All language subtitles for Chouans.(1987)

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Original subtitles

...

Musique mélancolique

...

...

...

Musique dramatique

...

...

...

...

...

...

...

Mugissement des vagues

...

Tonnerre

...

...

...

-M. le comte !

-Ah ! Un fils ? -Non, pas encore.

Ca se présente mal.

Elle gémit de douleur.

...

-Clémence...

Clémence... Je vous...

-Miséricorde.

Tonnerre

...

Meuglement

-Loïc !

...

C'est toi qui as cloué cet oiseau ?

-Sale bête.

Faut conjurer le mauvais sort

au moment où la comtesse et ma vache mettent bas.

C'est des oiseaux de malheur.

-T'es qu'une brute ! Va me seller ma jument !

Musique mélancolique

...

Un bébé crie.

... ...

... ...

... ...

...

Tonnerre

Le Guélec !

Docteur Le Guélec !

-Monsieur le comte ?

-Vite, Le Guélec ! Vite. Ma femme se meurt.

-J'arrive.

Cris de bébé

...

...

...

Il prie en latin.

...

Le bébé crie.

Prière en latin

...

-Amen.

-Clémence...

je suis à vous jusqu'à la fin des temps.

L'horloge sonne.

...

...

-Fallait pas relâcher la chouette, Monsieur le comte.

Gazouillis de bébé

...

-Monsieur le comte, votre enfant est sauvé.

-C'est un garçon ? -Oui.

Le bébé crie.

-Grospierre...

ta femme a encore du lait ?

-Jeanne ?

-Vous inquiétez pas, les petites filles sont pas jalouses.

J'ai de quoi.

-Nous allons les baptiser comment, ces chers anges ?

-Aurèle et Céline.

-Vas-y, mets de la paille, là. Mettez de la paille.

-Céline ! Aurèle !

-Ta robe. -Chut.

-Ca vous intéresse pas ?

-Il faut un volcan de fumée ! Voilà, allez.

C'est ça.

Grospierre, tu peux larguer tout.

-Oui, monsieur le comte.

-Là, voilà, mes amis.

-BRAVO !

Acclamations

...

Musique enjouée

...

-Le ballon !

-Bravo !

...

-Remontez.

Hue !

Hue ! Hue !

Hue !

-Eh ben !

Je ne suis pas mécontent.

-Je ne crois plus en Dieu.

-Quoi ?

-Je n'irai pas au séminaire.

-Qui te parle d'y aller ?

-Mon père qui est mon oncle et qui est curé.

-Attends, attends. -Je n'attendrai pas.

-Ton père est curé ?

-On dit que c'est mon oncle. Je sais que ce n'est pas vrai.

Je sais tout. Il n'y a qu'une chose que je ne sais pas.

-Ah bon ? -Oui. Votre nom.

-Ah. Savinien Marie Alexandre Evariste Yann, comte de Kerfadec.

Et toi ?

-Tarquin Larmor.

-Tarquin Larmor.

Les cloches sonnent.

...

-On a pris la Bastille !

Cris de joie

...

-C'est formidable.

-Ca changera quoi ?

-Mais tout. -Ne quittez pas vos dossiers.

-C'est terminé. Les signatures au nom du roi, fini !

-Quel est ce remue-ménage ?

-Un remue-ménage ? Mais c'est la Révolution !

Les cloches sonnent.

Mes amis !

Mes amis ! Mes amis !

Le peuple de Paris a pris la Bastille.

Allez, allez.

-La Bastille ?

Qu'est-ce que c'est, cette bastille ?

Il rit. -Allez !

-La prison du roi ? La bastille

à Paris ?

-Oui, il y a trois jours, le 14 juillet.

-Le 14 juillet ? Drôle de date, ça correspond à rien.

Ho !

Céline ! Aurèle ! Nous avons pris la Bastille !

-QUOI ?

-Le 14 juillet.

-C'est une grande nouvelle. -Vous trouvez ?

-Puisqu'il le dit.

-Tout le monde va fêter ça à l'hôtel de ville.

-Comment ça ? On va fêter ça ici, au château.

Convoque le ban et l'arrière-ban.

Et toi, Aurèle, écoute, trouve-moi du gibier.

-Aller à la chasse un jour comme aujourd'hui !

-Pour une fois que tu m'écoutes.

-Je suis pas né pour obéir aux femmes, moi.

-Mais alors que fais-tu là ?

-Taisez-vous !

Oh, là !

Grognement

Et voilà ! Merci ! Merci, hein !

-T'avais qu'à faire attention. J'ai pas le droit à un aparté ?

-Enfin seuls. C'est grave, écoute-moi.

L'amour, c'est pas une partie de chasse.

Tu me dis oui ou tu me dis non.

-A quel sujet ? -Ben, nous deux.

-On n'est pas bien, tous les trois ?

Musique joviale

...

...

-Prêts ?

Tout le monde est là ?

Vapeur toute.

-Bravo ! Bravo !

Applaudissements et acclamations

...

-Merci ! Merci, mes amis ! Et maintenant, tous à table.

Tous ensemble ! Péquenots et sang-bleus !

On va se faire péter la sous-ventrière !

Acclamations

Cris de joie

Musique rythmée

...

...

...

...

Musique douce

...

...

...

-Je sais.

Il y a des moments abominables.

-Que regardez-vous ? On n'est pas des bêtes curieuses.

-Oh, pas curieuses du tout, hélas. Que le Seigneur vous pardonne.

Quant à M. le comte, je crains le pire.

-Ah, j'oubliais.

"Je me permets de vous recommander mon fils, Aurèle."

Le chapelain bénira votre union.

Sais-tu ce qu'est le mariage, Aurèle ?

-Non, pas tout à fait.

-Je vais te le dire.

Tu te lèves le matin, ta femme est là.

Tu passes à table à midi, ta femme est là.

Tu la prends dans ton lit, le soir. Elle est toujours là.

Le lundi, le mardi, toute la semaine.

En septembre, en janvier. L'été, l'hiver.

Elle est toujours là.

Un an, deux ans... 10 ans, 30 ans.

Et puis elle a perdu ses cheveux,

ses joues ne sont plus que ravines,

elle n'a plus de dents,

mais elle est toujours la plus belle.

Irremplaçable.

-Non. Non, c'est pas possible.

-Tu vois que ça demande réflexion.

Un mot pour mon ami Benjamin Franklin.

Le Qui Qu'en Grogne lève l'ancre pour Boston dans 48 heures.

Tu as le temps d'aller à Nantes.

-Parrain, vous l'envoyez en Amérique ? Vous nous séparez ?

-Ca lui fera le poil, ma petite fille.

Mais il reviendra.

Tarquin ?

Voici une lettre pour le comte de Mirabeau.

Le cher Honoré t'ouvrira les portes des salons et des clubs de Paris.

J'ai prévu un petit viatique.

...

...

...

-Citoyens ! Citoyens !

Chant religieux en latin

...

...

On claque la porte.

...

Citoyen-curé, lis ça,

avant qu'on ne ferme ta caverne à superstitions.

...

-Mes frères, Sa Majesté le roi Louis XVI

est mort il y a 3 jours.

Il a été guillotiné sur la place de Révolution.

-Le roi ?

Exécuté ?

-On en a tué d'autres, mon parrain.

-Jamais.

Jamais légalement.

C'est la première fois dans l'histoire du monde

qu'on tue un roi légalement.

Presque un dieu.

Légalement.

-Il a trahi la patrie. -Où sont les preuves ?

-On les trouvera.

-Mais quel serpent t'a piquée, toi ? Hein ?

Tiens, mouche-toi.

-Vous ne pleurez pas ? -Pourquoi ? Je devrais ?

Louis XVI, ça me laisse plutôt froid.

Mais quand je songe au grand serrurier qu'il était,

ça me fait quelque chose.

-Quand vous êtes gai, je suis gaie.

Quand vous êtes triste, je suis triste.

-Alors pourquoi cette peine ?

-C'est de pleurer sans vous qui me fait de la peine.

