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...
-Pour la reine des reines, la reine des hauteurs,
la bière des bières.
-Merci.
Ah, putain !
-C'est un putain de doigt.
Ah, c'est dégueu.
...
-Patron !
Vous comptez vous baigner ?
-Pardon ?
-Les lunettes. -Non, c'est préventif,
c'est contre le chlore. C'est très dangereux, le chlore.
Asthme, allergies... -Je vous crois.
-On a quoi ?
-Un groupe d'étudiants.
Lucas, c'est lui qui a ramené la bière.
Il travaille ici.
Et Manon Duval,
elle est en 3e année de médecine.
-Il faudra prendre
leur déposition. -Vous voulez pas les enlever ?
Pour avoir l'air un peu plus...
-Il a parlé, ce doigt ? -Il est timide.
Mais à 95%, c'est un petit glinglin.
Un petit glinglin, un auriculaire.
-Tenez.
-Ca va pas, capitaine ?
-Juste un souvenir d'un doigt coincé dans une portière.
-Donc, le doigt
a été glissé
par le goulot d'une bouteille ? -Oui.
-Et l'empreinte digitale ?
-Pas sûr. -Si, c'est possible.
-Vu la taille, il appartient
à un homme, non ?
-Ce doigt pourrait appartenir
à une harpiste slovaque.
-Coupé quand la victime était vivante ?
-Les analyses le diront.
-En attendant, je dis quoi à mon patron ?
Accident ? Acte de torture ? -Je ne sais pas,
mais pour vos vacances,
ça pue.
...
-J'en peux plus. -Bon, allez,
c'est parti.
-Vous êtes sérieuse ?
-Est-ce que je suis sérieuse ?
-Oh ! Ne me faites pas des coups comme ça.
-Allez.
C'est bon ?
-Ah ! J'ai cru que j'allais garder ça toute la journée.
-La bière Wagner, c'est votre famille ?
-Oui. Non.
Mon grand-oncle a vendu dans les années 90,
mais c'est de nouveau des Wagner.
-C'est à vous ou pas ? -A mes cousines,
Ingrid et Sybille Wagner.
Aussi brillantes que sympathiques. -Vous parlez de moi ?
-Merci. Tu peux la raccompagner ?
-Arrête.
-Alors, cette déposition ? -Elle est encore choquée.
Je la vois mal aller chercher un doigt à la morgue
pour faire une blague.
-Et c'est elle qui l'a bue. Et le jeune ?
-Il flippe. Il était censé réviser. Il est pas pressé
que ses parents apprennent où il était.
-S'il vous plaît. Voici Thomas Letellier. Il sort de l'école
de police et va faire son stage ici.
-Accueillez-le comme il se doit.
-Salut. -On a reçu les analyses
de la bouteille. Il n'y a que les empreintes
de Manon Duval. -Et le numéro du lot ?
-L'embouteillage a eu lieu
il y a 2 jours. -Je vais voir
mes cousines.
-Vous êtes sûr,
capitaine ? -Oui.
Thomas, vous venez ?
...
-C'est presque clean.
Vous la lavez souvent ? -Ca m'arrive.
-C'est cool. Ca limite
les risques d'asthme.
-Vous êtes asthmatique ? -Non. Mais chez 23% des hommes,
ça se déclare vers 40 ans. -Il paraît.
C'est juste là.
Pour votre première mission, ça va être assez simple.
-C'est vos cousines ?
-Oui. -Ca vous dérange pas
d'enquêter sur elles ?
-Je viens les prévenir en personne. C'est plus humain.
Mais vous pouvez m'aider pour les questions plus formelles.
-"Good cop, bad cop", quoi.
-Peut-être pas. -Juste "cop".
-Ouais.
-Tous les réglages sont bons. Avez-vous vérifié les constantes ?
Vous ferez le reste demain. -Ingrid ?
-Oh, César !
Ca fait plaisir de te voir. -Moi aussi.
-Ouh là !
C'est le cousin ou la police qui débarque ?
-C'est le cousin policier. Il y a un problème.
Thomas.
-Bonjour, madame. -Bonjour.
-Eu égard à l'enquête en cours,
il va falloir stopper votre production.
-Pardon ?
S'il vous plaît ! On coupe.
-Ingrid.
Ecoute. -Expliquez-moi.
-On a trouvé un doigt dans une bouteille.
-Un doigt ? On va avoir affaire aux autorités sanitaires ?
-C'est la procédure.
-Ca va nous faire
beaucoup de tort. -Je sais.
-Tu vas mener l'enquête ?
-Je suis à la criminelle.
-Quelqu'un nous veut du mal.
Juste avant le salon. -Il nous faudra la liste
de vos employés. C'est peut-être le genre d'accident de travail
qu'on ne déclare pas.
-Thomas, vous pouvez
aller voir les employés
pour compter leurs doigts.
Est-ce qu'un de tes employés aurait pu...
-Non, je l'aurais su, on est 20, ici.
C'est fini, l'âge d'or des milliers d'ouvriers.
-Je t'accuse de rien. -Excuse-moi.
J'ai l'impression d'être dans un cauchemar.
-Vous allez vous en sortir. Les brasseries Wagner, ça marche ?
-Deux nanas, dans ce milieu,
t'imagines comme on a dû se battre.
Nos concurrents vont bien se marrer.
Ca, c'est mon bureau.
-T'as repris le bureau du grand-père ?
-Oui.
On a touché quasiment à rien.
-C'est fou.
Et ta soeur, ça va ?
-Sybille ? Oui, tranquille. Elle installe la marque à l'étranger.
-Je sens une pointe d'agacement.
-Tu la connais. Sybille, c'est 10 idées par jour, et c'est moi
qui me tape le boulot.
-La grande soeur veille sur la petite.
On frappe.
-Excuse-moi.
J'ai un rendez-vous.
-Je vous laisse. Bonjour. -Bonjour.
-Je ferme. -Merci.
-César ?
Je savais bien que c'était toi.
-On se connaît ?
-Yvon. Yvon Tardieu.
Je me souviens de toi
quand tu venais ici avec ton père,
à l'époque des grandes brasseries Wagner.
-Oui, je me souviens de vous. -Le petit César
a bien grandi. -Heureusement. J'avais 10 ans.
Vous travaillez pour mes cousines ?
-Oui. Un vieux qui connaît la bière,
elles avaient besoin de moi. -Bien entendu.
A très bientôt. -Oui, c'est ça.
-26, 27, 28, 29, 30...
-Thomas ?
Venez, deux secondes.
On obtient rarement des informations d'un témoin
en lui rentrant dedans. La diplomatie, vous connaissez ?
-Je suis resté poli. Il fallait bien poser la question.
Vous pouviez pas le faire.
Je suis à 30, là. -De quoi ?
-De doigts.
...
-Oui ?
Alors, vos cousines ?
-Elles se seraient bien passées de cette publicité.
Pour elles, c'est pas un accident. -Des ennemis ?
-Peut-être la concurrence. Ingrid va porter plainte.
Vous comptez perquisitionner ? -Non.
Ce n'est peut-être qu'une blague potache.
-Il faut pas prendre ça
à la légère non plus. -Non, mais il faut rester
objectif, capitaine.
