Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Debout ! Debout !
Allez !
Ne craignez rien, ce n'est qu'un orage.
Maudite soit cette pluie.
Elle va les ralentir.
Ils n'arriveront jamais ici.
Après trois années passées à guerroyer,
ce n'est pas un orage qui va les arrêter.
Au pire, ils perdront seulement un jour ou deux.
Seulement, tu dis ?
Une seule heure me parait déjà trop.
BLACK PLAGUE
ANGLETERRE 1348
Ma chère Matilda.
Mon époux... Où est Walter ?
Hélas il n'est pas ici.
Les Français l'ont...
De l'aide !
Je l'ai acheté à un marin.
Très joli, bien qu'un peu maigrelet.
Une petite créature rusée. Il vous tiendra compagnie, Matilda.
Comment a-t-il été tué ?
Matilda...
Mon oncle n'est pas mort.
Quoi qu'il fut un moment où nous l'avons cru.
Au nom du ciel, Nicholas, où est-il ?
En Bretagne, prisonnier du Comte de Fougères.
Otage ?
Si seulement vous aviez pu le voir. Il a été magnifique !
Il a provoqué le Comte en combat singulier.
Mais nous n'avons pas manqué de distraction pour autant.
Voici ce qui a été décidé :
trente de leurs combattants contre trente des nôtres.
Imaginez, Matilda :
à l'unisson, nos épées comme possédées,
ont taillé et pourfendu ces bâtards !
Le sang jaillissait de leurs veines !
Il suffit !
Vous m'indisposez avec vos prouesses.
Venez-en au fait.
Dites-nous comment revoir mon mari.
Soyons réalistes :
comment payerons-nous une rançon pour le libérer ?
Nous avons les moyens.
Petit insolent, que savez-vous de nos moyens ?
Nous sommes ruinés par cette guerre !
Plait-il ?
Nous avons mieux que de l'argent : nous avons un prisonnier !
Capturé de mes propres mains,
et qui n'est autre que le fils aîné du Comte : Jacques de Saint Amant.
Et le prix pour ce français est bien plus élevé
que la rançon de mon oncle.
J'assure donc, non seulement le retour de Walter jusqu'ici,
mais aussi un profit pour nous tous.
Comment osez-vous parler de profit
alors qu'à cet instant Walter moisit dans une geôle ?
Pas pour longtemps, le Comte enverra bientôt l'argent.
Si vous aviez échangé les otages, mon mari serait ici aujourd'hui !
Faire cadeau de cet homme à nos ennemis ?
Non !
Il était de ma responsabilité, et même de mon devoir,
d'agir au mieux de nos intérêts.
Jamais vous ne changerez...
Votre devoir était d'abord de le ramener au pays au plus vite.
Quel culot !
Vous osez me parler de devoir, à moi qui suis de son sang ?
Si nous parlions plutôt des vôtres, douce Matilda ?
On conçoit qu'il préfère jouer de l'épée que rester ici.
Chaque jour dans son foyer lui rappelle vos manquements, hélas.
Non, Nicholas, pas ça !
J'attendais mon époux et vous me ramenez cette bestiole ?
Sortez maintenant !
Ouvrez, Randall. Je veux voir le prisonnier.
-Je vous l'amènerai, Milady. -Je veux le voir maintenant !
-Milady... -Je vous dis d'ouvrir !
Monseigneur ?
Messire ?
Dame Matilda, épouse de Sir Walter de Mellerby.
Mon neveu vous a traité de honteuse façon.
Veuillez nous en excuser.
Laissez-moi vous ôter cela.
Je regrette les circonstances qui vous amènent, Monseigneur.
Aussi longtemps que vous demeurerez à ma charge,
vous serez traité avez respect,
comme j'aimerais que mon mari le soit.
Je vous en donne ma parole.
Le destin est bon envers moi.
Agnes ?
Viens faire chauffer de l'eau.
Bougresse !
Est-ce douloureux ?
Chaque jour que Dieu fait...
Je vous demande pardon, Messire.
Randall Bacon.
Notre maîtresse m'a désigné pour vous avoir à l'œil.
Ses règles sont simples.
Un : du lever au coucher du soleil,
vous pouvez déambuler dans le domaine
mais sous ma surveillance.
Deux : durant toute la durée de la nuit,
vous serez sous les verrous dans cette pièce.
Mes règles sont encore plus faciles.
Au moindre mauvais tour,
je vous coupe les couilles et vous en fais un collier.
Avez-vous des questions, Monseigneur ?
Une seule.
Votre nez...
Oui, et bien ?
Où est-il ?
-Vous n'en avez point ? -Non, et c'est tant mieux.
Il ne se bouche pas, je n'ai pas à le décrotter,
et la puanteur étrangère le laisse indifférent.
Je savais nos finances mauvaises, mais j'ignorais à quel point.
L'impôt est trop faible, il fallait l'augmenter,
ainsi que je vous l'ai dit.
Même avec la pluie, nous aurions eu une chance.
Dieu sait quels efforts je déploie !
Même les chiens n'osent plus s'aventurer près de moi
de peur que je les fasse payer.
Et que va-t-on devenir ?
Tout va pourrir sur pied.
Ces satanées récoltes et nous-mêmes...
Peut-être pas.
Apprêtez-vous, Matilda.
Nous allons devoir rendre visite à l'évêque.
L'évêque ?
Mais je n'ai rien à me mettre.
Il vous faut pourtant trouver une toilette.
"Gardez-le précieusement." T.B.
Honte à vous, Matilda.
Sir Walter vous aurait défendu de la porter.
Vous avez demandé à me voir élégante.
Vous savez que mes plus belles robes
ont été vendues pour payer nos dettes.
De là à déposséder les morts, c'est un sacrilège.
Que voulez-vous ?
Que j'aille voir l'évêque mal apprêtée ?
Mon époux ne m'en voudrait pas.
C'est pour lui que j'agis de la sorte.
Il a vendu mes robes.
Celles de l'autre, il les a gardées.
Viens.
Non, pas encore. Reste un moment à genoux.
Oh comme le temps peut nous jouer des tours,
très chère Matilda.
Je me rappelle quand tu étais comme cela,
Si petite que tu ne m'arrivais même pas au nombril.
Regarde-moi.
Regarde-moi.
La beauté n'en a pas fini avec toi, Matilda.
Non, pas encore, bien au contraire.
De fierté, ton père s'étoufferait s'il pouvait voir...
quel fruit magnifique tu es devenue.
Mais dis-moi :
que viens-tu faire ici ?
Payer, ou plaider ?
Votre Grâce, laissez nous dix jours de plus.
Hors de question.
À minuit, vos terres seront confisquées.