-Mes frères !

Prions pour notre saint défunt, Louis.

-Dis-moi, citoyen-curé, as-tu prêté serment à la Constitution ?

-Je ne dépends que de monseigneur l'évêque.

Et monseigneur l'évêque ne dépend que du pape !

-Tu es un réfractaire.

Tu sais le sort qu'on leur réserve ? Le bagne ! On se reverra !

-J'en doute. T'as fini de chanter, oiseau de malheur.

Tu sais ce qu'on leur fait, aux oiseaux de malheur ?

...

...

Musique dramatique

...

Coups de marteau

-Je sais. On prendra la tangente.

On ramènera la fixation médiante à 2,

2 pouces, oui,

et le tour sera joué, tu verras.

Voilà un angle d'attaque idéal.

-Vous allez encore me dire que vous n'avez pas dormi.

-On a des cachets ? -Une lettre de Tarquin.

Il vient d'être nommé commissaire de la République.

-Oh, c'est une bonne nouvelle.

-Délégué dans les provinces, avec tous les pouvoirs.

-Ca devient un homme important. -Oui, mais il m'écrit, lui.

-Viens m'aider, au lieu de dire des bêtises.

Viens donc. On va fixer l'entonnage.

Tu y es ? -Oui.

-Doucement. -Attention.

-Tu y es ? Vas-y.

Moi, j'ai reçu une lettre d'Amérique.

-Aurèle ? Et vous me le disiez pas ?

-Tu n'es jamais là.

Au courrier de Nantes, une lettre de Boston.

-Je peux la voir ?

-Oui, si je la retrouve.

Attends, je l'ai déroulée là, avec les autres.

Ah, la voilà.

Voilà. Il me dit là

qu'il revient au printemps, avec les oies.

-Vraiment ?

-Ecoute ce qu'il me dit.

"Ce soir, les rives du Potomac sont rouges, remplies

"d'oiseaux musiciens qui tous me chantent que Céline me manque."

Voilà.

-Vous lisez sans lunettes ?

-Ben... ma vue s'améliore. Ca va, ça vient, ces choses-là.

-Aurèle a dû trouver une Indienne.

-J'espère qu'il en a trouvé dix.

-Puis qu'il fume le tomahawk. -On ne fume pas le tomahawk.

Le tomawak est une hache.

Et puis tu m'ennuies, à la fin !

-Arrêtez-vous là !

...

Musique douce

...

...

-Voilà, c'est calé.

Amenez-le. Un, deux, voilà.

Grospierre, attention.

-J'y vais ? -Oui.

Et voilà, allez-y.

Décidément, tout est contraire.

-Mon parrain,

regardez qui arrive.

-Tarquin, mon garçon !

T'aurais pu prévenir, on aurait convoqué l'orphéon !

-Je dois encore vous appeler M. le comte ?

-C'est plus simple. -Vous, vous n'avez pas changé.

-Comment, "pas changé" ? Je suis moins lourd que l'air.

Superbe, hein ? -Je suis toute sale.

Je vais me changer.

-Grospierre, on va porter la machine sur le bord de mer.

On aura du vent là-bas.

-Oui, monsieur le comte. -Oh, mon garçon !

-L'exécution du roi a coalisé l'Europe contre la France.

Le roi de Hongrie et de Bohême, le roi de Prusse,

le roi d'Angleterre et le stadhouder de Hollande.

En Vendée, des bandes de brigands prennent Machecoul,

des va-nu-pieds menés par des chapeaux à plumes.

-Je ne peux plus traverser mes bois sans emporter ma canne-épée.

-Ca commence à bouger, ici ?

-Ils ont fermé l'église. Ca n'est pas nécessaire.

-Je suis d'accord. J'attends un prêtre de Rennes.

En attendant, notre chapelain pourrait-il dire une messe ?

-Oui. Il a prêté serment.

Il faut les tenir en laisse, tous ces curés.

-Je vous rappelle

que j'y suis allé dimanche, il n'y avait pas un chat.

Les statues voilées de noir.

Et à la sortie, une volée de choux.

-Vous sentez encore mauvais.

-Ce ne sera pas facile.

-Ils l'ont attelée, cette jument ? Quoi donc ?

-La guerre nous oblige à lever 300 000 soldats.

Je dois en trouver 3000.

-En effet, ce ne sera pas facile, le printemps arrive.

Et après, les moissons.

-Mais qui parle de moissons quand la patrie est en danger ?

Il nous faut une armée nationale, une armée populaire.

Le peuple est invincible car il se bat pour ses idées.

-Oui, la guerre sainte.

-Non, toute l'âme de la nation en un seul corps.

-Tout petit, tu dévorais tous les livres de ma bibliothèque,

mais es-tu sûr que tes idées d'aujourd'hui se trouvaient

dans Diderot, dans Voltaire ou dans ce pisse-froid de Rousseau ?

Tarquin...

vous nous préparez des bains de sang.

Autrefois, nous avions des guerres charmantes,

sur nos chevaux,

à manoeuvrer des brutes étrangères, Poméraniens, Suisses, Moldaves...

-Vous avez fait la guerre ?

-Moi, jamais. J'avais mieux à faire.

-Me voilà.

-Monsieur le comte !

Tout est prêt ! On peut y aller.

Ca va être tout bon.

Allez, Yvon, à cheval.

-En avant, Yvon !

Allez, Sirius ! Altaïr !

Musique enjouée

...

...

-Oui ! Oui !

...

...

-Trop bien ! Là-haut, c'est d'une beauté !

-Mon parrain ! -C'est d'une beauté !

-Rien de cassé ? -Non.

-C'était formidable.

-La jument était en chaleur.

-On a frôlé la catastrophe à cause d'une histoire de cul.

Pardon, Céline.

-Bravo. Je vais en ville, j'ai une réunion importante.

-Va, Tarquin.

-Je peux venir avec toi ? -Si tu veux, oui.

Au fait, tu as quel âge ? -17 ans, monsieur.

-Tu te présenteras à la conscription.

-Pourquoi ? -Tu n'as pas lu les affiches ?

-Il ne sait pas lire.

-C'est magnifique !

-Citoyens, dans un avenir tout proche,

chaque homme sera l'égal de l'autre,

quelle que soit sa naissance ou la couleur de sa peau.

Chacun sera citoyen du monde

et la paix règnera sur la terre, mais...

si tu veux la paix, prépare la guerre,

riposte à celle qu'on nous impose.

Citoyens !

Je suis chargé de recruter des milliers d'hommes

afin qu'ils aillent défendre la France,

assaillie des tyrans qui tremblent devant notre république.

-Vive la République !

-Très bien. -VIVE LA REPUBLIQUE !

-Je ne vois rien. -Tout le monde doit voir.

Rires

Nos soldats défendront la France,

pays de l'égalité et de la liberté.

Et nous répandront dans le monde la 1re des idées républicaines,

le bonheur.

Le bonheur est une idée nouvelle en Europe,

que nous ne libérerons que grâce à vous.

Aux armes, citoyens !

Acclamations et applaudissements

...

-T'as encore fait des progrès.

-Le bonheur, le bonheur... Comment on fera les moissons ?

-Tu vois pas plus loin que le bout de ton nez.

-C'est peut-être vrai, mais il a du flair.

-Et nos vaches ? -Qu'ils viennent, les Prussiens.

-On en fera du boudin.

-Mes amis, mes amis, du calme.

J'offre une paire de brodequins à chaque recrue.

Vous ne serez pas tous désignés, c'est un tirage au sort.

Carton blanc, on reste faucher le blé,

carton noir, on part pour faucher l'ennemi.

-Ton fils doit donner l'exemple.

-Mon fils est officier municipal.

-Il tirera au sort, comme tout le monde.

-OUAIS ! OUAIS !

-Je m'incline !

-Ton nom. -Bouchard, Louis.

-Tire.

Prends 2 jours de vivres, des brodequins,

des chemises et un ruban.

Rendez-vous demain soir, caserne de Nantes.

