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Original subtitles

Tu verras, l'odeur, à force, on s'y fait.

- Pff ! - Je vois ça, oui.

Tu veux pas aller attendre en bas ?

Il n'est pas censé être là, le chef ?

Si. Il a dû se perdre, ce con.

"Gigi l'amoroso" par Dalida.

...

- Bonjour, capitaine. - Bonjour.

C'est vous qui avez découvert la victime ?

Affirmatif, j'étais un des premiers sur zone.

Il fait une chaleur là-dedans, le mec est mort depuis longtemps.

Il a mis le chauffage à fond.

- l'Afrique devait lui manquer. - Un étranger ?

Non, un médecin humanitaire.

Il rentrait du Congo, je crois.

Où il y a le virus Ebola.

Je sais pas.

Sifflement aigu dans sa tête. Si c'est contagieux,

faudra mettre des combinaisons, tout ça.

Je préviens de votre arrivée ?

Capitaine ?

Le sifflement s'arrête. Capitaine ?

Capitaine ?

J'ai oublié... au commissariat.

Les radiateurs,

- c'était quoi ? - Un truc d'appoint, fioul.

- Les ongles étaient cyanosés ? - Etaient quoi ?

Dites à la légiste de regarder aussi le monoxyde de carbone.

OK.

Ca va, la police ?

Salut, Patrick.

C'est quoi, ça ?

Dr Beaumont, médecin légiste.

Pff ! Qu'est-ce qu'il fout, putain ?

Thème du générique.

Il reste 20mn à Strasbourg

pour revenir.

Oui, Strasbourg est toujours mené 1 à 0

et ne trouve pas de solution offensive.

Cette action a failli les remettre dans le match.

Commentaires du match inintelligibles.

...

Hé, hé, hé !

-Oh là là ! Mais quelle erreur !

Et maintenant,

c'est Babacar Sy

qui passe à côté de son duel.

Et le mort de ce matin ?

Une intoxication au monoxyde

de carbone.

Vous auriez vu ça...

Quoi ?

Un corps de toute beauté.

Même si l'état de décomposition était un peu trop avancé.

Sifflement aigu dans sa tête. Quand tout part en lambeaux,

c'est ma limite, sa mâchoire est tombée.

Pardon, je sais, c'est difficile pour certains,

mais rassurez-vous,

- ça passera. - Pas avec moi, je suis pas un flic

très normal.

Eric, on n'a pas vu un beau jeu des Strasbourgeois jusqu'ici.

Ah, l'arbitre a arrêté

le jeu.

Que se passe-t-il ?

Babacar Sy s'est écroulé tout seul.

Oui, effectivement.

- Qui c'est ? - Babacar.

Mais il faut bien reconnaître qu'il a été transparent ce soir.

Pardon, Eric, on l'évacue, ça a l'air sérieux.

Sérieusement, pourquoi vous êtes

revenu à Strasbourg ?

- Marre de traquer les cols blancs ? - J'ai rien demandé du tout.

Ah, mutation ? On a couché avec la mauvaise personne ?

Si seulement.

Ils ont profité d'un problème que j'ai eu à Lyon pour m'éjecter.

Un problème ?

De santé.

- J'ai des palp... - Je veux rien savoir.

En revanche,

on peut demander l'addition et aller jouer au docteur.

- Vous êtes claustrophobe ? - Non, ça, j'y ai échappé.

C'est ma bouche ?

- Personne s'en est jamais plaint. - Non, c'est pas ça.

Alors, quoi ?

La mononucléose, vous l'avez déjà eue ?

Hein ?

- Non, pourquoi ? - Et des maladies un peu...

Pardon, pardon.

Ca n'a rien à voir avec vous, désolé.

C'est dommage, j'adore les ascenseurs.

Tant pis.

Sifflement aigu dans sa tête.

J'ai un problème avec les maladies en général.

Ah, j'avais pas remarqué.

Bon.

On se détend et on reprend à zéro, OK ?

Un portable sonne.

Un autre portable sonne.

- Bonjour, c'est par où ? - Par là.

Quel imbécile a fait déplacer le corps ?

C'est si compliqué d'attendre la légiste ?

Bonsoir. C'est moi.

J'aurais dû laisser le corps devant 25000 spectateurs ?

J'aurais préféré,

M. Le substitut, j'aurais pu faire la levée du corps dans les règles.

Capitaine.

- Voici le Lt Saskevitch. - Léa.

C'est votre 1er jour chez nous, c'est ça ?

- 2e. - Ah.

Vous l'auriez vue ce matin, si vous étiez venu.

Bien sûr.

- Montrez-moi où ça s'est passé. - Par ici.

- A 18h ? - Oui, je suis arrivé

un peu avant.

- Bonsoir, messieurs. - Bonsoir.

Alors ?

Greg, viens, s'il te plaît.

- Patron ? - Hm ?

- Luc Thomassot s'occupe... - Du centre de formation, je sais.

Vous vous connaissez ? Je pensais que vous veniez aussi d'arriver.

- C'est une longue histoire. - Je vous laisse.

Comment tu vas ?

J'arrive pas à le croire, c'était vraiment un gamin super.

Du Neuhof ?

Oui, un modèle, et pas que dans son quartier, c'était un très bon.

Il avait l'avenir devant lui.

L'équipe de France des moins de 20, les espoirs, la voie royale.

Ah, vous voilà.

Excuse-moi.

Il paraît que vous avez brillé par votre absence, ce matin ?

Je me sentais pas bien, j'ai un problème d'arythmie, je sais pas.

J'ai pris le dossier en main avec le Dr Beaumont.

Je me fiche de votre vie privée.

Je veux juste un chef de groupe à 100 %.

Avec ce footballeur, on va avoir les médias sur le dos.

Vous me réglez ça

- vite et bien. - OK.

A demain, à l'autopsie.

- Bonsoir. - BONSOIR.

On commence.

On va faire simple.

(Y a du beau monde.)

-Lame de 23. (-La patronne officie.)

Merci.

(Je vous parie qu'elle dit avoir trouvé dans les 5mn.)

(Je parie jamais.) (-Dommage.)

Coups de ciseaux.

Incision au scalpel.

Et voilà.

C'est ce que je pensais.

Notez le volume anormal

du ventricule gauche, ça a causé l'arrêt cardiaque et la mort.

Mort naturelle,

Dr Stern ?

Pr Stern.

Oui, l'hypertrophie,

c'est une pathologie fréquente chez les sportifs.

- Bien, merci, professeur. - Tenez-moi au courant

pour la conférence de presse.

Oui.

Et les analyses

toxicologiques ?

Vous connaissez la différence entre nous ?

J'en vois même 2 ou 3.

Je maîtrise le coût de mes interventions.

Du coup, je suis chef.

Les causes de la mort sont évidentes,

je ne ferai pas d'analyses toxicologiques.

Bien, allons-y.

Au revoir.

Au revoir.

