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Original subtitles

THÉ ET SYMPATHIE

- Bo Sturges ! - Hank, vieux frère !

Comment ça va ?

Ma femme, Alice. Alice, voici Bo Sturges,

le grand homme de notre promotion.

Avant de devenir un bon gros.

Décidément, les gars ont trouvé de sacrées belles filles.

PROMOTION 1946

Voici mon fils, Ferdie.

Il est en 2e année.

Vous ressemblez à votre père.

Prends ça pour un compliment, Ferdie.

Il ne m'imagine pas beau.

Ton père avait toutes les filles à ses pieds.

Mon mari adore ces réunions d'anciens élèves.

Le mien aussi, mais je ne viens qu'aux plus importantes.

Un enterrement serait bien plus drôle.

Encore un père de famille ? C'est fatigant.

Il est jaloux.

- T'es pas obligé de regarder. - Tu parles !

Marie-toi et tu auras des photos à montrer.

Ce soir, je vous amène des photos de mon usine.

Dites donc, ce n'est pas…

Si je m'attendais à le voir ici…

Il a le droit d'y être.

Tu serais venu, à sa place ?

Ils sont sortis.

C'était ma chambre il y a 10 ans. Je peux entrer ?

Allez-y.

Plaisir d'amour

Ne dure qu'un moment

Chagrin d'amour

Dure

Toute la vie

Permettez-moi.

Merci. Ce n'est pas grand-chose.

Mettez-les au soleil.

Le soleil les brûlera.

On voit que je n'ai eu mon premier jardin qu'ici, à la rentrée.

Vous êtes douée, alors.

Vous avez planté tout ça en octobre ?

Ce jardin manque de bleu.

Je vous trouverai des graines de myosotis.

Je les planterai.

Vous semblez vous y connaître.

J'avais un jardin, quand j'étais petit.

Mon père n'aimait pas beaucoup ça, bien sûr.

Mais il n'était jamais là.

L'idée venait de votre mère ?

Elle n'habitait pas avec nous.

Je ne l'ai pas vue depuis mes cinq ans.

Quand mes parents ont divorcé.

Je suis désolée.

Ne le soyez pas. Eux s'en moquent.

En principe, ma naissance devait les rapprocher l'un de l'autre.

Ça n'a pas marché.

C'est terrible de rater sa première mission dans la vie.

Vous ne voyez jamais votre mère ?

Jusqu'à 5 ans, j'étais avec elle, puis mon père m'a emmené.

J'ai tout oublié d'elle, sauf son "Va jouer ailleurs".

Où met-on ce vase ?

Dans le bureau.

Toutes les sections de sport sont à la plage avec mon mari.

Ne devriez-vous pas y être ? Avec le club de tennis ?

L'eau du thé doit bouillir.

J'ai retouché votre costume pour la pièce. Vous l'essaierez.

Je laisse la porte ouverte ou je la ferme ?

Comme vous voudrez.

Laissez-la entrouverte.

D'autres étudiants

viendront peut-être.

Je vous ai entendu chanter.

Je vous ai dérangée ?

Non, c'était très agréable.

Comment s'appelle cette chanson ?

Plaisir d'amour.

Plaisir d'amour ne dure qu'un moment

Chagrin d'amour dure toute la vie.

Est-ce vrai ?

Vous chantiez comme si vous connaissiez les chagrins d'amour.

Vous ne le croyez pas ?

Vous avez raison.

Les plaisirs seulement ?

Pas davantage.

Vous trichez, alors.

N'emmènerez-vous personne au bal, samedi ?

Vous.

Ne serez-vous pas hôtesse ?

Comme membre du comité, je vous escorterai.

Nous avons tiré au sort.

Et vous avez perdu ?

J'ai gagné.

Mon mari pourrait m'escorter.

Il ne sera pas en ville.

Sa section d'alpinisme

fait sa dernière sortie samedi.

C'est vrai. J'avais oublié.

Je devais découvrir avec tact et sans que vous le sachiez

de quelle couleur sera votre robe au bal.

Pourquoi ?

Le comité veut vous envoyer des fleurs.

Je n'ai pas grand choix !

Sans doute ma robe jaune.

Le comité confond les fleurs

et les couronnes mortuaires.

Aussi, je choisirai moi-même.

Vous avez dû en recevoir, des fleurs, quand vous étiez actrice.

Je n'ai battu aucun record.

Et je n'ai jamais brûlé les planches.

Je ne vous crois pas.

Vous avez tort.

Voyons un peu si ça va.

Je dois partir dans un instant.

Quand mon père saura que je joue une femme…

Vous êtes de bonne composition.

Papa veut que je fasse partie d'un des clubs.

Le club théâtral m'accepte si je joue ce rôle.

C'est un beau rôle. Lady Teazle dans L'École de la médisance.

Papa vient ici samedi pour assister au match de tennis.

Si vous le voyez, ne lui parlez pas de la pièce.

Il va falloir vous donner des formes.

Quelle taille vous plairait ?

Je ne sais pas. Décidez…

Vous devriez inviter une jeune fille à la pièce et au bal.

Je n'ai personne à inviter.

Je ne connais pas de filles.

Même chez vous ?

Depuis 10 ans, je ne suis pas rentré

chez moi.

Je suis toujours dans des colonies de vacances ou des pensions.

Je ne connais vraiment pas de fille.

Votre ami Al en connaît beaucoup.

Pourquoi ne pas lui dire

de vous en présenter ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas danser.

Je vous le dis pour que vous ne soyez pas déçue, samedi.

Alors, nous bavarderons.

Je pourrais vous apprendre à danser.

Je vais vous montrer.

Votre main gauche ici

et la droi…

Ne jouez pas les maladroits.

À votre âge, vous ne sauriez pas danser ?

Je ne blaguais pas.

Alors, venez. Prenez-moi par la taille.

Remettons ça à plus tard.

Nous aurions l'air absurde, avec nos 2 jupes.

On m'attend sur le terrain de golf.

Emportez la jupe chez vous et habituez-vous à elle.

Et puis, allez profiter du beau temps.

Merci pour le thé.

C'est la moindre des choses.

Désolée d'être en retard, Lilly.

Attendez-moi, Laura, je dois téléphoner.

La route est dégagée.

Nous y serons à 4 h.

Après la partie,

nous irons nous baigner.

C'est une belle journée.

Je pensais que vous iriez nager ou jouer au tennis.

Je me plais, ici.

Il y a un très joli coin près du 6e trou.

Si vous êtes fatiguée, venez m'y rejoindre.

Aucune chance ! Que lisez-vous ?

Candide.

Bonne chance.

Puis-je porter vos clubs ?

Non. Continuez votre lecture.

[MYOSOTIS.] ["NE M'OUBLIEZ PAS"]

Ces gosses viennent ici sans rien savoir des femmes.

Et ils passent quatre ans à échanger leurs ignorances !

Ils sont à l'âge de Roméo.

Excessifs…

Ils mourraient par amour ou quoi que ce soit d'autre !

Mon mari dit que leurs essais ont tous une fin dramatique.

À propos de Roméo excessif…

Vous vous êtes bien amusée ?

Non. Elle a gagné.

