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Original subtitles

...

Coups de feu.

...

-Oooooh !

-Jeff !

-Tu vas pas nous avoir comme ça.

-C'est pas drôle.

-Jeff ?

-C'est bon,

je suis là.

Merde ! Oh, putain, merde ! -Qu'y a-t-il ?

-Là !

-Oh, putain !

-Vous venez souvent ici ?

-Oui. -Tous les mercredis.

-OK. Pardon... Dr Beaumont ? -La police ?

-C'est spécial.

-Quoi ? -Spécialement spécial.

-On y va maintenant ? -Oui, patron.

-C'est où ? -Par ici, là-haut.

-Venez.

...

-Ca glisse.

Vous voyez ?

-Vous avez le vertige en plus ? -J'ai pas mon gel hydroalcoolique.

-C'est bon.

-Aaaaah ! Ooooh ! -Excusez-moi.

-Elle est complètement foutue, là. -Vous pourrez changer de style !

-Vous m'avez griffé. -Vous le saurez désormais.

-Quoi ? -Il faut pas se jeter sur moi.

-Vos griffes,

vous les avez désinfectées quand ? -Je suis un animal ? J'aime ça...

-Docteur !

-C'est parti.

-Regardez.

-Joli bal costumé !

Bourdonnements.

-Oooooh...

...

-Capi...

Que s'est-il passé ?

-Le Dr Beaumont s'est jetée sur moi et m'a griffé.

-Ah bon ? -Mais c'est pas...

-Je veux pas savoir. La victime a un nom ?

-Pas de pièce d'identité.

-Un petit rhume.

-Prenez 15 gouttes 3 fois par jour, c'est excellent contre le rhume.

-Pas de remèdes de grand-mère. On m'a prescrit des médicaments,

des vrais. -M. le substitut,

notre commissaire.

-Bienvenue.... si je puis dire !

-Inconnu en costume nazi avec un trou dans le crâne.

-Un homicide ? -Peut-être

une exécution. -La balle, tirée dans la nuque,

a fait exploser

la moitié du visage. Difficile

de l'identifier.

Il a été tué ici.

-Qu'y faisait-il ?

-Déguisé en officier SS...

-Il n'y a aucune trace de fête sauvage.

-Trouvez l'origine du costume.

-Discrets ! Ca ne rappelle pas de bons souvenirs

en Alsace. -OK.

Eternuement.

...

-J'ai pu le déplier, la rigidité cadavérique s'est estompée.

-Excusez-moi.

Il n'y avait

que ça.

-Mort depuis plus de 48 heures ?

-Je dirais que oui.

-On peut voir ?

-Pas vous. Son visage ressemble à la bolognaise de ma grand-mère.

-OK.

-Ce sont les fragments de balle ?

-Dans sa mâchoire. -Ca l'a tué ?

-Une balle dans la tête, oui. -La balistique ?

-A vous !

-Petit calibre, du 9 mm. Une balle ancienne.

Vu l'uniforme,

peut-être un Luger...

-Le pistolet des nazis ?

-Si c'est mon cadeau de bienvenue, je n'apprécie pas le geste.

Autre chose ?

-Oui. Un tatouage, là.

Plutôt récent.

-Un signe d'appartenance. -On vous laisse

travailler.

Allons-y.

-Bonne journée ! -Au revoir.

-Mes tatouages sont plus beaux.

-Vous en avez ?

-Vous le sauriez si vous étiez

plus intrépide. -Oui.

-Oui... C'est qui, le plus beau ?

C'est mon pépère,

mon gros... Bonjour, César. Je peux vous recevoir en fin de journée.

-Merci, docteur.

*-Il est beau, le kiki ! -Allô ? Dr Weiss ?

Aboiement. -Oui, mon bébé !

-Un médecin du travail,

c'est fragile. Soyez plus clair.

-Je comprends pas.

-Si vous n'aimez pas les garçons, ça serait bien de le lui dire.

-Mais oui... Enfin, non.

Non. Je le trouve sympathique.

-C'est pratique pour les ordonnances.

-Oui... Non. Pas du tout.

-C'est pas encore ça,

mais c'est déjà mieux.

-Oh là là... Impressionnant !

T'as vu ça ? -Oui. Viens, Greg.

-Bonjour ! C'est pour la visite ?

-Pour une consultation.

-Ca vient d'où ?

-Lieutenant Saskevitch. C'est moi qui pose

les questions.

-Voici la plus grande collection régionale d'uniformes.

-Où ça s'achète ?

-Nulle part, on n'en fait plus.

-Même pour le cinéma ?

-Regardez les coutures,

le tissu, la patine des insignes. Il s'agit

d'un vrai uniforme nazi.

Comme les nôtres.

-Il vient d'ici ? -Non. Tout ce qu'on possède est là.

Par contre,

ce costume

intéresse notre musée. -Très bien.

En attendant, je vais

le récupérer.

Merci.

-Par rapport aux tanks en bas... -Greg, on y va.

-C'est quoi ?

-Un inhalateur professionnel.

-Vous avez attrapé un rhume ?

-Vous avez vu Mondénian ?

Vous avez

le dossier ?

-Je ne suis que légiste !

J'ai les 1res analyses. -Que disent-elles ?

-Empreintes inconnues des fichiers, pas de maladies ni de drogue.

-Il reste un inconnu. -Pour l'instant.

-On peut pas refaire le visage, comme une sorte de sculpture ?

-Si. Mais là, c'est compliqué,

ce n'est même plus un puzzle.

Il y a

des solutions informatiques, mais la police française n'en a pas.

-Pourquoi ? Greg !

-Spécial... -Reconstruction faciale numérique,

ça vous parle ?

-Ouais. Il y a un nouveau logiciel hyper intuitif.

Un algorithme interprète les parties manquantes du visage.

Mais je suis pas calé en anatomie. -Moi, si !

-OK. Je vous envoie les codes

pour vous connecter au serveur.

-Je fais de l'asthme.

-Ca pue. Y a quoi dedans ? -Oui, ça...

-Moi, j'aime bien.

-C'est quoi, cette puanteur

dans votre bureau ?

