All language subtitles for En plein. oeur.1998.

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Original subtitles

T'aurais pas une autre paire de collants ?

Non, je crois pas.

Et merde...

Il caille, dehors ?

Je sais pas.

Tu veux du pèt' ?

Non, ça va. Peut-être tout à l'heure.

Où t'as piqué ça ?

- À la supérette. - Ah, ça daube !

Putain, ils se font pas chier, hein.

Y a de la thune, là.

Ouais.

Mesdemoiselles, vos cartons.

C'est Samira qui les a.

Je vais les trouver.

Oh, salut ! Ça va ?

J'ai un ami, je vais lui dire bonjour.

- Bonsoir. - On se connaît ?

Non, on devrait.

Je les trouve, hein.

Ça y est, c'est bon.

- Pardon. - Pardon !

- Il est bon, non ? - Meilleur que la dernière fois.

- Bonsoir, ça va bien ? - Oui, merci.

Ah !

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Ça se passe bien ? - Oui, bien.

Pardon, mon mari, Me Farnèse.

- Enchanté. - Bonsoir.

Excusez-moi. Viens !

En ce qui concerne la presse, t'as eu ce que tu voulais ?

Oui, à peu près.

Ah oui, c'est le travail du Hongrois dont tu m'as parlé.

Tu trouves pas ça un peu... excessif ?

Oui, et alors ?

Si tu la vends pas, je la veux dans mon bureau.

- Ah bon ? - Oui, vraiment.

- Bonsoir, madame. - J'arrive.

Allez-y, je suis pas pressée.

- Arrêtez de me pousser ! - Ne faites pas d'histoires.

- Ça va, mais lâchez-moi ! - On s'en va, d'accord ?

Connasse !

Qu'est-ce que tu lui as fait, à la meuf ?

J'ai chouré toute la bouffe.

T'as réussi à en avoir ? Fais voir.

Celui-là, celui-là, j'en ai encore.

- Merci, bonne soirée. - Je vous en prie.

- T'es sûr, tu veux pas rester ? - Non, je suis mort.

Excuse-moi.

T'as réfléchi pour la Toscane ?

Oui. Si c'est possible, on le fera, je te promets.

Ça nous ferait du bien.

- Mais qu'est-ce que tu cherches ? - Mon portefeuille.

- Tu l'avais pris ? - Évidemment.

Madame, vous pourriez regarder par terre

s'il y a un portefeuille noir ?

Sans déconner, y a que dalle.

Avec les cartes bleues, y a plus de cash.

- Fait chier. - Allez, je crame tout.

Pas celui-là, c'est du croco.

1 500 balles.

On paye à peine le loyer, avec ça.

Putain, mais c'est pas possible.

J'en ai marre qu'on galère.

Faut qu'on fasse un truc, là.

T'en es où de ton boulot ?

Y avait deux places,

je m'appelle Samira Alaoui, ça lui a pas plu, au keum.

Bon,

on va pas faire la manche, non ?

Ça, c'est clair. Faut trouver un truc, là.

Et se flinguer, c'est pas une idée, ça ?

- Ça le fait ? - Ah ouais, ça fout les boules.

- C'est cher ? - C'est un Beretta.

Je sais pas.

- 110 balles. - C'est parce que c'est de la marque.

Bouge pas ! Recule !

Vas-y, recule, je te dis !

File ton putain de cash !

- Tirez pas ! - Le cash, vite !

- Cash... tiroir. - Vas-y, active !

Mais vas-y, bordel !

- Vas-y. - File, vite !

- Vas-y doucement. - Cash...

Merde, il a un flingue !

Mais lâche-la, merde !

Déconne pas, c'est qu'un jouet.

Regarde, c'est un jouet.

On peut pas te faire de mal.

C'est du plastique.

- Tu l'as tué. - Non, il bouge.

Police, bougez plus !

- Qu'est-ce qu'on fait ? - Vas-y, on trace !

Jette ton truc.

Suis-moi.

Qu'est-ce que tu fais ?

Fais comme moi.

Vas-y, Samira.

- Donne ta main, Samira. - Je peux pas !

- Monte ! - J'y arrive pas !

- Donne ta main. - J'y arrive pas !

On bouge plus !

Tire-toi, je dirai rien.

Bouge pas, toi.

Putain, c'est une môme.

- T'as pas vu Vincent ? - Qui ça ?

- Celui qui a les cheveux courts. - Non, je sais pas.

- Tu sais où je peux le trouver ? - Là.

Luisa, t'as pas vu Vincent ?

- Ben non. - Tu sais où je peux le trouver ?

Non. Fous-lui la paix, connard !

- Tu viens danser ? - Non, c'est bon.

Faut que je me casse.

Qu'est-ce que tu fais là ?

Je croyais que tu voulais plus voir ma gueule ?

Ta gueule, je l'aime bien. C'est tes galères que j'aime pas.

Et toi, c'est quoi, ta galère ? Ton boulot à ton Prisu, c'est fini ?

Ouais, c'était juste pour deux semaines.

T'étais où, toi ?

Y a un petit lézard.

Je lui dis quoi, moi ?

Tu lui dis qu'il aille se faire enculer.

- Je lui dis ça ? - Comme je te l'ai dit.

Y a quelqu'un chez toi, là ?

Ben non, pourquoi ?

Parce que j'aimerais bien y dormir.

Samira t'a virée de l'appart ?

Si on te demande si tu m'as vue hier soir...

Qu'est-ce que je dis ? Je t'ai vue ou je t'ai pas vue ?

- J'ai compris, j'ai vu que toi. - La clé,

elle est toujours au même endroit ?

Merci.

Cécile ?

Je finis à 1h, tu seras encore là ?

Écoutez, cher confrère, j'ai l'impression

que vous appréhendez mal la situation.

J'ai mis tout le conseil d'administration

derrière mon client, le personnel et les syndicats suivront.

Mais la banque aussi suivra !

Oui, mais je trouve l'attitude de votre client

déontologiquement regrettable.

Si vous voulez aller au procès, on y va,

je me sens très à l'aise dans cette affaire.

Oui, ben prenez le risque.

On va pas polémiquer à l'infini.

Je vous laisse une heure, après, je serai obligé d'aller en référé.

N'y voyez rien de personnel.

J'espère. À bientôt, Maître.

Y a une jeune femme dans votre bureau,

elle dit avoir pris rendez-vous avec vous.

Avec moi, vous êtes sûre ?

C'est ce qu'elle a dit.

Allô ? Oui, Henri.

Je suis ravi, je crois que c'est plus sage.

Oui. Oui, oui. Vous rappelez mon assistante pour les détails ?

- Très bien, à bientôt, Maître. - Friedman ?

Friedman.

Bonjour. Nous avions rendez-vous ?

Euh, pas vraiment, non.

Oui, je pensais bien.

Dans ce cas, il faudrait prendre rendez-vous...

Faut m'aider.

Je vais être arrêtée pour un casse.

Un casse, rien que ça ? Et quel genre ?

Une bijouterie.

J'ai Frédérique Lasserre en ligne.

Je la rappelle. Mademoiselle,

je ne prends plus ce genre

d'affaires depuis longtemps, et j'ai une journée chargée.

- Samira a été arrêtée. - Qui ça ?

Ma copine avec qui j'ai fait le casse.

Excusez-moi.

- Elle peut nous laisser 10 minutes ? - Non, je les ai pas.

Oui ?

Maître, vous avez rendez-vous en salle de réunion dans 10 minutes.

Vous les avez.