-Ton nom. -Groupier, Yvon.

-Tire.

-Exempté, au suivant. -Je voulais y aller, moi !

Je voulais voir du pays !

-Tiens, voilà 4 louis. Echangez vos cartons.

Tu seras un héros.

Quant à toi, mon garçon, veille sur la ferme de ce brave.

Hein ?

-Si nous remportons cette victoire, ce sera l'âge d'or.

-On ne peut le faire qu'à coups de canons ?

-Le peuple, non, mais leurs tyrans, oui !

-Tu me fais peur.

C'est effrayant, j'ai l'impression que j'aime ça.

-Tu...

Tu as des nouvelles d'Aurèle ? -Non.

Je pense à lui de temps en temps, mais depuis une heure, plus du tout.

Dire qu'il y a 4 ans que vous êtes partis.

On venait de prendre la Bastille.

4 ans !

Je revois la diligence de Paris, la goélette de Boston,

ce matin si beau du mois d'août.

-"Thermidor". On dit thermidor.

-Je sais, Tarquin.

Thermidor, fructidor, vendémiaire, brumaire...

Je pourrais les réciter par coeur. Ce sont des mots si beaux.

-Et si tu les enseignais ?

J'ai une idée, tu vas m'aider.

-Quel bon vent vous amène ? -L'éducation, citoyen.

Les rois ont tenu le peuple dans l'ignorance.

Les ténèbres sont le fumier de la tyrannie.

La République doit offrir la lumière, la connaissance.

-Bravo.

Cris

...

...

-Arrêtez !

Coup de feu.

Mugissement des vagues

...

-C'est juste la bonne petite brise.

Allez, venez par là.

Il rit.

A chacun son picotin.

Vous allez voir ce que vous allez voir.

Musique joviale

...

...

...

...

...

...

...

...

Hennissement

Sirius ! Altaïr !

Vous avez vu ?

Elle vole !

Elle vole !

Il crie de joie.

...

-LES FILLES DE CAMARET SE DISENT TOUTES VIERGES

LES FILLES DE CAMARET SE DISENT TOUTES VIERGES

MAIS QUAND ELLES SONT DANS MON LIT

ELLES PREFERENT TENIR MON VIT QU'UN CIERGE

QU'UN CIERGE ! QU'UN CIERGE !

Il éternue. -T'es enrhumé ?

Mets tes chaussures.

-Je les garde pour les canaux.

-Ils sont gelés ? -La mer aussi.

Hululement. -Chut. Taisez-vous.

...

...

Bruissement

...

...

Cri de peur

-Vive la République !

-Vive la mort, plutôt.

T'es pas le fils Grospierre ?

Il les prenne à quel âge, maintenant ?

Allez, viens avec nous ! On rigole bien.

Rires

...

Musique enjouée

...

Tiens.

-C'est pas bon.

-Ben, c'est du corbeau ! Tiens, bois un coup !

-Mais je veux être soldat, moi.

-Oh, mais je te comprends pas. T'es vivant, non ?

-Elle est pas contente, la petite Yvonne ?

Ah ben, je vais te l'affranchir.

Julie !

-Sodome !

Sodome !

-Quoi ? -A genoux, tous !

Répétez après moi.

Je crains le Dieu Vengeur.

-"JE CRAINS LE DIEU VENGEUR."

-Je ne ferai que Sa volonté.

-"JE NE FERAI QUE SA VOLONTE."

-Je la suivrai jusqu'à la mort. -"JE LA SUIVRAI JUSQU'A LA MORT."

-Demain matin, à l'aube, une diligence passera vers 8h.

Nous l'attaquerons au chemin creux.

-Pourquoi ? -J'ai mes raisons.

Chacun y trouvera son compte. Dormons.

...

...

...

Ho ! Ho !

Il rit.

Cris

Musique dramatique

...

Lâchez-la !

Arrêtez !

Partez, les voyageurs ! Partez ! Partez, les voyageurs !

...

...

Où alliez-vous ?

-A la paroisse où m'a appelé le commissaire Tarquin.

-Mais c'est ma paroisse.

Qui vous a ordonné prêtre ? -Monseigneur Mignard.

-Mignard ? Mignard ? Il n'a pas été oint par le pape.

Tu n'es donc pas prêtre.

-Mais j'ai baptisé des enfants, absous des mourants.

-Et où sont-ils ?

Où sont-ils ? Toi qui n'es rien, tu les as envoyés en enfer.

Mais moi qui suis un vrai prêtre,

je ne t'enverrai pas avec ces malheureux,

ces damnés par ta faute.

Je vais t'absoudre et t'ouvrir grand les portes du paradis.

La miséricorde de Dieu est infinie. A genoux.

Allez !

Il dit une prière en latin.

...

Amen.

Tue-le.

Tue-le !

Musique dramatique

...

-Qu'est-ce que j'ai fait ?

-La volonté de Dieu.

Mugissement des vagues

...

Musique douce

...

-Aïe, aïe, aïe.

C'est pas possible, il faut qu'il m'invente quelque chose.

-"Des bateaux de savon sont pillés quai du Louvre.

"Le jardin du roi s'appellera muséum d'histoire naturelle.

"Les conjurés de Bretagne, 12 condamnations à mort.

"On joue aux quilles avec les têtes des soldats républicains."

-Tout le monde a ses problèmes.

-Je la laverai ce soir.

-Mais oui, mais oui ! Va faire ton école, va !

Va courir en ville.

-Demandez à Jeanne ou à Vivianne.

-Vivianne s'est levée à 4h pour faire les foins !

C'est un bon exercice.

-Pourquoi laisser en plan la machine volante ?

-Je suis seul et je ne peux pas tout faire !

-Et l'abbé ?

-L'abbé, il fait partie d'un ordre contemplatif.

-Allez, les enfants, à table.

Ces petits devraient être à l'école avec moi.

-Oui, bien sûr.

S'ils nous avaient pas pris Yvon...

-Yvon se bat pour la nation, heureusement.

Vous vous rendez pas compte, c'est un héros.

Cris

...

-Mille excuses, duchesse !

...

Rires

-Hé ! Il veut rien dire ?

A sa place, je dirais rien non plus.

Tu sais pourquoi ?

Je suis comme lui, j'ai pas de magot.

Musique dramatique

-Fuyez ! Les diables !

...

-Oh ! Ton gilet, tu me le donnes ?

-Descendez !

...

-Allez, debout, en ligne !

-1, 2, 3, 4. Sors du rang.

1, 2, 3, 4. Toi aussi.

-J'ai dit "fusillés" !

-Il y a peut-être des déserteurs. -Peu importe.

Cette racaille mérite le châtiment suprême.

Nous ne pouvons tous les tuer. Il nous faut des soldats.

Vous les expédierez à Rennes, ils seront incorporés dans l'armée.

Les deux que le sort a choisis seront fusillés.

-Ca va pas plaire. -A qui ? A vous ?

-Vous doutez de ma fermeté ?

-Oui.

Nous ne sommes pas là pour plaire.

Nous travaillons pour les générations futures.

Ils sauront, un jour, et chanteront nos louanges.

-Et toi, qui es-tu ?

-Je suis un homme libre, né pour haïr les rois...

n'aimer que mes égaux, servir ma patrie,

vivre de mon travail et de mon industrie,

adorer l'esclavage.

-Non, abhorrer.

-Abhorrer l'esclavage et me soumettre aux lois.

-Assieds-toi.

Passons au vocabulaire.

Certains mots doivent être bannis.

La place royale est devenue ? -La place de la Révolution.

-Comment s'appelle le roi de coeur ? -Le pouvoir exécutif de coeur.

-Bien.

-Et dans les ruches ?

-Quoi ?

-Comment s'appelle la reine ?

-Eh bien, il faudra dire... l'abeille pondeuse.

Roulements de tambour

...

...

...

...

-Lisez.

-"Quiconque aidera...

"brigands, déserteurs,

"prêtres réfractaires

"ou émigrés,

"tout ennemi de la République subira..."

