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Original subtitles

Il faut qu'on reste ensemble.

Vous connaissez ça ?

Ce sentiment permanent de devoir faire des choix ?

Entre gauche et droite. Le bien et le mal.

Votre raison ou votre coeur.

Tu sais que tu peux pas être ici.

Tu es gendarme.

Marc !

Musique inquiétante

- Le maréchal est là. C'est Paul Latinus, chef du W.N.P.

- Canard va vous apprendre la surveillance personnelle.

- Le couple qu'on surveillait ? Ils ont été assassinés.

C'est l'ex de ma femme.

Le lien entre Canard,

l'ex de ma femme et la Sûreté de l'État,

c'est que tu n'as pas été pris à la Sûreté.

Tu as loupé l'examen.

Votre nom ?

- De Vuyst, Marc. - Le fils de ?

Vous ressemblez pas à votre père.

Oui, j'en ai entendu parler.

- Le PIO. De quel côté sont-ils ?

Ils devenaient dangereux.

De tous les côtés.

- Selon moi, ces crises s'expliquent par un SSPT.

Tirs de mitraillette.

- Pas de psychiatre. - Valium ?

Cris de rage.

Il me faut ce Heckler, Dani.

Personne saura qu'il vient de chez Diane.

Non, non, impossible.

- Contre le nouveau prototype Beretta ?

Le H&K.

- Ils ne sont pas armés pour des prunes.

Cris et coups de feu.

Pour ma collection.

Musique inquiétante

- Verhellen, parlez-nous de la présomption d'innocence.

- Il s'agit d'un principe de droit pénal

et le fondement des règles sur la charge de la preuve.

Toute personne reste innocente jusqu'à preuve du contraire.

Le doute profite au détenu.

In dubio pro reo.

C'est du latin.

OK, c'est bon.

Musique douce

Pourquoi t'as choisi le droit ?

Pourquoi avoir choisi le droit ?

C'est plein de bourgeois. C'est toi qui le dis.

- Justement, pour éviter de laisser la justice aux bourgeois.

- --

Je le fais pour ma mère.

Elle rêvait d'avoir un avocat dans la famille.

- Franky n'était pas vraiment une option.

C'est à la Chambre du Conseil...

de contrôler si le maintien en détention

est justifié.

- -- Cri et rires.

Musique étouffée dans le casque

Musique douce

Quel genre d'affaires tu veux ?

Souvent, il n'y a pas de risque zéro.

- --

Eh, va te faire foutre !

- -- Rire.

Musique douce et inquiétante

- --

- --

- --

- --

Musique decrescendo

Grésillement électrique.

Une voiture approche.

La voiture s'arrête, les portières s'ouvrent.

Des pas approchent.

- Non, pitié ! Coup de feu.

Cris et coup de feu.

17 SEPTEMBRE 1983 NIVELLES

Musique grave et inquiétante

Sirène de police.

Attention, armes !

Coups de feu répétés.

- -- Coups de feu.

Vite, prends les armes.

Coup de feu.

- -- Le moteur démarre.

- -- La voiture part en trombe.

- -- Les sirènes de police approchent.

Merde !

Coups de feu, crissements de pneus.

- -- Coup de feu.

- --

Major ?

- --

- --

- Je veux des arrestations dans les 24 heures.

On fait au mieux, M. le procureur.

Ce n'est pas brillant.

Tentez de sortir de votre médiocrité.

- M. le Procureur... - Je vous tiens responsable !

- Excusez-moi, M. le procureur.

Oui, quoi ?

Les enquêteurs n'ont pas fini.

- Vous me donnez des ordres, Major ?

Dans mon arrondissement ?

Je veux juste

que l'enquête soit menée correctement, M. Deprêtre.

- Vous avez l'habitude de chercher des poux à vos supérieurs.

Non, absolument pas...

Votre mission ici est terminée !

Ordre du superviseur.

Ne touchez plus à mes dossiers.

Plus jamais !

- Trois morts pour cinq ballotins de pralines,

de l'alcool et du café.

C'est le bilan de la tuerie des Tueurs du Brabant.

Les auteurs des faits ont volé les armes de la gendarmerie

des Heckler et Koch.

Ils ont fui à bord d'une Saab 9000 Turbo

et de la Mercedes du couple abattu.

Le dossier des attaques de supermarchés

est désormais dans les mains du parquet de Nivelles,

sous l'égide du procureur Jean Deprêtre.