Vous étiez avec vos camarades ?

Ils sont près du garage à bateaux.

Moi, j'étais par là. C'est un bel endroit.

Vous le connaissez bien : vous y nagez tout le temps.

Nous avons pensé qu'ici, nous serions mieux abritées du vent.

Quelques tours de fil autour du bouton et ça tiendra mieux.

Excusez-moi.

Notre bonne me l'a appris. Elle m'a élevé.

Ça par exemple.

Regardez-moi ça !

Je cousais tous mes boutons, autrefois.

Vous cuisinez ?

Bien sûr.

Vous ferez une épouse parfaite.

Je crois que Bill a appris à coudre dans l'armée.

La 1re fois que j'ai cuisiné,

j'ai voulu faire des œufs au bacon pour papa et moi.

Croyant imiter la bonne, j'ai fait frire le bacon

dans du beurre !

Continuez,

cousez-en un autre !

On y retourne ?

Venez parler chiffons avec nous !

Allez donc les rejoindre.

Je t'ai fait mal ?

Je t'en apprendrai plus en vacances, cet été.

Tout est dans l'équilibre.

Montre-lui ta technique, Al.

M. Reynolds !

Je vais vous lire un mot, puis trois autres.

Choisissez celui qui va avec le 1er.

C'est ta matière forte ?

Premier mot : beauté.

Puis fleurs, femmes, musique.

Sans réfléchir.

Alors… femmes.

Mot suivant : distraction. Puis lecture, chasse, jardinage.

Chasse. Pourquoi ?

C'est un test : "Êtes-vous viril ?"

Quel est mon score ?

Pas mal.

Comment ça ?

Il faut répondre aux questions,

additionner les points, enfin ceux qui savent compter,

et ça vous dit si vous êtes un homme !

Chacun son tour !

La Commission d'Enquête sur la Virilité entend M. Reynolds.

Le témoin refuse de répondre à toute question tendancieuse.

Mais il est prêt à prouver sa mâle vaillance ! Qui veut lutter ?

Où est Ralph ?

D'où sors-tu ? Tu es mon seul challenger.

Ils ont trouvé Tom Lee.

- Où ? - De l'autre côté.

Pourquoi n'est-il pas avec nous ?

Parce qu'il coud !

C'est vrai ! Nous l'avons trouvé avec 3 femmes de profs.

Et Monsieur cousait !

Ça suffit, Steve !

Ton copain de chambre est sacré ?

Je te jure, Al, c'est vrai.

Il est avec Mme Sears, Mme Williams et Mme Reynolds.

Allons le chercher !

Tom n'est pas obligé de rester avec nous.

S'il préfère la compagnie des femmes, ça le regarde !

Faisons-lui faire ce test !

Pourquoi ? Ce serait du temps perdu.

N'empêche que Tom te battra aux finales de tennis !

Une catastrophe est toujours possible.

Et en jouant comment ?

"Fillette" fait des grâces à la balle !

- Pourquoi joue-t-il comme ça ? - Parce qu'il te bat !

Allez, on y va.

C'est interdit aux femmes ?

Plus ou moins.

Ça te gêne que je sois venue ?

Je me baignais à côté et je pensais te ramener avec moi.

Je ne savais pas que tu allais te baigner.

Ce n'était pas prévu.

Qu'y a-t-il ?

Votre quatuor a été remarqué.

Non, notre trio.

Tom était là.

Quelques minutes.

Le temps de coudre !

Mais il a rejoint les autres.

Ils sont revenus sans lui.

Ils ont dû monter cette histoire en épingle.

Je les comprends.

Tom a désormais un joli surnom : "Fillette".

Tu vas arranger ça, j'espère.

Arranger quoi ?

Et si c'était Al qui était resté avec nous ?

Il ne serait pas resté.

Dommage que tu aies participé.

"Participé" ?

Qu'est-ce que c'est ?

Rien d'important.

Je pensais que nous pourrions aller au Canada cet été, seuls.

Nous échapper, rien que nous deux.

J'ai déjà invité 2 ou 3 élèves à passer

les vacances avec nous.

Je ne peux pas m'en dédire.

Si tu m'en avais parlé avant…

Ce n'est pas ta faute !

Ne lui casse pas le bras ! On a besoin de lui !

Atout à l'heure, à la maison.

[FILLETTE LEE]

Al, on vient se rincer l'œil !

C'est la mère Morrison !

Je ne veux pas de votre bande de voyeurs dans ma chambre !

Tu ne peux pas leur dire de choisir une autre fenêtre ?

Ralph ! Elle a presque fini !

Allez lire vos livres pornos !

Si tu n'aimes pas ça, Fillette, n'en dégoûte pas les hommes !

Attention à la robe !

Abîmez pas la robe à Fillette !

Tu pourras t'en faire une autre avec des fanfreluches !

Foutez le camp !

Je croyais que tu faisais partie du club de sport !

Cette poule mouillée n'a pas à me traiter de voyeur !

Hé, Fillette… c'est ton cher papa ?

Ça va ?

La balle est pour Tom Lee. Il mène par 40 à 15.

La balle est pour Delwyn.

Jeu, Tom Lee.

Il mène par 4 jeux à 1.

Herb !

Il me semblait te reconnaître !

Viens voir le match de base-ball.

Le tennis en dentelles, moi, ça m'agace !

On joue un nouveau tennis ici.

Le simple-mixte !

Comprends pas.

Delwyn contre Fillette Lee !

On ne le verra pas à la partie de pyjamas.

Oh, si !

Nous irons le chercher nous-mêmes !

On me dit que tu as gagné.

Tu semblais avoir la situation bien en main.

Tu ne m'en veux pas d'être parti ? Je te rendais nerveux.

- Comment vas-tu ? - Très bien.

Les gars avaient l'air de vouloir te faire perdre.

C'est possible.

Pourquoi ? Pourquoi ne sont-ils pas tous tes copains ?

Ce sont des types bien !

Je ne sais pas pourquoi.

J'ai vu les individus qui t'ont applaudi.

Je t'ai souvent dit de choisir tes amis avec prudence.

On nous juge sur nos fréquentations.

Laisse-moi être ton ami.

L'amitié est difficile entre père et fils, mais

je voudrais essayer.

Avec plaisir.

On s'en va ?

Je veux féliciter l'équipe de base-ball. Belle victoire !

Ce soir, partie de pyjamas. Dire que je ne serai pas là !

Dommage.

Quand j'étais bizuth,

on a battu les anciens à plate couture

et on a presque tous gardé nos pyjamas.

Tu devrais te faire couper les cheveux en brosse.

Pourquoi ?

Tu devrais, c'est tout !

Sortons par là.

L'équipe est là-bas.

Nous passerons chez un coiffeur avant qu'il ferme.

Autrefois, j'en mangeais 2 par jour !

Ça a l'air bon.

Ellie, ton uniforme est crasseux.

Et alors ?

Une tache !

Très drôle !

T'as du chocolat, ici…

Propriété privée.

Aucun ami à toi parmi eux ?

Ça a drôlement changé depuis mon temps !

Oui, sans doute.

Merci beaucoup !

