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...
Une cloche sonne au loin.
...
-Ah !
...
*Dalida : "Gigi l'Amoroso".
-Gigi l'Amoroso, croqueur d'amour,
l'oeil de velours, comme une caresse...
*-Gigi l'Amoroso,
*toujours vainqueur, parfois...
-Ca va, capitaine ? -Oui.
-Je viens d'arriver.
C'est bien bourge, ici. Ca a l'air calme, la nuit.
-Je sais, j'ai grandi ici.
A 14 ans, mes soirées de folie, c'était récital chez le consul.
-Ca me donne envie d'acheter une baraque ici.
-Oh, arrêtez.
Ca va, lieutenant ?
Dr Beaumont. On n'a pas eu besoin de vous réveiller, on dirait.
-Ca existe, des hommes qui me plantent pas à la dernière minute.
Mettez ça dans mon coffre.
-Bien sûr.
-Vous êtes pressée ?
-Un peu, oui.
Il est 5h18.
Le corps d'une femme...
Caucasienne, 25-35 ans, en décubitus ventral,
bras droit étendu sous le torse,
bras gauche fléchi près du visage, tête tournée vers la gauche,
pas de désordre vestimentaire apparent, pas d'élément suspect
dans les environs. Je vais la retourner.
-Battue à mort ?
-Frappée au visage,
muqueuses et conjonctives
très pâles, voire blanches.
Peut-être anémiée,
mais je pense plutôt qu'elle a subi une hémorragie massive.
Sauf que...
-Sauf que quoi ?
-Pas de perte de sang apparente. Conclusion ?
-Le corps a été déplacé.
Une cloche sonne.
...
-On a fouillé tout le parc : pas de traces de sang ni de sac à main.
On a trouvé cette carte d'identité dans sa poche.
Marcella Illiescu, roumaine.
-La coupe de cheveux et la forme du visage correspondent.
-OK, on vérifie qui elle est et on prévient ses proches.
Il faut récupérer les vidéos des rues alentour.
-Vous avez pas remarqué une trace de morsure sur le cou ?
Y a rien qui vous fait tilter ?
Une Roumaine, vidée de son sang... Non ?
Les vampires ! Dracula !
-C'est une femme, qu'on a tuée et tabassée, c'est pas une blague !
Ho ! La rubalise,
c'est moi qui vais l'enlever ? -On se voit à l'IML.
-Je dois vraiment aller à la visite médicale, j'ai déjà annulé 3 fois.
-Le Dr Chartier ? Bon courage.
Il m'a diagnostiqué une appendicite alors que je l'ai déjà eue enfant.
-Il est bien quand même ?
On frappe à la porte.
-Thé ? Chouquettes ? -Non, merci.
-Alors...
J'ai demandé à la Roumanie ses dossiers médicaux et dentaires.
Ca va traîner. -Et les empreintes ?
-Juste les siennes, sur un bouton de chemisier.
Mais d'autres sur la carte. -Celles du tueur ?
-Ca, c'est à vous de voir.
-C'est ses radios ? -Oui.
C'est allé vite. -Ce sont des fractures ?
-Ca, c'est un implant dans la mâchoire.
-J'en ai un. Agénésie. C'est un défaut de production de germes.
-Capitaine, je suis médecin.
-Marcella Illiescu...
Elle a dû perdre ses dents de lait après la révolution roumaine.
-Et alors ? -Vu le prix d'un implant,
ce n'était pas pour tout le monde.
-Et donc ?
-C'est une famille d'oligarques, ou qui s'est enrichie rapidement.
C'est peut-être lié à une organisation criminelle.
Qu'est-ce que... -Vous arrêtez pas, je vous écoute.
-La cause de la mort ?
-Vidée de son sang.
-"Vidée" ?
-Plus une goutte.
Et j'ai pas trouvé la moindre plaie
qui aurait permis la saignée, le mec qui a fait ça est un génie.
-Vous avez vérifié au niveau du... ?
-Oui. Dracula est hors de cause.
-Que faites-vous allongée là ?
-Je vais dormir un peu.
Je vous tiens au courant pour les analyses. Eteignez en sortant.
La porte claque.
...
-Bonjour. Excusez-moi. Capitaine César Wagner.
-Aucun problème. Moi, c'est Weiss.
Dr Arthur Weiss.
-Le Dr Chartier n'est pas là ? -Il nous a quittés trop tôt.
-C'est pas vrai... -Mais non, il a pris sa retraite.
On se déshabille ? -Pardon ?
-Oui, je dois vous ausculter.
-Bien sûr. Excusez-moi.
-Allez vous asseoir.
-Là ? -Oui, sur le bord.
Vous vous sentez bien ?
-Ca va.
Un petit problème de genou interne gauche,
mais ça va, je gère.
-D'accord. Respirez profondément.
-J'ai aussi la gorge enflée, au niveau des ganglions.
Et je pense avoir des ganglions sous les aisselles.
Et puis j'ai comme des palpitations à l'oreille droite.
Ou gauche. -Les deux ?
-Oui. Je suis un peu inquiet. -D'accord.
Remettez votre chemise.
Je vous propose qu'on fasse quelques examens.
-Oui, très bien.
Vous avez lu cette étude sur le rapport entre les ondes
de téléphone portable et le cancer du cerveau ?
-Non.
-Pourtant, c'est inquiétant.
Vous pensez savoir
ce que j'ai ?
-Il faut attendre les résultats.
Vous allez me faire
tout ça.
Ca, évidemment...
-Ca fait beaucoup.
Celui-là aussi ?
-Surtout celui-là.
Vous me faites tous ces examens, et ensuite vous revenez me voir.
Très vite.
-Merci, docteur. -Bon courage, capitaine.
-Au revoir. -Au revoir.
-La victime est la juriste en chef de la délégation roumaine
à la Cour européenne
des droits de l'homme.
-C'est une agression ?
-Non, on ne lui a rien dérobé.
On l'a vidée de son sang,
puis déplacée.
-C'est un prédateur.
-C'est peut-être un accident, à la base : la victime participe
à un plan cul,
genre "Fais-moi mal", il tape fort et maquille ça en crime rituel.
-Farid Belladj, profiler.
-Quoi ? Elle est habillée classe...
-On en est encore là ?!
Une fille, c'est une cible, qu'elle soit habillée en nonne ou pas !
-T'as raison.
Tous les mecs
sont des violeurs.
