coïncidé avec l'achèvement du script
fait partie de ces coïncidences inexplicables.
"Les pères quittèrent leurs enfants.
"Les femmes quittèrent leurs maris, le frère quitta le frère.
"Car la maladie attaquait à la fois la respiration et la vue.
"Ainsi ils moururent tous.
"Personne ne voulait les enterrer à aucun prix.
"Les familles traînaient leurs morts jusqu'à des fosses communes
"sans cérémonie religieuse ni oraison funèbre.
"Dans tout Sienne les fosses communes se remplirent de victimes.
"Moi, Agnolo di Tura, surnommé 'Le Gros',
"j'ai enterré mes cinq enfants de mes propres mains.
"Certains furent recouverts de si peu de terre
"que les chiens ont déterré leurs corps pour s'en repaître."
Ça décrit l'atmosphère.
Il n'y avait pas de cérémonies ni de cortèges.
Les prêtres ne disaient la messe et ne sonnaient les cloches que pour les riches.
De telles cérémonies étaient interdites dans beaucoup d'endroits,
comme les cloches,
parce qu'on pensait que carillonner en permanence
causerait encore plus d'angoisse
et peut-être encore plus de malades.
Pour des raisons purement religieuses,
pour se protéger des esprits maléfiques,
on dessinait des croix sur les portes pour protéger ceux qui étaient à l'intérieur.
Peu à peu, les croix ont commencé à vouloir dire
qu'une maison était infectée.
Comme ça les gens étaient avertis.
Avec la peste de 1348 sont apparues des méthodes plus radicales.
Quand les premières victimes sont apparues en périphérie de Milan,
l'archevêque Bernabo Visconti
ordonna que toutes les maisons de malades
soient scellées avec des briques.
Avec les gens à l'intérieur, bien sûr.
Ainsi la peste a épargné Milan.
Trois familles ont été emmurées
et sont mortes de la peste et de la faim.
Donc, Milan a échappé à la peste
en s'isolant
- des autres villes infectées ? - Oui,
mais ça a été beaucoup plus difficile
quand l'épidémie suivante est apparue.
CERTIFICAT DE DÉCÈS E. MESMER, MÉDECIN.
Les archives stockées sous ces arcades
sont la mémoire du Danemark.
On va voir si on trouve quelque chose d'intéressant pour vous.
Ça vous étonne peut-être de voir ces murs ici.
C'est du salpêtre qui en sort.
Ça vient des murs eux-mêmes,
sûrement à cause de l'humidité du sol.
Dans le temps, avant qu'on comprenne le problème,
certains employés avaient peur de descendre ici,
surtout dans le noir,
à cause des bruits étranges,
du "pop" que faisait le salpêtre en faisant craquer le plâtre.
C'est une sorte de maladie des murs.
Regardez-moi quand je vous parle, Dr Mesmer.
- Salaud. - Apostat.
- Traître. - Renégat.
- Minus. - Collabo.
J'ai là votre demande, Dr Mesmer.
Vous avez demandé la permission
de cesser vos recherches
ici, à l'hôpital.
J'ai cru comprendre que vous souhaitiez entreprendre
des travaux médicaux
dans les zones infectées à l'extérieur de la ville
alors que vous savez très bien que l'Académie des Sciences
a décrété qu'il n'y avait aucun traitement
pour cette maladie.
Bon sang, Mesmer !
Je ne pourrais jamais vous autoriser
à partir là-bas.
C'est tout à fait impossible.
Vous le savez très bien.
Je vous prie, pour la toute dernière fois,
de revoir votre attitude, Mesmer.
Le Dr Mesmer a honte d'être médecin, je dirais.
Disons que c'est un idéaliste.
La maladie n'effraye pas le Dr Mesmer.
Quel... médicament se cache donc dans sa trousse de médecin ?
Qu'est-ce qu'il pense donc prescrire ?
- De l'aspirine. - ...et du repos.
Vous n'avez aucune chance, Mesmer.
Vous ne pourrez même pas rester en vie
plus d'un seul jour là-bas.
L'air est infecté.
Et la terre.
Et l'eau.
Un beau matin,
vous quittez les murs protecteurs de notre ville.
Votre courage vous a amené aussi loin, Dr Mesmer.
Le monde est à vous.
Mais plus vous vous approchez des zone infectées...
plus il semble que les éléments se retournent contre vous.
Ça commence...
par une légère toux.
Mais très vite, et sans pitié,
les organes respiratoires sont endommagés par l'air infecté.
La bactérie dans le sol
pénètre la peau et la chair par simple contact.
Et l'eau que vous buvez...
vous détruit de l'intérieur.
Laissez-moi vous faire une offre, Dr Mesmer.