Il ne te manque rien, tu sais ! Tu iras loin dans la vie !

Ça aussi, c'est différent.

Ça, c'est Ellie.

J'ai oublié le nom de la nôtre.

Va danser avec elle.

Allons-nous-en, papa.

Hé, l'inconnu ! C'est 50 cents !

C'est moi qui paie.

À ce soir, Tom ! À 7 heures !

Je le lui dirai !

Ce garçon te parlait.

Un type sympathique.

Oui, sans doute.

Le coiffeur est ouvert. Débarrasse-toi de cette tignasse.

Je vais voir Bill Reynolds.

On se retrouve chez toi.

Je suis dans le jardin.

Venez.

Excusez-moi, je suis…

- Bonjour, M. Lee. - Comment le savez-vous ?

Bill a des photos de l'époque où vous jouiez ensemble.

Alors, je n'ai pas changé ?

Je m'appelle Laura. Enchantée.

Il a de la chance de vous avoir pour femme.

J'étais en train de semer des myosotis.

- Je ne veux pas… - Non, j'ai terminé.

Il faut que je vous félicite.

Pour quoi ?

Pour la victoire de Tom.

Vous étiez là ?

Oui, pendant un moment.

Je suis parti aussi.

C'est le printemps,

l'époque des bagarres, des nerfs à vif, des chahuts.

Vous vous en souvenez sûrement.

Mais c'était bien différent.

Alors t'es dans le coin ? Vous avez fait connaissance ?

Ta femme me plaît beaucoup !

Elle plaît à tout le monde.

Tu as une mine superbe, Bill !

J'essaie de rester en forme.

Je vais vous préparer un cocktail.

Je n'ai qu'un instant : mon train est à 6 h 54.

Ce ne sera pas long.

Une femme bien, Bill.

Herb… as-tu vu Tom ?

Je l'ai envoyé se faire couper les cheveux.

Que se passe-t-il, Bill ?

J'étais au match de tennis et j'ai eu honte.

On m'a tout raconté.

Ce surnom qu'ils lui ont donné : "Fillette" !

Que se passe-t-il ?

Tom est bizarre. Renfermé, secret.

Il est différent des autres et ils lui en veulent.

Tout ça est arrivé car mercredi dernier,

nous l'attendions à la plage,

et il est resté avec quelques femmes de professeurs.

Deux élèves l'ont trouvé.

Il était avec elles

en train de coudre !

Au fond, ça ne me surprend pas.

Une de nos bonnes lui a appris des choses comme ça.

Je l'ai renvoyée quand je l'ai su.

Mais que des femmes de professeurs l'encouragent…

C'est maladroit, en effet.

Pourquoi n'est-il pas comme les autres ?

Je lui ai donné toutes les chances de l'être.

Colonies de vacances, pensions…

J'ai toujours choisi pour lui les meilleures fréquentations.

Pourquoi n'en a-t-il rien tiré ?

Mon avis n'est peut-être pas valable, mais…

je crois que Tom est comme les autres, si cela a un sens.

Merci d'avoir dit cela, Laura, mais…

la réalité est différente.

Il est hors du rang, Herb.

Il apprendra à rentrer dans le rang.

Je veux être fier de lui.

Ça a toujours été mon but.

Mais il m'empêche de l'être !

Mes amis me demandent ce qu'il veut faire, et je leur dis

qu'il n'est pas encore fixé.

Je ne peux pas avouer qu'il veut devenir

chanteur !

Il est vraiment hors du coup.

Il va en voir de toutes les couleurs à la partie de pyjamas.

J'aime autant ne pas y assister.

Enfin… ça lui fera peut-être du bien.

Du bien, vous croyez, M. Lee ?

Ces chahuts ne font jamais de mal à personne !

Je vais préparer des sandwichs.

Ne vous dérangez pas. Je dois aller voir Tom.

Tu seras là, ce soir ?

Je vais aller parler à Tom.

Je déteste ce genre de tête-à-tête.

J'en ai déjà eu un, une fois, avec lui.

Et il s'est mis à vomir.

C'est terrible…

Pas besoin de sandwichs. Il est monté parler à Tom.

Et ne lui donne pas de conseils au sujet de son fils.

Il le connaît mieux que toi.

Je dîne avec le doyen.

J'ai tout préparé ici.

Désolé, mais lui et moi avons à parler.

Pourtant, tu iras à la partie de pyjamas ?

Rien ne me la ferait rater !

De quoi s'agit-il, au juste ?

Nous célébrons notre victoire sur Hanover.

Les anciens essaient d'arracher leurs pyjamas aux bizuths.

Ils vont passer Tom à tabac ?

Oui.

Il l'a bien cherché !

Qu'il devienne un homme !

Je ne t'ai jamais vu aussi en colère.

Je dirige cet établissement. J'y ai été étudiant.

Il doit rester propre…

quel que soit ton avis.

La mauvaise réputation d'un seul élève peut le détruire !

Elle peut aussi détruire cet élève,

le faire douter de lui toute sa vie…

Son père voulait que j'en fasse un homme.

- Et tu as échoué ? - Avec ton aide !

- L'incident de la plage ? - Ça et tout le reste.

Il aime mieux rester ici avec toi à lire des poèmes

que sortir avec nous !

Il n'a jamais eu de foyer !

Cette maison est ce qui y ressemble le plus,

et il voit en moi…

Quoi, exactement ?

Ne te mêle pas de ces choses.

Il y a un an, à ton arrivée,

je t'ai dit qu'avec ta sensibilité, ton rôle serait difficile.

Que tu rencontrerais beaucoup de garçons

qui auraient tous des problèmes déchirants, à première vue.

Tu m'as promis que tu ne t'y laisserais pas prendre.

Je m'en souviens.

Mais… à cet âge…

Quand j'étais élève ici, j'ai eu mes problèmes aussi.

Je restais dans ma chambre à écouter disque après disque.

J'avais un coin où je me cachais pour pleurer.

Mais je m'en suis tiré, Laura, et tout seul !

Quand la femme du proviseur t'a donné cette théière,

elle t'a donné son conseil habituel :

"Restez spectatrice".

Elle a raison !

Elle t'a conseillé de ne donner aux étudiants que du thé…

Du thé et de la sympathie, je me souviens.

C'est seulement que…

C'est cet âge ! 17 ou 18 ans…

Je sais bien !

L'âge de John quand…

Je sais… tu n'aimes pas que je parle de lui.

Mais il avait juste 18 ans quand je l'ai épousé.

Je sais combien on peut souffrir à cet âge.

C'est une période déchirante.

Ce ne sont plus des enfants et pas encore des hommes.

Ils se demandent s'ils réussiront leur vie d'homme.

Je ferais bien de me changer si je dois dîner avec le doyen.

Et tes cheveux ?

Le coiffeur a fermé avant mon tour.

Lundi matin sans faute.

Cette chambre a bien changé.

Moi, j'avais une pin-up

sur ce mur.

Des rideaux ? C'est à ça que sert ton argent ?

J'essaie de donner à cette pièce l'air d'un vrai foyer.

Mes affaires, à moi, traînaient partout.

Je n'ai jamais été très soigné…

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Un costume que Mme Reynolds m'a arrangé.