J'ai un moyen, Votre Grâce.
Mais d'argent, non, il faut attendre.
De quel moyen parles-tu ?
On dit que ton mari est prisonnier,
et que ton neveu est revenu de France
les mains aussi vides qu'il a la tête et le pantalon.
Nous avons un otage.
Le fils du Comte de Fougères.
Votre Grâce, je n'implorerais pas votre indulgence
si je n'avais cette assurance.
Le Seigneur s'est montré bien généreux
en t'offrant ces formes, Matilda.
Et j'ai souvent pu observer que les plus précieuses choses du monde
sont aussi parfois les plus inutiles.
J'exige plus que je ne mérite.
Seulement dix petits jours,
et je serai éternellement votre débitrice.
Oh, tu l'es déjà.
Bien. Lève-toi.
Voilà.
Pour l'instant j'en ai 47, mais avec le temps,
j'espère en avoir plus.
Tu ne peux pas imaginer
les difficultés que j'ai eu pour les acquérir.
Et encore moins combien ils m'ont coûté.
Des dessins magnifiques, un vrai travail d'artiste.
Et les couleurs sont exquises, tu ne trouves pas ?
Dix jours, tu demandes,
et dix jours je t'accorde.
Toutefois, si tu n'honores pas ton obligation,
tu devras te soumettre à mes caprices
de 47 façons différentes.
Tu veux peut-être y réfléchir ?
Voyez comme nous avons le sens de l'hospitalité.
Pas de cul de basse-fosse pour notre noble prisonnier étranger.
J'ai l'impression que notre tante sait se montrer plus généreuse
avec nos ennemis qu'avec ses proches.
Viens là, saleté !
Silence ! Silence !
Foutues bestioles !
Et en plus, tu m'offres des distractions.
Tu fais erreur.
Non, la distraction, c'est toi qui vas nous l'offrir.
Si tu veux t'amuser, cours après ton petit singe.
Oh, il joue les jeunes coqs,
alors qu'il n'est qu'un chapon.
Un chapon ?
Par l'amour Dieu, que fait ce bougre ?
Dis-moi ce que tu vois.
Dis-moi !
Plus que je ne le voudrais.
Et rien qui mérite qu'on n'en parle.
Dis-moi : qu'est-ce que tu vois ?
Je vois tes couilles.
Je vois tes deux ridicules boules.
Rembale, maintenant.
Tu ne les trouves pas admirables ?
Qu'est-ce que ceci ? Serait-il fou ?
Dis-moi maintenant : que penses-tu d'elles ?
Sont-elles petites ? Sont-elles ridicules ?
Non.
Dis-moi.
Elles sont grosses. Immenses.
Énormes comme les cloches de l'église.
Maintenant, éloigne-moi d'elles, je t'en prie !
Lâche-moi !
Porc !
Alors, qu'en est-il ?
Il veut bien ?
Dix jours.
Ils vous accorde dix jours, c'est une bonne chose.
Vous n'avez pas accepté ?
Matilda, avez-vous accepté ?
-Il m'a montré des dessins. -Des dessins ?
Et il a dit que si on ne payait pas...
Je vois, n'en dites pas plus.
Je comprends, il est un peu...
particulier, c'est vrai.
Mais, Matilda, écoutez-moi...
Nous n'avons pas le choix, retournez-y.
Que j'y retourne ? Je refuse !
Comment ? Dieu vous pardonne votre arrogance !
Songez au domaine, aux terres de votre mari.
À son honneur, à notre subsistance !
Voyons, nous faisons tous des sacrifices !
Par ailleurs, ce que Sa Grâce attend de vous,
est-ce réellement si précieux ?
-Et bien ? -Dix jours.
Parfait.
Parfait.
À présent très chère enfant, il serait bon de employer
au versement d'une petite avance.
Vous avez une main. Utilisez-la.
Que s'est-il passé ? Où est Nicholas ?
Matilda !
Réveillez-vous !
La belle Matilda est de retour !
Allez, Matilda !
Ça fait trois longues années...
Tu dois en mourir d'envie !
Mais qu'avez-vous fait ?
Quoi ?
C'était mon otage. En quoi cela te regarde ?
Votre otage ? Jacques de Saint-Amant ?
Jacques de Saint-Amant...
Le chevalier sans peur et sans reproche...
Qu'il aille au diable !
Milady, je vous en prie, venez !
Amenez-le à l'intérieur.
Vous êtes sourds ? Amenez-le tout de suite !
Dieu soit loué !
Penchez l'oreille.
Ayez pitié, Seigneur, exaucez-moi !
Messire, laissez-nous vous soigner !
Donne-lui la curation !
Entendez mes cris suppliants. Écoutez ma prière.
-Immobilise-le. -Je m'en occupe.
Aidez-le à surmonter ses blessures.
Guérissez-le.
Voilà, je le tiens. Maintenant !
Reposez-vous.
Viens. Assieds-toi.
Enlève ce sifflet de ta bouche.
Son otage... Est-il occis ?
-Il est loin d'être mort. -Mais tu me l'avais dit fini.
Elle a tout fait rater.
Pour le sauver,
elle serait allée jusqu'à lui donner le sein si nécessaire.
Épargne-moi tes vulgarités.
Porte-lui ça.
Mais qu'elle ne sache pas que tu en es le messager.
Nous nous reverrons quand l'heure viendra.
Comment va votre invalide ?
Il vivra. Il a meilleure mine que vous.
Pour sûr, qu'il vivra !
Ce pouilleux simule, et vous vous laissez abuser.
-Milady. -Merci.
De qui vient ce pli ?
Un mot de l'évêque.
À quel sujet ?
Cela ne vous regarde en rien.
Bien au contraire ! J'ai le droit de savoir !
Le bruit court que nous sommes à un doigt
d'être confisqués par l'épiscopat.
Croisez le fer !
Agnes, ça ira, tu peux disposer.
Ça ne m'embête pas, Milady.
-Je m'en occupe, laisse. -Vraiment ?
Nous ignorions si vous alliez survivre.
S'il y a des mots capables d'exprimer mes regrets...
Vos attentions me suffisent.
J'espère conclure un marché avec votre père
dans les jours qui viennent.
Dans votre intérêt, le plus tôt sera le mieux.
S'enfuir ? Il tient à peine debout. Alors seller un cheval...
S'il craint pour sa vie, il trouvera un moyen.
Que me suggérez-vous de faire, alors ?
L'emprisonner comme un vulgaire maraud ?
Suffit !
Il reste huit jours, Milady.
C'est hors de question !
Comme il vous plaira.
Prions seulement que vos attentions dévouées
le gardent parmi nous.
Que dois-je comprendre ?