-Tout ennemi de la République subira le même sort !

Sergent.

-En joue.

Prêts ?

Feu !

-Yvon !

Elle soupire.

Tu as fait assassiner Yvon, le fils de Grospierre ?

-Un déserteur qui pillait, violait et terrorisait la région

et poignardait la République.

Fallait-il que je le fasse gracier sous prétexte qu'on a joué

à Colin-maillard ?

-Etrange Colin-maillard.

-Je sais bien que tu ne pourras plus m'aimer.

Musique mélancolique

...

...

-A genoux.

...

A genoux, tous.

Nous allons dire une messe pour le repos de l'âme

de notre fils Yvon,

pour qu'il nous donne la force d'affronter le mal.

Amen. -AMEN.

-Non, plus d'amen.

On veut plus entendre la messe comme des bêtes, dans les bois.

On veut plus enterrer nos morts à la sauvette.

On veut plus voir nos enfants partir au bout du monde

et mourir pour une bannière ou un drapeau plein de sang.

Pour défendre quoi ?

On n'a plus de pays, puisqu'on n'a plus de roi.

-Le roi est mort, vive le roi.

Son fils vit.

Il est enfermé dans la prison du Temple.

-Où est cette prison ?

-A Paris.

-J'y vais. -J'y vais aussi.

-A Paris !

-A PARIS !

-Vive Louis XVII !

-VIVE LOUIS XVII ! -Vive Louis XVII !

-Mes frères,

vous êtes désormais des soldats de l'armée catholique et royale !

Distribue notre emblème, le sacré coeur du Christ.

Les autres, vous serez demain matin, dès le chant du coq,

sur la route de Nantes.

Hululement

Cris et coups de feu

...

-Battons-nous !

...

...

...

Musique d'aventure

...

...

-Suivez-moi !

Feu à volonté !

Coups de feu

...

...

Musique d'aventure

... ...

... ...

Les chiens ! Vloo !

...

-En arrière ! Tous !

En arrière !

...

...

-Ho là, les chiens ! Ho ! Au pied !

Mignons, tout mignons.

Ho, ho.

...

Alors, la guerre est déclarée ?

-Oui, madame la marquise.

-Qui est votre chef ?

-C'est pas une femme qui va nous commander.

-C'est parmi vos seigneurs que vous trouverez des chefs.

-On fait pas une guerre de seigneurs.

Les nobles sont terrés.

-Le baron de Tiffauges revient de Vendée.

-Une sale gueule.

-Ca, c'est vrai, mais il ramène des émigrés d'Angleterre.

-Et alors ? -Avec des fusils, des munitions.

-Où ? Quand ?

-A l'auberge de la Truie joyeuse, au port de Loctudy.

-On y sera. -Bien.

Viens.

Hululement

...

Il rit.

-Que c'est bon de revenir chez soi.

Cette bonne odeur de vase.

-Taisez-vous. Je ne veux pas me faire piquer.

-Allez, salut. Merci et bon vent.

"Aurèle, je vous aide ?" "Non, j'insiste." "Je le fais."

Fermez pas, j'arrive !

-Mais qu'est-ce que c'est que ce raffut ?

-Ho, là ! Ca dort, là-dedans ?

-Oh, mais, monsieur Aurèle !

Chut, chut.

-J'arrive d'Amérique, en passant par l'Angleterre.

Trouve-moi une voiture.

-Il y a des brigands plein les bois.

-Je ne veux pas traîner ici.

Ces gens ne m'inspirent pas confiance.

-Ah, vous n'êtes pas avec eux ?

-Eux ? Ils sont pas sortis de leur cabine depuis Falmouth.

-Le cabinet de St James mettra à disposition les bateaux.

Tu serais pas revenu exprès pour que je te foute une raclée ?

-Tiffauges, chère voisin ! Toujours aussi souriant.

-Allons, en route.

On frappe. -Ouvrez, au nom de la loi !

-Voilà, voilà, citoyens. J'arrive.

Doucement !

Il rit.

Cris

...

Il crie.

...

Il rit.

-Arrêtez-moi cet énergumène !

Il crie.

-Grospierre, assomme-le.

-Tout de suite, madame la marquise.

Cris

...

-Ah, Grospierre ! -Monsieur Aurèle !

...

-Il est encore plus beau.

Allez, tous ! Au couvant !

Musique d'aventure

...

...

...

...

...

-Olympe, c'est la dernière fois que vous vous réfugiez chez moi.

Vous allez nous faire arrêter.

-Savez-vous qui j'amène ?

-Un tas de pillards qui agissent au nom de Dieu et du roi.

-Et celui-là ? C'est un brigand ?

-Doux Jésus, mon neveu ! Toujours inattendu.

Il a pas changé, hein ?

-Vous non plus, ma tante.

-Les balles n'ont pas le même calibre ! Crétins !

Bravo, messieurs !

-Je cherche en vain un morceau de viande.

J'avais un autre souvenir de votre réfectoire.

-La Révolution nous a tout pris, les terres, les gens, les prêtres.

Nous n'avons plus la nourriture, mais nos âmes s'élèvent.

-Pas que les âmes.

Le chevalier de Charette marche sur Nantes.

Cathelineau tient le bocage vendéen, La Roche St André avance.

Toute la Bretagne se lèvera

et se joindra à l'armée catholique contre la gueuse.

-"La gueuse" ?

-C'est la République, mon amour.

Nous allons l'écraser.

Elle aime le peuple car elle ne peut pas l'étouffer.

Le peuple souffre.

-Il vous tracasse, le peuple, ma chère Olympe ?

-Pas tellement. Et vous, baron ?

-Je hais le peuple.

-Nous avons besoin de lui et le peuple a besoin de chefs,

de grands noms pour l'enflammer.

J'ai besoin de toi, Aurèle.

Tu as un plan ? -Pardon ?

-Tu es revenu. Tu as un projet ?

-Evidemment, oui. -Dieu soit loué.

-Je viens chercher ma femme.

-Je suis à toi.

-Non. Je parle de Céline. -Céline ?

Elle éclate de rire.

-Quoi ? Elle est partie ? Elle a quitté mon père ?

Elle s'est mariée ?

-Pire. -Mais parle !

-Elle est républicaine. Demande à ton père.

-Que la chair est faible, mon Dieu. Pauvre nature humaine.

J'ai péché trois fois, cette nuit. -Avec qui, mon fils ?

-Vous êtes trop curieux.

Donnez-moi l'absolution, c'est tout.

Il prie en latin.

-Monsieur le comte ! Je voulais vous suggérer

pour souper un pâté de mer.

-Il y a quelque chose dans l'air, aujourd'hui,

je ne sais pas, j'ai aucune envie de travailler, Vivianne.

-Vous me dites ça tous les matins.

Vous allez vous confesser, vous refroidissez le lit.

Mais vous ne croyez pas en Dieu.

-Et la règle ?

Sans cérémonial et sans règles, ma petite Vivianne,

que reste-t-il de nous ?

La bête !

On frappe.

-Excusez-moi, mais votre soeur Marie de l'Assomption est là.

-Adelaïde, quel bonheur ! Entrez !

-Savinien ! Savinien !

J'ai quelque chose d'important à vous raconter. Venez, venez voir.

Musique douce

...

...

-Ah, mon fils ! Ah, tu es enfin là !

Raconte-moi. Tu es superbe !

Raconte-moi toutes ces aventures !

Je meurs d'envie de t'entendre !

Oh, oh ! Viens voir. Oh, viens voir.

J'ai découvert la raison pour laquelle

mon engin volant ne vole pas aussi bien qu'il le devrait.

L'air s'accumule ici

et avec la vitesse, crée une dépression

qui... qui...

Ah oui, bien sûr, tu t'en fous, de mon engin.

Alors, alors ? Assieds-toi. Cette Amérique ?

Mais dis-moi, raconte-moi ! Tu ne me dis rien.

Tu es magnifique. Alors qu'est-ce qui s'est passé ?

-Pas grand-chose.