Je joue dans la pièce, samedi.

Tu joues quoi ?

Lady Teazle dans L'École de la médisance.

Écoute-moi bien…

- Tu ne joueras pas ce rôle ! - Pourquoi ?

Tu devrais être le premier à savoir pourquoi.

On viendra te chercher en taxi, Fillette !

Fais-toi belle pour 8 h moins le quart !

Et tu demandes pourquoi !

Mon propre fils…

Tu ne joueras pas ce rôle ! Tu n'es pas une "Fillette" !

Prouve-le-leur !

À toi aussi ?

Non. Pas à moi.

À Mme Reynolds ?

Sans doute.

Viens chez Bill et appelle celui qui monte la pièce.

Dis-lui que tu refuses.

Je le ferai plus tard.

Tout de suite !

Je vais téléphoner d'ici.

Non, viens chez Bill.

Écoute…

À la fête, ce soir, défends-toi.

Si j'apprends que tu ne les as pas matés…

alors…

Défends-toi, compris ?

Bill arrive tout de suite.

J'aimerais que Tom utilise votre téléphone,

si c'est possible,

pour avertir son metteur en scène qu'il ne jouera pas.

C'est pour moi qu'il fait ça.

Bill comprendra, lui.

Donne-moi le numéro du gars qui monte la pièce. Tom veut l'appeler.

- Il peut appeler d'ici ? - Pas de problème.

Quand pars-tu en montagne, Bill ?

Samedi prochain, Herb.

Emmène Tom avec toi.

Il est membre du comité du bal.

Mais il sera le bienvenu, comme toujours.

C'est le 326.

Tom ne joue plus dans la pièce.

Tu viens manger avec nous, Laura ?

Je n'ai pas faim, merci.

Dépêche-toi. J'ai un train à prendre.

Nous irons à la fête après. Tu es sûre… ?

Absolument.

C'est occupé.

Insiste.

Avant que je m'en aille, as-tu besoin de quelque chose ?

S'il te faut quoi que ce soit,

fais-moi signe.

À la semaine prochaine, Laura.

L'orage sera passé.

Laura, j'aimerais vraiment…

M. Mayberry ? Ici Tom Lee.

Je sais que c'est l'heure du dîner,

mais je voulais…

je voulais vous dire que…

je ne pourrai pas jouer dans la pièce.

Je ne peux pas !

Fred ? Ici Laura.

Le père de Tom…

trouve que Tom devrait surtout travailler ses examens.

Vous aviez bien une doublure pour ce rôle ?

Naturellement ! C'est une grosse déception pour Tom.

Nous en parlerons demain…

Il faudra lui garder sa boîte à couture, ce soir.

Elle pourrait s'abîmer !

Al, on viendra chercher la môme à 7 h 45 !

Joan Harrison vient prendre le thé ici, demain. Venez aussi.

Et invitez-la au bal de samedi.

Je vous avais invitée.

Vous me soupçonnez aussi ?

Comme les autres, comme mon père ?

Joan vous débarrassera de moi ?

Je l'ai invitée pour faire taire la calomnie.

Cendrillon, c'est l'heure du bal !

Mets ta belle robe et allons-y !

"Soufflons et poussons pour entrer dans la maison !"

Très bien… allons-y.

Vous n'y participez pas ?

C'est pour les gosses !

Tu n'y vas pas, Al ?

Quel intérêt ?

Calme-toi, Fillette.

Surtout, ne prends pas froid.

Je préfère m'en aller.

Voyons, il n'arrive jamais rien.

Il suffit d'une fois.

Allons, c'est un jeu !

Formons un cercle !

Protégez bien Fillette,

elle est fragile !

Déchirez pas le pyjama de Fillette !

Touchez pas à Fillette ! On la protège !

Celui qui la touche crèvera comme un chien !

Reste à l'abri des sales brutes !

Tu vois ? C'est inoffensif.

Soyez galants avec Fillette, ou elle va pleurer !

Tu devrais pas faire ça, Al, mais puisque tu t'y mets…

Je n'aurais pas dû intervenir, mais je n'ai pas réfléchi…

Ça ne fait rien.

Avez-vous de quoi vous soigner ?

Je voulais vous remercier pour les graines.

C'est bien entendu ? Thé, lundi, avec Joan ?

Je ne sais pas, père.

C'était ridicule que personne ne déchire le pyjama de Tom.

J'ignore pourquoi j'ai fait ça.

Comment ça, "Qu'en pense l'équipe ?"

Comment l'as-tu appris ?

Oui, je connais Mike.

Oui, c'est un brave type. Il joue avant-centre.

Écoute, père, ça ne sera pas facile.

C'est bien tard, et même si je voulais changer…

D'accord. J'y réfléchirai.

Je ne peux pas être plus affirmatif. J'y réfléchirai !

Je m'excuse, père… mais ça sera difficile.

Je vais être en retard.

M. Reynolds est là ?

Non. Je peux vous aider ?

Je repasserai plus tard.

Il ne rentrera pas avant l'heure du dîner.

Alors, vous pourriez peut-être lui faire une commission.

Je change de chambre à la rentrée.

Je voulais juste le prévenir à temps.

Je sais qu'il regrettera de vous perdre, Al.

Je logerai dans le bâtiment de M. Harmon.

Tom aussi ?

Non. Seulement moi.

Tom est-il au courant ?

Entrez donc un moment…

Une cigarette ?

Je suis à l'entraînement.

Ça ne sera pas facile de dire cela à Tom.

Je regrette que vous ne restiez pas compagnons de chambre.

Mon père m'a appelé.

Il veut que j'aille habiter avec Mike Farrell.

Il dit que c'est un type bien.

Il a toujours voulu que j'habite avec lui.

Je crois qu'il a logé avec le père de Mike…

J'ai beaucoup admiré votre geste, au feu de joie.

Il fallait du courage… pas du courage physique, mais moral.

Vous connaissez Tom mieux que quiconque.

Si vous changez de chambre, ça l'achèvera dans ses études

et peut-être davantage.

Mais c'est mon père, les copains, et…

Et quoi ?

Il a vraiment des manières…

Pourquoi marche-t-il en…

Pourquoi évite-t-il nos conversations ?

Il ne parle que de musique !

Il veut être chanteur, alors il en parle.

- Il ne sort jamais une fille. - Ce qui prouve ?

Il est toujours seul à se promener en vélo

ou à écouter des disques dans la salle de musique.

Il y a des moments où l'on préfère la solitude à la foule.

Quand on est très amoureux, par exemple.

Oui, il est peut-être amoureux.

J'habite avec lui.

Il n'écrit à aucune fille.

Il ne parle d'aucune fille ! Il ne peut pas être amoureux !

Je reviendrai voir M. Reynolds plus tard.

Supposez que je commence à parler de vous…

Comment ça, "parler" ?

Je ne sais pas…

Par exemple, dire de vous ce que l'on dit de Tom.

"Fillette" ? Ça ne prendrait jamais !

Pourquoi ?

Parce que vous êtes fort et cultivez vos muscles ?

Parce que vous êtes

un "chef" ?

Vous ne feriez pas ça ?