-Stop ! Pour l'instant, on n'écarte rien. Je veux un portrait clair
de cette jeune femme : A-t-elle un mari ? Une copine ?
-Pas de proches connus. On va étudier ses origines familiales.
-Vladimir Mirceanu
est l'un des 47 juges
de la CEDH et le probable futur président de la Cour.
-C'est le patron de la victime.
Il a un statut diplomatique, alors allez-y en douceur.
-On ne l'a même pas encore contacté.
-Je l'ai fait, il accepte de vous recevoir.
-Merci, alors. Merci.
Bips. -Excusez-moi !
S'il vous plaît. -On doit donner nos armes ?
-En entrant dans ce bâtiment, lieutenant, on sort du pays.
-Absolument.
-Il s'appelle Vladimir,
comme Vlad l'Empaleur, plus connu sous le nom de Dracula.
-Je plaisantais.
-Farid, renseignez-vous sur Marcella Illiescu à la DRH.
-Bien, je cherche la DRH. -T'as pris ta gousse d'ail ?
Désolée.
-Entrez.
-Bonjour.
-M. le juge, capitaine Wagner, police judiciaire.
-Y a erreur : je suis pas le juge, je suis le chauffeur.
-Votre nom ?
-Wolff. Le juge va arriver.
-Merci.
-Très bien. Elle ne peut pas vous recevoir sans demande officielle.
-Vous êtes sérieuse, là ? Rappelez-la et passez-la-moi.
-Non. -Rappelez-la.
-Vous, vous n'êtes pas
de la maison. -Non, la mienne est plus modeste.
C'est beau, j'aime bien.
-Vous êtes dans le palais des droits de l'homme.
Vous faites quoi ? -Je suis flic.
J'ai un problème, là.
-Je vais vous aider.
-Ah ?
Vous faites des visites guidées non autorisées ?
-Oui, pourquoi pas ?
-Spécial, comme ambiance. -C'est sûr.
-Bonjour.
-BONJOUR.
-Vladimir Mirceanu. Vous vouliez me voir ?
-Oui.
-Je vous en prie.
Je suis très sensible
à la lumière.
-Y a pas de problème,
M. le juge.
-La nouvelle m'a bouleversé.
Marcella était une collaboratrice de valeur.
-Hum.
-Désolé, je n'ai pour habitude d'exposer mes afflictions.
-Parlez-nous d'elle.
-Elle était discrète
et sérieuse.
-Vous lui connaissiez des proches ? Amis, collègues,
relations ?
-Nos missions sont prenantes.
Elle n'était mariée qu'à son travail.
-Ce meurtre rituel serait donc lié à son travail.
-"Rituel" ? Comment ça ?
-On l'a vidée de son sang.
Complètement.
On va fouiller son bureau. Où est-il ?
-Pour ça, il faut faire une demande officielle.
-Une demande officielle ?
-Le statut du bâtiment
implique certaines contraintes légales,
vous le savez. -Bien.
-Merci.
Une dernière chose... Nous aussi, on a nos contraintes.
Où étiez-vous, hier soir ?
-Je travaillais. Ici.
-Qui peut confirmer ?
-Nous avons tous un badge.
La sécurité vous donnera
mon heure de départ.
-Merci.
-A Marseille, le bureau,
on l'aurait retourné. -Mais ici, on n'est nulle part.
C'est pas un crime, de porter des lunettes teintées.
-Effectivement, le juge a badgé deux fois hier.
7h03, 23h07. -Une grosse journée.
A priori, il a un alibi.
-Ah, l'Europe...
-Ana, une Lettone. Elle est traductrice ici.
-C'est ça, oui. -Quoi ? J'ai récupéré des infos.
-On a vu.
-J'ai vu le dossier de la victime, et aussi son bureau.
-Et... ? -Quasiment vide.
-Genre ? Nettoyé ?
-En travaux.
-"Contraintes légales". C'est ça, ouais...
Bip.
-Arthur Weiss ? "Voulez-vous être mon ami ?"
OK.
-Hello.
Très joli garçon. C'est qui ?
-C'est personne.
-César Wagner, l'homme qui explore toutes les pistes ?
-N'importe quoi. -Oublions votre vie sexuelle.
-S'il vous plaît.
-La victime a été ligotée avec du gros Scotch ordinaire.
-Enlevée, attachée, frappée...
L'agresseur voulait pas seulement la tuer.
-La faire parler ?
-C'est plus qu'un enlèvement. -Elle a été vidée de son sang.
-Vous savez comment ça a été fait ?
-Non. Mystère total.
Mais j'ai du nouveau sur l'implant grâce à un ami spécialiste.
-Un ex ?
-Non, pas encore.
C'est bien un implant Rocky Mountain à structure en titane
qu'on ne trouvait qu'à l'Ouest.
-Et pas en Roumanie, à l'époque.
-Avec suffisamment de moyens, elle aurait pu voyager pour ça.
Tourisme médical.
-Ou alors, les Illiescu étaient des réfugiés, des diplomates,
des trafiquants... Bip.
Désolé, j'ai un rendez-vous.
Un rendez-vous important.
-Homme
ou femme ?
Oh... Mais t'es qui, toi ?
-Le garrot, c'est pas du caoutchouc ?
-Vous êtes allergique ? -Pas encore, mais on sait jamais.
L'aiguille, c'est du 45mm ?
Le 30mm existe, ça suffit amplement.
-Ca va bien se passer.
-C'est comme le diamètre : 0,9, c'est trop. Le 0,8 suffit.
Le sang circule parfaitement
avec le 0,8.
-Et voilà. C'était pas si dur que ça.
Monsieur Wagner ? On se réveille, monsieur Wagner !
M. Wagner !
-Wagner !
Vous êtes pâle. Ca va ?
-Oui, ça va.
-C'est quoi, cette histoire de vampire ?
-C'était juste une blague.
-Je trouve pas ça de très bon goût.
Et le juge ?
-Pas d'alibi. Chelou.
-Chelou ?
-Il vit enfermé dans son bureau
et il refuse de nous aider.
-Il est juste un peu bizarre.
-Que dit votre légiste ? -C'est pas ma légiste.
-Donc ?
-Marcella a été torturée. C'était une femme plutôt solitaire.
-On doit voir son appart.
-Son statut nous l'interdit.
-On fait quoi ?
-Je sais pas, mais je veux du concret.
