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1 Hé Jessica, tu m'envoies le dossier Jackson?
Je dois y jeter un œil ce soir.
OK, merci. À demain.
Que fais-tu ici? -Il faut qu'on parle.
Ne passe pas à l'improviste.
Je t'ai appelé, mais tu ne décroches jamais.
Qu'est-ce qu'il y a?
C'est Nicholas. -Il s'est passé quelque chose?
Oui.
Alors, dis-moi.
Cet après-midi, l'école m'a m'appelée.
Le directeur voulait me parler.
Il m'a appris que Nicholas
ne va plus à l'école depuis presque un mois.
Quoi?
Depuis des semaines, il fait semblant d'y aller.
Comment ça? -Je t'explique.
Il ne va pas à l'école presque un mois et tu n'as rien remarqué?
Il partait avec son sac et tout ce qu'il lui fallait.
Comme avant, mais il n'y allait pas. -Et l'école, alors?
Ils disent qu'ils m'ont envoyé plein d'e-mails que je n'ai jamais reçus.
Que faisait-il de ses journées? -Aucune idée.
Il répond à peine à mes questions.
Beth, désolé. Kate est venue me parler de Nicholas.
Il ne va plus à l'école depuis un mois.
Il n'y a pas que ça, Peter.
Il ne va pas bien.
Tu dois lui parler. Je ne sais plus quoi faire.
Il a besoin de toi. Tu ne peux pas l'abandonner.
Je ne l'abandonne pas. Pourquoi tu dis ça?
L'autre jour...
...je lui ai demandé...
...d'apporter son assiette ou un truc comme ça.
Il m'a regardée...
...avec...
...tellement de haine.
J'ai cru qu'il allait...
Quoi?
Il me fait peur, OK?
OK, je vais...
Je passerai le voir demain...
...en fin de journée.
Merci.
Ils privilégient le développement durable...
...donc l'acquisition de cette entreprise ira avec notre stratégie écologique.
Leur action en faveur de l'environnement est reconnue.
Une fusion avec eux améliorera leur réputation et la nôtre.
Parfait. J'ai assez d'infos.
Je vais voir avec Jeffrey s'ils veulent s'engager.
Parfait. -Merci.
Après vous.
Je vous avertirai dès que ce sera fait. -Merci.
Merci.
Que fais-tu ici? -Ça va? Je te dérange?
Comment ça va? -Bien.
Je suis venu parce que...
...je veux te parler. Tu as un instant?
OK.
Ta mère m'a dit que tu n'allais pas à l'école.
Que se passe-t-il?
Rien.
Je sais que ça ne va pas très fort et que tu m'en veux.
Mais on peut quand même se parler.
Pourquoi ne vas-tu plus à l'école? -Je ne sais pas.
Tu ne sais pas?
Tu ne peux pas arrêter d'aller à l'école comme ça.
Tu as des problèmes?
Pourquoi tu soupires?
Pour rien. -Il doit bien y avoir une raison.
Explique-moi.
Je ne veux pas en parler.
Je ne peux pas t'aider si tu ne me dis rien.
Tu as fait quoi, tout ce temps? Où tu es allé?
J'ai marché.
Tu as marché? Tout seul?
Oui.
Pourquoi, Nicholas?
Tu trouves ça acceptable? Tes examens approchent.
L'école envisage de te renvoyer.
Ta mère est à bout de nerfs, tu le sais?
Tu veux qu'elle t'envoie en pension? -Non.
Alors réagis. Tu ne peux pas continuer comme ça.
Je n'arrive plus à rien.
Comment ça? Il s'est passé un truc à l'école?
Non.
Ou en dehors de l'école?
Allez, on peut se parler.
C'est pas ça.
C'est...
Je ne sais pas comment le décrire.
Utilise tes mots à toi.
C'est la vie.
Elle me pèse.
Qu'est-ce qui te pose problème? -Je ne sais pas.
Je veux que ça change, mais je ne sais pas quoi.
C'est pour ça que je me dis parfois que peut-être...
Dis-moi.
Je veux aller vivre chez toi.
Chez moi? -Maman et moi...
...on ne s'entend pas.
Elle ne me supporte plus.
Et quand je suis ici...
...j'ai trop d'idées noires.
Et je veux habiter avec mon petit frère.
En pension, je deviendrai fou. -Mais non.
Si, je te le dis.
C'est comme si ma tête explosait.
Viens là.
Parfois, j'ai l'impression de devenir fou, papa.
Qu'est-ce que tu racontes? -Je t'assure.
Je ne sais pas ce qui m'arrive.
T'inquiète pas, mon poussin. On trouvera une solution.
Fais-moi confiance.
Salut, c'est Kate. Laissez un message.
Salut, c'est moi. Je viens de lui parler.
Tu peux me rappeler? Merci.
Pourquoi tu réagis comme ça?
Comment? -Il peut prendre la chambre de derrière.
Et l'école?
On s'arrangera.
Il doit pouvoir reprendre en milieu d'année.
Oui, sûrement.
Tu ne le connais que depuis deux ans.
Je sais que tu as une impression négative de lui
après tout ce qui s'est passé. Mais il n'a pas toujours été comme ça.
Quand il était plus jeune, il était tellement...
Quand je l'ai vu aujourd'hui, il avait...
...des marques.
Des marques? -Des cicatrices. Sur son bras.
Je me suis senti si mal.
C'est mon petit garçon.
C'est vrai. Tu as raison.
Je me sens coupable.
C'est pas comme si je n'étais pas responsable.
Je suis parti.
Ce n'est pas de ta faute s'il se sent mal.
Il traverse une période difficile.
Je ne pense pas avoir le choix.
Je ne peux pas l'abandonner.
OK, je comprends.
Ne t'en fais pas. Je comprends.
Tu devrais parler à un médecin de ces cicatrices.
Je sais.
Tu es prêt? -Oui.
Tu ne veux pas... -Non, merci.
Donc... -Oui.
Et n'oublie pas, tu peux toujours...
Je sais. Merci, maman. -Quand tu veux.
Mais ne crois pas que c'est à cause de... -Je sais.
Je sais ce que tu veux dire. Ne t'en fais pas.
OK.
Appelle-moi.
Oh, attends.
J'ai failli oublier. -Quoi?
Un cake à la banane.
Merci, maman.
Je t'aime.
Hé, tu as tout ce dont tu as besoin? -Oui.
Tu as trouvé la serviette que Beth a sortie pour toi?
Bon. OK, je te laisse.
Je vais me coucher.
Je suis très heureux que tu sois là. Tu m'as manqué.
Beth était d'accord pour que j'emménage ici?
Bien sûr. On est tous les deux ravis que tu sois là.
C'est aussi ta maison.
OK? Allez, va te coucher. Il est tard.
Bonne nuit.
Bonne nuit, papa.
Dr Collins, c'est Peter Miller. Désolé d'appeler sur votre portable.