Rires gras dans la pièce d'à-côté.

- Allez. Léon, le voilà,

le troisième homme, on va pouvoir jouer.

- Goff, on ne doit pas bosser sur Nivelles ?

Il soupire.

Changement de plan !

C'est trop fort pour moi.

Tu rigoles ? Ça ?

Une pomme par jour, en forme toujours.

Tiens.

Je l'ai ramené de Mézidon.

- Merci, Monsieur... - Finné.

Appelle-moi Léon.

- Un franc par pli, dix pour un tour.

- Vous êtes de l'État-major ?

Éclat de rire.

T'entends ça, Goff ?

On me prend pour un général.

T'es pas assez gros pour ça.

Arrête !

Tu pourrais y arriver.

C'est des muscles.

Bien marinés dans le calvados.

Rires. Dans le vin aussi.

Allez, on commence...

Je suis directeur

de la Banque Copine, sur l'avenue Louise.

Une banque privée.

Il est mon informateur préféré.

- Dans le jargon, on dit un indicateur.

- C'est pareil ! Atout pique.

Ah, il faut le cachet officiel.

Ouais.

J'ai aussi ceux de Grez-Doiceau et Wavre.

- Putain, vieux, on voit pas la différence.

Parce qu'il n'y en a pas.

Dani, Ducon !

C'est exagéré.

Non.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien.

- Dis-moi ce qu'il y a.

- Ils ont pris le H&K des gendarmes à Nivelles.

Oui, et alors ?

- Du coup, c'est des armes recherchées.

Et alors ?

J'en ai vendu un à Mendez.

Quoi ?

Un H&K de Diane ?

Au représentant d'armes de la FN ?

Chez qui tu crois que les flics iront ?

Je sais, Bob.

On fait quoi ?

Hein ?

Tu fais chier, Dani.

Trouve une solution avant les flics !

Éclats de rires gras.

Bouffer, chier, tcha tcha tacha.

Rires gras.

Bouffer, chier, tcha tcha tacha.

Où est-ce que tu vas ?

Il rit et tousse.

- Ne t'étouffe pas, Léon. Faut respirer.

Allez, lève les bras. Donne-lui un verre d'eau, fiston.

- Ça va mieux ? - Oui.

Fou rire.

Non, hein.

Les poissons ont pissé dedans.

Rires idiots.

C'est l'heure de rentrer chez madame Ma Femme.

Elle doit apprécier.

Je te dois combien ?

On verra ça la prochaine fois.

Pas question.

Combien ?

Ça fait 23 francs.

Tiens, garde la monnaie.

- Non, non, non ! Attends, attends.

Je peux te rendre.

Et sinon...

T'as entendu des choses, dans la rue ou ailleurs ?

Léon grogne.

Du blabla sans intérêt.

Comme quoi ?

Quel blabla ?

Bah, il paraît que

des gars de la caserne ont de l'ambition.

- Ah ouais ? - Hmm.

De grands projets.

C'est ce que j'ai entendu.

Quel genre de projets ?

Genre de prendre le pouvoir.

De la caserne ?

Pas seulement !

De tout le pays !

Un coup d'État.

C'est du grand blabla, ça.

On sait déjà pas prendre Flagey !

Il rit, moqueur.

Il n'y a pas que la gendarmerie.

Il y a des militaires,

des magistrats, tout le touin-touin.

Des types très haut placés.

Ne te fous pas de moi, Léon.

Qui t'a dit ça ? Léon soupire.

Si je te le dis...

C'est fini "Bouffer, chier, tcha tcha tcha".

Allez, bonne soirée.

À la prochaine.

Allez, fais de beaux rêves mon ami.

Monsieur Finné.

Non, j'ai dit, Léon !

D'accord, Léon.

Il reste un truc au frigo ?

J'ai mal au ventre.

Que de la purée.

- De la purée ? C'est parfait.

Merci.

- C'est vrai, tu crois, ce coup d'État de Finné ?

Ce serait lié aux cambriolages ?

- C'est une légende qui circule déjà depuis des années.

Finné n'avait rien à me dire. Il l'a donc ressortie.

Mais ce n'est pas impossible.

Hypothétiquement ?

C'est bizarre tout ce qu'il se passe.

- Il y en a toujours un pour se rendre intéressant.

Comme Finné ?

Il tousse.

Finné est un banquier

qui aime se faire plaisir et boire un verre.

Il ne mène pas de coup d'État.