-Des huiles essentielles. J'aurais pas dû mettre

du clou de girofle. -Non.

-Alors, le costume ?

-D'après le musée, c'est un vrai.

-Un véritable uniforme SS ?

Il va nous falloir un spécialiste en histoire militaire, non ?

-On cherche.

-Je suis votre chance ! J'ai cette personne, le Pr Salvi.

Je répondrai pas à cette question.

-Quoi ? -Vos yeux ont posé la question.

Si c'est mon ex ? -OK, je vous laisse.

-J'ai pas du tout pensé à ça. -Ah oui ?

-Non. Vraiment.

-Voilà ce que je cherchais.

Toc, toc... Histoire militaire.

-Je n'en peux plus. -On est au combien ?

Par là. Je vais voir. -Vous êtes sûr ?

-Je vérifie.

Professeur Salvi. Patron, c'est là.

Pardon... Je cherche le Pr Salvi.

-C'est ici. -Oui, c'est marqué. Il est où ?

-"Elle" est là. Flora Salvi !

-Oh ! Je suis désolé. -D'habitude, je mets un pantalon

en velours et une calvitie

pour donner l'image d'un vrai professeur.

-Patron, c'est le professeur.

-Capitaine Wagner ! Venez.

Une pièce rare et exceptionnelle. -Vous confirmez que c'est un vrai ?

-Oui. Dans la doublure, il y a

l'immatriculation. Il appartenait

au Obersturmbannfuhrer Hartmann.

-Hartmann,

c'est celui qui a créé la division Ruines.

-Comment vous savez ça ?

-Je suis un passionné

d'Histoire.

-D'accord. On peut en savoir plus ?

-Bien sûr.

Alors... Celui-ci.

Wolfgang Hartmann,

jeune officier SS, implacable, qui a gagné ses galons

sur le front du Reich. Himmler en avait fait son arme personnelle.

-Il est venu à Strasbourg ?

-La division Ruines a stationné à Strasbourg,

mais on ignore pourquoi.

-Les 3 triangles, c'est quoi ? -Les armes de la division Ruines.

-La victime a la même chose tatouée sur le torse.

-Bonne journée ! -Au revoir.

-Au revoir. -Vous vous intéressez

à la 2e Guerre mondiale ? -Petit, j'adorais Indiana Jones.

-Il faut fouiller sur le tatouage. -Le tatouage... Vous pensez

qu'elle en a ?

-Je parle de celui de la victime. Il faut vous concentrer un peu.

-C'est là... Qu'y a-t-il ? Ca fait mal, c'est ça ?

-Ca picote, ça s'infecte.

Donnez-moi un antibio contre la septicémie.

-Non. C'est dans votre tête, César, et vous le savez très bien.

Mais je peux vous faire un massage pour vous détendre.

J'ai été formé par des aveugles au Cambodge, une école du toucher.

-Non, j'aime... Pas le temps.

-OK.

Appelez-moi si Beaumont vous fait encore des misères.

-Comment ça ? -C'est pour ça

que vous venez me voir, non ? -Oui, bien sûr. Au revoir.

-Au revoir.

-OK.

Il est où, le bouton pour...

"La femme est supérieure à la machine".

-Ah ! La police,

bonjour ! -Coucou. L'identification avance ?

*-Oui. Je vous montre ? -Je veux bien.

*-Y a encore du boulot. -Oui, encore un peu de travail.

-Je file, je dîne

*avec le Pr Salvi.

-Bonne soirée.

Au revoir...

...

C'est à quelqu'un, ce stylo ?

-Non.

-C'est marrant, ça.

-Yes ! Patron, j'ai identifié la victime.

-Non, c'est moi !

-Doucement.

-Voilà !

-C'est quoi ? C'est artistique.

-Je peux énormément progresser. -Là, oui.

-Pas mal... Mais ça, c'est du concret.

Farid a fait circuler le tatouage qui a été reconnu.

Emblème SS, le tatoueur a retenu son nom : voici Nicolas Pelt.

-Voilà. Quel était son métier ?

-Etudiant en Histoire.

-Spécialiste de la 2de Guerre mondiale. Bravo, Greg.

-C'est pas loin.

-Ouais, surtout au niveau de la glotte !

-C'est pas gentil.

Messieurs ! -Elise...

-Je vous envoie ça. Yes !

-C'est marrant, ça.

...

-Il a hérité de la maison de sa grand-mère l'an dernier.

-Je comprends la déco. Je monte.

...

-Y a de tout, des tracts sur le grand remplacement

jusqu'aux hordes barbares

qui vont déferler sur l'Occident.

-Y a un style. Un peu rance, mais y a un style.

Il était bien renseigné sur les insignes allemands.

-Mais de là à se le faire tatouer,

c'est un facho. -Les gars !

Venez voir.

Y en a des tas.

-Je me sens pas bien, y a trop de poussière.

-Ca va intéresser le Pr Salvi. -Genre, "le Pr Salvi" !

Tu parles de la belle Flora. Tu crois que je t'ai pas vu ?

-Tout va bien ? -Ouais.

-Son ordinateur ? -J'épluche tout.

Les tracts

n'ont pas été rédigés sur cet ordi.

-C'est un chercheur ? -Chercheur et nazi.

-Des appels avec Marie Girardon. -Sa petite copine ?

-Oui. Elle rentre en urgence d'Amsterdam.

-Je vais voir le Pr Salvi.

-Ah bon ? Je peux venir ?

-Pourquoi ? -L'Histoire me passionne.

J'y vais.

-La passion de l'Histoire ! C'est ça, oui.

-Ah ouais. C'est chelou.

-Hé, la maréchaussée !

-Salut ! C'est bizarre comme lieu pour un rendez-vous.

-Vous ne connaissez pas ? -Non. C'est cool.

-Près de la fac et tranquille. Et les mecs ne vous abordent pas.

-Si vous le dites.

-Je voulais vous montrer ça.

-Sur le Net,

on vend ça.

-Oui, mais c'est un Internet parallèle dont l'accès est limité.

-Le darknet.