Je voulais vous parler de mon fils, Nicholas.
Je pense qu'il a besoin de voir un thérapeute.
Vous en connaissez peut-être un bon?
Si vous pouviez me rappeler. Merci.
Je te dérange? -Non, entre.
Dis-moi.
C'est vrai que tu penses aller à Washington?
La nouvelle circule vite. -Il participe aux primaires, pas vrai?
Qu'est-ce qu'il te propose exactement?
De rejoindre l'équipe de campagne?
Il n'a rien dit de précis, mais...
OK, je te laisse travailler. Mais préviens-moi dès que tu en sauras plus.
Bien sûr.
Tout va bien à la maison? -Quoi?
Parfait.
Merci, Andrew.
C'est là.
Bonjour, juste un instant pour vous présenter Nicholas.
Il nous rejoint aujourd'hui.
Je sais que vous l'accueillerez chaleureusement.
Bonjour, Nicholas. Je suis M. Yama, j'enseigne l'histoire.
Bienvenue. Assieds-toi et viens me voir après le cours...
...pour plus de détails.
Bien, alors j'y vais.
Comme je vous le disais, et notez-le:
...la division du pouvoir...
...entre les gouvernements nationaux et étatiques.
En 1776, lors de la Déclaration d'Indépendance...
...les États indépendants se comportaient comme une famille qui se dispute.
Ils voulaient tous la souveraineté. C'est quoi?
Le pouvoir absolu.
C'est le plan d'origine?
Salut, vieux. Ça va? -Bien, et toi?
Ah, tu sais. Tu viens voir le patron?
Ça tombe bien, il est de bonne humeur.
Tu vis toujours à New York? -Oui.
Comment va ton père?
Il paraît qu'il a eu des problèmes de santé?
Ah oui. Pas vraiment. Tout va bien.
Bon. On ne l'a pas vu depuis un moment.
Dis-lui bonjour de ma part. -D'accord.
À bientôt.
Vous pouvez venir.
Par ici.
Merci. -Peter, comment vas-tu?
Ravi de te voir. Je te présente deux de nos employés.
Nicholas, c'est moi.
Je voulais savoir comment ça s'est passé aujourd'hui.
Appelle-moi. Je t'aime.
Papa
Nicholas, tu es prêt?
Il faut y aller, là.
Je t'ai fait un café. Tu as encore le temps de le boire.
Nicholas, tu vas être en retard.
Je t'ai appelé au moins dix fois.
On ne peut pas faire ça tous les matins.
Pourquoi tu ne réponds pas? -Je t'ai répondu.
C'est l'heure. Tu dois partir. -Je sais.
Theo ne t'a pas réveillé cette nuit? -Non.
Tu as vraiment de la chance.
Tu es comme ton père. Rien ne le réveille.
Plutôt que 'dormir comme un bébé'...
...on devrait dire 'dormir comme un homme'.
Où il est?
Il est déjà parti. Il avait une réunion très tôt.
Ton café. Tu as cinq minutes.
Qu'est-ce qu'il y a? -Rien.
Tu as mal?
C'est pas ça.
Tu es malheureux?
Pourquoi tu es malheureux? -Je sais pas.
Tu sais pas.
Ça t'arrive souvent?
De pleurer comme ça? -Je ne pleure pas.
De toute façon, je dois y aller.
Je peux te poser une question?
Oui, bien sûr.
Quand tu as rencontré papa tu savais qu'il était marié?
Tu le savais?
Oui.
Mais il m'a tout de suite dit que... -Quoi?
Tu devrais peut-être plutôt en parler avec lui.
Quand il est parti, ça a été très dur pour ma mère.
Elle a vraiment souffert.
Elle disait des choses horribles sur lui.
Et pourtant, je continuais à l'adorer.
C'est comme si j'étais coupé en deux.
Je comprends.
C'est difficile, comme situation.
Et ça ne t'a pas arrêtée.
Pardon?
Tu savais qu'il était marié et avait un fils. Ça ne t'a pas arrêtée.
Que veux-tu que je te dise, Nicholas?
Rien. C'est idiot, comme question.
Non, ce n'est pas idiot. -Je dois y aller. À plus.
À plus.
Salut, Nicholas. C'est moi.
Je voulais juste te faire un câlin.
J'espère que tu vas bien.
J'espérais qu'on pourrait se voir.
Faire des trucs.
Rappelle-moi. Tu me manques.
Si on peut leur prouver...
...qu'ils n'auraient jamais dû faire le premier pas...
...alors c'est faisable.
C'est une question d'équilibre des pouvoirs.
Oui? -Excusez-moi.
C'est ce que vous cherchiez?
Merci. Tu as trouvé ça dans les archives?
Bon boulot.
Il vous faut autre chose? -Merci beaucoup.
Ça va nous être très utile.
Qui est-ce? -Qui?
Le nouveau stagiaire. Un Français. Très intelligent.
Pourquoi? -Juste comme ça.
OK, à demain.
Peter, c'est moi.
Écoute, je ne veux pas te déranger...
...mais je n'ai aucune nouvelle de Nicholas.
Je laisse des messages, mais il ne me rappelle pas.
Donc...
On peut se parler?
Merci.
Belle veste. -Merci.
Allez-y.
Tout va bien à ta nouvelle école?
Ça va.
Tu ne te sens pas très proche des gens de ton âge?
Non.
Pourquoi? -Ils sont idiots.
Ils veulent juste faire la fête et s'amuser.
Tout ça ne m'intéresse pas.
Qu'est-ce qui t'intéresse?
Quoi? -Non, rien.
Enfin bon. Ça va mieux, maintenant.
Tu n'aimes pas ton âge?
C'est pas ce que je...
Bonjour. -Bonjour, monsieur.
Elle est là. Merci.
Excuse mon retard. -Pas grave.
Je sais que tu es très occupé. Surtout maintenant.
Tu dois être ravi.
Que veux-tu boire? -Je ne sais pas. Et toi?
De l'eau gazeuse, merci.
Je vais prendre un martini.
Dans ce cas, deux martinis. -Très bien.
Alors, comment ça va? -Ça va bien.
Il a commencé à sa nouvelle école et ça lui plaît.
C'est super. -J'ai dû le pousser un peu au début.
Mais il se sent mieux. Il est sur le bon chemin, je pense.
Il t'a dit ce qui s'était passé dans son ancienne école?
Non, il ne dit pas grand-chose.
D'où peut venir cette tristesse?
C'est un ado.
Tu as déjà vu un ado rayonnant de bonheur?
C'est plus que ça.
Il est différent des autres.
Pourquoi tu dis ça?
À mon avis, c'est une déception amoureuse.
Peut-être. Il est tellement romantique.
De qui peut-il tenir ça?
Voilà.
Merci. -Super, merci.
Santé.
Et sinon...
Beth? -Oui, comment voit-elle ça?