J'ai fait fortune, franchi le Mississipi,

tué quelques Indiens.

On en a mangé un peu. C'est pas mauvais.

-Oh, comment ? De la chair humaine ?

Quel drôle de pays.

-M. Aurèle ?

-Oh, oh ! Petite Vivianne !

Tu es bonne à croquer, toi aussi. -C'est fait.

-On n'embrasse plus son vieux précepteur ?

-Monsieur l'abbé !

Toujours une peau de bébé. -J'ai dîné d'une tête de hareng.

-On va faire la fête. Une fête énorme, mes enfants !

Vivianne, trouve-nous un pigeon.

Tu n'as pas épousé

une Peau-Rouge, au moins ? -Si, de temps en temps.

-C'est pour ça que tu n'as pas écrit à Céline ?

-Je vais vous avouer une chose.

J'ai essayé de l'oublier,

mais plus je m'éloignais, plus elle était là.

-Oui, je connais ce phénomène.

L'espace, le temps,

c'est la même chose. -Où est-elle ?

-En ville. Ne t'inquiète pas, elle t'attend.

Ce que tu ne lui racontais pas, je lui inventais.

Tu ne me demandes pas

des nouvelles de Tarquin ? -Il est là ?

-Il est parti puis revenu, comme toi.

Votre vie à tous les deux est ici. On ne peut pas me quitter longtemps.

Difficile de m'oublier.

Les cloches sonnent.

-La main la plus innocente va arroser l'arbre de la liberté.

Floréale.

-LIBERTE, DOUCE AMIE

POUR TOI, PRENONS LES ARMES

NOS COUTEAUX, A L'ENVIE

PROTEGERONT TES CHARMES

AUX NATIONS ENNEMIES

FAISONS COULER LES LARMES

-Aurèle ? Aurèle ?

Ah, tu es là !

-J'ai reçu un coup, mais avec le plat du sabre.

-Bon. Abrégez.

-Une grande diablesse est sortie de la brume.

-Qui était-ce ? -Elle était masquée.

Les autres aussi.

Il y en avait un à visage découvert. Il rigolait.

Allez savoir pourquoi. Nous, on avait pas envie de rire.

...

...

Aurèle rit.

-Citoyen-commissaire,

voilà l'arrêté pour les bancs du jardin public.

-Les bancs ? Quels bancs ? -Pour les vieux.

-Ah oui. Vous les ferez en granite et les disposerez sous les saules.

Il n'arrêtait pas de rire,

c'est ça ? -Oui. Vous avez une idée ?

Aurèle rit.

...

-Je crois, oui.

-Tu n'es revenu que pour me sauter dessus ?

-Entre autres.

-Tu arrives, tu claques dans tes doigts, et hop.

-J'ai traversé l'Atlantique, essuyé deux tempêtes,

on me massacre en débarquant, et tu fais ta pincée ?

Bon. Regarde.

Je suis riche.

Je suis riche.

-Tu m'achètes ?

-Appelle ça comme tu voudras.

-Ca fait 1000 ans qu'on achète les femmes dans ta famille, pas moi.

-Qu'est-ce que tu as ?

-Tu pars des années, et tu ne me demandes rien.

Ce que je fais ne t'intéresse pas.

On s'est jamais dit grand-chose. On passait notre temps à rire.

-C'est déjà pas si mal. -Tu ne comprends donc rien ?

-Mais non.

Non, je comprends rien.

J'ai un nom, je me poudre, je danse, je chasse,

je méprise l'or, mais j'en ramène des caisses,

je baise, mais je ne comprends rien.

-Le temps n'est plus à rire.

-"Plus à rire" ?

Qui t'a mis ça dans la tête ? Quel crétin ?

Je vais aller lui dire deux mots.

-Il se passe des choses extraordinaires ici,

ici, en France, avec des hommes extraordinaires.

-Tarquin, par exemple.

Tu le revois souvent, celui-là ?

-Oui.

-Je dirai à mon fils de passer vous voir cet après-midi.

-On m'a donné l'ordre de le ramener en ville.

-Ah, Aurèle !

Il y a Pierrot, le fils du forgeron, qui veut te voir.

-Salut, Pierrot !

-Vous êtes bien Aurèle de Kerfadec ?

-Tu m'as oublié ?

-Non, monsieur Aurèle, mais je suis en service commandé.

Il y a un avis de recherche à ton objet.

"Tu dois justifier de ta présence à l'étranger depuis 4 ans,

"si tu as comploté avec des émigrés et comment tu as regagné la France."

-J'ai rien à justifier. -Tu t'expliqueras avec le tribunal.

-Tu n'avais pas épousé la fille Robic ?

Elle était bien avenante.

-Pas celle que vous avez lutinée, pas la jolie.

J'ai épousé celle qui louche pour être tranquille.

-Ah, la Jeannette ! Jeannette...

On n'est jamais tranquille, Pierrot.

Tu me la présenteras.

-Elle a deux marmots et en attend un troisième.

-Bien.

-Allez. Hululement

-Qu'est-ce qu'il y a ? -La chouette.

-Et alors ? -Le jour, c'est pas la chouette.

-C'est quoi ? -Les Chouans.

Coups de feu

-Attrapez les chevaux !

Alors ?

Coup de feu

Récupérez armes et munitions.

...

-Tu as compris, maintenant ?

-Tu es folle. Folle !

Ces pauvres types !

-Ils te conduisaient à l'échafaud.

Tu es accusé d'avoir rejoint les insurgés.

Tu es des nôtres.

-Non, je ne suis avec personne.

-Sauf avec Céline. Tu es revenu pour elle, je le sais.

Tu es cocu.

Elle s'affiche partout avec le commissaire,

le beau Tarquin, ton ami. Tu es cocu.

Cocufié par un Républicain,

un barbouilleur de lois.

-Ludovic, ton pistolet.

Allez !

-Messieurs, en selle. Le chevalier va avoir besoin de nous.

-Où vas-tu ?

-Voir Tarquin. -Une convocation ?

-C'est là-haut ? -Oui.

-Tu voulais me voir ?

Inutile de m'envoyer la garde, me voici.

-J'ai obtenu ta libération.

-Bravo, l'incorruptible.

La première putain venue t'arrache un passe-droit.

Allez !

Céline frappe à la porte.

Et maintenant, entre hommes.

-Que veux-tu ?

-Je suis rentré depuis 2 jours, je ne vois que ravages.

-A qui la faute ?

Prêtres et aristocrates fomentent la révolte. Un complot.

-Il n'y a aucun complot, c'est le peuple qui est à bout.

Les paysans cherchent des chefs et vont vers leurs seigneurs.

-Le peuple vous a rejetés.

-Je lève mon chapeau et tout le pays m'emboite le pas.

-Je ne veux pas plaisanter.

-Je sais, le temps n'est plus à rire,

il est aux discoureurs à la triste figure.

-J'ai autre chose à faire que de polémiquer avec un homme...

de ton sang.

-Qu'est-ce qu'il a, mon sang ?

Il pue ?

Eh bien, on va le faire couler, mon sang,

et tout de suite.

-Je refuse.

Ces duels sont d'un autre temps.

-Et si je te casse la gueule, c'est d'un autre temps ?

Musique dramatique

...

...

-Il t'a blessé ? -Ce n'est rien.

-Tu ne peux pas en soigner deux.

Tarquin, tu trouveras les cadavres de tes gardes

au carrefour du Calvaire.

-Arrête-le !

Coups de feu

...

Musique d'aventure

...

-Figure ! Figure !

Tête seconde !

Mais quoi ?

-Excusez-moi, monsieur le baron.

-VIVE, MONSIEUR LE MARQUIS !

VIVE MONSIEUR LE MARQUIS ! -Ah, les braves gens.

Vous n'avez rien oublié ? Mon eau de Cologne, mon épée ?

-Mais j'ai tout. -Et mes éponges ?

J'y tiens, à mes éponges.

-On va pas traîner votre mari ?