Qu'est-ce qui vous a pris ?

Rien. Je veux être sûre de ne rien rater.

Vous n'avez pas à remettre en cause mon diagnostic.

C'est clair ?

Bien, à plus tard.

- A plus tard. - Merci.

Ca doit vous changer de la brigade financière, c'est sûr.

Les comptes offshore, il y a moins d'affect.

- Faudra se blinder. - Ca me fera pas être meilleur.

- Essayez de prendre de la distance. - Ouais.

- Avec vos gars, ça va comment ? - Ca va bien.

Diriger un groupe

sur des affaires criminelles, c'est dur.

- Je sais ce qui s'est passé à Lyon. - Ca se reproduira pas.

J'espère.

Ou votre carrière de chef finira aussi brusquement qu'elle a débuté.

Quelles que soient vos relations.

Ca va pas vider les caisses de vérifier qu'il n'y a rien d'autre.

Vous pensez à quoi ?

Ce serait pas le 1er sportif à s'en mettre plein le nez.

- Tous ne sont pas dopés. - Non, mais là,

ça arrange tout le monde.

Faut pas noircir la réputation de nos joueurs de baballe.

- Vous n'êtes pas très foot, vous. - Franchement,

des mecs qui courent après un ballon

avec un budget de coiffeur qui dépasse mon salaire annuel, non.

- Quoi, vous parlez avec les morts ? - J'ai déjà du mal avec les vivants.

Pardon, je dois

le recoudre.

Là, vous regardez l'estomac.

- A côté, c'est le foie. - Et derrière, c'est le pancréas.

- Vous avez fait médecine ? - En amateur.

- Docteur. - Hm ?

C'est pas vert comme ça l'intestin, normalement.

Non, c'est pas courant.

Il a ingéré quelque chose. Romain, 2mn.

C'est ce qui est à l'intérieur qui est vert.

- Là, le boyau est translucide. - Il faut faire un prélèvement.

Je dois le refermer, ordre du Pr Stern.

Elle a signé

le permis d'inhumer.

Bien, j'en ferai part

au prochain conseil municipal.

Merci, messieurs.

Merci.

M. Le substitut ?

- Mme le maire. - J'ai été au stade,

hier soir, du nouveau sur ce joueur ?

La légiste a conclu à une attaque.

Ah... Ca tombe vraiment mal.

Pour la famille ?

Pas de ça entre nous.

Evidemment, j'ai de la peine pour eux.

Mais on avait misé sur ce jeune, c'était un exemple de réussite.

Et il vous reste

une légende.

Il n'est pas question

- de dopage ? - Non.

Merci.

-Hypertrophie du ventricule. -Je ne peux pas répondre.

Hypertrophie.

Je ne peux pas répondre.

Bonjour.

Bonjour.

Patron, on pourra parler de ma place dans le groupe ?

Quelqu'un éternue et renifle.

Pardon.

15 gouttes 3 fois par jour, excellent contre le rhume.

- Merci. - De rien.

Patron, on...

Pff ! Ah oui, quand même.

Ca va, la police ?

- Bonjour. - Merci.

J'essaye.

J'aime beaucoup l'assise.

Rigide, on doit pouvoir faire plein de choses sur ce siège, non ?

Certainement. Vous êtes venue me donner le rapport d'autopsie ?

-Le rapport de Stern, on s'en fout. J'ai prélevé

- les intestins. - Et le permis d'inhumer ?

Je suis pas au courant. Bref, j'ai trouvé des résidus végétaux

mal digérés, vous voulez sentir ?

-Non, ça va. Et qu'est-ce que c'est ?

Une fois que c'est passé par le système digestif,

c'est pas évident à identifier, mais je sens une odeur herbacée,

mais quoi ?

Quoi ?

-Si je savais ? Mais j'ai senti ça chez Paulo.

Paulo ?

Un horticulteur, on a eu une histoire.

Enfin, le temps de se rouler dans ses plantes.

D'ailleurs, la citronnelle lui faisait un effet boeuf.

C'est un empoisonnement ?

Je pense, mais il faudrait lancer des analyses.

Votre patronne

- a déjà dit non. - C'est une truffe.

Hypertrophie ventriculaire ?

Le gamin aurait pu vivre longtemps avec ça.

OK. Du coup, vous me demandez un complément d'enquête, c'est ça ?

Voilà. En attendant, j'ai envoyé un échantillon à un ami botaniste.

- Paulo. - Non, Paulo est horticulteur.

Lui, c'est Antoine. Très sympa, mais grosse fixette sur le bondage.

Moi, le côté gigot...

Ca va.

Attention, la jalousie, c'est mauvais pour la santé.

- Je suis pas jaloux. - Parfait.

Tant mieux, oui.

C'est quoi, cette voiture de service ?

Elle est aussi propre que la caisse

de ma mère.

Je la lave

de temps en temps.

- Ca limite les crises d'asthme. - Vous êtes asthmatique ?

Non, mais 23 % des hommes déclarent l'asthme

autour de 40 ans.

On va faire quoi, là ?

- On va voir la famille Sy. - Le footeux ? Pour quoi faire ?

Voir sa cité, ses amis, ses ennemis, qui sait ?

OK, mais à la crim', on n'est pas censés bosser sur des crimes ?

Brouhaha.

Allez, partez d'ici.

Ca ira, j'ai l'habitude, patron.

A côté de Marseille, ici, c'est Eurodisney.

- Vous comptez tuer un gamin ? - Non, mettre la pression, normal.

J'aimerais éviter qu'on nous balance des frigos.

On leur offre une glace, c'est ça ?

On n'obtiendra aucune information avec une arme, OK ?

J'y vais seul.

Et je garde la bagnole ?

Le quartier

n'est pas sûr.

Tu fais quoi, toi ?

- Pardon. - Où tu vas ?

-Dr Schweitzer, de l'EFCS. Je viens voir la mère de Babacar.

Ta carte.

Les flics

- ont des cartes, pas moi. - Ouais, mais tes affaires ?

- T'as pas d'outils ? - Non, c'est juste une visite.

Hé, doc, y a combien d'os dans une main ?

- Il est flic, lui. - Il sait pas.

C'est un mytho.

Alors, d'abord,

il y a 14 phalanges, 5 métacarpiens,

le scaphoïde, le trapèze, trapézoïde, bien sûr.

C'est bon, doc, vous pouvez y aller.

Merci, monsieur.

Pardon.

- Donc, 27. - Hein ?

En tout, il y en a 27.

Il est spécial, lui.

Brouhaha.

Bonjour.

Brouhaha.

Madame Sy ?

Bonjour, César Wagner, j'enquête sur la mort de votre fils.

Je voulais vous présenter mes condoléances.

Merci.

Une enquête sur Babacar ?

Pour essayer de comprendre.

Tenez. C'est du bissap,

une tisane de fleur d'hibiscus, c'est très bon, goutez-le.

Babacar ne buvait

que ça.

Merci.