- Bordenave ? - Maître ?

Pas d'appels jusqu'à la réunion.

Bien, ben je vous écoute, alors.

Samira s'est fait arrêter hier soir,

juste après qu'on ait fait le coup.

Enfin, on l'a pas vraiment fait, on n'a rien volé.

Alors y avait le Chinois, enfin, le bijoutier,

il a sonné l'alarme, je l'ai à moitié assommé.

Sauf qu'il nous braquait avec un flingue.

Un flingue ?

Carrément ! Il nous aurait butées, ce con.

- Alors je l'assomme... - Avec quoi ?

Vous étiez armée ?

Non, c'était du toc, c'était un jouet.

Je l'ai pas assommé avec, j'ai pris un bouddha sur le comptoir.

Continuez, continuez.

On a fui par la cour, elle a pas réussi à monter sur le toit.

Les flics ont déboulé, elle m'a dit de partir. J'avais pas le choix.

Quel genre de flics ?

J'en sais rien, des flics, quoi !

Enfin bon, bref, ils l'ont gaulée, mais elle parlera pas.

Sauf que hier, y avait les flics en bas de chez moi.

J'ai besoin d'un avocat, non ?

Oui, en effet.

Mais je ne m'occupe plus de ce genre d'affaires.

- Qui vous a donné mon adresse ? - Vous avez bien des clients ?

Ils ne braquent pas de banques. Pas à main armée.

- C'est une affaire criminelle. - Je suis pas une criminelle !

- Pas une vraie. - Pour les juges,

ça fait pas une grosse différence.

Je vais vous orienter vers un de mes confrères.

Épelez-moi votre nom.

Maudet, M-A-U-D-E-T. Cécile.

- Adresse ? - 24, rue Edmond Rostand, Pantin.

Il est très compétent.

Je m'en fous. C'est vous, la pointure, ça se voit.

Vous n'avez pas répondu à ma question.

Mon nom, comment vous l'avez eu ?

Vous l'avez trouvé où, ça ?

- De mieux en mieux. - Ça va, on n'a pas

utilisé les cartes.

Merci.

Et mon cas, c'est grave ?

- Vous étiez armées. - C'était un jouet.

Pour le jury, c'est pareil. Vous risquez 6 ans ferme.

6 ans ? Ils sont ouf !

C'est comme ça.

J'ai une idée.

J'ai un copain barman, il dira qu'on a passé la nuit ensemble.

C'est une mauvaise idée de plus.

Subornation de témoin, faux témoignage :

3 ans de mieux, et la radiation pour votre avocat.

- La quoi ? - La radiation.

Il est viré du barreau, terminé.

Mais mon cas, vous le prenez ?

J'ai pas une thune.

Ça va de soi.

- Si j'en avais eu, j'aurais pas... - Assommé un bijoutier.

Ça va, c'est bon, il est pas mort !

Avec Samira, on peut plus payer le loyer.

Vous avez deux bras, deux jambes.

Vous voyez pas d'autre moyen ?

Si.

De toute façon, vous pouvez pas comprendre.

Pourquoi ?

Ici, ça pue le fric. Vous savez même pas ce qui se passe dehors.

Vous prenez pas l'adresse ?

Pour quoi faire ? Lui non plus, je pourrai pas le payer.

Dites-moi au moins ce que je dois dire aux flics.

Surtout, ne dites rien.

Et suivez-les sans faire d'histoires.

Je vous raccompagne.

Quand on vous demandera le nom de votre avocat,

dites Me Michel Farnèse.

Merci.

Le marchand d'épices est toujours à l'angle

de la rue Edmond Rostand et du boulevard Murat ?

Pourquoi ?

J'ai été élevé pas loin de chez vous.

J'ai piqué pas mal de bonbons dans sa boutique.

Des Mistral gagnant.

Des quoi ?

C'est un bonbon qui doit plus se faire maintenant.

Dites, pour ce qui s'est passé dans votre bureau...

Quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Antoine. - Oui, Maître ?

Ouvrez un dossier au nom

- de Cécile Maudet. - Cécile Maudet.

Et après, venez me voir.

À peine 20 ans, pas de boulot,

l'hiver qui arrive, un loyer à payer,

- tu vois le tableau. - Tu vas me faire pleurer.

Elles achètent un pistolet en plastique pour braquer un bijoutier,

parce qu'elles se disent qu'il a du cash.

Évidemment. C'est pas très malin.

Eh non.

Ça m'a l'air d'une petite affaire, dis-moi.

Petite, mais pas facile.

On se demande pourquoi tu l'as prise.

Mais parce que je suis avocat.

Hmm-hmm... Sexy, les filles ?

J'en ai vu qu'une, un peu paumée.

Tiens, tu m'aides ?

Paumée, mais sexy.

- Pourquoi tu ris ? - Rien, les hommes...

Ben quoi, les hommes ?

Toi, si tu préfères. Tu me fais rire.

Ah oui, je préfère.

Attends, t'as un fil.

Merci.

Lili, si Marcus appelle, dites que c'est d'accord pour l'expo.

- D'accord. - D'accord ?

C'est quoi, ça ?

Le dossier pour l'adoption.

C'est arrivé quand ?

Cet après-midi.

- Vous le mettez sur mon bureau ? - Oui.

Merci, bonsoir.

- Bonsoir, Lili. - Bonsoir.

Dis-moi, si j'y allais pas, ça t'ennuie ?

Il en est pas question, la voiture arrive.

C'est toi qui es invité, pas moi !

Bon, je vais prendre mes cigarettes.

Je parie que t'étais flatté que cette fille te connaisse.

Quelle fille ?

Celle de la bijouterie. Elle te connaissait, non ?

Non, pas vraiment.

Comment elle t'a contacté ?

Elle l'a trouvé ?

Non, pas vraiment non plus.

De mieux en mieux.

Oui ou non ?

C'est elle.

Il y en a plus d'un qui aimerait te voir te ramasser.

- Oui, je sais. - Alors pourquoi courir

un tel risque ? Je te comprends pas.

T'as plus rien à prouver, non ?

Tu me donnes encore plus envie d'y aller.

J'ai des infos

sur le bijoutier. Ça vient des Mœurs.

Toujours bon à prendre, ça.

Il attire des filles dans sa boutique par des annonces

- d'emploi. - Excellent.

Il leur fait quoi ?

Il leur montre un tas de bijoux précieux,

des trucs qu'il a sur lui.

Tu vois ? Pas de quoi s'inquiéter.

Je parie même qu'elles sont jeunes et jolies.

Attends que j'amène ces plaignantes à la barre. Merci, Antoine.

Je savais que ça vous plaîrait.

Je vous prépare la liste.

Bon, quoi ? Laisse-moi m'amuser un peu.

Je m'amuse plus, je m'emmerde !

Ça te réussit pas mal, de t'emmerder.

Ben oui, mais on se lasse de tout.

Qui vous a dit de vous asseoir ?

Je passerai voir le prof vers 17h.

Vous avez pris un avocat ?

Oui, il arrive.

- Son nom ? - Me Farnèse.

Me Michel Farnèse ?

À propos, Samira Alaoui est sans-papiers.

- C'est plutôt bien, ça. - Oui ? C'est un point de vue.

En se battant bien, on peut la faire expulser vers le Maroc.

Demandez-lui si elle est d'accord.

Vous croyez que le procureur acceptera ?

C'est déjà arrivé. Une expulsion, c'est moins cher qu'une détention.

Vous habitez toujours à Pantin ?

Entrez.