-Bien sûr.
Ca va, Ingrid ? -Ah, Cés !
-"Cés" ?
-Pour moi, César, c'est "Cés". -On m'appelle plus comme ça
depuis 25 ans. -C'est pas plus mal.
-Greg, vous prenez le dépôt de plainte de ma cousine ?
-Bien sûr.
-Capitaine,
votre mère a fait un malaise. Je suis désolé.
-Merci.
...
-Ici, nous avons fait installer...
-J'ai fait aussi vite que j'ai pu. Ca va ?
-Oui, oui.
-Bonjour, docteur. Sa tension et bonne ?
-Oui. Votre maman va bien. Elle a la peau dure.
Bon, on est d'accord ? Du repos et on se revoit vite.
-Merci. -Bonne journée.
-Au revoir, docteur.
Elle t'a dit quoi ?
-Arrête. Arrête, César.
-Elle t'a prescrit quelque chose ?
-Tu l'as entendue : du repos.
Comme si je pouvais... -T'as fait des analyses ?
-Oui, un tas d'analyses.
Ca te va ?
Je suis pas en sucre. Ca suffit.
Et j'ai du travail. -Mais...
-Toi aussi, t'as du travail, non ?
Tes cousines ont besoin de toi, il me semble.
-Oui.
-J'ai vachement de choses à apprendre.
-Commence par apprendre la paperasse.
J'ai pas mal de procédures à régler.
-Tu me parles de symptômes. Tu as une idée ?
-Oui, avec la coloration de la peau,
j'ai pensé à la maladie de Wilson
ou au syndrome de Gianotti-Crosti.
-L'acrodermatite se déclenche autour de 4 ans et demi,
et Wilson, ça commence
avant l'adolescence.
-Ou alors, une hépatite.
La peau cuivrée, la fatigue, l'irascibilité...
Ca, ça colle. -César, tu n'as aucun
de ces symptômes. -J'ai pas dit
que c'était pour moi.
-Je suis médecin, pas chaman.
Je consulte pas à distance.
-Alors, blanche...
Ambrée.
Brune.
Blonde.
Et...
De Noël.
-D'accord.
-Voilà.
-Merci.
...
-"Bières Wagner, une affaire de famille qui tourne
"en affaire tout court." -Ca leur fait de la pub.
-"Les deux dirigeantes de l'entreprise sont bien entourées,
"puisque leur cousin, le capitaine Wagner,
"a pris l'affaire en main.
"Vous avez dit conflit d'intérêts ?"
C'est pas signé.
Que ce soit clair :
je vous interdis de parler à la presse.
Wagner.
Vous comprenez ce que ça implique ?
-Il faut éviter de surréagir. -Je vais confier l'enquête
à l'un de vos hommes.
Vous pensez à quelqu'un ?
-J'ai appris la nouvelle.
Directrice d'enquête ? -Oui. J'ai la pression.
-T'as jamais fait ça ? -Non. C'est qu'un doigt.
-Il n'y a pas de petite enquête.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-La mèche sur ton front.
Ca te gêne pas ?
-Euh... Non.
-Tu peux...
Cool.
-"Les soeurs Wagner sont aussi à l'aise sur une chaîne
"d'embouteillage que devant un podium de la Fashion Week."
Elles assurent. -Merci.
-Bon, le propriétaire du doigt est un homme,
il était vivant quand son auriculaire a quitté sa main.
-C'est pas une séparation
spontanée. -Et c'est pas votre étudiante
qui a ramené un doigt à une soirée
pour rigoler. -J'ai pas compris.
-Vous avez jamais fait ça,
pour contrarier une ex ?
-Non. -Bon. Du coup, j'ai appelé
tous les hôpitaux de la région,
et j'ai trouvé un homme venu se faire soigner pour un auriculaire
sectionné. -Léa !
Vous pouvez venir ? -Je vous intéresse ?
-Mieux vaut tard
que jamais.
-Il s'appelle Lehmann, et sa main aurait été happée dans un broyeur
à branches. -Un broyeur ?
-Il a dit qu'il n'avait pas retrouvé son...
-Son petit
glinglin.
On va aller voir ce Lehmann.
Enfin,
c'est vous qui dirigez
l'enquête. Je suis là en soutien.
-Greg, Thomas !
Greg, renseigne-toi sur un certain Lehmann,
et toi, Thomas, tu viens avec nous.
-A tout à l'heure.
-Tout est fermé. Je vais voir si on peut faire le tour.
...
Regarde par ici.
...
-Léa, dans la chambre,
il y a quelqu'un.
On frappe. -Vous m'avez oublié, non ?
-Merde !
-Que se passe-t-il ?
-On dirait bien
que c'est notre homme, vu sa blessure au doigt.
-Daniel Lehmann. C'est lui.
Sirène d'ambulance.
...
-Alors ?
-A première vue, pas grand-chose.
-J'ai trouvé ça dans le jardin.
Il a pu être attaché ?
-J'ai remarqué une abrasion au poignet. Ca n'a pas été long.
-Et sa blessure au doigt a pu causer sa mort ?
-Septicémie ? -Oui.
-Vu l'état de son intérieur, c'est possible.
Je l'ouvre et je vous dis ?
-Oui. -Rien n'a été forcé.
-Donc, si quelqu'un s'est occupé de lui,
il le connaissait. -Vous l'annoncez à Mondénian ?
-C'est gentil, ça.
-Je vous en prie.
-Patron, je vais le faire. C'est moi qui suis...
-En charge de l'enquête. Volontiers.
-Regardez le lien entre Lehmann et les bières Wagner.
-On va perquisitionner l'usine ? -On va voir ce que dit Schweitzer.
On ne sait ni si c'est un meurtre ni si c'est son doigt.
-Comment ça va,
ta mère ? -Ca va bien, je crois.
T'es au courant ?
-J'étais là. -Elle a fait un malaise ?
-Je sais pas, elle était pas bien. Ils ont reporté l'inauguration.
-Je sais.
-Toujours à siroter du thé, toi ? Tu passes quand à la bière ?
-Sybille la peste. -Méchant !
-Toi, tu carbures toujours au spritzer ?
-Pas aujourd'hui. Un thé vert, comme mon cousin.
-Je suis bonne pour ouvrir un salon de thé,
à ce rythme-là !
-T'es déjà venue ici ?
-Non, mais avec Philo, on se croise en soirée.
Le monde de la nuit est petit.
-J'imagine. -Tu donnes pas beaucoup
de nouvelles.
-Les enquêtes criminelles, ça prend du temps.
-Comment il se la pète,
le commissaire ! -Capitaine.
Sybille, je t'ai fait venir
pour l'histoire du doigt. -C'est gore.
Mais ça va peut-être nous apporter des clients,
des gothiques. -On a retrouvé le propriétaire,
il est mort.
-Mort ?
Comment ?
-On sait pas. Tu vas me dire
si tu le connais.
C'est lui.
-Non, ça me dit rien. Tu devrais demander à Ingrid.
-OK.
-Merci. Et ta mère, ça va comment ?
-Ca doit être un lupus.
T'en penses quoi ?
-Je comprends rien.
Qui a un lupus ? -Ma mère.