C'était quel genre de garçon ?

Le meilleur.

Tout le monde l'aimait.

Tout petit déjà, je savais qu'il allait faire

de grandes choses.

C'était un modèle pour les jeunes.

Il était malade

- du coeur ? - Je sais pas.

Le club lui avait fait faire

des examens médicaux ?

Je sais pas.

J'aurais dû le faire, moi, l'amener chez le docteur.

On l'aurait peut-être soigné.

Vous n'avez rien à vous reprocher.

Grâce à vous, il a réalisé son rêve

- de devenir footballeur. - Merci.

Si jamais quelque chose vous revenait à propos de Babacar,

je vous donne ma carte.

Quelqu'un qui aurait pu lui en vouloir.

Il n'est pas mort à cause de son coeur ?

- Vous savez quelque chose ? - Je ne veux

rien négliger.

Peut-être Marko.

Markovic.

C'est quelqu'un

- de la cité ? - Ils ont eu une histoire pas nette

l'an dernier, il a menacé de le tuer.

Merci.

Je sais que vous ne pouvez pas tout me dire, mais Babou,

j'avais que lui, alors, quand vous saurez la vérité,

vous me direz ?

Je vous le promets.

Je veux tout savoir sur un certain Markovic.

- C'est un caïd de cité. - Pardon.

Jordan Markovic, trafics en tout genre au Neuhof.

- Tout est sur sa fiche. - Sauf que les cités,

- c'est pour la BAC. - Je veux juste lui parler.

Bon courage.

Capitaine,

toucher à un mec comme ça, c'est jouer avec le feu.

Et si on fout le feu aux cités,

ça plaira pas au chef

et à la mairie.

Puis, pourquoi Markovic ?

La mort de Babacar est suspecte et ils avaient un contentieux.

Pardon, mais il n'y a pas

"d'affaire Babacar Sy" et ici, on fait pas d'enquêtes officieuses.

Message reçu.

Dans ce cas, finissez l'administratif.

Je veux tous vos rapports

avant demain soir, à Lyon aussi, on se la jouait

procéduriers.

Bien, Farid, bravo.

On va se taper de la paperasse

à cause de toi.

Expliquez-moi.

Pourquoi tu lui mets la misère ? Il a été nommé chef à ta place ?

Rien à voir, mais c'était pas loyal, il a été pistonné, ce mec.

Par qui ?

Tu viens d'où, toi, de Mars ?

Marseille nord.

Ben, vérifie

qui sont les Wagner

à Strasbourg.

On se connaît ?

- César... - Oui ?

Philomène Fischer.

Lycée Sturm.

Oui, oui.

Dis donc...

- T'es revenu à Strasbourg ? - Oui.

-Tu fais quoi ? Attends : Médecin, avocat ?

Gogo dancer ?

Dans ce genre.

Ca me fait hyper plaisir, dis donc.

Dire que t'as été

- mon 1er mec. - Euh...

- Derrière le gymnase. - Oh là là !

Oui. T'as été le dernier, je te rassure.

C'était si horrible ?

Non, mais c'était ta cousine qui me branchait, elle me voyait pas,

- donc je m'étais rabattue sur toi. - Oui.

Sacrée expérience.

- Je te sers un truc ? - Oui, un thé vert.

C'est parti.

Bips d'un véhicule.

Putain !

C'est bon, c'est bon, je suis là !

La fourrière ?

Capitaine Wagner, SRPJ. Vous pouvez m'embarquer un véhicule

rapidement ?

Les glaciers fondent.

Les activités humaines touchent le coeur réfrigérant de la planète.

A terme

Elle reçoit un texto.

Pff !

Elle reçoit un texto.

Pff ! Connard.

- Tu comprends maintenant ? - Oui.

Il a pas eu ce poste avec classe, mais il faut qu'on fasse notre taf.

Je me couche et j'accepte, c'est ça ?

On est une équipe, si t'as un problème avec le chef,

n'implique pas tout le monde.

Arrête, Léa, tu vois bien qu'il n'a aucune compétence.

- Comment tu peux le soutenir ? - Putain, je soutiens personne.

Faire respecter la loi, aider les gens, ça te parle ?

Les mecs qui jouent à qui pissera le plus loin, ça m'intéresse pas.

Elle reçoit un texto.

- C'est le chef. - Qu'est-ce qu'il dit ?

"Vous me l'envoyez quand il arrive."

Mais qui ?

Marko ?

La fourrière a embarqué ma caisse, un flic doit me signer un truc.

Quel flic ?

Commissaire "Vénère", je crois.

Entrez.

Merci.

- Jordan Markovic ? - Ma caisse.

- J'ai à vous parler. - Pas sans mon avocat.

Avec la fourrière, ça risque d'être un peu long.

Comment ça ?

100 balles

- que Marko l'envoie chier dans 5mn. - OK, tenu.

Non, on peut pas fumer ici.

Tu vas me confisquer

mes clopes, c'est ça ?

Venez avec moi.

Là, tout ce qui est vert.

Ca fait du bien ?

Babacar Sy, vous connaissez ?

-Babacar Sy ? Tout le monde connaît Babacar.

Un modèle, il paraît.

Ben ouais.

Dans ce camp, y a que le sport ou le rap pour s'en sortir.

Et du coup,

- vous lui en vouliez. - Pff !

Vous pouvez pas comprendre.

Je peux peut-être essayer.

Faudrait avoir les codes, être né dans le ghetto.

Je viens pas d'une cité, mais être enfermé dans un monde, je connais.

Je devais signer au FCS, mais dans mon milieu, ça se fait pas.

Problèmes de riches.

Oui, mais quand on est gamin, ça les rend pas plus supportables.

Et Babacar aurait fini par en avoir aussi.

- Il en avait déjà, des problèmes. - Avec son salaire de stagiaire ?

Il allait acheter un appart à sa mère, pas un studio à Neuhof,

un vrai truc, il payait cash.

Pourquoi vous l'avez menacé de mort ?

Il dit que c'était la guerre entre vous.

La guerre ? Vous comprenez rien.

Quand on est nés dans la même merde, ça sert à rien.

On se tirait dans les pattes, mais je devais me faire respecter.

Le soir,

il venait bouffer à la maison.

Regarde.

Babacar, c'était mon pote. Mon seul putain de vrai pote.

Bon, ils étaient potes et Marko était à Amsterdam.

Donc, on l'oublie.

Y a pas de crime,

- le mec a fait un infarctus. - Beaumont a décelé

- un empoisonnement. - Un poison, franchement ?

- Oui. - Pourquoi pas un sort ?

Il se passe quoi ici ?

Le proc' attend son PV de clôture

- sur le dossier Babacar Sy. - On a un problème.

Le capitaine a inventé

un crime et interroge des suspects :

Markovic.

Wagner, je voudrais vous voir.

Et vous, traitez-le encore comme ça et je vous colle à la circulation.

Rho...