Au fait,

j'ai reçu un fax,

envoyé par le parquet.

Ils cherchent du monde pour la cellule de Nivelles.

Bibi va passer l'entretien.

- Vous bosserez sur les Tueurs ? - On verra.

Chaque chose en son temps, fiston.

Je verrai si je peux te prendre.

Sinon, tu travailleras d'ici, comme back-up.

Sous les radars...

Ah...

Il n'y a pas le choix.

Allez, un dernier.

Klaxons et circulation dans la rue.

Musique populaire à la radio

Bonjour, Monsieur le ministre.

Ça va ?

Par là, il y a le bar. Et par là, les toilettes.

- --

- Ce soir, on assure la sécurité du ministre de la défense.

- Je veux un homme à l'entrée, un dans le salon,

un dans le jardin, un dans la salle.

Alain sera le voiturier.

Pas d'alcool, ni de cigarette

pendant l'opération.

Même pas aux WC, petits malins !

T'es tombé dans l'anti-moustique ?

- C'est mon après-rasage.

Tu seras parfait pour le jardin.

D'accord ?

Allez, c'est parti.

Respirations intenses.

Le film continue en fond.

Respirations plus rapides.

- --

Eh, les tourtereaux !

C'est pas un club échangiste.

- Ils rigolent. - Merde.

Rires.

- C'est pas normal. Il y a des flics partout.

Ils veillent à ta sécurité.

Ma mère, par exemple. Elle n'ose plus aller au Delhaize.

Parfois, tu es si naïf, tu sais ?

Ils n'assurent pas ta sécurité.

- Ah non ? Ils font quoi, alors ?

J'ai envie de frites.

C'est un code ?

Rires.

C'est une technique spéciale ?

Mon père le faisait tout le temps.

Je tiens ça de lui.

Il rit.

Ça se passe mieux entre vous ?

- Il est coincé dans le passé. C'est compliqué.

Surtout pour toi et Franky.

Pour lui aussi.

Au fait, tu as revu Franky ?

- À cause du travail avec Goff, c'est difficile de se voir.

Hmm.

Et toi ?

Tu t'entendais bien avec ton père ?

Oui, pour être honnête.

Mais il n'était pas beaucoup là.

Je ne le connaissais pas si bien.

Tu es devenu gendarme pour lui ?

Tu l'as étudié en psychologie ?

Non.

Mais bon,

un mec aussi intelligent que toi aurait pu faire mieux.

Mieux que quoi ?

Qu'envoyer de la pisse aux gens ? Que lire le Petit Livre rouge ?

Tu sais ce que je veux dire.

J'ai pas fait ce choix consciemment.

Peut-être que c'est lié à mon père, mais je n'en suis pas sûr.

C'est autre chose.

Et pour l'uniforme, évidemment.

Ça plaît énormément aux femmes.

Espèce de macho.

Je dois aller... Je reviens tout de suite.

OK.

Musique et conversation indistinctes

C'était qui ?

Un pote. Chrisse.

Un amateur, ce Chrisse.

Quoi ?

- Tu lui tends l'argent, il le met dans sa poche,

puis il te donne la drogue.

Il ne fera pas carrière comme dealer.

- C'est vrai, je suis en présence d'un expert.

- Comparé à lui, on est tous expert.

- Tu ne serais pas en train de me juger ?

Non.

- Que veux-tu que je te dise ?

Qu'on va se louer un studio.

S'abonner à un magazine ?

Aller manger des gâteaux chez nos parents ?

Avoir des enfants ?

Je ne veux pas d'enfants.

Pourquoi pas ?

- Je ne veux pas. Jamais de la vie.

Pourquoi ?

Mon père.

Ton père.

Tu veux d'autres raisons ?

- Mon père est triste d'avoir perdu ma mère.

Rien d'autre.

Ouais.

Le chagrin n'explique pas tout.

De toute façon, le monde part en couilles.

À quoi bon mettre des enfants sur cette Terre ?

Musique grave

Rires et conversation indistinctes au loin.

- Musique disco - --

- -- - --

- -- - --

Grognements d'efforts.

Chef ?

Je suis désolé.

- T'excuse pas, je voulais te tester.

Je suis rassuré.

- Sandwich ? - Merci.

- Dans une heure, on change. - OK.

Bon travail, Franky.

Merci, chef.

- -- - --

Conversations indistinctes.

Tu te produis où ce soir ?

Au West Side.

- Quelqu'un vient t'aider pour tes disques ?