-Evidemment ! Tu me disais qu'elle avait la peau cuivrée ?
-Orange.
-Ca colle pas avec un lupus.
-Elle est irritable, elle répond jamais
aux questions. -Elle fait de la politique.
-Alors, t'en penses quoi ?
-Ca peut être un petit Addison.
Il faudrait que je la voie.
-On en parle, de ton problème d'alcool ?
-D'accord, ça prête à confusion, mais je suis zythologue amateur.
-Zytho quoi ? -Zythologue.
C'est comme oenologue,
mais pour la bière. -Donc t'as bu
tout ça ? -Oui. Enfin, j'ai goûté.
Je recrache, en général. Là-dedans.
-S'il te plaît.
-Lehmann avait un casier. Escroquerie, petit délit...
-D'après ses voisins, c'était un mec discret, sympa.
Il accumulait pas mal
les petits jobs. Je pense que c'était plutôt au noir.
-Quel rapport avec les bières Wagner ?
-C'est vous la cheffe,
il paraît ? -Oui, enfin...
-Après un travail fastidieux,
je confirme que ce sont les empreintes de Lehmann.
-Et la cause de la mort ?
-Strangulation. -Il a donc été
assassiné.
-Il n'y avait aucune marque.
-Je vous montre. Non, c'est mon genou.
Problème de ménisque.
Pardon.
Voilà. Regardez. Regardez bien.
On voit nettement la fracture de l'os hyoïde.
Vous voyez ?
-Pour votre information, c'est un os dans le haut
de la cage thoracique, très bien protégé.
Pour le rompre... Tournez-vous.
La seule possibilité, c'est d'appuyer très fort ici.
-Un seul mot de lui et je l'épouse.
-OK.
-Je vais...
-Pardon.
-Comment est-on passés d'une enquête sur un doigt
à une enquête sur un meurtre ?
-On a respecté
la procédure.
-Ce serait une première.
Vous n'enquêtiez pas.
-Techniquement...
-Quand comptez-vous
perquisitionner les locaux ?
-La confirmation date de quelques heures.
Je ne voulais pas bousculer les choses.
-Allez-y, la presse s'est emparée de l'affaire.
-J'ai déjà fait placer l'usine sous surveillance.
-Et maintenant, on va perquisitionner.
-Non. Vous avez intérêt à rester à bonne distance
de cette affaire. -D'accord.
-Et tenez-moi au courant.
La porte claque.
-Question idiote.
Vous avez temporisé à cause de ma mère ?
-Pourquoi dites-vous ça ?
-Vous ne répondez pas à ma question.
-Votre mère m'a juste demandé
de la mesure.
-Tellement subtil.
...
-Madame Wagner ?
Nous allons procéder à une perquisition.
-Si ça nous permet de reprendre notre activité,
allez-y, faites votre travail. -Vous travaillez
pour la société ? -Non.
-Monsieur... ? -Ritter.
Sacha Ritter.
Je suis un ami.
Je vous laisse travailler.
-On y va ? -C'est par là.
-Greg, tu pars par ici ?
Par là. A droite.
...
-Maman ?
Soupir.
-Ah, César !
Je me suis assoupie, pardon.
-Tu m'as fait peur.
T'as de la fièvre ? -Non, non. Ca va.
A part la fatigue et ces fichus maux de tête,
je n'ai rien.
-Pas de problème de vue, de perte d'acuité,
de tremblements ? -Arrête.
J'ai besoin de repos, alors si t'as rien d'autre
à me dire...
-Pourquoi t'as demandé à Schweitzer de lever le pied ?
-Je lui avais demandé
d'être discrète.
Tes cousines sont des victimes.
C'est tout.
-Rien d'autre ?
Bon, si tu veux tout savoir...
J'ai plus ou moins des intérêts dans leur affaire.
Indirects,
les intérêts.
-C'est-à-dire ?
...
-Ah ! ha, ha !
Vous tombez bien.
Justement, c'est...
C'est cette partie-là qu'on va réhabiliter.
Là, on va installer la piscine et le spa.
Que pensez-vous de l'orientation ? -Pardon ?
-L'orientation. Vous n'êtes pas du cabinet d'architectes ?
-Je suis le fils de Marie-Ange. -Ah, bien sûr.
César, c'est ça ? -Oui.
-J'ai reçu vos cousines il y a quelques mois,
à la demande de votre mère.
J'ai eu quelques réussites en affaires,
et je suis de bon conseil. -Vos conseils portaient sur quoi ?
-Elles cherchaient quelqu'un pour investir dans leur société.
-Leur affaire allait mal ? -Non, pas du tout.
Elles avaient des difficultés avec un associé.
-Pas de vidéosurveillance.
-Selon Ingrid, ça n'a pu se passer qu'ici.
-C'est quoi, ça ? -Ca sert à voir si une bouteille
est fêlée. -On embarque tout ça.
-Comment on va faire ?
-Les ordis aussi.
-On vous les rendra.
On peut continuer ?
-Vous avez réussi à l'évincer ?
-Vu le montage financier,
il a suffi de faire en sorte que la banque lui réclame de solder
ses dettes. Il a dû me céder ses parts des brasseries Wagner.
-Et après ? -Il était furieux.
Mais vos cousines ont repris les rênes de leur entreprise,
et ça marche plutôt bien. -Vous avez le nom
de cet associé ? -Sacha Ritter.
Un homme d'affaires. Quelles affaires ? Ca...
Officiellement, il a des parts dans des night-clubs,
mais il doit y avoir aussi de l'officieux.
-Wow !
Lieutenant !
-Oui.
-Ca a réagi au luminol.
-C'est quoi ? -Des traces de sang.
Pas mal de sang. On sait au moins
où Lehmann s'est fait couper le doigt.
La bière a été mise en bouteille dimanche.
Quelqu'un a ouvert à Lehmann
et son agresseur. Qui a les clés ?
-Seulement ma soeur et moi.
Et dimanche, on était à Bruxelles. Vous pouvez vérifier.
Ah si !
Yvon Tardieu a un jeu de clés.
-Très bien.
Vous savez où je peux le trouver ?
-Le vieux tordu ? Je le vois pas couper un doigt, mais j'irai.
-On fait quoi, patron ?
-C'est vous
la patronne.
Si j'étais vous, j'irais voir un ancien associé de mes cousines,
un certain Ritter. -Sacha Ritter ?
-Oui. -Il était à l'usine.
-Vous êtes sûre ?
-Certaine.
-Mes cousines ont pourtant mis le paquet pour s'en débarrasser.
-Il s'est présenté comme un ami.
Mais votre cousine avait l'air un peu tendue.
-Bon...
Oui, allez-y.
C'est vous la... -Merci.
-Ingrid, c'est César. Tu peux me rappeler ?
C'est à propos de Ritter. Merci.
-Oh ! Qui voilà dans ma houblonnière ?
Le petit César !
Quel bon vent t'amène ? -Bonjour,
M. Tardieu.
Je voulais vous demander. Vous étiez où, dimanche ?
-A la pêche avec mon beau-frère, comme tous les dimanches.
-Quelqu'un est entré dans l'usine avec une clé.
-Toujours cette histoire de doigt ?