Beaumont est formelle, le gamin a été empoisonné.

- C'est Stern qui a fait l'autopsie. - Justement, il faut la compléter.

Je devrais demander un complément d'enquête

parce que Beaumont

- se fait des films ? - Il y a les revenus de Babacar.

Il achetait un appartement cash. Il me faut une commission rogatoire

pour creuser du côté du club.

Je savais que vous étiez

un nid à emmerdes.

Bon, vous allez me boucler cette affaire qui n'en est pas une.

Et que ça saute.

Vous allez faire quoi ?

Tout de suite ?

Oui.

Vu que mon enquête est terminée,

je comptais aller voir un vieil ami.

Qu'est-ce qui m'a foutu des empotés pareils ?

Les gars, moi aussi, j'ai les boules,

mais c'est pas une raison pour courir comme des pintades !

Tu fais toujours aussi peur

- aux gamins. - Oh.

César Wagner.

Mon pire regret.

Et le mien, j'ai toujours rêvé

d'être tatoué.

T'aurais fait un sacré milieu récupérateur, dommage.

Mais bon, j'imagine que c'est le flic qui vient me voir.

- Tu veux quoi ? - Simple enquête de routine.

Me prends pas

- pour un con. - Montre-moi sa chambre.

Allez, on serre, on serre !

- Ca te rappelle des souvenirs, hm ? - Je dormais dans celle d'à côté.

Oui, je me souviens.

Il était sage,

- pas d'ennemis ? - Non.

Il était un peu difficile,

mais adorable.

Ouais.

La veille des matchs, vous mettez les joueurs au vert ici ?

Non, à l'hôtel,

juste à côté du stade.

- Tu restes avec eux ? - Oui, je les surveille.

Quand ils intègrent

le groupe pro...

Et la veille du drame,

- rien de bizarre ? - Non. Puis, pour une fois,

j'étais rentré chez moi, une petite fête.

Mais on m'a rien rapporté d'anormal.

Il était proche

- de certains joueurs ? - Non, à part Théo Grandchamps.

-Et... On peut le trouver où, ce Théo ?

Il a quitté le centre l'an passé, à cause de sa blessure.

Il est retourné à Neuhof, je crois qu'il a une sorte de food truck.

César ?

- On se connaît ? - Christian Haas, le président.

On s'est croisés quelquefois.

Mais tu préférais le foot aux amis de ta mère.

- Oui. - Elle m'a dit

pour ta promotion.

Elle a dit ça ?

Tu es là pour Babacar ? Je croyais que le dossier était clos.

- C'est en bonne voie. - Bien.

Mes joueurs ont besoin de calme.

J'ai une question.

Le club n'était pas au courant de ses problèmes d'hypertrophie ?

Si on devait faire passer des examens à tous nos stagiaires...

Non, on fait ça quand ils signent en pros.

Donc, ce serait arrivé avec son 1er contrat, pas de chance.

Désolé, on m'attend.

Je vous sers quoi ?

Vous êtes Théo ?

Je me casse, ça sent trop le poulet.

Mélanie.

Désolé, son frère est en zonzon,

- elle aime pas les keufs. - Babacar Sy, vous connaissez ?

Oui, il venait souvent.

Ca mange des kebabs,

- un sportif ? - Il venait me voir.

Vous avez failli passer pro,

- c'est ça ? - Rien à voir avec Bab.

Lui, c'était un dieu. Même si, voilà, y avait des...

Des problèmes ?

-Bab est mort du coeur, non ? Ils l'ont dit à la télé.

Lui, il voulait pas

- que ça se sache. - Il se savait malade ?

Il voulait le cacher aux autres, mais à moi, il pouvait pas,

il avait mal.

Si ces salauds du club l'avaient appris,

ils l'auraient viré.

Comme vous ?

Comme moi, oui.

Maintenant, je suis là.

Bab, lui, il m'a jamais lâché.

Il m'appelait, il venait me parler de son avenir.

Il m'invitait au stade.

Vous étiez

- à son dernier match ? - Non.

Normalement, je suis sur les VIP, mais là, le vigile m'a refoulé.

Merci, Théo.

- La plus grosse que t'as vue ? - Comme ça.

C'est énorme. Tu pourrais m'en montrer une, un jour ?

Parce que j'aimerais vraiment voir une cirrhose de l'intérieur.

- Tu l'exposeras ? - Là, je ferme la boutique.

C'est clair.

Ah, le plus beau flic du 6-7.

T'es flic, toi ?

Tu fais péter les PV ?

- Ben... - Je déconne. Installez-vous.

- Tu bois un truc ? - Oui.

Et reste, hein ?

- Vous en êtes où ? - Et vous ?

Pas génial, on veut que je boucle l'enquête.

Mais je continue sans rien dire. Il faudrait savoir

- ce qui l'a tué. - Les hommes, trop pressés.

Je peux pas lancer des analyses au hasard.

Je dois savoir ce que je cherche pour cibler le bon test.

Et votre botaniste ?

Antoine ? C'est mort.

Comme j'ai refusé de baisser ma culotte, il ne m'a rien dit.

Je dois trouver un moyen de forcer la main du procureur.

-Je vais me débrouiller. Peut-être dans les serres de Paulo.

C'est vrai que vous aimez les hommes

à la main verte.

Parce que je suis une belle plante.

- Oui ? - Patron.

La paperasse, je peux plus. Elle éternue.

Putain.

Ah oui, 15 gouttes...

J'aimerais vous aider.

Si vous voulez.

OK.

Vous croyez toujours à l'assassinat ?

Le fric pourrait être le mobile.

Continuez à chercher des rumeurs du côté de la presse sportive.

- OK. - Merci.

Madame Sy ? César Wagner.

Le policier, c'est ça.

Non, toujours rien.

Je sais, je vous ai promis.

Mais j'ai besoin de votre aide.

-On veut enterrer la vérité. La police sait des choses,

mais le procureur ne veut rien faire.

Une explication ?

J'y suis pour rien.

Mais ?

Mais il y a suspicion d'empoisonnement.

Cette mort, c'est tragique, mais déclencher une tempête pour ça ?

Et la vérité ? Pour sa famille, pour ces gamins qui l'admiraient.

Vous êtes intelligent, dites-moi : doit-on mettre le feu à cette cité

pour une simple hypothèse ?

Non, je préfère la certitude de la paix à l'hypothèse de la vérité.

Ce jeune est mort

- d'une malformation cardiaque. - Sa mort n'est pas naturelle,

ça, j'en suis certain.

Vous voudriez faire injure à Stern qui n'a rien trouvé de suspect ?

Si un média trouve une preuve avant nous,

il ne sera plus question d'honneur,

on finira à poil. Tous.

- Merci de m'avoir soutenu. - Ca va.

J'ai pas l'intention de servir de fusible.

Ah, votre mère veut vous voir, ce soir.

Dites-lui qu'il n'y a pas écrit "La Poste" là-dessus.

Il souffle.