-Greg, l'enlèvement, l'heure, la date :
vous avez avancé sur son emploi du temps ?
-Elle devait intervenir dans un colloque ce soir-là.
-Une intervention
sur l'expérience roumaine et le Danube ? C'est pas clair.
Je veux savoir qui l'a invitée, dans quel cadre,
et à quelle heure elle est repartie.
-Devinez qui parraine
l'événement. -Ma mère.
-Oui, bien sûr, j'étais
à ce colloque, et je m'en serais bien passée, si tu veux la vérité.
A quelle heure, le mariage ? -17 heures.
-Il faut y aller. Hop.
Merci.
-Tu la reconnais ?
-Laquelle ? -Celle-là.
-Non, désolée. Y avait du monde, hein.
-C'était une intervenante. -Alors, elle est pas intervenue.
Je suis restée jusqu'à la fin.
-On l'a enlevée avant.
Qui organisait ?
-Une fondation, comme il en existe des dizaines.
-Un lobby ?
Je te remercie.
...
Vibreur. *-Même le coeur arraché,
*la victime ne mourait pas immédiatement. L'organe ainsi...
...
-Oui ?
-Elise ? *-César ?
Faites vite, je regarde un doc sur les sacrifices humains.
-Passionnant.
-Oui, ça l'est.
-Je juge pas. Je me demandais si...
-Si j'ai trouvé comment on a saigné la victime ? Non, je réfléchis.
-Il faut peut-être chercher autrement.
Si c'était une maladie rare ou un virus inconnu ?
-Ou un vampire ? -Hé...
Pourquoi pas ? Ces histoires de vampires
s'expliquent par des maladies comme la porphyrie...
-Non, y a forcément quelque chose, et je vais forcément le trouver.
-J'espère.
Sinon, rien à voir, mais...
Que pensez-vous des ondes de téléphone portable ?
-Je pense qu'on va tous mourir de quelque chose. Bonne nuit.
-Tu les arrêtes pas ?
-Jamais pendant la Semaine du film fantastique.
-Bien sûr.
-C'est kiffant, ce que tu fais, te retrouver au coeur de l'Europe,
au coeur du pouvoir.
-Nous, les interprètes, on est des invisibles.
-Invisible, toi ? Arrête. Tout le monde te regarde.
-Et toi, tu poursuis les méchants ?
-Je suis plus dans un bureau qu'à cavaler derrière des hors-la-loi.
-Je te vois plutôt comme dans les films d'espionnage,
pistant quelqu'un dans l'ordinateur en suivant son téléphone...
-On sait le faire, ça.
-Toi, tu pourrais m'espionner ? -Toi ? Tous les jours, même.
Le problème, c'est que j'ai pas le droit.
-Si je te demandais de chercher quelqu'un, tu saurais le faire ?
-Techniquement, oui. Mais malheureusement, j'ai pas le droit.
-Vraiment pas ? J'aime les hommes qui prennent des initiatives.
-Tu me laisses pas le choix.
-Salut.
Ho !
Ma parole ! Le lieutenant Belladj est complètement accro !
-J'avoue. J'accroche bien.
Tu la trouves comment ? -Elle est bien.
-Quelle bombasse.
-Comment tu parles des filles ? -C'est une bombasse, avoue.
-Elle remplit peut-être sa liste.
-Sa liste ? -"A faire avant d'être casée".
T'es dans la catégorie "Mec avec un flingue et des menottes".
-Tu crois ?
-Ca va ? Merci.
-Une petite signature là.
Là.
Ici.
-Chartier ne se déplaçait jamais.
-C'est plus pratique comme ça. Là.
-J'ai déjà signé là.
-Au temps pour moi. Euh...
C'est bon, on a terminé. Capitaine, vous êtes là ?
-Oui, je travaille là.
-Bien sûr, c'est logique.
-Pardon. -Merci.
-Vous vouliez me parler ? -Oui.
-Patron ! J'ai ce que vous cherchiez.
-Vous êtes venu pour... ?
-Pour des... Vos tests. Ca avance, les tests ?
-Oui, mais je suis très occupé.
Et puis ça va mieux.
-Vous êtes sûr ?
-Oui. Pourquoi ? Vous êtes inquiet ? C'est urgent, ces tests ?
-Il faut les faire, c'est important.
Faites-les et venez me voir au plus vite.
Au revoir.
-Ca va, capitaine ?
-Oui, ça va.
-Voilà ce que j'ai trouvé sur Marcella Illiescu.
Une vie plutôt normale, enfance dans le centre de la Roumanie...
-Dans les Carpates ?
-Comment vous savez ?
Parents fonctionnaires, a fait ses études à Bucarest,
au Polytechnique local,
puis a bossé dans un service juridique là-bas.
-Pas de séjour connu en France ? -Pas avant d'intégrer la CEDH.
-Comment elle s'est payé cette prothèse dentaire ?
Continuez de chercher. Léa, venez avec moi.
-Oui. A toute.
-Rangez ça loin de moi,
s'il vous plaît.
-Oui.
-Merci.
-On va où, patron ?
-Je dois comprendre qui est
cette Marcella.
-On va chez elle en douce ?
-C'est pas possible. A moins de constater une effraction,
on doit attendre l'autorisation de la cour.
-Une effraction, ça changerait tout.
-C'est sûr.
Ich bon nichts geséhn. -Pardon ?
-J'ai rien vu, je vous dis.
-Patron ! Y a eu une effraction !
Bi uns im Hus ?
-Venez avec nous.
-Ich komme.
...
-Personne.
-(Dis-moi quels médicaments tu prends, je te dirai qui tu es.)
Léa ?
-Oui ?
-Il manque ceux
d'hier matin.
-Si elle est repassée les prendre...
-Elle n'est pas morte.
-Après les vampires, les morts-vivants.
-Capitaine Wagner, déjà de retour ?
Auriez-vous trouvé l'assassin ?
-Pas encore. Et le corps n'est pas celui de Marcella Illiescu.
-Vous n'êtes pas soulagé ?
-Bien sûr que si. Mais alors, cette femme qui est morte...
-On ignore qui c'est. D'autres collaboratrices ont disparu ?
-Je n'aime pas votre humour. -Ce n'en est pas.
On doit identifier la victime et retrouver la disparue.
Elles se connaissaient sûrement, et une des deux travaillait pour vous.
-Je n'en sais pas plus que ce que je vous ai déjà dit.