Comme vous le savez probablement,
je suis le président du comité de crise
qui a été établi aux premiers jours de l'épidémie
pour conseiller le gouvernement.
Officieusement,
je peux vous dire que le gouvernement
vient de décider de démissionner.
En partie à cause de la violence de la situation,
en partie parce qu'il reconnaît
sa mauvaise gestion de la crise.
En bref,
Sa Majesté m'a demandé
de former un gouvernement provisoire.
Cette enveloppe Dr Mesmer,
contient la liste des membres du cabinet
qui sera présentée à Sa Majesté cet après-midi même.
Cette liste est composée exclusivement de noms
rattachés à cette faculté.
De membres aux incontestables
qualifications médicales.
Cette liste
contient aussi votre nom, Docteur M.
Premier ministre : Pr Ulrich, Neurologie.
Ministre des Affaires Étrangères : Dr Oswald, Obstétrique.
Ministre des Finances : Pr Geit, Gynécologie.
Ministre de la Justice : Dr Horst, Orthopédie.
Ministre de l'Intérieur : Pr Rosenberg, Chirurgie.
Ministre des Transports : Dr Janis, Urologie.
Ministre de l'Agriculture et de la pêche : Dr Magnus, Psychiatrie.
Ministre de l'Éducation : Pr Stendbeck, Anesthésie.
Ministre des Affaires Ecclésiastiques : Dr Linderman, Pathologie.
Comme vous pouvez le constater, Mesmer,
j'ai inclus entre autres un ministre de la Culture,
ce qui me donne l'opportunité de vous offrir un poste
de ministre sans portefeuille.
Vous sous-estimez les dangers de cette maladie,
Dr Mesmer.
Veuillez faire venir le Dr Magnus.
Je sais que l'épidémiologie
est votre domaine, Dr Mesmer.
Je suppose donc
que vous connaissez le phénomène mystérieux
communément appelé "Seigneur Rat".
Un groupe de trois ou quatre rats
dont les queues sont si inextricablement nouées
qu'ils finissent par en mourir de faim.
Durant la Grande Peste,
trouver une de ces choses avertissait de la venue de la maladie.
Juste avant la Peste Noire à Londres en 1348,
on a trouvé un Seigneur Rat
qui consistait en pas moins de cinq rats.
Si vous le voulez bien, Dr Mesmer,
cette découverte a été faite dans le sous-sol de l'Université,
dans la nuit de vendredi à samedi.
Sept rats.
Dr Mesmer !
Si vous quittez ces lieux pour mener à bien votre projet
il est de mon devoir de vous informer que par une action comme celle-ci
vous vous exclurez vous-même de l'Ordre des Médecins.
À partir de ce moment, vous serez considéré comme un patient.
Vous n'êtes pas au courant des fortifications autour de la ville ?
Ils ont muré les portes et les fenêtres en périphérie de la ville.
Vous ne pourrez pas surmonter ces obstacles.
J'ai acheté une oie à farcir.
DEUXIÈME JOUR : LA LIGNE
Je vais la faire bouillir et ensuite la cuire.
J'ai aussi acheté des truffes.
Je sais pas encore comment je vais les cuisiner.
J'ai aussi pris du poisson.
C'est pour le repas de samedi.
Niels !
J'ai vu que tu t'es décidé pour la peste bubonique.
Joli furoncle !
"Et bien que le furoncle puisse paraître dur et solide
"il peut rompre soudainement à la surprise de la victime
"et répandre un pus bicolore.
"Il est surprenant que les couleurs ne se mélangent pas
"et sortent ensemble mais séparément
"comme par la volonté de Dieu,
"sans se mélanger en une troisième couleur."
Il me semble que j'ai déjà vu ça avec du dentifrice.
Je sais pas si ça existe encore. Ça s'appelle "Signal".
C'était comme du dentifrice blanc ordinaire
sauf qu'il y avait deux minces bandes rouges.
Donc il y avait une pâte de deux couleurs qui sortait du tube.
Nos furoncles pourraient marcher comme ça ?
Ouais, pourquoi pas ?
La météo du deuxième jour d'écriture
prévoyait un vent venant du nord-est et les premières gelées de l'hiver.
Beaucoup attribuèrent au temps
la vague de torticolis qui suivit.
D'autres pensaient qu'ils avaient attrapé la grippe.
Les migraines n'étaient pas chose nouvelle pour les auteurs.
Elles apparaissaient souvent avec l'inspiration.
Le détail auquel je tiens, c'est qu'après avoir quitté la ville,
qu'il faudrait faire brûler derrière lui...
Je pense vraiment qu'il le faut.