Et bien si l'affaire tourne mal, la faute vous en incombera.
Suis-je clair ?
Ils n'ont pas pu me retenir.
Rien ne peut me retenir.
Ni leurs cachots puants, ni leur satanées chaînes,
ni la satanée mer, ni le satané vent,
ni le satané froid, ni la satanée boue,
ni cette foutue satanée pluie.
Je me suis accoutumé aux différents visages de la mort.
Mais ceci, je ne l'avais encore jamais vu.
Au nom du ciel, comment a-t-il péri ?
-Regardez le petit singe. -Je le vois. Pauvre bête.
Observez la main de Nicholas. Elle est toute contractée.
Cette tension prouve une chose :
la fin de ce malheureux a été rapide.
-La miséricorde divine. -Et brutale...
Une douleur horrible l'a surpris,
s'est crispée autour du cou de l'animal comme un étau
unissant les deux pour l'éternité.
Il est mort sans absolution,
et ses péchés, je le crains, étaient légion.
Vous a-t-on dit comment il a été découvert ?
Est-il possible qu'en tentant d'attraper le singe,
un soudain effort ait pu lui être fatal ?
Oui, son intensité a provoqué la mort.
C'est pratiquement sûr.
Mais ce n'était que la fin d'une longue agonie.
Nous devrions plutôt nous intéresser à son origine.
-Voyez ces grosseurs. -Je les trouve répugnantes.
J'avoue n'avoir jamais vu pareille ulcération jusqu'ici,
mais j'ai peur d'en avoir entendu parler.
Vous voyez peut-être à quoi je fais allusion.
Je vois très bien, mais...
Il serait plus judicieux de supposer le pire.
-Voudriez-vous m'aider ? -N'en avez-vous pas assez vu ?
Dieu du ciel !
C'est impossible !
Prévenez l'intendant. Qu'il vienne.
Anazapta.
Les souvenirs me ramènent à cette journée
comme le chien revient à ses vomissements.
J'ai seulement obéi aux ordres, ce jour-là.
Et maintenant, qu'allons-nous faire ?
L'enterrer au plus vite. Et prier...
-Puis-je le voir ? -Mieux ne vaut pas, Matilda.
Pour votre bien.
Il faut l'envelopper de suite dans un linceul.
Que lui est-il arrivé ?
Écoutez-moi :
nous devons rassembler les hommes revenus avec maître Nicholas.
Si mes soupçons sont exacts,
notre bien-être, et celui de tous les gens de notre paroisse,
sont menacés.
Bras en l'air, bon sang !
Va-t-on enfin nous dire ce qui se passe ?
C'est ainsi qu'on nous remercie ?
On risque notre vie en France,
et on est traités comme des misérables.
Un peu de patience.
D'abord, gardez votre calme.
Facile à dire.
C'est pas lui qui reste planté là, à se geler les grelots.
Aucun risque, il lui en faudrait pour les avoir gelés.
Silence !
Le prochain qui fait le malin va au devant de moult problèmes.
Mais...
Si vous n'y arrivez pas avec la perche,
oubliez ces sornettes et utilisez vos mains.
Vous y êtes ?
Allez, on lève !
Regarde.
-Il a des marques plein la peau. -Ne le touche pas !
Dépêche-toi, au tu auras aussi des marques partout.
Tout se passera bien,
tant qu'on ne le regarde pas dans les yeux.
C'est comme ça que ça nous attrape.
Combien de temps ça va durer ?
T'as les mamelons qui pointent, la donzelle ?
J'ai dit de lever les bras.
Ce gonflement,
tu l'as depuis longtemps ?
-Et pourquoi donc ? -Réponds !
Il va, il vient.
Je l'ai surnommé Perceval.
Il émet des sécrétions gluantes ?
Posez-lui donc la question.
Je vous assure que l'heure n'est pas là la plaisanterie.
À mon avis, tout ça, c'est à cause de la mort de maître Nicholas.
Ça n'a pas traîné.
Ça m'embête que de temps à autres.
Ça gonfle d'un coup, c'est boursouflé,
et parfois tout violet.
J'ai beau être gaillard, ça me fait souffrir le martyre.
J'ai peine à marcher, hein les gars ?
N'est-ce pas que je déguste ?
Dites-nous, docteur,
qu'est-ce qui a tué maître Nicholas, d'un seul coup ?
C'est-y des pustules ?
Comme celles que le John a attrapé ?
Vous vous rappelez toutes ces histoires qu'on disait en France ?
Ce foutu brouillard qui puait la mort...
"La plus affreuse des terreurs", qu'ils disaient...
Ça vous fauche un homme si vite qu'il peut même pas se repentir.
Ça le couvrait de pustules si terribles
que tous les pauvres sires qui partageaient le même campement
ou qui l'avaient porté dans sa tombe finissaient comme lui.
Avec aussi des pustules toutes noires, et puantes.
Horrible, ça fait froid dans le dos.
Ce n'est qu'histoires et racontars.
Qui de vous l'a vu de ses propres yeux ?
Je le jure devant Dieu, docteur. Demandez à ma femme.
Je traîne Perceval depuis des années.
Ils peuvent se rhabiller.
On m'a dit qu'il y en a encore un à examiner.
-De qui il parle ? -Du Français, triple buse.
Fais ta prière.
On aura ta peau, démon.
Toi et ta maudite pustule vous êtes finis.
Docteur, pourquoi vous leur dites pas ?
Je suis pas malade.
Je vais bien.
Monseigneur.
Quelqu'un demande à vous voir.
Sortez.
J'imagine que Monseigneur a été informé de
-cet événement catastrophique. -Oui.
Je ne lui gardais pas rancune.
Vous comprendrez qu'il est nécessaire de vous examiner.
Faites ce que vous avez à faire.
Vous devez être impatient de revoir vos terres et votre noble famille.
Je me sens ici chez moi.
Vous allez devoir ôter vos habits.
Mais qu'est ceci ?
Qui êtes-vous ?
Vous le savez.
Non !
Matthew, vous êtes là !
Dieu soit loué !
Aidez-moi !
Pardonnez-moi.
Elle était déjà morte.
Je n'aurais rien pu faire de toute façon.
Acceptez ceci,
en signe de pardon, l'ami.
Walter ne nous le pardonnerait pas.
Son neveu porté en terre sans funérailles ?
Surseoir à l'enterrement n'est pas pensable.
C'est beaucoup trop risqué.
L'épidémie ne doit pas se répandre dans le village.
Quelle épidémie ?
Pour l'heure, nous n'avons qu'un seul malade.
Le médecin ? Il ne reste pas ?
Matthew, attendez !
Matthew, de grâce !
Place, manants ! Écartez-vous !