-Marcella avait une très bonne situation en Roumanie.
Pourquoi a-t-elle tout quitté pour venir ici ?
-Ici, nous protégeons les droits de 800 millions d'Européens.
Nous combattons l'injustice.
Marcella est une idéaliste.
Ici, c'est l'endroit parfait pour ceux qui veulent changer le monde.
Maintenant, pardonnez-moi,
mais j'ai une audience dans quelques instants.
-Vous êtes en congé ?
-En télétravail. Pas pour les autopsies,
je vous rassure.
Votre thé : fort ou léger ?
-Plutôt léger.
-Bravo pour votre découverte.
-L'implant dentaire m'a fait douter.
-L'IJ confirme que les empreintes de l'appartement diffèrent.
Et puis regardez : le pavillon de l'oreille, c'est pas le même.
-Chaque pavillon est unique.
-Exactement.
Mais elles ont la même taille, la même coupe de cheveux...
Tenez. -Merci.
Les deux jeux d'empreintes sont sur la carte d'identité.
Elles se connaissaient,
peut-être des collègues,
ce qui ferait 3 000 personnes à cibler à la CEDH.
-La moitié de femmes, j'espère.
-1 500 coups de fil
à passer.
-Ca nous dira pas si Marcella est morte, captive...
-Ou en fuite.
Il faut la trouver.
Au fait...
J'ai quelque chose à vous demander. Le médecin du travail, Weiss...
Que cherche-t-il, à travers ces analyses ?
Ca m'inquiète un peu. -Ah bon ?
C'est bizarre.
D'accord, je sais ce que vous avez. Et ça ne se soigne pas.
-C'est grave?
-Vous avez beaucoup de charme, et un brin de naïveté.
Vous êtes vraiment le seul à pas voir quand on vous drague.
-Pardon ?
-Chaque analyse lui permet de vous revoir. Il faut procéder comme ça,
avec vous ?
-Wagner, le standard du Téléthon, c'est vraiment nécessaire ?
-On doit identifier
la victime. -Ca mobilise tout le monde.
Voyez avec la CEDH.
-C'est fait, mais on n'a pas les emplois contractuels.
-Ca va être long ? -Vous voulez nous aider ?
-Police judiciaire de Strasbourg, puis-je parler à Mme Tabard ?
C'est vous-même ? Vous travaillez bien à la CEDH ?
Non, simple vérification de routine. Merci. Au revoir.
-On en a pour 8 jours.
-Si on pouvait tracer les portables, ça serait plus simple.
-T'as dit quoi ?
-Tracer les portables pour chercher les disparus.
-Je reviens.
-Il va où ? -Je sais pas.
-Farid !
Ca fait plaisir de te voir.
-Ton histoire d'espionner les téléphones...
Tu recherchais quelqu'un ?
Tu l'as trouvé ?
-Non. -C'était qui ?
-12/8. Pas mal.
-Elise Beaumont.
-La légiste ? Excusez-moi, M. Spivac.
Oui ? -Laissez César Wagner tranquille.
-Si je comprends bien, le Cpt. Wagner, c'est chasse gardée.
-Lui inventer des pathologies ? Il s'en invente déjà assez comme ça !
-Il n'est pas assez grand pour venir m'en parler lui-même ?
-Vous pensez le séduire comme ça ?
-J'aime les challenges.
-Ca suffira pas, pour lui.
Comme on dit :
que le meilleur gagne !
-On disait quoi ? 12/8 ! 12/8, c'est très bien. Parfait.
-Vous revoilà, vous.
-J'ai essayé
de vous joindre. -Oui ?
-Pour pas le perdre.
-J'ai identifié la victime : Tiphaine Legrand, traductrice.
-"Tiphaine Legrand, 1er".
Moteur électrique.
-Rien.
-Alors ?
-C'est bizarre... -Quelqu'un est déjà passé ?
-Non, c'est pas ça. Y a plein d'articles.
-Et ?
-Tous signés "Tiphaine Legrand".
-Elle faisait pas que des traductions.
...
-Ah !
César !
-C'est quoi, ça ?
-Quoi, ça ? Je colle à l'actu de ma ville !
-Vu le contexte, c'est glauque.
-C'est le Festival du film fantastique.
-Bien sûr.
-Vous ne l'aviez pas remarqué ?
-Quel contexte glauque ?
-Tu veux pas savoir.
-Vous êtes tendue,
en ce moment. -Désolée.
-Vous excusez pas, c'est une enquête compliquée.
-Avant de venir ici, à Marseille, j'ai vécu une histoire compliquée.
Cette enquête fait remonter des choses.
-Cadeau
de la maison.
-Merci, Philo.
-Bonsoir, Ana.
C'était plus simple de vous voir ici.
Parlez-nous de Tiphaine Legrand.
-C'était une bonne traductrice, on a bossé quelques fois ensemble.
Ca fait trois jours
que j'ai pas de nouvelle, pourtant elle devait m'envoyer un travail.
Elle m'a jamais plantée comme ça.
-On a trouvé des articles chez elle. Elle était journaliste ?
-Y a deux ans, elle était interprète dans une négo européenne
assez moche, ça l'a pas mal révoltée.
Elle a commencé à écrire
sur les coulisses
du Parlement pour son site.
-Quel genre de site ? -Un blog.
Bien renseigné.
Incisif.
Elle a été contactée par des lanceurs d'alerte.
-Elle devait annoncer un scoop prochainement.
-Je sais pas, on se connaissait pas si bien que ça.
-On a peut-être voulu la faire taire.
Et Marcella Illiescu, vous la connaissiez bien ?
-De nom, juste.
Excusez-moi, il faut que j'y aille.
-Je la trouve sacrément touchée, pour une fille
qu'elle connaissait peu.
-Elle est juste hyper sensible.
-Pourquoi fouiller un bureau en travaux ?
-On a l'autorisation, on montre à Mirceanu qu'on le lâche pas.
-C'est bon,
vous pouvez y aller.
Oui ?
-Elle est encore en vie. -Vous pensez la trouver ici ?
-Ceux qui ont torturé Tiphaine Legrand vont continuer.
Ca doit être compliqué, votre position :
rester juste, impartial,
même quand ça concerne votre pays.
-Quel rapport avec votre enquête ? Vous me prenez
pour un juge corrompu ?
Parce que les Roumains sont tous corrompus ou mendiants ?