Non, probablement pas.

Mais je pourrais.

Cela vous montrerait comment se défait une réputation.

Une fois la rumeur lancée,

vous verriez comme vos manières viriles

deviendraient soudain suspectes.

J'ai une chance de devenir capitaine de l'équipe…

Je ne vais pas vous la faire perdre.

Sans vouloir vous offenser, vous pouvez toujours parler :

vous n'êtes pas impliquée ! Vous n'êtes qu'une spectatrice.

Vous ne risquez rien, de toute façon.

Excusez-moi.

Votre critique est justifiée.

J'aurais dû me taire.

C'est vrai…

je ne suis qu'une spectatrice.

Excusez-moi.

Vous êtes épatante.

Vous êtes la femme de prof la plus chic que j'aie connue !

Je regrette.

Je regrette aussi.

Vous vouliez ceci Votre… Tom

Je te dérange ?

À vrai dire, je n'écoutais pas.

Tu as une jolie cravate.

Elle est à toi. Tu la veux ?

Je n'en porte qu'une à la fois.

Tu viens écouter des disques ?

C'est dur pour toi, hein ?

À l'université de mon frère, il y a souvent des bagarres.

Sans raison…

Ici, ils tombent tous sur un seul gars et…

J'ai été à une réunion du comité du bal.

Je n'en fais plus partie !

Sous prétexte que je me suis dégonflé pour jouer la pièce !

- Fais quelque chose ! - Mais quoi ?

Tu pourrais…

Je ne sais pas.

J'ai fait l'indifférent…

mais je n'en peux plus !

Le problème, c'est que…

mes moindres actions me semblent équivoques, à présent !

Ça t'ennuierait que j'essaie de t'aider ?

Mais comment ?

Ça va peut-être te rendre furieux et te paraître idiot.

Mais les gens raisonnent ainsi.

Tu peux t'aider toi-même, rien qu'en changeant ton apparence.

Me couper les cheveux ?

Pourquoi est-ce plus viril d'être coiffé…

Je n'en sais rien, mais…

J'ai déjà eu les cheveux en brosse !

Ça ne va ni à mes cheveux, ni à ma tête !

Pardon, Al… je ne voulais pas te crier dessus.

Merci d'avoir essayé de m'aider.

Ta façon de marcher…

J'essaie de t'aider.

Ma démarche n'a jamais gêné personne avant mercredi !

N'en parlons plus.

Montre-moi comment je marche.

Vas-y… marche.

Je ne pourrai même plus marcher !

Je marche… dis-moi comment.

Je ne sais pas. C'est comme…

Comprends pas.

Montre-moi.

Je ne saurais pas, moi.

Alors, je vais étudier ta démarche.

Je n'ai jamais fait attention.

Recommence.

Si tu en parles aux autres…

Tu m'en crois capable ?

Tu marches bien. Je vais essayer de t'imiter.

Tu crois que ça changera quelque chose ?

Je ne sais pas.

Plus maintenant.

Merci quand même.

Tu nous as tous entendus

parler de femmes, nous vanter de nos exploits, hein ?

Oui, et alors ?

Tu ne vas pas au bal de samedi.

Plus maintenant.

Tu connais Ellie, la serveuse du snack ?

Oui. Et alors ?

Tu sais ce qu'en pensent les gars.

Tombe-lui dessus, samedi soir.

Que veux-tu dire ?

Faut que je te fasse un dessin ?

Ellie Martin…

Je sais, elle est pas terrible…

Si je suis pris, je serai renvoyé !

Aucun risque. Et le lendemain, ça se saura.

Pas les profs ! Les gars ! Ellie est un moulin à paroles !

Ta réputation serait faite !

Tu plaisantes ?

Évidemment…

si tu n'aimes pas ce genre de choses…

Tu n'as jamais été seul avec une fille ?

Enfin… vraiment seul.

- Tu veux que je te dise ? - Quoi ?

Moi non plus.

Toutes ces histoires que tu racontes sont des blagues ?

Je vais regretter ma franchise !

Alors pourquoi ne vas-tu pas chez Ellie, toi ?

Pourquoi moi ?

Tu n'as rien à prouver, hein ?

Laisse tomber ! C'était une mauvaise idée.

Tom, à la rentrée…

À la rentrée. Oui ?

Mike Farrell m'a demandé de partager sa chambre.

L'équipe y est…

Je comprends.

Je regrette de ne pas t'avoir averti plus tôt…

Je comprends !

À plus tard.

Je t'ai dit de la garder.

Elle est à toi.

À plus tard.

Je suis là-haut.

J'ai gagné la partie.

Enfin ! Mais ça n'a pas été facile.

Harvey s'est défendu comme un beau diable.

Tu voulais ce bouquin de poèmes.

Commentas-tu deviné ?

Tu me l'avais dit.

- Tu l'as déjà. - Oui. On me l'a donné.

Tom savait que je le voulais.

Qu'importe qu'il m'ait aussi donné ce livre ?

Chaque fois que je veux te faire plaisir, c'est raté !

Ne dis pas ça, ce n'est pas vrai !

Cette coïncidence est plutôt drôle, non ?

Je ne la trouve pas drôle, moi !

Je suis très touchée que tu t'en sois souvenu.

Et je t'en remercie.

Regarde-moi… laisse-moi te dire merci.

Ne peux-tu même pas accepter que je te remercie ?

Nous devenons étrangers l'un à l'autre.

Ne sens-tu pas que nous perdons contact ?

Je sais que tu dois partir.

Pourquoi ce mur entre nous ?

Tu restes loin de moi, distant… absent…

Une sorte de tension croît entre nous…

Ne le sens-tu pas ?

Tu t'écartes de moi, tu laisses cette colère augmenter…

Nous n'avons plus de moments de bonheur…

de paix comme pendant notre lune de miel…

comme quand nous étions en Italie.

Maintenant, au contraire…

Tu sais ce que je veux dire !

Qu'est-ce qui te prend, Laura ?

La lune de miel n'a qu'un temps.

Tu crois que c'est cela dont je parlais ?

J'ignore pourquoi tu m'en parles maintenant.

Moi aussi. Mettons que je n'aie rien dit.

Veux-tu du thé ?

Joan Harrison vient prendre le thé.

Non, justement pas.

L'inviter n'était pas très malin de ta part.

Je pensais que Tom l'emmènerait au bal.

Il est membre du Comité.

Il paraît qu'il ne l'est plus.

Tu es bien hôtesse, au bal ?

Je pars en excursion, samedi.

La météo annonce la pluie.

C'est dommage.

Al nous quitte à la rentrée, à cause de Tom.

Nous perdons un champion.

Le seul que nous ayons eu ici depuis 8 ans.

Remarque que nous perdons aussi Tom.

Puisque nous n'acceptons pas de pensionnaire seul.

Je regretterai Tom.

Ça, je m'en doute !

L'intérêt que je lui porte ne devrait pas t'irriter.

Non seulement tu es en colère, mais tu sembles presque…

jaloux.

Quelle autre explication peux-tu donner à ton attitude ?

Je te retrouve au réfectoire, d'accord ?