Une fois qu'il a quitté la ville, la maladie commence à se répandre,
parce que c'est lui qui l'amène avec sa trousse de médecin.
OK, on y va.
On l'appelle "Dans la Ville" ? Ou juste "La Ville" ?
- "En Ville". - Ouais.
"En Ville".
Et par là, on devrait mettre :
"Fortification".
Ce sera dur à lire.
"Fortification".
Et là on voyagera à travers la campagne.
Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
Ah oui. Par ici, à peu près aux deux tiers du chemin.
Ici il nous faut une péripétie.
Écris "péripétie" là-bas, s'il te plait.
C'est juste que...
c'est le moment où le public aura envie de s'en aller.
- Donc il faut qu'on... - Place un péripétie !
Et ici, on va mettre "Wag".
"Wag Tann".
- Si tu veux bien. - Ça veut dire quoi ?
Cette bactérie qui se rapproche,
à laquelle on fait référence constamment,
devrait être accompagnée
par des accords de Wagner.
L'Ouverture de Tannhäuser.
C'est un idéaliste.
Donc si on met "Idéal" au début, ça ne peut pas être une mauvaise idée.
Voilà, on écrit "Idéal".
On devrait aussi écrire "Révélation" ici.
"Rev", ça devrait aller.
Donc ça se réduit en gros au jeune idéaliste
qui quitte la ville fortifiée,
qui est scellée parce qu'on soupçonne
que la maladie est apparue dans les alentours
On pourrait montrer les croix peintes dont on a parlé
et les gens imagineraient des maladies.
Mais la première véritable victime de la maladie
devrait être l'infirmière presbyte, tu ne penses pas ?
Il est clair que le médecin
répand la maladie d'une façon ou d'une autre.
Sans lui et son idéalisme...
Il n'y aurait aucun problème.
Une flèche. La révélation nous amène vers une fin religieuse.
Tu crois pas que c'est l'heure d'une petite bière ?
Oui, j'en boirais bien une.
Un film devrait être comme un caillou dans ta chaussure.
Santé.
Kruff est là.
Demande-lui quel vin on devrait prendre pour samedi.
Il s'y connaît bien en vin.
Certaines personnes
ne peuvent pas boire de vin s'il n'y a pas de bougie sur la table.
Certaines personnes ne peuvent pas vivre sans bougie.
Surtout quand elles boivent un bon vin ! Je n'en fais pas partie.
Il aurait fallu le faire décanter
pour le laisser respirer.
Il a un bouquet fantastique.
Oui. Très bon, en effet.
- Et aussi très affûté. - Oui.
C'est un... Marquis d'Angerville.
Peut-être un Clos des Ducs.
Il y a des escargots dedans !
Ça fuit.
D'habitude c'est difficile de verser avec ce genre de bouteilles.
Pas cette fois, on dirait.
C'est dur de voir où se situe le dépôt cependant.
Si on choisissait un vin comme celui-ci
comme vin rouge pour le plat principal...
C'est mieux que de le choisir comme vin blanc !
Oui, bien sûr.
Il faudrait qu'il soit beaucoup plus vieux que ça.
C'est un excellent vin !
- Dommage qu'on en ait renversé. - Tu as raison.
Et si on avait du blanc et qu'ensuite on buvait celui-là,
quel blanc tu choisirais ?
Je suppose...
Bon, il y a deux choix possibles. Soit un Puligny-Montrachet
ou un Mersault-Santenots.
D'Angerville fait aussi du Mersault-Santenots.
Ça reste dans la famille, quoi.
Ce Volnay Clos des Ducs
est meilleur qu'il en a l'air.
Je m'intéresse beaucoup aux maladies contagieuses.
Est-ce qu'il n'y a pas eu un type de peste
qui s'attaquait aux vignes en France,
il y a quelques siècles ?
Dans certains cas,
il arrive qu'un Auslese soit attaqué
par la "noble pourriture".
La veuve du Dr Thanisch...
Elle a été mariée à un médecin dans le temps.
Il cultivait de grands vins !
J'ai entendu dire
par un serveur de Lasserre à Paris...
Il m'a raconté une histoire.
Il y a...
Il y a longtemps, il y a eu une sorte de peste à Bordeaux.
Ça n'affectait pas les vins en bouteille
mais les raisins des vignes.
Ce n'était pas vraiment la peste...
Plutôt une sorte de parasite.
Le phylloxéra.
Je crois que le nom scientifique est Phylloxera vastatrix
Mais ça a ruiné la production française de vin pendant des années, non ?
Oui, le phylloxéra est un des pires parasites.
TROISIÈME JOUR : L'ALLEMAGNE
Qu'est-ce que tu fais ?
On doit aller en Allemagne.
Je croyais que vous deviez écrire.