Un pote.

On doit se retrouver à mon kot.

À demain ?

On verra bien.

Pourquoi tu mets ton uniforme ?

On fait une descente ce soir.

On te renvoie sur le terrain ?

Un peu d'action, c'est pas mal.

Mais enfin, chéri.

Tu vas te laisser humilier longtemps ?

Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

Je l'aurais vite lavé.

Je te prépare vite une tartine ?

- Non, merci. - T'es sûr ?

Oui.

Musique inquiétante

- -- Hululement d'une chouette.

- -- Sonnerie d'entrée.

C'est qui ?

C'est Dani, Dani Bouhouche.

- Dani ? - Bonsoir Danielle.

- Désolé, il est tard, je peux parler à Juan ?

Il est parti pour le Paraguay,

pour le travail.

Longtemps ?

- Trois semaines ? Suivant la vente.

Les armes sont populaires là-bas.

Il m'a dit ça, oui.

- Je peux le joindre ? - C'est lui qui m'appelle.

- Je lui passe un message ? - Dis-lui de m'appeler.

OK.

Merci, bonne nuit.

Bonne nuit Dani.

Une grande avancée a été faite

dans le dossier dit des Tueurs du Brabant

après que le procureur de Nivelles ait procédé

à l'arrestation de divers membres du gang hennuyer "Les Borains ".

Un revolver de Type Rüger SP38,

trouvé lors d'une perquisition chez le chef des Borains,

pourrait avoir servi lors de l'attaque

du Colruyt de Nivelles,

ayant fait trois morts et un blessé grave.

Une telle avancée dans l'enquête juste après le braquage de Nivelles

est une victoire pour la justice.

Le procureur de Nivelles, Jean Deprêtre, a déclaré

que c'est grâce au travail minutieux dans son arrondissement

que ces bandits ne sont plus un danger pour la population.

Musique inquiétante

- --

- Sursaut. - Quoi ?

Je te croyais déjà parti.

Ah, non.

C'est quoi, ça ?

Oui, c'est un masque antirides.

- Pourquoi tu es revenu ? - J'ai oublié mon portefeuille.

Je viens aussi embrasser tes rides.

Tu vas avoir la bouche toute verte.

- Ne fais pas de bruit en rentrant. - Non.

Musique grave

- -- Il soupire.

Musique électro Conversations indistinctes

- --

- --

T'en as encore sur toi ?

Pour toi, oui.

- --

Musique douce et grave

- -- Chant d'anniversaire au loin.

- --

- --

- --

- -- Cris de joie.

- --

- --

Cris de déception.

Vos papiers, s'il vous plaît.

Tous les deux. Mademoiselle ?

Nom, prénom ?

Vicky Verhellen.

Date de naissance ?

Euh...

C'est d'en avoir trop reniflé ?

C'est quoi ça ?

Je ne sais pas.

- C'est la fin de vos études de droit.

- Monsieur, je suis vraiment désolée. Je regrette.

Moi aussi.

Vous savez qui vous devez appeler ?

Vos parents ?

- Mes parents ? Pas vraiment. Non.

- Vous serez interrogée plus tard, le temps d'évacuer vos saletés.

Emmenez-la.

- Monsieur, puis-je téléphoner à quelqu'un ?

- Allez, notez le numéro ici.

Je le connais pas par coeur.

Alors je ne peux pas vous aider.

Si, je crois bien.

- T'as pas vu Latinus ? - Non, pourquoi ?

- Après son idée à la con de la Pastorale et la Sûreté,

il a balancé Barbier et Lammers pour sauver son cul.

Et impossible de le retrouver.

Christophe, ça va ?

Faut bien, et toi ?

- Très bien, merci pour le boulot, c'est super.

Ouais.

- Euh... Mon prochain poste, c'est où ?

- Reste dans le jardin, anti-moustique.

D'accord.

- Tiens-moi au courant si t'entends un truc.

Si je le trouve, je le tue.

Fais pas de connerie JF, OK ?

Soupir las.

Elle est encore là ?

Pas pour longtemps.

Son service commence à 2 heures à l'hôpital.

Elle devrait pas dormir ?

Tu poses des questions à la con.

- C'est pas moi qui suis responsable du merdier.

Ça y est !

Elle part.

Ou elle va se coucher...

Merde.

Merde !

Allez, on rentre.

Nan, on y va maintenant.

- Elle va nous entendre. - Tant pis pour elle.