-Il ne nous dérangera pas. Il tient à faire cette guerre.

-Mais enfin... -Je ne peux pas lui refuser ça.

-Vous avez oublié mes éponges. -Mais non, mais non.

Allez, en selle, monsieur le marquis.

-Oh ! Mon tabac à priser.

Vous en avez ? -Nous ne sommes pas dimanche.

-Quel rapport ?

-Je n'en use que le dimanche après l'office.

Mais nous vivons une telle époque.

On a beau dire, ça vous remonte.

-Messieurs, on lève le camp !

-La tête d'Aurèle est mise à prix.

C'est ma faute.

-Parfaitement.

Si ma femme s'était mise à tourner autour d'un Tarquin,

c'est la France que j'aurais saigné à blanc.

Lorsque j'aurais mis la main sur ce fourbe,

le plaisir de lui arracher les yeux un à un, pour commencer.

Non, pas les yeux. Il faut qu'il voie la suite.

-Vous êtes même pas capable de voir tirer un lapin.

-Un lapin ! Quel délice.

-Oh, l'abbé, laissez-nous.

Va te coucher, Vivianne.

-J'aurais pas dû croire ce qu'il écrivait.

-Quoi, par exemple ?

-"Dis à Céline qu'ici, la nature est immense,

"avec un seul écho..."

-"Céline...

"Céline.

"Le plus bel écho, en effet."

-Vous la connaissez par coeur ?

Montrez-la-moi. Montrez-les-moi toutes.

-Oui.

Oui, je vais te les retrouver.

-Il y a des cavaliers !

C'est votre fils.

-Ah, c'est toi ? M. le comte, il est là ?

-L'insurrection contre la République est proclamée.

Le pays se révolte.

Ils vous veulent pour général.

-Je dis non à la guerre.

-Mon père, tous vous réclament. -Une guerre ne s'improvise pas.

-La Vendée est en flammes.

-L'Ille-et-Vilaine, le Morbihan vont suivre.

-3 départements contre 89.

Notre pauvre Bretagne contre toute la France.

-L'histoire est jalonnée de soulèvements spontanés.

Même votre prise de la Bastille. -Comment, "ma prise" ?

Elle était dans le sens de l'histoire !

Votre cause, elle, est désespérée.

On ne peut plus se battre pour défendre les privilèges.

-Où sont leurs privilèges, à eux ?

-C'est bien la première fois que tu te soucies de mes bouseux !

Venant faire le coq avec ton Olympe !

-Seriez-vous jaloux ?

-D'elle ?

Sûrement pas.

-Et de qui, s'il vous plaît ?

-Tu le sais très bien.

-Je serai votre capitaine.

-VIVE LE GENERAL DE KERFADEC !

-Général ?

Pourquoi pas ?

-Vive le général !

-VIVE LE GENERAL KERFADEC !

-Rentrez, vous allez encore tousser toute la nuit.

Musique triste

...

...

-Je voulais te dire...

les lettres d'Aurèle...

-J'ai compris.

C'est vous qui les avez écrites.

...

...

Pas sur le palier

...

Musique douce

...

...

...

...

...

...

Les cloches sonnent.

...

Musique dramatique

...

Musique d'aventure

...

...

...

...

...

-Pour Dieu et pour le roi !

...

...

-Les Chouans ?

-Oui. Ils font le blocus de la ville.

Ils saisissent nos vivres, plus de farine, plus de légumes.

-Il faut en plus qu'ils affament les villes ?

-Oh, quelques brigandages, citoyen-commissaire.

-Pour finir comme en Vendée !

Je ne supporterai aucune sédition, pas dans mon district !

Paris m'assaille de dépêches, Paris m'accuse,

mais Paris a raison.

Bon. Je vais à Rennes chercher l'armée.

-Une escorte, commissaire ?

-J'irai seul.

-J'ai été aux champignons, ce matin.

Cèpes et girolles, les préférés de Céline,

avec une petite pointe d'ail.

-Chez les Français, les tables de loi sont les lois de la table.

-J'aurais besoin d'un cheval.

Vous m'écoutez ? -Oui, oui.

-J'ai ôté les araignées de ma machine,

j'ai réparé l'aile gauche que j'avais cassée,

j'ai rectifié l'entonnage arrière.

Céline avait raison.

Pouvais-je deviner qu'on prendrait mes chevaux ?

C'est pourquoi je dis que j'aurai besoin d'un cheval.

-Les chevaux que j'ai réquisitionnés sont chez votre fils.

Il a levé le pays contre moi, grâce à votre nom.

-Tout peut encore rentrer dans l'ordre.

Et vite. Et grâce à vous.

-Vous m'avez toujours donné de bons conseils.

Je vous écoute.

-Ouvrez l'église, laissez-les entendre la messe tranquillement.

Une messe n'a jamais fait de mal à personne.

Regardez-moi, chaque fois que je suis allé à l'église,

je m'y suis endormi dans le bonheur.

Et alors là, Tarquin, les rêves arrivaient.

C'est là que j'ai trouvé le principe des anges, l'envol !

-Admettons.

-Donnez l'ordre d'arrêter le recrutement.

Repoussez-le en octobre.

La terre a besoin d'hommes, mais d'hommes vivants,

au lieu de l'engraisser avec les cadavres de la guerre.

-Vous parlez comme Céline.

-Céline a les pieds sur terre. -Ah oui, je sais.

Elle me fera de bons petits plats de champignons.

Elle me tendra mon fauteuil, me lira "Cyrano de Bergerac".

-Le grand homme.

-Le dimanche, nous vous apporterons des gâteaux avec les enfants.

-Tout ce dont j'ai rêvé.

-Vous m'avez enseigné que la vie, c'était d'aller de l'avant !

Douter du terre-à-terre, briser le ronron, s'élever, quoi !

Voler au-dessus des autres.

Vous voulez m'affadir

quand je dois être le sel de la terre.

Vous me demandez de me coucher,

vous, monsieur le comte !

Ne comptez pas sur moi.

La guerre de la liberté doit être faite avec colère !

-Vous voulez donc la terreur ? -Je veux la force et je l'aurai !

-Tu veux donc

régner sur des moutons ! Pourquoi ?

Ta soi-disant égalité, ton rêve de bonheur,

c'est de nous voir accrochés les uns à côté des autres

à des crocs de boucher !

Et tu prétends avoir le monopole du coeur.

Ah, pauvre Révolution, voile ta face,

M. Tarquin nous montre ton cul !

-Je ne vous permets pas !

-Son cul !

-Allez-y.

La mort est mon amie.

-Eh bien, monsieur...

nous ne nous ressemblons pas.

Allez chercher votre armée.

-Elle sera là demain.

-C'est bien triste.

Musique mélancolique

...

...

...

...

-Sens.

-J'aime. -Tu aimes ?

C'est l'odeur pourrissante du monde qui finit.

Je ne veux plus qu'on me parle de champignons !

Qu'on ne me parle plus de caresses, de chienneries,

de femme qui me veut et qui pense à un autre

dans le même instant.

Je le combats pour des motifs plus hauts.

Aurèle de Kerfadec est le général des brigands.

Je dois l'abattre comme la gangrène qui ronge le peuple,

et non pas comme un rival de lit.

-"Un rival de lit" ?

Comme tu méprises l'amour, comme tu le rabaisses.

-Je vais l'anéantir, ton Kerfadec, et tu ne pourras plus me regarder,

alors je préfère te dire adieu avant.

Tu ne me reverras plus.

-C'est pas vrai.

-Tu aurais pu faire le bonheur d'un homme moins bizarre.

Musique triste

...

...

Hululement

...

Musique enjouée

...

...

-Qui percera son coeur ?

-Je ferai danser le vainqueur toute la nuit.

Oh.

-Je n'ai pas appris ça chez les peaux-rouges, Kerfadec.

-Accordez-moi votre autre main, marquise.

-Votre première défaite, général.

-Olympe est à vous... baron.

-Je reçois vos ordres, pas vos cadeaux.