Ca, c'est un jeu qui se passe à Auschwitz ?

-Oui. Jeux de société et poupées. -A vous coller la nausée...

-Un costume authentique comme celui d'Hartmann

peut valoir 100 000 euros.

-Pourquoi l'avoir tué et laissé l'uniforme ?

-Le tueur ignorait son prix.

-Ces collectionneurs sont rares.

Il faut enquêter sur eux.

-Vous buvez quoi ?

-Euh... Pareil. -Greg,

concoctez-moi une vraie fausse annonce sur le darknet.

Mettez en vente les affaires de Nicolas Pelt.

Précisez "échange possible contre arme de type Luger".

Merci.

*Signal musical.

...

T'as l'air bien pressé.

"OK, va pour demain...

"On se retrouve où ?"

Bonjour.

Heinrich ?

-Ouais.

Toi, c'est Wagner ? C'est un pseudo, c'est ça ?

-Pardon ? -C'est un pseudo.

-Oui. Ecouter du Wagner me donne envie d'envahir la Pologne.

-Tiens.

Voilà le bijou.

-Merci. -Où est ce que tu dois m'apporter ?

-Je te connais pas, c'est un ami qui le garde dehors.

On y va ?

-Police !

-C'est quoi, ce bordel ?

-Moi, c'est "Black Panthers" et lui, c'est "Renard Albinos" !

On peut jouer ?

-"Heinrich", c'est nul comme pseudo, Rosselli.

Parlons de Nicolas Pelt.

-Je ne dirai rien sur un frère. -Il est mort, on l'a assassiné.

Vous l'aviez vu quand ?

-Si Nico a été tué, il faut aller voir les "antifas" !

-Qui vous ont mis ça sur le dos

en l'abattant avec un Luger. -Comme celui-là.

-Vous me les embarquez.

Vos mains.

Vos mains, s'il vous plaît.

Merci.

M. Rosselli, d'après vos amis... -Non.

Mes frères.

-Ils sont bavards,

notamment sur vos relations houleuses avec Nicolas Pelt.

-On s'était embrouillés, il savait tout mieux que les autres.

C'est pas grave. J'ai un alibi :

les 15 derniers jours, j'étais en Hongrie.

-Il vous a rejoints comment ?

-Pas planqué dans un camion comme toi,

mamadou. -M. Rosselli !

-T'es un marrant, Rosselli. Ton grand-père, pendant la guerre,

il est venu en France en tirant une charrette.

Ca s'appelle un migrant. -Greg !

Vous le connaissiez

depuis quand ? -Quelques mois.

Il venait d'une autre cellule dissoute par vos amis démocrates.

-Jamais avant ça ?

-Vous voulez quoi ? Me faire douter d'un frère, c'est ça ?

Il savait de quoi il parlait, il avait notre tatouage. Un pur !

-La race supérieure... Ces nazes, ils ont pas perdu la guerre ?

-Seuls les bourgeois ont gagné en prenant les richesses du Reich.

Mais ça, vous en savez quelque chose, vous,

héritier Wagner.

-Ca va, patron ?

-Vous auriez du fenouil ?

-Bien sûr ! Non, désolée.

Je reviens plus tard ? -Non. Que voulez-vous ?

-On a examiné les relevés bancaires de Pelt.

La vente d'objets nazis,

ça rapporte. -Y a des retraits aussi.

-Des grosses sommes en liquide.

-On continue à fouiller là-dessus. -Je ne vous embête pas plus.

Patron, j'aime beaucoup vos tee-shirts en ce moment.

-Merci.

-Durant la guerre ?

-Un prévenu en a parlé. Qu'ont fait les Wagner durant l'Occupation ?

-J'ai jamais cherché à savoir.

-Ca t'intéresse pas ?

-En épousant ton père, j'ai compris que j'étais une pièce rapportée.

-T'as gardé le nom quand même.

-Ca a une valeur électorale.

Bon, mes parents

étaient normands et ma mère, une Résistante.

Une époque compliquée,

surtout ici, en Alsace.

Tu manges pas. Ca va pas ?

-J'ai du papier de verre dans l'estomac.

-Tu parles comme ton grand-père paternel, mais à la fin.

-Mort d'un cancer ?

-Oui, du pancréas. Il a tellement souffert, le pauvre...

-Le coeur a explosé, j'avais jamais vu ça.

J'ai dû prendre une douche. -L'image va me suivre

toute la nuit...

Et votre super info ? -Mon assistant est un boulet.

C'est pas ça, le scoop. Il a lavé le cadavre

avec une solution trop corsée. Ca a dévoilé une chose intéressante.

Le tatouage s'est effacé.

C'était une encre semi-définitive.

-Il était pas sûr d'être nazi. -Ou il n'était pas celui

qu'il voulait faire croire. -Pourquoi ?

-C'est ce qu'on fait tous, non ?

-Vous m'avez fait peur !

-Désolé. -On ne se quitte plus.

-Euh... Je viens récupérer l'uniforme, ordre du patron.

-Ah... Il est dans mon bureau.

On y va ? -Oui.

De la salsa ? -Bachata.

-J'adore la bachata. Jeune, j'allais tous les ans en Espagne.

-En Espagne ? -La bachata, oui...

Non, en Italie. -Une danse dominicaine !

Y a une soirée demain au bar des Aviateurs. J'y vais avec Elise.

Le Dr Beaumont, si vous préférez.

-Elle était déçue de la raison de ma venue.

-Elle va danser

avec Beaumont dans des bars gay.

-Bravo, les préjugés ! -C'est pas un préjugé.

-Toi, tu vas te rendre malade avec toutes tes saloperies.

-C'est ma cure d'artichaut. -C'est vraiment pas bon.

-Pourquoi Pelt s'est fait passer pour un néonazi ?

-Et sa copine ? -Marie Girardon.

J'ai rendez-vous dans 5 mn.

-On sait quoi ? -23 ans. Sa mère est morte

quand elle en avait 12. Quelques conneries, pas de casier.

Etudiante en Histoire elle aussi. -Aucune allusion à l'uniforme !

-Non. Bien sûr.

Une cloche sonne au loin.