Bonjour, Mme la présidente. Désolé de ce retard.

Jamais là où on t'attend. Tu connais le nouveau substitut ?

- William Martorel. Bonjour. - Enchanté.

Je ne sais pas si je mérite de vous affronter.

Vous vous en remettrez. Me Antoine Lorrain, qui m'assiste.

- Bonjour. - Bon, messieurs,

voulez-vous que nous fixions la date de la première audition ?

Le... 31 mars ?

Michel, tu es avec nous ?

31 mars ? Vendredi ?

Très bien, très bien. Nous tâcherons d'être à l'heure.

Nous avons appris que la spécialité du bijoutier

était le harcèlement sexuel dans sa boutique.

C'est plutôt bien pour nous.

D'accord, merci.

Je viendrai vous voir mardi prochain.

- Que voulez-vous ? - Bonsoir, je suis Vincent.

Michel !

- Vous êtes Farnèse ? - Oui.

Vincent Mazet,

l'ami de Cécile.

Rentre la voiture, j'arrive tout de suite. Oui ?

Qu'est-ce que je dois dire pour Cécile ?

J'utiliserai pas ton témoignage.

Ah ouais ? C'est super malin, ça.

Et combien elle va écoper ? 5 ans ? 7 ans ?

10 ans si le procureur peut prouver que t'as menti.

Mon cul. Vous êtes mort de trouille, c'est ça, la vérité.

Tu te trompes.

Vous voulez bien l'aider, mais si ça vous coûte rien.

Vous vous protégez.

Mon boulot, c'est d'éviter que mes clients aillent en prison.

Le tien, c'est barman. Crois-moi, c'est dans ton intérêt aussi.

C'est elle, mon intérêt. Pourquoi vous me tutoyez ?

Je vous tutoie pas.

Et Samira ?

Ça va, elle tient le coup.

Je lui ai trouvé un excellent confrère.

Vous aussi, il faut tenir le coup.

Je compte sur vous ?

Bon,

alors...

On en était resté à Rennes.

Donc votre père travaillait sur un chantier,

et après, qu'est-ce qui s'est passé ?

Il a été engagé dans une autre boîte, on a déménagé.

C'est après que vous êtes allés sur Paris ?

Vincent m'a écrit.

C'est pas très malin. Le courrier est lu, en prison.

Je peux vous prendre une cigarette ?

Oui.

C'est des brunes, hein.

- Vous avez quoi à la main ? - Rien, rien.

Non, montrez.

C'est une nana à la con.

Bien, eh ben, on va porter plainte.

- Je laisserai pas passer ça. - Faites pas ça.

Ce serait encore pire.

Je vais vous faire transférer.

Martorel, vous m'avez mal compris :

ou Cécile Maudet est transférée ce soir,

ou je porte plainte et je convoque la presse.

C'est clair ? Oui, réfléchissez vite,

il est jamais que 17h.

La Fiduciaire contre la Caisse des Dépôts,

ça te dit quelque chose ?

J'ai oublié ça. Laisse-moi le dossier pour le week-end.

Cette affaire devait te faire des vacances.

- Eh ben, ce sont des vacances. - Ah oui ?

Des visites chaque matin à la prison, le dossier qui piétine,

les heures sup...

Je te trouve pas si bien barré que ça sur ce dossier.

C'est moi qui paye.

Cette petite a de la chance.

Jusqu'ici, pas trop. Ça fait une moyenne.

La liste des nouveaux témoins.

Et ça, c'est encore ce barman, Vincent Mazet,

ça tourne au harcèlement téléphonique.

Antoine, j'aimerais que tous soient entendus d'ici la fin de la semaine.

D'accord. Celui-là aussi, Vincent Mazet ?

Je peux vous appeler ce week-end à la campagne ?

Seulement avec de bonnes nouvelles.

Voilà, ce sont les deux dernières, après, y a plus rien.

C'est vraiment bien, maintenant. Pourquoi tu n'exposes pas ?

Parce que je suis pas prête.

Tu veux bien m'aider à porter ça sur le socle derrière ?

- Elle tient, celle-là ? - Oui, je l'ai fixée.

Allô ?

Maître ?

C'est pour vous.

Antoine Lorrain.

Merci.

Oui, Antoine.

Allô, Maître ? Je vous dérange pas ?

Non, je vous écoute.

Je me permets de vous appeler car je viens

de bavarder avec Vincent Mazet, le barman.

Vous savez quoi ? Il a passé la nuit avec Cécile. Et alors,

l'immaculée conception : casier vierge, pas une contredanse

impayée, rien.

Mais pourquoi Cécile n'a rien dit ?

Vous croyez qu'il bluffe ?

Maître ?

Allô ?

Allô ?

- Allô ? Vous m'entendez ? - Oui, c'est formidable. Bien joué.

Ça me réjouit de voir la tête de Martorel

quand on va lui balancer Mazet.

- Bon week-end. - Bon week-end à vous, Antoine.

Ça va ?

Ça va.

Rien de spécial ?

Non, rien de spécial.

Tu peux me mettre mon pull sur les épaules ? Je peux pas l'enfiler.

Merci.

Veuillez vous asseoir.

Comme vous l'avez entendu par M. le greffier,

Mlle Samira Alaoui et Mlle Cécile Maudet,

vous êtes accusées de vol avec arme.

J'informe la cour que ce crime

est prévu par l'article 311-8 du Code pénal,

et qu'il est passible d'une peine maximale de 20 ans de réclusion

et de 1 M de francs d'amende.

Nous commencerons donc par l'exposition des faits.

M. le procureur.

- Je vous l'ai déjà dit. - Alors qui était votre complice ?

Vous persistez donc à protéger

votre complice ?

Je peux juste dire que c'était pas Cécile.

Alors c'est qui ?

C'est une autre fille. Je vous dirai jamais comment elle s'appelle.

Y a-t-il eu un moment au cours de cette nuit

où Cécile était seule,

enfin je veux dire, hors de votre vue ?

Hors de ma vue ? Non, ça m'étonnerait.

Vous vous êtes endormi vers quelle heure ?

Ça, je peux pas répondre.

Vous avez obligation de répondre.

Ah bon ? Eh ben, je vous dis que je peux pas vous répondre.

Et pourquoi ?

Parce qu'on n'a pas arrêté de la nuit.

Je vous remercie.

Le but de ces petites annonces

n'était-il pas de harceler sexuellement des chômeuses ?

Cette question est inadmissible.

Les termes sont insultants.

Ce qui est insultant, M. l'avocat général,

c'est que monsieur ait été condamné quatre fois

pour attentat à la pudeur.

On peut s'interroger sur sa capacité à reconnaître Cécile Maudet,

alors qu'il a vu passer sous ses yeux des dizaines

de jeunes filles. Sous ses yeux, façon de parler.

Acquittée.

Eh oui.

Ça n'a pas l'air de vous faire plaisir.

En tout cas, à vous, si.

Vous avez du feu ?

Merci. Vous voulez boire quelque chose ?

J'aimerais autant qu'on y retourne, non ?

On y va, on y va.

Quel alibi, le barman.

Elle lui doit tout.

- Il paraît qu'il a été parfait. - Oui.

Mais il y a eu une plaidoirie aussi, tu sais.

Vous la logez où ?

Quelle importance ?

Comme ça, pour savoir.

Un hôtel, à Saint-Michel.

Tout le monde me demande pourquoi tu as pris ce cas.

Ben tiens... Et qu'est-ce que tu leur réponds ?

Que je ne sais pas.

Mais je mens.