Tu peux me parler.
OK?
Au début, elle était un peu... -Réticente, j'imagine.
Non, pas vraiment. Un peu perturbée.
À cause du bébé. Elle était déjà fatiguée.
Et là, on a un ado à la maison. -Je comprends.
Mais dans l'ensemble, ça se passe bien.
Il n'est pas trop difficile avec elle?
Non, il se comporte bien. Il fait des efforts.
Ça lui plaît de vivre avec son petit frère.
Super.
Oui, je pense qu'à ce niveau, ça va aller.
Kate, qu'est-ce qu'il y a?
Rien. Désolée.
Je ne voulais pas te faire de la peine.
Je sais.
J'ai l'impression d'avoir tout raté.
Qu'est-ce que tu racontes? Tu n'as rien raté.
Excuse-moi.
Je n'aurais jamais pensé qu'il partirait.
Lui aussi.
Pour aller vivre avec toi. -Moi non plus.
Il me l'a demandé.
Mais le problème a commencé avec moi. -Non.
Si. Il ne veut plus vivre avec moi. Il ne décroche même pas quand j'appelle.
Allez. Il faut juste lui donner un peu de temps.
Je suis vraiment désolée. -Pas de souci.
Il y a quelques jours
j'ai trouvé cette photo de lui.
Quand on est allés en Corse, tu te souviens?
Quand je regarde cette photo
j'ai comme un coup au cœur.
On avait loué ce petit bateau, tu te souviens?
Oui, bien sûr.
C'est l'été où tu lui as appris à nager.
Son visage...
...est tellement ouvert.
Comme un petit rayon de soleil.
Mon petit rayon de soleil.
Quand on y réfléchit...
...il y avait tant de joie dans notre famille.
Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Je l'aimais tellement.
Et toi aussi.
Je t'aimais tellement, Peter.
Si tu savais à quel point je t'aimais.
Allez, ne t'en fais pas.
Tu es une mère formidable.
C'est pas de ta faute s'il traverse une période difficile.
Tout reviendra bien vite à la normale.
Si, je t'assure. Crois-moi, Kate.
Tout ira bien.
Tu crois?
Ça va? -Oui. Pas trop tôt.
Il prend son temps. -Moi-même, j'ai failli m'endormir.
Merci. C'est gentil.
Tu as passé une bonne journée?
Oui, rien de spécial.
J'ai été voir le pédiatre.
Sinon on est juste restés à la maison.
Et toi?
Quoi? -Quoi?
Pourquoi as-tu cet air béat?
Qu'est-ce que c'est?
C'est ta façon de t'excuser? -C'est pour te remercier.
Pour quoi? -Tu le sais très bien.
Elles sont très jolies.
Je suis bien conscient...
Je suis juste reconnaissant de la façon dont tu gères ça.
C'est ta façon de t'excuser.
J'ai de la chance de t'avoir ici.
Oui, car tu n'es pas là souvent.
Tu es tout le temps au bureau.
Pas tout le temps.
Papa, je peux te parler un instant? -Oui, bien sûr.
Je vous dérange. -Non. Dis-moi.
C'est pas urgent. Je voulais juste te demander conseil.
Tu peux venir me voir après?
OK. -Super.
Merci.
Il a l'air d'aller mieux, non?
Il a eu la note maximale en maths.
Ah bon? -Oui, c'est super.
Il reprend confiance en lui.
Et il a été invité à une fête.
Super.
Ça m'inquiète, qu'il soit tout le temps seul.
Mais bon, ça s'est bien passé. -Quoi?
Chez le pédiatre. Avec Theo.
Ah oui, elle a dit quoi? -Comme toi.
Ça lui passera. Il fera bientôt ses nuits.
Mais en attendant...
...je vais cuisiner avant de m'endormir sur le canapé.
Non, c'est bon. J'y vais.
Hé, Theo. Viens là.
Tout va bien.
Alors?
Je sais pas. -Ça te va bien.
C'est gentil de ta part, mais... -Quoi?
C'est adapté à mon âge, les vestes?
Bien sûr. Tout le monde en porte, maintenant.
Vraiment? -Oui, ça te va vraiment bien.
C'est français.
Mets-la à ta fête. C'est samedi prochain?
Je sais pas si j'irai.
Vas-y. Il faut voir des gens.
Je sais pas danser.
C'est ça, le problème?
Quoi?
C'est nous.
Il dort. -Oh, désolé.
Vous étiez où? -Apprends-lui à danser.
C'est une excellente danseuse. -Très amusant.
Tu peux parler, toi. -Il ne sait pas danser?
Disons qu'il a son propre style.
C'est mon style à moi.
J'ai rencontré ton père à un mariage.
Il faisait son célèbre déhanchement.
Tu ne connais pas son déhanchement? -Non.
Apprends-lui à danser. Il va à une fête.
Regarde bien.
Qu'est-ce que tu fais?
Oh, allez. -C'est parti.
Allez. -Non, non.
Allez.
C'est vraiment une bonne idée?
Tu ne nous montres pas?
Je ne veux pas réveiller Theo. -Allez, papa.
Bon, d'accord.
Mais à tes risques et périls.
La tête qu'il fait.
Tu vois pourquoi je suis tombée amoureuse? -Normal.
Je suis irrésistible.
Quand il commence, tout le monde s'arrête.
Il doit être au centre de l'attention.
Comment tu fais ça?
Aucune idée.
Viens, je vais te montrer.
C'est tellement... -C'est comme ça. Prêt?
Doigts, genou.
Mon Dieu, non. -C'est bien. Fais comme ça à ta fête.
Mon Dieu, pas un autre.
Maintenant il y en a deux.
Tu vas faire un malheur.
Regardez-moi ça. C'est mon fils.
OK, j'arrive.
C'était sous son matelas.
Désolée. Je préférais te le dire.
Tu crois qu'il continue...
Je ne comprends pas.
Ça a l'air d'aller.
Il va à l'école, il sourit, il va mieux.
Alors pourquoi il fait ça?
Le plus simple, c'est de lui en parler, non?
Peut-être avec son psy.
OK.
Tu sors? -Oui, une petite promenade au soleil.
Ne t'inquiète pas. Il est encore un peu fragile.
Mais il sait qu'il peut compter sur toi.
Je suis sûre que ça ira.
Tu crois?
Où étais-tu? -Pourquoi?
Il y a un problème? -Oui.
Pourquoi tu caches un couteau sous ton matelas?
Il y avait un couteau sous ton matelas. Que faisait-il là?
Rien. -Comment ça 'rien'?
Juste au cas où.
Au cas où quoi?
Je sais pas. En cas de cambriolage ou...
Montre-moi ton bras.
Quoi? -Montre-moi ton bras.
Laisse-moi tranquille.
Pourquoi tu fais ça?
Je ne veux pas que tu te fasses mal. Tu comprends?