-Ne dramatisez pas.
-Vérifiez donc les litiges que j'ai instruits :
aucun n'est lié aux affaires de ma famille.
-Je ne sais rien de votre famille, et même si on loue votre rectitude
et votre honnêteté, je pense que vous cachez quelque chose.
-Prouvez-le, alors. Je vais vous demander de partir.
Votre commission rogatoire ne concerne que le bureau de Marcella.
-Elle concerne toutes ses affaires, je vous prie de me les remettre.
-Voilà. Y en a encore des dizaines comme ça.
-Bon. Bienvenue à la CEDH.
-Au boulot. -Y a plus qu'à.
-On a déjà vu ce logo quelque part, non ?
-Dans le bureau du juge.
-Quoi ? Convoquer le juge ?
-Ils ont travaillé dans la même entreprise,
il nous l'a caché. -Il est héritier
d'une grosse famille d'industriels implantée dans pas mal de secteurs.
-Liés parfois au Danube.
-Retraitement des eaux usées, dépollution,
via une boîte européenne, la société Clearor.
-Dont voici l'emblème.
-C'est un peu vague.
Si on se plante, ceux qui sont là-haut demanderont nos têtes.
-Et sinon ?
-Trouvez-moi quelque chose d'un peu plus concret, et on en reparle.
-Pff...
-Quoi, "pff" ?
-Rien.
-Tiphaine Legrand a passé pas mal de coups de fil en Roumanie
ces derniers temps.
-On sait à qui ?
-A un journal, et au service com d'une boîte de Mirceanu.
-Clearor ? -C'est ça.
-Son scoop a un lien avec lui.
-Y a autre chose. Farid aimera pas. -Qu'est-ce que c'est ?
-Le numéro d'Ana revient souvent. -Normal : elles bossaient ensemble.
-Il revient très, très souvent.
Et puis Tiphaine a déménagé il y a peu, elle vivait chez Ana avant ça.
-Bon, elle va venir visiter nos locaux.
Assieds-toi.
Tu t'es foutue
de moi et de Belladj.
Tu ne connais pas Tiphaine ?
Elle a vécu chez toi.
-Je pensais que c'était pas important.
-Tu nous fais perdre du temps ! On doit sauver Marcella
et trouver le tueur !
-C'était fini, avec Tiphaine. On ne se voyait plus que pour le travail.
-Votre dernière
entrevue ? -Il y a quelques jours.
-Vous vous êtes pas engueulées chez toi la veille de sa mort ?
On a un témoin !
-Pourquoi
cette dispute ? -Je voulais qu'elle revienne.
Voilà, c'est tout.
-Et Marcella Illiescu, tu la connais toujours que de nom ?
On sait que tu l'as appelée
des dizaines de fois !
-C'est pour Marcella
que Tiphaine vous a quittée ?
-Oui.
-Ca te fait un mobile
pour le meurtre de Tiphaine.
-Mais j'ai tué personne, moi !
-T'étais où,
ce soir-là ?!
-Je ne sais plus... Si, j'étais à une session.
On y a passé la nuit, à cause des Estoniens et des Polonais.
-On va vérifier.
-Farid...
-"Lieutenant Belladj".
-C'est qui ? -Un gars bien, apparemment.
-Voilà ton thé vert. -Merci beaucoup.
-T'es accro, non ? Tu as besoin de ta dose de théine ?
-Sinon je me sens pas bien.
-Quoi ?
-T'as un téléphone fixe,
par hasard ? -Ben ouais, je...
-Tu me l'apportes ?
-Ouais. -Merci.
Fracas.
-Fais le zéro,
pour l'opératrice.
-Excuse-moi.
Pardon.
*Dr Beaumont,
*les médicaments
de Marcella... *-J'autopsie un corps
coupé en deux, là.
-Quoi ?
-Accident agricole. C'est pas du tout le moment.
On s'en reparle plus tard, d'accord ?
-Merci.
Vibreur.
...
César Wagner. Oui, monsieur le substitut ?
Oui, on peut se voir.
Où ça ?
Ah !
-8-4.
-Mon genou est abîmé.
-Oui...
Votre affaire
cause quelques remous en haut lieu.
-Ma mère ?
-On touche à l'Europe. "On ne mord pas
"la main
"qui vous nourrit."
-C'est bien son style.
-Que doit-on y mettre, dans cette main ?
Prêt ? -Oui.
Ah !
-9-4.
-Vous voulez savoir à quel point
le juge
est impliqué ?
-Il est lié à tout ça ?
-Oui. Et il mène le jeu.
On peut rien faire.
9-5.
-Ca me déplairait pas, d'avoir sa tête.
-Il est cloîtré dans son bureau.
-La BAC voit souvent des voitures avec plaque diplomatique
sur les berges du Rhin.
-Les prostituées ?
-La voiture du juge figure sur la liste des voitures repérées.
S'il venait à sortir de sa voiture à l'une de ces occasions
et que la police le contrôle, il accepterait sûrement de parler
en échange d'un peu de discrétion.
-J'aime bien venir jouer avec vous.
-Tant mieux.
-9-6.
-Décidément, encore vous !
-Vous êtes là ? -Je passais.
Vous jouez à quoi, là ?
-Et vous ?
-J'ai dit à vos hommes que je devais vous voir d'urgence.
-Je n'aurais pas cru au hasard. -Fallait que je vous parle.
-De mes tests médicaux ?
-J'ai déconné. Je suis désolé.
-Un patient a besoin d'avoir confiance en son médecin.
Surtout moi.
-Je suis venu pour ça. Je voudrais arrêter.
Arrêter d'être votre médecin.
-D'accord. Vous êtes cash.
-Joli, ces boiseries ! Dommage que ça sente le poney... Bonjour !
-BONJOUR.
-Que faites-vous là ? Dr Beaumont, Dr Weiss.
-C'est bon. -On se connaît.
-Je peux me changer ?
-Vous vouliez quoi ? J'ai fini de découper le corps.
-Les médicaments de Marcella : la fludrocortisone, c'est pour
une maladie endocrinienne ?
-De l'hypothyroïdie ? -Ou un Hashimoto.
-Ou polyendocrinopathie de type 1.
-De type 1 ? Je me marre.
-Un hypercortisolisme chronique ?
-Pour ça, il faudrait l'obésité, l'hirsutisme...
-Je connais pas la patiente. -Moi non plus, elle a disparu.