C'est bon, rhabillez-vous.

Il est essoufflé.

Ah, mon Dieu...

Les douleurs partent de là et ça s'étend.

Qu'en dites-vous ? Moi, j'ai pensé à une hypertrophie ventriculaire.

Ca arrive chez les sportifs.

Oui, vous avez

un problème.

Grave ?

Voici l'adresse d'un confrère.

Un psy ?

Je ne pense pas pouvoir

résoudre ce problème.

Vous avez consulté

pour vos mains ?

Elles sont enflées, c'est signe d'une hyperthyroïdie.

Alors, c'est soit

une maladie de Basedow, soit une tumeur,

je peux pas dire.

Bon, j'y vais.

Paulo ?

Elise !

Ca fait un bail.

-Ouais, ça fait un bail. Depuis que tu m'as quitté, en fait.

- Mais je suis content de te revoir. - C'est toujours aussi beau, ici.

Et toi,

- tu es toujours aussi belle. - Flatteur.

- Tu pourrais me rendre service ? - Ah, je m'en doutais.

Tu pourrais m'aider à identifier ça ?

- C'est quoi ? - C'est une plante.

Ca sent le vomi.

Oui, ça a été digéré, mais tu sens pas une odeur herbacée ?

Non, mais Elise, je peux pas faire semblant.

Reprends ton truc et va-t'en. Oublie-moi.

- Mais Paulo... - Mais tu me fais mal.

T'es un vampire, Elise !

Tu pompes le sentiment des gens et tu les laisses mourir !

Hyène, t'as déchiré

mon coeur !

Ca sert à quoi ?

-Contre les rongeurs. C'est très efficace.

Et c'est quoi ?

Merci.

Alors, vous avez ouvert un complément d'information ?

Oui, le procureur m'a chargé de vous prévenir.

On m'a assuré

- que c'était une crise cardiaque. - Peut-être d'origine criminelle.

- Un empoisonnement. - Mais c'est horrible.

Si c'est un crime, ça va chauffer

au Neuhof.

Toute l'opposition va me tomber dessus.

Et qui mène l'enquête ? C'est pas un cow-boy, au moins ?

Il souffle.

Son portable sonne.

Allô ? -Patron ?

J'examine les comptes.

On aurait pu acheter Babacar pour qu'il fasse perdre l'équipe ?

Pourquoi ?

Ca clignote de partout.

Un stagiaire gagne entre 3 à 5000 euros par mois.

C'est la norme quand on n'est pas pro.

- -Et alors ? - Il a 250000 euros sur son compte.

L'argent venait de Jersey.

J'ai eu Tracfin, ils ont rigolé. -Je vous rappelle que je viens

de la Financière.

J'avais oublié.

Un footballeur reconnu qui se fait payer dans un paradis fiscal,

- c'est un pléonasme. - J'ai pas pu voir son contrat.

250000 euros, ça sent bon le bonus officieux.

On peut se voir pour en discuter ?

Ca attendra demain.

Ce soir, j'ai une obligation moins drôle.

Dentiste ?

Pire.

Marie-Ange.

Bonsoir, mon fils.

- Depuis un mois, tu aurais pu venir. - J'étais très occupé.

- Trop pour répondre à mes appels ? - Mon nouveau poste est prenant.

Ah.

Nous y voilà.

Je sens comme un reproche.

Ca n'a pas été facile

de te sortir du guêpier dans lequel tu t'étais mis.

- Et je dois renvoyer l'ascenseur. - Je t'avais rien demandé.

Tu aurais dû le faire.

Et bien plus tôt.

J'aurais pu te dire que tu faisais une erreur.

J'ai juste dénoncé

- un corrompu. - Oui, mais ton supérieur.

Ca change quoi ? Il se servait dans les saisies d'argent.

J'aurais dû l'imiter ?

C'est pas ce que je dis.

Mon fils, tu n'as pas une once de sens politique.

- Je te laisse les coups tordus. - Non, justement.

Sinon, on n'en serait pas là.

Et pour quel résultat, hm ?

Il a été suspendu quelques mois et toi ?

Je devais payer.

Voilà.

Quand on joue au justicier, après, on n'a pas le droit à l'erreur.

J'ai loupé une perquisition, mais c'était pas une erreur.

Je faisais

- une rupture d'anévrisme. - Ah.

Tes maladies.

J'en avais tous les symptômes.

Pourquoi je te parle de ça ?

Bon, César, t'as raison.

On va pas se chamailler.

Allez.

Assieds-toi.

- Tu habites au centre-ville ? - Hm.

Il y a une place pour toi, ici.

Tu sais ?

Bonsoir.

Tu te souviens de Christian ?

On s'est vus, oui.

Bonsoir, César.

Je vous ai invités tous les deux

car on a intérêt à parler ensemble.

Je ne parlerai pas de mon enquête.

Non, bien sûr, chacun son métier.

Ecoute, je sais que la politique ne t'intéresse pas.

Ca me désespère.

Mais on a beaucoup travaillé avec ce jeune

et ça porte ses fruits dans le quartier.

En quoi

ça me concerne ?

On fait un gros travail social, ce serait dommage de gâcher ça.

Et ce serait plus simple de conclure

- à une mort naturelle. - Oui.

- Non. - Si, c'est une maladie.

C'est pas ça.

Ecoute, enquête, trouve le coupable, s'il y en a un,

mais en douceur, d'accord ?

Les quartiers

sont calmes, je ne veux pas d'émeutes.

Ca ne le ramènera pas.

Surtout

aussi près des élections. Allez.

Je vais faire mon métier, ni plus ni moins.

Bonsoir.

- Des fleurs ? C'est gentil. - Attention.

Ces feuilles peuvent

tuer un footballeur.

C'est un laurier rose, Paulo les utilise contre les rongeurs.

De la mort aux rats ?

Voilà : Odeur banale, goût amer,

c'est toxique infusé ou avalé, et même le brûler,

c'est dangereux.

On reste là ou vous m'invitez à pénétrer votre intérieur ?

- Vous êtes sûre que ça l'a tué ? - Oui.

J'ai trouvé des traces d'oléandrine,

- un cardio-toxique du laurier. - Il aurait pu boire ça

dans du bissap ?

Oui, l'acidité du bissap aurait pu masquer le goût du laurier.

On en trouve où

- de ce laurier ? - C'est bien ça le problème.

On en trouve dans toutes les jardineries.

Ne bougez pas.

Vos recherches avec Paulo ont été intenses ?

Vous vous trompez.

Et l'heure de l'empoisonnement ?

Entre quelques minutes et quelques heures avant la mort.

Selon la dose absorbée.

Avec son hypertrophie, il ne pouvait pas s'en sortir.

Que se passe-t-il ?

Je crois aussi

que j'ai une hypertrophie.

Ca vous fait rire ?

Vous n'en avez pas

les symptômes.

Ca, c'est sûr.

- C'est pas marrant. - César, aucun !