Je ne me fais pas mal.
Regarde ces cicatrices. Tu te fais mal.
C'est le contraire. -Comment ça?
Rien. -Non, explique-moi.
Explique-moi, Nicholas.
Ça me soulage.
De quoi?
De quoi ça te soulage?
Quand j'ai mal...
...c'est un moyen...
...de canaliser la douleur.
Mais quelle douleur?
Pour canaliser quelle douleur?
Je veux que tu arrêtes ça.
Je te l'interdis, c'est clair?
C'est clair? -Oui.
Il y a des choses qu'on ne fait pas.
C'est Beth qui l'a trouvé? -Peu importe.
Pourquoi elle fouille dans mes affaires? -Elle faisait ton lit...
...vu que tu ne le fais jamais.
Tu as pris un couteau pour... -D'abord c'était pour me défendre.
Te défendre contre quoi? Ça n'a aucun sens.
Tu as un fusil. -Quoi?
Dans la buanderie, derrière la machine à laver.
C'était un cadeau.
Qui t'a offert un fusil?
Mon père. Il y a longtemps.
C'est un fusil de chasse...
...ce n'est pas pour me défendre.
Pourquoi il t'a offert un fusil de chasse?
Peut-être pour faire quelque chose ensemble.
Je ne l'ai jamais utilisé. Je déteste la chasse.
Alors pourquoi tu le gardes? -On ne parlait pas de ça.
Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça.
Je sais.
Que s'est-il passé à ton ancienne école?
C'est peut-être le moment de me le dire, non?
Quelque chose a dû se passer, sinon...
Si tu ne veux pas m'en parler, parles-en à ton psy.
S'il te plaît, c'est important.
Ça va aller.
Je vais chercher du désinfectant. -Non, c'est juste des égratignures.
Quand tu te fais mal...
...c'est comme si tu le faisais à moi.
Et quand tu as fait mal à maman, tu m'as fait mal.
Bonjour tout le monde. Asseyez-vous.
Merci d'être venus.
On a les meilleurs d'entre vous, aujourd'hui.
Steve, tu m'apportes un café?
On a beaucoup à discuter.
Passons en revue les sujets déjà évoqués.
Le premier thème à l'ordre du jour est la santé.
Papa, il y a des baleines par ici?
Des baleines? -Oui.
Non, je ne crois pas.
Et des dauphins? -Oui, on en voit parfois.
Tu en as vu un?
Papa, vite. -Quoi?
Mon chapeau.
Merci. Bonne journée.
Tu es en avance.
Bonjour, papa. -Bonjour, entre.
Tu veux boire un verre? -Oui, pourquoi pas.
Bien.
Des glaçons? -Non.
Pas de glaçons.
À quoi dois-je l'honneur de cette visite spontanée?
J'étais à Washington et je voulais voir comment tu allais.
N'écoute pas les rumeurs.
Ce n'était qu'un petit malaise.
Je n'ai jamais été aussi en forme. -Bien.
Maria nous a préparé quelque chose pour le déjeuner.
Du canard. Ça te va? -Très bien.
Santé.
Bienvenue.
Le problème, c'est que les gens ont peur.
Regarde autour de toi. Des lâches qui pleurnichent.
On n'ose plus prendre de risques.
C'est pour ça que l'Occident court à sa perte.
Je le dis depuis des années et les faits commencent à le prouver.
Pour l'énergie, le courage et l'esprit d'entreprise...
...désolé, mais pour ça il faut aller en Asie.
Ce ne sera plus à Washington...
...mais en Chine, à Pékin.
Non merci, Maria. C'était délicieux. -Je vous en prie.
Non merci.
Alors...
Je croyais que tu détestais cette ville. Que fais-tu par ici?
J'avais rendez-vous avec Brian Hammer.
Il se présente aux élections. -Je sais.
Il veut que je l'aide pour sa campagne.
Il te veut dans son équipe? -Oui.
Je ne sais pas encore si je vais accepter.
Pourquoi pas?
Ça me prendrait trop de temps. -Et alors?
Alors c'est compliqué.
Qu'est-ce qui est compliqué? -Ça tombe mal.
Nicholas traverse une mauvaise passe. Il a 17 ans.
Il habite chez moi et va mieux, mais il est encore un peu fragile.
Je ne veux pas être loin si...
Quoi?
Tu es venu me dire quel bon père tu es?
Apparemment si. Tu m'apportes la preuve irréfutable...
...de ta supériorité morale. C'est ça?
Tu es venu me montrer...
...que tu peux abandonner tes ambitions pour ton fils.
Contrairement à moi. -Pas du tout.
Tu y penses encore? Vraiment?
Tu me reproches ce qui s'est passé...
...il y a 40 ans?
Tu essaies toujours de me montrer quel père exemplaire tu es?
Que veux-tu? Des applaudissements? Bravo.
C'est drôle que tu dises ça.
L'autre jour, j'ai pensé à cette époque où j'avais l'âge de Nicholas.
Quand maman était malade.
J'allais la voir à l'hôpital tous les jours après l'école...
...et tu n'es jamais passé.
Tu voyageais tout le temps. -Je travaillais.
Mais la semaine avant sa mort, j'ai rencontré Tom...
...qui m'a dit avoir dîné avec toi la veille au soir.
Je ne savais même pas que tu étais en ville.
Tu n'aurais pas pu aller la voir?
Écoute, je veux bien jouer le rôle du monstre...
...qui n'atteint pas ta perfection.
Oui, tu as beaucoup souffert.
Et ton papa n'était pas gentil avec toi et ta maman. OK.
Et alors?
Il est temps de grandir. Parce que ça fait peine à voir.
Un homme de 50 ans qui s'accroche à son adolescence.
Si tu veux mon avis, Peter...
...tu devrais oublier tout ça, bon sang.
Oublie tout ça, bordel. S'il te plaît.
Excuse-moi.
Bonjour, Harry.
La réunion est à quatre heures.
Oui, pas à quatre heures et demie.
Ça va?
Oui.
Tu n'as pas envie de sortir? -Au contraire.
Tu manges des céréales? -Oui.
Tu n'as rien de mieux à faire? C'est samedi soir.
Aller au cinéma? Rencontrer des amis?
Je n'ai pas d'amis.
Pourquoi tu dis ça? -Parce que c'est vrai.
Tu voyais souvent Michael.
Et cette fête? -OK, papa. Tu peux arrêter maintenant?
Je peux? -Oui.
Je n'en mange presque jamais.
Prêt?
Bien.
Attends. Je suis pas prêt.
C'est horrible. Ça colle. Prêt?
Tu l'as eu? -Non.
Vous avez vu mes boucles? Je les avais dans la main.
Dans la salle de bain? -J'ai cherché partout.
Je ne comprends pas. Je perds la tête.
Tu ne les as pas vues? -Quoi?
Ces boucles que ton père m'a offertes.