J'ai toujours ma clé sur moi. Et je vois mal tes cousines
jouer à ça. -Alors qui et comment ?
-Il y avait une autre clé,
mais son propriétaire ne fait plus partie de la société.
-Ritter ?
-Tu le connais ?
J'ai jamais pu le sentir.
Il est parti il y a quelques semaines. Je sais pas pourquoi.
C'est pas plus mal. -Vous l'avez revu ?
-Oui, hier, juste après que tu sois venu.
-Le type en costume ?
-C'est ça. Ca a chauffé avec Ingrid.
Il est reparti en colère.
Je l'ai pas revu, depuis.
-D'accord.
Et lui, vous le connaissez ? -Il me dit quelque chose.
Un technicien qui est intervenu sur les machines ? Ou un livreur.
Désolé.
C'est ça, de vieillir. A mon âge, on perd la boule.
-Vous n'avez pas la vis B5 ? -Non. Je comprends rien du tout.
C'est la planche C2 ou C3 ?
-Ca, c'est la C3.
-Je suis obligé de vous aider pour avoir les résultats ?
-Est-ce que vous m'aimez bien ?
-Bien sûr, je vous aime bien.
-Et ça vous paraît fou d'aider quelqu'un
que vous aimez bien ? -Non.
Excusez-moi.
-Les analyses.
Le sang, à l'usine, c'est celui de Lehmann.
-On s'en doutait. -Mais on a trouvé du GHB
dans son corps. -Du GHB ?
-Et rien de sexuel. Donc,
le tueur a dû miser sur l'effet désinhibiteur de la molécule
pour le faire parler. -Le doigt est lié au meurtre.
Vous en avez parlé à Léa ?
-Oui, je ne fais pas
que monter des étagères. -Heureusement.
On frappe.
-Ah, Cés !
-On va aller à l'essentiel. J'ai parlé à ma mère
et à Michel Devers.
Expliquez-moi l'histoire
avec votre associé.
-Sacha nous a ouvert des marchés, mais c'est devenu compliqué.
-Mauvais choix.
Mais c'est du passé.
-Donc c'est fini ? -OUI.
-Que faisait-il à la brasserie hier ?
-Il est revenu ?
Tu me l'as pas dit. -Il voulait notre fichier clients.
J'ai refusé. -Rien d'autre ?
-Non. -Si ce Ritter
vous recontacte,
faites-moi signe. -OK.
-Promis.
-Là, on va pas s'en sortir !
-Bien sûr que tu mens. Moi, je peux gérer la situation.
-Tom, ça va, la pause ?
-J'enquête.
-Ah oui ? -J'ai épluché les profils
des deux soeurs.
-T'as trouvé quoi ? -Sur Ingrid, rien,
mais Sybille, j'ai regardé des photos et des posts...
C'était une sacrée meuf de la night.
-La cousine du patron ?
-Oui. -Une clubbeuse ?
-Et... ? -Bref, elle s'est calmée,
mais elle a supprimé des photos.
Je vous passe les détails, mais j'ai pu les récupérer.
-C'est Ritter !
Il faut qu'on trouve ce mec. T'en es où sur la téléphonie ?
-Je suis en pause, moi.
-Thomas,
tu t'en charges ?
...
Oui, patron ? *-Une voiture
prend Ingrid en chasse.
*-Vous faites une filature
*en solo ? -Mais non. Pourquoi vous croyez
*que je vous appelle ? -On arrive.
Greg, on y va.
-Oui, Léa ?
-Prends à gauche. -Celle-ci ?
-Je parlais à Greg, patron.
*Vous suivez toujours la voiture ?
-Je suis derrière elle.
*-C'est Ritter ? -Je vois pas le conducteur.
Je crois qu'il la suit.
Il fait marche arrière.
Il prend à gauche, rue du Domaine.
Je le suis.
-On arrive, on est en chemin.
*On va pas tarder.
-Il s'arrête. Il l'a piégée.
*C'est Ritter. -On arrive.
-Vous êtes où, là ?
Sirène.
-Tu crois
que tu vas me baiser ?
-Calmez-vous. -Casse-toi !
-On est de la police.
-Putain de merde !
-Bouge pas !
Arme à feu dans la voiture.
-J'ai un permis. -C'est ça.
Allez. -Doucement, toi. Doucement.
Pourquoi vous m'arrêtez ? Je discute juste avec une amie.
-Et ça, c'est pour vous curer les dents ?
On parlera de tout ça au commissariat.
-Putain.
Merci.
-Ca va ? -Il m'a fait flipper.
-Pourquoi tu m'as pas appelé ?
-Il m'a sauté dessus. T'as bien vu.
Pourquoi tu me suivais, toi ? Merci la confiance.
-La confiance ? Je fais tout ça pour vous protéger,
Sybille et toi. Je crois que vous me dites pas tout.
-C'est pas ça, mais...
Il nous fait chier, depuis qu'on l'a viré.
Il peut être vraiment flippant.
Tu crois qu'il est lié au meurtre ?
-Je sais pas.
Je te raccompagne ?
Allez, viens.
-Merci. -De rien.
-Que faites-vous ici ?
-Je viens pour l'interrogatoire de Ritter.
-Non, son avocat va arriver. Rentrez chez vous.
-D'accord.
Je récupère mes affaires, et j'y vais.
-Patron,
qu'est-ce que vous faites là ? -Je viens récupérer
mes affaires.
Tout va bien ?
-Il semblerait que Ritter et votre cousine Sybille
sont plus qu'associés.
-Attends. Garde-le-moi ici.
L'avocat de Ritter a appelé.
Il sera en retard. -C'est qui ?
-C'est Webber.
-Excellent choix. Dans les 10 minutes,
il sera sorti. -Il faut trouver
un lien entre lui et le mort.
-Surtout que pour le flingue, il a un permis.
-Et la téléphonie ?
-Son téléphone était éteint, au moment du meurtre.
-Juste avant, le téléphone a borné dans le lotissement
de Lehmann. -C'est pas un hasard.
-Ca suffira pas.
-Non.
Il faudrait le faire parler.
-Patron, je sais pas...
-C'est peut-être
notre seule chance.
-Vas-y.
-OK.
C'est bon. Viens, toi.
...
C'est pas le moment, Thomas.
-Votre avocat va être en retard.
-Son arrivée collera avec mon départ.
-J'en suis pas si sûr.
Je pense qu'on va retrouver
du sang de Lehmann sur cette machette.
-Elle est pas à moi.
Je l'ai trouvée.
-Pourquoi vous harcelez
les soeurs Wagner ? -On défend
ses cousines ?
Je sais pas si, entre cousins, vous... Vous me suivez ?
Sybille, c'est une sacrée coquine. Elle aime avoir mal.
-Patron !
Tu te calmes !
-Je crois qu'on ne va pas rester longtemps.
-Merci.
Je veux récupérer la machette. -Celle qui n'est pas à vous ?
-On y va.
-Vous m'expliquez
qui a eu l'idée de l'interroger
hors procédure ? -C'est moi.
J'ai voulu le faire parler avant l'arrivée de son avocat.
J'en assumerai les conséquences.
-Il y en aura, lieutenant.
Vous, tout ce que vous faites me retombe dessus.