...deux, trois,
quatre, cinq, six,
sept, huit, neuf, dix.
On voyage à travers quelques-unes des pires régions d'Europe.
C'est peut-être les plus intéressantes.
Toutes les industries d'Europe sont ici,
sur les grosses taches de la carte.
On va passer par Dortmund et Essen.
Ensuite Duisburg, puis Krefeld.
Krefeld.
Neuss, Dusseldorf.
On passera aussi par Remscheid, Solingen
et Leverkusen.
C'est là où se trouve le siège de Bayer Chemicals.
De là on partira vers Cologne.
Notre copain Mesmer poursuit sa route
à travers l'Europe rongée par la maladie.
Je pense qu'il est temps pour lui...
de rencontrer quelqu'un.
Je crois que j'aimerais bien...
que notre ami
rencontre un théologien.
On a déjà parlé
de la longueur des différentes formes d'éducation.
Le fait que...
les études spécialisées
sont devenues très courtes
dans cette société où on ne peut se projeter que quelques heures à l'avance
à cause de la maladie qui se répand à une vitesse record.
Mettons que ce théologien
a étudié pendant, disons, une heure et demie.
Ça nous donne l'occasion de nous moquer de la religion
et aussi du système éducatif.
Comme ça...
on peut introduire un peu d'humour dans la tragédie
Autre chose :
avec la peste les gens mourraient en quelques heures
et ils étaient vite enterrés.
Dans la précipitation certains ont été enterrés vivants.
Ce serait une bonne idée
si ça arrivait à la petite amie de Mesmer, l'infirmière.
Ça irait bien avec la mission de Mesmer.
Le troisième jour la bactérie avait incubé dans le sol.
La ville pouvait être divisée en plusieurs zones
selon le degré d'infection.
Les moyens de transport modernes aidèrent la bactérie à se répandre rapidement.
En quelques heures, les germes atteignirent de nouvelles régions du globe.
Niels !
"Signal Plus".
"Idéal pour la prévention".
"Testé cliniquement".
Merci.
Maintenant, nous allons tout révéler.
Le secret !
C'est plutôt dur.
Je vais faire...
une incision ici.
- Solide, ce tube ! - Je fais une incision ici.
Très solide, en effet. Ça fait peut-être partie du secret.
On ouvre là-haut et on peut voir
qu'il n'y a pas de bandes à l'intérieur.
Le truc blanc est d'un côté
et le rouge de l'autre.
Comment ils se mélangent ?
On dirait un ajutage.
Il y a un genre d'embout
dans lequel le truc blanc tire le truc rouge avec lui
à travers l'ouverture.
Oui !
- Et voilà l'histoire de "Signal". - "Plus".
- Bonjour. - Bonjour. Entrez.
Santé.
Alors, qu'est-ce que vous faites à Cologne ?
Et bien on écrit un script.
Ici ?
Non, on n'est là que pour quelque temps.
À part ça, comment tu vas ?
- Ma mère vient de mourir. - Je suis vraiment désolé.
Elle m'a révélé des choses qu'elle ne m'avait jamais dites.
Quel genre de choses ?
À propos de l'hôpital, le jour de ma naissance.
Elle m'a dit que le toit s'était effondré.
Le soir où elle est entrée à l'hôpital...
ils rassemblaient tous les bébés
dans une autre pièce,
que ma mère pouvait voir de sa chambre à travers une vitre.
Elle m'a dit qu'elle avait vu un mur de brique tomber,
et l'infirmière s'est jetée dessous pour protéger les bébés.
Elle a été blessée
et du sang a jailli de sa tête.
Donc ma mère
était bloquée dans un coin sans pouvoir sortir.
Elle a réfléchi, elle m'a dit,
et elle a commencé à gratter le mur avec ses mains pour faire un trou.
Et elle a appelé au secours et des gens l'ont aidé à sortir.
Ensuite, elle est sortie et...
elle m'a dit qu'elle m'a serré très fort contre elle.
Elle était à l'hôpital
sur Richard Wagner Straße.
Elle essayait de s'en aller mais tout était en flammes,
parce que c'était
le deuxième bombardement anglais de Cologne.
C'était la première fois qu'ils expérimentaient la bombe à phosphore.
Tout était en train de brûler
et elle voulait juste s'éloigner de tout ça.
Tout à coup, elle s'est retrouvée dans...
Vous voyez le lac ?
C'est au bout de Richard Wagner Straße.
Oui, je vois où c'est.
Et quand on va tout au bout, il y a ce plan d'eau.
Et elle s'en est rapproché, et elle m'a dit...
qu'elle a d'abord entendu des cris,
des gens criaient,
et elle a vu des tas de gens dans l'eau.