Je les avais dans la main.
Je perds des trucs sans arrêt.
Tu as changé de robe?
Celui-ci te va bien. -Merci. C'est gentil.
Non, c'est vrai. Tu es très belle.
Vous allez où? -On va juste dîner avec des amis.
Tu connais Franck? -Non.
Je dis 'juste', mais c'est assez particulier.
C'est notre première sortie depuis la naissance de Theo.
Si tu veux avoir une vie, ne fais pas d'enfants.
Je plaisante.
Mauvaise nouvelle. Sarah ne vient pas.
Quoi? -Elle vient d'appeler.
À la dernière minute? -Oui, elle a de la fièvre.
Qui est Sarah? -La baby-sitter.
J'appelle Jenny? -Elle n'est pas libre.
Mon Dieu. Pour une fois qu'on pouvait sortir.
J'appelle Frank et j'annule?
Je peux m'occuper de lui. -Toi?
Tu crois que tu peux? -Oui, si ça vous arrange.
C'est vraiment gentil de ta part, mais c'est mieux...
Tu es sûre? -Oui, on ferait mieux d'annuler.
OK, tant pis.
Quoi?
Ne me regarde pas comme ça. -Pourquoi tu as refusé?
Tu ne vois pas? -Non, il peut garder son petit frère.
Je ne sais pas. C'est un bébé et... -Et quoi?
Tu vois toujours le côté sombre des choses.
C'est toujours mieux que de ne rien voir du tout.
Que veux-tu dire? -Rien.
Dis-moi ce que je ne vois pas.
Tu penses vraiment qu'il ne peut pas garder son frère?
Tu sais qu'il est déprimé et instable.
Je ne laisserai pas mon fils avec un... -Un quoi?
Vas-y, dis-le.
Il est bizarre. Tu ne vas pas le nier.
Son regard est inquiétant.
Quand vas-tu voir que ça ne va pas, dans sa tête?
Nicholas. Qu'est-ce que tu... Désolé, on était...
On est juste déçus de devoir annuler. C'est pas ta faute.
Elles étaient dans l'entrée.
Nicholas, s'il te plaît...
Nicholas, qu'est-ce que... Ça va?
Ton père m'a dit que ta nouvelle école te plaît.
Pas vrai?
Il m'a dit que ça se passait bien chez lui.
J'espérais que...
Mais en fait, il n'y a pas de place pour moi.
Je les gêne plus qu'autre chose.
Et il me met tellement la pression. -Ton père?
Il ne s'en rend pas compte...
...mais il n'arrête pas de parler de mes devoirs.
Comme s'il n'y avait que ça dans la vie.
C'est normal. Il s'inquiète pour toi.
Non, il se fout pas mal de moi.
De qui je suis vraiment. Il veut juste que je réussisse, comme lui.
Mais je ne veux pas étudier le droit ou devenir avocat.
Ça ne m'intéresse pas.
Tu rêvais de devenir écrivain.
Tu écris encore?
Je serai jamais à la hauteur.
De quoi tu parles?
Ton père veut ce qu'il y a de mieux pour toi.
Il t'aime. Il croit en toi.
Vous êtes juste très différents.
Ils lui mettent la pression avec cette histoire de primaires.
Et c'est important, pour lui.
Il en rêve depuis des années.
Mais...
Il n'y a pas que ça.
Je ne vais pas bien, maman.
Ton père m'a dit que tu avais rompu avec une fille.
C'est ce que je lui ai dit.
Il ne comprenait pas...
...et voulait une explication rationnelle. Tu le connais.
Alors je lui ai dit ce qu'il voulait entendre...
...mais je ne suis jamais sorti avec cette fille.
Je ne suis pas comme les autres.
J'ai l'impression que je ne suis pas fait pour cette vie.
Je n'y arrive plus.
Même si j'essaie chaque jour de toutes mes forces.
Mais je n'y arrive plus.
Parce que j'ai mal.
Tout le temps.
Et je suis fatigué.
J'en ai marre d'avoir mal.
Je suis là.
Je suis là et je ne te laisserai pas.
Je vais t'aider à t'en sortir. Je te promets.
Ne pleure pas, mon rayon de soleil.
Ça va aller.
Ça va aller.
Quoi?
Aujourd'hui? C'était vraiment lui?
Viens ici. Je veux te parler.
Qu'est-ce qu'il y a? -Assieds-toi.
Il faut qu'on parle. -De quoi?
De ton école.
Qu'est-ce qui se passe?
Rien de spécial. Pourquoi? -Rien de spécial?
Non. -Tu n'avais pas un examen, aujourd'hui?
Ça a été? -Oui, je crois.
Bien.
Beth était au parc aujourd'hui et elle t'y a vu.
Donc tu n'étais pas à l'école.
Alors pour la dernière fois: que se passe-t-il?
Tu sèches encore les cours? -Non.
Alors pourquoi tu n'étais pas à l'école?
Pourquoi elle t'a dit ça? -Peu importe.
Si, elle nous monte l'un contre l'autre.
Non, le problème, c'est que tu me mens.
Pourquoi tu as séché l'école, aujourd'hui?
J'écoute.
Je ne me sentais pas bien.
Je n'arrivais pas à y aller.
Cet examen me mettait trop la pression. Désolé.
Tu es désolé.
J'ai appelé l'école. Tu sais ce qu'ils m'ont dit?
Que tu n'y es jamais retourné.
Tu y étais le premier jour, le mois dernier...
...et tu n'y es jamais retourné.
Plus jamais. Pas une fois.
D'après un e-mail envoyé par moi on t'a renvoyé à ton ancienne école.
Rien à dire?
Tu es devenu un hacker professionnel?
Tu m'as menti sur tes bonnes notes et sur ces invitations à des fêtes.
Qu'as-tu fait tous ces jours? Tu t'es promené?
C'est ça?
On t'aide à t'en sortir et qu'est-ce que tu fais?
Tu refais exactement la même chose. Tu nous mens.
Explique-moi ça.
Qu'est-ce qu'il y a?
Tu te drogues?
Alors explique-moi.
Je ne sais plus quoi faire de toi. Je te le dis honnêtement.
J'ai essayé de t'écouter et de te soutenir.
J'ai essayé de te stimuler et de te donner confiance en toi. Mais en vain.
Tu crois vraiment pouvoir vivre comme ça?
Faire ce que bon te semble, sécher les cours?
Ne prendre aucune responsabilité refuser de grandir?
Que vas-tu faire de ta vie? Que vas-tu devenir?
Bien sûr, tu n'as pas de réponse.
Arrête de me fixer comme ça.
Tu essaies de m'intimider?
Ça ne marchera pas, je te le dis. Pas avec moi.
OK. Je vais te dire ce qui va se passer.
À partir de demain, que tu le veuilles ou non...
...tu retournes à l'école. C'est clair? -Non.
Je ne retournerai pas à l'école.