-Eh bien, ce soir, je serai fidèle à mon mari.

Il tousse.

-Encore vos bronches. -C'est mon reflet qui tousse.

-Dans un froid pareil !

-Je me suis toujours lavé nu et je m'en porte bien.

Je parie qu'il court encore après ma femme, le bougre.

Il ne comprend donc pas que c'est moi qu'elle aime.

Comment peut-on tromper un homme de notre âge ?

-Certes.

-Tiens-moi donc la chandelle.

-Ho !

Mes frères, je vous avais promis une messe

pour notre jeune roi qui souffre dans sa prison.

Ce ne sera pas une messe comme les autres.

Son excellence, monseigneur de Guérande, Charles,

notre seul archevêque.

S'il vous plaît, monseigneur.

Musique patriotique

...

...

...

-La garde à la première compagnie.

La cantine au pied de la fontaine.

Servez une soupe chaude à tous les hommes.

-Général, le commissaire de la République vous demande.

-4 jours.

-Monseigneur de Guérande ?

Aux ruines de Strevaz ? Et ils sont tous là ?

-Tous. Ceux de Kercambre, de Mariaquer, d'Orgastel et d'Armor.

-Qui me dit que tu dis vrai, toi, le laquais de St Gildas ?

-40 ans qu'il mignote ma femme, qu'il déniaise mes filles,

que je vide ses pots de chambre. J'en peux plus !

-Quelle nuit.

Je prendrais bien une goutte de schnaps, citoyen-commissaire.

-Les Chouans sont à 4 lieues.

-Merde. -Tombons-leur dessus avant midi.

Toutes nos forces, général. C'est une chance unique.

-On va les prendre comme des rats.

Musique patriotique

...

...

...

...

Musique dramatique

Hululement

-Allez !

Musique d'aventure

...

...

-Pas d'imprudence, Céline. Je suis responsable de la ville.

Les cloches sonnent.

...

Musique à l'orgue

...

...

...

-Au nom du Père, et du fils, et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

-Quand vous voulez, citoyen-commissaire.

Garde à vous !

Roulements de tambour

...

...

-Ah non !

Ah non !

Non ! Non !

Il crie.

-Encore un qui ne se foutra plus de notre gueule.

Ils chantent "Gloria".

...

-ALLONS, ENFANTS DE LA PATRIE

LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVE

CONTRE NOUS DE LA TYRANNIE

L'ETENDARD SANGLANT EST LEVE

L'ETENDARD SANGLANT EST LEVE !

ENTENDEZ-VOUS DANS LES CAMPAGNES

MUGIR CES FAROUCHES SOLDATS

ILS VIENNENT JUSQUE DANS VOS BRAS

EGORGER VOS FILS, VOS COMPAGNES

AUX ARMES, CITOYENS !

FORMEZ VOS BATAILLONS !

MARCHONS !

MARCHONS !

QU'UN SANG IMPUR

ABREUVE NOS SILLONS

-Les Bleus ! Voilà les Bleus !

Il sonne la cloche.

...

...

...

...

-Les Chouans, ils sont tous là en ville.

-Ils ont tué ? Violé ? Pillé ? -Ils ont dit la messe dans l'église.

-Mais comment font-ils ? On fait un pas, et ils le savent.

Les nouvelles courent plus vite que le vent.

-Le vent ?

Les moulins, les moulins !

Ils communiquent avec les moulins, ces charognes.

C'est leur signaux, comme en Vendée.

-Il faut abattre ces moulins.

Il nous faut un canon.

-J'en fais venir un de Rennes. -Non, tout de suite.

On chante "La Carmagnole".

...

-DANSONS LA CARMAGNOLE VIVE LE SON, VIVE LE SON

DANSONS LA CARMAGNOLE VIVE LE SON, VIVE LE SON

Acclamations et applaudissements.

-Feu !

Explosion

-Il faut pousser, mon père.

-Oui, baron. On a les reins pour ça.

-Les voilà ! Pas plus de 30 hommes.

Le Guélec, prends tes hommes et descends pas là.

...

...

Pas de coups de feu sans mes ordres !

-Bon. On dételle le canon, ça passe par le bord.

Cris

...

Restez pas là. Allez le chercher, bon sang !

-Allez-y !

Cris

...

...

-Feu !

Coups de feu

Musique dramatique

...

...

...

-Tiffauges !

Salaud ! Et mes ordres ?

-Je m'en torche !

-J'aimerais vous coller une balle.

-S'il vous en reste le temps, général !

Coup de feu

Musique triste

...

...

-Vous savez ce qu'a écrit Lavoisier dans son rapport à l'Académie ?

"L'homme n'est qu'une masse de gaz solidifié."

-Et son âme ?

-De la plume ou du plomb. Selon.

Pour moi, ce soir, c'est du plomb.

On frappe.

Va voir, Vivianne.

...

...

-C'est M. Aurèle.

-Qu'est-ce qu'il veut ?

-Saluer ma mère.

La guerre pue.

Je vous admire, mon père.

Vous êtes au-dessus de tout.

Au-dessus des sentiments, des caresses, des coups.

-C'est quoi, ce charabia ?

-Vous avez trouvé la solution.

Vous vivez avec un portrait.

La plus exquise des épouses.

Pas de danger qu'elle vous trompe.

Et elle a toujours 20 ans.

-Parfois, elle me tracasse.

Elle change.

Elle n'est pas toujours la même.

-Ce n'est pas toujours Mme la comtesse ?

Comment s'appelle-t-elle, aujourd'hui ?

-Comme toi, Vivianne.

Mais parfois, Antoinette ou Rose.

-Ou Céline.

-Qu'est-ce qu'elle t'a fait, Céline ?

-Elle couche avec un autre.

-Tu as eu le bonheur de rencontrer ta femme à ton berceau,

et tu l'as laissée échapper.

-Pourquoi vous ne l'avez pas gardée ?

-Tu m'as regardé ?

Je suis une vieille carcasse.

-Je ne trouve pas.

-Toi aussi, Vivianne, tu rencontreras un homme

et tu m'échapperas.

Toutes les amours m'échappent.

Je voulais que Céline ne connaisse qu'un seul amour.

Trop tard.

Allez vous battre au nom de Dieu, ou du peuple, ou du roi,

ou de la liberté, ou des canards sauvages.

Je m'en moque.

-Je me suis battu à cause d'elle.

-Eh ben, dis-le-lui !

- Comment ?

-Ecris-lui, pour une fois !

Viens ! Ecris !

Là !

"Céline..."

Virgule.

"Les grandes actions de l'histoire ont eu pour moteur...

"un amour fou...

"pour un être particulier."

Point.

"On a conquis des empires

"pour une femme, pour un éphèbe.

"Chacun ses goûts.

"On a écrit, peint, sculpté, fait donner les violons

"pour obtenir un coeur ou pour s'en venger.

"On a sacrifié des peuples

"pour une seule créature et..."

Souligne, là.

"...parfois même pour s'en souvenir."

A partir de là, tu brodes.

-Je n'aurai pas la constance de ces grands conquérants.

Je renonce à cette guerre

qui ne me fait plus rire, tout à coup.

Je n'ai jamais désiré que le soleil,

le sourire des femmes, la course à cheval,

me jeter dans la mer, jouer à la paume

et tomber de sommeil comme une masse.

N'être qu'une plume au vent, Céline.

Et tout à coup, l'on me bombarde général.

J'accepte, j'y crois.

Je découvre le pouvoir avec le sang sur les mains.

Je hais le sang.

Mon père avait raison,

malgré nos récentes victoires, notre cause est désespérée.

L'avenir, quel qu'il soit, est dans ton camp.

Je ne peux plus servir à rien, sauf t'offrir ma vie.

Je serai seul et sans armes au Calvaire des Saintes Ames.

Tu peux m'y faire arrêter ou venir seule.

Aurèle.

Post Scriptum,

je mourrai en me rappelant nos fous rires en faisant l'amour.

-Ho, hisse !

Musique dramatique

...

...