Ils avaient instinctivement
plongé sous l'eau à cause du phosphore
qui brûlait leur peau.
Et ils sortaient la tête de l'eau pour pouvoir respirer.
Et ensuite...
ma mère m'a dit une chose horrible.
Elle a vu une main qui sortait de l'eau.
Et elle a dit... Elle était tout près donc elle pouvait voir la main,
et il y avait seulement de la chair, parce que toute la peau avait brûlé.
Elle a gardé ça pour elle toute sa vie.
Elle a attendu le moment de sa mort pour me le raconter.
On y est. C'est l'endroit.
Bien sûr, toutes ces maisons étaient en feu
et de ce côté aussi.
On ne voit pas très bien d'ici.
Allons là-bas, on y voit mieux.
Voilà le lieu où
des centaines et des centaines de personnes étaient dans l'eau.
Tous ces gens criant dans ce lac...
Ce n'étaient pas des nazis. Ma mère n'était pas une nazie.
Je crois que j'ai trouvé comment appeler la maladie.
Je ne suis toujours pas fait à l'idée que je suis prêtre.
Tu sais, en une demi-journée tu peux être dentiste.
Ça prend une journée entière pour devenir pilote de ligne
et en deux jours, tu deviens prêtre.
J'ai étudié pendant deux jours.
Ils m'ont donné ce livre et ils m'ont dit que j'étais prêtre.
J'ai ouvert le livre.
C'était du Latin.
Je leur ai dit : "Ce livre est en Latin, bordel !"
Ils m'ont dit que j'étais un prêtre catholique.
Et puis quoi encore...
Il y a une semaine,
une vingtaine de personnes ont essayé de fuir le virus DIN
en allant dans la mer.
Ils ont construit une île artificielle avec quelques maisons dessus.
Quelques champs pour les cultures.
Tout ce dont ils avaient besoin.
Mais
l'île n'avait pas été conçue pour résister à une tempête.
Hier, on m'a dit qu'on avait trouvé ce qu'il en restait.
Vous ne diriez pas que ça constitue une bonne occasion pour un rituel ?
Par ici.
La cérémonie va commencer.
Passeport, s'il vous plait.
Merci.
QUATRIÈME JOUR : L'HÔPITAL
- Où est Niels ? - À l'hôpital.
Il a oublié de te le dire ?
Mais je ne pense pas
qu'il sera long.
Il a pris rendez-vous il y a pas mal de temps.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Ne me demande pas !
- Tu sais ce qui ne va pas chez lui ? - Non, j'en sais rien.
- C'est sa tête ou ses jambes ? - Sa tête, j'en ai peur !
Les choses allaient encore bien à l'hôpital le quatrième jour.
La routine quotidienne était encore bien huilée.
Rien ne clochait encore.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
J'ai remarqué des excroissances qui me grattaient et qui ont grossi.
Je les ai eues un moment. J'ai dû les faire enlever.
C'était prévu pour aujourd'hui. J'avais complètement oublié.
Ça ne me plait pas particulièrement de me faire ouvrir.
Je me suis évanoui quand j'ai vu le scalpel.
Il est allé vraiment profond.
Bon, si t'as envie qu'on écrive un peu...
OK.
J'ai tout le temps qu'il me faut.
- Et l'inspiration ? - Oh oui, ça va.
Merci.
J'ai dit à Palle
qu'on écrivait une histoire d'horreur.
Il a dit que tu étais le bienvenu
si tu voulais aller le voir.
Il est en bas, en pathologie, si t'es intéressé.
C'est gentil de sa part...
Tu ne crains pas les dissections ?
Tu veux pas y aller ?
Je sais pas trop.
Ça doit être très intéressant,
mais malheureusement je ne peux pas y aller.
Je ne peux pas y aller, Niels.
C'est pas pour moi, non.
Tu prends l'ascenseur jusqu'au sous-sol.
Il y a une navette là-bas.
Tu montes et tu demandes la pathologie.
Une blouse,
une calotte et un masque.
C'est à gauche.
Il n'y a aucun symptôme apparent.
Les fonctions physiologiques ne sont pas atteintes.
Il n'y a que peu de temps qu'on a remarqué
une altération des tissus glandulaires,
surtout chez les jeunes sujets.
Le premier cas date d'avant-hier.
Il y a eu douze cas hier.
On en a aussi eu quelques-uns aujourd'hui
avec cette altération des tissus. On a appelé ça "granula".
Je vais maintenant examiner les ganglions lymphatiques situés dans l'aine,
ou ici, derrière le sterno-cléido-mastoïdien.
Si c'est un autre cas, on devrait trouver quelque chose.