Je sais pourquoi.

Pourquoi ?

Parce que tu as envie d'elle.

Depuis le premier jour.

Elle aussi, d'ailleurs.

Elle l'a peut-être même su avant toi.

Tout le monde le savait, alors, sauf moi.

Tu préfères quoi ? Bordeaux ou Bourgogne ?

Viviane. Viviane... Qu'est-ce qui se passe ?

Rien. Donne-moi les clés, je voudrais conduire.

Bon allez, viens.

Donne !

Qu'est-ce que tu fais ? Où tu vas ?

À Saint-Michel. Il est pas là, son hôtel ?

Arrête...

Tu dois connaître l'adresse, tu me diras.

Viviane, joue pas à ça, hein. Allez, tourne à droite.

Mais je joue pas.

Tourne à droite, s'il te plaît.

Allez.

Prends à droite, merde !

À droite !

Arrête, j'ai pas envie, pas ce soir.

Maître, je voulais vous remercier

pour le travail que vous m'avez confié.

- J'ai beaucoup appris. - Merci, Antoine.

Félicitations, Maître, vous avez été formidable.

Merci.

Je vous croyais déjà partie.

Non, je voulais juste vous dire au revoir.

Et puis je voulais vous remercier aussi.

Pour le procès, pour l'argent, pour tout.

Qu'est-ce que vous allez faire ?

Je vais à Rennes, chez une copine.

Et vous partez quand ?

Tout à l'heure.

Ne nous laissez pas sans nouvelles.

Cécile Maudet a oublié ça, on peut lui faire porter ?

Oui, elle a même oublié son arrêt d'acquittement.

Non, laissez.

Je m'en occupe.

Oh, merci !

Et ça, c'est quoi ?

L'acquittement.

Merci.

Quelle heure il est ?

Je sais pas.

J'ai pas de montre. Je crois que j'ai raté mon train.

Viens.

Vous avez peur ?

Moi, j'ai plus peur.

J'y pensais tout le temps.

Tout le temps.

Allô ?

- Mme Farnèse, c'est Martine. - Bonjour.

Est-ce que je dois lui faire porter son courrier ?

Quel courrier ?

Il est parti brusquement après le déjeuner, il n'a pas précisé...

Précisé quoi ?

Enfin je veux dire... Il va mieux ?

Oui, oui, ça va bien, merci.

Et pour le courrier ?

Faites-le porter ici.

Ah, tu es là. Tu es pas en avance. Va falloir qu'on se dépêche.

Au fait, le père d'un de mes élèves tient une galerie

et m'a proposé d'exposer ma statue de la femme assise.

Il l'a vue à l'atelier. Ça fait bizarre.

Ça m'a fait penser à ce que tu m'as dit.

Faut que tu signes les papiers de l'assurance.

J'ai acheté un cadeau pour Antoine, tu lui donneras ?

- Ça devrait lui plaire. - Viviane.

Tais-toi.

On prend ta voiture

ou la mienne ? J'ai plus beaucoup d'essence.

- Le moment est mal choisi... - Mais tais-toi !

Nom de Dieu, tu sais pas te taire ?

Non, pas avec toi.

Comment ça, pas avec moi, merde ?

Je te donne le choix de ne rien dire,

de faire comme si de rien n'était.

C'est pas possible, justement.

Alors tant pis pour toi. Va-t'en.

Ah non !

Ah non, allez, debout !

Debout !

Allez, debout.

Ben oui, je sais.

On croit qu'on va mourir, et puis on meurt pas.

Allez. Mais non, mais non.

Ça va aller. Ça va aller.

- Tu t'es garé où ? - Là, dans la rue.

Mais on va passer par le stade Léon Blum, avant.

- Tu connais le stade ? - Oui.

Je connais même un raccourci.

Tu vas voir, on est presque arrivés.

Ça fait gagner 5 minutes.

On passe par là...

Non, tu déconnes ?

Je t'ai dit que c'était un raccourci,

pas que c'était facile. Envoie-moi le sac, d'accord ?

Allez hop !

Tiens.

Viens, n'aie pas peur.

Ouais, j'ai pas peur. Ouh là, c'est un peu haut.

Bon, j'arrive.

Allez, allez !

Allez, Abdul !

Allez, les bleus !

Allez, allez, allez !

Allez les bleus !

Oh, René ! René !

Oh, René !

Tu me reconnais pas ?

Oh la vache !

Michel !

Oh ben alors ça, si je m'attendais...

Tu sais,

si je t'avais pas vu à la télé, l'autre jour,

je t'aurais pas reconnu. Marie-France qui me dit :

"Dire que je lui passais les genoux à l'arnica !"

Qu'est-ce que tu fous là ? T'emménages pas ?

Non, on était dans le coin. Je te présente Cécile.

Cécile, René.

- Bonjour. - Bonjour.

Il aurait pu finir au Parc.

Arrête...

Il lâchait jamais le ballon !

Je vous assure, un vrai teigneux.

Ça m'a empêché de faire des conneries, le foot.

On va s'en jeter un ? T'as bien 5 minutes ?

On va se gêner. Au café du coin ?

Ah ben oui, on va pas changer les habitudes.

À tout de suite.

Quoi, qu'est-ce qu'il y a ?

Ça me fait plaisir de te voir comme ça.

- Comment ça ? - Je sais pas, comme ça !

Eh oui, tu sais pas, comme ça.

Eh, on va pas être en retard ?

Mais non, l'avion est à 16h. On a le temps.

- Non ? - Si !

Samira, Samira !

Hop, s'il vous plaît.

Tu prends soin de toi, hein.

Toi aussi, fais attention à toi.

Comment il est, avec toi ?

Ça va,

on s'en fout, de moi.

On peut s'embrasser ?

Allez-y.

- Allez, on y va. - T'auras de l'argent tous les mois.

- Ça t'embête pas ? - Non, c'est lui.

Je viendrai te voir, je te jure.

Je te jure. Fais attention à toi.

C'est pour Cécile Maudet.

Salut ! Ça va, il t'a pas trop fait chier ?

Non, il m'a pas fait chier.

Bon, c'est tout ?

Ben quoi ? Merci pour tout.

Tu fais la gueule ?

Un peu, ouais. T'aurais pu m'appeler, après le procès, non ?

- Je savais même pas où t'étais. - Tu sais pas encore, regarde !

T'as vu ça ? C'est ouf, non ?

Faut que je m'occupe du chat.

Tu lui as donné à boire ?

Non. Enfin ouais, enfin, je sais plus.

Où il est ? Le chat ! Tu veux pas regarder où il est ?

Hop, comme ça, il a de l'eau.

Tu sais que Samira est repartie au Maroc ?

Ah ouais ?

C'est mieux que d'être en taule, non ?

Ouais.

Elle me manque vachement.

Tu m'étonnes.

T'as vu ? Regarde. Y a un jacuzzi.

Le pire, c'est qu'on s'habitue grave à ces conneries.

Viens voir.

T'as deux télés, tu peux te faire monter tous les films que tu veux.

Tu veux boire un truc ? Gin, vodka ? Y a tout.

T'as faim ? Je pense qu'on va pas rester ici,

c'est la ruine. On va chez un pote à lui qui part à New York.

Et tu vas inviter ses vieux potes à dîner ?

Pourquoi pas ?

Tu vas te saper genre Claire Chazal ?

Bien sûr, c'est bien mon genre.

Attends.

Allô ?

Non, il doit être à son cabinet.

Non, c'est pas grave. Au revoir.

Ton mec, là...

Me Farnèse.