-Je comprends pas... Le rapport que Nico avait avec les fachos,

c'était à coups de poing.

C'était un antifa.

On s'est rencontrés comme ça. -Il possédait des objets nazis.

Vous n'en avez jamais vu chez lui ? -J'y suis jamais allé.

Il vivait avec sa grand-mère.

-Beaucoup d'argent circulait sur son compte. Il en faisait quoi ?

-Du fric ? Nico en avait jamais, il était toujours dans la dèche.

-Et vous ?

-Je me démerde.

J'en ai marre de perdre

des gens que j'aime. -Je sais ce que vous ressentez.

-Ce n'est pas Rosselli. -Non. Il a un alibi

et son Luger est hors d'usage. J'aimerais qu'il reste 48h de plus.

-Je préfère utiliser la carte du groupe terroriste

pour des occasions moins pathétiques.

-Et les armes saisies chez lui ? -Il passera devant le juge.

Il n'a pas tué Pelt. -Et l'uniforme ?

-Oui, capitaine.

Etudiant en Histoire ? -Oui.

-Un lien avec ses recherches ?

...

-Marie avait l'air paumée. -Là, c'est nous qui le sommes.

Attendez...

Bonjour. On cherche le Pr Theurot. -A droite, puis tout droit.

-Merci. -Je vous en prie.

-A droite.

-La thèse de Nicolas Pelt ? Difficile de vous en parler.

-Vous supervisiez ses recherches. -C'est le genre d'étudiant

qui a une idée farfelue par semaine. Aucune méthode,

aucune rigueur. -Vous pourriez nous transmettre

ce qu'il vous a envoyé ? -Même si c'est difficile !

-Il ne m'a rien rendu depuis longtemps.

-Envoyez-nous

ce que vous avez.

-J'ai rien ici. Je vais regarder chez moi, sur un autre ordinateur.

-D'accord. -Très bien.

-Merci. Je vous raccompagne pas ?

-Ca ira. Merci.

-Ce mec est imbuvable. -C'est par là ?

-Oui. Mettons-le sous surveillance, il est pas net.

-Je sais pas. Il a peut-être voulu profiter du trafic de Pelt

et ça a mal tourné ? -Et il le bute dans un costume

à 100 000 balles ? Il est nul. -L'uniforme serait un leurre ?

Theurot va nous mettre des bâtons dans les roues.

-Il ne vous aime pas. -Grâce à ma mère.

-Pourquoi ? -C'est le chef de l'opposition

au conseil municipal. -C'est la merde. Comment on fait ?

-Retournez voir Marie Girardon. Vous avez le même style,

ça devrait être plus facile. -Et vous ?

-Si on peut pas rentrer par la porte, on essaie par...

-La fenêtre. -Et voilà.

Je vais aux archives.

-Vous allez bien ? -Ca va.

-Je travaillais avec Nicolas Pelt, il est décédé.

J'ai besoin d'accéder

à ses recherches.

*Bip.

-Ses archives ont été sorties.

-Quand ? -A priori, aujourd'hui même.

-Et par qui ?

-Je ne sais pas. Les serveurs sont restés aveugles durant une heure.

-Merci.

-Je vous en prie. -Aussi vite,

ça ne peut être qu'un prof.

-Wagner, encore là ? Vous allez reprendre vos études ?

-Les archives de Pelt ont disparu. -J'ignore où elles sont.

Et vous perdez votre temps.

-Il travaillait

sur quoi ? Un sujet de thèse n'est pas un secret professionnel.

-Pelt croyait à la fable

de l'Or du Rhin.

-En 44, les nazis auraient réuni leurs pillages,

oeuvres d'art et montagne d'or.

-A Strasbourg ? -Oui.

-Ce que pensent les rêveurs. -Strasbourg est bien située,

près de l'Allemagne, mais pas sur son territoire.

-Il n'y en a aucune preuve. -Et les travaux

de Pelt ? -Je n'ai pas le temps,

je vais voir le préfet.

Je lui parlerai de vos méthodes.

Au revoir, Dominique. -Au revoir.

*Musique techno.

*...

-Salut !

*La musique couvre les voix.

*...

Excusez-moi, je cherche Marie. -Elle est là-haut.

-Merci.

*...

Marie ? -Oui ?

-Bonjour.

T'inquiète pas,

j'ai pas dit que j'étais flic. -On se tutoie ?

-Oui.

Ca te dérange ?

-Que veux-tu ? -Savoir comment tu vas.

Et Nicolas,

il t'a parlé de ses recherches ?

-Vaguement.

Ca concernait une période de l'Occupation.

-L'Or du Rhin, tu connais ?

-Oui. Nico disait que les nazis voulaient envoyer des trésors

vers la Baltique.

Tout s'était arrêté

à Strasbourg. -C'était utopique ou il avait

des preuves ? -Un peu des deux, je pense.

Parfois, suivre sa pensée,

c'était compliqué.

-Ta mère ?

J'ai perdu la mienne

à 10 ans.

Elle me manque.

-J'y pense

tous les jours. -Moi aussi.

-Ne harcelez pas M. Theurot. -Theurot le professeur

ou l'homme politique ? -On enquête sur un opposant

de Marie-Ange Wagner, le problème est politique.

-Pas de commission rogatoire ? -Non. Pas de guerre.

-Ecoutez... -Laissez tomber.

M. le substitut, on va travailler à une nouvelle stratégie d'enquête.

-Parfait !

Tenez-moi au courant.

-Je vous comprends pas.

-Pour Theurot, trouvez de quoi obtenir une commission rogatoire.

-Il a dit...

-Les considérations politiciennes ne dictent pas nos enquêtes,

n'est-ce pas ? -Non.

-Voilà.

-"Les Epidémies antiques".

L'actuelle ne vous suffit pas ? -Du nouveau ?

-On ne sort pas

des archives sans autorisation, même Theurot.

J'étais sûre que c'était ici, quelque part.

J'ai fini par dénicher les cartons dans une salle de stockage.

On va les déménager

dans mon bureau.

-OK.

-Il avait accumulé beaucoup de dossiers

sur les grandes familles d'Alsace.