Quand tu invites Tom à prendre le thé ici…

invite aussi les autres élèves.

Dans son propre intérêt.

Atout à l'heure, au réfectoire. Tâche d'être à l'heure.

Je voudrais parler à Ellie Martin.

Ellie ? Tom Lee à l'appareil.

Je viens tout le temps au snack avec mon copain Al.

Voilà ce que je voudrais, Ellie…

Je ne vais pas au bal, samedi soir.

Êtes-vous libre, ce soir-là ?

Puis-je venir vous chercher après votre travail ?

Je ne sais pas ce que ça vous rapportera.

Quelque chose, je suppose.

J'aimerais être avec vous.

À quelle heure finissez-vous ? A9 heures ?

Je serai là.

Merci.

Oh, pardon, Mme Reynolds !

Ça biche, Ellie ?

Grouille-toi, Ellie. Je vais au bal.

On est sur son 31, aujourd'hui !

Profites-en, mon poulet !

J'en voudrais un paquet.

Des allumettes ?

Autre chose ?

Vous êtes Mme Reynolds ?

Jolies fleurs. Pour une soirée ?

En quelque sorte.

Drôlement jolies…

Bonne soirée !

Je n'y arriverai jamais !

Je vous attendais.

Vous allez au bal, finalement ?

Vous pourrez signaler que je suis sorti sans permission.

Ou donnez-moi la permission.

Puis-je sortir ?

Je vous apporte du café.

Signalez-moi aussi pour ivresse ! Et ça ne sera pas tout…

Je n'ai pas beaucoup bu. Mais j'ai encore moins mangé.

Je vais arranger ça.

Je ne puis rester.

Il fait un temps de chien.

Je ne comptais pas venir.

Alors, pourquoi ces fleurs ?

Et la carte ? "Pour une agréable soirée…"

C'était pour le bal. J'ai oublié d'annuler.

Tant mieux.

Pourquoi ?

D'abord, j'aime recevoir des fleurs,

et puis…

Laissez-moi vous apporter du café.

Non… je suis juste à point.

Buvez. J'y ai à peine touché.

Vous pouvez boire de ce côté-ci.

Et puis ?

Ah oui ! J'aime recevoir des fleurs,

et puis…

c'est un agréable cadeau d'anniversaire.

Et M. Reynolds est parti en montagne !

Il a oublié ?

Ce n'est pas cet anniversaire-là.

Ôtez votre imperméable.

Quelle élégance !

En bleu marine, j'ai l'air d'avoir dix ans !

Comment saviez-vous que j'aimais ces fleurs ?

Vous en aviez parlé.

Vous avez bonne mémoire.

- Lui aussi. - Qui ?

Mon premier mari.

C'était ça, l'anniversaire.

Je ne savais pas.

Il avait à peu près votre âge… quel est-il, au juste ?

18 ans…

demain.

Nous fêterons ça !

Ne faites pas de projets.

Il avait exactement votre âge.

Peut-être quelques mois de plus.

Un être si seul,

loin de chez lui pour la 1re fois, en route vers la guerre.

Il a été tué.

Je suis désolé.

Mais content qu'il ait existé.

Content ?

Il était sans doute plus fait pour vous que…

Il est mort en voulant prouver son courage.

Il devait le prouver, vous comprenez, parce que…

quelque chose avait eu lieu, au camp…

et les autres le prenaient pour un lâche.

Il a prouvé le contraire.

Il a au moins réussi ça !

En le payant de sa vie.

Je comprends son attitude.

Cela ne me surprend pas.

Vous lui ressemblez beaucoup.

Avant que je le termine…

Il était bon… tendre…

et tellement seul.

Nous savions que notre bonheur finirait vite.

Mais John disait toujours :

"Une chose n'est pas plus vraie parce qu'elle dure longtemps."

Mourir si jeune et ainsi, quelle tristesse…

En prouvant qu'il était un homme, il est mort encore enfant.

- Mais il a dû mourir heureux. - Pour avoir prouvé son courage ?

Oui…

et parce qu'il était votre mari.

Je dois partir.

C'est si important ?

Mes confidences vous ennuient, c'est ça ?

Je n'aurais pas dû parler autant.

Mais ne vous laissez-vous jamais aller à vos souvenirs ?

Vous avez bien des souvenirs agréables de quelque chose

ou de quelqu'un… n'est-ce pas ?

Puis-je reprendre du café ?

Ma prof de 5e.

C'est d'elle dont je me souviens.

C'est gentil.

Au contraire, c'était affreux.

Parlez-moi d'elle.

Elle était très jeune.

Grande, des cheveux couleur de miel…

Elle avait un manteau sport et une décapotable.

Très séduisant !

Depuis, les filles ainsi vêtues m'attirent.

- J'en ai un. - Oui, je sais.

Et puis ?

Et puis, je me suis couvert de ridicule !

Tout le monde savait que j'étais amoureux d'elle.

Quand j'aime bien quelqu'un, je le montre.

C'est tout à votre honneur !

Dès qu'elle avait besoin d'une aide quelconque… j'étais là.

Elle vous aimait bien ?

Tout ça est absurde.

Je la comprends.

Je croyais qu'elle m'aimait.

J'avais douze ans.

Les cœurs d'enfants se brisent aussi.

J'aime toujours qui je ne devrais pas aimer.

Comme tout le monde.

Vous aussi ?

La vie n'aurait pas d'attrait, sans cela.

Évidemment…

ça ne mène jamais à rien.

Il n'en reste que des souvenirs doux-amers

mais agréables.

Et ensuite, de qui avez-vous été encore amoureux ?

Il est 9 h, je dois partir…

Restez, je vous en prie.

C'était si agréable !

J'allais vous confier tous mes noirs secrets !

Restez pour une danse !

- Je ne sais pas… - J'allais vous apprendre.

- Une autre fois. - Restez… pour moi.

Répondez-moi…

Pourquoi êtes-vous si gentille avec moi ?

Vous ne l'êtes pas autant avec les autres.

Non, c'est vrai.

Pourquoi ?

Parce que… je vous aime bien, Tom.

Vous semblez être l'exception. Pourquoi ?

Je ne sais pas.

Parce que personne ne m'aime ? Par pitié ?

Vous êtes très gentil avec moi, plein d'attentions…

Cette 1re année ici a été dure pour moi, et vous l'avez senti.

Nous nous entendons bien, c'est tout.

M. Reynolds sait tout ceci ?

Je ne le lui ai jamais caché.

Est-ce pour cela qu'il me hait ?

Ce n'est pas de la haine.

Mais si ! Pourquoi mentir ?

Je crois que tous me haïssent sauf vous !

Mais demain…

Votre mari me hait car il a échoué avec moi.

Je l'ai bien compris.

Quand mon père m'a amené ici, il a dit à M. Reynolds :

"Fais-en un homme !"

Il a échoué et il m'en veut.

Puis vous êtes arrivée et avez été bonne pour moi par pitié !

Pas par pitié !

Je suis trop égoïste pour aimer par pitié.

Tant de choses m'échappent…

Ne sortez pas ce soir !

Une seule chose est claire : je dois sortir !

Laissez-moi vous apprendre à danser !