C'est ça, ouais, Farnèse.

Tu m'as dit qu'il t'aidait le temps de trouver un boulot,

mais c'est du pipeau ! Il se paye ton cul gratos.

C'est pas vrai.

Et tu lui as dit, pour moi ?

Y a rien à dire, il s'en fout, de toi.

- Moi aussi. - Non, toi, t'es jaloux.

- C'est lui qui t'a offert ça ? - Ouais, il adore.

Tu m'étonnes.

T'es trop bandante.

Arrête.

T'es lourd, des fois.

Bon, allez, on se casse.

Comment ça, on se casse ?

On se casse, on va faire la teuf.

Allez, enfile ça.

- Et on va où ? - Partout, on va faire la teuf !

OK, ben 2 minutes !

Allez !

Oui, ben attends !

Faut que je mette mes pompes.

Tu pouvais pas les mettre là-haut ?

- T'es pas patient, toi. - T'as remarqué ?

- Allez, magne-toi. - 2 secondes !

Tenez, merci.

- Pardon. - Ça fait du bruit, désolé.

Encore désolé.

Je te dérange pas, là ? Allez, bouge.

Ça va ?

Oh ! Oh, Aziz. Ça va ?

- Y a du monde, ce soir ! - Ça marche, le biz.

Si ça marche pour Kirouane, ça marche pour tout le monde.

- Ils pensent tous qu'à s'éclater. - C'est quoi, ce machin ?

- C'est la meuf à Vincent. - Non, elle est avec toi ?

Elle a l'air bonne !

Dis-moi si tu la quittes.

Oh là là, la bouche qu'elle a...

Oh, tu sais que c'est de ma femme que tu parles ?

J'ai des yeux pour voir. Elle est bonne, j'y peux rien.

- Qu'est-ce que tu fais ? - Bouge pas, toi.

Personne parle de ma femme comme ça.

- T'entends, enculé de ta race ? - Arrête !

Tu dis encore un mot sur elle, je t'éclate.

Il est fou, ce mec !

- Ah ! - Viens, on se casse.

- Mais pourquoi ? - Parce qu'on se casse, point.

Allez. Pardon.

Salut.

- Faut que tu me ramènes. - Tu déconnes ? On va chez moi.

- Salut ! - Salut, ça va ?

- C'est bien ? - Ouais, vachement bien.

Pardon. Eh, tu m'attends ?

Faut que je rentre.

- Qu'est-ce que tu me joues ? - Faut que je rentre.

T'as rien à foutre avec ce mec !

Tu crois quoi ? Sa femme, ce sera jamais toi.

- Il en a déjà une. - Ça, je le sais.

T'as vu comment elle est ? J'essaierai même pas.

T'as que ça à dire ? Que t'es pas assez bien pour lui ?

Tu comprends pas. Ce mec, il m'a aidée.

C'est le premier à m'avoir valorisée. Il m'a sortie du trou.

Le trou, c'est moi qui t'en ai sortie.

Il le sait, ça ?

Qu'est-ce que tu lui dois ? 15 000 balles ?

C'est pas compliqué. Les voilà, ses putain d'honoraires.

Si tu lui rends pas, tu seras toujours en dette,

et jamais tu seras libre !

Nous, on est pareils.

Tu vois pas qu'on est pareils ?

Putain, la bouche que t'as, toi.

Arrête ! J'ai pas envie, je te jure.

T'as pas envie ? T'es sûre ?

D'accord, d'accord. Mais tu mets une capote.

Mais y a que toi ! Y a que toi, je te jure.

Je te crois, mais tu le fais.

OK.

Salut !

Tu peux m'embrasser, quand même !

Attends...

Arrête ! T'as vu tes conneries ?

- Tu m'appelles ? - Ouais, ouais.

- Tu me jures ? - Ouais, je te jure.

Merci.

Merde...

Tu m'en veux ?

Faut pas que tu m'en veuilles.

Viens par là.

Montre-moi tes yeux.

- Qu'est-ce que t'as pris ? - Rien !

Viens là.

Viens là ! Qu'est-ce que t'as pris ?

C'est lui qui t'a donné ça ?

Hein ?

Attends, je vais t'expliquer.

Tiens.

Explique-moi, oui.

Qu'est-ce que tu fais ? Y en a pour 15 000 balles !

Surtout pour 1 an de taule. T'as envie d'y retourner ?

Michel, qu'est-ce que tu fais ?

Tu fais quoi ?

Michel, t'en va pas.

T'en va pas !

T'en va pas. Je sais pas quoi faire, tu vois pas ?

Faut que tu m'apprennes, je veux pas que tu t'en ailles.

T'en va pas, arrête ! Me laisse pas comme ça.

J'ai besoin de toi, Michel, s'il te plaît.

S'il te plaît.

S'il te plaît, Michel.

Pourquoi tu ris ?

Je sais pas.

Parce que j'aime tellement faire l'amour.

Pourtant, je l'ai déjà fait plein de fois.

Même des fois où j'aurais pas dû.

Mais avec toi, c'est pas pareil.

C'est comme si c'était la première fois.

Pas pour moi, hein, pour toi.

Je dis pas que je vais acheter quelque chose tout de suite.

Mais ce serait bien que James nous prête son appartement

pendant qu'il est à New York. Tu sais où est mon réveil ?

2e tiroir de la commode.

Merci.

C'est à cause de ce mec qui arrête pas de l'emmerder.

Faut changer d'adresse, c'est tout.

Et mon pull bleu, il est où ?

Tu sais pas où il est ?

Viviane, je sais que ça ressemble à rien, pour toi,

mais moi, je réagis comme je peux.

Je prends les choses comme elles viennent.

Je sais que c'est pas glorieux, mais je m'en fous.

Tu deviens fou, Michel.

Je peux avoir une vodka ? Sans glace, s'il te plaît.

Vous visitez le quartier ou vous venez me voir ?

T'es un malin, c'est bien.

C'est sympa, ici.

J'ai une offre à te faire.

Je suis pas le boss, ici.

Vous voulez acheter ce trou à rats ?

Non. En fait, on m'a dit que t'allais l'acheter, ce bar.

Moi ? Ça m'étonnerait. J'ai pas ce genre de thunes, moi.

Ah ? On m'a dit que tu te faisais un maximum.

En vendant de la dope sous le comptoir.

Assieds-toi.

J'ai pas le droit. Je suis qu'un employé.

Tu diras que c'est un procureur qui te l'a demandé. Allez !

T'as une idée de ce qu'on écope, de nos jours, quand on deale ?

Allez, essaye de deviner un peu, puisque t'es si malin.

10 ans ferme.

Ah, ça rigole plus, tu sais.

Tiens, par exemple, comparaison :

faux témoignage, c'est de la rigolade,

quelques mois à peine.

Surtout si tu peux prouver que c'était pas ton idée.

Vous fatiguez pas, je la balancerai jamais.

Qui te parle de la dénoncer, elle ? Quoique...

y aurait de quoi lui en vouloir.

Après ce que t'as fait pour elle, elle s'installe dans le 8e

avec son avocat... Elle t'a pas donné sa nouvelle adresse,

boulevard Malesherbes ?

Non ?

C'est pas gentil, ça.

Tu nous remets ça ?

La convention doit être signée avant le 15.

- Le 13-14, vous êtes à Bruxelles. - Je décalerai.

Allô ?

C'est pour vous.

Qui c'est ?

C'est de votre faute, fallait pas la laisser rentrer.

Allô ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Bon, j'arrive.