Alors je vais être claire.
Je vous interdis de parler à vos cousines.
-Merci, Léa. -Allez-vous-en.
Allez prendre l'air ou voir votre mère, mais partez.
...
-C'est pas un peu trop, la cravate ?
-Tu me présentes ta mère, je fais un effort.
-Non. T'es là pour un diagnostic sur son état de santé.
-Ah ! Mais tu lui as dit quoi ? -J'ai inventé un prétexte.
-Quel genre de prétexte ?
-T'es architecte, et tu viens voir sa maison.
-Oh là là !
J'adore ! Moi, j'adore.
L'architecture moderne, c'est vraiment mon truc.
Mais ça m'étonne pas.
Ca correspond à votre politique,
à la fois novatrice et humaine. -Vraiment ?
-Oui. -Je suis flattée.
-C'est pour ça que j'ai insisté pour que César nous présente.
Il parle beaucoup de vous.
-Ah bon ? Mais vous savez
que c'est la première fois qu'il me présente un ami ?
-Maman.
-Ah ! A mon tour d'être...
flatté.
Parfait ! On fait ça la prochaine fois !
-Arthur. -Merci, Marie-Ange !
-Au revoir !
T'en fais beaucoup.
-Je l'adore vraiment. -Bon, t'en as pensé quoi ?
-Elle est charmante, elle est super. Je m'attendais pas à ça,
parce que les élus... -Je te parle de sa santé.
-Au top. Pleine forme. Aucun problème.
Je l'ai trouvée très en beauté. Et puis, elle est drôle.
Qu'est-ce qu'on a ri !
-Arthur !
*-Mais revenons à ce rebondissement,
*dans ce qu'on appelle désormais l'affaire Wagner.
*A en croire un article de "L'Alsace libérée",
*hier soir, un homme a été molesté au cours de son interrogatoire
*par le lieutenant Saskevitch. Une pierre de plus dans le jardin
*de ceux qui affirment qu'on a volontairement confié l'enquête
*à une policière incompétente. -Et merde !
-Bravo ! Je dois consulter la presse
pour savoir ce que vous faites ?
Et vous interrogez un prévenu sans son avocat.
Qu'est-ce qui vous a pris ? -Ca ne se reproduira pas.
-Je n'en doute pas. Commissaire, vous allez la relever
de ses fonctions ? -Impossible.
Vous savez avec quels effectifs
je dois jongler ? Je ne peux me priver de personne.
-Entendu. Mais cette histoire aura des suites,
lieutenant.
La porte claque.
-Bonjour, patron. Venez voir ce que j'ai trouvé.
-Qu'est-ce que c'est ? -Ca, c'est les images...
-T'as récupéré une vidéo ? -J'allais te prévenir.
C'est les images de la trieuse optique.
Ca fonctionne comme une caméra et ça enregistre sur le disque dur.
Là, l'image est saccadée, mais regardez.
-C'est Lehmann. -Oui.
-Ritter a l'air méga vénèr.
-T'as rien vu.
...
-C'est la machette
qu'on a trouvée ? -Je sais pas.
-C'est pas fini.
Là. -Il met le doigt
dans la bouteille.
-Dégueulasse.
-Pourquoi il fait ça, pour le tuer 2 jours après ?
-Ils sont interrompus, non ?
-Ritter s'en va,
et Lehmann s'enfuit aussi.
-J'ai raté un truc ?
-La preuve que Ritter a coupé
le doigt de Lehmann. -J'en ai une autre.
La PTS a examiné la machette. Ils ont trouvé des traces
du sang de Lehmann. -Je lance
un mandat d'arrêt. -Je lance
un mandat d'arrêt. -Oui.
-Oui. Et précisez que ce Ritter est armé et dangereux.
Merci.
Il est peut-être déjà en Allemagne.
-Je crois pas.
Il cherche à récupérer quelque chose dans la brasserie.
Sinon, il se serait évaporé. -Il faut protéger
mes cousines. -Ou commencer
par les interroger. -Je vais...
-Rien du tout.
Vous en avez assez fait. Je ne veux plus vous voir ici. Compris ?
-Ma cliente ne comprend pas l'acharnement policier
dont elle fait l'objet.
-On irait plus vite si votre cliente nous expliquait
pourquoi son ancien associé
a mis un doigt dans une bière. -Mais j'en sais rien.
A cause de vous,
on perd de l'argent.
Tous les jours. Nos expéditions sont bloquées.
-Madame, un homme a été assassiné, et c'est dans votre usine
qu'on lui a coupé le doigt. -On y est pour rien.
-Ma cliente compatit sincèrement,
mais si les livraisons ne reprennent pas, c'est l'avenir
de son entreprise qui est en jeu.
-J'ai pas besoin d'avocat. J'ai rien à cacher.
-Vous êtes sortie
avec Sacha Ritter. -C'est important ?
-Il était déjà votre associé ?
-Non. Je l'ai présenté à Ingrid.
Il avait de l'argent, un beau carnet d'adresses.
Ca nous a servi pour nous lancer. -Et lui,
il y gagnait quoi ? -Je comprends pas.
-Le problème, c'est son pedigree. C'est pas un ange.
-Pourquoi vous croyez que je l'ai quitté ?
C'est un impulsif.
-Mais de là à mettre un doigt dans une bouteille de bière...
-Vous êtes sûre que c'est lui ?
-Plutôt, oui.
-Je peux pas vous aider. Je le vois pas
faire un truc aussi gore.
...
-C'est pas possible !
...
Soupir.
Vous n'êtes pas douée.
Je suis extrêmement douée dans plusieurs domaines.
J'ai voulu laisser un domaine aux hommes,
qu'ils servent à quelque chose.
-Vous cherchez la B5 ?
-Non, la B9. -Vous avancez,
c'est bien.
-Vous ne m'aidez pas ?
D'accord. Avoir besoin d'un homme, c'est un concept assez has been.
Ca va pas ? -Non.
-Parce que Schweitzer vous a évincé ?
-Non, c'est mes cousines,
et puis, ma mère. -Que se passe-t-il ?
-Son teint, sa fatigue, ses vertiges...
J'ai fouillé un peu. Elle a une dystrophie musculaire.
-Une dystrophie
musculaire ? -C'est le début de la fin.
-Seuls les descendants mâles sont touchés par cette maladie,
mais vous avez 1 chance sur 4 de l'avoir.
Quoi ?
-Moi ? -Oui.
Parce que ?
Ah, vous ne le saviez pas ?
Pour une fois que vous ne paniquez pas...
-1 sur 4 ?
-Vous avez 3 chances sur 4 de ne pas l'avoir.
C'est beaucoup.
Et ça se développe quand on est tout petit,
donc si vous l'avez pas...
César ! Ho !
Mais si, ça va aller.
...
Sonnette.
-Bonsoir.
Il faut qu'on soit clairs,
j'ai pas le droit de vous parler. -On sait.
On doit t'expliquer pour Sacha.
-Vous ne vous êtes pas renseignées sur lui
avant de vous associer à lui ? -On aurait dû.
-Je me suis pas méfiée.
-Tu l'as fait rentrer
dans la société ?
-Je l'ai rencontré en soirée. On a flashé tout de suite.