Merci beaucoup.
John ?
John Harding ?
Pitié...
Pitié, aidez-moi...
Mais que diable... ?
Milady ?
Joan ?
Est-ce vous, Joan ?
Il me faut partir !
Satanée maison !
Elle est damnée !
Je dois m'en aller
aussi loin que je pourrai.
Ah, si je n'avais pas mon dos qui me fait si mal,
je l'aurais porté moi-même, pustules ou non.
Heureusement que Sir Walter n'a pas assisté à cela.
Un de ses proches parents
qu'on balance au fond d'un trou comme un sac de crottin...
Remarquez, c'est lui le vrai coupable.
Il n'est jamais là, toujours à l'étranger.
Il préfère les champs de bataille.
Allons, vous trouvez ça sensé ? À son âge ?
Avec une jolie pouliche à la maison qui ne demande que ça...
Il serait temps qu'elle lui donne un fils,
tous les gens le disent.
Toutes ces années, et aucune graine de plantée...
La mignonne est peut-être un peu froide entre les jambes,
mais pour être franc avec vous Messire, d'homme à homme,
il en faudrait peu pour qu'elle se réchauffe
si un coquin lui flattait la croupe...
Faut dire aussi qu'entre son vieux mari
et son imbécile de neveu...
Paix à son âme.
D'ailleurs,
j'ai grand peine à comprendre comment un homme comme vous,
a pu être capturé par un tel idiot.
Je suppose que c'est lié au fait d'être français.
Vous aimez parler, hein ?
Oui, j'aime parler, manger... J'adore manger.
Et bien sûr, je suis pas contre une bonne baise.
Tout ça dans le bon ordre.
Je dis toujours :
"Si Dieu nous a mis une bouche au milieu du visage
c'est pour qu'on s'en serve."
Allez entrez, c'est l'heure.
Joan... Il appartenait à Joan.
Aucun salaud ne me gardera ligoté.
Aucune prison ne me retiendra, vous m'entendez ?
Je suis libre, bande de bâtards. Aussi libre qu'un oiseau.
Ouvrez ma cellule, misérables.
Deux gardes avec le cou brisé,
c'est tout ce que vous y trouverez.
Quoi ?
Milady !
Milady !
Il a filé, Milady ! Le Français a disparu !
Elle vient d'arriver, mon père.
Depuis la Bretagne, pour maître Nicholas.
C'est ainsi que vous me remerciez ?
Après tout ce que j'ai fait ?
Je vous ai invité dans ma maison,
j'ai soigné vos blessures contre l'avis de tous.
À cette heure,
vous pourririez dans un cachot sans mon intervention.
Si j'avais voulu m'échapper, nous ne serions pas là.
J'avais foi en vous.
Je vous ai accordé ma confiance et vous l'avez trahie.
Je ne me fais pas à la captivité, adorable geôlière ou pas.
Épargnez-moi vos flatteries.
Pardonnez-moi.
C'est à moi de m'excuser.
Jusqu'au retour sain et sauf de votre mari, je vous le promets :
je ne vous quitterai plus.
Walter souffrait-il d'être captif ?
L'avez-vous déjà vu combattre ?
Quand un homme se bat
comme si sa vie ne comptait plus,
c'est parce qu'il a déjà dû souffrir beaucoup.
Sa première femme, Joan, a été emportée par la fièvre.
Il ne m'en parle jamais, mais ses silences sont accablants.
Il aura également bien du chagrin d'apprendre la mort de Nicholas.
À l'enterrement, vous n'avez pas eu peur de le toucher.
Je lui devais bien ça.
Vous ne lui deviez rien. Il a tenté de vous tuer.
Il m'a amené ici.
Jusqu'à vous.
Randall...
Vous l'avez trouvé !
L'homme qui passe à travers les portes.
Escortez immédiatement le prisonnier.
Un moment, je dois reprendre mon souffle...
Non, maintenant.
Randall Bacon !
Le prisonnier, vous devez l'emmener voir le prêtre.
Dépêchons.
Allez ici, allez là, emmenez, ceci, emmenez cela...
Je mange quand moi dans tout cela, tudieu !
Randall Bacon, laissez-nous.
Je n'ai pas encore eu le plaisir...
Lisez.
Un homme de votre rang sait lire, non ?
"À Nicholas de Mellerby,
de la part de Louis de Saint-Amant, Comte de Fougères."
Votre illustrissime père, Messire.
"En réponse à votre offre d'échange réciproque d'otages,
à savoir Sir Walter de Mellerby et mon fils aîné Jacques,
que vous déclarez tenir captif,
apprenez Messire qu'hélas, à mon très grand désespoir,
le jour de la Saint Barthélémy, à la bataille de Montier,
mon bien aimé fils et héritier, le chevalier Jacques de Saint-Amant,
a sacrifié sa vie pour défendre nos terres
contre les Anglais.
Alors ?
Qu'en est-il ?
Vous êtes mort ?
Vous êtes un usurpateur !
D'abord votre neveu,
-maintenant le docteur. -Oh, non...
Matthew...
Les marques du diable.
Qui a pu faire ça ?
Aucun de nous autres, on sait pas écrire.
"Ecce agnus dei."
Ces mots,
qu'est-ce qu'ils signifient, Milady ?
C'est ce qu'on dit à la messe, non ?
Voici...
Voici l'agneau de Dieu.
Votre nom, jeune homme.
Jacques de Saint-Amant...
Parle !
de Fougères.
Donnez-moi des preuves, dans ce cas. Une bague, un sceau...
Les vôtres m'ont tout pris en me capturant.
Comme c'est facile...
La vie d'un gentilhomme est en jeu !
Comment osez-vous en faire fi !
Sir Walter ne mourra pas en France, vous avez ma parole.
Votre parole ? Et c'est la parole de qui ?
Qui êtes-vous ?
Dites-le moi.
Espèce d'impudent !
Je saurai la vérité,
même si je dois te rosser pour te l'extirper !
Dis-la moi !
Dis-la moi !
Qui es-tu ?
Dis-le-moi ! Dis-le-moi !
Pardonnez-moi mon père, parce que je vais pécher.
Ayez pitié, Seigneur.
Souvent,
j'ai des visions que je ne peux expliquer.
Des éclairs lumineux dans me tête
qui explosent.
Une lumière qui m'éblouit, qui brûle ma raison.
Si chaude et si brillante que sa beauté aveugle mes yeux.
Un million de dagues percent mon cœur.
Et mes pupilles me brûlent.
Et ma gorge se noue si fort que...
je n'arrive plus à avaler...
ni à respirer.
J'étouffe.
Vous comprenez ça ?
Mon nom est...