D'habitude on ne porte pas de masque et de gants pour les autopsies
mais c'est un phénomène nouveau.
Sa nature est inconnue, on doit donc prendre des précautions.
Je vais inciser ici.
Merci. Tiens ça ici.
Regardez ça.
Deux nodules de la taille d'un pois. Peut-être un peu plus petit.
Ce sont les plus gros qu'on ait trouvé jusqu'à présent.
Vous voyez, c'est plutôt mou. Et voilà.
Ils m'ont dit que ces idiots de médecins ont mis le feu à la ville.
Qu'est-ce que vous dites de ça, Mesmer ?
Ça a causé la panique à ce qu'ils m'ont dit.
Les premières victimes supposées du DIN
ont été trouvées à l'intérieur des murs de la ville.
Alors les médecins ont mis le feu aux zones infectées.
Ils savent quelque chose à propos du feu.
Il a commencé à s'étendre, Mesmer.
Ils m'ont dit que le feu a sauté de la cathédrale
jusqu'à l'Université.
Et de l'Université
jusqu'au musée,
que ces idiots de médecins
ont investi pour des raisons administratives.
Maintenant, les enfants de chœur se sont réfugiés à la bibliothèque.
C'est stupide, Mesmer.
Fermer la ville et jouer avec le feu.
Je suppose que la bibliothèque est en feu, elle aussi.
Bordel !
Tout ce dont un nègre a besoin c'est de chaussures trop grandes,
de petites chattes
et d'un endroit au chaud pour chier !
CINQUIÈME JOUR : LE DÎNER (LES FILLES D'ATLANTIC CITY)
Les auteurs avaient fait ce qu'ils avaient pu, arrivés au dernier jour.
Ils avaient imaginé une maladie incurable,
décrit l'épidémie
et basé leur travail sur la souffrance des autres.
Ils en avaient fini.
J'ai vu un film, Le roi de Marvin Gardens.
Ça se passait à Atlantic City. Ça a l'air d'un endroit excitant.
Alors, j'ai pensé que je pourrais...
trouver quelqu'un pour m'écrire un livre.
J'aimerais bien voir Atlantic City mais je ne peux pas m'offrir le voyage.
Je n'ai pas vraiment envie d'y aller
mais j'aimerais en apprendre plus sur cette ville.
La connaître par la description.
Les descriptions de ceux qui vivent là-bas. Ou un truc dans le genre.
J'avais envie d'écrire sur l'Amérique de la même manière que Kafka.
C'est son oncle qui lui avait fourni des infos dessus.
Mais je l'aurais fait avec des infos reçues par lettres.
Alors, je me suis limité à un endroit : Atlantic City.
J'ai cherché les noms des journaux locaux et je leur ai écrit.
RECHERCHE CORRESPONDANT
Dans mes lettres, j'ai fait croire que j'avais 16 ans
et j'ai eu les réponses qui allaient avec.
La plupart venaient de filles âgées de 13 à 16 ans.
J'ai eu un bon paquet de lettres.
Tellement de filles.
À peu près 70.
Je leur ai répondu à toutes en écrivant comme un ado.
J'ai gardé des copies de mes lettres.
ÉCRIS-MOI VITE !
"J'ai été très heureux de recevoir ta lettre.
"Merci beaucoup !"
"Je ferais mieux de te parler un peu de moi, maintenant."
À celle-là, je lui ai demandé :
"J'aimerais aussi savoir
"quelle sorte de bonbons vous avez dans votre ville."
Et j'ai eu la description détaillée d'une barre Hershey.
Mais tu as bien dû t'arrêter d'écrire à un moment, non ?
Ouais, c'est arrivé à un point où je ne pouvais plus continuer.
C'en était trop après qu'elles m'aient décrites leur moquette 17 fois.
"Cher Niels. Comment ça va depuis la dernière fois ?
"J'ai vraiment attendu de recevoir une lettre de ta part,
"je pense que c'est parce que la lettre que je t'ai écrite
"ou bien celle que tu m'as écrite n'est pas arrivée.
"J'espère vraiment que c'est la raison
"parce que j'ai envie de continuer à correspondre avec toi.
"J'espère qu'il n'y a pas eu un problème dans ta famille
"qui t'aurait empêché de me répondre.
"J'ai beaucoup à te dire, et j'espère
"que je recevrais une lettre de ta part très bientôt.
"Ton amie, Lisa".
Je ne lui ai pas écrit longtemps. Elle allait moins vite que les autres.
Dans sa première lettre elle avait écrit qu'elle devait venir à Copenhague
environ deux semaines plus tard.
Elle a trouvé mon numéro et elle m'a appelé.
Je suis allé la voir à son hôtel.