Maladie d'Addison...
-Et un syndrome de Schmidt.
-La combinaison de plusieurs pathologies ? Bonne idée,
capitaine.
-Pas mal, pour un flic et un médecin du travail.
Hou...
-Ces médicaments
sont vitaux, non ?
-Absolument. Sans eux,
c'est la mort à moyen terme. -Je vais vous laisser.
Pour vos analyses, laissez tomber.
Vous êtes en grande forme.
-Et si Marcella ne les a pas ? -Elle doit se les procurer.
-OK.
Capitaine Wagner. Passez-moi Greg, s'il vous plaît.
Le syndrome de Schmidt, y a des effets sur la gorge ?
-Vous recommencez ? -Quand j'avale... Un instant.
J'ai mal quand j'avale, pourtant on m'a enlevé mes amygdales.
-Les amygdales... -Oui.
-Retrouvez-moi à l'IML.
Greg, si Marcella vit toujours, il lui faut ses médicaments.
Vérifiez les commandes des pharmacies de Strasbourg.
Je vous envoie son traitement.
Dites à Léa de faire surveiller les quais, ça concerne le juge.
Alors ? -J'ai trouvé.
Vous vous rappelez, les marques aux poignets et aux chevilles ?
Les poignets, c'est parce qu'on l'a ligotée,
les chevilles... Vous voyez le sens des abrasions ?
On l'a suspendue par les pieds.
-Tête en bas pour que le sang s'évacue plus facilement. Par où ?
-Les amygdales. Enfin juste à côté. Vous m'y avez fait penser.
1 cm à côté, la carotide interne alimente le cerveau.
Le tueur a fait une incision en passant par la bouche,
sans laisser de traces apparentes.
-Qui est capable de faire ça ?
-Quelqu'un qui sait manier le scalpel.
-Merci, Elise. -César...
Son coeur battait encore.
-Elle était vivante quand il a fait ça ?
-Trouvez-moi cette ordure.
On frappe.
-On a la vidéosurveillance.
Voilà, c'est ça. Là.
Vous voyez cette camionnette blanche ? On la retrouve là...
Là...
Et là.
Elle a tourné un moment dans le quartier, et à 21 h, on la retrouve
ici... et là.
Elle est passée en mode fuite.
Pas moyen de voir le conducteur.
-Elle file où ?
-Jusqu'au port autonome.
-Y a plein de hangars là-bas. -L'idéal pour être tranquille.
-Listez les sociétés qui ont des hangars là-bas.
Commencez par celles qui ont un lien avec la Roumanie.
Rangez vos portables. Mettez-les dans vos poches.
Merci.
-Patron. -Oui ?
-Y a du nouveau.
-Dites-moi.
-On a eu Mirceanu, mais c'est pas le bon.
-Comment ça ?
-C'est qui ?
-D'après son passeport et sa carte de visite,
Vladimir Mirceanu, juge à la CEDH.
Le juge a un neveu
qui a le même nom que lui.
-C'est quoi, ça, encore ?
-Assieds-toi. Merci.
Donc... Vladimir Mirceanu. Tu peux nous confirmer ton identité ?
-Vous savez pas lire ?
-Et vous êtes juge ? A votre âge ? Vous êtes monté vite et haut.
-Plus haut que vous.
-C'est interdit, d'utiliser les services d'une prostituée.
A moins d'être son mac.
-Une prostituée ? Je pensais que cette femme faisait du stop.
-Ca, j'aime bien. C'est une blague ?
Tu la raconteras à tes potes en cellule, ils vont se marrer.
-En cellule ? Pour ça ? Non.
-Pour usurpation de la fonction
de juge à la CEDH.
-Tonton va être content
en apprenant ça.
-Allez-y, appelez-le.
...
-Vous utilisez ses frasques pour m'atteindre,
je me trompe ? Ou bien vous avez autre chose ?
-Un meurtre sadique.
-Je vous rappelle que je travaillais dans mon bureau,
à la Cour, à l'heure
des faits.
-Je sais, vous y passez toutes vos nuits. De quoi avez-vous peur ?
-Je travaille beaucoup.
-Votre neveu dit vous avoir appelé en visio le soir du meurtre.
Il était bien
à son domicile ?
Bien.
Je ne vous retiens pas.
Je vous préviendrai
quand le procureur aura statué sur votre neveu.
-Capitaine...
Vous savez que si on apprend son arrestation,
je devrai démissionner.
-Vous n'êtes pas en cause.
-Je suis un homme d'honneur,
c'est ce qui fait de moi ce que je suis.
-Alors, aidez-moi.
Ce colloque consacré aux fleuves, ça a un lien avec Clearor ?
-Marcella travaillait chez eux à la direction juridique
avant de venir me rejoindre.
-En quoi elle et Tiphaine menaçaient Clearor ?
-Je n'en sais rien.
C'est mon frère qui est aux manettes du groupe.
J'ai coupé tout lien
justement pour éviter les conflits d'intérêt.
-Que fait votre neveu avec votre voiture ?
-Il est étudiant, et en stage chez moi.
-Vous pouvez l'emmener.
-Merci.
Merci.
Vous et moi, nous sommes dans la même situation :
des descendants
de familles au nom puissant et encombrant.
Un titre d'officier de police n'y changera rien :
quoi que vous fassiez, les gens verront toujours en vous un Wagner.
-C'est ça, oui.
-Il me dit quelque chose, ce mec. -Le chauffeur ? Il s'appelle Wolff.
-Wolff ? Dylan ?
-Oui.
-Je l'ai coffré. Il a pris 4 piges de placard pour bagarre.
Son collègue à l'abattoir est resté sur le carreau.
-Il bossait dans un abattoir ? Il a des notions d'anatomie, alors.
-Je vais l'interroger.
-Le patron nous attend, on a trouvé quelque chose dans les hangars.
-OK. -Je m'occupe d'eux, moi.
A tout à l'heure.
Sirène.
...
-Bonjour.
-Etant donné la texture et la quantité, c'est certainement
le sang de Tiphaine. Merci.
-On l'a tuée ici.
-On l'aura suspendue là.
-Qui a pu faire ça ?
-Photographiez ça.
-Une empreinte de chaussure ? -Oui, elle est bien nette.
Téléphone.
-Oui, lieutenant ?
Quoi ? Où ça ? On arrive.
Le juge s'est fait tirer dessus. Léa, venez. Greg, restez ici.