-Les ordres sont exécutés avec toute la vigueur réclamée.

Quiconque refusera de livrer les brigands

sera considéré comme suspect.

Tout suspect sera jugé dans les 24 heures

et, s'il est coupable, exécuté immédiatement.

Puissions-nous faire de l'Ouest un grand cimetière national.

Si la survie de la République exige la mort de la moitié des Français,

nous les passerons par le glaive.

-Si ce n'était que des mots.

Les Chouans veulent la paix.

-Les Chouans ?

-Oui, leur général.

-Ta main est froide. -C'est toi qui brûles.

Qu'est-ce que tu as ?

-J'ai peur. -Toi, tu as peur ?

-Je sais que je mourrai jeune.

De la main même de ceux que je voulais sauver.

Pourtant, je suis de ceux qui changent le monde.

Il faut faire vite,

extirper de l'âme du peuple 1000 ans de servitude.

Il faut les forcer à haïr l'indifférence.

Le bonheur ne peut s'imposer que par le sang.

-Ce sang finira par te noyer.

-J'ai fait le sacrifice de ma vie,

même de ma mémoire.

On ne nous pardonnera pas.

Même toi. Même toi, tu me trahiras.

-Tu doutes de moi ?

-De tout.

Pourtant, le seul bonheur que j'ai connu, c'est par toi.

Des moments si forts que...

-Quoi donc ? Parle.

-Je voudrais mourir avec toi.

-Tu es fou.

-Si nous mourrions ensemble, nous serions liés à jamais.

Oh, Céline !

Où vas-tu ?

-Je vais retrouver Aurèle,

parce qu'il est la vie et que tu es la mort !

Fais vite.

Il fond en larmes.

Musique triste

...

...

-"Je mourrai en me rappelant nos fous rires en faisant l'amour."

-Céline viendra ou ne viendra pas, mais si elle vient,

elle viendra seule.

-Je suis pas si sûr.

Musique mélancolique

...

...

Musique dramatique

-Aurèle, sauve-toi !

-Abattez-le !

Coups de feu

...

...

Musique dramatique

...

...

...

...

Coups de feu

...

...

...

...

...

...

Galops

-Fouillez la ferme et le château. Trouvez-moi le comte de Kerfadec.

-Ouvrez !

-Mais qu'est-ce que c'est ? -Allez !

-Attention, s'il vous plaît. -Bouge pas, l'abbé.

-Où est Kerfadec ? Ton mari est avec les Chouans.

-Eh bien, vous en savez plus que moi.

-Ce sont tes enfants ? -Oui.

-T'as vu ton père, hier ? -Oui, je l'ai vu.

-Tu sais où il est ? -Non, monsieur.

-On dit : "Non, citoyen." Tu sais où il se cache ?

Où est leur repaire ?

-Je sais ce qu'il répondrait. -Dis-moi.

-Vive le roi ! -Vive le roi !

-Bon. Allez, hop ! Allez, hop !

On va vous faire parler, va !

En peloton !

-Mais ils sont fous.

-L'arme au pied !

En joue !

Prêts ?

Feu !

-Arrêtez !

Arrêtez ! Arrêtez !

Je vais vous dire où se trouve mon homme.

Ils sont dans l'île de Pleumeur.

Musique mélancolique

...

...

...

...

...

-Mettez-lui sa plus belle robe.

-Elle n'en a plus, monsieur le comte.

-Allez dans l'armoire de ma femme.

Prenez sa robe de mariée,

la plus chère à mon coeur,

la seule qui convienne.

-Ils ont tué Vivianne et ma mère a tout dit.

Ils sont partis pour les tuer dans l'île.

-J'y vais. -A quoi ça sert ? Hein ?

Il est trop tard. -Sans doute, mais je dois y aller.

...

...

-Dans moins d'une heure, la chaussée sera découverte.

-On va les prendre comme des rats.

Musique dramatique

...

-La pièce de 16 en batterie, la hausse 38.

La pièce de 12 !

La pièce de 15 !

La pièce de 6 !

Musique dramatique

...

...

-Ho, là !

-Tire pas !

Tire pas, Loïc. C'est moi !

Sautez à la mer de l'autre côté !

Nous sommes cernés. Le canon, Patrick !

-Et moi ? -Tu pars.

-Je reste avec toi. -Non, je veux être seul !

-Restez !

Restez ! Nous allons nous battre !

-Avec vos quatre fusils ? Vous êtes fous ?

-Nos corps sont bénis. Les balles nous traverseront.

En avant !

-Le Rouzic !

Ils psalmodient une prière en latin.

...

-Ah, les imbéciles.

Artilleurs, à vos pièces !

Ouvrez le feu !

Explosions

Prière en latin

...

Il crie.

-Repliez-vous !

Cris

...

...

Explosions

...

...

Musique dramatique

...

...

...

...

...

...

Musique mélancolique

...

...

-Grande victoire, citoyen-commissaire.

On va se soûler la gueule.

-Vous appelez ça une victoire ?

-Que vous faut-il de plus ? -Leur chef, Aurèle de Kerfadec.

-Chef de quoi ? D'une armée de macchabées?

On s'en fout, de Kerfadec.

-Pas moi.

Musique triste

...

...

-Où est mon fils ?

-Je ne sais pas, mais je le saurai. Il est pas mort, j'en suis sûr.

Monsieur le comte, dites-lui de se rendre, sinon...

-Sinon ?

-20 têtes tomberont tous les jours.

-Ah, c'est beau.

Ah, c'est très beau, la vertu.

-Je fais la guerre ! -Tu mens !

Ta vraie raison, tu la caches, mais je vais te la dire, moi.

C'est que tu ne peux pas avoir cette femme.

Moi qui t'ai élevé comme un fils,

je te plains.

Je te plains.

-Et moi, je me hais !

Cliquetis

...

...

...

Grospierre crie.

Sanglots

...

...

-Viens. J'ai à te parler, viens.

Non.

Laisse-nous.

Musique mélancolique

...

...

Je ne vous abandonne pas.

Je vous rejoins.

-Citoyens !

Le tribunal révolutionnaire a condamné à mort les citoyennes

Olympe de St Gildas,

Adélaïde de Kerfadec, abbesse,

Les citoyens Lahire, Grandchamp,

Chézé,

Le Brez, Kerjoie,

Tallec, Brémont...

J'ai dit Brémont !

La sentence sera exécutée immédiatement.

Roulement de tambours

...

...

...

...

...

...

-J'ai des révélations à faire au citoyen Tarquin.

Claquement

...

...

-Venez voir, citoyen-commissaire.

...

...

-Je t'attendais. Coup de feu

-En arrière !

...

Ils frappent.

-Monsieur le comte, par ici !

...

...

...

...

...

-Aurèle...

c'est bien que tu sois venu.

C'est bien.

Je savais que tu viendrais,

mon frère.

-Oui, ton frère.

-Céline va être exécutée dimanche.

Moi, je peux plus rien pour elle, mais toi...

-Où est-elle ?

-Au... Au fort de la Penthièvre.

Sauve-la.

Aurèle...

vive la vie !

...

...

...

Musique grave

...

...

-Monsieur l'abbé, suivez-moi.

-Céline.

-Monsieur l'abbé !

-Ma petite enfant ! Là, là.

Musique intrigante

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

Il crie.

...

...

-Laisse.

Vas-y.

...

-Céline ?

-Aurèle ?

-Ecarte-toi.

Je fais sauter la porte.

Explosion

-Alerte ! Alerte ! Alerte !

Alerte ! Alerte !

Montez sur les remparts !

-On ne peut pas passer !

-Ils sont là-haut ! -Ouvrez le feu !

Coups de feu

...

-Par le chemin de ronde !

-Non, non, sur la grande tour ! Vite, vite !

-Mon parrain, montez !

-J'avais prévu cet engin pour deux, pas pour trois !

A vous, l'Amérique !

Coups de feu

Musique dramatique

...

Musique mélancolique

...

Coups de feu

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

...

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...

Sous-titrage : VDM

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