-On cherchait un partenaire financier. Il avait de l'argent,
il voulait investir et on en avait besoin.
-Il nous a ouvert des portes, des marchés. Il était fascinant.
-Elle était fascinée par lui, et il a voulu la monter contre moi.
-Quand j'ai commencé à vouloir lui résister,
il est devenu agressif.
-Il était violent ?
-Oui.
Il fallait qu'elle se protège.
-T'étais sous son emprise,
c'est ça ?
-Je...
J'avais honte, en fait, de pas réussir à m'en détacher.
Mais c'est fini, tout ça. Grâce à ma soeur.
...
Vibreur.
...
-Oui, Wagner.
*-C'est moi. -Comment ça va, à la financière ?
*-On essaie de s'en sortir. -Pareil ici.
T'as trouvé des informations sur les sociétés de Ritter ?
*-Il a plusieurs sociétés de restauration rapide.
-Restauration rapide ? *-C'est ça.
-Ca sent le blanchiment. Rien d'autre ?
*-Si, boîtes de nuit, sociétés de transport.
-Peut-être un lien entre le mort et la brasserie.
La victime était sûrement chauffeur.
*-Dans ce cas... -Merci.
*-Salut. -Merci.
On sonne.
-César, j'ai besoin d'un coup de main.
-Désolé, Arthur,
c'est pas le moment. -Y a pas de mauvais moment,
pour les amis. Ni pour la bière.
Je fais un concours de dégustation.
-Un concours ? -J'ai besoin de toi.
Allez ! -Alors, 2 minutes.
-Merci !
Techniques de fabrication, histoire, je me suis dit
que tu pourrais me donner des anecdotes
sur la bière Wagner. -T'es mal tombé.
Je sais même pas comment on fait une bière.
-Ah bon ?
-C'est marrant, ça.
Célestin Wagner, le père
de mon arrière-grand-père. Il a commencé
les bières Wagner. -J'en avais repéré une...
Ici, c'est pas ta mère ? -Si, c'est elle.
-Et avec la moustache, à côté ?
-C'est mon père.
-Et lui, c'est qui ?
-C'est un ami de la famille.
Tu pourras me prêter ton bouquin ? -Bien sûr.
-Ce montant-là. Je dois dire que j'ai un peu de mal...
-Excusez-moi. -Ah, capitaine.
-M. Devers, j'ai quelques questions à vous poser.
-Désolé,
je vous rappelle. -Désolé.
-Ca a l'air sérieux. Je dois vous suivre ?
-Non, pas besoin. J'ai trouvé une photo
dans un livre sur l'histoire des anciennes brasseries Wagner.
-J'étais jeune. Mon premier deal d'avocat d'affaires.
-Vous travailliez pour qui, à l'époque ?
-Votre grand-oncle Anatole m'avait embauché.
Avec votre père, on était comme deux doigts de la main.
Ca intéressait Anatole. -Il s'est servi de vous ?
-Il a joué la division.
J'ai perdu l'amitié de votre père.
-On a fait une perquise avec Maxime.
-Patron !
-Bonjour, Léa. -Vous venez travailler ?
-Oui.
-J'ai cru, par rapport à Schweitzer, que...
-Elle m'a demandé de ne pas interférer dans l'enquête,
pas de changer de métier. -Oui.
-Vous avez les infos sur la société de transport ?
-J'ai pas eu le temps. J'ai des préoccupations.
-A cause de moi ?
-Mondénian veut qu'on me sanctionne.
-Je suis désolé.
-Vous savez, il aboie beaucoup mais il mord rarement.
-J'espère, oui.
-Je m'en occupe. Dites-moi quand vous localisez Ritter.
-Coucou !
-Ah, coucou.
Qu'est-ce que c'est ? -Test ADN.
Vous n'avez pas de dystrophie musculaire.
-Comment vous avez fait ça ?
-Je vous ai emprunté un cheveu. -Un cheveu ?
-Ca va, je vous en ai laissé.
-Je dois vous présenter ma mère.
-César, quand j'ai dit que je pourrais vous épouser,
c'était... -J'y compte bien.
-Attendez...
-Je devrais me reposer plus souvent.
En 2 jours, j'ai plus vu mon fils que ces 3 derniers mois.
-T'exagères.
-Sans compter qu'en deux jours,
il me présente deux amis.
-Ah !
-Je suis un peu perdue. -Vous connaissez
votre fils. Il a ce talent de troubler tout le monde.
-C'est vrai. Déjà tout petit.
Il était
différent,
sensible... -On va pas sortir les photos
de famille.
Je t'ai dit ? Elise est légiste.
-Médecin légiste ?
Ca doit être passionnant.
Vous devez voir des choses bizarres.
-Je vous raconte l'histoire
des électrocutés mystérieux ? -Je la connais.
Je vais aux toilettes. -Vous ne voulez pas l'entendre ?
-Non.
-On retrouve un homme dans sa baignoire, électrocuté.
...
-J'ai...
J'étais en train de me laver les mains.
-Elle est très sympathique, ton amie,
mais elle est pas un peu morbide ?
-Non, je crois pas.
-Je sais pas si tu veux mon avis, mais je préfère l'autre.
Weiss ? -C'est ça.
-Bon.
-Vous en pensez quoi ?
-Qu'il faut arrêter d'aller sur les sites médicaux.
-Comment ça ?
-Pendant que vous étiez dans la salle de bains,
j'ai eu une discussion avec votre mère, intime.
-Et... ?
-Et ces médicaments, là, c'est un traitement pour la ménopause.
La ménopause, ça stresse, ça fatigue... Voilà.
-La ménopause ?
Et le teint carotte ?
-Lampe à bronzer.
Beaucoup de gens pensent que le teint carotte
est une arme de séduction irrésistible,
alors ils forcent sur la carotte.
-Séduire qui ?
-César, votre maman, c'est aussi une personne qui,
comme tout le monde, a envie de plaire,
à ses électeurs, à un homme...
-Vous pouvez m'analyser ça ? -Vous n'avez pas écouté.
-Si, mais s'il vous plaît.
Merci.
Vous savez jouer au golf ? -J'ai hésité entre médecin
et golfeuse.
Merci.
-Monsieur le substitut !
-Ah non !
Ne me dites pas que je dois annuler ma partie de golf.
-C'est à vous de voir.
Le lieutenant Saskevitch
n'y est pour rien.
-C'est un peu tard.
Elle assumera les conséquences de ses actes.
-Vous voulez juste jeter quelqu'un en pâture à la presse.
-Je ne vous permets pas d'insinuer...
-Vous permettez ?
Excusez-moi.
Merci.
-Je vous en prie.
Tenez. J'ai lu un article
sur vous dans un journal. Vous préférez jouer au golf
plutôt que de gérer une affaire sensible en lien avec la mairie ?
-C'est faux.
-Réfléchissez. Ca pourrait arriver.
-C'est une menace ?
-Non, mais si vous réagissez à chaque article,
comme vous l'avez fait pour Léa, un jour, vous perdrez.
...
"Nonobstant".
Et là, encore.
Incroyable.
Et voilà.
"Nonobstant".
...