Pitié, non !
Mon...
Mon nom...
Pardonne-moi...
Pardonne-moi...
Elle est venue à moi pour se confesser.
J'ai honte. Je ne pense qu'à lui, mon père.
C'est affreux, ça m'obsède.
À toute heure du jour, le désir m'envahit,
m'interdisant de dormir, de manger, de penser,
ou prier...
J'essaye...
Je récite des prières, mais la foi me manque.
Si seulement Dieu pouvait me délivrer de ce désir,
de ce mal qui me fait tromper mon glorieux mari...
Oh Seigneur, s'il savait comme je l'ai déshonoré.
Je l'ai trahie,
et j'ai également trahi mes vœux.
Je souhaitais tellement gagner la faveur de Sir Walter
que je lui ai tout raconté !
Gueuse !
J'aurais dû tenir ma langue !
Au lieu de cela, j'ai péché.
Je l'ai vendue, et maintenant...
à cause de cela, le village entier est damné.
Je sais à quel point les remords vous ont tourmenté
au long de toutes ces années.
Vous avez prié.
Vous avez prié le Très Haut de mettre fin à vos angoisses
et de vous aider à faire la paix avec elle.
Vous pouvez faire la paix avec moi.
Vous devez me donner la lettre.
Je n'en toucherai mot à personne.
Salaud de meurtrier !
Non, non ! Ne vous inquiétez pas !
J'ai eu un étourdissement.
Étourdissement, mon cul !
Vous ne me feinterez pas !
Je l'ai vu de mes yeux, je l'ai pas rêvé !
Il lui serrait la gorge, le père tirait la langue
-et devenait tout bleu. -Je tirais la langue ?
Vous perdez la raison.
Dieu m'en est témoin : le Français voulait le tuer.
Il suffit !
Il est mort !
Le docteur est mort.
Poussez-vous !
Laissez passer la maîtresse !
-Lâche-la, pouilleux ! -Du calme.
Écartez-vous.
L'intendant !
Où est l'intendant ? Elias !
Elias !
Qui a fait ça, Seigneur ?
Qu'allons-nous devenir ?
Où allez-vous, mon père ?
C'est diablerie !
Aucun ver ne me rongera les chairs.
Aucune croix ne sera placée au dessus de ma tête.
Je continuerai jusqu'à ce que mes pieds soient moignons,
que ma poitrine ne se gonfle plus, que mes dents ne claquent plus...
Ayez pitié !
C'est ma faute !
Miséricorde !
Et maintenant l'intendant...
"Ecce Agnus Dei
Qui Tollis Peccatamundi"
"Voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde"
"Anazapta"
Il y a une lettre pour vous,
de la part de l'évêque.
Je l'ai mise dans votre chambre.
C'étaient nos amis, Agnes.
Que fera-t-on sans eux ?
Il n'est pas sain de respirer cet air, Milady.
Vous devriez sortir.
Randall Bacon aimerait vous entretenir.
Seul à seul, sans le Français.
Qu'il patiente.
Est-ce vrai ?
Il traverse les portes ?
Une mauvaise excuse de Randall pour sa négligence.
Il y en a d'autres qui disent des choses.
Des rumeurs, tout ça.
On ne doit pas écouter les commérages.
Notre avenir dépend de l'argent que cet homme me rapportera.
-Que pourrais-je faire d'autre ? -Je dis juste ce qu'on raconte.
Alors bouche tes oreilles.
Attends.
Nicholas,
son cadavre portait-il des marques ?
Des marques ?
-Comme des pustules ? -Non.
Je parle de lettres, de mots.
Des mots ?
Comme sur les manuscrits ?
Non.
Je n'ai rien vu de cela.
Mon Père.
Mon Père ?
Mon Père !
"Joan de Mellerby Repose en paix"
"Décédée le jour de la Saint Matthieu"
C'est demain !
Septembre...
Ah, voilà.
21 Septembre Saint Matthieu l'Apôtre à Bracken-on-the-Moor.
Thomas Basset le félon a ravi Joan, épouse de Sir Walter de Mellerby,
contre la volonté de son mari.
Thomas a dû en répondre devant le Seigneur.
Il s'est confessé puis a été pendu.
Et Joan ?
Qu'en est-il ?
J'ai pas de pustule !
Vous faites erreur ! Sales fils à putains !
Regardez, vous voyez quelque chose ?
Arrêtez ! Le galeux, c'est peut-être un de vous !
C'est John Harding !
C'est John Harding !
Aidez-moi, Seigneur !
C'est lui qui a amené ça, et il l'a payé, le vérolé !
Réveillez-vous !
Milady, debout.
Vous devez intervenir.
Ils sont encore là ?
Pendant toute la nuit...
Il y a tout le village.
La moitié est ivre, et ils boivent encore.
Ils se comportent comme des sauvages.
Dame Joan avait-elle un amant ?
Pardon ?
Est-ce que Joan avait un amant ?
Milady...
Le jour de sa mort, ils ont pendu un homme.
C'était son amant ?
J'étais une enfant... Je ne sais pas...
Pourquoi me l'a-t-on toujours caché ?
Caché ? Quoi donc ?
C'est du passé, intéressez-vous plutôt au présent.
Regardez dehors.
Les horreurs que nous vivons sont liées à elle.
Voilà ce qui me préoccupe tant.
Des horreurs, vous dites ? Venez, je vais vous en montrer.
Ils disent que c'est les soldats qui ont ramené la maladie de France.
Ils sont effrayés.
Comme nous tous.
Libérez ces hommes.
Tout de suite !
Ouvrez le piloris.
Je ne tolérerai aucune insurrection dans ce village.
Vous ne devez pas laissez la peur vous gouverner.
Misérables pécheurs !
Le fléau s'est abattu sur nous !
Priez.
Suppliez le Tout Puissant !
Diable !
Il n'est plus lui-même.
C'est votre œuvre.
J'ai tout vu.
Vous m'accordez bien du crédit.
On verra si vous ferez encore le malin
avec la corde autour du cou.
Seigneur, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de nous !
Seigneur, ayez pitié de nous !
Oh Seigneur Tout Puissant, Mon Sauveur, Mon Dieu.
Purifiez notre âme de ces péchés.
Que la lumière de Votre esprit nous éclaire,
et nous montre la voie.
Tout ça à cause de ce maudit bâtard !
C'est lui, c'est sa faute ! J'ai tout vu !
Il a essayé d'étrangler le prêtre, et lui a jeté un mauvais sort !
Retenez votre langue, Randall !
Celui qui nous porte la guigne, c'est ce démon !
C'est ce Français, c'est lui le coupable !
Ce n'est pas l'homme qu'on croit qu'il est !