Elle faisait le tour de l'Europe avec sa tante.
Elle avait 14 ans mais elle en faisait 25.
Elle avait même une petite moustache !
J'ai dû rester assis là et...
elles me posaient des questions comme si j'avais 16 ans.
Alors, je devais avoir l'air d'un gamin de 16 ans.
Leur parler de l'école, des devoirs et tout ça.
C'était un peu embarrassant.
C'était pas très drôle. On était dans le hall
avec ces meubles d'hôtel
juste à côté du type qui donne les clés.
Pendant qu'on parlait,
la tante nous surveillait comme un vautour.
J'avais arrangé mes cheveux pour avoir l'air plus jeune.
Mais j'étais peut-être allé trop loin, alors j'ai dit :
"Il faut que je rentre.
"J'ai des devoirs à faire !"
Voilà un enregistrement de ma voix.
J'ai pensé que ce serait bien de te parler un moment.
Je suis en train d'écouter la radio dans ma chambre.
C'est un peu fort, je vais baisser.
Ça me plait vraiment de t'écrire,
ça me donne quelque chose à faire et à quoi penser.
Je sais pas, c'est sympa d'apprendre à connaître
quelqu'un de différent de toi, parce que
quand tu es né quelque part et que tu y as toujours vécu,
tu n'as pas l'occasion de voir beaucoup de gens et d'endroits différents.
Alors, le seul moyen, c'est d'aller là-bas
ou que les autres viennent, ou alors s'écrire.
Et comme mon père me laissera pas venir avant un bon moment,
je vais continuer de t'écrire. Mais un jour,
quand je viendrai en Europe, je passerai te voir.
Comme ça tu verras de quoi j'ai vraiment l'air, parce que ces photos
sont pas très bonnes.
Tu n'es pas comme je l'imaginais.
Non, tu n'es pas comme je l'imaginais.
Voyons, comment je t'imaginais ?
D'abord tu fais plus vieux que ton âge. Tu as quel âge ?
Je me rappelle, je t'ai envoyé cet article...
Tu as l'air plus vieux que ça.
Tu fais 20, 21 ans.
C'est à moi que tu parles ?
En fait, je pensais pas que tu ressemblerais à ça.
Je ne savais pas de quoi tu avais l'air.
Là, je suis assise par terre.
Ma mère m'appelle... pour un truc que j'ai pas fait.
Elle peut venir, je ne fais jamais rien de mal.
Si tu veux, tu peux t'enregistrer sur cette cassette et me l'envoyer.
C'est pas la peine de la garder, tu peux réenregistrer par-dessus ma voix.
De toute façon, ça vaut rien.
- Salut, Claes. Entre. - Merci.
On va passer à côté.
- Je peux prendre ton coupe-vent ? - Non, merci. Je vais le garder sur moi.
On va commencer avec du champagne.
Un Salon blanc.
- Colin fumé. - Qu'est-ce que tu as dit ?
- Colin fumé ! - Ça a l'air très bon.
Eh bien, santé ! Et bienvenue à la maison.
- Santé ! - Merci.
Excellent, hein ?
Tu sais, ce n'est pas un script dans le sens traditionnel du terme.
Voilà le résultat écrit d'un an et demi de travail.
- Euh... oui... - Douze pages ?
Ben, considère ça comme...
la description technique de l'intrigue.
Le squelette du film ?
On pensait présenter le film
d'une façon originale.
- On a prévu une surprise. - Quel genre de surprise ?
On a invité quelques personnes.
Ils vont nous aider à placer le script dans la bonne perspective.
J'ai rien contre.
Laisse-moi juste te dire
qu'on a investi beaucoup d'argent là-dedans
et j'ai placé ma confiance en vous, les gars.
Et il y a un conseil d'administration
qui dirige l'industrie du film,
dans ce petit pays.
Leur règle est
qu'il faut avoir un script d'au moins 150 pages.
Comment c'est ?
Je trouve que c'est excellent.
Rien de mieux que des truffes fraîches...
Leur odeur embaume une maison.
Oui, ça a très bon goût.
Je suis un fondu de truffes.
Il faut qu'elles soient fraîches, par contre.
Il y a plusieurs variétés.
Il y a des pécheurs qui les mettent dans des boites.
- Là, ça devient immangeable. - Tu exagères.
- Elles perdent leur goût. - C'est vrai.
Bon.
Laissez-moi vous dire quelque chose
à propos du film Epidemic.
Ou plutôt, je vais vous raconter la fin.
Notre héros, Mesmer,
après avoir traversé cet environnement infecté
s'est retranché dans cette grotte souterraine.
Niels pense qu'il devrait mettre une mosaïque en bas,
mais c'est juste un détail.