Qu'est-ce que tu veux, Nicholas?
À ton âge, ma mère était malade.
Je ne voyais plus mon père, j'étais sans le sou.
Mais je me suis battu. La plupart du temps, ce n'était pas facile.
Qu'y a-t-il de si grave dans ta vie...
...pour que tu ne puisses pas aller à l'école? Réponds.
Je n'y arrive pas. -Je ne comprends pas.
Je n'arrive pas à vivre. Et c'est de ta faute.
Pardon?
C'est de ta faute. -Qu'est-ce que j'ai fait de mal?
Tu me dégoûtes. -Que dis-tu?
Tous ces discours sur la vie et le travail...
...et tu nous as laissés tomber comme de la merde.
Tu crois que tu fais toujours ce qu'il faut...
...mais tu n'es qu'un connard.
Retire ce que tu viens de dire. Tout de suite.
Connard. -Moi?
Je suis un connard? Je n'ai pas toujours tout fait pour toi?
Je suis resté des années avec ta mère pour toi, alors pourquoi tu dis ça?
Parce que je suis tombé amoureux d'une autre femme?
C'est pas tes affaires. J'ai le droit de refaire ma vie.
C'est ma vie.
Excuse-moi, Nicholas. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
Je cherche le service de psychiatrie. -Au bout à gauche.
Tu es là depuis longtemps?
Une demi-heure. Ils m'ont dit qu'ils nous verraient bientôt.
Que s'est-il passé?
Je n'étais pas là. J'étais au travail.
C'est...
C'est Beth qui l'a trouvé, dans la salle de bain.
On a eu de la chance. L'ambulance est arrivée très vite.
Je suis désolé.
Je suis vraiment désolé. Je voulais tellement l'aider...
...et en fin de compte...
Docteur. -Oui, bonjour.
Je suis le Dr Leiner. Je m'occupe de votre fils.
Où est Nicholas? -Il se repose.
Il est hors de danger, je vous assure.
On l'a vite soigné et la coupure n'était pas profonde...
...donc elle devrait bien cicatriser.
Vous êtes vraiment sûre? -Oui, faites-moi confiance.
On doit prendre certaines décisions.
Je viens de lui parler. -Qu'a t'il dit?
Il n'était pas content de se réveiller ici. C'est tout à fait normal.
A-t-il évoqué ce qui l'a poussé à...
On a l'habitude de ce genre de situations.
C'est important que Nicholas reste en observation.
Vous voulez dire... -On a une place de libre ici.
Vous avez dit qu'il était hors de danger.
Nous voulons qu'il prenne conscience...
...de son geste. Il a tendance à minimiser. Ça me semble dangereux.
On ne voudrait pas qu'il recommence.
Combien de temps doit-il rester ici?
On doit pouvoir l'observer et le soigner.
Après ça, il verra régulièrement le psychiatre...
...pour qu'on puisse l'évaluer. -Je veux voir mon fils.
Un instant.
Désolée, je dois monter. L'assistante sociale...
...vous aidera pour l'admission.
Elle pourra répondre à toutes vos questions.
Ne vous en faites pas. Il est entre de très bonnes mains.
Et celle-ci? -C'est une constellation.
Tu vois ces étoiles? -C'est rare?
Assez rare. -Et celle-ci?
C'est Saturne.
Avec des anneaux autour.
Peter.
Maman s'impatiente.
On y va? -Attends, papa.
C'est troué. -Comment on va faire?
Il va falloir nager.
Je peux pas. J'ai juste six ans et demi.
C'est le bon moment pour apprendre.
Tu peux y arriver.
Allez.
Je reste avec toi.
Allez, mon poussin.
Allez.
Qu'avez-vous décidé?
Je reporte la réunion à lundi matin?
Quand partez-vous à Washington?
Lundi prochain? Non, je ne peux pas.
Je dois rester à New York.
Donc j'annule Washington?
Oui.
Merci.
Peter, c'est moi. Tu as un instant?
Oui, tout va bien?
Je viens de recevoir un appel du Dr Harris.
Je voulais en discuter avec toi.
Il y a un problème?
D'après lui, on ferait mieux...
...de ne pas voir Nicholas pendant quelques jours.
Je sais.
Nicholas semble avoir du mal...
...à accepter le traitement.
Ils ont eu de longues conversations...
...pour essayer de comprendre pourquoi il...
Apparemment, il a beaucoup parlé du divorce.
De ta nouvelle vie et de toutes les tensions entre toi et moi.
Le Dr Harris pense qu'il vaut mieux leur donner quelques jours.
Pour que chacun ait un peu de recul.
Laisser la pression retomber.
Il ne peut pas nous empêcher de voir Nicholas.
Il demande, c'est tout. Il n'exige rien.
On a encore lundi.
On a notre rendez-vous pour voir comment vont les choses.
Je ne sais pas. En attendant...
Je sais à quel point c'est difficile.
Ça l'est pour moi aussi...
...mais faisons-leur confiance.
Tu ne crois pas?
Peter?
Tu es prête?
À quelle heure est le vol? -Le taxi arrive dans 5 minutes.
Je vais descendre ta valise. -Non, pas la peine.
Écoute...
Désolé pour hier soir.
J'avais trop bu.
Je ne comprends pas pourquoi on se dispute.
Je sais. C'est de ma faute. Désolé.
Et...
Et tu ne peux pas venir?
Désolé, Beth. Je ne peux pas.
Je ne peux pas partir en le sachant là-bas.
Juste pour deux jours.
Tu as une mine affreuse et tu ne peux rien faire, ici.
Je ne peux pas.
Quand est-ce qu'il sort?
Je ne sais pas. J'en saurai plus lundi. -Et après?
J'espère que je serai un meilleur père pour Theo.
Arrête. Tu es un excellent père.
Je dois jouer un rôle que je déteste profondément.
Ces dernières semaines, je me suis surpris...
...à dire des choses que mon père m'a dites.
Des choses qui m'ont fait le détester vraiment.
Et maintenant, c'est à mon tour.
J'ai l'impression d'être devenu comme lui.
Quel genre de choses?
'Que vas-tu faire de ta vie?'
'Quand j'avais ton âge, j'ai fait ceci et j'ai fait cela.'
'Que va-t-on faire de toi?'
Si tu savais à quel point j'ai honte...
Désolée.
Il faut qu'on y aille.
Avant de partir, dis-moi...
...que tu me pardonnes pour hier.
Je veux juste qu'on arrête de se disputer comme ça.
Moi aussi.
Ces dernières semaines ont été... -Je sais.
Non, tu ne sais pas parce que tu n'es pas là.
Tu es toujours au travail.
Et je suis ici, toute seule. -Mais non.
Si, je suis seule et je suis juste...
Je suis tellement fatiguée.
Il y a Theo, ton autre fils. Il a aussi besoin de toi.
Ne recommençons pas, OK?