Qu'est-ce que tu fais là ?

- Tout le monde est rentré. - Noyés sous la flotte !

Changez-vous vite et allez manger, les gars !

Notre seule sortie en montagne, et il faut qu'il pleuve !

Les gars auraient voulu manger ici.

Mais j'ai préféré rester seul avec toi.

Ce qu'il a pu pleuvoir !

On n'avait pas dépassé la forêt quand ça s'est mis à tomber.

Une heure de plus, et on aurait atteint le camp.

Mais les gars voulaient rentrer.

Qu'est-ce que c'était ?

Rien.

Rien du tout.

Toute la journée, je suis dans le café jusqu'aux coudes.

Et de quoi j'ai envie en rentrant chez moi ?

De café !

Pas de café pour moi.

Moi, j'en veux.

Enlève donc ton veston. Il est trempé.

Tu vas le garder tout le temps ?

T'en veux vraiment pas ?

Puisque je recevais, j'ai décoré un peu. Jolie, hein ?

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien, je…

Moi, je la trouve jolie.

Une tasse de café et la radio.

Indispensables.

C'est fou, non ?

Il est nul, cet appareil.

J'en ai vu un chez Meyer, l'autre jour… une merveille !

Mais c'est 20 dollars…

Puis-je vous l'acheter ?

Merci.

C'est le poste vert et noir, dans la vitrine de droite.

On danse ?

Je ne sais pas danser.

Je vais t'apprendre.

Ça nous mettra dans l'ambiance.

Je vais prendre du café, finalement.

Vous en voulez encore ?

Je ne devrais pas en boire autant.

Entre nous, ça me donne des aigreurs d'estomac.

Il est bon.

Quel surnom t'ont-ils donné, déjà, tes copains ?

Aucun.

Je les ai entendus te donner un surnom.

Dansons.

T'énerve pas, mon gars !

Désolé.

Réduis la pression !

Suis la musique en mesure.

Tu peux rester sur place. Mais détends-toi.

J'ai travaillé dans un dancing miteux à New York et…

Pourquoi ris-tu ? Tu n'y es jamais allé.

Je ne sais pas.

T'es déjà sorti avec une fille ?

Bien sûr.

T'es ici à cause d'un pari ?

Ce que tu peux être soupe au lait !

Désolé.

Arrête d'être désolé.

Sinon, je vais l'être aussi.

Marrant… j'ai oublié comment on t'appelle…

Me dis pas que je suis la 1re pépée que tu embrasses !

Pour ne pas changer !

Allez viens, mon toutou…

donne la papatte.

Tu saisis la marche à suivre ?

Ou tu veux appeler maman et lui demander des conseils ?

Tu as les mains douces, comme une fille.

J'y suis ! C'est comme ça qu'on t'appelle ? "Fillette" !

Pas étonnant, alors !

"Fillette" ! J'aurais dû m'en douter !

Qu'est-ce qui te prend ?

- T'es pas un peu détraqué ? - Non ! Non, pas du tout !

Arrêtez-le, il a un couteau !

Sortez-le d'ici !

Que les flics de l'école s'en occupent !

Écoutez-moi !

Je vous assure, il est allé chez Ellie !

Tu rigoles ?

La police l'a attrapé quand il est sorti.

Vous êtes les seuls à ne pas être au courant !

Pourquoi Tom voulait-il faire une chose pareille ?

Bill n'est pas là.

Mon train a eu du retard.

J'avais peur d'arriver trop tard.

Bill et moi avons rendez-vous avec le doyen.

Bill est allé voir cette fille.

Il voulait tous les détails avant de parler au doyen.

Les "détails" ?

Eh bien ! Ce n'est pas trop tôt !

Excusez-moi, M. Lee, mais vous semblez

plutôt satisfait.

Tom sera renvoyé pour avoir rendu visite à cette personne.

Il faut bien que jeunesse se passe, Laura.

Tom a seulement eu la maladresse de se laisser surprendre.

Mais vous êtes fier de lui !

Pour la 1re fois de sa vie,

vous êtes fier de votre fils parce qu'il est allé chez une…

Vous ne pouvez comprendre mais croyez-moi, plus tard,

tout ceci ne sera qu'une bonne histoire un peu salée.

Je suis venu dès que possible.

Reste, Laura.

Tom est en train de raconter ses exploits ?

Il est seul dans sa chambre depuis que la police l'a ramené.

J'exposais à Laura le point de vue masculin dans cette affaire.

Être vidé pour un tel motif

est assez gênant mais pas vraiment grave.

C'est un risque calculé que les hommes prennent.

Tu es d'accord avec moi, n'est-ce pas ?

La situation n'est pas telle qu'on te l'a décrite au téléphone.

Il est vrai que Tom est allé chez Ellie…

pour la raison habituelle.

Mais les choses ont tourné autrement.

Pour le mettre à l'aise, elle l'a fait danser.

Elle lui a dit qu'il avait des mains de filles

alors il a eu une crise de nerfs,

a pris un couteau et a tenté de se tuer.

C'est la vérité. Tom le reconnaît.

Une bonne histoire un peu salée, n'est-ce pas ?

Pourquoi m'as-tu dit de rester ?

Pour que tu saches la vérité.

Je ne comprends pas.

Bill sera plus explicite si je quitte cette pièce.

Nous partons.

Je te retrouve au réfectoire à 6 h 30.

Reste un instant.

Je voudrais te parler.

Je n'ai pas le temps.

Je t'en prie.

Vas-y, Herb. Je te rejoins dans une minute.

Vous n'allez pas voir Tom ?

Je ne pense pas qu'il veuille me voir.

C'est son anniversaire.

Tiens, c'est vrai…

Je pars devant, Bill.

Qu'y a-t-il, Laura ? Le doyen m'attend.

Je veux d'abord parler

des élèves qui ont poussé Tom à faire ça.

Des hommes qui l'y ont forcé !

Personne ne l'a forcé !

N'y a-t-il aucun châtiment pour les vrais responsables ?

Et s'il avait réussi à se tuer ?

Tu es trop sensible.

S'il s'était tué chez Ellie,

ne te serais-tu pas senti coupable ?

Moi ?

Oui, toi.

Regarde les faits au lieu de t'attendrir !

Lesquels ? Tom est différent, c'est tout !

Différent de ton idée de ce qu'est un homme !

Tes préjugés seuls le condamnent, ce qui est ignoble !

"Il n'est pas comme moi donc il est coupable."

"Il ne fait pas partie de notre tribu" !

Tu as besoin d'un bouc émissaire pour te mettre en valeur !

Je ne suis pour rien là-dedans !

Tu as tout laissé faire passivement.

Tu voulais humilier Tom devant les élèves

car s'il était normal, tu semblais suspect.

S'il était viril, ta définition de la virilité était douteuse.

Eh bien, il est tout à fait normal.

Bien sûr. Demande à Ellie.

Ce genre d'expérience écœurait Tom.

Parce que, pour lui, il faut de l'amour.

Être un homme, ce n'est pas seulement jurer et faire du sport.

C'est aussi être tendre,

avoir du respect

et de la considération.

Tu es bouleversée parce que tu tenais à lui.