Une fois tout le monde autour de lui mort,
il se cache dans la grotte pour éviter l'infection.
C'est là qu'il découvre que c'est lui qui transmet la maladie.
Il sort de la grotte
en rampant le long d'un passage abrupt
et une fois en haut, il s'agenouille
et remercie Dieu pour la vie qui avait existé autrefois.
Il rampe hors d'une grotte... et il remercie Dieu ?
Oui.
C'est pathétique !
Je m'attendais à un peu plus d'action.
Une tragédie classique
où tous les personnages principaux meurent à la fin.
"Dieu tout puissant, je me meurs !" Tu vois ce que je veux dire ?
Des gens meurent, mais pas à l'écran.
Tu aurais préféré un bain de sang ?
Un script de douze pages avec ce genre de fin !
Je m'inquiète.
Je m'attendais à quelque chose de différent.
Dans les films, en particulier les films danois,
avec lesquels le destin m'a forcé à travailler,
il y a plein d'histoires
où les gens ne meurent pas,
ou bien, où moins de gens que prévu meurent.
Et où il y a moins de cris et pas autant de sang que j'aimerais.
Les choses déclinent, pas vrai ?
Comme si un brouillard nocturne arrivait et que tout disparaissait.
On attend nos invités.
- Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? - C'était une surprise.
Dans La Peste, Camus écrit sur un comptable,
un grand artiste qui essaye d'écrire un livre.
Pendant des dizaines d'années, il écrit les mêmes lignes
sur un cheval qui descend un boulevard.
Il ne va jamais plus loin.
Tu devrais aller ouvrir.
Voici Gitte et Svend Hamann.
Voici Lars et voici Claes de l'Institut du Film.
Voilà Susanne. Je vous en prie, asseyez-vous.
- Asseyez-vous là. - Merci.
- Café ? - Non, merci.
On commence ?
Gitte, détends-toi et écoute.
S'il vous plait, du calme. Tout doit être calme quand nous commencerons.
Ne parlez pas et ne bougez pas, OK ?
Gitte, détends-toi et regarde-moi.
Détends-toi. Ferme les yeux.
Tu entendras tout ce que je te dis.
Concentre-toi sur ma voix. Tu es sur le point de t'endormir.
Tu vas t'endormir à présent.
Pense que tu es sur le point de t'endormir.
Affaisse-toi sur la chaise. Affaisse-toi.
Ta tête devient lourde.
Maintenant dors. Dors.
Tu t'endors de plus en plus profondément.
De plus en plus profondément.
Tu dors maintenant très profondément.
Tu es dans un sommeil profond.
Tu te sens bien. Tu es détendue. Tous les bruits désagréables ont disparu.
Tous les bruits ont disparu.
Tu entends tout ce que je te dis
mais pas ce que je dis aux autres.
Tu entends seulement ce que je te dis à toi.
Maintenant, tu es dans un profond sommeil.
Un sommeil très, très profond.
Maintenant, écoute-moi et concentre-toi.
Tu as lu les mots.
Tu as lu les mots.
Rentre dans le film. Rentre dans Epidemic.
Je... marche dans la rue.
Qu'est-ce que tu vois ?
Il y a... des gens.
Ils... ont l'air très malades.
Ils...
Ils crient.
Ils crient fort !
Ils réclament quelque chose !
Que réclament-ils ?
Ils crient.
Pour que Dieu les aide, je crois.
Ils crient à l'aide. Ils ont peur.
Et il y a des rats.
Des rats... avec de très longues queues.
Des queues plus longues que leur corps.
Chacun va de son côté,
personne ne veut parler.
Ils ont peur les uns des autres.
Peur de l'infection et de la mort.
Ils souffrent terriblement.
Ça... ça me fait mal.
Sur certaines maisons
il y a de grandes croix peintes.
Parce que... la maladie les a atteintes.
Il y a peut-être...
des gens morts à l'intérieur.
Va dans la maison !
La femme est couverte de furoncles...
Elle est allongée là... elle me fixe du regard.
Les enfants commencent à gémir doucement.
Ils sont terriblement effrayés.
Est-ce qu'il y a d'autres personnes malades dans la maison ?
Le mari s'est levé d'un bond.
Il commence à déshabiller les enfants.
C'est... c'est encore pire.
Ils sont pratiquement noirs.
Il y a des gens le long des rues.
Ils sont malades.
Le chariot...
Cet homme jette les gens.
20, 30, 40... Je n'arrive pas à compter.
Il les jette, comme ça.
Il y a des trous partout.
Plein d'enfants !
Des corps humains.
Ils meurent dans les rues !
Ils gisent partout et ils meurent !
Nous tombons tous !
Nous tombons tous !
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