C'est pas marrant.

- Bonjour. - Bonjour.

-Vous êtes space, vous. Depuis 3 jours,

vous avez tout fait pour lancer une enquête, ça marche enfin,

- et vous disparaissez. - Au commissariat, c'est hostile

ou les gens sont malades. Voire les deux.

- Vous avez ce que j'ai demandé ? - Oui.

Greg l'a débloqué.

Vous rentrez quand ?

Quand j'aurai trouvé.

OK.

-Allez, on s'applique ! Inter, exter !

Voilà, bien !

L'ambiance des terrains te manque ?

Babacar, il allait signer en Angleterre.

Tu l'as su comment ?

Il y a cet argent sur son compte, puis il avait téléchargé des applis

pour bosser

son anglais.

Le club avait réglé son départ pour Wigan.

Pour Babacar,

ça faisait un paquet de fric.

Mais bon,

sportivement, c'était une connerie.

Le club a toujours vendu ses talents au plus offrant.

Je sais.

J'ai essayé de les convaincre de renoncer.

Des gamins comme Babacar,

on n'en croise pas beaucoup, et ils le bradaient.

Mais bon, avec sa maladie, je comprends mieux.

Tu savais pas

- pour son coeur ? - Non, bien sûr que non.

Mais vu le prix auquel il partait,

les responsables, eux, devaient le savoir.

C'est Haas qui décide

- des transferts ? - Oui.

Il y a autre chose

- que je devrais savoir ? - Non.

-Bonjour, Dr Beaumont. J'ai besoin d'un service.

Deux, en fait, et en dehors des clous.

Non, il faudrait faire jouer vos relations.

Merci beaucoup.

Babou...

Babou.

Oh, Babou...

Babou...

Merci de ce que vous faites

pour moi.

J'aimerais faire plus, mais tant que l'enquête n'est pas terminée...

Babou.

- Babou. - Ca va aller.

Alors, vous, vous savez comment consoler une mère éplorée.

La théorie, je connais,

- la pratique, c'est plus compliqué. - Bon, voilà pour le 1er service.

Pour le second,

le club a bien fait faire des tests médicaux à Babacar.

En Allemagne.

Il pouvait pas partir en Angleterre sans bilan médical.

- l'heure de l'empoisonnement ? - Ah, ça, Stern est vexée,

donc, elle freine mes demandes.

- J'imaginais... - Je le range,

et on en parle après.

Voilà.

Je vous assure que votre soutien sera une plus-value pour le club.

Et je ne dis pas ça à tous nos sponsors.

Bien, on se revoit à la signature ?

Capitaine Wagner, police.

M. Haas, j'aurais des questions.

On peut aussi aller

- au commissariat. - Très drôle, César.

Christine, raccompagnez monsieur.

J'ai été ravi. Au revoir.

Assieds-toi, je t'en prie.

Je te sers un café ?

Non. Vous avez dissimulé des faits dans une enquête

- pour homicide. - Allons bon.

Vous saviez que Babacar était malade, et les Anglais,

eux aussi ?

Ecoute, on peut le regretter, mais c'est l'argent qui décide.

Quand on propose 10 millions

pour une de vos pépites, on commande un bilan de santé

et on signe.

Et là, le bilan est mauvais.

D'où un vice dans la vente.

Joliment dit.

Les Anglais sont pragmatiques, eux aussi.

Ils ont maintenu leur proposition, mais en baissant le prix.

Combien ?

2 millions.

C'est encore beaucoup pour un jeune joueur inexpérimenté et malade.

Alors, on a accepté.

Il me faudra une copie du contrat et de votre emploi du temps.

Sans commission rogatoire,

pas question.

Tu me soupçonnes d'avoir tué un de mes joueurs ?

Pour quelle raison ?

Pour le plaisir de perdre 2M ?

Son portable vibre.

Excuse-moi, mais j'ai un club à faire tourner.

Mes amitiés à ta mère.

Ah.

Très bien, et toi ?

J'ai trouvé un truc.

Regardez.

Babacar sort du vestiaire.

On est à 15mn avant le match. Ensuite, dans le couloir,

il sort du champ de la caméra

pendant 2mn 19

et revient dans le vestiaire.

On n'a rien trouvé de suspect dans les vestiaires.

Pas de trace de laurier rose.

OK, donc, il a pris le poison pendant ces deux minutes.

Il connaissait son assassin.

Il n'aurait pas bu

- n'importe quoi. - Théo, son pote, a été refoulé.

Ah, attendez.

- C'est lui ? - Oui.

- Il est parti. - Et Haas ?

-Il est arrivé après Thomassot. Autre chose, Thomassot a menti.

A propos de quoi ?

Il est rentré chez lui la veille du match, mais après,

il borne à Neuhof, vers minuit.

Il parlera en garde à vue, lui.

Non, Thomassot peut se balader où il veut, la nuit.

C'est quoi le problème ?

Lui seul pouvait approcher Babacar, vous le défendez parce que c'est

votre pote ?

-Je le crois incapable de tuer. Autrement, je serai intraitable,

ami ou pas, d'accord ?

Maintenant, je veux tout savoir sur ce qu'a fait Babacar.

Alors, vous m'interrogez à nouveau tout le monde, merci.

Bon, vous avez mangé quelque chose de particulier avant le match ?

Non, on avait l'habitude de manger ensemble,

la même chose.

Lui, il avait sa boisson, le bissap.

Le bissap.

C'est autorisé ?

Avant le match,

c'est interdit.

Il faisait le mur.

Il est sorti ?

Il a dit qu'il rentrait à sa cité, mais il avait une histoire à régler

avec sa copine.

- On m'a dit que vous étiez là. - Oui.

Ca va ?

Vous avez des nouvelles ?

Oui, j'en ai deux, une bonne et une mauvaise.

- D'accord. - Je suis convoquée par le Conseil

de l'Ordre des médecins.

Mais avec ma démonstration

sur l'oléandrine et un décolleté, ça devrait passer.

Vous avez pensé

à des excuses ?

Et la bonne nouvelle ?

J'ai enfin pu faire des calculs :

Selon moi, il a ingéré le poison

- 15mn avant le match. - 15mn ?

Là, vous devriez me faire une déclaration d'amour.

Pardon, merci.

Plus de fièvre, de frisson.

- M... M... M... Merci. - OK.

Il est allé voir une fille de sa cité, Mélanie N'Diaye.

Ca devait être important.

- Thomassot y était. - Ca fait beaucoup.

Attends, j'ai trouvé.

Je l'ai logée au Neuhof, je t'envoie ça.

Où est Wagner ?

Je sais pas.

On va pas l'attendre, on fonce.

Creuse sur la fille, on va la choper.

- Bonjour. - Salut.

Un kebab sauce blanche, boeuf.

Et...

- Et une bouteille d'eau. - Putain.

Et une frite !

Police, arrêtez-vous !

Putain, doucement !

Lâche-moi !