-Quel rapport

avec l'Or du Rhin ? -Je vais fouiller.

-Notez les agissements des Wagner sous l'Occupation.

-Je vous dirai tout,

avant de vendre l'info

à la presse.

*Ambiance de boîte de nuit.

-Allô ?

-Dr Weiss ? -Déjà, vous m'appelez "Arthur",

*on n'est pas au cabinet. -J'ai mal.

Je pense que j'ai quelque chose de grave.

-Je ne fais pas de consultation par téléphone.

-Je m'inquiète, donc je stresse, ce qui donne des cancers. C'est

*de pire

en pire !

-Calmez-vous. Rejoignez-moi dans un bar, je vous envoie l'adresse.

Brouhaha.

...

-Je peux ? -Allez-y.

*...

-César, par là !

*...

Ca va ? C'est ambiance Caraïbes ! -Je sais, je suis déjà venu.

-Dans un bar gay, ah bon ?

Ca passe pas ?

-J'ai des douleurs ici... -Ca fait mal là ?

C'est là, hein ?

Mathieu, 2 "pirates" !

C'est un traitement

radical. -C'est quoi ?

-Joli style ! -Pour vous.

-Santé ! Ca décape. -Vous êtes sûr de vous ?

Oh... C'est de l'alcool à brûler ?

-Ce désinfectant soigne tout.

Allez !

C'est très bien.

Mathieu, 2 autres.

-Non... C'est fort. -Oui.

-Hé ! Vous cherchez quelqu'un ?

-Je suis venu rejoindre

mon copain. Enfin, je suis pas venu pour danser avec lui !

C'est un pote. -Je vous fais entrer ?

Elise est retenue par un cadavre récalcitrant.

-Ca s'améliore pas. -Continuez.

Je suis votre médecin,

monsieur !

En entier... En entier. -Je peux pas.

*...

-C'est pas mal.

*...

-Tu rêvasses, tu as passé une bonne soirée !

-Sympa.

-T'as conclu ?

-C'est pas ça. Avec elle,

c'est... Je sais pas, j'aime bien. C'est sérieux, quoi.

-Farid Belladj amoureux !

-Bonjour, patron ! J'ai vérifié l'alibi de Marie Girardon.

Son téléphone a borné toute la semaine à Amsterdam.

-Voilà. -Dans un hôtel

à 250 balles

la nuit. Regarde. -D'accord.

C'est pas en mendiant que la punk à chien a pu se payer ça.

-Elle a pas de chien, c'est pas une punk. Elle a un alibi, elle n'a pas

tué son mec. -Montre-lui la photo

avec la montre.

Cette montre, elle vaut 3 fois ton salaire.

-D'où vient l'argent ? -Je vérifie.

Envoie-moi les photos.

-Ca va ?

Vous avez pas une mine super. -Vous étiez où hier ?

-Je ne sais plus.

-Tiens.

-Tu es là pour faire ta flic ?

-Pas que pour ça. Réglons ça au plus vite.

-Je suis allée à l'hôtel. Et alors, c'est interdit ?

-Marie, t'as vu où tu vis ? T'as pas de boulot.

Comment tu peux te payer un hôtel pareil ?

-C'est mon père. Il croit que l'amour, ça s'achète.

Le fric qu'il me donne, je le claque en conneries.

-OK. Et cette connerie à 6 000 euros ?

-Elle était à ma mère,

elle ne m'a laissé que ça.

-Pelt était un historien méticuleux, il était doué.

Ces documents sont exceptionnels,

des rapports SS que je n'ai jamais vus.

Des originaux,

pas des copies.

Sentez.

-Oh... Ca sent l'humidité. Vous pensez à une cave ?

-Ou des sous-sols. Pour sortir ou rentrer des documents ici,

c'est compliqué.

-Ils les auraient trouvés ici ?

-Oui. Les sous-sols ont été refaits vers 1970 pour les assainir.

Pelt a retrouvé des plans intérieurs datant

de la construction. Il y a un autre niveau de souterrains

sous l'existant. Il faut les trouver.

-Waouh ! -Sympa.

-On cherche quoi ?

-Un passage qui descend. Les Allemands ont bâti tout ça au 19e,

durant la 1re annexion de l'Alsace. "Neustadt", "la ville neuve".

Il y a des galeries.

-Un passage dissimulé ?

-Il y a 50 ans, on construisait sur l'existant.

Lors de la rénovation, ils ont dû murer l'accès au 2e sous-sol

ou en condamner la porte.

-Si Pelt a trouvé, on doit pouvoir le faire.

-Prenez cette galerie. Venez.

-Je vais par là.

...

-On essaie par ici. -Patron !

-Ah ! Il y a une autre galerie.

-Y a de la poussière ici.

L'armoire a été bougée. -Où ?

-Regardez.

-Ah oui.

-Léa ! Farid ! -Oui ?

-L'armoire a été déplacée.

-Touche pas !

-Bingo !

Les torches.

...

Cris aigus de rats.

-De l'aide, patron ? -(C'est par là ?)

...

-(C'est impressionnant.)

...

-(Doucement.)

...

-Ah oui, d'accord.

La caverne des "nazis Baba" ! -Pelt se fournissait ici.

-Il y a

des costumes.

-Y a une inscription.

-Ca veut dire "mon honneur

"s'appelle fidélité". -C'est une devise SS.

-Oh merde !

C'est quoi, ça ?

-Vous allez en trouver encore beaucoup ?

-Merveilleux !

C'est une momification naturelle,

c'est très rare. -Il est mort quand ?

-Au pif ? Vous êtes amusante.

-Une fourchette ? -Faites appel à un archéologue !

-Ce serait

en novembre 44.

-La libération

de Strasbourg.

-Comment se fait-il que vous soyez là

sans en avoir informé ni moi ni le doyen ?

-Si je peux me permettre,

c'est moi. J'étais venu aider à porter des cartons.

Cette porte était entrouverte et j'ai découvert tout ça.

J'en ai donc informé

le patron. -Voilà.

-Il me tarde de lire votre rapport. A part ça, votre enquête avance ?