- C'est la femme de ton meilleur ami !

Allez, on rentre.

La voiture démarre.

Ah !

- Le voilà. - Bonsoir, Major.

C'était rapide.

- Où est-elle ?

Le bâtiment de derrière.

Elle redescend sur terre avec ses compagnons.

Combien elle avait sur elle ?

Deux grammes, je pense.

Vous faites les nuits ?

Depuis l'affaire François.

Mais ça a ses avantages.

- Ah bon ? - Oui.

On peut se revoir.

Viens, on va d'abord causer un peu.

Et ? Goffinard enquête sur Nivelles ?

Il doit commencer lundi.

- Ah, oui. C'est ce que je me disais.

Il a dû bénéficier d'un fameux coup de pouce.

Il est bon dans son domaine.

Oui, oui. Mais pas pour les bonnes raisons.

Comment ça ?

Il est trop vaniteux.

Beaucoup trop.

Il se penche sur cette affaire pour s'attribuer tout le mérite.

Rien d'autre.

Tu as pu parcourir le dossier ?

Oui.

Avec tout mon respect, Major,

en quoi êtes-vous lié à cette affaire ?

- J'étais le premier officier sur place.

Je l'ignorais.

- Un truc cloche, Marc. Ça cloche vraiment.

- Qu'est-ce qui cloche ? - Tout !

Les Borains n'ont rien à voir.

Deprêtre a mis sur la touche deux juges d'instruction.

Il est en train de manipuler tout ce dossier.

C'est ainsi qu'une affaire est habilement étouffée.

- C'est possible qu'un procureur supplante un juge d'instruction ?

Apparemment, oui.

Personne ne dit rien ?

Si, mais à qui ?

Hein ?

À qui ? C'est lui, le procureur.

Et toi?

Vas-y. T'as trouvé quoi ?

La Saab 9000 Turbo.

Elle a servi une semaine avant Nivelles, à Temse.

Ils ont volé sept prototypes de gilet pare-balles.

Personne n'était au courant pour ces gilets,

sauf l'État-major général, qui les avait commandés.

Cri, coup de feu.

Ils ont été surpris et ont directement tiré.

Le concierge a été abattu.

Cris, coups de feu.

- Pour voler la Saab, ils ont tué un chien

avec la même arme que pour le chauffeur de taxi.

On dirait qu'ils laissent des indices

pour relier toutes ces affaires entre elles.

- C'est exactement ce qu'ils cherchent.

Quoi ?

C'est la stratégie de la tension.

Une technique de la CIA.

Le gouvernement finit par terroriser ses citoyens

qui demandent plus de policiers en rue.

Le gouvernement.

Oui.

- Vous croyez aussi en la théorie du coup d'État ?

- Pourquoi ? D'autres aussi ?

Un informateur.

Léon Finné ?

- Qui serait derrière cette stratégie de la tension ?

- Peut-être Gladio.

Ou un groupe armé, un groupe anticommuniste.

Officiel ?

Plus ou moins.

Mais qui serait à sa tête ?

- J'ai déjà enquêté durant l'affaire sur François.

Le PIO peut-être.

- Le PIO ? - Hmm.

Mon père y aurait pris part ?

C'était l'objet de mon enquête.

Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?

Je le fais maintenant.

Vous vous êtes servi de moi ?

Vous m'avez approché pour avoir des infos sur lui ?

Et Vicky ?

Ça faisait partie du plan ?

Non, c'est un pur hasard.

- Et traîner Goffinard dans la boue.

C'est classe, Major. Très classe.

Il respire difficilement.

Il respire bruyamment.

Ça ne va pas ?

Si, si.

Vous vous sentez bien ?

Grognement.

C'est votre coeur ?

Attention.

Doucement. Asseyez-vous.

Ça va.

Il respire bruyamment.

Ça va ?

- Je vais appeler quelqu'un ? - Non, une minute.

Ça va passer.

Voilà messieurs, un petit bonus.

Excellent travail.

De la part de Monsieur le ministre.

Conversation enjouée.

- Allez, santé. - SANTÉ !

SANTÉ.

Bon.

Maréchal ou pas...

Faut remettre Latinus à sa place.

J'accepte pas ça.

Barbier et Lammers sont des soldats aussi.

Toussotement.

- Vous auriez un verre ? - Bien sûr.

- Je vous entend parler de sujets importants.

- Monsieur le ministre. - Merci.

- Désolé pour le gobelet. - C'est rien.