OK.
Je t'appelle quand on arrive.
Viens ici, petit homme.
Fais-moi un câlin.
Une semaine sans te voir. Tu vas me manquer.
Tu vas découvrir la mer.
Tu verras comme c'est grand et beau.
Dis bonjour à mamie, OK?
Désolé de ne pas pouvoir venir.
Je dois vraiment rester ici, tu comprends?
Tu me raconteras tout, OK?
Tu me raconteras, petit homme.
Maman.
Tu m'as tellement manqué.
Ça m'a semblé des mois. -On est là, maintenant.
Je te laisse un instant avec tes parents, comme convenu.
En attendant, je vais chercher le médecin, OK?
Hé, comment vas-tu?
Mon chéri.
C'est horrible. Sortez-moi d'ici. -Qu'est-ce qui ne va pas?
C'était la pire semaine de ma vie. C'est un enfer.
Ne me laissez pas en enfer. -On en parlera au médecin.
C'est un connard. Il ne comprend rien.
Il me bourre de médocs et pense que je suis malade.
Il veut me garder ici des semaines. J'y arriverai pas.
C'est pire ici qu'à la maison. J'ai besoin de vous.
Ramenez-moi à la maison. Je vous en supplie.
Calme-toi. On va parler au médecin.
On est là, avec toi.
Je suis si heureux de vous voir.
Bonjour.
Docteur.
Asseyons-nous tous.
Assieds-toi près de moi, Nicholas.
J'ai demandé à Michael, qui s'occupe de Nicholas...
...de se joindre à nous.
OK. -Parfait.
Je pense que Nicholas vous a dit...
...qu'il voulait sortir de l'hôpital.
C'est aussi ce qu'il m'a dit.
Ces derniers jours ont été difficiles, pour lui.
Oui, vraiment. Pourquoi?
C'est fréquent, la première semaine. -Je veux partir.
Je comprends que tu veuilles rentrer chez toi...
...mais je ne le recommande pas.
Vous voyez? -Pourquoi pas?
Nicholas souffre d'une grave dépression.
C'est plus sûr pour lui s'il reste à l'hôpital.
Je vais mieux. Je veux rentrer. Ça ira.
C'est ce que tu crois, mais d'après mon expérience...
Vous voyez? Il sait tout mieux. -Calme-toi.
Je suis calme, mais ce crétin ne comprend rien.
S'il te plaît, mon chéri.
Nicholas, s'il te plaît. Assieds-toi.
Que proposez-vous? -Ça demande juste du temps.
Les impulsions suicidaires sont difficiles à reconnaître.
Même pour le patient...
...mais on ne peut pas prétendre qu'elles n'existent pas.
Les secondes tentatives sont très courantes.
Je pense que Nicholas...
...est encore coupé de la réalité...
...ce qui le rend anxieux.
Ça on peut le traiter.
On doit d'abord le stabiliser...
...et ensuite, on pourra parler de sa sortie.
Et ce serait quand? -Maman...
Je demande, c'est tout.
Là, tu as besoin de l'attention de tous les médecins...
...les thérapeutes, les chefs de projet.
Vous pensez que la poterie me guérira?
Ça contribue au processus.
Quelles conneries. -Ça te fera peut-être du bien?
Du bien? Comment je pourrais aller mieux...
...au milieu de gens plus malades que moi?
J'ai beaucoup réfléchi. Sur ma vie. Toutes ces heures où je ne fais rien.
Je comprends certaines choses que je ne ferai plus.
Mon séjour ici a été comme un électrochoc.
Je suis prêt à reprendre une vie normale.
Je peux retourner à l'école. Je le sens.
Mais vous devez me faire confiance.
Et vous devez me sortir d'ici, sinon...
...je vais sombrer.
Vraiment. Je ne le supporterai pas.
Papa...
...tu me connais.
Je le sais. Depuis toujours.
Mais ici, ce n'est pas le cas.
Je t'en supplie, papa. Ne m'abandonne pas.
Oh, mon chéri.
Quelle est la procédure pour le faire sortir?
En tant que mineur, il est sous votre responsabilité.
La décision vous revient.
Mais écoutez bien ce que je vous dis.
Votre fils n'est pas en état de sortir d'ici.
Si vous signez, il peut rentrer chez lui...
...mais d'après moi, vous prenez un gros risque.
Quel risque?
Un risque que je ne prendrais jamais avec mon fils.
Vous ne pouvez pas me forcer à rester. -En fait, si.
Mais un juge doit donner son accord et je préfère ne pas le faire.
Je préfère aider tes parents à prendre la bonne décision.
Je sais que ce n'est pas facile, surtout devant votre fils.
Mais Nicholas doit suivre un traitement et ce n'est pas le rôle des parents.
C'est celui d'un psychiatre. -Papa, je suis pas malade.
Si l'on prend la bonne décision ensemble...
...Nicholas rentrera chez lui plus tôt et en meilleure santé.
Pour vivre une vie normale.
Maman, je veux rentrer à la maison. -Je sais, mon chéri.
Ne me laisse pas ici. Je t'en prie. Vous devez me donner une seconde chance.
C'était un appel à l'aide. Et je suis vraiment désolé.
Vous avez juste besoin de comprendre ma douleur...
...mais je ne le ferai plus jamais.
Tes parents ont entendu tes arguments.
Je vous demande de prendre une décision. -Là?
Oui, Nicholas doit comprendre...
...que vous soutenez l'équipe médicale.
Ne vous sentez pas coupables.
On sait que vous aimez votre fils. Mais il faut le protéger.
Dans ce type de situation, l'amour ne suffit pas.
L'amour ne suffira pas.
Papa, maman...
Nicholas, Michael va t'emmener déjeuner à la cafétéria.
Mais d'abord, tes parents doivent décider en ta présence.
Ça t'aidera à accepter ton traitement.
Maman, je veux rentrer à la maison.
Papa, ramène-moi à la maison. Je t'en prie.
Papa, ramène-moi à la maison.
Papa...
Je suis désolé, Nicholas.
Tu ne peux pas me faire ça. Pas toi. -Calme-toi.
Qu'est-ce que je t'ai fait? Ne me touchez pas.
Papa, maman.
Ça va?
J'espère qu'on a pris la bonne décision.
Il a dit que c'était un appel à l'aide. Il faut lui faire confiance.
Si ça ne va pas mieux dans les prochains jours...
...on peut toujours le ramener.
Il est mieux ici, avec nous.
OK. -Je suis presque prêt.
OK.
Comment tu vois...
...la situation évoluer?
Ça me semble un peu optimiste d'espérer...
...qu'il retourne à l'école. On est déjà en mai.
Peut-être qu'il a juste besoin de reprendre des forces.
Et d'un nouveau départ à l'école l'an prochain.
Que fera-t-il de ses journées?
On ne peut pas le laisser seul.