Arrête !

On se calme !

Ca va, calmée ?

- Doucement ! - Pourquoi

tu te débats, là ?

Doucement, je te dis !

Protestations.

Calmez-vous.

Reculez !

Ecartez-vous !

Allez, on s'écarte, c'est bon.

Y a un problème, là !?

- Elle fait quoi, là ? - Range ça.

On s'écarte.

- Tu te calmes ! - On se reverra.

C'est ça, ouais.

- T'es malade ? - Arrête, ça va.

Putain.

Jouer au cow-boy dans une cité, ça peut très mal finir.

Je suis désolée.

Bon, j'attends votre rapport.

Bonjour.

Vous vous souvenez de moi ?

Je vous signale

que vous n'êtes pas

en garde à vue.

Je sais que vous n'aimez pas la police,

mais vous pouvez m'aider.

Avec Babacar,

vous étiez ensemble ?

- Pourquoi il est venu, ce soir-là ? - Parce que je lui ai demandé.

-Vous m'aidez pas, là. Vous vous êtes engueulés ?

Je voulais pas qu'il parte.

On nous a rapporté qu'il était dans tous ses états après.

Pourquoi ?

Qu'est-ce que vous avez dit ? Ca peut être important.

Que j'étais enceinte.

Et il a pris ça comment ?

Ce soir-là, on n'a pas eu le temps de parler.

Son coach a débarqué et l'a emmené.

Mais au stade, il m'a dit qu'il ne partait plus.

Et qu'on allait être une famille.

Patron ?

Merci.

- Quoi ? - J'ai trouvé ça dans son sac.

- Dans son sac ? - Hm.

Bon, allez-y.

Mélanie.

Mélanie...

On a trouvé 5000 euros dans ton sac.

Tu peux expliquer ?

C'est mes économies.

Bien sûr.

Alors, voilà :

On va te placer en garde à vue,

le juge va délivrer un mandat de dépôt

et tu vas te retrouver en cellule.

En prison, il y en a qui vont adorer tes mèches.

Qui t'a donné ce pognon ?

Tu me regardes et tu me réponds ! Qui t'a donné ce pognon !?

Tu réponds, oui !?

Ca vient d'où, ces 5000 balles ?

Thomassot.

OK. Pourquoi ?

C'est quoi le rapport, pourquoi il te paye, là !?

Pourquoi !?

Il voulait pas que Babacar parte.

D'accord, mais il t'a demandé de faire quoi, pourquoi il te paye !?

- Mélanie, pourquoi il t'a payée !? - Pour dire que j'étais enceinte.

Lieutenant.

Thomassot, il est à vous.

On a vraiment tué Bab ?

Désolé, je peux rien dire.

Mais dis-moi au moins comment il est mort.

On lui a fait boire

du poison.

Quelqu'un vient.

Professeur.

Je m'excuse, j'ai eu tort de lancer des analyses sans votre accord.

Gardez vos excuses pour la commission disciplinaire.

Vous trouverez autre chose à faire quand vous aurez été radiée.

Mais enfin, il a été empoisonné.

J'avais raison.

Ben, vous le mettrez sur votre CV.

Ils vous attendent.

J'ai trouvé ça dans l'ordinateur de Thomassot.

C'était dans les saisies de la perquis', ça m'a échappé.

Putain.

J'aimerais

- que vous l'interrogiez. - Moi ?

Hm !

M. Luc Thomassot, vous êtes en garde à vue.

Il est 16h17.

Je vous assure qu'elle sera brève.

Bien. Confirmez-vous avoir donné de l'argent

à Mlle N'Diaye ?

Je voulais qu'elle m'aide à convaincre Babacar de rester ici.

-5000 euros, c'est une somme. Puis, en quoi ça vous concernait ?

Babacar,

c'est moi qui l'ai trouvé. On allait me le prendre.

Vous savez où c'est Wigan ? Personne ne le sait.

Et on leur vendait.

Babacar.

Une trahison.

- Evidemment. - Ca ne fait pas de lui un tueur.

La rancoeur,

ça pousse au pire.

Votre client voit partir

ses petits prodiges depuis des années, c'est dur.

Babacar, le talent brut,

votre vie

aurait pu changer.

Belle histoire.

- M. Thomassot... - Attendez, j'ai plus intéressant.

Vous voyez ce mail ?

C'est un contrat.

Votre client ne pouvait pas

laisser partir Babacar.

Vous avez parlé de lui avec un club espagnol.

C'était une occasion en or pour Babacar, il y avait de l'argent

- et un vrai défi sportif ! - Calmez-vous.

Puis vous pensiez surtout à vous, à un poste en Espagne.

On sait que Babacar a reçu une prime d'un club anglais

de 250000 euros.

La copine enceinte,

ça n'a pas marché,

donc vous avez eu cette idée de génie de créer ce cocktail.

Et vous en avez filé à Babacar pour qu'il foire sa prestation

face aux Anglais, ça aurait pu marcher.

Mais problème de dosage.

Babacar fait

un malaise.

Et il meurt.

Non, je vous jure, je l'ai pas tué !

Mon client a un alibi.

Il n'a pas pu arriver avant le match.

On vérifiera.

Je t'assure, César, je voulais que le meilleur pour Babacar.

Ce gamin, c'était pratiquement comme mon fils.

Vous aviez raison.

- Il a tué personne. - Patron ?

Il y a un truc avec Mélanie.

Elle dit qu'elle a vu Babacar au stade, mais elle était pas invitée.

- Tu l'as vue sur les cam' ? - Non.

Elle a menti ?

Ou elle est rentrée en évitant les caméras.

C'est elle que Babacar a vue avant le match.

- On va lui demander, elle est où ? - On l'a vue partir en courant.

Tu lui as dit quelque chose ?

J'ai peut-être parlé du poison.

Bon, trouvez-la-moi.

Patron ?

- On a reçu le contrat d'assurance. - Merci.

Bonjour, César.

Bonjour.

Tu voulais

- me parler ? - Oui.

Christian Haas dit que tu t'acharnes sur lui.

Je fais mon métier.

Et tu le fais

sûrement bien.

Je le pense.

Mais tu te trompes

sur Christian, il fait beaucoup pour la ville et je l'apprécie.

- Hm... - Non,

c'est juste un ami.

- Tu les choisis mal, tes amis. - Et toi, tu les juges un peu vite.

Ecoute, César.

Je sais que c'est pour m'atteindre que tu t'en prends à lui.

Alors, oublie-le.

- Même s'il est coupable ? - Impossible.

Pourquoi ?

Il ment, il freine mon enquête, il n'a pas d'alibi avant le match.

Tu sais pourquoi il ne t'a pas donné son alibi ?

Non.

Pour me protéger, c'est moi, son alibi.

On a dîné et il m'a conduite au match.

C'est plus

- qu'un ami, alors. - Disons que ça pourrait le devenir.

Il est intelligent, drôle, honnête et droit.