Bien, continuez sans moi.

J'ai voulu appeler la police,

la petite dame a pas voulu, alors bon...

J'aime pas beaucoup ça, hein.

Personne n'aime ça.

Vous avez vu ? Vous avez vu ça ?

Bon, ça va aller, merci.

C'est vous qui appelez M. Bencrow ?

- Oui, je m'en occupe. - J'appelle pas la police ?

- Je m'en occupe. - Bon.

T'inquiète pas, ma belle. Je m'occupe de tout.

C'est pas si grave.

Pourquoi tu te mets dans un état pareil ?

C'est un cambriolage, ça arrive.

C'était pas un cambriolage.

Je suis sûre que c'était Vincent.

Je croyais pas qu'il était capable de faire un truc pareil.

Eh ben maintenant, tu sais.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Devine !

Il est parti.

Viens.

Viens.

Oui, c'est moi. Tu dormais ?

Il est là ?

Non, je crois pas. Tu quittes pas ? Je vais voir.

C'est bon, il est parti, là.

Je bouge pas, je te promets.

Je dois faire un saut à Bordeaux, tu veux venir ?

On sera de retour demain.

Non, non, je préfère rester là.

Je sais pas, j'ai dû prendre froid, je me sens pas bien.

Plutôt Pauillac ou Saint-Julien ?

Quoi ?

Bon, je t'embrasse.

Ouais, je t'embrasse.

Arrête de m'embrasser, ça me gonfle les lèvres,

- il remarque tout de suite. - Et ça le gêne ?

- Tu parles... - Et toi, ça te gêne ?

C'est pas pareil.

Comment tu fais pour être avec nous deux ?

Mais je sais pas...

- T'aimes personne, alors ? - C'est pas ça.

C'est quoi, alors ?

Hein ? C'est quoi ?

Bloquée, là, hein ?

Quand je suis avec toi, il me manque.

Et quand il est là, j'ai envie de te voir.

Je veux plus que tu penses à tout ça.

- Qu'est-ce qu'on fout, maintenant ? - J'ai faim.

T'as tout le temps faim ! On va petit-déjeuner ?

- Ouais. - Et où ?

T'as déjà été en Normandie ?

Quoi ? T'aurais pu dire New York ou Istanbul.

Ça va, tu comprends rien.

- De quoi, je comprends rien ? - J'ai envie d'aller en Normandie.

Ma mère vit là-bas, je l'ai pas vue depuis longtemps.

- OK, c'est parti. - C'est vrai ?

- Mais pas sur ta moto. - Pourquoi, qu'est-ce qu'elle a ?

Je me gèle, sur ta moto.

Il te donne des goûts de luxe.

Tout le monde a une bagnole sauf toi.

Moi aussi, je peux avoir une bagnole.

Alors... Laquelle tu veux ? Regarde.

- Arrête. - Allez, laquelle tu veux ?

Moi, je préfère la Porsche.

Attends, tu vas pas taxer une Porsche ?

- Je vais me gêner. - Déconne pas, Vincent !

"Déconne pas, Vincent !"

- Allô ? - Passe.

Allô ?

Le proprio. Ça va, t'énerve pas comme ça.

Tu fais chier, t'aurais pu faire le plein.

Ah ben ouais, ben chacun son tour, connard.

OK, c'est ça, moi aussi, je t'encule.

Tu veux appeler ta mère ?

Non, je préfère lui faire la surprise.

- T'es sûre ? - Oui, oui.

La petite bête

- qui descend, qui descend... - Arrête.

- Arrête ! - J'ai besoin que d'une main

pour conduire. Regarde, c'est ça qui est bien.

T'es pas bien ?

Si, ça va.

Tu vois pas qu'y a personne ? Regarde, tout est fermé.

Elle a dû déménager.

Ben elle te l'a pas dit ?

Qu'est-ce que tu fous ? Tu viens ?

T'es déjà allée à Cabourg ?

- Non. - Allez, c'est parti.

Wouhou !

Eh, t'es malade, va pas trop vite !

Va pas trop vite, je te dis !

Attention, un homme à la mer !

Arrête ! Arrête !

Mais t'es vraiment trop con, toi, hein !

Eh, ça va !

Mais arrête, viens,

putain ! Mais c'est drôle, non ?

Merde !

Oh, Cécile, arrête de faire la gueule !

Cécile !

T'es pas drôle, hein, putain.

Allez, viens, bordel !

Allô ?

- Mme Farnèse ? - Oui.

C'est William Martorel. Désolé de vous appeler si tôt.

J'ai essayé de joindre Me Farnèse à son bureau, il n'a pas rappelé.

J'ai besoin de lui parler.

Il est pas là. C'est urgent ?

Non, pas vraiment.

Si vous m'appelez à cette heure-ci, c'est que c'est urgent.

Je voulais dire à Me Farnèse

que je dépose une plainte contre lui.

Ah.

Je voulais le lui dire, mais dites-le-lui,

- quand vous le verrez, bien sûr. - Bien sûr.

- Merci, Martorel. - Au revoir, madame.

Regarde

ce que j'ai ramené : Beychevelle 84.

Magnifique.

C'est pas un peu tôt, là ?

Il est jamais trop tôt pour se faire plaisir.

Je suis contente que tu sois rentré.

Allô ?

Ça a raccroché.

T'as pas donné notre numéro à ce fou furieux ?

Mais c'est pas lui, c'est moi.

Tu sais, avant, Vincent, il était pas comme ça.

Je sais pas, moi, il était calme.

Je crois que c'est moi qui lui fais cet effet.

Cécile, on va changer de numéro, on va changer d'adresse,

mais après, je ne veux plus jamais entendre parler de lui.

Plus jamais.

Je veux la paix.

Moi aussi, je veux la paix. Je veux le calme, tout ça.

Allô ?

Allô ?

Allô ?

Mais répondez !

Ça a encore raccroché, je comprends pas.

Moi, si.

Vous revoulez du café ?

Non, merci.

Viviane ?

Oui ?

Tu pourrais parler quand tu téléphones.

Tu as fait vite, dis donc.

Martorel a...

Il veut déposer une plainte. C'est grave ?

Assez, oui, mais je vais me battre.

Témoignage ?

Le barman a menti, tu le savais.

Ça m'a semblé la seule chose à faire.

Je rêve ! Tu vas tout foutre en l'air

pour cette petite connasse ?

C'est une gosse paumée.

Elle est pas paumée, c'est toi qui est paumé !

Elle sait bien ce qu'elle fait.

Moi aussi, je sais ce que je fais !

Peut-être que j'aurais dû le faire

- depuis longtemps. - Me quitter ? C'est ça ?

- Tu m'aimais plus du tout, alors. - Mais arrête...

Je veux dire qu'à travers elle, je me suis rendu compte

que j'étais pas dans mes marques.

Tout ça, j'en ai pas besoin, moi !

Moi non plus ! Je pouvais vivre sans rien, je t'aimais !

Je l'aurais fait pour toi.

T'as voulu tout ça, et tu me le reproches ?

Je ne te reproche rien !

Ce qui se passe, je ne peux pas l'expliquer,

c'est plus fort que moi.

Elle a tellement besoin de moi.

Et moi ? J'ai pas besoin de toi ?

Mais pour qui tu te prends ?

Elle est paumée, tu te prends pour le sauveur de l'humanité ?

C'est ça ? C'est ça, ton alibi ?

Mais non... Tu peux pas comprendre qu'elle, c'est moi, y a longtemps ?

- Si j'avais eu moins de chance. - Mais arrête tes conneries !