-Oui. Il s'agirait de la cache d'Hartmann

où Nicolas Pelt

a trouvé les documents et les objets nazis.

-Une chance ! Bravo, capitaine. -La chance, oui...

-Essayez ça.

-Wagner...

(Vous comptez nous trouver l'arche d'alliance ?)

-On va relever les empreintes pour voir qui est venu.

-Puis vous mettez la pression sur Theurot.

Oui.

-On a remis en cause la théorie de Franz Weber, aucune preuve

ne venant étayer ses propos sur les données faussées.

Je traite de cette question dans mon dernier livre.

Des questions ?

Oui ?

-Vous savez que le bâtiment possède un magnifique réseau souterrain ?

-Vous savez que depuis 1231, grâce au Pape Grégoire IX,

les universités sont protégées

du pouvoir policier ?

-Vous allez venir au commissariat, le pape n'y a aucune autorité.

Rires. -Amusant.

On en parlera lors d'un prochain cours.

Je vous remercie.

-Farid...

Farid...

Farid !

-Très bien, M. Wagner, discutons,

mais vite, on m'attend dans une autre assemblée.

-On a retrouvé vos empreintes un peu partout dans le souterrain.

Et vous avez un train de vie luxueux.

-En quoi cela vous concerne ?

-Votre salaire et vos indemnités n'en couvrent même pas la moitié.

-Ca ne vous regarde pas.

-Qu'a fait Pelt de l'argent

de ses ventes ? -Quelqu'un aura trouvé la cachette

et en aura peut-être profité aussi.

-Pelt aurait refusé, ce quelqu'un l'aurait tué et grâce au costume SS

en aurait fait un crime facho.

-Il est venu me voir.

Il avançait sur l'Or du Rhin, il voulait me montrer des objets.

J'ai certifié leur authenticité.

-Vous l'avez suivi.

-C'est une mine d'or pour un historien.

Je ne suis ni un trafiquant ni un assassin.

-Mais ça n'explique pas votre train de vie.

-Universitaire reconnu, j'écris des livres,

je fais des conférences, j'ai des mécènes.

Mettez-moi en garde à vue.

-Oh, Flora !

-Ah, Farid ! -C'est marrant de se croiser là.

-Oui, vu que je travaille là !

-Je voulais te parler. Je te trouve un peu distante.

Ca s'est bien passé entre nous l'autre soir, non ?

-Plus que ça même, mais c'est ça qui m'embête.

-C'est quoi qui t'embête ?

-C'est pas ça, mais... Il faut que j'y aille.

Je suis en retard, mais je t'appelle, promis.

...

Brouhaha.

-On fait comme ça ?

-D'accord, OK.

Jean-Yves, viens voir.

Euh...

Jolie, ton intervention devant le conseil municipal !

Mais "dictature wagnérienne",

c'était un peu grandiloquent, non ?

-Personne n'est dupe concernant tes manoeuvres

à quelques mois des élections.

-Je dirige la police ?

-Envoyer ton fils pour tenter de me salir, t'es tombée bien bas.

-Mon fils ? Ha ha ha !

Si tu savais ! Il n'hésiterait pas à me mettre en garde à vue

s'il me suspectait de quoi que ce soit.

-Il fallait mieux l'élever. -Ouais.

-Mais ça ne s'arrêtera pas là.

-Ah... Avec César, j'en suis sûre.

Bruits ressemblant à une perceuse.

...

-Mais... euh... -Quoi ?

Vous pensez que je... ?

Jocelyne, la secrétaire,

m'a donné des groseilles.

Avec des framboises, un délice !

-J'ai pas faim. J'en déduis que vous avez fini l'examen du corps.

-Oui. Venez voir.

-Les momies depuis "Tintin et les 7 boules de cristal", c'est pas...

-On a tous essayé de momifier

un animal.

Non ? -Non.

-C'est le SS Hartmann. Il avait des broches, chute de cheval.

-Mort de quoi ? -Hémorragie interne,

une balle dans le foie. Agonie longue et douloureuse.

Ca me fait plaisir.

Ses hommes ont dû

s'enfuir.

-Il reste le mystère de Pelt.

-On va trouver.

-Pelt avait une éditrice.

D'après elle, il avait trouvé un truc énorme.

-Sur l'Or du Rhin ?

-Non. Il préparait un livre sur les grandes familles strasbourgeoises

pendant l'Occupation. -Lesquelles ?

-Mystère. Le 1er jet du manuscrit devait arriver la semaine dernière.

-D'accord.

-Et elle sait où allait l'argent de la vente des objets nazis.

-Vas-y. -Il finançait les "antifas" avec.

-Tu imprimes ça.

-Ca donne quoi ? -Le téléphone de Marie Girardon

a borné à Amsterdam tous les jours, sauf le jour du meurtre.

Aucune activité.

-7 heures pour aller d'Amsterdam à Strasbourg... C'est possible.

-Ou plus de batterie.

-Je la crois pas, la petite SDF. A qui appartient leur squat ?

L'immeuble

meublé est à son père.

-C'est pas un crime

d'avoir un père riche. -Je connais aucun Girardon riche.

-C'est le nom de sa mère. Son père, c'est Zimmer.

-Rodolphe Zimmer ? -Oui.

-Voilà.

-Expliquez-moi.

-Il dirige l'important groupe Zimmer,

BTP, automobile, immobilier. De la très haute

bourgeoisie ! -Elle a rompu avec eux.

-C'est la famille qui décide de rompre.

-Mettons-lui la pression.

-Je m'en occupe. -Allez-y doucement.

Commencez par les copains de fac. -La concernant,

tout est au vert.

-Je sais, mais... Il faut qu'on gagne un peu de temps.

-Marie ? -Elle ne venait plus en cours.

-Vous savez pourquoi ? -Une séparation,

c'est jamais simple. -Elle avait rompu avec Pelt ?

-Oui. Une rupture vraiment houleuse...

-Vous les avez vus se disputer ?

-Oui. Marie, c'est pas une tendre.

-Marie ? -Des on-dit. Je suis pas sûre.

-Comment ça ?