C'est lui qu'il faut punir.
-Mort à l'étranger ! -Menez-le au puits !
Jacques !
C'est lui l'oiseau de malheur !
Il doit payer, telle est Sa loi !
Non !
Lâchez-le ! Arrêtez !
Jacques !
Implorez la pitié !
Implorez la pitié !
Mon Dieu, notre refuge et notre force,
jetez un regard favorable sur le peuple qui crie vers vous,
par l'intercession de la Sainte Vierge et des Apôtres,
aidez-nous.
Milady !
-Je vous avais confié sa vie ! -Mais la vie de qui ?
Je vous le garantis, il n'est pas celui qu'il dit.
-Lâchez-moi ! -Je vous en supplie, écoutez-moi.
Ils se sont mis à crier et à jurer,
et le prêtre l'a battu à coups de verge,
encore et encore, pour savoir son véritable nom.
Tout ça à cause d'une lettre.
Quelle lettre ?
Saint Michel, Archange, défendez-nous...
Si l'eau le rejette, c'est qu'il est innocent,
et le Français sera libre.
Mais si l'eau le reçoit et s'empare de sa personne,
c'est qu'il est coupable et mérite notre sentence !
Au bouillon !
Seigneur, ayez pitié !
Délivrez-moi de ces barbares, aidez-moi !
Faites que je ne me noie pas !
Elle doit être là, Milady.
C'est ici qu'il mettait ses documents.
Je savais bien.
Dès que j'ai vu ce drôle, je l'ai su.
Alors Milady, vous avez la preuve maintenant ?
La preuve, Randall, que vous êtes un dangereux imbécile.
Quoi ? La lettre dit cela ?
Mais, Milady...
Je ne perdrai pas mon époux et ses bien
pour un chien qui aboie.
Encore un jappement,
et tu ne pourras plus te lécher les bourses.
Milady, je le jure par Saint Cyrille...
"À Nicholas de Mellerby
de la part de Louis de Saint-Amant, Comte de Fougères.
Notre réponse à votre proposition est la suivante :
après réception des 200 pièces d'or que vous m'avez demandées,
vous libérerez mon fils Jacques
dont l'absence nous pèse, à moi-même,
mais aussi à mon épouse et à toute la maisonnée.
Dès le retour de mon fils,
Sir Walter de Mellerby sera libéré,
et recevra un sauf-conduit pour l'Angleterre.
Cette offre est soumise à une seule condition :
le bon traitement de mon fils tant qu'il sera à votre charge.
Je m'en remets à vous
pour accorder à mon fils le respect qui lui est dû,
et le confort auquel il est habitué.
Il devra dormir dans un lit de plumes,
faire bonne chère,
et sa noble personne ne devra évidemment souffrir aucun outrage."
Encore, tirez encore !
-Agrippez-le ! -Alors, il a son compte ?
Ça m'en a tout l'air.
Allez-y.
Écartez-vous !
Laissez-moi passer !
C'était une bonne idée, le puits.
J'ai une lettre de France, du Comte de Saint-Amant.
Il était innocent.
Il était notre dernier espoir.
Il aurait permis de vêtir vos enfants.
de leur donner du pain,
et de vous payer autant de bières que peuvent en engloutir
vos misérables gorges.
Cet homme était notre salut !
Un jour j’ai repêché un enfant noyé dans la retenue du moulin.
Il était comme mort.
Un homme est arrivé et lui a soufflé sa vie dans la bouche.
Et ça a marché, Milady, il l'a sauvé !
Montrez, je vous supplie.
Qui ? Aucun de vous ne veut me montrer ?
Plus fort, plus fort que ça, Milady.
Soufflez bien à l'intérieur.
Faut lui ouvrir le bec, bien au fond de la gueule.
Allez !
Allez, respirez Jacques !
Respirez, je vous en prie !
Ne partez pas, Jacques ! Vivez !
Réagissez, de grâce !
Bâtards !
Sales bâtards !
C'est intolérable.
Je vous assure, c'était quelque chose, Votre Grâce.
Elle a réveillé le mort avec de tendre baisers, la garce.
Elle n'a pas redressé que lui, certains l'avaient bien roide.
N'oubliez pas à qui vous vous adressez.
Et ôtez ce fichu engin de votre bouche.
Et ce...
Ce fauteur de troubles, ce monstre sans nez, ce...
Beacon.
Bacon.
Randall Bacon.
Ce qui lui manque sur le visage il l'a dans le pantalon.
Oh, pitié...
Que dois-je faire, quels sont vos ordres ?
Il parait que l'argent arrive.
Les ordres ?
Je n'attends rien de toi.
Je ne te ferais même pas confiance pour me poudre les fesses.
Ah oui ?
À vous de voir, Votre Grâce.
Mais moi je dis
que le Français pourrait avoir de gros ennuis de santé.
Il faut vous arrêter de faire cela.
De faire quoi ?
De me sauver la vie.
Combien de vies avez-vous ?
Beaucoup, semble-t-il.
Alors je vous sauverai cent fois.
Aucun ver ne me rongera les chairs.
Aucune croix ne sera placée au dessus de ma tête.
Je continuerai jusqu'à ce que mes pieds soient moignons,
que ma poitrine ne se gonfle plus, que mes dents ne claquent plus...
Soyez les bienvenus.
-Dieu vous bénisse, ma fille. -Merci.
Dieu vous bénisse, mes frères.
Frère Wilfred.
Merci d'être venu nous aider.
Notre aide sera modeste.
On ne peut offrir que nos prières.
Amy, viens voir.
Tu as bien aidé Agnes
quand elle a mis maître Nicholas dans son linceul ?
Oui.
Avait-il quelque chose sur le corps ?
Oui.
Les sons du diable en personne,
ponctuant ses derniers moments sur Terre.
Je sais qu'il vous était très dévoué,
et je comprends votre peine.
Sa mort a été si soudaine, il n'a pas reçu les sacrements.
N'ayez crainte.
Les anges protégeront son âme et guideront son esprit.
J'ai perdu tous ceux qui pouvaient m'assister.
Vous savez, ça risque de continuer, Matilda.
On m'a parlé souvent, au cour de notre pèlerinage,
d'une terrible épidémie de peste qui vient de l'Est.
Villes et individus tous consumés par le feu du ciel.
Il y a des milliers de morts, c'est effroyable.
Alors vous le pensez vous aussi ?
C'est la peste qui les a tués ?
En réalité, dans votre village,
la mort me semble avoir choisi ses victimes
avec trop de précision.
Comment cela ?
Curieusement, il s'agit des personnes qui,
vous l'avez dit vous-même,
vous étaient proches, et vous aidaient.