Tu sais ce que c'est, ça ?

Un contrat d'assurance.

Haas y a souscrit quand il a su que Babacar était malade.

Il a envoyé

un rapport médical tronqué, petite arnaque lucrative.

- Il va toucher plusieurs millions. - N'y prends pas trop de plaisir.

- Salut. - Salut.

Il est là-bas.

- C'est pas mal comme bureau. - Puis je risque pas d'y croiser

ma mère.

Et Mélanie ?

Aucune nouvelle. Mais on la voit sur une vidéo du stade, elle était

- dans les loges. - Elle n'a pas menti.

Non, mais le reste...

Il y a deux mois, elle avait un autre mec.

Je sais pas qui c'est.

Et là, elle chope une star du foot. Puis il n'y a qu'elle qui dit

- qu'il allait rester. - Elle le tue car il l'abandonne ?

De colère, oui, mais le poison, c'est prémédité.

Il nous faut l'ex.

- Ce serait une histoire de cul ? - De coeur.

De coeur.

Je dois vérifier quelque chose avec Beaumont.

Surveillez le food truck et trouvez qui est son ex.

Attendez.

- Et le dossier médical de Babacar ? - Envoyez-le à l'assurance.

-Qu'est-ce que t'as foutu !? Ouvre !

Je sais que t'es là !

Ouvre !

Elise ?

Ca va, Elise ?

Vous avez pleuré ?

Je suis morte.

On va me virer.

C'est Stern ?

Hm.

Je devrais lui faire bouffer ses perles.

Bon, je vais dire que tout est de ma faute.

Non, je vais dire à ma mère d'intervenir.

Vous avez le sens du sacrifice.

Oui, c'est dans ma nature.

J'ai besoin de vous, là.

Moi aussi.

Non, professionnellement.

Vous voulez savoir quoi ?

En fait, il y a un truc que j'ai pas bien compris.

Quand je vous ai dit que j'avais une hypertrophie,

vous avez ri, mais vous avez dit que j'en avais pas les symptômes.

Mais j'ai rien trouvé sur les symptômes d'une hypertrophie.

En fait, j'ai dit : "Si vous aviez les symptômes, je le saurais."

Je saisis pas.

Il n'y a pas de signes avant-coureurs.

On fait une crise cardiaque.

Donc Babacar n'a pas pu se plaindre de douleurs à Théo.

Non.

Merci.

Vous rigolez ?

- Pardon ? - Je viens avec vous.

D'accord.

- Vous restez là. - J'en étais sûre.

Si je suis pas revenu dans 10mn, appelez mon équipe.

S'il vous plaît.

Théo ?

Il tousse.

Théo !

Putain,

il répond jamais.

Théo, qu'est-ce que t'as foutu ?

- Je vais te sortir de là. - Laissez-moi.

Dis pas n'importe quoi. Respire.

Je veux mourir.

Je l'ai tué.

- Je sais, je sais. - Je l'ai tué.

Beaumont dit qu'il est chez Théo.

- Tout seul ? - C'est lui, l'ex de Mélanie.

Putain, fonce !

Les gars, Greg !

Olivier, tu viens.

Théo...

Pourquoi t'as fait ça ?

Je voulais juste qu'il rate son match.

Pourquoi ?

Théo, dis-moi pourquoi, s'il te plaît.

- Théo... - Il avait déjà tout.

Mais elle, il avait pas le droit de me la prendre.

C'est qui, elle ? C'est Mélanie ?

C'était ta copine ?

C'est par elle que tu lui as fait boire le poison, dans son bissap ?

Il se méfiait de rien.

Et elle, elle a compris trop tard.

- Maintenant, c'est fini. - De quoi ?

- Théo. - On va mourir comme lui.

- Et ensemble. - Arrête. Théo, reste avec moi.

La fumée, c'est quoi ?

Du laurier ?

- Où est Mélanie, dis-moi !? - Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est qui, Mélanie ? - La copine de Babacar.

Je peux pas rester là.

Occupez-vous de lui.

Théo, ça va ?

Mélanie !

Non, César !

Il tousse.

Mélanie !

Sirènes.

Ca va, patron ?

Et Théo ? Et Mélanie ?

Ca devrait aller, on les a évacués.

C'est eux ?

Alors,

- ils ont avoué ? - C'est juste Théo.

Il s'est servi d'elle pour donner le poison à Babacar.

Ca suffit, laissez-le respirer.

C'est un peu exagéré pour obtenir un check-up complet à l'hôpital.

L'hôpital, sûrement pas.

Avec toutes les maladies nosocomiales qui y traînent.

Je vous laisse pas partir comme ça.

- Vous avez perdu connaissance. - J'ai une promesse à tenir.

Vous m'accompagnez ?

- Quoi, vous quittez Strasbourg ? - Non, juste la police.

- Mais c'est complètement con. - Ouais, c'est complètement con.

Je suis pas capable de faire ce métier.

J'ai failli laisser Théo et Mélanie dans cette maison.

Quel flic

aurait fait ça ?

Mais vous les avez sauvés.

Et quel flic

aurait pu résoudre cette affaire, s'identifier autant à Babacar ?

Quel flic aurait tenu tête à ses hommes, à sa hiérarchie,

- à sa mère, surtout ? - Ma mère, pas grand-monde.

C'est gentil ce que vous dites.

Moi aussi, j'ai quelque chose

- à fêter. - Ah.

- Stern a retiré sa plainte. - Vous avez fait comment ?

-J'ai appuyé sur la corde sensible. A cette heure-ci,

elle est en pleine conférence de presse avec Mondenian

qui raconte combien l'intervention de Stern a été déterminante.

En gros, j'ai sauvé mes fesses en lui proposant les lauriers.

La liberté

- plutôt que la gloire. - Mais ça revient cher.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est moi.

J'ai fait tous les tests.

Donc si vous voulez connaître mon état de santé avant de passer

boire un verre...

Tout est là.

Du crémant ?

Ca vaut pas un pastis, mais je crois

que je m'y ferai.

A la vôtre !

Je voulais m'excuser, c'est vous qui aviez raison.

Moi, je voulais vous remercier.

Sans vous, je serais mort asphyxié.

En même temps, vous auriez fait pareil.

J'espère.

C'est sûr.

J'ai trouvé ça sur mon bureau.

C'est votre écriture, non ?

Oui, je pensais que ce serait...

C'est ça votre problème, vous pensez trop.

Oui.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Il y a du style pour une lettre de démission.

Bienvenu, capitaine.

Merci.

Bon, je vous souhaite une bonne soirée.

- Un dernier verre ! - Quoi, déjà ?

-Je me sens pas très bien. Amusez-vous.

- OH... - Non, amusez-vous, bonne soirée.

Son portable sonne.

Il reçoit un texto.

Oui, Elise.

Je me demandais

votre proposition tient toujours ?

Commençons par un verre.

Il rit.

Oui, normalement, c'est comme ça.

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