-Elle peut être nerveuse.

-Très bien. Merci beaucoup.

On frappe.

-Elise... Je me sens pas bien, je crois que je vais mourir.

-Je vous dirai de quoi après !

-C'est pas drôle... J'ai tout essayé.

J'ai même fait une cure d'artichaut. Ca va pas.

C'est un cancer du pancréas.

-Allongez-vous.

-Ici ? -Ou faites-lui un câlin

si vous voulez !

Levez la tête.

Soufflez, soufflez.

Comme ça, voilà.

J'appuie. Douleur entre 0 et 10 ? -8... 10.

-Ici ?

Ca fait mal aussi ?

D'accord.

Vous êtes plus anxieux que d'habitude ?

-Oui, à cause du passé des Wagner. L'anxiété provoque le cancer...

-On arrête avec ça. Vous avez une gastrite de stress.

-C'est pas une fibrose rétropéritonéale ?

-César, ce sont vos angoisses, plus la cure d'artichaut,

qui vous ont dézingué l'estomac. Gargouillis.

-OK.

-Je voulais le quitter. Je suis partie à Amsterdam pour réfléchir.

-Vous vous étiez disputés.

Il s'était passé quelque chose en lien avec ta famille ?

-Il avait vu la maison de mon père.

Je l'ai amené une fois chez lui, j'aurais pas dû.

Il a insisté pour le rencontrer. -Ca s'est pas bien passé ?

-Pas trop. Après ça,

il m'a pris pour une sale bourge.

-Elle n'a rien à y voir. -Mais si.

Elle découvre

que Pelt s'intéresse à son fric... -Crime passionnel ? Possible.

L'argent intéressait pas Pelt. Il devait y avoir un lien

entre les Zimmer

et ses recherches. -Impliquant le père de Marie.

-Pelt aurait vu un truc chez lui ? -C'est possible.

-Il aurait pu reconnaître une oeuvre d'art

volée par les nazis.

-Enquêtons sans faire de vagues.

-La vague est là.

-A plus tard.

Oui ?

-Après Theurot, c'est Zimmer. Vous voulez ma mort ?

-M. le substitut, voyant le développement...

-Faisons simple. Vous permettez ? -Oui, bien sûr.

-La fille Zimmer est la petite amie de la victime.

Il faut creuser, mais ça reste une manoeuvre hasardeuse, capitaine.

-Oui.

-Et Theurot impose

une perquisition.

-Aucune initiative

fâcheuse !

Votre truc pour le rhume...

-Ca marche. J'en ai là justement. C'est 15 gouttes...

-Je sais.

-3 fois par jour.

-On s'occupe de Theurot.

-La police fouille mon bureau

après le saccage de mon appartement sous un prétexte fallacieux

et sous les ordres du fils de Mme Wagner !

*-Ca suffit !

-A la mairie de Strasbourg,

*on bâillonne les adversaires politiques en famille !

*-Montrez-nous donc ce qu'il y a là-dedans.

-Non. Ca touche à la politique.

-Joubert, allez-y.

-C'est un déni de démocratie !

-Des adhérents,

c'est ça ? Vous ne filmez plus,

là ? Placez-le

en garde à vue.

Je vais essayer d'approcher les Zimmer.

-Il est où, Farid ?

-Léa !

...

Sonnette.

-Bonjour. J'ai rendez-vous avec M. Zimmer.

Une horloge sonne 4 coups.

Merci.

-N'hésitez pas, notre cuisinière est une perle.

-C'est gentil, mais j'ai des soucis...

Merci de me recevoir

aussi rapidement. -A la demande de votre mère.

On parle duquel de mes crimes ?

-Il y en a beaucoup ?

-Question de point de vue. Pour Nicolas Pelt, être riche,

c'est un crime. Il me vaut votre visite ?

-Oui. Comment vous le trouviez ?

-Drôle.

Et culotté.

Il aime se frotter à l'ennemi.

Il s'est surtout

frotté à ma fille.

-Vous n'aviez pas peur que ça aille jusqu'au mariage ?

-Non. On a tous été rebelles pour faire enrager nos parents,

Marie ne fait pas exception.

Et un matin, on est devenu adulte.

On jette le beau gauchiste

avec ses idéaux

de conte de fées. -Parfois, le conte se poursuit,

la princesse épouse le jardinier.

Marie est l'unique héritière du groupe Zimmer.

-Nous ne sommes plus au Moyen Age, les filles choisissent leur mari.

Et il y a désormais les avocats et les contrats de mariage.

-Je peux emprunter vos toilettes,

s'il vous plaît ? -Oui. C'est là.

-A droite ? Merci.

...

-Vous cherchez

les toilettes ?

-Ma curiosité l'a emporté sur...

Les convenances.

Marie chasse ?

-Comme tous les Zimmer, de père en fille.

J'ai été ravi de votre visite.

-Partagé.

-Marie, que se passe-t-il ? La police vient de partir.

Rappelle-moi vite.

*Marie, que se passe-t-il ? La police vient de partir.

*Rappelle-moi vite.

...

-Merde, pas de réseau...

...

-Il va pas nous échapper, il est coincé.

Coincé ! Wagner, on a le feu vert

pour déférer Theurot. -Bien.

-Cachez votre joie.

-Je rêvassais. -Vous avez vu Farid ?

-Non... Je l'appelle.

-Oui.

-Ca concerne les grandes familles. -Des choses sur les Zimmer ?

-Oui. Et c'est assez perturbant. -A quel point ?

-Ca, c'est un courrier de Pierre Zimmer.

-L'arrière-grand-père de Marie, c'est ça ?

-Il y assure aux autorités occupantes toute son aide.

Il y joint des noms d'ouvriers qu'il confie

aux bons soins des nazis. -Il les a donc dénoncés aux SS ?

-Les communistes et les juifs de son usine.

Il a envoyé sciemment des gens à la mort.

-Il y a 3 "Pelt" dans cette liste.

Marthe, c'est sa grand-mère.

-Déportée avec ses parents.

-Ca explique son obstination. Il visait les Zimmer, c'est normal.