Vous pensez que ce n'est pas un hasard ?
Qu'une autre force est à l'œuvre ?
Je n'ai encore jamais rencontré de maladie aussi éloquente.
"Ecce Agnus Dei"
Les mots chantés avant la communion.
Ils sont inscrits sur le dos du médecin.
Vous pensez que c'est un message du Tout Puissant ?
Un message, certainement.
Du Tout Puissant, ça je l'ignore.
Frère Wilfred,
une autre question :
le mot "Anazapta"
l'avez-vous déjà entendu ?
Je crois qu'il s'agit d'un charme contre la maladie.
Dites le mot "Anazapta" dans son oreille,
et il ne sera plus jamais la proie du mal.
J'aime mieux avoir foi en la prière.
Vous avez de la boue sur les mains, Matilda.
Il faudrait les laver.
Frère Ignatius...
Sa réponse est incomplète.
De grâce, expliquez-moi.
J'ai vécu longtemps dans cette paroisse.
On ne le croirait pas en voyant ces mains,
mais j'étais un artisan très renommé, un orfèvre.
On m'a demandé de faire une amulette en or brut.
Au centre, la Trinité, encadrée par une petite bordure,
où j'avais finement gravé des représentations de...
que je me souvienne...
de Saint Pierre, Saint Paul, Sainte Barbe, Sainte Catherine,
Saint Georges, et en dessous étaient inscrits
les mots prononcés par Jean le Baptiste
lors du baptême du Christ.
Et de l'autre côté, l'inscription "Anazapta".
Dites-moi : qui vous a commandé cette amulette ?
Je n'ai vu son visage que deux fois.
Une fois quand il m'a payé, l'autre pendu au bout d'une corde.
-Et il s'appelait Thomas Bassett ? -C'est lui, effectivement.
Il l'a offerte à Joan de Mellerby avant d'être tué.
Et Joan ?
Que s'est-il passé ?
Votre époux avait prévu pire pour elle.
Anazapta.
Anazapta.
Silence, putain !
Ça, c'était ma femme !
Et elle s'est conduite comme une putain !
Alors maintenant, elle va mourir en putain !
Un Shilling
pour tout homme prêt
à fourrer ma femme !
Allez !
Allez !
Mon âme vous poursuivra.
Vous comprenez ? Vous vous étoufferez avec mon sang !
Allez !
Prenez cette chienne !
Alors ?
Alors ? Qu'attendez-vous pour trousser cette gueuse ?
Gueuse !
Non ! Pitié, non !
Mon âme vous poursuivra !
Maudits !
Vous vous étoufferez avec mon sang !
Il m'a dit que la fièvre l'avait emporté.
La fièvre ?
Ces Païens se sont jetés sur elle comme des loups affamés.
Walter a menti...
Tout cela était faux...
Demain, c'est la Saint Matthieu l'Apôtre,
comme ce jour-là.
Mais que dois-je faire ?
Que pouvez-vous faire ?
Que pouvons-nous faire, nous tous ?
Implorer le pardon du Ciel.
Parce qu'en fait aucun de nous n'est innocent.
Nous partons à midi.
Je peux vous héberger une nuit, éventuellement deux,
mais pas plus. Après, il faudra vous débrouiller.
Vous partez ?
Qui pourrait vous blâmer ?
Vous n'êtes pour rien dans tout cela.
Mais demain,
l'air sera lourd de leur repentir.
L'Église est pleine à craquer.
Aidez-les, Matilda.
Vous trouverez un moyen.
Aidez-les.
Car en réalité, aucun de nous n'est innocent.
Je porterai la croix.
Je sonnerai les cloches pour chasser le diable.
Je porterai la croix.
Je sonnerai les cloches pour chasser l'orage.
Je porterai la croix. Oh, donne-m'en seulement la force !
Où sont-ils tous passés ?
Pecok ?
Vous connaissez cet homme, Votre Grâce ?
Un musicien de très bas étage.
Où sont-ils tous passés ?
Toi la fille, allez approche !
Il me faut vite un bain parfumé à la violette.
Ici tout de suite, j'insiste !
Milady, réveillez-vous !
-L'évêque veut un bain. -Comment l'évêque ?
-Oui, l'évêque est là ! -Où est Agnes ?
À l'église, ils sont tous à l'église.
Vous ne les entendez pas ?
Et les Saints Frères ?
Ils sont partis.
Randall.
Randall !
Sa Grâce voudrait vous voir.
L'évêque ?
Encore ! Encore !
Frottez encore plus fort, mes enfants.
Lavez-moi.
Purifiez-moi, pour l'amour du ciel.
Ah, Seigneur !
Cette odeur fétide, je dois m'en débarrasser !
Si je peux me permettre, Votre Grâce n'aurait pas dû nous rendre visite.
C'est certain.
Ce village est malsain, je le sais.
Je ne m'y suis jamais bien senti. Même l'air est vicié...
Il y a une malédiction ici.
Toutefois, j'ai une offre pour ce domaine.
De nos jours, le profit, c'est l'élevage,
surtout sur des terres aussi marécageuses et insalubres
que celles-ci.
Bon, assez. Il suffit !
Sortez tout de suite ! Non, pas vous, restez.
Toi ! Remets des bûches dans le feu.
Plus bas, plus bas !
Aidez-moi, mes chers petits. Aidez-moi à m'installer.
Laissez-moi.
Allez, du vent.
Ah, la disette...
Les récoltes pourries, la pluie...
La maladie...
Dieu est forcément de mon côté.
Le plus tôt elle devra me céder cette fosse à purin,
mieux ça vaudra pour tous, tu peux m'en croire.
Et toi,
dans tout cela ?
Que deviendras-tu alors ?
Que vas-tu faire ? Errer tel un chien galeux ?
Ça me changera pas tant que ça...
Un homme avec tes compétences ? Oh non...
Je pourrais faire un bien meilleur usage de toi.
Mes compétences ?
Lesquelles exactement ?
Je crois que toi et moi on a pensé pareil.
On sait qu'aussi longtemps que ce prisonnier restera en vie,
on sera tous en grand danger.
C'est ce que j'ai essayé de lui dire.
Il étrangle le prêtre, et malgré ça, elle le couve comme un bébé.
Affreux !
La luxure est le plus affreux des péchés !
Non... Le désir, le stupre...
Le vice...
ont perverti son âme malheureuse.
les pires de tous les maux ont eu raison de sa foi.
Le malin a fait d'elle sa proie.
Son huître dégouline à la seule évocation du désir charnel.
Je ne l'aurais pas mieux dit, Votre Grâce.
Mais elle ignore quel péril elle court.
Regarde.
Cette dague a appartenu à Saint Homobonus.