Peut-être qu'il peut retourner vivre avec toi. S'il le veut.
Dans la journée, il peut venir au bureau comme stagiaire.
Tu crois que ça l'intéressera?
Je ne sais pas.
Il apprendra des trucs nouveaux et je serai avec lui.
Oui, mais tu n'es pas trop occupé?
Je vais refuser l'offre de Brian.
Vraiment? -Oui.
Je m'en fous de la politique.
Je veux me concentrer sur le plus important, à savoir, être ici.
Pour Nicholas.
Voilà.
Merci. -C'est gentil.
Et toi?
J'ai pris un café. Pour me réveiller. Du sucre?
Papa?
Merci.
Merci, mon chéri.
Comment tu te sens?
Je suis tellement content d'être ici. -Nous aussi.
Je dois prendre l'ordonnance.
Je me disais: tu veux voir un film?
Pourquoi pas? Je vais d'abord prendre une douche.
Les salles de bains étaient si sales.
Je rêve de prendre une douche depuis une semaine.
Quoi?
Pourquoi tu ris? -Rien.
Je sens mauvais? -Non.
J'aime bien vous voir ensemble.
Ça fait un bail.
Je veux dire, ensemble tous les trois.
C'est vrai.
Comme au bon vieux temps.
Bon, je vais prendre une douche.
Je t'attends.
Je voulais juste dire...
...que je suis vraiment désolé pour tout.
Je sais que vous ne le méritez pas.
Je vous demande de me pardonner.
Et je voulais vous dire que je vous aime.
On t'aime aussi.
Allez, vas-y. On t'attend.
C'est fou, non? -Je sais.
Tu viens avec nous au cinéma?
Ça ferait tellement plaisir à Nicholas.
Je ne sais pas.
C'est quel film?
Tu te souviens, quand on allait au cinéma l'après-midi?
On disait qu'on avait des rendez-vous importants...
...et on se retrouvait au cinéma.
J'adorais ça. C'était comme sécher l'école.
Ça fait un bail, hein?
Allez.
Viens avec nous.
Viens avec nous aujourd'hui.
Tu ne veux pas?
Qu'est-ce que c'est?
Mon Dieu, Nicholas.
Nicholas, mon chéri. Garde les yeux ouverts.
Peter, appelle quelqu'un.
Nicholas, regarde maman.
S'il te plaît. Garde les yeux ouverts, chéri.
C'est bien. Aie confiance en toi. Respire.
Comme une grenouille. Viens vers moi.
OK, je te lâche. Tu vas y arriver. Viens vers moi.
Continue. C'est bien.
Papa, je nage.
Oui, tu nages.
Tu as réussi.
Je nage. -C'est bien, mon garçon.
Je suis si fier de toi. Tu nages. C'est bien, non?
On continue? Allez.
C'est bien. Jusque là-bas.
Ça va? -Oui.
Je vais donner un bain à Theo.
Tu veux que je le fasse? -Non, je vais le faire.
Tu es content qu'ils viennent? -Oui, et toi?
Regarde ce que j'ai trouvé.
Ça fait un bail.
Je sais.
OK, à tout de suite.
Je peux te laisser terminer? -Oui.
Theo?
C'est l'heure de ton bain. Tu es prêt?
Hé, déjà là? -Désolé, je suis un peu en avance.
Tu es seul?
Elle arrive. Elle devait d'abord aller voir sa mère.
Entre.
Comment vas-tu? -Bien, et toi?
Bien, tu es rentré ce matin?
Oui, New York me manquait déjà.
Ça va à Toronto? -Oui, j'adore cette ville.
Tu bois un verre? -Non, j'attends les autres.
OK, assieds-toi.
Je vais aller vivre chez Lena. Maman t'a dit?
Ah bon? -Oui.
On est presque chaque soir chez elle ou chez moi.
Félicitations. C'est une bonne nouvelle.
J'ai hâte de te la présenter. -J'ai hâte de la voir.
Tu m'en as tellement parlé.
Tu verras. Elle est formidable.
Je suis fou d'elle.
C'est bien.
Theo est là? -Oui, il est dans son bain.
On a un cadeau pour lui.
Mais Lena voulait le lui donner. -Sympa.
J'ai aussi quelque chose pour toi. -Pour moi?
C'est plutôt un truc dont je voulais te parler.
Tu en fais une tête. Je ne vais pas être père.
Je n'y avais pas pensé.
Non, c'est plus un truc...
...à propos de moi.
Je voulais te le dire en premier.
Dis-moi.
Tu sais qu'à part mes études...
...il y a autre chose que j'adore faire.
Écrire.
Dernièrement, j'y ai consacré du temps.
Surtout depuis que j'habite à Toronto.
Tout me semble plus facile, là-bas.
Bref...
Voilà. -Qu'est-ce que c'est?
Mon premier roman.
Tu as écrit ça?
Je n'ai rien dit. Par superstition.
Maintenant, il existe vraiment.
Je voulais te donner le premier exemplaire.
'La mort peut attendre'.
Génial.
Il sort quand? -Dans deux mois.
Et si tu l'ouvres, tu verras qu'il t'est dédié.
À mon père. Pour tout ce qu'il a fait pour moi.
Ça parle de choses que tu connais déjà.
Toutes ces années difficiles pour toi et maman.
Au moins, ça s'est bien terminé.
Je voulais que tu sois le premier à l'avoir...
...car sans toi, je ne serais pas... -Je suis si fier de toi.
Mon grand garçon.
Je suis si fier de toi.
Lis-le. Tu n'aimeras peut-être pas. -Je te connais.
C'est sûrement très beau.
Et vraiment...
Je veux te dire que je suis si fier de toi.
Tu ne vas pas pleurer, hein? -Non, désolé.
J'espère juste que ça va marcher. -J'en suis sûr.
Je peux aller faire un câlin à Theo?
Il m'a manqué, lui aussi. -Il sera content de te voir.
Il parle tout le temps de son grand frère.
Peter?
Qu'est-ce que tu fais?
Qu'est-ce qu'il y a?
Tu penses à Nicholas?
J'aurais dû m'occuper plus de lui.
Non, tu as fait tout ce que tu as pu.
J'essayais d'imaginer...
Il avait tellement de talent.
Et il était si intelligent.
Et sensible.
Et...
Il aurait pu faire tant de belles choses.
Et j'aurais dû...
J'aurais vraiment pu...
Tout est de ma faute.
Mais non. Allez.
Viens là.
Calme-toi. Je sais que c'est dur.
Je sais, mais la vie continue, Peter.
Tu as Theo. Et moi.
Et on a besoin de toi.
Même si c'est dur et douloureux, la vie continue, Peter.
Non, elle ne continue pas. Elle ne doit pas continuer.
Si, elle continue.
Pense à ton petit garçon. Pense à Theo.
Il a presque quatre ans.
Pense à lui et tout ira bien.
pour Gabriel
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