Et sur les Wagner ?

-Il n'y a rien...

Pour le moment.

-Merci. Merci...

-Des nouvelles de Farid ?

Il est pas venu hier soir. -Non.

Bonne journée.

-A vous aussi.

...

-Pelt savait que les Zimmer avaient permis

la déportation de sa grand-mère.

-Il voulait les dénoncer. -Quel rôle a joué Theurot ?

-Pour le meurtre, il a un alibi.

Mais lui aussi l'a su et il a fait chanter les Zimmer.

On a trouvé les traces bancaires. -Un suspect ?

-Oui. Marie Girardon, née Zimmer.

-OK.

-Alors ? -Ca va.

-Qu'y a-t-il ?

-Une partie de chasse quand j'étais enfant...

Ca m'est revenu chez les Zimmer, mais je situe pas ça dans le temps.

-T'en as cauchemardé des semaines. -C'était quand ?

-Tu avais dans les 12 ans, ton père a voulu qu'on t'emmène.

Tu t'es perdu,

on t'a cherché pendant des heures, tu étais blotti dans un fourré.

Tu n'y es jamais retourné. -Je me souviens, une horreur...

Et donc, c'est où ?

-Sur le domaine de Zimmer, près de Strasbourg.

-Merci. -Je t'en prie.

-Ma fille n'est pas ici.

-Dans une autre propriété ?

Votre fille risque de gros problèmes.

-Mon ami le procureur m'a demandé de vous recevoir, n'en abusez pas,

commissaire.

Au revoir. -Vous n'avez rien à me dire

sur Marie ? Elle est peut-être en danger.

-La mort de sa mère l'a rendue fragile.

-Fragile comment ?

-Le capitaine a une adresse, c'est pas tout près.

-OK, j'arrive. Au revoir.

...

-Sors de là !

-J'suis pas armé.

J'suis pas armé.

Il faut qu'on parle. D'accord ?

Je connais ta famille, je suis pas contre toi.

-Ta gueule !

-Non !!

Marie, laisse-moi le voir, s'il te plaît.

Laisse-moi le voir...

Il est en train de mourir, Marie,

laisse-moi le voir, s'il te plaît...

-Non, Marie !

-Recule ou je le bute !

-Laisse-moi voir comment il va.

Farid, c'est comme un frère. -C'est trop tard.

-Léa... Non.

Léa...

-Tout va bien.

Concernant Nicolas, je peux comprendre.

-Il s'est servi de moi.

-Votre dispute,

c'était à cause de ta famille.

C'est ça ?

-Je me suis foutue à genoux pour qu'il laisse tomber son bouquin,

pour moi, pour nous.

Il ne m'a jamais aimée, il ne voulait que nous salir.

-Marie, il t'a trahie. Tout le monde peut le comprendre.

-On peut le comprendre.

Baisse ton arme.

Fais-moi confiance.

-Appelez les secours. -Appelez les secours !

*-Bien reçu.

Bruit de la pluie.

Sirène.

...

-Il va mourir ?

-Je sais pas.

-Je voulais pas tirer... -Comme pour Nicolas.

-Non.

Je l'ai rejoint au vieux fort, il photographiait ses trucs nazis

pour les vendre. Son uniforme SS le faisait marrer.

Je lui ai dit que c'était une honte de vendre ça à des fachos.

Il a dit des horreurs sur ma famille.

-Tu savais que tu allais le tuer, tu as laissé ton téléphone

à Amsterdam. -Non. Je l'ai juste éteint.

J'ignore pourquoi ça a mal tourné.

Y avait ce flingue, il portait cet uniforme. Impossible de penser.

J'ai pointé le Luger sur lui,

j'ai vu du mépris dans ses yeux.

J'ai pas supporté.

...

-Hello !

-Oh !

-Ravie de te retrouver entier !

-Content de te retrouver.

-Remerciez le lieutenant Belladj.

-Avec plaisir. Par miracle, aucun organe vital n'a été touché.

-Je tenais à vous féliciter pour Theurot,

*commissaire. Merci. A charge

de revanche.

-Au revoir, Mme le maire.

-Elle voulait quoi ?

-Me dire qu'elle était fière

de vous. -Ah bon ? Eh ben.

-Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de quoi ! On va parler de quoi ?

-Il y a des choses sur les Wagner. -Je vous écoute.

-Pas très doués en affaires, vos aïeux.

-Pardon ? -Nuls en collaboration !

Ca a coûté cher à votre grand-père. -Je préfère ça.

Fier comme il était, il a dû garder ça pour lui.

Merci beaucoup. Vous partez

en Californie ? Vous allez faire un malheureux.

-Peut-être pas.

-Enfoiré ! Tu nous lâches ?

-Eh ouais ! Ta formation est terminée.

-Tout lâcher

pour une nana ! -Je tente le coup, on verra.

-Tu me manqueras. "I miss you". -"Too me".

-T'iras pas dans les "secret services" !

-J'apprends l'anglais.

-Vous m'enlevez mes hommes. -Je l'emmène au pays

des serial killers. Voyez ça comme un stage de formation.

-Et le trésor des nazis ? -Je ne sais pas,

il n'a peut-être jamais existé.

Ou d'autres se le sont appropriés. Tu viendras me voir en Californie !

-Evidemment, à Berkeley.

On suivrait cette femme

au bout du monde.

Moi, je reste avec vous.

-Vous faites ce que vous voulez.

-Je sais. -Je lui dis au revoir.

-Vous nous le volez un peu ! -Mais non.

-Voilà, c'est la fin de notre histoire. Je suis ravi

d'avoir travaillé avec vous.

-J'ai kiffé de travailler avec toi... Excusez-moi,

patron !

Ce fut un plaisir... Je te prends dans mes bras !

Allez, tous ensemble !

-Allez ! Allez ! -Venez !

-La tournée de notre patron ! -OUAIS !

-J'ai loupé un truc ?

-Oui, un sacré truc, le coming out de César.

-Son... -C'est pas vous qu'il a choisi.

Vous y avez cru !

-Pas du tout !

Le fond musical couvre les voix.

...

france.tv access

...

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