Laissez tomber le "Monsieur le ministre".

Entre soldats, c'est Jean-Paul.

Santé.

SANTÉ !

Ça me manque.

L'odeur du terrain.

La solidarité aussi.

On peut dire ce qu'on veut...

Mais vous êtes ceux qui font le vrai boulot.

Sans vous,

tout ça, ici, serait complètement différent.

Pour un ministre comme vous,

nous sommes fiers de donner le meilleur, Jean-Paul.

Je ne l'oublierai jamais.

Je vous le promets.

C'est pour ça qu'il est primordial

qu'on se protège des salauds

qui mettent en danger notre belle solidarité.

On devrait les éliminer.

Comme des mauvaises herbes.

Qu'ils brûlent en enfer.

- SANTÉ, QU'ILS BRÛLENT EN ENFER.

- J'aimerais que cela reste entre nous.

Sinon ma carrière de gendarme est terminée.

Je ne dirai rien.

Je vais rester un peu assis.

Tu peux ramener ta copine.

Dis-lui qu'elle a un avertissement.

On va s'en occuper, nous.

Quoi ?

- On va dénoncer Latinus ? - Non !

On va éliminer les mauvaises herbes.

- On sera encore plus dans la merde, J-F.

- Pas si Latinus s'en charge lui-même.

Pourquoi il ferait ça ?

- Franky ? - Oui ?

- T'as presque pas touché au whisky, tu conduis.

D'accord.

- Les gars, pas de conneries ! - OK, chef.

Franky fait rugir le moteur.

Eh, Franky !

- Et ? Tu dois être fier, non ?

De quoi ?

D'avoir sauvé la brebis égarée.

Non, pas vraiment.

On le sait tous.

Les flics arrêtent les étudiants toxicos

plutôt que les Tueurs du Brabant.

- Vraiment ? Une brebis égarée ?

Ou une pauvre conne ?

Quoi ?

On joue à quoi, là ?

Je ne sais pas.

Qu'est-ce que tu crois ?

Qu'on est en train de tout foirer.

Moi, c'est sûr.

Non.

Ce serait pas mieux si on en restait là ?

D'accord.

Tu vas pas me changer, et moi non plus.

Salut.

Musique douce et triste

- --

- --

- --

- --

- -- Il soupire.

Tu ne dors pas ?

Non.

Soupir de douleur.

J'ai trouvé ce flacon.

Embrasser mes rides ?

Ce n'était pas un vrai baiser.

Depuis quand tu prends du Valium ?

Dirk m'en a prescrit.

Je ne voulais pas t'inquiéter.

C'est raté.

Enfin, chéri.

Ce ne serait pas le moment de quitter la gendarmerie ?

J'ai demandé ma mutation.

Pour où ?

Nivelles.

Il coupe le moteur.

Musique inquiétante

Elle ferme la porte.

Elle monte dans la voiture et démarre.

Musique inquiétante

- --

Il ouvre la porte.

- --

- --

- Putain, il est où le Heckler & Koch ?

- -- Oh, putain !

- -- Il soupire.

- --

- -- Le coffre grince.

- --

Musique decresendo

Des pas approchent.

Lâche le frein à main.

Laisse-la rouler.

Vas-y, démarre.

Musique angoissante

- --

- --

- --

Chers amis,

en temps de guerre,

un soldat doit être prêt au plus grand des sacrifices.

Celui de sa vie.

C'est l'attitude à avoir en bataille.

Discours étouffé dans la pièce d'à côté.

- Un jour ou l'autre, on fait tous une connerie.

Une connerie qu'on regrette déjà alors qu'on est train de la faire.

Vous voyez de quoi je parle ?

Oui, bien sûr que vous voyez.

On est tous un peu bête à un moment de sa vie.

On pourrait se consoler avec une chanson d'Elton John,

Sorry seems to be the hardest word.

Mais vous écoutez FM Bruxel, ici, on emmerde

Elton John et son piano.

On peut le dire, ce mot difficile, quand on a tort.

Je suis désolée.

Et merde à ces deux mondes.

Mon monde est aussi ton monde.

Musique plus joyeuse au violon

- -- Dialogue indistinct du film.

- --

Levons notre verre à la mémoire

du maréchal Latinus.

Au traître.

Qu'il brûle en enfer.

AU TRAÎTRE.

Musique angoissante

- --

NUMÉRO 9 BIS

- --

- --

Musique decrescendo

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