Commissaire, c'est Wagner. J'aimerais avoir votre avis
à propos des articles dans le journal.
Je pense savoir d'où viennent les fuites.
-Ca bouge, du côté des brasseries Wagner.
On a repéré la berline de Ritter.
-Pourquoi il prend le risque de traîner là-bas ?
-Demandons aux soeurs.
-Non. Elles veulent reprendre leurs livraisons.
-Y a que ça qui les intéresse.
Il y a eu un meurtre, quand même.
-Elles n'y sont pour rien. Mes cousines ont besoin de vivre.
-Capitaine, ne commencez pas.
-Je n'ai pas besoin de votre autorisation
pour faire intervenir
les relations de ma mère auprès du procureur.
Demain, les activités
de mes cousines auront repris.
-Euh... Il s'est passé quoi, là,
commissaire ? -Rien.
-On fait quoi ? -On surveille la brasserie.
Ritter n'a visiblement pas encore ce qu'il cherche.
OK ?
-Bon.
Je te disais...
Hoquet.
...
-Lève les pieds.
-C'est toi, lève les pieds.
-Oh là là !
...
-Oh,
voilà ta baby-sitter !
-Ca va, Arthur ? -Oui, César. Je suis prêt.
Pour la dé...
La dégustation. -Je comprends pas.
-Il est prêt pour la dégustation.
...
Il a le hoquet depuis 1 heure.
-17 personnes en meurent chaque année.
-C'est pas pire que la cirrhose.
On le charge ?
-Il faut ses clés. -Où sont tes clés ?
-Mes clés, elles sont dans ton... -Non.
-Allez, changement de programme.
-Hé, je peux le faire tout seul.
-Allez, Arthur. -C'est quoi, le programme ?
On sonne.
...
-Elise. -César.
-C'est quoi, ça ? -Ce sont des macarons.
Que j'imaginais déguster avec vous, chez vous,
et pas sur le palier. Ben voilà.
OK.
-C'est pas ce que vous croyez. -Vous ne savez pas
ce que je crois. Un jour, je vous le dirai.
-Arthur va passer un concours de dégustation
de bière, et il a révisé chez moi.
-Ah !
D'accord.
C'était quoi, l'ambiance ? -Non, Elise !
Musique à plein volume.
...
-Coucou !
...
-Vous savez, pour les médecins du travail,
il y a un concours de dégustation de limonade.
Je vous inscris ? -Na-na-na...
-J'ai les résultats d'analyses
de votre mère.
Vous voulez la bizarre nouvelle ? -Elle est malade ?
-Elle va
très bien. -Et l'autre nouvelle ?
-Votre mère
est un homme.
-Quoi ? -Peut-être.
-Elise ! -Vous voulez moins bizarre ?
-Oui.
-Un homme utilise sa brosse à cheveux.
-C'est moins bizarre.
-Non...
Ne dites rien.
-J'ai parlé ?
J'ai parlé ? -Non, c'est vrai.
-Michel !
-Devers ?
...
Bonjour.
Bonjour, Greg. -Patron.
-Patron.
-Oui ?
-Un nouvel article dit
que le proc a autorisé la reprise d'activité de vos cousines
en raison de vos relations. -C'est la journée des révélations.
-Vous m'expliquerez ?
-Vous allez vite comprendre.
...
-Je comprends pas.
-Mauvaise nouvelle ?
-Je te rappelle.
C'était ma copine.
-Elle est rédactrice en chef
d'un journal ? -Pardon ?
-J'ai menti. Personne n'a demandé la réouverture des brasseries.
Ni moi ni le procureur.
Personne. -Ah ? En quoi ça me concerne ?
-Seuls ceux qui étaient là hier ont pu le croire.
Résultat, votre article est faux.
-OK.
Vous m'avez piégé.
Comment avez-vous compris ?
-Votre style un peu trop ampoulé dans vos articles et vos rapports.
-En 18 mois, j'en ai vu assez
pour raconter ce qui ne va pas, alors si mon style...
-Non, un bon journaliste vérifie ses infos avant d'écrire
des âneries. -Vous voulez qu'on en parle,
du conflit d'intérêts, comme le fait de nommer Léa,
comme pour qu'elle échoue ?
Ca pose des questions
sur le rôle de votre mère. -Là, je vous parle
d'une trahison.
Celle d'une équipe, de mon équipe.
-Vous aurez ma démission aujourd'hui.
Sachez que j'ai été très heureux de travailler avec vous.
-Sur votre lettre de démission, attention au style.
-On lance l'opération ?
-J'ai fait lever le blocage administratif de l'usine.
J'espère que vous savez ce que vous faites.
A plus tard. -Merci.
-C'était pas déjà fait ?
-Greg,
vous pensez que j'aurais fait pression
sur le procureur ? -Non, chef.
C'était quoi, cette mise en scène,
hier soir ?
-On a utilisé ce stratagème pour mettre fin aux fuites
dans la presse. -Je vois.
-Mais Thomas, il est où ?
-Il a démissionné.
L'objectif, c'est d'arrêter Sacha Ritter.
Il doit chercher à récupérer quelque chose dans l'usine.
-Ingrid appelle quelqu'un.
C'est Ritter.
*-Une camionnette verte viendra prendre les fûts
*dans une heure. Me la faites pas à l'envers.
*-Inutile de nous menacer. On a compris.
-Vous savez ce que vous avez à faire ?
-Commissaire. -Non.
Vous restez ici, c'est mieux.
-Oui, je comprends.
...
-Schweitzer à dispositif.
Le chargement
est terminé. Ca décolle.
-On attend la moto, et on part.
...
-Léa pour Schweitzer. On suit la camionnette.
Carine est en moto derrière.
-Qu'est-ce qu'il fait ?
*-Il suit la voie ferrée. -Bien reçu.
On vous suit.
-Il pourrait se diriger
vers l'Allemagne. *-Léa, décroche.
-OK, on décroche.
-Carine pour Schweitzer. Dépassement top.
C'est bon, Carine. Super.
*On prend le relais.
Schweitzer à dispositif. *-Allez-y.
-Il longe le Rhin vers l'est.
On attend mon ordre pour l'interpeller.
Ritter est peut-être dans le camion.
Ne bougez pas avant mon top.
-Ingrid ?
*-César. Ritter est là. -Vous êtes à la brasserie ?
*-Viens. -Quoi ?
Vous êtes à la brasserie ? Ingrid ?
...
-Top interpellation.
-Bougez pas !
-Sur le capot !
-Mains sur le capot !
-Qu'est-ce qui se passe ?
Doucement !
-Regardez dans le camion.
-Bouge pas.
-Il est pas là.
-Putain de merde !
-Menotte-le. C'est bon.
Vibreur.
*-Oui, commissaire ? -On s'est fait avoir.
*Le camion est vide. -Ritter est à la brasserie.
*J'y vais. -Restez à distance.
*Attendez les renforts. D'accord ? -Oui.
-OK.
-Ingrid !
Coup de feu.
...
Sybille !
-César !
-Sybille.
Ca va ?
-Ritter est mort.
-Ingrid.
Ca va ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? Relève-toi.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Il voulait nous tuer. -C'est fini.
C'est fini.
C'est fini, OK ?
...
-OK.