Sirène.
...
-Il sortait de chez nous. Vous l'aviez rencontré par hasard ?
-Commissaire...
-J'en ai assez !
Je vais tenter de rattraper vos conneries avec le préfet !
-Ca va ?
Que s'est-il passé ?
-Après avoir déposé mon neveu, un motard est arrivé au croisement,
il a sorti une arme, je me suis jeté sur la banquette, il a tiré.
Après, je sais pas. Il est parti.
-Vous pourriez le décrire ? -Non.
-On va prendre votre déposition au calme, d'accord ?
-On va avoir du mal à l'interroger.
-Tu m'étonnes. C'est peut-être le juge qui l'a tué.
Téléphone.
-On a tiré de l'extérieur.
-Il est peut-être sorti avant de tirer.
-Non, je pense pas.
Vu les taches sur sa chemise, il était à l'arrière du véhicule
quand on a tiré.
Faudra vérifier les empreintes des chaussures de Wolff.
-OK.
-Une pharmacie a eu une commande de médicaments à livrer à la CEDH,
ceux de Marcella Illiescu.
Le déguisement, c'était obligé ?
-Je dois passer pour un coursier. Surveillez la sortie.
-On n'attend pas la BRI ?
-Non, ça aura périmé.
Je dois livrer ces médicaments à la salle des archives.
Bien sûr.
Dites-moi où c'est.
-Montez l'escalier, prenez la coursive
des salles de réunion,
après la 3e salle, prenez l'escalier, pas l'ascenseur,
descendez d'un demi-étage...
-Je me débrouillerai.
-Deuxième sous-sol !
-Y a quelqu'un ?!
J'apporte des médicaments.
Choc.
Les médicaments.
-Merci.
-Ca va, Marcella ?
N'ayez pas peur, je suis de la police.
J'enquête sur la mort
de Tiphaine, tout va bien.
Allez, venez.
...
Ca va mieux ?
-Non.
Elle est morte à cause de moi,
à cause de ce rapport que je lui ai donné.
-C'est quoi, le lien
entre la pollution du Danube et Tiphaine ?
-Ces documents datent de l'époque où j'étais chez Clearor.
Ils remportaient des marchés en tirant les prix.
Mais ils se contentaient
de stocker les déchets dans des terrains abandonnés.
Ca rapportait beaucoup.
-Sauf pour les riverains. Vous avez quitté Clearor pour ça,
non ?
-Oui.
-Quel rapport avec Tiphaine ?
Ils voulaient faire ça en France ?
-Ils le font déjà. Ici, à Strasbourg.
-Avec ce dossier,
Tiphaine allait les dénoncer.
-Pourquoi n'êtes-vous pas allée au colloque ?
-A cause de ma position auprès du juge.
Tiphaine a proposé d'y aller
à ma place et de se faire passer pour moi.
Personne ne connaissait notre lien, et on se ressemblait beaucoup.
Même ma concierge nous a confondues, une fois.
J'ai laissé le dossier
et ma carte d'identité dans ma voiture.
-Vous ne pouviez pas lui donner
directement ?
-C'est ce qu'on devait faire,
mais c'est devenu un peu compliqué avec son ex, une...
Une hystérique.
Il fallait éviter
qu'elle nous surprenne. -Après le meurtre,
vous vous êtes cachée.
-Dès que la radio a parlé du corps dans le parc, j'ai compris.
-Il fallait appeler la police.
-J'avais peur.
J'ai encore peur. Je suis la prochaine sur leur liste.
-Vous parlez de Clearor ?
-Oui.
-Et Wolff, vous savez comment ils l'ont recruté ?
-Le chauffeur ? Non.
Pourquoi vous me demandez ça ?
C'est lui qui l'aurait tuée ?
-On a retrouvé ses empreintes de chaussure.
On vous met sous protection. Un de mes hommes va vous raccompagner.
-On y va ?
Sonnette.
-Bonjour. -Bonjour.
On pouvait se parler au téléphone. -Je voulais voir où t'habites.
Depuis le temps.
-Le colloque sur les fleuves, pourquoi vous l'avez sponsorisé ?
-Des manifestations comme celle-là, on en soutient beaucoup.
Le service environnement voulait marquer le coup.
On a lancé
des programmes de dépollution
sur les bords
du Rhin.
-Ces programmes sont chapeautés par Clearor, c'est ça ?
-Oui, ils ont remporté l'appel d'offres.
-OK.
-César, dans quoi tu es encore en train de te lancer ?
-Je sais que j'ai pas toujours été à la hauteur de tes attentes,
mais je sais ce que je fais. Je dois vérifier quelque chose.
Claque la porte en partant.
-Ca va pas ?
-Non, ça va pas.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Sale nuit, sale réveil.
Et je me suis fait ratatiner par un avocat orchidoclaste.
-"Orchido" quoi ?
-Claste. C'est le mot savant pour "casse-couilles".
-Bien sûr.
-Cette journée va être pourrie. -On peut aller prendre l'air.
-Oui.
"Prendre l'air", c'est ça ?
-On joint l'utile à l'agréable.
...
Bonjour !
-Bonjour.
-Capitaine Wagner,
police judiciaire.
Vous la connaissez ?
-Oui, elle est venue il y a 15 jours me poser des questions.
-A propos de quoi ?
-Sur tout ce bazar, là-bas.
Elle m'a demandé quand ils avaient commencé
à entreposer.
-C'est fréquent ?
-Ils déposent des bidons presque toutes les semaines.
On s'en est plaints, mais personne n'a rien dit.
Que se passe-t-il ? -Vous avez fait analyser l'eau ?
-L'eau ? Pourquoi ? A cause de leurs bidons ?
Expliquez-moi.
-On ne peut rien dire, là, mais je vais appuyer
votre plainte.
-Au revoir. -Au revoir.
-Je vais aux toilettes. -OK.
Téléphone.
Oui, allô ?
Non, Christian. C'est pas moi.
J'en sais rien, appelle Maxime.
-Si un jour je dois me venger d'un homme, je ferai ça.
-Quoi ?
-J'entasse des fûts toxiques à côté de chez lui.
-C'est méchant. -Oui.
Le chewing-gum dans les cheveux, ça a moins de gueule, comme vendetta.
-Attendez... "Vendetta"...
J'ai lu un truc là-dessus.
-"Dracula" ?
-Non...