Fais-en bon usage, et elle sera à toi.
Et il y en a beaucoup d'autres, là où l'on a trouvé celle-ci.
Vous voudriez que...
Enfin... Non, non, je ne peux...
Il est naturel de ressentir une certaine trépidation
quand notre vocation se révèle.
Je prierai pour que tu te montres à la hauteur.
Je suis sûr que je ne serai pas déçu.
Oui, Jacques, et on raconte qu'elle est très contagieuse.
Votre sécurité n'est plus garantie.
Vous êtes libre.
Que je parte ?
Quand la rançon va arriver, ainsi que votre mari ?
Non.
Je respecterai ma parole.
Ça n'a plus d'importance.
Partez. Allez-vous-en. C'est trop dangereux.
J'ai dit que je ne partirai pas.
Faites comme bon vous semble. Je vous aurai prévenu.
Pourquoi cette visite ?
Ce cher Nicholas, Matthew Graville, l'intendant...
J'avais terriblement peur de te trouver dans ton linceul.
Votre Grâce, nous n'avons plus de prêtre.
Exact, j'avais oublié...
Il est mort aussi...
Mes paysans désirent communier.
Ils réalisent combien, soudain, leurs péchés sont nombreux ?
Ils ont peur.
Ils réclament l'absolution.
Je vous en conjure :
célébrez la messe.
Tu veux que moi j'intercède en leur faveur ?
Enfin...
Ici ? Ce n'est pas digne de ma condition.
Donnez votre prix.
Mon prix ?
Allons, tu deviens vulgaire, Matilda.
Et tu te négliges. Ces loques, cette coiffure...
Cet air effronté et coquin... Quelle jolie sauvageonne !
Piégé malgré moi. Je dois être prudent.
Je sais que la volupté est l'arme qu'utilise le Diable
pour capturer nos âmes.
Alors mieux vaut ne plus me voir.
Voyons, attends...
Quelle est la valeur d'une messe ?
Qui a la clé ?
Mon époux.
Il y a probablement un moyen de se passer de votre époux
-pour l'enlever. -Sans aucun doute.
La messe d'abord, ensuite nous trouverons moyen.
Tu as ma parole que
nous fêterons cela de la plus belle manière.
Encore une chose, Matilda :
cette fois je ne t'en ferai pas grâce.
Je veux d'abord une petite avance.
Toi ?
Pauvre fou...
Tu aurais dû la laisser pourrir dans la forêt.
Je devais l'aider !
Je devais l'aider !
Que Dieu vous vienne en aide, si vous le saviez.
Je vous jure qu'on l'a laissée pour morte.
-Je m'en suis assuré. -Je ne savais pas, Sir.
Dès que je l'ai vue, je suis venu vous chercher.
Je ne l'ai pas aidée à enfanter, je ne l'ai même pas touchée.
Je n'imaginais pas qu'il s'agissait d'elle
quand il m'a supplié de le suivre car une femme avait besoin d'aide.
Il la cachait.
C'était ma femme.
Elle reposera parmi nous.
Elias, débarrasse-nous de ça.
Attendez. Un garçon.
Monseigneur, c'est un petit garçon.
Un fils.
Ai-je bien entendu ?
Vous me demandez d'adopter cet excrément,
le bâtard du village ? Elias, va le tuer.
Allons, Monseigneur.
Oubliez tout ça.
Pas question.
Je veux que tout le monde se rappelle bien
que moi je n'oublierai jamais.
Ne prenez pas l'enfant !
Pitié ! Ne prenez pas l'enfant !
Pourquoi es-tu venu ?
À ton avis ?
Oh, mon Dieu...
Nous sommes perdus.
Milady !
-Milady... -Que faites-vous ici ?
Votre ami, celui qui se prétend français...
-Vous persistez avec ça ? -Oui.
Et cette fois, on ne m'empêchera pas de parler.
-Je vous avais prévenu, non ? -Oui, vous me ferez fouetter.
Mais il faudra qu'on s'estime heureux si ça arrive,
parce qu'il est ici pour nous tuer tous.
-Vous m'avez entendu. -Oui.
Il est venu venger sa mère :
Joan de Mellerby.
Sa mère ?
Joan ? Que savez-vous d'elle ?
Ce que je sais d'elle ?
Moi qui l'ai secourue, cachée pendant neuf mois,
aidée à mettre au monde son enfant.
Son enfant ? Vous inventez.
Regardez ça, Milady. C'est le prix que j'ai payé.
Cet enfant, qu'est-il devenu ?
Aucun bâtard n'a eu si peu de chance.
Une mère, un village entier de pères,
et aucun d'eux ne voulait s'approcher de lui.
Même pas ceux qui en avaient pitié.
Votre époux avait fait ce qu'il fallait,
en marquant le petit avec la croix.
"Vous vous étoufferez avec mon sang."
"Vous vous étoufferez avec mon sang."
C'est ce que Joan a dit à ses bourreaux.
Matilda !
Je sais qui vous êtes !
Ils ont choisi d'oublier.
Jacques, je vous en prie !
Il vous faut revenir en arrière.
Défaites ce que vous avez fait.
C'est trop tard.
Je ne peux revenir en arrière.
Et ce n'est pas encore fini.
Regardez-moi dans les yeux.
Qui voyez-vous ?
Dites-moi.
Qui voyez-vous ?
Des nuages.
Je vois des nuages.
Enfin !
Gueuse !
Bienvenue au pays.
Qui es-tu ?
Alors, parle !
Dis-moi qui tu es.
Tu vas me dire ton nom ?
Rappelle-toi, tu m'as marqué !
Marqué ?
Marqué, tu dis ?
Le satané fils de pute que j'ai grillé au fer rouge,
je l'ai tué ensuite !
Qui es-tu ?
Qui t'envoie ?
On t'a raconté des mensonges.
La marque n'est pas une preuve.
J'ai tué l'enfant indigne.
Il est mort. Tu es mort, tu entends ?
J'ai croqué dans ton cœur à pleines dents.
Je l'ai déchiqueté, je te l'ai arraché de mes propres mains,
et je l'ai dévoré !
J'ai coupé ton petit corps morceau après morceau
et je les ai donné à bouffer à des porcs !
Tes restes sont devenus une charogne pour le Diable !
Qui es-tu ?
Qui t'a envoyé ?
Qui t'a envoyé ?
Qui t'a envoyé ?
Anazapta.
Anazapta.
Est-ce fini, maintenant ?
William ?
William !
William !
Durant une année entière,
La peste se répandit en Angleterre en dévastant tout.
À la fin de l'année 1349,
les vivants pouvaient à peine enterrer les morts.
Près de la moitié de la population mourut.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.