Il aimait pas
que la bière. -Il y en a pour une fortune.
-Assez pour être prêt à tuer.
-Que s'est-il passé ?
-Il était fou, il voulait m'emmener.
-Quand il t'a entendu arriver,
il s'est retourné, j'ai essayé de lui prendre son arme,
et le coup est parti.
-Vous ne me ferez pas croire que vous ne saviez rien sur le trafic
de drogue dans l'usine.
-On se doutait qu'il y avait quelque chose.
C'est pour ça qu'on l'a éjecté.
-Comment il a continué son trafic ?
-Le mec faisait les trajets
pour lui. -Lehmann ?
-Oui. Il a voulu sa part, et il a planqué une cargaison
dans nos réserves.
Tu sais combien on a de fûts ? C'était impossible
qu'on s'en rende compte.
-Pourquoi vous m'avez pas prévenu, quand il est venu
réclamer sa drogue ?
-C'est le jour où t'es venu à l'usine.
Il m'a dit qu'il venait chercher des paquets
et que s'il les récupérait pas,
on retrouverait nos doigts dans une bouteille.
-Pour que vous ne fassiez pas
comme Lehmann. Il a fait fermer l'usine
et bloqué sa drogue.
-Quand on a appris
la mort du chauffeur,
on a eu vraiment peur. -On était coincées. On a dû faire
tout ce qu'il demandait.
-Envoyer la police sur un leurre, c'est lui ?
-Oui.
J'ai laissé les fûts dehors. Je pensais qu'il les emmènerait,
mais il s'en est pris
à Sybille, et je t'ai appelé.
-On n'a pas eu le choix, Cés.
On n'a pas eu le choix.
...
-Pour l'homicide, avec votre témoignage, on devrait pouvoir
retenir la légitime défense.
Mais ce trafic de drogue au sein de leur entreprise,
il va falloir
qu'elles s'en expliquent.
-Elles le feront. -Elles le font en ce moment.
Elles sont en garde à vue. -OK.
-Ca va aller ?
Je vous dis pour les résultats
de la fouille.
...
-Votre attention, s'il vous plaît.
Le moment est arrivé.
Et je dois dire que je suis très fier
d'annoncer que le jury, cette année,
a décerné le prix de la meilleure bière artisanale locale
à une revenante. Relancée 30 ans après sa disparition
et avec brio :
la bière Wagner.
-Elles ont repris du poil de la bête, vos cousines.
-Elles ont été choquées, mais ça va aller.
C'est gentil de vous soucier
de la famille. -J'avais beaucoup d'affection
pour votre père. -Ma mère aussi, non ?
-Ah... Vous êtes au courant ?
-Je vous ai vu, hier matin.
-Je l'ai toujours aimée. Je l'ai rencontrée quand j'avais 16 ans.
Je l'ai présentée à votre père, et c'est lui qu'elle a choisi.
-Heureusement qu'il est parti. Ca vous a évité de le trahir.
A moins que votre histoire ait commencé avant.
-Non. Je suis désolé que vous ayez appris avant qu'on vous en parle,
mais vous êtes adulte, vous pouvez comprendre
que votre mère n'est pas seulement votre mère.
-Je comprends.
Elise.
Pourquoi vous êtes ici ? -Pourquoi je ne serais pas ici ?
-Je pensais que la bière, c'était pas votre truc.
-Vous avez beaucoup d'a priori. Du coup, vous ne cesserez jamais
d'être étonné. -C'est vrai.
-Mais Arthur, c'est pas son truc.
-Il a perdu le concours ? -Oui.
Et je sais pas si c'est l'âge,
mais il ne perçoit pas les vertus de l'échec.
-Ca, c'est dommage.
-Oui, c'est dommage.
-Ca va, Arthur ? -Bof.
-Tu t'es bien défendu, non ?
-27e sur 28, donc...
-Bon, tu feras mieux
la prochaine fois. -Non, je vais m'en tenir
à la médecine. La bière,
c'est pas mon truc. -La médecine,
c'est votre truc ? -La traîtresse vient
se repaître.
-Vous avez participé
au concours ? -Et j'ai gagné.
-Dites donc, bravo !
-Cadeau de la maison.
-Sympa. -Je vais pas en prendre.
-Tu nous fais pas le coup de la camomille.
C'est une Wagner. -Bien sûr. Santé.
-Et bravo. Tes cousines, 1er prix,
la classe ! Et Sybille,
dis donc !
Depuis qu'elle est plus gaulée comme un cintre, elle est...
-Comment ça ?
-Ben, elle a pris
quelques rondeurs. Ca lui va bien,
la grossesse. -Bien sûr.
Elle boit plus, elle s'est arrondie.
Elle est enceinte ?
Le père, c'est sûrement Ritter.
-Ca change quelque chose ?
-La paternité, ça peut changer beaucoup de choses, oui.
...
-Cés, qu'est-ce que tu fais là ?
-Comment t'es entré ici ? -Avec les clés de Ritter.
Je viens d'avoir les résultats de la fouille.
Ca vous dit quelque chose, ça ?
-Un fût ?
-Le problème,
c'est qu'il y a un trou.
Et dans ce fût, on a retrouvé une balle.
Plus bizarre encore, il manquait 2 balles
dans l'arme de Ritter.
Vous avez une explication ?
-Il a tiré pour nous menacer.
-Bien sûr.
Et pour le 2e tir, le coup est parti quand vous vous êtes battus
tous les deux ? -Je sais pas. C'est allé vite.
-Le rapport d'autopsie ne révèle
aucune trace de poudre sur Ritter.
Or, si le coup était parti alors qu'il avait l'arme
dans la main, il y en aurait. -Où tu veux en venir ?
-Le tir a eu lieu à plus d'un mètre,
et c'est toi qui tenais l'arme, Ingrid.
Ritter était déjà mort. Vous vous êtes bien foutues de moi.
-Et alors ?
C'était de la légitime défense.
Il voulait nous tuer. -Pourquoi tu mens encore ?
Hein, Sybille ?
Ritter t'aurait jamais tuée,
puisque t'es enceinte de lui.
Il n'allait pas vous lâcher. C'est toi qui l'as convaincue
qu'il fallait le tuer ? -J'étais son jouet.
C'était encore pire,
avec la grossesse. -Tu voulais qu'on fasse quoi ?
Qu'on le laisse nous terroriser toute notre vie ?
-Vous auriez dû m'en parler.
-Et après ? Il serait allé en prison pendant quelques années,
et il serait revenu.
On n'avait pas le choix.
Alors je l'ai tué.
Il avait toujours une arme sur lui.
Je suis allé la chercher dans la voiture, et je l'ai tué.
Pour Sybille,
pour nous, pour son enfant.
Et si c'était à refaire, je le referais.
-Je suis désolée qu'on t'ait menti.
-Et moi que vous m'ayez pas fait confiance.
...
-Courage, patron.
...
-C'est bien que vous soyez venu.
Vous avez fait ce qu'il fallait.
-Je sais plus.
Quel genre d'homme
est capable de mettre sa famille en prison pour un type
que personne ne regrettera ?
-Un homme intègre.
Elle est pas mal, comme ça,
cette étagère. -Non.
-Non.
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