-"Légendes des Carpates". Ca va pas, César ?
-C'est de la documentation, ça. Voilà, je crois que c'est là...
-"La Transylvanie, terre rude peuplée d'hommes..."
-Plus bas.
-"La vengeance consommée froide..." -Très joli style.
"On rapporte que dans la région de Borsa,
"une vendetta est annoncée en saignant un animal du clan ennemi."
-Marcella et Mirceanu viennent de Borsa.
-Saigner Tiphaine, c'est un avertissement pour Marcella.
Téléphone.
-Oui, Léa ?
Bonjour.
Que s'est-il passé ?
-Elle s'est barrée.
-Elle était aux toilettes.
-Elle est la prochaine sur la liste après Wolff.
-Elle connaît le tueur.
-Sûrement. Le meurtre de Tiphaine renvoie à une ancienne tradition.
-Comment Wolff connaîtrait un vieux rituel des Carpates ?
-C'est pas à l'abattoir qu'il a appris à saigner comme ça.
-Pour Marcella, seul un juge a pu donner l'ordre.
-Le juge. Elle pense que c'est le juge. Il est sous protection ?
-Il a refusé.
-Il est à la Cour.
-Alors ? *-Non.
Il a pas fait médecine. -Et l'autre Vladimir, le neveu ?
-Je suis dessus, un instant.
Ca matche ! Il a fait plusieurs années de médecine à Bucarest.
-OK.
Sirène.
...
-Enfoiré !
...
-On se répartit les étages !
Bips.
...
-Marcella ! Arrêtez !
-Marcella !
-Lâchez-le.
-Elle est morte parce qu'il a voulu protéger sa famille !
-Vous faites
une erreur.
Léa !
-Ca ne peut être que lui. C'est son chauffeur, sa famille.
-Sa seule faute a été de ne pas dénoncer un autre Mirceanu,
son neveu. -C'est vrai, Marcella.
-Pourquoi ? -Il a peur.
-Tiphaine,
c'était un message pour vous deux.
Et il a tué Wolff
pour vous impressionner.
Il s'est ainsi débarrassé de son complice,
qui était devenu un témoin gênant.
C'est bien ça ?
-Oui.
-Ne lâchez pas. C'est important, ce que vous avez fait avec Tiphaine.
Après ça, ils pourront pas recommencer.
Vous avez sauvé
des vies. -Merci.
-Ca va ?
-Je m'en veux d'avoir rien dit.
J'ai compris que c'était mon neveu quand il a inventé cet appel visio.
Je lui ai dit de se rendre, alors il a fait arrêter la voiture,
a pris l'arme de service dans la boîte à gants,
a abattu mon chauffeur...
J'ai eu tellement peur.
-On ne l'a toujours pas retrouvé.
-S'il rejoint la Roumanie, il ne sera jamais inquiété.
Je dois vous aider à l'arrêter.
Je vais l'appeler. -Il se méfiera.
-Il aura besoin d'argent pour partir, il n'a que moi ici.
-Vous n'avez pas peur
pour votre réputation ? -Si. Très.
Mais parfois, il faut savoir affronter sa peur. Et puis...
Ma famille a besoin d'un sérieux rappel à l'ordre.
...
-Le voilà. -La cible est en vue.
*Personne n'intervient avant mon ordre.
Rires au loin.
-Putain... C'est la Nuit de l'épouvante,
ce soir.
-C'est quoi, ce bordel ?
*-On intervient ! -On y va !
Cris.
-Poussez-vous !
...
-Stop !
-Ca va ?
Merci.
-C'est moi qui vous remercie,
capitaine, vous m'avez aidé à relever la tête.
-Je défendrai votre réputation.
-Ne vous donnez pas cette peine. J'ai déjà donné ma démission.
Je rentre en Roumanie.
-Et l'Europe ?
-Des combats plus importants m'attendent au pays.
Je dois remettre de l'ordre dans les affaires des Mirceanu.
-Merci.
-Et puis je vous l'ai dit, Wagner :
la famille !
On n'échappe pas à sa famille !
-Non, j'ai dit...
Attendez. Excusez-moi, je vous rappelle.
J'espère que c'est important !
-Cet appel d'offres,
il faut le revoir.
-Tu plaisantes ? Y a des règles, tu sais.
-Oui, les marchés publics...
Ce gamin est malade
parce que Clearor a déversé des déchets dans une rivière.
Ca se passe en Roumanie, mais aussi ici, je peux t'emmener voir où.
-OK. Et qu'est-ce que je peux faire, moi ?
-Tu as des convictions, non ?
Laisser faire ça, c'est comme déverser ce poison dans la nature.
Tu me fais confiance,
maintenant ?
-Clearor va poursuivre Marcella en justice,
mais beaucoup d'ONG vont se faire un plaisir de médiatiser son cas.
-Elle a eu un courage incroyable, mais ça va lui coûter très cher.
Des affaires comme celle-ci, pas tous les jours, hein.
-J'aimerais bien vous dire oui.
-Au revoir. -Au revoir.
Léa ?
Si vous avez besoin de parler, je suis là.
Commissaire, je vous dois des explications.
-Je les ai eues par Mondénian.
Libre à vous d'y ajouter des excuses.
-On a résolu l'affaire.
-Mais j'ai peu goûté votre petit jeu.
Vous croyez que Mondénian vous soutiendra toujours ?
-Non. Et vous, vous le ferez ?
-Hop hop hop !
Les papiers du véhicule.
-Désolée, je les ai pas.
-Je vais devoir vous embarquer.
-Bien, Lt Belladj.
-Suivez-moi.
Tu peux m'appeler Farid.
-OK, Farid.
-Ah, docteur... -Encore là ?
-Des papiers à signer.
-Attention avec le capitaine. Vous êtes allergique au lapin ?
-Que faites-vous là ?
-On vient vous proposer un plan à trois.
-Elle plaisante.
-Un plan cocktail à trois.
-Bien sûr. -Allez !
-C'est un humour de légiste, ou tous les médecins ont le même ?
-C'est ce qu'on nous enseigne.
-L'essentiel s'apprend dans les fêtes.
-Je veux pas le savoir. -Mais si, on va vous raconter.
On m'a parlé d'un nouveau cocktail, Morsure fatale : jus de tomate,
ail, et la moitié des alcools du bar.
-C'est pas pour moi. -MAIS SI, C'EST POUR VOUS.
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