Tu l'as beaucoup aidé,

mais après tout, ton rôle se limite

à lui donner du thé et de la sympathie !

Je vais te dire une chose qui te choquera.

Hier, je savais où Tom allait.

Il avait appelé Ellie.

Pourquoi ne l'as-tu pas retenu ?

Je suis en effet responsable, mais pas comme tu l'entends.

J'ai essayé de le retenir

mais pas en l'enfermant chez lui ou en appelant la police.

J'ai essayé de le retenir en étant son amie,

en lui donnant de l'affection

et des marques d'estime.

Je savais ce qu'il allait faire et pourquoi il allait le faire.

Il fallait qu'il vous prouve qu'il était un homme.

Et il allait le prouver avec Ellie Martin.

Hier soir…

je ne devrais pas le dire, mais…

j'ai souhaité qu'il le prouve avec moi.

J'avais envie de consoler ce pauvre garçon

que mon mari avait torturé.

Je voulais l'aider

comme un être humain en aide un autre. Et j'ai échoué !

Au dernier moment, je l'ai renvoyé…

Tu as surmonté ta pitié, voilà tout.

Ce n'était pas que de la pitié.

Je me sens très seule ici, Bill.

Nous reparlerons de tout ça.

Tu fuis toujours. Tu refuses toute discussion.

Aurais-tu peur ?

Je ne t'accuse pas, c'est sûrement de ma faute,

mais tentons d'examiner…

Examiner, analyser…

Si cette affaire nous force à nous expliquer, tant mieux.

Tu parles de virilité…

Que sais-tu des hommes ?

Tu avais épousé ce pauvre gosse pitoyable.

Tu voulais un fils, pas un mari. Tu ne m'as jamais aimé.

Je t'ai aimé, Bill,

pas pour tes airs si masculins

mais parce que tu avais besoin de moi.

Un moment, tu m'as laissé voir que tu avais besoin de moi.

J'ai essayé de retrouver ce moment, de découvrir

pourquoi tu m'avais épousée.

Tu veux qu'on parle de ça ?

J'aimerais qu'on arrive à être francs et honnêtes.

Je t'ai épousée parce que tu étais bonne et compréhensive,

et tu me critiques sans arrêt.

Tu m'as toujours empêchée de t'aimer.

Tu t'es plus occupée de ce garçon que de moi !

Je ne lui ai donné que l'affection dont tu ne voulais pas !

Et je sais que tu en as besoin.

Pourquoi refuses-tu mon amour ?

J'ai essayé de t'aimer ! J'ai essayé !

Cher papa…

Je ne sais pas si tu comprendras ce que je vais faire…

Chère Laura…

J'ose vous appeler ainsi, maintenant qu'il est trop tard…

Chère maman…

J'ai rapporté votre imperméable chez vous.

Vous n'y étiez pas.

Je pensais que vous ne voudriez plus jamais me voir.

Pourquoi ?

À cause d'hier soir.

Je regrette ma conduite envers vous.

Pas moi.

Vous savez le reste, je suppose ?

Tout ?

Votre mari s'est empressé de tout vous dire.

En effet.

Vous savez donc ce qu'il en est.

Tom, ne croyez pas que…

Que croire d'autre ?

Vous n'aimiez pas Ellie.

- Ça n'a rien à voir, dit-on. - C'est une erreur !

Pourquoi m'a-t-on empêché de me tuer !

Regardez-moi.

Hier, vous m'avez embrassée.

Pourquoi l'avez-vous fait ?

Ça vous a écœurée, hein ?

Comment pouvez-vous penser cela ?

Vous m'avez renvoyé.

En tout cas, quand vous avez tout su, ça a dû vous écœurer.

Je vais vous dire quelque chose…

C'était le baiser le plus tendre qu'on m'ait donné

de toute ma vie.

Un jour, vous aimerez une femme

et tout ira bien.

Il faut me croire.

Je le voudrais.

Mais maintenant, je sais la vérité.

Après hier soir, je ne pourrai jamais.

Merci.

Merci pour tout.

Plus tard,

quand vous parlerez de ceci,

et vous en parlerez,

soyez indulgent.

Excusez-moi. C'était ma chambre, autrefois.

Minable, la taule, hein ?

Plutôt. Je m'appelle Tom Lee.

Vous avez bien écrit un livre ?

Je l'ai vu à la bibliothèque.

Excusez-moi d'être entré.

M. Reynolds ?

C'est Tom Lee.

Je voulais vous dire bonjour.

Rien n'a changé, ici.

Vous croyez ?

Puis-je…

Puis-je savoir comment va Mme Reynolds ?

Je lui ai écrit ici il y a 2 ou 3 ans, mais

je ne sais pas où elle est.

Il y a quelques mois, elle vivait à côté de Chicago.

Elle a déménagé et m'a laissé un paquet qui m'a été remis.

Cette lettre pour vous était dedans.

Elle ne l'a jamais envoyée ni même timbrée.

Vous avez le cahier de notes ?

Celles de la semaine du 9.

Oui, dans l'ordre alphabétique.

Oui, il est reçu.

Cher Tom :

Je n'enverrai pas cette lettre, et je ne devrais pas l'écrire.

Mais je suis impulsive. Vous le savez.

Et j'obéis à mes impulsions.

Peut-être, demain matin, la déchirerai-je. Je l'ignore.

Tom, mon cher, je viens de lire votre livre,

votre roman sur votre vie d'étudiant, sur nous.

C'est un beau livre, plein de tendresse et d'émotion.

Et j'y apparais avec l'auréole d'une sainte.

Mais Tom, ce tableau n'est pas complet, ni même vrai.

Votre version de notre histoire est romancée et inexacte.

À la fin de l'histoire, vous écrivez

que le mari fut plus heureux sans sa femme

et que la femme fut heureuse sans lui.

Vous vous trompez, Tom.

Je ne pouvais revenir à Bill, ce jour-là,

comme si rien n'était arrivé.

Et mon départ a gâché sa vie.

Ainsi, j'ai sacrifié Bill et notre mariage.

Il croyait vouloir qu'on le laisse en paix

comme vous croyiez vouloir vous tuer.

Chacun de vous me suppliait de le sauver

de ce qu'il croyait vouloir.

J'ai répondu à votre prière.

Elle exigeait moins d'efforts.

Je ne devrais pas vous dire ces choses,

vous parler de culpabilité, de bien et de mal

mais vous savez maintenant

que lorsqu'on jette un caillou dans l'eau,

les cercles vont, s'agrandissant à l'infini.

Il y a toujours des conséquences.

Vous savez, peut-être ai-je manqué de foi

en vous, en votre capacité d'affronter une crise

et de la résoudre seul.

Il paraît que nos plus durs moments,

s'ils ne nous tuent pas, nous rendent forts.

J'avais seulement peur que celui-là vous tue.

J'ai été heureuse d'apprendre votre mariage.

Ayez une vie heureuse, riche

et soyez compréhensif.

Écrivez de bons livres, de vrais livres.

Vous aviez raison sur un point.

La femme a gardé la même affection pour l'adolescent

au fond de son cœur.

Sous-titrage TVS - TITRA FILM

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