Elle, c'est elle, et toi, c'est toi. Et t'as 25 ans de plus qu'elle.

Si tu as pas le courage de t'en rendre compte,

t'es pas ridicule, t'es minable.

Décidément, tu veux pas comprendre.

Si, je comprends trop bien.

Reviens plus !

Oh là, oh là, vous allez où, là ?

Vous allez où ?

- Je viens voir Cécile Maudet. - Elle est plus là.

Avec le bordel qu'il y a eu là-haut, c'est pas plus mal.

Elle a rien laissé pour moi ?

- C'est qui, vous ? - Vincent.

Non, elle a rien laissé.

C'est qui ?

C'est Luisa.

Je suis trop contente que tu sois venue.

- L'immeuble est génial ! - Génial, non ?

Oh, le palace ! C'est grand !

Donne-moi ton sac.

Je suis carrément contente que tu sois là.

Y a la tour Eiffel juste là.

En bas, y a notre chambre, avec salle de bain.

Tu vois, là, c'est notre chambre,

et la tienne, c'est celle-ci.

T'as ta salle de bain pour toi.

C'est super beau, hein.

Alors je dois faire garde du corps, c'est ça ?

J'espère que ça t'embête pas trop. Vincent est carrément chiant.

- Il t'a pas suivie, au moins ? - Non, je crois pas.

Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

À ton avis ? Des conneries.

- Ça, il te lâchera pas. - Pourquoi tu dis ça ?

- Il vient même plus au bar. - Tu veux boire un truc ?

Waouh, la chaîne !

J'ai plein de fric pour acheter

des fringues, je claque tout en CD.

Le son, ça a strictement rien à voir.

T'as pas autre chose ?

Si. Il écoute que ça, c'est carrément un problème.

Ça, c'est le morceau préféré de Samira.

Attends.

Luisa, Michel.

Ça, c'est ma copine Luisa, ça, c'est Michel.

Je vais baisser la musique.

- Bonjour, Michel. - Bonjour, Luisa.

Ça va ?

Oui, oui. Très bel appartement.

Ah oui, ben oui...

Tu lui as donné à manger ?

Ouais, j'ai été acheter des boîtes en bas.

Le mec, il m'appelle madame. Je te jure.

Waouh. Moi, on m'a jamais appelée madame.

Ça m'étonne pas, t'as vu ta tête ?

On m'a jamais aimée aussi fort que toi.

Jamais.

Vous paraissez soucieuse.

J'ai reçu un appel de Martorel.

Vous êtes convoqué mardi prochain.

Et alors ?

Même si le Conseil de l'ordre me vire, moi, je vous garde.

Vous êtes la seule femme dont je ne puisse pas me passer.

Merci, Maître.

Il est toujours là ?

Oui, au même endroit qu'hier.

Il est têtu.

On peut dire ça comme ça.

Tiens.

- Bonjour. - Bonjour.

Je peux entrer ?

Je vous en prie.

Je voudrais vous convaincre de ne pas rouvrir le dossier.

Je sais bien que ma plainte provoquera un scandale, mais...

je crois savoir que votre mari et vous êtes séparés.

Le nom de votre famille ne sera pas entaché.

Vous m'avez mal comprise. Je ne suis pas venue plaider

la cause de ma famille, mais celle de mon mari.

En effet, je ne suis pas sûr de comprendre.

- En 18 ans de mariage... - Auxquels Me Farnèse

- vient de mettre un terme. - J'ai été mariée 18 ans,

plus longtemps que la plupart des gens, y compris vous, peut-être.

Vous savez pourquoi Michel est devenu avocat ?

Il croit en la faiblesse des êtres.

Il pense que personne n'est au-dessus d'une erreur.

- Il en a commis une énorme. - Pour la première fois.

Et pour cette seule fois, vous allez détruire toute sa vie ?

- Il n'est pas au-dessus des lois. - Non, et il n'est pas infaillible.

Mais qui l'est ?

Vous l'êtes, Martorel ?

Si un jour, vous trébuchez,

vous ne demanderez pas un peu d'indulgence,

pour cette seule fois ?

Je ne suis pas devin, je ne sais pas ce que je ferais.

Évidemment.

Moi, par exemple, je ne savais pas

que je ferais cette démarche un jour.

Au revoir, Martorel.

Bonjour !

Criez pas comme ça, vous allez la réveiller.

- Elle dort encore ? - Complètement crevée.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Ce matin, elle a pas mangé,

elle est couchée.

C'est bizarre, ça.

C'est pas bizarre, c'est normal.

Normal ? Pourquoi normal ?

Parce qu'elle est enceinte.

Enceinte ?

Elle a la trouille,

elle sait pas comment vous allez réagir.

Eh ben alors ? C'est vrai, ce que m'a dit Luisa ?

Quoi ?

Que t'es enceinte.

Oui, mais on n'est pas obligés de le garder.

Ben tiens. Qu'est-ce que tu racontes, t'es folle ?

- Mais tu es sûre de ça ? - Oui, je suis sûre.

T'es content, alors ?

Oui, je suis content.

Mais ça change tout.

Ouais, c'est sûr.

- Ma belle... - C'est marrant,

on dirait que ça te fait plus d'effet à toi qu'à moi.

Qu'est-ce que ça te fait ?

Soit je suis naze et je dors, soit j'ai la super pêche.

Mais là, maintenant ?

Je crève de faim. Je vais voir ce qu'il y a dans le frigo.

Luisa, il reste des chouquettes ?

Oui. Je crois qu'il reste aussi un peu de Mont-Blanc à la vanille.

- C'est un grand événement ! - On peut dire ça comme ça.

Je vais vous faire quelque chose de bien. C'est à quel nom ?

Cécile Maudet.

M-A-U-D-E-T.

Quelle adresse ?

Vous me les faites livrer aujourd'hui, je compte sur vous.

C'est quelle adresse ?

Regarde dans le répertoire, c'est à Michel Farnèse.

Merde ! Putain de merde !

Putain !

Tu crois pas que tu ferais bien de manger autre chose ?

Quoi ?

Je sais pas, des trucs bons. Des trucs frais, quoi.

Ouais, mais j'en ai trop envie.

- Je vais rester avec toi, ce soir. - Et ton client ?

Je vais l'appeler.

Attends, va à ton match. On doit sortir, avec Luisa.

Où ça ?

T'arrêtes ?

T'as rien reçu, ce matin ?

- Non, quoi ? - Je sais pas, tu verras.

- T'en veux ? - Pff !

Elles sont jolies, ces fleurs. Ça vient de chez Aquarelle ?

- Qui les a envoyées ? - Je sais pas, y avait pas de carte.

Y avait pas de carte ?

C'est vrai qu'elles sont jolies.

Vous le mettrez dans votre chambre.

Merci.

Bonjour.

Bonjour. Me Farnèse m'envoie prendre des dossiers.

Je vous en prie. Je vais prévenir madame.

Bonjour, Antoine. C'est Me Farnèse qui vous envoie ?

Oui, bonjour, je cherche un dossier.

Un dossier ?

Je vais vous aider.

Il est comment, ce dossier ?

Au nom de BMH.

Vous savez de quelle couleur il est ?

- Non. - Non ? Attendez, on va regarder là.

Vous avez regardé en dessous ?

C'est pas celui-là ?

Vous êtes sûr qu'il est là ?

Peut-être dans le tiroir.

Mme Farnèse, je veux que vous sachiez qu'au bureau...

Non, Antoine, y a rien à dire.

Il est pas là, je vais regarder derrière.

Tenez, je crois que c'est ça.

Pardon. Pardon.

- Ça va durer longtemps ? - Le temps que je la retrouve.

Dis-moi où elle est, j'arrête.

Elle veut plus te voir, elle te l'a même écrit.

Super, la lettre. C'est toi qui l'as dictée ?

Si elle veut plus me voir, qu'elle me le dise.

Tu balises. Même avec tout ton fric, t'es pas sûr d'elle.

De toute façon, tu pourrais plus la garder.

Ah tu crois ça ?

- Oui. - Mon cul, ouais.

Je la connais, moi, Cécile.

Elle aime trop ça, elle restera pas avec un vieux.

Tu paries ?

Un peu, que je parie.

- Non, je ne vois rien. - Vous êtes sûre ?

Aucun rendez-vous aujourd'hui ni demain.

Encore une autre petite affaire ?

- Bonjour, Solange. - Je passe voir le bâtonnier.

On n'avait pas rendez-vous avec Martorel ?

Martorel ? Ah oui, il a décommandé.

Comment ça, décommandé ? Pourquoi ?

Ben, j'en sais rien.

T'as qu'à lui demander toi-même.

Me Farnèse, j'avais tendance à vous admirer,

mais là, je dois dire que je vous envie.

Je suppose que je vous dois des remerciements.

Oui, mais pas à moi.

Antoine t'a dit ? J'entame des procédures de divorce.

- Comme tu veux. - Ah non, pas comme je veux.

- Qu'est-ce que tu voudrais ? - Que tu sois mort.

C'est pas mal, non ?

Il est un peu grand. Vous voulez la taille au-dessous ?

Ah non, ça ira, merci.

Entrez, c'est ouvert.

Je le crois pas, ça.

Je t'ai pris le même.

Le même quoi ?

Le même pull.

Pourquoi t'es revenue ?

Je suis pas vraiment revenue.

Qu'est-ce que tu fais là, alors ?

Je suis venue te dire adieu.

Adieu ?

Tu t'en vas ?

Je reste, mais on va plus se voir, Vincent.

C'est à cause de lui ?

Non. C'est moi qui ai décidé.

Donne-moi une bonne raison, alors.

J'en ai une.

Elle avait une course à faire.

Et tu l'as laissée partir seule.

- Faut la lâcher un peu. - Vincent Mazet, tu le connais ?

Bien sûr. J'ai peur, il paraît qu'il est dingue, en ce moment.

Il habite où ?

Cité Léon Blum, à Aubervilliers.

Son adresse, son numéro, sa rue,

merde !

Cécile !

Cécile !

- Qu'est-ce que t'as fait ? - Reste là.

Pousse-toi.

Viens, dépêche-toi. Ça suffit, les conneries, maintenant !

Tu comprends ça ?

Dépêche-toi ! Allez !

Allez !

Non !

Tu l'as tué !

Michel ! Michel !

Meurs pas, Michel, je t'en supplie ! Meurs pas.

Meurs pas, je t'en supplie.

Meurs pas, Michel. Meurs pas !

Appelle une ambulance, il va mourir !

- J'appelle personne. - Appelle une ambulance !

Ta gueule !

Appelle une ambulance, il va mourir !

Michel, Michel.

Meurs pas, je t'en supplie !

- Meurs pas... - Viens, dépêche-toi.

- Non, je viens pas. - Les flics vont arriver.

Non, je viens pas.

Il est mort. Il est mort, putain, il est mort, merde !

Viens !

Michel !

Non...

- Y a quelqu'un qui est blessé ! - Arrête !

- Appelez une ambulance ! - Tais-toi, viens !

S'il vous plaît, appelez une ambulance.

Non, je veux pas y aller.

Viens là, putain, dépêche-toi !

Viens, merde !

Qu'est-ce que tu fais, là ? Qu'est-ce que tu fais ?

Qu'est-ce que tu fais ? Viens là.

Viens, arrête !

Lâche-moi. Dégage, maintenant, lâche-moi.

- Où tu vas, là ? - J'y retourne.

Mais t'es cinglée ?

Si t'y retournes, tu vas aller en taule. C'est ça que tu veux ?

Bon, je vais prendre du blé chez un pote,

on se retrouve dans deux heures à la gare de Lyon.

T'entends ? Deux heures à la gare de Lyon.

Et retourne pas là-bas !

Me laisse pas, Cécile, hein.

Tu me laisses pas, hein.

Demain, vous êtes à Barcelone.

Eh, ça va ?

Ça va ?

Oui, ça va aller. Viens.

Tiens, c'est le numéro de ma cousine.

Je l'ai appelée. C'est elle qui m'a élevée.

Tu verras, elle est super, elle comprend tout.

J'ai mis de l'argent au fond de ton sac.

T'as de quoi tenir quelques jours.

Cécile, c'est mon cousin Andrés.

Buenos dias. Ça va, Cécile ?

Oui, merci.

T'embrasseras Samira pour moi.

Merci. Vraiment.

De rien.

J'ai un ami, en Barcelona, il pourra t'amener au Maroc.

C'est là que tu veux aller, non ?

Bueno.

J'ai froid.

Toma.

Merci.

Tiens. Il faut que tu marques le creux,

sinon tu m'en fais une matrone. C'est une jeune fille.

Donc... Attends.

Tu me travailles ce creux, là, hein ? Cette douceur, là.

Comme ça, c'est mieux, avec la spatule.

- Ça fait longtemps. - Très.

- T'as l'air en forme. - Oui, ça va. Et toi ?

Certains jours, ça fait encore un peu mal, mais ça va.

Ça fera toujours mal.

Tenez, Hervé,

merci.

J'ai appris que tu avais passé les deux nuits à l'hôpital.

- Pourquoi tu n'es pas restée ? - On m'a dit que tu t'en sortirais.

- Tu as pas porté plainte ? - Non.

Tu as bien fait. Et l'enfant ?

Pas de nouvelles.

C'est peut-être aussi bien.

Viviane, je suis pas là par hasard, j'attendais que tu sortes.

T'es en retard, d'ailleurs.

Oui. J'ai plein de choses à faire, je pars en voyage.

Où tu vas ?

En Toscane.

- Tu pars longtemps ? - Je sais pas.

Je verrai là-bas.

Au revoir.

Bonjour.

Ce répondeur est branché en permanence.

Vous pouvez laisser un message ou envoyer un fax. Merci.

- Ah ! - Non, c'est moi, c'est moi.

- Viviane est là ? - Non.

Elle est déjà partie ?

Si elle est pas là, c'est qu'elle est partie.

Lili, il faut m'aider.

Elle est encore à Paris ?

Elle est toujours à Paris, oui.

Et elle part quand ?

Après l'inauguration, au Petit Palais.

C'est quand, ça ?

Vous recevez plus les invitations ?

C'est aujourd'hui.

À 18h.

Merci, Lili.

Bonjour.

Allez-y.

- Vous n'avez pas de carton ? - Non.

- C'est sur invitation, désolé. - Ma femme est à l'intérieur.

- Bonjour. - Allez-y.

Juste 2 minutes.

- Non, c'est pas possible. - C'est ridicule.

- Laissez-moi rentrer 5 minutes ! - Vous bouchez le passage.

Ma femme est à l'intérieur, c'est ridicule !

Elle est là : Viviane !

- S'il vous plaît. - Viviane !

Enfin, c'est ma femme...

Viviane !

Ne restez pas là,

OK ?

Viviane ?

Sous-titrage : VDM

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